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Les Ensablés - Notes de voyage de L.Jouannaud : "L'amant" de Marguerite Dura, indéniablement un monument

Cher Hervé,J’ai dans ma cuisine un calendrier à motifs littéraires : chaque semaine est illustrée par la photographie d’un écrivain. Il y a eu Perec, Gide, Joyce, l’Autrichien Thomas Bernhard. En février, il y avait Marguerite Duras, perdue dans une veste rouge, la tête enfoncée dans les épaules, face au vent et au soleil couchant, devant la mer, à Trouville, là où elle a écrit L’Amant. L’Amant ! Quel succès cela a été en 1984 ! Plus de deux millions d’exemplaires vendus. Ce monument n’est pas épais, j’en suis surpris, à peine 140 pages. Je l’ai revisité en une après-midi.

Le 12/04/2011 à 06:54 par Les ensablés

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12/04/2011 à 06:54

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

La première page m’a rivé au texte et la dernière phrase m’a fait venir les larmes aux yeux. Une femme « âgée déjà » pense à la jeune fille qu’elle a été et dont elle est seule à se souvenir : « Je pense à cette image que je suis seule à voir encore et dont je n’ai jamais parlé. » Le roman raconte un épisode de la vie de cette jeune fille, son aventure avec celui qu’elle appelle « l’amant ». Je suis moi aussi à l’âge où l’on repense à sa jeunesse, ce moment où certains êtres brisent les barrières, exigent l’impossible, commettent l’irrémédiable.

Marguerite Duras a connu ce moment extraordinaire en vivant une histoire d’amour : jeune fille, elle accepte les avances d’un homme dont tout la sépare, l’âge, la situation sociale et la race. Duras en fait un acte fondateur de son existence : elle l’appelle ici « l’experiment », en anglais.  Après ce pas franchi, elle était différente à jamais. Elle avait, dit-elle, quinze ans et demi. Cet acte, c’est l’acte sexuel, la fameuse « première fois ». Expérience marquante pour chacun. Expérience presque toujours tenue secrète : qui parle de sa première fois ? Mais la littérature est là pour lever les mystères et le voyeurisme a toujours été un moteur de lecture.

Duras a soixante-dix ans quand elle écrit L’Amant : que de temps il lui aura fallu pour raconter cet événement ! Elle dit tout, c’est la force du texte : le sang, la douleur, le plaisir, « la jouissance qui fait crier », le désir, la tristesse après l’amour, les pleurs, les fantasmes. Le lit, les odeurs (« cacahuètes grillées, soupes chinoises, viandes rôties, herbes, jasmin, encens »), les bruits de la ville. Le corps imberbe, la peau dorée, la douceur du sexe. Il faut en dire assez, mais pas trop : Duras ne perd jamais le sens de l’équilibre littéraire. « Là tout est bon, il n’y a pas de déchet, les déchets sont recouverts, tout va dans le torrent, dans la force du désir. »

C’est une femme qui a écrit ce roman, et c’est moi, un homme, qui le lit en retenant mon souffle. Mon cher Hervé, j’en ai par-dessus la tête de ces livres et ces films pour femmes, fabriqués d’ailleurs autant par des femmes que par des hommes, de ces œuvres qui flétrissent a priori le sexe auquel j’appartiens. Marguerite Duras traite au contraire l’homme et la femme à égalité : chacun joue son difficile rôle, sans victime ni coupable. Cet amour est raconté par-delà le bien et le mal. Le séducteur séduit mais il est séduit lui aussi, la vierge mène le jeu, cette liaison n’a pas d’avenir, aucun des deux n’aime l’autre, et pourtant, il s’agit bien du mystère de l’amour, celui d’Hiroshima mon amour, que j’ai revu il y a peu, si poignant : « Nous retournons à la garçonnière. nous sommes des amants. Nous ne pouvons pas nous arrêter d’aimer. » Marguerite Duras a raison : c’était le grand amour de sa vie, cet amour bref, non vécu, impossible, cet amour qui l’a grandie. Vers la même époque, en 1936, André Breton concluait L’Amour fou par ces mots adressés à sa fille à peine née : « Je vous souhaite d’être follement aimée. »

La jeune fille, « l’enfant », fait preuve d’une détermination qui défait l’image convenue de la femme passive, séduite, possédée. Le titre est trompeur car les trois-quarts du livre parlent d’elle, qui n’est jamais une simple maîtresse, et non pas de l’homme, ce chinois de hasard. Mais Duras donne à ce personnage, secondaire dans le roman, la place centrale qu’il occupe dans l’imaginaire des femmes et des hommes : celui qui sait faire jouir.

