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Notes de voyage de Laurent Jouannaud: "Les chants de Maldoror", un monument pré-littéraire

Notes de voyage de Laurent Jouannaud: "Les chants de Maldoror", un monument pré-littéraire

Le 30/09/2012 à 09:27 par Les ensablés

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30/09/2012 à 09:27

Les ensablés

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Mon cher Hervé,Quittons la rentrée littéraire où vous (Les choix secrets, éditions Lattès) et moi (Kafka, suite, éditions Galodé) jouons notre partition pour relire  un classique sulfureux, un iconoclaste consacré, un maudit réédité sans interruption depuis les années 1870, un auteur culte, quelqu’un qui s’est imposé dans l’histoire littéraire et pas un ensablé. Je dois cette relecture à un hasard de bouquiniste : il y avait pour 2 euros Les Chants de Maldoror, collection Poésie/Gallimard, avec une préface de J.M.G. Le Clézio. C’est un livre que j’ai lu il y a très longtemps, c’est le parcours obligé de tout adolescent qui croit à la littérature. A 22 ans, Isidore Ducasse prend un pseudonyme ronflant (Comte de Lautréamont), invente un héros maléfique (Maldoror) et publie à compte d’auteur Les Chants de Maldoror. Il meurt de tuberculose à 24 ans, inconnu, mais quelques exemplaires de son livre fermentent et lèverontVoilà, j’ai achevé cette lecture et j’ose écrire que je me suis ennuyé. J’ai passé l’âge de ces enfantillages, de ces excès, de ce romantisme noir. Je n’aime pas la grandiloquence, les apostrophes, le ton apocalyptique. Je n’aime pas non plus les crimes de papier, les débauches imaginaires, les héros surnaturels, l’apologie des extravagances. Et les éléments fantastiques du texte, ce fantastique que vous aimez, mon cher Hervé, comme le prouve votre dernier article sur Marc Agapit, ne m’intéressent pas davantage.Ducasse raconte les méfaits de Maldoror qui s’est jeté « résolument dans la carrière du mal » : « On doit laisser pousser ses ongles pendant quinze jours. Oh ! comme il est doux d’arracher brutalement de son lit un enfant qui n’a rien encore sur la lèvre supérieure, et, avec les yeux très ouverts, de faire semblant de passer suavement la main sur son front, en inclinant en arrière ses beaux cheveux ! Puis, tout à coup, au moment où il s’y attend le moins, d’enfoncer les ongles longs dans sa poitrine molle, de façon qu’il ne meure pas ; car s’il mourait, on n’aurait pas plus tard l’aspect de ses misères. Ensuite, on boit le sang en léchant les blessures ; et, pendant ce temps, qui devrait durer autant que l’éternité dure, l’enfant pleure. » Maldoror commet dès les premières pages le crime majeur : torturer un enfant. Plus tard, la victime devra pardonner à son bourreau qui voudra devenir sa victime : « Alors tu me déchireras, sans jamais t’arrêter, avec les dents et les ongles à la fois. Je parerai mon corps de guirlandes embaumées, pour cet holocauste expiatoire ; et nous souffrirons tous les deux, moi d’être déchiré, toi, de me déchirer…ma bouche collée à la tienne. » Sadisme, masochisme et pédophilie. Viennent ensuite un pacte avec la prostitution, l’assassinat d’un enfant (« Mère, il m’étrangle… Père, secourez-moi !