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Les Ensablés - Notes de voyage : "Vie de Rancé" (1844), Chateaubriand

J’ai enfin lu Vie de Rancé. J’ai depuis longtemps ce titre en tête, un livre culte : le grand écrivain rajoute quelques pages mélancoliques à son œuvre. Chateaubriand, un homme couvert de femmes et de gloire, écrit sur Rancé, un homme qui a choisi de vivre hors du monde. C’est Rancé qui m’intéressait : je suis fasciné par ces êtres qui se retirent du monde pour vivre à petit feu, au silence, dans la solitude. Armand-Jean Le Bouthillier de Rancé est le réformateur de l’abbaye de Notre-Dame de La Trappe, dite La Grande-Trappe, située à Soligny (61380), en Normandie.

Le 30/04/2017 à 09:00 par Les ensablés

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30/04/2017 à 09:00

Les ensablés

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Ce texte bref est doublement crépusculaire : un homme au bord de la tombe écrit sur un homme qui a vécu dans un tombeau. Chateaubriand résume ainsi la vie de Rancé, à la dernière page de son livre : « Rancé habita trente-quatre ans le désert, ne fut rien, ne voulut rien être, ne se relâcha pas un moment du châtiment qu’il s’infligeait. » Né le 9 janvier 1626, Rancé se retire en 1657 dans ses terres de Véretz. En 1661 il liquide ses biens. En 1663, il devient l’abbé de La Trappe : il a 37 ans. Il y meurt à 74 ans, en 1700. Il aura vécu 37 ans au couvent. En 1841, Chateaubriand a mis le point final aux Mémoires d’outre-tombe : comme l’indique le titre, ces mémoires, son chef d’œuvre, doivent paraître après sa mort. Le texte est chez le notaire. Il a 71 ans. Il se met à rédiger la vie de Rancé [1], qui a vécu cent cinquante ans avant lui ! En 1844, quand paraît Vie de Rancé, il a 76 ans, il lui reste quatre années à vivre, physiquement très diminué.

Il règne un ton crépusculaire dès les premières pages : « Je ne serai lu de personne, excepté de quelques arrière-petites nièces, habituées aux contes de leur vieil oncle. » Il règne le regret, réitéré, de la jeunesse chevelue : « Que fais-je dans le monde ? Il n’est pas bon d’y demeurer lorsque les cheveux ne descendent plus assez bas pour essuyer les larmes qui tombent des yeux. » Les réflexions désabusées se multiplient : « Tout est fragile : après avoir vécu quelque peu, on ne sait si l’on a bien ou mal vécu. » Les souvenirs, au lieu de nous consoler, sont une torture supplémentaire quand ils s’effacent : « Rompre avec les choses réelles, ce n’est rien ; mais avec les souvenirs ! Le cœur se brise à la séparation des songes ; tant il y a peu de réalité dans l’homme. » Le vieillard voit mourir les siens : « Je tarde tant à m’en aller que j’ai envoyé devant moi tous ceux que je devais précéder. »

Les épisodes de la vie de Rancé le renvoient à sa propre vie : quand Rancé est à Rome, il revoit Rome. Quand Rancé rencontre un roi, il évoque les rois qu’il a connus ? La correspondance de l’abbé faisant écho à ses sentiments, il la cite volontiers : « Nous ne vivons plus les uns ni les autres que dans la vue et le désir de la mort. » Rancé a vécu sous Louis XIV, et Chateaubriand a la nostalgie du Grand Siècle et de la monarchie absolue. Il semble presque avoir connu les personnages du passé qu’il évoque. Chateaubriand oublie Rancé et raconte l’histoire de la Fronde, décrit le salon de l’hôtel de Rambouillet, nous parle de Corneille, de la romancière Mme de Scudéry, de Mme de Sévigné (« dont on a publié peut-être trop de lettres » !), de Ninon de Lenclos, de Saint-Evremond, de Port-Royal, de Bossuet, de la querelle du quiétisme, et de dizaines d’autres personnes aujourd’hui inconnues. Il faudrait des dizaines de notes pour suivre cette galerie de portraits. Chateaubriand commente ainsi cette revue de fantômes : « Sociétés depuis longtemps évanouies, combien d’autres vous ont succédé ! Les danses s’établissent sur la poussière des morts, et les tombeaux poussent sous les pas de la joie. Nous rions et nous chantons sur les lieux arrosés du sang de nos amis. Où sont aujourd’hui les maux d’hier ? Ou seront demain les félicités d’aujourd’hui ? Quelle importance pourrions-nous attacher aux choses de ce monde ?  »

