#Edition

L’appropriation culturelle et les Sensitivity readers

Ou la question du T’es-qui-toi-à-la-base-pour-causer-de-ça ? Suite à notre entretien avec l'éditeur Stephen Carrière, autour de la censure d'ouvrages, nous avons souhaité prolonger la réflexion posée sur l'avenir de l'édition. Et ce, à travers deux thématiques très contemporaines : le rôle du trigger warning, détaillé la semaine passée. Il évoque cette fois-ci les sensitivity readers et la notion d'appropriation culturelle autre enjeu pour l'industrie du livre.

Le 22/03/2021 à 08:11 par Auteur invité

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22/03/2021 à 08:11

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ActuaLitté

ActuaLitté m’a demandé un article sur chacun de ces deux sujets, mais je me suis dit qu’il n’y avait pas d’intérêt à séparer le mauvais vin de la gueule de bois.

Contrairement à l’article précédent sur les Trigger warnings, je ne vais pas consacrer une longue introduction à la définition de l’appropriation culturelle. Je pars du principe que c’est un concept bien mieux connu. Je définirai en revanche plus tard le terme de sensitivity reader. Au lecteur qui râle devant un nouvel anglicisme, je dis : « Ami, prie pour que sa traduction française ne devienne pas trop vite familière à tes oreilles. »

Pour commencer, il n’est pas inutile de rappeler que, dans l’histoire littéraire, la question de la légitimité n’est pas nouvelle. Permettez-moi deux détours. On va les emprunter en excellente compagnie, c’est promis.

Le dandy et l’ouvrier

Rien ne prédisposait Eugène Sue à entrer dans l’histoire littéraire comme un champion des masses laborieuses. Dilapidant un héritage familial, cet avide lecteur de Fenimore Cooper affectionnait les salons à la mode et les romans qui fleurent bon les embruns et l’aisselle de pirate. Son ambition artistique auto-proclamée était de « se carrer dans une décente réputation négative » et parvenir « à la douce et paresseuse quiétude des gras chanoines de la littérature » (1). 

La plupart des biographes de Sue retiennent une anecdote rapportée pas l’écrivain Félix Pyat comme le moment fort de son éveil à conscience politique.

Le 25 mai 1841, Sue assiste au théâtre de la porte Saint-Martin à la première d’une pièce de Pyat qui raconte les misères d’un vieil ouvrier. Il en ressort bouleversé. Le lendemain, Pyat l’invite à dîner en compagnie d’un ouvrier estampeur nommé Fugères. Ce dernier reproche aimablement au dramaturge d’avoir dressé dans sa pièce un portrait d’ouvrier fort peu réaliste.

Sue est subjugué par la conversation de Fugères et quitte la table en déclarant : « Je suis socialiste. » (Il sera élu député républicain de la Seine en 1850).

Un dandy est ému par un personnage d’ouvrier dans une œuvre de fiction jugée par un vrai ouvrier comme représentant mal sa condition… Qu’est-ce que cela produit ?

Les mystères de Paris.

Un type tellement décent

Je pense qu’on n’en est pas encore à brûler Georges Orwell. Il a laissé quelques gages solides de son engagement en faveur des défavorisés. En revanche, il est intéressant de savoir que lui-même s’est posé cette question de la légitimité à parler pour les pauvres. Un « t’es-qui-toi… » qu’il s’est infligé toute sa vie comme un cilice de moine, et qui est bien décrit par Simon Leys dans Orwell ou l’horreur politique (Ed. Plon). Je vous livre l’extrait :

« Il n’y avait aucun espoir, pour l’ancien étudiant d’Eton, de pouvoir jamais se fondre dans la foule prolétarienne. {...Il ne put jamais surmonter les difficultés qu’il éprouvait à simplement communiquer avec les membres des classes populaires — d’entrée de jeu, son accent aristocratique (…) rétablissait les barrières qu’il aurait voulu abolir. (…) C’est encore sa nièce qui résuma le mieux le fond du problème (...) : « Une bonne part de ses complexes provenaient du fait qu’il aurait dû aimer tous ses frères humains, alors qu’il n’était même pas capable en fait de leur parler naturellement. »

Un membre de la gentry se reprochant de lutter pour les pauvres sans « en être »… Qu’est-ce que cela produit ?

1984 et la Common decency.

Que peut-on apprendre de ces deux exemples ? Qu’est-ce qui sauve les bonnes intentions des handicaps liés à l’origine ? Je dirais la sincérité, l’intelligence, le talent et l’effort. C’est peut-être ma conclusion définitive sur le sujet. Mais à ce stade, un esprit woke me reprochera de cantonner l’appropriation culturelle à la lutte des classes quand elle fait surtout rage aujourd’hui dans la lutte des races. Je lui donne raison. Je pense même que c’est le cœur du problème.

T’as-quelle-couleur-de-peau-toi-pour-écrire-ou-traduire-ça ?

L’année dernière, Jeannine Cummings publie un roman flirtant avec le thriller, American Dirt. Il a pour intrigue la fuite d’une Mexicaine et son fils dans l’enfer des Cartels. L’éditeur a cassé sa tirelire pour lui offrir un à-valoir de légende, Stephen King et Don Winslow ont chanté les louanges du texte, Sa Majesté Oprah Winfrey l’a adoubé, le succès suit assez logiquement. Sauf que, Jeannine Cummings est née en Espagne, a grandi dans le Maryland, qu’elle s’est installée à New York et qu’elle a épousé un type d’origine irlandaise. Bref vous l’aurez compris, elle n’est pas Mexicaine.

CENSURE: Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Tollé, pétition contre le livre, deuxième pétition d’une centaine d’auteurs pour pousser Oprah à rétracter son soutien, annulation de la tournée promo, excuses publiques de la maison d’édition, mouvement de nombreux libraires qui refusent de vendre de livre.

J’ai choisi cette anecdote, mais un tour sur la toile de tous nos mécontentements vous offrira mille vilenies similaires. L’argument contre le livre est simple : une blanche s’est approprié un morceau de souffrance latino.

Quand Roberto Bolaño, dans son colossal roman 2066, s’empare du sujet des disparues de Ciudad Juarez, il a « le droit ». Il est chilien, pas mexicain, mais on va dire qu’il est « latino ». Tiens… c’est le sujet du dernier roman de Yasmina Khadra, Pour l’amour d’Elena, dans lequel un adolescent quitte son village natal de l’État mexicain de Chihuahua pour retrouver l’amour sa vie, disparue à Ciudad Juarez… dans l’enfer des cartels.

