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Les Ensablés – Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) par le comte de Fels

Le temps des vacances s'approche, ou s'éloigne : souvenez-vous, nous avions passé l’été à travers la Provence, en compagnie de Jean-Louis Vaudoyer. Cette fois, nous n’irons pas si loin, à peine pousserons-nous aux limites du département de la Seine-et-Oise ! Car nous sommes en 1927 et Jean-Louis Vaudoyer m’a demandé d’interviewer le comte de Fels, pour sa biographie d’Ange-Jacques Gabriel [1]. Le moyen de refuser ?

Le 04/10/2020 à 09:00 par Les ensablés

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04/10/2020 à 09:00

Les ensablés

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Par Antoine Cardinale

J’avais rendez-vous dans l’hôtel particulier du comte qui est sis au 135 du faubourg Saint-Honoré. A peine son secrétaire m’eut-t-il annoncé que le comte sortit en coup de vent.
« Non, je n’aurais pas le temps, je vais à la Chambre pour le débat sur la nationalité[2], j’aurai dix minutes peut-être mais mon livre mérite mieux que ça ! Venez ce samedi à Voisins, nous parlerons de Gabriel et vous resterez ! ! je ne suis pas homme à laisser perdre la précieuse tradition de l’hospitalité française, nous aurons de la compagnie et on s’amusera, mais rassurez-vous, nous ne dépasserons pas les limites d’une aimable gaieté ! Et quand vous craindrez de niaiser dans mon salon, il vous restera la forêt, les étangs et la bibliothèque ! »
Et déjà dans sa voiture, le comte me cria :
« Laissez votre adresse, monsieur Cardinale, mon chauffeur vous attendra ».
Je n’avais pas encore eu le temps d’ouvrir la bouche.

La vie de château
Quelle belle ville que Paris et comme la vie est simple, assis au fond d’une Chenard et Walker Y3Le Mans ! Passé la porte de Saint Cloud et le faubourg de Billancourt, quelle riante campagne ! Sèvres, Versailles, Rambouillet enfin ! Sur la Nationale 10, dégagés des encombrements, les neufs chevaux, quatre cylindres en ligne, moteur semi-culbuté et arbre à cames latéral avec deux soupapes par cylindre sont lancés à cent kilomètres à l’heure et avant qu’on ait pu se reconnaître, on entre dans le parc du château de Voisins.
Le château était comme un beau corps doré, se rafraîchissant au milieu d’un gazon de velours piqué de grands buis sombres. Au-delà des pelouses, saules, platanes et tilleuls versaient une ombre bleue sur le sable des allées.
Attendu sur le perron, je montais par un grand escalier aux degrés de marbre sur lequel veillait une statue de Venus chasseresse et j’entrais dans la bibliothèque. Par de grandes croisées, le regard donne sur l’horizon d’un large étang dont l’eau semble dormir ; sur ses rives plates, viennent boire les lourdes frondaisons de groupes d’arbres immenses. Sur les murs, derrière les vitrines d’une bibliothèque où le ciseau du sculpteur a posé le chiffre du comte, veillent en rang silencieux de lourdes reliures d’un or passé.
Ai-je fait le portrait du comte de Fels ? Un air de grandeur remarquable, l’aisance que donne un corps rompu aux exercices de la chasse, avec un naturel qui rend son abord plein d’agrément, mais en face de laquelle la familiarité est interdite. Vêtu d’un costume de laine d’un gris de fumée, d’une cravate en tricot de soie d’un bleu profond sur une chemise au col souple, on ne pouvait douter qu’un esprit vif et distingué répondît à une élégance si parfaite.
« Bonjour monsieur Cardinale, un instant encore, prenez place, je termine mon service de presse. Voilà… celui-là est A Monsieur Henry Bordeaux, admiration, sympathie, gratitude. De toute façon il ne lit jamais les livres qu’on lui envoie, je le tiens de source sûre. M. Vaudoyer vous a dépêché pour chroniquer mon Ange-Jacques Gabriel. J’aime bien monsieur Vaudoyer, j’ai publié de ces textes dans la Revue de Paris  et il est d’une famille de grands architectes français, ce qui est pour me plaire. Vous êtes envoyé par lui, vous êtes le bienvenu ! Et c’est heureux, vous voyez le château de Voisins dans l’état où j’ai rêvé qu’il soit, il y a vingt-cinq ans ».
Je voulus manifester ma connaissance du sujet.
« Ne serait-ce pas trente-cinq ans, monsieur le comte ? Je vous pensais propriétaire depuis 1892 ? »
« Certes, mais les travaux ne commencèrent vraiment qu’en 1903. M.Sergent fut mon architecte, je lui ai pris le meilleur de son génie et après j’ai laissé ce qui en restait à Rothschild et à Camondo. Sur le domaine croulaient les vestiges du château du marquis de Croismare qui était gouverneur de la petite Ecurie du Roi, un château dont Gabriel avait donné les plans. J’ai retrouvé ces plans, je les ai, et j’ai rebâti le château. « Une chimère » comme dit ma femme. Savez-vous que les titres de la propriété remontent à l’an 768 ? à ce compte-là je suis de la vieille roche !
Combien cela m’a coûté ? Je vais vous le dire mais vous ne l’écrirez pas, ou plutôt non, c’est plus beau de laisser rêver. Vous écrirez : des millions. Dites que le gros œuvre m’a coûté quatre millions de francs-or. Oui, l’argent de ma femme. Sur ces sujets, je me suis mithridatisé des moqueries et de la calomnie. Ce n’est que ma résidence de campagne. Je chasse, en saison. Tout le confort moderne comme on dit : monte-plats, monte-charge, trente-six chambres, chauffage central et air pulsé dans les pièces de réception, l’eau chaude partout. Si j’étais américain, je serai une légende : mais je suis français ! J’ai fait à Voisins selon ce que j’ai écrit : dans l’architecture de l’époque Louis XV nous constatons deux tendances : l’une d’ordre artistique, c’est l’évolution du goût vers la pureté classique, l’autre d’ordre pratique, c’est la recherche de la commodité dans les aménagements intérieurs. Et bien voyez-vous, j’ai voulu remettre l’architecture dans cette voie.
Avec mes plans de deux-cent ans d’âge sur les bras, on peut dire que j’ai acquis un château d’Ange-Jacques Gabriel en état d’achèvement ! M.Duchêne en a achevé l’an passé les jardins, Si l’envie vous vient de vous promener, vous verrez les sculptures : []Jean de Bologne, Girardon, Clodion. »
« Il y a aussi, dis-je, des œuvres plus modernes dans la chapelle ».
Je me mordis les lèvres en me rappelant soudain que la chapelle conservait le triste souvenir d’un fils tombé au champ d’honneur. Le regard du comte se perdit un instant et doucement, sans répondre, il me désigna un volume posé à portée de sa main.
« Connaissez-vous  ce livre ? Il est plaisant : La ménagerie du Vatican[3] »
Il me mit le passage sous les yeux.
Le comte de Fels, même dépouillé du Frisch natal, était autrefois de Marseille. Maintenant il est originaire du Luxembourg. Il était reporter à Paris, quand il rencontra Mlle Lebaudy, fille de l'illustre marraine du nationalisme. M. Frisch épousa l'héritière du grand manufacturier et devint comte par l'appui de M. Lefebvre, dit de Béhaine, ambassadeur de France près le Saint-Siège. On regrette d'autant plus de ne pas donner les armes de ce gentilhomme qu'il les montre volontiers : à un grand dîner, elles étaient dessinées en fleurs sur la table. Elles ont paru en feu dans une pièce d'artifice. On les aperçut imprimées sur un accessoire de cotillon. Depuis 1905, M. Frisch a abandonné son titre romain pour prendre un titre ducal. Il a acheté une terre en Luxembourg qui s'appelle presque Frisch et qui fut un duché. Le nouveau duc a eu, en cette circonstance, un mot de charmante délicatesse : — Je ne suis pas entré sans émotion, avoua-t-il, dans cette demeure que les miens ont quittée depuis neuf cents ans. J'y ai trouvé partout des souvenirs chers. »
Le duc et la duchesse Frisch sont d'ailleurs renommés pour la bonne grâce et la simplicité de leur accueil.

