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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud : "La nausée, glissons dessus, il n'y a rien à lire"

On trouvera ci-dessous la première lettre que m'a adressée Laurent Jouannaud, comme il me l'avait promis, sur la Nausée de Sartre. Ces lettres s'intituleront "Notes de voyage", car il s'agira à chaque fois d'un voyage vers les grands monuments "touristiques" de la littérature. Hervé Bel.

Le 13/03/2011 à 15:39 par Les ensablés

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Publié le :

13/03/2011 à 15:39

Les ensablés

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Mon cher Hervé, Vous avez cité ce livre dans votre blog du dimanche 2 janvier 2011 quand vous ressentiez devant Paris un sentiment de nausée, « comme celle de Roquentin, dans le roman éponyme de Jean-Paul Sartre ». Je commencerai par ce roman-là. J’ai dans ma bibliothèque L’Être et le Néant, Les Mots, Qu’est-ce que la littérature ?, Huis clos, Les Mouches, Le Diable et le Bon Dieu. Mais pas La Nausée que j’ai lu il y a très longtemps. Je vais l’acheter : la librairie universitaire du centre ville est généralement bien fournie. Voilà, c’est fait : j’ai relu La Nausée. Recalé. Parfaitement, cher Monsieur, je vous déconseille la visite du monument intitulé La Nausée. Vous vous y ennuieriez, comme moi : aucun des personnages n’a réussi à me convaincre de son existence, ni l’Autodidacte, ni Anny, ni Roquentin. L’action se passe à Bouville, quelque part en Normandie, votre région d’élection.

Par Laurent Jouannaud

L’Autodidacte complète son instruction en lisant dans l’ordre alphabétique le fonds de la bibliothèque municipale, celle que Roquentin fréquente pour écrire un livre d’histoire. Il en est à la lettre L. Ce personnage qui aurait pu être un naïf attachant se montre durant les cinq semaines que dure le roman raisonneur madré, puis conformiste humaniste et socialiste bêlant. Il finit en pédéraste qu’on expulse de la bibliothèque manu militari : c’est le moment où il devient sympathique au narrateur sans que j’aie bien compris pourquoi. Anny est une ancienne liaison de Roquentin. Elle lui donne rendez-vous à Paris après quatre ans de séparation : « Mais qu’est-ce qu’elle veut ? Je ne peux pas le deviner. » Leur longue discussion d’un soir se conclut ainsi : - Alors, il faut que je te quitte après t’avoir retrouvée. - Non, dit-elle lentement, non. Tu ne m’as pas retrouvée. Anny se met à rire. - Le pauvre ! Il n’a pas de chance. Pour la première fois qu’il joue bien son rôle, on ne lui en sait aucun gré. Allons, va t’en. C’était un dialogue de théâtre : Anny est un rôle. Elle annonce la thèse qui fait le thème du roman. Elle a compris avant Roquentin que la vie ne suffit pas : elle cherchait « des moments parfaits », « des situations privilégiées  qui avaient une qualité tout à fait rare et précieuse. » Mais le théâtre sans les acteurs m’ennuie vite.

Si l’Autodidacte et Anny sont schématiques, Roquentin, en revanche, est une pièce montée un peu trop chargée. Il a voyagé et travaillé en « Europe Centrale, en Afrique du Nord et en Extrême-Orient ». Il évoque Rome, Barcelone, Burgos, Mekhnès, Bakou, Tokyo, Hambourg, Shanghai, une « petite statuette khmère » et une mission archéologique (car Sartre a lu Malraux). Il y a du baroudeur en lui : « Un Marocain sauta sur moi et voulut me frapper d’un grand canif. Mais je lui lançai un coup de poing qui l’atteignit au-dessous de la tempe. » Une fois rentré en France («j’aurais pu tout aussi bien me fixer à Paris ou à Marseille»), Roquentin est devenu historien et vit depuis trois ans à Bouville où il dépouille la correspondance du marquis de Rollebon léguée par un de ses descendants à la bibliothèque. Il a ses fiches, consulte les dictionnaires et les revues d’époque. Il abandonnera cette activité à la fin du roman : « Je n’écris plus mon livre sur Rollebon ; c’est fini, je ne peux plus l’écrire. Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? » Il s’est mis à rédiger un journal intime « pour y voir clair » dans la crise qu’il traverse. Ce journal qui devient La Nausée est un fourre-tout auquel manque le mystère, la pudeur et l’impudeur, le sens du doute.

