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Vincent Calvet : “L’origine du mal, ce sont aussi des mots

Né en 1980 à Carcassonne, Vincent Calvet grandit à Perpignan. Titulaire d’une maîtrise de Lettres, instituteur spécialisé en région toulousaine, l’homme anime des ateliers d’écriture à destination d’élèves handicapés, tout en faisant intervenir divers auteurs. Animateur de plusieurs revues, comme le défunt Mange-Monde publié par Paul Sanda, ou Sémaphore, Vincent Calvet a en outre dirigé plusieurs anthologies. Lauréat du prix de la vocation Bleustein-Blanchet de Paris, il est l’auteur de nombreux recueils, entre autres pour la jeunesse, ainsi que de livres d’artistes. Certains de ses textes ont été traduits en russe ainsi qu’en arabe. Également plasticien, Vincent Calvet a exposé dans diverses galeries. Propos recueillis par Étienne Ruhaud. 

Le 10/01/2023 à 12:51 par Auteur invité

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10/01/2023 à 12:51

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ActuaLitté : Dans tes poèmes, tu fais référence à des créateurs aussi différents que Philippe Jacottet, Anna Akhmatova ou Serge Essenine. Peux-tu nous en dire davantage

Vincent Calvet : J’essaye de lire de tout, d’être le plus large possible, autant dans la poésie du passé que dans la poésie du présent, autant à l’étranger que dans notre pays. Mes références dominantes, c’est plutôt la poésie de l’« esprit nouveau », avec une appétence particulière pour Léon-Paul Fargue, mais également Max Jacob et Apollinaire. Ensuite, j’ai été marqué par le surréalisme, André Breton et Paul Éluard essentiellement. Et Tristan Tzara de sa période de L’Homme Approximatif. J’ai lu la nouvelle poésie, celle de Bonnefoy ou de Jaccottet, qui m’a un peu influencé, notamment dans Naître au Mystère, mais je n’ai pas pris parti pour Bonnefoy contre Breton. J’accepte tout l’héritage, je ne récuse rien.

Pour les contemporains, la dimension religieuse de mes derniers livres correspond à l’influence de Pierre Oster. Je ne suis pas touché par la poésie d’avant-garde contemporaine, même si je m’y suis beaucoup intéressé, je préfère des poètes qui sont contemporains tout en s’inscrivant dans une tradition longue, comme Serge Pey. Cela correspond mieux à ma façon de voir les choses. Pour les poètes étrangers, je suis touché par les romantiques anglais et par les poètes russes, principalement. Effectivement, les poètes russes me touchent, et mon préféré est Serge Essenine, car il allie esprit révolutionnaire et attachement à la terre natale, celle des ancêtres, de la Sainte Russie, il est chrétien et animiste à la fois. 

Dans Prière pour ne pas être enterré avec les chiens comme dans Naître au Mystère notamment, tu as choisi le vers libre. La forme de Six solitudes a de quoi déconcerter. Nous ne sommes pas dans le vers, mais pas dans la prose non plus stricto sensu. Comment expliquer ce changement? Est-ce délibéré, ou est-ce que la forme s’impose à toi naturellement, selon ton propre rythme intérieur?

Vincent Calvet : Je ne suis pas un poète qui investit une forme et s’y tient toute sa vie. De plus, je ne suis pas un formaliste, mais un lyrique, dans le courant de ce « nouveau lyrisme » des années 1980, avec une tendance au « lyrisme critique » pour reprendre l’expression de Maulpoix. Je suis un lyrique qui est en même temps conscient des limites de l’expression poétique, ce que j’essaye de formuler dans Naître au Mystère. Pour moi, la forme vient en fonction de ce que j’ai envie de dire. Je ne m’enferme pas dans une forme. J’ai naturellement envie d’expérimenter différentes formes. Je peux écrire en vers libre ou en prose, en travaillant sur la dimension visuelle ou pas.

Pour ce qui est de Six Solitudes, c’est une forme hybride entre le verset claudélien et le poème en prose. Il n’y a pas de ponctuation. Ce sont les blancs qui marquent la scansion. Quand j’ai écrit la « première solitude », j’étais sous l’effet de la lecture de L’homme Approximatif de Tzara mais aussi de Appartient à de Roubaud, ce qui a donné cette prose discontinue de la « première solitude ». Ensuite, je suis revenu à davantage de régularité sur les solitudes 3 à 6, sous l’effet de la relecture de Pierre Oster, et après avoir écrit La Haute Folie des mers, dont les rythmes sont plus réguliers. Je n’ai pas de forme de prédilection. Je suis protéiforme, la forme s’impose d’elle-même en fonction du propos, et j’ai toujours envie d’explorer des formes nouvelles. 

Une joie irradiante, totale, ressort de Naître au mystère, tandis qu’une mélancolie diffuse sourde dans Six solitudes. Pourquoi ce changement de ton?

Vincent Calvet : Les Six solitudes ont été écrites avant Naître au Mystère, mais le premier est paru après le second. Ce sont les aléas des calendriers de parution des éditeurs. La tonalité de Six solitudes est élégiaque et mélancolique. Cela correspond à une période de ma vie, quand j’étais étudiant, où j’ai écrit la « premier solitude ». J’étais un peu isolé et dépressif. Ensuite, j’ai essayé de conserver le ton quand j’ai écrit les autres « solitudes », afin que le recueil ait une unité de ton, même si je n’étais pas dans le même état d’esprit. Les solitudes 5 et 6 ont été composées pendant un long arrêt maladie d’un an, en 2015, où je me retrouvai un peu dans le même état de solitude.

Dans Naître au Mystère, mon intention est différente. J’ai écrit le livre pour saluer la naissance de mes deux neveux. Je l’ai écrit pour ma grande sœur, Marie. Je me devais de faire des poèmes positifs, qui célèbrent l’espoir, le miracle de la vie et de la naissance. Le sujet du livre impliquait une tonalité autre. Il est vrai que le livre est plus lumineux, moins élégiaque, plus dans le ton d’un Jaccottet. Si je suis un lyrique parfois élégiaque (je ne récuse pas par principe l’élégie qui est un genre qui remonte à l’Antiquité), j’essaye de faire varier les tonalités, pour ne pas m’enfermer dans un certain type de poésie. Quand on lit 44 grenouilles (Le Petit Pois), c’est léger, c’est primesautier, plein d’humour. Quand on lit Mais l’Espoir (Le Petit Véhicule), on ressent plutôt l’atmosphère d’un temps gris et d’une ville en proie à la dépression, comme certains poèmes de De cendre et d’écume, une ville. Il faut être capable de passer d’un registre à un autre, comme Victor Hugo ou Guillaume Apollinaire. 

Tu n’évoques que fort peu la musique dans ces deux livres. Pourtant, tu as déjà enregistré des disques audios, collaboré avec des musiciens. Et parfois on est frappé par la musicalité même de ta poésie, par certaines allitérations et par certaines assonances. Quel est ton rapport, donc, à cet art?

Vincent Calvet : Un CD qui a été enregistré, mais n’a pas été pressé car l’éditeur, Gwen Catala, nous a fait faux bond. Le CD devait paraître, mais Gwen a disparu en Thaïlande et n’a plus donné de nouvelles. Il nous reste l’enregistrement, et je n’ai pas encore trouvé d’autre solution. Les compositions musicales sont de Félix Lacquement et les textes sont dits par la jeune comédienne Carla Degoy. Ce sont des poèmes qui n’ont pas été publiés encore, des poèmes en hommage à d’autres poètes. Le titre devait être Ce sont de drôles de types, composé par le groupe « Alter Ego ». J’espère que ce CD verra le jour. Il est toujours temps.

Il est vrai que ma poésie est assez musicale, mais c’est tout à fait inconscient. Cela me vient tout seul. Ce sont des sons qui appellent des images et ces images, ce sont des mots, et donc des sons. Une longue chaîne de signifiants autoproduits. Il y a des poètes aujourd’hui qui sont musicaux et d’autres pas. Mais ce n’est pas une obligation. La prose de James Sacré est très musicale, celle de Guillaume Artous-Bouvet ne l’est pas du tout, mais ce sont deux excellents poètes. Je ne suis pas un grand connaisseur de la musique. J’écoute surtout de la chanson, des chansons à textes comme celles de la « nouvelle scène française » que j’essaye de suivre (Dominique A, Benjamin Biolay, Cali, Clara Luciani…), ou simplement de la chanson française (Ferré, Brel, Moustaki, Aznavour…). Ado, j’ai écouté du rap et parfois, pour mes élèves, j’en écoute encore un peu. Mais je suis une bille en musique contemporaine. Pour la musique classique, j’apprécie Chopin et Rachmaninov, mais ma culture n’est pas très étendue. J’étais très nul à la flûte au collège. 