Le Mexique, les cartels… Khadra a-t-il « le droit » contrairement à Cummings ? Est-ce pour cela que le titre du livre est accompagné de la mention « inspiré d’une histoire vraie » ?

Et plus sérieusement, est-ce qu’on pourrait s’arrêter un instant sur la dimension économique de cette pensée ?

Cummings s’approprie un sujet latino. Cela implique qu’elle s’est aussi approprié une « valeur » qui devrait profiter à un auteur latino. Ce n’est pas moi qui fais ce raccourci, il est explicite dans les récriminations. Vous la voyez venir, l’AOC littéraire ? Vous commencez à admirer l’implacable beauté commerciale d’un identitarisme qui « ouvre des droits » (mais pas du genre civique) ?

Un point très important : les thuriféraires de l’appropriation justifient toujours le concept comme une forme de rééquilibrage face à une dominance économique et raciale. La logique est qu’il existe plein d’auteurs latinos qui se font spolier par une auteure blanche, forte de ses privilèges blancs de Nord-Américaine impérialiste. Parce qu’il est clair qu’un auteur latino brillant n’a pas vraiment ses chances… On a cité Bolaño, le dernier titan mondial des lettres, ce doit être une anomalie…

Je souhaite sortir de toute ironie, parce que le drame, j’en ai bien peur, c’est que les gens dont on parle n’ont aucune idée de l’importance de la littérature sud-américaine dans l’histoire mondiale des lettres classique ou contemporaine. Le problème de toutes ces discussions, c’est qu’on fait semblant, par courtoisie, d’ignorer qu’une grande partie du problème, c’est justement l’ignorance. Vous pensez qu’elle lit quoi, vraiment, la lectrice adulte qui réclame des triggers warning en début d’ouvrages de fiction : Easton Ellis ? Angot ? Houellebecq ? Ellroy ? Vous pensez qu’il lit quoi, pour de vrai, le vengeur-sur-canapé qui gueule contre Cummings en pensant qu’elle a empêché plein d’auteurs latinos d’entrer dans la lumière : Bolaño ? Cortazar ? Borges ? Vargas Llosa ?

Néo-marxisme ou McKinsey ?

Et vint l’affaire Amanda Gorman… Tout a déjà été dit sauf le pire, je crois. Au point où on en est, je prends le pire sur moi : mais quelle brillante campagne de pub ! Parce qu’on parle quand même de poésie à la base.

Amanda Gorman, cette illustre inconnue (n’allez pas me faire croire que tout le monde a regardé cette investiture morne comme un jour de covid).

Amanda Gorman la poétesse/activiste/noire, presque traduite aux Pays-Bas par une écrivaine/activiste/blanche, presque traduite en Catalogne par un traducteur/non-activiste/blanc, bientôt traduite en France par une autrice-compositrice/mannequin/noire.

Avec ces éléments de langage, vous réalisez les ressources en storytelling de tout ça ? Cette histoire a pour les médias un potentiel de clics à rendre jalouse Meghane Markle.

Quel éditeur (premier ou étranger) aurait pu espérer un tel lancement pour un recueil de poésie ? Avec la certitude que tout critique se posant la seule question qu’un critique devrait se poser : « Que vaut la poésie d’Amanda Gorman ? » se verra lapider comme s’il avait été pris en flag en train de faire des quenelles avec Soral et Dieudonné.

Je précise que je n’ai pas lu la poésie de Gorman et je n’insinue pas un instant que le plan de com’ était prémédité.

Mon interrogation est la suivante : et si l’appropriation culturelle était un business model disruptif génial ? Un indice renforçant ce soupçon est que le péché capital de l’appropriation culturelle nous a été présenté accompagné de sa rédemption tarifée : les sensitivity readers.

Les « Relecteurs en sensibilité »En gros des gens qui parce qu’ils sont {noir/latino/trans/etc.} possèdent une expertise qu’ils peuvent louer aux auteurs afin que les personnages qu’ils créent et qui ne leur rassemblement pas, soient garantis exempts de représentations erronées, offensantes. Après les AOC pour les auteurs, voici les certifications ISO pour leurs personnages.

L’idée que la littérature devrait s’encombrer de l’impératif d’épargner les susceptibilités des uns et des autres n’est pas une idée qui se discute, c’est juste une idée idiote. Parce que c’est une idée de gens qui confondent la littérature et l’Entertainment.

Je voudrais insister sur un paradoxe politique qui me fascine. Les conservateurs américains reprochent à la cancel culture d’être portée par des « néo-marxistes », prédateurs de la liberté d’expression. C’est oublier qu’ils pratiquaient sans complexe la cancel culture bien avant les wokes, en militant pour retirer des écoles et bibliothèques des listes d’ouvrages qu’ils accusaient de contenir des contenus offensants (sexualité, athéisme, culture LGBT, etc.).

Qui le premier grand « Culture canceller » de l’histoire américaine en fait ? Mc Carthy, il me semble.

Je n’irai pas plus loin sur ce sujet, mais je formule un doute : Et si l’identitarisme, matrice de la pensée woke, était plutôt une mutation de la société d’hyper consommation ? C’est précisément l’absurdité de ces histoires d’appropriations, de Sensitivity readers, de Trigger warnings, qui m’alerte. Parce que vu sous un autre angle, elles ne sont pas si absurdes que ça ces histoires. Elles prennent même carrément du sens… si le but est de transformer chaque individu en marque déposée. 

D’ailleurs, si vous trouvez que je suis dur avec les Sensitivity readers, sachez que je ne me fais pas de souci pour eux. Je suis persuadé qu’ils finiront tous chez McKinsey à facturer des milliers d’heures de consulting pour un lancement de shampoing de L’Oréal. L’expertise identitaire, c’est le métier de demain.

Comme dans un film, Denzel Washington sauve tout le monde à la fin…

Vous l’avez remarqué, je n’ai pas commencé cet article par des exemples pathétiques comme celui de Cummings, mais par de grands esprits qui se posaient de grandes questions.

Ce serait dommage de balayer ce thème de la légitimité par rejet d’une pandémie de crétinisme matérialiste. La question des « territoires » de l’écrivain est passionnante et complexe.

L’acteur Denzel Washington y a apporté une belle contribution lors de la promotion de son film Fences. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce d’August Wilson (pour laquelle il avait reçu un Pulitzer). Fences, comme souvent dans l’œuvre de Wilson, traite de la condition des noirs en Amérique.