A la bibliothèque, au café, au musée, Roquentin est un observateur impitoyable mais il sait aussi manier le registre lyrique : « Est-ce que je vais… ? caresser dans l’épanouissement des draps blancs la chair blanche épanouie qui retombe douce, toucher les moiteurs fleuries des aisselles, les élixirs et les liqueurs et les florescences de la chair, entrer dans l’existence de l’autre, dans les muqueuses rouges à la lourde, douce, douce odeur d’existence, me sentir exister entre les douces lèvres mouillées, les lèvres rouges de sang pâle, les lèvres palpitantes qui bâillent toutes mouillées d’existence, toutes mouillées d’un pus clair, entre les lèvres mouillées sucrées qui larmoient comme des yeux ? » Quelle préciosité tout d’un coup ! Démodé. Bien entendu, Roquentin est philosophe puisque Sartre l’était : « L’essentiel, c’est la contingence. Je veux dire que, par définition, l’existence n’est pas la nécessité. Exister, c’est être là, simplement ; les existants apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire. Il y a des gens, je crois qui ont compris ça. Seulement ils ont essayé de surmonter cette contingence en inventant un être nécessaire et cause de soi. » Il y a évidemment des bons mots, comme cette formule qui m’a tant impressionné dans ma jeunesse : « Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre. » Vivre exigerait donc plus de lâcheté que de courage ? Possible, oui. La philosophie ne me gêne pas : elle me gêne dans un roman, quand le personnage pense au lieu de souffrir. Le défaut principal de La Nausée, c’est le mélange des genres. On dit que le roman peut prendre toutes les formes : peut-être, mais pas toutes en même temps. Et puis Roquentin ne souffre pas assez. J’ai attendu un vomissement qui n’est pas venu, une crise violente, un dégoût irrépressible, une rupture dramatique. Pas du tout ! Il se donne bien un coup de canif dans la main mais cela ne convainc personne, même pas lui : «Mon canif est sur la table. Je l’ouvre. Pourquoi pas ? De toute façon, ça changerait un peu. » C’est encore du théâtre.

Il y a un curieux abus de langage dans le titre du roman. Ce n’est pas Roquentin qui a la nausée, c’est le monde qui devient nauséeux, qui perd de sa consistance : « La Nausée n’est pas en moi : je la ressens là-bas sur le mur, sur les bretelles, partout autour de moi. Elle ne fait qu’un avec le café, c’est moi qui suis en elle. » Plus rien n’a de sens, l’absurde envahit l’existence mais Roquentin a déjà trouvé la parade. Anny voulait vivre des moments parfaits. Roquentin les vit en écoutant la musique de jazz dans le premier café venu : « Quand la voix s’est élevée dans le silence, j’ai senti mon corps se durcir et la Nausée s’est évanouie. » Bref, l’art introduit le nécessaire, « le métal », dans l’existence ramollie par l’absurde. Il faut du jazz, bien sûr, et une voix de « négresse » : Bach ou Verdi, cela aurait fait un peu trop bourgeois. Et « quatre notes de saxophone », pas du violon. Dans les dernières pages, Roquentin décide d’écrire un roman au lieu de continuer ses recherches historiques : l’art contre la contingence de tout le reste. Écrire un roman pour se sauver. Roquentin change de plume mais ne quitte pas sa chaise. C’est sans doute le malentendu central de ce roman : « Voici ce que j’ai pensé : pour que l’événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu’on se mette à le raconter. » Non, ce n’est pas si simple : d’abord, ce n’est pas facile de raconter. Cela, Sartre le sait sans doute. Mais bien raconter ne suffit pas pour écrire un monument.

