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Les Ensablés - Amour étrusque (1898) de JH Rosny aîné (1856-1940)

La littérature française est riche d’innombrables récits tirés de l’Antiquité grecque ou romaine. Sans remonter aux Aventures de Télémaque, nous avons tous lu La Venus d’Ille de Mérimée et son cruel dénouement, Gautier et Arria Marcella, Dumas et sa sulfureuse Acté et bien entendu Salammbô dans lequel Flaubert, de son aveu même, voulut appliquerà l’Antiquité les règles du roman moderne. L’Antiquité comme décor fabuleux et comme recueild’exemples politiques, mais aussi l’Antiquité onirique, féroce et sensuelle dont les jeunes latinistes découvraient avec ébahissement qu’elle reposait, au sens chrétien, sur une immoralité sans limite. Par Antoine Cardinale.

Le 05/12/2021 à 09:00

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05/12/2021 à 09:00

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Cette approche est au demeurant peut-être celle qui nous explique le mieux Amour étrusque, illustré dans l’édition de 1898 que j’ai entre les mains, de vignettes d’un érotisme très fin de siècle. C’est cette approche que déchiffra Freud — qui aima tant l’Italie, qu’il connut d’ailleurs à peu près au moment où J.H. Rosny écrivait son roman — et dont la pensée, qui devait devenir la psychanalyse, se précisa en lisant Gravida, fantaisie pompéienne de Wilhelm Jensen : le phantasme — représentation imaginaire, nous dit Larousse — est le désir même, dont l’accès est barré par l’interdit qui provoque la transgression et enfin la sanction… C’est la progression de bien des romans, depuis Tristan et Iseult, et les écrivains en ont deviné la richesse dramatique : c’est aussi le fil d’Amour étrusque.

La vie et l’œuvre de Joseph Henri Boex

Des frères Rosny (Séraphin Justin François Boex selon l’état civil, est son cadet) Joseph Henry Honoré est l’aîné, et selon le jugement de leurs contemporains, le mieux doué des deux frères. Leur collaboration sous le nom de J-H Rosny durera jusqu’en 1908 et ils signeront après cette date leurs propres livres sous le pseudonyme de JH Rosny aîné pour l’un et de JH Rosny Jeune pour l’autre. 

Joseph Henry avait néanmoins, avant la séparation, emprunté d’autres pseudonymes comme celui de Jacques Soldanelle ou d’Enacryos afin de publier de son côté. Ces pseudonymes lui permirent de signer une série de romans antiques dont la mode ne lui appartient pas, comme nous le rappelions en préambule et qui ont pour titreBérénice de Judée, Les aventures de Setné ou La Flûte de Pan. Amour étrusque appartientdonc à l’œuvre d’Enacryos. Ce court roman parait en1898 : c’est une date importante puisque paraissent cette année-là L’art religieux en France d’Emile Mâle et La Cathédrale de JK Huysmans.

Comme on le sait, Edmond de Goncourt, dans son testament littéraire, les nomma dans son Académie, et dans les délibérations du prix Goncourt, les deux frères prirent la résolution, pour éviter de faire basculer les scrutins, souvent serrés, car les jurés se comptent au nombre de dix, de toujours voter pour un auteur différent. Exception il y eut, et elle fut de taille : ils votèrent tous les deux pour Marcel Proust en 1919 pour L’ombre des jeunes filles en fleur et décidèrent en effet du scrutin. Ajoutons une remarquable longévité littéraire puisqu’ils se succédèrent pour présider l’Académie Goncourt de 1926 à 1945 !

Venu du réalisme social, dont il ne s’éloigna jamais, il JH Rosny aîné fut inspiré par l’Antiquité et les grands textes des civilisations extraeuropéennes. Mais c’est à ses romans préhistoriques ou primitifsque Rosny l’Aîné doit de demeurer dans l’histoire littéraire. On ne présente plus La guerre du feu, mais on connaît moins Les Xipéhuz. Dans leur œuvre de science-fiction — ce merveilleux scientifique que Hervé Bel a remarquablement présenté il y a quelques semaines dans une de ses chroniques — on peut citer Les Navigateurs de l’infini ou La Mort de la Terre, qui narre en réalité l’extinction de la race humaine. Rosny s’était donné pour mission d’explorer ce qu’il appelait le mystérieux demain ; il ne s’est pas interdit, pour notre plus grand plaisir, d’explorer le Passé.