Denzel a donc réalisé une splendide adaptation. Mais elle est sortie en salle en plein mouvement Black Lives Matter et tous les journalistes ont voulu le ramener à sa propre couleur de peau, couleur « indispensable » pour avoir « le droit » de filmer cette histoire. Inlassablement, courageusement, se faisant beaucoup d’ennemis, il a réfuté : « Ce n’est pas une question de race, c’est une question de culture. »

Au risque de prêcher : comme elle est belle et simple la ligne de conduite à tenir !

August Wilson était un métis, né à Pittsburgh, fils d’un immigré allemand des Sudètes et d’une Afro-Américaine de Caroline du Nord. Il disait que c’est dans les histoires de Gauchos argentins de Borges, qu’il avait appris le mouvement du particulier à l’universel. Il disait que dans Fences, son personnage Troy, un éboueur noir, se débattait avec les questions de l’amour, de l’honneur, de la beauté, de la trahison, et du devoir. Il disait que les spectateurs blancs reconnaîtraient ces questions comme celles qui agitent leurs propres vies, et que cela les conduirait à ne plus voir la couleur de Troy, mais un homme qui leur ressemble.

Fences, en français, veut dire « barrières ».

Je pense sincèrement qu’on peut continuer à en faire tomber quelques-unes sans se laisser empoisonner par de sombres passions identitaires.

 

1. L’intégralité de mon érudition au sujet d’Eugène Sue est empruntée à l’historienne Judith Lyon-Caen et sa passionnante préface des Mystères de Paris, Éditions Quarto Gallimard.

Crédit photo : StockSnap, CC 0 ; Nanthapongs CC 0 ; Cdd20 CC 0

 
 
 
 
 
 
 
 

17 Commentaires

 

Cylcée

22/03/2021 à 20:10

En ce qui concerne l'engagement d'Orwell, il faut consulter le travail de l'historienne britannique Frances Stonor Saunders sur les archives déclassées, et son rôle dans le MacCarthysme...

Who Paid the Piper: The CIA and the Cultural Cold War / Frances Stonor Saunders.
- London: Granta Books, 1999.- £20.

http://monthlyreview.org/1999/11/01/the-cia-and-the-cultural-cold-war-revisited/

NAUWELAERS

23/03/2021 à 00:46

Article nécessaire et salutaire, bien entendu.
Pour l'appropriation culturelle, elle a toujours existé.
Mais certes, comme l'auteur le rappelle, elle a pu donner lieu à des discussions et des interrogations d'auteurs comme Sue ou Orwell, des débats intérieurs sérieux et vraiment fructueux et dignes de respect.
Un exemple tout aussi célèbre est évidemment celui de Victor Hugo, le chantre ultime du peuple qui fut dans sa jeunesse un homme de droite voire d'extrême droite...
On remarque que de façon indirecte d'abord (Sue et son épiphanie rappelée par l'auteur) puis directe (Edmond Rostand), le théâtre de la porte Saint-Martin est à l'origine de deux des plus grands chefs-d'oeuvre que le génie français a pu engendrer: «Les Mystères de Paris» et «Cyrano de Bergerac» (un cas problématique puisque ce titre eût dû être monté à Bergerac donc ! Appropriation culturelle !).
Sinon l'appropriation culturelle existe dans l'autre sens: Jules Romains et Maurice Leblanc ne pensaient pas du tout à un protagoniste noir pour le docteur Knock ou Arsène Lupin...
Omar Sy est sans doute excellent -je n'ai pas vu -mais si l'appropriation culturelle est tellement inadmissible, il faudrait protester pour ce cas également -ce que seules des voix vraiment très à droite font.
En brassant du vent qui souffle pour rien, en rigolant bien, le vent.
Ce n'est pas sérieux, tout cela et sans appropriation culturelle, pas de culture, tout bêtement.
Les idéologues ont l'art du déni de réalité.
Et/ou de la tordre (y compris par la novlangue) dans le sens qui leur convient et qu'il s'agit d'imposer à autrui car ils ont raison et que c'est comme ça.
Une histoire belge toute récente pour démontrer la bêtise insigne des néo-censeurs...qui ne justifie en rien les méfaits de la censure tristement «traditionnelle», je m'empresse de le préciser (qui sévit encore trop souvent) !
Suite au changement de nom du tunnel Léopold II à Bruxelles -ce roi colonialiste longtemps vénéré étant tricard aujourd'hui (ce qui bien sûr mérite des discussions sérieuses et étayées) -eh bien ce fleuron de la ville de Bruxelles, qui bat tous les records de pots d'échappement au mètre ou disons décimètre carré, a été rebaptisé: tunnel Annie Cordy !
Ce qui est une manière douteuse d'honorer la fantaisiste et actrice belge, ont remarqué certains à raison.
Mais à peine la décision fut-elle prise suite à un vote populaire à Bruxelles... que des redresseurs de torts (sous statut d'autoentrepreneurs non sollicités par quiconque) ont pleurniché à propos d'une chanson de Cordy de 1985 considérée par ces éclairés comme raciste, et très connue.
«Cho Ka Ka Ka O» (retitré erronément «Chaud Cacao»).
Même la section belge de la LICRA s'est insurgée contre la stupidité de cette attaque bien-pensante mais au point d'en être...rien-pensante !
Agréable surprise que cet organisme officiel de lutte contre le (VRAI) racisme ait pris ses responsabilités et refusé de tirer à boulets rouges ridicules contre un embryon de toile d'araignée.
La LICRA tient à sa crédibilité.
Qu'elle en soit louée.
Il vaudrait mieux maintenant qu'aucun plaisantin ne s'avise de diffuser dans une émission un peu populaire le titre «Oui Missié» de ladite Cordy, paru en 1956 sur le EP «La Petite Martiniquaise» en l'an de grâce 1956 !
Ha ha ha...«In cauda venenum»...!
C'est audible en ligne (avant censure ?).
(Ah et au fait de quel droit chantait-elle son immortel classique «La Bonne du Curé» sans expérience de cette activité ?Mais d'où parlait-elle ?)
Autrefois on concluait souvent avec ce qui suit:«Tout finit par des chansons.»...
Si on piquait enfin toutes ces baudruches envahissantes et si inutiles d'aujourd'hui ?
Pour les dégonfler à jamais ?
Merci à ActuaLitté pour cet article qui peut-être suscitera moult réactions en sens divers...
Enfin disons que lorsque des silex sont frottés les uns contre les autres, de belles étincelles peuvent parfois jaillir !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Forbane

23/03/2021 à 16:43

Merci pour votre humour et votre intelligence Nauwelaers;)

NAUWELAERS

23/03/2021 à 19:52

Merci Forbane, vous êtes vraiment très gentille !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Michaël MULERO

23/03/2021 à 03:30

Brillant !