Tu es également auteur de plusieurs livres d’artiste, et ta poésie est riche en images, quasi picturale parfois. Quel est donc ton rapport aux arts plastiques?

Vincent Calvet : Je dessine depuis l’enfance. J’aurais souhaité en faire mon métier, mais mon père voulait que je gagne ma vie, donc je suis devenu instit. J’ai commencé par la caricature. Je fréquentais le Festival de caricature de Saint-Estève, à côté de Perpignan. J’avais gagné un prix lors de ce festival avec une caricature de Coluche. Ensuite, je me suis beaucoup intéressé au dessin de presse. Je lisais Charlie Hebdo et le Canard enchaîné. Au lycée, nous faisions un journal où je caricaturais des profs et je publiais des dessins de presse. J’ai laissé tomber le dessin de presse, mais il m’arrive encore de faire des caricatures pour amuser des amis. J’ai découvert ensuite la peinture, l’histoire de l’art, à travers la formidable collection Taschen. J’aimais me rendre à Paris pour voir des expos ou des musées. Je me suis mis à pratiquer le pastel sec ou le fusain à la fac. J’ai fait plusieurs expos à Perpignan ou dans l’Aveyron. J’ai laissé un peu de côté, mais je m’y suis remis récemment. Je devrais exposer l’an prochain dans une galerie à Ille-sur-Têt, à côté de Perpignan.

Mes pastels secs et fusains sont soit monochromes, soit en couleur. Je suis influencé par Matisse ou Chagall. Pour le trait, le dessin à proprement parler, je suis influencé par Modigliani ou Zadkine, et la perspective déformée des expressionnistes allemands (Kirchner surtout). Mes dessins sont très différents de ma poésie. Il n’y a pas de message, ni moral ni politique. Je cherche à atteindre une forme de beauté par l’harmonie chromatique ou par l’équilibre des lignes. C’est purement esthétique. Je fais surtout des nus, des Christs, des natures mortes. Pour moi, un beau tableau de nu, c’est un système de courbes et de contre-courbes. J’aime les couleurs franches et tranchées. Mes dessins sont figuratifs. L’art abstrait me semble une solution de facilité quand on ne sait pas dessiner. 

À contre-courant de la tendance actuelle, tu rends longuement hommage à la Russie, à travers plusieurs poèmes. De même, tu as dirigé une anthologie en hommage à Gaza. Penses-tu que la poésie ait un message à transmettre? Crois-tu en la littérature engagée

Vincent Calvet : Je ne crois pas que la poésie doive être forcément engagée, au sens de s’impliquer dans les luttes politiques au sein de la Cité. La poésie, c’est avant tout un engagement dans la langue, c’est une descente au fond de l’intime, en soi, dans le for intérieur, pour faire surgir quelque chose qui fait trace et qui est en soi subversif car bousculant les normes et les repères moraux qui nous tiennent sous leur joug, même dans nos démocraties libérales. Je suis à ce niveau-là d’accord avec ce qu’a pu dire ou écrire Bernard Noël. Le message de la poésie, c’est la poésie elle-même.

Mon éditeur Andréa Iacovella me le dit souvent. Le spectacle de la « poésie engagée » actuelle me fait peine. Le milieu de la poésie fantasme une « poésie de la résistance » qui a existé historiquement. Ils se prétendent des « poètes résistants », mais on ne voit pas trop exactement contre quoi ils résistent. Vous me direz : ils résistent contre le fascisme. Mais, si on peut identifier ce qu’a été historiquement le fascisme (nazisme allemand, franquisme espagnol, Italie fasciste, Pinochet, dictature des colonels en Grèce...), on ne voit pas trop à quoi cela peut correspondre aujourd’hui en France. Certains diront que c’est le RN… Moi je pense que cette poésie engagée est une poésie qui singe la poésie de la résistance, mais ne résiste pas du tout contre le fascisme tel qu’il existe réellement dans le monde actuel : le fascisme bancaire et la société de consommation (voir Pier Paolo Pasolini !).

Car, pour cela, il faudrait davantage de courage, ce qu’ils n’ont pas. Ils s’engagent entièrement pour des causes gagnées d’avance. Ils ne prennent aucun risque. Quel mérite y a-t-il à s’engager pour l’Ukraine alors que tout est fait pour que l’Ukraine soit désignée comme le Bien, alors que la Russie est désignée comme le Mal ? Y a-t-il un mérite à défendre l’Ukraine quand c’est la posture obligatoire en France et dans tout l’Occident ? Ces gens, ce sont des moutons qui vont dans le sens du vent. On leur montre où est le Bien, et ils obéissent. Réflexe pavlovien. Quel mérite à être engagé toujours du côté politiquement correct, là où il n’y a aucun risque ? Bruno Doucey est un spécialiste de ça, avec d’autres. C’est une manière de faire vendre les livres, de se situer dans le camp dominant, et de se faire inviter dans les festivals, à la radio ou à la télé. Tu crées ta page Facebook par exemple, titrée « Résister en poésie contre les méchants », et tu te feras bien voir du milieu poétique, des institutions, des libraires, des pouvoirs politiques, et tu pourras gratter peut-être quelques invitations ou quelques publications en livres ou anthologies. C’est ridicule.

Quand j’ai fait l’anthologie sur Gaza (Requiem pour Gaza, Color Gang, 2018), j’ai pris un réel risque. Le contexte en 2018, c’était celui d’une occultation par les médias du problème palestinien par la crainte d’être taxé d’antisémite. Aujourd’hui (les théoriciens du « nouvel antisémitisme » ont été très efficaces), si vous critiquez Israël, vous serez automatiquement taxés d’antisémitisme. C’est un moyen de faire taire les gens. Les gens s’autocensurent, car ils ont très peur de se voir étiquetés Cette dénomination est infamante, c’est un rayon paralysant, vous pouvez perdre votre travail, être banni des médias, devenir un paria social. Nous étions conscients du risque que nous prenions en faisant cette anthologie, mais nous l’avons faite tout de même. Avec le patronage moral d’Adonis, que je remercie (il a écrit la préface). Bruno Doucey, qui est le spécialiste des causes sans danger, de toutes les causes politiquement correctes qui ne présentent aucun risque réel, ne fera jamais une anthologie en soutien aux Palestiniens. Il est trop conformiste et trouillard, et il sait très bien où est son intérêt économique. 

Ta poésie est également limpide, parfaitement lisible, à l’opposé des textes expérimentaux actuels. Pourquoi ce choix? Peut-on parler de poésie lyrique?

Vincent Calvet : Oui, en effet, je ne suis pas un poète expérimental. Je ne me situe pas dans les avant-gardes telles qu’on peut les voir dans les revues ou les festivals, même si Six Solitudes est, je le pense, un livre novateur. Le problème, c’est que l’avant-garde est souvent dogmatique, et ça ne me va pas. Moi je n’ai pas envie de prendre le parti d’une école de pensée. Je n’ai pas de tribu. Comme je le disais, je prends tout, l’actuel comme le plus ancien, la poésie d’ici et celle d’ailleurs, et je veux rester ouvert à toutes les formes d’expression, qui sont également valables, quand elles sont de qualité. Je pense que pour faire du nouveau il faut puiser dans l’ancien. C’est une dialectique permanente entre tradition et renouveau. Serge Pey et Paul Sanda sont d’accord avec moi sur ce point. De toute façon, ces poètes des avant-gardes aujourd’hui ne font que répéter ce qui a déjà été fait au début du siècle précédent en France, en Russie ou aux USA, ou ce qui a été fait dans l’immédiat après-guerre, ou dans les années 1970. Souvent d’ailleurs, ils ne donnent pas leurs références, comme Frank Smith qui fait la même chose que Reznikoff mais sans jamais le signaler au spectateur ou au lecteur. 