Amour étrusque est dédié à Édouard Guillaume, éditeur original, qui rêva de retrouver la beauté du grand art de l’édition, celui des grands maîtres imprimeurs du passé par le procédé nouveau de l’impression plane, en s’annexant les ressources du marketing moderne — il proposera à ses clients un meuble réalisé sur l’exacte mesure de ses collections intégrales ! JH Rosny gagnait sa vie comme secrétaire de rédaction chez Édouard Guillaume. Il était spécialement chargé d’explorer des domaines littéraires peu connus, contes hindous, persans ou chinois et de les adapter pour son éditeur.

De JH Rosny aîné, Jacques Chastenet dira qu’il fut un écrivain dont les hautes conceptions et la vaste curiosité souffrent d’être exprimées en jargon. Il est vrai, les images s’entrechoquent parfois dans un styledéconcertantet dans des dissonances qui doiventdavantage à Lautréamont qu’à Émile Zola : Sa peau semblait un lit de sable étincelant, ses yeux des torches sous la forêt. Oui, vous avez bien lu : des yeux comme des torches sous la forêt. Ou bien, « Son être se retourna, comme un firmament de nuages » ; ou encore, pour rester dans le genre aérien : « la silhouette ennuagée ».

Rémy de Gourmont, illustre contemporain, le classa parmi les anarchistes. Et il est vrai que Rosny écrivit des romans dans lesquels il met en scène les milieux anarchistes, avant la grande vague de ce qu’on nommera le terrorisme noir. 

Mais davantage que la politique, Rosny est animé d’une vision philosophique. D’un côté les forces de la science et du progrès qui aspirent à rendre l’homme à la beauté et au bonheur ; de l’autre les forces rétrogrades qui maintiennent l’humanité dans les fers de la misère, de la frustration et de la violence. On le verra, cette thématique n’est pas absente d’Amour étrusque.

Les Fables antiques et autres récits érotiquesde JH Rosny ont été republiés chez Biblioblog, avec une préface de Fabrice Mundzick. L’auteur de ces lignes n’a pas été en mesure de vérifier si Amour étrusque figurait dans ce recueil. Le roman est par ailleurs disponible en ebook.

Ces étranges Rasènes

Rouvrons nos livres d’Histoire. Les royaumes étrusques prospéraient en Italie, accoutumés d’être sur cette terre mille ans avant la fondation de Rome, nous dit Rosny. Jusqu’en 509 avant notre ère ils donnèrent même des rois à Rome, avant d’en être expulsés et de subir un lent déclin sous la poussée romaine. En 264 avant notre ère tomba la dernière cité étrusque, Volsinii. Mais le peuple étrusque continua à exister et supporta avec impatience le joug romain. À la fin de la République encore, nombre de villes des défunts royaumes étrusques durent être durement ramenées à raison. Nous devinons sous la plume des historiens romains que ces histoires de cités rasées, de populations déportées, de propriétés confisquées, eurent quelque chose à voir avec un expansionnisme sans pitié exercé aux dépens de ce peuple. Impitoyable revanche, car bien avant Rome ils unifièrent l’Italie du Pô jusqu’à la Campanie : mais le cœur de la civilisation étrusque battait en Ombrie, dans le Latium et la Toscane. Les Grecs les connaissaient sous le nom de Tyrsennoï, nom qui survit dans la mer Tyrrhénienne, les Romains sous celui de Tusci, dans lequel nous reconnaissons les Toscans et enfin eux-mêmes se nommant Rasenas, les Rasènes, vocable que d’ailleurs Rosny cite avec justesse, mais qui ne se déversa dans aucun mot de la langue italienne. Les Étrusques sont l’illustration terrible de l’histoire des peuples disparus.

Les historiens anciens ne les ignorent pas totalement, et Tite-Live voyait en eux un peuple profondément religieux, l’empereur Claude, nous dit Suétone, écrivit en vingt livres une histoire des Étrusques. Leur panthéon nous est connu. S’ils partageaient des dieux avec les Romains, comme Mar (Mars), Nethuns (Neptune) ou Satres (Saturne) ils adoraient des divinités aux noms étranges qui n’appartiennent qu’à eux : Athrpa, Culsu ou le repoussant Tuchulca.