Laurent Gidon

23/03/2021 à 09:54

Votre article tombe à pic après la diffusion hier soir, sur Culture Box (mais qui regarde Culture Box ?), d'une réappropriation de Les Justes de Camus par Abd Al Malik : une pièce d'un auteur blanc des années 1940, mise en musique par un griot des années 2000, jouée par des acteurs de couleur et parlant de révolutionnaires russes (donc blancs ET rouges) des années 1900. En voilà de l'appropriation culturelle croisée puissance 5 !
Le problème me semble être donc double : l'ignorance dont vous parlez très bien, mais aussi l'inaction. On pleure, on râle, mais qu'est-ce qu'on fait ? Abd Al Malik répond, et superbement. Les râleurs et les pleureurs ont-ils vu son spectacle ?

Lyo

23/03/2021 à 12:04

La série Arsène Lupin qui se déroule de nos jours parlé d'un cambrioleur joué par Omar Sy qui s'inspire des méthodes d'Arsène Lupin et qui est un fan du livre. C'est tout.

Je pense que les débats à ce sujet sont très intéressants. La question ne se poserait évidemment pas si tous le monde avait les mêmes chances d'accès à la publication. Malheureusement, ce n'est pas le cas, ce qui fait qu'il y a un sentiment de frustration qui est née.

La censure n'est évidemment jamais la solution et franchement, j'encourage celle et ceux qui sont victimes de lynchage sur les réseaux sociaux de se déconnecter complètement. C'est souvent de là que vient le problème, il y a un effet de meute.

Si on était plus à l'écoute les uns des autres, ça n'arriverait pas. Mais, je peux comprendre la colère de certaines communautés. Au Canada, il y a des milliers de femmes de première Nation (amérindienne) qui disparaissent sans que ça choque les autorités, Elles sont victimes de diverses violences médicales, sexuelle, policières.... les rapports gouvernementaux mentionnent le terme "génocide", ce qui n'est pas rien...

Alors imaginez, une personne blanche écrit un roman policier à ce sujet alors que ces femmes sont ignorées la plupart du temps et discriminées. Mettez vous à leur place 5 secondes et imaginez que cette personne fasse son succès là-dessus. Vous ne seriez pas en colère ?

Alors certes, la personne qui publie ce livre n'est pas responsable de ce qui se passe. Mais d'un autre côté, elle s'approprie un sujet qui ne l'a concerne pas et de plus oui cette personne bénéficie du système de discrimination mis en place.

Voilà, je pense qu'il faut avoir de l'empathie et savoir écouter les gens qui sont en souffrance. Évidemment, maintenant il y a beaucoup de colère mais il n'est jamais trop tard pour établir un dialogue.

NAUWELAERS

23/03/2021 à 19:51

Lyo,
Vous écrivez (littéralement): «...elle s'approprie un sujet qui ne l'a concerne pas...».
Figurez-vous que c'est exactement la définition de la littérature !
Qui «s'approprie» (quel mot mesquin) tout ce qu'elle veut, libre comme Carmen face à tous les Don José aux petits pieds, jaloux, frustrés, teigneux...
On peut certes préférer l'autofiction voire le nombrilisme.
Ce n'est heureusement pas le cas de tout le monde.
Un auteur sérieux étudie son sujet, se documente, prend des contacts et essaie de transposer dans son livre ce qu'il a découvert pour le thème qu'il entend développer à sa manière spécifique.
Son intérêt sincère pour le sujet le rend légitime et les «frustrations» voire la jalousie de tel ou telle ne sont pas son problème, excusez-moi.
Un vrai écrivain ne s'en préoccupe pas le moins du monde.
Littérature et liberté...puis il y a les gens qui bossent et les opportunistes.
Les faisans et les gens de talent.
Ces derniers ont raison aux yeux des amateurs de littérature.
«Vous ne seriez pas en colère ?», écrivez-vous.
Et si à l'inverse -en élargissant le carcan mental victimaire - les personnes victimes de telles maltraitances se réjouissaient qu'un livre, même écrit par un auteur blanc ne vivant pas ces problèmes, et à succès attire l'attention sur ce qui se passe et ce qui les afflige ?
Pourquoi ne pas envisager les choses de façon positive plutôt que systématiquement négative et parfaitement stérile ?
Un auteur comme un porte-parole possible contre les injustices qui les afflige plutôt que le méchant-étranger-qui-s'approprie etc. ?
Loin des rancoeurs et des jalousies dont on n'a pas à tenir compte sinon l'employé de la Poste qui écrit n'a le droit de raconter qu'une histoire arrivant à un employé de la Poste et non au serveur d'un restaurant où il prend sa pause, en période vivable et normale ?
Je préfère la grande focale plutôt que le (tout) petit bout de la lorgnette, qu'il faut ignorer lorsque l'on prétend écrire des livres et non des pensums bien-pensants destinés à plaire à toutes les doxas qui guettent, menacent, se lamentent, commentent et condamnent.
Aux oiseaux tous ces grumeaux sans intérêt et on y va...
Ou alors on fait autre chose.
Et foncer dans ce qu'on veut raconter et exprimer -sans chaperon rebaptisé «sensitivity reader».
«Trigger warning»: à l'extrême rigueur pour de jeunes enfants.
Sinon c'est un cheveu sur ou dans cette soupe qu'est devenu une partie de ce monde littéraire trop perméable à ce genre de diktats et de frilosités envahissantes.
Pas la totalité heureusement !
Les écrivains libres planent au-dessus du lot.
Pourquoi diable ne pas préférer le et les meilleur(s) ?
Et puis les chiens aboient, les commères commèrent et la caravane des écrivains passe, parfois en brûlant les feux rouges.
Seul le talent et la personnalité restent, et un souci certes de véracité et d'authenticité.
Construire sur du solide.
Vive la littérature, le talent, le souffle d'une écriture et d'une personnalité et la liberté.
Y compris de s'approprier tout ce qu'on veut: seule la manière fait la différence et nous permet de garder le bon grain en dédaignant l'ivraie.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Alex-si