La Nausée est roman auquel manque l’essentiel : la voix. Et puis cette clé d’entrée au paradis est bien rouillée. Quelle naïveté de la part de Sartre : «La Négresse chante. Alors on peut justifier son existence ? Un tout petit peu ? » Écrire, mon cher Hervé, ne vous sauvera pas. Sartre l’a compris vingt ans plus tard et il s’en est expliqué dans Les Mots, cet émouvant chef d’œuvre : « La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. » C’est dans Les Mots que la grand-mère de Sartre déclare devant des vérités dérangeantes : « Glissez, mortels, n’appuyez pas. » Glissons sur La Nausée, il y a mieux à lire.

Laurent Jouannaud

Par Les ensablés
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Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Comment l’IA transforme la guerre de l’information

L’heure du digital, l’océan de l’information ne cesse de s’étendre. Toute recherche apporte son flot de réponses et il n’est pas toujours facile de naviguer entre renseignements officiels, astroturfing (une stratégie de manipulation et d’influence), fake news et propagande.

18/07/2026, 08:00

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Un vétérinaire découvre que son symptôme n’est pas isolé

Martin Reinhard est vétérinaire. Il vient de reprendre un cabinet sur le déclin à Château-Chinon. Mais depuis quelque temps, ce géant qu’on verrait bien en troisième ligne sur un terrain de rugby se sent épuisé. Et le climat automnal n’arrange rien à son état vaguement dépressif. Pire, un matin, alors qu’il observe des chevreuils à proximité de sa maison, une étrange tache bleue apparaît dans son champ de vision.

18/07/2026, 07:00

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Parle-moi de chez nous : les racines prennent l’avion

Un téléphone sonne, une femme tombe, trois générations retrouvent la parole. Entre Porto Rico et les États-Unis, Jeanine Cummins remonte les silences d’une lignée de femmes. Parle-moi de chez nous (trad. Christine Auché) est une saga généreuse, traversée d’images splendides, qui pèche surtout lorsqu’elle explique ce qu’elle vient de si bien faire sentir.

17/07/2026, 16:23

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Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry : une postulation vers le diable

Au-dessous du volcan, de Malcolm Lowry (éditions Gallimard, 1959, traduit de l’anglais par Stephen Spriel avec la collaboration de Clarisse Francillon et de l’auteur) est un roman hors-norme, sulfureux.

17/07/2026, 12:32

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Freida McFadden et les cahiers de vacances : on prend les mêmes et on recommence

Le Dîner, de Freida McFadden (trad. Karine Xaragai), reste en tête des meilleures ventes du 6 au 12 juillet 2026, avec 42.080 exemplaires écoulés. Derrière, La Prof remonte à la deuxième place. Pour le suspense, il faudra repasser : les huit autres titres du Top 10 sont encore des cahiers de vacances.

17/07/2026, 12:31

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Septentrionale : Karim Kattan fait de l’amour le dernier moteur du monde

Un pays jamais nommé s’effondre derrière eux ; devant, toutes les routes filent vers le nord. Dans Septentrionale, Karim Kattan lance Maryam et Joseph à travers une nuit de guerre, de prodiges et de souvenirs. Porté par les trajectoires queer de ses deux protagonistes, ce roman de l’exil mêle argot, visions cosmiques et tendresse sans édulcorer les violences héritées. Une traversée saisissante, parfois freinée par des symboles trop appuyés. Sortie le 4 septembre.

17/07/2026, 10:37

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Elle le mangerait : la grande Frédé a les crocs

Frédérique a 35 ans, quelques centimètres de trop selon les autres, un ex qu’une mesure d’éloignement lui interdit d’approcher et une faim d’amour impossible à rassasier. Lorsque Gabriel la défend dans la rue, elle ne rencontre pas un homme : elle invente un couple. Avec Elle le mangerait, Nicolas Robin signe une comédie noire nerveuse, drôle dans son aveuglement, glaçante dans sa logique. À table, le 27 août.

