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Ange Mbelle : “Tisser des liens pour le livre africain

Une approche pragmatique du marché, un parler franc et une vraie dynamique entrepreneuriale, Ange Mbelle a créé GVG, une structure de distribution. Basée à Douala (Cameroun), elle rayonne dans plusieurs pays de la région. Attentive aux pratiques des éditeurs, elle encourage les libraires et autres points de vente à développer leur offre de livres. Propos recueillis par Agnès Debiage, fondatrice d’ADCF Africa.

Le 02/10/2023 à 15:01 par Agnès Debiage

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Publié le :

02/10/2023 à 15:01

Agnès Debiage

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Ange Mbelle est une proactive, une conquérante qui veut faire bouger les lignes pour que tout le monde trouve sa place dans cet écosystème du livre en Afrique. Elle tisse des liens à l’international, s’aventure sur des zones anglophones, incite des petits revendeurs à se professionnaliser. Elle sait être patiente et s’inscrit dans une logique de construction, de structuration et surtout de confiance. Son nom revient souvent lorsqu’on parle de distribution en Afrique.

Après avoir échangé à plusieurs reprises avec elle, on s’est finalement rencontrées à la Booksellers conference (Charjah) en avril dernier. Ange porte un regard sans concession sur cette chaîne du livre en Afrique et veut juste que tout le monde fasse sa part de travail pour améliorer la diffusion et la vente des ouvrages édités sur le continent. 

Pourquoi devenir distributrice dans un contexte où ce maillon intermédiaire n’existe quasiment pas ?

Ange Mbelle : Être distributrice s’est imposé à moi. Je ne l’ai pas vraiment prémédité. Je n’en ai pas rêvé. J’ai toujours été une grande lectrice. Quand je me suis intéressée à ce qui s’écrivait chez nous, au Cameroun, en Afrique, j’ai constaté qu’il y avait un gros vide. J’en ai cherché la raison et me suis aperçue que je ne savais où trouver cette offre de livres.

Je n’avais pas de librairie à proximité qui remplissait ce rôle. Je me suis demandé si nous avions, au Cameroun et dans les pays environnants, une vraie littérature contemporaine ? Bien sûr, je connaissais mes classiques. En cherchant sur internet, j’ai réalisé que, chez nous, et cela m’a paru très étrange, c’était souvent les auteurs qui vendaient eux-mêmes leurs livres. En approfondissant la question pour comprendre et en observant les pratiques, j’ai perçu qu’il y avait un maillon qui manquait dans ce schéma initial : la distribution.

Partant de ce constat de départ, j’ai commencé à réfléchir à ce qui pouvait être fait pour que cela change.

Comment avez-vous intégré cette chaîne du livre ?

Ange Mbelle : Je n’ai rien inventé ! Je me suis basée sur la connaissance de nos réalités locales et la prise en compte de nos mentalités et nos mécanismes de réflexion. 

Pourquoi le livre se vend-il ailleurs et pas chez nous ? Ma première constatation a été qu’un produit qui n’est pas visible ne peut pas se vendre. Il fallait donc que les livres soient présents dans pas mal de points de vente. Je suis aussi partie en me demandant où sont les clients potentiels, quels sont leurs parcours, où achètent-ils habituellement ? Dès le début, j’ai été consciente que c’était à moi d’aller vers eux, de placer le livre sur leur chemin. Ils vont dans des supérettes, des stations-service, les commerces de proximité…

Ma deuxième question a posé la situation : que dois-je faire pour que le point de vente qui ne vend pas de livres ait envie de lui consacrer un petit espace et que ça l’intéresse ? À chaque étape, je me suis mise à la place de l’autre : du client potentiel, du commerçant, du libraire (mais il y en a peu). Pareil pour les éditeurs : j’ai observé comment ils travaillent, comment ils réfléchissent et j’ai essayé de mettre en place des stratégies qui leur permettent d’essayer de m’écouter et, à terme, qui les aident à vendre leurs ouvrages.

Justement, comment ont réagi les éditeurs camerounais ?

Ange Mbelle : Cela a été tout un processus. Au départ, je n’ai eu d’autre choix que d’intégrer leur manière de travailler (dans l’optique réfléchie et avouée d’avoir leur attention), car personne ne me connaissait (ni les éditeurs ni les revendeurs). Et puis, les boutiques m’ont d’emblée rétorqué que les livres ne se vendaient pas. J’ai acquiescé et je leur ai proposé un test où j’assurais la mise en place, sans aucun engagement de leur part. Et là, ô surprise, les livres ont commencé à se vendre ! Ils étaient étonnés de la réaction de leurs clients et des demandes spécifiques des lecteurs pour savoir s’ils avaient d’autres livres, des auteurs ou types précis d’ouvrages...

Au niveau des éditeurs, j’ai suivi la même démarche. Très souvent en Afrique, lorsqu’un éditeur publie un livre, il organise plusieurs dédicaces censées vendre une partie du stock. Puis, souvent, il confie les exemplaires restants à l’auteur qui est censé les écouler.

Je suis donc allée voir les éditeurs en leur demandant combien de livres ils vendaient. Et si moi, je vendais 25 % en plus ou 50 % en plus, seraient-ils intéressés ? Là, certains m’ont regardée dubitatifs. Mais comme ils n’avaient rien à perdre, ils se sont laissé tenter…

Je n’ai pas parlé de distribution, je suis juste repartie de la réalité de leur marché. Quand on dit « si je te vends 100 livres en plus, est-ce que cela t’intéresse ? », bien sûr que cela attire leur attention ! « Mais si tu n’achètes pas comptant, je ne peux pas te donner 100 » me rétorquaient-ils. « Aucun souci, donne-moi les quantités qui te conviennent et on essaye. »

Quand on évoque la question des remises avec l’éditeur, il te propose moins qu’un libraire. Aucun souci : j’ai accepté, car je voulais qu’ils comprennent qu’ils pouvaient faire évoluer leur modèle économique. Ce n’était pas rentable pour moi, mais je considérais cela comme mon investissement. Je construisais et j’amenais les éditeurs à réfléchir différemment.

