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Vincent Calvet : “L’origine du mal, ce sont aussi des mots

Né en 1980 à Carcassonne, Vincent Calvet grandit à Perpignan. Titulaire d’une maîtrise de Lettres, instituteur spécialisé en région toulousaine, l’homme anime des ateliers d’écriture à destination d’élèves handicapés, tout en faisant intervenir divers auteurs. Animateur de plusieurs revues, comme le défunt Mange-Monde publié par Paul Sanda, ou Sémaphore, Vincent Calvet a en outre dirigé plusieurs anthologies. Lauréat du prix de la vocation Bleustein-Blanchet de Paris, il est l’auteur de nombreux recueils, entre autres pour la jeunesse, ainsi que de livres d’artistes. Certains de ses textes ont été traduits en russe ainsi qu’en arabe. Également plasticien, Vincent Calvet a exposé dans diverses galeries. Propos recueillis par Étienne Ruhaud. 

Le 10/01/2023 à 12:51 par Auteur invité

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10/01/2023 à 12:51

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ActuaLitté : Dans tes poèmes, tu fais référence à des créateurs aussi différents que Philippe Jacottet, Anna Akhmatova ou Serge Essenine. Peux-tu nous en dire davantage

Vincent Calvet : J’essaye de lire de tout, d’être le plus large possible, autant dans la poésie du passé que dans la poésie du présent, autant à l’étranger que dans notre pays. Mes références dominantes, c’est plutôt la poésie de l’« esprit nouveau », avec une appétence particulière pour Léon-Paul Fargue, mais également Max Jacob et Apollinaire. Ensuite, j’ai été marqué par le surréalisme, André Breton et Paul Éluard essentiellement. Et Tristan Tzara de sa période de L’Homme Approximatif. J’ai lu la nouvelle poésie, celle de Bonnefoy ou de Jaccottet, qui m’a un peu influencé, notamment dans Naître au Mystère, mais je n’ai pas pris parti pour Bonnefoy contre Breton. J’accepte tout l’héritage, je ne récuse rien.

Pour les contemporains, la dimension religieuse de mes derniers livres correspond à l’influence de Pierre Oster. Je ne suis pas touché par la poésie d’avant-garde contemporaine, même si je m’y suis beaucoup intéressé, je préfère des poètes qui sont contemporains tout en s’inscrivant dans une tradition longue, comme Serge Pey. Cela correspond mieux à ma façon de voir les choses. Pour les poètes étrangers, je suis touché par les romantiques anglais et par les poètes russes, principalement. Effectivement, les poètes russes me touchent, et mon préféré est Serge Essenine, car il allie esprit révolutionnaire et attachement à la terre natale, celle des ancêtres, de la Sainte Russie, il est chrétien et animiste à la fois. 

Dans Prière pour ne pas être enterré avec les chiens comme dans Naître au Mystère notamment, tu as choisi le vers libre. La forme de Six solitudes a de quoi déconcerter. Nous ne sommes pas dans le vers, mais pas dans la prose non plus stricto sensu. Comment expliquer ce changement? Est-ce délibéré, ou est-ce que la forme s’impose à toi naturellement, selon ton propre rythme intérieur?

Vincent Calvet : Je ne suis pas un poète qui investit une forme et s’y tient toute sa vie. De plus, je ne suis pas un formaliste, mais un lyrique, dans le courant de ce « nouveau lyrisme » des années 1980, avec une tendance au « lyrisme critique » pour reprendre l’expression de Maulpoix. Je suis un lyrique qui est en même temps conscient des limites de l’expression poétique, ce que j’essaye de formuler dans Naître au Mystère. Pour moi, la forme vient en fonction de ce que j’ai envie de dire. Je ne m’enferme pas dans une forme. J’ai naturellement envie d’expérimenter différentes formes. Je peux écrire en vers libre ou en prose, en travaillant sur la dimension visuelle ou pas.

Pour ce qui est de Six Solitudes, c’est une forme hybride entre le verset claudélien et le poème en prose. Il n’y a pas de ponctuation. Ce sont les blancs qui marquent la scansion. Quand j’ai écrit la « première solitude », j’étais sous l’effet de la lecture de L’homme Approximatif de Tzara mais aussi de Appartient à de Roubaud, ce qui a donné cette prose discontinue de la « première solitude ». Ensuite, je suis revenu à davantage de régularité sur les solitudes 3 à 6, sous l’effet de la relecture de Pierre Oster, et après avoir écrit La Haute Folie des mers, dont les rythmes sont plus réguliers. Je n’ai pas de forme de prédilection. Je suis protéiforme, la forme s’impose d’elle-même en fonction du propos, et j’ai toujours envie d’explorer des formes nouvelles. 

Une joie irradiante, totale, ressort de Naître au mystère, tandis qu’une mélancolie diffuse sourde dans Six solitudes. Pourquoi ce changement de ton?

Vincent Calvet : Les Six solitudes ont été écrites avant Naître au Mystère, mais le premier est paru après le second. Ce sont les aléas des calendriers de parution des éditeurs. La tonalité de Six solitudes est élégiaque et mélancolique. Cela correspond à une période de ma vie, quand j’étais étudiant, où j’ai écrit la « premier solitude ». J’étais un peu isolé et dépressif. Ensuite, j’ai essayé de conserver le ton quand j’ai écrit les autres « solitudes », afin que le recueil ait une unité de ton, même si je n’étais pas dans le même état d’esprit. Les solitudes 5 et 6 ont été composées pendant un long arrêt maladie d’un an, en 2015, où je me retrouvai un peu dans le même état de solitude.

Dans Naître au Mystère, mon intention est différente. J’ai écrit le livre pour saluer la naissance de mes deux neveux. Je l’ai écrit pour ma grande sœur, Marie. Je me devais de faire des poèmes positifs, qui célèbrent l’espoir, le miracle de la vie et de la naissance. Le sujet du livre impliquait une tonalité autre. Il est vrai que le livre est plus lumineux, moins élégiaque, plus dans le ton d’un Jaccottet. Si je suis un lyrique parfois élégiaque (je ne récuse pas par principe l’élégie qui est un genre qui remonte à l’Antiquité), j’essaye de faire varier les tonalités, pour ne pas m’enfermer dans un certain type de poésie. Quand on lit 44 grenouilles (Le Petit Pois), c’est léger, c’est primesautier, plein d’humour. Quand on lit Mais l’Espoir (Le Petit Véhicule), on ressent plutôt l’atmosphère d’un temps gris et d’une ville en proie à la dépression, comme certains poèmes de De cendre et d’écume, une ville. Il faut être capable de passer d’un registre à un autre, comme Victor Hugo ou Guillaume Apollinaire. 

Tu n’évoques que fort peu la musique dans ces deux livres. Pourtant, tu as déjà enregistré des disques audios, collaboré avec des musiciens. Et parfois on est frappé par la musicalité même de ta poésie, par certaines allitérations et par certaines assonances. Quel est ton rapport, donc, à cet art?

Vincent Calvet : Un CD qui a été enregistré, mais n’a pas été pressé car l’éditeur, Gwen Catala, nous a fait faux bond. Le CD devait paraître, mais Gwen a disparu en Thaïlande et n’a plus donné de nouvelles. Il nous reste l’enregistrement, et je n’ai pas encore trouvé d’autre solution. Les compositions musicales sont de Félix Lacquement et les textes sont dits par la jeune comédienne Carla Degoy. Ce sont des poèmes qui n’ont pas été publiés encore, des poèmes en hommage à d’autres poètes. Le titre devait être Ce sont de drôles de types, composé par le groupe « Alter Ego ». J’espère que ce CD verra le jour. Il est toujours temps.

Il est vrai que ma poésie est assez musicale, mais c’est tout à fait inconscient. Cela me vient tout seul. Ce sont des sons qui appellent des images et ces images, ce sont des mots, et donc des sons. Une longue chaîne de signifiants autoproduits. Il y a des poètes aujourd’hui qui sont musicaux et d’autres pas. Mais ce n’est pas une obligation. La prose de James Sacré est très musicale, celle de Guillaume Artous-Bouvet ne l’est pas du tout, mais ce sont deux excellents poètes. Je ne suis pas un grand connaisseur de la musique. J’écoute surtout de la chanson, des chansons à textes comme celles de la « nouvelle scène française » que j’essaye de suivre (Dominique A, Benjamin Biolay, Cali, Clara Luciani…), ou simplement de la chanson française (Ferré, Brel, Moustaki, Aznavour…). Ado, j’ai écouté du rap et parfois, pour mes élèves, j’en écoute encore un peu. Mais je suis une bille en musique contemporaine. Pour la musique classique, j’apprécie Chopin et Rachmaninov, mais ma culture n’est pas très étendue. J’étais très nul à la flûte au collège. 