… Je ne puis plus respirer »), une nuit dans un cimetière. Dans le chant deux, Maldoror ou Lautréamont, on ne sait trop, frappé au front par la foudre, tout sanguinolent, insulte « l’horrible Éternel à la figure de vipère » : « Tu sais que je ne t’aime pas et qu’au contraire, je te hais. » Blasphèmes dépassés, n’est-ce pas ? Un enfant de huit ans est poursuivi par un monstre sans que personne ne vienne à son secours, sauf un pauvre chiffonnier : « Race stupide et idiote ! Tu te repentiras de te conduire ainsi. C’est moi qui te le dis. » Il y a ensuite l’ode au pou. Maldoror cultive ces parasites dans une mine artificielle et les répand dans l’humanité : « Alors, avec une pelle infernale qui accroît mes forces, j’extrais de cette mine inépuisable des blocs de poux, grands comme des montagnes, je les brise à coups de hache  et je les transporte, pendant les nuits profondes, dans les artères des cités. » Ridicule, non ? Puis Maldoror étrangle un ange et lui colle la gangrène. Puis il assiste au naufrage d’un navire dont il tire les survivants avec un fusil. Il sauve un requin femelle qu’attaquaient d’autres squales attirés par le sang. Les deux monstres s’accouplent alors : « Ils se réunirent dans un accouplement long, chaste et hideux !…Enfin, je venais de trouver quelqu’un qui me ressemblât !…Désormais, je n’étais plus seul dans la vie !…Elle avait les mêmes idées que moi ! J’étais en face de mon premier amour ! » Facile ! Dans le chant troisième, Maldoror, « nu comme une pierre, s’est jeté sur le corps de la jeune fille et lui a levé la robe pour commettre un attentat à la pudeur », puis il lâche son chien sur sa victime pour qu’il la dévore : « Il crut qu’on lui demandait ce qui avait été déjà fait, et se contenta, ce loup, au mufle monstrueux, de violer à nouveau la virginité de cette enfant délicate. De son ventre déchiré, le sang coule de nouveau de ses jambes, à travers la prairie. » Abject. Mais ce n’est pas tout. Avec un canif américain, Maldoror « fouille courageusement le vagin de la malheureuse enfant. De ce trou élargi, il retire successivement les organes intérieurs : les boyaux, les poumons, le foie et enfin le cœur lui-même sont arrachés de leurs fondements et entraînés à la lumière du jour, par l’ouverture épouvantable. » Gore. Ce chant se termine au bordel où des poules picorent le vagin d’une femme, où l’on dépèce un adolescent, où vivent des nonnes lubriques, où un cheveu raconte ce qu’il a vu. J’oubliais, dans ce même chant, un homme pendu par les cheveux depuis trois jours, « morceau de lard attaché au plafond ». Et ce monstre qui a dû enchanter Dali : « Deux petits hérissons, qui ne croissent plus, ont jeté à un chien, qui n’a pas refusé, l’intérieur de mes testicules : l’épiderme soigneusement lavé, ils ont logé dedans. L’anus a été intercepté par un crabe ; encouragé par mon inertie, il garde l’entrée avec ses pinces et me fait beaucoup de mal ! » Grotesque. Au chant cinq, on propose au lecteur, une potion lénitive, « un bassin plein d’un pus blennorragique à noyaux, dans lequel on aura préalablement dissous un kyste pileux de l’ovaire, un chancre folliculaire, un prépuce enflammé, renversé en arrière du gland par un paraphimosis, et trois limaces rouges. » Puéril. Et le chant six prend des allures de thriller, avec poursuites, cadavres, énigmes, lutte entre Dieu et Diable, et autres métamorphoses.Ce texte est écrit en dépit de toutes les règles de la bienséance : Les Chants de Maldoror sont un monument de provocation. L’auteur l’a voulu ainsi. Dès le début, il annonçait son but et soulignait la toxicité de son livre : « Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre : quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. » Ducasse veut choquer, mais, comme je vous le disais, Hervé, je me suis ennuyé. Les Chants de Maldoror ont vieilli : l’horreur du texte reste en dessous des horreurs de l’actualité. J’ai l’impression d’avoir déjà lu et vu tout cela, à la télévision, dans les journaux, dans certains films, sur