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Les Ensablés – Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) par le comte de Fels

Le temps des vacances s'approche, ou s'éloigne : souvenez-vous, nous avions passé l’été à travers la Provence, en compagnie de Jean-Louis Vaudoyer. Cette fois, nous n’irons pas si loin, à peine pousserons-nous aux limites du département de la Seine-et-Oise ! Car nous sommes en 1927 et Jean-Louis Vaudoyer m’a demandé d’interviewer le comte de Fels, pour sa biographie d’Ange-Jacques Gabriel [1]. Le moyen de refuser ?

Le 04/10/2020 à 09:00 par Les ensablés

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04/10/2020 à 09:00

Les ensablés

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Par Antoine Cardinale

J’avais rendez-vous dans l’hôtel particulier du comte qui est sis au 135 du faubourg Saint-Honoré. A peine son secrétaire m’eut-t-il annoncé que le comte sortit en coup de vent.
« Non, je n’aurais pas le temps, je vais à la Chambre pour le débat sur la nationalité[2], j’aurai dix minutes peut-être mais mon livre mérite mieux que ça ! Venez ce samedi à Voisins, nous parlerons de Gabriel et vous resterez ! ! je ne suis pas homme à laisser perdre la précieuse tradition de l’hospitalité française, nous aurons de la compagnie et on s’amusera, mais rassurez-vous, nous ne dépasserons pas les limites d’une aimable gaieté ! Et quand vous craindrez de niaiser dans mon salon, il vous restera la forêt, les étangs et la bibliothèque ! »
Et déjà dans sa voiture, le comte me cria :
« Laissez votre adresse, monsieur Cardinale, mon chauffeur vous attendra ».
Je n’avais pas encore eu le temps d’ouvrir la bouche.

La vie de château
Quelle belle ville que Paris et comme la vie est simple, assis au fond d’une Chenard et Walker Y3Le Mans ! Passé la porte de Saint Cloud et le faubourg de Billancourt, quelle riante campagne ! Sèvres, Versailles, Rambouillet enfin ! Sur la Nationale 10, dégagés des encombrements, les neufs chevaux, quatre cylindres en ligne, moteur semi-culbuté et arbre à cames latéral avec deux soupapes par cylindre sont lancés à cent kilomètres à l’heure et avant qu’on ait pu se reconnaître, on entre dans le parc du château de Voisins.
Le château était comme un beau corps doré, se rafraîchissant au milieu d’un gazon de velours piqué de grands buis sombres. Au-delà des pelouses, saules, platanes et tilleuls versaient une ombre bleue sur le sable des allées.
Attendu sur le perron, je montais par un grand escalier aux degrés de marbre sur lequel veillait une statue de Venus chasseresse et j’entrais dans la bibliothèque. Par de grandes croisées, le regard donne sur l’horizon d’un large étang dont l’eau semble dormir ; sur ses rives plates, viennent boire les lourdes frondaisons de groupes d’arbres immenses. Sur les murs, derrière les vitrines d’une bibliothèque où le ciseau du sculpteur a posé le chiffre du comte, veillent en rang silencieux de lourdes reliures d’un or passé.
Ai-je fait le portrait du comte de Fels ? Un air de grandeur remarquable, l’aisance que donne un corps rompu aux exercices de la chasse, avec un naturel qui rend son abord plein d’agrément, mais en face de laquelle la familiarité est interdite. Vêtu d’un costume de laine d’un gris de fumée, d’une cravate en tricot de soie d’un bleu profond sur une chemise au col souple, on ne pouvait douter qu’un esprit vif et distingué répondît à une élégance si parfaite.
« Bonjour monsieur Cardinale, un instant encore, prenez place, je termine mon service de presse. Voilà… celui-là est A Monsieur Henry Bordeaux, admiration, sympathie, gratitude. De toute façon il ne lit jamais les livres qu’on lui envoie, je le tiens de source sûre. M. Vaudoyer vous a dépêché pour chroniquer mon Ange-Jacques Gabriel. J’aime bien monsieur Vaudoyer, j’ai publié de ces textes dans la Revue de Paris  et il est d’une famille de grands architectes français, ce qui est pour me plaire. Vous êtes envoyé par lui, vous êtes le bienvenu ! Et c’est heureux, vous voyez le château de Voisins dans l’état où j’ai rêvé qu’il soit, il y a vingt-cinq ans ».
Je voulus manifester ma connaissance du sujet.
« Ne serait-ce pas trente-cinq ans, monsieur le comte ? Je vous pensais propriétaire depuis 1892 ? »
« Certes, mais les travaux ne commencèrent vraiment qu’en 1903. M.Sergent fut mon architecte, je lui ai pris le meilleur de son génie et après j’ai laissé ce qui en restait à Rothschild et à Camondo. Sur le domaine croulaient les vestiges du château du marquis de Croismare qui était gouverneur de la petite Ecurie du Roi, un château dont Gabriel avait donné les plans. J’ai retrouvé ces plans, je les ai, et j’ai rebâti le château. « Une chimère » comme dit ma femme. Savez-vous que les titres de la propriété remontent à l’an 768 ? à ce compte-là je suis de la vieille roche !
Combien cela m’a coûté ? Je vais vous le dire mais vous ne l’écrirez pas, ou plutôt non, c’est plus beau de laisser rêver. Vous écrirez : des millions. Dites que le gros œuvre m’a coûté quatre millions de francs-or. Oui, l’argent de ma femme. Sur ces sujets, je me suis mithridatisé des moqueries et de la calomnie. Ce n’est que ma résidence de campagne. Je chasse, en saison. Tout le confort moderne comme on dit : monte-plats, monte-charge, trente-six chambres, chauffage central et air pulsé dans les pièces de réception, l’eau chaude partout. Si j’étais américain, je serai une légende : mais je suis français ! J’ai fait à Voisins selon ce que j’ai écrit : dans l’architecture de l’époque Louis XV nous constatons deux tendances : l’une d’ordre artistique, c’est l’évolution du goût vers la pureté classique, l’autre d’ordre pratique, c’est la recherche de la commodité dans les aménagements intérieurs. Et bien voyez-vous, j’ai voulu remettre l’architecture dans cette voie.
Avec mes plans de deux-cent ans d’âge sur les bras, on peut dire que j’ai acquis un château d’Ange-Jacques Gabriel en état d’achèvement ! M.Duchêne en a achevé l’an passé les jardins, Si l’envie vous vient de vous promener, vous verrez les sculptures : []Jean de Bologne, Girardon, Clodion. »
« Il y a aussi, dis-je, des œuvres plus modernes dans la chapelle ».
Je me mordis les lèvres en me rappelant soudain que la chapelle conservait le triste souvenir d’un fils tombé au champ d’honneur. Le regard du comte se perdit un instant et doucement, sans répondre, il me désigna un volume posé à portée de sa main.
« Connaissez-vous  ce livre ? Il est plaisant : La ménagerie du Vatican[3] »
Il me mit le passage sous les yeux.
Le comte de Fels, même dépouillé du Frisch natal, était autrefois de Marseille. Maintenant il est originaire du Luxembourg. Il était reporter à Paris, quand il rencontra Mlle Lebaudy, fille de l'illustre marraine du nationalisme. M. Frisch épousa l'héritière du grand manufacturier et devint comte par l'appui de M. Lefebvre, dit de Béhaine, ambassadeur de France près le Saint-Siège. On regrette d'autant plus de ne pas donner les armes de ce gentilhomme qu'il les montre volontiers : à un grand dîner, elles étaient dessinées en fleurs sur la table. Elles ont paru en feu dans une pièce d'artifice. On les aperçut imprimées sur un accessoire de cotillon. Depuis 1905, M. Frisch a abandonné son titre romain pour prendre un titre ducal. Il a acheté une terre en Luxembourg qui s'appelle presque Frisch et qui fut un duché. Le nouveau duc a eu, en cette circonstance, un mot de charmante délicatesse : — Je ne suis pas entré sans émotion, avoua-t-il, dans cette demeure que les miens ont quittée depuis neuf cents ans. J'y ai trouvé partout des souvenirs chers. »
Le duc et la duchesse Frisch sont d'ailleurs renommés pour la bonne grâce et la simplicité de leur accueil.