Si on prend l’exemple de la performance, Julien Blaine a été très novateur à son époque, et je lui rends hommage car c’est un ami et je considère que son nom restera dans l’Histoire, mais tous ces petits jeunes qui arrivent aujourd’hui et l’imitent ne font que radoter pitoyablement. On a aussi l’exemple dans le domaine du livre imprimé de cette flopée d’épigones de Bonnefoy ou de Jaccottet. Est-il encore original de reprendre le discours de Bonnefoy qui récuse le surréalisme, par exemple, comme le fait Cédric Le Penven ? J’ai envie de leur dire : « Réveillez-vous, Bonnefoy c’était nouveau dans les années 50!... »

Tu es d’ailleurs professeur des écoles. Tu écris pour la jeunesse? Penses-tu que la poésie se doive d’être accessible? Que penses-tu de la fameuse phrase de Lautréamont : «La poésie doit être faite par tous. Non par un»?

Vincent Calvet : Sur ce sujet, il y a le point de vue de Lautréamont repris par les surréalistes, cette idée que la poésie doit être faite par tous, et à l’autre opposé le point de vue extrêmement élitiste de Mallarmé. Sans tomber dans l’élitisme extrême, il ne faut pas tomber non plus dans la démagogie. C’est très à la mode de dire que tout le monde peut écrire, mais je ne crois pas que ce soit vrai. Il faut déjà en avoir les capacités. Ensuite il faut avoir du talent. Ensuite il faut être inspiré. Je prends mes distances avec la notion de « génie » chez Hugo, mais il ne faut pas non plus dire que n’importe quel gugusse peut devenir poète. D’ailleurs le milieu de la poésie est encombré de faux poètes, de mauvais poètes, que vous retrouverez dans les scènes ouvertes et les soirées slam, et qui finiront par s’autoéditer.

Pour écrire de la poésie, il faut se donner la peine de lire, lire beaucoup et de façon très large, et travailler son écriture en profondeur plutôt que cultiver l’image et la posture (je pense à la comédie narcissique de Facebook où chacun cherche son quart d’heure de célébrité…), et puis ensuite il y aura des élus et c’est comme ça. Après c’est une question de rencontres, de volonté, de persévérance sur le long terme. Pour ce qui est de la pédagogie de la poésie à l’école, l’idée n’est pas du tout d’en faire tous des poètes, mais de les aider à entrer dans l’écriture, à dépasser un blocage dans le langage. Il faut faire comme si tous étaient poètes, évidemment, car je ne pense pas que le discours élitiste ou même seulement réaliste puisse convenir pour des élèves en difficulté (on se doit de les encourager) si on veut les amener à s’exprimer par écrit et surtout à oser montrer aux autres leurs productions.

Tu me poses la question de la poésie jeunesse. J’ai publié L’enfant bleu, au « Port a jauni », en 2019. Un autre recueil est en préparation à la Rumeur Libre. La poésie jeunesse est un exercice particulier, spécifique. En cela, je suis coaché par mon ami David Dumortier. Un bon recueil jeunesse doit être écrit dans un langage accessible aux tranches d’âge concernées (un langage simple, à l’opposé de la langue de Mallarmé par exemple) tout en maintenant une certaine exigence dans le choix des mots. C’est un savant dosage. Le texte doit répondre à des critères très précis, tout en évitant la platitude. Finalement, j’ai trouvé que c’était un exercice plus difficile que la poésie pour adultes où on se trouve plus libre. Si vous voulez savoir ce qu’est un bon recueil de poésie jeunesse, lisez tout David Dumortier qui est le meilleur dans ce créneau en France !

À ce propos, l’hermétisme qu’on prête à la poésie contemporaine explique-t-il la désaffection du public?

Vincent Calvet : C’est une des explications, mais ce n’est pas la seule. Comme autre facteur explicatif, on peut aussi souligner la quasi-inexistence dans les médias de la poésie. Je pense avec Julien Blaine que si on parlait juste un peu plus de poésie à la télé ou à la radio, les lecteurs suivraient, il y aurait davantage de ventes. La poésie souffre de son invisibilité médiatique. Il y a une autre raison qui tient à la culture scolaire. Les choses sont en train d’évoluer, mais pendant longtemps l’institution scolaire a donné une image trop désuète de la poésie, sacralisant les grands textes, ce qui peut créer un complexe définitif, rendant la poésie rébarbative par le recours à une explication trop technique.

Jean-Pierre Siméon et Bruno Doucey ont dit des choses intéressantes sur les défauts de l’enseignement de la poésie à l’école, j’invite le lecteur de cet entretien à s’y reporter. Dans ton livre sur la poésie contemporaine en bibliothèques, tu évoques le rôle joué de plus en plus par les médiathèques pour diffuser le genre. Je pense aussi que c’est en train de changer, lentement mais sûrement, à l’école (mais davantage dans le primaire que dans le secondaire). Non, je n’estime pas que l’hermétisme de certains textes explique le désamour du public. Car, après tout, il y a de tout en poésie, il y en a pour tous les goûts dans le paysage de la poésie contemporaine, chacun peut y trouver son compte. Il n’y a pas que de la poésie illisible comme celle de Denis Roche. Évidemment, si tu veux initier un jeune ou un adulte à la poésie, il ne faut pas lui donner en priorité du Denis Roche. 

La Nature est valorisée dans ta poésie, par opposition au monde des hommes, à la technique. Peut-on parler de panthéisme? Penses-tu que nous soyons excessivement éloignés de la Nature

Vincent Calvet : J’ai grandi en ville mais ensuite, quand j’ai débuté comme enseignant. J’ai ainsi passé dix ans dans le rural profond. En 2012, quand je suis revenu à Toulouse, je me suis installé dans un village, à Baziège. J’ai pris goût au mode de vie rural. J’ai fait beaucoup de randonnées étant enfant et adolescent (et je continue à en faire), donc je suis très sensible au spectacle de la nature, que ce soit à la montagne ou à la campagne. Étant de Perpignan, j’ai grandi avec la proximité de la mer, et j’aime tous les lieux où il y a la mer, comme Sète, ou la Grèce. Dans mes poèmes, il est vrai que la ville est plutôt évoquée de façon négative (voir De cendres et d’écume, une ville, La Rumeur Libre, 2016).

La grande ville, cœur du capitalisme mondialisé, pour moi, c’est le Mal, la violence, l’inauthentique, le mépris, la valeur argent, le wokisme. J’y oppose la Grande Nature, et l’océan occupe une place privilégiée, même si je peux également évoquer la montagne ou la campagne. Je défends de plus en plus les valeurs d’une certaine France périphérique évoquée par Christophe Guilluy, et j’ai soutenu le mouvement des gilets jaunes qui venait du cœur des territoires perdus. Cependant, cela ne fait pas de moi un poète écologiste. Je suis très distancié avec l’écologisme politique, et la question du réchauffement climatique n’est pas ma préoccupation principale. Je ne pense pas non plus être panthéiste. J’ai lu Spinoza, bien sûr, et même si j’apprécie sa philosophie, je ne me définirais pas comme ça. Je suis un chrétien catholique culturel à tendances gnostiques. Je laisse le panthéisme aux écolos et aux féministes New-Age. 

Tu parais souvent sceptique à l’égard des mots, apparemment impuissants. Et on sent chez toi un désir de silence. Crois-tu la poésie vaine? T’arrive-t-il de douter de la littérature même

Vincent Calvet : Il m’arrive bien sûr de douter de la littérature, mais je ne suis bon qu’à ça : écrire des poèmes. Donc je vais continuer. Je suis une machine à écrire, pour paraphraser Georges Ribbemont-Dessaignes. Je ne crois pas que la poésie « sauvera le monde », pour reprendre le titre d’un texte célèbre de Jean-Pierre Siméon. Je pense qu’elle pourra sauver des individus, c’est certain, des individualités singulières. Mais elle ne sauvera pas le monde. Est-ce qu’un livre protège des balles ou des canons ? Va-t-on sauver la planète avec des livres de poésie ? Non. Il faut rester modeste. La poésie n’est pas vaine non plus. D’abord elle existe, pour contredire Denis Roche. Ensuite, elle peut aller dans certains cas dans le bon sens, pour certains individus. Dans le sens de la pulsion de vie. Si davantage de gens lisaient de la poésie ou en écrivaient, peut-être que nous pourrions espérer un monde meilleur, espérer de « changer la vie ». Toutefois, cela n’arrivera pas. La poésie fait du bien au monde, c’est sûr, elle n’ajoute pas du Mal au Mal, mais les déterminismes sont trop puissants, nous n’échapperons pas collectivement au désastre final. 

