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Les Ensablés – “Souvenirs d’un vieux Romain” de Pierre de Nolhac

Chers lecteurs des Ensablés, nous avons le plaisir de vous annoncer qu'Antoine Cardinale nous livrera désormais régulièrement ses chroniques sur les historiens d'art oubliés du vingtième siècle, dont la qualité des contributions remarquables ont été à la fois historiques et littéraires. Il a bien voulu nous envoyer ce petit texte d'introduction qui nous explique ses intentions:

Le 03/06/2018 à 09:00 par Les ensablés

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03/06/2018 à 09:00

Les ensablés

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« Que le public considère la qualité du sujet et la pureté de mon intention, qui ne fut pas de chercher la gloire de l’écrivain, mais de célébrer le génie et de raviver le souvenir [de ceux dont] les noms et les œuvres ne méritaient pas d’être, comme ils l’étaient, engloutis par la mort et l’oubli »b (Giorgio Vasari 1550).

Les historiens d’art ont toujours éprouvé une difficulté certaine à trouver leur place : leur sensibilité, si naturelle lorsque l’objet ressort de la création artistique ne trouve pas grâce aux yeux du positivisme scientifique ; les partisans de l’histoire sociale vomissent leur esthétisme ; les artistes eux-mêmes ont toujours vu avec méfiance les historiens entrer dans leurs ateliers.

Antoine Cardinale s’efforcera à sa manière de rester dans la ligne de l’auteur des Vies : « les noms et les œuvres » des figures qu’il évoquera sont ceux de savants, de connoisseurs et d’écrivains. On espère que Les Ensablés leur seront un havre et qu’enfin, Vasari et sa descendance auront trouvé leur public.

Les Ensablés – « Souvenirs d’un vieux Romain » (1922) de Pierre de Nolhac (1859-1936), par Antoine Cardinale

Je tiens entre les mains « Souvenirs d’un vieux Romain » de Pierre de Nolhac, dans l’édition originale de 1922. Cet exemplaire est dédicacé par l’auteur à Henri Bordeaux et cette dédicace évoque un ami commun [pour Henry Bordeaux / qui y retrouvera Maurice Faucon], dont nous reparlerons je l’espère ensemble, un jour. Le livre n’est pas coupé, dont il faut conclure et déplorer que personne ne l’a ouvert ni lu. Je vous propose d’en couper les pages ensemble : celui qui révolutionna Versailles redonne vie pour nous à un jeune homme dont « la jeunesse est là-bas, près du Tibre latin », et par là, à la parenté italienne de l’art français.

« Laissez en paix ce musée ! »

Le jeune homme qui revient d’Italie en 1887 après y avoir passé neuf années se présente à Paris au concours du Cabinet des Estampes. Il y est fort mal préparé, étant plus versé dans l’humanisme de la Renaissance italienne que dans les procédés de la gravure : il échoue. Il doit trouver une situation : un poste se libère à Versailles et un ami lui glisse : « C’est fort peu payé, mais on est logé et l’air est bon ! ». Il se décide pour cette sinécure dirigée par un conservateur qui n’entend rien changer et ne surtout pas réveiller ce château et l’avertit sèchement : « Ecrivez des livres si cela vous amuse mais laissez en paix ce musée qui n’intéresse personne.Je n’ignore pas les richesses que nous avons ; mais il n’est aucun moyen de les mettre en valeur ; croyez-moi, n’en ébruitons pas l’existence ! ».

Il ne prêtera attention ni aux nonchalants conseils de l’un, ni aux ordres de l’autre.

On écarquille les yeux en lisant ce qu’était alors le palais des rois de France . Emile Zola en fit la visite en 1874 et prédit avec jubilation que « le château croulera dans un dernier hoquet du vent » . Et en effet ce n’est alors plus rien qu’une immense bâtisse à l’abandon, dépouillée depuis longtemps de son mobilier, de ses tableaux même, au milieu d’un parc que la nature reprend à l’art.

Dans les attiques, glacés en hiver, brûlants l’été, pourrissent les Nattier et les Largillière ; les grands tableaux de Van der Meulen, déplacés, ont été élargis par d’immenses ciels hideux  ; outils et sacs de plâtre s’entassent dans ce qui fut les bains de Louis XV, sa merveille de cheminée de marbre rouge et ses bas-reliefs ; près du Grand Canal le grand bateau ponté de Marie-Antoinette pourrit dans un hangar ; dans un entrepôt que l’administration ne sait plus situer, s’abiment les grandes statues de Girardon et Coysevox ; ultime avanie, le conservateur  Charles Gosselin, ne peut empêcher le Louvre de s’emparer du Couronnement à Notre-Dame de David.

Une Société départementale des amis des Arts a pris possession des appartements du Dauphin ; au rez-de-chaussée on a improvisé un temple protestant, juste revanche sans doute de l’abolition de l’Edit de Nantes ! Un colonel occupe les petits appartements de Louis XV et dans sa salle à manger aux délicats vernis Martin graillone et fume un vilain fourneau en fonte ; un autre s’est annexé la bibliothèque de Mme du Barry ; cent fonctionnaires, petits et grands, habitent au palais –il est si agréable de jouir d’un logement chez le Roi ! - en confient les clés à des amis, et s’y créent même à l’occasion de commodes garçonnières, ce qui donne lieu à des scènes de boulevard, les conservateurs croisant parfois au détour d’un couloir de jeunes et jolies personnes peu accordées au décor.