Il semble que le décor compte plus que le personnage de Rancé, ou plus exactement toute vie devient décor périssable, décor dans le décor : « Quand vous remueriez ces souvenirs qui s’en vont en poussière, qu’en retireriez-vous, sinon une nouvelle preuve du néant de l’homme ? Ce sont des jeux finis que des fantômes retracent dans les cimetières avant la première heure du jour. » Tout au long du texte, Chateaubriand évoquera des fantômes. Aujourd’hui, presque deux siècles après lui, ces fantômes paraissent encore plus irréels. Il écrit par exemple : « En 1660, Pomponne fut disgracié. Rancé lui écrivit des compliments de condoléance. » Qui pouvait bien être ce Pomponne ? Chateaubriand ne donne pas d’explication, mon édition Pléiade non plus. Mais quelle importance ? Il faut évidemment transposer : Ayrault fut disgracié, ou Cahuzac fut disgracié, ou Pellerin fut disgraciée. Que restera-t-il de ces noms qui firent notre actualité ? Rien, bien sûr.

Vie de Rancé, je le comprends maintenant, n’est pas une biographie de l’abbé de Rancé. C’est une méditation sur le sens de l’existence. L’idéal chrétien a quelque chose de grandiose et il place les croyants devant leur propre faiblesse. Chateaubriand cite Rancé qui cite Saint Luc : « Vendez ce que vous avez et le donnez aux pauvres ; après cela venez et me suivez. Si quelqu’un vient à moi et ne hait point son père et sa mère et sa femme et ses enfants et ses frères et ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. »Châteaubriand, devant la grandeur spirituelle de Rancé, est bien obligé de craindre pour son âme. Il a choisi la grandeur mondaine : ministre, ambassadeur à Rome, Londres, Berlin, homme à femmes, écrivain (c’est-à-dire exhibitionniste). Et s’il a vendu ses Mémoires, c’est pour redorer ses vieux jours, pas pour les pauvres. Bien sûr, l’idéal est trop haut pour le commun des mortel, Rancé le disait : « Dieu n’a pas commandé à tous les hommes de quitter le monde ; mais il n’y en a point à qui il n’ait défendu d’aimer le monde ». Or, Chateaubrianda aimé le monde. Maintenant qu’il faut le quitter, il se demande s’il a fait le bon choix. Les plaisirs et les joies lui ont laissé les mains vides. Il va mourir, et il sait que la postérité n’existe pas : « Pour moi, tout épris que je puisse être de ma chétive personne, je sais bien que je ne dépasserai pas ma vie. On déterre dans des îles de Norvège, quelques urnes gravées de caractères indéchiffrables. A qui appartiennent ces cendres ? Les vents n’en savent rien. » Autrement dit, l’ensablement est inéluctable, les plus hauts monuments n’y échapperont pas.  Qui lit encore Chateaubriand ? Mais, rien n’est sûr, pas même les regrets, Chateaubriand hésite : « Aujourd’hui il n’y a plus rien de possible, car les chimères d’une existence active sont aussi démontrées que les chimères d’une existence désoccupée. » Tout serait-il donc vain, même la réclusion ? « Pour peu qu’on ait vécu, on a vu passer bien des morts emportant leurs illusions. Heureux celui dont la vie est tombée en fleurs. »

Chateaubriand rend hommage à Rancé, mais celui-ci a peu d’émules. Voici les dernières lignes de Vie de Rancé : « Les institutions de Rancé ne nous paraissent qu’un objet de curiosité que nous allons voir en passant. » La foi est rare, et rarissime portée à l’incandescence de Rancé. La conversion de Rancé ne se comprend que sous le regard de Dieu qui voyait tout. Mais le Dieu de Chateaubriand n’est déjà plus le Dieu de Rancé. Il constate : « Ces rigueurs se rattachent à un ordre de philosophie que notre esprit n’est pas plus capable de comprendre que nos mœurs de supporter. »  Dans la société du spectacle qui a peut-être commencé avec la société de cour, d’autres yeux nous regardent, plus proches, plus visibles. Chateaubriand l’avait compris. Rancé était immense, certes, «  mais qui voudrait aujourd’hui être immense sans être vu ? » Chateaubriand ajoute que la cour venait à la Trappe voir Rancé, « pour en rire ou pour l’admirer ».

Le respect de Chateaubriand pour son personnage est évident, mais je ne sens pas à proprement parler de l’admiration. Faut-il admirer cette existence faite de privations et de douleurs ? Chateaubriand a des regrets, mais il ne se repent pas. Il regrette d’avoir vieilli, il regrette que tout ait changé, que ses amis soient morts, que la révolution ait bouleversé toute chose, mais le regret du temps passé n’est pas exactement le regret d’avoir vécu sa vie.

Et Rancé ?

