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Les Ensablés - Il y a 190 ans... Napoléon...

Les Ensablés - Il y a 190 ans... Napoléon...

Le 05/05/2011 à 21:35 par Les ensablés

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05/05/2011 à 21:35

Les ensablés

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Il se mourait dans la touffeur et la pénombre de la petite chambre. Devant sa suite peu nombreuse, il ne parlait plus, il geignait. Son ventre était dur comme le métal. Dehors, les anglais attendaient, doutant encore qu'un tel homme pût mourir. Quelques jours auparavant, le Lieutenant-Général Lowe, encore, avait dit que Buonaparte (sic) jouait la comédie. Mais non, l'Empereur se mourait.

Cela se passait il y a 190 ans à Sainte-Hélène, au milieu de l'océan.

La mort de Napoléon fut digne, courageuse, comme on pouvait s'y attendre: il n'avait jamais craint de s'exposer, par audace, mais aussi par superstition: il croyait en lui, en sa force, et pendant longtemps, il n'avait pas eu tort. Sa chute de si haut a été aussi spectaculaire, terrible, que son ascension.

Pendant les six dernières années de sa vie, enfermé à Longwood, entouré de soldats anglais, de règles tatillonnes destinées à l'humilier, il ne vécut que par la lecture et l'écriture. Quand il ne lisait pas les grands classiques, il dictait ses mémoires à Las Cases, manipulant, comme un romancier, les faits et les descriptions, pour créer une œuvre entre la littérature et l'histoire. Il y a eu une collaboration littéraire entre Napoléon et Las Cases qui mériterait une étude.

Il dicta aussi un commentaire de la Guerre des Gaules, le récit de ses campagnes. Ce sont des milliers de pages rééditées progressivement.

Ce qui me plaît, c'est cette idée que Napoléon trouva son réconfort dans la littérature. C'était un homme complet qui eût réussi dans n'importe quelle vie.

Il n'était pas cruel, il était même bon, parfois. Mais lorsque la bataille arrivait, il demandait beaucoup, sans regret. Il vécut hanté par le seul meurtre dont il se sentît coupable: le duc d'Enghien. Il en parla jusqu'aux derniers jours. Il n'avait pas plus de 51 ans, l'âge de Proust quand il mourut.

Pour l'anniversaire de sa mort, ci-dessous des extraits des Mémoires d'outre-tombe:

Il restait presque toujours renfermé, et lisait Ossian de la traduction italienne de Cesarotti. Tout l'attristait sous un ciel où la vie semblait plus courte, le soleil restant trois jours de moins dans cet hémisphère que dans le nôtre. Quand Bonaparte sortait, il parcourait des sentiers scabreux que bordaient des aloès et des genêts odoriférants. Il se promenait parmi les gommiers à fleurs rares que les vents généraux faisaient pencher du même côté, ou il se cachait dans les gros nuages qui roulaient à terre. On le voyait assis sur les bases du pic de Diane , du Flay Staff , du Leader Hill , contemplant la mer par les brèches des montagnes. Devant lui se déroulait cet océan qui d'une part baigne les côtes de l'Afrique, de l'autre les rives américaines, et qui va, comme un fleuve sans bords, se perdre dans les mers australes. Point de terre civilisée plus voisine que le cap des Tempêtes. Qui dira les pensées de ce Prométhée déchiré vivant par la mort, lorsque, la main appuyée sur sa poitrine douloureuse, il promenait ses regards sur les flots ! Le Christ fut transporté au sommet d'une montagne d'où il aperçut les royaumes du monde; mais pour le Christ il était écrit au séducteur de l'homme. " Tu ne tenteras point le Fils de Dieu. "