Cette liaison sulfureuse et dissolvante, Marguerite Duras l’immerge dans le courant de la vie, avec d’autres caillots de souvenirs. Au lieu de diminuer l’intensité du récit, cela donne au texte son épaisseur bouleversante. Ce n’est pourtant guère construit : des paragraphes brefs ou longs, séparés par un blanc, évoquent des scènes du passé. Marguerite Duras rend parfaitement la discontinuité du vécu, cette persistance d’événements lointains tandis que des pans entiers de vie ne sont même plus des souvenirs : j’admire le désordre agencé de ces pages. Il y a les sales histoires de famille que chacun connaît plus ou moins : « c’est une famille en pierre, pétrifiée dans une épaisseur sans accès aucun. Chaque jour nous essayons de nous tuer, de tuer. » Il y a la mère et les deux frères, morts tous trois et pourtant immortels tant elle les a aimés et haïs. Il y a un paysage obsédant, l’Indochine avec le soleil, le Mékong, le Pacifique, cette nature écrasante qu’elle retrouvait parfois à Trouville face à la marée. Il y a des noms et leur visage, ces compagnons éphémères qu’on égrène au cours d’une vie : la folle de Vinhlong, Hélène Lagonelle, Dô. Ou Betty Fernandez, « morte depuis longtemps maintenant, depuis trente ans peut-être, c’est trop tard maintenant pour que je l’oublie ». Ou Marie-Claude Carpenter, « plutôt belle je crois », « elle était, je crois me souvenir, de Boston » : voisines ou camarades de hasard. Il y a aussi l’Histoire, à laquelle personne n’échappe : la colonisation, la guerre, « c’était Stalingrad », « mon mari était déporté ». Et puis le temps qui déforme tout : «  C’est fini, je ne me souviens plus. » Dans L’Amant, Duras cueille les quelques épis qui se dressent sur la terre labourée de son existence : « L’histoire de ma vie n’existe pas. Ça n’existe pas. Il n’y a jamais de centre. Il y a de vastes endroits où l’on fait croire qu’il y avait quelqu’un, ce n’est pas vrai il n’y avait personne. » J’avoue que je suis remué par ce survol erratique du passé, c’est bien ainsi que j’écrirais ma biographie.

Je suis étonné de ne pas chercher davantage à savoir si cette histoire est vraie… Marguerite Duras a raconté les choses autrement dans d’autres livres ! Vérité ou fiction ? Autofiction, dit-on maintenant : biographie romancée ou roman vécu. Avec le temps, la frontière entre les faits et les mots, entre les pensées et les actes se fait plus difficile à établir : Duras le montre mieux que personne. Mais il est sûr que penser à la liberté, c’est déjà la liberté. L’idée de briser les tabous suffit à les ébranler : l’héroïne du roman est « allée jusqu’au bout de l’idée » mais la seule idée d’aimer un chinois aurait suffi à déplacer les bornes. Marguerite Donnadieu devient peut-être Marguerite Duras à ce moment-là : « Dès qu’elle a pénétré dans l’auto noire, elle l’a su, elle est à l’écart de cette famille pour la première fois et pour toujours. » La liberté ne dure jamais bien longtemps : elle apporte d’autres contraintes, d’autres peurs, d’autres douleurs. C’est un mouvement qui s’enlise toujours, mais qui l’a connu ne revient jamais totalement à la vie normale.

Cet amour pur et sordide qui l’aiguille vers un autre avenir, Marguerite Duras le relie à l’écriture : la jeune fille qui accepte cet amant veut écrire. Elle l’a dit à la mère : « Je lui ai répondu que ce que je voulais avant toute autre chose c’était écrire, rien d’autre que ça, rien. » Transgression sexuelle et transgression littéraire vont de pair. La mère lui dit : « Tu leur plais ? » « Je réponds : c’est ça, je leur plais quand même. C’est là qu’elle dit : tu leur plais aussi à cause de ce que tu es toi. » Écrire, écrire vraiment, mon cher, « être soi », c’est une transgression, vous l’avez sans doute compris, et qui se paie.

