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Vincent Calvet : “L’origine du mal, ce sont aussi des mots

Né en 1980 à Carcassonne, Vincent Calvet grandit à Perpignan. Titulaire d’une maîtrise de Lettres, instituteur spécialisé en région toulousaine, l’homme anime des ateliers d’écriture à destination d’élèves handicapés, tout en faisant intervenir divers auteurs. Animateur de plusieurs revues, comme le défunt Mange-Monde publié par Paul Sanda, ou Sémaphore, Vincent Calvet a en outre dirigé plusieurs anthologies. Lauréat du prix de la vocation Bleustein-Blanchet de Paris, il est l’auteur de nombreux recueils, entre autres pour la jeunesse, ainsi que de livres d’artistes. Certains de ses textes ont été traduits en russe ainsi qu’en arabe. Également plasticien, Vincent Calvet a exposé dans diverses galeries. Propos recueillis par Étienne Ruhaud. 

Le 10/01/2023 à 12:51 par Auteur invité

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10/01/2023 à 12:51

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ActuaLitté : Dans tes poèmes, tu fais référence à des créateurs aussi différents que Philippe Jacottet, Anna Akhmatova ou Serge Essenine. Peux-tu nous en dire davantage

Vincent Calvet : J’essaye de lire de tout, d’être le plus large possible, autant dans la poésie du passé que dans la poésie du présent, autant à l’étranger que dans notre pays. Mes références dominantes, c’est plutôt la poésie de l’« esprit nouveau », avec une appétence particulière pour Léon-Paul Fargue, mais également Max Jacob et Apollinaire. Ensuite, j’ai été marqué par le surréalisme, André Breton et Paul Éluard essentiellement. Et Tristan Tzara de sa période de L’Homme Approximatif. J’ai lu la nouvelle poésie, celle de Bonnefoy ou de Jaccottet, qui m’a un peu influencé, notamment dans Naître au Mystère, mais je n’ai pas pris parti pour Bonnefoy contre Breton. J’accepte tout l’héritage, je ne récuse rien.

Pour les contemporains, la dimension religieuse de mes derniers livres correspond à l’influence de Pierre Oster. Je ne suis pas touché par la poésie d’avant-garde contemporaine, même si je m’y suis beaucoup intéressé, je préfère des poètes qui sont contemporains tout en s’inscrivant dans une tradition longue, comme Serge Pey. Cela correspond mieux à ma façon de voir les choses. Pour les poètes étrangers, je suis touché par les romantiques anglais et par les poètes russes, principalement. Effectivement, les poètes russes me touchent, et mon préféré est Serge Essenine, car il allie esprit révolutionnaire et attachement à la terre natale, celle des ancêtres, de la Sainte Russie, il est chrétien et animiste à la fois. 

Dans Prière pour ne pas être enterré avec les chiens comme dans Naître au Mystère notamment, tu as choisi le vers libre. La forme de Six solitudes a de quoi déconcerter. Nous ne sommes pas dans le vers, mais pas dans la prose non plus stricto sensu. Comment expliquer ce changement? Est-ce délibéré, ou est-ce que la forme s’impose à toi naturellement, selon ton propre rythme intérieur?

Vincent Calvet : Je ne suis pas un poète qui investit une forme et s’y tient toute sa vie. De plus, je ne suis pas un formaliste, mais un lyrique, dans le courant de ce « nouveau lyrisme » des années 1980, avec une tendance au « lyrisme critique » pour reprendre l’expression de Maulpoix. Je suis un lyrique qui est en même temps conscient des limites de l’expression poétique, ce que j’essaye de formuler dans Naître au Mystère. Pour moi, la forme vient en fonction de ce que j’ai envie de dire. Je ne m’enferme pas dans une forme. J’ai naturellement envie d’expérimenter différentes formes. Je peux écrire en vers libre ou en prose, en travaillant sur la dimension visuelle ou pas.

Pour ce qui est de Six Solitudes, c’est une forme hybride entre le verset claudélien et le poème en prose. Il n’y a pas de ponctuation. Ce sont les blancs qui marquent la scansion. Quand j’ai écrit la « première solitude », j’étais sous l’effet de la lecture de L’homme Approximatif de Tzara mais aussi de Appartient à de Roubaud, ce qui a donné cette prose discontinue de la « première solitude ». Ensuite, je suis revenu à davantage de régularité sur les solitudes 3 à 6, sous l’effet de la relecture de Pierre Oster, et après avoir écrit La Haute Folie des mers, dont les rythmes sont plus réguliers. Je n’ai pas de forme de prédilection. Je suis protéiforme, la forme s’impose d’elle-même en fonction du propos, et j’ai toujours envie d’explorer des formes nouvelles. 

Une joie irradiante, totale, ressort de Naître au mystère, tandis qu’une mélancolie diffuse sourde dans Six solitudes. Pourquoi ce changement de ton?

Vincent Calvet : Les Six solitudes ont été écrites avant Naître au Mystère, mais le premier est paru après le second. Ce sont les aléas des calendriers de parution des éditeurs. La tonalité de Six solitudes est élégiaque et mélancolique. Cela correspond à une période de ma vie, quand j’étais étudiant, où j’ai écrit la « premier solitude ». J’étais un peu isolé et dépressif. Ensuite, j’ai essayé de conserver le ton quand j’ai écrit les autres « solitudes », afin que le recueil ait une unité de ton, même si je n’étais pas dans le même état d’esprit. Les solitudes 5 et 6 ont été composées pendant un long arrêt maladie d’un an, en 2015, où je me retrouvai un peu dans le même état de solitude.

Dans Naître au Mystère, mon intention est différente. J’ai écrit le livre pour saluer la naissance de mes deux neveux. Je l’ai écrit pour ma grande sœur, Marie. Je me devais de faire des poèmes positifs, qui célèbrent l’espoir, le miracle de la vie et de la naissance. Le sujet du livre impliquait une tonalité autre. Il est vrai que le livre est plus lumineux, moins élégiaque, plus dans le ton d’un Jaccottet. Si je suis un lyrique parfois élégiaque (je ne récuse pas par principe l’élégie qui est un genre qui remonte à l’Antiquité), j’essaye de faire varier les tonalités, pour ne pas m’enfermer dans un certain type de poésie. Quand on lit 44 grenouilles (Le Petit Pois), c’est léger, c’est primesautier, plein d’humour. Quand on lit Mais l’Espoir (Le Petit Véhicule), on ressent plutôt l’atmosphère d’un temps gris et d’une ville en proie à la dépression, comme certains poèmes de De cendre et d’écume, une ville. Il faut être capable de passer d’un registre à un autre, comme Victor Hugo ou Guillaume Apollinaire. 

Tu n’évoques que fort peu la musique dans ces deux livres. Pourtant, tu as déjà enregistré des disques audios, collaboré avec des musiciens. Et parfois on est frappé par la musicalité même de ta poésie, par certaines allitérations et par certaines assonances. Quel est ton rapport, donc, à cet art?

Vincent Calvet : Un CD qui a été enregistré, mais n’a pas été pressé car l’éditeur, Gwen Catala, nous a fait faux bond. Le CD devait paraître, mais Gwen a disparu en Thaïlande et n’a plus donné de nouvelles. Il nous reste l’enregistrement, et je n’ai pas encore trouvé d’autre solution. Les compositions musicales sont de Félix Lacquement et les textes sont dits par la jeune comédienne Carla Degoy. Ce sont des poèmes qui n’ont pas été publiés encore, des poèmes en hommage à d’autres poètes. Le titre devait être Ce sont de drôles de types, composé par le groupe « Alter Ego ». J’espère que ce CD verra le jour. Il est toujours temps.