23/03/2021 à 14:20

Pour moi c'est aussi une mutation d'une chose que j'entends trop souvent les parents dire à leurs amies sans enfants "Tu peux pas comprendre, t'as pas d'enfants" avec le gros sous entendu : "boucle la, tu sais pas de quoi tu parles".
Depuis quand faut-il avoir une expérience personnelle de quelque chose pour en parler? Si c'était le cas personne ne pourrait communiquer avec personne ni avoir d'opinion politique !
La souffrance mérite compassion et il faut tout faire pour éviter que les injustices et la violence existent. Pour autant je ne pense pas qu'elle doive donner de passe-droit.
Il y a là une ligne fine et difficile à concevoir. Je déteste qu'on parle de mes émotions comme si l'on savait mieux que moi ce que je ressens mais j'aime aussi voir que mes émotions sont comprises et parfois exprimées mieux que je ne suis capable de le faire par une personne qui a un vécu différent.
Je pense que la différence, au delà de la tolérance du lectorat (qui malheureusement est loin d'être une évidence) tient à l'humilité de la tentative. Ne feignons pas l'empathie, respectons l'autre en espérant que ce monde en folie ne s'emballe pas dans cette spirale infernale de "ta gueule, t'es pas légitime". J'ai bien peur, hélas, qu'il ne soit déjà trop tard...

NAUWELAERS

23/03/2021 à 20:01

Alex-si, tout à fait d'accord avec vous.
Petite pointe d'optimisme tout de même pour tirer vers le haut votre constatation désabusée de fin de message: si cette médiocrité victimaire à base de ressentiment, de jalousie et de conformisme continue à envahir le champ littéraire, les vrais écrivains seront d'autant plus et mieux mis en valeur par comparaison !
Moi j'y crois.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Alex

23/03/2021 à 14:24

Au risque de passer pour un néo nazi, voici ce que j'en pense : ne sommes nous pas tous humains? N'est-ce pas une légitimité suffisante à parler de problème humains?

Victor

23/03/2021 à 14:51

Heureusement que les tenants de l’appropriation culturelle n'aient pas existé au 19e siècle. Sinon, les mouvements abolitionnistes blancs n'auraient pas eu droit de cité, et l'esclavage n'aurait jamais été aboli dans les sociétés occidentales !

Calou

24/03/2021 à 10:47

Remarquable article!

Alexandre Pinteau

28/03/2021 à 19:15

Excellent article.
Richard Wright raconte dans son livre autobiographique black boy qu'il avait discuté avec un flic sympa en oubliant qu'il était blanc.

NAUWELAERS

28/03/2021 à 23:59

On mentionne souvent le terme «sensitivity readers» sur ce site, notamment depuis l'interview édifiante de Stephen Carrière le 5 mars par Nicolas Gary, à ce sujet et celui des «trigger warnings» et de la «cancel culture».
Mais je propose de réintégrer le terme français, apparu sur ActuaLitté l'an passé: «démineur éditorial», ou donc démineuse éditoriale...
On aimerait que tant la version anglaise que française de ce triste nouveau métier soient bientôt plus obsolètes -même si moins sympathiques -que le travail de rempailleur de chaises, ou allumeur de réverbères par exemple ; ici, symboliquement, on les éteindrait plutôt !
Mais tant que ce nom existe, autant l'utiliser en français.
Je ne sais plus quelles jeunes éditrices françaises interrogées sur le site, il y a un bon bout de temps, avaient cru bon d'incorporer le déminage éditorial dans leur savoir-faire professionnel, ce qui m'avait fortement déçu et ce qui prouve que cette tendance est déjà présente depuis tout un temps dans le monde de l'édition.
Il ne faut pas hésiter à manifester notre souhait d'une littérature non expurgée, filtrée, épurée et pasteurisée.
Voire infantilisée pour ménager les susceptibilités de tout le monde...enfin mis à part les gens sensés qui eux, font encore la différence entre ce qui est écrit dans un livre et la vraie vie.
Loin d'une certaine confusion ou schizophrénie moderne qui pousse à la plus insupportable intolérance qui -avec une tartufferie sans borne(s) -ose se prétendre «progressiste» !
Un peu comme un un trou de gruyère qui tonnerait: «Appelez-moi maître Fromage !»
C'est celâââ, oui...
Bref: soutenons et promulguons une littérature libre et respectée, qui ne s'impose à personne mais que personne n'a le droit de plier et tordre à sa guise comme un simple tuyau d'arrosage.
Sous n'importe quel prétexte...à part des écrits qui véritablement tombent sous le coup de la loi.
Là, pas besoin de «trigger warnings» ni de déminage éditorial: on s'abstient de sombrer dans l'illégalité avérée, c'est tout.
Et à part cela...liberté: c'est tout (bis).
CHRISTIAN NAUWELAERS

Dudz

29/03/2021 à 10:52

Résumé de l'article : JE pense JE sais JE ne comprends pas MAIS JE vais en parler avec MON opinion toute faite sans consulter les concernés car JE suis la voix donc JE m'autorise à parler de quelque chose que JE ne maîtrise pas...

De quoi traite t-on déjà ?...
Ah oui c'est ça, on y est en fait.

NAUWELAERS

29/03/2021 à 11:15

Dudz,
Ne soyez si pessimiste...!
On comprend très bien les dérives qui s'installent et on n'en veut pas pour des raisons évidentes et légitimes.
Que l'on explique en long et en large: cela vous a-t-il échappé ?
Tant Nicolas Gary qu'une majorité du lectorat.
Que vous compreniez ou pas cette position démocratique, c'est une autre question.
Les partisans de «trigger warnings» etc. s'expriment librement sur un site qui se veut pluraliste et donc démocratique et intelligent.
Ce qui n'oblige personne à être d'accord avec ce point de vue-là...
Bonne journée.

CHRISTIAN NAUWELAERS

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Le Pass sanitaire : “Bombe à fragmentation pour la lecture publique”

Déjà préoccupés depuis la publication du décret d’application, les établissements de lecture publique s’inquiètent plus encore de voir la législation poindre. L’accord trouvé par la Commission mixte paritaire sur le projet de loi sanitaire laisse planer plus d’inquiétudes encore. L’interassociation des bibliothèques et bibliothécaires diffuse un message d’alerte, ici reproduit dans son intégralité.