« On ne peut pas être au goût de tout le monde, monsieur Cardinale, mais dans les grandes lignes, ce que vous avez lu est vrai. Mais au moins mon titre est documenté : il n'y a eu, doctus cum libro, depuis la chute de Charles X que trois cents familles françaises titrées par le pape. Et pourtant notre auteur croit savoir qu’il y a plus de deux mille personnes qui portent des titres pontificaux ! J’ajoute, pour vous montrer tout le prix que j’y attache, que comte romain est une inexactitude, et que je peux l’entendre comme une injure. On devrait dire et écrire comte du palais apostolique et de la cour du Latran. Mais je peux souffrir comte palatin, il faut bien vivre avec son temps. Croyez-vous que le roi d’Espagne, qui est un bon fusil et qui aime à venir à Voisins se compromettrait avec un usurpateur de particules ? Je porte d’argent à la croix ancrée de gueules. Diable ! j’oubliais, je suis aussi prince de Heffingen !
Voilà pour ma biographie ! Voulez-vous que nous parlions d’Ange-Jacques Gabriel ? »

Commander aux Dehors et aux Dedans
« Prenons les choses dans l’ordre, voulez-vous ? Quels furent les grands maîtres de l’architecture française classique ? Le Vau, Mansart et Gabriel.
Les Gabriel, c’est une dynastie, comme les de Brosse, comme les Mansart –qui s’apparentèrent d’ailleurs vers 1700 aux Gabriel. On retrouve les traces d’un Gabriel, maître-maçon à Argentan au XVIème siècle et pour faire court –la généalogie est dans mon livre- son grand père est déjà sur les chantiers de Versailles ; mais son père monte encore : il est reçu à l’Académie et reçoit ses lettres de noblesse. En 1734, il atteint le sommet : Premier architecte du Roi. Depuis 1729, Ange-Jacques travaillait avec son père, et partageait avec lui la confiance du Roi. Dès 1734 il est nommé contrôleur du château de Versailles. Lorsque son père meurt en 1742, il est immédiatement choisi par le Roi pour lui succéder, ce qui pourrait surprendre si la nomination ne précisait que le Roi prit cette décision connaissant ses talents et sa capacité. Jusqu’à la mort de Louis XV en 1774, il sera celui qui assistera, conseillera le souverain, contrôlant les dépenses, recevant les chantiers, distribuant les tâches. Mais que d’obstacles à surmonter, quelle guerre permanente contre les bureaux ! Le temps lui manqua toujours, et il n’est pas une lettre où ne paraisse la nécessité d’avancer les fonds ou de régler ce qui est dû pour mener à bien les chantiers. La versatilité du souverain ne lui facilite pas la tâche.