La poésie n’est pas vaine, son potentiel existe, mais il reste limité. Nul désir de silence chez moi. Je préfère écrire. Je ne suis pas tenté par le suicide ou la disparition. Au silence, qui est une défaite, je préfère le chant des oiseaux, même si cela ne changera pas fondamentalement le cours des choses. Ceci dit, je respecte le choix des poètes qui ont cessé d’écrire ou se sont suicidés. Rimbaud et son Harrar. Le départ de Celan ou de Thierry Metz. Mais, moi, cela ne me tente pas, à vrai dire. Je crois que les mots sont capables du pire comme du meilleur. L’origine du mal, ce sont aussi des mots. On peut faire beaucoup de mal avec des mots, on peut rendre l’autre fou. La Shoah, c’était aussi une question de mots, qui a rendu la tragédie possible. Le travail du poète est un travail d’épuration des mots. Il faut les débarrasser du mal qui est en eux, le poids de glaise qui les rend lourds, et peut nous noyer dans le marécage et la fange.

La poésie est un travail d’ascèse, vers la lumière. Il s’agit de quitter la prison de la matière pour rejoindre le Ciel. Et les mots peuvent aussi nous y aider. C’est mon côté gnostique. Les mots, c’est à la fois le mal et le remède. Les mots sont une aide pour nous élever spirituellement, mais ils ne sont pas indispensables. Il y a des mystiques, des gens religieux, qui parviennent à s’élever sans les mots. Les mots, finalement, c’est peu de choses. C’est un outil. La Nature est bien plus profonde et complexe que les mots. Nous ne disposons finalement que de 26 lettres aux possibilités combinatoires limitées. La Nature, elle, c’est le complexe, l’illimité, elle est riche de 11 dimensions (et il existe en plus des dimensions enroulées). La physique quantique a ouvert énormément le champ des possibles pour la Nature. On a en maintenant une vision autrement plus complexe de la réalité du Monde. Les mots sont en deçà de la Nature, du Cosmos, du tout. C’est juste un brin de paille dans l’étable. 

 
 
 

1 Commentaire

 

Pierre Kobel

11/01/2023 à 23:22

Bonjour monsieur Calvet, j’ai lu avec intérêt votre entretien avec Étienne Ruhaud et je partage un certain nombre de vos points de vue. J’ai ainsi sursauté de ce que vous dites du travail de Bruno Doucey. Que je sois clair, je ne veux pas me faire le porte-flingue de Bruno, il sait très bien se défendre tout seul, mais il se trouve que je suis un de ses proches amis et que j’accompagne activement son aventure éditoriale depuis la création de sa maison. Je trouve que c’est méconnaître beaucoup sa ligne éditoriale et son catalogue que d’affirmer péremptoirement qu’il ne prend aucun risque dans ses engagements et ne pense qu’à ses intérêts commerciaux. D’une part je ne vois pas quel mal, il y a à toujours défendre des causes déjà connues. La démocratie pour ne citer qu’elle, serait encore plus en danger si de par le monde, des artistes, des intellectuels ne prenaient pas sans arrêt fait et cause pour la défendre contre les menaces dictatoriales. Par ailleurs, les éditions Bruno Doucey n’ont jamais cessé depuis leur création de s’engager ouvertement sur tous les fronts, je pense entre autres à cette collection Poés’idéal à laquelle j’ai plusieurs fois contribué, mais aussi à bien des recueils qui disent avec force le monde tel que nous le souhaitons pour le meilleur de tous, dans l’échange, le respect d’autrui et la découverte des différences. Reste qu’il est tout à fait respectable pour ceux qui le préfèrent de se retirer dans la thébaïde de leur propre poésie et des doutes qu’ils cultivent. Enfin, pour ce que vous reprochez à Bruno, je ne comprends pas ce procès d’en faire un commerçant. Oui la poésie est aussi un commerce quand elle est sujette aux contraintes de l’édition. Le papier coûte cher, de plus en plus, le travail des collaborateurs se rémunère et s’il est encore trop souvent convenu par certains acteurs de la petite édition que les auteurs peuvent se passer de droits d’auteur, je vous informe que ceux publiés par Bruno en touchent. Vous déplorez l’invisibilité médiatique de la poésie. Là aussi la communication a un prix et c’est en vendant des livres, non pas comme de simples produits, mais comme des œuvres uniques à chaque parution, donc en allant les porter sur les plateaux, les stands des marchés, les librairies et les médiathèques que les livres deviennent visibles et trouvent du répondant dans le public. Encore s’agit-il de faire le job et non pas d’attendre que les choses se fassent toute seule comme c’est malheureusement le cas de bien des petits éditeurs et des poètes eux-mêmes.
Croyez bien que je ne cherche aucunement à polémiquer. Ma réaction tient à l’amitié et à l’attachement que j’ai pour une aventure à laquelle j’adhère pleinement. Pour le reste, je partage votre intérêt pour bien des noms que vous citez ainsi que votre point de vue sur les manques de l’école à l’égard de la poésie puisque j’ai exercé durant quarante ans le même métier que vous, sous l’intitulé d’instituteur, un titre que je préfère de très loin à celui de professeur des écoles qui m’a toujours paru vaniteux, n’en déplaise à l’administration qui s’est défaussée ainsi, une fois de plus, d’une véritable revalorisation de la profession.
Pour être honnête avec vous, il me reste à découvrir vos œuvres, ce que je ne manquerai pas de faire avec attention.
Cordialement,
Pierre Kobel

Six solitudes

Vincent Calvet

Paru le 01/08/2022

184 pages

La rumeur libre Editions

17,00 €

De cendre et d'écume, une ville

Vincent Calvet

Paru le 26/01/2016

201 pages

La rumeur libre Editions

18,00 €

L'enfant bleu. Edition bilingue français-arabe

Vincent Calvet, Zeynep Perinçek

Paru le 14/06/2019

28 pages

Le Port a jauni

9,00 €

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AnniversaireXIII – Le plus amnésique des héros apparut en 1984, sous l’impulsion du scénariste Jean Van Hamme et du dessinateur William Vance : à la recherche d’un passé fuyant, accusé d’assassinat d’un président des États-Unis et toujours pris dans une conspiration politique sans fin, XIII fête ses quarante années d’aventures, de manipulation et de faux-semblants. Retour avec Yves Sente, le scénariste qui prolonge depuis 13 ans déjà cette épopée américaine avec le dessinateur Iouri Jigounov.

14/03/2024, 15:43

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Nancy Huston : “Tout romancier qui se respecte est trans”

L'autrice française d'origine canadienne, Nancy Huston et l'écrivain, réalisateur, poète et militant écologiste, Cyril Dion, se connaissent, ils sont amis. Ils éprouvent l’un pour l’autre de l’affection et de l’estime. Les éditions Actes Sud ont proposé une rencontre pour parler de Francia, le dernier texte de Nancy Huston, publié par la maison le 6 mars dernier. Propos recueillis par Estelle Lemaître.

14/03/2024, 15:24

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À Madagascar, Karné offre une évasion aux jeunes insulaires

Tout sourire et pleine d’entrain, Ravaka a l’air de fonctionner à mille à l’heure. Dès qu’elle s’exprime, on sent un grand enthousiasme et une vraie curiosité. Une envie de comprendre et d’agir se dégage d’emblée de sa personnalité positive. Elle a créé Karné, un concept unique : un magazine bilingue (malgache-français), coloré, vivant, instructif, ludique qui sait prendre sa place sur ce marché. Propos recueillis par Agnès Debiage, fondatrice d’ADCF Africa.

14/03/2024, 13:17

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Frédéric Taddeï : "L’âge est un sujet qui n’existe pas"

« Quand on vous dit que François Ier a gagné la bataille de Marignan en 1515 on ne vous dit pas quel âge il avait, il avait 20 ans ». Le présentateur Frédéric Taddeï a une obsession qu’on ne lui connaissait pas encore : l’âge. Nous l’avons rencontré pour la sortie des Birthday books le 6 mars 2024, l’occasion de discourir sur ces « quartiers de la vie que l’on habite tous ensemble ».

29/02/2024, 15:46

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“Nos points communs sont simples : le territoire et le livre.”