J’ai lu une vraie biographie de Rancé, avec dates précises, citations entre guillemets, indication des sources [2]. Chateaubriand a dit l’essentiel, mais j’aime les détails. Il y a d’abord la vie mondaine de Rancé. Elle commence dès la naissance puisqu’il porte le même prénom que « l’éminentissime cardinal de Richelieu » qui est son parrain. Il est issu d’une « des plus anciennes et des plus illustres familles du royaume. » A douze ans, il publie en grec une édition annotée du poète Anacréon. Voilà un jeune homme doué ! Brillante figure d’un brillant milieu, en marche (qui comprendra après-demain cette allusion ?), c’est un notable de l’Eglise, il devient l’aumônier de Monsieur, le frère du roi. Rancé devient prêtre à l’époque où deux cardinaux, Richelieu puis Mazarin, ont gouverné la France. Par ailleurs, il chasse, il fréquente les salons, il s’amuse en grand seigneur fortuné : « Rancé inventait des plaisirs : ses fêtes étaient brillantes, ses festins somptueux. » Il fait de l’escrime, il est élégant : « il portait une chevelure longue et frisée, deux émeraudes à ses manchettes, un diamant de prix à son doigt. » Il fréquente Marie de Montbazon, duchesse, riche, très aimée, la plus belle femme de son temps. Le cardinal de Retz dit d’elle « qu’il n’avait jamais vu personne qui eût montré dans le vice si peu de respect pour la vertu. »

Il rompt alors avec cette vie prometteuse et se retire à la Trappe. Ce retrait, définitif, n’est pas un coup de tête : ce qu’il faut appeler la conversion de Rancé, conversion d’un christianisme standard à une foi pure et dure, se fait sur environ cinq années. Un choc a provoqué le mouvement. Il y aurait une histoire d’amour. En 1657, la duchesse de Montbazon meurt de la rougeole à 47 ans : Rancé lui était très lié. Lié ? Que faut-il comprendre ? On ne sait pas exactement. Ami, amant ? Conseiller, gigolo ? A-t-il assisté à ses derniers moments ? Ce n’est pas sûr. En fait, on ne sait rien de précis, Chateaubriand est resté prudent : « Les annales humaines se composent de beaucoup de fables mêlées à quelques vérités : quiconque est voué à l’avenir a au fond de sa vie un roman, pour donner naissance à la légende, mirage de l’histoire. » Une légende -fausse, bien sûr, mais trop belle pour qu’on la passe sous silence- veut que Rancé, en visite impromptue, découvre le cadavre décapité de la duchesse de Montbazon morte brutalement. Elle était trop grande pour le cercueil : la tête était posée à terre, à côté. Choc.

 « Ici commence la nouvelle vie de Rancé : nous entrons dans la région du profond silence. Rancé rompt avec sa jeunesse, il la chasse et ne la revoit plus. » Chateaubriand ne rentre guère dans les détails de cette vie monacale, il aurait dû. Que veut dire vivre en trappiste en 1657 ? L’abbaye est située dans un endroit humide et marécageux. Du pain noir, de l’eau, des légumes, pas de viande. On est vêtu d’une soutane blanche qu’on garde pour dormir. Le froid. Trois heures de travail au jardin, par tous les temps. Les corvées obligatoires (cuisine, pots de chambre, entretien, etc.), le père abbé n’en est pas excepté. On dort sur un matelas de paille. Les moines ne parlent pas, ils ne se parlent pas. On n’est jamais seul. On ne parle qu’au supérieur, l’abbé. On garde toujours les yeux baissés. On prie plusieurs heures par jour. On se retire à la tombée de la nuit. A partir de deux heures du matin, il y a des prières toutes les deux ou trois heures. On ne se soigne qu’à la dernière extrémité. Il y a le service aux pauvres que l’abbaye nourrit par centaines. C’est ainsi tous les jours pendant des années. Le dimanche, il y a une sorte de conférence : on s’y accuse de ses péchés, on dénonce les fautes des autres. C’est le moment de l’humiliation. Voici des statistiques données par Jean-Maurice de Montremy : un moine de la Trappe sur quatre mourait en deux ans, plus de la moitié des moines ne survivaient pas cinq ans, un quart d’entre eux disparaissait avant l’âge de trente ans, un tiers avant la quarantaine. Non, ce n’était pas un couvent où passer tranquillement sa vieillesse à l’abri des soucis et du besoin.

Chateaubriand parle de la « grande aphonie » qui règne. On se tait à la Trappe, mais on chante pendant les services. L’homme a certainement chanté avant de parler, comme les oiseaux. Aphonie ! Quel beau mot. Les moines n’ont rien à dire à leur voisin, rien à communiquer, rien à partager, rien à tweeter. Silence.