Aussi extraordinaire que cela paraisse, simple « Bâtiment civil », le Château n’est pas classé comme un Monument historique : c’est un palais de la République, qui ne sert que tous les sept ans, lorsque le Congrès se réunit pour élire le président de la République ; le parc sert de récréation municipale aux habitants de Versailles et accessoirement, le château abrite le musée que Louis-Philippe a créé en l’honneur des grandes figures de l’Histoire de France.

Le tournant du destin a lieu en 1891 : l’impératrice d’Allemagne souhaite visiter le Château. La République, née de la défaite de 1870, ne saurait lui faire l’honneur d’une visite officielle mais ne peut non plus s’offrir le luxe d’un affront diplomatique.  L’impératrice ne saurait prendre le temps d’un conservateur, on daigne affecter un jeune attaché à sa visite : ce sera le jeune Pierre de Nolhac ; il se tire de ce piège avec brio et tact, ravissant l’impératrice par sa déférence et son savoir, transformant ainsi le cauchemar diplomatique en triomphe républicain.

En sachant ne pas compromettre le gouvernement tout en lui en faisant revenir le mérite politique, son nom, dès l’année suivante, en 1892, est  marqué pour un avancement fulgurant au poste de conservateur en chef. Dans ce coup d’éclat, il signale les qualités qui feront de lui pour près de quarante ans, le « gouverneur de Versailles » : sens des relations publiques, habileté politique conjuguée à une passion pour l’art des dix-septième et dix-huitième siècles et une conception intransigeante de la conservation. Il va mettre tous ces dons au service de l’ambition immense de projeter le château dans ce vingtième siècle qui s’annonce.

Le gouverneur de Versailles

Pierre de Nolhac va se donner corps et âme à cette tâche : restituer au Château ses décors, son mobilier, ses jardins. Il faut pour cela rassembler des budgets administratifs, mobiliser les donateurs et à ces fins mobiliser l’opinion.

Pour commencer, il faut amadouer des ministres rendus nerveux par cette réhabilitation du palais des rois de France, il crée donc une salle de la Révolution où il fait accrocher le Marat de David et la Fête de la Fédération de Hubert Robert. Pour rallier le public américain et ses riches donateurs il procède à l’identique et ouvre une salle de l’Indépendance américaine autour des statues de Washington et du marquis de Lafayette par Houdon.

C’est une époque héroïque qui lui permet au prix de combats incessants contre la paresse administrative, les méfiances politiques et les perpétuelles controverses de rendre son éclat –et pour tout dire sa gloire- au Château. Comme il l’a souligné lui-même, les archives royales sont abondantes et laissent peu de zones d’ombres sur les architectures, les aménagements, les décors même ; pour bien faire il suffisait d’aller puiser à la source ce que ni les conservateurs précédents, ni les historiens eux-mêmes n’avaient daigné faire : Versailles avant de Nolhac avait dû se contenter de vivre à travers les erreurs de Dussieux -desquels ouvrages Pierre de Nolhac déclare avec sévérité que « rien n’y manque, sauf l’exactitude »-ou celles plus raffinées des Goncourt d’une part et les élucubrations et les légendes de Jules Michelet d’autre part.

Cette « reprise de Versailles sur le sentiment français » -comme l’évoquera Maurice de Régnier dans la Cité des Eaux, lequel compte avec Maurice Samain, la comtesse de Noailles et Montesquiou, parmi les grands auxiliaires littéraires de cette vogue- , Pierre de Nolhac en conduisit obstinément la vogue, persuadant au Faubourg Saint-Germain de consentir à partager avec la République l’éclat de cette résurrection, apprenant aux politiciens combien Versailles ajoutait à la gloire du « régime populaire ». La visite du tsar et de la tsarine en 1896 laissa à cet égard une trace profonde : en passant leur soirée dans les appartements même où, cent ans auparavant, la famille de France écouta la menace de l’émeute, il sembla qu’une faute avait été lavée et que du passé sanglant et triste renaissaient, fortes et joyeuses, Versailles et la patrie française.

Toutes les têtes couronnées d’Europe tenaient, par quelque ancêtre, à la famille royale. Dans le sillage du tsar, ils se pressent tous à Versailles. Pierre de Nolhac les y accueille, en fait publier dans les journaux les comptes-rendus et les bonnes histoires.