Une semaine après, je leur apportais l’argent des exemplaires confiés et ils me proposaient le double. Petit à petit… À la dixième fois, ils commencèrent à me demander ce que je faisais et comment j’arrivais à vendre ces livres. Ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai commencé à expliquer comment fonctionne la distribution.

C’est aussi à ce stade que j’ai clarifié certains points : voilà ce que tu me payes jusqu’à présent et voilà ce que tu devrais m’accorder comme remise pour que je puisse continuer. En tant qu’éditeur, tu n’as pas prévu cela dans le calcul de tes prix, alors fais évoluer ton business model dans les 6 mois à venir pour l’intégrer en douceur si tu estimes que ce que je vends est important pour toi. C’est comme cela que j’ai réussi à obtenir la confiance des éditeurs. Au fur et à mesure, en leur prouvant, résultats à l’appui, que ma démarche était à notre avantage à tous. Et comme les éditeurs sont constitués en associations, ils ont commencé à parler de moi, de mes résultats. Voilà, les choses ont avancé progressivement sans les brusquer.

Aujourd’hui, combien d’éditeurs distribuez-vous ?

Ange Mbelle : À peu près 70. Une bonne moitié sont des éditeurs camerounais. Ensuite viennent des éditeurs ivoiriens, sénégalais, togolais. Il y a aussi des éditeurs et des diffuseurs-distributeurs français. Je suis consciente que je ne peux pas couvrir le monde entier et qu’il faut faire des choix.

J’œuvre pour que d’autres structures de distribution me permettent d’obtenir des livres d’autres pays d’Afrique et que les ouvrages que je distribue continuent à circuler ailleurs. Expérimenter ne veut pas dire réussir ; mais il est essentiel pour moi d’essayer. À chaque niveau, j’identifie ce qui ne fonctionne pas et je cherche, je teste de nouvelles options qui pourraient devenir des solutions.

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Quel regard portez-vous sur les librairies du Cameroun ?

Ange Mbelle : Les librairies du Cameroun sont très particulières et je dois avouer que ce sont les derniers interlocuteurs vers lesquels je suis allée. Parfois, les livres que je distribuais étaient déjà présents dans ces librairies. Mais, je me suis surtout aperçue qu’il y avait plus de papeterie que de livres dans ces espaces. Je voulais les amener à s’intéresser à ma manière de travailler, notamment en ce qui concerne la littérature. Cela a été difficile au début. Mais je suis heureuse que les libraires commencent à s’intéresser à la littérature et qu’ils me fassent confiance.

J’ai vite compris, et je ne m’y attendais pas du tout, que les libraires ne mettent en vitrine que ce qui leur plaît personnellement, sans réfléchir à leurs clientèles. L’importance de modifier leur point de vue en se mettant à la place du client a été très compliquée à leur expliquer. Je leur ai prodigué beaucoup de conseils qui ont porté leurs fruits et la confiance s’est petit à petit instaurée entre nous. Ils se sont mis à me poser des questions et à s’intéresser aux livres.

Je travaille aussi avec pas mal de librairies en ligne. Cela vous surprendra peut-être si je vous dis que quasiment toutes ces librairies virtuelles ont l’intention d’ouvrir une librairie physique. Nous les accompagnons volontiers dans ce processus. D’ailleurs, dans les 6 mois à venir, probablement deux d’entre elles vont franchir ce pas.

Les libraires camerounais ont-ils une bonne connaissance des fonds qu’ils vendent ?

Ange Mbelle : Non. Ils n’en ont pas vraiment. La plupart ne sont pas lecteurs. Et comme ils n’achètent pas les livres puisque les éditeurs les leur laissent en dépôt, ils ne sont guère motivés à fournir des efforts. Mais j’estime que ce n’est pas le système du dépôt-vente en lui-même qui freine la vente du livre au Cameroun. Au contraire, cela peut être un atout quand on l’utilise à bon escient. Il faut que les libraires réalisent qu’ils peuvent vendre des livres et ça les motivera à s’y intéresser.

Ce qui est fondamental, c’est d’accompagner ces libraires. Leur communiquer des informations sur le contenu des livres, les auteurs qui se vendent, les nouveaux auteurs, les périodes de rentrée littéraire… Ils doivent être sensibilisés à tout.

L’autre gros frein vient des éditeurs qui ne leur fournissent pas les informations nécessaires. Le libraire reçoit des exemplaires, mais il n’a pas d’argumentaire sur le livre. Aucun éditeur ne fait cette démarche. Aucun. Je n’en connais pas. Donc le libraire n’est pas capable, sachant qu’il ne lit pas la plupart du temps, de parler même vaguement du livre, ni d’éveiller la curiosité du lecteur qui entre en librairie. Car il n’a qu’une vague idée de ce qu’il vend. Alors il va souvent se contenter de lire, devant le client, la quatrième de couverture, ce que le client pourrait faire seul.

Moi-même, je demande des argumentaires aux éditeurs, mais ils ne sont jamais en mesure de me les transmettre. Ils n’en font pas, c’est une réalité !

Aujourd’hui les libraires choisissent de plus en plus leurs ouvrages sur la base des informations que je leur donne. Aussi, il est très fréquent que les libraires nous appellent lorsqu’ils ont, face à eux, un lecteur et qu’ils ne savent que leur répondre. Les libraires ont besoin d’être accompagnés, c’est essentiel.On ne le répétera jamais assez.

