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Notes de voyages : "Tristes tropiques", de Claude Lévi-Strauss

« Je hais les voyages et les explorateurs » : ceux qui ont connu cet été, cher Hervé, les moustiques dingues, les méduses sur les plages, les colibacilles dans la salade, l’artisanat local industriel, les bouchons sur les autoroutes, les nuits d’attente à la gare Montparnasse, les bagarres d’aéroport, les flammes léchant le camping, les locations bancales et les notes salées souscriront à cette déclaration désabusée qui ouvre Tristes tropiques.

Le 29/10/2017 à 09:00 par Les ensablés

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29/10/2017 à 09:00

Les ensablés

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Pour ma part, je suis resté à la maison et je me suis dépaysé en lisant ce grand livre de Claude Lévi-Strauss. Ce n’est pas un roman, mais à sa parution, en 1955, les jurés Goncourt ont songé à lui décerner leur prix, tant l’ouvrage est divers, coloré, humain, et trempé dans une prose tantôt chirurgicale, tantôt luxuriante.

Par Laurent Jouannaud

On ne brûle que ce qu’on a adoré et Claude Lévi-Strauss déteste les voyages après avoir voyagé loin et longtemps. Son livre nous conduit au Brésil, mais aussi en Inde, au Pakistan, aux Antilles, à New York. Jeune agrégé de philosophie, alors qu’il s’ennuie en lycée, on lui propose en 1934 d’aller enseigner la sociologie à l’Université de Sao Paulo et de faire accessoirement de l’ethnographie : « Les faubourgs de Sao Paulo sont remplis d’Indiens, vous leur consacrerez vos week-ends. »  Mais il n’y a pas de vrais Indiens en ville. S’il y en a encore quelque part, c’est en Amazonie. Robinson part dans la jungle à la recherche de Vendredi. C’est le Mato Grosso, la « grande brousse », sur le pourtour du bassin amazonien.

Lévi-Strauss raconte ses quatre années d’aventure au cœur du Brésil. Il y a des pistes où les camions s’ensablent ou s’enlisent. « Mais toujours domine une impression d’immensité : le sol est si uni, les pentes si faibles que l’horizon s’étend sans obstacles jusqu’à des dizaines de kilomètres : une demi-journée se passe à parcourir un paysage contemplé depuis le matin, répétant exactement celui traversé la veille, de sorte que perception et souvenir se confondent dans une obsession d’immobilité. » Ailleurs, on avance à cheval : « Je me rappelle seulement des heures de chevauchée saccadée par l’amble de nos montures. » Il y a des crocodiles, des termites, des piranhas, des serpents (« nous entendîmes un froissement : c’était un boa long de sept mètres que notre conversation avait réveillé »), ou des oiseaux qu’on peut toucher car ils n’ont jamais vu d’hommes et n’ont pas peur. La forêt inspire des pages magnifiques : « Vue de l’intérieur, cette masse confuse devient un univers monumental », à plusieurs degrés, depuis le sol jusqu’ « aux étages aériens », « vastes coupoles, tantôt vertes, tantôt effeuillées, mais alors recouvertes de fleurs blanches, jaunes, orangées, pourpres ou mauves ».