La reine d’Italie est éblouie par sa visite, promet « quelque chose » et rend généreusement un chef d’œuvre, le portrait de la duchesse de Bourgogne ; pour ne pas être en reste l’archiduc d’Autriche fait envoyer de magnifiques dessins tirés de l’Albertine ; Guillaume II lui-même fait rechercher dans ses châteaux et restituer les meubles portant l’étiquette « Cabinet de la Reine à Versailles » ; les familles royales d’Angleterre et d’Espagne bien sûr ; le roi Ferdinand de Bulgarie, qui rêva de ceindre la tiare impériale de Byzance ; et le plus savant d’entre tous, le grand-duc Nicolas Michaïlovitch  ; la princesse Mathilde et l’impératrice Eugénie ; le vieux duc d’Aumale quant à lui aime à contempler dans le salon des Batailles le tableau d’Horace Vernet dans lequel un jeune capitaine, qui lui ressemble assez,  emporte à la tête de ses chasseurs d’Afrique la smala d’Abd-el-Kader. 

Tous se piquent de reconnaître les lieux, sur la foi de traditions de famille ou de souvenirs lointains : le conservateur laisse dire et ne rectifie rien : il faut se garder de reprendre aux Grands la possession de l’Histoire. C’est l’époque où selon le mot d’Anatole France, jamais les savants ne furent plus aimables.

Toujours occupé mais exact, satisfaisant à toutes les obligations mais ordonné et précis dans son service, Pierre de Nolhac, sans déroger aux traditions de compétence et d’indépendance de son corps, su avec intelligence céder au plaisir d’être recherché : les modes qu’il lance, les grands personnages qu’il accueille, les fêtes auxquelles le Tout-Paris se presse, obéissent à une seule et obsessionnelle idée : sauver Versailles.

Il sut faire, sinon le « métier de l’Etat », en tout cas ce métier dans l’Etat, en tirer le parti le meilleur, et durer.

Il faut une fin et c’est l’Histoire qui se charge de la mise en scène. Le 28 juin 1919, Pierre de Nolhac conduit les délégués allemands à la signature du traité de paix. Les gardes républicains, sabre au clair pour rendre les honneurs aux déléguées des nations amies, ont reçu l’ordre de remettre au fourreau au passage des vaincus. « Je n’oublierai jamais l’ordre donné à notre approche et répété de salle en salle à mesure que nous avancions et le bruit que fait l’acier en rentrant au fourreau ».

Six mois après ce moment de gloire et d’humiliation qui contenait toutes les menaces de l’avenir, Pierre de Nolhac cédait sa place de conservateur à André Pératé.

Les Regrets

Son œuvre à Versailles fut essentielle ; mais il lui fallut, pour la mener à bien,  avant toute chose se créer une compréhension approfondie de l’œuvre que fut Versailles : il lui fut indispensable pour cela de reprendre le fil de l’art français depuis que Léonard, maître Roux, le Primatice et jusqu’au Bernin en personne firent connaître le miracle italien. Il lui fallut surmonter la mode, qui avec Ruskin interdisait de rien considérer au-delà de la mort de Raphael ; surmonter surtout l’enseignement officiel qui flétrissait l’école française du dix-septième siècle sous le nom d’académisme.

Car c’est dans ces dispositions d’esprit, c’est prisonnier de ces préjugés de mode et de formation que le jeune conservateur aborde le sujet devant Puvis de Chavannes. Le grand peintre laisse sévèrement tomber : « C’est un bien grand tort. Vous vivez parmi les chefs d’œuvre de l’art français et vous refusez de les connaître. Regardez-les et tachez de les comprendre ».

Mais comment le pouvait-il ? « Mon ignorance de l’art français était extrême. Quand l’écolier de province rencontrait Le Brun, Mansart, Girardon dans une page de Voltaire, ces noms ne lui disaient rien alors que toutes les figures du grand siècle étaient pour lui familières et respectées. On pouvait passer ses examens secondaires sans connaître le nom d’un artiste. Notre formation était de première main mais tendait à nous rendre dédaigneux de l’art de notre pays ».

Cet art français, si proche de la sophistication italienne et cependant plus juvénile, est plus juste dans l’élégance : d’une netteté remarquable d’exécution, pour reprendre l’expression de Walter Pater, plus adapté peut-être à l’art décoratif. Cet art français, en son inspiration italienne, qui était mieux placé que le jeune érudit qui passa neuf ans à la Vaticane pour en démêler le sens ?

Comment comprendre Lemoyne, Le Sueur, Le Brun bien sûr ;  comment  juger de l’émancipation de l’art français à partir de Watteau, comment en mesurer la tendance vers l’Antique qui fait de Boucher une parenthèse charmante, entre Lemoyne à David, mais une parenthèse qui ne résume pas l’art français du dix-huitième siècle ; comment sentir, concevoir et formuler ces vérités sans avoir à l’esprit les chefs d’œuvre de l’Italie ? Comment, en un mot ignorer les trésors de Rome, Florence et Naples quand il faut se pencher sur l’ambition de ceux, sculpteurs, doreurs, architectes et maîtres- maçons, peintres, ferronniers, fontainiers, qui voulurent « ravir à l’Italie le sceptre des arts ».

