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Les Ensablés - Les notes de voyage de Laurent Jouannaud: Françoise Sagan

Mon cher Hervé,J’ai lu quelques romans de Françoise Sagan pendant ces belles journées de Pâques. « Sagan ? », allez-vous dire, « Sagan, après Duras et L’Amant ? Est-ce la même catégorie ? » En tout cas, toutes les deux avaient une maison en Normandie et s’y reposaient de Paris et des Parisiens, comme vous, cher Hervé. Et toutes deux ont connu un monumental succès : Duras avec son dernier roman, Sagan avec le premier. J’ai en tête l’image de Marguerite Duras vieillie mais sculptée par les années, et l’image de Sagan toujours jeune et lisse, comme si l’une avait mûri et s’était bonifiée, comme si l’autre, figée, n’avait jamais grandi. Et telles seraient leurs œuvres d’après la rumeur littéraire : celle de Duras s’élevant pierre à pierre, celle de Sagan dérapant sur les parquets cirés des salons sans jamais dépasser ni même égaler Bonjour Tristesse, écrit en 1954, à dix-neuf ans.

Le 16/05/2011 à 07:13 par Les ensablés

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Publié le :

16/05/2011 à 07:13

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

Ce fameux premier roman qui lui a valu une gloire immédiate est réussi : il est très bref, à peine soixante pages ! C’est Racine à la plage : cinq personnages dans une maison au bord de la mer en été. Il y a deux jeunes gens : Cyril est simplement très beau, Cécile a la beauté sauvage de la jeunesse. Il y a trois adultes : un homme mûr dont le charme viril est indiscutable, une  belle femme mûre saisie par le doute et une femme encore jeune et belle qui servira de piège. Ces cinq personnages vont souffrir. Cécile veut empêcher le mariage de son père avec la femme mûre et saura utiliser les pions qui sont à sa disposition : « Je me demandais si mes calculs étaient justes. J’étais l’âme, le metteur en scène de cette comédie. Je pourrais toujours l’arrêter. » Elle raconte l’été de son initiation sentimentale et physique et se définit ainsi : « Le goût du plaisir, du bonheur représente le seul côté cohérent de mon caractère. » Le mot plaisir est celui qui revient le plus souvent dans ce roman. Les plaisirs de la mer, du soleil et du luxe vont de soi. Mais le plaisir sexuel est la grande affaire. Les deux jeunes gens prennent ensemble ce plaisir, sans problèmes : « J’éprouvais, en dehors du plaisir physique et très réel que me procurait l’amour, une sorte de plaisir intellectuel à y penser. » Ce plaisir réciproque lie les êtres mais ne les attache pas : « Cyril fit un pas vers moi et posa sa main sur mon bras. Je le regardai : je ne l’avais jamais aimé. Je l’avais trouvé bon et attirant ; j’avais aimé le plaisir qu’il me donnait ; mais je n’avais pas besoin de lui. J’allais partir, quitter cette maison, ce garçon et cet été. »

Pour les moins jeunes, c’est le drame : il semble que seul un corps jeune puisse vraiment donner du plaisir. Or, comme l’écrit ailleurs Françoise Sagan, ce plaisir-là se paye mais ne s’achète pas. Et les femmes mûres doivent le payer plus cher que les hommes. Ce que décrit Françoise Sagan est encore plus vrai aujourd’hui qu’hier. Bonjour tristesse est un récit tragique : à la fin, la femme mûre, humiliée, quitte la route… Accident ou suicide ? Bonjour tristesse… Mais « la vie recommença comme avant, comme il était prévu qu’elle recommencerait ». C’est bien senti : les histoires d’amour de notre époque finissent, finissent mal (en général), mais les partenaires sont immédiatement prêts à recommencer.

