#Théâtre

Julia Kerninon - Signe : écrivain, ascendant : lecteur.

Hakim Malik : Votre livre, Une Activité respectable (Rouergue, 2017) raconte finalement la naissance d'une auteure. Votre enfance a-t-elle décidée de votre « activité respectable » ou est-ce le contraire ? Tout se joue-t-il lors de l’enfance ?

Le 07/06/2019 à 15:43 par Auteur invité

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07/06/2019 à 15:43

Auteur invité

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Julia Kerninon a signé plusieurs romans aux éditions du Rouergue, plusieurs fois primés. Membre de cette nouvelle génération d’auteurs qui construisent patiemment une œuvre dense et signifiante, elle se livre ici à une profonde introspection : naissance d’une vocation, écriture et méthode de travail, ses exigences, mais aussi la passionnante et indispensable place de la lecture dans sa vie, pour aborder enfin la mission de l'écrivain auprès du lecteur.

[NDLR : Entretien avec Julia Kerninon réalisé par Hakim Malik, libraire à Chemin faisant, Aix-les-Bains. Qu'ils soient tous deux remerciés.]

Photo © Philippe Matsas / OPALE via site des Éditions du Rouergue

Julia Kerninon : J’ai grandi entourée de livres, et j’ai manifestement décidé de continuer à vivre avec eux. J'ignore si tout se joue lors de l'enfance, mais j'aurais tendance à penser que c'est une part non-négociable de l'histoire de chaque personne – soit qu'on s'en éloigne, soit qu'on s'en réclame, l'enfance est fondatrice.

Hakim Malik : Dans ce texte, vous vous mettez en scène dans une sorte d’introspection qui fait la genèse de votre vie actuelle d’écrivain. Néanmoins vous faites la part belle à la lecture qui est une partie intégrante de votre activité d’auteure. Je dirais même qu’elle parait essentielle.

Julia Kerninon : Je suis une lectrice bien avant d'être un écrivain, dans le sens où le fait de lire me définit beaucoup plus que le fait d'écrire. J'arrêterai peut-être un jour d'écrire, mais cesser de lire semble d'une grande violence. Les livres m'ont presque tout appris, pour une raison qu'on a tendance à oublier : c'est que derrière chaque livre, il y a un individu singulier. Les livres ne tombent pas du ciel, ne sont pas des objets subitement apparus du néant – ils sont le fruit de l'expérience humaine, et une façon au moins aussi digne qu'une autre de partir à la découverte de ses semblables.

Hakim Malik : Vous avez lors de cette période que vous évoquez utilisé une machine à écrire en vous astreignant à une sorte de discipline : tôt le matin, vous lisez et écrivez. Est-ce toujours le cas ? Avez-vous une "méthode" de travail ? Lisez-vous toujours autant ?

Julia Kerninon : Il y a là plusieurs questions auxquelles je vais essayer de répondre le mieux possible. J'ai écrit exclusivement à la machine à écrire jusqu'à mes quinze ans environ, d'abord sur celle que ma mère m'avait offerte, puis aussi sur une seconde, plus légère, que j'avais achetée dans un vide-greniers, et puis, comme tout le monde, je suis passée aux ordinateurs. Je vous réponds actuellement sur un mini-pc Asus qui ne va pas tarder à me claquer entre les mains. Je pense qu'il est temps que j'investisse dans un truc plus solide type Apple, mais je déteste posséder des choses chères, alors j'hésite encore.

Pour ce qui est de mon organisation, je travaille entre neuf heures et dix-sept heures trente du lundi au vendredi, parce que ce sont les plages horaires durant lesquelles mon enfant est gardé. Je lis le matin, et j'écris soit l'après-midi soit le soir, en général – mais à peu près jamais le matin, en tout cas. Entre septembre 2007 et novembre 2017, j'ai lu 1450 livres – je tenais une liste, mais j’ai arrêté net de la remplir après la naissance de mon enfant, je ne sais pas pourquoi.

Donc oui, je lis toujours autant, et je lis plutôt beaucoup. J'ai lu un peu moins dans les derniers mois où je finissais ma thèse, et c'était très déstabilisant, et un peu moins aussi quand mon enfant était plus jeune, mais les bonnes vieilles habitudes sont revenues au galop. Quand j’étais enfant, je me souhaitais une vie d'adulte où je puisse lire et écrire à mon gré – je m'émerveille encore de pouvoir passer une journée entière dans cette liberté, même si j'ignore combien de temps elle durera.

Et j'ai une méthode de travail, mais c'est très compliqué à expliquer. Disons que j'écris rarement plus de quatre heures par jour – que je ne fais pas de plan avant d'avoir presque fini le livre – que j'écris mes livres par passages, en vrac, et que je passe ensuite un temps conséquent à structurer la matière ainsi obtenue – que les livres sont pour moi quelque chose de très plastique, que c'est en les pensant comme plastiques que je peux les articuler

Hakim Malik : Pour beaucoup de grands écrivains, la lecture est une manière de vivre, c'est même vivre que de lire. Votre texte illustre à merveille cette idée puisque toutes vos activités sont portées vers un seul but : l'écriture et la lecture.

Julia Kerninon : Marielle Macé a publié un livre passionnant qui s'intitule Façons de lire, Manière d'êtres, dans lequel elle explique entre autres choses intéressantes que ce que nous lisons nous influe, non seulement dans notre façon de considérer le monde mais aussi dans notre manière d'y réagir. La frontière entre ce que nous lisons et ce que nous faisons est poreuse – je trouve cette idée lumineuse. Bien sûr que lire c'est vivre – comme vivre est aussi faire les courses, prendre un bain, courir, écouter de la musique.