Il est vrai que ma poésie est assez musicale, mais c’est tout à fait inconscient. Cela me vient tout seul. Ce sont des sons qui appellent des images et ces images, ce sont des mots, et donc des sons. Une longue chaîne de signifiants autoproduits. Il y a des poètes aujourd’hui qui sont musicaux et d’autres pas. Mais ce n’est pas une obligation. La prose de James Sacré est très musicale, celle de Guillaume Artous-Bouvet ne l’est pas du tout, mais ce sont deux excellents poètes. Je ne suis pas un grand connaisseur de la musique. J’écoute surtout de la chanson, des chansons à textes comme celles de la « nouvelle scène française » que j’essaye de suivre (Dominique A, Benjamin Biolay, Cali, Clara Luciani…), ou simplement de la chanson française (Ferré, Brel, Moustaki, Aznavour…). Ado, j’ai écouté du rap et parfois, pour mes élèves, j’en écoute encore un peu. Mais je suis une bille en musique contemporaine. Pour la musique classique, j’apprécie Chopin et Rachmaninov, mais ma culture n’est pas très étendue. J’étais très nul à la flûte au collège. 

Tu es également auteur de plusieurs livres d’artiste, et ta poésie est riche en images, quasi picturale parfois. Quel est donc ton rapport aux arts plastiques?

Vincent Calvet : Je dessine depuis l’enfance. J’aurais souhaité en faire mon métier, mais mon père voulait que je gagne ma vie, donc je suis devenu instit. J’ai commencé par la caricature. Je fréquentais le Festival de caricature de Saint-Estève, à côté de Perpignan. J’avais gagné un prix lors de ce festival avec une caricature de Coluche. Ensuite, je me suis beaucoup intéressé au dessin de presse. Je lisais Charlie Hebdo et le Canard enchaîné. Au lycée, nous faisions un journal où je caricaturais des profs et je publiais des dessins de presse. J’ai laissé tomber le dessin de presse, mais il m’arrive encore de faire des caricatures pour amuser des amis. J’ai découvert ensuite la peinture, l’histoire de l’art, à travers la formidable collection Taschen. J’aimais me rendre à Paris pour voir des expos ou des musées. Je me suis mis à pratiquer le pastel sec ou le fusain à la fac. J’ai fait plusieurs expos à Perpignan ou dans l’Aveyron. J’ai laissé un peu de côté, mais je m’y suis remis récemment. Je devrais exposer l’an prochain dans une galerie à Ille-sur-Têt, à côté de Perpignan.

Mes pastels secs et fusains sont soit monochromes, soit en couleur. Je suis influencé par Matisse ou Chagall. Pour le trait, le dessin à proprement parler, je suis influencé par Modigliani ou Zadkine, et la perspective déformée des expressionnistes allemands (Kirchner surtout). Mes dessins sont très différents de ma poésie. Il n’y a pas de message, ni moral ni politique. Je cherche à atteindre une forme de beauté par l’harmonie chromatique ou par l’équilibre des lignes. C’est purement esthétique. Je fais surtout des nus, des Christs, des natures mortes. Pour moi, un beau tableau de nu, c’est un système de courbes et de contre-courbes. J’aime les couleurs franches et tranchées. Mes dessins sont figuratifs. L’art abstrait me semble une solution de facilité quand on ne sait pas dessiner. 

À contre-courant de la tendance actuelle, tu rends longuement hommage à la Russie, à travers plusieurs poèmes. De même, tu as dirigé une anthologie en hommage à Gaza. Penses-tu que la poésie ait un message à transmettre? Crois-tu en la littérature engagée

Vincent Calvet : Je ne crois pas que la poésie doive être forcément engagée, au sens de s’impliquer dans les luttes politiques au sein de la Cité. La poésie, c’est avant tout un engagement dans la langue, c’est une descente au fond de l’intime, en soi, dans le for intérieur, pour faire surgir quelque chose qui fait trace et qui est en soi subversif car bousculant les normes et les repères moraux qui nous tiennent sous leur joug, même dans nos démocraties libérales. Je suis à ce niveau-là d’accord avec ce qu’a pu dire ou écrire Bernard Noël. Le message de la poésie, c’est la poésie elle-même.

Mon éditeur Andréa Iacovella me le dit souvent. Le spectacle de la « poésie engagée » actuelle me fait peine. Le milieu de la poésie fantasme une « poésie de la résistance » qui a existé historiquement. Ils se prétendent des « poètes résistants », mais on ne voit pas trop exactement contre quoi ils résistent. Vous me direz : ils résistent contre le fascisme. Mais, si on peut identifier ce qu’a été historiquement le fascisme (nazisme allemand, franquisme espagnol, Italie fasciste, Pinochet, dictature des colonels en Grèce...), on ne voit pas trop à quoi cela peut correspondre aujourd’hui en France. Certains diront que c’est le RN… Moi je pense que cette poésie engagée est une poésie qui singe la poésie de la résistance, mais ne résiste pas du tout contre le fascisme tel qu’il existe réellement dans le monde actuel : le fascisme bancaire et la société de consommation (voir Pier Paolo Pasolini !).

Car, pour cela, il faudrait davantage de courage, ce qu’ils n’ont pas. Ils s’engagent entièrement pour des causes gagnées d’avance. Ils ne prennent aucun risque. Quel mérite y a-t-il à s’engager pour l’Ukraine alors que tout est fait pour que l’Ukraine soit désignée comme le Bien, alors que la Russie est désignée comme le Mal ? Y a-t-il un mérite à défendre l’Ukraine quand c’est la posture obligatoire en France et dans tout l’Occident ? Ces gens, ce sont des moutons qui vont dans le sens du vent. On leur montre où est le Bien, et ils obéissent. Réflexe pavlovien. Quel mérite à être engagé toujours du côté politiquement correct, là où il n’y a aucun risque ? Bruno Doucey est un spécialiste de ça, avec d’autres. C’est une manière de faire vendre les livres, de se situer dans le camp dominant, et de se faire inviter dans les festivals, à la radio ou à la télé. Tu crées ta page Facebook par exemple, titrée « Résister en poésie contre les méchants », et tu te feras bien voir du milieu poétique, des institutions, des libraires, des pouvoirs politiques, et tu pourras gratter peut-être quelques invitations ou quelques publications en livres ou anthologies. C’est ridicule.

Quand j’ai fait l’anthologie sur Gaza (Requiem pour Gaza, Color Gang, 2018), j’ai pris un réel risque. Le contexte en 2018, c’était celui d’une occultation par les médias du problème palestinien par la crainte d’être taxé d’antisémite. Aujourd’hui (les théoriciens du « nouvel antisémitisme » ont été très efficaces), si vous critiquez Israël, vous serez automatiquement taxés d’antisémitisme. C’est un moyen de faire taire les gens. Les gens s’autocensurent, car ils ont très peur de se voir étiquetés Cette dénomination est infamante, c’est un rayon paralysant, vous pouvez perdre votre travail, être banni des médias, devenir un paria social. Nous étions conscients du risque que nous prenions en faisant cette anthologie, mais nous l’avons faite tout de même. Avec le patronage moral d’Adonis, que je remercie (il a écrit la préface). Bruno Doucey, qui est le spécialiste des causes sans danger, de toutes les causes politiquement correctes qui ne présentent aucun risque réel, ne fera jamais une anthologie en soutien aux Palestiniens. Il est trop conformiste et trouillard, et il sait très bien où est son intérêt économique. 

Ta poésie est également limpide, parfaitement lisible, à l’opposé des textes expérimentaux actuels. Pourquoi ce choix? Peut-on parler de poésie lyrique?

Vincent Calvet : Oui, en effet, je ne suis pas un poète expérimental. Je ne me situe pas dans les avant-gardes telles qu’on peut les voir dans les revues ou les festivals, même si Six Solitudes est, je le pense, un livre novateur. Le problème, c’est que l’avant-garde est souvent dogmatique, et ça ne me va pas. Moi je n’ai pas envie de prendre le parti d’une école de pensée. Je n’ai pas de tribu. Comme je le disais, je prends tout, l’actuel comme le plus ancien, la poésie d’ici et celle d’ailleurs, et je veux rester ouvert à toutes les formes d’expression, qui sont également valables, quand elles sont de qualité. Je pense que pour faire du nouveau il faut puiser dans l’ancien. C’est une dialectique permanente entre tradition et renouveau. Serge Pey et Paul Sanda sont d’accord avec moi sur ce point. De toute façon, ces poètes des avant-gardes aujourd’hui ne font que répéter ce qui a déjà été fait au début du siècle précédent en France, en Russie ou aux USA, ou ce qui a été fait dans l’immédiat après-guerre, ou dans les années 1970. Souvent d’ailleurs, ils ne donnent pas leurs références, comme Frank Smith qui fait la même chose que Reznikoff mais sans jamais le signaler au spectateur ou au lecteur. 