#Noshorizonsdesirables – Durant cinq années de librairie au Québec chez Pantoute, Benoît Vanbeselaere est passé de la communication et de l’événementiel à la direction générale d’une des deux succursales. Depuis avril 2023, il a pris ses fonctions comme coordinateur de l’Association des éditeurs des Hauts-de-France. En marge des Rencontres régionales du Livre et de la Lecture 2024, à Boulogne-sur-Mer, il revient avec nous sur les actions menées et à mener.

26/02/2024, 15:13

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Partage de la valeur : cette étude “apporte des éléments de compréhension” (SNE)

L'étude du Syndicat national de l'édition (SNE) consacrée au partage de la valeur entre auteurs et éditeurs, présentée au début de ce mois de février, a été accueillie froidement par les organisations d'auteurs. Ces dernières reprochaient une approche « biaisée » et des résultats qui masquaient la situation économique des écrivains. Renaud Lefebvre, directeur général du SNE, répond aux critiques.

22/02/2024, 11:49

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Barbara Kingsolver, Prix Pulitzer 2023 : “Je ne crois pas au talent”

Le Prix Pulitzer de la fiction, qui récompense un roman qui raconte cette démente Amérique, a été décerné à deux auteurs ex-aequo en 2023 : Hernan Diaz pour son texte sur les coulisses de la Grande Dépression des années 30, Trust, et Barbara Kingsolver. D’un côté, le gros argent, de l'autre, les prolos d'une campagne des Appalaches, à travers les aventures de Demon Copperhead. Un David Copperfield contemporain dans les terres contrariées de l'OxyconTin et des champs de tabac…

21/02/2024, 16:00

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Pour le livre de Turin, "un salon qui aide au dialogue"

Du 9 du 13 mai, le Salon international du livre de Turin incarne un événement majeur autour du livre sur le territoire italien. Entre défis antérieurs et direction nouvelle, Annalena Benini, directrice du Salon pour cette édition, fait part à Actualitté des conditions à réunir, pour mener à bien les ambitions prochaines, notamment quant à la jeunesse. 

19/02/2024, 12:07

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“Le livre et la lecture comme biens communs”

Noshorizonsdesirables – Dans le paysage littéraire des Hauts-de-France, une révolution jusqu’alors silencieuse entend faire grand bruit. François Annycke, directeur de l’Agence Régionale du Livre Hauts-de-France (AR2L), inaugurera les 21 et 22 février deux journées professionnelles. Objectif : collaborer, en redéfinissant le rôle de l’Agence et de ses partenaires, pour plus d’efficacité.

16/02/2024, 12:00

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“Le lecteur français veut comprendre l'Italie à travers sa littérature”

Dans une interview menée par Federica Malinverno, Florence Raut revient sur la création de La libreria, librairie-café parisienne cofondée aux côtés d'Andrea De Ritis en 2006, se définissant comme un « espace petit mais riche dédié à l’Italie, situé dans le cœur du IXe arrondissement de Paris ».

13/02/2024, 11:38

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“Pour être un libraire, il faut porter la casquette d’agent culturel”

Pleine d’énergie et toute souriante, Prudientienne Gbaguidi est une figure de la librairie francophone en Afrique de l’Ouest. Très engagée pour faire rayonner son métier, elle suit tout ce qui se publie dans la sous-région. A la tête de la librairie Savoir d’Afrique (Bénin), elle est aussi présidente de l’Association des Libraires professionnels du Bénin (ALPB) et vice-présidente de l’Association internationale des Libraires francophones (AILF). Propos recueillis par Agnès Debiage, fondatrice d’ADCF Africa.

06/02/2024, 13:07

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Statut européen des artistes-auteurs : “C'est un nouvel espoir”

Depuis plusieurs semaines, des organisations françaises d'auteurs de l'écrit se sont lancées dans une campagne de soutien à une initiative législative du Parlement européen. L'objectif ? Inciter la Commission européenne à agir pour améliorer les conditions de vie des artistes-auteurs, notamment par la création d'un statut. 

18/01/2024, 15:15

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Résolument ancré dans la Fantasy, Leha crée Majik sa collection poche

ENTRETIEN – Apparu en 2017 dans le paysage des Littératures de l’Imaginaire, Leha Editions amorce 2024 avec un gros dossier : la création d’une collection de poche, Majik. Un pari audacieux, autant qu’une nouvelle corde à l’arc de cet éditeur, installé à Marseille depuis quelques années. 

17/01/2024, 10:08

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Louise Boudonnat : traduire, “c’est aussi une rencontre avec soi-même”

Dans une interview menée par Federica Malinverno, Louise Boudonnat revient sur son travail de traduction (de l'italien) de l'ouvrage Absolutely Nothing. Histoires et disparitions dans les déserts américains, de Giorgio Vasta et Ramak Fazel, paru aux éditions Verdier en 2023.

02/01/2024, 14:52

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Line Papin et les Lettres Zola : "Cette démarche me garde constamment en éveil"

LaLettreZola — La première Lettre Zola est toujours disponible à la prévente sur la plateforme KissKissBankBank. La première romancière à offrir aux futurs lecteurs un texte inédit, entre réel et fiction, est Blandine Rinkel. Mais chaque mois est l'occasion de découvrir une nouvelle plume, et pour ce faire, Louis Vendel, créateur de ce singulier et enthousiasmant concept, a dû façonner une véritable équipe autour de lui. Une trentaine de trentenaires, parmi lesquels Line Papin, qui triche un peu, puisqu'elle a 27 ans, mais déjà six ouvrages derrière elle.

26/12/2023, 17:06

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David Duchovny : “Les écrivains ont le devoir d'écrire tout ce qu'ils veulent”  

David Duchovny, pour les plus anciens, c’est l’agent Fox Mulder, pour les plus au fait, le romancier Hank Moody de Californication. L’enfant de New York est aussi un écrivain : son premier texte fut un conte animalier, Oh la vache ! (trad. Claro, Grasset) « entre Georges Orwell et Tex Avery », rien que ça. Le second publié en France, La Reine du Pays-sous-la-Terre, est un texte étonnant, riche, non sans humour et d'un beau romantisme suranné.

20/12/2023, 18:08

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Main à plume : la résistance surréaliste sous l'Occupation

Épisode aussi bref qu’intense, aujourd’hui oublié, l’aventure de la « Main à plume » constitue pourtant un des éléments majeurs de l’histoire du surréalisme. En 1940, suite au départ d’André Breton, plusieurs jeunes créateurs se regroupent pour résister à l’occupant, tout en poursuivant une intense activité créatrice, avec la publication de plaquettes, aujourd’hui introuvables. Huit de vingt-trois membres périront : déportés, fusillés, ou tombés au front. Docteure ès Lettres, mais aussi traductrice et autrice, Léa Nicolas-Teboul a retracé le parcours du groupe. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

06/12/2023, 15:37

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L'édition jeunesse au Maroc : rencontre avec Nadia Essalmi

Nadia Essalmi est une femme de cœur et d’engagement. Une fonceuse qui ne se pose pas mille questions en amont mais qui agit pour faire bouger les lignes et surtout pour apporter aux autres.  C’est aussi une grande rêveuse qui suit son cœur, mais n’est-ce pas le moteur pour innover et avancer ? Editrice jeunesse, promotrice culturelle, militante associative, Nadia est sur tous les fronts quand il s’agit de défendre et valoriser le livre et la lecture au Maroc. Propos recueillis par Agnès Debiage, fondatrice d’ADCF Africa.

05/12/2023, 13:07

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Malaise dans l'Éducnat : “Mes élèves me donnent matière à espérance”

Qu’est-ce que la précarité ? Qu’est-ce que le démantèlement méthodique du service public ?  Qu’est-ce qu’être un professeur précaire dans le secondaire, de surcroît « (grand) remplaçant » dans les territoires abandonnés de la République ? Qu’est-ce qu’enseigner et transmettre ? Autant de questions qui interpellent notre temps. Propos recueillis par Faris Lounis.

04/12/2023, 14:54

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“Stig Dagerman va plus loin que Camus : il supprime l’espoir”

Claude Le Manchec, essayiste et traducteur français,  nous parle de l’œuvre de Stig Dagerman (1923-1954), de sa place et de sa réception en France, en évoquant son étude Stig Dagerman, la vérité pressentie de tous (Éditions du Cygne, Paris, 2020). Propos recueillis par Karim El Haddady

04/12/2023, 12:22

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Pour une industrie du livre plus forte en Italie

Dans un entretien accordé à ActuaLitté, le président de l'Associazione Italiana Editori dévoile ses objectifs pour l'industrie du livre en Italie. Il aborde la nécessité d'une croissance culturelle, la promotion de la lecture, l'internationalisation de l'édition italienne et les défis du dialogue avec les institutions.

