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Les Ensablés - "Confidences de femmes" de Annie de Pène

Amie de cœur de Colette, mère de Germaine Beaumont, Annie de Pène a joui, à l’époque de la première guerre mondiale, d’une solide notoriété comme chroniqueuse, notamment pour l’Oeuvre. Elle a publié quelques romans à l’audience restreinte, quasi introuvables aujourd’hui. Merci à Dominique Bona de m’avoir fait découvrir cette auteure grâce à sa superbe biographie « Colette et les siennes ».  Merci également au partenariat entre la BNF et Hachette livre qui m’ont permis de lire Confidences de femmes.

Le 30/12/2018 à 09:00 par Les ensablés

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30/12/2018 à 09:00

Les ensablés

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Par Elisabeth Guichard-Roche

Alternance de souvenirs personnels et de confessions reçues, le récit dégage une sensibilité aiguë et une harmonie apaisante. Comme le titre l’indique, la femme occupe une place centrale. Point d’intrigue ni de suspens endiablé, Annie de Pène décrit les émotions, les petits riens de tous les jours, un cadre de vie souvent provincial où les jardins occupent une place de choix. L’attente, Le suppléant, C’est fini ?..., Votre maison, Petits riens, Le printemps, Le  véritable amant, Celles qu’on n’épouse pas constituent un aperçu de la trentaine de chroniques.

La majorité d’entre elles illustrent, toujours sous l’angle féminin, la difficulté et l’irrationalité de vivre durablement en couple. La lecture remue le lecteur – probablement encore plus la lectrice-  comme autant de sensations déjà éprouvées, de moments déjà vécus. Ainsi, l’anecdote du mot de trop provoquant la dispute est saisissante de réalité : Ah ! Mon Dieu, tu vas encore faire une histoire pour un mot, un mouvement de travers…Avec toi, il faut peser toutes ses paroles, étudier ses attitudes..C’est entendu, là, j’ai eu tort, j’ai un sale caractère, mais j’ai une bonne nature, avoue puisque je reviens tout de suite… Les comparaisons sur la réconciliation font sourire mais se révèlent caustiques : Ça a son charme, les raccommodements mais c’est comme le pâté d’anguille, il n’en faut point abuser ; à la fin, on risque de ne plus le digérer.. Ou encore : Il n’y a plus de place pour la petite reprise : au premier tiraillement, le point emporterait le morceau, comme pour le linge usé

On partage non sans mélancolie l’étrange pouvoir filtrant du souvenir qui parvient à effacer de la mémoire l’écriture de son ex, à se rappeler uniquement des bons moments, à s’apitoyer en revoyant l’être aimé, à chercher à le revoir poussé par la curiosité et une forme de provocation. On reste interrogatif voire sceptique sur la possibilité de maintenir  des relations amicales après une rupture. Ne serait-ce pas  simplement une manière de se consoler et de rebondir ? Il est, il reste mon ami très cher, il a été le compagnon de longues années de ma vie, nous ne serons jamais des étrangers, des indifférents l’un pour l’autre..même en se quittant, je continuerai à l’aimer, comme je l’ai toujours aimé…comme un frère.

Le propos est souvent personnel reflétant le vécu d’Annie qui abandonna mari et enfants pour découvrir la liberté. Son avis sur le mariage est d’ailleurs sans appel : Mon mari ! Mais au moins j’aurais existé pour lui, si je l’avais trahi ? Qu’ai-je été dans sa vie ? Rien ; l’intendante humble et zélée qui, soigneusement, tient sa maison. Si je l’avais trahi, il m’eût remarquée, il se fût aperçu que j’étais une femme comme les autres, capable d’aimer, et d’inspirer l’amour. Malgré ces constats tranchés sur l’illusion d’une vie à deux, un détachement empreint d’humour s’installe au fil des pages. Ce commentaire sur des couples croisés dans la rue en est une savoureuse illustration:  Ce petit homme ridicule et pitoyable s’essouffle à côté de cette grande femme ostensible, jolie, ma foi. On dirait un skye terrier suivant une levrette ; elle file sans s’apercevoir qu’il peine à la course ; tu vas voir bientôt il ne pourra plus la joindre… Fichue cette union-là, et le pauvre bougre aura du chagrin.