« On ne peut pas être au goût de tout le monde, monsieur Cardinale, mais dans les grandes lignes, ce que vous avez lu est vrai. Mais au moins mon titre est documenté : il n'y a eu, doctus cum libro, depuis la chute de Charles X que trois cents familles françaises titrées par le pape. Et pourtant notre auteur croit savoir qu’il y a plus de deux mille personnes qui portent des titres pontificaux ! J’ajoute, pour vous montrer tout le prix que j’y attache, que comte romain est une inexactitude, et que je peux l’entendre comme une injure. On devrait dire et écrire comte du palais apostolique et de la cour du Latran. Mais je peux souffrir comte palatin, il faut bien vivre avec son temps. Croyez-vous que le roi d’Espagne, qui est un bon fusil et qui aime à venir à Voisins se compromettrait avec un usurpateur de particules ? Je porte d’argent à la croix ancrée de gueules. Diable ! j’oubliais, je suis aussi prince de Heffingen !
Voilà pour ma biographie ! Voulez-vous que nous parlions d’Ange-Jacques Gabriel ? »

Commander aux Dehors et aux Dedans
« Prenons les choses dans l’ordre, voulez-vous ? Quels furent les grands maîtres de l’architecture française classique ? Le Vau, Mansart et Gabriel.
Les Gabriel, c’est une dynastie, comme les de Brosse, comme les Mansart –qui s’apparentèrent d’ailleurs vers 1700 aux Gabriel. On retrouve les traces d’un Gabriel, maître-maçon à Argentan au XVIème siècle et pour faire court –la généalogie est dans mon livre- son grand père est déjà sur les chantiers de Versailles ; mais son père monte encore : il est reçu à l’Académie et reçoit ses lettres de noblesse. En 1734, il atteint le sommet : Premier architecte du Roi. Depuis 1729, Ange-Jacques travaillait avec son père, et partageait avec lui la confiance du Roi. Dès 1734 il est nommé contrôleur du château de Versailles. Lorsque son père meurt en 1742, il est immédiatement choisi par le Roi pour lui succéder, ce qui pourrait surprendre si la nomination ne précisait que le Roi prit cette décision connaissant ses talents et sa capacité. Jusqu’à la mort de Louis XV en 1774, il sera celui qui assistera, conseillera le souverain, contrôlant les dépenses, recevant les chantiers, distribuant les tâches. Mais que d’obstacles à surmonter, quelle guerre permanente contre les bureaux ! Le temps lui manqua toujours, et il n’est pas une lettre où ne paraisse la nécessité d’avancer les fonds ou de régler ce qui est dû pour mener à bien les chantiers. La versatilité du souverain ne lui facilite pas la tâche.