Donner à la lecture une place importante dans sa vie, cela signifie donner une place aux idées, à l'abstrait, à la fiction, à l'imagination, à l'information, à la poésie, à la grammaire, à la structure, à l'attention, aussi. L'acte de lire est un acte solitaire – ce qui n'a pas tellement le vent en poupe à notre époque, comme chacun l'aura constaté – mais aussi un acte qui nécessite un engagement, bien que minime.

D'un côté, lire est une activité presque passive – on déchiffre simplement quelque chose, on reçoit quelque chose – mais en même temps, c'est le lecteur qui donne son sens au livre, et pour lire, il faut accepter de rester seul, à déchiffrer cet objet modestement séduisant qu'est un livre, sans y renoncer au profit d'une activité plus éblouissante. Il y a dans tout ça une forme de méditation, de recueillement, que je trouve non seulement émouvant mais salutaire. Lire est une éducation, à tous les sens du terme.

Hakim Malik : La "méthode" (si vous me permettez donc l'expression) est la description d'un véritable travail d'artisan. Vous travaillez votre matière brute comme un sculpteur travaillerait au burin son matériau jusqu'à le façonner et créer un "objet".

Julia Kerninon : Il y a une phase spontanée de production de matière, puis une phase plus pragmatique ou technique de mise en forme, même si c'est un peu plus complexe que ça, parce que, bien sûr, le fond et la forme sont liés. J'ai une idée du livre avant de commencer, et je suis cette idée tout au long du travail, je fais des expérimentations, j'ai des surprises, et puis quand je passe à la phase de structure, c'est en fait beaucoup plus excitant que ce qu'on pourrait imaginer, parce que soudain le livre prend forme, atteint sa plénitude. C'est terriblement satisfaisant, quand ça marche.

Je travaille avec un document source généralement très vaste, qui contient une multitude d'unités plus petites (paragraphes, chapitres, phrases, répliques) et je dois les assembler les unes aux autres pour composer le livre, et quand ça marche, quand je place côte-à-côte deux morceaux qui fonctionnent ensemble, c'est comme si ça scintillait d'un coup – parfois, par exemple, j'ai deux paragraphes dont aucun n'est extraordinaire, qui sont simplement utiles et nécessaires au fil du récit, et je ne sais pas où les mettre, ils me dépriment un peu parce qu'ils ne sont pas assez beaux, et lorsque je fais le test de les associer, ils démultiplient leur valeur d'un coup, comme s'ils se sertissaient réciproquement. Ça, ce sont des moments de grand bonheur.

Hakim Malik : D'autre part, lorsque vous parlez du rôle du lecteur, cela n'est pas sans rappeler le lector in fabula du regretté Umberto Eco ? Il y a l'exigence de l'écrivain mais aussi celle du lecteur.

Julia Kerninon : Je connais très mal Eco, mais je présume que par lector in fabula il est question d'un lecteur imaginaire, et sans doute aussi idéal. Mon exigence d'écrivain est mon exigence de lectrice – c'est donc aussi l'exigence que je suppose à (ou même que j'attends de) mes potentiels lecteurs. J'aime l'idée de faire ma part du travail : proposer au lecteur un livre solidement construit, nourrissant, dans lequel on peut avoir confiance, et ensuite, dans ce livre, laisser le lecteur libre, lui laisser des plages de réflexion intime, des endroits pour imaginer son décor, ce genre de choses.

J'aime que le livre soit comme une cabane que j'ai construite pour quelqu'un d'autre, que je ne connaîtrais jamais vraiment, ou trop tard. Ça, c'est quelque chose de fondamental dans l'écriture de roman : on essaye de donner des émotions à quelqu'un dont on ne sait rien, par papier interposé.

J'aime aussi comment on dirige le lecteur, dans certains cas, en créant un suspense ou en jouant sur la forme, comme si on faisait appel à son inconscient : il y a des règles presque académiques en littérature, que tous les lecteurs connaissent sans pouvoir nécessairement les verbaliser, et si on les modifie ponctuellement, on parvient parfois à désarmer totalement le lecteur, ce qui peut, occasionnellement, être très utile.

Hakim Malik : Vous parlez de l'acte de lecture d'une manière bouleversante : acte solitaire, salutaire, forme de méditation, de recueillement, voie pour partir à la découverte de ses semblables, tout comme Stevenson a pu l’écrire :

C'était le monde et j'étais roi ;
Pour moi les abeilles venaient chanter,
Pour moi volaient les hirondelles.

Julia Kerninon : Oui, alors voilà, pour moi, ça, c'est à la fois la merveille de la lecture et son danger : son auto-suffisance. Soyons clairs : je n'échangerais ça pour rien au monde, mais parfois je me demande dans quelle mesure l'autonomie, voire même l'autarcie, que me permet la lecture n'est pas trop importante, au sens où elle me rend relativement indifférente à d'autres choses pourtant également essentielles.

Mais je me pose sans doute la question simplement pour prétendre à l'honnêteté intellectuelle : dans les faits, je lis violemment, excessivement, insatiablement, et je ne suis pas prête à m'en excuser, et je veux les abeilles et les hirondelles et être seule et libre en mon royaume. Évidemment. Et avoir un enfant a tout changé – mais pas ça.

Hakim Malik : "Lire est une éducation" dites-vous. Si on considère l'état de la jeunesse quant à la lecture, seulement l'intérêt, l'éveil à la lecture, on ne peut que constater une considérable carence, un désintérêt superbe (assumé ?), bref une asthénie des jeunes face à la lecture (ce qu'il me semble observer au travers de mon métier).