27/11/2023, 15:29

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Tom Buron : "Le danger est un élément central de mon travail"

Jeune poète francilien, Tom Buron pratique la boxe, écoute du jazz, écrit de brefs recueils percutants. Dernier en date, La Chambre et le Barillet (éditions « Angle mort », 2023), présente une suite de vers-libres, souvent rageurs, parfois énigmatiques. Familier de l’univers urbain, guidé par un certain rythme incantatoire, habitué des scènes poétiques, l’auteur semble refuser la tyrannie du sens, de l’intelligibilité, tout en favorisant l’oralité. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

27/11/2023, 10:04

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Anarchie en Haïti : “Que les Américains nous lâchent un peu”

Gary Victor, « le romancier haïtien le plus lu dans son pays » selon son éditeur Mémoire d'encrier, ne peut plus aujourd'hui vivre dans sa maison, dans le quartier de Carrefour-Feuilles à Port-au-Prince, pris dans la guerre des gangs. La situation dans le pays de Dany Laferrière est cataclysmique, mais il faut continuer de vivre, et pour le Prix littéraire des Caraïbes 2008, cela passe par l'écriture : à la rentrée, il a fait paraître en France Le Violon d'Adrien, où il s'appuie sur un épisode de son enfance qui l'a particulièrement marqué...

14/11/2023, 11:40

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Tikoulou : un héros mauricien qui unit les cultures

À l’Ile Maurice, Pascale Siew est devenue indissociable du personnage qu’elle a créé : Tikoulou, le petit Mauricien. Cette éditrice passionnée est depuis longtemps une référence sur l’île mais, dans ce cadre idyllique, Pascale Siew avoue se sentir très isolée professionnellement. Elle nous raconte cette belle aventure des éditions Vizavi qui dure depuis trois décennies. Propos recueillis par Agnès Debiage, fondatrice d’ADCF Africa.

13/11/2023, 10:42

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De l'ombre du 93 à la lumière littéraire : “Je lui serai toujours redevable” (Olivier Norek)

Le décès de Huguette Maure, survenu ce 29 octobre, a assombri un week-end déjà maussade. Parmi les écrivains que la responsable éditoriale avait soutenus, Olivier Norek lui rend hommage. « Elle a façonné mon parcours : elle représente les fondations de l'écrivain que je suis devenu. » Notamment grâce à la confiance qu'elle fut la première à lui témoigner, en choisissant de publier son premier roman, Code 93.

30/10/2023, 11:04

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“La consommation de l’actualité s’opère sans prise de conscience”

Benoît Couzi, directeur des éditions Le Lys bleu, avait dernièrement lancé une pétition pour attirer l’attention sur le coût croissant des livres en France. Malheureusement, malgré une diffusion à près de 200.000 personnes, seulement 4 000 ont choisi de signer. Une réalité qui, selon Benoit Couzi, « dit quelque chose de l’implication de l’individu dans la société ».

26/10/2023, 17:02

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Les chiens ne se baignent jamais deux fois dans la même Rivière

Décalé, mystérieux, Les chiens nus nous parle, comme son nom l’indique, de nos amis quadrupèdes. Mais loin d’avoir rédigé un (banal) traité d’éthologie, ou un énième guide sur les chiens, Alain Rivière nous embarque pour un déroutant voyage, dans lequel l’animal semble essentiellement nous renvoyer à nous, à notre condition mortelle. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

26/10/2023, 11:24

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“La réécriture par les ayants droit, ce n'est plus la même oeuvre”

Déposée en mai 2023 à l'Assemblée nationale par le député Les Républicains Jean-Louis Thiériot (Seine-et-Marne), la proposition de loi visant à protéger l’intégrité des œuvres des réécritures idéologiques a fait son retour, au mois d'octobre. Un texte inchangé, mais cette fois soutenu par d'autres représentants de la droite, Éric Ciotti en tête.

23/10/2023, 12:24

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Elias Khoury : héraut d'un monde arabe en quête de modernité

Le romancier libanais Elias Khoury publie chez Actes Sud L’Étoile de la mer, son dernier roman, et deuxième partie d’une trilogie (trad. Rania Samara). Farouk Mardam-Bey, directeur chez Actes Sud de la collection Sindbad, se souvient avec émotion de sa première rencontre avec l'écrivain, à Paris. 

10/10/2023, 12:06

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Frédéric Pillot, un Roland passionnément furieux

LEP23 – Dès son enfance, Frédéric Pillot a trouvé du plaisir dans le dessin. Avec le temps, cette passion s'est transformée en une évidence : allier le dessin à la narration. La réflexion s'est alors orientée vers une activité génératrice de revenus. Une constellation d'idées s'est formée, mêlant le plaisir de raconter à celui de dessiner. Malgré des doutes et des impasses, Frédéric a persévéré. Aujourd'hui, il est un illustrateur reconnu, inspirant ceux qui souhaitent transformer leur passion en métier.

08/10/2023, 17:18

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Ange Mbelle : “Tisser des liens pour le livre africain”

Une approche pragmatique du marché, un parler franc et une vraie dynamique entrepreneuriale, Ange Mbelle a créé GVG, une structure de distribution. Basée à Douala (Cameroun), elle rayonne dans plusieurs pays de la région. Attentive aux pratiques des éditeurs, elle encourage les libraires et autres points de vente à développer leur offre de livres. Propos recueillis par Agnès Debiage, fondatrice d’ADCF Africa.

02/10/2023, 15:01

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La Lettre Zola : redéfinir le lien entre écrivains et lecteurs

LaLettreZola – Dans le monde de l'édition, il est rare de trouver des projets qui marient avec autant de finesse la littérature et le journalisme. Louis Vendel, fondateur de la revue "La Lettre Zola", nous parle de cette initiative unique qui fait la jonction entre ces deux univers.

28/09/2023, 15:38

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Aux Deux Magots, “la littérature est éternelle”

#PrixdesDeuxMagots2023 – Le Prix des Deux Magots, l'une des récompenses littéraires les plus prestigieuses de France, a célébré son 90e anniversaire dans une ambiance festive et solennelle. Étienne de Montety, président du jury, a partagé avec nous l'essence de cette édition mémorable.

25/09/2023, 17:36

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Kevin Lambert : l’architecture, 1er art et miroir de l'époque

Le jeune romancier Kevin Lambert fait l’actualité de cette rentrée littéraire : d’abord en s’inscrivant avec son troisième roman publié au Nouvel Attila, Que notre joie demeure, dans plusieurs listes de prix, dont celle du Goncourt. Le lauréat 2018 de la plus prestigieuse récompense française, Nicolas Mathieu, a remis une pièce dans la machine en s’étonnant de l’ « orgueil surprenant » avec laquelle l’éditeur du Québécois affirme que son auteur a eu recours à une « Sensitivity reader », « comme s’il s’agissait tout à la fois d’un gage de qualité littéraire, de modernité (rire) et de vertu ».

19/09/2023, 17:36

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Gallimard et Olivennes contre la la pub pour les livres à la télé

Voilà plus de 30 ans que le sujet était plié : interdiction de faire de vendre de la publicité à la télévision pour les livres. Tout le monde s’était entendu sur le sujet, ou presque, mais l’arrivée d’un décret ouvrant la porte à une expérimentation de deux ans fait grincer des dents. Ou comment la ministre de la Culture, Rachida Dati, se met à dos les grands faiseurs de l’édition.

13/04/2024, 15:47

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Des chevaux, des yourtes et nous : premiers pas en Mongolie

#AVeloEntreLesLignes – Partir à la découverte du plus grand nombre de librairies possible, entre Paris et Oulan-Bator, le défi est de taille. À vélo, c'est confirmé : c'est de la folie douce. C’est pourtant l’aventure que Zoé David-Rigot et Jaroslav Kocourek ont démarrée en août 2022. ActuaLitté les accompagne, en publiant leur récit de ce périple, À vélo, entre les lignes.

