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Les Ensablés - Les Chroniques de Denis Gombert : "Le Tour du malheur" de Kessel, suivi d'un interview de Hubert Bouccara, spécialiste de l'oeuvre de Kessel

Aujourd'hui, Denis Gombert nous offre une chronique passionnante sur le roman fleuve de Joseph Kessel "Le tour du malheur", mais ce n'est pas tout... Il s'est rendu 11, rue Campagne Première, à Paris dans le 14ème, pour rencontrer Hubert Bouccara dans sa librairie "La rose de Java" (cliquer ici). Hubert Bouccara a été, malgré la différence d'âge, l'ami de Kessel avant de devenir le spécialiste de son oeuvre. Merci à Denis pour cet interview qu'il a pu réaliser.

Le 05/06/2016 à 09:00 par Les ensablés

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05/06/2016 à 09:00

Les ensablés

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Les Ensablés.

Grand romancier ou grand reporter ? De Kessel on veut avant surtout conserver la figure de l’homme intrépide qui épousa les convulsions de son siècle et moins du grand romancier qu’il est.  La   vie de Kessel fut une course. On pense toujours les auteurs enfermés chez eux à polir leur œuvre. Kessel, c’est le contraire, il est toujours dehors, toujours sur la brèche. Il est, chose nouvelle, un écrivain du dehors

Par Denis Gombert

           Né en Argentine, ce fils d’émigrés russes faillit épouser le métier d’acteur (le théâtre était sa passion) avant de devenir journaliste et reporter. Homme exalté, insatiable de découvertes, épris d’aventures, le jeune Kessel que l’on appelle déjà « Jef », s’engage à 18 ans dans l’aviation et sillonnera plusieurs fois la planète pour livrer reportages et romans  en tous genres. Balloté sans cesse d’un bout à l’autre du vaste monde, l’homme  se réinvente sans cesse par ses écrits, devenant - un peu à la manière d’un Capa qui fut l’œil de son temps - l’observateur privilégier d’un siècle en furie.

         Ainsi, Kessel sera partout : engagé comme pilote dans l’aviation (il en tirera L’équipage, véritable roman de genre sur l’aviation dont Saint-Ex se souviendra pour Vol de nuit), volontaire de corps expéditionnaires en Sibérie (les Temps sauvages), présent aux côtés des tribus afghanes dans l’incroyable roman épique qu’est Les cavaliers, au milieu de la brousse africaine du Kenya pour une méditation éthique  dans le Lion. Et tant d’autres : la rivalité de deux marins en Mer Rouge dans Fortune carrée, l’étonnant Belle de jour où il perce à jour l’ennui de la bourgeoisie  et que Bunel mettra en scène, le spectre du nazisme dans  La passante du sans souci  ou la découverte du sentiment amoureux au large de Shangai dans la Rosede Java. La mise en scène de contrées lointaines alliée à la force de récits épiques ont fait qu’on a voulu volontiers classer une fois pour toutes Kessel entre Saint Exupéry  (notamment pour sa passion de l’aviation) et Henri de Monfreid (pour le goût de l’aventure  et des conditions extrêmes). Lui se voyait moins héroïque que cela, se contentant de se définir comme « un témoin parmi les hommes ». Au final, c’est la meilleure définition du romancier qui soit. La plus honnête en tout cas.

         Il y a des artistes qui crééent des mondes et d’autres qui se penchent sur celui-ci pour en révéler toutes les couleurs singulières. Kessel est de ceux-là : un artiste-observateur qui questionne le mystère de la vie des hommes.

         Le Tour du malheur est le grand roman de  Kessel, une somme de 1600 pages découpée en 4 livres qu’il composa sur près de 20 ans. Récit foisonnant autant qu’exaltant  Le tour du malheur narre la destinée de Richard Dalleau, une âme pure, un jeune homme idéaliste, que le vent de l’Histoire et la fréquentation du  monde vont abîmer en à peine une décennie, de 19214 à 1924. D’abord il y a le clan Dalleau : Anselme le père, médecin humaniste ivre de lectures ; Sophie , la mère, splendide femme déguisée en mère courage ; Daniel le jeune fils (inspiré d’un des jeunes frères de Kessel qui se suicida), avec ses jolis cils de faon, si tendre et féminin à sa façon et puis Richard, le héros, volontaire, bon camarade, intelligent, passionné qui veut renverser la vie (dont le modèle est à rechercher auprès d’un de ses amis avocat nommé Torrès).