Il y a des fleuves dont le moindre a déjà 100 mètres de large, ou des rapides qu’il faut franchir à pied : on décharge, on sort la pirogue de l’eau, on la transporte à la main après les rapides, on transporte les bagages, on recharge, on repart sur le fleuve, jusqu’au prochain rapide. Avant la nuit, on défriche un coin de forêt pour bivouaquer, on sort les hamacs et Lévi-Strauss cale les pans de sa moustiquaire avec son revolver, comme dans un roman de Malraux. Parfois on dort allongé par terre, comme les indigènes, ou appuyé à un tronc d’arbre sous la pluie battante, ou sur un monceau d’épis de maïs qui fournissent une couche confortable : « Tous ces corps oblongs glissent les uns contre les autres et l’ensemble se modèle à la forme du dormeur. » On mange ce qu’on a emporté : bolachas (pain de farine sans levain agglomérée avec de la graisse). On mange ce qu’on trouve en chemin, du singe, par exemple : « Il suffit d’une balle dans leurs troupes bondissantes pour abattre à coup presque sûr une pièce de ce gibier ; rôtie, elle devient une momie d’enfant aux mains crispées, et offre en ragoût la saveur de l’oie. »  Il y a les bananiers sauvages, appelés pacovas, ou les noix du Brésil, les toquais, grosses noix triangulaires, à pulpe laiteuse et bleutée. Ou les koros, « larves pâles qui pullulent dans certains troncs d’arbre pourrissants. » On boit l’eau des marais, et le maté « qui contient un alcaloïde analogue à ceux du café, du thé et du chocolat, mais dont le dosage explique peut-être la vertu apaisante en même temps que revigorante ». Pour aller chez les Nambikwara, l’expédition utilise des bœufs pour le transport du matériel ; ils ont chacun un nom : Piano, Chicolate, Taruma, Lavrado, Salino, Rochedo, Motor, etc., Lévi-Strauss égrène leurs 29 noms. Il aime les animaux : Lucinda, un petit singe femelle, s’est entichée de lui et s’accroche définitivement à sa botte gauche lors de son expédition chez les Tupi-Kawahib ; il la ramènera en France.

 Le but, c’est de rencontrer des tribus sauvages : « Dans quel ordre décrire ces impressions profondes et confuses qui assaillent le nouvel arrivant dans un village dont la civilisation est restée relativement intacte ? » Ces tribus ont pour nom Caduvéo, Bororo, Nambikwara, Mundé, Tupi-Kawahib, et elles sont dans cet ordre d’éloignement, du sud du Brésil jusqu’aux confins de l’Amazonie. Il ne s’agit pas de faire de l’ « ethnologie du dimanche ». A 500 km de Sao Paulo, au fleuve Parana, il y a déjà des Indiens, mais « à ma grande déception, les Indiens du Tibagy n’étaient donc, ni complètement des vrais indiens ni, surtout, des sauvages ». Il faut aller plus loin, toujours plus loin. Lévi-Strauss croise pas mal d’Indiens en chemin, mais ce sont des Indiens depuis longtemps en contact avec les immigrants européens.

Ces peuples fascinent Lévi-Strauss. « Adorable civilisation », dit-il en parlant des Caduvéo. Ce n’est pas un mot d’ethnologue mais le mot d’un homme qui s’incline devant ses frères. L’auteur déplore que les différences entre individus, entre cultures, au lieu de susciter le respect de l’autre suscitent des hiérarchies et des classements. Lévi-Strauss observe et analyse : « Chez les Bororo, je m’étais convaincu de l’exceptionnel degré de raffinement, sur le plan sociologique et religieux, de tribus considérées jadis comme dotées d’une culture très grossière. » Il voulait  rencontrer « les premiers habitants du Brésil, qui auraient été soit oubliés au fond de leur brousse, soit refoulés peu de temps avant la découverte ». Il ne les trouvera pas : l’être humain forme toujours déjà une société avec ses règles. « Il manque l’empreinte de Vendredi ». Les groupes qu’il a rencontrés, divers par leur physique et leurs dialectes, résolvent de façon différente la question politique (chef, pas de chef) ou la question sexuelle (polygamie, famille nucléaire, homosexualité). L’homme est partout divers. Il n’y a pas de premier homme, pas d’enfance de l’humanité. C’est comme le Big-Bang, mon cher Hervé, il recule sans cesse, il y a certainement quelque chose avant.