13/04/2024, 12:17

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“Au Québec, la censure ne meurt jamais”, par Jean-Yves Mollier

Alors que la France s’apprête à accueillir le Québec au Festival du livre de Paris en avril prochain, et que paraît au même moment une édition revue d'Interdiction de publier. La censure d’hier à aujourd’hui (éditions Double ponctuation, 2024, Prix Charles-Aubert d’Histoire), l’historien spécialiste du livre et de l’édition Jean-Yves Mollier revient sur les différentes formes de censure du livre au Québec. 

08/04/2024, 11:45

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Glorieuse et cruelle : Tisser la langue des contes

Carnetdebord – Peau-de-Sang sera le prochain ouvrage d’Audrée Wilhelmy, romancière et artiste québécoise, que publieront les éditions du Tripode. Voici le chapitre 2 de son Carnet de Bord, tout à la fois prélude d'un roman attendu et récit d'une attente, qui nous entraîne dans un monde enchanteur.

08/04/2024, 09:48

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“Nous croyons que la poésie peut captiver les coeurs”

Partout dans le monde, la poésie peut exprimer l'indicible, sans en avoir l'air. Cette puissance en fait aussi une cible de tous les extrêmes, et en particulier des régimes liberticides. Dans un texte prononcé à l'Université de Lille, le 22 mars 2024, la poète, écrivaine et militante des droits des femmes en Afghanistan Somaia Ramish célèbre la poésie et appelle à la défendre, encore et toujours.

05/04/2024, 12:28

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Livres pour malvoyants : “Il ne suffit pas d’agrandir la police de caractères”

La Librairie des Grands Caractères, basée dans le 5e arrondissement de Paris, publie ici son « coup de gueule » sur certains éditeurs dont les pratiques lui semblent douteuses. L'établissement pointe notamment le fait que certaines règles à suivre dans l'édition de livres pour malvoyants sont trop régulièrement ignorées par des acteurs du secteur.

02/04/2024, 13:15

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Pause soupe de nouilles à minuit : ultimes heures avant la Mongolie

#AVeloEntreLesLignes – Partir à la découverte du plus grand nombre de librairies possible, entre Paris et Oulan-Bator, le défi est de taille. À vélo, c'est confirmé : c'est de la folie douce. C’est pourtant l’aventure que Zoé David-Rigot et Jaroslav Kocourek ont démarrée en août 2022. ActuaLitté les accompagne, en publiant leur récit de ce périple, À vélo, entre les lignes.

01/04/2024, 08:03

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“J’habite une maison vieille qui embrasse les formes de mon corps”

Carnetdebord – Pour la rentrée littéraire 2024, les éditions du Tripode publieront le nouveau roman d'Audrée Wilhelmy. Pour accompagner cette parution, la romancière a trouvé dans nos colonnes une place à part : un Carnet de Bord pour raconter cette aventure, jusqu'aux librairies.

30/03/2024, 17:05

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Pour un renouveau documentaire dans les universités françaises  

L'Association des Directeurs et des personnels de direction des Bibliothèques Universitaires et de la Documentation (ADBU) et le Syndicat National de l'Édition (SNE) s'unissent pour interpeller le gouvernement et les autorités sur la nécessité critique d'un élan majeur en faveur des ressources documentaires. Ils insistent sur la nécessité d'investissements immédiats pour assurer le développement d'une documentation universitaire compétitive au niveau européen, et de maintenir la France au cœur des débats scientifiques et éducatifs mondiaux.

27/03/2024, 12:51

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IA : un rapport “équilibré” remis à Emmanuel Macron

Alors que la « Commission IA » remettait son rapport au Président de la République le 13 mars 2024, les réactions continuent d'affluer concernant le positionnement de la France face aux enjeux de l'intelligence artificielle. Si des associations de traducteurs telles que En Chair et en Os et l'Association des traducteurs littéraires de France appelaient à sauver « le geste humain », une nouvelle tribune d'un collectif rassemblant divers acteurs des milieux culturels salue, elle, « un rapport équilibré ».

27/03/2024, 10:08

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Peau-de-sang, expérience physique et sensorielle: “Bienvenue, Audrée...”

Carnetdebord – Au cours des prochaines semaines, ActuaLitté accueillera le Carnet de Bord d'Audrée Wilhelmy. Romancière québécoise, elle publiera son prochain ouvrage aux éditions du Tripode. Ce seront tout à la fois les récits d'une attente, d'un espoir, d'une envie. Ce seront les récits d'un à-venir. En guise de prélude, Frédéric Martin, fondateur de la maison, nous présente cette autrice, d'ores et déjà adoptée.

27/03/2024, 08:01

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Annonciation faite à Dati : les auteurs ressuscitent le rapport Racine

Devant la Comédie française, ce 25 mars – date de l'annonce à Marie de sa maternité divine –, ils étaient près de deux cents présents pour le retour d’un vieux compagnon. La première Nuit des auteurs et autrices aura vibré au son des les mariachis qui abreuvaient la place Colette de musiques. La promesse d’un rassemblement politique, collectif et festif était tenue… mais les soirées parisiennes prennent parfois des tournures inattendues.

26/03/2024, 11:56

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“Produire un livre écologique n’est pas possible”

La Volte annonce donc son vingtième anniversaire : vingt ans d'aventures éditoriales où se retrouvent des histoires d'émancipation, de la science-fiction sociale et politique, avec une passion pour les jeux de langage. Elle avait déjà annoncé en janvier qu'elle renforcerait cette année son engagement écologique et affirmerait son identité visuelle. Maintenant, place aux projets.

23/03/2024, 15:38

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La zone secrète entre Russie et Chine, blague de géographe

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23/03/2024, 15:25

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Sacrilège ! Une histoire française de l’offense au pouvoir  

Aux Archives nationales à l’Hôtel de Soubise, du 20 mars au 1er juillet prochain, plongez au cœur de l'histoire tumultueuse du sacrilège, où le spirituel et le temporel travaillent à ne faire qu’un, mais lequel ? Le dernier discours de Robespierre, l'œil de Léon Gambetta, le testament de Louis XVI… Des trésors historiques et autres documents d'archives inédits, pour une expérience solennelle, et parfois moqueuse, aux frontières du divin et du pouvoir.

22/03/2024, 17:32

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“Faire front commun face à la massification annoncée des IA dans le travail”

Après le collectif En Chair et en Os, c'est au tour de l'Association des traducteurs littéraires de France (ATLF) de réagir au rapport, IA : notre ambition pour la France, remis au Président de la République le 13 mars dernier. Ces membres, après l'avoir lu « avec beaucoup de colère », appellent les pouvoirs publics à « ne pas céder aux sirènes de la compétitivité mondiale, et l’ensemble des artistes-auteurs à faire front commun face à la massification annoncée des intelligences artificielles dans leur travail ».

22/03/2024, 13:31

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Bastien Vivès, condamnable ou martyr de la liberté d'expression ?

L’Observatoire de la liberté de création (OLC) dénonce « une loi absurde et son application ubuesque » dans l’affaire Bastien Vivès. Dans une tribune, ses membres justifient leur positionnement : à chacun de se faire un point de vue...

22/03/2024, 11:26

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Pour une traduction humaine : “Il en va de l'avenir de nos professions”

Quelques jours après la présentation du rapport de la commission IA au Président de la République, qui en salue les recommandations prônant le tout-IA dans de nombreux domaines, le collectif En Chair et en Os, « pour une traduction humaine », s'adresse aujourd'hui à toute l'édition, et appelle le monde du livre et de la culture à se mobiliser pour préserver le geste humain, sans céder au technosolutionnisme.

18/03/2024, 11:42

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De l'Altaï russe à la Mongolie en passant par l'édition kirghize

#AVeloEntreLesLignes — Zoé David-Rigot et Jaroslav Kocourek ont entrepris un voyage en vélo entre Paris et Oulan-Bator en août 2022, avec l'objectif de visiter le maximum de librairies sur leur route. ActuaLitté documentera cette expédition en publiant le récit intitulé "À vélo, entre les lignes".

17/03/2024, 12:13

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Expression, publication, lecture : des libertés à défendre

Depuis la Foire du Livre de Londres, cinq organisations internationales représentant les auteurs, éditeurs, libraires et bibliothécaires cosignent une déclaration. Ce texte, reproduit en intégralité ci-dessous, constitue un appel aux gouvernements et aux sociétés dans leur ensemble à veiller sur des libertés fondamentales autour des textes et de leurs auteurs : expression, publication et lecture.