Car comme le souligne Voltaire, si le siècle de Louis XIV fut entre tous les âges d’or, celui qui approcha le plus de la perfection, c’est que ce temps-là naquit « au temps de la gloire de l’Italie », temps dans lequel, ajoute Voltaire, « tout tendait à la perfection ». Et c’est aussi un tout que Versailles, une oeuvre d’art totale dans laquelle Pierre de Nolhac, dont l’ex-libris porte à la fois les images de Versailles, vu des jardins et de Saint Pierre, vue de la colonnade,  sut repérer tous les échos des Muses italiennes. Les eaux de la villa d’Este renvoient aux cent fontaines du parc, le chef d’oeuvre de Le Nôtre aux jardins du Palatin, le peuple de statues du parc à celui des jardins Boboli.

 Laissons la parole à Pierre de Nolhac pour évoquer ce qui devint pour lui la passerelle entre France et Italie : « …pour remplacer une habitation… il voulut créer pour la génération suivante un type plus grandiose encore et d’un art plus somptueux. Des achats successifs étendent d’abord les propriétés….annonçant à cette région déshéritée qu’elle va être dotée d’une merveille «.

Parle-t-il ici du palais que Louis XIV tira de ce château dont « un simple gentilhomme ne voudrait pas tirer vanité » comme le disait Bassompierre en 1627 ?  Non pas : mais le Palais Farnese, dont il nous faut maintenant parler.

Car c’est cette merveille qu’évoque de Nolhac : le palais Farnese, car je n’ai nul doute qu’il en sentit, le temps venu, le rapport profond avec Versailles, les deux palais étant l’image, non abstraite, languissante ou fade l’un de l’autre, mais comme une réflexion vivante. Il ne faut certes pas faire du palais Farnese la préface du Grand Livre de l’art français. 

Mais Pierre de Nolhac réalisa combien le Grand Siècle et le projet de Versailles empruntèrent à ce programme : une demeure immense et magnifique dressé au milieu de ses jardins, qu’on devra au choix des meilleurs architectes, rempli de ce que l’art de son temps pouvait donner de plus sublime. A l’imitation des papes qui de Paul III à Urbain VIII, pendant un siècle et jusqu’au milieu du dix-septième siècle, voulurent remettre Rome au cœur du monde par l’éclat des arts –rappelons que le chantier de Versailles commence en 1661- , à leur imitation Louis XIV poursuivit un plan identique, en l’amplifiant de façon inouïe et en le concentrant sur cinquante ans.

Certes le chantier du palais Farnese débute tôt dans le seizième siècle, mais l’achèvement définitif date de 1589 –l’inscription sur la loggia haute, tournée vers le fleuve, ne nous le laisse pas ignorer- et la décoration intérieure, la galerie, chef-d’œuvre des Carrache, n’est achevé qu’en 1608.

Et combien ce palais est proche de la France : avant d’en devenir l’ambassade, ce qu’elle est encore aujourd’hui, le cardinal Alexandre Farnese y accueillit somptueusement le cardinal Jean du Bellay, qui était accompagné de son cousin Joachim ; le second étage abritait le bibliothécaire des Farnese, ce fameux Fulvio Orsini, auquel de Nolhac consacra de passionnants travaux . Le vieux conservateur de Versailles donne les plus belles pages de ses Souvenirs au palais où il fréquenta au temps de sa jeunesse romaine : il  réussit à mêler dans un modèle de prose une sensible évocation personnelle et une vibrante reconstitution historique. Il fallait en passer par la fabuleuse collection Farnese, apprendre de l’art des Carrache, et méditer sur l’architecture du palais dont Michel-Ange apporta à Paul III le dessin, avant de pouvoir comprendre le projet démesuré du Roi Soleil.

Car si Rome fut le lieu de la révélation et de la connaissance,  Pierre de Nolhac en évoque aussi de plus personnels souvenirs, des souvenirs pleins de reconnaissance : Tièdes soleils, langueurs des printemps d’Italie ! / C’est vers vos souvenirs que le cœur se replie / Doux mois qui remplissiez notre jeune chemin , vers charmants qui font écho à la dédicace des Souvenirs : COMMUNI  PATRIAE/HOSTES  GRATVS/ET MEMOR.

Suivons les pas du jeune étudiant qui trouve les portes de la Vaticane closes, pour cause de Vigile de Pentecôte ou de quelque « Mystères joyeux » qu’aimèrent à représenter nos vieux peintres, et qui s’entend dire : « Oggi e festa, signor ! …Au dehors sonnent les cloches de Saint-Pierre, le soleil dore la colonnade et se joue dans les fontaines. Puisque c’est fête, on va célébrer le saint du jour dans une osteria de la campagne, où le déjeuner sera gai et le vin digne d’Horace, à moins qu’on ne préfère monter à Albano, pour aller lire au bord du lac, sous les chênes verts… »

Comme on reconnaît encore mieux le vieux Romain dans cet écrit manuscrit qui relate un voyage en Italie en 1894 avec son épouse Alix, et qui conserve toute sa naïveté et sa fraîcheur : on ne peut à la lecture de ce carnet, garder aucun doute : le conservateur de Versailles est encore amoureux de Rome. « …la malle étant déjà à la gare, nous avons été à l’Ara Coeli pour notre dernière visite romaine. Alix a aperçu le Forum, si beau sous le soleil de printemps, avec son couronnement de ruines et elle n’a pu se décider à partir. Je ne me suis pas fait longtemps prier pour lui obéir. Nous avons renvoyé d’un jour encore, et comme l’ami Angelo était avec nous, nous avons étudié à trois et consciencieusement les ruines augustes. C’est bien là une reprise de Rome, qui a resserré sur nous sa chère étreinte. La reverrons-nous jamais ? Ou bien la vie nous séparera-t-elle à présent pour toujours de la chère Ville ? »

