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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: "Oublier Palerme" de E. Charles-Roux (1920-2016)

Mon cher Hervé, les journaux ont beaucoup parlé, à sa mort, d’Edmonde Charles-Roux qui a reçu le prix Goncourt en 1966 pour Oublier Palerme. Je n’ai pas lu ce roman, ni aucun autre livre d’Edmonde Charles-Roux. Un prix Goncourt datant exactement d’il y a cinquante ans, un demi-siècle, est-ce que ça vaut encore la peine d’être lu ? On sait qu’un Goncourt ne devient pas forcément un classique. L’auteur a peu écrit, son nom n’est associé à aucun courant littéraire. Et je ne sais absolument pas de quoi parle ce roman dont le titre est assez mystérieux. J’ai emprunté le livre en bibliothèque. Ce sont 324 pages, à l’écriture très serrée.

Le 22/02/2016 à 08:55 par Les ensablés

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22/02/2016 à 08:55

Les ensablés

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 Goncourt 1966

Par Laurent Jouannaud

Surprise dès le premier paragraphe  : « A New York, cela étonnait un homme en noir assis sur le pas de sa porte. Même dans la ville basse, même au coin de Mulberry Street[1] cela étonnait. Je reverrai toujours Carmine Bonnavia tel qu’il m’est apparu ce jour-là, borne sombre contre laquelle j’ai buté. » Je m’attendais à la Sicile et me voici aux USA. Mais j’ai compris : les Siciliens d’Amérique n’arrivent pas à oublier Palerme. En effet, le roman fait le grand écart entre l’Italie et l’Amérique. Nous sommes alternativement à New York et à Solanto, près de Palerme, le village sicilien d’où sont originaires les protagonistes de l’histoire.

Quels protagonistes ? L’auteur multiplie les pistes et même les fausses pistes. On n’entendra plus parler de Carmine Bonnavia avant la page 95. C’est Gianna Meri qui est la narratrice. Elle travaille pour Fair, un journal de mode : elle rédige des articles sur l’Europe, et surtout l’Italie. Gianna est arrivée récemment (l’auteur ne précise pas) à New York, elle a été élevée dans un couvent à Palerme. Elle est « étrangère ». Elle se rappelle le pensionnat des  sœurs de la Visitation, sœur Rita, le père Saverio. Les souvenirs ne l’empêchent pas de s’intégrer. Le passé reste en elle sans l’empêcher de vivre le présent : « Je ne réussissais toujours pas à me couper du passé ni à me guérir de l’envie de regarder en arrière. » Un nom apparaît dans ses souvenirs, sans plus d’explications : Antonio (p. 91).

Gianna découvre les Américains. Le Nouveau Monde n’en sort pas grandi. Son amie Babs, journaliste à Fair, fait passer sa carrière avant tout : « Babs portait en évidence et comme à la surface de sa peau les signes extérieurs d’une réussite sans histoire. » Elle habite chez sa vieille tante Rosie, Mrs Mac Mannox, qui n’aime pas les « caractères exotiques », c’est-à-dire les catholiques, les juifs, les acteurs, les noirs (« ils ont une odeur »). Tante Rosie a cette formule qui explique tout : « Une minorité a forcément quelque chose d’inquiétant. » Veuve, elle veut « faire jeune » et l’industrie cosmétique est là pour s’occuper d’elle. L’auteur multiplie les portraits et les petites scènes. Il y a Fleur Lee, la directrice alcoolique de Fair, « le magazine des vies heureuses, des belles fortunes et des femmes qui réussissent ». Il y a l’enterrement de Miss Blaisie, secrétaire de rédaction. Et Gianna croise un Entrepreneur, un homme sérieux, qui « a horreur des étrangers ». Il y a le défunt Mac Mannox qui savait arranger les rencontres. Une carrière réussie implique un mariage réussi, mais Babs n’a que des liaisons : « Il y a toujours un premier homme, puis un autre et encore un autre. » Jamais l’amour ! Cette première partie culmine avec un cocktail où l’on boit, où l’on se montre, où Carmine Bonnavia, personnalité politique importante, a été invité et où Gianna le rencontre.