Tristes Tropiques, ce ne sont pas uniquement les aventures d’Indiana Jones. L’auteur se livre évidemment à quelques savantes analyses structuralistes sur les sociétés indiennes. Les motifs de décoration obéissent à « un dualisme qui se projette sur des plans successifs comme dans un salon de miroirs : hommes et femmes, peinture et sculpture, représentation et abstraction, angle et courbe, géométrie et arabesque, col et panse, symétrie et asymétrie, ligne et surface bordure et motif, pièce et champ, figure et fond. » La disposition des cases d’un village ne se fait pas au hasard mais correspond aux relations de parenté. Il y a la description minutieuse des lois du mariage entre membres des tribus, ou celle des rapports complexes entre morts et vivants. Il y a des croquis explicatifs. Il y a la reproduction à la main des motifs qui illustrent les murs des cases, ou celle des divers empennages des flèches, ou celle des décorations sur cuir ou sur poteries. Il y a la description précise de telle ou telle préparation culinaire. On voit comment sont construites les cases, rondes ou carrées, avec toit en pente ou sans pente, avec cloison fixe ou mobile. Il n’y a pas grand-chose à décrire au point de vue vestimentaire. Les indiens sont le plus souvent nus, avec parfois un pagne, ou une sorte de châle sur les épaules. Sauf l’étui pénien pour les mâles, dont Lévi-Strauss décrit en détail la confection : « Les deux côtés d’une feuille fraîche de bananier furent arrachés de la nervure centrale et débarrassés du rebord extérieur coriace, puis pliés en deux dans le sens de la longueur. En imbriquant les deux pièces (d’environ sept centimètres sur trente centimètres) l’une dans l’autre, de façon que les pliures se rejoignent à angle droit, on obtient une sorte d’équerre faite de deux épaisseurs de feuille pour les côtés, et de quatre au sommet où les deux bandes s’entrecroisent ; cette partie est alors rabattue sur elle-même selon sa diagonale et les deux bras coupés et jetés, si bien que l’ouvrier n’a plus entre ses mains qu’un petit triangle isocèle formé de huit épaisseurs ; celui-ci est arrondi autour du pouce, d’avant en arrière, les sommets des deux angles  inférieurs sont sectionnés et les bords latéraux cousus à l’aide d’une aiguille de bois et de fil végétal. » J’ai l’impression que l’auteur s’amuse avec le lecteur ! En tout cas, la sexualité ne semble pas plus naturelle là-bas qu’ici.

Tristes Tropiques, c’est un fourre-tout. L’auteur y raconte comment, démobilisé après l’armistice de 1940, révoqué de l’Education nationale parce qu’il est juif, il a décidé de quitter la France, avec la grosse malle où il a gardé les notes qui vont lui servir à écrire sa thèse et, un jour, Tristes Tropiques ; c’est son seul bagage, qui éveille partout la méfiance. Lévi-Strauss nous fait réfléchir : « Un voyage s’inscrit simultanément dans l’espace, dans le temps et dans la hiérarchie sociale.» En changeant de pays, nous changeons d’année : certaines régions sont le passé des nôtres, ou leur avenir. Pauvres ici, nous sommes riches  et donc puissants là-bas, ce qui rend impossibles « la bonne foi, le sens du contrat, la capacité de s’obliger. » Lévi-Strauss a déjà la claire conscience du prix que notre civilisation fait payer aux autres cultures : « L’ordre et l’harmonie de l’Occident exigent l’élimination d’une masse prodigieuse de sous-produits maléfiques dont la terre est aujourd’hui infectée. Ce que d’abord vous nous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité. »

 Lévi-Strauss perçoit que l’unification, la mondialisation, sont en marche. C’est une tendance profonde. Les différences entre populations ne sont que l’effet d’un retard qui sera bientôt comblé : « Quand il était encore jeune, le plus Ancien monde esquissait déjà le visage du Nouveau. Je me méfie donc des contrastes superficiels et du pittoresque apparent ; ils tiennent parole trop peu de temps. Ce que nous nommons exotisme traduit une inégalité de rythme, significative pendant le laps de quelques siècles. » La vie urbaine  semble notre destin depuis déjà Babylone et Athènes.

Les indiens vivent en se pliant à leur environnement : nous voulons transformer le nôtre et dépasser les limites naturelles. Lévi-Strauss s’interroge : « Quelles usures, quelles irritations inutiles ne nous épargnerions-nous pas si nous acceptions de reconnaître les conditions réelles de notre expérience humaine ? » Se plier aux limites ou les dépasser ? Vaincre la nature ou s’y soumettre ? Vaste question.