Le Roi ne travaille qu’avec Gabriel, et Gabriel ne connaît pas d’autres commanditaires que le Roi. Nous avons sur cette relation des témoignages sans équivoque, comme celui du duc de Luynes : il travaille très souvent seul avec le Roi pour des plans et des projets ou celui du marquis d’Argenson : le Roi fait continuellement dessiner devant lui le jeune Gabriel. Sa situation lui donne un droit de regard sur tous les projets monumentaux, sur toutes les résidences royales, et particulièrement sur ce qu’on appelait délicieusement les Dedans et les Dehors de Versailles. L’architecture, les décors, les jardins, il est celui qui donna le ton de l’art français entre 1730 et 1770 ; avec un caractère et dans un temps bien différent, il répond à l’emprise qu’eut Charles Lebrun sous le règne de Louis le Grand.
Puisque l’histoire d’Ange-Jacques Gabriel nous plonge dans le siècle de Louis XV, je ne ferai pas l’effort de dissiper les sottises écrites sur un règne qui ne se résume ni aux Parc aux Cerfs ni à l’abandon du Canada et des Indes.
Pour la simplicité de l’Histoire et la commodité idéologique, il fallait que le siècle conduisît par une pente fatale à la rédemption politique, à la Révolution. Vous sentez toute l’importance d’un système qui mît en opposition la vertu de Robespierre et les polissonneries du roi ; le peuple levé en masse, dictant ses lois à l’Europe et le maréchal de Soubise déconfit à Rossbach, cherchant une lanterne à la main où diable était son armée ; les tortillements du rococo et les Romains de David, dont Stendhal trouvait déjà qu’ils avaient l’air un peu bête.
Comme on voulut faire croire que la Révolution exerça une purification, il fallait donc que ce siècle fût infecté : les mœurs, les institutions, et les arts aussi. Tout fut enveloppé dans la condamnation haineuse du règne du Bien-Aimé : rien de ce qui avait été bien fait dans ce temps, ne put trouver grâce, et les arts tombèrent dans la dernière décadence.
Vous êtes parfaitement instruit de la réputation qu’on fit au Roi : le dissipateur des biens de ses sujets, l’esclave de ses vices, le plus faible des hommes, l’anti-modèle des rois vraiment grands, que sais-je encore ! Caricature : une espèce de libertinage de l’imagination, c’est la définition qu’en donne l’Encyclopédie en 1751, et bien nous sommes dans la caricature ! Il faudrait pour la défense du règne de Louis XV qu’on eût laissé parler le siècle. Vous connaissez la nouvelle de Rétif de la Bretonne : un prêtre va porter le viatique à un scieur de bois : « Vous aurez dans l’autre vie les consolations dont vous fûtes privé dans celle-là ». Et le bonhomme de s’écrier « Mais j’ai toujours eu du travail, de la santé, la meilleure des femmes et de bons enfants ! J’ai été des plus heureux ! « Oui, ce siècle fut des plus heureux, voilà ce qu’il nous dirait, ce dix-huitième siècle, si on le laissait parler !
Prenons 1761 : l’ordre d’exécuter le projet de Trianon porte la date du 2 octobre 1761. Je veux me représenter cette date comme le sommet de la civilisation française : sur cette pointe se tient en équilibre le passé et le futur. C’est quinze ans pour tard que la France va dévaler la pente effrayante qui la mènera à la Révolution. Mais en 1761, si le parti féodal ne trouve plus guère de soutien, si l’irréligion se manifeste partout, l’utilité sociale de la monarchie est en revanche attestée par tout ce qui pense. La monarchie héréditaire présente la forme de gouvernement le plus parfait : c’est de Voltaire.
Tandis que les républicains ne sont encore qu’une secte bruyante, le parti nouveau, celui qui se réclame à la fois de l’intelligence et de l’expérience, celui qui veut donner des lois à l’économie, c’est celui des physiocrates, autour de Quesnay, qui publie en 1758, sous la surveillance du Roi lui-même, qui a une véritable vénération pour l’auteur, son Tableau économique. Avec Buffon, et son Histoire naturelle, voilà les deux grands hommes ! Un savant a dépouillé cinq cent bibliothèques privées de cette époque : Buffon et Quesnay se trouve des centaines de fois, le Contrat social une seule fois ! Quant à Diderot dont on nous rebat les oreilles, et dont le clergé a eu la sottise de poursuivre la Lettre sur les aveugles, eh bien ! Le neveu de Rameau ou le Voyage de Bougainville n’ont été publiés qu’à la Restauration ! Les philosophes agaçaient tellement qu’ils arrachèrent à un cardinal, aimable sceptique à la mode du temps, cette exclamation : ils en feront tant, qu’ils finiront par me faire aller à la messe ! Dans les arts et dans les sciences, ce fut décidément le beau temps de la monarchie. »
« Mais dans l’économie ? » risquai-je.
« L’économie ? Parlons-en ! La population passe de dix-huit millions sous Louis XIV à vingt-sept millions à la veille de la Révolution ; le commerce extérieur quadruple ente 1715 et 1787. La débâcle monétaire de la Régence est réparée, et de 1726 à 1785, la monnaie est parfaitement stable. Le règne de Louis XV se tient au milieu de ces dates : je ne vois pas que la monarchie ait à rougir de ces chiffres, ni que les affaires furent si mal conduites. Mais après, les choses allèrent là où on n’aime pas qu’elles se dirigent. »

L’architecte et ses œuvres
« Ange-Jacques Gabriel est le véritable créateur du style officiel du règne, par sa position d’intermédiaire entre les artistes et le souverain. Il n’a pas fait, et c’est heureux, le voyage d’Italie : son dessin, ses idées se fussent gâtées. Après lui les Romains deviendront à la mode. Le pompéisme et le paestisme allait infecter l’art français. Gabriel préserva au contraire le meilleur des bonnes règles antiques en empruntant à l’art grec son élégance, la pureté de son langage, sans renier pour autant l’héritage français.
Il a brillé également dans des exercices aussi différents que celui de l’Ecole militaire, bâtiment clôturé et dans celui de la place Louis XV, gigantesque espace ouvert auquel il donna un caractère unique. Hélas, dans ce dernier cas, il est bien difficile d’en juger sur pièce : il y a loin de la place Louis XV,  avec sa statue du roi et dont un tableau de Jean Baptiste le Prince nous donne une charmante évocation, à cet espèce de circuit pour automobile, que l’on nomme place de la Concorde et que l’on a décoré d’un obélisque donné par un satrape à la France, enlaidie de réverbères en fonte et de statues noircies ! L’article du Mercure de France du mois d’aout 1763 qui décrit la place aux lecteurs prédit qu’elle sera extrêmement fréquenté ! c’est bien vu, mais les contemporains de Gabriel ne s’y reconnaîtraient pas.
Une grande partie de l’œuvre d’Ange-Jacques a disparue –comme le château de Saint-Hubert - ou a été défigurée, comme à Compiègne, les frontons et l’ornementation datent du règne de Louis XVI, la salle des Fêtes de celui de Napoléon 1er, les frontons des pavillons de l’entrée de Napoléon III. Et que dire du parterre du château avec l’admirable percée qui lui donnait toute sa grandeur et dont nous n’avons plus que quelques gravures !
Non, je ne vois que la salle de l’Opéra à Versailles, quand on l’aura rendu dans son état d’origine pour témoigner par exemple du talent de coloriste qu’employa Gabriel pour décorer cette salle dans une harmonie de vert clair et d’or avec des touches lumineuses de marbres gris et jaunes.
Et certes il y a le Petit Trianon. Il fut conçu pour Madame de Pompadour : la sculpture, les boiseries furent exécutées entre 1765 et 1768. Dire qu’il passe pour incarner le style Marie-Antoinette ! Elle n’apporta que des exagérations, et un mauvais goût très allemand dans le mobilier et dans l’art décoratif en général. Les documents nous la montrent versatile dans ses choix et inconsciente des embarras financiers qui pèsent sur la couronne, et surtout d’une sotte imprudence devant l’opinion. C’est elle qui à la place du jardin botanique dont Jussieu fit le classement, et pour lequel on alla chercher au fond du Liban et de l’Anti-Liban les cèdres et les pins -des spécimens que l’on voit encore - c’est elle, Marie-Antoinette, qui a imposé ce jardin anglo-chinois qui défigure ce côté-là. Gabriel, qui dessinait les jardins autour des bâtiments dont on lui demandait les plans, n’eût pas aimé, croyez-moi !
Il prit son livre sur une table chiffonnière du travail le plus délicat, feuilleta un peu et lut à haute voix.

