Dans ces temps de résurgence de nationalismes, chauvinismes et prurits identitaires, la littérature nous offre heureusement quelques pépites à leur encontre… Figure en bonne place parmi ces romans salutaires une œuvre qui obtint un franc succès juste avant le deuxième guerre mondiale : refusé par Gallimard, publié par Denoël, le roman «Les Javanais» fut couronné du prix Renaudot en 1939 et traduit en plusieurs langues. Par Marie Coat
Le 03/07/2022 à 09:00 par Les ensablés
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03/07/2022 à 09:00
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Son jeune auteur de trente ans, Jean Malaquais (du nom d’un pont de Paris), se revendiquera « métèque et apatride » toute sa vie, qui épouse le siècle. Wladimir Malacki naquit en 1908 à Varsovie, qu’il quitta en 1926 pour rejoindre la France, où il exerça divers petits métiers pour survivre, tout en apprenant le français tant auprès des petites gens que dans les bibliothèques où il dévorait les livres, de littérature française contemporaine en particulier. Puis à l’été 1936, il voulut rejoindre en Espagne les rangs du POUM, mais, dénoncé comme agent fasciste et provocateur par les staliniens, il dut rentrer au bout de deux mois en France.
Gide, dont il avait fait la connaissance en 1935 et qui avait décelé son talent d’écrivain, le soutint matériellement pour qu’il se consacre à l’écriture du roman qu’il portait en lui depuis son séjour comme ouvrier dans les mines de La Londe des Maures et qu’il intitula, assez mystérieusement, « Les Javanais ». Mobilisé en 1939 (alors qu’apatride...), il fut fait prisonnier, mais s’évada. Après deux années passées à Marseille dans le dénuement puis hébergé par Giono, il finit par obtenir comme nombre d’intellectuels français un visa pour les Amériques et émigra, via le Vénézuéla, au Mexique où il rédigea ses Carnets de guerre qui furent publiés avant son départ en 1946 aux États-Unis, où il noua une longue amitié avec Norman Mailer (dont il traduira en français « Les nus et les morts »).
À compter de 1947, il fit de nombreux allers et retours entre la France — où, notamment, il traduisit les ouvrages de Marx pour La Pléïade — et les États-Unis, où il enseigna jusqu’en 1968 la littérature européenne. Restant en prise sur les évènements majeurs tels que mai 68 en France ou le mouvement « Solidarnosc » en 1980, il se fixa à Genève dans les années 80, où il s’éteignit fin 1998 non sans avoir revu et corrigé son autre grand roman paru en 1947, « Planète sans visa », qui fut réédité en 1999.
Pourquoi intituler « Les javanais » un roman dont l’exotisme ne doit rien à l’île qui était alors une colonie néerlandaise ? L’île de Java de Jean Malaquais est un misérable camp de baraques en bois et en tôle entre mer et voie ferrée dans le sud de la Provence, où survit une population cosmopolite et bigarrée qui tire ses maigres ressources d’un travail exténuant dans de vieilles mines de plomb et d’argent insalubres, d’exploitation dangereuse, où seuls des damnés de la terre, des « races sans papier ni rien » s’aventurent.
Dans cette « île cachée au fond des bois » cohabitent quelque deux cents travailleurs apatrides ayant, pour certains, femme et enfants : une communauté de déracinés de tous pays ayant fui la misère, l’oppression, les querelles familiales, sans visa ni papiers, en délicatesse avec la justice ou simplement rêvant d’une vie meilleure. Des « Javanais », selon le terme populaire par lequel les Français désignent dans les années 30 toute personne ou langage,... qui leur paraît bizarre et incompréhensible.
Ancré dans une dure réalité qu’il a connue comme mineur à La Londe des Maures, Malaquais nous dresse avec truculence un tableau animé de cette colonie d’apatrides, de cabossés de la vie, venus de dizaines de pays — pour certains fort éloignés — où l’on communique dans un sabir franco-international des plus savoureux. Pendant les quelques mois où se déroule le roman, il croise les intrigues, entre solidarité et lâcheté, fidélité et trahison, et s’attache au parcours et à la personnalité de quelques figures majeures, des Hans, Elyacine, Giuseppe, Kamo, Sofia, Andrzej,… sont croqués avec vigueur et humour, mais aussi poésie et empathie, dans un langage inventif et tonique riche en trouvailles jubilatoires.
