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Les Ensablés - Notes de voyage : "Vie de Rancé" (1844), Chateaubriand

J’ai enfin lu Vie de Rancé. J’ai depuis longtemps ce titre en tête, un livre culte : le grand écrivain rajoute quelques pages mélancoliques à son œuvre. Chateaubriand, un homme couvert de femmes et de gloire, écrit sur Rancé, un homme qui a choisi de vivre hors du monde. C’est Rancé qui m’intéressait : je suis fasciné par ces êtres qui se retirent du monde pour vivre à petit feu, au silence, dans la solitude. Armand-Jean Le Bouthillier de Rancé est le réformateur de l’abbaye de Notre-Dame de La Trappe, dite La Grande-Trappe, située à Soligny (61380), en Normandie.

Le 30/04/2017 à 09:00 par Les ensablés

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30/04/2017 à 09:00

Les ensablés

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Ce texte bref est doublement crépusculaire : un homme au bord de la tombe écrit sur un homme qui a vécu dans un tombeau. Chateaubriand résume ainsi la vie de Rancé, à la dernière page de son livre : « Rancé habita trente-quatre ans le désert, ne fut rien, ne voulut rien être, ne se relâcha pas un moment du châtiment qu’il s’infligeait. » Né le 9 janvier 1626, Rancé se retire en 1657 dans ses terres de Véretz. En 1661 il liquide ses biens. En 1663, il devient l’abbé de La Trappe : il a 37 ans. Il y meurt à 74 ans, en 1700. Il aura vécu 37 ans au couvent. En 1841, Chateaubriand a mis le point final aux Mémoires d’outre-tombe : comme l’indique le titre, ces mémoires, son chef d’œuvre, doivent paraître après sa mort. Le texte est chez le notaire. Il a 71 ans. Il se met à rédiger la vie de Rancé [1], qui a vécu cent cinquante ans avant lui ! En 1844, quand paraît Vie de Rancé, il a 76 ans, il lui reste quatre années à vivre, physiquement très diminué.

Il règne un ton crépusculaire dès les premières pages : « Je ne serai lu de personne, excepté de quelques arrière-petites nièces, habituées aux contes de leur vieil oncle. » Il règne le regret, réitéré, de la jeunesse chevelue : « Que fais-je dans le monde ? Il n’est pas bon d’y demeurer lorsque les cheveux ne descendent plus assez bas pour essuyer les larmes qui tombent des yeux. » Les réflexions désabusées se multiplient : « Tout est fragile : après avoir vécu quelque peu, on ne sait si l’on a bien ou mal vécu. » Les souvenirs, au lieu de nous consoler, sont une torture supplémentaire quand ils s’effacent : « Rompre avec les choses réelles, ce n’est rien ; mais avec les souvenirs ! Le cœur se brise à la séparation des songes ; tant il y a peu de réalité dans l’homme. » Le vieillard voit mourir les siens : « Je tarde tant à m’en aller que j’ai envoyé devant moi tous ceux que je devais précéder. »

Les épisodes de la vie de Rancé le renvoient à sa propre vie : quand Rancé est à Rome, il revoit Rome. Quand Rancé rencontre un roi, il évoque les rois qu’il a connus ? La correspondance de l’abbé faisant écho à ses sentiments, il la cite volontiers : « Nous ne vivons plus les uns ni les autres que dans la vue et le désir de la mort. » Rancé a vécu sous Louis XIV, et Chateaubriand a la nostalgie du Grand Siècle et de la monarchie absolue. Il semble presque avoir connu les personnages du passé qu’il évoque. Chateaubriand oublie Rancé et raconte l’histoire de la Fronde, décrit le salon de l’hôtel de Rambouillet, nous parle de Corneille, de la romancière Mme de Scudéry, de Mme de Sévigné (« dont on a publié peut-être trop de lettres » !), de Ninon de Lenclos, de Saint-Evremond, de Port-Royal, de Bossuet, de la querelle du quiétisme, et de dizaines d’autres personnes aujourd’hui inconnues. Il faudrait des dizaines de notes pour suivre cette galerie de portraits. Chateaubriand commente ainsi cette revue de fantômes : « Sociétés depuis longtemps évanouies, combien d’autres vous ont succédé ! Les danses s’établissent sur la poussière des morts, et les tombeaux poussent sous les pas de la joie. Nous rions et nous chantons sur les lieux arrosés du sang de nos amis. Où sont aujourd’hui les maux d’hier ? Ou seront demain les félicités d’aujourd’hui ? Quelle importance pourrions-nous attacher aux choses de ce monde ?  »