Le 3 mai, Napoléon se fit administrer l'extrême-onction et reçut le saint viatique. Le silence de la chambre n'était interrompu que par le hoquet de la mort mêlé au bruit régulier du balancier d'une pendule : l'ombre, avant de s'arrêter sur le cadran, fit encore quelques tours ; l'astre qui la dessinait avait de la peine à s'éteindre. Le 4, la tempête de l'agonie de Cromwell s'éleva : presque tous les arbres de Longwood furent déracinés. Enfin, le 5, à six heures moins onze minutes du soir, au milieu des vents, de la pluie et du fracas des flots, Bonaparte rendit à Dieu le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l'argile humaine. Les derniers mots saisis sur les lèvres du conquérant furent : " Tête... armée, ou tête d'armée . " Sa pensée errait encore au milieu des combats. Quand il ferma pour jamais les yeux, son épée, expirée avec lui, était couchée à sa gauche, un crucifix reposait sur sa poitrine : le symbole pacifique appliqué au coeur de Napoléon calma les palpitations de ce coeur, comme un rayon du ciel fait tomber la vague.

Le poète aurait dû savoir que la destinée de Napoléon était une muse, comme toutes les hautes destinées. Cette muse sut changer un dénouement avorté en une péripétie qui renouvelait son héros. La solitude de l'exil et de la tombe de Napoléon a répandu sur une mémoire éclatante une autre sorte de prestige. Alexandre ne mourut point sous les yeux de la Grèce ; il disparut dans les lointains superbes de Babylone. Bonaparte n'est point mort sous les yeux de la France ; il s'est perdu dans les fastueux horizons des zones torrides. Il dort comme un ermite ou comme un paria dans un vallon au bout d'un sentier désert. La grandeur du silence qui le presse égale l'immensité du bruit qui l'environna. Les nations sont absentes, leur foule s'est retirée ; l'oiseau des tropiques, attelé , dit Buffon, au char du soleil , se précipite de l'astre de la lumière. Où se repose-t-il aujourd'hui ? Il se repose sur des cendres dont le poids a fait pencher le globe.

Et puis, je ne résiste pas à vous livrer le texte ci-dessous qui m'a été inspiré par cet épisode. Il me reste à écrire la suite. Il y a eu beaucoup de romans sur Sainte-Hélène, certes, mais tout de même... Voici un début.

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

L’île de Sainte-Hélène n’était qu’un vaisseau un peu plus grand que les autres, un ponton de terre et de rochers où le prisonnier n’avait d’autre loisir que de contempler l’océan, et encore s’en était-il lassé : il vivait reclus. Parfois, il se forçait à une promenade dans son jardin. Alors, aussitôt, les Anglais du camp de Deadwood braquaient leurs longue-vues sur sa silhouette épaissie et voûtée dans son costume de nankin. Certains avaient la chance d’apercevoir son visage devenu jaune, sur le front duquel, ultime souvenir du passé grandiose, flottait encore la mèche rebelle soulevée par les alizés. L’homme marchait tête basse, les mains derrière le dos, et soudain, fatigué, allait s’affaler dans un fauteuil, à l’abri des regards, derrière les arbres qu’il avait fait planter près de la maison.

Le soir, l’officier d’ordonnance en charge de la surveillance du captif indiquait dans son rapport qu’il l’avait aperçu, pliait soigneusement le papier et le remettait à une estafette qui le portait au gouverneur de l’île. C’était un rituel immuable depuis le 15 octobre 1815 date à laquelle le prisonnier était arrivé à Sainte-Hélène. Il avait d’abord été logé au sein d’une famille anglaise dont le cottage, lors d’une promenade, l’avait enchanté. Quelques mois plus tard, il avait emménagé dans ce qui allait être sa tombe : le domaine de Longwood.