Le second roman de Françoise Sagan, Un certain sourire, aussi bref que le premier, ne compte plus que quatre personnages : le couple jeune et le couple mûr. Et la jeune fille qui raconte son histoire pourrait bien être la même que celle qui racontait Bonjour tristesse. Il n’y a plus besoin de piège : dès que l’homme mûr rencontre la jeune femme, le fil se déroule, « tout un petit jeu de quatuor qui s’engageait dans un printemps parisien. » Ils ont une liaison qui culmine par deux semaines dans un grand hôtel de Cannes. Le jeune homme amoureux de la jeune femme souffre ; la femme mûre, elle, a déjà vécu cette situation : « Enfin, je veux dire que l’infidélité dans l’ordre physique n’est pas vraiment grave. ». A la fin de l’été, l’homme mûr retourne à ses affaires, la jeune Dominique souffre pendant quinze jours et c’est fini. Le couple mûr a résisté. Voici les dernières phrases du roman : « J’étais une femme qui avait aimé un homme. C’était une histoire simple ; il n’y avait pas de quoi faire des grimaces. »

Il y avait de quoi en faire un bon petit roman et un bon portrait de femme. Dominique, « sans morale élémentaire », qui aime le plaisir physique (« ce que je ne peux, quoi que j’en aie, ne pas appeler l’essentiel »), déclare : « J’aimais l’amour et les mots qui se rapportaient à l’amour, « tendre, cruel, doux, confiant, excessif », et je n’aimais personne. » Elle se consolera assez vite : sa douleur manque d’envergure ! Ce n’est pas la tragédie, ni le drame romantique, ni même le drame bourgeois : le plaisir se retrouvera à la prochaine occasion. Ce portrait de femme est à la fois actuel et daté : Dominique cherche son plaisir en femme libre, ce qui est actuel ; elle ne cherche pas encore le pouvoir ni l’égalité, ce qui en fait un personnage dépassé.

Le troisième roman de Sagan, Dans un mois, dans un an, ne compte lui aussi que soixante pages, et cette fois il y a trop de personnages : Josée, le jeune couple Bernard et Nicole, Edouard, Jacques, l’actrice Béatrice et le metteur en scène Jolyau, le couple mûr Alain et Fanny Maligrasse. Les liaisons croisées ne procurent même plus cette impudence dans le plaisir qui étonnait le lecteur. L’auteur cite nommément, dans ces quelques pages, Proust, Balzac, Racine, Flaubert, Stendhal et Baudelaire ! Que de modèles ! La fausse-couche de Nicole et le faux pédéraste de la fin ne relèvent pas le niveau de l’intrigue : nous sommes dans une triviale comédie, sans la magie des deux premiers romans.

Dans le quatrième récit, Aimez-vous Brahms, aussi bref que les autres, Sagan a resserré le filet.

Paule, « passant difficilement du rang de jeune femme au rang de femme jeune » a « une liaison durable » avec Roger, un homme d’affaires de son âge qui l’aime mais a régulièrement de jeunes maîtresses. Simon, vingt-cinq ans et charmant, tombe amoureux de Paule : il lui fait la cour, l’emmène à un concert de Brahms, insiste et elle lui cède. C’est une belle aventure mais elle doit (pourquoi ?) choisir entre Simon et Roger qui n’entend pas la perdre. Elle choisit Roger : « Simon, Simon, maintenant je suis vieille, vieille… » Ce roman vaut mieux que le précédent mais aucun des personnages n’intéresse vraiment : ce couple mûr ne frôle même pas le drame !

J’ai lu enfin La Chamade. C’est encore un quatuor : un riche homme mûr aime une jeune femme libre qui aime pendant un moment le beau jeune homme qui est l’amant en titre d’une riche femme mûre. Tout ce monde va souffrir mais dans les limites du raisonnable. Lucile, la jeune femme libre, et Charles, l’homme qui l’entretient, sont réussis. Il la laisse libre de partir : « Je ne cherche pas à vous retenir, ce n’est pas la peine, n’est-ce pas. Mais rappelez-vous bien ceci : je vous attends. N’importe quand. » Lucile part vivre avec Antoine, dans sa petite chambre : « La passion physique allait faire - de ce qui aurait pu être entre eux, une passade -une véritable histoire. » Ils connaissent « les paysages ensoleillés du plaisir » : quelle formule indigente ! Mais Lucile revient à la fin de l’été, à la fin du roman, à son riche protecteur sur lequel elle peut vraiment compter. Le bel Antoine, qui a déjà eu « de nombreuses passions », a probablement encore quelques belles conquêtes devant lui. Diane, la femme mûre à la Rolls, se console vite avec un jeune diplomate cubain.