En semaine, les hommes triment sous la férule de petits chefs dans les mines dirigées — si l’on peut dire… – par un Anglais alcoolique qui, jadis dans l’armée des Indes, a perdu un œil et un bras au Bengale ; vétustes, exploitées dans des conditions illégales, elles sont un enfer voué aux accidents (ce qui finira par causer en partie leur fermeture). Le dimanche, les mineurs font une pause, fuyant un quotidien harassant et des réminiscences le plus souvent douloureuses lors d’une virée au village voisin, à l’épicerie-buvette d’une Madame Michel âpre au gain ou à la maison close d’un Estève guère plus recommandable, mais bien calé sur leurs préjugés et leurs certitudes d’enracinés ; moments plus ou moins consolateurs, dans les vapeurs de l’alcool et les bras des filles, où Javanais et locaux se côtoient sans se mélanger.
Les autorités — Carboni le gendarme, Anatole l’adjoint au maire…, dépeint par l’auteur en des termes sarcastiques — ferment avec complaisance les yeux sur les illégalités, jusqu’à ce qu’une série de catastrophes les acculent à y mettre fin, brutalement et sans délai, à la satisfaction des honnêtes gens : les Javanais doivent quitter Java — « île flottante, attachée à la queue du diable » — et reprendre leur errance à la recherche d’un « chez-soi » où ils seront toujours étrangers.
Dédicataire du livre, Gide saluait Malaquais pour son « lyrisme extraordinaire, de qualité tout à fait rare et spéciale » et pour « une grandeur épique, à la fois bouffonne et tragique ».
Si, en effet, Jean Malaquais campe avec empathie et lyrisme ses Javanais, c’est non sans ironie ou sens de la dérision, maniant avec gourmandise, pétulance et maestria sa langue d’adoption qu’il vivifie allègrement, passant avec délectation de son expression la plus pure à un argot des plus crus, d’une belle truculence rabelaisienne. Mais il sait toutefois en user avec une rigueur clinique pour décrire le travail dans les mines et dresser sans concession un contexte social ou psychologique.
Un livre généreux, lucide, tranche de vie à l’image de son auteur dont on dispersa les cendres de « métèque et apatride » là où se trouvaient les mines où il avait trimé, du temps où il était « javanais ».
Marie Coat — juin 2022
Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com
Paru le 01/01/2013
256 pages
Editions Phébus
10,50 €
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20/04/2026, 07:35
L’actualité à la lumière des livres. Des milliards de galaxies qui s’éloignent, un vieux débat américain ravivé par le Proche-Orient, une invasion britannique oubliée, le journal intime d’un grand diariste anglais et les mystères du microchimérisme : la sélection de la semaine traverse cosmologie, géopolitique, roman historique, édition et biologie.
18/04/2026, 10:13
Terre et ciel, de Jean-Luc Raharimanana, paraît aux Éditions Rivages le 6 mai 2026 et propose une réécriture contemporaine du mythe malgache d’Ibonia, en suivant le parcours d’un héros promis à une princesse qu’il devra reconquérir au terme d’un long voyage initiatique.
18/04/2026, 08:23
L'or de la vie - Dépasser mes peurs et mes limites, signé par Manon Apithy et publié chez Robert Laffont, paraît le 13 mai : la championne olympique de sabre y retrace son parcours et livre une réflexion personnelle sur la réussite, entre exigences sportives, fragilités et quête d’équilibre.
18/04/2026, 07:17
Paru le 16 avril 2026, Antonin Artaud et Jacques Latrémolière, la relation insolite entre un patient et son psychiatre (éd. L’Harmattan) s’inscrit dans la continuité du travail solide et exigeant que Patrick-Albert Pognant consacre à Artaud depuis plusieurs années. J’avais découvert cet auteur à travers son précédent ouvrage, Antonin Artaud, la mise en échec de la médecine, qui m’avait profondément marqué à l’époque où je rédigeais mon propre livre, Artaud le Martaud : asiles, drogue, électrochocs. Par Ilios Chailly.