          A peine a-t-on pris connaissance de ces personnages qu’un orage se lève  et balaye tout. C’est l’année 1914, la guerre est déclarée : Richard et son camarade Etienne Bernan, fils d’un homme politique influent, s’engagent.  Richard s’illustre au front. A 19 ans, il dirige une compagnie. Tout le monde l’aime. Durant les bombardements, dans les tranchées, au milieu des rats de de la boue, il récite à ses hommes des poèmes. Richard a l’étoile au front. Il survit presque normalement à la guerre alors que son trio d’amis Etienne, La tersée et Fiersi  en reviennent respectivement traumatisé, handicapé et haineux à tout jamais.

         De retour à Paris, Richard passe le barreau et se lance dans une carrière d’avocat. Noble de cœur, il veut défendre de nobles causes. Sa fougue impressionne, son culot étonne. En l’espace de deux procès il devient la coqueluche du tout- Paris. Le roman décrit alors le milieu de la haute bourgeoisie parisienne jusqu’à ce que l’action rebondisse de façon étonnante. Etienne, à moitié fou, a tué sa mère de plusieurs coups de pistolet ! Que s’est-il passé ? Bernan père, en politique avisé, essaie d’éteindre les feux de cette mauvaise affaire. A l’instar des Mystères de Paris d’Eugène Sue et dans la tradition du roman populaire, on perçoit que c’est l’envers du décor que Kessel veut commencer à dévoiler : le poids du corps social l’emportant sur les figures individuelles. Ce que découvre Richard lors de l’affaire Bernan est effrayant : la mère d’Etienne - par perversion - couche avec des mineurs. Son frère Daniel fait partie de ses amants réguliers.  On va comprendre que chez les bourgeois l’utilitarisme et la corruption sont la norme ; chez les aristocrates, le mépris et le goût décadent priment sur toute autre valeur (La Tersée goûte à l’opium, puis à l’héroïne, et s’enferme dans le piège des paradis artificiels) ;  chez le peuple, l’avidité du gain est la seule loi. Au début des années 20, les mœurs se libèrent formidablement. Au bar-boite de nuit du Colombo que fréquente Richard toute cette comédie humaine finit par communier. Dans le vice.  L’âme de Richard, emportée dans le tourbillon du temps, manque être souillée définitivement plusieurs fois. Le jeune homme est de moins en moins pur.

         Puis dans les tomes 3 et 4, Les lauriers roses et L’homme de plâtre, l’intrigue prend une nouvelle tournure. On pourrait dire qu’elle se spiritualise. Le débat devient moral. Plus les années passent et  plus les questions existentielles prévalent. Nous sommes passés de l’ivresse de la jeunesse – qu’allons-faire ? – aux doutes de l’âge adulte – que vais-je laisser ? Richard, en Ulysse moderne, vogue sur la grande mer de la vie et doit en affronter tous les dangers. Subir tous les drames. Par manque de confiance, par jalousie, parce qu’il se sent trop oppressé, le jeune frère Daniel met fin à ses jours en appelant Richard à son secours. Ce dernier arrive trop tard. Richard et Daniel : le fort et le fragile, la beauté bestiale et la beauté gracile.  Cain a tué Abel. Ils étaient frères mais n’étaient pas faits du même bois. Richard en conçoit un remords éternel. L’ange Daniel monte au ciel tandis que Richard le dionysiaque, incapable de refréner ses désirs, est condamné à vivre.  La malédiction touche ceux qui restent, ceux qui sont forcés  de vivre dans les affres d’un salut qui ne vient pas. Le roman interroge les méandres d’une âme perdue. Ni grâce nécessaire, ni grâce suffisante, nous sommes bel et bien au XXème siècle. Aucune transcendance n’existe plus. Richard ne sait plus à qui se rattacher. Comme le dit Kessel : « ainsi fut scellé le premier sceau de l’âge et se ferma la première porte de fer ».  La vie est un voyage vers l’enfer.

