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Les Ensablés - “Dan Yack“ de Blaise Cendrars (1887-1961)

Il faut lire Cendrars. Prendre le temps de le lire.
Poète, romancier, journaliste, bourlingueur, l’écrivain suisse qui perdit sa main gauche lors de la Première Guerre mondiale n’a cessé tout au long de son œuvre de se confronter, se coltiner avec le nouveau Dieu des hommes, né avec la révolution industrielle, la modernité.

Le 20/12/2015 à 09:00 par Les ensablés

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20/12/2015 à 09:00

Les ensablés

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Par Carl Aderhold

Tout à la fois acteur et spectateur, à la charnière du modèle de l’artiste élaboré au XIXe siècle, retiré, en marge de la société et de celui qui naît au cours du XXe siècle, l’artiste engagé dans sa réalité, Cendrars a tenté sa vie entière de surmonter cette contradiction et de répondre ou du moins de prendre à bras le corps cette question cruciale qui se pose aujourd’hui encore à l’écrivain comme au lecteur : quelle est notre place dans cette modernité, pris que nous sommes entre une réalité qui, tout à la fois, nous insuffle une force sans précédent et nous aspire dans l’action, action détruisant toute vie spirituelle dont la contemplation est porteuse? Être au monde ou s’en retirer, agir ou contempler, c’est tout le dilemme de l’homme moderne.

Lorsque paraît Le Plan de l’aiguille puis Les Confessions de Dan Yack en 1929, qu’il réunira en 1946 sous le titre Dan Yack, Blaise Cendrars, de son vrai nom Frédéric Sauser, a 42 ans. Il est surtout connu pour sa poésie (Les pâques à New York, La Prose du Transsibérien, Kodak…). Il a déjà publié deux romans importants, L’Or (1925) et Moravagine (1926).

Mais c’est véritablement avec Dan Yack que Cendrars parvient à mettre en scène la question qui hante toute son œuvre : « la transformation profonde de l’homme aujourd’hui. »

Les bouleversements techniques, scientifiques, philosophiques qui marquent les années 1900 provoquent chez nombre d’artistes une fièvre créatrice, une interrogation sur comment l’art peut rendre compte de ses bouleversements, les prendre en compte aussi. Comme nombre d’écrivains de sa génération, Cendrars a connu l’apparition de l’automobile, de l’aviation, de la radio, du cinéma… Il est fasciné par la vitesse, la force prise soudain par la réalité qui semble donner à l’homme une puissance sans limite. Il s’en fait d’abord le chantre dans sa poésie. Il semble particulièrement frappé par la fin des terra incognita. Les grandes expéditions en Afrique comme en Asie qui ont lieu entre les années 1880 et 1911 (avec la conquête des pôles) marquent en effet la disparition sur les cartes des régions inconnues. La fin des ailleurs qui ont nourri l’imagination de tant d’aventuriers, d’écrivains. Cendrars est un globe-trotter, un voyageur infatigable, et quand la réalité n’est plus suffisamment poétique, il invente, affabule diront ces détracteurs. Pauvres huissiers qui assignent le poète à sa chronologie, pointent et vétillent. Comme le dit Dan Yack, « j’ai passé la nuit à chercher qui j’aurais bien voulu être dans les différents pays du monde. J’aurais beaucoup voulu être ». La modernité pour Cendrars est toute entière dans ce don d’ubiquité, de simultanéité qu’elle procure à l’homme.

Cendrars n’est pas un simple féal de ces bouleversements. Il est tiraillé entre l’action nietzschéenne comme en témoigne sa conception de l’écriture (« Écrire, c’est abdiquer ») et le retrait pascalien – il a choisi le prénom de Pascal pour son pseudonyme. En lui, le déchirement entre le gain et la perte que provoque cette transformation, moderne et antimoderne à la façon d’un Baudelaire. Le traumatisme de la Première Guerre mondiale vient renforcer cette inquiétude.