Le Roi ne travaille qu’avec Gabriel, et Gabriel ne connaît pas d’autres commanditaires que le Roi. Nous avons sur cette relation des témoignages sans équivoque, comme celui du duc de Luynes : il travaille très souvent seul avec le Roi pour des plans et des projets ou celui du marquis d’Argenson : le Roi fait continuellement dessiner devant lui le jeune Gabriel. Sa situation lui donne un droit de regard sur tous les projets monumentaux, sur toutes les résidences royales, et particulièrement sur ce qu’on appelait délicieusement les Dedans et les Dehors de Versailles. L’architecture, les décors, les jardins, il est celui qui donna le ton de l’art français entre 1730 et 1770 ; avec un caractère et dans un temps bien différent, il répond à l’emprise qu’eut Charles Lebrun sous le règne de Louis le Grand.
Puisque l’histoire d’Ange-Jacques Gabriel nous plonge dans le siècle de Louis XV, je ne ferai pas l’effort de dissiper les sottises écrites sur un règne qui ne se résume ni aux Parc aux Cerfs ni à l’abandon du Canada et des Indes.
Pour la simplicité de l’Histoire et la commodité idéologique, il fallait que le siècle conduisît par une pente fatale à la rédemption politique, à la Révolution. Vous sentez toute l’importance d’un système qui mît en opposition la vertu de Robespierre et les polissonneries du roi ; le peuple levé en masse, dictant ses lois à l’Europe et le maréchal de Soubise déconfit à Rossbach, cherchant une lanterne à la main où diable était son armée ; les tortillements du rococo et les Romains de David, dont Stendhal trouvait déjà qu’ils avaient l’air un peu bête.
Comme on voulut faire croire que la Révolution exerça une purification, il fallait donc que ce siècle fût infecté : les mœurs, les institutions, et les arts aussi. Tout fut enveloppé dans la condamnation haineuse du règne du Bien-Aimé : rien de ce qui avait été bien fait dans ce temps, ne put trouver grâce, et les arts tombèrent dans la dernière décadence.
Vous êtes parfaitement instruit de la réputation qu’on fit au Roi : le dissipateur des biens de ses sujets, l’esclave de ses vices, le plus faible des hommes, l’anti-modèle des rois vraiment grands, que sais-je encore ! Caricature : une espèce de libertinage de l’imagination, c’est la définition qu’en donne l’Encyclopédie en 1751, et bien nous sommes dans la caricature ! Il faudrait pour la défense du règne de Louis XV qu’on eût laissé parler le siècle. Vous connaissez la nouvelle de Rétif de la Bretonne : un prêtre va porter le viatique à un scieur de bois : « Vous aurez dans l’autre vie les consolations dont vous fûtes privé dans celle-là ». Et le bonhomme de s’écrier « Mais j’ai toujours eu du travail, de la santé, la meilleure des femmes et de bons enfants ! J’ai été des plus heureux ! « Oui, ce siècle fut des plus heureux, voilà ce qu’il nous dirait, ce dix-huitième siècle, si on le laissait parler !
Prenons 1761 : l’ordre d’exécuter le projet de Trianon porte la date du 2 octobre 1761. Je veux me représenter cette date comme le sommet de la civilisation française : sur cette pointe se tient en équilibre le passé et le futur. C’est quinze ans pour tard que la France va dévaler la pente effrayante qui la mènera à la Révolution. Mais en 1761, si le parti féodal ne trouve plus guère de soutien, si l’irréligion se manifeste partout, l’utilité sociale de la monarchie est en revanche attestée par tout ce qui pense. La monarchie héréditaire présente la forme de gouvernement le plus parfait : c’est de Voltaire.
Tandis que les républicains ne sont encore qu’une secte bruyante, le parti nouveau, celui qui se réclame à la fois de l’intelligence et de l’expérience, celui qui veut donner des lois à l’économie, c’est celui des physiocrates, autour de Quesnay, qui publie en 1758, sous la surveillance du Roi lui-même, qui a une véritable vénération pour l’auteur, son Tableau économique. Avec Buffon, et son Histoire naturelle, voilà les deux grands hommes ! Un savant a dépouillé cinq cent bibliothèques privées de cette époque : Buffon et Quesnay se trouve des centaines de fois, le Contrat social une seule fois ! Quant à Diderot dont on nous rebat les oreilles, et dont le clergé a eu la sottise de poursuivre la Lettre sur les aveugles, eh bien ! Le neveu de Rameau ou le Voyage de Bougainville n’ont été publiés qu’à la Restauration ! Les philosophes agaçaient tellement qu’ils arrachèrent à un cardinal, aimable sceptique à la mode du temps, cette exclamation : ils en feront tant, qu’ils finiront par me faire aller à la messe ! Dans les arts et dans les sciences, ce fut décidément le beau temps de la monarchie. »
« Mais dans l’économie ? » risquai-je.
« L’économie ? Parlons-en ! La population passe de dix-huit millions sous Louis XIV à vingt-sept millions à la veille de la Révolution ; le commerce extérieur quadruple ente 1715 et 1787. La débâcle monétaire de la Régence est réparée, et de 1726 à 1785, la monnaie est parfaitement stable. Le règne de Louis XV se tient au milieu de ces dates : je ne vois pas que la monarchie ait à rougir de ces chiffres, ni que les affaires furent si mal conduites. Mais après, les choses allèrent là où on n’aime pas qu’elles se dirigent. »

L’architecte et ses œuvres
« Ange-Jacques Gabriel est le véritable créateur du style officiel du règne, par sa position d’intermédiaire entre les artistes et le souverain. Il n’a pas fait, et c’est heureux, le voyage d’Italie : son dessin, ses idées se fussent gâtées. Après lui les Romains deviendront à la mode. Le pompéisme et le paestisme allait infecter l’art français. Gabriel préserva au contraire le meilleur des bonnes règles antiques en empruntant à l’art grec son élégance, la pureté de son langage, sans renier pour autant l’héritage français.
Il a brillé également dans des exercices aussi différents que celui de l’Ecole militaire, bâtiment clôturé et dans celui de la place Louis XV, gigantesque espace ouvert auquel il donna un caractère unique. Hélas, dans ce dernier cas, il est bien difficile d’en juger sur pièce : il y a loin de la place Louis XV,  avec sa statue du roi et dont un tableau de Jean Baptiste le Prince nous donne une charmante évocation, à cet espèce de circuit pour automobile, que l’on nomme place de la Concorde et que l’on a décoré d’un obélisque donné par un satrape à la France, enlaidie de réverbères en fonte et de statues noircies ! L’article du Mercure de France du mois d’aout 1763 qui décrit la place aux lecteurs prédit qu’elle sera extrêmement fréquenté ! c’est bien vu, mais les contemporains de Gabriel ne s’y reconnaîtraient pas.
Une grande partie de l’œuvre d’Ange-Jacques a disparue –comme le château de Saint-Hubert - ou a été défigurée, comme à Compiègne, les frontons et l’ornementation datent du règne de Louis XVI, la salle des Fêtes de celui de Napoléon 1er, les frontons des pavillons de l’entrée de Napoléon III. Et que dire du parterre du château avec l’admirable percée qui lui donnait toute sa grandeur et dont nous n’avons plus que quelques gravures !
Non, je ne vois que la salle de l’Opéra à Versailles, quand on l’aura rendu dans son état d’origine pour témoigner par exemple du talent de coloriste qu’employa Gabriel pour décorer cette salle dans une harmonie de vert clair et d’or avec des touches lumineuses de marbres gris et jaunes.
Et certes il y a le Petit Trianon. Il fut conçu pour Madame de Pompadour : la sculpture, les boiseries furent exécutées entre 1765 et 1768. Dire qu’il passe pour incarner le style Marie-Antoinette ! Elle n’apporta que des exagérations, et un mauvais goût très allemand dans le mobilier et dans l’art décoratif en général. Les documents nous la montrent versatile dans ses choix et inconsciente des embarras financiers qui pèsent sur la couronne, et surtout d’une sotte imprudence devant l’opinion. C’est elle qui à la place du jardin botanique dont Jussieu fit le classement, et pour lequel on alla chercher au fond du Liban et de l’Anti-Liban les cèdres et les pins -des spécimens que l’on voit encore - c’est elle, Marie-Antoinette, qui a imposé ce jardin anglo-chinois qui défigure ce côté-là. Gabriel, qui dessinait les jardins autour des bâtiments dont on lui demandait les plans, n’eût pas aimé, croyez-moi !
Il prit son livre sur une table chiffonnière du travail le plus délicat, feuilleta un peu et lut à haute voix.