Les gens du monde, du vivant de Rancé, ont plusieursfois voulu assouplir la règle : Rancé et ses moines s’y sont toujours opposés, fidèles à la « stricte observance ». La querelle remontera jusqu’au roi et au pape : « Malgré le silence que la Trappe gardait, il fut question de la détruire, tant le monde était effrayé d’elle. » Rancé écrira beaucoup pour défendre la Trappe,pour décrire la vie édifiante de quelques moines (Relations de la vie et de la mort de quelques religieux de la Trappe), pour défendre ses conceptions religieuses (De la sainteté et des devoirs de la vie monastique). Il écrivit beaucoup de lettres, qu’il dicta quand ses mains ne lui permirent plus d’écrire.

Chateaubriand donne le portrait de Rancé, à la fin de sa vie. Ces quelques lignes font comprendre ce que signifievivre en trappiste : « Le rhumatisme, qui d’abord lui [Rancé] avait saisi la main gauche, se jeta sur la droite, dans laquelle le chirurgien de Mme de Guise travailla. Le malade avait une répugnance extrême de toute nourriture. Affligé d’une toux insupportable, d’une insomnie continuelle, de maux de dents cruels, d’enflures aux pieds, il se vit réduit pendant près de six années à passer ses jours à l’infirmerie dans une chaise, sans presque changer de posture. » Qui entrait à la Trappe, la « Sparte chrétienne », y venait pour souffrir.

Chateaubriand a écrit Vie de Rancé à la demande de son confesseur. Il le dit en avant-propos : « C’est pour obéir aux ordres du directeur de ma vie que j’ai écrit l’histoire de l’abbé de Rancé. L’abbé Séguin me parlait souvent de ce travail, et j’y avais une répugnance naturelle. J’étudiais néanmoins, je lus, et c’est le résultat de ces lectures qui compose aujourd’hui la Vie de Rancé. » Un vieux prêtre demande à Chateaubriand, gloire nationale, rescapé de la Révolution, rival de Napoléon, grand écrivain, chrétien convaincu, de méditer sur son existence avant l’ultime confession. Le grand homme obéit à contre-cœur, on le comprend : sa vie publique et bientôt publiée contre une vie cachée, luxe contre pauvreté, mondanités contre solitude, les palais contre les cellules glacées, les capitales d’Europe contre la Normandie, Paris contre la province !A vous de choisir, chers lecteurs.


[1]Il passe vingt-quatre heures à la Trappe les 7et 8 août 1843.

[2]Rancé. Le soleil noir, Jean-Maurice de Montremy, Editions Perrin, 2006, Paris. Cet auteur apar ailleurs publié de curieuxromans.

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Une fois de plus, on en revient à cette collection de poche dirigée par Alice Déon, "La petite Vermillon" qui m'enchante depuis plusieurs années. Indifférente à la mode, La Table Ronde ose rééditer des textes qui ne feront certes pas la une des journaux littéraires de plus en plus conformistes, mais ravissent ceux pour qui la littérature est l'affaire de leur vie.

Aujourd'hui, il me faut parler d'un livre qui m'a ravi "Il nous est arrivé d'être jeune" de François Bott.

01/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Captain Cap" d'Alphonse Allais

« Jetons par-dessus bord paperasses et registres, et avec les ronds de cuir de ces incapables, faisons des bouées de sauvetage. »
Tel est l’un des principaux points de la profession de foi d’Albert Caperon, dit Captain Cap, candidat aux élections législatives de 1893. « Anti bureaucrate » et anti européen » il se présente comme un aventurier qui a passé « les trois quarts de sa vie sur mer et les deux tiers de son existence sur les terres vierges. »

18/10/2020, 09:00

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Les Ensablés – Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) par le comte de Fels

Le temps des vacances s'approche, ou s'éloigne : souvenez-vous, nous avions passé l’été à travers la Provence, en compagnie de Jean-Louis Vaudoyer. Cette fois, nous n’irons pas si loin, à peine pousserons-nous aux limites du département de la Seine-et-Oise ! Car nous sommes en 1927 et Jean-Louis Vaudoyer m’a demandé d’interviewer le comte de Fels, pour sa biographie d’Ange-Jacques Gabriel [1]. Le moyen de refuser ?

04/10/2020, 09:00

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Les Ensablés - L’incertitude amoureuse de René Laporte (1905-1954)

René Laporte est né à Toulouse dans une famille bourgeoise de magistrats et d’universitaires. Il fait des études de droit, mais lance, à dix-neuf ans, une revue bi-mestrielle, Les Cahiers libres, artistiques et littéraires, puis fonde les éditions du même nom qui, entre 1925 et 1934, publieront environ 150 ouvrages.