Vous travaillez sur plusieurs pays. Pourtant, depuis des années, on entend que la circulation du livre en Afrique est un casse-tête. Comment arrivez-vous, malgré cela, à développer votre activité ?

Ange Mbelle : Tout d’abord, je ne crains pas d’essayer. J’ai la conscience que cela peut ne pas fonctionner, que je prends un risque et que je peux perdre ma cargaison de livres. Mais j’essaye et je cours le risque.

Par exemple avec le Sénégal, lorsque nos livres se sont retrouvés à Dakar la première fois, ils étaient quasiment invendables à cause du surcoût. Je l’ai accepté et j’en ai tiré des leçons. J’ai absorbé moi-même le surcoût que je n’ai pas répercuté pas au lecteur sénégalais. Et lors du deuxième envoi, j’ai amélioré le système. C’est par ce biais qu’on arrive à trouver des solutions. Cette prise de risque, à la base de l’entrepreneuriat, les acteurs du livre en Afrique refusent de l’accepter. Qu’ils soient éditeurs ou libraires, ils ne doivent pas oublier qu’ils sont entrepreneurs. Et qu’on ne peut pas être gagnant sur chaque opération même si on en rêverait tous. Une fois qu’on intègre ce raisonnement, cela devient plus facile, car on teste des choses que d’autres n’oseraient pas essayer. Je n’ai pas de formule magique. Mais j’essaye !

Vous avez commencé à travailler avec des éditeurs du Nigéria ? Y a-t-il un public pour les livres en anglais dans les pays francophones ?

Ange Mbelle : Oh Oui ! Et j’ajouterais que j’ai été surprise de trouver plus de public que je ne l’imaginais. Il est essentiel de laisser le marché nous enseigner les choses. Au départ, j’ai dit au premier éditeur que c’était un test et que le marché nous renverrait si c’est une bonne initiative ou non. Et là, surprise. Au Cameroun, je découvre un important lectorat anglophone, obligé de se contenter de la littérature en français, car n’ayant pas d’offre adéquate.

Ce premier test m’encourage, je recommande, j’élargis mes choix. Aujourd’hui je travaille avec 5 éditeurs nigérians que je diffuse au Cameroun, mais aussi au Sénégal qui est très demandeur et, dans une moindre mesure, en Côte d’Ivoire.

Quel serait le modèle économique de la distribution en Afrique pour que chaque maillon s’y retrouve financièrement ?

Ange Mbelle : Je suis persuadée que le modèle économique est celui qui a cours dans la plupart des pays dans lesquels ça marche (France, Belgique, Afrique du Sud, etc.) Il faut que les éditeurs soient prêts à céder des points de remise. Ils doivent réaliser que ce n’est pas sur la marge de chaque livre qu’on gagne de l’argent, mais sur la quantité que l’on va réussir à vendre. Les éditeurs doivent aussi comprendre qu’il n’est pas possible d’avoir un vrai travail de diffusion et de distribution avec une remise inférieure à 50 %. Ce n’est pas viable pour les autres maillons et par ricochet pour lui.

L’éditeur doit intégrer cela dans son calcul du prix du livre. En tant que distributrice, je dois rétrocéder à la librairie la marge qui lui revient. La librairie a des charges fixes, des impôts, du personnel… quand on évoque 20 à 30 % pour le libraire, ce n’est pas cher payé. Le distributeur a aussi des charges logistiques essentielles en plus de ses charges fixes, personnels et autres.

Les éditeurs doivent entendre que lorsqu’ils accordent une marge au distributeur, c’est de l’argent qui se redistribue sur le reste de la chaîne. Pareil pour les auteurs qui sont offusqués quand ils voient qu’ils ne touchent que 10 % de droits d’auteur. Qu’ils ne s’imaginent pas que l’éditeur met 90 % dans sa poche ! Ce dernier doit payer l’imprimeur, son personnel, etc. C’est compliqué d’ancrer ce raisonnement dans les esprits en Afrique. Surtout qu’on ne peut pas, dans nos pays, augmenter les prix de vente. D’où l’importance de bien raisonner en amont et de mettre de vraies stratégies en place pour mieux travailler ensemble.

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Pour conclure, qu’en est-il du dialogue et de la confiance entre les maillons de la chaîne du livre ?

Ange Mbelle : Là vous touchez le cœur du problème. Il y a un vrai problème de confiance. Il n’est pas propre au livre, il est général. On a toujours l’impression que l’interlocuteur face à nous nous cache quelque chose. Et au-delà de cela, on a un problème avec le fait d’entendre que l’autre gagne de l’argent. Pourtant il faut l’entendre et il faut le vouloir. Car si l’autre maillon gagne, cela signifie aussi que cela va rejaillir positivement sur notre propre activité. Or trop souvent, nous pensons « je veux gagner, mais ça me gêne que toi tu gagnes aussi ».

Pour que GVG fasse gagner de l’argent à un éditeur, il faut que GVG en gagne ! Pour qu’un libraire fasse gagner de l’argent à GVG il faut que le libraire en gagne ! Donc moi j’essaye de développer des stratégies pour que chacun ait sa part honorable du gâteau.

Petit exemple pour illustrer cela. On a régulièrement des appels de particuliers qui veulent acheter un livre. Ils ont l’habitude que l’éditeur écrive sur toutes ses annonces, son numéro de téléphone. Mais moi je refuse qu’on vende un livre en direct et je renvoie systématiquement les clients vers une librairie ou un autre point de vente proche de chez eux (ce qui étonne toujours les nouveaux membres de mon équipe). Je ne peux pas, je ne veux pas, prendre les clients du libraire.