Il semble que le décor compte plus que le personnage de Rancé, ou plus exactement toute vie devient décor périssable, décor dans le décor : « Quand vous remueriez ces souvenirs qui s’en vont en poussière, qu’en retireriez-vous, sinon une nouvelle preuve du néant de l’homme ? Ce sont des jeux finis que des fantômes retracent dans les cimetières avant la première heure du jour. » Tout au long du texte, Chateaubriand évoquera des fantômes. Aujourd’hui, presque deux siècles après lui, ces fantômes paraissent encore plus irréels. Il écrit par exemple : « En 1660, Pomponne fut disgracié. Rancé lui écrivit des compliments de condoléance. » Qui pouvait bien être ce Pomponne ? Chateaubriand ne donne pas d’explication, mon édition Pléiade non plus. Mais quelle importance ? Il faut évidemment transposer : Ayrault fut disgracié, ou Cahuzac fut disgracié, ou Pellerin fut disgraciée. Que restera-t-il de ces noms qui firent notre actualité ? Rien, bien sûr.

Vie de Rancé, je le comprends maintenant, n’est pas une biographie de l’abbé de Rancé. C’est une méditation sur le sens de l’existence. L’idéal chrétien a quelque chose de grandiose et il place les croyants devant leur propre faiblesse. Chateaubriand cite Rancé qui cite Saint Luc : « Vendez ce que vous avez et le donnez aux pauvres ; après cela venez et me suivez. Si quelqu’un vient à moi et ne hait point son père et sa mère et sa femme et ses enfants et ses frères et ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. »Châteaubriand, devant la grandeur spirituelle de Rancé, est bien obligé de craindre pour son âme. Il a choisi la grandeur mondaine : ministre, ambassadeur à Rome, Londres, Berlin, homme à femmes, écrivain (c’est-à-dire exhibitionniste). Et s’il a vendu ses Mémoires, c’est pour redorer ses vieux jours, pas pour les pauvres. Bien sûr, l’idéal est trop haut pour le commun des mortel, Rancé le disait : « Dieu n’a pas commandé à tous les hommes de quitter le monde ; mais il n’y en a point à qui il n’ait défendu d’aimer le monde ». Or, Chateaubrianda aimé le monde. Maintenant qu’il faut le quitter, il se demande s’il a fait le bon choix. Les plaisirs et les joies lui ont laissé les mains vides. Il va mourir, et il sait que la postérité n’existe pas : « Pour moi, tout épris que je puisse être de ma chétive personne, je sais bien que je ne dépasserai pas ma vie. On déterre dans des îles de Norvège, quelques urnes gravées de caractères indéchiffrables. A qui appartiennent ces cendres ? Les vents n’en savent rien. » Autrement dit, l’ensablement est inéluctable, les plus hauts monuments n’y échapperont pas.  Qui lit encore Chateaubriand ? Mais, rien n’est sûr, pas même les regrets, Chateaubriand hésite : « Aujourd’hui il n’y a plus rien de possible, car les chimères d’une existence active sont aussi démontrées que les chimères d’une existence désoccupée. » Tout serait-il donc vain, même la réclusion ? « Pour peu qu’on ait vécu, on a vu passer bien des morts emportant leurs illusions. Heureux celui dont la vie est tombée en fleurs. »

Chateaubriand rend hommage à Rancé, mais celui-ci a peu d’émules. Voici les dernières lignes de Vie de Rancé : « Les institutions de Rancé ne nous paraissent qu’un objet de curiosité que nous allons voir en passant. » La foi est rare, et rarissime portée à l’incandescence de Rancé. La conversion de Rancé ne se comprend que sous le regard de Dieu qui voyait tout. Mais le Dieu de Chateaubriand n’est déjà plus le Dieu de Rancé. Il constate : « Ces rigueurs se rattachent à un ordre de philosophie que notre esprit n’est pas plus capable de comprendre que nos mœurs de supporter. »  Dans la société du spectacle qui a peut-être commencé avec la société de cour, d’autres yeux nous regardent, plus proches, plus visibles. Chateaubriand l’avait compris. Rancé était immense, certes, «  mais qui voudrait aujourd’hui être immense sans être vu ? » Chateaubriand ajoute que la cour venait à la Trappe voir Rancé, « pour en rire ou pour l’admirer ».

Le respect de Chateaubriand pour son personnage est évident, mais je ne sens pas à proprement parler de l’admiration. Faut-il admirer cette existence faite de privations et de douleurs ? Chateaubriand a des regrets, mais il ne se repent pas. Il regrette d’avoir vieilli, il regrette que tout ait changé, que ses amis soient morts, que la révolution ait bouleversé toute chose, mais le regret du temps passé n’est pas exactement le regret d’avoir vécu sa vie.