Profondément amoureux de la France, ce Suisse s’engage dans la Légion étrangère. Dans J’ai tué (1918), il livre un pamphlet violent contre la guerre, à laquelle toute la modernité et sa fièvre mécanique auraient abouti, renvoyant l’homme à la plus primaire des sauvageries : « J’ai bravé la torpille, le canon, les mines, le feu, le gaz, les mitrailleuses, toute la machinerie anonyme, démoniaque, systématique, aveugle. Je vais braver l'homme, mon semblable. Un singe. Œil pour œil, dent pour dent. À nous deux maintenant. À coups de poing, à coups de couteau. Sans merci, je saute sur mon antagoniste. Je lui porte un coup terrible. La tête est presque décollée. J'ai tué le Boche. J'étais plus vif et plus rapide que lui. Plus direct. J'ai frappé le premier. J'ai le sens de la réalité, moi, poète. J'ai agi. J'ai tué. Comme celui qui veut vivre. »

La modernité désenchantée, la question se pose désormais de savoir quelle est la place de l’homme dans ce monde. Dan Yack commencé en 1917 tente de dresser le portrait de cet homme qui n’a jamais eu autant de puissance et qui dans le même temps est sur le point d’être dépassé par elle, de perdre aussi toute poésie. Car tout le paradoxe de la modernité est là : à la fois elle suscite la poésie en rendant accessible les rêves les plus anciens de l’humanité et elle en ôte le merveilleux comme on vide un poisson.

Dan Yack est l’archétype de cette contradiction.

Le héros de ces deux courts romans est un jeune Anglais richissime qui, suite à un chagrin d’amour, décide de quitter son existence de fêtes et de débauches pour rejoindre l’île de Struge, dans l’Antarctique. Il propose à trois artistes rencontrés lors d’une virée alcoolisée à Saint-Pétersbourg de l’accompagner. Ces trois artistes se plaignant de ne pouvoir réaliser leur œuvre faute de moyens financiers acceptent sa proposition : pendant un an ils partageront son isolement sur l’île pour mener à bien leur chef-d’œuvre.

portrait de Blaise Cendrars, par Modigliani - domaine public

« J'ai voulu dans Dan Yack intérioriser cette vue de l'esprit (que lui impose cet aphorisme de Schopenhauer, "Le monde est ma représentation"), intérioriser cette vue de l'esprit, ce qui est une conception pessimiste; puis l'extérioriser, ce qui est une action optimiste », explique Blaise Cendrars. « Systole, diastole. Les deux pôles de l'existence. Outside-in, inside-out : les deux temps du mouvement mécanique. Contraction, dilatation, respiration de l'univers, le principe de la vie. »

Les trois artistes connaissent une fin tragique, symbole de cet art qui ne peut plus exister en circuit fermé, en marge complète de son temps, de son monde. Dan Yack, force de vie brute, qui a emmené avec lui pour supporter la solitude « une pleine cargaison de rouleaux et de disques », écoute simultanément sur ses différents phonographes « les cris des foules, des applaudissements, des milliers de voix, des trompettes, le brouhaha des cortèges, un million de pas traînards ».

Ce que décrit Cendrars, c’est à la fois la mort d’un art suranné, d’où le réel est absent comme masqué – est art ce qui en efface la trace grossière – pour faire sienne la naissance d’une poésie de la réalité. La modernité est porteuse en elle-même, pour qui sait l’entendre, d’un merveilleux tout aussi puissant.

Cendrars a de tout temps été fasciné par les aventuriers, qu’ils soient gangsters, soldats de cause perdues ou bien capitaine d’industrie. Ces derniers en particulier connaissent la magie du chiffre. Cendrars aimait rappeler que son livre de chevet était un horaire des chemins de fer suisses. Il y a chez Dan Yack, comme chez Jean Galmot, le héros de Rhum, qu’il écrira un an plus tard, la même énergie poétique à transformer la matière, à en extraire, en produire des ressources, de l’argent, la même soif de bâtir des empires, aussi puissants qu’éphémères. Au bout d’un an de retraite dans cette île, Dan Yack fonde une ville en Antarctique, Community-City dédiée à l’exploitation de la baleine sous toutes ses formes. Confronté à une nature hostile (les pages consacrées à la tempête, aux glaces, sont d’une force incroyable, on sent ses phrases s’embacler tels des icebergs détachés de la banquise et dérivants dans l’océan), l’homme est tout à la fois le jouet des éléments et le dompteur, recréant à son tour une nouvelle réalité qui se substitue à la nature.