Il est à peine nécessaire de combattre cette erreur dans laquelle ne peuvent tomber les amateurs ayant une connaissance élémentaire de l’histoire de l’art français. Le Petit Trianon est l’œuvre de Gabriel où apparaissent le plus nettement ses qualités caractéristiques. Le grand artiste, parvenu au terme de son évolution, dégagé des influences qui l’ont guidé au début de sa carrière, affirme ici sa manière personnelle et sa maîtrise indiscutable. Le caractère propre d’un chef d’œuvre, en architecture, aussi bien qu’en peinture, en musique ou en littérature, est de s’imposer à l’admiration de la foule de manière à être apprécié par les ignorants aussi bien que par les délicats. Le Petit Trianon jouit de ce privilège et de toutes les œuvres de notre architecture classique, c’est certainement celle dont les profanes saisissent le plus aisément le charme et l’harmonie. Quelle perfection ! Le soubassement a les deux tiers de l’ordonnance et la hauteur de l’attique est de un tiers par rapport à l’étage noble.

Mais il y a un passif à l’œuvre de Gabriel : c’est vrai, le château de Fontainebleau ne fut pas respecté. Il fallut détruire sous la consigne du roi la galerie d’Ulysse, la gallerie d’Ullice, comme on la trouve nommée dans la simplicité de l’orthographe du temps. Gabriel en est responsable, même s’il le fit sur ordre : disparue à jamais la galerie décorée par Nicola dell Abate sur les dessins du Primatice, qui fut l’école de la peinture française : admirée par Poussin, par Rubens qui en en copia les morceaux, et dont tous nos maîtres firent leur éducation. Gabriel donna en compensation -mais c’est bien insuffisant car le dommage était irréparable- la salle du Conseil et la Chambre du roi. Dans cette dernière, j’ai observé que c’est la porte, qui remontait au temps de Louis XIII, qui donne le thème des panneaux de boiseries que Verberckt a sculpté. Si c’est un larcin, on ne pouvait le prendre à un meilleur endroit ; si c’est un hommage, il nous signale que Gabriel n’a pas voulu que tout ce décor renaissant disparût pour jamais.
En revanche, inscrire une seconde fois Gabriel dans le livre infamant du vandalisme pour la destruction de l’escalier des Ambassadeurs à Versailles est plus contestable, mais c’est un vaste débat !"

Amusons nous !
« Gabriel n’avait jamais fait l’objet d’une biographie un peu détaillée[4]. Les dictionnaires sont inexacts ou incomplets ; le portrait de Greuze qu’on vous donne partout pour celui de Gabriel est le portrait d’un illustre inconnu ! Le seul portrait certain d’Ange-Jacques est le buste que sculpta Lemoyne, qui est au Louvre. Les documents les plus intéressants, c’est une Anglaise, lady Dilke, qui les a trouvés et qui les a donnés dans un ouvrage plus général sur l’architecture française[5]. Une Anglaise, et même pas une historienne, un amateur, comme moi ».
Je vis passer une ombre sur son visage.
« Non, je n’ai pas été un dilettante, les recherches m’ont coûté ; j’ai travaillé comme un étudiant, fouillant aux cartons des Archives nationales, au Cabinet des Estampes et à la Bibliothèque nationale ; j’ai persécuté les notaires, demandant des contrats ensevelis sous plus de paperasse qu’il n’y a de sable dessus les sarcophages d’Egypte ! J’ai recopié les inventaires, les testaments. Tout est de première main, tout ce que j’ai trouvé n’avait jamais été exploité. Les professeurs seront obligés de citer mon ouvrage, même si cela doit leur déchirer la bouche.
Souvent, la prose de l’amateur sent la peinture fraîche : des connaissances apprises d’hier et dont l’assimilation hésitante se trahit de mille façons. Je trouve que mon livre n’est pas cela. Mais pour le milieu des historiens d’art, je ne suis ni savant, ni critique, ni même écrivain d’art. L’histoire de l’art ne laisse aujourd’hui aucune place à l’amateur : on tolère le curé qui fait l’histoire de son église, la dame un peu toquée qui fait la généalogie de sa famille, mais l’amateur est réputé n’avoir pas les qualifications, c’est-à-dire ni les connaissances ni les méthodes pour s’attaquer aux sujets de prestige.
Sa place n’est marqué que si, fortuné, il a donné, et s’est gardé d’écrire ; dans ce cas-là on pose une plaque en bronze et tout le monde est content[6]. Il est à l’histoire de l’art ce que le rebouteux est à la médecine moderne : le témoignage inquiétant, voire dangereux de l’âge obscur de la discipline, et une menace professionnelle. Qui osera ouvrir dans les manuels d’histoire de l’art un chapitre sur les amateurs ?
J’étais confiant au temps où j’écrivais Ange-Jacques Gabriel. Les pamphlets à la fin du XVIIIème siècle incriminaient déjà les gabriélistes ; les critiques me traitèrent de gabriélâtre. Cela ne me faisait rien.
Je pensais avoir édifié un manifeste à l’art classique, je pensais avoir écrit une œuvre solide comme la pierre. C’était très prétentieux. Au moins aurai-je rendu au public les noms un peu oubliés de ceux qui furent au cœur de ces chantiers et dont nous sentons le génie : Verberckt et Rousseau pour les boiseries, Oudry, Carle Van Loo pour les peintures, pour la sculpture Falconet et Pigalle...
Ai-je porté les dernières chances de l’art classique ? Au lieu de cela voyez comme l’époque dégénère : le moderne triomphe et on me confond avec un certain Laurent Fels qui écrit sur les cubistes. L’art moderne déferlait sur le monde et je lui criai qu’il eût à se retirer ! C’était cela la chimère ! Dame ! C’était en 1912, j’étais confiant ! Je ne le suis plus. »
J’observais un silence convenable à cette déploration finale quand le comte me tendit un exemplaire du livre.
« Vous lisez le latin, monsieur Cardinale ? «
Je lus : A monsieur Cardinale, Poterunt discussis forte tenebris  Ad purum priscumque iubar remeare nepotes. »
Soudain une cavalcade, des bruits et des rires arrivèrent jusqu’à nous et répondirent drôlement à des  pronostics qui me ramenait à la fois aux âges sombres de la civilisation –je sentais que c’était à cela que devait se référer ce tenebris-  et à d’épouvantables souvenirs de version latine.
« Allons, dit le comte, je crois qu’on se remue au salon et que l’heure des cocktails est arrivée. Cocktails : peut-être entendez-vous mieux l’anglais que le latin ? « 