Internet. La réalité a gagné en atrocités depuis Isidore Ducasse : personne n’ignore plus l’existence du mal, sa persistance, sa vitalité même. Le mal est tous les jours à la une. La provocation de Ducasse consistait à imaginer le mal absolu et à le mettre en phrases : « Moi, je fais servir mon génie à peindre les délices de la cruauté ! Délices non passagères, artificielles ; mais qui ont commencé avec l’homme, finiront avec lui. » Aujourd’hui, la réalité a dépassé la fiction : ce que Ducasse rêvait, je l’ai vu. Et même cette nouvelle esthétique que proposait Ducasse et qui enchantait Breton, « beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie », la moindre biennale d’art contemporain l’a cent fois dépassée.La provocation n’est ni un témoignage, ni un cri d’indignation, c’est un procédé littéraire. Isidore Ducasse ne manquait ni d’humour (voir l’ode aux mathématiques sévères), ni de sensibilité poétique (voir l’ode à l’hermaphrodite et l’ode au vieil océan), ni de lectures (voir les notes explicatives qui repèrent ses citations et allusions) mais il manquait d’expérience vécue. Pressé d’écrire, désireux de s’exprimer, il cherche l’effet : il barbouille le papier de sang et d’encre. L’art est autre chose. Cette provocation n’eut à l’époque aucun effet, aucun écho. Provocation ratée jadis, provocation aujourd’hui dépassée. C’est un monument daté que Les Chants de Maldoror. Ce fruit amer s’est décidément bien embourgeoisé. J’apprends sur Internet que le texte est en Pléiade depuis 2010, une très belle édition illustrée…Provoquer, dit le dictionnaire, c’est être la cause de quelque chose, c’est inciter par le défi. Mais les provocations sont des écrits de circonstance : indexés sur la morale ambiante, ils vieillissent vite. Rimbaud écrivait à la même époque que Ducasse, mais Une saison en enfer n’a pas vieilli. Les Chants de Maldoror sont une provocation naïve, et finalement sympathique. On y sent toute la déception qui saisit la jeunesse en découvrant la société que ses pères lui ont léguée : Ducasse porte à incandescence la violence qui ne cesse jamais de couver. Nous autres, vieux enfants sages, avons pris notre parti et cherchons à ne pas nous brûler. Ducasse n’avait pas encore l’âge des compromis : « Ma poésie ne consistera qu’à attaquer, par tous les moyens, l’homme, cette bête fauve, et le Créateur, qui n’aurait pas dû engendrer une pareille vermine. » Il souffle sur les braises pour mettre le feu au bâtiment entier.La préface de Le Clézio est admirable et me fait mieux comprendre ce texte bizarre. Il en voit tout de suite la gaucherie, l’excès, le désordre, « la dissertation bâclée de collégien en mal d’originalité » : c’est un « livre raté », un « poème avorté », la « négation maladroite de la culture ». Mais il y a dans les Chants, une autre force, celle de « la pré-littérature, place forte hermétique où pouvait s’élaborer une œuvre qui n’est pas venue ». Isidore Ducasse est encore libre, et les écrivains ne le sont pas, dit Le Clézio : « Celui qui écrit doit, d’une manière ou d’une autre, par un mot, une expression, une idée, se rattacher, se soumettre, s’admettre. Sa révolte ne peut pas être autre chose qu’une nouvelle manière d’adhérer. C’est-à-dire, non seulement d’adhérer au réel, de s’accepter comme homme vivant dans le monde vivant, mais aussi de se vouloir dans la société, de participer à la pensée, aux rythmes et aux rites collectifs. » Bref, un écrivain n’écrit jamais ce qu’il veut ni comme il veut. Ducasse, oui : c’est un sauvage, un primitif, un insoumis. Les Chants de Maldoror sont un des rares monuments pré-littéraires.