26/07/2021, 18:44

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La loi Climat et résilience briderait inutilement “l’activité de l’industrie papetière”

La « Convention citoyenne pour le climat » est, depuis sa création, présentée comme un moyen pour accélérer la lutte contre le changement climatique. LObjectif premier : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, partout en France. Bien qu’engagée dans cet effort vers une industrie plus « verte », l’Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses a exprimé ses inquiétudes. Nous publions ici leur réaction dans son intégralité.

22/07/2021, 13:17

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Maroc : le procès Radi et Stitou dévoile “une gouvernance par la terreur”

Reporters Sans Frontières parlent d’un « procès de la honte » après que le verdict ait été rendu : la justice marocaine condamne Omar Radi et Imad Stitou au terme d’une « procédure entachée d’irrégularité ». Accusés de viol, d’espionnage ou encore de non-dénonciation d’un crime, la cour de Casablanca n’a pas fait dans la demi-mesure. Jean-Philippe Domecq, Président au PEN Club français du Comité des écrivains persécutés livre ici un texte pétri d’indignation.

21/07/2021, 14:53

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Aux auteurs biélorusses, “nous redisons notre admiration” (Pen Club français)

Les citoyens, militants de la démocratie et auteurs biélorusses viennent de subir une nouvelle vague répressive, en Biélorussie. Sur ordre du président Alexandre Loukachenko, plusieurs centaines d'organisations non gouvernementales ont été visées par des perquisitions, le 14 juillet dernier. Parmi celles-ci, l'Union des écrivains biélorusses et le Pen Club local. Le Pen Club français exprime sa solidarité, dans nos colonnes.

19/07/2021, 09:47

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Les auteurs existent-ils vraiment ?

Avons-nous réellement progressé depuis le bureau de législation dramatique par Beaumarchais, précurseur de la Sacd ou de la Sacem ? Nous en sommes toujours à « Compose Le Boléro ou Born to be alive… scénarise un block-buster… Sois téléchargé un million de fois ou tais-toi ! » ! par Olivier Cohen, membre du conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnels.

15/07/2021, 12:23

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“Nous sommes des centaines, chaque année, à rencontrer élèves et étudiants”

La Maison des écrivains est soutenue par les auteurs et les autrices qui la font vivre, qui travaillent avec son équipe au quotidien, et qui rencontrent, avec elle, leurs lecteurs, notamment grâce aux actions importantes, uniques au plan national, que conduit la Maison pour l'éducation artistique et culturelle. Une lettre ouverte au Président de la République le rappelle au moment où celui-ci vient, ce 17 juin, de déclarer vouloir faire de la lecture une grande cause nationale.

14/07/2021, 09:23

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“40 ans après la loi Lang, c’est toute la chaîne du livre qu’il faut securiser”

Parce qu'un peu d'histoire ne fait jamais de mal, surtout à une époque de contre-vérités rapidement disséminées, Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise nous propose un retour dans le temps. Et de ramener de ce voyage quelques éléments pour éclairer le présent. Voire, qui sait : trouver des perspectives pour consolider la chaîne du livre dans son ensemble.  

10/07/2021, 10:14

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“En réalité, Milan Kundera écrivait déjà en français dans ses romans tchèques”

Paru en italien en 2013, puis aux éditions Gallimard en avril 2014, La fête de l’insignifiance fait désormais l’objet d’une édition en tchèque. Anna Kareninová — traductrice éminente et reconnue — a la responsabilité de rendre les textes de Milan Kundera en tchèque. Elle signe également la postface de cette édition (dans une traduction opérée par Anna Kubišta). Les éditions Atlantis, qui ont publié ce livre en 2020, nous offrent ainsi un regard inédit, personnel et complexe sur le travail même de traduction.

06/07/2021, 13:50

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Feel good books ? “Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ?”

Écrire ne m'a jamais fait manger.J'ai fait ce que l'on appelle délicatement des "succès d'estime", ce qui veut dire que je n'ai eu aucune critique négative - quelle chance !-  mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 ex. Tout cela en étant publiée par de belles maisons. Par Cathy Galliegue.

01/07/2021, 09:09

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Amis auteurs, “ne nous trompons pas de combat”

Avant même le rapport Racine, remis en janvier 2020 au ministre de la Culture, qui reconnaissait la paupérisation des artistes-auteurs, ces derniers alertaient sur une baisse de leurs revenus et une dégradation de leurs conditions de travail et de vie. Selon Paola Appelius, traductrice littéraire et présidente de l'Association des traducteurs littéraires de France, les préoccupations ont été entendues, et le travail d'amélioration a bel et bien commencé. Nous reproduisons ci-dessous sa lettre ouverte aux auteurs.

29/06/2021, 09:04

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Rentrée littéraire : la critique, le lecteur, le libraire et le quatre-quart

Encore deux mois de patience avant de trouver sur les tables de librairies, dans les dossiers ventrus de la presse, les titres de la prochaine rentrée littéraire. Alors parleront auteurs, éditeurs, journalistes, parfois quelques lecteurs dont la notoriété médiatique fera croire à une influence réelle sur les envies mouvantes des lecteurs. Qui mieux qu'un libraire, artisan besogneux de cette grand'messe dont il ne retirera lui-même ni lauriers ni couronne, pour poser un regard distancié, frondeur, amusé, bienveillant sur ce rituel que d'aucuns conspuent à loisir, avant que de s'y sacrifier ?

27/06/2021, 11:04

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Chris Ware : “Aux États-Unis, la BD n'est même pas considérée comme un art”

Grand Prix de la ville d'Angoulême 2021, l'auteur américain Chris Ware rejoint un panthéon qui réunit déjà Emmanuel Guibert, Rumiko Takahashi, Katsuhiro Ōtomo, Art Spiegelman ou encore François Schuiten. Dans une lettre reproduite ci-dessous, il salue l'affection et la déférence que la France consacre au 9e art.

23/06/2021, 10:28

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La lecture dans les établissements de santé, “espace d’intimité, d’évasion, de liberté”

La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) s'engage dans une vaste opération de rapprochement entre les professionnels de la santé et ceux de la lecture publique, pour multiplier les projets culturels autour du livre et de la lecture dans les établissements de santé. Nous reproduisons ci-dessous le plaidoyer de la fédération, destiné à convaincre de l'importance cruciale de la lecture dans le parcours de soins.