17/04/2026, 16:41
Le commissaire Adamsberg est de retour : Fred Vargas signe un come-back remarqué, comme d'habitude, avec Une unique lueur (Flammarion), qui s’installe directement en tête du classement dès sa sortie, avec 38.110 exemplaires vendus pour cette nouvelle semaine (06/04 au 12/04).
17/04/2026, 11:48
Dans l’Utah, l’apparition d’arbres rouges luminescents fait vaciller l’ordre du monde. Marie-Lorna Vaconsin transforme ce surgissement végétal en roman d’anticipation politique, où se croisent traumatisme, emprise sectaire, enfance défigurée et espoir d’une riposte du vivant. Une fiction dense et âpre, qui fait de la forêt un révélateur de toutes les violences humaines.
17/04/2026, 11:43
Un livre qui offre une autre vision de l’École, débarrassée de ses fins utilitaristes et mise au service de la compréhension du monde. Un manuel qui offre des pistes aux enseignant·es pour maintenir une pratique d'exigence intellectuelle avec les élèves. Pour redonner du sens à l’École et au métier d'enseignant.
17/04/2026, 08:00
Et si l’histoire italienne se lisait dans une assiette de pâtes ? Federico Tavola mêle souvenirs siciliens, scènes de voyage, histoire du fascisme, folklore régional et mythologies culinaires pour défendre une thèse simple : en Italie, la cuisine tient lieu de langue commune. Un essai-mémoire ample et charnel, où la pasta devient à la fois affaire de goût, de transmission familiale, d’éducation sentimentale et de résistance politique.
16/04/2026, 14:26
Avec Ravagés de splendeur, Guillaume Lebrun ne ressuscite pas seulement Héliogabale : il fait de son règne une scène de confrontation entre les corps, les croyances et le pouvoir. Porté par trois voix qui s’entrecroisent, le roman transforme la Rome antique en territoire de désir, de violence et de bascule politique, avec une langue qui éblouit autant qu’elle déborde.
16/04/2026, 12:56
L’eau n’est plus, dans cet essai, une simple question d’environnement. Simon Porcher en fait le point de rencontre des crises contemporaines : climat, agriculture, santé, énergie, inégalités, démocratie. En retraçant la longue histoire de sa maîtrise et de ses conflits, il montre comment une ressource tenue pour acquise devient le révélateur brutal de nos impasses collectives.
16/04/2026, 12:55
Avec Les Plus Jeunes Années du monde, roman de Marie-Lorna Vaconsin à paraître chez Actes Sud le 13 mai, l’autrice imagine un monde troublé par un phénomène inexplicable où des chênes se mettent à émettre une lumière rouge, tandis que deux trajectoires solitaires cherchent à renouer avec les autres.
16/04/2026, 09:29
Avec Fantômes et giboulées, Catherine Dufour signe un nouveau roman publié chez Robert Laffont, à paraître le 7 mai, où une femme transforme un refuge pour victimes de violences en lieu d’accueil pour les morts, mêlant humour, littérature et surnaturel autour d’une question simple : peut-on vraiment cohabiter avec les fantômes sans en payer le prix ?
16/04/2026, 08:04
Lily est rédactrice de notices. Elle aime les modes d’emploi clairs, que les choses soient à leur place et les procédures efficaces. Un jour, elle découvre le développement personnel et un mantra : « Libérez-vous en éliminant les problèmes un à un ».
16/04/2026, 07:00
Trop souvent, les romans dits sociétaux parlent de la France périphérique, celle des banlieues éloignées où abondent les clichés des « pavillons jardins avec des trampolines ». Mais on parle peu de la France rurale et de ses combats au quotidien pour continuer à compter parmi les autres.