Ajoutons que les Étrusques sont un peu le thermomètre idéologique de la recherche historique en Italie. L’étruscologie fut prudemment mise en veilleuse pendant l’ère fasciste, car l’histoire de ce peuple offrait une diversion au roman national du peuple romain conquérant. Après la guerre en revanche, la recherche fut réveillée par une idéologie de gauche, pour des raisons inverses et symétriques, puisque les Étrusques proposaient une autre histoire italienne, nourrie d’apports grecs et orientaux, primordiale, alternative, et un récit « débranché » à la fois du militarisme romain et de l’héritage catholique.

La documentation de Rosny est sûre, mais jamais envahissante. Il connaît leurs mœurs et nous invite dans leurs maisons et à leurs banquets, il n’ignore ni leurs rites ni leurs sépultures, et lorsqu’il évoque ces têtes aux yeux de rêve, on comprend qu’il a beaucoup vu ces figures étranges dessinées sur leurs poteries.

On peut voir et rêver à ce monde disparu dans les musées de Volterra, de Tarquinia, de Pérouse et à Rome même, on a reconstitué, dans la villa Giulia dont on doit les plans à Michel-Ange et à Vignola, et qui est devenue le musée étrusque de la Ville, un temple étrusque complet, avec ses colonnes peintes, ses antéfixes et ses acrotères. Dans les vitrines muséales s’alignent des urnes à la forme parfaite et au dessin léger, coupes sur lesquelles s’inscrivent lignes simples ou doubles, entrelacées, droites ou ondulantes, olpés, tasses à godrons, œnochœ au vernis habile donnant l’apparence du métal mat, canthares aux décorations à figures noires ou à figures rouges, objets domestiques ; mais aussi objets votifs, vases canope et urnes tirés des vastes nécropoles d’un peuple qui semble fasciné par l’au-delà.

Vers 1900, l’Antiquité revenait à la mode. Combien a-t-on écrit alors de soties, d’opéras et de ballets, de sonnets : Danses et airs antiques, Le sacrifice au Temple, Ballet des hétaïres, Antoine et Cléopâtre, Les larmes d’Ariane ou Le rêve d’Actéon

L’après-midi d’un faune est donné en 1912 dans lequel Nijinski mima la vivacité du désir avec un réalisme qui scandalisa ; puis l’année suivante le Sacre du printemps, dont le tableau final porte comme titre Le sacrifice.

Les amateurs les plus fortunés construisent alors des villas dans le goût grec comme la villa Kerylos à Beaulieu ou dans le goût romain comme la villa Florus à Sorrento — je recommande dans le genre antique The last of the Tenth Legion, écrit par William Waldorf Astor.

 Dans Amour étrusque, on peut être sensible à l’opposition qui se dessine nettement entre la jeunesse, insouciante, passionnée, et enfin rebelle d’une part, et d’autre part le vieux monde, celui des notables et des prêtres, le cœur sec, et qui ont l’âme aussi vide que leur bourse est pleine. Le roman est publié en 1898 et bientôt on se passionnera pour les nouvelles générations. Comme l’Antiquité, la jeunesse devient à la mode. Bergson écrit L’évolution de la jeunesse actuelle m’apparaît comme une sorte de mirage. Paraissent alors d’innombrables Enquêtes sur la jeunesse, la première, retentissantes, sous la plume d’Henri Massis, la seconde sous celle d’Emile Henriot — on mènera même une Enquête sur les jeunes filles. Un historien a même soutenu que la jeunesse, en tant qu’objet sociologique, naquit dans ces années-là. Rosny a traduit Giovanni da Porto et son Histoire de deux nobles amants, qui est la source — avec Bandello — du Romeo et Juliette de Shakespeare : la jeunesse et l’amour assassinés dans un monde déchiré par de vieilles querelles, c’est malgré tout un motif très ancien.