20/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac: “Le vélo” de René Fallet

L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Le sang des bêtes : Qu'as-tu fait de ta vie ? Crise de la cinquantaine sous la plume corrosive de Thomas Gunzig

BONNES FEUILLES – Dans un roman jubilatoire, Thomas Gunzig dézingue tous les sujets d’actualité : identité, véganisme, écologie, société patriarcale... Tom, vendeur dans une boutique de compléments alimentaires et de protéines pour bodybuilders, est en pleine dépression. Le passage àla cinquantaine lui ouvre les yeux sur sa vie rangée avec sa femme Mathilde qui ne le rend plus heureux.

26/10/2021, 12:33

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Je crois que mon fils est gay : votre dose de sérotonine et d’inclusivité

Tomoko est une petite mère au foyer tout ce qu’il y a de plus ordinaire. À moins qu’elle ne soit un peu plus attentive que la moyenne ? Elle devine en tous cas que son fils aîné, lycéen, est gay… Mais il est pour l’instant trop timide pour faire son coming-out ! À Tomoko de lui faire sentir qu’elle l’aime comme il est. Un manga qui réchauffe mieux qu’un rayon de soleil. 

26/10/2021, 11:53

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En matière de romance dans des univers Young Adult, Nos espoirs croisés d’Iman Eyitayo se présente comme un récit au style classique et dont l’histoire semble véritablement centrée sur un public. Mais la fluidité du récit et sa ligne directrice forte – autour de la difficulté à garder le goût de la vie – en font un livre à remarquer.

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Il n'en restera qu'une... Three Dark Crowns, ou la société meurtrière

FANTASY – À la fin, il n’en restera qu’une. Des trois sœurs, seule la plus puissante, la plus agile, la mieux formée sera autorisée à monter sur le trône. Kendare Blake publie Three Dark Crowns, premier opus de sa trilogie. Après 600.000 exemplaires vendus et une vingtaine de traduction, le phénomène arrive en France, dans une traduction d’Hermine Hémon…

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Claude Cahun : portrait de l'artiste en femme

Ce 25 octobre, Google a décidé de nous rappeler l’existence de Claude Cahun – née Lucy Schwob le 25 octobre 1894. L’occasion de célébrer l’anniversaire de cette artiste, plasticienne, photographe, mais également écrivaine. Décédée le 8 décembre 1954, elle est très liée au mouvement des surréalistes, mais également connue pour sa liaison avec Suzanne Malherbe, artiste originaire de Nantes.

25/10/2021, 09:54

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Mohamed Mbougar Sarr : lettres et le néant

Après De purs hommes, roman qui traite de l’homosexualité en Afrique, Mohamed Mbougar Sarr revient avec un des romans les plus remarqués de la rentré littéraire. La plus secrète mémoire des hommes est paru aux éditions Philippe Rey, avec 8753 exemplaires vendus à ce jour (données : Edistat). Un roman en lice pour la plupart des grands prix littéraires : Goncourt, Fémina, Renaudot et de l’Académie Française. Le sujet : la quête d’un auteur mythique, TC Elimane...

25/10/2021, 09:34

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Regarde le ciel : corps, désirs et combats, un roman sur les femmes

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Les contraceptés : des spermatozoïdes et des hommes

La contraception masculine est un sujet quasiment tabou : depuis l’apparition de la pilule, le poids de la contraception et de ses effets secondaires repose presque exclusivement sur les épaules des femmes. Elles ont eu beau réclamer un partage des tâches dans ce secteur comme dans bien d’autres, peu d’hommes répondent à l’appel. Et l’industrie pharmaceutique ne suit pas. Deux journalistes, l’un moustachu, l’autre barbu, se plongent à la première personne du pluriel dans ce dossier qui met encore bien des virilités mal à l’aise. Où sont donc les contraceptés ?

22/10/2021, 16:08

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Les Romantiques, pour un voyage dans l’érotisme des grands classiques  

Soixante grandes références de la littérature, en commençant tout naturellement par L’Odyssée de Homère, avant de s’échouer sur les membres entrelacés de Tristan, Yseult, Héloïse, Abélard, Paul et Virginie, soit une belle troupe d’amants. Et tous se donnent à corps perdus. Les Romantiques, c’est un petit voyage pour redécouvrir l’amour, comme dans les livres mais aussi dans la vraie vie, avec une pointe d’humour et un érotisme charmant — ou devrait-on plutôt dire charmeur ?