         Kessel le sait. Le principe de la saga oblige à un rebondissement permanent. Richard ne pouvait rester ainsi, au fond du trou, prisonnier d’une femme pervertie et dépendante des drogues, rongé et miné par le doute. Cette femme, c’est Dominique. Figure mineure au début du roman, elle est l’archétype de la jeune fille pure et touchante qui va être immolée sur l’autel de la corruption. La jeune Dominique qui aspire à jouer au théâtre deviendra Gloria, une cocotte qui sévit dans les salles de jeux, aux courses et dans les bars. Son personnage est inspiré de Sonia,  la propre maîtresse de Kessel. Le lecteur, tout comme Richard, oscille pour elle entre attirance et répulsion. Soudain, suite à une énième dispute entre Dominique et Richard, Dalleau a un brutal accident de la route. Le voici paralysé ! Richard pense mourir. Son ami La Tersée a brûlé sous ses yeux. La moelle épinière de Richard est touchée. Il est contraint à la paralysie, il porte un corset.  Dominique quitte tout pour n’être qu’auprès de lui. Son sacrifice est sincère. Les forces de vie reviennent par l’expérience des gouffres. L’homme énergique qu’est Richard, l’homme de foi aussi qu’il devient va se relever. C’est sous un jour nouveau, alors qu’il a fait « le tour du malheur » (perte de son père, de ses illusions, de l’innocence, au profit des compromissions et du vice), alors qu’il a tout eu et tout perdu (l’argent, la gloire, l’’amitié et l’amour)  qu’il peut ressusciter. Ceint dans les bras de sa mère, comme prêt à une nouvelle naissance, Richard fait le constat que sa vie ne fut que cendres. Il se promet  - autant que faire se peut- d’être un homme bon.

         Plus qu’une simple saga, l’ambition du Tour du malheur est d’être un roman total, c’est-à-dire un récit qui incarne l’esprit de son temps. Ce grand roman qui se lit d’un trait peut rivaliser sans complexe avec Jean-Christophe de Romain Roland, Jean Barrois de Roger Martin du Gard  ou Les hommes de bonne volonté de Jules Romains, ces grandes fresques où des hommes extirpent de leur confrontation à  l’Histoire la matière de leur destinée.

         C’est d’abord une histoire des comportements et de mentalités  que Kessel a su saisir et qu’il présente dans le portrait d’une jeunesse brisée. Pour ceux qui seront rescapés de la boucherie de 14, rien ne sera plus comme avant : la guerre a révolutionné les esprits. L’énergie de l’écriture de Kessel épouse et retranscrit on ne peut mieux l’appétit de vivre de cette classe sacrifiée. Le tourbillon de femmes, de jeu, d’alcool, de drogues, d’orgies en tous genres auxquels succombe Richard en témoignent formidablement.

         Mais en opposition, Le Tour du malheur présente aussi toute la pesanteur d’un monde figé, hiérarchisé, fossilisé. Rien n’a changé. C’est toujours la société qui est la plus forte et ses rouages broient les individus. Perdurent les passe-droits des puissants (l’affaire Bernan, le député Paillandet), la violence du ressentiment des parvenus (Fiersi le fielleux), la désinvolture des aristocrates (La Tersée), la candeur des pauvres et la vertu des personnages moraux (Sophie et Anselme, parents de Richard, Gérard Lambert l’ami, Dominique à la fin du roman). Véritable comédie humaine qui n’épargne personne, Le Tour du malheur  est un magnifique portrait des lois qui gouvernent la société. Un roman sur le pouvoir en fait.

         Il est intéressant à ce titre que Richard soit avocat. Lui qui croit défendre des causes justes se retrouve vite prisonnier de combinazone. Dès qu’on entre en société, on signe son aveu d’impuissance et on doit faire allégeance aux riches, semble nous dire Kessel. Pas une seule belle âme qui n’y résiste.

         Roman sur les femmes aussi, autre monde hiérarchisé à l’intérieur d’un monde normé. Autour de Richard, c’est un ballet :  Sylvie, l’initiatrice, la femme mal mariée ; Christiane, l’âme pure à qui Richard fera tant de mal (elle sera contrainte d’avorter de leur enfant) ; Lucienne, la dévouée ;  Geneviève, la perverse, sœur d’Etienne et qui devient l’amante de Daniel juste pour faire enrager Richard, enfin Dominique, ancienne demi-mondaine dont on monnaie les faveurs, revenue de tout et surtout d’une forte addiction à la drogue. Elle possède toute la séduction de la déchéance. Sincère mais déjà pervertie, personnage romantique, c’est-à-dire contradictoire, étoile noire, Dominique est le parfait pendant de Richard.