Tu es également auteur de plusieurs livres d’artiste, et ta poésie est riche en images, quasi picturale parfois. Quel est donc ton rapport aux arts plastiques?

Vincent Calvet : Je dessine depuis l’enfance. J’aurais souhaité en faire mon métier, mais mon père voulait que je gagne ma vie, donc je suis devenu instit. J’ai commencé par la caricature. Je fréquentais le Festival de caricature de Saint-Estève, à côté de Perpignan. J’avais gagné un prix lors de ce festival avec une caricature de Coluche. Ensuite, je me suis beaucoup intéressé au dessin de presse. Je lisais Charlie Hebdo et le Canard enchaîné. Au lycée, nous faisions un journal où je caricaturais des profs et je publiais des dessins de presse. J’ai laissé tomber le dessin de presse, mais il m’arrive encore de faire des caricatures pour amuser des amis. J’ai découvert ensuite la peinture, l’histoire de l’art, à travers la formidable collection Taschen. J’aimais me rendre à Paris pour voir des expos ou des musées. Je me suis mis à pratiquer le pastel sec ou le fusain à la fac. J’ai fait plusieurs expos à Perpignan ou dans l’Aveyron. J’ai laissé un peu de côté, mais je m’y suis remis récemment. Je devrais exposer l’an prochain dans une galerie à Ille-sur-Têt, à côté de Perpignan.

Mes pastels secs et fusains sont soit monochromes, soit en couleur. Je suis influencé par Matisse ou Chagall. Pour le trait, le dessin à proprement parler, je suis influencé par Modigliani ou Zadkine, et la perspective déformée des expressionnistes allemands (Kirchner surtout). Mes dessins sont très différents de ma poésie. Il n’y a pas de message, ni moral ni politique. Je cherche à atteindre une forme de beauté par l’harmonie chromatique ou par l’équilibre des lignes. C’est purement esthétique. Je fais surtout des nus, des Christs, des natures mortes. Pour moi, un beau tableau de nu, c’est un système de courbes et de contre-courbes. J’aime les couleurs franches et tranchées. Mes dessins sont figuratifs. L’art abstrait me semble une solution de facilité quand on ne sait pas dessiner. 

À contre-courant de la tendance actuelle, tu rends longuement hommage à la Russie, à travers plusieurs poèmes. De même, tu as dirigé une anthologie en hommage à Gaza. Penses-tu que la poésie ait un message à transmettre? Crois-tu en la littérature engagée

Vincent Calvet : Je ne crois pas que la poésie doive être forcément engagée, au sens de s’impliquer dans les luttes politiques au sein de la Cité. La poésie, c’est avant tout un engagement dans la langue, c’est une descente au fond de l’intime, en soi, dans le for intérieur, pour faire surgir quelque chose qui fait trace et qui est en soi subversif car bousculant les normes et les repères moraux qui nous tiennent sous leur joug, même dans nos démocraties libérales. Je suis à ce niveau-là d’accord avec ce qu’a pu dire ou écrire Bernard Noël. Le message de la poésie, c’est la poésie elle-même.

Mon éditeur Andréa Iacovella me le dit souvent. Le spectacle de la « poésie engagée » actuelle me fait peine. Le milieu de la poésie fantasme une « poésie de la résistance » qui a existé historiquement. Ils se prétendent des « poètes résistants », mais on ne voit pas trop exactement contre quoi ils résistent. Vous me direz : ils résistent contre le fascisme. Mais, si on peut identifier ce qu’a été historiquement le fascisme (nazisme allemand, franquisme espagnol, Italie fasciste, Pinochet, dictature des colonels en Grèce...), on ne voit pas trop à quoi cela peut correspondre aujourd’hui en France. Certains diront que c’est le RN… Moi je pense que cette poésie engagée est une poésie qui singe la poésie de la résistance, mais ne résiste pas du tout contre le fascisme tel qu’il existe réellement dans le monde actuel : le fascisme bancaire et la société de consommation (voir Pier Paolo Pasolini !).

Car, pour cela, il faudrait davantage de courage, ce qu’ils n’ont pas. Ils s’engagent entièrement pour des causes gagnées d’avance. Ils ne prennent aucun risque. Quel mérite y a-t-il à s’engager pour l’Ukraine alors que tout est fait pour que l’Ukraine soit désignée comme le Bien, alors que la Russie est désignée comme le Mal ? Y a-t-il un mérite à défendre l’Ukraine quand c’est la posture obligatoire en France et dans tout l’Occident ? Ces gens, ce sont des moutons qui vont dans le sens du vent. On leur montre où est le Bien, et ils obéissent. Réflexe pavlovien. Quel mérite à être engagé toujours du côté politiquement correct, là où il n’y a aucun risque ? Bruno Doucey est un spécialiste de ça, avec d’autres. C’est une manière de faire vendre les livres, de se situer dans le camp dominant, et de se faire inviter dans les festivals, à la radio ou à la télé. Tu crées ta page Facebook par exemple, titrée « Résister en poésie contre les méchants », et tu te feras bien voir du milieu poétique, des institutions, des libraires, des pouvoirs politiques, et tu pourras gratter peut-être quelques invitations ou quelques publications en livres ou anthologies. C’est ridicule.

Quand j’ai fait l’anthologie sur Gaza (Requiem pour Gaza, Color Gang, 2018), j’ai pris un réel risque. Le contexte en 2018, c’était celui d’une occultation par les médias du problème palestinien par la crainte d’être taxé d’antisémite. Aujourd’hui (les théoriciens du « nouvel antisémitisme » ont été très efficaces), si vous critiquez Israël, vous serez automatiquement taxés d’antisémitisme. C’est un moyen de faire taire les gens. Les gens s’autocensurent, car ils ont très peur de se voir étiquetés Cette dénomination est infamante, c’est un rayon paralysant, vous pouvez perdre votre travail, être banni des médias, devenir un paria social. Nous étions conscients du risque que nous prenions en faisant cette anthologie, mais nous l’avons faite tout de même. Avec le patronage moral d’Adonis, que je remercie (il a écrit la préface). Bruno Doucey, qui est le spécialiste des causes sans danger, de toutes les causes politiquement correctes qui ne présentent aucun risque réel, ne fera jamais une anthologie en soutien aux Palestiniens. Il est trop conformiste et trouillard, et il sait très bien où est son intérêt économique. 

Ta poésie est également limpide, parfaitement lisible, à l’opposé des textes expérimentaux actuels. Pourquoi ce choix? Peut-on parler de poésie lyrique?

Vincent Calvet : Oui, en effet, je ne suis pas un poète expérimental. Je ne me situe pas dans les avant-gardes telles qu’on peut les voir dans les revues ou les festivals, même si Six Solitudes est, je le pense, un livre novateur. Le problème, c’est que l’avant-garde est souvent dogmatique, et ça ne me va pas. Moi je n’ai pas envie de prendre le parti d’une école de pensée. Je n’ai pas de tribu. Comme je le disais, je prends tout, l’actuel comme le plus ancien, la poésie d’ici et celle d’ailleurs, et je veux rester ouvert à toutes les formes d’expression, qui sont également valables, quand elles sont de qualité. Je pense que pour faire du nouveau il faut puiser dans l’ancien. C’est une dialectique permanente entre tradition et renouveau. Serge Pey et Paul Sanda sont d’accord avec moi sur ce point. De toute façon, ces poètes des avant-gardes aujourd’hui ne font que répéter ce qui a déjà été fait au début du siècle précédent en France, en Russie ou aux USA, ou ce qui a été fait dans l’immédiat après-guerre, ou dans les années 1970. Souvent d’ailleurs, ils ne donnent pas leurs références, comme Frank Smith qui fait la même chose que Reznikoff mais sans jamais le signaler au spectateur ou au lecteur. 