Et Rancé ?

J’ai lu une vraie biographie de Rancé, avec dates précises, citations entre guillemets, indication des sources [2]. Chateaubriand a dit l’essentiel, mais j’aime les détails. Il y a d’abord la vie mondaine de Rancé. Elle commence dès la naissance puisqu’il porte le même prénom que « l’éminentissime cardinal de Richelieu » qui est son parrain. Il est issu d’une « des plus anciennes et des plus illustres familles du royaume. » A douze ans, il publie en grec une édition annotée du poète Anacréon. Voilà un jeune homme doué ! Brillante figure d’un brillant milieu, en marche (qui comprendra après-demain cette allusion ?), c’est un notable de l’Eglise, il devient l’aumônier de Monsieur, le frère du roi. Rancé devient prêtre à l’époque où deux cardinaux, Richelieu puis Mazarin, ont gouverné la France. Par ailleurs, il chasse, il fréquente les salons, il s’amuse en grand seigneur fortuné : « Rancé inventait des plaisirs : ses fêtes étaient brillantes, ses festins somptueux. » Il fait de l’escrime, il est élégant : « il portait une chevelure longue et frisée, deux émeraudes à ses manchettes, un diamant de prix à son doigt. » Il fréquente Marie de Montbazon, duchesse, riche, très aimée, la plus belle femme de son temps. Le cardinal de Retz dit d’elle « qu’il n’avait jamais vu personne qui eût montré dans le vice si peu de respect pour la vertu. »

Il rompt alors avec cette vie prometteuse et se retire à la Trappe. Ce retrait, définitif, n’est pas un coup de tête : ce qu’il faut appeler la conversion de Rancé, conversion d’un christianisme standard à une foi pure et dure, se fait sur environ cinq années. Un choc a provoqué le mouvement. Il y aurait une histoire d’amour. En 1657, la duchesse de Montbazon meurt de la rougeole à 47 ans : Rancé lui était très lié. Lié ? Que faut-il comprendre ? On ne sait pas exactement. Ami, amant ? Conseiller, gigolo ? A-t-il assisté à ses derniers moments ? Ce n’est pas sûr. En fait, on ne sait rien de précis, Chateaubriand est resté prudent : « Les annales humaines se composent de beaucoup de fables mêlées à quelques vérités : quiconque est voué à l’avenir a au fond de sa vie un roman, pour donner naissance à la légende, mirage de l’histoire. » Une légende -fausse, bien sûr, mais trop belle pour qu’on la passe sous silence- veut que Rancé, en visite impromptue, découvre le cadavre décapité de la duchesse de Montbazon morte brutalement. Elle était trop grande pour le cercueil : la tête était posée à terre, à côté. Choc.

 « Ici commence la nouvelle vie de Rancé : nous entrons dans la région du profond silence. Rancé rompt avec sa jeunesse, il la chasse et ne la revoit plus. » Chateaubriand ne rentre guère dans les détails de cette vie monacale, il aurait dû. Que veut dire vivre en trappiste en 1657 ? L’abbaye est située dans un endroit humide et marécageux. Du pain noir, de l’eau, des légumes, pas de viande. On est vêtu d’une soutane blanche qu’on garde pour dormir. Le froid. Trois heures de travail au jardin, par tous les temps. Les corvées obligatoires (cuisine, pots de chambre, entretien, etc.), le père abbé n’en est pas excepté. On dort sur un matelas de paille. Les moines ne parlent pas, ils ne se parlent pas. On n’est jamais seul. On ne parle qu’au supérieur, l’abbé. On garde toujours les yeux baissés. On prie plusieurs heures par jour. On se retire à la tombée de la nuit. A partir de deux heures du matin, il y a des prières toutes les deux ou trois heures. On ne se soigne qu’à la dernière extrémité. Il y a le service aux pauvres que l’abbaye nourrit par centaines. C’est ainsi tous les jours pendant des années. Le dimanche, il y a une sorte de conférence : on s’y accuse de ses péchés, on dénonce les fautes des autres. C’est le moment de l’humiliation. Voici des statistiques données par Jean-Maurice de Montremy : un moine de la Trappe sur quatre mourait en deux ans, plus de la moitié des moines ne survivaient pas cinq ans, un quart d’entre eux disparaissait avant l’âge de trente ans, un tiers avant la quarantaine. Non, ce n’était pas un couvent où passer tranquillement sa vieillesse à l’abri des soucis et du besoin.