Je ne peux pas vendre autant que les librairies, c’est une évidence. Donc j’ai intérêt à aider les librairies à vendre plus et mieux. Aujourd’hui, je distribue des livres sur une centaine de points de vente. Et les libraires en sont les premiers surpris quand on leur dit on vous envoie tel client. Il faut que chacun garde sa place, qu’on arrête de se substituer aux autres. Ma force, ce sont les libraires et les points de vente. Donc j’ai intérêt à ce qu’ils vendent bien.

Crédits photos © Ange Mbelle

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Par Agnès Debiage
Contact : adcfconsulting@gmail.com

6 Commentaires

 

Labou

02/10/2023 à 18:36

Exceptionnel , je suis ému par son sens du professionalisme, la maitrise de son travail, son bon coeur et son désir d'organiser la chaine du livre de telle sorte que chacun soit à sa place. C'est un exemple à émuler. Cet article est vraiment pégagogique sur le rapport qui devrait exister entre l'éditeur le libraire et le distributeur.

Pauline ONGONO

02/10/2023 à 20:39

Bel entretien ! GVG fait du beau boulot. Je découvre ici des choses... Courage à Ange et son équipe.

HUET Marie Paule

03/10/2023 à 12:54

Si un jour on a une formation aux métiers du livre en Afrique, la distribution pourra y être remarquablement expliquée et illustrée par Ange Mbelle.

Yayou

03/10/2023 à 17:53

Super article. Une femme intelligente et déterminee.. .le respect manifeste pour tous les acteurs de la chaîne du livre est essentiel...bravo a Ange .c est elle qui a raison et on ne soulignera jamais assez combien l écrit construit un individu.

La maîtresse Berthy

21/08/2024 à 13:10

Ange Mbelle est le genre d'influenceuse dont l'Afrique a besoin pour se développer. Merci à l'équipe de production de cette interview, grâce à vous je découvre une icône dans la promotion du livre africain et de la lecture au Cameroun. J'espère te rencontrer un de ces jours, pour une collaboration. Bon vent dans tes entreprises Mbelle!

Ange Mbelle

28/08/2024 à 21:12


Merci beaucoup à vous Actualitte et Agnes Debiage pour cet échange, si fidèlement retranscrit.

Ps: Credit photo : Stephane Nounamo

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Paru chez Phébus, traduit de l’anglais par Lou Gonse, le premier roman de Mirinae Lee arrive en France après avoir été dans la sélection du Women’s Prize for Fiction 2024 et lauréat du William Saroyan International Prize for Writing. Il tresse la grande histoire coréenne et l’art très humain de survivre par le récit. Voici, à partir de notre échange, son autoportrait et les coulisses d’un livre « roman‑en‑nouvelles » porté par une héroïne… mangeuse de terre.

29/10/2025, 16:56

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"L’avenir des langues régionales se joue désormais à l’école"

Il y a peu, ActuaLitté rendait compte du rapport du Sénat alertant sur une « disparition imminente » des langues régionales. La sénatrice de Loire-Atlantique Karine Daniel, co-rapporteure de la mission sénatoriale d’évaluation de la loi Molac (protection et promotion des langues régionales), revient avec nous sur les travaux conduits aux côtés de Max Brisson.

27/10/2025, 17:52

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Les coulisses d’OPlibris : “Mutualiser, c’est gagner du temps” – Chloé Pathé

Au fil des Assises de l’édition indépendante, Chloé Pathé découvre OPlibris : une plateforme née du terrain, conçue pour alléger la gestion quotidienne et donner des outils communs aux éditeurs indépendants. Entre rigueur et solidarité, la fondatrice d’Anamosa y voit plus qu’un logiciel : une manière de transformer la mutualisation en politique éditoriale, de gagner du temps sans perdre en liberté, et de faire du collectif une force concrète face aux vents contraires.

22/10/2025, 17:05

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Sylvain Forge : “La technologie ne donne pas de sens, elle offre des distractions”

L’homme a toujours été préoccupé par la mort. Quel sens donner à sa vie quand on ne connait pas l’échéance, et si nous connaissions celle-ci, que ferions-nous du temps restant ? Oracle est une application qui vend cette information à ses clients et si certains acceptent ou changent de vie, d’autres adoptent un comportement violent.

17/10/2025, 15:23

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“Écrire est un artisanat” : entretien avec Pierre Jourde

Connu pour son approche critique des auteurs contemporains, mais aussi pour ses récits intimistes, comme Pays perdu (L’Esprit des Péninsules, 2003), Pierre Jourde est également docteur ès Lettres, spécialisé dans l’œuvre de Huysmans, fin connaisseur des écrivains décadentistes. Rien de surprenant, donc, à ce que ce nouveau et volumineux roman prenne place à la fin d’un XIXème siècle marqué par un positivisme étouffant, mais aussi par un retour à l’occulte, au mystère. Un entretien mené par Étienne Ruhaud.

16/10/2025, 10:35

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Oser Dostoïevski : trois ans avec les Frères Karamazov

S’attaquer à un monument - certains diront le plus grand roman du monde - il faut oser. Après André Markowicz, dont la traduction des Frères Karamazov chez Actes Sud demeure une référence depuis 2001, et Emma Lavigne, qui a livré la sienne pour Gallmeister, c’est au tour de Sophie Benech de se confronter au géant russe. La traductrice signe chez Zulma une nouvelle version de ce texte vertigineux, résultat de près de trois années de travail.