Si on prend l’exemple de la performance, Julien Blaine a été très novateur à son époque, et je lui rends hommage car c’est un ami et je considère que son nom restera dans l’Histoire, mais tous ces petits jeunes qui arrivent aujourd’hui et l’imitent ne font que radoter pitoyablement. On a aussi l’exemple dans le domaine du livre imprimé de cette flopée d’épigones de Bonnefoy ou de Jaccottet. Est-il encore original de reprendre le discours de Bonnefoy qui récuse le surréalisme, par exemple, comme le fait Cédric Le Penven ? J’ai envie de leur dire : « Réveillez-vous, Bonnefoy c’était nouveau dans les années 50!... »

Tu es d’ailleurs professeur des écoles. Tu écris pour la jeunesse? Penses-tu que la poésie se doive d’être accessible? Que penses-tu de la fameuse phrase de Lautréamont : «La poésie doit être faite par tous. Non par un»?

Vincent Calvet : Sur ce sujet, il y a le point de vue de Lautréamont repris par les surréalistes, cette idée que la poésie doit être faite par tous, et à l’autre opposé le point de vue extrêmement élitiste de Mallarmé. Sans tomber dans l’élitisme extrême, il ne faut pas tomber non plus dans la démagogie. C’est très à la mode de dire que tout le monde peut écrire, mais je ne crois pas que ce soit vrai. Il faut déjà en avoir les capacités. Ensuite il faut avoir du talent. Ensuite il faut être inspiré. Je prends mes distances avec la notion de « génie » chez Hugo, mais il ne faut pas non plus dire que n’importe quel gugusse peut devenir poète. D’ailleurs le milieu de la poésie est encombré de faux poètes, de mauvais poètes, que vous retrouverez dans les scènes ouvertes et les soirées slam, et qui finiront par s’autoéditer.

Pour écrire de la poésie, il faut se donner la peine de lire, lire beaucoup et de façon très large, et travailler son écriture en profondeur plutôt que cultiver l’image et la posture (je pense à la comédie narcissique de Facebook où chacun cherche son quart d’heure de célébrité…), et puis ensuite il y aura des élus et c’est comme ça. Après c’est une question de rencontres, de volonté, de persévérance sur le long terme. Pour ce qui est de la pédagogie de la poésie à l’école, l’idée n’est pas du tout d’en faire tous des poètes, mais de les aider à entrer dans l’écriture, à dépasser un blocage dans le langage. Il faut faire comme si tous étaient poètes, évidemment, car je ne pense pas que le discours élitiste ou même seulement réaliste puisse convenir pour des élèves en difficulté (on se doit de les encourager) si on veut les amener à s’exprimer par écrit et surtout à oser montrer aux autres leurs productions.

Tu me poses la question de la poésie jeunesse. J’ai publié L’enfant bleu, au « Port a jauni », en 2019. Un autre recueil est en préparation à la Rumeur Libre. La poésie jeunesse est un exercice particulier, spécifique. En cela, je suis coaché par mon ami David Dumortier. Un bon recueil jeunesse doit être écrit dans un langage accessible aux tranches d’âge concernées (un langage simple, à l’opposé de la langue de Mallarmé par exemple) tout en maintenant une certaine exigence dans le choix des mots. C’est un savant dosage. Le texte doit répondre à des critères très précis, tout en évitant la platitude. Finalement, j’ai trouvé que c’était un exercice plus difficile que la poésie pour adultes où on se trouve plus libre. Si vous voulez savoir ce qu’est un bon recueil de poésie jeunesse, lisez tout David Dumortier qui est le meilleur dans ce créneau en France !

À ce propos, l’hermétisme qu’on prête à la poésie contemporaine explique-t-il la désaffection du public?

Vincent Calvet : C’est une des explications, mais ce n’est pas la seule. Comme autre facteur explicatif, on peut aussi souligner la quasi-inexistence dans les médias de la poésie. Je pense avec Julien Blaine que si on parlait juste un peu plus de poésie à la télé ou à la radio, les lecteurs suivraient, il y aurait davantage de ventes. La poésie souffre de son invisibilité médiatique. Il y a une autre raison qui tient à la culture scolaire. Les choses sont en train d’évoluer, mais pendant longtemps l’institution scolaire a donné une image trop désuète de la poésie, sacralisant les grands textes, ce qui peut créer un complexe définitif, rendant la poésie rébarbative par le recours à une explication trop technique.

Jean-Pierre Siméon et Bruno Doucey ont dit des choses intéressantes sur les défauts de l’enseignement de la poésie à l’école, j’invite le lecteur de cet entretien à s’y reporter. Dans ton livre sur la poésie contemporaine en bibliothèques, tu évoques le rôle joué de plus en plus par les médiathèques pour diffuser le genre. Je pense aussi que c’est en train de changer, lentement mais sûrement, à l’école (mais davantage dans le primaire que dans le secondaire). Non, je n’estime pas que l’hermétisme de certains textes explique le désamour du public. Car, après tout, il y a de tout en poésie, il y en a pour tous les goûts dans le paysage de la poésie contemporaine, chacun peut y trouver son compte. Il n’y a pas que de la poésie illisible comme celle de Denis Roche. Évidemment, si tu veux initier un jeune ou un adulte à la poésie, il ne faut pas lui donner en priorité du Denis Roche. 

La Nature est valorisée dans ta poésie, par opposition au monde des hommes, à la technique. Peut-on parler de panthéisme? Penses-tu que nous soyons excessivement éloignés de la Nature

Vincent Calvet : J’ai grandi en ville mais ensuite, quand j’ai débuté comme enseignant. J’ai ainsi passé dix ans dans le rural profond. En 2012, quand je suis revenu à Toulouse, je me suis installé dans un village, à Baziège. J’ai pris goût au mode de vie rural. J’ai fait beaucoup de randonnées étant enfant et adolescent (et je continue à en faire), donc je suis très sensible au spectacle de la nature, que ce soit à la montagne ou à la campagne. Étant de Perpignan, j’ai grandi avec la proximité de la mer, et j’aime tous les lieux où il y a la mer, comme Sète, ou la Grèce. Dans mes poèmes, il est vrai que la ville est plutôt évoquée de façon négative (voir De cendres et d’écume, une ville, La Rumeur Libre, 2016).

La grande ville, cœur du capitalisme mondialisé, pour moi, c’est le Mal, la violence, l’inauthentique, le mépris, la valeur argent, le wokisme. J’y oppose la Grande Nature, et l’océan occupe une place privilégiée, même si je peux également évoquer la montagne ou la campagne. Je défends de plus en plus les valeurs d’une certaine France périphérique évoquée par Christophe Guilluy, et j’ai soutenu le mouvement des gilets jaunes qui venait du cœur des territoires perdus. Cependant, cela ne fait pas de moi un poète écologiste. Je suis très distancié avec l’écologisme politique, et la question du réchauffement climatique n’est pas ma préoccupation principale. Je ne pense pas non plus être panthéiste. J’ai lu Spinoza, bien sûr, et même si j’apprécie sa philosophie, je ne me définirais pas comme ça. Je suis un chrétien catholique culturel à tendances gnostiques. Je laisse le panthéisme aux écolos et aux féministes New-Age. 