Julia Kerninon : Le problème, en soi, ce n'est sans doute ni la lecture ni l'accès à la lecture ni l'état d'esprit de la jeunesse : le problème, c'est que nous vivons à une époque où, pour des raisons auxquelles je ne peux pas réfléchir tellement cela m'effraie, il est de bon ton de professer un certain mépris pour les choses intellectuelles, les choses abstraites, les choses subtiles.

Autrefois, dans un village, l'instituteur n'était pas un notable comme le médecin, mais il était respecté – aujourd'hui, on traite les professeurs des écoles comme des baby-sitters paresseux. Ça ne peut pas fonctionner. Rien de bon ne peut arriver dans une situation où les choses les plus hautes sont considérées comme étant les plus basses et vice-versa. Ce n'est pas viable.

Bien sûr qu'on peut vivre sans lire – l'être humain est étonnamment résistant et résilient – mais quelle vie vit-on exactement dans ce cas-là ? Et je ne fais pas allusion ici à ceux qui ne peuvent pas lire – parce que je pense qu'il existe des personnes pour qui lire est une chose très compliquée – mais à ceux qui choisissent de ne pas le faire.

Je sais que je suis un peu extrémiste, mais si je vais au fond de ma pensée, que quelqu'un puisse avoir des hobbies – c'est-à-dire du temps de loisir – et cependant ne pas lire m'emplit de peur et de colère à la fois. Parce que je ne pense pas qu'on puisse impunément faire l'impasse sur cette source d'information que sont les livres.

Hakim Malik : L'accès aux livres est a priori facile ; mais l'accès à la lecture plus compliqué. À cet égard votre expérience est intéressante et peut éventuellement faire des émules. J'ai même la tentation de placer votre dernier roman dans la lignée du 84, Charing Cross Road de Helen Hanff. Pensez-vous alors que lire peut "sauver" ? Amener ou ramener à la raison ? Stimuler la connaissance de l'autre par le biais de cet objet modestement séduisant ?

Julia Kerninon : Qui désire être sauvé, et de quoi exactement ? Et qu'est-ce que la raison ? Et est-ce que "stimuler" n'est pas un verbe un peu trop rationnel pour parler de l'effet de la lecture ? Ce que je veux dire, je crois, c'est que j'ai pour les livres un respect religieux, dont une des expressions consiste à ne rien attendre de leur lecture afin de pouvoir tout en recevoir. Les livres ne me doivent rien, n'ont pas d'effet automatique, ne sont pas des fortune cookies. Comme toutes les éducations, il faut la désirer vraiment pour en bénéficier.

Si les jeunes se désintéressent de la lecture, c'est vraisemblablement parce que personne ne les a convaincus, explicitement ou pas, de sa richesse. La connaissance des livres, la connaissance de soi-même en tant que lecteur est un long parcours qui ne connaît aucun raccourci, et c'est un parcours dont certains segments sont laborieux. Apprendre à lire – pas apprendre à déchiffrer, mais apprendre à lire facilement, peut-être aussi rapidement, savoir ce qu'on aime, où le trouver, comment le comprendre – cela prend du temps. Et je ne suis pas sûre que la patience soit une vertu suffisamment louée, et à sa juste valeur.

Je ne sais pas comment on transmet le goût des livres. Mais je pense qu'il doit exister des moyens. C'est Danilo Kis, je crois, qui disait que personne n'a rendu autant hommage aux livres que les dictateurs qui se sont tous assurés, dès leur arrivée au pouvoir, de mettre en place des autodafés. Leur crainte du livre imprimé est, selon Kis, la preuve paradoxale de leur respect. Dans La Fin de l'Homme rouge, Svetlana Alexievitch décrit l'importance qu'avaient les livres sous le Communisme, le soin avec lequel ils étaient transmis malgré la censure.

Hakim Malik : Les autodafés sont certes la preuve s’il en fallait une que les livres constituent un danger mais pas seulement dans les pays autoritaires, dictatures. Vous le dites justement, le mépris à l’endroit des choses intellectuelles, les choses pour lesquelles doivent s’exercer notre subjectivité libre et entière, me fait quand même dire que l’exercice de la lecture est une activité majeure dans l’acquisition des connaissances de bases et aussi des connaissances plus subtiles, plus nuancées. Les livres, par exemple (et des moindres) peuvent être un sésame pour une intégration réussie, ils donnent des outils, forgent l’esprit, développent une certaine liberté. L’idée « d’être sauvé » vient de ce constat. On pourrait expliciter le terme et l'idée de "sauvé" j'en conviens.

Julia Kerninon : Alors peut-être pas « sauvé », mais construit, nourri. On parle régulièrement du prix de la culture : il me semble que les livres représentent un investissement minimal, et inversement proportionnel à leur puissance de feu.

"En attendant, les universités, alors qu'elles nous fournissent des bibliothèques, ne nous proposent pas de professeurs de lecture, et m'est avis qu'il n'est pas de chaire dont on ait davantage besoin. Dans une bibliothèque, nous sommes entourés par des centaines d'amis chers (........) la loi de ces limbes où ils sont confinés impose qu'ils ne peuvent parler tant qu'on ne leur parle pas."

Hakim Malik : en résonnance avec les mots d’Emerson (in Société et solitude), le dialogue entre les livres et les lecteurs(trices) serait absent, entravé. Les écrivains peuvent-ils susciter la curiosité et l’intérêt ? Simplement en parlant de leurs livres mais surtout des livres qu'ils ont lus, ceux qui les ont bouleversés, émus instruits, changés, construits même. Non comme des « messies », mais à défaut d'être des professeurs de lecture, comme des passeurs. Bien entendu est soulevé ici la rupture qui existe entre les élèves et les professeurs quant à la découverte du goût de la lecture.