Un homme et une femme

L’histoire se déroule sous Vespasien, qui régna entre 69 et 79 de notre ère. Un jeune homme, Dyonis, que la ruine de sa famille, riches négociants de Syracuse, a jeté sur les routes, connaît la dure condition du vagabond, ne gagnant son pain qu’en faisant sonner sa flûte dont il joue avec virtuosité. À bout de forces, il s’endort au bord du Volturne, au cœur de la Campanie. Sa beauté autant que sa détresse émeuvent une jeune fille qui surprend son sommeil. Elle ramène le pauvre hère à Tarao, riche maître-potier de la cité de Veïla, et dernier descendant des lucumons, ces rois et grands-prêtres qui présidaient aux destins du peuple étrusque, et dont la forêt ciminienne fut aussi redoutable aux légions romaines que trois siècles plus tard les forêts de la Germanie. Car Dehva, c’est le nom de la jeune fille est la petite-fille de Tarao et elle va concevoir des sentiments profonds pour le jeune exilé, que celui-ci lui rend passionnément. Mais Dehvha est une vestale de Diane-Etrusque, et briser ses vœux de virginité est un crime puni de la plus lourde sentence, pour elle comme pour son tentateur. Tarao, bon et sage, va donner à Dyonis la chance de devenir potier, d’apprendre les secrets de l’ébauchoir et du tour, de rechampir et d’orner, de veiller aux cuissons précises dans les cheminées closes. Et surtout de donner au jeune homme la chance de devenirun citoyen adoptif de la petite cité étrusque, car le monde antique ne conçoit pas de malheur plus grand que d’être sans patrie. Mais Flavia, la belle et sensuelle Ombrienne, esclave du riche et vieux Licinius n’est pas insensible au charme de Dyonis et elle n’est retenue par aucun vœu religieux…

Transposons un instant cette histoire : un fils de famille ruiné est jeté sur les routes, n’ayant que ses talents de musicien pour échapper à la mort de faim. Recueilli par un riche et honnête entrepreneur, il se voit offrir une chance de vie et un nouveau foyer — Le travail lui refaisait une patrie écrit le romancier. Une tendre et chaste idylle se noue avec la fille adoptive de son bienfaiteur, vouée à la religion. Mais la sensuelle et délaissée épouse d’un riche bourgeois n’est pas non plus absolument indifférente au charme du jeune exilé…

Ce décalque de l’intrigue nous indique immédiatement que ce roman antique est la transposition d’un roman naturaliste, Rosny tord cependant le scénario en superposant le combat des forces telluriques qui opposent la tendre et amoureuse beauté de la campagne italienne avec la sombre forêt où les prêtres de Diane-Etrusque veillent et punissent, à celui des forces sociales qui opposent le progrès et la réaction.

Ce canevas qui se retrouve bien souvent dans les romans sociaux de Rosny comme dans sa science-fiction, comme dans les romans des âges farouches, se découvre naturellement dans Amour étrusque. Rosny ne montre d’ailleurs aucune naïveté dans cette vision de l’Histoire : L’injustice domine de toutes parts la justice, le bien est un enfant débile devant la colossale figure du malnous dit-il. S’il n’y avait la beauté, ajoute-t-il cependant, prodige de la vie, fruit étrange et comme anormal, le destin du genre humain, son passé et son futur, n’attirerait que le dégoût et le désespoir. 

Amour étrusque veut nous montrer avec une sorte d’impartialité terrible les choix qui s’offrent à l’Humanité. D’un côté une société paisible, aux cadres définis, s’harmonisant à une nature magnifique, mais punissant tout écart aux règles tirées d’un code impitoyable mis dans les mains des prêtres ; de l’autre côté l’Homme et la Femme seuls, sentant leur désir de paix et d’amour comme un devoir sacré et un droit de nature, mais découvrant les risques et la grandeur de la liberté, défiant la religion et proclamant que l’homme est du monde la mesure véritable. Avant les libres penseurs, avant Rome, Périclès nous avertit qu’il n’est pas de bonheur sans liberté, et pas de liberté sans courage.

Un mot de style

Si l’on se penche sur le style, c’est d’abord à Salammbô que pense le lecteur. Le C’était au soir, à la lueur des torches, devant le temple de Diane-Etrusque qui ouvre le dernier chapitre d’Amour étrusque, emprunte évidement son rythme et sa couleur au « C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar » par lequel commence le chef-d’œuvre de Flaubert. Mais la ressemblance s’arrête là. Car la seconde phrase du maître de Croisset comporte quarante mots, celle de Rosny quinze.

Et la troisième phrase de Salammbô, si belle, si dépaysante : Les capitaines, portant des cothurnes de bronze… compte, si je ne me trompe, soixante-quinze mots. La phrase de Rosny, elle, est courte, d’une structure élémentaire, avec des coupes brutales. Son style mêle des brutalités à la réaliste avec des préciosités symbolistes ; conteur remarquable, il sait toujours donner un rythme formidable à son récit, et pour cela garde le souci de la couleur locale : Et beaucoup avaient de la pitié pour la vierge issue des lucumons.