Vaste plateau de gommiers battus par les vents venus de la mer, un épais brouillard le recouvrait un jour sur deux, et l’on ne voyait plus qu’à peine la maison de briques et de bois, en forme de T, qui s’y dressait. Elle s’ouvrait sur une véranda où le prisonnier, au début de son séjour, aimait aller rêver lorsque la nuit était venue. De là, ses regards embrassaient toute l’île. De ses masses sombres, il devinait la succession des escarpements, s’attachait aux lumières des camps anglais chargés de  le garder, et à celles des rares maisonnettes nichées dans les vallons obscurs. Il écoutait un moment les grondements de l’océan mêlés aux bourrasques, rêvait de vengeance, de gloire, puis il rentrait retrouver les rares compagnons qui l’avaient suivi dans sa captivité.

Avec les années, leur nombre n’avait cessé de diminuer. Tous étaient usés par l’ennui, par une sourde mélancolie qui exaspérait les sens, et les rendait presque fous d’angoisse, car les jours passaient sans que rien ne vint troubler leur implacable arrangement. Le captif était peu à peu abandonné, et lui qui avait été si fort, lui dont la volonté était légendaire, il tremblait comme un enfant à l’idée de cette solitude absolue qui le menaçait.

Il ne voulait plus penser. Ses compagnons étaient le seul rempart le protégeant de ses souvenirs qui, dans la nuit, le réveillaient dans sa petite chambre. Alors, pour la millième fois, il mesurait ce qu’il avait perdu et maudissait les erreurs commises. Il appelait son valet de chambre endormi. « Marchand, disait-il, lis-moi quelque chose, vite. » Le valet s’exécutait, et cela durait des heures, jusqu’au matin, où, pourvu qu’il y eût un peu de soleil, l’étau qui étouffait le captif se desserrait. Dans sa jeunesse, il avait aimé Rousseau, les tempêtes, et même la tristesse, mais alors celle-ci était douce, éclairée par les années à venir, l’imprévu, et les ambitions. Désormais, c’était une pluie drue sur un désert où rien ne pousserait plus. Il avait des instants de révolte. Il blasphémait, rejetait Dieu : était-il admissible qu’un homme comme lui mourût ainsi ? Alors il se levait, marchait, marchait encore dans la petite chambre, jusqu’à l’épuisement et une lassitude qui le laissaient hébété.

Il finissait par haïr la vie et les hommes. Son corps lui répugnait. Il évitait les miroirs pour ne plus voir ses bajoues enfler un peu plus chaque semaine, et son ventre ressembler à celui des bourgeois dont il se moquait tant lorsqu’il était jeune. « A quoi bon, à quoi bon ? » se disait-il.

La mort était au bout. Il s’y résignait peu à peu, la souhaitait peut-être, ne trouvant plus aucune échappatoire à son ennui. Dans les premiers temps de sa captivité, il avait dicté ses mémoires, satisfait d’en avoir enfin le temps, puis il s’en était lassé comme on se lasse de tout en prison. Il dormait de plus en plus, à tout heure, et se contentait de la conversation médiocre de ses compagnons. Il savait que ceux-ci, sitôt seuls, relataient dans leurs journaux intimes ses moindres propos. Aussi, cachant son désarroi, parvenait-il à jouer la comédie afin de léguer à la postérité une certaine idée de lui même ; celle d’un homme indomptable, incapable de compromis, et indifférent à la souffrance. Mais, et là était son drame, la solitude des nuits le mettait en face de l’homme nu, et il ne savait plus, à force d’avoir été ce qu’il voulait paraître, qui il était vraiment. En lui il sentait bouillir un étrange précipité d’angoisse, d’amour, de désarroi, qui l’étonnaient et dont il ignorait la part de sincérité, n’ayant jamais été sincère vis-à-vis des autres et de lui même.

Il enviait ces prisonniers qui ont le droit de gémir et recueillent des autres un peu de compassion, de ce miel qui auréole la douleur d’un peu douceur. Mais de celle-ci, il n’aurait jamais rien, pas même au moment de sa mort qu’il faudrait rendre majestueuse.