         Enfin Le tour du malheur est une grande œuvre morale, comme il en est des œuvres d’édification chrétienne car le propos de Kessel vise à réfléchir sur les fins dernières. Ses personnages brûlent. Comme chez Zola et Balzac, le monstre social les broie (la guerre, l’ambition – et il n’est qu’à Paris qu’elle est possible-, l’argent encore et toujours). Mais comme chez Dostoïevski (il en est question souvent) les personnages s’interrogent sur la faiblesse de leur âme face à l’incandescence de leur désir. Exister pourquoi ? Et puis comment ? Est-ce que « tout est permis » ? Richard suit tout un parcours d’initiation spirituel. La vie est une grande crise que seul nourrit le doute. Pour Kessel, il n’y a que l’espoir qui puisse nous sauver. Une grande scène de rédemption finale clôt le roman. Quand tout est gâché, flétri, perdu, il demeure encore la lumière du bien.

         L’œuvre de Kessel est un eldorado de lectures. Purger les passions, entrer de plain-pied dans le monde vibrant de l’après-guerre, se passionner pour des personnages à qui le romancier donne vie, chair et souffle, toutes les ambitions de la saga sont là, réunies. Le lecteur, passionné d’histoires, avide de portraits, scrutateur des mœurs, guetteur métaphysique d’un sens, y trouvera  son compte. Particulièrement dans le Tour du malheur, son œuvre la plus imposante.  Le miracle des gros livres est qu’ils ne pèsent pas. 1600 pages en un souffle.

Chers lecteurs des ensablés, m’étant attelé à la lecture du Tour du malheur, j’ai rencontré un spécialiste de Kessel qui tient une librairie hors-norme entièrement consacrée à l’œuvre de Gary et Kessel, deux monstres du XXème siècle. Rencontre avec un homme-livre  dans un lieu atypique, vrai petit coin de paradis parisien pour lecteurs passionnés. Un grand merci à M. Bouccara d’avoir répondu si gentiment à nos questions et de nous avoir éclairés sur ce beau roman.

Hubert Bouccara dans la librairie

DG. Pour vous Le Tour du malheur est le grand roman de Kessel, pourquoi ?

H.B. Le Tour du malheur est l'œuvre majeure de Joseph Kessel. Il n'y renie pas l'aventure, qui est dans une autre dimension, dans le quotidien de nos vies, elle naît de nos ambitions, elle se confronte à nos morales et se plante sur le socle de notre éducation ou de son absence et de nos familles. Dans la courte préface du premier volume, l'auteur nous dit qu'il a porté ce projet durant vingt ans. L'amitié est le maître mot de l'ouvrage, l'amitié entre hommes. Elle domine, vainc tout, emporte les plus solides barrières morales qui doivent s'accommoder des appétits et des égoïsmes. L'aventurier se pose des questions au travers de son personnage, Richard Dalleau, et c'est finalement du sens de la vie qu'il s'agit, du sens d'une vie à vivre. L'action de cette saga se situe entre 1915 et 1925, le champ couvert par Kessel au niveau de ses personnages est intéressant en ce qu'il recoupe peu le milieu artistique et littéraire, situant certainement ainsi assez bien le Kessel de cette époque.

D.G. Kessel oscille toujours dans ses romans  entre fiction et réalité. Comment compose-t-il ses romans ? De qui s’inspire-t-il  particulièrement dans Le Tour du malheur?

H.B. Kessel est avant tout un grand reporter, donc grand reportage, d’un reportage il en fait un « roman », pas une fiction, un roman vécu, il peut changer les noms des personnes, maisun lecteur avisé comprendra vite qui est qui.

Dans Le Tour du malheur, c’est lui, c’est Henri Torrès, le grand avocat du moment, c’est ses frères, sa famille, sa (ses) maitresses, ses amis, tout le monde y est, pas forcément avec tendresse, ni complaisance.

D.G. Quel est pour vous  le grand thème de cette histoire : la guerre, l’amitié, l’ambition, les illusions perdues ?

H.B. C’est exactement tout ceci réuni !

D.G. Il  y a des scènes très dures dans le roman. Sur la drogue, la passion du jeu, les femmes par exemple.  Sont-elles réalistes ?