Chateaubriand parle de la « grande aphonie » qui règne. On se tait à la Trappe, mais on chante pendant les services. L’homme a certainement chanté avant de parler, comme les oiseaux. Aphonie ! Quel beau mot. Les moines n’ont rien à dire à leur voisin, rien à communiquer, rien à partager, rien à tweeter. Silence.

Les gens du monde, du vivant de Rancé, ont plusieursfois voulu assouplir la règle : Rancé et ses moines s’y sont toujours opposés, fidèles à la « stricte observance ». La querelle remontera jusqu’au roi et au pape : « Malgré le silence que la Trappe gardait, il fut question de la détruire, tant le monde était effrayé d’elle. » Rancé écrira beaucoup pour défendre la Trappe,pour décrire la vie édifiante de quelques moines (Relations de la vie et de la mort de quelques religieux de la Trappe), pour défendre ses conceptions religieuses (De la sainteté et des devoirs de la vie monastique). Il écrivit beaucoup de lettres, qu’il dicta quand ses mains ne lui permirent plus d’écrire.

Chateaubriand donne le portrait de Rancé, à la fin de sa vie. Ces quelques lignes font comprendre ce que signifievivre en trappiste : « Le rhumatisme, qui d’abord lui [Rancé] avait saisi la main gauche, se jeta sur la droite, dans laquelle le chirurgien de Mme de Guise travailla. Le malade avait une répugnance extrême de toute nourriture. Affligé d’une toux insupportable, d’une insomnie continuelle, de maux de dents cruels, d’enflures aux pieds, il se vit réduit pendant près de six années à passer ses jours à l’infirmerie dans une chaise, sans presque changer de posture. » Qui entrait à la Trappe, la « Sparte chrétienne », y venait pour souffrir.

Chateaubriand a écrit Vie de Rancé à la demande de son confesseur. Il le dit en avant-propos : « C’est pour obéir aux ordres du directeur de ma vie que j’ai écrit l’histoire de l’abbé de Rancé. L’abbé Séguin me parlait souvent de ce travail, et j’y avais une répugnance naturelle. J’étudiais néanmoins, je lus, et c’est le résultat de ces lectures qui compose aujourd’hui la Vie de Rancé. » Un vieux prêtre demande à Chateaubriand, gloire nationale, rescapé de la Révolution, rival de Napoléon, grand écrivain, chrétien convaincu, de méditer sur son existence avant l’ultime confession. Le grand homme obéit à contre-cœur, on le comprend : sa vie publique et bientôt publiée contre une vie cachée, luxe contre pauvreté, mondanités contre solitude, les palais contre les cellules glacées, les capitales d’Europe contre la Normandie, Paris contre la province !A vous de choisir, chers lecteurs.


[1]Il passe vingt-quatre heures à la Trappe les 7et 8 août 1843.

[2]Rancé. Le soleil noir, Jean-Maurice de Montremy, Editions Perrin, 2006, Paris. Cet auteur apar ailleurs publié de curieuxromans.

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C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot : virtuoses miniatures  

ROMAN FRANCOPHONE - Tout a l’air minuscule dans ce texte. La taille : à peine une centaine de pages. Le sujet : quelques heures de l’existence d’une peintre parfois injustement jugée mineure. Le style : asséché. Et, paradoxalement, c’est cette petitesse qui fait la grandeur de ce livre. Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot de Mika Biermann est en lice pour le Prix de l'Instant.  

[Maj 17/06 : Le titre de Mika Biermann est lauréat du Prix de l'Instant 2021 ] 

18/06/2021, 08:54

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Une certaine raison de vivre, de Philippe Torreton : l'homme qui voulait écrire

BONNES FEUILLES – « Ne regarde pas mes larmes, elles ne veulent pas dire grand-chose, écris, mon Jean, surtout n'arrête pas, j'aime que tu écrives... Je m'offrirai certaines de tes phrases, même si elles ne sont pas pour moi. Je suis jalouse de cette guerre qui te garde pour elle, qui te fait marcher seul je ne sais où... sans moi... sans ta femme... » Dans son prochain roman, Une certaine raison de vivre, à paraître à la rentrée littéraire, Philippe Torreton offre aux lecteurs des arbres, des tranchées, de la poésie, les tourments d’un homme et l’espoir du monde.

18/06/2021, 08:11

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Les Contreforts, de Guillaume Sire : quand les Corbières se révoltent...

BONNES FEUILLES – « Un éclair découpa l’horizon, suivi de sa morsure sonore, et une goutte tomba, grosse comme un doigt et le grand délire commença. » Dans Les Contreforts, épopée baroque et tragique où l'on retrouve toute sa puissance romanesque, Guillaume Sire érige une mythologie sur la terre de son enfance.