À Moby Dick qui fait du cétacé et de sa chasse par le capitaine Achab, un symbole de la lutte entre le Bien et le Mal, Cendrars oppose une vision de la baleine, réduite à son exploitation commerciale, tous les morceaux de l’animal pouvant être transformés, utilisés pour les usages des hommes. Le déplacement est d’importance. La mort du symbolisme ne signifie pas la mort de la poésie qui, d’abstraite et plaquée sur le réel, surgit au contraire de ce réel, toute entière portée par l’action, le mouvement de ces hommes qui créent de toutes pièces, une ville, une communauté, dédiée à l’exploitation des grands cachalots. L’urgence, la vitesse, le surgissement qui fait de son héros un demi dieu capable de refaire le monde est au cœur de ce nouveau merveilleux.

Le second volume commence de la même façon. Dès l’exergue, Cendrars place son roman sous le signe de la modernité technique. « Quand les pages d’un livre seront-elles sonores ? Pauvres poètes, travaillons. Cette Deuxième Partie a été parlée au Dictaphone ; elle n’a pas été écrite. Quel dommage qu’on n’entende pas la voix de Dan Yack entre ces pages. »

Revenu dans le monde, Dan Yack prend part à la Première Guerre mondiale, tombe amoureux de Mireille, une jeune fille pour laquelle il achète des studios de cinéma afin qu’elle puisse être actrice. Elle meurt d’une maladie soudaine. Dan Yack se réfugie dans son chalet à Chamonix et fait le récit de cet amour, entrecoupé par les carnets de sa femme défunte qui donne en quelque sorte sa version.

Le génie de Cendrars tient tout entier dans ce double mouvement, présence, retrait du monde, systole, diastole, et dans la tension qui les anime.

Dan Yack tout à la fois un grand roman d’aventure, un recueil de poésie, un récit d’initiation, la description d’une chute et sa rédemption, et un hymne à l’imagination.

Cendrars nous invite à réenchanter ce monde dont nous acharnons depuis des décennies à extraire la substantifique moelle.

Pauvres hommes qu’attendons-nous pour répondre à son appel ?

Par Les ensablés
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À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Permis de conduire : les ouvrages indispensables pour bien se préparer

Passer le permis de conduire ne se résume plus à apprendre des manœuvres ou à réciter le Code de la route. Pour beaucoup de candidats, notamment les plus jeunes, la préparation passe désormais aussi par des livres, des récits et des ouvrages pratiques qui permettent de comprendre la conduite autrement. Entre guides pédagogiques, histoire de l’automobile et nouvelles méthodes d’apprentissage, l’édition accompagne l’évolution du permis en France.

21/05/2026, 16:50

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Escape : Rick Remender transforme la guerre en cauchemar moral

Avec Escape, Rick Remender et Daniel Acuña signent une chronique de guerre sous tension, publiée en France par Urban Comics dans la collection Grand Format Urban (trad. Benjamin Rivière). Le premier tome, paru le 7 mai 2026, compte 168 pages et reprend les épisodes américains Escape #1-6. Et pourtant, ce n'est rien de dire que je déteste les récit de guerre, les bombardiers et les militaires – et par-desssus tout, les récits anthropomorphiques. Avec Escape, tout gagné...

21/05/2026, 14:05

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Peter Pan, un classique plus mélancolique qu’il n’y paraît

Peter Pan vient de rejoindre la Bibliothèque de la Pléiade chez Gallimard. L’événement pourrait sembler évident tant le personnage appartient désormais à l’imaginaire collectif. Et pourtant, cette publication dit exactement l’inverse : si tout le monde connaît Peter Pan, rares sont ceux qui connaissent vraiment les aventures du jeune héros et encore moins J.M. Barrie.

20/05/2026, 13:19

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Il est bon parfois de réveiller les morts : Donald Westlake, 1933-2008

Bien plus que sa traduction française, le titre original nous fait entrer dans ce que ce texte a de fascinant, d'essentiel. Et dans sa permanente actualité. The Hook, « l'accroche », dramatise dans la vie du premier personnage concerné, Bryce Proctorr, auteur à succès mais guetté par l'impuissance créatrice, ce qui constitue la matière vive d'un roman, sa possibilité, la condition sine qua non de son existence : l'accroche narrative, le fait qu'une histoire naisse, se déclenche, se déploie. Par Jean Miniac.