22/10/2021, 16:04

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Attaque des titans, Demon slayer, Rowling : les 200 meilleures ventes (semaine 41)

PALMARÈS – Grosse semaine pour le monde du manga, puisque le tome 34 de L’Attaque des titans d’Hajime Isayama balaye tout sur son passage. Et deux fois plutôt qu’une puisque l’édition limitée et la version classique publiées chez Pika, prennent la tête des ventes (trad. Sylvain Chollet, adaptateur Olivier Marcel). Et plus largement, le manga se paye une belle tranche de réussite, plaçant le tome 19 de Demon slayer dans les 5 meilleures ventes — et bien entendu, le nouveau livre de JK Rowling fait son apparition.

22/10/2021, 11:03

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Trafalgar - 21 octobre 1805 : Nelson 1 – Napoléon 0

À l’occasion du bicentenaire de la mort de l’Empereur Napoléon, les éditions Passés Composées sortent une nouvelle édition du livre du contre-amiral et historien Rémi Monaque, Trafalgar. Ce tableau extrêmement complet des tenants et aboutissants de la célèbre bataille avait d’ailleurs reçu le Grand Prix de la Fondation Napoléon en 2005. J’entends déjà grincer les dents des « aficionados » de l’Empereur. C’est un peu comme parler d’Alésia à Abraracourcix.

21/10/2021, 11:11

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Maikan : quand le Canada décidait d'apprendre “à lire et à écrire” aux Autochtones

Montréal, de nos jours. La jeune avocate Audrey Duval, pour répondre aux sollicitations du barreau qui incite ses membres à accepter de plaider, une fois par an, une cause sans honoraires, a décidé de ne pas faire le choix d’une cause trop semblable à ses interventions habituelles en droit des affaires. Non !

20/10/2021, 14:33

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Totale Résistance : Helge Reumann, un monde en (mal)formation

Massacres de branches de bois partiellement anthropomorphes sadiquement exécutées par des bûcherons burinés, larve miraculée assassinant ses congénères à l’aveugle une fois une kalachnikov en main, affrontements âpres virant à plusieurs exterminations de masse... Voici une partie du programme qui attend le lecteur de ces planches hypnotiques de Helge Reumann. 

20/10/2021, 12:55

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Festin d’Anne Brugni et McCloud Zicmuse : ma vie de miche

De la naissance d’un champ de blé à une dégustation collective autour d’une table, Festin nous présente différentes étapes de la « vie » d’une miche de pain. Après Bonjour (qui suivait le cycle d’une journée) et Chemin (qui nous entrainait dans une balade bucolique), Anne Brugni et McCloud Zicmuse concluent ici une trilogie originale.

19/10/2021, 10:29

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Meurtres à Tautavel : un pendu qui aura donné sa langue au chat

Entre Corbières et Pyrénées, c’est dans le Fenouillèdes que se niche le petit village de Tautavel dont la notoriété est aujourd’hui plus associée à la découverte, à la Caune de l’Arago, de morceaux du squelette du plus ancien humain identifié dans toute l’Europe (0,5 million d’années !!!), qu’aux ruines du château médiéval qui dominent les maisons du village !

18/10/2021, 15:24

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Milwaukee Blues : vision douloureusement réaliste des États-Unis

« Je n’aurais jamais dû composer ce foutu numéro. » Une première phrase, qui ouvre ce roman de Louis-Philippe Dalembert, et happe. Pas question de s’arrêter de lire, lorsque l’écriture, incisive et exacte en tout point, nous invite à dévorer chaque page. S’offre alors au lecteur une histoire fictive, qui sonne pourtant si terriblement vrai. 

15/10/2021, 12:20

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Avec Mater, Stanislas Moussé poursuit “son improbable tapisserie de Bayeux”

BONNES FEUILLES – Un mal étrange et profond ronge le château familial et s’attaque aux héritiers de la dynastie du roi. Alors que le royaume est en danger, c’est une femme, une mère, une magicienne, qui va entamer un combat avec les forces obscures pour la survie de son enfant et de sa lignée. 

15/10/2021, 11:26

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Ascension fulgurante de Patrick Modiano : les 200 meilleures ventes de la semaine (40)

Pas de grands mouvements cette semaine, l’hydre Musso/Zemmour continue de monopoliser l’attention des lecteurs. En termes de chiffre d’affaires, le premier représente 3,36 millions € et le second 4,05 millions €. Non négligeable. Mais voici qu’une lueur surgit : Chevreuse de Patrick Modiano. Plus de 11.600 exemplaires en l’espace d’une semaine.

15/10/2021, 10:29

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Avec Liberty, Simon Liberati inclassable et caractéristique

BONNES FEUILLES – Les Éditions Séguier, connues pour leur catalogue de « curiosités », publieront un récit d’une nature à la fois inclassable et néanmoins caractéristique du style Liberati. Auteur de onze ouvrages, Simon Liberati fut lauréat du Prix de Flore pour L’Hyper Justine ainsi que du Prix Femina pour Jayne Mansfield 1967. Son livre Eva a été unanimement salué par la critique. 