Il est à peine nécessaire de combattre cette erreur dans laquelle ne peuvent tomber les amateurs ayant une connaissance élémentaire de l’histoire de l’art français. Le Petit Trianon est l’œuvre de Gabriel où apparaissent le plus nettement ses qualités caractéristiques. Le grand artiste, parvenu au terme de son évolution, dégagé des influences qui l’ont guidé au début de sa carrière, affirme ici sa manière personnelle et sa maîtrise indiscutable. Le caractère propre d’un chef d’œuvre, en architecture, aussi bien qu’en peinture, en musique ou en littérature, est de s’imposer à l’admiration de la foule de manière à être apprécié par les ignorants aussi bien que par les délicats. Le Petit Trianon jouit de ce privilège et de toutes les œuvres de notre architecture classique, c’est certainement celle dont les profanes saisissent le plus aisément le charme et l’harmonie. Quelle perfection ! Le soubassement a les deux tiers de l’ordonnance et la hauteur de l’attique est de un tiers par rapport à l’étage noble.

Mais il y a un passif à l’œuvre de Gabriel : c’est vrai, le château de Fontainebleau ne fut pas respecté. Il fallut détruire sous la consigne du roi la galerie d’Ulysse, la gallerie d’Ullice, comme on la trouve nommée dans la simplicité de l’orthographe du temps. Gabriel en est responsable, même s’il le fit sur ordre : disparue à jamais la galerie décorée par Nicola dell Abate sur les dessins du Primatice, qui fut l’école de la peinture française : admirée par Poussin, par Rubens qui en en copia les morceaux, et dont tous nos maîtres firent leur éducation. Gabriel donna en compensation -mais c’est bien insuffisant car le dommage était irréparable- la salle du Conseil et la Chambre du roi. Dans cette dernière, j’ai observé que c’est la porte, qui remontait au temps de Louis XIII, qui donne le thème des panneaux de boiseries que Verberckt a sculpté. Si c’est un larcin, on ne pouvait le prendre à un meilleur endroit ; si c’est un hommage, il nous signale que Gabriel n’a pas voulu que tout ce décor renaissant disparût pour jamais.
En revanche, inscrire une seconde fois Gabriel dans le livre infamant du vandalisme pour la destruction de l’escalier des Ambassadeurs à Versailles est plus contestable, mais c’est un vaste débat !"