15/04/2026, 09:00
Le bien nommé Breyten Breytenbach a payé le prix de l'insoumission : un opposant à l’apartheid, un homme d’exil, un prisonnier politique, un écrivain interdit de séjour dans son propre pays. Il fut cet Afrikaner qui tourna le dos au confort tribal, fonda un mouvement clandestin, fut arrêté en 1975, condamné à neuf ans de prison, vingt-deux mois à l'isolement.
14/04/2026, 18:22
Pas facile pour Marlon, lycéen en terminale dans un trou paumé du Poitou, de porter le prénom d’un acteur américain, symbole de la virilité, quand on dessine des garçons nus et qu’on est amoureux de Samir, l’énigmatique et désirable pion du lycée.
14/04/2026, 14:35
Une rupture, un été forcé en Cornouailles, une librairie au bord du désordre : Gracie Page fait d’un scénario de romance une histoire de déplacement social et intime. Avec Anna, brillante élève soudain déclassée, le roman observe comment un lieu, une communauté et le travail quotidien autour des livres déplacent les ambitions, réordonnent les affects et fissurent le mythe du parcours parfait, sans renoncer aux séductions du romanesque sentimental.
14/04/2026, 10:35
Dans son dernier ouvrage, Fantômes et Giboulées, Catherine Dufour s'éloigne des sentiers battus pour livrer une chronique sociale mâtinée de fantastique. À travers le portrait de Camille, gérante d'un refuge pour femmes victimes de violences, l'autrice explore les thèmes de la précarité et de la mémoire hantée des lieux. Entre enquête policière et réflexion philosophique, ce livre décortique avec une ironie mordante les mécanismes de l'invisibilité.
14/04/2026, 10:33
Longtemps resté inédit en France, Sentiers escarpés de John Muir paraît enfin aux éditions Arthaud. Véritable bible du nature writing, ce recueil retrace les pérégrinations du célèbre naturaliste à travers l’Ouest américain, de la Sierra Nevada au Grand Canyon. Entre observations scientifiques rigoureuses et envolées lyriques mystiques, Muir jette les bases de l’écologie moderne et de la protection des espaces sauvages dans un récit vibrant.
14/04/2026, 10:32
Rescapé de la rentrée 2025, ce premier roman est un gros coup de cœur et une totale immersion dans la vie pluvieuse des éleveurs de moutons de Cumbrie. Du nature-writing comme on en fait trop rarement, du rural et du social à la Ken Loach.
14/04/2026, 09:00
Pensiez-vous qu’après trois tomes, Brioche et Tartine seraient à court d’idées… ou de bêtises ? Détrompez-vous ! Les voilà de retour, plus en forme que jamais, capables même de se lancer dans une partie de tennis — quitte à envoyer la balle droit dans un commissariat et à troquer la raquette contre une paire de baskets.
14/04/2026, 08:00
Des origines familiales au Pendjab aux luttes contre la guerre, Tariq Ali compose un livre de mémoire politique qui traverse 1943-2024 sans se réfugier dans la légende personnelle. Ces pages montrent comment une vie militante, littéraire et intellectuelle épouse les secousses du siècle : espionnage, révolutions, défaites de la gauche, triomphe néolibéral et refus constant des accommodements.
13/04/2026, 15:03
Avec La Sorcière rouge. Tome 1 : La dernière porte, Steve Orlando et Sara Pichelli relancent Wanda Maximoff par un geste fort : faire d’elle non plus une menace à contenir, mais un recours pour les êtres sans issue. Ce premier arc, nourri d’action, de magie et d’intime, replace la quasi-omnipotente Sorcière rouge (Scarlet Witch en VO) au centre d’un récit où la puissance féminine s’écrit du côté de la compassion et de la réparation.
13/04/2026, 11:21
Ce onzième livre de Marie-Hélène Lafon est exceptionnel (et nous l'avions déjà dit, mais cédons au plaisir de le répéter) : il est expérimental à l’image de son titre elliptique. Le livre, construit par ellipses, laisse la possibilité au lecteur de s’y mirer totalement, de se faire ses propres fictions. De laisser son imaginaire vagabonder sans jamais s’épuiser.
13/04/2026, 07:00
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