Remarquons, ce qui nous fera revenir à la dette de Rosny à l’égard de Flaubert, que ce « Et » pour commencer la phrase, est une caractéristique dans lequel Marcel Proust voyait une des signatures stylistiques de Gustave Flaubert : En un mot, chez Flaubert, « et » débute toujours une phrase secondaire et ne termine presque jamais une énumération. Et c’est vrai, souvent Rosny imite Flaubert dans cette subversion grammaticale : la conjonction, ainsi que le voudrait le bon usage, au lieu d’ajouter un élément à une série, comme lorsque nous disons je prendrais volontiers du pain et du fromage, aspire au contraire, en commençant une phrase, à diriger pour ainsi dire le regard ailleurs, à divertir l’attention du lecteur sur un autre point du tableau ou sur un autre aspect du récit.

Un rêve passe

L’impression que laisse Amour étrusque est profonde et déroutante. À quoi rattacher la fascination qu’on en subit ? L’intrigue s’est déjà vue, les personnages sont un peu convenus et l’écriture appartient à son époque. D’où vient alors cette mélancolie, cette infinie tristesse, ce regret d’avoir quitté une Campanie d’il y a deux mille ans que l’auteur a imaginé pour nous, d’où vient-elle sinon d’une certaine puissance onirique par lequel il semble, en refermant le livre, qu’un songe a passé et qu’on aperçoive la tendre et terrible idylle dans la buée d’un rêve. 

Une œuvre d’art, et la trace profonde qu’elle dépose en nous, possède des causes en partie manifestes ; certaines, moins évidentes, pourront être recherchées, trouvées, analysées et comprises, mais d’autres raisons resteront cachées, aussi insaisissables qu’agissantes. Le savant peut s’irriter de ces raisons cachées, mais pas le lecteur, qui a bien le droit appeler ces raisons cachées un enchantement.

5 Commentaires

 

PLINK

05/12/2021 à 11:23

J’ai adoré l’article qui me donne l’envie de découvrir ce livre et son auteur.
Juste une question : qui de l’auteur ou du typographe n’a pas suivi le cours de grammaire ( CE2) sur l’accord nom/ adjectif qualificatif ( amour/ étrusques)?🤔
Une professeur des écoles

Hélios en vrai

05/12/2021 à 16:53

Professeur un jour , pro de la fessée toujours...

Herrman25

06/12/2021 à 08:34

Très bel article et belle analyse qui donnent vraiment envie de lire le livre et de découvrir une nouvelle facette de l'auteur des Xipéhuz, de la Mort de la Terre et de la Guerre du feu qui ont enchanté mon adolescence.

Mamoun

07/12/2021 à 08:30

Ce bel article me remet en mémoire des écrivains aimés mais oubliés, il m'envoie à leur recherche, je vous en remercie.

Aradigme

10/12/2021 à 08:49

Merci pour cet article qui me fait découvrir une nouvelle oeuvre d'un auteur que je lus vers douze ans ("La guerre du feu", évidemment)

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Les Ensablés - Le fer rouge de Paul-André Lesort, ou l'emprise

Paul-André Lesort (1915-1997) aurait pu intituler son cinquième roman L’emprise, mais il a choisi un titre plus incisif : Le fer rouge. Paru en 1957, l’ouvrage de ce romancier étiqueté « grand écrivain catholique » choqua autant les lecteurs que la critique, à quelques rares exceptions près comme Jean Cayrol (« Ce n’est pas un spectacle auquel il nous convie,...mais une quête, une aventure avec « risques et périls»... Son honneur est de déranger et de se déranger...Beaucoup n’ont pas compris la route surprenante qu’il put choisir sans avertissement »). Par Marie Coat.

30/07/2023, 10:05

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Les Ensablés - Petit Louis, d'Eugène Dabit

Chers amis des Ensablés, notre site accueille aujourd'hui une nouvelle contributrice, Isabelle Luciat, à qui nous souhaitons la bienvenue au sein de notre équipe. Pour son premier article, elle a choisi "Petit Louis" deuxième roman d'Eugène Dabit, qui avait rencontré le succès avec L'Hôtel du Nord, paru en 1929. Hervé BEL.