Si on prend l’exemple de la performance, Julien Blaine a été très novateur à son époque, et je lui rends hommage car c’est un ami et je considère que son nom restera dans l’Histoire, mais tous ces petits jeunes qui arrivent aujourd’hui et l’imitent ne font que radoter pitoyablement. On a aussi l’exemple dans le domaine du livre imprimé de cette flopée d’épigones de Bonnefoy ou de Jaccottet. Est-il encore original de reprendre le discours de Bonnefoy qui récuse le surréalisme, par exemple, comme le fait Cédric Le Penven ? J’ai envie de leur dire : « Réveillez-vous, Bonnefoy c’était nouveau dans les années 50!... »

Tu es d’ailleurs professeur des écoles. Tu écris pour la jeunesse? Penses-tu que la poésie se doive d’être accessible? Que penses-tu de la fameuse phrase de Lautréamont : «La poésie doit être faite par tous. Non par un»?

Vincent Calvet : Sur ce sujet, il y a le point de vue de Lautréamont repris par les surréalistes, cette idée que la poésie doit être faite par tous, et à l’autre opposé le point de vue extrêmement élitiste de Mallarmé. Sans tomber dans l’élitisme extrême, il ne faut pas tomber non plus dans la démagogie. C’est très à la mode de dire que tout le monde peut écrire, mais je ne crois pas que ce soit vrai. Il faut déjà en avoir les capacités. Ensuite il faut avoir du talent. Ensuite il faut être inspiré. Je prends mes distances avec la notion de « génie » chez Hugo, mais il ne faut pas non plus dire que n’importe quel gugusse peut devenir poète. D’ailleurs le milieu de la poésie est encombré de faux poètes, de mauvais poètes, que vous retrouverez dans les scènes ouvertes et les soirées slam, et qui finiront par s’autoéditer.

Pour écrire de la poésie, il faut se donner la peine de lire, lire beaucoup et de façon très large, et travailler son écriture en profondeur plutôt que cultiver l’image et la posture (je pense à la comédie narcissique de Facebook où chacun cherche son quart d’heure de célébrité…), et puis ensuite il y aura des élus et c’est comme ça. Après c’est une question de rencontres, de volonté, de persévérance sur le long terme. Pour ce qui est de la pédagogie de la poésie à l’école, l’idée n’est pas du tout d’en faire tous des poètes, mais de les aider à entrer dans l’écriture, à dépasser un blocage dans le langage. Il faut faire comme si tous étaient poètes, évidemment, car je ne pense pas que le discours élitiste ou même seulement réaliste puisse convenir pour des élèves en difficulté (on se doit de les encourager) si on veut les amener à s’exprimer par écrit et surtout à oser montrer aux autres leurs productions.

Tu me poses la question de la poésie jeunesse. J’ai publié L’enfant bleu, au « Port a jauni », en 2019. Un autre recueil est en préparation à la Rumeur Libre. La poésie jeunesse est un exercice particulier, spécifique. En cela, je suis coaché par mon ami David Dumortier. Un bon recueil jeunesse doit être écrit dans un langage accessible aux tranches d’âge concernées (un langage simple, à l’opposé de la langue de Mallarmé par exemple) tout en maintenant une certaine exigence dans le choix des mots. C’est un savant dosage. Le texte doit répondre à des critères très précis, tout en évitant la platitude. Finalement, j’ai trouvé que c’était un exercice plus difficile que la poésie pour adultes où on se trouve plus libre. Si vous voulez savoir ce qu’est un bon recueil de poésie jeunesse, lisez tout David Dumortier qui est le meilleur dans ce créneau en France !

À ce propos, l’hermétisme qu’on prête à la poésie contemporaine explique-t-il la désaffection du public?

Vincent Calvet : C’est une des explications, mais ce n’est pas la seule. Comme autre facteur explicatif, on peut aussi souligner la quasi-inexistence dans les médias de la poésie. Je pense avec Julien Blaine que si on parlait juste un peu plus de poésie à la télé ou à la radio, les lecteurs suivraient, il y aurait davantage de ventes. La poésie souffre de son invisibilité médiatique. Il y a une autre raison qui tient à la culture scolaire. Les choses sont en train d’évoluer, mais pendant longtemps l’institution scolaire a donné une image trop désuète de la poésie, sacralisant les grands textes, ce qui peut créer un complexe définitif, rendant la poésie rébarbative par le recours à une explication trop technique.

Jean-Pierre Siméon et Bruno Doucey ont dit des choses intéressantes sur les défauts de l’enseignement de la poésie à l’école, j’invite le lecteur de cet entretien à s’y reporter. Dans ton livre sur la poésie contemporaine en bibliothèques, tu évoques le rôle joué de plus en plus par les médiathèques pour diffuser le genre. Je pense aussi que c’est en train de changer, lentement mais sûrement, à l’école (mais davantage dans le primaire que dans le secondaire). Non, je n’estime pas que l’hermétisme de certains textes explique le désamour du public. Car, après tout, il y a de tout en poésie, il y en a pour tous les goûts dans le paysage de la poésie contemporaine, chacun peut y trouver son compte. Il n’y a pas que de la poésie illisible comme celle de Denis Roche. Évidemment, si tu veux initier un jeune ou un adulte à la poésie, il ne faut pas lui donner en priorité du Denis Roche. 

La Nature est valorisée dans ta poésie, par opposition au monde des hommes, à la technique. Peut-on parler de panthéisme? Penses-tu que nous soyons excessivement éloignés de la Nature

Vincent Calvet : J’ai grandi en ville mais ensuite, quand j’ai débuté comme enseignant. J’ai ainsi passé dix ans dans le rural profond. En 2012, quand je suis revenu à Toulouse, je me suis installé dans un village, à Baziège. J’ai pris goût au mode de vie rural. J’ai fait beaucoup de randonnées étant enfant et adolescent (et je continue à en faire), donc je suis très sensible au spectacle de la nature, que ce soit à la montagne ou à la campagne. Étant de Perpignan, j’ai grandi avec la proximité de la mer, et j’aime tous les lieux où il y a la mer, comme Sète, ou la Grèce. Dans mes poèmes, il est vrai que la ville est plutôt évoquée de façon négative (voir De cendres et d’écume, une ville, La Rumeur Libre, 2016).

La grande ville, cœur du capitalisme mondialisé, pour moi, c’est le Mal, la violence, l’inauthentique, le mépris, la valeur argent, le wokisme. J’y oppose la Grande Nature, et l’océan occupe une place privilégiée, même si je peux également évoquer la montagne ou la campagne. Je défends de plus en plus les valeurs d’une certaine France périphérique évoquée par Christophe Guilluy, et j’ai soutenu le mouvement des gilets jaunes qui venait du cœur des territoires perdus. Cependant, cela ne fait pas de moi un poète écologiste. Je suis très distancié avec l’écologisme politique, et la question du réchauffement climatique n’est pas ma préoccupation principale. Je ne pense pas non plus être panthéiste. J’ai lu Spinoza, bien sûr, et même si j’apprécie sa philosophie, je ne me définirais pas comme ça. Je suis un chrétien catholique culturel à tendances gnostiques. Je laisse le panthéisme aux écolos et aux féministes New-Age. 

Tu parais souvent sceptique à l’égard des mots, apparemment impuissants. Et on sent chez toi un désir de silence. Crois-tu la poésie vaine? T’arrive-t-il de douter de la littérature même

Vincent Calvet : Il m’arrive bien sûr de douter de la littérature, mais je ne suis bon qu’à ça : écrire des poèmes. Donc je vais continuer. Je suis une machine à écrire, pour paraphraser Georges Ribbemont-Dessaignes. Je ne crois pas que la poésie « sauvera le monde », pour reprendre le titre d’un texte célèbre de Jean-Pierre Siméon. Je pense qu’elle pourra sauver des individus, c’est certain, des individualités singulières. Mais elle ne sauvera pas le monde. Est-ce qu’un livre protège des balles ou des canons ? Va-t-on sauver la planète avec des livres de poésie ? Non. Il faut rester modeste. La poésie n’est pas vaine non plus. D’abord elle existe, pour contredire Denis Roche. Ensuite, elle peut aller dans certains cas dans le bon sens, pour certains individus. Dans le sens de la pulsion de vie. Si davantage de gens lisaient de la poésie ou en écrivaient, peut-être que nous pourrions espérer un monde meilleur, espérer de « changer la vie ». Toutefois, cela n’arrivera pas. La poésie fait du bien au monde, c’est sûr, elle n’ajoute pas du Mal au Mal, mais les déterminismes sont trop puissants, nous n’échapperons pas collectivement au désastre final. 