Refermons maintenant Les Souvenirs d’un vieux Romain.  Pendant notre lecture, un billet de remerciement de la main de l’auteur en est tombé et il est écrit, d’une plume élégante, à l’intention, encore une fois, de Henri Bordeaux : Avec mes remerciements pour l’aimable Maison Morte; la date nous est inutile : la Maison Morte est publiée au mois de janvier 1922. Il est adressé du 158 boulevard Haussmann. C’est l’adresse du musée Jacquemart André : c’est que depuis peu Pierre de Nolhac est le conservateur où l’appelle naturellement sa passion de l’art français et de l’art italien. Dans un de ces derniers entretiens auquel il ne faut rien rajouter, il déclare alors : « Vous parlerez de moi lorsque je n’y serai plus ; vous direz que le vieil humaniste a bien travaillé, mais n’est-ce pas, vous direz surtout qu’il fut un poète ! ».


M.Ferrand   Ils ont sauvé Versailles, Perrin, 2003.

La résurrection de Versailles, Souvenirs d’un conservateur, Plon, 1937

Emile Zola, Nouveaux contes à Ninon, G.Carpentier, 1874

La perte du yacht, présent à la Reine qui avait coûté soixante mille livres au galant Contrôleur des Finances, M. de Calonne, fut irrémédiable ; seul le décor de proue aux armes royales put être récupéré et restauré, il est aujourd’hui exposé au Musée de la Marine à Paris.

Louis Dussieux, Le Château de Versailles, Bernard, 1881.

Parmi les visiteurs illustres de Versailles, le plus érudit et le plus francophile des Romanov eut aussi le destin le plus tragique : le grand-duc Nicolas fut massacré par les bolcheviks, au milieu de ses livres et de ses collections. On trouva sur son bureau son dernier envoi : il était destiné à Pierre de Nolhac et contenait les lettres de Catherine de Russie à son ambassadeur auprès du roi de France.

Le cavalier Bernin demeura en France, dans la deuxième partie de l’année 1665, à l’invitation du roi de France . Selon M.Lalanne, le découvreur du Journal de Chanteloup, « cet éloge (e molto galante quel que se fatto qui) eut quelque influence sur la détermination de Louis XIV d’y établir sa résidence » ( Journal de Voyage du cavalier Bernin en France, Gazette des Beaux-Arts, 1885, p.157).

ALEX.CARD.FARNESIVS VICECAN. /EPISCOPUS OSTIENSIS /AEDES A PAVLO III PONT.MAX. /ANTE PONTIFICATVM INCHOATAS/PERFECIT   AN. MDXXCIX

La bibliothèque de Fulvio Orsini, F.Vieweg, 1887 ; Les collections d’antiquité de Fulvio Orsini, Mélanges de l’Ecole française de Rome, 1884. Sur les études « italiennes » de Pierre de Nolhac, on citera notamment Erasme en Italie, Klincksieck, 1888.

Souvenirs d’un vieux Romain, H.Floury, 1922, p. 63

Carnet manuscrit, Voyage en Italie de 1894, retranscrit par Martine Hedou.

Maurice Levaillant, Pierre de Nolhac, RVH 1957, p. 19

1 Commentaires

 

Christine Belcikowski

07/06/2018 à 07:58

Mais quelle merveilleuse idée de chronique ! Merci à Antoine Cardinale.
On trouve Le château de Versailles : histoire et description, ici :
Tome 1 : https://archive.org/details/lechateaudeversa01duss
Tome 2 : https://archive.org/details/lechateaudeversa02duss

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Monsieur Ripois et la Némésis" de Louis Hémon

Don Juan: subst. masc. Séducteur, le plus souvent libertin et sans scrupule (définition du Trésor de la langue française). Même s'il n'est pas un libertin, Monsieur Ripois, le héros du roman de Louis Hémon (1880-1913), est assurément un don Juan. Il séduit les femmes qu'il rencontre et les exploite sans scrupule. Mais, contrairement à son auguste ancêtre, Monsieur Ripois n'a aucune classe; il ne s'attaque qu'aux petites ouvrières, puis aux femmes fragiles, celles qu'il est certain de pouvoir conquérir et exploiter.

12/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Visage perdu" de Roger Vercel, par Carl Aderhold

Visage perdu est l’un des derniers romans de Roger Vercel, paru en 1953, quatre ans avant sa mort. L’auteur de Remorques (qui a déjà fait l’objet d’une chronique sur les Ensablés) et de Capitaine Conan retrouve ici un thème qui lui est cher. Le courage qu’il faut pour affronter le quotidien.