Amusons nous !
« Gabriel n’avait jamais fait l’objet d’une biographie un peu détaillée[4]. Les dictionnaires sont inexacts ou incomplets ; le portrait de Greuze qu’on vous donne partout pour celui de Gabriel est le portrait d’un illustre inconnu ! Le seul portrait certain d’Ange-Jacques est le buste que sculpta Lemoyne, qui est au Louvre. Les documents les plus intéressants, c’est une Anglaise, lady Dilke, qui les a trouvés et qui les a donnés dans un ouvrage plus général sur l’architecture française[5]. Une Anglaise, et même pas une historienne, un amateur, comme moi ».
Je vis passer une ombre sur son visage.
« Non, je n’ai pas été un dilettante, les recherches m’ont coûté ; j’ai travaillé comme un étudiant, fouillant aux cartons des Archives nationales, au Cabinet des Estampes et à la Bibliothèque nationale ; j’ai persécuté les notaires, demandant des contrats ensevelis sous plus de paperasse qu’il n’y a de sable dessus les sarcophages d’Egypte ! J’ai recopié les inventaires, les testaments. Tout est de première main, tout ce que j’ai trouvé n’avait jamais été exploité. Les professeurs seront obligés de citer mon ouvrage, même si cela doit leur déchirer la bouche.
Souvent, la prose de l’amateur sent la peinture fraîche : des connaissances apprises d’hier et dont l’assimilation hésitante se trahit de mille façons. Je trouve que mon livre n’est pas cela. Mais pour le milieu des historiens d’art, je ne suis ni savant, ni critique, ni même écrivain d’art. L’histoire de l’art ne laisse aujourd’hui aucune place à l’amateur : on tolère le curé qui fait l’histoire de son église, la dame un peu toquée qui fait la généalogie de sa famille, mais l’amateur est réputé n’avoir pas les qualifications, c’est-à-dire ni les connaissances ni les méthodes pour s’attaquer aux sujets de prestige.
Sa place n’est marqué que si, fortuné, il a donné, et s’est gardé d’écrire ; dans ce cas-là on pose une plaque en bronze et tout le monde est content[6]. Il est à l’histoire de l’art ce que le rebouteux est à la médecine moderne : le témoignage inquiétant, voire dangereux de l’âge obscur de la discipline, et une menace professionnelle. Qui osera ouvrir dans les manuels d’histoire de l’art un chapitre sur les amateurs ?
J’étais confiant au temps où j’écrivais Ange-Jacques Gabriel. Les pamphlets à la fin du XVIIIème siècle incriminaient déjà les gabriélistes ; les critiques me traitèrent de gabriélâtre. Cela ne me faisait rien.
Je pensais avoir édifié un manifeste à l’art classique, je pensais avoir écrit une œuvre solide comme la pierre. C’était très prétentieux. Au moins aurai-je rendu au public les noms un peu oubliés de ceux qui furent au cœur de ces chantiers et dont nous sentons le génie : Verberckt et Rousseau pour les boiseries, Oudry, Carle Van Loo pour les peintures, pour la sculpture Falconet et Pigalle...
Ai-je porté les dernières chances de l’art classique ? Au lieu de cela voyez comme l’époque dégénère : le moderne triomphe et on me confond avec un certain Laurent Fels qui écrit sur les cubistes. L’art moderne déferlait sur le monde et je lui criai qu’il eût à se retirer ! C’était cela la chimère ! Dame ! C’était en 1912, j’étais confiant ! Je ne le suis plus. »
J’observais un silence convenable à cette déploration finale quand le comte me tendit un exemplaire du livre.
« Vous lisez le latin, monsieur Cardinale ? «
Je lus : A monsieur Cardinale, Poterunt discussis forte tenebris  Ad purum priscumque iubar remeare nepotes. »
Soudain une cavalcade, des bruits et des rires arrivèrent jusqu’à nous et répondirent drôlement à des  pronostics qui me ramenait à la fois aux âges sombres de la civilisation –je sentais que c’était à cela que devait se référer ce tenebris-  et à d’épouvantables souvenirs de version latine.
« Allons, dit le comte, je crois qu’on se remue au salon et que l’heure des cocktails est arrivée. Cocktails : peut-être entendez-vous mieux l’anglais que le latin ? « 

[1] Jacques-Ange Gabriel, premier architecte du roi, Emile-Paul, 1912. La deuxième édition  (Henri Laurens, 1924) que j’ai utilisée pour cette chronique, a été enrichie par l’auteur, particulièrement dans sa partie consacrée aux jardins.
[2] La loi du 10 aout 1927 réduisit de dix à trois ans le période de séjour pour être naturalisé français. Il n’est pas certain que le nationalisme ombrageux du comte s’en trouvât content.
[3] Jean de Bonnefon, La Ménagerie du Vatican ou le Livre de la noblesse pontificale, 1906, disponible sur Gallica.
[4] Il faudra attendre 1933 avec Ange-Jacques Gabriel par Georges Gromont, pour avoir une étude comparable à celle du comte de Fels.
[5] Parmi les ouvrages les plus complets sur l’architecte, on peut mentionner Gabriel, par Jean-Marie Pérouse de Montclos, Editions du patrimoine, 2012 et Christopher Tadgell, Ange-Jacques Gabriel, A.Zwemmer, 1978
[6] En 1930, à la tête d’un comité de donateurs, c’est notamment la générosité du comte de Fels qui permit à l’Institut catholique de Paris de se doter d’une bibliothèque moderne qui porte encore son nom.

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Christine Belcikowski

07/10/2020 à 09:07

Que d'esprit !

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« Pas de mystère, pas de souterrain, pas de ténèbres dans cette œuvre ; partout le rayonnement, partout le plein midi », disait Victor Hugo. L’œuvre d’Alexandre Dumas n’intéresse pas l’Histoire de l’art. En 1840 certes, résidant à Florence, il lui fut commandé, pour la somme considérable de dix mille francs, un ouvrage sur la galerie des Offices. La description des trois cent cinquante portraits de peintres qui sont dans ce fameux musée devait former L’histoire biographique et anecdotique de la peinture depuis huit siècles. Par Antoine Cardinale.

25/04/2021, 10:12

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Les Ensablés - Le grand coucher, de Guy Dupré (1981)

Guy Dupré (1925-2018) ne fut un écrivain ni prolixe ni facile. Son œuvre littéraire ne comporte que trois ouvrages, si l’on met de côté des chroniques diverses : Les Fiancées sont Froides (paru en 1953 et salué par Gracq et par Breton), Le Grand Coucher (1981) et Les Mamantes (1986). par Henri-Jean Coudy

04/04/2021, 09:08

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Les Ensablés - L’œil et la connaissance de Jean-François Revel

« Philosopher n’est pas régner sur les connaissances du reste du genre humain comme un lointain propriétaire terrien sur des domaines qu’il administre nonchalamment et ne visite jamais. » (Revel, La connaissance inutile) Visitons ensemble le domaine de Jean-François Revel. Son nom est familier à ceux qu’intéressent les joutes politiques qui eurent lieu entre les années soixante-dix et le début du vingt et unième siècle. C’est un nom aimé ou détesté selon le bord duquel on considère ces choses. Par Antoine Cardinale.

21/03/2021, 09:00

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Les Ensablés - Marthe Femme seule, d’Antonine Coullet-Tessier

Pour le moins précoce, Antonine Coullet-Tessier (1892-1983) publie son premier recueil de poésie à l’âge de 11 ans. Intitulé Poésies d’une enfant, il paraît aux éditions Lemerre et est préfacé par le poète François Coppée. Suivront deux autres recueils de poèmes, L’Envolée, en 1911, puis Un Visage à la fenêtre, en 1930, peu de temps après la parution de son premier roman, Marthe Femme seule à la fin de 1929 à La Renaissance du livre. Dorénavant, le roman est le genre qu’elle va privilégier et qui, pendant les années 1930, en fera une des meilleures représentantes du roman populiste. Par François Ouellet

07/03/2021, 08:43

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Les Ensablés - Vache tachetée et concombre fugitif d'Octave Mirbeau

Octave Mirbeau (1848-1917) n'est pas un ensablé, ne serait-ce que par le film tiré de son roman, Journal d'une femme de chambre, avec Jeanne Moreau et Michel Piccoli, et sa pièce célèbre Les Affaires sont les affaires. Mais c'est peu au regard de la masse d'écrits qu'il a laissée à la postérité. Et notamment, trop oubliés, ses contes publiés dans la presse, et qu'il considérait comme alimentaires... À tort. Je puis l'affirmer après avoir lu la réédition d'une partie d'entre eux par l'Arbre Vengeur dans sa collection "L'exhumérante". Par Hervé Bel.