18/06/2021, 15:06

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FIBD : les Autrices et Auteurs en Action “demandent maintenant des actes”

Le collectif AAA (Autrices et Auteurs en Action) entend attirer l'attention des pouvoirs publics sur les suites données au rapport Racine sur la condition des auteurs, qu'il estime « enterré ». Après une proposition de boycott du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2021, le collectif a proposé un vote pour Bruno Racine, pour le Grand Prix. Vote qui ne sera pas comptabilisé, a confirmé l'organisation. Le collectif prend acte, mais demande à présent au festival de démontrer son soutien aux auteurs, lors de la prochaine édition. Nous reproduisons le courrier de réponse au FIBD ci-dessous.

09/06/2021, 14:49

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Les auteurs de Suisse s'expriment en faveur de la loi Covid-19 

La Suisse doit prochainement s’exprimer sur une législation et les débats vont bon train. Le secteur de la Culture touché au même titre que d’autres reste en demande d’actions. Et le collectif Suisse Culture, dont l’association des auteurs partage le message, demande donc que la loi Covid-19 fasse l’unanimité. « Qui dit non à la loi Covid-19 rend impossible tout soutien aux branches les plus durement touchées : la culture, l’événementiel, la gastronomie et le sport. » Leur appel est ici reproduit dans son intégralité.

31/05/2021, 17:01

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Affaire Marsan : huit autrices de Bragelonne “rappellent la société à ses obligations”

Une enquête de Mediapart, en avril dernier, a fait état des témoignages d'une vingtaine de femmes, qui pointaient le comportement « déplacé » de l'éditeur Stéphane Marsan, directeur du groupe Bragelonne, dans un cadre professionnel, à l'occasion de réunions ou lors de festivals. Depuis, la société n'a pas réagi publiquement, et aucune mesure ne semble avoir suivi ces révélations. Huit autrices de livres publiés par le groupe rappellent la société à ses obligations, menaçant de reprendre leurs droits sur leurs créations. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leurs revendications et leur lettre ouverte.

28/05/2021, 09:00

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En Biélorussie, la liberté d'expression et l'opposition en danger

Le détournement d'un avion de ligne par un appareil militaire, pour arrêter l'opposant et journaliste Roman Protassevitch, constitue le dernier « coup d'éclat » du régime autoritaire d'Alexandre Loukachenko. Depuis les résultats des élections présidentielles de 2020, contestés par une partie de la population, la répression s'intensifie. Le PEN Club français fait part de son inquiétude pour la liberté d'expression, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

27/05/2021, 09:26

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Perdue en mer de Chine ? Roselyne Bachelot face à ses contradictions

Voilà quelques jours, la ministre de la Culture se lançait dans d’hasardeuses comparaisons : d’un côté les tensions en mer de Chine, de l’autre celles entre organisations représentatives des artistes-auteurs, qui seraient plus ardues à résoudre que les premières. Les intéressés — les artistes-auteurs, pas les Chinois… — ont décidé de répondre à Roselyne Bachelot, considérant que le mépris avait des limites… Leur texte est ici proposé dans son intégralité. 

17/05/2021, 15:21

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“Essentiel c’est-à-dire absolument nécessaire” : des libraires privés d'activité

Malgré les menaces de la crise sanitaire, le retour des beaux jours ouvre des perspectives plus heureuses, avec une reprise d'activité. Certains libraires, notamment ceux proposant des livres d'occasion, se trouvent toutefois privés de participation aux marchés en extérieur. Une situation incompréhensible, portée à la connaissance de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, par Frédéric Mignon et Pascale Chassang, libraires à la Librairie Sans Nom, au Mans, dans une lettre ouverte publiée dans nos colonnes, en intégralité.

07/05/2021, 14:56

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Une loi sur les bibliothèques, “un marqueur fort et une opportunité”

Déposée au Sénat le 3 février dernier, la proposition de loi de Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine), relative aux bibliothèques et au développement de la lecture publique, a bien sûr attiré l'attention des professionnels du secteur. Trois associations professionnelles saluent cette proposition de loi dans un communiqué, reproduit intégralement ci-dessous.

07/05/2021, 11:29

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Institut du service public : les conservateurs généraux des bibliothèques volontaires

Dans la foulée de l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France, l'Association française des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation plaide pour une intégration des conservateurs généraux des bibliothèques au sein du futur Institut du service public (ISP). Nous reproduisons le texte de l'association ci-dessous.

06/05/2021, 11:24

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“Oui, on le savait. Mais personne n’a rien dit, surtout par peur”

Le 21 avril dernier, un article de Médiapart dévoilait les nombreux témoignages de professionnelles. Chacune pointait, dans ses relations, le responsable éditorial des éditions Bragelonne, Stéphane Marsan. Après la vague de révélations viennent les interrogations, les inquiétudes, les attentes. Adrien Tomas, auteur de fantasy, avait vivement réagi, et accepte de nous confier son texte. Le voici publié dans son intégralité.

04/05/2021, 11:32

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#MeToo dans l'édition : “Je suis Jeanne”, une témoin se dévoile

« Je suis Jeanne, l’une des témoins cités sous pseudo par Médiapart dans son enquête du 21 avril 2021. M. Marsan a répondu à cet article en identifiant les témoins, les unes après les autres, dans un exercice d’intimidation qui doit figurer dans un chapitre du Nécronomicon. Dans l’un des derniers paragraphes et sous couvert d’éloges contrits, il rend mon identité publique en citant Albin Michel, ma maison d’édition. Déjà, tout le monde s’en fout, de mon identité, donc joke’s on you. » Par Marguerite Imbert.

01/05/2021, 12:50

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Haute fonction publique : les conservateurs des bibliothèques attentifs

Après la suppression de l'École nationale d'administration (ENA), Emmanuel Macron propose une réforme de la haute fonction publique, avec pour principale mesure la « fonctionnalisation » de l’Inspection générale des Finances (IGF), de l’Inspection générale de l’Administration (IGA) et de l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas). Les conservateurs et conservatrices des bibliothèques saisissent l'occasion pour demander une prise en considération de certaines revendications, portées par l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France (ADBGV), dont nous reproduisons le texte ci-dessous.

29/04/2021, 16:20

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Harcèlement sexuel : soutien à "celles et ceux qui osent témoigner publiquement" 

Dans le contexte de l'enquête menée par Médiapart publiée le 21 avril dernier, où plusieurs autrices, auteurs et anciens salariés de la maison d'édition Bragelonne témoignent d'une attitude déplacée de Stéphane Marsan, directeur des éditions. Une pétition a été initiée sur le site de Chance.org par Lionel Evrard pour mettre fin à cette « omerta ». Nous reproduisons ici ses propos, dans leur intégralité. 