29/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac : "La dernière harde" de Maurice Genevoix

En ce début novembre où la campagne automnale résonne des aboiements des chiens et des coups de fusil, la lecture de la Dernière Harde de Maurice Genevoix se savoure comme une gourmandise de saison. Nul besoin d’être passionné de chasse ou féru de vénerie pour partager la vie mouvementée et captivante de la harde des Orfosses.

15/12/2019, 09:00

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Les Ensablés – "Miroir du temps" d'André Suarès (1868-1948)

Paru aux éditions Bartillat, Miroir du temps est un recueil d’articles d’André Suarès - certains inédits - de préfaces, de fragments de correspondance, voire de documents plus intimes encore, comme le testament de l’écrivain : peu de livres permettront de saisir aussi complètement un auteur qui sort lentement d’un oubli et dont les plus connaisseurs parmi les lecteurs ne pouvaient citer que le Voyage du Condottiere.
Ce recueil de textes parvient à restituer, en marquant la chronologie, les thèmes qui habitent son oeuvre. Des thèmes dont l’actualité permet de rendre cet auteur à son temps tout en le ramenant au nôtre. André Suarès écrivit toute sa vie le manifeste d’un art nouveau, qu’il souhaitait tout à la fois classique et régénérateur ; à l’imitation aussi de ce Speculum majus, ce Miroir dans lequel Vincent de Beauvais mit toutes les certitudes du Moyen-Age et qui voulut, selon Louis Gillet, « lier en système tout l’héritage des connaissances venues de l’Antiquité, le legs intellectuel de la Grèce, avec les vérités de la Révélation ».             
Après avoir lu avec attention l’érudite préface de M.Barsacq, les amateurs feront de Miroir du temps l’avant-propos nécessaire aux œuvres de ce grand écrivain : toute la diversité, toutes les contradictions de l’écrivain, et l’essence de son style, sont là.

01/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Le joug" de Marion Gilbert, roman de la maternité martyrisée

Originaire de Montivilliers, en Seine Maritime, la romancière Marion Gilbert (pseudonyme d’Odette Maurel) a fait paraître une bonne vingtaine de titres entre Du sang sur la falaise (1913) et Les Scandalisés (1950), des romans psychologiques qui ont souvent la Haute-Normandie pour décor. Journaliste, elle a mené des enquêtes pour Le Matin, Le Petit Journal, Illustrations et d’autres. Traductrice avec Madeleine Duvivier, pseudonyme que s’était choisie sa sœur, elle a donné à lire en français Charles Dickens, P. G. Wodehouse et Charlotte Brontë. Féministe, elle prononça une conférence, en 1925, qu’on peut consulter en ligne.

17/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Journal de travail (1929-1943)" de Jean Prévost

L'éditeur Emmanuel Bluteau a des auteurs qu'il chérit particulièrement: l'un d'eux est Jean Prévost, écrivain et résistant, mort les armes à la main dans le Vercors en 1944 à l'âge de 43 ans. Après avoir publié "L'affaire Berthet" que nous avons chroniqué, La Thébaïde fait paraître aujourd'hui Le journal de travail (1929-1943) de ce même Jean Prévost avec une préface de Jérôme Garcin (à qui l'on doit un "Pour Jean Prévost", biographie parue en 1994).  "J'ai toujours pensé, écrit ce dernier (...) que Jean Prévost s'apprêtait à donner, après la guerre, son grand roman, son oeuvre majeure." Le destin ne l'a pas voulu. Et on lira donc ce journal de travail, cette "arrière-boutique" de l'écrivain, avec un sentiment mêlé d'admiration et de tristesse pour cette promesse qui s'annonçait déjà et ne fut pas tenue.

03/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Jours de colère" (1989) de Sylvie Germain

Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Formée à la philosophie, notamment auprès d’Emmanuel Levinas et de Daniel Charles, elle a été documentaliste puis professeur de français et de philosophie au lycée français de Prague, avant de se consacrer à sa seule activité littéraire. Elle obtient le prix Femina en 1989 pour son roman Jours de colère. Elle n'est pas un ensablée, mais on ne parle pas assez d'elle.

20/10/2019, 09:00

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Les Ensablés – "L’Altana ou la vie vénitienne" (1928) de Henri de Régnier (1864-1936)

Si l’on n’avait pas rêvé d’être heureux, la vie serait sans cruauté. (Marcel Proust)
Avec trois chroniques sous la plume de Hervé Bel, l’une sur Histoires incertaines, l’autre sur son entourage, le Club des longues moustaches, la dernière enfin, sur son fils, Pierre de Régnier qui écrivit Chroniques d’un patachon, Henri de Régnier est l’auteur dont l’univers est le plus relancé parmi les Ensablés, et il en est devenu au fil du temps à la fois le champion et l’emblème. Il y a donc quelque chose d’intimidant à rajouter quelques pages et un quatrième opus à cette œuvre de réhabilitation ; on redoute de déplaire ; on soupçonne que clandestinement, quelque part entre Paris et Venise, se réunit encore ce Club des Longues moustaches, que M.Bulteau (1) a admirablement décrit, redoutable cénacle agissant qui peut faire réussir ou échouer une carrière littéraire !