21/02/2021, 07:31

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Les Ensablés – Le pain quotidien d'Henri Poulaille

Henri Poulaille, Henry Poulaille en littérature (1896-1980), est souvent considéré comme le créateur du courant de la littérature prolétarienne. Directeur de presse chez Grasset, il fonde également une dizaine de revues libertaires dans lesquelles il promeut la littérature d’expression populaire et les utopies sociales : Nouvel Âge, Prolétariat ou encore À Contre-courant. Il publie ou fait publier de nombreux auteurs français et étrangers, parmi lesquels Henri Barbusse, Lucien Bourgeois, Blaise Cendrars, Eugène Dabit, John Dos Passos, Jean Giono, Panaït Istrati, Charles Ferdinand Ramuz... Le Pain quotidien a obtenu en 1954 le prix des bouquinistes. Par Pascal Malbrunot

31/01/2021, 14:03

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Les Ensablés – Le crime de l'omnibus, de Fortuné de Boisgobey

Aujourd’hui, un roman de Fortuné de Boisgobey (1821-1891), Le crime de l’omnibus (1881) ; une curiosité assurément, mais dont la lecture reste un plaisir... peut-être parce que, comme le nom de son auteur, elle évoque un temps suranné. Avec ce texte, c’est tout un monde qui ressuscite, une ambiance qui annonce les enquêtes de Gaston Leroux ou de Maurice Leblanc. Plongeons-nous donc, ensemble dans le Paris de la fin du dix-neuvième siècle.

Par Hervé Bel

17/01/2021, 10:55

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Les Ensablés – Confession de minuit, de Georges Duhamel, un inconnu au pays des anti-héros

L’écrivain et académicien Georges Duhamel (prix Goncourt 1918 pour son roman Civilisation) entamait en 1920 avec Confession de minuit un cycle romanesque Vie et aventures de Salavin tout entier consacré à un personnage de parfait antihéros : Louis Salavin. Les éditions de la Belle Étoile ont la bonne idée de ressusciter en format poche ce texte oublié et pourtant majeur par bien des aspects. Ce titre, la Confession de minuit, a été classé par Le Figaro littéraire comme un des douze meilleurs romans de la première partie du XXe siècle. Inconnu, levez-vous ! 

03/01/2021, 10:07

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Les Ensablés – Les origines de la Renaissance d'Émile Gebhart (1839-1908)

Elle raisonnait facilement sur la peinture italienne ou flamande, sur le moyen âge ou la renaissance. Le bal de Sceaux est une nouvelle publiée en 1830, dans laquelle Balzac nous donne la peinture admirable d’une époque, nouvelle dont la profonde leçon morale qui frappe Emilie de Fontaine a été méditée par tous ceux qui furent tentés de soumettre l’amour à un calcul social.

20/12/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La vie d'un simple" d'Emile Guillaumin (1873-1951)

Le prix Renaudot 2020 attribué à Marie-Hélène Lafon pour Histoire du fils nous rappelle que les romans paysans ont souvent recueilli le suffrage des prix littéraires. Récemment, nous évoquions Campagne de Raymonde Vincent récompensée en 1937 par le prix Femina. Cette même année, Jean Rogissart avec son roman Mervale obtenait le Renaudot... Aujourd'hui, nous parlerons de l'admirable Vie d'un simple de Emile Guillaumin qui, par sa facture, fait aussitôt penser à Marie-Claire (Prix Femina 1910) de Marguerite Audoux.

06/12/2020, 00:00

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Les Ensablés - « L’axel littéraire de Jeanine Garanger » par François Ouellet

Voici un cas inattendu : Jeanine Garanger, née Hagnauer, étudiante en droit et championne de patin artistique qui devait publier deux ou trois choses assez délicates dans les années 1930, avant de disparaître complètement de la scène littéraire.

22/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - À l'ombre de Maurice Genevoix, par Elisabeth Guichard-Roche

Le 6 novembre 2018, le Président de la République était dans la Meuse, aux Eparges, lieu d’une terrible boucherie durant la première guerre mondiale. Recueilli devant la statue de Genevoix, il annonçait son entrée au Panthéon pour le 11 novembre 2020. Il y aura deux panthéonisations : celle du romancier et celle à titre collectif de ceux de quatorze annonçant la Nation combattante.

Depuis 10 années, les Ensablés explorent la littérature du XXème siècle, et il nous est venu l’idée de répertorier les écrivains qui ont connu la Grande Guerre et dont nous avons abordé les œuvres. Cela constitue en quelque sorte notre Monument aux morts, pour ne jamais oublier…

11/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Il nous est arrivé d'être jeunes" de François Bott

Une fois de plus, on en revient à cette collection de poche dirigée par Alice Déon, "La petite Vermillon" qui m'enchante depuis plusieurs années. Indifférente à la mode, La Table Ronde ose rééditer des textes qui ne feront certes pas la une des journaux littéraires de plus en plus conformistes, mais ravissent ceux pour qui la littérature est l'affaire de leur vie.

Aujourd'hui, il me faut parler d'un livre qui m'a ravi "Il nous est arrivé d'être jeune" de François Bott.