15/10/2025, 17:31

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Mariana Enríquez : “Ce monde est profondément bizarre”

Mariana Enríquez vient de publier, toujours aux éditions du Sous-Sol (trad. Anne Plantagenet), Un lieu ensoleillé pour personnes sombres. Avec ce recueil de nouvelles hantées par l'absence, les fantômes, et marquées en sous-terrain par une réalité brutale, elle confirme sa place parmi les auteurs et autrices qui comptent dans la littérature mondiale contemporaine. De passage en France pour la promotion du livre, elle a échangé avec nous sur l'étrangeté du quotidien, sa vision de l'écriture, les fantômes et la musique.

15/10/2025, 16:03

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Cosey : “Je préfère une histoire d’amour à un complot intergalactique”

Dans un café de la rue Vieille-du-Temple, Cosey parle doucement, presque à mi-voix. Il pèse chaque mot comme s’il dessinait encore, sur la nappe de papier, les contours d’un souvenir. Son regard se pose parfois sur la tasse, parfois au loin. Il évoque Yiyun, sa nouvelle bande dessinée publiée au Lombard, avec la même précision tranquille qu’il accorde à ses planches : un geste lent, mesuré, presque méditatif.

14/10/2025, 11:25

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Nicolas Framont : “Il faut que la classe dominante ait peur”

Évoquer Luigi Mangione, ce jeune beau gosse devenu symbole, après l’assassinat d’un PDG américain, c’est s’aventurer sur une ligne de crête, là où la colère sociale flirte avec la violence politique. Où beaucoup préfèrent détourner le regard, Nicolas Framont, cofondateur de la revue Frustration, choisit d’y plonger. Dans Saint Luigi, il affronte ce geste sans complaisance, avec un style direct. Un texte fort, à la fois nourri par des faits édifiants et par son propre parcours — entre l’accompagnement de la fin de vie de sa grand-mère, et son expérience de conseiller parlementaire.

13/10/2025, 11:09

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Le Verdict, de Franz Kafka, traduit par Jean-Philippe Toussaint : l’éclipse du monde

Par une nouvelle version parue chez Minuit (octobre 2025), Jean-Philippe Toussaint nous offre du Verdict un texte hypnotique où sa langue redouble celle de Kafka à la faveur d’une clarté portée au carré par le jeu de la traduction, si l’on veut. Cela est d’autant plus vrai qu’à la nouvelle en question succèdent des mots de l’auteur-traducteur lui-même, en forme de commentaire lumineux.

13/10/2025, 10:53

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“La fiction permet de rendre visibles ceux qu’on a oubliés”

Il parle d’une voix douce, presque retenue, comme si chaque mot devait d’abord traverser la mémoire avant d’atteindre le présent. Alexandre Courban ne revendique pas un passé, il le reconstruit, patiemment, avec les outils de l’historien et la sensibilité du romancier. Chez lui, l’histoire n’est pas une matière figée : elle palpite encore sous la surface du récit.

13/10/2025, 10:23

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Stéphanie Pérez : “Écrire, c’était apprendre à respirer autrement”

Sous la plume de Stéphanie Perez, Le Gardien de Téhéran devient bien plus qu’un récit historique : une méditation sur la mémoire, la beauté et la fidélité à ce qui nous élève. À travers le regard d’un homme simple, l’autrice rend hommage à tous ceux qui, dans les moments les plus sombres, choisissent de sauver la lumière. Lauréate du Prix Littérature Lire en Poche 2025, elle revient sur les origines de ce texte où s’entrelacent l’Histoire, la mémoire et la lumière fragile de l’art.

 

12/10/2025, 13:22

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"On ne doit jamais traiter les gens sans dignité"

À la soirée d'inauguration de la Fête du Livre de Saint-Étienne, le public a assisté au double triomphe d'un auteur local. Pierre Mazet a remporté coup sur coup le Prix Claude-Fauriel et le Prix Lucien-Neuwirth pour son roman L’Inconnu des barricades, paru aux éditions du Caïman. Des distinctions hautement symboliques, attribuées à un écrivain discret, humble, mais tenace, dont le parcours – fait de patience, d’humanité et d’attachement à ses origines – incarne à merveille l’esprit stéphanois.

11/10/2025, 18:33

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“Arrêter le temps, c’est vivre pleinement” : la philosophie SF de Lou Jan

Autrice autodidacte et passionnée, Lou Jan s’est imposée en quelques années comme une voix singulière de la science-fiction française. Derrière son apparente douceur se cache une écriture ramassée, nerveuse, traversée par une quête philosophique : comprendre ce que le temps, l’amour et le corps disent de notre humanité. Rencontre avec une romancière qui se définit elle-même comme « une autrice de blanche qui écrit de la science-fiction ».

11/10/2025, 10:03

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Arts en résidence lance un appel à candidatures pour une résidence itinérante

Arts en résidence – Réseau national, qui fédère des structures dédiées aux résidences artistiques en France, lance un appel à auteur·rice pour accompagner la quatrième édition du programme itinérant Chemin des affinités en 2026. L’écrivain·e suivra le projet « Saut de puce » de l’artiste Lorette Pouillon – accueillie à la Galerie du Dourven, aux Capucins d’Embrun et au Centre d’art de Châteauvert – et en retracera l’évolution au fil des résidences, entre échanges réguliers et une rencontre sur place.

04/12/2025, 15:06

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Pierre Drachline : dix ans après, le souvenir intact d’un éditeur hors normes

Dix ans après la disparition de Pierre Drachline, ses collègues du Cherche midi lui rendent un hommage vibrant, à la mesure de son exigence littéraire et de sa liberté d’esprit. Éditeur entier, intransigeant et profondément humain, il a marqué ceux qu’il accompagnait par son regard acéré et son sens de la vérité des mots. Un héritage vivant selon eux, qui continue d’éclairer celles et ceux qui font la littérature aujourd’hui.