Tu parais souvent sceptique à l’égard des mots, apparemment impuissants. Et on sent chez toi un désir de silence. Crois-tu la poésie vaine? T’arrive-t-il de douter de la littérature même

Vincent Calvet : Il m’arrive bien sûr de douter de la littérature, mais je ne suis bon qu’à ça : écrire des poèmes. Donc je vais continuer. Je suis une machine à écrire, pour paraphraser Georges Ribbemont-Dessaignes. Je ne crois pas que la poésie « sauvera le monde », pour reprendre le titre d’un texte célèbre de Jean-Pierre Siméon. Je pense qu’elle pourra sauver des individus, c’est certain, des individualités singulières. Mais elle ne sauvera pas le monde. Est-ce qu’un livre protège des balles ou des canons ? Va-t-on sauver la planète avec des livres de poésie ? Non. Il faut rester modeste. La poésie n’est pas vaine non plus. D’abord elle existe, pour contredire Denis Roche. Ensuite, elle peut aller dans certains cas dans le bon sens, pour certains individus. Dans le sens de la pulsion de vie. Si davantage de gens lisaient de la poésie ou en écrivaient, peut-être que nous pourrions espérer un monde meilleur, espérer de « changer la vie ». Toutefois, cela n’arrivera pas. La poésie fait du bien au monde, c’est sûr, elle n’ajoute pas du Mal au Mal, mais les déterminismes sont trop puissants, nous n’échapperons pas collectivement au désastre final. 

La poésie n’est pas vaine, son potentiel existe, mais il reste limité. Nul désir de silence chez moi. Je préfère écrire. Je ne suis pas tenté par le suicide ou la disparition. Au silence, qui est une défaite, je préfère le chant des oiseaux, même si cela ne changera pas fondamentalement le cours des choses. Ceci dit, je respecte le choix des poètes qui ont cessé d’écrire ou se sont suicidés. Rimbaud et son Harrar. Le départ de Celan ou de Thierry Metz. Mais, moi, cela ne me tente pas, à vrai dire. Je crois que les mots sont capables du pire comme du meilleur. L’origine du mal, ce sont aussi des mots. On peut faire beaucoup de mal avec des mots, on peut rendre l’autre fou. La Shoah, c’était aussi une question de mots, qui a rendu la tragédie possible. Le travail du poète est un travail d’épuration des mots. Il faut les débarrasser du mal qui est en eux, le poids de glaise qui les rend lourds, et peut nous noyer dans le marécage et la fange.

La poésie est un travail d’ascèse, vers la lumière. Il s’agit de quitter la prison de la matière pour rejoindre le Ciel. Et les mots peuvent aussi nous y aider. C’est mon côté gnostique. Les mots, c’est à la fois le mal et le remède. Les mots sont une aide pour nous élever spirituellement, mais ils ne sont pas indispensables. Il y a des mystiques, des gens religieux, qui parviennent à s’élever sans les mots. Les mots, finalement, c’est peu de choses. C’est un outil. La Nature est bien plus profonde et complexe que les mots. Nous ne disposons finalement que de 26 lettres aux possibilités combinatoires limitées. La Nature, elle, c’est le complexe, l’illimité, elle est riche de 11 dimensions (et il existe en plus des dimensions enroulées). La physique quantique a ouvert énormément le champ des possibles pour la Nature. On a en maintenant une vision autrement plus complexe de la réalité du Monde. Les mots sont en deçà de la Nature, du Cosmos, du tout. C’est juste un brin de paille dans l’étable. 

 
 
 

Par Auteur invité
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1 Commentaire

 

Pierre Kobel

11/01/2023 à 23:22

Bonjour monsieur Calvet, j’ai lu avec intérêt votre entretien avec Étienne Ruhaud et je partage un certain nombre de vos points de vue. J’ai ainsi sursauté de ce que vous dites du travail de Bruno Doucey. Que je sois clair, je ne veux pas me faire le porte-flingue de Bruno, il sait très bien se défendre tout seul, mais il se trouve que je suis un de ses proches amis et que j’accompagne activement son aventure éditoriale depuis la création de sa maison. Je trouve que c’est méconnaître beaucoup sa ligne éditoriale et son catalogue que d’affirmer péremptoirement qu’il ne prend aucun risque dans ses engagements et ne pense qu’à ses intérêts commerciaux. D’une part je ne vois pas quel mal, il y a à toujours défendre des causes déjà connues. La démocratie pour ne citer qu’elle, serait encore plus en danger si de par le monde, des artistes, des intellectuels ne prenaient pas sans arrêt fait et cause pour la défendre contre les menaces dictatoriales. Par ailleurs, les éditions Bruno Doucey n’ont jamais cessé depuis leur création de s’engager ouvertement sur tous les fronts, je pense entre autres à cette collection Poés’idéal à laquelle j’ai plusieurs fois contribué, mais aussi à bien des recueils qui disent avec force le monde tel que nous le souhaitons pour le meilleur de tous, dans l’échange, le respect d’autrui et la découverte des différences. Reste qu’il est tout à fait respectable pour ceux qui le préfèrent de se retirer dans la thébaïde de leur propre poésie et des doutes qu’ils cultivent. Enfin, pour ce que vous reprochez à Bruno, je ne comprends pas ce procès d’en faire un commerçant. Oui la poésie est aussi un commerce quand elle est sujette aux contraintes de l’édition. Le papier coûte cher, de plus en plus, le travail des collaborateurs se rémunère et s’il est encore trop souvent convenu par certains acteurs de la petite édition que les auteurs peuvent se passer de droits d’auteur, je vous informe que ceux publiés par Bruno en touchent. Vous déplorez l’invisibilité médiatique de la poésie. Là aussi la communication a un prix et c’est en vendant des livres, non pas comme de simples produits, mais comme des œuvres uniques à chaque parution, donc en allant les porter sur les plateaux, les stands des marchés, les librairies et les médiathèques que les livres deviennent visibles et trouvent du répondant dans le public. Encore s’agit-il de faire le job et non pas d’attendre que les choses se fassent toute seule comme c’est malheureusement le cas de bien des petits éditeurs et des poètes eux-mêmes.
Croyez bien que je ne cherche aucunement à polémiquer. Ma réaction tient à l’amitié et à l’attachement que j’ai pour une aventure à laquelle j’adhère pleinement. Pour le reste, je partage votre intérêt pour bien des noms que vous citez ainsi que votre point de vue sur les manques de l’école à l’égard de la poésie puisque j’ai exercé durant quarante ans le même métier que vous, sous l’intitulé d’instituteur, un titre que je préfère de très loin à celui de professeur des écoles qui m’a toujours paru vaniteux, n’en déplaise à l’administration qui s’est défaussée ainsi, une fois de plus, d’une véritable revalorisation de la profession.
Pour être honnête avec vous, il me reste à découvrir vos œuvres, ce que je ne manquerai pas de faire avec attention.
Cordialement,
Pierre Kobel

Six solitudes

Vincent Calvet

Paru le 01/08/2022

184 pages

La rumeur libre Editions

17,00 €

De cendre et d'écume, une ville

Vincent Calvet

Paru le 26/01/2016

201 pages

La rumeur libre Editions

18,00 €

L'enfant bleu

Vincent Calvet, Zeynep Perinçek

Paru le 14/06/2019

28 pages

Le Port a jauni

12,00 €

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« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

15/01/2026, 16:46

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Et si le webtoon sauvait la BD sur smartphone ? L’expérience inattendue de Bang !!

À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.

15/01/2026, 16:09

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“La mémoire des Européens semble figée et anesthésiée“ : entretien avec François-Michel Durazzo

Première moitié du XIXème siècle… Fils d’une tenancière de bordel, l’aventurier viennois Redo Hauptsammer débarque dans l’austère commune de Szonden, bourgade imaginaire située dans le détroit de l’Oder, en Prusse orientale. Par Étienne Ruhaud.

14/01/2026, 11:48

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Simon de Jocas : “Être éditeur, c’est aller à la rencontre de l’autre”

Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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À Marseille, des livres de montagne et de nature pensés pour les enfants

À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.

 

13/01/2026, 10:00

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre”

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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“Le nom de l’éditeur ne suffit plus” : acheter des livres, à l’ère des milliardaires

Face à la concentration croissante de l’édition, l’application Quisbn ? ambitionne de rendre visibles des liens de propriété largement méconnus du public. En scannant un ISBN, elle permet d’identifier les groupes auxquels appartiennent les maisons d’édition, au moment même de l’achat. Fondé sur le croisement de sources publiques et une veille contributive, l’outil entend démocratiser l’accès à des données économiques complexes et nourrir une compréhension plus éclairée du monde du livre.