Julia Kerninon : Eh bien, je crois que ça dépend. Il ne faut pas oublier que le rôle de l'écrivain est simplement d’écrire. On essaye un peu trop souvent de nos jours d'essayer de lui faire porter d'autres responsabilités : animateur, performer, conteur, médiateur. Certains d'entre nous s'y prêtent de bonne grâce, d'autres moins.

Car au sein du peuple des écrivains coexistent une infinité de personnalités tout à fait distinctes, dont la pratique littéraire en tant que pratique est parfois le seul point commun. Je suis, moi-même, un écrivain-lecteur compulsif – c'est-à-dire qu'on pourrait dire que mon signe est écrivain et mon ascendant lecteur, pour le dire simplement.

Dans cette position, je vais naturellement avoir tendance à évoquer mes lectures – mais il s'agit simplement d'une position, et il me semblerait absolument déplacé d'attendre de l'ensemble des écrivains qu'ils se fassent les passeurs de quoi que ce soit. Je parle ici en mon seul nom. Et pour ce qui est d'Emerson, malgré toute son éloquence, tout ce que je puis dire c'est que je ne crois pas à une société encadrée au point qu'il existe des professeurs de lecture.

Je ne place que peu de choses plus haut que la solitude – je refuse d'être guidée dans mon chemin de lectrice. Si je vais vraiment au fond de ma pensée, il me semble parfois que les êtres humains seraient à la fois plus heureux et plus compétents s'ils cessaient de vouloir toujours faire les choses collectivement, pour essayer de les faire seuls. La lecture, en tout cas, me paraît une affaire trop franchement privée pour supporter des instructeurs.

Hakim Malik : Votre sortie concernant Emerson est (je vous livre le ressenti tel quel, brut) un peu féroce. Loin de sacraliser l'auteur ou un livre, l'idée de trouver des vecteurs, des personnes qui sachent faire le pont entre les livres les gens est essentielle et vitale. Imaginons qu'Emerson évoquait cette partie justement de la population qui ne lit pas non pas manque de volonté ou désintérêt mais par peur, méconnaissance. Pour faire naitre un lecteur à la lecture il faut à un moment ou à un autre que quelqu'un lui mette entre les mains le livre qui sera le sésame à la merveilleuse et inépuisable aventure de la lecture. C'est en cela que l'idée que développe Emerson me semble pertinente. Il est évident que la seule perspective d'"encadrer", de formater des gens à la lecture est effrayante.

Julia Kerninon : Il est effectivement très possible que je sur-réagisse à la remarque d'Emerson. Ou plus simplement, il se trouve que je ne suis pas d'accord avec lui. Je ne prétends pas avoir raison – mais il me semble qu'un professeur de lecture est un concept assez vain, et que les livres se lisent seul(e), et que c'est pour cela que je les aime, d'ailleurs.

Hakim Malik : Je rebondis sur votre propos sur le fait que faire les choses seul serait la condition pour être heureux et plus compétent. Pourriez-vous développer ?

Julia Kerninon : Encore une fois, je ne prétends pas avoir raison. C'est uniquement le regard que je pose sur le monde, et il est nécessairement très discutable. Mais il me semble que la solitude, et ce qu'elle offre ponctuellement d'autarcie mentale, sont des vertus très sous-estimées. On loue la puissance du groupe, l'intérêt du collectif, la collaboration, l'esprit d'équipe, et on ignore ou presque l'importance de se connaître soi-même, de se nourrir intellectuellement par soi-même, d'avoir des pensées secrètes. Je pense qu'être est une construction, et qui nécessite du soin. C'est tout.

Hakim Malik : L'acte de lecture est un acte solitaire qui finalement développe encore plus et mieux la faculté à vivre, exercer et accepter sa solitude.

Julia Kerninon : Oui. Encore que de mon point de vue la solitude ne pose pas, vous vous en doutez, de problème d'acceptation. La solitude est une compétence précieuse, non un obstacle à surmonter.

Hakim Malik : Vous opposez donc le collectif à l'acte solitaire. Je pense que le collectif étant composé d'individualités, chacun selon ses forces, ses compétences, peut directement ou indirectement apporter à l'ensemble. À cet égard, votre récit qui évoque votre parcours propre et intime, produit un objet tangible ; sa lecture sera certainement (cela est déjà le cas d'ailleurs) pour nombre de lecteurs et de lectrices une "révélation" , une évasion, une source de motivation ou même qui sait ? sera-t-il à l'origine de la naissance d'un(e) écrivain(e)?

Julia Kerninon : Tant mieux. Mais vous mêlez ici, à mon avis, deux choses différentes : au moment où je fais le livre, il s'agit d'un acte solitaire. Cependant, dans la mesure où l'objet de ce travail est destiné à être lu par d'autres, je m'applique à faire en sorte qu'il soit lisible. L'écriture est un moyen de communication : j'écris seule, mais je n'écris pas pour moi seule. Et c'est seulement lors de la publication que le livre en vient à appartenir non plus à moi, mais au collectif.

Hakim Malik : Vous avez lu depuis 2007, 1450 livres! Je n'ai pas fait le calcul pour ramener cela à la cadence mensuelle mais le chiffre reste impressionnant. Vos lectures, justement, quelles sont-elles ? Partagez-vous vos ressentis après vos lectures ?


Julia Kerninon : Je lis des romans, en français ou en anglais, des livres sur la peinture, des recueils d'entretiens, des biographies, des études littéraires, Agatha Christie, de la sociologie, des bandes dessinées, et beaucoup de livres qui ne rentrent dans aucune case. Je lis assez peu de littérature française récente, et à peu près aucune science-fiction. Je parle de ce que je lis avec l’homme avec qui je vis, avec les libraires et les lecteurs que je rencontre, et avec les quelques écrivains que je fréquente.