06/10/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Sao Kéo ou le bonheur immobile" de Pierre Billotey

Écrivain des années 1920, Pierre Billotey meurt à l’âge de 46 ans, en 1932, d’une crise d’urémie. Il enseignait au lycée Arago (place de la Nation, à Paris) et était secrétaire général de l’Association des écrivains combattants (grièvement blessé lors de la Première Guerre, Billotey avait reçu la Médaille militaire).
Sao Kéo ou le bonheur immobile fut publié chez Albin Michel en 1930, deux ans avant la mort de son auteur. Un an plus tôt, Billotey avait parcouru l’Indochine (voir son récit de voyage L’Indochine en zigzags), où le héros de Sao Kéo découvrit le Bonheur. Roman séduisant, bien de son temps, Sao Kéo a été réédité aux éditions Kailash il y a exactement vingt ans, attirant momentanément l’attention sur un auteur qui est depuis, et assez injustement, retourné dans l’oubli.

22/09/2019, 09:00

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En résidence à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, l'auteur Fabrice Erre a décidé de retracer l'histoire de la maison d'édition 6 Pieds sous terre, fondée en 1991 à Montpellier par Jean-Philippe Garçon, Jean-Christophe Lopez et Jérôme Sié. Une exposition viendra rappeler et actualiser le travail fait pour l’ouvrage collectif L’Animal a vingt ans, en 2011.

19/01/2021, 11:08

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Mitsumasa Anno, auteur-illustrateur japonais, décédé ce 24 décembre

Mitsumasa Anno avait 94 ans. Né à Tsuwano, en 1926, première année de l’ère Shōwa, il passe son enfance dans l’auberge de ses parents. Aucun livre à la maison, mais des illustrés (Tarzan, Superman) dont le petit garçon reproduit les illustrations.

18/01/2021, 17:06

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Une imprimante rêve-t-elle d'exorcisme et de mariage longue distance ?

ROMAN FRANCOPHONE – « Prends, lis. » Traditionnellement impénétrables, les voies du Seigneur n’en prêtent pas moins le flanc à quelques farces bien senties. Parce que les soties médiévales occupent plus que leur place dans le Plan Divin, Daniel Fattore en a délivré une du Mal, imprimée non sans peine en noir et blanc. Il s’agit d’un évêché (nous n’écrirons pas éméché) en proie à une récalcitrante machine à reproduction informatique de documents. Une imprimante.

18/01/2021, 09:20

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Décès de Jean-Pierre Thuillat, poète, historien et éditeur

Le poète, éditeur et historien Jean-Pierre Thuillat est décédé à son domicile de Glandon (Haute-Vienne) samedi 16 janvier 2021, indique son fils Olivier Thuillat à ActuaLitté. Né le 15 avril 1943 sur les confins du Limousin et du Périgord Vert, il était professeur honoraire, chevalier dans l'Ordre des Palmes académiques, titulaire du D.E.A. de Civilisation médiévale de Poitiers. 

17/01/2021, 14:43

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Baiser ou faire des films : en 90, à New York avec Chris Kraus

AVANT-PARUTION – Étudiant berlinois, Jonas Rosen cherche dans le New York des années 1990 l’inspiration au film qui lui servira de projet d’études. Là, dans un quartier malfamé où résonnent encore les pas de Kerouac et Ginsberg, Jonas fait des rencontres.

16/01/2021, 12:31

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Métaphysiques : Le sens commun au défi du réel, pour Jean-Marc Ferry

AVANT-PARUTION – Les questions de la sagesse populaire mettent régulièrement en échec le rationalisme scientifique. Pour le grand philosophe Jean-Marc Ferry, il est temps de revoir tous nos cadres de pensée, de casser nos grammaires de compréhension. Un fantastique voyage pour bousculer les limites du réel. 

16/01/2021, 12:14

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Spinoza, une vie : la biographie la plus complète, édition révisée de Steven Nadler

La biographie de Spinoza par Steven Nadler est exemplaire. Essentielle pour la compréhension des œuvres, elle donne vie à cet homme exceptionnel et nous plonge dans le Siècle d’or des Pays-Bas, au cœur d’Amsterdam, véritable et unique creuset de libertés. Voicir, traduit par Jean-François Sené et Olivier Bosseau, une nouvelle édition, revue et augmentée de l’œuvre certainement la plus complète et la plus documentée jamais publiée à ce jour. 

15/01/2021, 13:25

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Marc Levy présente Le Crépuscule des fauves, suite de son roman d'espionnage

Avec Le Crépuscule des fauves, Marc Levy va vite : ce tome 2 sortira le 2 mars, prolongeant les aventures du Groupe 9 entamées dans C’est arrivé la nuit. Le premier volume de son techno-thriller marquait une certaine rupture avec l’écriture qu’on lui connaît (ou attribue). Avec ce 22e roman, il n’a qu’une observation : « La réalité a amplement dépassé la fiction. »

15/01/2021, 09:28

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Pas de Panthéon pour Rimbaud, selon Emmanuel Macron : reste Verlaine

Septembre 2020 : le deuxième confinement n’a pas encore avancé ses semelles de vent, mais un groupe d’intellectuels parisiens estime qu’une injustice doit être réparée. L’absence du binôme, pour ne pas dire le couple, Verlaine-Rimbaud, nécessite l’intervention du chef de l’État. Emmanuel Macron vient de répondre : pas de Panthéon pour Arthur, conformément à la volonté exprimée de la famille.