Cet amour se termine de façon banale : la jeune fille quitte la colonie pour la métropole et l’amant la voit s’éloigner, assis dans sa limousine noire garée sur le port. « Elle savait qu’il la regardait. Elle le regardait aussi, elle ne le voyait plus mais elle regardait encore vers la forme de l’automobile noire. Et puis à la fin elle ne l’avait plus vue. Le port s’était effacé et puis la terre. » Image de film.

Longtemps après, à la dernière page de ce court roman, après une vie entière, « après les mariages, les enfants, les divorces, les livres », l’amant qui est de passage à Paris téléphone. Elle le reconnaît tout de suite. « Il lui avait dit que c’était comme avant, qu’il l’aimait encore, qu’il ne pourrait jamais cesser de l’aimer, qu’il l’aimerait jusqu’à sa mort. » Comme avant.

Monumental, indéniablement.

Laurent Jouannaud - avril 2011

Par Les ensablés
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Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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À nos Marques : deux adolescents en guerre sous le même toit

Élaïa fend l’eau pour oublier le vitiligo que ses camarades lui renvoient au visage. Lucien parade pour cacher l’énurésie, les paris sportifs et la peur de perdre sa mère. Quand leurs parents les installent sous le même toit, la guerre éclate. Dans À nos Marques, Calouan et Bénédicte Rousset livrent un roman jeunesse énergique et chaleureux, très juste dans l’intime, plus fragile dans ses raccourcis. Départ donné le 27 août.

20/07/2026, 11:00

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Sept romans étrangers qui auraient dû faire beaucoup plus de bruit

À quelques semaines de la rentrée littéraire, les piles vacillent déjà sous les promesses d’août. Pourtant, sept traductions parues depuis janvier méritent qu’on retarde encore un peu l’invasion annoncée. De l’Australie noongar à Damas, en passant par Lagos, Java, Zurich, le Sandžak et une ferme perdue dans un pays sans nom, ces textes ont bien davantage à offrir qu’un dernier détour avant l’automne.

20/07/2026, 10:48

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Fanny à la folie : Émilie de Turckheim raconte les souvenirs d'une femme de 82 ans

Fanny à la folie, le nouveau roman d'Émilie de Turckheim, paraîtra le 19 août 2026 aux éditions JC Lattès. À travers le portrait d'une octogénaire contrainte de quitter son appartement pour entrer en maison de retraite, l'autrice retrace une vie traversée par les souvenirs, les amitiés fondatrices, les amours et les secrets, dans un récit où se mêlent humour, fantaisie et émotion.

18/07/2026, 10:01

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Moins de 200 pages : 10 livres à dévorer pour lecteurs qui n’ont pas le temps

Un meurtre pour préparer l’arrivée d’un bébé, une greffe d’utérus dans le métavers, des rêves fabriqués en forêt ou un trésor enfoui dans l’histoire coloniale de La Réunion : nul besoin de 500 pages pour ouvrir de vastes horizons. Du noir à l’imaginaire, de la romance à la poésie, voici dix ouvrages (francophones) à découvrir avant la fin des vacances. À raison d’un titre tous les quatre ou cinq jours, la rentrée peut bien attendre.

18/07/2026, 09:08

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Comment l’IA transforme la guerre de l’information

L’heure du digital, l’océan de l’information ne cesse de s’étendre. Toute recherche apporte son flot de réponses et il n’est pas toujours facile de naviguer entre renseignements officiels, astroturfing (une stratégie de manipulation et d’influence), fake news et propagande.

18/07/2026, 08:00

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Un vétérinaire découvre que son symptôme n’est pas isolé

Martin Reinhard est vétérinaire. Il vient de reprendre un cabinet sur le déclin à Château-Chinon. Mais depuis quelque temps, ce géant qu’on verrait bien en troisième ligne sur un terrain de rugby se sent épuisé. Et le climat automnal n’arrange rien à son état vaguement dépressif. Pire, un matin, alors qu’il observe des chevreuils à proximité de sa maison, une étrange tache bleue apparaît dans son champ de vision.