La deuxième partie du roman nous envoie en Sicile d’où est venu Alfio Bonnavia, le père de Carmine. Et c’est comme un autre roman qui commence. L’auteur plante un nouveau décor qui remonte à cinquante ans en arrière. Elle raconte les raisons de l’exil d’Alfio : sa maison a été emportée par un raz-de-marée, l’Autorité a refusé de l’indemniser et de lui faire crédit. « Et c’est ainsi qu’une fois encore un Bonnavia décida de partir. » L’auteur passe sur le voyage et l’arrivée dans le Nouveau Monde : « Alfio fera sans nous l’apprentissage de sa carrière urbaine ». Mais Edmonde Charles-Roux aime le détail et les anecdotes : Alfio a obtenu un passeport grâce au jeune don Fofo, fils du baron de D., le  seigneur local. Alfio a traité Fofo de fils de cocu. Amis d’enfance, ils se sont disputés car don Fofo ne voulait pas qu’Alfio émigre. Après l’insulte, les deux hommes doivent se battre ou ne plus se voir : Alfio part.

L’insulte était-elle justifiée ? Oui. Et nous voilà maintenant partis non pas vers New York, mais dans la vie amoureuse du père de Fofo et dans la chronique du village. On présente le grand-père qui était garibaldien. Puis son fils, le père de Fofo, dont la femme était une originale. Ils aimaient tous deux la musique, et elle rencontra par hasard un chanteur de charme et de génie. Il s’agissait de Caruso lui-même (1873-1921), sicilien d’origine, qui commence son extraordinaire carrière. On ne lui résiste pas. Le baron, découvrant la vérité, s’enferme dans son château, repousse sa femme, élève seul ce fils qui n’est peut-être pas le sien. L’auteur nous a prévenus : « Ce qu’il adviendra de cet aristocrate italien, dans l’espace de vingt ou trente ans, exige que le cours du récit soit interrompu et Alfio Bonnavia abandonné au voyage qu’il a résolu d’entreprendre. »

Le roman a changé de style : de l’étude sociale de la société new-yorkaise, on est passé à la chronique burlesque d’un village imaginaire et d’un baron de fantaisie. Le baron méprise les fascistes arrivés au pouvoir, écoute de la musique. Un beau jour, son fils Fofo lui amène son petit-fils : « Un petit-fils lui tombait du ciel ? Il ne désirait plus d’autres joies que de l’avoir là, toujours ». Ce bébé s’appellera Antonio (voir p. 91). Et le médecin du coin qui s’occupe de lui s’appelle Paolo Meri. Et un jour, la fille du médecin (c’est Gianna !) rencontre Antonio qui a quinze ans ce jour-là. Ils s’aiment tout de suite, évidemment : « Je vais t’aimer, tu sais…Je vais t’aimer beaucoup et pour toujours. Et je le crois. Et j’ai ses lèvres sur les miennes ».

Nous revoilà de nouveau à New York. Carmine y est né car son père Alfio y a rencontré la belle Mariannina qui tenait une sorte de restaurant où tous les immigrants étaient les bienvenus. Le magazine Fair prospère (« mode, sexualité, voyage et boustifaille »), Babs est toujours seule, Gianna est reprise par ses souvenirs, et je sais ce qu’on va me raconter : l’amour avec Antonio, la mort d’Antonio et le départ de Gianna pour les USA. Et Carmine ? Il attendra. En effet, voici de belles pages sur la belle histoire d’amour entre la belle Gianna et le bel Antonio sur la belle Méditerranée par de belles journées ensoleillées : « Nous restions longtemps ainsi, dérivant ensemble, les lèvres unies, avec la mer étendue sous nos deux corps comme un drap immense et le bruit doux des vagues pour nous bercer. » (p. 158) Pour le coup, j’ai l’impression de lire un feuilleton publié dans Fair ! Mais il y a les fascistes, la guerre !

