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500 millions € d'aides : “Pas pour n’importe qui ni pour faire n’importe quoi !”

Antoine Oury - 25.05.2020

Edition - Economie - aides filiere livre - 500 millions euros edition - edition aide coronavirus


Le samedi 23 mai dernier, un collectif de 625 auteurs, éditeurs et libraires publiait dans le journal Le Monde une lettre ouverte au président de la République pour réclamer une aide de 500 millions € destinée au secteur du livre dans son ensemble. Une « urgence absolue », selon les signataires. Le syndicat général du livre et de la communication écrite CGT (SGLCE CGT) vient toutefois souligner quelques impératifs dans l'usage fait de cette aide.
 ​​​​​​Syndicat Général du Livre et de la Communication Écrite (SGLCE)
 
 
« [A]u milieu du concert de déclarations, de promesses, d’annonces, le livre fait figure de grand oublié » : alors que la crise liée à l'épidémie du coronavirus n'est pas encore derrière nous, le secteur du livre a adressé un appel au président de la République, réclamant quelque 500 millions € d'aide « pour traverser cette crise, non sans dommages, mais avec l’assurance de pouvoir simplement redémarrer, une aide à la hauteur des pertes que la filière va subir ».

Le Centre national du livre avait voté une aide d'urgence de 5 millions €, et le ministre de la Culture a évoqué une aide de 100 millions €, mais dont une partie seulement devrait revenir au livre, et uniquement au bénéfice des éditeurs...

En attendant la réponse de l'Élysée, le syndicat général du livre et de la communication écrite CGT (SGLCE CGT) a transmis à ActuaLitté un message sur cette demande d'aide, en soulignant que certains, au sein de la chaîne du livre, ont plus besoin de soutien que d'autres... Nous reproduisons ci-dessous le texte du syndicat.
 

500 millions d’euros… pour quoi faire ? 


L’épidémie de Covid-19 et les mesures prises pour l’endiguer ont frappé l’économie du livre. Fermeture des librairies, reports de parutions, annulations de salons, etc. : la filière est frappée dans son ensemble par la crise.

Pour faire face, les demandes d’aides gouvernementales pleuvent, notamment du côté des employeurs. Ainsi, le 23 mai 2020, le Conseil permanent des écrivains (CPE), le Syndicat national de l’édition (SNE) et le Syndicat de la librairie française (SLF) ont demandé à l’État, d’une seule et même voix, 500 millions d’euros d’aides. Ces aides sont sans doute nécessaires pour relancer un secteur industriel clé mis à l’arrêt brutalement.

Toutefois, elles ne doivent pas être accordées pour servir à accompagner les restructurations socialement catastrophiques des entreprises de la filière ou maintenir à flot les profits des actionnaires des grands groupes d’édition.
 

Les travailleurs précaires et les auteurs, premières victimes de la crise 


Les travailleurs de la profession ont, en effet, déjà lourdement payé le coût de la crise sanitaire, notamment les plus précaires. Les CDD promis, mais annulés ou non reconduits ainsi que l’effondrement des volumes d’activité des travailleurs à domicile payés à la tâche ont durement frappé les petites mains de l’édition.

Ce sont ces salariés et microentrepreneurs contraints, ainsi que les artistes‐auteurs, eux-mêmes fortement frappés par la crise, qui doivent être les premiers destinataires des aides de l’État.
 

Le Syndicat général du Livre et de la communication écrite (SGLCE‐CGT) avertit le SNE et, de manière générale, l’ensemble des employeurs de la branche de l’édition : nous ne laisserons pas les semaines à venir être le théâtre d’injustices sociales.

Le SGLCE‐CGT veillera à ce que la crise ne serve pas d’alibi aux employeurs de l’édition pour remettre en cause les accords collectifs, rogner les droits des salariés et faire des économies sur l’emploi. Des aides, oui, mais pas pour n’importe qui, ni pour faire n’importe quoi ! 
 
Paris, le 25 mai 2020

Photographie : ActuaLitté, CC BY SA 2.0



Commentaires
Toujours ce ton humble avec menace qui caractérise ce merveilleux syndicat, qui règne sans partage depuis 1945 grâce à une loi soviétique que personne n'ose remettre en cause... En France, on a de la chance. On a deux sortes de boulets : les syndicats type CGT, qui ont tué 50 % des industries, et des grands patrons mondialistes, dans la lignée des Macron, qui ont tué 50 % des autres...
Pour éviter les "injustices sociales" et les erreurs (euphémisme) humaines, rien de mieux que d'afficher une répartition des sommes et des bénéficiaires de ces aides, à l'euro près... Ça s'appelle la transparence sur l'argent public.
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