01/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Captain Cap" d'Alphonse Allais

« Jetons par-dessus bord paperasses et registres, et avec les ronds de cuir de ces incapables, faisons des bouées de sauvetage. »
Tel est l’un des principaux points de la profession de foi d’Albert Caperon, dit Captain Cap, candidat aux élections législatives de 1893. « Anti bureaucrate » et anti européen » il se présente comme un aventurier qui a passé « les trois quarts de sa vie sur mer et les deux tiers de son existence sur les terres vierges. »

18/10/2020, 09:00

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Les Ensablés - L’incertitude amoureuse de René Laporte (1905-1954)

René Laporte est né à Toulouse dans une famille bourgeoise de magistrats et d’universitaires. Il fait des études de droit, mais lance, à dix-neuf ans, une revue bi-mestrielle, Les Cahiers libres, artistiques et littéraires, puis fonde les éditions du même nom qui, entre 1925 et 1934, publieront environ 150 ouvrages.

20/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac: “Le vélo” de René Fallet

L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Explorateur d'océans de Jean-Louis Étienne : préserver la Terre...

BONNES FEUILLES – Le XXIe siècle sera maritime. Tous s’accordent à le dire. Jean-Louis Étienne revient sur son parcours d’exploration des pôles et des océans. Un livre très personnel dans lequel il rappelle à quel point l’océan mondial, l’autre poumon de la planète, est au coeur de l’avenir du climat de la Terre et des ressources pour l’humanité.

09/09/2021, 11:31

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Pauline Delabroy-Allard, Marianna Coppo, Kabi Nagata : Books By Women, les archives

Début septembre, la newsletter Books By Women annonçait la fin de son aventure éditoriale : conçue pour proposer deux à trois ouvrages, romans, bande dessinée, littérature jeunesse, écrits par des femmes, la lettre était suivie par plus de 2000 personnes. Afin de préserver les archives, ActuaLitté vous proposera désormais de remonter dans le temps, pour (re)découvrir les œuvres présentées. 

 

09/09/2021, 09:36

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Orsenna réconcilie chauve-souris et humains dans Marcel le Petit Rhinolophe

La mission de Noé n’est pas mince : mettre fin à la guerre qui oppose les Chauves-souris et les Hommes... Au-delà du fantasque de son conte, qui fait bien sûr écho à l’actualité – des accusations de transmission du SARS-1 et du SARS-2 par les chauves-souris à l’Homme –, Érik ORsenna emmène le lecteur dans une histoire d’entraide et de partage, propre à démontrer l’incroyable unicité du vivant et l’importance de la coévolution.

09/09/2021, 07:21

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Les chiens de Pasvik : incident diplomatique à la frontière russe

Le fleuve Pasvik coule vers le Nord, vers la mer de Barents. Au nord du bout du nord de la Norvège. Sur près d’une centaine de kilomètres, il marque la frontière entre Norvège et Russie. Une zone chahutée lors de la Seconde Guerre mondiale. Une région qui garde la mémoire du fascisme et du communisme, des relations conflictuelles, de la Guerre froide, des antagonismes est-ouest et qui reste encore l’un des premiers points de friction entre les deux blocs…

08/09/2021, 13:53

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Jonathan de Cosey : La piste de Yéshé met un terme à la série

BONNES FEUILLES – C’est une lettre, reçue poste restante à Delhi la veille de son retour en Europe, qui entraîne Jonathan sur La Piste de Yéshé. Là, alors que les « libérateurs » venus de Beijing cherchent à anéantir l’identité tibétaine, Jonathan, installé dans un monastère perdu au cœur de l’Himalaya, retrouve après de longues années celle qui donnera une réponse à ses questions.

08/09/2021, 13:06

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Adaptée en BD, La Commode d'Olivia Ruiz révèle de nouvelles couleurs

Après l’adaptation en BD du roman Jukebox Motel de Tom Graffin, assurée par Marie Duvoisin parue en avril dernier, les éditions JC Lattès, en partenariat avec les éditions Bamboo/Grand Angle, renouvellent l'expérience en choisissant d’adapter le roman à succès d’Olivia Ruiz au plus de 300.000 lecteurs, La Commode aux tiroirs de couleurs. Le roman, reposant sur un faisceau d'émotions, rejoint ainsi la ligne éditoriale de la maison d'édition.

07/09/2021, 12:25

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Bons baisers de Limón creuser les racines sous le soleil

Quoi de plus intime qu'une histoire de famille ? Quoi de plus banal, sans doute, que les anecdotes qui passent de génération en génération ? Mais quoi de plus universel, surtout ? Avec Bons baisers de Limón, Edo Bernes, jeune dessinateur costaricien signe un premier album inoubliable, tissé dans le plus fragile des fils, celui des histoires intimes, qui recoud et détricote les familles et leurs drames.

07/09/2021, 09:19

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Comme ce monde est joli : et si c'est Karen Joy Fowler qui le dit...

BONNES FEUILLES – Comme ce monde est joli rassemble des nouvelles souvent primées, issues de différents ouvrages de l’autrice. Il rend compte de la variété des registres littéraires de Karen Joy Fowler (weird, fantastique, intimiste, réaliste décalé, fantasy, science-fiction) et rassemble des textes à forte charge psychologique, où l’inquiétante étrangeté imprègne des scènes du quotidien (scènes de famille, de bar, de camping, petit-déjeuner, etc...). 

07/09/2021, 08:11

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L'écologie pour sauver nos vies : tout sur Mamère

Les saisons pré-électorales sont régulièrement l’occasion de voir fleurir des ouvrages de futurs candidats, voire de candidats à la candidature. Noël Mamère n’est cependant rien de tout cela puisqu’il ne brigue plus de mandats. Aurait-il donc sorti son livre longtemps avant l’échéance nationale de 2022 pour se démarquer du flot de ces parutions qui ne vont pas manquer de couvrir les étalages des librairies ?