18/07/2026, 07:00

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Parle-moi de chez nous : les racines prennent l’avion

Un téléphone sonne, une femme tombe, trois générations retrouvent la parole. Entre Porto Rico et les États-Unis, Jeanine Cummins remonte les silences d’une lignée de femmes. Parle-moi de chez nous (trad. Christine Auché) est une saga généreuse, traversée d’images splendides, qui pèche surtout lorsqu’elle explique ce qu’elle vient de si bien faire sentir.

17/07/2026, 16:23

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Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry : une postulation vers le diable

Au-dessous du volcan, de Malcolm Lowry (éditions Gallimard, 1959, traduit de l’anglais par Stephen Spriel avec la collaboration de Clarisse Francillon et de l’auteur) est un roman hors-norme, sulfureux.

17/07/2026, 12:32

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Freida McFadden et les cahiers de vacances : on prend les mêmes et on recommence

Le Dîner, de Freida McFadden (trad. Karine Xaragai), reste en tête des meilleures ventes du 6 au 12 juillet 2026, avec 42.080 exemplaires écoulés. Derrière, La Prof remonte à la deuxième place. Pour le suspense, il faudra repasser : les huit autres titres du Top 10 sont encore des cahiers de vacances.

17/07/2026, 12:31

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Septentrionale : Karim Kattan fait de l’amour le dernier moteur du monde

Un pays jamais nommé s’effondre derrière eux ; devant, toutes les routes filent vers le nord. Dans Septentrionale, Karim Kattan lance Maryam et Joseph à travers une nuit de guerre, de prodiges et de souvenirs. Porté par les trajectoires queer de ses deux protagonistes, ce roman de l’exil mêle argot, visions cosmiques et tendresse sans édulcorer les violences héritées. Une traversée saisissante, parfois freinée par des symboles trop appuyés. Sortie le 4 septembre.

17/07/2026, 10:37

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Elle le mangerait : la grande Frédé a les crocs

Frédérique a 35 ans, quelques centimètres de trop selon les autres, un ex qu’une mesure d’éloignement lui interdit d’approcher et une faim d’amour impossible à rassasier. Lorsque Gabriel la défend dans la rue, elle ne rencontre pas un homme : elle invente un couple. Avec Elle le mangerait, Nicolas Robin signe une comédie noire nerveuse, drôle dans son aveuglement, glaçante dans sa logique. À table, le 27 août.

17/07/2026, 10:37

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Que reste-t-il des idéaux quand un attentat se prépare ?

Jeanne, Eric et Abdallah sont adolescents quand ils forment un groupe de musique : Les Pirouettes Cacahuètes. Ils voulaient fabriquer du son, une matière sauvage pour contrer l’effondrement annoncé, mais jamais le trio n’aurait imaginé alimenter une révolution à venir.

17/07/2026, 09:00

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Saurez-vous distinguer l’auteur de l’intelligence artificielle ?

Antoine Hummel propose un jeu. Son dispositif littéraire caustique entreprend de nous décoller du régime permanent de sollicitation que produisent les algorithmes de plateformes et d’applications.  En se confrontant à YouTube et en laissant s’insinuer l’intelligence artificielle, le texte explore ce que deviennent l’attention, le jugement et la création lorsque la répétition du même et la suggestion algorithmique enclosent notre appréhension du monde. 

17/07/2026, 08:00

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La prochaine guerre mondiale pourrait commencer par l’eau

L’eau est devenue l’or bleu du XXIe siècle, une ressource rare et convoitée, au cœur des équilibres géopolitiques. Dans un monde sous tension, Léa, ingénieure spécialiste du traitement de l’eau, travaille sur des technologies de pointe censées répondre à la pénurie. Lorsque la crise s’intensifie, elle est mobilisée au sein de Blue Corps, une unité internationale chargée de sécuriser les ressources hydriques, considérées comme des infrastructures critiques.

17/07/2026, 07:00

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Les Carnivores : Guillaume Nail écrit un futur qui a les crocs

Après une série de contaminations venues du vivant, les bêtes ont presque disparu, la viande se rationne et le Sanum organise un monde d’interdits, de protocoles et de surfaces désinfectées. Augustin, enfant rescapé d’une forêt interdite, croise Vadim, bureaucrate carniste, masculiniste et futur Guide d’une communauté hors contrôle. Avec Les Carnivores, publié chez Denoël, Guillaume Nail signe un roman brutal, organique, parfois saturé, mais traversé d’une vraie puissance de vision.