Françoise Sagan réussit encore avec Lucile un portrait de femme à la fois moderne et dépassé : « Il lui semblait naturel d’être entretenue par un homme qui en avait les moyens et que, de plus, elle estimait. » Charles la qualifie d’épicurienne et elle-même se définit ainsi : « Le soleil, les plages, l’oisiveté, la liberté…, c’est notre dû, Antoine, nous n’y pouvons plus rien. C’est dans notre peau. C’est ainsi. Nous sommes probablement ce qu’ils appellent des gens pourris. » Mais tout se passe dans un décor mondain et luxueux qui amortit les chocs. Charles et Lucile se réconcilient lors d’un concert : « C’était décidément une soirée à la Proust : on était chez les Verdurin, le jeune Morel faisait ses débuts et Charles était le nostalgique Swann. » Mais Odette de Crécy et Charles Swann, c’est tout de même autre chose.

Dans Des bleus à l’âme écrit en 1972, de façon très moderne, Françoise Sagan écrit un roman et raconte comment elle l’écrit : « Oui, je sais : me voici retombée en pleine frivolité… Ce fameux petit monde saganesque où il n’y a pas de vrais problèmes. » Il y a Eléonore et Sébastien, frère et sœur, blonds et désargentés. Une femme riche entretient Sébastien ;  Eléonore peut avoir tous les amants qu’elle veut mais couche avec un jeune acteur, le très beau Bruno. Entretemps, Sagan évoque sa carrière : « Elle avait écrit, à dix-huit ans, une jolie dissertation française, que l’on avait publiée et qui l’avait rendue célèbre. » Et aussi : « On a le sentiment d’avoir eu deux beaux enfants, bien sains, qui ont fait leur chemin dans la vie [il s’agit de Bonjour tristesse et de la pièce de théâtre Château en Suède], et ensuite, une file de petits canards boiteux qui, eux, ont moins plu, les pauvres… » A la fin du roman, Robert Bessy, un riche imprésario (« Si on prenait un peu de caviar ? ») qui a couché avec Bruno, se suicide, et un télégramme rappelle Sébastien et Eléonore Van Milhem en Suède. Et voilà !

Je n’en lirai pas davantage. Dans le volume de la collection « Bouquins » que j’ai emprunté en bibliothèque, il y a quatorze romans mais je m’arrête là. Il y a encore un grand roman de trois cents pages, La femme fardée : peut-être aurait-il fallu le lire ? Mais non, je viens de rechercher sur Internet : un groupe de riches bourgeois embarque sur le luxueux paquebot Narcissus ! Proust en croisière ! J’ai déjà le mal de mer.

Françoise Sagan a toujours été contestée. Le monument, ce serait sa vie : énorme succès et beaucoup d’argent dès vingt ans, voitures et accidents de voiture, Saint-Tropez, casinos, alcool, drogue et procès, deux mariages et deux divorces, journalisme, engagement politique à gauche, mitterrandolâtrie, fraude fiscale et condamnations, solitude. C’est le scandale qui lui aurait assuré un public, selon bien des critiques littéraires. Ses romans se sont toujours bien vendus, et pourtant, elle qui écrivait pour gagner sa vie est morte ruinée. Sagan ressemblait à ses personnages de jeunes femmes libres et vivant sans filet. Je dois dire, mon cher Hervé, que ces scandaleuses vies d’écrivain me touchent : Françoise Sagan a payé son succès de sa personne, c’est indéniable. Les projecteurs ont éclairé la femme et l’œuvre d’une seule lumière. J’y vois une preuve de courage, de liberté et en même temps, évidemment, cette tactique littéraire a trouvé ses limites. Je suis de ceux qui pensent qu’on n’écrit bien que dans le noir et le silence.