On savoure enfin quelques remarques féministes osées pour l’époque :  En réalité, j’aime ces deux hommes, très différemment, mais peut- être également. Je voudrais pouvoir ne renoncer ni à l’un ni à l’autre. Et si j’osais le leur dire, ils ne comprendraient ni l’un ni l’autre.. Si je leur disais, cependant,qu’un homme peut aimer deux femmes, ils n’en seraient pas du tout choqués, ni même surpris. N’est-ce pas toujours d’actualité un siècle plus tard ?

La description des milieux provinciaux étriqués constitue le second attrait de ces chroniques. Dans Tout s’en va, la douairière de M. distille perfidement ses commentaires fielleux sur l’évolution inquiétante des mœurs du quartier : Ah ! C’est il y a vingt ans qu’il fallait la voir ; rien que des familles bien pensantes, des Messieurs prêtres. Il n’y avait pas cette boutique de teinturerie, avec ces femmes…toujours sur la porte. De rumeurs en suppositions sur fond de qu’en dira-t-on, elle finit par remettre en cause jusqu’à la vertu de son interlocutrice, en l’occurrence Annie : je puis me permettre de vous dire cela aussi par amitié…Tenez, vous avez une robe rouge, n’est-ce-pas ? Je ne veux pas la critiquer, mais ma bru me disait hier encore : « Notre voisine, vous savez…Eh ! Eh ! ». C’est comme votre coiffure, franchement…là, que voulez-vous qu’on en pense ? La dérision atteint son comble avec Les vieilles filles, délicieux mélange d’autobiographie et d’imaginaire. Une chroniqueuse de mode signe alternativement ses articles d’Hermance d’Ambreville ou de Frimoussette selon qu’elle écrit dans un journal bien pensant ou coquin. Mlle Céline Vicaire, une des trois vieilles filles compte parmi les notabilités d’une petite ville de province. Elles sont abonnées à un grand journal politique, littéraire, mondain et bien pensant, naturellement de Paris. Céline se prend à rêver, se confiant au courrier des lecteurs, espérant un jour y être publiée. Elle s’imagine d’abord fiancée, puis mariée, enfin enceinte demandant des conseils sur sa tenue vestimentaire.. La bévue arrive. Hermance alias Frimoussette étourdiment mélangea les correspondances du journal bien pensant avec le courrier du journal frivole.. Les femmes ont tout de même autre chose dans la vie que de faire des enfants ! Imaginez la réaction de ces notables provinciales à la lecture du journal !!!

Enfin, les références régulières aux jardins et à leurs senteurs participent au plaisir de lire ces chroniques. Au fil des pages, le thym, le cassis en fleur, la ravenelle, les genévriers, l’acacia, la jacinthe, le sureau, la marron d’Inde et bien d’autres embaument l’odorat. Les passages consacrés aux jardins sont autant de moments d’évasion. Quand vous célébrez le jardin, ses arbres, ses plantes et ses oiseaux- seriez-vous capable de distinguer le pierrot casqué de noir, de sa femelle uniformément grise, ou la brune abeille veloutée de l’étincelante guêpe zébrée d’or ?  La similitude avec  Colette, elle aussi éprise de campagne et du jardin de son enfance, est saisissante.

Fille naturelle, Annie de Pène – de son vrai nom Désirée Joséphine Poutrel- est née en 1871 près de Rouen. Mariée à Charles Auguste Battendier, elle divorce à 27 ans après dix ans de mariage. Privée de la garde de ses deux enfants, elle débarque à Paris où elle ouvre une librairie proposant des ouvrages destinés à l’éducation des jeunes filles de bonne famille.  Elle rencontre Gustave Téry- Directeur de l’Oeuvre- dont elle devient la compagne.  Cheville ouvrière de la revue durant la Grande Guerre, elle se forge une notoriété avec ses reportages en direct des tranchées où elle se rend dès l’automne 1914.  