Et maintenant, enfin, l’auteur nous raconte l’histoire de Carmine Bonnavia. La gargote de l’arrivée à New York s’appelle désormais « Chez Alfio », on y mange les meilleurs spaghettis de la ville. Mais Mariannina, la mère de Carmine, est devenue alcoolique, elle est assassinée dans une affaire louche. Carmine a abandonné ses études de droit : « La mort de Mariannina libérait en lui des facultés insoupçonnées de mécontentement, de révolte. » C’est alors qu’il rencontre Pat O’Brady, irlandais, dit le Cogneur, assagi (« Pat O’Brady buvait plus qu’il ne cognait ») et membre du parti démocrate. Carmine entre en politique et fait une ascension fulgurante, notamment grâce à une statue de la madone, au teint jaune  et aux traits nettement asiatiques, qui lui assure le vote des Chinois de New York. En quinze ans, le fils d’immigré s’est complètement américanisé : « Disparu l’Italien, introuvable. Un véritable Américain. » Assimilé, dirions-nous.  Fini ?

Mais non ! Juste avant la guerre, Calogero, le frère d’Alfio, décide d’émigrer lui aussi, vingt-cinq ans après son aîné. Carmine facilite les choses administratives. Calogero arrive avec la jeune Agata, qui est enceinte et doit le cacher sinon on ne la laissera pas émigrer. Le passé revient au cœur d’Alfio. Inoubliable le passé : « Revoir son frère, l’entendre, vivre dans son intimité, c’était retrouvé le passé, s’y enfouir et mesurer aussi ce que le présent avait de précaire, de froid, d’irrémédiablement étranger. » Agata, seize ans, a du caractère : « Agata refusait de se fondre dans le paysage new-yorkais. Il lui fallait son passé, ses habitudes, son patois, comme à l’escargot sa coquille. » Elle refuse de tricher. « Elle était le glas, le tocsin de la tricherie. » Oui, l’auteur a raison,  les immigrés trichent, ils font semblant d’être heureux. Mais Gina s’adapte sans changer, fière du passé et du présent. Carmine est presqu’amoureux d’elle. Fini ? Non, il y a encore la troisième partie.

La troisième partie voit mourir Antonio dans les sables de Libye. Gianna quitte alors la Sicile, l’auteur ne donne guère de détails. Mais le Baron, père de Fofo et grand-père d’Antonio, quitte l’île lui aussi, après la guerre, grâce à Lucky Luciano, emprisonné à New York mais toujours maffioso influent en Sicile. A Little Italy, le vieux baron  rencontre un buste de Caruso dans l’épicerie de Dionisio Caccopardo, et croit revoir sa femme qu’il a toujours aimée, celle qui l’a trompé avec le ténor. Il croit l’entendre à nouveau, « ivre de joie, enfin dépossédé de lui-même et de cette écharde qu’il avait au cœur ».  En voilà un que l’exil replonge dans le passé au lieu de l’en éloigner !

 Finir un roman, mon cher Hervé, c’est plus difficile que de le commencer, vous le savez bien. Et j’ai l’impression qu’Edmonde Charles-Roux n’y arrive pas. Ses personnages courent tout seuls. Et il faut encore un peu d’amour dans tout ça. Carmine et Agata ? Non, elle est la femme de son oncle. Carmine et Gianna ? Non, il y a l’ombre d’Antonio. Mon cher Hervé, je vous le donne en mille, c’est Carmine et Babs ! Pourquoi pas ? Deux carrières s’épousent. Fête réussie. Tante Rosie est heureuse. Fini ? Mais non ! Carmine organise son voyage  de noces à Palerme.

Et à Palerme, l’imagination d’Edmonde Charles-Roux déborde. Carmine redevient sicilien et Babs ne s’habitue ni à la chaleur ni à l’odeur de poisson. Alors apparaît Gigino, un petit vendeur de jasmin à la sauvette, un adolescent sans famille qui manque de respect à Carmine. Carmine le poursuit, lui plante un coup de couteau (« soif de vengeance ») et puis le soigne, caché avec lui dans un souterrain. Carmine est recherché par la police. Babs rentre vite aux USA et comprend qu’elle n’a pas choisi l’homme qu’il fallait : « Sur le chemin du retour, elle eut vite fait de redevenir elle-même. » Quand Gigino meurt (longue agonie où il montre un grand courage), Carmine sort de sa cachette et se fait descendre en pleine rue par on ne sait qui. La vendetta, je suppose. Fin en forme de polar.