16/07/2023, 09:00

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Les Ensablés – Des hommes passèrent…, de Marcelle Capy

Pendant la première moitié du XXe siècle, de nombreux romans « champêtres » ont été publiés, et les Ensablés n’ont pas manqué d’en chroniquer. Parmi ceux qui nous ont particulièrement marqués, rappelons l’admirable Campagne (prix Femina 1937) de Raymonde Vincent que les éditions Le passeur viennent de rééditer et La vie d’un simple, d’Émile Guillaumin. Il me faut en ajouter un autre, récemment paru chez La Thébaïde d’une romancière complètement oubliée, Marcelle Capy. Par Hervé BEL

02/07/2023, 12:20

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Les Ensablés - Cinis in cinerem, de Régis Messac (1893-1945)

Les Éditions de La Grange Batelière achève par Cinis in cinerem (allusion à la Genèse « tu es poussière et tu retourneras à la poussière), la publication des quatre romans policiers de Régis Messac, auteur que nos amis des Ensablés commencent à connaître (Quinzinzinzilli, Le mystère de Monsieur Ernest). A mon goût, c’est le roman plus étonnant, le plus attachant aussi, car il s’y mêle le gothique, le fantastique, la psychanalyse et le scientisme du XIXème siècle, dans une ambiance mystérieuse : plaisir assuré pour tous ceux qui ont aimé Gaston Leroux, Maurice Leblanc, Stevenson, Edgar Poe, et j’en passe. Par Hervé Bel

11/06/2023, 09:00

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Les Ensablés - Le tramway des officiers (1973) de Georges Thinès

Georges Thinès  (1923-2016) est un écrivain belge de langue française né en 1923 à Liège et décédé en 2016 à Court-Saint-Étienne. D’abord attiré par les lettres classiques, il fut étudiant en philosophie et lettres à la Faculté universitaire Saint-Louis de Bruxelles. Après son engagement à la Royal Navy durant la guerre, Georges Thinès renonce à la philologie et s’oriente vers la psychologie. Professeur à l’université de Louvain, il fut un spécialiste de renommée mondiale dans le domaine de l’éthologie animale. Excellent musicien, fondateur de l’orchestre symphonique de Louvain, il fut encore poète, nouvelliste, romancier, dramaturge, essayiste. Par Armel Job

28/05/2023, 09:00

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Les Ensablés - Les aiguilles à tricoter de Denis Belloc, le bas bruit de la violence

Décédé en 2013 à l’âge de 64 ans, Denis Belloc ( (1949-2013) a marqué d’une empreinte noire la littérature française. Son œuvre, une dizaine de romans parus, s’abreuve au sirop de la rue. Mais ce liquide est violent et amer. C’est l’univers de la toxicomanie dans Képas (Lieu commun, 1989) ou de la prostitution dans Suzanne (Lieu commun 1988) qui forme le décor des romans de Belloc dont l’entière matière est autobiographique. Par Denis Gombert.

14/05/2023, 09:00

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Les Ensablés - Heureux les pacifiques de Raymond Abellio (1907-1986)

En janvier 1947, les éditions du Portulan publièrent un épais volume au titre biblique, « Heureux les pacifiques », que la critique accueillit avec force éloges, n’hésitant pas à parler de «roman fracassant et excitant » (Pierre de Boisdeffre), de « roman d’une génération » (Maurice Nadeau), tous se montrant impressionnés par  la justesse d’un tableau riche et complexe d’une époque charnière (1934-1945): ainsi Pierre Descaves, selon lequel ce roman est « sans aucun doute, le document le plus important, le plus impressionnant qui nous ait été donné depuis quinze ans, sur l’état d’une jeunesse que guettait le conflit de 1939-1940 et les années, noires et rouges, des refus ou des abandons ». Par Marie Coat

30/04/2023, 16:45

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Les Ensablés - Le renard à l'anneau d'or, de Nelly Kristink    

Mariève a vingt-trois ans lorsqu’elle épouse Gilles, de dix ans son aîné. Ce mariage la conduit à s’installer chez lui, dans un domaine forestier des Hautes Fagnes, à l’est de la Belgique. Le manoir du Rondbuisson, situé à l’orée du bois, est la résidence de quelques personnages rustiques et gentiment intrigants. Tout semble en place pour assurer le confort de Mariève, dans un cocon où l’on ressent plus qu’ailleurs le rythme envoûtant des saisons. Mais pourquoi n’y semble-t-elle pas heureuse ? C’est l’histoire de la lente dégradation d’un amour s’abîmant au grattage de l’écorce. Par Louis Morès. 