04/12/2025, 12:14

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À Lyon, Angers ou Le Creusot, les braderies de bibliothèques font recette

Le dimanche 16 novembre dernier se déroulait la braderie de la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL), un rendez-vous annuel depuis trois ans où, cette année, 25.000 livres, CD, vinyles et albums, 441 boîtes-livres et jeux étaient proposés à des prix allant de 1 à 5 €. Le franc succès rencontré par l'événement, qui a attiré au total 3700 visiteurs, contre 2500 l'année dernière, n'est pas un cas isolé.

03/12/2025, 16:42

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Droit de réponse : “Le Groupe Nosoli a engagé une transformation profonde de son modèle”

ActuaLitté a fait état, le 21 novembre dernier, de plusieurs opérations sur le capital de la société Decitre par le groupe Nosoli, également propriétaire du Furet du Nord. Malgré nos efforts, nous n'avions pas pu obtenir de commentaires de la part de Nosoli avant la parution de l'article. Christophe Desbonnet, président de Nosoli, a demandé un droit de réponse, que nous lui accordons ci-dessous.

02/12/2025, 09:50

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Pandora Hearts : quand le manga fait sa comédie (musicale)

Pandora Hearts, l’incontournable shōjo fantastique de Jun Mochizuki, bien que terminé depuis dix ans, s’offre une adaptation en comédie musicale jouée avec un réel succès à Tokyo en ce mois de novembre. Ce format chanté, en direct sur scène, connaît un succès croissant au Japon, où de plus en plus de succès éditoriaux se retrouvent interprétés par des acteurs-chanteurs cosplayés à la perfection. Reportage à Tokyo.

02/12/2025, 09:50

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Les Humanoïdes associés : récit d'un crash intergalactique et transatlantique

En matière de BD et de science-fiction, difficile de faire plus mythique que Les Humanoïdes associés, maison d'édition fondée en 1974 par Moebius, Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Portée par le vaisseau Métal hurlant, revue qui a influencé des générations de créateurs, elle a connu une existence mouvementée, faite de succès historiques et d'échecs tout aussi retentissants. Le dernier en date, en 2025, a tout emporté sur son passage.

01/12/2025, 12:25

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Les librairies indépendantes “sont, et doivent rester libres de leurs prises de position”

Dégradations de vitrines, menaces, sanctions économiques... Depuis quelques semaines, les librairies indépendantes françaises sont visées en raison de leurs prises de position ou des ouvrages qu'elles proposent. L'Association Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine (LINA) s'inquiète de ce climat délétère et appelle les pouvoirs publics à agir pour soutenir la profession.

01/12/2025, 10:49

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“Cocktails tièdes et promesses vides : l’édition enterre ses illusions au Salon du livre”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 4. J’ai donc sauté dans le terrier du lapin blanc. C’est étonnant : aucune poussière magique ne tapisse le hall d’entrée. Juste une épaisse moquette au sol, de  grossiers néons et ce brouhaha. Bienvenue au Salon du livre, vestibule officiel du Purgatoire. 

29/11/2025, 15:16

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Artaud dans le désert algérien : ce que Zemmour ne comprendra jamais

Cette année-là, tout s’est mis à trembler. L’Europe se crispe comme une bête acculée. L’Allemagne d’Adolphe Hitler transforme la haine en ministère, et en France, le 6 février manque de renverser la République. Les ligues d’extrême droite déferlent sur la Concorde, veulent déborder la Chambre, les tirs claquent : quinze morts, des centaines de blessés. Le pays comprend soudain que le coup d’État n’est plus un fantasme, mais un film déjà storyboardé, presque tourné. Par Ilios Chailly.

28/11/2025, 19:05

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Witkacy ou la Forme Pure : l’art en état de crise permanente

Stanisław Ignacy Witkiewicz, dit Witkacy (1885-1939) est un « génie multiple » selon les mots d’Alain van Crugten. Peintre, dramaturge, romancier, photographe, mais aussi théoricien, il n’a cessé de penser l’art en des termes radicaux : ni instrument moral, ni relais politique, ni traduction psychologique. Par Charles Garatynski.

28/11/2025, 18:44

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“Nous ne transigerons pas” : des voix s’élèvent contre les attaques en librairie

Le 27 novembre au soir, plus de 250 personnes se sont rassemblées place de la République, à Paris, pour dénoncer la multiplication d’attaques, d’intimidations et de campagnes de harcèlement visant des librairies indépendantes. 

28/11/2025, 14:21

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“J’ai gagné à la loterie de l’édition… mais rien n’a changé”

Incroyable. Voilà ce que je me suis dit en voyant les premières mentions de ce projet de loi sur la continuité de revenus pour les artistes-auteurs. Incroyable au sens premier : je ne pouvais pas y croire. Par Benjamin Adam.

28/11/2025, 10:00

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“Il me reste 8 jours de travail” : compte à rebours d’une libraire en perte de repères

Voici le retour d'Elsa, notre libraire favorite, à la plume légère même au plus sérieux des sujets. Billet d'humeur d'une libraire, c'est sa chronique à retrouver dans les colonnes de ActuaLitté, par temps froid, pour se réchauffer. Et inversement.

28/11/2025, 09:07

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Quand l’édition indépendante se fédère : l’essor du salon L’Autre Livre

Du 21 au 23 novembre 2025, le Salon L’Autre Livre a investi la Mairie du 5ᵉ, réunissant près d’une centaine de maisons d’édition. Un déplacement qui marque une ouverture plus large pour l’édition indépendante, décidée à maintenir un espace commun. Entre rencontres, lectures et échanges, les éditeurs ont souligné la vitalité et la solidarité d’un secteur toujours fragile.