17/06/2021, 06:29

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L'Espion français, de Cédric Bannel : S'il tombe, il tombera seul... 

BONNES FEUILLES - Au sein de la DGSE, il existe une entité ultra secrète dont les membres ont une mission : tuer ceux qui s'en prennent à la France. Edgar est l'un d'eux. Il a la trentaine et plusieurs assassinats ciblés à son actif. Il n'y trouve aucun plaisir, simplement il veut défendre la république. Sa nouvelle cible est une femme, la « Veuve blanche », réfugiée en Afghanistan.

16/06/2021, 11:27

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Un été avec Albert de Marie Pavlenko : racines, ne pas oublier 

YOUNG ADULT - Après son apparition dans le recueil Elle est le vent furieux et son dernier roman Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko revient avec Un été avec Albert aux éditions Flammarion. La quatrième de couverture, à l’image du roman, dissimule bien plus qu'elle ne révèle l’été que Soledad s’apprête à vivre aux côtés de sa grand-mère… Un récit court et addictif aux frontières du fantastique, porteur de messages forts sur les liens entre humains ainsi que notre dépendance à la Terre.

15/06/2021, 13:16

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Où est Anne Franck ?, roman graphique signé Ari Folman et Lena Guberman

BONNES FEUILLES - Co-réalisé par Ari Folman, cinéaste israélien, et Lena Guberman, dessinatrice israélienne, Où est Anne Franck ?, sera publié par les éditions Calmann-Lévy le 27 octobre 2021. Après Le journal d’Anne Frank, adapté en roman graphique avec David Polonski en 2019 chez Calmann-Lévy, Ari Folman poursuit son travail de mémoire avec une visite poétique et familiale à Anne Frank, qui résonne fortement avec l’actualité.   

15/06/2021, 09:47

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L’éditeur et correcteur libertaire Marc Tomsin est mort

Membre des mouvements libertaires de l’après-guerre, Marc Tomsin resta attaché aux valeurs anarchistes tout au long de sa vie. Correcteur à L’Humanité puis au Monde, il est également le fondateur des éditions Ludd et des éditions Rue des Cascades. Soutien indéfectible des mobilisations zapatistes, il est mort ce lundi 8 juin des suites d’une chute accidentelle. 

14/06/2021, 16:50

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Insoumission française de Sonia Mabrouk : malaise et déclin français 

ESSAIS - Ce que l’on sait d’elle : Sonia Mabrouk est née le 17 décembre 1977 à Tunis. Nationalisée française en 2010. Très jeune elle baigne dans les hautes sphères de la politique tunisienne, son grand-père n’est autre que Mongi Mabrouk, Ministre du commerce et compagnon de route de Habid Ben Ali Bourguiba, Président de la République tunisienne de 1957 à 1987, fer-de-lance du mouvement pour l’indépendance de la Tunisie. 

11/06/2021, 13:32

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Trek, de Pete Oswald : en randonnée avec Papa

BONNES FEUILLES – Le célèbre illustrateur new-yorkais Pete Oswald signe un nouvel album, Trek. L’histoire vous plongera dans un univers tendre, dans lequel la découverte de la nature rejoint l’exploration de la relation entre un père et son fils.

11/06/2021, 13:21

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Astérix et Obélix cèdent la vedette à Idéfix, cabot de Lutèce

Idéfix, qui accompagnait, depuis 1959, le célèbre duo créé par René Goscinny et Albert Uderzo, devient la star de sa propre bande dessinée. En collaboration avec les illustrateurs Jean Bastide et Philippe Fenech, les éditions Albert René présentent la première bande dessinée ayant pour héros le renommé Idéfix. Idéfix et les irréductibles sortira en librairie le mercredi 16 juin 2021. 

11/06/2021, 09:03

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Malacarne, Urbi et Orbi : l'Italie, en plein coeur 

ROMAN ETRANGER - Avec cet ouvrage, on entre dans une superbe découverte éditoriale dont l'originalité m'a séduit : deux romans tête-bêche, rassemblés dans un seul livre et imprimés l'un à partir de la première de couverture et l'autre à partir de la quatrième, comme pour lancer deux flèches dans une même direction vers une sorte de point focal : les éléments marquants de la société italienne.

10/06/2021, 11:29

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Disparition de l’écrivain Michel Host, emporté par la Covid

Michel Host, lauréat du Prix Goncourt 1986 pour son roman Valet de nuit (Grasset), est décédé dimanche 6 juin 2021 à Paris. Parti à l’âge de 79 ans, ses proches indiquent qu’il est décédé des suites du coronavirus. Né Yves Chavatte en 1942, ce fils de parents français aura grandi en Belgique.