26/12/2025, 10:18

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“Économiquement, la vente en librairie ne suffit pas”

À première vue, on croit connaître le livre de photographie : des photos - logique -, un « beau livre », un objet qu’on feuillette. Mais il n’est ni un simple album, ni une exposition mise en pages, ni une illustration chic d’un texte. C’est un récit, un langage à part entière - et c’est précisément parce qu’il reste méconnu, parfois mal identifié, que l'association France PhotoBook inaugure une Journée de sensibilisation au livre de photographie, le jeudi 22 janvier 2026 à Amiens, de 9h30 à 17h30.

23/12/2025, 17:32

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“La première règle du Knight Club, c'est de s'approprier les croisades” Arthur de Pins

Parti guilleret de son atelier à Bastille, Arthur de Pins nous attendait devant l’Institut du Monde Arabe. On s’était promis de parcourir ensemble la bibliothèque et les ouvrages médiévaux, parler de l’art de la forge au XIIIe siècle, dans le Royaume d’Israël… et ce n’était que l’apéritif. Une immersion complète pour aborder son dernier livre Knight club, un roman graphique entre tempête de sable et vis comica

23/12/2025, 11:04

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Emmanuel Khérad : “La mobilisation du public me donne une responsabilité”

Après l’arrêt brutal de La Librairie francophone, Emmanuel Khérad retrouve l’antenne avec Le Club francophone, un nouveau programme culturel diffusé sur TVMonaco et YouTube. Télévision, production indépendante, jeunesse, lecteurs, libraires et francophonie : l’animateur et producteur revient sur la genèse du projet, et ses ambitions pour l'année à venir.

22/12/2025, 18:01

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Après les agressions, Paris crée un dispositif d’intervention rapide pour les librairies

Après plusieurs semaines de polémique, le Conseil de Paris a finalement adopté l’aide municipale destinée aux librairies indépendantes. Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint à la maire de Paris chargé du commerce, de l’artisanat et des professions culturelles, revient pour ActuaLitté sur les enjeux de ce vote, les usages concrets de la subvention et les tensions politiques qui ont traversé le dossier.

18/12/2025, 18:26

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Amin, un enfumage algérien

C’est une histoire qui se passe à Alger et dans ses alentours, mais elle se déroule également ailleurs, dans d’innombrables pays. En somme, c’est une histoire ancienne, elle change simplement de visages, de géographies, de configurations, de scènes et d’acteurs. 

17/12/2025, 14:32

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“La poésie n’a pas à servir à quoi que ce soit” : entretien avec Julien Boutreux

Au milieu des années 2010, Julien Boutreux créé une revue toute noire, carrée, illustrée et sobre à la fois, quelque peu mystérieuse et délibérément confidentielle. Intitulé Chats de Mars, en référence à François Rabelais, le périodique tourangeau diffuse alors des voix plus ou moins nouvelles du champ poétique, avec toutefois une exigence de lisibilité. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

17/12/2025, 10:49

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“Sans livres, pas de liseuse” : la vision de Marius Sobczak (inkBOOK) sur l’avenir de la lecture numérique

Quand Marius Sobczak évoque la lecture numérique, il le fait avec le calme de ceux qui ont vu passer plusieurs cycles. Son histoire avec la liseuse commence tôt, très tôt même. « On a vendu la première liseuse en Europe en même temps qu’Amazon a vendu la sienne », rappelle-t-il. Depuis, le marché s’est transformé en profondeur. Les usages ont évolué, les acteurs se sont raréfiés, et les certitudes d’hier ont souvent volé en éclats.

16/12/2025, 16:09

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Witi Ihimaera : “La France est plus grande que vous ne le pensez“

Witi Ihimaera nous raconte sa littérature comme une affaire de noms, de transmission… et de détournement. Il remonte avec nous à ce moment où, avec l’arrivée des missionnaires en Nouvelle-Zélande, « ils ne pouvaient pas dire « Ihimaera »… » et cherchent une approximation : « Qu’est-ce qui sonne comme “Smiler” ? Alors on t’appellera Pop Smiler. »

15/12/2025, 17:35

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“Ce sont des travailleurs“ : Soumya Bourouaha revient sur la protection sociale des créateurs

Dans le rapport de la mission flash remis le 26 novembre dernier, les députées Soumya Bourouaha (Seine-Saint-Denis, 4ᵉ circonscription) et Camille Galliard-Minier défendent l’idée de rattacher les artistes-auteurs à l’Unédic afin de leur ouvrir l’accès au chômage. La proposition de loi dite de « continuité de revenus » souligne en effet que ces créateurs connaissent, comme d’autres professions déjà couvertes, des périodes de creux involontaires. 

11/12/2025, 16:09

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”La Sacem ne défend pas d’autres intérêts que ceux de ses membres”

ActuaLitté révèle, dans un article, l'activité de lobbying menée par la Sacem contre la proposition de loi sur la continuité de revenus des artistes-auteurs : la société de gestion de droits d'auteur y répond. Dans cet entretien, elle défend la légitimité de son intervention auprès des sénateurs et justifie ses prises de position. Elle affirme représenter au mieux les intérêts de ses membres face à une réforme jugée risquée pour le droit d’auteur. L’échange revient sur les critiques adressées à la PPL, la précarité des artistes-auteurs et le rôle de la gestion collective dans le secteur culturel.

11/12/2025, 11:26

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Éditions ZTL-ZéTooLu : une maison pour les enfants dyslexiques, mais pas que...

La dyslexie complique l’apprentissage de la lecture, mais des solutions existent pour accompagner les enfants comme les adultes. Sandra Todorovic, fondatrice de la maison d’édition ZTL-ZéTooLu, travaille depuis des années sur des ouvrages pensés pour faciliter la lecture. Elle évoque les différentes formes de dyslexie et l’apport de typographies adaptées. Dans cet entretien, elle raconte comment son parcours personnel nourrit son travail éditorial.

11/12/2025, 10:07

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"La force de Lire et Faire Lire, c’est que son engagement s’inscrit autant dans la culture que sur le terrain"

L'association Lire et Faire Lire, avec ses milliers de bénévoles engagés, œuvre pour la transmission du plaisir de la lecture et de la découverte des textes, des images. Elle est évidemment encouragée, dans sa mission, par des auteurs et autrices, qui mettent leur notoriété au service de cette cause. Laura Nsafou souligne l'importance de la « représentativité » ; « on s'occupe aussi bien d'acteurs derrière et devant le livre »

11/12/2025, 10:00

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Courts Bouillon, nouveau média pour “relayer ces colères, ces voix” du monde du livre

Depuis quelques semaines, la température monte sur Instagram et dans les boites mail : derrière l'enseigne Courts Bouillon, deux professionnels de l'édition et du graphisme développent un nouveau média consacré au monde du livre. Le duo y aborde des thématiques liées à la concentration éditoriale, à la diversité ou à la liberté d'expression, et met aussi en avant des créateurs, créatrices ainsi que leurs œuvres.

10/12/2025, 13:16

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“N’importe quelle initiative en faveur de la lecture est salutaire” (Francois-Henri Désérable)

L'association Lire et Faire Lire, avec ses milliers de bénévoles engagés, œuvre pour la transmission du plaisir de la lecture et de la découverte des textes, des images. Elle est évidemment encouragée, dans sa mission, par des auteurs et autrices, qui mettent leur notoriété au service de cette cause. Francois-Henri Désérable, qui récemment rejoint ce comité de soutien, évoque une initiative « salutaire ».

10/12/2025, 08:00

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Le Carep, un outil de "soft power du Qatar" ? Le directeur répond

Accusé dans une tribune collective d’avoir coorganisé un « procès politique à l’encontre d’Israël et de l’Europe », le colloque « Palestine et Europe », annulé au Collège de France, cristallise un conflit plus large autour de la liberté académique et du rôle des institutions de recherche. Directeur du Centre arabe de recherche et d'études politiques (Carep), directement visé par ce texte, Salam Kawakibi répond ici aux mises en cause visant le colloque, ses intervenants et les liens avec le Doha Institute, et décrit les effets de cette séquence sur le travail des chercheurs.