14/03/2024, 11:14

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Traduire par l'IA, le risque d'“un appauvrissement sensible de la langue”

Face à la montée de l'intelligence artificielle dans le domaine de la traduction, l'Association des Autrices et Auteurs de Suisse (AdS) tire la sonnette d'alarme. Lors de son 15e Symposium suisse, l'association a publié une prise de position vigoureuse, soulignant les limites de l'IA en matière de traduction littéraire et réclamant une régulation claire pour protéger les droits et la valeur du travail humain.

06/03/2024, 12:54

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Moon Knight, justicier lunaire et passablement tordu

L’identité secrète est le propre du super héros – ça et les collants trop moulants. Apparu dans Werewolf by Night #32 en 1975, Marc Spector fêtera ses 50 ans de lutte contre le crime à New York : il protège les voyageurs, chers au dieu égyptien qui l’a choisi pour avatar. Non sans l’avoir sauvé de la mort. Mais ce personnage, atteint d’un trouble dissociatif, coexiste mentalement avec trois autres personnes. De quoi en faire un justicier atypique, dont les méthodes effraient.

06/03/2024, 12:16

ActuaLitté

Où en est la lecture dans les campagnes françaises de 2024 ?

En février 1967, l'ORTF diffusait un numéro de sa Bibliothèque de poche, dans lequel le journaliste disparu en 2012, Michel Polac, partait à la rencontre de bergers pour discuter de leurs lectures. ActuaLitté reprend le principe à l'occasion du Salon de l'Agriculture, en interrogeant des acteurs du secteur primaire, afin de vérifier : où en est le rapport au livre dans les campagnes de 2024 ?

01/03/2024, 18:53

ActuaLitté

Plutôt BFM que CNews : Isabelle Saporta, bientôt la porte ?

Dans quel monde une salariée dénigrerait publiquement l’une des sociétés de son employeur, sans se faire tirer l’oreille ? Mieux : présenterait comme plus brillante une entreprise concurrente, du même secteur d’activité ? Eh bien… soit les anti-Bolloré reverront leur copie quant aux “méthodes” (censure, liberté de parole brimée, etc.) chez Vivendi… Soit Isabelle Saporta prépare son départ de chez Fayard ?

29/02/2024, 15:42

ActuaLitté

"Les IA génératives menacent aujourd’hui l’activité des auteurs des arts visuels"

L'ADAGP l'affirme : « Les systèmes d’intelligence artificielle (IA) générative, capables de produire instantanément des contenus visuels à la demande des utilisateurs, menacent aujourd’hui l’activité des auteurs des arts visuels. » En réaction à ce constat, la société de perception et de répartition des droits d'auteur a publié une déclaration générale d’opposition. Elle s'explique dans un communiqué, reproduit ici par ActuaLitté.

23/02/2024, 17:08

ActuaLitté

Librimania : le jeu que toute l'édition va s'arracher

#Noshorizonsdesirables – Foin des IUT et autres Masters pros Métiers du livre : voici le futur compagnon et prochain best-seller en librairie — s’il est un jour commercialisé — Librimania plonge les joueurs dans l’univers impitoyable… du monde du livre. Accrochez-vous à un dictionnaire ou une encyclopédie, ça décoiffe !

21/02/2024, 19:22

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Mort d'Alexeï Navalny : “Il n’a jamais reculé devant le pouvoir”

Le décès d’Alexeï Navalny, survenu ce 16 février au centre pénitentiaire de Kharp à l'âge de 47 ans, provoque un soulèvement — et les regards fusent vers Vladimir Poutine, qui se serait définitivement débarrassé d’un opposant. Le Pen Club français a diffusé un hommage, ici proposé en intégralité.

17/02/2024, 10:49

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Une nuit dans une yourte kirghize, bercés par la pluie

#AVeloEntreLesLignes — Partis à la conquête de nouveaux horizons, Zoé David-Rigot et Jaroslav Kocourek pédalent à travers une odyssée littéraire. Leur défi ? Explorer le plus grand nombre possible de librairies sur un itinéraire qui les mène à vélo de Paris jusqu'à Oulan-Bator. Ils partagent avec ActuaLitté leurs aventures et découvertes dans ce journal de voyage.

16/02/2024, 15:24

ActuaLitté

L'étude sur le partage de la valeur du SNE, “un éclairage partiel et biaisé”

Dévoilée le 1er février dernier, l'étude sur le partage de la valeur du livre, commandée par le Syndicat national de l'édition, n'a pas vraiment convaincu. La quasi-totalité des organisations d'auteurs ont dénoncé ses résultats, assimilés à une pure et simple tentative de manipulation. L'Association des traducteurs littéraires français (ATLF) ajoute sa voix revendicative, dans un texte reproduit ci-dessous.

15/02/2024, 10:03

ActuaLitté

Une étude sur les revenus qui “ne reflète en rien la réalité” des auteurs

Le Syndicat national de l'édition, organisation patronale du secteur, a présenté le 1er février les données de son étude sur le partage de la valeur du livre entre les maisons d'édition et les auteurs. Une étude dont les méthodes et la présentation des résultats ont été largement décriées par les auteurs et leurs représentants. Le Conseil Permanent des Écrivains (CPE), dans un texte reproduit ci-dessous, signifie ses propres réserves, mais aussi ses attentes vis-à-vis du ministère de la Culture.

14/02/2024, 11:46

ActuaLitté

À vélo entre les montagnes et les yourtes

#AVeloEntreLesLignes — Zoé David-Rigot et Jaroslav Kocourek se sont lancés dans une aventure exceptionnelle, celle de parcourir la distance entre Paris et Oulan-Bator à vélo. Tout au long de leur parcours, ils font escale dans autant de librairies que possible. Leur odyssée est couverte par ActuaLitté, qui partage leurs histoires au fur et à mesure.

14/02/2024, 10:33

ActuaLitté

Livres audio : saga, c'est plus fort que toi

Dans un nouvel article, Nathan Hull, responsable de la stratégie de Beat Technology, s'intéresse aux sagas littéraires et à leur capacité à captiver les lecteurs sur le long terme. Comment expliquer ce succès durable ? Et, surtout, comment le reproduire dans un domaine bien particulier, celui du livre audio numérique ?

13/02/2024, 12:48

ActuaLitté

“Il faut tenir sur le fil, à la frontière, et c’est de là que nait la littérature”

#PrixFrontieres2024 – L'édition 2024 du prix Frontières a été lancée, avec la liste des 10 titres retenus. La lauréate de 2023, la romancière Dima Abdallah avait été été saluée pour son deuxième roman Bleu nuit aux éditions Sabine Wespieser. Présidente d'honneur du jury de cette édition 2024, elle nous délivre un texte, en exclusivité pour ActuaLitté, sur ce terme étrange... frontières...

12/02/2024, 16:35

ActuaLitté

Durant les JO, il est important de rester à Paris... en télétravail

Les usagers occasionnels du métro parisien n’ont pas manqué la campagne de communication orchestrée dans les rames : l’invitation au RTT – Reste chez Toi Travailler. À l’approche des Jeux olympiques, les injonctions contradictoires pleuvent : rester ou ne pas rester sur Paris, prendre ou ne pas prendre les transports, travailler ou ne pas travailler… On ne fait pas d’Hamlet, sans casser des noeuds….

12/02/2024, 14:46

ActuaLitté

“La juste rémunération des auteurs et autrices est cruciale”

La Ligue des auteurs professionnels a pris connaissance de l'étude du Syndicat National de l'Édition (SNE) publiée le 1er février dernier. Dans une tribune adressée à ActuaLitté, l'organisation remet en cause la méthodologie, déjà amplement pointée. Leur texte est ici diffusé dans son intégralité.

06/02/2024, 11:03

ActuaLitté

L'étude irréelle où “les éditeurs sont moins payés que les auteurs”

Au moment même où l’Europe envisage de légiférer sur un statut professionnel pour les auteurs, incluant notamment de meilleures rémunérations et une lutte contre les contrats abusifs, le Syndicat national de l’édition a publié une enquête sur « le partage de la valeur entre auteurs et éditeurs ». Or, la présentation des données a révélé un biais tel qu’il laisse entendre que les éditeurs sont moins bien payés que les auteurs. La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse réagit dans les colonnes de ActuaLitté.

04/02/2024, 10:15