09/06/2021, 12:43

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Disparition du poète Matthieu Messagier

Matthieu Messagier, poète français, est décédé le mardi 1er juin 2021 à l’hôpital de Trévenans (Bourgogne-Franche-Comtée). Agé de 72 ans, il avait dédié sa vie à l’écriture. Fils du peintre Jean Messagier, représentant de la tendance abstraite de l'École de Paris, et de l'artiste céramiste Marcelle Baumann-Messagier, il écrivait depuis son plus jeune âge et ne cessa jamais de le faire.

08/06/2021, 13:39

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Un jour ce sera vide : On est très sérieux quand on a 10 ans

ROMAN FRANCOPHONE - Un jour ce sera vide d'Hugo Lindenberg faisait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021, qui vient d'annoncer sa sélection finale. Un premier roman étonnant de grâce et de maîtrise.

[Màj 7 juin 2021 : le titre remporte le Prix du Livre Inter 2021] 

07/06/2021, 12:00

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Philippe d'Orléans, Le Régent absolu 

BIOGRAPHIE HISTORIQUE - En 25 chapitres qui suivent pas à pas l’itinéraire du fils de Monsieur, le frère de Louis XIV, et de Madame – la princesse Palatine -, devenu « le Régent » pendant la minorité de Louis XV entre 1715 et 1723, Alexandre Dupilet dresse un portrait renouvelé, tout en nuances, de ce libertin à la réputation sulfureuse, celui que même Montesquieu ne parvenait pas à cerner, le qualifiant d’« indéfinissable ».  

L’ouvrage vient d’être couronné lauréat du Prix Château de Versailles du livre d’histoire. Joël Cornette, membre du Jury, nous présente ce texte.

 

07/06/2021, 10:58

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De la haine à l’amour, il n’y a qu’un clap : Agent of my Heart!

Autrefois brimée à l’école, Chitose Saejima est aujourd'hui une manager forte et autoritaire. Et de l’autorité, il va lui en falloir pour gérer Sena Fujishiro, la superstar de l'agence artistique où elle travaille. Si les talents d’acteur de ce dernier sont indiscutables, sa tendance à draguer et à mentir compulsivement va donner du fil à retordre à Chitose… D’autant qu’il semblerait que leurs routes se soient déjà croisées !

05/06/2021, 11:22

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Colin Niel, Entre fauves : qui est la proie ? qui est le prédateur ?

ROMAN NOIR FRANCOPHONE - Entre fauves de Colin Niel, paru au Rouergue cet automne, fait partie de la sélection de 36 titres sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021, dont ActuaLitté est partenaire. Un double récit sous tension, l'homme ramené à ses instincts et sensations les plus primaires.

[Maj 05/06 : Colin Niel est lauréat du Prix Libraires en Seine 2021] 

05/06/2021, 10:02

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Frère d’âme : le chant tragique du conte guerrier

ROMAN FRANCOPHONE - C’est la voix du tirailleur sénégalais Alfa Ndiaye qui se fait entendre, à la manière d’un griot, dès l’ouverture de Frère d'âme publié lors de cette rentrée littéraire 2018 par David Diop. Une voix de conteur africain, aux formules répétitives, presque incantatrices, souvent poétiques. Un récit qui s’enracine dans l’expérience traumatisante de l’agonie et de la mort au front, près des tranchées de Mademba Diop, ce tout jeune homme qui était plus qu’un frère pour Alfa Ndiaye. [MAJ 03/06/2021 : Frère d'âme, par ailleurs multi récompensé depuis sa parution, est lauréat de l'International Booker Prize 2021.]

03/06/2021, 11:30

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Héritage de Miguel Bonnefoy, une fresque familiale entre histoire et voyage

ROMAN FRANCOPHONE - La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier, arrivés des coteaux du Jura. Bien des années plus tard, un drame sanglant frappera les Lonsonier. Emportés dans l’oeil du cyclone, ils voleront ensemble vers leur destin avec, pour seul héritage, la légende mystérieuse d’un oncle disparu. Héritage de Miguel Bonnefoy fait partie des 5 titres sélectionnés pour le Prix des Libraires 2021.