H.B. En effet, tout est vrai, la drogue, le jeu, les femmes. Il découvrit l’univers du jeu à la fin de la 1ème guerre mondiale alors qu’il traversait l’Atlantique sur un bateau de la marine américaine, destination New York, puis la Californie. La drogue, l’opium, c’était dans ce que l’on nommait « les années folles » entre les deux guerres, il était proche de Jean Cocteau, ils allèrent dans des fumeries à Paris ou ailleurs. Les femmes, Kessel les aimait… toutes ou presque… dans la vraie il y avait Sonia qui fut sa maitresse presque tout au long de sa vie, on la retrouve dans Le Tour du malheur, c’est Dominique.

D.G. Vous êtes un spécialiste de Kessel et consacrez une partie de votre librairie à son œuvre. Pourquoi est-il resté pour vous encore aujourd’hui « un grand de la littérature » ?

Kessel et Gary sont les piliers de ma librairie, je travaille dessus depuis une trentaine d’années, je pense connaitre ces auteurs sur le bout des doigts. Je sers de « conseiller » pour de nombreuses personnes sur place ou sur les « réseaux sociaux » où je publie des analyses de livres. Kessel est un « témoin parmi les hommes », il a traversé le 20ème siècle avec ses écrits, romans, faux romans et surtout ses innombrables reportages, dont le tout 1èer est de 1919, intitulé « Sous l’Arc de Triomphe », il avait alors 21 ans. Il a couvert les plus importants évènements du 20ème siècle, les grands procès de l’histoire. Il restera une référence pour tous les « apprentis »  journalistes, lui et Albert Londres !

Par Les ensablés
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Par Nicolas Kinosky     

15/02/2026, 17:17

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Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

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Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

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Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

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Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Mom Alone : la maternité solo, sans filtre et sans mode d’emploi

Il y a les livres sur la parentalité, avec leurs principes, leurs méthodes, leurs lendemains mieux organisés. Et puis il y a 17 h 30. Le travail n’est pas fini, les enfants reviennent dans le cadre, le dîner se rapproche et quelqu’un pense soudain : « Purée... Il est déjà 17h30 ! » Quelques cases plus loin tombe le verdict : « J’ai rien foutu. » Mom Alone habite exactement cet espace-là : celui où les bonnes intentions se froissent au contact du réel.

05/10/2026, 17:30

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Peut-on vendre un rein ? Cinq livres pour interroger nos certitudes

Cette semaine, la Booksletter explore cinq livres qui déplacent le regard sur l’histoire, la morale et nos sociétés : l’économie quotidienne de la Rome antique, les grandes expéditions britanniques en Antarctique, l’humour noir face à la mort, les marchés jugés moralement « répugnants » et le poids de l’époque dans les trajectoires criminelles. Cinq lectures pour éclairer autrement des questions anciennes et très contemporaines, sans simplifier.

03/10/2026, 11:13

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La fille aux huit vagins, et autres histoires postporno

Dans ce recueil de cinq nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, Agnieszka Szpila, autrice du très remarqué Hexes, également traduit et publié par Notabilia, imagine de nouvelles manières de désirer pour repenser notre rapport au monde, à l’altérité et à la littérature, qu’elle soit lue ou écrite. Par Emma Tholozan.

03/10/2026, 09:00

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Phébus ressort La boîte en os, un roman gothique aussi fascinant que dérangeant

À l’occasion de son cinquantenaire, la maison Phébus publie une édition collector d’un de ses romans emblématiques : La boîte en os, d’Antoinette Peské. Un nouvel écrin pour un petit bijou de la littérature du XXe siècle. Par Emma Tholozan.

02/10/2026, 17:37

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Grandir comme la nuit

02/10/2026, 17:09

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La dislocation

02/10/2026, 13:48

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Soif d’idéal : Rocheteau raconte ce qui reste après les matchs

Dominique Rocheteau avance par souvenirs, visages, sensations et fidélités. Trente récits plutôt qu’une autobiographie chronologique : le dispositif lui va bien et forme cette Soif d’idéal. Il préfère le lien au palmarès, l’émotion au monument. Dès les premières pages, la ligne est donnée : « L’émotion avant tout. » Le ton ne variera guère, direct, pudique, sans désir de régler des comptes. Sortie le 8 octobre. 