La mort, justement, s’annonça enfin, et il l’accueillit avec une placidité que l’on attribua au courage, mais qui n’était que la forme la plus achevée du désespoir. Elle vint, précédée de douleurs croissantes à l’estomac, de torpeurs malsaines, de fièvres soudaines, de rémissions qui lui donnaient, malgré son état moral, de lâches soulagements. Le 17 mars 1821, après une courte sortie, il se coucha pour ne plus se relever. Les maux s’aggravèrent. Il mangeait à peine, vomissait aussitôt dans des souffrances qui le rendaient inconscient. Il se croyait mort et, quand il se réveillait, gémissait en renvoyant ce monde qui ne lui plaisait plus.

En avril, il dicta son testament à celui que, dans sa faiblesse, il appelait « son fils », le général Montholon. Il y mit toute la fougue qui lui restait et demeura épuisé quand il l’eut achevé. La douleur, alors, dévora sa lucidité : il oublia son nom et où il était. Ses compagnons le maniaient comme un petit enfant. Lui, si pudique, se laissait malmener, torcher, nourrir, sans même s’en rendre compte. Les instants de conscience se faisaient rares, et il ne les souhaitait plus, se disant que la vie est décidément bien faite, qui s’accommode de la mort quand elle arrive.

Vers la fin du mois d’avril, plus personne autour de lui ne se faisait d’illusions sur son sort, à l’exception des Anglais, du gouverneur Hudson Lowe en particulier qui le soupçonnait de feindre la maladie pour être rapatrié en Europe. Mais lorsque Arnott, médecin britannique, fut appelé à son chevet, Lowe lui même dut admettre que les jours de son prisonnier étaient comptés.

Lorsque commença la journée du cinq mai 1821, Napoléon n’avait plus que quelques heures à vivre.

Hervé BEL

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Georges Thinès  (1923-2016) est un écrivain belge de langue française né en 1923 à Liège et décédé en 2016 à Court-Saint-Étienne. D’abord attiré par les lettres classiques, il fut étudiant en philosophie et lettres à la Faculté universitaire Saint-Louis de Bruxelles. Après son engagement à la Royal Navy durant la guerre, Georges Thinès renonce à la philologie et s’oriente vers la psychologie. Professeur à l’université de Louvain, il fut un spécialiste de renommée mondiale dans le domaine de l’éthologie animale. Excellent musicien, fondateur de l’orchestre symphonique de Louvain, il fut encore poète, nouvelliste, romancier, dramaturge, essayiste. Par Armel Job

28/05/2023, 09:00

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Les Ensablés - Les aiguilles à tricoter de Denis Belloc, le bas bruit de la violence

Décédé en 2013 à l’âge de 64 ans, Denis Belloc ( (1949-2013) a marqué d’une empreinte noire la littérature française. Son œuvre, une dizaine de romans parus, s’abreuve au sirop de la rue. Mais ce liquide est violent et amer. C’est l’univers de la toxicomanie dans Képas (Lieu commun, 1989) ou de la prostitution dans Suzanne (Lieu commun 1988) qui forme le décor des romans de Belloc dont l’entière matière est autobiographique. Par Denis Gombert.

14/05/2023, 09:00

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Les Ensablés - Heureux les pacifiques de Raymond Abellio (1907-1986)

En janvier 1947, les éditions du Portulan publièrent un épais volume au titre biblique, « Heureux les pacifiques », que la critique accueillit avec force éloges, n’hésitant pas à parler de «roman fracassant et excitant » (Pierre de Boisdeffre), de « roman d’une génération » (Maurice Nadeau), tous se montrant impressionnés par  la justesse d’un tableau riche et complexe d’une époque charnière (1934-1945): ainsi Pierre Descaves, selon lequel ce roman est « sans aucun doute, le document le plus important, le plus impressionnant qui nous ait été donné depuis quinze ans, sur l’état d’une jeunesse que guettait le conflit de 1939-1940 et les années, noires et rouges, des refus ou des abandons ». Par Marie Coat