Il y a des réflexions passionnantes sur Rousseau (j’aimerais relire Les Confessions, mais c’est si long !) et des remarques étonnamment actuelles sur l’Islam, une religion qui ne se laisse pas faire. Il y a un éloge de la montagne « à vaches », qu’on parcourt à pied, sans équipement. Je retiens les réflexions de l’auteur sur l’écriture. Dans cette technique géniale qui a permis à la science de grandir en se sédimentant, l’auteur voit la matrice du pouvoir absolu : « Si mon hypothèse est exacte, il faut admettre que la fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l’asservissement. L’emploi de l’écriture à des fins désintéressées, en vue de tirer des satisfactions intellectuelles et esthétiques, est un résultat secondaire, si même il ne se réduit pas le plus souvent à un moyen pour renforcer, justifier ou dissimuler l’autre. » Et j’ai relevé, cher Hervé, cette notation qui me rend un peu triste : les Nambikwara n’ont qu’un mot pour dire joli et jeune, et un autre pour dire laid et vieux.

 En fouillant sur YouTube, je suis tombé sur une interview de Lévi-Strauss par Pivot. Lévi-Strauss explique qu’il a commencé à rédiger en 1939, après ses aventures amazoniennes, un roman, intitulé Tristes Tropiques. Il a vite compris qu’il n’avait pas assez d’imagination pour être romancier. Il a abandonné. Quinze ans plus tard, sur un coup de colère, il écrit en 4 mois un livre protéiforme et lui donne le titre pressenti pour sa tentative romanesque avortée. C’est avec lui que j’ai fait au mois d’août, chez moi, tous les matins, un grand voyage dans l’espace et dans le temps, sans moustiques ni boa. C’est le miracle de la littérature.

P.-S. :

1) Après ce livre, Claude Lévi-Strauss a encore beaucoup voyagé ! On ne se refait pas.

2) Appâté, j’ai commencé à lire une  biographie de Claude Lévi-Strauss : Emmanuelle Loyer, Lévi-Strauss, Flammarion, 2015. Passionnant.

Par Les ensablés
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À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Les Ensablés - Le Poil de la bête de René-Jean Clot

Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête  de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel

01/12/2024, 09:00

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Les Ensablés - Jabadao (1951) de Anne de Tourville

Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville  (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat

11/11/2024, 09:40

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Les Ensablés - L'invitation chez les Stirl, de Paul Gadenne

La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Assurbanipal ou l’apogée de l’empire assyrien

Un livre en appelle souvent un autre. C’est en lisant Les fleuves du ciel d’Elif Shafak (Flammarion) que j’ai eu envie d’en savoir plus sur le roi d’Assyrie, Assurbanipal. Et comme si j’avais été écoutée, les éditions Perrin viennent de sortir sa biographie, Assurbanipal. Le roi assyrien derrière la légende de Sardanapale, signée par l’historienne de l’Antiquité, spécialiste de latin, de grec, d’hébreu, d’araméen et d’akkadien, Josette Elayi.

06/03/2026, 16:38

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Ce qu’il nous reste à aimer : un premier roman qui ose regarder la fin de vie en face

Dans la littérature contemporaine, la maladie surgit souvent comme un révélateur brutal : elle fissure les existences trop lisses et oblige les personnages à regarder leur vie en face. Dans Ce qu’il nous reste à aimer, Camille Dupuis s’inscrit dans cette tradition, mais avec un ton mordant et une ironie sociale qui déplacent le récit vers un territoire plus acide, presque inconfortable. Ici, la fin annoncée devient surtout un laboratoire des illusions familiales et des vies bien rangées.

06/03/2026, 16:04

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Pourquoi avons-nous l’impression de subir nos vies ?

Reçue par le Premier ministre espagnol et décorée de l’Ordre du Mérite civil, Gisèle Pélicot ne se contente pas de passionner les Français : pour sa deuxième semaine, elle confirme sa place de numéro 1 des ventes sur la période du 23/02 au 01/03, avec 37.840 exemplaires supplémentaires, portant son total à 97.938 ventes pour Et la joie de vivre (Flammarion).

06/03/2026, 12:55

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Le jour où une star du cinéma devient invisible

Ce qui est arrivé à la célèbre actrice blonde, nouveau roman de Stéphane Carlier, paraîtra le 2 avril 2026 aux éditions du Tripode. Le livre imagine la journée déroutante d’une immense star du cinéma français qui, du jour au lendemain, se réveille dans le corps d’un homme ordinaire et voit soudain son statut, son entourage et son identité lui échapper.