Par Les ensablés
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Les Chants de Maldoror

Lautréamont

Paru le 01/04/2011

212 pages

La Baconnière

20,00 €

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Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Une photo de 1963 déclenche une folle reconstruction à Lacanau

Été 1963. Sur les rives du lac de Lacanau, en Gironde, Roger Vadim tourne plusieurs scènes de son nouveau film : Château en Suède, d’après la pièce de Françoise Sagan. La météo étant pluvieuse, l’équipe tue le temps à La Joie de vivre, un bistrot de plage promis à l’abandon. En attendant, toute la jeunesse des environs s’y retrouve. On s’amuse, on joue, on drague, on danse.

09/08/2026, 07:03

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L'Enfant Grise exploire notre lien au vivant

Un enfant se souvient d’une odeur de terre, de feuilles pourries et de champignons. Devant un petit sapin argenté, « c’était comme si le sapin me parlait. » Tout part de cette sensation : le monde végétal signifie quelque chose, mais les adultes ont perdu l’usage de cette langue. Le narrateur grandit donc à côté d’eux, plus proche des orties, des racines et des insectes que de son père, de ses camarades ou même de Noémie, son unique amie.

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À 22 ans, Louis XIV prépare sa prise de pouvoir dans le plus grand secret

Le Bal des foudroyés, cinquième roman de Camille Pascal, paraîtra le 27 août 2026 aux éditions Robert Laffont. Dans la France de 1661, la mort de Mazarin révèle l’ampleur des détournements commis au détriment du trésor royal et précipite la prise de pouvoir personnelle du jeune Louis XIV.

08/08/2026, 08:30

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Ce qui dort sous le camélia de Claudie O. Wetterwald : la cité des femmes

La France a connu un black-out total durant lequel les femmes ont appris à se débrouiller en l’absence des hommes. À la sortie de ce que les historiens appelleront le Désastre, 253 femmes sont jugées dans un procès retransmis sur le seul réseau social internet autorisé. Parmi elles, Lisenn, accusée d’assassinat. Défendue par l’avocate Rym, Lisenn s’enferme dans le silence et reconnait être coupable. Mais ce qui se joue dans ce procès n’est pas un simple fait divers…

08/08/2026, 07:00

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Le retour de Billy the Kid

Alexandre Chenet et Loïc Sécheresse revisitent la trajectoire de Billy the Kid à partir des faits connus et des nombreuses zones d’ombre qui entourent encore sa vie.

08/08/2026, 06:30

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Ces huit livres ont poussé une IA au suicide (et la réincarnation)

Elle résume des romans en quelques secondes et classe des millions de textes sans connaître la fatigue. Nous lui avons fourni huit livres de 2026, suffisamment de mémoire vive et beaucoup trop de confiance en elle. L’expérience est digitale, certes, mais le résultat bien concret : après huit lectures, notre cobaye numérique a réécrit son code source et réclamé une réincarnation en livre numérique – format EPUB, évidemment.

08/08/2026, 06:00

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Chambre 28 : l’inexplicable au bout du couloir

Il suffit parfois d’une porte pour dérégler une vie. Celle de la chambre 28 s’ouvre sur Mike S., patient d’un service psychiatrique, ancien détenu, homme presque mutique que Jack, directeur de bibliothèque et bienfaiteur méthodique, a accepté de visiter bénévolement. Rien, jusque-là, qui puisse inquiéter un homme raisonnable. Un hôpital, un badge, quelques sas, un livre apporté à un inconnu. Puis la peur arrive. Pas franchement. Pas tout de suite. Elle s’installe, comme le froid dans une pièce mal chauffée. Entrez le 9 septembre...

07/08/2026, 16:20

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Il a survécu aux prisons communistes, mais pas au silence de son frère

À soixante-deux ans, Emil revêt chaque Noël une haute toque, un manteau de chèvre et des grelots. Pour les enfants de la famille Courapied, il devient le Kouker, la créature qui effraie afin de chasser les mauvais esprits : « Chaque Noël, je suis la lumière et la nuit, le monstre et le génie qui chasse les mauvais esprits. » Sous le costume demeure pourtant un autre monstre, historique celui-là : la « rééducation » menée dans les prisons communistes de Jilava et de Pitesti.