30/04/2023, 16:45

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Les Ensablés - Le renard à l'anneau d'or, de Nelly Kristink    

Mariève a vingt-trois ans lorsqu’elle épouse Gilles, de dix ans son aîné. Ce mariage la conduit à s’installer chez lui, dans un domaine forestier des Hautes Fagnes, à l’est de la Belgique. Le manoir du Rondbuisson, situé à l’orée du bois, est la résidence de quelques personnages rustiques et gentiment intrigants. Tout semble en place pour assurer le confort de Mariève, dans un cocon où l’on ressent plus qu’ailleurs le rythme envoûtant des saisons. Mais pourquoi n’y semble-t-elle pas heureuse ? C’est l’histoire de la lente dégradation d’un amour s’abîmant au grattage de l’écorce. Par Louis Morès. 

10/04/2023, 09:47

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Les Ensablés - Jeunes femmes en uniforme, de Terreska Torrès

« Elles sont les premières. Cinq filles. Jeunes, timides, heureuses, excités, cœurs battants et prêtes à mourir pour la France. » Nous sommes en 1940. La France vient de perdre la guerre. À Londres, la France libre sous l’impulsion du général de Gaulle fait ses premiers pas. Pour la première fois, les femmes prennent part au conflit sous l’uniforme français. Un Corps féminin de Volontaires de la France libre est créé, dans lequel s’enrôlent les héroïnes de ce roman, ainsi que son autrice, Tereska Torrès. Par Carl Aderhold.

26/03/2023, 17:17

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Les Ensablés - Kikou Yamata (1897-1975), la Japolyonnaise

Qui se souvient aujourd’hui de Kikou Yamata, une écrivaine née à Lyon en 1897 d’un père japonais et d’une mère française et décédée en 1975 à Genève ? Étonnante et attachante figure, auteure d’une œuvre importante. Par François Ouellet

12/03/2023, 10:00

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Les Ensablés - Génération hussards, de Marc Dambre

En septembre 2022, Marc Dambre, spécialiste de Roger Nimier, a publié chez Perrin une somme passionnante (je pèse mes mots) intitulée Génération hussards, en référence à une mouvance littéraire des années 50. L’occasion d’aborder avec lui non seulement la vie et la production littéraire des « hussards » les plus connus, mais aussi d’en (re)découvrir d’autres, dont Stephen Hecquet, objet d’un récent article des Ensablés, et de revisiter trente années de vie culturelle française. Par Hervé Bel

20/02/2023, 09:56

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Les Ensablés - Henry Thoreau sauvage, de Léon Bazalgette

Emmanuel Bluteau m’a envoyé ce livre, Henri Thoreau sauvage, qu’il vient de rééditer dans sa maison d’édition, la Thébaïde, avec ce petit mot : « Voilà un vrai ensablé ! ». Par Hervé Bel.

05/02/2023, 09:00

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Les Ensablés - Deutschland de René Trintzius (1898-1953)

Quiconque vous demanderait ce qu’évoque pour vous le nom de Trinztius, vous resteriez coi ou chercheriez en vain du côté des érudits anversois de la Renaissance. Bien oublié aujourd’hui, René Trintzius fut très connu dans le monde des lettres de la première moitié du siècle dernier. Né en 1898 dans une famille bourgeoise de Rouen -son père était un architecte renommé- il abandonna très en amont une carrière de magistrat pour se consacrer dans un premier temps au journalisme, puis rapidement à l’écriture de pièces de théâtre et de romans. Par Marie Coat

22/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - Malpertuis (1943) de Jean Ray (1887-1964)

Au carrefour de ruelles obscures se dresse Malpertuis. Quentin Moretus Cassave, le maître de cette grande maison, s’éteint sur son lit de mort et fait lire à sa famille réunie les articles de son testament. Pour recevoir l’héritage, les héritiers doivent s’engager à venir vivre au sein de ce lieu rempli de mystères et seul le dernier d’entre eux recevra la fortune. Le dernier ? Dans cette demeure hantée peuplée d’une faune étrange et où le temps s’étire à la croisée des mondes, les périls sont immenses. Jean-Jacques Grandsire, un jeune neveu de Cassave, nous confie avec effroi les heurts et malheurs de Malpertuis. Un chef-d’œuvre du fantastique belge à redécouvrir. Par Louis Morès. 