Carmine est mort à Palerme. Voici ses derniers mots : « New York mon exil, ma race  reniée…New York, je te hais. » Assimilation ratée pour cet immigré de la seconde génération qui avait pourtant réussi. Chassez les origines, elles reviennent tôt ou tard ? Gianna le pense : « Je savais maintenant ce que Carmine avait représenté pour moi : la Sicile retrouvée, et plus secrète qu’il ne m’était possible de la concevoir, puisqu’en lui elle vivait masquée. »

Non, je n’ai pas aimé ce récit. Les romans-gigogne où les histoires s’enchâssent à volonté, ce n’est pas ma tasse de thé. L’auteur multiplie les portraits réussis, les petits tableaux drôles et critiques, les scènes pittoresques. Mais les pièces du puzzle n’arrivent jamais à composer une image totale et convaincante. Il fallait sans doute choisir, ou New York, ou Palerme. Les personnages peuvent hésiter, mais pas le romancier. Et puis, j’ai revu récemment Le Parrain (1972), le grand film qui adaptait le roman éponyme de Mario Puzzo, paru en 1969. La force des images fait pâlir le roman d’Edmonde Charles-Roux.

La question de l’immigration m’intéresse pourtant. Elle est plus que jamais d’actualité. Et vous savez, mon cher Hervé, que je vis en Allemagne où je suis exilé sans y être vraiment un  immigré. Gianna m’a laissé sur ma faim. Elle aurait dû être le personnage central. Il manque le combat intérieur que les premières lignes du roman annonçaient : « On a beau vouloir couper avec le passé, quelque chose malgré tout demeure, qui s’accroche et dont on a le plus grand mal à se débarrasser. » Cette « double vie », l’auteur ne la décrit pas et sans doute qu’elle ne la connaît pas vraiment. Je crois qu’on peut oublier Oublier Palerme.

Il n’empêche que ce roman a reçu le Prix Goncourt en 1966. Pourquoi ? Les prix sont décernés, à côté de critères littéraires et éditoriaux, en fonction de la personnalité de l’auteur, de son œuvre déjà publiée, des urgences sociales, des crises morales. Que se passait-il donc en 1966 en France ? Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, a consacré son cours de 2011 à cette année 1966, année admirable, annus mirabilis, dit-il [2]. Il fait de cette année une année charnière : une France meurt, une France naît. La guerre d’Algérie s’achève, De Gaulle a été réélu de justesse en 1965, l’économie tourne fort, les USA s’enlisent au Vietnam. En littérature, quatre dinosaures passent la main: Sartre, Mauriac, Malraux, Aragon. Le Nouveau Roman s’essouffle, mais dure encore. Le structuralisme supplante le marxisme et le freudisme. Le roman qui marque l’année, c’est Le Vice Consul de Marguerite Duras (qui obtiendra le Goncourt 18 ans plus tard avec L’Amant). Antoine Compagnon voit dans Les Choses (Georges Perec, 1965) et Blanche ou l’oubli (Louis Aragon, 1967) les grands romans qui racontent cette époque. Lui qui a certainement tout lu ne mentionne pas Oublier Palerme.

Dans ce prix Goncourt de 1966, il n’y a curieusement pas un mot sur la France et les Français. Ce ne peut être un hasard. Je lis à la dernière page que l’écriture a duré 5 ans, de 1961 à 1966. Edmonde Charles-Roux travaillait dans la presse, elle a vécu la guerre et s’est engagée dans le camp de l’honneur. Elle connaît l’actualité. Et elle a écrit un roman de pure fiction. C’est peut-être ce qui a motivé le jury. Un écrivain femme, un premier roman, de la verve, de bons sentiments, pas de polémiques hexagonales. Un bon choix par défaut. Oublier Palerme, c’était oublier Paris.


[1] Artère principale de Little Italy.

[2] Ce cours est sur internet. Tapez Antoine Compagnon + 1966

Par Les ensablés
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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Fanny à la folie : Émilie de Turckheim raconte les souvenirs d'une femme de 82 ans

Fanny à la folie, le nouveau roman d'Émilie de Turckheim, paraîtra le 19 août 2026 aux éditions JC Lattès. À travers le portrait d'une octogénaire contrainte de quitter son appartement pour entrer en maison de retraite, l'autrice retrace une vie traversée par les souvenirs, les amitiés fondatrices, les amours et les secrets, dans un récit où se mêlent humour, fantaisie et émotion.