La poésie n’est pas vaine, son potentiel existe, mais il reste limité. Nul désir de silence chez moi. Je préfère écrire. Je ne suis pas tenté par le suicide ou la disparition. Au silence, qui est une défaite, je préfère le chant des oiseaux, même si cela ne changera pas fondamentalement le cours des choses. Ceci dit, je respecte le choix des poètes qui ont cessé d’écrire ou se sont suicidés. Rimbaud et son Harrar. Le départ de Celan ou de Thierry Metz. Mais, moi, cela ne me tente pas, à vrai dire. Je crois que les mots sont capables du pire comme du meilleur. L’origine du mal, ce sont aussi des mots. On peut faire beaucoup de mal avec des mots, on peut rendre l’autre fou. La Shoah, c’était aussi une question de mots, qui a rendu la tragédie possible. Le travail du poète est un travail d’épuration des mots. Il faut les débarrasser du mal qui est en eux, le poids de glaise qui les rend lourds, et peut nous noyer dans le marécage et la fange.

La poésie est un travail d’ascèse, vers la lumière. Il s’agit de quitter la prison de la matière pour rejoindre le Ciel. Et les mots peuvent aussi nous y aider. C’est mon côté gnostique. Les mots, c’est à la fois le mal et le remède. Les mots sont une aide pour nous élever spirituellement, mais ils ne sont pas indispensables. Il y a des mystiques, des gens religieux, qui parviennent à s’élever sans les mots. Les mots, finalement, c’est peu de choses. C’est un outil. La Nature est bien plus profonde et complexe que les mots. Nous ne disposons finalement que de 26 lettres aux possibilités combinatoires limitées. La Nature, elle, c’est le complexe, l’illimité, elle est riche de 11 dimensions (et il existe en plus des dimensions enroulées). La physique quantique a ouvert énormément le champ des possibles pour la Nature. On a en maintenant une vision autrement plus complexe de la réalité du Monde. Les mots sont en deçà de la Nature, du Cosmos, du tout. C’est juste un brin de paille dans l’étable. 

 
 
 

Six solitudes

Vincent Calvet

Paru le 01/08/2022

184 pages

La rumeur libre Editions

17,00 €

De cendre et d'écume, une ville

Vincent Calvet

Paru le 26/01/2016

201 pages

La rumeur libre Editions

18,00 €

L'enfant bleu. Edition bilingue français-arabe

Vincent Calvet, Zeynep Perinçek

Paru le 14/06/2019

28 pages

Le Port a jauni

9,00 €

1 Commentaire

 

Pierre Kobel

11/01/2023 à 23:22

Bonjour monsieur Calvet, j’ai lu avec intérêt votre entretien avec Étienne Ruhaud et je partage un certain nombre de vos points de vue. J’ai ainsi sursauté de ce que vous dites du travail de Bruno Doucey. Que je sois clair, je ne veux pas me faire le porte-flingue de Bruno, il sait très bien se défendre tout seul, mais il se trouve que je suis un de ses proches amis et que j’accompagne activement son aventure éditoriale depuis la création de sa maison. Je trouve que c’est méconnaître beaucoup sa ligne éditoriale et son catalogue que d’affirmer péremptoirement qu’il ne prend aucun risque dans ses engagements et ne pense qu’à ses intérêts commerciaux. D’une part je ne vois pas quel mal, il y a à toujours défendre des causes déjà connues. La démocratie pour ne citer qu’elle, serait encore plus en danger si de par le monde, des artistes, des intellectuels ne prenaient pas sans arrêt fait et cause pour la défendre contre les menaces dictatoriales. Par ailleurs, les éditions Bruno Doucey n’ont jamais cessé depuis leur création de s’engager ouvertement sur tous les fronts, je pense entre autres à cette collection Poés’idéal à laquelle j’ai plusieurs fois contribué, mais aussi à bien des recueils qui disent avec force le monde tel que nous le souhaitons pour le meilleur de tous, dans l’échange, le respect d’autrui et la découverte des différences. Reste qu’il est tout à fait respectable pour ceux qui le préfèrent de se retirer dans la thébaïde de leur propre poésie et des doutes qu’ils cultivent. Enfin, pour ce que vous reprochez à Bruno, je ne comprends pas ce procès d’en faire un commerçant. Oui la poésie est aussi un commerce quand elle est sujette aux contraintes de l’édition. Le papier coûte cher, de plus en plus, le travail des collaborateurs se rémunère et s’il est encore trop souvent convenu par certains acteurs de la petite édition que les auteurs peuvent se passer de droits d’auteur, je vous informe que ceux publiés par Bruno en touchent. Vous déplorez l’invisibilité médiatique de la poésie. Là aussi la communication a un prix et c’est en vendant des livres, non pas comme de simples produits, mais comme des œuvres uniques à chaque parution, donc en allant les porter sur les plateaux, les stands des marchés, les librairies et les médiathèques que les livres deviennent visibles et trouvent du répondant dans le public. Encore s’agit-il de faire le job et non pas d’attendre que les choses se fassent toute seule comme c’est malheureusement le cas de bien des petits éditeurs et des poètes eux-mêmes.
Croyez bien que je ne cherche aucunement à polémiquer. Ma réaction tient à l’amitié et à l’attachement que j’ai pour une aventure à laquelle j’adhère pleinement. Pour le reste, je partage votre intérêt pour bien des noms que vous citez ainsi que votre point de vue sur les manques de l’école à l’égard de la poésie puisque j’ai exercé durant quarante ans le même métier que vous, sous l’intitulé d’instituteur, un titre que je préfère de très loin à celui de professeur des écoles qui m’a toujours paru vaniteux, n’en déplaise à l’administration qui s’est défaussée ainsi, une fois de plus, d’une véritable revalorisation de la profession.
Pour être honnête avec vous, il me reste à découvrir vos œuvres, ce que je ne manquerai pas de faire avec attention.
Cordialement,
Pierre Kobel

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Céline Laurens : “Anoblir le quotidien, en le ré-enchantant”

ENTRETIEN – En 2021, paraissait chez Albin Michel le premier roman de Céline Laurens, Là où la Caravane passe : s'y révélait une approche entre réalisme et onirisme, à la Jean-Jacques Beineix, saluée par le prix Roger Nimier. Après le pèlerinage à Lourdes en plein air, direction le métro parisien avec Sous un ciel de faïence. Humour, drame et poésie : la romancière s’intéresse toujours à tous ces « autres », et à travers eux, poursuit sa quête du primordial.

27/01/2023, 12:57

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Au Mali, les professions du livre réunies pour “décloisonner l'Afrique” 

Comment l’Afrique est racontée ? C’est l’une des idées initiales qui ont motivé Ibrahima Aya et un groupe d’auteurs maliens à lancer la Rentrée littéraire du Mali. C’était en 2008. Cette manifestation venait de naître, elle est désormais incontournable et très attendue. Propos recueillis par Agnès Debiage, créatrice de ADCF Consulting.

24/01/2023, 14:56

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Comment faire de la crise en médiathèque un “apprentissage”

En tant qu'établissements recevant du public, les médiathèques peuvent devenir les lieux de conflits sociaux. Mais des crises d'autres natures les guettent aussi, qu'elles soient climatiques, politiques, budgétaires... Dans l'ouvrage Penser la médiathèque en situation de crise (Presses de l'ENSSIB), un collectif d'auteurs rend compte de l'expérience d'une crise vécue avec des usagers au sein d'une médiathèque de la banlieue parisienne. Et des instruments mobilisés pour la prendre à bras-le-corps et la résoudre.

20/01/2023, 11:28

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“Aux éditeurs de savoir donner envie aux lecteurs d’aller vers leurs ouvrages”

À l’occasion de la parution prochaine de son dernier ouvrage, Modernité du livre (éditions Double ponctuation), nous avons échangé avec Olivier Bessard-Banquy, spécialiste de l’édition contemporaine et enseignant au Pôle des métiers du livre à l’université Bordeaux Montaigne. 

17/01/2023, 15:50

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L'extrême droite et ses symboles, “pour conquérir le territoire de la pensée”

La montée internationale des mouvements d'extrême droite s'accorde avec une légitimation des discours racistes et fascistes. du « Grand remplacement » à la stigmatisation de certaines populations, ces discours se retrouvent dans les médias, auprès des responsables politiques et même au Parlement. Elle s'entend et elle s'observe : des symboles ou gestes symboliques se multiplient aussi dans l'espace public. Le site Indextreme recense, analyse et explique ces manifestations graphiques, pour mieux les identifier. 