10/04/2023, 09:47

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Les Ensablés - Jeunes femmes en uniforme, de Terreska Torrès

« Elles sont les premières. Cinq filles. Jeunes, timides, heureuses, excités, cœurs battants et prêtes à mourir pour la France. » Nous sommes en 1940. La France vient de perdre la guerre. À Londres, la France libre sous l’impulsion du général de Gaulle fait ses premiers pas. Pour la première fois, les femmes prennent part au conflit sous l’uniforme français. Un Corps féminin de Volontaires de la France libre est créé, dans lequel s’enrôlent les héroïnes de ce roman, ainsi que son autrice, Tereska Torrès. Par Carl Aderhold.

26/03/2023, 17:17

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Les Ensablés - Kikou Yamata (1897-1975), la Japolyonnaise

Qui se souvient aujourd’hui de Kikou Yamata, une écrivaine née à Lyon en 1897 d’un père japonais et d’une mère française et décédée en 1975 à Genève ? Étonnante et attachante figure, auteure d’une œuvre importante. Par François Ouellet

12/03/2023, 10:00

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Les Ensablés - Génération hussards, de Marc Dambre

En septembre 2022, Marc Dambre, spécialiste de Roger Nimier, a publié chez Perrin une somme passionnante (je pèse mes mots) intitulée Génération hussards, en référence à une mouvance littéraire des années 50. L’occasion d’aborder avec lui non seulement la vie et la production littéraire des « hussards » les plus connus, mais aussi d’en (re)découvrir d’autres, dont Stephen Hecquet, objet d’un récent article des Ensablés, et de revisiter trente années de vie culturelle française. Par Hervé Bel

20/02/2023, 09:56

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Les Ensablés - Henry Thoreau sauvage, de Léon Bazalgette

Emmanuel Bluteau m’a envoyé ce livre, Henri Thoreau sauvage, qu’il vient de rééditer dans sa maison d’édition, la Thébaïde, avec ce petit mot : « Voilà un vrai ensablé ! ». Par Hervé Bel.

05/02/2023, 09:00

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Les Ensablés - Deutschland de René Trintzius (1898-1953)

Quiconque vous demanderait ce qu’évoque pour vous le nom de Trinztius, vous resteriez coi ou chercheriez en vain du côté des érudits anversois de la Renaissance. Bien oublié aujourd’hui, René Trintzius fut très connu dans le monde des lettres de la première moitié du siècle dernier. Né en 1898 dans une famille bourgeoise de Rouen -son père était un architecte renommé- il abandonna très en amont une carrière de magistrat pour se consacrer dans un premier temps au journalisme, puis rapidement à l’écriture de pièces de théâtre et de romans. Par Marie Coat

22/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - Malpertuis (1943) de Jean Ray (1887-1964)

Au carrefour de ruelles obscures se dresse Malpertuis. Quentin Moretus Cassave, le maître de cette grande maison, s’éteint sur son lit de mort et fait lire à sa famille réunie les articles de son testament. Pour recevoir l’héritage, les héritiers doivent s’engager à venir vivre au sein de ce lieu rempli de mystères et seul le dernier d’entre eux recevra la fortune. Le dernier ? Dans cette demeure hantée peuplée d’une faune étrange et où le temps s’étire à la croisée des mondes, les périls sont immenses. Jean-Jacques Grandsire, un jeune neveu de Cassave, nous confie avec effroi les heurts et malheurs de Malpertuis. Un chef-d’œuvre du fantastique belge à redécouvrir. Par Louis Morès. 

08/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - une biographie de Marie Borrély (1890-1963)

J’ai parlé, il y a quelques mois dans cette chronique, de Maria Borrély (1890-1963), une romancière d’exception de la Haute-Provence. Voici qu’une belle biographie vient de lui être consacrée par Danièle Henky aux éditions Le Papillon rouge, Maria Borrély. La Vie d’une femme éblouie. La biographe, qui a commencé à s’intéresser à Maria Borrély au début des années 2000, a pu avoir accès aux archives de l’écrivaine, se nourrir des souvenirs de Pierre Borrély, le cadet des deux fils de l’écrivaine, qu’elle a maintes fois rencontré, travailler aux premières rééditions avec Paulette Borrély, la femme de Pierre. Par François Ouellet

25/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - La baie des Wallons (1991) de Viviane Dumont

Dernier tome d’une trilogie de romans historiques suivant sur trois générations l’histoire d’une famille aux XVIe et XVIIe siècles dans les Provinces-Unies et les Pays-Bas espagnols, La Baie des Wallons relate les aventures du jeune Tristan de Noirfontaine, un orphelin seul héritier de sa lignée ne rêvant que d’exploration au point de s’embarquer dans un navire à la conquête du Nouveau Monde. C’est avec enthousiasme qu’il participera àl’émergence d’une nouvelle ville et d’une société lui offrant une vie pleine de promesses, à condition de faire preuve de prudence et de ne pas oublier ses racines.