[1] Jacques-Ange Gabriel, premier architecte du roi, Emile-Paul, 1912. La deuxième édition  (Henri Laurens, 1924) que j’ai utilisée pour cette chronique, a été enrichie par l’auteur, particulièrement dans sa partie consacrée aux jardins.
[2] La loi du 10 aout 1927 réduisit de dix à trois ans le période de séjour pour être naturalisé français. Il n’est pas certain que le nationalisme ombrageux du comte s’en trouvât content.
[3] Jean de Bonnefon, La Ménagerie du Vatican ou le Livre de la noblesse pontificale, 1906, disponible sur Gallica.
[4] Il faudra attendre 1933 avec Ange-Jacques Gabriel par Georges Gromont, pour avoir une étude comparable à celle du comte de Fels.
[5] Parmi les ouvrages les plus complets sur l’architecte, on peut mentionner Gabriel, par Jean-Marie Pérouse de Montclos, Editions du patrimoine, 2012 et Christopher Tadgell, Ange-Jacques Gabriel, A.Zwemmer, 1978
[6] En 1930, à la tête d’un comité de donateurs, c’est notamment la générosité du comte de Fels qui permit à l’Institut catholique de Paris de se doter d’une bibliothèque moderne qui porte encore son nom.

Par Les ensablés
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Christine Belcikowski

07/10/2020 à 09:07

Que d'esprit !

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Ecrivaine célèbre outre-Atlantique mais qui -bien que de langue française- est aujourd’hui assez peu connue dans notre pays, Marie-Claire Blais  (1939-2021) fut pourtant l’objet d’un engouement bien plus rapide en France que dans son Québec natal, qui réserva à ses premières publications un accueil critique contrasté allant de l’enthousiasme à l’extrême réserve. Par Marie Coat.

19/07/2026, 09:00

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Les Ensablés - Adieu Mahora, un ouvrage inédit sur la guerre d'Espagne et les brigades internationales

Basé à Tours et spécialisé dans les ouvrages d’histoire, Zeitgeist Éditions ajoutait récemment, en collaboration avec les Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER), un nouveau titre à sa collection « Espagne » : Adieu Mahora. 1937-1938. La Vie et la guerre à l’hôpital des Brigades internationales de Mahora. Ce livre composite, aboutissement d’un projet qui connut de multiples boutures, est un curieux objet – ce qui n’invalide pas son intérêt, au contraire.

Par François Ouellet

05/07/2026, 09:00

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Les Ensablés - Journal de guerre, suivi du journal du métèque, de Jean Malaquais

Auteur des Javanais, de Planète sans visa ou du Gaffeur, tous chroniqués par les Ensablés, Jean Malaquais se livre ici à un exercice littéraire aussi particulier que difficile, la tenue régulière d’un journal. Il prévient d’emblée « Je voudrais avoir assez de constance, de fidélité à moi-même, pour ne pas l’abandonner en cours de route : pour ne pas me dédire. »
Il a fallu pour que Malaquais s’y adonne une circonstance exceptionnelle : la guerre de 1939-1945.

Par Carl Aderhold

21/06/2026, 09:00

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Les Ensablés - Journal d'un salaud d'Henri Queffélec

Avant de devenir l'inépuisable romancier de la mer et de la Bretagne, Henri Queffélec (1910-1992) a commencé sa carrière par un roman noir dans les eaux troublées de l’Occupation : c’est le Journal d’un Salaud, publié à la Libération en 1944 chez Stock. Par Nicolas Acker

07/06/2026, 09:03

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Raymonde Vincent, Albert Béguin, Nous vivons côte à côte d'une existence toute mêlée. Correspondance 1927-1957

Oui, oui, je sais, le livre fait près de 900 pages, et cela peut effrayer celui qui ne connaîtrait ni Raymonde Vincent (prix Femina pour « Campagne », et « Elisabeth » récemment réédités par Le Passeur), ni Albert Béguin. Mais ce serait une grave erreur de passer à côté. Il faut en effet lire cet incroyable échange de lettres qui s’échelonne de 1927 à 1957, entre deux êtres d’exception : c'est un document précieux sur la vie littéraire française, mais aussi et surtout une espèce de roman épistolaire qui raconte dans la durée la vie périlleuse d’un amour que traversent la guerre et la débâcle de 40. Comme tout roman, il comporte des ellipses que le lecteur doit combler avec son imagination... C’est ainsi que je l’ai lu, moi qui sors bouleversé par ma lecture  rendue possible  grâce à l’immense travail critique de Renan Prévot qui a rassemblé ici 451 lettres, pas moins ! Par Hervé BEL

24/05/2026, 09:00

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Les Ensablés - Près du sol de Emile Guillaumin (1873-1951)