16/07/2026, 17:31

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Jim Queen : queer et sentiments

C’est le succès cinématographique du moment : un film d’animation – pour adultes – déjanté, trash et follement irrésistible : Jim Queen, de Marco Nguyen et Nicolas Athané.

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Une étreinte pour un long voyage : une saison en Perse et en prose

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Le petit chien thérapeute : “Le deuil, c’est la mémoire qui s’obstine à battre sous les cendres”

16/07/2026, 14:22

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Dans les ruines de Munich, un tueur traque les jeunes femmes

Un polar sur fond historique qui rappelle beaucoup l'ambiance de la Trilogie Berlinoise de Philip Kerr. À Munich en 1946 sous l'occupation US, les destins de réfugiés, profiteurs, militaires, prisonniers, s'entrecroisent tandis qu'un serial-killer s'attaque à des jeunes femmes.

16/07/2026, 11:21

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers fait parler un Érard disparu

En cherchant le piano laissé à Bucarest par sa grand-mère, Sonia Devillers rencontre un autre instrument disparu : un Érard de concert, numéro 68037, acheté par la famille Enoch en 1892, volé par les nazis en 1943 et jamais retrouvé. Dans Le fabuleux piano, publié chez Robert Laffont, elle compose un récit-enquête ample, sensible et très documenté sur les objets spoliés, les morts sans tombeau et la musique comme dépôt de mémoire. Début des gammes, ce 27 août.

16/07/2026, 10:38

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Gaëlle Obiégly, ou l’art de digresser dans Rien à voir

Une narratrice connue sous le nom de Rose de Nuit vend des fiches de lecture, se dispute avec une bibliothèque et repart avec un livre blanc qui n’en est peut-être pas un : Une sculpture. Quand l’artiste Ari Bosochur lui propose de participer à une rétrospective où les œuvres seraient remplacées par leur récit, tout se met à glisser. Gaëlle Obiégly signe un roman brillant, drôle et très mobile sur l’art, la parole, le soin et les vies qu’on tente d’ordonner. Rien à voir, peut-être à lire, ce 20 août.

16/07/2026, 10:33

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Le Mal du pays : Colin Barrett raconte l’Irlande rurale sans misérabilisme

Dans le comté de Mayo où il a grandi, l’Irlandais Colin Barrett pose un regard bienveillant sur l’humanité de ses compatriotes et nous livre un recueil de nouvelles d’une remarquable unité de ton, très rural, très social.

16/07/2026, 10:19

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Ce que le capitalisme doit au racisme et au patriarcat

Pourquoi le capitalisme domine-t-il le monde ? A-t-il toujours existé ? Quels liens entretient-il avec la démocratie, le racisme, le patriarcat ou la crise écologique ?

16/07/2026, 09:00

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Son fiancé vole les 32 millions du Loto et déclenche sa vengeance

Pâquerette a 28 ans. Elle est laborantine, et follement amoureuse de Jean-Benoît, son fiancé, qu’elle considère comme l’homme parfait. Un soir, après sa journée de travail, elle rentre chez elle, avec dans sa poche, un ticket de Loto sur lequel elle a coché tous les numéros qui racontent leur histoire d’amour. Installée devant la télé, elle retient son souffle. Les chiffres tombent… un par un. Jusqu’au dernier : jackpot, trente-deux millions d’euros ! 

 

16/07/2026, 08:00

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Une veuve face aux victimes remontées d’un lac artificiel

Près de l’ancienne mine creusée par les Britanniques, une veuve assiste aux recherches des victimes dans un lac artificiel. Un homme en combinaison plonge puis remonte sans cesse des eaux. Elle tremble à l’idée de ce qu’il pourrait repêcher. Traduit du grec par Nicolas Pallier.

16/07/2026, 07:00

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France-Espagne : la Roja met les Bleus à terre un soir de 14 juillet

Un soir de fête nationale, les Bleus rêvaient d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive. À Arlington, dans l’agglomération de Dallas, l’Espagne les a privés de ballon, de souffle et d’avenir : 2-0, sans véritable contestation. Pour raconter cette chute, trois livres : Le Cœur du pélican pour la France, Rouge ou mort pour la Roja et Les Derniers Jours de Roger Federer pour une rencontre dont l’issue s’est dessinée bien avant le coup de sifflet final.