[Maj 2 juin 2021 : Le titre de Miguel Bonnefoy est lauréat du Prix des libraires 2021 ]

02/06/2021, 22:36

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Vénus Khoury Ghata, Ce qui reste des hommes : Rester libre, obstinément 

ROMAN FRANCOPHONE - Dans l'agence funéraire, Diane vient de choisir le marbre rouge destiné à la concession qui sera son ultime domicile. Totalement à l'encontre de l'avis de l'employé qui lui a présenté son catalogue, lui expliquant que des noirs ou des gris seraient tout de même mieux adaptés ! Et puis, quelle idée d'avoir demandé une concession pour deux alors que de mariages en divorces, d'aventures en passades, elle nage aujourd'hui en plein désert de solitude seulement entrecoupée de ses échanges avec son amie Hélène !

02/06/2021, 22:35

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Comme sur un nuage : amitié et homosexualité au lycée

MANGA - Dai vient d’arriver dans un nouveau lycée. Enjoué et bon vivant, il n’a aucun mal à se faire des amis. Mais il remarque vite qu’un garçon de sa classe est tenu à l’écart. Les rumeurs disent qu’il est gay… Dai compte bien devenir ami avec lui et rompre l’injustice !

02/06/2021, 22:35

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Alyson Ford, graine d’héroïne

BANDES DESSINEES - Après Cerise et ses carnets à succès ou Enola (aux éditions de la Gouttière), Joris Chamblain donne naissance ici à une nouvelle jeune héroïne aventureuse. À 11 ans, jeune et brillante élève au prestigieux Canterbury College, Alyson Ford parle plusieurs langues, excelle en sports mais aime surtout grimper aux arbres. Elle est la dernière descendante d’une grande famille d’explorateurs et de chasseurs de trésors, dont les parents sont justement partis en Amazonie à la recherche de son grand-père disparu.

02/06/2021, 22:34

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Ce matin la mer est calme - Journal d’un marin sauveteur en Méditerranée : agir et raconter

RÉCIT - Antonin Richard ne se destinait pas à devenir marin-sauveteur. En 2016, une formation de journalisme en poche, il quitte Lille et lâche sa caméra pour rejoindre l’ île de Lesbos. Là, il retrouve les activistes de Greenpeace pour participer aux opérations de sauvetage en mer Méditerranée. Militant depuis ses 17 ans, il n’hésite pas lorsque l’ONG lui propose de participer à une mission humanitaire en Grèce.

02/06/2021, 22:25

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Primo-romancier, Tarantino apporte Hollywood en France

Le réalisateur avait promis qu’il se mettrait désormais à écrire des livres, mais des livres sur le cinéma. Et pour commencer, c’est à l’un de ses propres films qu’il s’attaquerait en réalisant l’adaptation, pour une version romanesque, de sa dernière production, Once Upon A Time... In Hollywood. Et cette dernière comptera donc parmi les premiers romans de la rentrée littéraire de septembre, joli coup pour son éditeur français.

02/06/2021, 09:33

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Benoît Sokal : mort d'un passionné, de la BD aux jeux vidéo

C’est avec une profonde tristesse que l’équipe de Microids annonce le décès de Benoît Sokal, survenu le 28 mai 2021 des suites d’une longue maladie. Connu avant tout pour être un talentueux scénariste et dessinateur de bande dessinée, Benoît a aussi marqué l’industrie du jeu vidéo à travers le monde avec ses différentes productions pendant plus de vingt-cinq ans.

29/05/2021, 10:14

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Corot, la mémoire du paysage : peintre serein à la recherche de la lumière

BEAUX ARTS - Jean-Baptiste Camille Corot, né le 16 juillet 1796 et mort le 22 février 1875 à 78 ans fait la jonction entre deux courants artistiques et deux époques. Il naît sous le Directoire et meurt sous la Troisième République. Il a connu le Premier Empire, les soubresauts d’une royauté mortifère, la Révolution de 1848, le Second Empire, la Commune en 1871 et les débuts de la révolution industrielle. Véritable témoin d’une société en pleine mutation c’est pourtant loin des villes qu’il se sent le mieux, là où tout est calme, en pleine nature. 

25/05/2021, 09:57

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Les 24 saisons de Nanako de Pascale Moteki : journal intime des temps d'enfance

ALBUM JEUNESSE - Nanako Kotabe aura bientôt dix ans. Elle vit à Itoshima au Japon, une petite ville sur l’île de Kyushu avec ses parents, sa petite soeur Mayura et sa grand-mère Mamimoon. C’est cette dernière qui lui a offert le calendrier traditionnel Nijushi Sekki que Nanako a converti en journal intime. 