11/01/2023, 16:03

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Patrick Grainville : "J’ai commencé par la peinture"  

Le grand lyrique devant l’éternel, Patrick Grainville, a trouvé depuis quelques romans, un sujet propice à ces fulgurations : la peinture. Falaise des fous racontait une France par l’entremise du face à face entre Claude Monet et Gustave Courbet sur les falaises d’Etretat, Les Yeux de Milos, le triomphant Picasso et le torturé Nicolas de Staël sous le soleil d’Antibes. Trio des Ardents relate cette fois-ci une soixantaine d’années par le prisme de trois artistes vibrants.

09/01/2023, 17:52

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Auteure, éditrice : Lalao-Elina Razanadriaka défend la lecture à Madagascar

L’une de ses premières phrases m’intrigua « J’ai créé ma maison d’édition Mpariaka Boky, en 2020 en plein COVID-19, juste avant de prendre ma retraite. » Lalao-Elina Razanadriaka est une engagée, une volontaire. Cette Malgache, auteure et éditrice, véritable autodidacte, croit fermement en sa mission et en parle pendant des heures. Propos recueillis par Agnès Debiage, créatrice de ADCF Consulting.

05/01/2023, 12:41

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“L’intelligence artificielle représente de nouvelles façons de créer”

En novembre 2022, les éditions Michel Lafon ont publié le livre Poster Girl, de Veronica Roth (trad. Alice Delarbre). Pour la couverture de ce roman, la maison a eu recours à une Intelligence artificielle — un procédé qui a provoqué de nombreuses levées de boucliers. Pour certains, la méthode révélait un mépris à l’égard des professionnels de l’illustration. Elsa Lafon, directrice générale, revient sur une polémique montée en épingle. Et qui aurait nécessité un peu plus de recul.

03/01/2023, 10:21

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Muriel Barbery : "l’écriture d’un roman demande une énergie considérable"

L’auteure de L’élégance du hérisson publie le deuxième tome d’un diptyque ayant pour décor la ville de Kyoto. Elle nous a confié ses envies et ses réflexions au cours d’une rencontre à Villefranche sur Saône.

27/12/2022, 15:53

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MOBiDYS : les livres adaptés pour “soutenir l’effort de lecture”

Proposer des lectures pour tous, telle est la mission fondamentale de MOBiDYS, qui apporte sa pierre à l'accès aux textes en réalisant des adaptations numériques et imprimées à destination des élèves, de l'école primaire aux lycées, atteints de troubles DYS. Anne Thay, responsable du développement et des partenariats, est revenue avec nous sur les évolutions et projets de la société nantaise.

21/12/2022, 13:39

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BookBeat : “Établir un modèle équitable et transparent” pour les audiolivres

Nouvel acteur sur le marché des distributeurs de livres audio en France, BookBeat vient du Nord. Et plus précisément de la Suède, où le groupe éditorial Bonnier l'a créé en 2016. Une plateforme par les éditeurs pour les éditeurs, donc ? Nous avons posé quelques questions à Niclas Sandin, PDG de BookBeat, et William Jakoby, le responsable de l’expansion et du développement commercial.

14/12/2022, 17:06

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Grégory Rateau : “Je ne conçois pas l’écriture comme une activité immobile”

Né en 1984 à Drancy, réalisateur, scénariste puis romancier, Grégory Rateau vient de publier trois recueils, chez trois éditeurs différents. Sans pour autant céder à la facilité, à la mièvrerie, le jeune auteur propose ici une poésie particulièrement lisible, limpide, éloignée de toute forme d’abstraction ou d’expérimentation sonore. Une poésie du quotidien, teintée de mélancolie, habitée par des lieux bien précis, des situations, des souvenirs… Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

14/12/2022, 10:03

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"Chez Grasset, ce sont vraiment les coups de cœur qui guident nos choix"

Nous avons rencontré Audrey Scarbel, responsable du domaine italien aux éditions Grasset, pour découvrir sa vision de la littérature italienne ainsi que les choix éditoriaux qui guident la publication des auteurs transalpins au sein de la maison. En 1982, cette même maison a publié Le nom de la rose de Umberto Eco. Quarante ans plus tard, l'ouvrage est republié dans une édition augmentée avec un habillage graphique renouvelé.

06/12/2022, 12:45

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Jérémie Guez : “Je n'ai jamais eu ce dilemme entre littérature et cinéma”

Auteur de plusieurs ouvrages publiés aux éditions La Tengo et 10/18, Jérémie Guez est aussi un cinéaste dont le style s'affirme rapidement. Kanun, la loi du sang, en salles le 7 décembre prochain, constitue une nouvelle occasion de s'en apercevoir, après Bluebird (2018), Sons of Philadelphia (2020) et la mini-série, BRI (2022).

02/12/2022, 10:01

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“J’écris pour aller chercher cet enfant abandonné voilà longtemps”

À paraître le 25 novembre 2022, Monstrueuse féérie est ce récit de fin d’année de Laurent Pépin où se côtoient à la fois enchantement et tragédie, férocité et poésie, entraînant le lecteur dans un vertige monstrueux — monstrueusement attachant. Entretien avec Laurent Pépin ; chronique d’un écrivain parti à la recherche de l’enfant, de l’adolescent meurtri abandonné sur le bord de la route, il y a bien longtemps… Propos recueillis par Guylian Dai. 

22/11/2022, 09:00

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Nicolas Feuz : “Je n’ai jamais rêvé d’être quelqu’un d’autre… sauf peut-être Dark Vador !”

Ce 10 novembre, Nicolas Feuz publie Les larmes du lagon, aux éditions Slatkine & Cie. Un polar qui nous entraîne en Polynésie française, où la tranquillité du motu de Bora Bora est perturbée par la découverte d’un corps. Ce nouveau roman nous offre l’occasion d’en apprendre plus sur l’écrivain, dans un questionnaire de Proust revu, corrigé et bien soigné !

18/11/2022, 10:59

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“Tous les usages possibles d’une bibliothèque sont à préserver”

Stéphanie Khoury, bibliothécaire, et Maël Rannou, ancien directeur de bibliothèques, auteur et critique de bande dessinée, s'interrogent dans un court ouvrage, didactique et synthétique, sur les missions et les enjeux des établissements de lecture publique. Les bibliothèques de proximité (Presses universitaires Blaise Pascal) évoque également ces usages créés par les citoyens, avec la complicité ou à l'insu des bibliothécaires et des pouvoirs publics eux-mêmes.

14/11/2022, 11:37

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Jón Kalman Stefánsson : “Je veux saisir l'univers dans mes écrits”

LECFestival22- Jón Kalman Stefánsson est le lauréat 2022 du Prix Jean Monnet de Lectures Européeennes pour Ton absence n’est que ténèbres, traduit par Éric Boury. Son 13e opus, publié chez Grasset, avait déjà remporté le Prix du livre étranger. L’islandais est tout à la fois romancier, poète, mais également traducteur. Nous lui avons posé quelques questions.

10/11/2022, 17:16

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Galien Sarde : “C’est après l’écoute d’images oniriques que la dystopie a surgi”

Surprenant premier roman : enfermés dans un monde souterrain surveillés par une mystérieuse milice, plusieurs hommes et femmes parviennent à s’échapper, et sillonnent le désert à bord d’une jeep. Apocalyptique, effrayant, le livre se situe à mi-chemin entre le roman de science-fiction et le récit poétique. Galien Sarde, quarante-six ans, agrégé ès lettres, y déploie une langue riche, en une sorte de lyrisme sombre, sinon apocalyptique. Deuxième ouvrage publié par Fables fertiles, la toute jeune maison de Guylian Dai, Échec, et Mat, loin des grosses machines littéraires et des prix de la rentrée, tranche par son originalité, sa force onirique. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

10/11/2022, 11:36

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Arthur de Pins : “Zombillénium dévoile le monstre qu'on abrite”

Quatorze ans, six albums, un film d’animation et une attraction plus tard, c’est tout un cycle de Zombillénium – ce parc d'attractions aux authentiques zombies et vrais démons – qui touche à sa fin. Ce dernier opus sportif et haletant promet d’effroyables surprises et de diaboliques retournements de situation – avec un final à la hauteur de la série. Nous avons rencontré Arthur de Pins, toujours aux commandes de la machinerie infernale et ses milliers d’âmes prisonnières.

04/11/2022, 12:23

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Jacques Cauda : “Prose comme poésie. J’écris.”