Ces articles sont rassemblés en 1915 sous le titre Une Femme dans les tranchées.  Elle côtoie Barbusse, Lucie Delarue-Mardrus et bien sûr Colette dont elle est très proche et qui s’occupera de  sa fille, l’écrivaine Germaine Beaumont. Annie de Pène meurt de la grippe espagnole la 14 Octobre 1918 à 47 ans. Peut être est-ce du fait de son existence brutalement écourtée que ses écrits plus romanesques sont restés confidentiels et qu’Annie de Pène est aujourd’hui totalement ensablée.

Elisabeth Guichard Roche, décembre 2018

DOSSIER - Elena Ferrante : L'amie prodigieuse, fresque historique de Naples

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

2 Commentaires

 

BRECHEMIER

18/01/2019 à 19:29

Bonjour
Je suis la spécialiste d'Annie de Pène à qui j'ai consacré mes recherches universitaires.et récemment un ouvrage.
Le volume Confidences de femmes date de 1913. Les textes sont bien antérieurs.
Cordialement

LES ENSABLES

04/02/2019 à 11:44

Merci beaucoup pour vos précisions.
Nous n'avions pas été informés de la publication de votre livre.
Bien cordialement.
Les Ensablés.

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Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Marc Bloch avant le Panthéon : dans l’atelier de La société féodale

Marc Bloch entre au Panthéon, Marc Bloch écrit La société féodale. Avant l'orietur, science avec patience, le supplice fut sûr : les lettres, les hésitations, les plans remaniés, les éditeurs, les contraintes matérielles et les guerres qui entourent la naissance d’un classique.

12/06/2026, 18:22

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Meilleures ventes : La prof reste en tête devant Mortelle Adèle et Boualem Sansal

La prof, de Freida McFadden, traduit de l’anglais par Karine Forestier, conserve la première place des meilleures ventes en France, avec 19.866 exemplaires écoulés et 178.238 exemplaires cumulés en six semaines. Le titre publié chez J’ai lu devance Mortelle Adèle tome 23 : Nazebrocadabra !, qui gagne quatre places, et La légende, de Boualem Sansal, entrée directe sur le podium. Le haut du tableau associe un leader stable, une bande dessinée en progression et une nouveauté de littérature hors poche.

12/06/2026, 15:56

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Jeanne, une papesse au Vatican

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Le lotissement

12/06/2026, 11:30

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Rimbaud, ce dieu aux yeux vides

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Dortmunder, pour faire sauter la banque, il doit voler un mobile home géant...

Avec Dortmunder : Bank Shot, Dupuis poursuit l’exploration du polar américain dans sa collection Aire Noire. Doug Headline adapte Donald Westlake, accompagné au dessin par Jesús Alonso Iglesias et à la couleur par Isabelle Merlet.

11/06/2026, 17:37

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Archive de Berthe Bendler

11/06/2026, 14:02

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“Avalanche, veux-tu l’emporter dans ta chute ?”

« Le goût du néant » : c’est avec un vers de ce poème de Baudelaire que Carole Martinez a choisi d’intituler son dernier roman, Dors ton sommeil de brute (Gallimard, août 2024). Après un roman, Les roses fauves (Gallimard, 2020) que nombre de ses lecteurs ont jugé (peut-être sévèrement) trop métafictionnel, C. Martinez nous offre avec onirisme un texte qui s’attache autant à l’inutile beauté de la prose qu’à celle de la question de la maternité. 

11/06/2026, 10:56

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Lèvres bleu ciel de Coralie Akiyama : Big in Japan

La jeunesse est ouverte à l’inconnu, au plaisir de la découverte, et aux charmes de l’exotisme. Clément et Solène sont deux étudiants français qui débarquent à Tokyo pour une année d’Erasmus. Aidés par un étudiant japonais, Noboru, ils prennent leurs marques à l’université. Mais ces deux étudiants ont une autre idée en tête : collectionner les aventures d’un soir et vivre pleinement cette année de parenthèse.

11/06/2026, 10:55

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Servitude(s) d'Arnaud Garnier : une charge trop lourde à porter

Il y a autant de récits que de personnages dans ce roman qui débute à Paris et qui se termine sur une petite île du Pacifique en Polynésie. Servitude(s) avec ou sans « s » est une charge, un droit, souvent utilisé aux dépens d’un propriétaire : comment être pleinement libre de sa propre destinée quand le monde extérieur tente de vous imposer sa façon de vivre ou sa vision des choses ?