18/07/2026, 10:01

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Moins de 200 pages : des livres à dévorer pour lecteurs qui n’ont pas le temps

Un meurtre pour préparer l’arrivée d’un bébé, une greffe d’utérus dans le métavers, des rêves fabriqués en forêt ou un trésor enfoui dans l’histoire coloniale de La Réunion : nul besoin de 500 pages pour ouvrir de vastes horizons. Du noir à l’imaginaire, de la romance à la poésie, voici dix ouvrages (francophones) à découvrir avant la fin des vacances. À raison d’un titre tous les quatre ou cinq jours, la rentrée peut bien attendre.

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L’heure du digital, l’océan de l’information ne cesse de s’étendre. Toute recherche apporte son flot de réponses et il n’est pas toujours facile de naviguer entre renseignements officiels, astroturfing (une stratégie de manipulation et d’influence), fake news et propagande.

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Un vétérinaire découvre que son symptôme n’est pas isolé

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Un téléphone sonne, une femme tombe, trois générations retrouvent la parole. Entre Porto Rico et les États-Unis, Jeanine Cummins remonte les silences d’une lignée de femmes. Parle-moi de chez nous (trad. Christine Auché) est une saga généreuse, traversée d’images splendides, qui pèche surtout lorsqu’elle explique ce qu’elle vient de si bien faire sentir.

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Le Dîner, de Freida McFadden (trad. Karine Xaragai), reste en tête des meilleures ventes du 6 au 12 juillet 2026, avec 42.080 exemplaires écoulés. Derrière, La Prof remonte à la deuxième place. Pour le suspense, il faudra repasser : les huit autres titres du Top 10 sont encore des cahiers de vacances.

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Un pays jamais nommé s’effondre derrière eux ; devant, toutes les routes filent vers le nord. Dans Septentrionale, Karim Kattan lance Maryam et Joseph à travers une nuit de guerre, de prodiges et de souvenirs. Porté par les trajectoires queer de ses deux protagonistes, ce roman de l’exil mêle argot, visions cosmiques et tendresse sans édulcorer les violences héritées. Une traversée saisissante, parfois freinée par des symboles trop appuyés. Sortie le 4 septembre.

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Frédérique a 35 ans, quelques centimètres de trop selon les autres, un ex qu’une mesure d’éloignement lui interdit d’approcher et une faim d’amour impossible à rassasier. Lorsque Gabriel la défend dans la rue, elle ne rencontre pas un homme : elle invente un couple. Avec Elle le mangerait, Nicolas Robin signe une comédie noire nerveuse, drôle dans son aveuglement, glaçante dans sa logique. À table, le 27 août.

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Jeanne, Eric et Abdallah sont adolescents quand ils forment un groupe de musique : Les Pirouettes Cacahuètes. Ils voulaient fabriquer du son, une matière sauvage pour contrer l’effondrement annoncé, mais jamais le trio n’aurait imaginé alimenter une révolution à venir.

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Antoine Hummel propose un jeu. Son dispositif littéraire caustique entreprend de nous décoller du régime permanent de sollicitation que produisent les algorithmes de plateformes et d’applications.  En se confrontant à YouTube et en laissant s’insinuer l’intelligence artificielle, le texte explore ce que deviennent l’attention, le jugement et la création lorsque la répétition du même et la suggestion algorithmique enclosent notre appréhension du monde. 

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L’eau est devenue l’or bleu du XXIe siècle, une ressource rare et convoitée, au cœur des équilibres géopolitiques. Dans un monde sous tension, Léa, ingénieure spécialiste du traitement de l’eau, travaille sur des technologies de pointe censées répondre à la pénurie. Lorsque la crise s’intensifie, elle est mobilisée au sein de Blue Corps, une unité internationale chargée de sécuriser les ressources hydriques, considérées comme des infrastructures critiques.