Initiateur du mouvement surfiguratif, Jacques Cauda, soixante-sept ans, manie la plume comme il manie le pinceau, soit avec passion, gourmandise, frénésie. Ancien étudiant en philosophie, ancien documentariste professionnel, l’homme publie depuis 2002, à un rythme soutenu, tout en dirigeant « La Bleu-Turquin », collection des éditions Douro. Privilégiant les formes expérimentales, riche de nombreuses références, l’homme poursuit une œuvre singulière, loin des modes du moment. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

02/11/2022, 10:39

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Odile Cohen-Abbas : ”Dans les à-côtés, on trouve les choses qui nous intéressent”

Née en 1957, ancienne danseuse professionnelle, Odile Cohen-Abbas participa longtemps de l’aventure Supérieur Inconnu, revue fondée par le surréaliste Sarane Alexandrian. Collaborant régulièrement aux "Hommes sans épaules", périodique fondé en 1953 par Jean Breton, et dirigé depuis 1997 par Christophe Dauphin, auteure de nombreux recueils et récits, Odile vient ici nous surprendre avec Perditio, nouvel opus hybride décrivant un monde infernal, peuplé de chimères, de monstres, se livrant à de singuliers rites. Déroutant peut-être, riche à coup sûr, le livre étonne, détonne. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

27/10/2022, 09:16

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“Les monstruosités en Ukraine dépassent même les scénarios les plus noirs”

« Considérée de seconde main par les Russes, la langue des Moldaves a été mutilée. Si, dans un amphithéâtre, il y avait 50 étudiants moldaves et un seul étudiant russe, le cours devait avoir lieu en langue russe. » Entretien avec Tatiana Țîbuleac, écrivaine roumaine (originaire de la République de Moldavie), Prix de littérature de l'Union européenne pour Le Jardin de verre, éd. des Syrtes, traduction de Philippe Loubière.

25/10/2022, 10:05

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Salman Rushdie vivra, ”c'est la chose la plus importante“

AttaqueRushdie - En marge de la Foire du livre de Francfort, l’agent littéraire Andrew Wylie a répondu à quelques questions de El Pais. Une rare apparition dans les médias pour Le Chacal, surnommé ainsi pour sa manière abrupte de traiter avec les éditeurs. Et au cœur du sujet, Salman Rushdie, victime d’une tentative de meurtre.

24/10/2022, 10:47

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“Écrire, lire tout autant c’est retrouver une terre d’enfance”

PORTRAIT – Né en 1964, libraire dans le Poitou, Stéphane Émond rend une nouvelle fois hommage à sa région d’origine. Seize ans après Pastorales de guerre, l’homme revient avec un nouveau récit au titre programmatique, géographique. Magnifique évocation de la région Est, Argonne raconte également l’Histoire : le récit officiel et les tragédies familiales, l’une et l’autre intimement mêlées.

21/10/2022, 15:54

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Plan sobriété : “opportunité et risque” en bibliothèques

La raréfaction des matières premières – gaz et pétrole – doublée d'une hausse de leurs coûts a poussé le gouvernement à présenter un Plan sobriété : des suggestions plus que des obligations. Depuis quelques mois, la commission Bibliothèques Vertes de l'Association des Bibliothécaires de France planche justement sur la réduction de l'empreinte énergétique, et l'information des usagers, dans les établissements de proximité. Quelques réponses se profilent, sur des sujets qui recoupent des préoccupations bien connues des bibliothécaires.

12/10/2022, 15:13

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Caroline Lamarche : “Bach... Bach, quelle merveille !”

Nouvelliste et romancière, Caroline Lamarche a publié plusieurs livres chez Gallimard, dont La Mémoire de l’air (2014), Dans la maison un grand cerf (2017) et Nous sommes à la lisière (Prix Goncourt de la nouvelle 2019). Invitée de Lire en Poche, à Gradignan, elle s'est livrée avec enthousiasme et avec nous, au questionnaire de Proust.

09/10/2022, 18:48

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Michel Bussi : “Les réalisateurs ont besoin de tomber amoureux des romans”

#LireEnPoche22 – Roman qui devient livre de poche, le schéma est classique. Et particulièrement pour Michel Bussi, l’un des plus grands vendeurs de polars en France. L’univers de l’écrivain normand se décline en audiolivres, bandes dessinées, séries, films… Parfois au point de lui échapper. Ainsi, quand Maman a tort est diffusé sur Netflix, des années après l’adaptation sur France 2, il s’en étonne : « Je n’avais pas été informé… Je l’ai appris par des amis. Mais c’est une agréable surprise. »

09/10/2022, 16:42

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Djaïli Amadou Amal : “Refuser d'être une victime”

#LireEnPoche22 — Militante. Pour elle, dès son premier roman, ce terme revêtait un sens tout particulier. Djaïli Amadou Amal, Prix Goncourt des lycéens 2020 avec Les Impatientes (Ed. Emmanuelle Collas), venait pour la première fois à Gradignan. Son roman, publié chez J’ai lu, évoque des sujets douloureux et profonds. Qui justifient, selon la romancière, cet engagement en littérature.

07/10/2022, 17:03

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Philippe Delerm : “Proust m'a autorisé à écrire des textes courts” 

« À quoi bon ? » Philippe Delerm a vingt ans lorsqu'il découvre À la recherche du temps perdu lors de ses années de licence. Une question l'obsède : « Comment écrire après ça ? » Cinquante ans plus tard, il publie le 4 novembre prochain Proust Instantanés (Éditions Points), dans lequel il commente une soixantaine d'extraits de la somme romanesque avec sa marque de fabrique : des textes courts. 

07/10/2022, 11:55

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Lire en Poche : “Observer et appréhender des fragments d'un monde”

#LireEnPoche22 – Dans quelques jours s'ouvrira le festival Lire en Poche, à Gradignan – trois journées de rencontres et de festivités autour des petits formats. Le commissaire général de l'événement, Lionel Destremau, aborde cette 17e édition avec prudence et optimisme. Entretien.

05/10/2022, 11:32

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Meral Şimşek : “Je me battrai pour porter la voix du peuple kurde”

L'autrice et éditrice kurde Meral Şimşek a subi, comme d'autres en Turquie, la sévérité du régime de Recep Tayyip Erdoğan à l'égard des dissidents, opposants et artistes critiques à son égard. Mais Şimşek est kurde, ce qui redouble la violence systémique à son égard. Condamnée à 20 mois de prison en septembre dernier, elle est réfugiée en Allemagne, d'où elle a accepté de répondre à nos questions.

03/10/2022, 11:37

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Nathan Harris : “J'essaie de faire face aux problèmes qui affligent encore l'Amérique”  

Avec le premier roman de la Rwandaise Dominique Celis, Ainsi pleurent nos Hommes, la maison Philippe Rey a misé cette année sur un autre premier primo-romancier, cette fois-ci américain, Nathan Harris, et son best-seller La douceur de l’eau (trad. Isabelle Chapman). À l’occasion de la 10e édition du Festival America qui s’est tenu du 22 au 25 septembre, ActuaLitté en a profité pour l’interroger sur ce texte qui raconte les suites d’un affranchissement, comme sur sa rencontre avec les lecteurs français.

30/09/2022, 15:10

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Occasion : une taxe aurait “un impact direct sur le budget des consommateurs” (momox)

Géant de l’achat et de la revente de livre d’occasion, momox s’est fait une place auprès des lecteurs français, avec son application et un redoutable système d’envoi des livres rachetés. L’offre d’achat de livres — et d’autres biens — d’occasion s’est également renforcée avec les années. Heiner Kroke, PDG du groupe, revient pour ActuaLitté sur les développements du marché du livre d’occasion, ses futurs enjeux et les projets de la société.

20/09/2022, 17:08

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Une Fédération des éditeurs indépendants : “J’en ai eu les larmes aux yeux”

#AssisesEditionsIndépendantes23 – La notion d’édition indépendante, qui s’est imposée dans le vocabulaire du monde du livre, se rapporte aux structures ne relevant pas d’un grand groupe. Mais encore ? Qu’est-ce qui lie Actes Sud, 9e maison française en termes de taille, et un humble éditeur de Colmar ? C’est pourquoi, à l’occasion des 1ères assises de l’édition indépendante, nous sommes allés interroger ces acteurs qui font vivre cette fameuse « bibliodiversité », et leur demander : qu’est-ce que signifie pour vous, « être indépendant » ?

03/02/2023, 09:54

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Une année de lecture, en bordure d'océan : “Le voyage, enfin, commence”

#LectureetLittoral – Oubliée, la tempête Gérard, le soleil est glorieux, la grande plaine horticole de Bray-Dunes étincelle de givre. De la route de Furnes où circule le bus direction la frontière, l’on peut voir le maillage serré des canaux du polder. Les fortes pluies des derniers jours ont inondé les champs. L’eau stagne en de petits étangs d’argent où les mouettes profitent du calme. Par Marc Roger.