Hakim Malik : Votre dernier roman, Ma Dévotion (Rouergue, 2018), met en scène une femme dont l’intérêt pour la lecture et les livres caractérisent presque sa personnalité ; dès son enfance c'est dans la lecture et les bibliothèques qu'elle forgera la femme qu'elle est. Elle travaillera d'ailleurs dans l'édition. Helen nous rappelle la jeune femme que nous avons rencontrée dans Une activité respectable. Votre alter ego?

Julia Kerninon : Non, pas vraiment. Quand je veux parler de moi, je fais un livre ouvertement autobiographique, comme c’était le cas d’Une activité respectable. Au premier abord, je comprends qu’Helen puisse paraître me ressembler, mais c’est comme un gâteau différent fait avec les mêmes ingrédients, en vérité.

Mais surtout, j’ai pris une décision presque politique récemment, celle de toujours faire de mes personnages – ou du moins de certains d’entre eux, dans chaque livre – des lecteurs. Pour rappeler que la lecture fait partie de la vie, et que sa pratique ne devrait pas être un trait particulièrement remarquable chez un être humain.

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Antoine Cardinale collabore aux Ensablés depuis plusieurs année : cette interview qu'il nous propose a été réalisée suite à la publication d'un livre "oublié" d'Alexandre Dumas, Black, par une maison d'édition courageuse, qui soigne en outre la présentation de ses livres.. Par ailleurs, les Ensablés cherchent également à promouvoir les maisons d'édition pas forcément très connues, mais qui ont le courage de publier des livres... perdus dans les sables.

25/04/2021, 10:23

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“Le livre résiste partout, en France et en Italie” (Vincent Raynaud)

ENTRETIEN – « Je suis devenu traducteur d’italien parce que c’est l’une des langues que je lisais et quand j’ai commencé, il y a 20 ans, fin 2001, bizarrement il n’y avait pas beaucoup de traducteurs de l’italien. Il y avait d’excellents traducteurs, mais ils n’étaient pas très nombreux », nous explique Vincent Raynaud, qui officie également en espagnol et en anglais. Un entretien croisé entre France et Italie, autour de la littérature et de ses auteurs.

23/04/2021, 14:10

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Voyage dans la Rome de Gianfranco Calligarich, avec sa traductrice

Voici l’un des textes « intemporels » de la littérature italienne : Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich. Depuis 1973, date de sa parution, l’ouvrage du cinéaste et dramaturge, L'ultima estate in città, était resté inédit en France. Ancré à Rome, dans les années 60, il suit les déboires du jeune milanais Leo Gazzarra, perdu dans une vie privée de sens. Entretien avec la traductrice Laura Brignon.

13/04/2021, 09:51

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Bientôt morts, vivants en sursis : Pré-Mortem, à découvrir en 6 séries et films

Patrick McSpare vient de faire paraître aux éditions Leha son dernier roman, Pré-Mortem. Ce passionné de mythologie celtique fait toujours naviguer ses univers entre un monde réel et des créatures fantastiques, pas toujours commodes. Dans ce livre, l’humanité tout entière apprend le jour précis de sa mort, lors de l’apparition de Banshees, le 31 octobre. Joyeux Hallloween…

02/04/2021, 09:43

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Juan Branco : “Il y a encore la possibilité d’une guerre civile dans ce pays”

ENTRETIEN — En 2018, Juan Branco publiait Crépuscule, un ouvrage qui mettait en lumière les puissances à l’œuvre derrière l’ascension d’Emmanuel Macron. Devenu un best-seller, le pamphlet avait accompagné l’élan révolutionnaire des Gilets jaunes. Aujourd’hui, l’avocat dissident publie un nouveau manifeste aux éditions Michel Lafon : Abattre l’Ennemi. Au sein de cette œuvre dont le titre annonce déjà la couleur, c’est une refonte totale de la politique française qui est proposée au lecteur « Ce livre est là pour aider ceux qui le souhaitent à rompre avec le système existant dans les mois et années à venir. »

 

31/03/2021, 15:27

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“Chaque traduction est une nouvelle traduction“, Nathalie Bauer

Assise à un ancien bureau en bois, une série de gravures raffinées derrière elle, une femme élégante répond avec affabilité et calme à nos questions. Il s'agit de Nathalie Bauer, l'une des plus célèbres traductrices de l'italien vers le français, avec plus de cent cinquante ouvrages à son actif. Sa passion pour la langue italienne est née à l'âge de quinze ans et s’est développée en autodidacte à l’aide d’un livre, L’italien en 90 leçons. Son travail a commencé par hasard, à une époque plus facile, où l’on pouvait encore faire de la traduction littéraire son seul métier.  Par Thea Rimini.

09/03/2021, 08:57

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Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

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Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier. Par Paolo Grossi.

01/03/2021, 09:10

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

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“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

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Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00

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Michèle Benbunan : avec Vivendi, Editis “est présent dans tous les univers médias”

« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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L'agence littéraire britannique Curtis Brown se tourne vers les auteurs français

EXCLUSIF – Curtis Brown est l’une des plus anciennes agences littéraires britanniques, fondée en 1899 par Albert Curtis Brown. Depuis, la structure a amplement dépassé le cadre de la représentation d’auteurs, pour déborder sur d’autres secteurs culturels. Francophones toutes deux, Roxane Edouard et Claire Nozieres, vont lancer un pont entre la perfide Albion et l’Hexagone. 

07/10/2020, 10:06

Autres articles de la rubrique À la loupe

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“Un libraire doit-il vendre le livre d’Eric Zemmour ?”