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Les Carnivores : Guillaume Nail écrit un futur qui a les crocs

Après une série de contaminations venues du vivant, les bêtes ont presque disparu, la viande se rationne et le Sanum organise un monde d’interdits, de protocoles et de surfaces désinfectées. Augustin, enfant rescapé d’une forêt interdite, croise Vadim, bureaucrate carniste, masculiniste et futur Guide d’une communauté hors contrôle. Avec Les Carnivores, publié chez Denoël, Guillaume Nail signe un roman brutal, organique, parfois saturé, mais traversé d’une vraie puissance de vision.

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Jim Queen : queer et sentiments

C’est le succès cinématographique du moment : un film d’animation – pour adultes – déjanté, trash et follement irrésistible : Jim Queen, de Marco Nguyen et Nicolas Athané.

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Un polar sur fond historique qui rappelle beaucoup l'ambiance de la Trilogie Berlinoise de Philip Kerr. À Munich en 1946 sous l'occupation US, les destins de réfugiés, profiteurs, militaires, prisonniers, s'entrecroisent tandis qu'un serial-killer s'attaque à des jeunes femmes.

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers fait parler un Érard disparu

En cherchant le piano laissé à Bucarest par sa grand-mère, Sonia Devillers rencontre un autre instrument disparu : un Érard de concert, numéro 68037, acheté par la famille Enoch en 1892, volé par les nazis en 1943 et jamais retrouvé. Dans Le fabuleux piano, publié chez Robert Laffont, elle compose un récit-enquête ample, sensible et très documenté sur les objets spoliés, les morts sans tombeau et la musique comme dépôt de mémoire. Début des gammes, ce 27 août.

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Gaëlle Obiégly, ou l’art de digresser dans Rien à voir

Une narratrice connue sous le nom de Rose de Nuit vend des fiches de lecture, se dispute avec une bibliothèque et repart avec un livre blanc qui n’en est peut-être pas un : Une sculpture. Quand l’artiste Ari Bosochur lui propose de participer à une rétrospective où les œuvres seraient remplacées par leur récit, tout se met à glisser. Gaëlle Obiégly signe un roman brillant, drôle et très mobile sur l’art, la parole, le soin et les vies qu’on tente d’ordonner. Rien à voir, peut-être à lire, ce 20 août.

16/07/2026, 10:33

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Le Mal du pays : Colin Barrett raconte l’Irlande rurale sans misérabilisme

Dans le comté de Mayo où il a grandi, l’Irlandais Colin Barrett pose un regard bienveillant sur l’humanité de ses compatriotes et nous livre un recueil de nouvelles d’une remarquable unité de ton, très rural, très social.

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Ce que le capitalisme doit au racisme et au patriarcat

Pourquoi le capitalisme domine-t-il le monde ? A-t-il toujours existé ? Quels liens entretient-il avec la démocratie, le racisme, le patriarcat ou la crise écologique ?

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Son fiancé vole les 32 millions du Loto et déclenche sa vengeance

Pâquerette a 28 ans. Elle est laborantine, et follement amoureuse de Jean-Benoît, son fiancé, qu’elle considère comme l’homme parfait. Un soir, après sa journée de travail, elle rentre chez elle, avec dans sa poche, un ticket de Loto sur lequel elle a coché tous les numéros qui racontent leur histoire d’amour. Installée devant la télé, elle retient son souffle. Les chiffres tombent… un par un. Jusqu’au dernier : jackpot, trente-deux millions d’euros ! 

 

16/07/2026, 08:00

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Une veuve face aux victimes remontées d’un lac artificiel

Près de l’ancienne mine creusée par les Britanniques, une veuve assiste aux recherches des victimes dans un lac artificiel. Un homme en combinaison plonge puis remonte sans cesse des eaux. Elle tremble à l’idée de ce qu’il pourrait repêcher. Traduit du grec par Nicolas Pallier.

16/07/2026, 07:00

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France-Espagne : la Roja met les Bleus à terre un soir de 14 juillet

Un soir de fête nationale, les Bleus rêvaient d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive. À Arlington, dans l’agglomération de Dallas, l’Espagne les a privés de ballon, de souffle et d’avenir : 2-0, sans véritable contestation. Pour raconter cette chute, trois livres : Le Cœur du pélican pour la France, Rouge ou mort pour la Roja et Les Derniers Jours de Roger Federer pour une rencontre dont l’issue s’est dessinée bien avant le coup de sifflet final.