15/10/2021, 10:07

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Kukum : le lac, les rivières et le couple

Années 18... et quelques, sur les bords du lac Saint Jean, au fond du fjord du Saguenay au Québec. Almanda est une jeune orpheline qui vit avec un couple d’agriculteurs, qu’elle appelle « mon oncle » et « ma tante », qui triment chaque jour pour arracher à leur lopin de terre des bords du lac une maigre subsistance. Du haut de ses quinze ans, Almanda leur donne un coup de main à la petite ferme — elle adore traire les vaches — quand elle n’est pas à l’école où ses résultats sont prometteurs. Mais face à ce lac grandiose, Almanda rêve.

14/10/2021, 11:43

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Moi, Calife... Iznogoud et c'est comme cela qu'on l'aime

Six années depuis le dernier tome qu’avaient cosigné Laurent Vassilian et Nicolas Tabary — et qui très personnellement, ne m’avait pas emballé. « Moi président », clamait voilà peu encore un heureux candidat à l’Élysée, dont on se gardera bien de dire que les promesses n’engagent que ceux qui les croient (ah, tiens, non…) ! Eh bien, ô Grand Vizir, qu’en est-il de votre débordante ambition : vous, Calife, que gagnerait le bon peuple de Bagdad ?  

13/10/2021, 13:08

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Mashle : invasion de choux à la crème et de coups de poing à Poudlard

Mash est né sans magie dans un monde où les non-magiciens sont tués à la naissance. Mais son papa d’adoption l’a protégé au fin fond d’une forêt. Mash a donc grandi à l’écart du monde, en ne faisant que… de la musculation. Désormais menacé, notre héros va devoir intégrer l’académie de magie la plus prestigieuse du pays. Ses muscles suffiront-ils à sa survie ? Un manga hilarant qui brise tous ses propres codes. 

13/10/2021, 11:28

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Mathieu Lindon : seul contre tous

Après Hervelino paru en début d’année, où Mathieu Lindon évoquait son compagnonnage avec l’écrivain Hervé Guibert, l’auteur revient cette même année avec un texte tout d’un bloc. Un bloc de haine, contre les « autres ». Une centaine de pages d’éructations qui prennent sens dans l’intégralité du texte, même si cette haine sans objet autre que ces autres confine à la répétition. 

 

13/10/2021, 10:34

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Andrée Viollis : Criquet. “Être une femme, c'est être empêchée”

Dans les premières années du XXe siècle, la famille Dayrolles a l’habitude de passer l’été dans une vieille maison sur une île de la côte vendéenne. C’est là que, jeune fille de presque quatorze ans, Camille, que tout le monde surnomme Criquet, retrouve, avec un bonheur à chaque fois renouvelé, ses vêtements élimés de garçonne pour courir, sauter, parcourir les plages, les rochers, la campagne en compagnie de son cousin Michel, chasser avec son arc les poulpes dans les creux d’eau, profiter de ces moments privilégiés de liberté et de vacances.

12/10/2021, 14:38

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Les vivants et les morts en quatre livres

De la poésie de Bukowski à la folie cyberpunk de Philip K. Dick, du prophétisme d'un génie russe inconnu à la biographie d'un des plus grands représentants du spectacle vivant, une question : où est la vie et où est la mort ? Quatre livres de poche posent la question, chacun à sa manière.

 

 

12/10/2021, 14:06

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Troisième tome : le dernier Atlas tire en pleine cible

Dire qu’on attendait le troisième et ultime tome du Dernier Atlas est un euphémisme. Les deux premiers volets avaient prouvé à quel point Vehlmann et Bonnneval ont peaufiné leur scénario et leur univers d’anticipation pour aboutir à un des projets les plus solides et novateurs de la décennie. Ce dernier tome, plus sombre, plus fort, démontre que les scénaristes avaient gardé des atouts dans leur manche pour transformer ce récit d’anticipation en fable morale et politique, mais toujours aussi palpitante et bourrée d’action.