27/11/2025, 16:22

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Redécouvrir la nuit : un monde vivant que la lumière efface

Et si l'on explorait la nuit ? Longtemps, la nuit a existé en soi. Aujourd’hui, elle est vaincue, illuminée. Le noir est devenu clair-obscur. La technique ne suffit pas à expliquer ce passage civilisationnel. Coauteur avec Franck Rollier de Nuit. L’obscurité sous un jour nouveau - Une balade nocturne et mystérieuse dans la nature (éditions de Terran) Bernard Farinelli nous invite à ouvrir les yeux sur des richesses insoupçonnées.

27/11/2025, 09:00

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Illustrateurs et auteurs : une précarité qui use le corps et l’esprit

« Et puis un autre danger, c’est un danger d’une nature plus psychologique, c’est le dérèglement que peut entraîner la solitude, que peut entraîner la fatigue nerveuse qui résulte de cette vie au jour le jour, où vous n’êtes jamais sûr du lendemain. Vous passez constamment par des états extrêmes… d’extrême enthousiasme, d’extrême soucis, d’extrême fatigue. Il y a une fatigue nerveuse très forte. » Nicolas Bouvier, à propos de son premier voyage. Tribune signée par Henri Fellner.

26/11/2025, 11:00

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Sécuriser la création : un enjeu vital pour les artistes-auteurs

Dans un paysage culturel où les créateurs cumulent souvent les activités pour survivre, les obstacles administratifs et financiers freinent l’émergence de nouvelles voix. Une réforme ambitieuse pourrait enfin garantir des conditions de travail permettant de créer sans s’épuiser. Par Thomas Fouchault, auteur, éditeur, et président de la Ligue des Auteurs Professionnels depuis 2023.

26/11/2025, 10:31

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Lorsque Vivlio s’impose : l’exception culturelle tech à la française

PORTRAIT - Des lecteurs, des vrais, pour qui les ouvrages ne se résument pas à des fichiers – quand bien même ils les bichonnent. ActuaLitté a rencontré les équipes de Vivlio, pour découvrir leur Inoubliable. Cette semaine, au tour de David Dupré, le président exécutif, de se prêter au jeu.

25/11/2025, 09:42

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Les retours en enfance de Colette et Maurice Ravel

Maurice, on est là ! Crie notre guide dans la toute petite maison à Monfort-l’Amaury. Nous montons les quelques marches du perron, elle ouvre avec les clefs la porte de la maison de Maurice Ravel, qui avec sa forme géométriquement curieuse, comme l’a dit Manuel Rosenthal, fait penser à une tranche de Camembert mal taillée. 

25/11/2025, 07:40

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Subvention bloquée par la droite : Paris Librairies dénonce une manœuvre politique

L’association Paris Librairies dénonce le rejet, au Conseil de Paris, du dispositif de 500.000 € destiné à soutenir quarante librairies indépendantes de la capitale. Elle pointe une manœuvre politique qui fragilise un secteur déjà en grande difficulté et cible une librairie pour sa ligne éditoriale. Dans un contexte de pressions, de vandalisme et d’intimidations, elle appelle à réinscrire la mesure à l’ordre du jour de décembre et à défendre le pluralisme démocratique.

24/11/2025, 15:19

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Librairies indépendantes : face à l’assaut du numérique, quelles stratégies ?

ANALYSE – À l’ère de l’omnicanal et des médias sociaux, le commerce se métamorphose : derrière le magasin physique se dessinent de nouveaux modèles économiques, des logistiques repensées et une concurrence élargie à l’échelle mondiale. Pour les librairies, en particulier, cette révolution numérique ne constitue ni une simple rupture ni une menace, mais bien un levier potentiel d’innovation, à condition de conjuguer identité locale, expertise culturelle et nouveaux usages. Par Joel Diatezo.

24/11/2025, 10:48

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285 autrices et auteurs de BD renoncent à Angoulême

Une tribune collective lancée par des autrices, créatrices et professionnel·le·s de la bande dessinée vient secouer l’Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD). Elle dénonce avec force la « crise » que traverse le festival, tant sur le plan des conditions de travail que de la gouvernance de l’organisateur 9e Art+ — et revendique un changement radical, à la fois culturel et institutionnel.

22/11/2025, 15:32

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Armelle et Mirko enchantent : plongée magique dans cet univers

La rencontre entre Armelle, tortue paisible au museau curieux, et Mirko, luciole intrépide, s’est déclinée au fil de quatre albums poétiques. Chacun explore un pan différent de cette amitié singulière, avec un dessin lumineux qui joue des transparences et des éclats pastel. L’exposition qu'offre le festival BD Boum ne se contente pas d’accrocher des originaux : elle recompose un univers.

22/11/2025, 09:59

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“Ce n’est pas contre toi, c’est juste que ta maison coule” : les auteurs quittent le navire

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Victoire. Épisode 3. Poursuivre ce récit devient essentiel. Remerciements éternels à celles et ceux qui m’accompagnent et me soutiennent. Et tout autant pour les haineux qui me dézinguent. Prenez ma place, pour essayer.

21/11/2025, 16:31

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Comment BD Boum attire plus de 2000 élèves en une seule journée

À Blois, les allées du BD Boum bruissent de chuchotements émerveillés : des centaines d’élèves, venus de toute l’académie, s’arrêtent devant les stands, happés par les récits dessinés. Entre curiosité spontanée et apprentissage en mouvement, le festival montre une fois encore comment la bande dessinée peut devenir un formidable outil pédagogique — et un terrain d’aventures pour toutes les classes.

21/11/2025, 13:22

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FIBD d’Angoulême : les équipes appellent à un dialogue apaisé

Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême traverse une crise sans précédent, nourrie par l’affaire dite “Chloé” et par une série de prises de position mettant en cause sa gouvernance et sa gestion des violences sexistes et sexuelles. Alors que la profession exprime une colère profonde, les équipes du FIBD appellent à la nuance, au respect des faits et à la préservation d’un événement qu’elles considèrent comme un bien commun. Nous reproduisons leur texte ci-dessous.