06/03/2026, 07:26

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Venise 1934 : le face-à-face Mussolini-Hitler au cœur du nouveau roman de Fabiano Massimi

Le Pacte de Venise, roman de Fabiano Massimi traduit de l’italien par Renaud Temperini, paraîtra aux éditions Albin Michel le 2 avril 2026. Situé à Venise en 1934, au moment de la première rencontre publique entre Benito Mussolini et Adolf Hitler, le livre mêle intrigue politique et enquête autour d’une affaire liée à l’intimité du dictateur italien et au destin d’une femme longtemps effacée de l’histoire.

05/03/2026, 18:38

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Yvonne Jean-Haffen : la peintre bretonne sort enfin de l’ombre

05/03/2026, 18:01

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Un survivant revient vingt ans après un massacre familial

Litta est une petite île des Hébrides où les moutons sont plus nombreux que les habitants. On n’y trouve qu’une école, une unique route et quelques maisons éparses. Dans un lieu aussi isolé, les événements marquants ne passent jamais inaperçus. 

05/03/2026, 12:28

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Arrêter de fumer ? C’est facile ! (non)

KO la clope – À notre santé, album scénarisé par Jérôme Derache et dessiné par Juan, paraîtra le 1er avril 2026. L’ouvrage suit un groupe d’amis qui décident d’arrêter la cigarette et tentent, chacun à leur manière, de surmonter les difficultés du sevrage.

 

05/03/2026, 09:03

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L'inventaire des rêves

05/03/2026, 09:00

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Des personnalités sont tuées par l’explosion de leur smartphone

Le roman Morts à l’appel, signé par Denis Dommel et publié aux Éditions de l’Aube, paraîtra en librairie le 3 avril 2026. Ce premier livre suit une journaliste spécialisée dans les affaires criminelles confrontée à une série de morts inexpliquées : des personnalités sont tuées par l’explosion de leur smartphone, une affaire sensible que les autorités tentent d’étouffer tandis qu’une enquête s’engage pour en comprendre l’origine.

05/03/2026, 07:21

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Le nouveau Aurélie Valognes : découvrez un extrait inédit de son roman

« Ambre, ma fille, viens. La vie vaut la peine d’être vécue. » Derrière une vitre de maternité, Camille s’adresse à son enfant et lui esquisse une promesse : une existence à deux faite de douceur, de nature et de poésie. Dans L’émerveillement, Aurélie Valognes installe d’emblée ce lien fragile et puissant, au cœur d’un récit où l’amour filial se construit dans la patience, l’attention et la découverte du monde. 

04/03/2026, 18:33

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L’odeur du graillon : Rémi Letourneur fait entrer les quartiers populaires en poésie

La poésie qui décrit le réel à sa racine n’est pas forcément une poésie dépourvue de lyrisme : Rémi Letourneur en donne un merveilleux exemple.

04/03/2026, 15:18

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Dan Simmons : Hypérion et Endymion, la saga qui a marqué l’histoire de la science-fiction

L’écrivain américain Dan Simmons (Daniel Joseph Simmons) est décédé le 21 février 2026 à Longmont, dans le Colorado, à l’âge de 77 ans, avec son épouse Karen et sa fille Jane à ses côtés. Mesurer ampleur de son œuvre revient à comprendre qu'il a traversé traverse science-fiction, horreur et fiction historique. Mais deux cycles se dégagent malgré tout nettement : Hypérion et Endymion.

04/03/2026, 13:17

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Where’s Molly : le sombre thriller de H.D. Carlton qui hante les forêts de l’Oregon

« Molly Devereaux est portée disparue depuis plus de deux semaines, et la police est toujours à la recherche de la jeune fille qui semble s’être volatilisée dans la nature. Le monde a besoin de savoir… Où est Molly ? » Le roman de Carlton H.d. sortira en France ce 16 avril, traduit par Juliette Bernaz. Si vous n'avez pas envie d'attendre...

04/03/2026, 08:00

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Peaux à peaux : Melanie Page explore la maternité dans son premier roman

Peaux à peaux, premier roman de Melanie Page, paraîtra le 2 avril 2026 chez Albin Michel et explore, à travers une narration polyphonique, les multiples visages de la maternité, entre bouleversement intime, doutes et élans de vie.