02/10/2026, 13:13

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Malgré l’abordage de One Piece, Sarah Knafo règne sur les ventes de livres

Jamais deux sans trois… ou quatre ? Sarah Knafo refuse visiblement de rendre la médaille d’or : Le Casse du siècle (Fayard) reste numéro un avec 42.023 ventes sur la semaine et 201.985 exemplaires cumulés.

 

02/10/2026, 11:00

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Comment expliquer la liberté aux enfants ?

Être libre, est-ce faire tout ce que l’on veut ? Avec Vive la liberté !, Sybille Hein aborde cette grande question à hauteur d’enfant, en partant de situations concrètes pour aider les plus jeunes à comprendre ce que signifie être libre, mais aussi les limites et les responsabilités qui l’accompagnent. Traduit et adapté de l’allemand par Camille Logoz.

02/10/2026, 07:00

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Quand être "ami des Juifs" devient un phénomène à interroger

Alors que l’antisémitisme connaît une progression mondiale depuis le 7 octobre 2023, un autre phénomène attire l’attention : le philosémitisme. Dans Les Nouveaux philosémites, Edith Bruder réunit sociologues, politologues et théologiens pour enquêter sur celles et ceux qui se revendiquent « amis des Juifs », « compagnons de route d’Israël », voire « presque juifs ».

02/10/2026, 06:00

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Une photo, deux visages, 70 ans de mystère

Un véritable polar photographique qui met en scène les journalistes mais aussi en filigrane les insurgés hongrois de 1956 : tous ont été les témoins d'événements historiques qui ont façonné notre monde. Mais cette enquête (trop) minutieuse finit par lasser.

01/10/2026, 17:30

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De la gare du Nord aux hauteurs de Belleville, six voix pour un Paris vivant

Belleville n’est pas un décor dans Bellevilles. C’est une matière vivante : une pente qui coupe le souffle, une terrasse trop pleine, un café où les fidélités se renégocient, un escalier qui sépare deux vies, un trottoir où l’on peut croiser sa propre jeunesse. Samih Amar Tran construit son livre comme une promenade à six voix. Alma, Landrot, Marie, Omar, Jim et Romy prennent tour à tour possession du quartier, chacun avec son rythme, ses angles morts et sa manière de s’y accrocher. Tour du quartier, le 4 novembre.

 

01/10/2026, 14:00

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Cher Voltaire : quand Madame du Deffand ferraillait avec le philosophe

Deux vieillards s’écrivent comme d’autres croisent le fer. L’un règne depuis Ferney sur l’Europe des idées ; l’autre, aveugle, tient encore salon à Saint-Joseph et refuse de céder sur le goût, l’esprit ou l’art de s’ennuyer. Cher Voltaire restitue moins un échange sage entre deux monuments qu’un commerce vif, capricieux, traversé de silences, de susceptibilités, de nouvelles du monde et d’une commune hantise du vide. Dès 1764, Voltaire le constate : « Notre commerce à tâtons devient vif, Madame. » 

01/10/2026, 13:37

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Alien Clay : sur une planète-prison, la science devient une arme de liberté

Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil. Adrian Tchaikovsky le sait, son narrateur aussi, et Alien Clay (trad. Gilles Goullet) commence donc exactement ainsi : après trente ans de sommeil interstellaire et quelques secondes avant une chute vers une planète carcérale. « Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil, à ce qu’il paraît », observe Arton Daghdev. Alien Clay sortiral le 4 novembre 2026. Science, catastrophe et sarcasme : le roman vient de trouver son carburant.

01/10/2026, 13:01

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Retrouvés après 45 ans, les cahiers d’une adolescente des années 70 ressurgissent

Entre 1974 et 1976, Martine Faustin tient un journal intime alors qu’elle est pensionnaire à l’Institution Saint Paul de Thiviers, en Dordogne. À quatorze ans, elle y consigne ses amitiés, ses premières histoires d’amour, ses colères et ses envies de liberté. En 2021, elle retrouve par hasard ces trois cahiers, dont elle avait oublié l’existence.

01/10/2026, 09:27

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Amitié entre femmes : quand les liens choisis connaissent aussi la tempête

Longtemps reléguée derrière l’amour et la famille, l’amitié est aujourd’hui célébrée comme un lien choisi, plus libre et plus durable. Mais est-elle vraiment plus simple ? 