15/07/2026, 21:35

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Le Père-Lachaise surréaliste, d'Étienne Ruhaud

Inauguré en mai 1804 dans l'actuel 20e arrondissement, le Père-Lachaise est devenu en quelques décennies le cimetière le plus réputé de Paris. L'éponyme confesseur du Roi-Soleil n'a jamais dû, de son vivant, imaginer une telle postérité. Par Jacques Lucchesi.

15/07/2026, 15:51

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Je ne suis pas venu apporter la paix : la ferme où tout implose

Dans une ferme isolée d’une vallée pyrénéenne, un patriarche agonise. Ses enfants reviennent, chargés de rancœurs, de secrets, de fatigue et de comptes jamais réglés. Dehors, l’orage cogne. Dedans, Judith tient la maison, Maud prie, les chiens veillent, la fratrie s’observe. Je ne suis pas venu apporter la paix, ou la tragédie familiale noire revue par Nicolas Martin, organique, parfois excessive, mais d’une puissance d’atmosphère rare. À partir du 3 septembre.

15/07/2026, 15:12

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Fille de : Anne Pitteloud démonte le mythe du grand écrivain

À la mort de Christian Monnay, écrivain culte retiré du monde depuis trente ans, sa fille Chloé découvre que ses neuf manuscrits inédits ne contiennent que des pages blanches. Pour préserver sa mère aveugle, puis pour exister enfin comme autrice, elle glisse ses propres romans sous le nom du père. Anne Pitteloud signe une comédie noire, fine et acide sur la filiation, l’imposture et les légendes que fabrique le monde littéraire. Généalogie à découvrir le 21 août.

15/07/2026, 12:15

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Une unique lueur : le retour familier et réjouissant d’Adamsberg

La cuvée Vargas est un bon cru : un roman sans surprise, assez convenu, mais qui ne décevra donc pas les fans d'Adamsberg et de cette auteure, spécialiste des dialogues décalés, un brin déjantés : quand la poésie affleure du sous-jacent au-delà des apparences de notre monde que l'on croit rationnel.

15/07/2026, 11:20

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Le murmure de Jacques Derrida

Loin de se limiter à des réflexions purement linguistiques, Le monolinguisme de l’autre est une critique implacable de l’aliénation culturelle en situation coloniale.

15/07/2026, 10:49

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Comment l’ordre transforme les révolutions en cérémonies

Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de la Shoah en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes.

15/07/2026, 09:00

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Les Désarmantes : Caroline Bouffault imagine une France sans hommes au pouvoir

Avec Les Désarmantes, son troisième roman à paraître le 21 août 2026 aux éditions Fugue, Caroline Bouffault imagine une France devenue une république pacifiste dirigée exclusivement par des femmes, où l’arrivée d’une journaliste étrangère vient révéler les contradictions d’un modèle fondé sur l’exclusion des hommes.

15/07/2026, 07:48

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Ces 10 livres méconnus sauveront votre été avant la rentrée littéraire

À l’approche de la rentrée littéraire, les piles de livres à paraître ne tarderont pas à chasser celles du printemps. Il reste pourtant un mois et demi pour revenir vers des romans, récits et objets littéraires publiés entre janvier et juin 2026, parfois passés sous les radars malgré leur singularité.

14/07/2026, 15:01

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Le mythe de la France sans esclaves s’effondre dans les archives

À la veille de la Révolution française, Paris se pense comme une terre de liberté, régie par le principe selon lequel « il n’y a pas d’esclaves en France ». Pourtant, pour les esclaves venus des colonies chercher refuge dans la capitale, cette promesse se révèle fragile et souvent illusoire. 

14/07/2026, 09:00

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Une communauté protectrice devient peu à peu impossible à quitter

Alors qu’elle prend la route pour tenter de calmer ses angoisses, Coro se retrouve sur des sentiers déserts, sans téléphone portable, frôlant la panne sèche. La nuit progresse, et alors qu’elle s’aventure au bout d’un chemin étroit pour demander de l’aide, elle arrive devant un grand portail noir. Elle va découvrir une demeure isolée, entourée de végétation et peuplée d’animaux. La communauté de femmes qui y vit propose son aide à Coro.

14/07/2026, 08:00