Toute sa vie, Émile Guillaumin resta paysan, cultivant sa propriété de trois hectares dans l'Allier. En parallèle, muni de son seul certificat d'études, il se fit aussi poète et romancier du monde rural. Son premier roman La vie d'un simple (objet d'un précédent article des Ensablés), fut publié en 1904 et reçut un excellent accueil, glanant des voix pour le prix Goncourt. Par Isabelle Luciat

10/05/2026, 09:04

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Les Ensablés - L'animale, de Rachilde, une réédition bienvenue

Il y a les Ensablés que nous connaissons bien, cohorte d’auteurs jouets du ressac des modes et de la gloire. Il y a les Oubliés, perdus au fond des mers.  Et il y a aussi quelques miraculés sauvés des eaux. Rachilde est de ceux-là. Célèbre et célébrée en son temps, cette grande scandaleuse aurait fini par disparaitre complétement de l’histoire littéraire qui ne retient guère que George Sand comme grande figure féminine pour la littérature au XIXème et Germaine de Staël pour la pensée, si quelques universitaires et éditeurs ne s’étaient acharnés à la faire reconnaître. Par Denis Gombert

26/04/2026, 09:00

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Les Ensablés - Faux-passeports, de Charles Plisnier

« Le personnage qui dit “je” dans ce livre, souhaiterait garder quelque mystère. » La première phrase de cet vrai-faux roman Faux-passeports (1937), qui se compose en fait de cinq nouvelles reliées entre elles par un même narrateur, pose d’emblée la véritable nature de ce livre, un savant mélange d’autobiographie, de romanesque et d’essai sur ce qu’est l’engagement pour une cause. Par Carl Aderhold.

12/04/2026, 09:55

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Les Ensablés - Le bouquet de Henri Calet

Cela fait 70 ans qu’Henri Calet (1904-1956) a quitté le monde des vivants. Mais un certain nombre de lecteurs, dont les Ensablés, travaille régulièrement à sa résurrection. Pas étonnant, puisque ce chroniqueur des vies fragiles, à commencer par la sienne, est un auteur des plus attachants. La poisse toujours en bandoulière, son humour caustique semble vouloir excuser une mélancolie persistante. Le Bouquet (1945) revient sur l’expérience de la débâcle de 1940, de la captivité à l’évasion de son auteur. Fidèle à son style, Calet déroule avec une simplicité désarmante le récit doux-amer de ce moment de bascule pour l’écrivain comme pour le pays. Par Nicolas Acker. 

29/03/2026, 09:00

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Les Ensablés - Ma petite Yvette, d'André Dumas

En terminant la lecture de Ma petite Yvette d’André Dumas (1874-1943), récemment réédité par J’ai lu, je me suis demandé aussitôt : est-ce un chef-d’œuvre ? Mon cœur  me répondait « oui ! », tandis que ma raison, le souvenir des romans de Proust, de George Eliot (bref les écrivains de mon Panthéon) me disaient que non, ce n’était pas tout à faire un chef-d’œuvre. J’ai ma petite idée désormais. Par Hervé BEL

15/03/2026, 09:00

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Les Ensablés - Le vitriol de Lune de Henri Béraud

Au rebours des titres à rallonge péniblement explicites dont raffolent certains plumitifs contemporains, il en est d’intrigants et mystérieux qui suscitent curiosité et envie de lire. Ainsi des ouvrages d’Henri Béraud (1885-1958), qui avait indubitablement l’art de trousser des titres originaux, du Martyre de l’obèse au Flâneur salarié, en passant par La croisade des longues figures ou le surprenant Vitriol de Lune.

Par Marie Coat

01/03/2026, 09:00

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Les Ensablés - L'insaisissable, de Liane de Pougy (1869-1950)

La vie de Liane de Pougy, de son vrai nom Anne-Marie Chassaigne (1869-1950), est une œuvre à programme, passant du vice au luxe, du luxe à la vie spirituelle. Elle est l’une des grandes courtisanes de la Belle Époque avant de devenir écrivaine puis tertiaire dominicaine. Issue d’un milieu modeste, danseuse puis demi-mondaine adulée du Tout-Paris, elle incarna la somptuosité, l’esprit et la liberté scandaleuse de la fin du XIXᵉ siècle, fréquentant artistes, aristocrates et écrivains. Elle connut une célébrité éclatante grâce à ses romans et journaux à clé. Après la Première Guerre mondiale, elle se retira progressivement du monde, se rapprocha du catholicisme et termina sa vie dans la prière, à Lausanne, laissant l’image paradoxale d’une femme passée de l’érotisme mondain à l’ascèse religieuse.

Par Nicolas Kinosky     

15/02/2026, 17:17

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Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

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Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

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Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

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Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Un polar survolté où son héroïne Abigail Boone fait une entrée fracassante, au propre comme au figuré

Premier roman du britannique Dominic Nolan : On a parlé de Dominic Nolan l'an passé avec un sacré roman, White City, un polar inscrit dans sa fresque socio-historique sur le Londres des années passées, qui lui a valu notoriété et succès depuis Vine Street. Le revoici dans un registre plus classique, avec J'étais Abigail Boone qui fut son premier roman publié en 2019 en VO. Un second épisode mettant en scène l’héroïne amnésique Abigail Boone (After Dark - 2020 en VO) n'a pas encore été traduit en français.

07/10/2026, 17:38

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Le Boléro de nos vies : ce que nous héritons des générations précédentes

Les Uns et les Autres raconte en effet beaucoup de choses. Des histoires d’amour. Des séparations. Des ambitions. Des rencontres. Des enfants. Des morts. Mais le film raconte surtout que nous vivons des vies personnelles à l’intérieur d’une Histoire qui, elle, ne nous demande jamais notre avis. Propos recueillis par Jean-Charles Bettan, psychanalyste à Cannes.

 

07/10/2026, 16:35

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Bernard-Henri Lévy : on ne se souvient jamais deux fois de la même façon

Dès le préambule, la subjectivité du philosophe est impossible à séparer de ce qu’il raconte. Mais comment écrire ses mémoires partagés avec ce que l’on a vu, ceux que l’on a rencontrés, les causes que l’on a défendues ou abandonnées, les conflits que l’on a traversés ou atténués, et surtout les noms qui nous ont influencés ? Tout cela compose peu à peu le tableau d’une époque qui n’existe plus tout à fait, mais aussi l’image d’un homme dont l’identité elle-même est déjà un récit.