08/12/2025, 12:54

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Souleymane Gueye : dynamiser le livre au Sénégal, un engagement quotidien

Souleymane Gueye est un libraire qui parle avec son cœur et on le ressent dès les premiers échanges avec lui. Et sa librairie, Plumes du monde, est atypique dans ce paysage, elle sort régulièrement de son espace pour s’associer à des évènements et diversifier ses publics. Et puis c’est un espace qui ne cesse de surprendre, d’évoluer, et qui incarne un dynamisme dans un secteur pas évident en Afrique. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

08/12/2025, 10:18

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“L’amour des livres tient à peu de choses“ : entretien avec Hajar Azell

Dans le cadre de sa série d’entretiens avec les auteur·ices engagé·es auprès de Lire et faire lire, ActuaLitté a échangé avec Hajar Azell, autrice des romans Le sens de la fuite et L’envers de l’été, membre du comité de soutien de l’association. Elle revient sur son lien à la lecture à voix haute, l’importance de la transmission et du rapport intergénérationnel, ainsi que sur les livres qu’elle aimerait partager avec les enfants et les adolescent·es.

04/12/2025, 09:27

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Mi-Livre Mi-Raisin : quand les éditeurs rencontrent les vignerons engagés

Au cœur de la Bellevilloise, Mi-Livre Mi-Raisin orchestre la rencontre entre éditeurs engagés et vignerons artisans. Deux univers qui, le temps d’un week-end, se mêlent jusqu’à ne plus faire qu’un.

03/12/2025, 15:54

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50 livres pour le plaisir : “Nous avons voulu travailler sur cette idée d'ouverture”

Avec l'opération « 50 livres pour le plaisir », le Centre national du livre et le ministère de la Culture souhaitent rapprocher les ouvrages de la jeunesse, pour promouvoir la lecture, en fournissant des bibliothèques « clé en main » à 250 centres de loisirs. Sophie Van der Linden, critique spécialiste de la littérature jeunesse et romancière, a constitué la sélection de 50 titres avec sa collègue Raphaële Botte, journaliste en charge de la littérature jeunesse pour Télérama. Elle répond à nos questions sur ce dispositif, son approche et ses objectifs.

03/12/2025, 12:52

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Joffrine Donnadieu : “J’aurais adoré qu’on me lise La boutique des émotions”

Dans le cadre de sa série d’entretiens avec les auteur·ices engagé·es auprès de Lire et faire lire, ActuaLitté a échangé avec la Prix de Flore 2022, Joffrine Donnadieu, membre du comité de soutien de l’association. Elle suit de près le travail mené par les bénévoles et les équipes éducatives, convaincue de l’importance de cette action autour du livre et du lien intergénérationnel.

03/12/2025, 12:45

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“Je voulais que mes personnages aborigènes étudient les colonisateurs”

Avec Brittany, publié au Vent des Îles dans une traduction de Lise Garond, Larissa Behrendt entraîne ses héroïnes dans un road-trip littéraire en Angleterre qui vire, peu à peu, au face-à-face implacable avec l’héritage colonial. Entre disparition d’enfant, racisme systémique et choc des générations, l’autrice aborigène renverse le regard, fissure les certitudes et fait surgir les voix que l’histoire a tenté de faire taire.

01/12/2025, 18:05

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Catherine Lovey : confidences sur la route d’un festival itinérant

Revenue aux Petites Fugues après plus de quinze ans, Catherine Lovey traverse la Bourgogne-Franche-Comté comme on traverse un paysage rendu incertain par le brouillard et les transformations du monde.

28/11/2025, 19:14

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Petites Fugues 2025 : au CDI, les élèves transforment les textes en chœur vivant

Au collège de Saint-Laurent-en-Grandvaux, dans le Jura, la professeure documentaliste Sandrine Dougy accompagne 22 élèves dans une lecture chorale conçue avec l’auteur Sébastien Joanniez et la musicienne Laura Tejeda. Ensemble, ils font résonner la poésie de la page, pour en faire une expérience de voix, de souffle et de partage..

28/11/2025, 16:06

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“Un festival littéraire porté par la Porte Dorée est en préparation pour l'automne 2026“

Riche actualité au Palais de la Porte Dorée : pour la première fois, les prix littéraire et BD ont été remis en novembre, dans une nouvelle formule alignée sur le rythme éditorial, tandis que Constance Rivière est reconduite à la tête de l’établissement. Un festival littéraire est également en préparation pour l'automne 2026. À l’occasion de cette « saison » particulière, la directrice générale revient sur le sens de ces prix, les évolutions engagées et la manière dont le Palais entend demeurer un lieu de résistance culturelle, dans un contexte de crispation autour des questions migratoires.

26/11/2025, 17:31

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Carnet de bord d’une bénévole sur les routes des Petites Fugues

À travers le témoignage de Fabienne Ferrut, bénévole aux Petites Fugues, se dessine la silhouette discrète de celles et ceux qui accompagnent les écrivains sur les routes de la région. Entre trajets matinaux, rencontres scolaires et soirées en bibliothèque, elle raconte les émotions imprévues et ces instants. Dans son regard attentif, la littérature devient un mouvement partagé, fragile et profondément humain.

25/11/2025, 12:49

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Petites Fugues 2025 : une semaine de neige, de rencontres et de voix partagées

Après une semaine de rencontres à travers la Bourgogne et le Morvan, Hélène Vignal raccroche son téléphone sur un quai de gare glacé, migraine en embuscade, mais les yeux encore pleins de paysages enneigés, de visages, de voix. L’autrice vient de boucler son premier cycle aux Petites Fugues 2025 — et malgré la fatigue, c’est un enthousiasme profond qui domine.

24/11/2025, 17:44

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“Il faut s’organiser collectivement pour se défendre concrètement”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires a tenu, vendredi 16 janvier 2026, une conférence de presse à l’annexe de la Bourse du travail de Paris. Ses membres, aux côtés d’autres acteurs engagés du monde du livre, y ont dénoncé la multiplication des attaques d’extrême droite contre les librairies et le climat politique, policier et médiatique qui les rend possibles. Un fait jugé inédit depuis des décennies a été particulièrement souligné : la perquisition, le 7 janvier dernier, de la librairie féministe Violette and Co.

16/01/2026, 18:22

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L’industrie du livre, ou l’art délicat de se concentrer en feignant de s’en foutre

Il y a dans l’industrie du livre quelque chose d’un ballet étrange : une danse de bilans déficitaires, de discours vertueux, de concentrations “raisonnables” et de communiqués qui jurent, la main sur le cœur, que tout cela se fait au nom de la diversité. On fusionne pour mieux défendre la pluralité, on rationalise pour préserver la création, on licencie pour sauver la chaîne du livre — cette créature mythologique que tout le monde invoque mais que plus personne ne nourrit vraiment.

16/01/2026, 12:22

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Pierre Bordage, trente ans d’amitié et de traversées

Marion Mazauric rend hommage à Pierre Bordage, compagnon de route et géant de l’imaginaire, en retraçant trente ans d’amitié, de livres et d’audace littéraire. Un texte personnel et puissant, à la mesure d’un écrivain dont l’œuvre et la vie n’ont jamais cessé de se confondre. Voici l’hommage que le Diable lui a rendu par la voix de Marion Mazauric.

15/01/2026, 11:45

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Laâyoune, en attendant : entre football et Maroc, le Sahara face au réel

“Les sources“. En arabe, cela se dit Laâyoune, aujourd’hui la plus importante ville du Sahara occidental. Riche en nappes phréatiques dans une zone de désert, la ville a toujours représenté un lieu de repos. Et d’approvisionnement. En eau. Donc en vie. Et c’est là que Nicolas Rouillé installe son nouveau livre, Laâyoune, en attendant. Et malgré le silence du désert, de nombreux échos se font entendre. 