15/07/2026, 21:35

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Le Père-Lachaise surréaliste, d'Étienne Ruhaud

Inauguré en mai 1804 dans l'actuel 20e arrondissement, le Père-Lachaise est devenu en quelques décennies le cimetière le plus réputé de Paris. L'éponyme confesseur du Roi-Soleil n'a jamais dû, de son vivant, imaginer une telle postérité. Par Jacques Lucchesi.

15/07/2026, 15:51

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Je ne suis pas venu apporter la paix : la ferme où tout implose

Dans une ferme isolée d’une vallée pyrénéenne, un patriarche agonise. Ses enfants reviennent, chargés de rancœurs, de secrets, de fatigue et de comptes jamais réglés. Dehors, l’orage cogne. Dedans, Judith tient la maison, Maud prie, les chiens veillent, la fratrie s’observe. Je ne suis pas venu apporter la paix, ou la tragédie familiale noire revue par Nicolas Martin, organique, parfois excessive, mais d’une puissance d’atmosphère rare. À partir du 3 septembre.

15/07/2026, 15:12

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Fille de : Anne Pitteloud démonte le mythe du grand écrivain

À la mort de Christian Monnay, écrivain culte retiré du monde depuis trente ans, sa fille Chloé découvre que ses neuf manuscrits inédits ne contiennent que des pages blanches. Pour préserver sa mère aveugle, puis pour exister enfin comme autrice, elle glisse ses propres romans sous le nom du père. Anne Pitteloud signe une comédie noire, fine et acide sur la filiation, l’imposture et les légendes que fabrique le monde littéraire. Généalogie à découvrir le 21 août.

15/07/2026, 12:15

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Une unique lueur : le retour familier et réjouissant d’Adamsberg

La cuvée Vargas est un bon cru : un roman sans surprise, assez convenu, mais qui ne décevra donc pas les fans d'Adamsberg et de cette auteure, spécialiste des dialogues décalés, un brin déjantés : quand la poésie affleure du sous-jacent au-delà des apparences de notre monde que l'on croit rationnel.

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Le murmure de Jacques Derrida

Loin de se limiter à des réflexions purement linguistiques, Le monolinguisme de l’autre est une critique implacable de l’aliénation culturelle en situation coloniale.

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Comment l’ordre transforme les révolutions en cérémonies

Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de la Shoah en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes.

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Les Désarmantes : Caroline Bouffault imagine une France sans hommes au pouvoir

Avec Les Désarmantes, son troisième roman à paraître le 21 août 2026 aux éditions Fugue, Caroline Bouffault imagine une France devenue une république pacifiste dirigée exclusivement par des femmes, où l’arrivée d’une journaliste étrangère vient révéler les contradictions d’un modèle fondé sur l’exclusion des hommes.

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Ces 10 livres méconnus sauveront votre été avant la rentrée littéraire

À l’approche de la rentrée littéraire, les piles de livres à paraître ne tarderont pas à chasser celles du printemps. Il reste pourtant un mois et demi pour revenir vers des romans, récits et objets littéraires publiés entre janvier et juin 2026, parfois passés sous les radars malgré leur singularité.

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Alors qu’elle prend la route pour tenter de calmer ses angoisses, Coro se retrouve sur des sentiers déserts, sans téléphone portable, frôlant la panne sèche. La nuit progresse, et alors qu’elle s’aventure au bout d’un chemin étroit pour demander de l’aide, elle arrive devant un grand portail noir. Elle va découvrir une demeure isolée, entourée de végétation et peuplée d’animaux. La communauté de femmes qui y vit propose son aide à Coro.

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En Iran, 72 jours de garde à vue deviennent un monument littéraire

Arrêté en Iran le 12 octobre 2022, Olivier Grondeau a passé 887 jours en prison avant sa libération, le 17 mars 2025. Dans Joseph dans la nuit, publié chez L’Iconoclaste, il revient sur ses 72 jours de garde à vue sous l’autorité du ministère du Renseignement. Un récit d’enfermement, de peur et de résistance intérieure, porté par une langue nette, poétique et vibrante, où les rêves, les camarades et Hafez maintiennent un peu de monde au fond du noir.

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