11/06/2026, 10:54

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Marylise Léon ou l’éthique du réel

Dans son premier ouvrage, la secrétaire générale de la CFDT ne livre ni manifeste idéologique ni mémoires anticipés. Avec S’engager, elle propose une réflexion pragmatique sur le travail, la démocratie sociale et la nécessité du compromis dans une époque fascinée par les postures et les affrontements.

11/06/2026, 10:54

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Les Fantômes de Shearwater

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Le jour où Rose a disparu

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“Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage”

Il est des éditeurs que l’on écoute. Stéphane, des très qualitatives Éditions des Instants, est de ceux-là. Ceux qui lisent mes chroniques le savent : je chronique assez peu de littérature, étant plutôt spécialisée dans les livres d’Histoire et toutes ses déclinaisons. Ainsi, quand Stéphane me proposa de m’envoyer Siméra en Crète, premier livre de Catherine Sourd, j’ai dit oui. Mais, honnêtement, je ne saurais vous dire pourquoi. Une forme d’instinct, peut-être. Ou la Crète…

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George Sand. La passion de la vie

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Pass culture : le cinéma passe juste devant le livre, début 2026

Cinq ans après son lancement, le dispositif gouvernemental connaît un virage historique. Après avoir représenté une locomotive pour la lecture, notamment de mangas, un genre encore récemment adoubé par le chancelier de l’Institut de France Xavier Darcos, le Pass Culture voit en 2026 le cinéma s'imposer comme le premier secteur de dépenses.

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Trois volumes pour comprendre les batailles du canon littéraire

Quels sont les textes qui méritent d'être transmis, étudiés et célébrés ? Derrière cette question apparemment simple se cache l'une des problématiques les plus anciennes et les plus sensibles des études littéraires : celle du canon. Ensemble d'œuvres reconnues comme exemplaires ou incontournables, le canon ne relève jamais d'une sélection neutre. Il résulte de choix historiques, culturels, institutionnels et politiques qui évoluent au fil du temps.

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Repenser le traité dans la littérature latine

Comment l’étiquette générique « traité » utilisée pour des pans entiers de la littérature latine masque la place importante du destinataire, qu’il soit déterminé ou indéterminé ? 

09/06/2026, 07:00

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L’écrivain que tout le monde a lu sans le savoir : Stephen Crane

En 1953, un journaliste demande à Hemingway qui l’a formé. Il cite Stephen Crane. Pas Fitzgerald. Pas Flaubert. Ralph Ellison dit la même chose, avec d’autres mots : Crane est à l’origine de la quasi-totalité de la fiction américaine du vingtième siècle, y compris la sienne. Henry James, qui distribuait ses compliments avec une parcimonie de banquier, répétait qu’il avait un grand, très grand génie. Par Charles Garatynski.

08/06/2026, 17:07

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George Sand comme vous ne l’avez jamais lue

Sous la plume de la romancière, nouvelliste et dramaturge Ella Balaert, les éditions Cours Toujours nous offrent un livre qui ressemble à une boîte de chocolats, où toutes les douceurs seraient excellentes et dans laquelle on picore au gré de ses envies. Ce livre, c’est tout sur George Sand (ou presque), et, en cette année du 150e anniversaire de sa disparition, en parler est une merveilleuse façon de lui rendre hommage.

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Ma nuit en plein jour

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Dans la rue des Camélias, l’innocence face à la violence

« On m’a abandonnée dans le carrer des Camèlies, contre la grille d’un jardin, et le veilleur m’a trouvée au petit matin. Le monsieur et la dame qui habitaient la maison voulaient bien de moi, mais sur le moment il paraît qu’ils ne savaient pas quoi faire : me garder ou me donner aux bonnes sœurs. » Voici comment tout a commencé pour cette petite fille, trouvée dans un couffin, accompagnée d’un simple papier : « Cécilia Ce », rien de plus.