07/10/2026, 12:19

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Tiphaine Raffier : mourir sous le regard des autres

Un micro derrière un Vermeer. Une chaise médicalisée qui résiste au montage. Un chronomètre autour du cou. Une cassette qu’on ne sait plus faire jouer. Et, au milieu, Laure, revenue dans la maison familiale de Morsan pour y vivre ses derniers jours. Tiphaine Raffier installe L’Hors-Présence ou Chimères du pays de Morsan avec une précision clinique, puis laisse tout se dérégler. 

 

07/10/2026, 10:00

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Esquisse d’une serial killer : derrière la Diabolique, une enquête dérangeante

Le titre désigne déjà un piège. Esquisse d’une serial killer (trad. Pierre-Mong Lim) promet le monstre, la mécanique du crime, peut-être le frisson confortable du true crime. Hu Mu-ching fait exactement l’inverse. Elle revient vers Lin Yu-ju, condamnée à mort à Taïwan pour trois meurtres et très vite figée par les médias sous un surnom : la Diabolique. Ébauche prévue le 15 octobre.

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Le souci de vivre : parler de la mort pour donner du sens à l’absurde

Il y a des livres qu’on offre sans raison particulières, juste pour faire plaisir, petit format, une centaine de pages, un prix raisonnable, un livre qui pique notre curiosité ; vous connaissez toutes et tous ce genre de livre qu’on lit en une après-midi et qui laisse une empreinte importante par la suite. Le souci de vivre d’Olivier Carré fait partie de ces livres qui reste longtemps en mémoire tant il parle d’un sujet auquel nous tous aurons à faire face un jour ou l’autre : la mort. 

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Une valise, un mot, une fracture politique : voici la nouvelle pièce de Lola Lafon. Une valise dépasse de quelques centimètres et, avec elle, tout déborde. Dans une salle d’embarquement, quatre amis d’une quarantaine d’années devraient partir en vacances. Décollage (ou pas), le 15 octobre.

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Il y a un principe dans la vie sur lequel il est difficile d’y revenir : on ne peut pas donner l’amour que l'on n’a pas reçu. Pour Franck Maubert, l’amour non reçu vient de cette mère distante, froide, qui le place durant sa petite enfance chez un couple vivant dans une ferme, puis viendra le reprendre pour le laisser à ses parents, couple âgé qui se désintéresse de lui avant de le conduire contrainte chez elle. De cette enfance heureuse en campagne, l’auteur découvrira la joie du silence et une quête mystique dans les églises.

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Tokyo s’éloigne, la route monte, le béton cède aux pentes de Shizuoka. Mayumi et Akane ont trente-cinq ans, sont amoureuses et décident de reprendre la plantation de thé du grand-père d’Akane, affaibli par un AVC. Sur le papier, tout ressemble au fantasme contemporain du grand départ : quitter la ville, retrouver la terre, repartir de zéro. Infusion dès le 15 octobre.

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02/10/2026, 13:48

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Soif d’idéal : Rocheteau raconte ce qui reste après les matchs

Dominique Rocheteau avance par souvenirs, visages, sensations et fidélités. Trente récits plutôt qu’une autobiographie chronologique : le dispositif lui va bien et forme cette Soif d’idéal. Il préfère le lien au palmarès, l’émotion au monument. Dès les premières pages, la ligne est donnée : « L’émotion avant tout. » Le ton ne variera guère, direct, pudique, sans désir de régler des comptes. Sortie le 8 octobre. 

02/10/2026, 13:13

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Malgré l’abordage de One Piece, Sarah Knafo règne sur les ventes de livres

Jamais deux sans trois… ou quatre ? Sarah Knafo refuse visiblement de rendre la médaille d’or : Le Casse du siècle (Fayard) reste numéro un avec 42.023 ventes sur la semaine et 201.985 exemplaires cumulés.

 

02/10/2026, 11:00

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Comment expliquer la liberté aux enfants ?

Être libre, est-ce faire tout ce que l’on veut ? Avec Vive la liberté !, Sybille Hein aborde cette grande question à hauteur d’enfant, en partant de situations concrètes pour aider les plus jeunes à comprendre ce que signifie être libre, mais aussi les limites et les responsabilités qui l’accompagnent. Traduit et adapté de l’allemand par Camille Logoz.

02/10/2026, 07:00

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Quand être "ami des Juifs" devient un phénomène à interroger

Alors que l’antisémitisme connaît une progression mondiale depuis le 7 octobre 2023, un autre phénomène attire l’attention : le philosémitisme. Dans Les Nouveaux philosémites, Edith Bruder réunit sociologues, politologues et théologiens pour enquêter sur celles et ceux qui se revendiquent « amis des Juifs », « compagnons de route d’Israël », voire « presque juifs ».

02/10/2026, 06:00

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Une photo, deux visages, 70 ans de mystère

Un véritable polar photographique qui met en scène les journalistes mais aussi en filigrane les insurgés hongrois de 1956 : tous ont été les témoins d'événements historiques qui ont façonné notre monde. Mais cette enquête (trop) minutieuse finit par lasser.

01/10/2026, 17:30

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De la gare du Nord aux hauteurs de Belleville, six voix pour un Paris vivant

Belleville n’est pas un décor dans Bellevilles. C’est une matière vivante : une pente qui coupe le souffle, une terrasse trop pleine, un café où les fidélités se renégocient, un escalier qui sépare deux vies, un trottoir où l’on peut croiser sa propre jeunesse. Samih Amar Tran construit son livre comme une promenade à six voix. Alma, Landrot, Marie, Omar, Jim et Romy prennent tour à tour possession du quartier, chacun avec son rythme, ses angles morts et sa manière de s’y accrocher. Tour du quartier, le 4 novembre.