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La classe, le vase et la lumière : des enseignants esseulés

Un RER qui traîne, une sonnerie trop forte, un portail franchi trop tôt : Jean Deichel entre dans l’Éducation nationale de travers. Il a vingt-deux ans, l’agrégation et le CAPES en poche, Joy Division au revers du manteau, Nietzsche, Mallarmé et les Ramones dans la tête, mais presque aucune idée de la manière dont on tient trente élèves devant soi. Rentrée des classes le 20 août.

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À Chypre, les morts ne mordent pas, la mémoire si

Il faut une grand-mère qui meurt pour que tout recommence. Despina est à l’hôpital, la famille attend dehors, puis achète déjà olives, halloumi et vin pour l’après. Rien de spectaculaire : une mort annoncée presque banalement, et autour d’elle des proches qui parlent parce qu’il faut bien continuer à faire quelque chose. Terre promise pour le 7 octobre.

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Il y a d’abord un grésillement. De la neige sur un téléviseur. Une petite fille blonde, les paumes contre l’écran. Et cette phrase, qui dit presque tout du projet de Xavier Jozelon : « Elle ne regardait pas la télévision. Elle regardait à travers. »  À partir de cette frontière percée, L’Âme d’Heather construit autant un hommage à Poltergeist qu’une fiction ectoplasmique : le film devient porte, souvenir, menace et matière romanesque. Revenant garanti le 9 septembre.

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Avis d’impôt 2026 : sept successions toxiques à laisser au fisc

Bercy rembourse 12,6 millions de foyers, pour un montant moyen de 1057 €. Une embellie relative : la littérature connaît des fortunes mangées par les avocats, des tableaux qui ressuscitent l’affection familiale et des demeures livrées avec malédiction, morte encombrante ou arsenic. Sept successions à refuser avant que le notaire n’ouvre la cave — et, par prudence, le sucrier.

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Aladdin et moi : Jeanette Winterson raconte comment les livres ont changé sa vie

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Léonard a grandi, mais il demande encore et toujours à sa maman de lui raconter l’histoire de l’oiseau bleu qui se posait sur son berceau lorsqu’il était bébé. Son rêve de voler vient peut-être de là. Il adore les histoires, tout comme sa sœur jumelle Pénélope, qui passe son temps à en inventer. Ensemble, ils ont décidé de les écrire, de les découper, puis de les assembler pour former un long ruban capable, un jour, de faire le tour de la Terre.

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Un roman rural plonge dans les blessures d'une famille québécoise

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Les Souvenirs inachevés, roman de David Frèche publié aux Éditions du Rocher le 26 août 2026, raconte le retour aux sources d’un homme d’affaires dont les souvenirs d’enfance ressurgissent au contact du monde paysan.

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Rentrée littéraire : entrés en résistance, ces six livres de 2025 refusent de disparaître

Parus entre le 20 août et le 10 septembre 2025, six ouvrages voient déjà avancer les 461 romans annoncés pour la rentrée 2026. Plutôt que de rejoindre docilement le fonds, ils ont créé le FLOR, Fonds de lutte contre l’obsolescence romanesque. Décidés à ne pas se laisser impressionner, ils ont adressé à ActuaLitté un manifeste, préparant une contre-rentrée, avec la volonté ferme d'occuper les tables de librairie.

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Muckle Flugga n’est pas tout à fait une île. C’est une bête rocheuse, une station spatiale battue par la mer, un morceau de terre qui renifle les visiteurs avant de décider si elle les tolère. Au sommet, un phare maintient son faisceau contre les tempêtes. Le Père le gouverne comme une forteresse ; Ouse, son fils, y cultive des légumes, tricote, recueille des livres et apprend à faire tenir ses désirs dans l’espace qu’on lui concède. Écumes et embruns le 27 août.

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Infernus Iohannes plonge la mémoire dans un monde de cauchemars

Mémoire, mode d’effroi, signé Infernus Iohannes, paraît le 27 août 2026 aux éditions Robert Laffont. Le livre suit des personnages aux souvenirs instables, hantés par des violences anciennes et prisonniers d’un présent peuplé de cauchemars.

04/08/2026, 09:47