Voilà une semaine maintenant que La France n’a pas dit son dernier mot est disponible dans les différents points de vente et en ligne. Un succès revendiqué par l’auteur du Destin français, dont la mise en place dépassait les 150.000 exemplaires. Avec un cas de conscience qui se pose chez les libraires : vendre ou ne pas vendre Éric Zemmour. Marc Georges, qui dirige La Demeure du livre, à La Perrière (Orne), intervient dans nos colonnes avec quelques réflexions à partager.

20/09/2021, 09:04

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Babel, Sisyphe et Tantale dans un bateau : mettre le Horla à la rentrée littéraire

Outre le raccourcissement désormais flagrant des journées, les aléas météorologiques qui contraignent à troquer bermudas et t-shirts pour jeans et chemises, tout va bien madame la Marquise. Alors d’où me vient cette langueur que Verlaine n’aurait pas boudée ? Une anémie qui ne doit rien à mes globules rouges, merci pour eux, et pourtant sévit, jour après jour… La réponse était dans l’énoncé. Ou plutôt, sur le bureau d’en face…

18/09/2021, 13:01

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Raphaël Glucksmann : “La politique souffre d’abord d’une absence de littérature”

ÉVÉNEMENT – Au fil des éditions, les Bibliothèques idéales de Strasbourg voient de plus en plus grand. Cette année, malgré les complications épidémiques, « les Livres ont pris le pouvoir », bel et bien : 200 écrivains, intellectuels, acteurs et musiciens ont investi la capitale alsacienne pendant 10 jours pour faire de ces rencontres un rendez-vous incontournable de la vie culturelle d’abord strasbourgeoise, ensuite alsacienne, bientôt française. Retour d’expérience. 

15/09/2021, 17:33

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Dicker, Zemmour et Sattouf : comment l'indépendance des auteurs effraie l'édition

Dicker, Zemmour, Sattouf : trois noms significatifs dans l’édition puisqu’ils pèsent à eux seuls plusieurs millions d'euros de chiffre d’affaires. Ils ont tous opté pour un changement de paradigme, mais réellement en rupture avec l’industrie du livre jusqu’à lors connue ? Pour point commun, un outil de diffusion et distribution qui leur ouvrira les portes des libraires, grandes surfaces culturelles et autres enseignes… Bref, les points de vente du livre. Un schéma disruptif, supposément, qui provoque des sueurs froides dans l’ensemble du milieu. Panique à Saint-Germain ?

10/09/2021, 11:52

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Issues de la collection de Stefan Zweig, deux partitions inédites de Schumann retrouvées

Il est des vieux papiers que l’on exhume, avec une odeur d’antan, mais dont on ne soupçonne pas que leur histoire nous emportera loin, bien loin. Au sein de la Fondation Martin Bodmer (Cologny, canton de Genève), quatre pièces inédites ont été retrouvées. Muriel Brandt, chargée de mission pour la mise en valeur des partitions autographes en aurait dansé au son des lieder de Robert Schumann, ainsi que deux autres pièces, de Georges Bizet et Charles Gounod. 

03/09/2021, 13:17

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Masque sous le nez, Plume dans le postérieur : Saint-Germain des Près a encore frappé

Depuis 1955 que l’émission littéraire hebdomadaire critique les univers culturels — cinéma, théâtre ou livres — on pourrait s’attendre à un minimum de connaissances économiques sur ces secteurs. Pourtant, Le Masque et la plume, que Jérôme Garcin présente depuis plus de 30 ans, démontre que le germanopratisme a de beaux jours devant lui. Comprendre : quand les chroniqueurs s’en prennent sévèrement à Virginie Grimaldi, on touche le fond du fond radiophonique. 

01/09/2021, 12:50

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Vente d'épreuves non corrigées : collectionneur illuminé ou attrape-nigaud ?

Le marché du livre d’occasion fait pousser des soupirs désabusés aux organisations d’auteurs depuis bien longtemps. C’est pourtant en toute légalité que l’acheteur de livre papier peut revendre on exemplaire. Il existerait en revanche un autre marché, navigant dans une zone grise nettement plus contestable, installé sur le net français : celui des épreuves non corrigées. Des textes et des ouvrages non-commercialisables, mais qui servent aux éditeurs à faire connaître leurs publications très en amont…

31/08/2021, 13:04

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Crise du papier en France : pourra-t-on imprimer le prix Goncourt ?

En 2019, l’industrie papetière représentait 5,4 milliards €, incluant papiers et cartons, selon Copacel, organisation patronale. En somme, un douzième de ce que pèse la filière forêt-bois, matière première essentielle. Or, depuis fin 2019, plusieurs facteurs distincts provoquent une pénurie de papier. Et si les usages graphiques — incluant la production de livres — ne représentaient que 1,6 million de tonnes sur les 7,3 millions globales, la situation va en s’aggravant depuis la pandémie. 

 

24/08/2021, 14:47

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En Afghanistan, “les créateurs sont pourchassés, risquent la torture et la mort”

La progression et le retour des talibans au pouvoir, à la faveur du retrait des forces internationales de l'Afghanistan, inquiètent le monde entier. Le devenir des libertés individuelles semble plus que jamais menacé dans le pays, et le Pen club français, qui défend la liberté d'expression, appelle le gouvernement français à prendre des mesures d'accueil fortes.