08/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - une biographie de Marie Borrély (1890-1963)

J’ai parlé, il y a quelques mois dans cette chronique, de Maria Borrély (1890-1963), une romancière d’exception de la Haute-Provence. Voici qu’une belle biographie vient de lui être consacrée par Danièle Henky aux éditions Le Papillon rouge, Maria Borrély. La Vie d’une femme éblouie. La biographe, qui a commencé à s’intéresser à Maria Borrély au début des années 2000, a pu avoir accès aux archives de l’écrivaine, se nourrir des souvenirs de Pierre Borrély, le cadet des deux fils de l’écrivaine, qu’elle a maintes fois rencontré, travailler aux premières rééditions avec Paulette Borrély, la femme de Pierre. Par François Ouellet

25/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - La baie des Wallons (1991) de Viviane Dumont

Dernier tome d’une trilogie de romans historiques suivant sur trois générations l’histoire d’une famille aux XVIe et XVIIe siècles dans les Provinces-Unies et les Pays-Bas espagnols, La Baie des Wallons relate les aventures du jeune Tristan de Noirfontaine, un orphelin seul héritier de sa lignée ne rêvant que d’exploration au point de s’embarquer dans un navire à la conquête du Nouveau Monde. C’est avec enthousiasme qu’il participera àl’émergence d’une nouvelle ville et d’une société lui offrant une vie pleine de promesses, à condition de faire preuve de prudence et de ne pas oublier ses racines.

Par Louis Morès.

11/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - Adieu mes quinze ans de Claude Campagne

Un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse : Adieu mes quinze ans fut en 1960 un véritable phénomène éditorial : plus de 650.000 exemplaires écoulés. Le livre fut traduit en 11 langues et adapté en un feuilleton de 10 épisodes qui fit les beaux jours de l’ORTF au tout début des années 70. Il faut croire que ce roman sur l’adolescence possédait quelque chose de particulier qui avait pu toucher toute une génération. Elle se retrouvait dans le portrait de Fanny, l’héroïne du roman qui voyait du jour au lendemain sa vie bousculée avec l’apparition de deux êtres et d’un secret. Mais quoi ? Par Denis Gombert

27/11/2022, 11:34

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L’assassinat de Mark Zuckerberg, par Alexandre Arditti

Créé en 2004, Facebook connecte aujourd’hui presque trois milliards d’humains à travers le monde, ce qui suscite à la fois passions et critiques. Accusé de manipuler les données, de voler du temps de vie, Mark Zuckerberg laisse rarement indifférent. Journaliste et éditeur de presse, Alexandre Arditti a, lui, imaginé le meurtre de l’entrepreneur, à travers un polar bref, sec, au titre programmatique. Par Étienne Ruhaud.

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À peine quelques semaines que Jean Malaurie a quitté le monde des vivants pour rejoindre les âmes de tous les habitants des terres glacées septentrionales dont il a plaidé la cause tout au long de sa vie après en avoir découvert l’exception culturelle alors qu’il n’était encore qu’étudiant !

21/05/2024, 13:03

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Tradition et modernité : fresque d’une Inde divisée

Jeune couple s’éclate en plein air narre l’effondrement d’une famille indienne après que Sreenath, l’aîné, a été filmé à son insu dans un moment intime. À travers les tensions familiales, Aravind Jayan esquisse une Inde divisée, tiraillée entre l’aspiration à la modernité des jeunes générations et le conservatisme des familles traditionnelles. Un roman traduit de l’anglais (Inde) par Benoîte Dauvergne.