02/02/2023, 15:32

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“Éradication linguistique” ? Langue française contre idéologie anglo-saxonne

« La langue française est sacrifiée en ce moment sur l’autel d’une “anglolâtrie” qui ne fait que croître tous azimuts et qui pervertit même l’esprit le plus réfractaire à tout endoctrinement. » Le propos est virulent, la situation en deviendrait critique. Défense et illustration de la langue française, nous revoilà ? Par Philippe Carron.

02/02/2023, 13:03

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Il fit entrer la photo contemporaine à la BnF : hommage à Jean-Claude Lemagny

Ancien conservateur général du département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, le conservateur Jean-Claude Lemagny est décédé le 17 janvier 2023. L'établissement public patrimonial salue cette figure qui a marqué sa politique et ses collections par une attention inédite portée à la photographie contemporaine.

02/02/2023, 09:15

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“J’ai redonné une voix à cette femme, réduite au silence”

« C’est tellement juste que ce doit être vécu. » Il n’y a rien qui m’énerve plus que cette phrase prononcée à propos de mes deux premiers romans. Eh bien non, si une scène est juste, c’est parce que j’ai fait mon job d’écrivain : rendre présents mes personnages, donner un décor à voir, à sentir, à toucher. Par Stéphanie Dupays.

01/02/2023, 11:41

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Serge Gainsbourg : portrait d'un esthète aux airs de pochtron  

Ronsard 59, Le sonnet d’Arvers, Victor Hugo, Baudelaire, Musset, Nabokov… L’immense œuvre, en quantité, mais aussi en qualité, de Serge Gainsbourg, est nourrie de lectures ressassées. Gainsbourg en quête du mot exact, voilà ce que met en scène une exposition de la Bibliothèque publique d’information (BPI) depuis le 25 janvier, jusqu’au 8 mai. 

30/01/2023, 14:40

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Omar Sy et les Tirailleurs, ”loin de l'image assez floue, et caricaturale“

Film de Mathieu Vadepied avec Omar Sy sorti début janvier, Tirailleurs revient sur une douloureuse époque. En pleine Première Guerre mondiale, des forces armées issues des colonies françaises grossissent les rangs. Combattre les troupes allemandes, dans les tranchées : la Der des Ders ne nous a-t-elle pas tout dit ? Par Jean-Baptiste Dufour.

28/01/2023, 11:35

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L’Attaque des Titans : mise en lumière d’une œuvre colossale  

#FIBD23 – Du 25 au 29 janvier se tient, à l’Alpha Médiathèque d’Angoulême, une exposition consacrée à l’œuvre maîtresse de Hajime Isayama, L’Attaque des Titans : De l’ombre à la lumière. Accompagnée de la venue de l’auteur dans l’Hexagone, il s’agit également de la première fois que ses planches sont exposées hors d’Asie. L’occasion d’explorer toute l’évolution graphique et l’émotion qui se dégage des dessins du maître des géants tétanisants.

26/01/2023, 16:52

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L'ANEL entend accroître la compétitivité des maisons d'édition

Dans le cadre des consultations prébudgétaires 2023, l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) interpelle le gouvernement du Québec, et demande une bonification et une simplification du crédit d’impôt pour l’édition de livres, dans un mémoire présenté au ministère des Finances.

19/01/2023, 17:27

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Dans les bourrasques de la tempête Gérard

#LectureetLittoral – Du 21 janvier 2023 au 16 décembre 2023, Marc Roger, lecteur public, avancera livres en main, sur les côtes atlantiques. 5000 km de marche à pied et à chaque arrêt, des lectures. ActuaLitté aura le plaisir d'accompagner et suivre cette route en caravelle médiatique d'un tour de France insolite. À quelques heures du départ, voici un ultime texte, liminaire à son départ, que Marc Roger nous propose.

19/01/2023, 10:47

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Voyage à Auschwitz avec "la petite fille qui ne savait pas haïr"

Depuis 19 ans, le Consistoire central israélite de France organise un voyage à Auschwitz, car « la mémoire de ce crime sans nom ne peut, ne doit, être effacée » dans un contexte de hausse de l’antisémitisme. Pour cette édition 2022, sont conviés par le grand-rabbin de France, une survivante de la Shoah, des collégiens et lycéens, des religieux, des politiques, des directrices de maison d’édition et donc... ActuaLitté.

18/01/2023, 18:14

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Moi je lis de la merde, et je vous emmerde

On connaît la chanson, ses paroles et son refrain : ne pas juger un livre sur sa couverture, ouvrir avant de critiquer (si seulement…), attention aux préjugés, etc. Quand le monde moderne pousse à sortir de sa « zone de confort », voire de se « mettre en danger », pour le lecteur, qu’est-ce à dire ? Passer de Paul Valéry à Thomas Piketty ? Peut-être bien… mais pas seulement. 

13/01/2023, 18:09

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“Selon que vous serez puissant ou misérable” : l'art subtil des lois adoptées

Des sénateurs ont récemment cherché à introduire un cavalier législatif dans la loi DADUE, qui aurait conduit à une modification du Code de la Propriété Intellectuelle. Jugé irrecevable, car contraire à la Constitution, l'amendement n'aura donc pas été discuté en séance. Pour Katerine Louineau, représentante du CAAP (Comité Pluridisciplinaire des Artistes-Auteurs·trices), voilà qui interroge : certains cavaliers tiendraient mieux sur leur selle que d'autres ?

11/01/2023, 14:33

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“L’appel au SAMU s’impose comme un dernier recours”

Maud Santini publiera en février aux éditions Globe un récit résultat d'une année passée en immersion avec le SAMU de Paris. Son livre est une plongée au coeur de la médecine d'urgence, du côté des centres d'appel d'un côté, et des interventions de l'autre. Anthropologue, elle travaille depuis longtemps sur la notion de déplacement, comment le déplacement modifie les rapports entre personnes, objets, et pas seulement changement de lieu. 

11/01/2023, 13:28

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150e anniversaire de la naissance de Colette : rendez-vous avec l'Histoire

Les éditions des femmes -Antoinette Fouque , « militantes de l’écriture et de la cause des femmes », et Colette, femme indépendante, grande écrivaine aimée d’un immense public, avaient un rendez-vous nécessaire, au-delà du temps qui passe. De nombreuses publications, choisies dans une œuvre féconde, en attestent. Par Catherine Guyot.

10/01/2023, 15:18

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L'historien Benjamin Stora victime d'un “antisémitisme insupportable”

Certains y lisent une nouvelle preuve de ce que l’Aglérie se replie sur elle-même, mais d’aucuns constatent surtout l’agressivité et la violence du propos. L’universitaire Benjamin Stora, qui enseigne l’histoire du Maghreb contemporain, est pris à partie dans un média algérien. Et ce, alors que les journaux indépendants endurent de virulentes attaques.

07/01/2023, 12:57

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Angoulême : et si l'on parlait de Prévention des Violences sur les enfants ?

FIBD23 - Arnaud Gallais multiplie les appels, alors que s’approche le festival de la bande dessinée d’Angoulême. Dans une lettre ouverte, le cofondateur de Be Brave France et du collectif Prévenir et Protéger revient sur la programmation de l’événement. Alors que le Parquet de Nanterre vient d’ouvrir une enquête, Arnaud Gallais propose de profiter de l’occasion pour sensibiliser le plus grand nombre.

06/01/2023, 18:14

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Pour vendre Editis, faut-il museler ActuaLitté ?

Quiconque parcourt nos colonnes l'a constaté : ActuaLitté attache la plus grande importance à ce que l’information objective et plurielle du public soit respectée. Des règles déontologiques gouvernent notre profession, à raison : notre journal se fait un devoir de les suivre. 

06/01/2023, 09:50

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“On peut l’affirmer : le paysage de la lecture publique en France est sinistré”

#LectureetLittoral – Aventurier impénitent, soucieux de partager sa passion, Marc Roger entamera ce 21 janvier un périple inédit : un parcours de 5000 km, longeant la côte atlantique. À la limite invite au voyage, à la découverte, sans pour autant décrocher du monde. Le lecteur itinérant adresse à Rima Abdul-Malak un courrier, qui salue une louable initiative : la consultation citoyenne pour développer le goût de la lecture.