24/08/2021, 09:31

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 7. XXe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette septième partie est consacrée aux traducteurs du XXe siècle, qui prônent une traduction non littérale pour les œuvres de fiction et qui créent une nouvelle discipline dénommée traductologie. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

20/08/2021, 10:03

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 6. XIXe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette sixième partie est consacrée aux traducteurs du XIXe siècle, qui affinent leurs méthodes et tentent de nouvelles approches dans leur art. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

19/08/2021, 10:24

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 5. XVIIIe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette cinquième partie est consacrée aux traducteurs du XVIIIe siècle, qui prennent pour habitude de traduire d’une langue étrangère vers leur langue maternelle, et non le contraire. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

18/08/2021, 11:07

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 4. XVIIe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette quatrième partie est consacrée aux traducteurs du XVIIe siècle, dont les traductions tentent d’être plus fidèles et transparentes que celles de leurs collègues des siècles passés. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

17/08/2021, 10:36

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 3. XVIe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette troisième partie est consacrée aux traducteurs du XVIe siècle, qui traduisent les auteurs classiques et la Bible dans des langues modernes (anglais, allemand, français, etc.). Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

16/08/2021, 10:46

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Biélorussie : la France doit “déclencher une initiative internationale” contre Loukachenko

L'anniversaire de la réélection contestée d'Alexandre Loukachenko à la présidence de la Biélorussie d'août 2020 fut marqué par la dissolution du Centre PEN national, qui lutte pour la liberté d'expression des écrivains. Le triste symbole d'un régime autoritaire qui s'installe et perdure : le Club PEN français, dans un courrier à Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, exhorte celui-ci à l'action. Nous reproduisons ci-dessous le texte envoyé, en intégralité.

16/08/2021, 10:44

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 2. Moyen Âge

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette deuxième partie est consacrée aux traducteurs du Moyen Âge, qui favorisent le développement des langues et cultures vernaculaires. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

14/08/2021, 10:48

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 1. Antiquité

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette première partie est consacrée aux traducteurs de l’Antiquité et à leur rôle de passerelle entre plusieurs langues, cultures et civilisations. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

13/08/2021, 13:35

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Finalement, Éric Zemmour a trouvé presque mieux qu'un éditeur

Secret de polichinelle, peut-être, mais bien conservé tout de même. Et surtout coup de maître, quand on pense aux ramifications, de la part d’Editis. Eric Zemmour, auteur esseulé, qu’Albin Michel avait dégagé de son catalogue de rentrée, n’avait d’autres options que l’autopublication pour maintenir la sortie de son livre. Il a donc ajouté une société d’édition aux cordes de sa propre entreprise, Rubempré. Et tant qu'à faire, autant se trouver une structure de diffusion, pour assurer la présence dans les points de vente, non ?

09/08/2021, 11:20

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Bob Morane, ou l'ombre jaune de Roselyne Bachelot

Une nouvelle fois, le cabinet de la ministre fait grincer des dents. Ou bien faut-il considérer que l’année de la BD étant close, tout ce qui touche au 9e art se relaie à l’arrière-plan ? Henri Vernes ne méritait pas même un tweet, service de communication ministérielle a minima ? Non, manifestement non. Parce qu’en effet, Bob Morane n’a pas vraiment l’ampleur ni la présence justifiant que l’on se fende d’un hommage, même concis. Et puis, ce sont les vacances, pas question de faire du zèle ?

28/07/2021, 12:27

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Le Pass sanitaire : “Bombe à fragmentation pour la lecture publique”

Déjà préoccupés depuis la publication du décret d’application, les établissements de lecture publique s’inquiètent plus encore de voir la législation poindre. L’accord trouvé par la Commission mixte paritaire sur le projet de loi sanitaire laisse planer plus d’inquiétudes encore. L’interassociation des bibliothèques et bibliothécaires diffuse un message d’alerte, ici reproduit dans son intégralité.

26/07/2021, 18:44

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“Je voudrais que l’oral fasse suer l’écrit”, Gilles Defacque

Voilà maintenant un mois que le ministère de la Culture a annoncé le départ de Gilles Defacque de la direction du Prato, pôle national du cirque de Lille. Remplacé par Célia Deliau, directrice du Cirque Jules Verne, pôle national du cirque d’Amiens, depuis 2016, c’est une page qui se tourne. Départ dans cette bibliothèque peu commune, celle du metteur en scène, clown, poète, Gilles Defacque.

26/07/2021, 12:18

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La loi Climat et résilience briderait inutilement “l’activité de l’industrie papetière”

La « Convention citoyenne pour le climat » est, depuis sa création, présentée comme un moyen pour accélérer la lutte contre le changement climatique. LObjectif premier : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, partout en France. Bien qu’engagée dans cet effort vers une industrie plus « verte », l’Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses a exprimé ses inquiétudes. Nous publions ici leur réaction dans son intégralité.

22/07/2021, 13:17

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Un procès insensé : “L’Internet Archive a un cœur, et sait s’en servir”

Lorsque j'ai entendu parler des poursuites judiciaires pour non-respect du droit d’auteur intentées le 1er juin 2020 aux États-Unis par quatre grands éditeurs (Hachette, Penguin Random House, Wiley, HarperCollins) à l’Internet Archive pour son Open Library, et ce en pleine pandémie, je n’arrivais pas à y croire. Et ce mauvais rêve se transforme en cauchemar puisqu'un procès retentissant doit débuter le 12 novembre 2021.

22/07/2021, 10:42

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Maroc : le procès Radi et Stitou dévoile “une gouvernance par la terreur”

Reporters Sans Frontières parlent d’un « procès de la honte » après que le verdict ait été rendu : la justice marocaine condamne Omar Radi et Imad Stitou au terme d’une « procédure entachée d’irrégularité ». Accusés de viol, d’espionnage ou encore de non-dénonciation d’un crime, la cour de Casablanca n’a pas fait dans la demi-mesure. Jean-Philippe Domecq, Président au PEN Club français du Comité des écrivains persécutés livre ici un texte pétri d’indignation.

21/07/2021, 14:53

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Aux auteurs biélorusses, “nous redisons notre admiration” (Pen Club français)

Les citoyens, militants de la démocratie et auteurs biélorusses viennent de subir une nouvelle vague répressive, en Biélorussie. Sur ordre du président Alexandre Loukachenko, plusieurs centaines d'organisations non gouvernementales ont été visées par des perquisitions, le 14 juillet dernier. Parmi celles-ci, l'Union des écrivains biélorusses et le Pen Club local. Le Pen Club français exprime sa solidarité, dans nos colonnes.