17/07/2026, 10:37

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Que reste-t-il des idéaux quand un attentat se prépare ?

Jeanne, Eric et Abdallah sont adolescents quand ils forment un groupe de musique : Les Pirouettes Cacahuètes. Ils voulaient fabriquer du son, une matière sauvage pour contrer l’effondrement annoncé, mais jamais le trio n’aurait imaginé alimenter une révolution à venir.

17/07/2026, 09:00

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Saurez-vous distinguer l’auteur de l’intelligence artificielle ?

Antoine Hummel propose un jeu. Son dispositif littéraire caustique entreprend de nous décoller du régime permanent de sollicitation que produisent les algorithmes de plateformes et d’applications.  En se confrontant à YouTube et en laissant s’insinuer l’intelligence artificielle, le texte explore ce que deviennent l’attention, le jugement et la création lorsque la répétition du même et la suggestion algorithmique enclosent notre appréhension du monde. 

17/07/2026, 08:00

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La prochaine guerre mondiale pourrait commencer par l’eau

L’eau est devenue l’or bleu du XXIe siècle, une ressource rare et convoitée, au cœur des équilibres géopolitiques. Dans un monde sous tension, Léa, ingénieure spécialiste du traitement de l’eau, travaille sur des technologies de pointe censées répondre à la pénurie. Lorsque la crise s’intensifie, elle est mobilisée au sein de Blue Corps, une unité internationale chargée de sécuriser les ressources hydriques, considérées comme des infrastructures critiques.

17/07/2026, 07:00

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Les Carnivores : Guillaume Nail écrit un futur qui a les crocs

Après une série de contaminations venues du vivant, les bêtes ont presque disparu, la viande se rationne et le Sanum organise un monde d’interdits, de protocoles et de surfaces désinfectées. Augustin, enfant rescapé d’une forêt interdite, croise Vadim, bureaucrate carniste, masculiniste et futur Guide d’une communauté hors contrôle. Avec Les Carnivores, publié chez Denoël, Guillaume Nail signe un roman brutal, organique, parfois saturé, mais traversé d’une vraie puissance de vision.

16/07/2026, 17:31

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Jim Queen : queer et sentiments

C’est le succès cinématographique du moment : un film d’animation – pour adultes – déjanté, trash et follement irrésistible : Jim Queen, de Marco Nguyen et Nicolas Athané.

16/07/2026, 15:44

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Une étreinte pour un long voyage : une saison en Perse et en prose

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Le petit chien thérapeute : “Le deuil, c’est la mémoire qui s’obstine à battre sous les cendres”

16/07/2026, 14:22

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Dans les ruines de Munich, un tueur traque les jeunes femmes

Un polar sur fond historique qui rappelle beaucoup l'ambiance de la Trilogie Berlinoise de Philip Kerr. À Munich en 1946 sous l'occupation US, les destins de réfugiés, profiteurs, militaires, prisonniers, s'entrecroisent tandis qu'un serial-killer s'attaque à des jeunes femmes.

16/07/2026, 11:21

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers fait parler un Érard disparu

En cherchant le piano laissé à Bucarest par sa grand-mère, Sonia Devillers rencontre un autre instrument disparu : un Érard de concert, numéro 68037, acheté par la famille Enoch en 1892, volé par les nazis en 1943 et jamais retrouvé. Dans Le fabuleux piano, publié chez Robert Laffont, elle compose un récit-enquête ample, sensible et très documenté sur les objets spoliés, les morts sans tombeau et la musique comme dépôt de mémoire. Début des gammes, ce 27 août.