04/03/2026, 07:30

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Héritage, mensonges et luttes de pouvoir dans une saga entre Paris et Venise

Le Pacte des Héritières, Livre I – Alina, de Lucie Castel, paraît chez Talent Éditions le 1er avril : ce premier volet d’une saga familiale suit une jeune femme sans attaches qui, après avoir perdu son emploi à Paris, se rend à Venise à la suite d’une invitation énigmatique et découvre un univers dominé par les secrets, les rivalités et les luttes de pouvoir.

04/03/2026, 07:00

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Green Lantern sans anneau ni Corps : le vert se transforme en cauchemar (et ça tient)

Dans l’« Absolute Universe » de DC, Green Lantern a changé de nature : plus de Corps, plus de bague, plus de protocole. L’éditeur affiche la rupture avec entrain jusqu'à faire disparaître la volonté, seule à même de guider la lumière verte. Et de confier l’arc d’ouverture à Al Ewing et Jahnoy Lindsay, ce dernier assurant aussi la couleur et la couverture.

03/03/2026, 12:53

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Je parle pas la langue

03/03/2026, 09:00

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Inside Mac : une étudiante en art infiltre un cartel pour venger son père

Dans Inside Mac, tome 1, Eléa, 25 ans, intègre les Stups de San Francisco pour venger son père, abattu par le chef d’un réseau criminel signé « MAC ». Sous couverture d’étudiante aux Beaux-Arts, elle infiltre un cercle de jeunes privilégiés afin de remonter jusqu’au trafiquant insaisissable, dont nul ne connaît le visage. Sa haine guide une mission où se mêlent danger et attirance trouble.

03/03/2026, 07:30

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Black Sword : Anna Triss revisite La Belle et la Bête façon dark romance…

Relecture sombre du célèbre conte de fées, Black Swords suit Beast, tueur à gages et chef d’une unité criminelle, lié par serment à sa nièce Belle. Après la mort du père, il veille sur elle dans l’ombre. À Memphis, l’adolescente est trahie par sa mère toxicomane et vendue aux enchères clandestines. Plongée dans un trafic humain, elle affronte un univers d’une violence extrême. 

03/03/2026, 07:00

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Une certaine tristesse : l’enfance parle quand les adultes se taisent

Dans Une certaine tristesse, Mattis Savard-Verhoeven confie le récit à Noé, enfant qui parle en continu, s’adresse à « vous », et transforme la confession en écriture. 

02/03/2026, 12:41

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Sissi n’existait pas : derrière Romy Schneider, le conte de fées s’effondre

Sissi n’existe pas : dès l’ouverture, Laurène Vernet pose un principe de démystification et l’érige en fil conducteur. Elle attaque d’emblée le nom, le surnom, puis l’imagerie : « Elle n’est qu’une projection. » À paraître le 22 avril. 

02/03/2026, 12:40

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“À quoi bon ?” : le livre qui démonte les illusions du développement personnel

À quoi bon ? d'Olivier Dhilly s’ouvre sur un diagnostic de crise — politique, géopolitique, climatique, démocratique — et relie ces fractures à une perte de repères et à un basculement du rapport collectif au vrai, dont la « post-vérité » devient un symptôme. Dès l’entrée, l’essai place la question du sens sous le signe de Nietzsche, qui fournit la matrice du livre : « Que signifie le nihilisme ? Que les valeurs supérieures se déprécient. Les fins manquent ; il n’est pas de réponse à cette question : “À quoi bon ?”. »

 

02/03/2026, 12:08

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Stig Dagerman : La rage d’être libre

Pourquoi faut-il absolument (re)lire Notre besoin de consolation est insatiable, de Stig Dagerman (trad. Philippe Bouquet et Alain Gnaedig) ? Avant même de méditer leur contenu, la transparence, l’éclat et le rythme de certaines écritures captivent le regard du lecteur par l’inoubliable souffle de liberté qu’elles charrient. La vitalité du texte libère les idées et ouvre le chemin des possibles. Et c’est bien le cas du travail de l’écrivain suédois.