25/05/2021, 09:16

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Femmes au fil du temps : vies privées des femmes ordinaires

DOCUMENTAIRE JEUNESSE - “Les hommes n’ont jamais eu besoin d’être extraordinaires pour apparaître dans les livres d’Histoire”. Répétez cette phrase à voix haute, vous en saisirez encore mieux la portée. Alors que certains droits et libertés sont remis en cause à l’heure actuelle dans le monde, Femmes au fil du temps propose une Histoire au féminin, et parle des femmes ordinaires dans leur vie quotidienne.

 

25/05/2021, 09:14

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L’hôtel de verre d'Emily St John Mandel : vies brisées

POLAR ETRANGER - Fascinée par l’affaire Bernard Madoff, Emily St John Mandel imagine les vies des anonymes entraînés dans la chute de l’escroc américain. Avec délicatesse, elle évoque ces destinées qui, toutes, s’imbriquent étroitement en un gigantesque puzzle.

25/05/2021, 09:13

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Freshkills, Recycler la Terre de Lucie Taïeb : effacer les traces

ESSAI - Lorsque les premiers colons arrivèrent sur les rives du Nouveau Monde, Staten Island, qui ne s'appelait pas encore ainsi évidemment, était un lieu sauvage et marécageux parcouru par de nombreux petits cours d'eau que les Hollandais dénommèrent Kills en le déclinant à l'envie : Fresh Kills fut l'un d'eux mais aussi Great, Arthur, etc....

 

25/05/2021, 09:07

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Décès du poète SAÏD, exilé iranien sur le sol allemand

Exilé en Allemagne, le poète originaire d’Iran SAÏD, est décédé ce 15 mai dernier, nous informe la traductrice Nathalie Huet. L’auteur avait connu, écrivant en allemand, une grande reconnaissance, il reste encore à découvrir pour le public français. Seuls quelques-uns de ses textes furent proposés en traduction par des maisons audacieuses.

25/05/2021, 08:58

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Benjamin Adam, UOS : l'éternité, c'est long, surtout vers la fin

Il y a des livres dans lesquels on se perd, littéralement, avec jubilation. Des livres qui nous dépassent, qui disent, en images, avec force, ce que nous pressentons sans que notre intuition n'ait jusqu'alors trouvé la voie précise pour former en notre pensée des mots, des phrases, des arguments. A n'en pas douter, UOS est de ceux-là. Un grand album pour les grands enfants, un miroir déformant dans lequel le lecteur est confronté à un futur lointain, mais inéluctable, dans lequel un dernier homme erre dans les ruines d'une civilisation éteinte et irradiée.

 

21/05/2021, 11:38

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Pour quelques millions !, entre Paris et La Havane, plonger en enfer 

POLAR FRANCOPHONE - Conrad est le fils de la fondatrice d’une ONG dont l’assassinat à Paris, maquillé en suicide, n’a jamais été élucidé. Il galère depuis, frôlant sans cesse l’illégalité. À quelques encablures de La Havane, Dahlia, abusée par son père, se bat bec et ongles pour éviter à son frère de subir le même sort. Ce sont les deux héros du polar de Carl Pineau, Pour quelques millions! 

 

20/05/2021, 15:00

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Kentaro Miura, créateur de Berserk, est décédé

Voilà quelques jours, la possibilité d’une adaptation sur Netflix de Berserk était définitivement exclue. Ou quasi. Et voici que l’on apprend le décès, survenu le 6 mai, du créateur de cette saga, Kentaro Miura. À 54 ans, le mangaka est mort des suites d’une dissection aortique aiguë, explique un communiqué de son éditeur Hakusensha.

20/05/2021, 09:11

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Ne crains pas l’ombre ni les chiens errants, le long de la route vers soi-même 

ROMAN FRANCOPHONE - « C’est la bonne nuit pour fuir. La lune éclaire la route. Je chante pour me donner le courage de rejoindre le village, au loin là-bas, de l’autre côté de la route. » Sa petite Clara serrée dans ses bras, Cassandre a tout laissé derrière elle. Elle quitte Magelang, au centre de l’île de Java. Un premier vol doit l’emmener à Jakarta, un second vers Amsterdam. Ensuite, elle retrouvera la France. Qu’est-ce qui a jeté sur les routes cette maman de trente ans, héroïne de Ne crains pas l’ombre ni les chiens errants (L’Iconoclaste) de Camille Zabka ?

19/05/2021, 14:40

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Teenage Riot : révoltés, vivants, grandis

ROMAN JEUNESSE - On n’entre pas comme ça dans Teenage riot, deuxième livre écrit à quatre mains par Éric Pessan et Olivier de Solminihac. Il faut attendre quelques pages que l’Ours trouve le rythme de sa bande-son pour que l’on soit happé par sa vie et celle d’une poignée d’autres adolescents.

19/05/2021, 14:27