05/01/2023, 14:56

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Révolution : en 2023, des livres en braille vendus au “prix unique”

Éclipsés ces dernières années par les livres audio et numérique, les ouvrages en braille restent un support crucial pour l'accès des personnes aveugles et malvoyantes à la lecture. Ces imposants volumes, très coûteux à produire, seront pourtant proposés à un tarif correspondant au « prix unique du livre », dès ce 4 janvier. Une prouesse et une garantie d'accès rendues possibles par le Centre de Transcription et d'Édition en Braille (CTEB) de Toulouse.

03/01/2023, 11:13

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2023, année “sexual reading” : bonnes lectures, fidèles ou non

Basculer de 2022 à 23 ne changera rien à l’amoncellement de romans éparpillés à même le plancher. Ce mal compulsif rapproche le lecteur de l’être enrhumé : ça commence par un ou deux mouchoirs à côté du lit, ça se conclut avec une bibliothèque foutraque qui s’est érigée à côté de la couette. 

30/12/2022, 16:25

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Le syndrome du livre cadeau préféré de Noël illico revendu

Chaque année, le même enfer : les rues se peuplent de créatures mues par un désir frénétique de consommation. Comme possédées, elles déambulent d’un pas grotesque, bras décharnés tendus sans but, l’œil hagard, un mot à la bouche : « Cadooooo… » Heureusement, pour ces zombies de Noël en quête d’un truc à empaqueter, il existe des librairies. Et des livres, ce fameux cadeau favori des Français… 

27/12/2022, 11:03

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Sarkozy et les contrats de Jean d'Ormesson : une langue trop bien pendue ?

« Si la vérité blesse, c’est la faute de la vérité », assurait le frais ministre de l'Économie lors d’une conférence de presse. Mai 2004, Nicolas Sarkozy prenait fraîchement ses quartiers à Bercy et l’Élysée était encore loin. Depuis, et sans rouler des épaules — plutôt des mécaniques — le voici prodigue de conseils aux professionnels du livre. Administrateur du groupe Lagardère, donc de Hachette Livre, la fonction lui donnerait des ailes ?  

21/12/2022, 16:26

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De la fiction au réel : Bastien Vivès, auteur de bande dessinée

Chaque personne qui a eu accès aux médias ces derniers jours est informée d’au moins deux faits d’actualité. L’Argentine a remporté la Coupe du monde de football, et Bastien Vivès est dans la tourmente. Suite à plusieurs pétitions, l’exposition du dessinateur, prévue pour la prochaine édition du Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême, est annulée. Par Vivian Petit.

21/12/2022, 11:23

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“La solidarité par la lecture, y’a plus que ça pour nous sauver”

Empruntant à la Fonky Familiy, le groupe de hip-hop marseillais, l’association Lire et Faire Lire va plus loin. Dans Verset IV, les rappeurs scandaient : « La solidarité j’crois qu’il y a plus que ça pour nous sauver. » Et si la lecture incarnait cette expression solidaire impérative à notre société ? Leur texte est ici proposé en intégralité.

17/12/2022, 11:30

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Bastien Vivès accusé : “Représenter des tabous est donc désormais interdit”

En l’espace de quelques jours, le revirement a presque pris de court. Le FIBD, évoquant des « menaces physiques » proférées contre Bastien Vives, a décidé d’annuler l’exposition qui lui était consacrée dans le cadre de son édition 2023. Une décision prise sur fond de vive polémique, où l’auteur s’est vu reprocher dessins et déclarations, qualifiés de « pédopornographiques ». 

15/12/2022, 12:19

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“À quoi pensez-vous lorsque vous regardez la mer ?”

#LectureetLittoral – Une année de marche sur les côtes du littoral atlantique, entre embruns et et marées, et l’horizon pour compagnon. Oh, quelques livres, bien entendu, et des lectures — donc, des auditeurs, voire des lecteurs. Marc Roger s’apprête à donner le coup d’envoi de À la limite, sa nouvelle aventure littéraire, entre terres et mers…

13/12/2022, 09:00

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La littérature jeunesse à l’épreuve du Grand Méchant Mot !

Christian Bruel est un pilier de la littérature jeunesse en France. Depuis quarante ans, il a écrit une quarantaine de titres, sans oublier ceux qu’il a publiés comme éditeur du Sourire qui mord (1975-1996) puis des éditions Être (1997-2012). Parallèlement à son activité d’auteur et d’éditeur, il a consacré nombre d’analyses et de réflexions à ce secteur de l’édition. Par Fulvio Caccia.

12/12/2022, 10:31

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“En Inde, une femme est violée toutes les 20 minutes”

Décembre 2012. Comme beaucoup d'autres en Inde où je vivais depuis 7 ans, je découvrais avec horreur le viol brutal, commis à l'encontre d'une jeune femme dans un bus de New Delhi. Jyoti Singh, que l'Inde a renommée symboliquement Nirbhaya, celle qui est sans peur, est morte de ses blessures, dans une agonie dont la presse s'est délectée, voyant là une nouvelle occasion de rappeler à quel point le pays, figé dans une psyché patriarcale et misogyne, était dangereux pour les femmes. Par Clea Chakraverty.

08/12/2022, 10:59

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“L’Europe fourmille de peuples. On ne prend jamais congé des peuples”

Dans sa lettre de décembre 2022, le PEN Club français diffuse une adresse poignante de Chus Pato, de son nom d’écrivaine. María Xesús Pato Díaz, dans sa vie universitaire, est originaire de Galice : poétesse parmi les plus remarquées dans sa langue, elle interpelle l’Europe tout entière. 

07/12/2022, 09:19

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Pass Culture : le CNL défend son engagement à l'égard des auteurs

DROIT DE RÉPONSE – Un récent article de ActuaLitte, suite à un communiqué de presse conjoint de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, de la Ligue des auteurs professionnels, le Trait et CAAP, appelait un sérieux correctif. En effet, le Centre national du Livre, mis en cause, propose une offre de Masterclasses du livre et de l’écrit dans le cadre de la part collective du Pass culture, depuis l’ouverture de cette dernière en janvier 2022. Et ce afin de jouer un rôle de facilitateur dans l’organisation de rencontres d’auteurs en milieu scolaire. 

02/12/2022, 10:07

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La science-fiction (SF), de la pop culture à “l'art contemporain”  

Un lieu d’enregistrement de l’angoisse ? De révélation d’une société sous couvert d’évasion et de divertissement ? Analyse plus véritable que vraisemblable des ressorts qui transforment le réel ? Toutes ces dimensions caractérisent la science-fiction. Si la littérature, la bande dessinée et le cinéma ont été les importants réceptacles du genre, les arts plastiques ne sont pas en reste. 

01/12/2022, 13:07

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Diane de Selliers, “une quête de perfection”

Saluer le travail des éditeurs tant de livres que de presse, voilà tout l’objet de la Confrérie Gutenberg. À l’occasion d’une récente réunion, les compagnons ont intronisé comme Chevalier l’éditrice Diane de Selliers, parrainée par Vincent Montagne et Philippe Jourdan. Leur laudatio est proposée ici en intégralité.

01/12/2022, 10:06

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Des livres vierges : l'industrie du livre menacée d'asphyxie

Sans une révision de la loi sur le droit d’auteur, l’édition canadienne se trouve devant une page blanche. À ce titre, l'Association nationale des éditeurs de livres, représentant les éditeurs de langue française au Québec et dans le Canada tire la sonnette d'alarme. Et presse le gouvernement d'agir. À ses côtés, plusieurs autres organisations rallient le mouvement.

29/11/2022, 17:24

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Suisse : recours des librairies Payot auprès du conseil d’État du Valais

Après avoir proposé au service de la culture du Valais de revenir sur les critères qui ont été fixés pour l’opération de soutien aux librairies qu’il a annoncée et lancée le 14 novembre, et qui excluent les librairies Payot du périmètre, Payot SA a décidé de faire recours auprès du Conseil d’État à défaut d’avoir obtenu une réponse satisfaisante. Par Pascal Vandenberghe, PDG de Payot.

29/11/2022, 11:21

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Du père de famille au psychanalyste : dans l'intimité de Sigmund Freud

La famille Freud vivait au rythme des consultations que Sigmund donnait dans cet appartement au coeur de Vienne. Rouvert depuis août 2020, le Sigmund Freud Museum s’inscrit dans un héritage pluriel : celui de la médecine, de l’oeuvre et de la vie quotidienne. Au coeur de l’immeuble situé au Berggasse 19, les visiteurs remontent le temps, entre publications et travaux du père de la psychanalyse.

28/11/2022, 14:51