06/09/2021, 11:49

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Nijigahara Holograph : un one-shot de destins croisés oppressant et magique

Harcèlement, amours secrets, rumeurs paranormales : l’enfance de cette petite classe d’école primaire était pleine de tensions qui se cachaient aux adultes. Jusqu’à ce que cette fille soit poussée dans un puits près de la plaine de Nijigahara. Treize ans plus tard, sous la forme d’étranges papillons, le passé revient hanter les anciens élèves… 

06/09/2021, 11:05

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La bête en elles : Camille Lysière traque celle qui est tapie au fond de l'âme

L’histoire commence après que Marie ait obtenu son bac. Cet été sera unique : elle part pour Paris, où elle a trouvé un petit job de serveuse. Le début de sa vie d’adulte. Gentiment hébergée par Olivier, l’ami de son père, et sa femme, tout semble sourire à cette jeune fille… Puis, une nuit, après avoir été d’une froideur déstabilisante avec Marie depuis son arrivée, Olivier s’invite dans sa chambre et commet un acte irréparable, irréversible. 

06/09/2021, 10:23

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Seize lacs et une seule mer : Sébastien Berlendis vers la Baltique

BONNES FEUILLES – Le récit d’un été passé à découvrir les multiples lacs qui quadrillent et entourent Berlin, en suivant le tracé imprévu d’une femme de lac en lac. Il y en a seize à explorer et, au bout du voyage, la mer Baltique. Les images défilent comme une rétrospective d’un Berlin bucolique, loin des axes urbains et des lieux communs. 

02/09/2021, 14:52

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Cynthia Murphy : The Last One to Die, légendes urbaines et frissons

BONNES FEUILLES – Elle pensait vivre le meilleur été de sa vie... ce sera peut-être le dernier. Niamh, 17 ans, a travaillé comme une dingue pour pouvoir se payer des cours d'été dans la plus grande école d'art dramatique de Londres. Elle s'imagine découvrir une ville accueillante mais se heurte à une ambiance glaçante : de nombreuses jeunes filles, dont ses nouvelles amies, se font violemment agresser. Toutes ont le même profil, celui de Niamh... qui va se retrouver au coeur du plus effrayant des films d'horreur ! Un thriller haletant sur fond de légendes urbaines.

02/09/2021, 11:19

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Cobrastar : imaginaire débridé pour un space opera d'enfer

Sa couverture aux couleurs acidulées, parsemée de monstres futuristes inspirés des yôkai japonais, avait de quoi attirer l’attention. La quatrième de couverture, qui décrit cette histoire comme l’enfant caché des Gardiens de la galaxie et des Tontons flingueurs, a réussi à intriguer. C’est finalement dès le premier paragraphe que l'on s'embarque dans la lecture de ce premier roman, signé Thomas Bois – lequel, saugrenu, décrit une mouche festoyant sur une crotte de coyote, rien que ça. 

01/09/2021, 17:03

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Burning Boy - Vie et oeuvre de Stephen Crane, prochain roman de Paul Auster 

BONNES FEUILLES – Fasciné par la trajectoire de Stephen Crane (1871-1900), comète rimbaldienne de la littérature américaine, mort de la tuberculose à 28 ans, Paul Auster remet en lumière sa vie et son œuvre, lui rendant ainsi un hommage éclatant, celui d’un « vieil écrivain empli d’admiration pour le génie d’un jeune écrivain ». 

01/09/2021, 08:00

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De la violence coloniale dans l’espace public

Ce guide décolonial nous emmène du côté de la Porte Dorée, à Paris, visiter un « triangle colonial » composé de trois monuments qui offrent un condensé de l’histoire coloniale, culturelle, économique, raciale et politique de la France. On y croisera une immense fresque mettant en scène, « l’air de rien », l’économie extractiviste basée sur l’esclavage et le travail forcé dans les colonies, un monument qui fait régulièrement l’objet d’actions anti-colonialistes, et une statue d’Athéna représentant « La France apportant la paix et la prospérité aux colonies ». 

31/08/2021, 18:28

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Melmoth Furieux : palimpseste et renaissances à Disneyland

Vous aimez Disneyland ? Des attractions où que l’œil se perde, la nourriture farfelue et délicieusement chère, les personnages qui se baladent, vous sourient et vous aiment, la magie entêtante de ces histoires qui nous ont bercés ? Comme c’est dommage… Des gosses vont tout faire brûler. 

31/08/2021, 11:14

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Christiane Taubira signe son premier recueil de nouvelles

EXCLUSIF BONNES FEUILLES – Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice et garde des Sceaux, a déjà publié de nombreux ouvrages qui ont remporté un vif succès, dont Gran Balan et Nuit d’épine (respectivement 31.503 et 55.955 exemplaires, données Edistat). Ce 16 septembre, elle publiera chez Robert Laffont un recueil de nouvelles intitulé Ces morceaux de vie… comme carreaux cassés. Dont ActuaLitté vous propose en avant-première un extrait. 

31/08/2021, 10:00

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Patrick Besson signe un Petit éloge amoureux de la librairie

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Privat vous proposent de découvrir le premier livre d’une nouvelle collection, avec ce Petit éloge amoureux de la librairie par Patrick Besson. En fin d’ouvrage, un récapitulatif de toutes les librairies de France et de Belgique, comme une liste à la Prévert en petits caractères…

30/08/2021, 15:18

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La Maison Chapelier, de Tamzin Merchant : magie et espièglerie !

BONNES FEUILLES — Pour cette rentrée littéraire, les éditions Gallimard vous invite à découvrir l’univers magique imaginé par Tamzin Merchant. Entre Miyazaki et Mary Poppins, une enquête palpitante et colorée dans un univers merveilleusement loufoque ! 

30/08/2021, 07:45

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Bang ! Bang ! Planquez-vous, Baladi prend sa « Revanche »

Devinette, qu'est-ce qui est gros, tout jaune et tout frais, qui arbore un cavalier masqué sur sa couverture toilée et un marque-page à l'intérieur ? C'est « Revanche », le nouveau titre de Baladi publié par The Hoochie Coochie, l'éditeur phénix qui renaît de ses cendres en cette rentrée de septembre. Sous sa présentation soigneuse et luxueuse, avec ses six coups qui tonnent et ses explosions qui détonent, « Revanche » va faire du bruit en librairie.

30/08/2021, 07:38