Par Louis Morès.

11/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - Adieu mes quinze ans de Claude Campagne

Un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse : Adieu mes quinze ans fut en 1960 un véritable phénomène éditorial : plus de 650.000 exemplaires écoulés. Le livre fut traduit en 11 langues et adapté en un feuilleton de 10 épisodes qui fit les beaux jours de l’ORTF au tout début des années 70. Il faut croire que ce roman sur l’adolescence possédait quelque chose de particulier qui avait pu toucher toute une génération. Elle se retrouvait dans le portrait de Fanny, l’héroïne du roman qui voyait du jour au lendemain sa vie bousculée avec l’apparition de deux êtres et d’un secret. Mais quoi ? Par Denis Gombert

27/11/2022, 11:34

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Les Ensablés – Stephen Hecquet, vie et trépas d’un maudit de Frédéric Casotti

Stephen Hecquet, avocat, écrivain… Pour beaucoup, ce nom ne dit plus rien. Auteur d’une dizaine de romans publiés dans les années cinquante, il est pourtant considéré comme l’un des membres de ce groupe que Bernard Frank appela les « hussards ». Ses romans n’ont jamais été réédités (sauf en 1993 pour « Les collégiens »). Début 2022, est parue chez Séguier une courte et bienvenue biographie de Stephen Hecquet par Frédéric Casotti intitulée Stephen Hecquet, vie et trépas d’un maudit, dont les Ensablés se devaient de rendre compte, d’autant qu’en 2013 notre ami Henri-Jean Coudy (dont les parents connaissaient bien Hecquet) avait déjà fait un article à propos d’Anne ou le garçon de verre.

13/11/2022, 09:00

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Les Ensablés - Régis Messac et le polar lettré, par François Ouellet

Romancier, essayiste, pamphlétaire, journaliste, professeur, historien de la littérature populaire, du roman policier et de la science-fiction, rédacteur en chef des Primaires, revue de gauche anticléricale, syndicale et pacifiste, etc., Régis Messac (1893-1945) a été de bien des engagements littéraires et politiques. Par François Ouellet.

30/10/2022, 09:22

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Les Ensablés : Passage des émigrants, de Jacques Chauviré

Prendre soin des seniors, des anciens, du quatrième âge, des personnes âgées, bref : des vieux, problème de société rebattu, mais irrésolu, au parfum de désolant scandale malgré d’indéniables avancées... En 1977, paraissait sur ce sujet Passage des émigrants, un remarquable roman écrit par un médecin, Jacques Chauviré (1915-2005), dernier d’une trilogie mettant en scène le parcours du Dr Desportes, médecin du travail puis gériatre. Par Marie Coat.

09/10/2022, 09:00

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Les Ensablés - Un jardin pour l'éternel, de Jean Carrière

« Tout a commencé en Champagne, fin mars 1915, lors de l’offensive menée par Joffre. Durant l’attaque, Pierre-Ézéchiel Séguier eut la moitié inférieure de sa jambe fracassée par un éclat d’obus. Il fallut l’amputer […] Il ne restait plus assez de morphine. […] “Je suis fait au fer et au sang”, rétorqua le blessé avec la raideur de ceux qui méprisent les faiblesses du corps et de l’âme. » Par Carl Aderhold

25/09/2022, 09:00

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Les Ensablés - Le Greco (1931) de Camille Mauclair, seconde partie

En 1905, Camille Mauclair, sentit qu’avec le fauvisme et le début du cubisme en 1905, apparaissait un nouveau paradigme, auquel il était incapable en tant que critique de donner une réponse. Et cette incapacité signa la rupture de Mauclair avec l’art moderne.  En 1931, il écrira un ouvrage critique sur le Greco, dont l’originalité le confrontera à nouveau au problème de la rupture de la tradition dans l’art pictural. Ceci est la deuxième partie de notre article (voir la première partie). Par Antoine Cardinale

04/09/2022, 14:40

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Lorsqu'on rencontre le terme « crush » pour la première fois, sa sonorité percutante suscite immédiatement la curiosité, surtout quand on constate la difficulté des jeunes à le définir précisément. S'agit-il d'un amour à première vue, ou simplement d'un jeu de séduction ? 

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