19/07/2021, 09:47

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Les auteurs existent-ils vraiment ?

Avons-nous réellement progressé depuis le bureau de législation dramatique par Beaumarchais, précurseur de la Sacd ou de la Sacem ? Nous en sommes toujours à « Compose Le Boléro ou Born to be alive… scénarise un block-buster… Sois téléchargé un million de fois ou tais-toi ! » ! par Olivier Cohen, membre du conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnels.

15/07/2021, 12:23

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Brewster Kahle, archiviste ultra

PORTRAIT – Bientôt au cœur d'un tonitruant procès intenté par quatre grands groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive célèbre, en 2021, ses 25 ans. Depuis 1996, elle abrite des sauvegardes du web mondial, mais aussi des exemplaires numériques de films, enregistrements audio, jeux vidéo, journaux ou encore livres. Portrait du bâtisseur de cette bibliothèque d'Alexandrie, Brewster Kahle.

14/07/2021, 14:53

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“Nous sommes des centaines, chaque année, à rencontrer élèves et étudiants”

La Maison des écrivains est soutenue par les auteurs et les autrices qui la font vivre, qui travaillent avec son équipe au quotidien, et qui rencontrent, avec elle, leurs lecteurs, notamment grâce aux actions importantes, uniques au plan national, que conduit la Maison pour l'éducation artistique et culturelle. Une lettre ouverte au Président de la République le rappelle au moment où celui-ci vient, ce 17 juin, de déclarer vouloir faire de la lecture une grande cause nationale.

14/07/2021, 09:23

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“40 ans après la loi Lang, c’est toute la chaîne du livre qu’il faut sécuriser”

Parce qu'un peu d'histoire ne fait jamais de mal, surtout à une époque de contre-vérités rapidement disséminées, Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise nous propose un retour dans le temps. Et de ramener de ce voyage quelques éléments pour éclairer le présent. Voire, qui sait : trouver des perspectives pour consolider la chaîne du livre dans son ensemble.  

10/07/2021, 10:14

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“En réalité, Milan Kundera écrivait déjà en français dans ses romans tchèques”

Paru en italien en 2013, puis aux éditions Gallimard en avril 2014, La fête de l’insignifiance fait désormais l’objet d’une édition en tchèque. Anna Kareninová — traductrice éminente et reconnue — a la responsabilité de rendre les textes de Milan Kundera en tchèque. Elle signe également la postface de cette édition (dans une traduction opérée par Anna Kubišta). Les éditions Atlantis, qui ont publié ce livre en 2020, nous offrent ainsi un regard inédit, personnel et complexe sur le travail même de traduction.

06/07/2021, 13:50

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La littérature, cet outil de connaissance

Le PEN Club, au carrefour international des cultures, est de ce fait bien placé pour constater que la littérature est au croisement de la création et de la connaissance. Ayant pour mission fondatrice la défense de la liberté d’expression et celle-ci n’étant pas divisible, le réseau solidaire des PEN Clubs nationaux a à connaître et faire connaître toute forme d’expression qui est opprimée parce qu’elle porte l’émancipation, la pensée mobile, donc critique, et les mutations de la sensibilité — autant dire : la littérature. Par Jean-Philippe Domecq.

06/07/2021, 10:07

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Le livre numérique, 50 ans d'existence et de lectures

Il fut le compagnon des lecteurs, au cours de cette année pandémique 2020, certains en ont découvert les vertus, par l’offre gratuite et libre de droit, d’autres le coût avec des titres plus récents. Mais le livre numérique, ou ebook, n’est pas ce jeune premier que la presse présente depuis quelques années. Voilà désormais 50 ans que ce format se construit, évolue, à travers les progrès technologiques et les investissements d’entreprises. Bon anniversaire, petit cinquantenaire.

03/07/2021, 11:35

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Des éditions collector de mangas victimes de la spéculation

Depuis le début de l'année 2021, le manga bat tous les records de vente dans les librairies françaises. Pour entretenir l'engouement et s'assurer la fidélité d'un public qui pourrait se contenter de versions numériques, voire de scans illégaux, les éditeurs n'hésitent pas à publier des versions collector, en quantité limitée. Maisons d'édition et libraires ne peuvent toutefois que constater le développement d'un marché parallèle, où la revente se fait au prix d'une intense spéculation.

02/07/2021, 13:23

ActuaLitté

Histoire de l’ebook #17 - Les grandes dates du Projet Gutenberg

« Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes œuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d’enseignement. » (Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg et père de l’ebook)

02/07/2021, 09:21

ActuaLitté

Feel good books ? “Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ?”

Écrire ne m'a jamais fait manger.J'ai fait ce que l'on appelle délicatement des "succès d'estime", ce qui veut dire que je n'ai eu aucune critique négative - quelle chance !-  mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 ex. Tout cela en étant publiée par de belles maisons. Par Cathy Galliegue.

01/07/2021, 09:09

ActuaLitté

Histoire de l’ebook #15 - Un hommage aux bibliothécaires

Le/la bibliothécaire a toujours eu un rôle charnière dans le monde du livre, y compris numérique. Les bibliothèques sont largement couvertes par les médias, mais qu’en est-il de ceux et celles qui les font fonctionner ? Une première version de ce texte fut publiée dans ActuaLitté en 2016. Voici aujourd'hui une version revue et actualisée pour inclure les ultimes développements de la profession. L’auteure fut elle-même bibliothécaire avant d’être traductrice.

30/06/2021, 10:29