01/10/2026, 08:58

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Monaco n’a pas toujours ressemblé à une carte postale

Palais princier, casino, yachts et palmiers : l’image de Monaco semble évidente. Avec Monaco, l’histoire inconnue, Pierre Abramovici entreprend de regarder derrière cette façade et de faire ressurgir 150 ans d’une histoire monégasque faite de luttes de pouvoir, de guerres, d’Occupation et d’épisodes restés dans l’ombre.

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Boire, aimer, écrire : transformer l’ivresse en poésie

Le titre promet la bouteille de trop, l’ivresse qui déborde, peut-être même la gueule de bois. Christophe Esnault cherche pourtant ailleurs. Dans Si le vin ne te rend pas génial, essaye une autre bouteille, le verre n’est ni décor ni prétexte à célébrer la cuite : il ouvre une brèche. Une bouteille, un millésime, un prix, puis la pensée part. Vers les amis, les femmes aimées, le père vieillissant, les écrivains, les chansons, les morts. Vers cette question surtout, ressassée jusqu’à l’obsession : comment demeurer vivant quand la tentation de disparaître rôde dans les marges ?

30/09/2026, 17:55

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Furia

30/09/2026, 16:15

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La Pleureuse : Camilla Läckberg rouvre un secret vieux de trente ans à Fjällbacka

La Pleureuse (trad. Susanne Juul - Andréas Saint Bonnet) s’ouvre dans l’étouffement. Une jeune fille lutte, perd le contrôle de son corps, tente de comprendre ce qui lui arrive. Une phrase suffit à installer la menace : « Elle ne voulait pas mourir. » Camilla Läckberg ne cherche pas encore l’énigme ; elle impose d’abord une sensation. Puis Fjällbacka retrouve son quotidien, ses restaurants, ses familles, ses plaisanteries, ses habitudes. Sous cette normalité, pourtant, quelque chose attend depuis trente ans. 

30/09/2026, 14:00

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Maboule : délicieux périple de transmission

Maboule est trobairitz. Elle collecte les rumeurs, les regards et les soupirs, puis les change en histoires. De villes en villages, elle sème ces récits récoltés ou entièrement inventés. Venant tout droit de Villedor, où elle a été élevée par ses deux  mamans – en fait elle en a quatre, longue histoire –, elle échange une fable contre un repas ou une couchette. 

30/09/2026, 13:04

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Abdeljalil Lahjomri : les livres, ces compagnons qui refusent d’obéir

Abdeljalil Lahjomri n’empile pas des comptes rendus : il compose une autobiographie de lecteur. Les Compagnons indociles avance par rencontres, retours, désaccords et fidélités, comme si une bibliothèque pouvait devenir le journal d’une conscience. Dès l’introduction, une phrase donne la mesure du projet : « Les livres sont des compagnons d’éternité. » Le titre ajoute aussitôt ce qui empêche toute dévotion tranquille : ces compagnons résistent, irritent, déçoivent, obligent à relire. L’ouvrage se construit dans cet écart entre attachement et liberté critique. A paraître le 8 octobre.

30/09/2026, 13:00

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Chat Larme : Hélène Cixous ouvre la porte des absents

« Ceci est mon dernier livre » : chez Hélène Cixous, l’annonce d’une fin n’achève rien. Elle ouvre au contraire une chambre supplémentaire dans la mémoire. Chat Larme naît de cette contradiction : vouloir retenir ce qui s’éloigne tout en sachant que l’écriture ne ressuscite pas. Alors elle cherche autrement, dans les carnets, les photographies, les rêves, les voix, les animaux aimés. Sortie le 8 octobre

30/09/2026, 08:30

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Keith Jarrett au Japon : quand une musique disparaît après avoir été jouée

En 1976, Keith Jarrett donne au Japon huit récitals solo en seulement treize jours. De cette tournée naîtront les Sun Bear Concerts, dix vinyles et plusieurs heures d’improvisation. Dans Keith Jarrett, Japon 1976, Philippe Séclier part sur les traces de cette aventure musicale devenue mythique.

30/09/2026, 08:00

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Elles quittent Tokyo pour une plantation de thé au pied du Fuji

Avec Le parfum des feuilles de thé, Camille Monceaux prolonge l’univers du Secret des bonbons pamplemousse dans un nouveau récit au cœur du Japon. Akane et Mayumi quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale, et se lancent dans une nouvelle vie rythmée par le thé et les saisons.