14/01/2021, 17:19

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Lunch box : vous prendrez bien un drame pour le déjeuner

ROMAN FRANCOPHONE – Véritable institution américaine, ayant accompagné des générations d’enfants par millions, la lunch-box est au déjeuner, ce que les frites sont au hamburger, un accompagnement indissociable. Emilie de Turckheim nous emporte loin, dans des Etats-Unis rêvés, au coeur d'une ville de fiction : les familles y vivent heureuses, entre détente et école. Et toujours, ces journées rythmées par l'apparition de la lunch-box...

14/01/2021, 08:55

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Le détour : la folle puissance de Luce d'Eramo

ROMAN ETRANGER - Le détour de Luce d'Eramo fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021 dont ActuaLitté est partenaire. Un destin unique et bouleversant d’une puissance rare. 

13/01/2021, 15:33

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Penser comme un iceberg : faire alliance avec la planète-mère 

ESSAI - Un iceberg ? Penser comme un iceberg !!! Quelle vue de l'esprit ! Qu'est-ce qui a piqué Olivier Remaud ? Serait-il revenu profondément marqué de son voyage, raconté dans son magnifique livre Errances, dans les traces de Vitus Bering ? Marqué à jamais par le froid ?!

13/01/2021, 15:32

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Vue mer : radiographie d'un terrain miné

ROMAN FRANCOPHONE - Malgré les promesses d’horizon qu’offrent ces simples mots accolés, Vue mer n’est que le banal nom d’un dossier de restructuration de l’entreprise Bouké-Parteneure dont le sort se jouera au cinquième étage d’une tour d’affaires, dans le décor limité d’un open space. La nouvelle, telle une grenade dégoupillée, va être balancée au personnel. Mais, en ce lundi maussade, Stefan, le codirigeant, reste cloué au siège de sa voiture, sa main refusant d’actionner le démarreur. 

13/01/2021, 15:31

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Entre toutes les femmes : fracassantes et intimes

TEMOIGNAGES - Dans le préambule de son excellent dernier livre, Marlène Schiappa rappelle qu’elle a toujours aimé aller à la rencontre des femmes, qu’elle aime fédérer, aider, soutenir, promouvoir et unir, et je peux personnellement en témoigner ! Elle raconte ici des rencontres marquantes avec quelques-unes d’entre nous, qui tentent de faire changer les mentalités dans la société française et internationale, et dont le seul leitmotiv semble être d’améliorer la condition féminine. Marlène Schiappa leur rend justice et hommage dans un livre très altruiste et généreux.

13/01/2021, 15:05

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Dans la gueule de l’ours : roman noir sauvage 

ROMAN ETRANGER - Aux États-Unis, pour peu que vous soyez un défenseur des animaux et que vous ayez du fric, vous pouvez vous acheter une montagne et interdire à tous les bouseux du coin de venir déverser leur surplus de testostérone sur vos terres. Bien sûr, et malgré un respect sacré de la propriété privée, il faut quand même y mettre un peu de barbelés autour et un gardien, au milieu, pour faire joli… 

13/01/2021, 10:24

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Diane Meur, Sous le ciel des hommes : Choisir de ne pas subir

ROMAN FRANCOPHONE - Qui connaît le grand-duché d’Eponne ? Ni vous, ni moi, mais il rappelle furieusement nos petits paradis fiscaux européens. Bien lové dans ses montagnes et ses traditions, le grand-duché respire la prospérité. Mais si les premières pages du roman plantent un décor (presque) d’opérette, la suite du récit ne laisse aucun doute, nous sommes bien dans le monde d’aujourd’hui !

13/01/2021, 10:23

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Atchoum ! Aventures piquantes, drôles, entraînantes, à petites touches

MANGA - Atchoum ! est une anthologie compilant 8 histoires courtes du grand maître du récit Naoki Urasawa.  Des aventures que lui seul saurait rendre aussi intrigantes et variées en si peu de pages, de l’humour, et des récits autobiographiques sur le monde de la musique, basés sur les voyages de l’auteur aux États-Unis.

13/01/2021, 09:03

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Le Loup dans la bergerie, de Fabio M. Mitchelli : Le monstre de Caussols

AVANT-PARUTION – À mille mètres d’altitude au-dessus de Grasse s’étend le plateau de Caussols, lunaire et envoûtant. En son coeur : la bergerie de Jean-Michel Auban, accusé de cannibalisme et désormais sous les verrous. La première fois qu’il s’y rend, Samuel Steiner, qui est pourtant un commandant de police aguerri, est saisi de vertige. Mais « Il est des bergeries dans lesquelles même le loup n’ose pas entrer... »

12/01/2021, 16:51