08/06/2026, 11:38

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Une correspondance d'esprit et d'estoc

Ces échanges épistolaires directs et sans fard valent d'emblée par la qualité des duellistes. Les amateurs de confidences intimes en seront cependant pour leurs frais, tant sont couverts d'un voile pudique les sentiments de chacun. Par Bertrand Levoyer, contributeur régulier de la Revue des Deux Mondes.

08/06/2026, 10:13

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Goethe, Kim Il-sung, censure : la Booksletter ausculte les croyances du pouvoir

Goethe échappe aux souvenirs scolaires, Kim Il-sung surgit sous les habits d’un prophète politique, l’Espagne franquiste se lit à travers les obsessions de ses doctrinaires, la Bolivie minière révèle ses paysages contaminés et la censure américaine change de visage. 

07/06/2026, 10:41

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Sous le règne de Freida McFadden, le thriller français perce et la cuisine recule

Freida McFadden conserve la première place des meilleures ventes pour cette nouvelle semaine (26/06 au 31/06) avec La prof, publié chez J’ai lu. Le roman s’écoule à 25.564 exemplaires sur la semaine et atteint un cumul de 158.372 ventes en cinq semaines de présence. 

05/06/2026, 19:06

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Le Temps des Ombres : quatre saisons, deux têtes de mule et un monde à sauver

Pour que notre grand patron sollicite en urgence votre serviteuse, fallait-il qu’il fût conquis par sa découverte. Ou né de la dernière pluie, c’est selon. Le fait est que cette série en quatre volumes incarne ce que l’on qualifierait volontiers de rendez-vous raté — voire de ratage complet pour la librairie, passée à côté d’un travail magnifique — n’ayons pas peur des mots : d’une véritable épopée à hauteur d’enfant, totalement magique.

05/06/2026, 16:13

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Un roman noir, drôle et cruel sur notre époque : Les Terres mortes

Les Terres mortes, roman de Gabriel Boksztejn (Editions Unicité) est une satire grinçante de notre époque. L’auteur dresse le portrait moral de notre société progressiste dévorée par le capitalisme, par la bêtise inhérente aux rapports humains, par les relations virtuelles qu’engendre la licence autorisée sur les réseaux sociaux.

05/06/2026, 13:02

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Les maisons parachutées : un polar historique signé Didier Daeninckx

Cette enquête de Didier Daeninckx dans la mémoire des résistants et déportés est une poignante immersion au cœur des années 50 de l’immédiate après-guerre. On y découvrira quelques affaires assez incroyables !

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Le dernier livre inutile de Bégaudeau sur l’inutilité de l’art

Avec Du mépris, Bégaudeau (éditions Cause perdue) perpétue un thème devenu central chez lui depuis son précédent livre : la dénonciation des usages moraux dans le langage politique contemporain à gauche. Son intuition de départ est stimulante : il observe que l’accusation de « mépris » s’est généralisée au point de devenir une catégorie réflexe du débat public. Le problème est que cette intuition, à force d’être martelée, finit par de même par concerner son auteur.

04/06/2026, 14:44

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Des dragons dans les halls

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Sous le soleil de Dantec : quand le polar entre en apocalypse

Il y a dix ans ce 25 juin, Maurice G. Dantec mourait à l’âge de 57 ans à Montréal où il s’était exilé. Celui qui avait brûlé sa vie au feu des paradis artificiels était-il un techno-romancier mystique et réac ? Retour sur un livre charnière hybride qui annonce le tournant de son œuvre jusqu’en 2014 : Villa Vortex. Par Olivier Stroh.

04/06/2026, 11:51

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Escoffier, l’excellence au service des autres

Plein Vent vient de publier une bande dessinée des plus alléchantes puisqu’il s’agit de la biographie du maître de la cuisine moderne, le grand Auguste Escoffier. L’auteur Yvon Bertorello et le dessinateur Cédric Fernandez se sont entourés, pour cela, de Michel Escoffier, arrière-petit-fils du chef et président de la Fondation Auguste Escoffier à Villeneuve-Loubet, ainsi que de Stéphane Bern, que l’on ne présente plus.

02/06/2026, 15:51