16/07/2026, 10:38

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Gaëlle Obiégly, ou l’art de digresser dans Rien à voir

Une narratrice connue sous le nom de Rose de Nuit vend des fiches de lecture, se dispute avec une bibliothèque et repart avec un livre blanc qui n’en est peut-être pas un : Une sculpture. Quand l’artiste Ari Bosochur lui propose de participer à une rétrospective où les œuvres seraient remplacées par leur récit, tout se met à glisser. Gaëlle Obiégly signe un roman brillant, drôle et très mobile sur l’art, la parole, le soin et les vies qu’on tente d’ordonner. Rien à voir, peut-être à lire, ce 20 août.

16/07/2026, 10:33

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Le Mal du pays : Colin Barrett raconte l’Irlande rurale sans misérabilisme

Dans le comté de Mayo où il a grandi, l’Irlandais Colin Barrett pose un regard bienveillant sur l’humanité de ses compatriotes et nous livre un recueil de nouvelles d’une remarquable unité de ton, très rural, très social.

16/07/2026, 10:19

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Ce que le capitalisme doit au racisme et au patriarcat

Pourquoi le capitalisme domine-t-il le monde ? A-t-il toujours existé ? Quels liens entretient-il avec la démocratie, le racisme, le patriarcat ou la crise écologique ?

16/07/2026, 09:00

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Son fiancé vole les 32 millions du Loto et déclenche sa vengeance

Pâquerette a 28 ans. Elle est laborantine, et follement amoureuse de Jean-Benoît, son fiancé, qu’elle considère comme l’homme parfait. Un soir, après sa journée de travail, elle rentre chez elle, avec dans sa poche, un ticket de Loto sur lequel elle a coché tous les numéros qui racontent leur histoire d’amour. Installée devant la télé, elle retient son souffle. Les chiffres tombent… un par un. Jusqu’au dernier : jackpot, trente-deux millions d’euros ! 

 

16/07/2026, 08:00

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Une veuve face aux victimes remontées d’un lac artificiel

Près de l’ancienne mine creusée par les Britanniques, une veuve assiste aux recherches des victimes dans un lac artificiel. Un homme en combinaison plonge puis remonte sans cesse des eaux. Elle tremble à l’idée de ce qu’il pourrait repêcher. Traduit du grec par Nicolas Pallier.

16/07/2026, 07:00

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France-Espagne : la Roja met les Bleus à terre un soir de 14 juillet

Un soir de fête nationale, les Bleus rêvaient d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive. À Arlington, dans l’agglomération de Dallas, l’Espagne les a privés de ballon, de souffle et d’avenir : 2-0, sans véritable contestation. Pour raconter cette chute, trois livres : Le Cœur du pélican pour la France, Rouge ou mort pour la Roja et Les Derniers Jours de Roger Federer pour une rencontre dont l’issue s’est dessinée bien avant le coup de sifflet final.

15/07/2026, 21:35

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Le Père-Lachaise surréaliste, d'Étienne Ruhaud

Inauguré en mai 1804 dans l'actuel 20e arrondissement, le Père-Lachaise est devenu en quelques décennies le cimetière le plus réputé de Paris. L'éponyme confesseur du Roi-Soleil n'a jamais dû, de son vivant, imaginer une telle postérité. Par Jacques Lucchesi.

15/07/2026, 15:51

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Je ne suis pas venu apporter la paix : la ferme où tout implose

Dans une ferme isolée d’une vallée pyrénéenne, un patriarche agonise. Ses enfants reviennent, chargés de rancœurs, de secrets, de fatigue et de comptes jamais réglés. Dehors, l’orage cogne. Dedans, Judith tient la maison, Maud prie, les chiens veillent, la fratrie s’observe. Je ne suis pas venu apporter la paix, ou la tragédie familiale noire revue par Nicolas Martin, organique, parfois excessive, mais d’une puissance d’atmosphère rare. À partir du 3 septembre.