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La balade du dialogique : Kafka sur le rivage, de Murakami

Les grands romans modulent le temps, central dans nos vies. Écrit par Haruki Murakami, publié au Japon en 2003, Kafka sur le rivage (trad. Corinne Atlan) le dilate, le remonte, le transgresse, pour le suspendre finalement dans un village édénique des plus modestes. La taille du livre, qui compte plus de six cent pages, accroit ces tours singuliers, à la prégnance envoûtante. Elle nous propose une lecture qui dure, aux motifs dédaléens. Par Galien Sarde. 

19/05/2024, 19:51

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Le Temps des crocodiles

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Un voyage initiatique dans la prose palestinienne

BONNES FEUILLES - Les éditions Actes Sud proposent une réédition du texte palestinien Lumière bleue, d'Hussein Al-Barghouti, traduit de l’arabe (Palestine) par Marianne Weiss.

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Laurent de Sutter : pourquoi décevoir est un plaisir ?  

Parmi les nombreuses punchlines de Baudelaire, l’une évoque « le plaisir aristocratique de déplaire » dans la pratique du mauvais goût. Un autre dandy, Oscar Wilde, confessait : « Je vis dans la terreur de ne pas être incompris. » Certains y verront les postures de deux esthètes à l’esprit adolescent, une chose reste certaine : pour la plupart, décevoir est la pire chose… Alors pourquoi l’inverse d’un plaisantin, Gilles Deleuze, a affirmé, en réponse à un critique, « décevoir est un plaisir » ?

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L'histoire de la femme qui développa le vaccin Covid-19

Katalin Karikó est un nom que l'on entend rarement, voire jamais. Et pourtant, elle a considérablement contribué à l'élaboration du vaccin contre la Covid-19. Un rôle qui lui a valu le prix Nobel de médecine 2023. Ne jamais renoncer, c'est l'oeuvre d'une femme qui a toujours cru en elle et qui, sacrifice sur sacrifice, a réalisé ses rêves.

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Jeux de cartes : une histoire qui s’écrit avec des livres

S’il ne semble rien n’y avoir de plus commun que de jouer avec des cartes (à jouer précisément !), ces petits bouts de carton ont pourtant une longue histoire derrière eux. A l’heure du numérique, et des jeux de cartes virtuels, il est peut-être temps d’en revenir au début de cette passion presque universelle et ludique.

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Depuis le film de 1956 avec Louis de Funès et Bourville, qu'est ce qui a changé dans La traversée de Paris ? Les pistes cyclables peut-être ? Les métro blindés et leurs odeurs nauséabondes ? Les embouteillages ? Les engueulades entre cyclistes et automobilistes à chaque carrefour ?

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Laurent Mantese, professeur de philosophie, fait une entrée époustouflante sur la scène de l'imaginaire francophone avec La Sonde et la Taille, dernière aventure de Conan le barbare, à l'apogée de son déclin. Un texte par Les mots délivrent.

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La mer, théâtre d'humanité et de désespoir

Les taxis seraient-ils ces bateaux humanitaires (qui sillonnent la Méditerranée pour tenter de sauver des émigrants expédiés, par des passeurs sans scrupules, sur des embarcations inadaptées vers des Édens présumés sur l’autre rive) que nombre de politiques de tous bords et de toutes nationalités ont décidé d’affubler de ce qualificatif dégradant, pour justifier leurs positions délétères et pour dévaloriser, sinon décrédibiliser, les actions de sauvetages en mer ?

 

15/05/2024, 16:34

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Offrir un livre pour témoigner de sa gratitude

Quand on nous a rendu service, quand on nous a reçu avec sympathie et délicatesse, et dans tant d’occasions où l’on a bénéficié de la générosité des autres, on peut tout simplement faire le choix d’un livre en forme de remerciement. C’est un cadeau qui sera sans doute toujours bien reçu.