Illustrations par Virginie Blancher.

30/09/2026, 07:00

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Une pie, une clé et un drôle de trésor tout bleu

Avec Trésor d’hiver, Gilles Baum et Csil proposent un imagier où les animaux et les objets se répondent page après page. Pensé pour les tout-petits, cet album joue sur les formes, les matières et les associations pour laisser l’imaginaire prendre le relais. Dès 2 ans.

30/09/2026, 06:00

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Un fils adopté, une famille blanche : le vertige de L’Enfant de cœur

Tout commence par une disparition, mais le vrai vertige de L’Enfant de cœur est ailleurs : dans ce que chacun croit savoir de l’autre. Marie est enlevée avec une efficacité glaciale. Puis le récit recule, change de voix, ouvre les dossiers, les souvenirs, les versions. Laure de Rivières construit son roman comme une maison où chaque pièce possède une porte dérobée. On entre par la peur immédiate ; on découvre ensuite l’adoption de Noé, la séparation de ses parents, les familles recomposées, les signes que chacun interprète à sa manière.

29/09/2026, 17:00

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Agrégat

29/09/2026, 13:30

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En Chine, une disparition entraîne deux journalistes vers l’interdit

Un journaliste sur le départ, une fixeuse qui appelle à propos d’un disparu, quelques messages trop sensibles, puis un train vers l’ouest. Checkpoint China n’attend pas longtemps avant d’installer sa mécanique. Diego, correspondant franco-espagnol à Pékin, a passé des années à chercher l’enquête qui donnerait enfin du poids à son séjour chinois. Sortie le 5 novembre.

29/09/2026, 12:35

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Molière sur scène : ce que les metteurs en scène ont changé

Que révèle la mise en scène des pièces de Molière ? Dans Molière par la scène, un collectif de chercheurs examine le théâtre du dramaturge à travers les lectures proposées depuis la fin du XIXe siècle par les grands metteurs en scène, de Copeau à Sivadier.

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Les Bateaux d'argile

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Avec La Fiesta des miettes, Fanny Sidney signe son premier album jeunesse, accompagné par les illustrations de Dorothée de Monfreid. Deux petites sœurs profitent d’une soirée sans leurs parents pour organiser une fête clandestine qui risque de ne pas rester très tranquille.

29/09/2026, 08:00

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"La Diabolique" n’est peut-être pas celle que l’on croit

Dans Esquisse d’une serial killer, Hu Mu-ching revient sur une affaire criminelle qui a profondément marqué Taïwan. Condamnée à mort pour le meurtre de son mari, de sa mère et de sa belle-mère, Lin Yu-ju est devenue une figure médiatique haïe. Mais la rencontre avec une journaliste dans le couloir de la mort fait émerger une histoire plus complexe. Roman traduit du chinois par Lim Pierre-Mong.

29/09/2026, 07:00

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Elles ont fui la guerre... elles chantent l’exil

Dans Le Chœur ukrainien, Coralie Grimand donne la parole aux membres d’une chorale ukrainienne confrontés à l’exil et à la guerre. Au fil des récits de Svitlana, Valentyn, Tetyana et des autres, le chant polyphonique devient un espace où se croisent les trajectoires, les souvenirs et les blessures.

29/09/2026, 06:00

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Malaise chez les plongeuses : reconstruire l’humanité, en apnée

Kuschko, Maâyana, Sawannah, Nashree, Karadjian, Djessica, Solongo. Ils et elles sont sept, avec une mission précise – différente dans les détails, quoique l’objectif premier reste le même : faire renaître l'humanité. Après des mois, des années d’entraînement, ces soldat·e·s  se glissent dans des rêves, voyagent vers d’autres mondes… or, rien ne se passe jamais comme prévu.

28/09/2026, 18:37

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L’art de la sieste : éloge du temps flottant

Reparu en août, pendant que les éditeurs fourbissent leurs armes pour la rentrée, les lecteurs, eux, se gardent encore quelques jours de répit avant le marathon de septembre. Quand l’ouvrage traite de la sieste, le calendrier tient du sur-mesure : l’occasion idéale de parcourir, avec Thierry Paquot, l’histoire et la phénoménologie du roupillon de la sixième heure.

 

28/09/2026, 17:30