20/05/2026, 12:42

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Nous qui avons connu Solange

19/05/2026, 21:37

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Sarah Kechemir : l’urgence de vivre vite

Sarah Kechemir s’octroie le droit à la nuance et à l’ambiguïté pour raconter, de manière polyphonique, les vies presque ordinaires de femmes algériennes luttant avec témérité pour triompher du « cirque » des convenances sociales. Une première publication qui, malgré certaines insuffisances et son caractère encore inabouti, signe une entrée en littérature enthousiasmante.

19/05/2026, 16:51

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La Lenteur, de Milan Kundera : L’être est un songe

La Lenteur (éditions Gallimard, 1995) est le premier roman français de Milan Kundera. Conformément à l’une des équations du livre, qui pose que la célébrité est source de malheur, son narrateur, double de l’auteur, et celle qui partage sa vie souhaitent se mettre au vert. Ils se rendent pour ce faire dans un château de charme devenu hôtel – précisément celui qui sert de cadre à la nouvelle intitulée Point de lendemain, écrite au XVIIIème siècle, par Vivant Denon. 

19/05/2026, 14:43

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Marie de Médicis, une Européenne à la mode du XVIIᵉ siècle

19/05/2026, 14:40

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James Lee Burke : un récit noir, où l’Amérique brûle encore

« People are strange / When you're a stranger / Faces look ugly / When you're alone », chantait Jim Morrison. James Lee Burke nous entraine sur les traces de Weldon Holland depuis une enfance texane marquée par la poussière, la maladie et la violence jusqu’aux champs de bataille, puis aux mirages du pétrole. Fresque morale et méditation sur la vengeance, ce noir roman d’apprentissage interroge ce qu’'il reste d'un homme quand l’Histoire l’oblige à combattre trop tôt, puis à revenir parmi les vivants.

19/05/2026, 12:47

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Les naufragés

19/05/2026, 12:30

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Ma sœur chasseresse : le roman québécois qui ose un narrateur infréquentable

Dans Ma sœur chasseresse, Philippe Arseneault compose le retour au Québec d’un narrateur installé en Chine, Roé Léry, écrivain opportuniste et professeur de droit. Entre satire du milieu littéraire, rupture amoureuse, chasse familiale et quête patrimoniale autour d’une relique, le roman transforme la haine du pays natal en matière romanesque instable, comique et douloureuse, sans jamais offrir au lecteur le confort d’une réconciliation. 

19/05/2026, 11:51

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Une héroïne trop libre pour son siècle, L’Intrépide des mers

Le roman d’aventure retrouve le goût des héroïnes indociles, des familles tyranniques et des affrontements à haute tension. Evangeline Mac Namara, promise aux contraintes du monde, oppose aux salons londoniens une intelligence acérée, un sens aigu de l’injustice et l’appel persistant du large. Vagues et embruns à venir ce 17 juin.

19/05/2026, 11:15

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Aven : la parole est aux gouffres

Voici un roman tout de strates et de gouffres, entre néolithique, naissance de la spéléologie et enquête contemporaine. Autour d’Orhak, de Louis Armand, de Fanny et d’Éloïse, le causse Méjan devient un territoire d’énigmes, où la découverte compte moins que la manière de transmettre, ou de protéger, ce que la pierre conserve. Aven, de Lilian Bathelot sortira le 4 juin

19/05/2026, 11:12

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Un avenir de footballeur suspendu à une décision

Pablo rêve de devenir joueur de football professionnel mais son père s’y oppose. Pendant un match de sélection décisif, son destin va basculer.

19/05/2026, 08:00

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À Bondy, dans les pas de Kylian Mbappé et du football populaire

En 2018, alors que la France gagne sa deuxième étoile, Antoine Zéo se rend à Bondy, en banlieue parisienne, pour rencontrer ceux qui ont découvert le talent du meilleur joueur français depuis Zinédine Zidane.

19/05/2026, 07:00

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Charlotte McConaghy, la nature à vif

Charlotte McConaghy, c'est l'australienne pour qui le mot « nature-writing » a sans doute été inventé. Avant le phénomène 2026 des Fantômes de Shearwater, revenons à son premier roman qui nous emmenait (en 2024) en Écosse sur les traces d'une meute de loups.