Laurent Jouannaud - Mai 2011

Par Les ensablés
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Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Strange Academy : Marvel a son école de magie, Harry Potter survivra-t-il ?

À la Strange Academy, la rentrée ne ressemble pas franchement à une rentrée. Ici, les élèves viennent d’Asgard, de Weirdworld ou de la Dimension Noire, un géant du givre partage les couloirs avec une fée et le fils de Dormammu tente de ne pas finir comme papa. Dans

13/09/2026, 14:53

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Nino Rota, KGB, cerveau blessé : 5 livres pour voir autrement

Cette semaine, la Booksletter passe des partitions de Nino Rota aux archives du KGB, du spleen d’un tueur imaginé par Edgardo Scott aux patients qui réapprennent les gestes les plus simples après une lésion cérébrale. En chemin, Alexander Krauss rappelle combien les outils façonnent les découvertes scientifiques. Cinq livres, cinq manières d’explorer les zones où l’art, l’histoire, la médecine et la science déplacent notre regard sur notre monde.

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Cécile Wajsbrot donne une voix aux parcours de l’exil

Avec Oratorio, Cécile Wajsbrot revient sur les parcours de celles et ceux qui quittent leur pays par nécessité, traversent la Méditerranée ou empruntent les routes migratoires. À partir de données recueillies sur plusieurs décennies, la romancière compose un texte entre chœur, dialogue et récit, qui interroge notre rapport à l’exil et aux frontières.

 

12/09/2026, 07:00

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La fleur au fusil, face à l’enfer : Victor Lepointe raconte l’été 1914

Avec Été 1914, Victor Lepointe revient sur les premières semaines de la Première Guerre mondiale à travers deux jeunes hommes que tout semble opposer. Un récit en bande dessinée qui suit le basculement d’une génération, de l’enthousiasme patriotique d’août 1914 à la brutalité d’une guerre nouvelle.

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Après Beauté fatale, Mona Chollet revient sur les normes esthétiques imposées aux femmes avec Soigner sa peau. Exploration d’une obsession. Sérums, K-Beauty, Botox ou chirurgie : l’autrice examine la place prise par la peau dans les pratiques contemporaines de beauté et les mécanismes d’une industrie qui transforme l’insatisfaction en moteur de consommation.

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Dust to Dust : une poussière meurtrière, une Amérique au bord de l’asphyxie

Oklahoma, 1935. L’Amérique mord la poussière : une ville s’enfonce dans le Dust Bowl tandis qu’un tueur profite du chaos. Avec Dust to Dust, Phil Bram et J.G. Jones construisent un polar historique lent, suffocant et visuellement saisissant, dont la résolution convainc moins que l’atmosphère. Delcourt publie en français ce récit complet, traduit par Laurent Queyssi.

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Destiné aux lecteurs à partir de 9 ans, Ensemble contre l’antisémitisme propose 50 questions-réponses pour mieux comprendre l’histoire et les mécanismes de l’antisémitisme, en France comme dans le monde. L’ouvrage paraîtra le 8 octobre 2026 aux éditions Privat.

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Et si le monde était régi par un code informatique que seuls quelques-uns pouvaient lire ? Avec La Marche du Monde, Lou Lubie signe une nouvelle série de fantasy destinée aux lecteurs de 14 ans et plus. Dans ce premier tome, intitulé Nord, une adolescente mise à l’écart découvre que ses mystérieuses syncopes lui permettent en réalité de lire le code qui régit le monde.

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Que reste-t-il de nos « au revoir » ? Dans son nouvel ouvrage, Gilles Marchand s’intéresse à ces mots familiers qui accompagnent les départs, les ruptures, les deuils, mais aussi l’espoir de se retrouver. Un texte intime et universel, à paraître aux éditions Rivages le 7 octobre.