 

01/10/2026, 14:00

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Cher Voltaire : quand Madame du Deffand ferraillait avec le philosophe

Deux vieillards s’écrivent comme d’autres croisent le fer. L’un règne depuis Ferney sur l’Europe des idées ; l’autre, aveugle, tient encore salon à Saint-Joseph et refuse de céder sur le goût, l’esprit ou l’art de s’ennuyer. Cher Voltaire restitue moins un échange sage entre deux monuments qu’un commerce vif, capricieux, traversé de silences, de susceptibilités, de nouvelles du monde et d’une commune hantise du vide. Dès 1764, Voltaire le constate : « Notre commerce à tâtons devient vif, Madame. » 

01/10/2026, 13:37

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Alien Clay : sur une planète-prison, la science devient une arme de liberté

Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil. Adrian Tchaikovsky le sait, son narrateur aussi, et Alien Clay (trad. Gilles Goullet) commence donc exactement ainsi : après trente ans de sommeil interstellaire et quelques secondes avant une chute vers une planète carcérale. « Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil, à ce qu’il paraît », observe Arton Daghdev. Alien Clay sortiral le 4 novembre 2026. Science, catastrophe et sarcasme : le roman vient de trouver son carburant.

01/10/2026, 13:01

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Retrouvés après 45 ans, les cahiers d’une adolescente des années 70 ressurgissent

Entre 1974 et 1976, Martine Faustin tient un journal intime alors qu’elle est pensionnaire à l’Institution Saint Paul de Thiviers, en Dordogne. À quatorze ans, elle y consigne ses amitiés, ses premières histoires d’amour, ses colères et ses envies de liberté. En 2021, elle retrouve par hasard ces trois cahiers, dont elle avait oublié l’existence.

01/10/2026, 09:27

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Amitié entre femmes : quand les liens choisis connaissent aussi la tempête

Longtemps reléguée derrière l’amour et la famille, l’amitié est aujourd’hui célébrée comme un lien choisi, plus libre et plus durable. Mais est-elle vraiment plus simple ? 

01/10/2026, 08:58

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Monaco n’a pas toujours ressemblé à une carte postale

Palais princier, casino, yachts et palmiers : l’image de Monaco semble évidente. Avec Monaco, l’histoire inconnue, Pierre Abramovici entreprend de regarder derrière cette façade et de faire ressurgir 150 ans d’une histoire monégasque faite de luttes de pouvoir, de guerres, d’Occupation et d’épisodes restés dans l’ombre.

01/10/2026, 08:57

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Boire, aimer, écrire : transformer l’ivresse en poésie

Le titre promet la bouteille de trop, l’ivresse qui déborde, peut-être même la gueule de bois. Christophe Esnault cherche pourtant ailleurs. Dans Si le vin ne te rend pas génial, essaye une autre bouteille, le verre n’est ni décor ni prétexte à célébrer la cuite : il ouvre une brèche. Une bouteille, un millésime, un prix, puis la pensée part. Vers les amis, les femmes aimées, le père vieillissant, les écrivains, les chansons, les morts. Vers cette question surtout, ressassée jusqu’à l’obsession : comment demeurer vivant quand la tentation de disparaître rôde dans les marges ?

30/09/2026, 17:55

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Furia

30/09/2026, 16:15

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La Pleureuse : Camilla Läckberg rouvre un secret vieux de trente ans à Fjällbacka

La Pleureuse (trad. Susanne Juul - Andréas Saint Bonnet) s’ouvre dans l’étouffement. Une jeune fille lutte, perd le contrôle de son corps, tente de comprendre ce qui lui arrive. Une phrase suffit à installer la menace : « Elle ne voulait pas mourir. » Camilla Läckberg ne cherche pas encore l’énigme ; elle impose d’abord une sensation. Puis Fjällbacka retrouve son quotidien, ses restaurants, ses familles, ses plaisanteries, ses habitudes. Sous cette normalité, pourtant, quelque chose attend depuis trente ans. 

30/09/2026, 14:00

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Maboule : délicieux périple de transmission

Maboule est trobairitz. Elle collecte les rumeurs, les regards et les soupirs, puis les change en histoires. De villes en villages, elle sème ces récits récoltés ou entièrement inventés. Venant tout droit de Villedor, où elle a été élevée par ses deux  mamans – en fait elle en a quatre, longue histoire –, elle échange une fable contre un repas ou une couchette. 

30/09/2026, 13:04

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Abdeljalil Lahjomri : les livres, ces compagnons qui refusent d’obéir

Abdeljalil Lahjomri n’empile pas des comptes rendus : il compose une autobiographie de lecteur. Les Compagnons indociles avance par rencontres, retours, désaccords et fidélités, comme si une bibliothèque pouvait devenir le journal d’une conscience. Dès l’introduction, une phrase donne la mesure du projet : « Les livres sont des compagnons d’éternité. » Le titre ajoute aussitôt ce qui empêche toute dévotion tranquille : ces compagnons résistent, irritent, déçoivent, obligent à relire. L’ouvrage se construit dans cet écart entre attachement et liberté critique. A paraître le 8 octobre.

30/09/2026, 13:00

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Chat Larme : Hélène Cixous ouvre la porte des absents

« Ceci est mon dernier livre » : chez Hélène Cixous, l’annonce d’une fin n’achève rien. Elle ouvre au contraire une chambre supplémentaire dans la mémoire. Chat Larme naît de cette contradiction : vouloir retenir ce qui s’éloigne tout en sachant que l’écriture ne ressuscite pas. Alors elle cherche autrement, dans les carnets, les photographies, les rêves, les voix, les animaux aimés. Sortie le 8 octobre

30/09/2026, 08:30

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Keith Jarrett au Japon : quand une musique disparaît après avoir été jouée

En 1976, Keith Jarrett donne au Japon huit récitals solo en seulement treize jours. De cette tournée naîtront les Sun Bear Concerts, dix vinyles et plusieurs heures d’improvisation. Dans Keith Jarrett, Japon 1976, Philippe Séclier part sur les traces de cette aventure musicale devenue mythique.

30/09/2026, 08:00

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Elles quittent Tokyo pour une plantation de thé au pied du Fuji

Avec Le parfum des feuilles de thé, Camille Monceaux prolonge l’univers du Secret des bonbons pamplemousse dans un nouveau récit au cœur du Japon. Akane et Mayumi quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale, et se lancent dans une nouvelle vie rythmée par le thé et les saisons.

Illustrations par Virginie Blancher.

30/09/2026, 07:00