18/05/2026, 11:47

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Demis Hassabis, Beckett, private equity : les lectures de Books

Cette semaine, la Booksletter explore l’intelligence artificielle selon Demis Hassabis, les détours de la traduction chez Beckett, la mécanique du private equity, la circulation des nouvelles dans l’Europe moderne et les limites de la rationalité économique. Une traversée des savoirs où les livres éclairent technologies, langues, marchés, histoire de l’information et comportements sociaux, sans céder aux raccourcis faciles ni au bruit médiatique.

16/05/2026, 10:01

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Prodiges : simplicités de l'existence

« La maison avait toujours été cossue bien qu’elle semblât, dès son achèvement, non pas modeste mais certainement austère. » Rue Scheller se tient une pension, construite en 1801 par un gros marchand de tissus connu à l’époque de toute la ville. Tenue d’une main de fer par Mme Helena Lundgren, ce lieu accueille des âmes très différentes, complexes, qui cohabitent sous un même toit. Et, entre les murs, les échos du passé n’ont pas fini de se faire entendre…

15/05/2026, 15:54

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Meilleures ventes : L’Empire McFadden contre-attaque

Et quand y'en a plus… y'en a finalement encore. Le raz-de-marée Freida McFadden frappe une nouvelle fois. Deux nouveaux titres ont déjà conquis son public et c’est le retour de la domination américaine pour cette nouvelle semaine (du 04/05 au 10/05). Alors, Force ou Côté obscur ?

15/05/2026, 11:34

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Le banc

15/05/2026, 11:30

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L’Appel du Dragonnier : une île entre beauté et menace

Transformer une photographie d’arbre en traversée de Socotra, île yéménite rêvée puis éprouvée. C'est tout l'objet de L’Appel du Dragonnier de Cécile Palusinski Entre récit poétique, rencontres socotries, beauté du vivant et alerte écologique, le refus l’exotisme facile : le dragonnier y devient moins un but qu’une voix, qui oblige à regarder autrement une terre, ses habitants et ce qui menace leur fragile équilibre, loin de toute carte postale.

14/05/2026, 15:48

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Faust, Goethe, Delacroix et Nerval : une affaire diaboliquement romantique

Voici un livre publié par les éditions Diane de Selliers qui ne se contente pas de remettre Faust entre nos mains : il le fait surgir dans toute sa puissance noire, fiévreuse, presque hallucinée. Faust de Goethe, illustré par Eugène Delacroix, traduit par Gérard de Nerval, ce n’est pas seulement un texte majeur accompagné de belles images. C’est la rencontre d’un mythe, d’un peintre et d’un écrivain, qui créent un pur chef-d’œuvre.

13/05/2026, 15:28

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Comment survivre à votre fatigue de genre ?

13/05/2026, 13:47

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La chambre de bonne de Mathieu Pieyre : un petit espace pour une grande liberté.

« Depuis que j’ai ouvert la digue des souvenirs, je suis obsessionnellement replongé dans ces jours de ma jeunesse, comme si, de cette humble chambre de bonne, j’avais renouvelé le bail ». Au 5/7 rue de Lille, dans le VIIe arrondissement, a vécu le célèbre psychanalyste Jacques Lacan.

13/05/2026, 10:38

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Une disparition d’enfant et un village rongé par les non-dits

Le second roman d'une auteure au parcours original mais un polar bien noir qui peine à convaincre vraiment : vingt ans plus tard, le village ne s'est toujours pas remis de la disparition d'une enfant.

13/05/2026, 07:00

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Quand l’idole d’enfance devient un ami

Dans un salon qui ressemble à tous les salons de l’enfance — un peu étroit, encombré d’objets sans importance et pourtant décisifs — un ballon de mousse roule entre deux chaises. Il y a, sur la table basse, des morceaux de sucre, des emballages de Tiki froissés, et dans l’air quelque chose de suspendu, comme une attente. Le match ne se joue pas dans un stade, mais ici, entre le canapé et la fenêtre. Et déjà, au fond de la pièce, une silhouette se détache : celle du gardien.

12/05/2026, 12:55

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Meilleures ventes : La prof entre en tête devant Franck Thilliez et Fred Vargas

Avec 29.696 exemplaires vendus sur la semaine, La prof, de Freida McFadden, s’installe directement à la première place des meilleures ventes. Le poche publié par J’ai lu atteint 29.831 ventes cumulées. Derrière lui, L’autre moi, de Franck Thilliez, bondit au 2e rang avec 19.647 exemplaires, tandis qu’Une unique lueur, de Fred Vargas, complète le podium avec 15.271 ventes. Le haut du classement associe une entrée en tête, une forte progression et la résistance d’un titre déjà installé.