11/10/2021, 10:23

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Blacksad, Cyril Lignac et Star Wars : les 200 meilleures ventes de la semaine (39)

Le duo de la rentrée, Guillaume Musso et Éric Zemmour, continue de truster les deux meilleures places du classement. Si Blacksad — la première partie du tome 6 de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido –, entre à la troisième place, Cyril Lignac occupe la quatrième. Et la science-fiction fait soudainement son apparition… Avec une bande dessinée Star Wars. Eh oui, les goûts et les couleurs, comme chaque semaine…

09/10/2021, 16:07

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La Princesse rebelle : déconstruire les conceptions traditionnelles du genre

Pour amorcer la rentrée littéraire 2021, les éditions du Rouergue ont dévoilé un nouveau album jeunesse : La Princesse rebelle se dévoile, scénarisé par Guillaume Guéraud et illustré par Henri Meunier. À travers l'incarnation de cette princesse fougueuse, les parents sont invités à amener leurs enfants - filles et garçons, bien entendu - à déconstruire pas à pas les constructions traditionnelles autour du genre. Loin de vouloir se positionner explicitement et uniquement comme un livre politique, les auteurs cherchent avant tout à donner la force à leurs jeunes lecteurs de devenir les maîtres de leur destin. 

07/10/2021, 17:08

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Se perdre dans Blizzard, pour mieux se retrouver

Alaska. Une tempête effroyable – et un garçon égaré. Il n’a fallu qu’une minute, le temps pour Bess de refaire son lacet, et le voilà disparu au cœur de ce blizzard impétueux. L’espoir de le retrouver est infime. Pourtant, elle n’hésite pas et se lance à sa recherche, désespérée, suivie de près, sans le savoir, par les autres protagonistes de ce roman tissé avec justesse par Marie Vingtras.

07/10/2021, 15:58

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Jacques Schiffrin, ou l’édition hissée au rang des beaux-arts

Alors que sort ce 7 octobre, L'Espèce humaine et autres écrits des camps dans la plus prestigieuse des collections française, la Pléiade, Amos Reichman publie au Seuil le même jour, une biographie du créateur de la collection, Jacques Schiffrin. Ce juif russe adopté par la France sera lui-même victime de cette époque tragique. Sacrifié par une France défaite et pour beaucoup, antisémite, il restera un éternel apatride et un éditeur qui tenta de hisser son métier au sommet.

 

07/10/2021, 08:10

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Je connais peu de mots : Elisa Sartori interroge plus que le langage

Une femme exprime les difficultés d’apprentissage d’une langue étrangère. Mais à travers ces confidences d’une gêne de communication, il nous semble qu’Élisa Sartori raconte autre chose, qu’un récit enchâssé se love dans ces images, un drame ineffable, beau, profondément intime et éminemment visuel.

06/10/2021, 15:13

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Le dessinateur Vincent Mallié s'empare des aventures d'Arsène Lupin

BONNES FEUILLES – Découvrez les aventures d’Arsène Lupin, le plus téméraire des cambrioleurs, dont les seules armes sont l’esprit et l’audace ! Dans ces neuf nouvelles, il réalise d’incroyables tours de passe-passe pour voler les bourgeois. Jamais vraiment le même, toujours différent, Arsène Lupin est insaisissable ! 

05/10/2021, 11:34

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Banana Fish, les mots qui tuent

Banana Fish. C’est la dernière chose qu’a dite ce soldat américain au Vietnam, après avoir disjoncté et tué trois de ses camarades, et juste avant qu’on perde sa trace. 12 ans plus tard, ces mots refont surface. Le jeune chef de gang Ash Lynx les entend d’un homme qu’on assassine dans une ruelle. Et plus Ash cherchera à comprendre, plus le mystère s’épaissira. Dans le même temps, l’étau de la mafia se resserre sur lui… 

05/10/2021, 10:16

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Vertèbres : ne pas confondre philanthropie et lycanthropie 

« Vous qui venez ici dans une humble posture », chantait le poète. Oui, n’en déplaise aux commentateurs chafouins, j’aime bien Musset... Le poète chantait, donc, mais n’avait pas conscience ce que sa fulgurance poétique aboutirait, deux cents ans et quelques brindilles plus tard, au roman de Morgane Caussarieu. Et comme l’époque est à l’injonction de « faire ses propres recherches », les miennes m’ont conduit en ces territoires…

05/10/2021, 09:18

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Les ombres du passé de Gabriel Zallas  

Une heure du matin, un coup de téléphone mystérieux sur le portable de Bernard sonne et le réveille. Un bref échange de phrases avec son interlocutrice, une attitude inhabituelle qui l’intrigue mais, demain, finies les vacances, il est prévu qu’il parte prendre son avion tôt le matin. Sa nuit sera courte… et agitée. 

04/10/2021, 15:48

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La maison des Kalonoros de Gabriel Zallas 

Dans le nord de Madagascar, dans la région Diana, une petite municipalité en plein développement, où l’on y trouve de l’or, des pierres précieuses et surtout, on y cultive la vanille, cet « or vert ». Ses richesses naturelles attirent bon nombre d’aventuriers, y compris des astrologues, guérisseurs, marabouts, etc., surtout à Sengolaka, à quelques kilomètres avant l’entrée de la ville.

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