15/07/2026, 15:12

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Fille de : Anne Pitteloud démonte le mythe du grand écrivain

À la mort de Christian Monnay, écrivain culte retiré du monde depuis trente ans, sa fille Chloé découvre que ses neuf manuscrits inédits ne contiennent que des pages blanches. Pour préserver sa mère aveugle, puis pour exister enfin comme autrice, elle glisse ses propres romans sous le nom du père. Anne Pitteloud signe une comédie noire, fine et acide sur la filiation, l’imposture et les légendes que fabrique le monde littéraire. Généalogie à découvrir le 21 août.

15/07/2026, 12:15

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Une unique lueur : le retour familier et réjouissant d’Adamsberg

La cuvée Vargas est un bon cru : un roman sans surprise, assez convenu, mais qui ne décevra donc pas les fans d'Adamsberg et de cette auteure, spécialiste des dialogues décalés, un brin déjantés : quand la poésie affleure du sous-jacent au-delà des apparences de notre monde que l'on croit rationnel.

15/07/2026, 11:20

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Le murmure de Jacques Derrida

Loin de se limiter à des réflexions purement linguistiques, Le monolinguisme de l’autre est une critique implacable de l’aliénation culturelle en situation coloniale.

15/07/2026, 10:49

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Comment l’ordre transforme les révolutions en cérémonies

Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de la Shoah en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes.

15/07/2026, 09:00

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Les Désarmantes : Caroline Bouffault imagine une France sans hommes au pouvoir

Avec Les Désarmantes, son troisième roman à paraître le 21 août 2026 aux éditions Fugue, Caroline Bouffault imagine une France devenue une république pacifiste dirigée exclusivement par des femmes, où l’arrivée d’une journaliste étrangère vient révéler les contradictions d’un modèle fondé sur l’exclusion des hommes.

15/07/2026, 07:48

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Ces 10 livres méconnus sauveront votre été avant la rentrée littéraire

À l’approche de la rentrée littéraire, les piles de livres à paraître ne tarderont pas à chasser celles du printemps. Il reste pourtant un mois et demi pour revenir vers des romans, récits et objets littéraires publiés entre janvier et juin 2026, parfois passés sous les radars malgré leur singularité.

14/07/2026, 15:01

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Le mythe de la France sans esclaves s’effondre dans les archives

À la veille de la Révolution française, Paris se pense comme une terre de liberté, régie par le principe selon lequel « il n’y a pas d’esclaves en France ». Pourtant, pour les esclaves venus des colonies chercher refuge dans la capitale, cette promesse se révèle fragile et souvent illusoire. 

14/07/2026, 09:00

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Une communauté protectrice devient peu à peu impossible à quitter

Alors qu’elle prend la route pour tenter de calmer ses angoisses, Coro se retrouve sur des sentiers déserts, sans téléphone portable, frôlant la panne sèche. La nuit progresse, et alors qu’elle s’aventure au bout d’un chemin étroit pour demander de l’aide, elle arrive devant un grand portail noir. Elle va découvrir une demeure isolée, entourée de végétation et peuplée d’animaux. La communauté de femmes qui y vit propose son aide à Coro.

14/07/2026, 08:00

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Celle que je suis

13/07/2026, 16:37

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En Iran, 72 jours de garde à vue deviennent un monument littéraire

Arrêté en Iran le 12 octobre 2022, Olivier Grondeau a passé 887 jours en prison avant sa libération, le 17 mars 2025. Dans Joseph dans la nuit, publié chez L’Iconoclaste, il revient sur ses 72 jours de garde à vue sous l’autorité du ministère du Renseignement. Un récit d’enfermement, de peur et de résistance intérieure, porté par une langue nette, poétique et vibrante, où les rêves, les camarades et Hafez maintiennent un peu de monde au fond du noir.

13/07/2026, 16:18

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Dans le désert du Nevada

Un thriller juridique, ou roman de prétoire, qui détaille le difficile travail des avocats commis d’office pour marchander peines et chefs d’accusation en faveur de leurs clients. Et un polar plus malin qu’il n’y paraît… 

13/07/2026, 12:23

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Villes impériales. Sur les traces de Napoléon Ier et de Napoléon III

13/07/2026, 10:43