12/05/2026, 11:39

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Un amour sans retour, une lettre brûlante : La Fille du Sud de Barbara Monroe

Revenue dans son village provençal, la narratrice tient un vieux bar, lutte contre les dettes, les rêves et l’oubli. Entre lyrisme, mémoire et attente, le roman interroge ce qui, d’une passion, survit quand l’absente gouverne encore chaque geste, et quand écrire devient moins un adieu qu’une façon de demeurer vivante.

12/05/2026, 10:52

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Anthropodermia, ou le thriller des livres en peau humaine

Frédérique Molay signe un thriller où l’histoire du livre bascule dans le crime. De Paris en 1475 à l’enquête contemporaine de Samuel Riss et Katell Kervadec, le roman relie peaux humaines, pouvoir politique et prédation sociale. Anthropodermia, un polar ample, sensoriel et brutal, qui transforme l’objet-livre en pièce à conviction, sans sacrifier la mécanique de l’enquête ni la tension intime des personnages, jusqu’au malaise durable.

12/05/2026, 10:19

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Un thriller contemporain où les smartphones deviennent des armes

Un premier thriller assez réussi avec pas mal d'humour, une curieuse intrigue et quelques personnages bien sympathiques. Cette « histoire de téléphones tueurs » pourrait bien vous guérir de votre addiction à votre smartphone.

12/05/2026, 10:18

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Marilyn, Judy, Dorléac : quand les étoiles quittent l’écran

Les derniers jours de grandes actrices sans céder au pur mausolée : de Marilyn Monroe à Judy Garland, de Françoise Dorléac à Annie Girardot, Philippe Durant raconte le prix de la lumière : ce que la célébrité expose, use, isole, puis laisse derrière elle lorsque le mythe rend enfin la place à la femme, à ses peurs, à ses colères, à ses failles. Une élégie documentaire, parfois lyrique, souvent juste.

12/05/2026, 10:17

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Claire Lombardo : un supermarché suffit à réveiller une vie

Comment transformer une rencontre fortuite au supermarché en déflagration intime. Autour de Julia, épouse, mère et fille, le roman explore les zones grises de la maternité, du couple et du désir. Entre ironie domestique et vertige moral, Comme au premier jour de Claire Lombardo interroge ce que le passé continue d’exiger des vivants. Une chronique familiale ample, où le quotidien trivial ouvre sur la honte, la tendresse et la peur d’avoir raté sa vie. 

 

12/05/2026, 10:10

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Le Beaujolais face à l’après-guerre

Beaujolais, 1919. La Grande Guerre s’achève. Claudius Grandvignon, dit « Glodusse », que l’on croyait disparu, rentre enfin chez lui.

12/05/2026, 08:00

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Une plongée familiale dans les images et la mémoire

Entre mémoire familiale et geste artistique, Rozebud explore la zone trouble où l’image devient révélation. Héritière d’un appareil photo transmis par son grand-père, Isabelle Rozenbaum transforme cet objet en clef d’un récit et d’une traversée intérieure.

12/05/2026, 07:00

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Paris sous les drones : le roman d’anticipation politique de Thomas Bronnec

Avec cette « guerre des drones » dans notre capitale, Thomas Bronnec nous plonge dans un futur que l’on pressent comme beaucoup trop proche, beaucoup trop réaliste. Au point d’espérer très fort que le mot « anticipation » veuille dire encore quelque chose. Toute l'infortune du monde, aux éditions Gallimard.

11/05/2026, 11:04

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Comment Nicolás Guillén a révolutionné la poésie cubaine du XXe siècle

Réédité à titre posthume en 2016 par Le Temps des Cerises, Le Chant de Cuba. Poèmes 1930-1972, présenté, choisi et traduit par Claude Couffon, rassemble une large sélection de l’œuvre de Nicolás Guillén. Publiée à l’occasion du centenaire de la naissance du poète, cette anthologie ne constitue pas seulement une entrée dans une œuvre majeure de la poésie cubaine du XXe siècle : elle en oriente déjà la lecture en privilégiant ses dimensions rythmiques, orales et historiques. Par Fidèle Mabanza.

11/05/2026, 11:03