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Parfois, mieux vaut être un Somnambule…

Homme à tout faire, Will Bear est un homme au passé compliqué et solitaire. Il effectue des courses parfois louches, souvent dangereuses, pour le compte d'une organisation puissante dont il ne sait pas grand-chose.  Comment en est-il arrivé là ? C’est une autre histoire. Celle qui nous intéresse, la voici : un jour, alors qu’il est en pleine mission, un coup de téléphone inattendu chamboule sa vie. Une jeune femme affirme être sa fille biologique. 

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L'opacité comme paysage, avec Michael Jordan chez FRMK

Deux personnages pénètrent dans une zone sauvage contrôlée par l’armée. Au milieu d’une nature désolée, ils errent, munis d’un appareil servant à capter les énergies telluriques. Un nouvel ouvrage signé Michael Jordan, traduit de l'allemand par Julie Degaumin.

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Formidable : Jack Lang comme on ne l'a jamais lu

S'il y a bien un ministre de la culture qui a marqué durablement le paysage français, c'est Jack Lang, arrivé au pouvoir en 1981 au sein de l'équipe de François Mitterand et toujours actif quatre décennies plus tard. Sans être fanatique des livres politiques en général, je dois avouer que cet album consacré à la carrière de Jack Lang est incroyablement réussi. Comme l'annonce le titre, il est Formidable

 

15/05/2024, 08:30

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Poutine face à Kirill : un duel pour le pouvoir

BONNES FEUILLES  – Un nouveau roman d’espionnage au cœur de la Russie, dans lequel Poutine et Kirill se livrent une bataille acharnée pour le pouvoir. L’auteur Sergueï Olegovitch Jirnov, ancien ancien officier du KGB soviétique, promet un grand frisson. 

15/05/2024, 08:00

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Retour aux racines palestiniennes, entre les amandiers de 1948

BONNES FEUILLES – Récit initiatique d'un retour au pays natal, au cœur d'un verger d'amandiers établi en 1948, année funeste de l'exode palestinien. Là, dans les terres de Ramallah où il a pris son dernier souffle en 2002, repose l'écrivain selon ses dernières volontés. Une nouvelle édition traduite de l’arabe (Palestine) par Marianne Weiss. 

15/05/2024, 07:30

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Dublin : une ville marquée par la modernité littéraire

La capitale de l’Irlande, hier encore marquée par un riche passé industriel, a profondément changé de visage depuis le début des années 90, avec la montée en puissance du secteur des technologies de l’information et de la communication. La ville garde, néanmoins, également, un aspect artistique et patrimonial important. 

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Mille Saisons. Tome 1, La géante et le naufrageur

14/05/2024, 10:20

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Kindergarten Wars : ça va saigner dans les bacs à sable  

Un petit enfant joue dans la cour de récré quand des grenades volent dans sa direction. Heureusement, la maîtresse vigilante les renvoie à l'expéditeur d'un habile coup de pelle à sable. Bienvenue dans la maternelle la plus sécurisée du monde. Les criminels reconvertis qui y travaillent parviendront-ils à trouver l’amour ? Une comédie décalée sur fonds d’explosions et de fusillades. 

14/05/2024, 10:11

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De la favela à la renommée littéraire

BONNES FEUILLES  – Exclu du rôle de prince dans une pièce théâtrale scolaire en raison de sa couleur de peau, Fio Jasmin a été profondément marqué par cet épisode. Des années plus tard, il devient un grand séducteur. 

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Des livres pour tout savoir sur les fondateurs de PayPal

La révolution PayPal est associée à des noms désormais extrêmement célèbres. Si le plus connu d’entre eux reste Elon Musk, il faut savoir qu’il n’était pas à l’origine du projet, mais fondateur, de son côté, d’une société de banque en ligne dénommée X.com. 

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