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Sous la neige des sentinelles : une enquête steampunk au cœur des montagnes

Avec Sous la neige des sentinelles, Mip Ruberto Sanquer entraîne les lecteurs de 14 ans et plus dans une uchronie steampunk située en Haute-Savoie, en décembre 1901. Entre complot, enquête, capacités augmentées et animaux doués de parole, le roman mêle aventure et fantastique dans le décor d’un Noël en haute montagne.

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Marie Pavlenko : dans l’eau, les proies apprennent à mordre

Il y a des livres qui installent leur menace à coups de portes qui grincent. Marie Pavlenko choisit plus sournois : une mouillette, une bouffée de chaleur, un corps qui change, une mouche écrasée. Puis quelque chose remue sous la peau du réel. Et nue, je suis entrée dans l’eau rassemble trois nouvelles reliées par une même question : que se passe-t-il lorsque la proie cesse d’accepter la place qu’on lui a assignée ? La réponse n’a rien d’un manifeste abstrait. Elle aura des dents, des sucs, des larves et parfois un goût de sang, ce 16 septembre.

08/09/2026, 10:42

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Et si faire le tour du monde ne suffisait pas à échapper à soi-même ?

Dans S’envoler, Thierry Clech suit un homme aisé, vieillissant et inquiet face au temps qui passe, qui décide de partir pour un tour du monde organisé. De New York à Kyoto, de l’île de Pâques à Bénarès, les kilomètres défilent, mais le voyage ne suffit pas à combler le vide qui le ronge. 

08/09/2026, 10:16

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Et si l’on pouvait pêcher du temps ? Aurélie Wellenstein dans un monde au bord de l’effondrement

Avec Isaiah dans les eaux du temps, Aurélie Wellenstein entraîne les lecteurs, de 15 ans et plus, dans une fantasy sombre où les courants temporels peuvent faire disparaître les vivants et où le temps lui-même devient une ressource à pêcher. Un récit de survie aux enjeux aussi fantastiques que profondément humains, à paraître le 8 octobre 2026 chez Scrineo.

08/09/2026, 08:00

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Du refuge familial aux sommets : Kilian Bron raconte sa vie en VTT

Comment le VTT, découvert à l’adolescence, est devenu pour Kilian Bron à la fois un espace de liberté, une discipline et un moyen de s’extraire d’un environnement familial difficile. Le vététiste revient sur son parcours, son goût du risque et sa relation à la montagne dans ce récit personnel, préfacé par Martin Fourcade et publié en poche chez Flammarion.

 

08/09/2026, 07:00

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Petit éloge des métiers d’art : à l’heure des algorithmes, l'antidote à l’uniformisation

Alors que l’intelligence artificielle et la culture de l’immédiateté semblent gagner chaque pan de nos vies, Raphaëlle Le Baud invite à regarder du côté des ateliers. Dans Petit éloge des métiers d’art, l’entrepreneuse engagée dans le secteur célèbre celles et ceux qui font de la matière, du geste et de la transmission une autre manière d’habiter le monde.

 

08/09/2026, 06:00

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François Molins ouvre les coulisses de l’institution judiciaire

Avec Au nom du peuple français, François Molins revient sur quarante-six années passées au sein de l’institution judiciaire. De la lutte antiterroriste aux grandes affaires politico-financières, l’ancien magistrat raconte les dossiers qui ont marqué sa carrière, mais aussi sa conception de la justice et de sa nécessaire compréhension par les citoyens. Ses Mémoires paraissent en poche chez Flammarion, dans la collection Au Grand jour.

08/09/2026, 06:00

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Virginia dans les tours de Thomas Binggeli : s’occuper des autres et s’oublier

Virginia met un peu de couleur dans le gris du quotidien, elle fait équipe avec le narrateur, un jeune homme, factotum, qu’elle a pris sous son aile immédiatement, comme une mère poule. Une relation fusionnelle s’installe entre eux avec une idée obsessionnelle pour Virginia : préparer une fête pour égayer cet univers clos.

07/09/2026, 13:45