14/01/2026, 11:15

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Répression en Iran : lettre ouverte d'un photojournaliste au président Emmanuel Macron

Dans une lettre ouverte, le photojournaliste franco-iranien Reza Deghati interpelle le président de la République, Emmanuel Macron, sur la répression en cours en Iran. À travers le destin de Rubina, jeune étudiante tuée lors d’une manifestation, le photojournaliste franco-iranien appelle la France à un sursaut politique et moral.

13/01/2026, 12:43

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“L’édition n’est pas épuisée. Elle est saturée”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 8. Il fallait marquer une pause, pour vous autant que pour moi. J'ai partagé pas mal de choses dans ces colonnes, mais les confiseurs n'ont pas le monopole de la trêve. Je m'appelle Victoire. J'ai eu la révélation que je cherchais.

10/01/2026, 10:38

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“Connaisseur averti du temps incertain” : Michel Jeury, une longueur d’avance sur notre époque

Figure majeure et pourtant trop discrète de la science-fiction française, Michel Jeury aura profondément marqué la littérature de l’imaginaire en bouleversant notre rapport au temps, au langage et à la conscience. À l’heure où sa Trilogie chronolytique s’apprête à renaître en librairie, cet article propose une traversée mémorielle et critique de l’œuvre d’un écrivain essentiel, à la croisée du romanesque terrien et des audaces conceptuelles de la SF, dont l’héritage continue d’irriguer silencieusement notre présent.

09/01/2026, 10:51

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Lettre à nous, les hyper-délirants : “Vivre est bien souvent devenu une pathologie qui réclame la molécule idoine”

Particulièrement sensible aux commentaires survenus suite à la publication de sa Lettre à Nicolas Demorand, l’auteur Christophe Esnault a voulu revenir sur le sujet. « J’y ai vu beaucoup de personnes en souffrance psychique, aussi je me pose en hyper-délirant et ai écrit ce texte sous neuroleptique, comme tout ce que j'ai écrit depuis à peu près quinze ans. » En découle le texte qui suit.

08/01/2026, 12:33

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Un nouveau bilan dans votre boîte mail : de belles découvertes

2026 pointe le bout de son nez et Elsa l'accompagne avec quelques dernières recommandations, un bilan personnel et de bonnes résolutions. En avant la musique !

07/01/2026, 17:15

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ActuaLitté a réuni 1,7 million de lecteurs en décembre 2025 : et vous ?

Allez savoir pour quelle raison les débuts d’année sont propices aux bilans des mois passés : un côté bicéphale janusien, probablement. Pas encore détachés de ce qui s’achève, on peine à se projeter dans l’avenir. Ou bien, puiser des forces dans les réussites qui insuffleront l’énergie indispensable. En ce mois de janvier, c’est bien le cas : notre média a explosé les compteurs.

07/01/2026, 16:53

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Grand bal parlementaire : quand les artistes-auteurs et autrices imposent leur musique

Il faut forcément un événement d’importance pour m’arracher à mon Angleterre chérie et m’éloigner de mes cottages humides et de mes thés parfaitement infusés. Mais les réjouissances de décembre et l'organisation de grands bals constituent une excuse parfaitement recevable. Plus encore lorsque ces festivités se tiennent à Paris… Tenez-vous le pour dit, moi, Lady en Passant revient en cette nouvelle année. Avec mes meilleurs voeux...

07/01/2026, 10:51

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Pourquoi la bibliothérapie séduit de plus en plus de publics

Lectrice de toujours, autrice et praticienne confirmée, Céline Mas retrace ici le chemin qui l’a conduite à la bibliothérapie. De la découverte fondatrice de Sadie Peterson Delaney à la construction d’une méthode croisant littérature et sciences cognitives, elle raconte une pratique exigeante, engagée, et profondément ancrée dans le réel. Un témoignage à la première personne qui éclaire les enjeux, les responsabilités et les promesses d’un accompagnement par les livres.

05/01/2026, 11:56

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Bonne année 2026 : surtout, surtout, restez bien concentrés

Il est de ces mots qui n'ont l'air de ne rien demander, tout en exigeant beaucoup. “Concentration”, par exemple. Au hasard. Terme apparemment sage, presque scolaire, il convoque des réalités autrement plus explosives qu'en apparence. En ce début de 2026, c’est avec lui que l’on vous souhaite une bonne année. Bien concentrée. Très concentrée... 

01/01/2026, 21:25

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Faire de l’argent avec son séjour en prison : et si Sarkozy reversait ses droits d’auteur ?

Un titre qui surgit hors de la longue nuit carcérale, et un emballement médiatico-économique qui s’ensuit... En ce dernier jour de l’année, invitons chacun à prendre de bonnes résolutions et ses responsabilités. ActuaLitté propose ici une Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, l’enjoignant à la générosité.

31/12/2025, 10:56

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Artaud face au marxisme : la révolution ne se limite pas à l’estomac

Le « momo » Ilios Chailly revient avec un texte ample et nerveux, consacré à Antonin Artaud et à l’idée d’une révolution vivante de l’esprit. Au fil d’une traversée du surréalisme, des ruptures avec Breton et des secousses mexicaines, notre spécialiste déroule une lecture combative, pleine d’éclats. Artaud y apparaît moins comme une figure à célébrer que comme une déchirure qui oblige à sortir des automatismes. Un long format pour qui veut prendre le temps d’une secousse intérieure.

29/12/2025, 13:11

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L’édition française va mal ? “Le lecteur n’a pas disparu. Il s’est déplacé”

Voici l'histoire d'un renoncement intérieur. Loin de l’image d’un secteur agressé de l’extérieur, l'industrie du livre serait gagné par le conformisme, la frilosité intellectuelle et l’autosatisfaction morale, où la curiosité éditoriale s’est effacée au profit de la reproduction, de la sécurisation et de l’alignement idéologique. Un diagnostic sévère qui interroge la perte de sens du métier d’éditeur et pointe une crise moins visible mais plus radicale : celle du désir, du risque et de la confiance dans l’intelligence du lecteur.
 

25/12/2025, 09:45

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Ni guéri ni vaincu : continuer à créer avec la maladie

En 2022, j’ai publié sur Actualitté une tribune dans laquelle je décrivais des symptômes physiques apparus dans les semaines ayant suivi ma vaccination contre le Covid-19. À l’époque, je traversais une période d’errance médicale profonde. Je ne savais pas ce que j’avais. Je ne disposais d’aucun diagnostic. Je tentais simplement de mettre des mots sur ce que je vivais, avec les outils dont je disposais alors : l’écriture et le témoignage. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Par Guilhem Méric.

24/12/2025, 10:26

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Livres : ce que change vraiment la décision de l'Europe pour Amazon

Depuis plus de dix ans, la France tente de contenir l’influence des géants du commerce en ligne sur le marché du livre. Après la loi de 2014, puis la loi « Darcos » de 2021, un seuil minimal de facturation des frais de livraison a été instauré pour éviter que certains acteurs — Amazon en tête — ne pratiquent des tarifs quasi nuls. 

22/12/2025, 17:59

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“Pourquoi nous ne vendrons pas le dernier livre de Nicolas Sarkozy”

Même au-delà des frontières de l'Hexagone – et peut-être plus encore – le dernier ouvrage de Nicolas Sarkozy fait polémique.  Hassen Jaied, entrepreneur franco‑tunisien du monde de l’édition et de la librairie en Tunisie, se passionne pour les mutations de l’industrie. Il pose les bases de principes ethiques et moraux dans le commerce du livre, et ses librairies en particulier.

20/12/2025, 15:25

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“Après Noël, le monde de l’édition n’implosera pas. Il fera bien pire : il continuera.”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 7.  Dans une série télévisée, on approcherait du dernier épisode : happy end, drame humain, mariage improvisé, explosion de volcan, paix mondiale, invasion d'aliens, c'est selon. Je m'appelle Victoire. Et je relis actuellement V pour Vendetta

20/12/2025, 11:59

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Et si le livre numérique pouvait enfin circuler comme une œuvre d’art ?

Comparer Thotario au droit de suite ? L’idée peut surprendre. Elle peut même faire tiquer. Nous le savons, et nous l’assumons. Car ce rapprochement n’a jamais eu vocation à être un raccourci juridique ni une promesse spectaculaire. Il s’agit d’un point de départ. D’un angle de réflexion. D’une manière de remettre sur la table une question ancienne, mais toujours brûlante : comment rémunérer les auteurs de façon juste lorsque les œuvres circulent ?