02/03/2026, 11:58

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Un pompier découvre combien l’argent... brûle les doigts

À Locksburg, petite cité minière de Pennsylvanie, les bonnes intentions ne suffisent pas à sauver les âmes — et l’enfer n’est jamais très loin.

02/03/2026, 07:00

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Une jeune femme face à un patron despote : la saga italienne du printemps

Après le succès de La Porteuse de lettres, couronné par le prix Bancarella, Francesca Giannone revient avec un roman d’amour bouleversant, porté par un puissant portrait de femme.

02/03/2026, 06:00

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Un bébé “en trop” dans une crèche parisienne, le thriller

Le roman Un de trop, signé Charlotte Mercy, paraîtra en librairie le 9 avril 2026. Dans la plupart des enquêtes criminelles, tout commence par une disparition : mort suspecte, enlèvement, personne portée disparue… Mais que se passerait-il si l’histoire commençait par un personnage en trop ?

01/03/2026, 08:30

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Un hôtel de luxe contraint d’accueillir l’ennemi 

En 1942, au cœur des Appalaches, June Hudson dirige l’un des plus prestigieux hôtels-spa d’Amérique du Nord. L’Avallon, propriété de la puissante famille Gilfoyle, semble jusqu’alors protégé du fracas de la Seconde Guerre mondiale qui déchire l’Europe.

01/03/2026, 08:00

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Les certitudes

01/03/2026, 07:30

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La médecine au féminin à travers les siècles

Dans un village du duché de Savoie, la veuve Catherine est celle vers qui l’on se tourne pour soulager les douleurs et apaiser les corps. Mais lorsque l’épidémie qui ravage les hameaux lui échappe, la guérisseuse est frappée par un destin tragique dont les répercussions traverseront les siècles.

01/03/2026, 07:00

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Bernardo Valli : quand le reportage devient littérature

La Booksletter rassemble, chaque semaine, une sélection d’articles où l’actualité se lit à travers les livres : biographies, essais, enquêtes, sciences, idées politiques, culture visuelle. Le format privilégie des entrées thématiques nettes, des références bibliographiques immédiates et des liens de lecture directs. L’ensemble compose une revue de repères, conçue pour relier faits, concepts et œuvres, sans passer par les résumés paresseux ni les angles interchangeables. 

28/02/2026, 10:00

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Pınar Selek : un roman pour raconter l’Istanbul sous dictature

À Istanbul, dans le quartier populaire de Yedikule, plusieurs trajectoires se croisent entre 1980 et 1999. Quatre jeunes grandissent dans une Turquie secouée par le coup d’État militaire, la répression politique et de profondes fractures sociales. Leurs vies, façonnées par les rêves de liberté, les élans révolutionnaires et les désillusions de l’exil, se déploient au rythme des bouleversements du pays.

28/02/2026, 08:00

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Elfriede Jelinek règle ses comptes avec l’argent et l’Histoire

Partant du prétexte d’un contrôle financier dont elle fait l’objet, Elfriede Jelinek construit un texte qui tient à la fois de la réponse à un interrogatoire, du réquisitoire, du plaidoyer et d’un portrait sans concession de la société capitaliste.

28/02/2026, 06:00

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William

27/02/2026, 16:45

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Le Corset : qu’existe-t-il derrière le silence ?

« Empêche-la… Elle va finir comme ma mère. » Alors qu’il vit ses derniers instants, le grand-père de Vilma lui adresse ces quelques mots. Comme une malédiction. Une sentence contre laquelle elle ne peut pas se défendre, d’autant qu’elle ne la comprend pas. 

27/02/2026, 16:43

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Underdogs : de la ferme béarnaise aux palaces new-yorkais, la revanche des humiliés

Il ne faut pas galvauder le mot chef-d’œuvre. Il ne faut pas bouder son plaisir non plus. Quand il s’en présente un, tâchons de le célébrer – comme avec cet Underdog tombé du ciel, ou plutôt de la plume d’un auteur encore méconnu, Bruno Marsan, que la quatrième de couverture nous présente comme originaire du Sud-Ouest. Il aurait vécu beaucoup de choses racontées dans le roman… Ce qui n’est pas rien, quand on découvre l’odyssée du narrateur. Par Aymeric Patricot.

27/02/2026, 16:02