21/11/2025, 08:38

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Le jour où les artistes-auteurs sont devenus les nouveaux “Bamboula” du système

Quand le vieux monde revient : l’amendement des tutelles éternelles, ou du retour au protectariat. « On sait mieux que vous », semble dire le Sénat aux artistes-auteurs, affirmant par là même le grand retour du paternalisme culturel. Mais que certains sénateurs cherchent à remettre les créateurs sous le joug de structures qui ne les représentent pas, a des relents de colonialisme – pas forcément au figuré.

20/11/2025, 15:52

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“Pour être serein, il faudrait vendre dix fois plus” : l’économie fragile de la bande dessinée

Après près de vingt ans de carrière entre commandes, projets personnels et précarité structurelle, un auteur de bande dessinée raconte la réalité d’un métier où la passion ne suffit pas à garantir des conditions de vie dignes. Même un succès à 150.000 exemplaires n’efface ni l’instabilité, ni l’urgence d’une reconnaissance sociale attendue de longue date. Par Benjamin Adam.

20/11/2025, 09:30

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Collecter l’argent des œuvres ne donne pas droit à diriger la sécurité sociale des artistes

ANALYSE – L’interview du sénateur Jean-Raymond Hugonet, publiée dans nos colonnes, avait tout du plaidoyer tranquille : les organismes de gestion collective (OGC) seraient des acteurs « naturels » de la gouvernance sociale des artistes-auteurs, presque des piliers historiques qu’il conviendrait enfin de remettre à leur place. Mais la réalité, documents à l’appui, s’avère beaucoup plus nuancée. Et parfois franchement contraire à ce qui est avancé.

19/11/2025, 16:38

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Sans artistes, pas de livres : pourquoi nous laisser dans la précarité ?

Je suis illustratrice en jeunesse et en presse depuis 2009, en bande dessinée depuis peu. Je n'ai jamais eu d'autre MÉTIER. Métier en majuscule, car créer est un métier, pas un hobby. Mon métier créatif permet à d'autres métiers d'exister : éditeurs-rices, directeurs-rices artistiques, graphistes, représentants, commerciaux et j'en passe. Par Bérengère Delaporte.

19/11/2025, 16:20

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Des appels au Sénat et à l'Assemblée pour aider les librairies face aux bailleurs

Commerces fragiles en raison d'un rapport de force défavorable avec la distribution, les librairies sont par ailleurs confrontées à des hausses de leurs charges fixes particulièrement importantes. Les montants des loyers deviennent ainsi de sérieuses menaces pour la survie de ces commerces, dénonce Pascal Deynat, docteur en ichtyologie et libraire au sein du groupe Gibert Joseph. Il a déposé des pétitions auprès du Sénat et de l'Assemblée nationale, afin de pousser les pouvoirs publics à encadrer les loyers des établissements commerciaux. Il revient sur sa démarche dans une tribune.

19/11/2025, 11:23

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“Terriblement plausible, ce roman m’a glacé” : les lectures inoubliables de Vivlio

PORTRAIT – ActuaLitté est allé à la rencontre des équipes de Vivlio, l’alternative française à Amazon et Kobo, avec une idée fixe (wouaf !) : leur proposer de présenter un livre inoubliable. Fameux défi. Julien Simon aura mis du temps à choisir le sien. Normal, sans doute, pour quelqu’un qui vit entouré de textes du matin au soir. 

19/11/2025, 10:20

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De la critique mimétique et de l’illusion du foisonnement

Alexandre Lacroix (Philosophie Magazine) tance la prose « formatée Goncourt » de Mauvignier, dans La maison vide. Jean Marc Proust (Slate.fr), sans appréciation particulière du roman, trouve que cette qualité stylistique devrait être la norme, et que cette fausse bonne surprise témoigne « de la grande pauvreté de la production romanesque contemporaine. » Par Laurent LD Bonnet.

19/11/2025, 08:22

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“On nous a volé notre retraite !” : la colère noire des artistes-auteurs après 40 ans de mensonges

« Je viens de recevoir ma notification de retraite », écrit Éric Marquefave, dans un message qui oscille entre consternation et écœurement. Dans une tribune, ce photographe et vidéaste partage ses ressentis, sous le titre “Agessa, le pillage silencieux”. Ou comment l'Agessa a trahi les artistes auteurs avec la complicité des pouvoirs publics. Le gigantesque hold-up social orchestré au nom de la « gestion collective ».

18/11/2025, 15:34

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Traduction littéraire : un métier essentiel, sans filet de sécurité

Exclus de l’assurance-chômage et soumis à une précarité croissante, les artistes-auteurices pourraient enfin bénéficier d’un filet de sécurité grâce à la proposition de loi instaurant une allocation minimale équivalente à 85 % du SMIC entre deux activités. Une mesure clé dans un secteur fragilisé par la baisse des revenus, l’intensification du travail et la pression de l’IA. Par Rose Labourie, traductrice littéraire de l’allemand vers le français.

17/11/2025, 12:32

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“Nous ne sommes pas des sous-travailleurs” : une illustratrice dénonce la précarité du secteur

Illustratrice en jeunesse, en presse et récemment en bande dessinée, Bérengère Delaporte décrit un métier créatif privé de protections essentielles : absence de chômage, droits sociaux difficiles à faire reconnaître, rémunérations non encadrées et retards de paiement systématiques. Son parcours met en lumière la précarité qui pèse sur les artistes-auteurs, contraints de supporter seuls les erreurs administratives, les aléas personnels et une insécurité financière permanente.

17/11/2025, 07:00