18/12/2025, 12:14

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“Il est temps de reconnaître les métiers artistiques comme des activités nécessaires à la société”

Ce jeudi 18 décembre, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Écologiste au Sénat, les sénateurs examineront la proposition de loi portée par Monique de Marco sur la continuité de revenus des artistes-auteurs. Marion Cocklico, illustratrice, raconte la précarité de ses débuts, des à-valoir insuffisants et la nécessité de cumuler un second emploi après un burn-out. Elle défend l’accès des artistes-auteurices à l’assurance chômage et la reconnaissance de leurs métiers.

18/12/2025, 10:35

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Quatre livres, quatre voyages : l’évasion en papier à offrir (ou à s’offrir)

Un monde qui s’effondre, un couple qui s’échappe, une carte qui déplie l’imaginaire, une France qui se raconte en images : quatre livres, quatre manières de voyager - sans forcément quitter sa chaise. Petit tour d’horizon, léger mais sérieux, pour remplir sa liste de beaux cadeaux… ou s’offrir une escapade de papier.

17/12/2025, 15:45

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Continuité de revenus : les éditeurs volontaires pour une hausse de la “contribution diffuseur”

Ce jeudi 18 décembre, à l'occasion d'une niche parlementaire du groupe Écologiste au Sénat, une proposition de loi de Monique de Marco (Gironde, Écologiste - Solidarité et Territoires) sur la continuité de revenus des artistes-auteurs sera examinée. Une opportunité d'amélioration de la condition des artistes auteurs, souligne le Syndicat des éditeurs alternatifs (S.E.A) dans un communiqué, reproduit ci-dessous.

17/12/2025, 11:40

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“Petit” éditeur un peu fâché...

À l’heure où l’édition connaît de profondes mutations économiques et techniques, les pratiques d’impression cristallisent de nombreuses tensions entre acteurs de la chaîne du livre. L’essor de l’impression à la demande, longtemps perçue comme marginale, interroge désormais les modèles de diffusion, le rôle des libraires et la place des éditeurs indépendants dans un paysage dominé par la surproduction et la concentration.

16/12/2025, 16:39

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Noël hors des sentiers battus : cinq livres où vivent de drôles de bêtes

À l’approche de Noël, les bêtes sortent du bois. Pas forcément sages, rarement domestiquées, souvent étranges, elles traversent albums illustrés, bandes dessinées et récits graphiques sous des formes multiples. Pour un cadeau original ou une lecture à contre-courant des contes de fin d’année les plus attendus, voici cinq livres où la bête, réelle ou fantasmée, sert de motif, de décor ou de point de bascule narratif. 

16/12/2025, 12:00

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“Notre pays, c’est la poésie“ : pourquoi il faut préserver les lieux de Boris Vian et Jacques Prévert

Hélène Pince, une des représentantes du groupement pour les musiques actuelles au sein du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs (SNAC), lance un appel vibrant pour la préservation des appartements de Boris Vian et de Jacques Prévert. Selon elle, plus que des murs, ces espaces incarnent une histoire poétique, humaniste et profondément vivante, dont la transmission aux générations futures demeure essentielle.

16/12/2025, 11:58

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Lecture sacrifiée en France ? La filière s’alarme d’un désengagement inédit de l’État

La perspective d’une diminution des crédits destinés au développement de la lecture dans le projet de budget 2026 suscite une profonde inquiétude au sein du monde du livre. Cette orientation budgétaire intervient pourtant dans un contexte de mobilisation forte, illustrée notamment par les États généraux de la lecture jeunesse, qui ont mis en lumière l’urgence et l’ampleur des enjeux liés à la pratique de la lecture.

15/12/2025, 16:48

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À offrir (ou s’offrir) : 6 livres pour un Noël gourmand et dépaysant

À l’approche des fêtes de fin d’année, certains livres s’invitent naturellement à la table de Noël. À offrir ou à s’offrir, ils accompagnent les moments passés en cuisine, ouvrent des fenêtres sur le monde et invitent à voyager sans quitter son salon. De la pâtisserie pour enfants aux grandes traditions culinaires, des vins insolites aux hôtels d’exception.

15/12/2025, 14:05

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“J’ai cru travailler dans une maison d'édition où les livres comptaient vraiment”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 6. Paris, en décembre, a ce talent presque indécent : faire croire que tout peut encore s’arranger.

15/12/2025, 11:19

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Ask this book : Amazon met une IA dans vos livres, un étrange assistant qui arrive sur Kindle

On l’a d’abord pris pour une commodité, un de ces petits raffinements qui rendent la lecture numérique plus fluide. Puis la question s’impose : qu’implique, au juste, un chatbot d’IA embarqué dans un livre ? Avec Ask this Book, Amazon dote l’application Kindle iOS d'un compagnon de lecture à qui poser des questions directement – personnages, intrigue, thèmes – et d’obtenir des réponses instantanées. 

15/12/2025, 10:07

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Le métier que personne ne voit, mais sans lequel votre liseuse ne fonctionnerait pas

PORTRAIT – Dans les coulisses de la lecture numérique, certains métiers œuvrent loin des projecteurs. Sans eux, pourtant, aucune bibliothèque ne se synchroniserait, aucun livre ne suivrait son lecteur d’un appareil à l’autre. Abdelmajid Ouelbani fait partie de ces artisans essentiels. Lead Developer Backend chez Vivlio, il incarne une expertise technique au service d’une expérience de lecture fluide, presque invisible — et donc réussie. Rencontre avec un ingénieur qui parle de code avec la même précision que de littérature, et pour qui la technologie n’a de sens que si elle s’efface derrière l’usage.

15/12/2025, 09:36

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“Garantir sa sécurité” : l’appel urgent après l’arrestation de Narges Mohammadi

Militante iranienne des droits humains, vice-présidente du Defenders of Human Rights Center, Narges Mohammadi est engagée depuis plus de vingt ans contre la répression, la peine de mort et les discriminations, notamment à l’égard des femmes en Iran. Son combat s’inscrit dans un contexte marqué par l’autoritarisme de la République islamique, qui réprime violemment toute dissidence, restreint les libertés fondamentales et impose des lois strictes telles que le port obligatoire du hijab.

14/12/2025, 11:14

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Hokusai, Tezuka, Dior : quand le manga déborde le papier

Au musée Guimet, on est pénétré de la solennité de ses pièces, du silence des vitrines, des cartels sages comme des images. Et puis, avec Manga, Tout un art !, exposition qui court jusqu'au 9 mars prochain, le lieu fait un pas de côté. Un pas calculé, qui consiste à prendre le manga au sérieux. À le traiter comme une forme narrative, graphique, industrielle, culturelle - avec ses généalogies, ses ruptures, ses contradictions.

12/12/2025, 18:59

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“Je l’ai lu il y a deux ans et je le relis tous les ans” : le livre inoubliable de Lucy Maréchal

PORTRAIT - Des lecteurs, des vrais, pour qui les ouvrages ne se résument pas à des fichiers – quand bien même ils les bichonnent. ActuaLitté a rencontré les équipes de Vivlio, pour découvrir leur inoubliable. Cette semaine, nous accueillons Lucy Maréchal, chargée d'animation éditoriale chez Vivlio.

12/12/2025, 13:26

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Thème : l’Avent dans la pratique magique

L’Avent est sans doute l’un des rares moments de l’année où, consciemment ou non, nos sociétés renouent avec des gestes anciens : illuminer l’obscurité, raconter des histoires, se rassembler pour conjurer le froid et la nuit. Derrière les décorations et les rites contemporains affleure ainsi une mémoire plus profonde, héritée du solstice d’hiver, où célébrer revenait avant tout à survivre — et à espérer. Camille Serres, coautrice avec Stéphanie Gras de Mon calendrier divinatoire de l'Avent (paru chez Arcana Sacra) nous raconte cette période, avec un autre regard.

12/12/2025, 12:11