28/04/2021, 17:40

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Archives : le déménagement qui interroge

Le ministère de la Culture a récemment annoncé le dépôt des archives municipales de Troyes et des archives de Troyes Champagne Métropole aux Archives départementales de l’Aube, dans le cadre des dispositions prévues par le Code du patrimoine. Cette situation, inédite à cette échelle, soulève des questions sur la responsabilité et l’investissement des collectivités envers leur patrimoine archivistique, ainsi que le détaille l'Association des archivistes français dans une tribune, ici reproduite en intégralité.

23/04/2021, 09:21

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“Face à la détresse scolaire des étudiants, faire de l’enseignement supérieur une priorité”

Devant l'ampleur de la crise sanitaire, le groupe des éditeurs universitaires du Syndicat national de l'édition lance un appel, voire un cri d'alerte. Leur message est ici reproduit dans son intégralité. 

19/04/2021, 09:33

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Égypte : un chercheur détenu pour son travail sur les droits des femmes

74 organisations non gouvernementales internationales cosignent une tribune pour exiger la libération de l'étudiant et chercheur égyptien Ahmed Samir Santawy. Le 1er février dernier, il a été interpelé alors qu'il rendait visite à sa famille en Égypte, et reste aujourd'hui en détention provisoire, pour des motifs non expliqués. Nous reproduisons ci-dessous le texte des ONG, en intégralité.

16/04/2021, 16:57

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Québec : le devenir des écrivains au coeur des préoccupations

L’Union des écrivaines et écrivains québécois fait état de la publication de deux sondages convergents. Le premier, auprès de la population du Québec, le second auprès des écrivains, mais tous deux font état d’une prise de conscience et d’un réel soutien aux artistes. Nous reproduisons ici leur tribune, dans son intégralité. 

16/04/2021, 13:29

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Les bibliothèques universitaires demandent “une offre riche et diversifiée” d'ebooks

Les bibliothèques françaises des établissements de l’Enseignement Supérieur et des écoles de management, soutenues par le consortium Couperin, qui négocie les accès aux œuvres au format numérique, demandent dans une tribune un accès plus large et économiquement viable aux catalogues numériques des éditeurs. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leur texte.

15/04/2021, 16:58

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Roselyne Bachelot et l'Observatoire des métiers : “Un problème de méthode”

ActuaLitté reproduit ici une lettre ouverte de l’intersyndicale signée par 20 organisations professionnelles d’artistes-auteurs. Datée du 8 avril, elle concerne l’une des rares promesses de la ministre Roselyne Bachelot sur un Observatoire des métiers. Une annonce qui semble déjà fortement compromise compte tenu de la méthodologie du ministère, analysent-elles.

08/04/2021, 10:19

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“Le poids parfaitement illégitime de la commandite” d'Arnaud Lagardère

En tant qu’actionnaires minoritaires des Éditions Calmann-Lévy aux côtés de Hachette Livre, Éliane et Christopher Calmann-Lévy ont pris acte du départ d’Arnaud Nourry qui présidait aux destinées de Hachette Livre depuis 18 années. Dans un message communiqué à ActuaLitté, ils évoquent cette rupture, pour l’ex-PDG passé de « l’homme fort » au « maillon faible ».

03/04/2021, 17:24

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Ouverture des bibliothèques : “Aucune solution unique ne saurait être imposée”

Après les annonces présidentielles de ce mercredi 31 mars, les mêmes questions reviennent, du côté des professionnels des bibliothèques. Encore une fois, les associations interprofessionnelles apporteront des réponses, mais l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) tient à avertir les autorités de la situation et des difficultés actuelles. Nous reproduisons ci-dessous le message de l'organisation.

02/04/2021, 14:47

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“Opacité, manipulation et atteinte aux droits syndicaux des artistes-auteurs”

L'intersyndicale des artistes-auteurs apprend aujourd'hui, le 29 mars, que la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture (DGCA) a convié les organismes de gestion collective et diffuseurs à des « groupes de travail utilisateurs, en visioconférence, sur la nomenclature de revenus d’artistes auteurs à laquelle travaille le ministère de la Culture et qui servira de base à la nouvelle interface informatique de déclaration des revenus d’artistes auteurs ». Nous reproduisons ici l'intégralité de leur texte.  

29/03/2021, 16:58

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Mahomet supprimé de La Divine Comédie : Dante victime du “politiquement correct”

Une traduction de La Divine Comédie de Dante expurgée de Mahomet « pour ne pas blesser » : le choix d'un éditeur néerlandais fait couler beaucoup d'encre, avec des accusations de censure qui se multiplient. Le PEN Club français s'inquiète lui aussi de précautions qui finissent par porter atteinte à l'œuvre et à la « dimension transculturelle » de Dante. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, le texte de l'organisation.

29/03/2021, 16:44

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Auteurs professionnels : un statut non essentiel ?

Je ne suis pas le premier, je ne serai sûrement pas le dernier, mais je souhaitais m’exprimer sur la situation alarmante des artistes-auteurs dont je fais partie. Parce que pour parler net, il semblerait qu’on ait décidé en hauts lieux de nous laisser crever la bouche ouverte. Par Guilhem Meric.

25/03/2021, 10:01

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Bob Morane, ou l'ombre jaune de Roselyne Bachelot

Une nouvelle fois, le cabinet de la ministre fait grincer des dents. Ou bien faut-il considérer que l’année de la BD étant close, tout ce qui touche au 9e art se relaie à l’arrière-plan ? Henri Vernes ne méritait pas même un tweet, service de communication ministérielle a minima ? Non, manifestement non. Parce qu’en effet, Bob Morane n’a pas vraiment l’ampleur ni la présence justifiant que l’on se fende d’un hommage, même concis. Et puis, ce sont les vacances, pas question de faire du zèle ?

28/07/2021, 12:27

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“Je voudrais que l’oral fasse suer l’écrit”, Gilles Defacque

Voilà maintenant un mois que le ministère de la Culture a annoncé le départ de Gilles Defacque de la direction du Prato, pôle national du cirque de Lille. Remplacé par Célia Deliau, directrice du Cirque Jules Verne, pôle national du cirque d’Amiens, depuis 2016, c’est une page qui se tourne. Départ dans cette bibliothèque peu commune, celle du metteur en scène, clown, poète, Gilles Defacque.

26/07/2021, 12:18

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Un procès insensé : “L’Internet Archive a un cœur, et sait s’en servir”

Lorsque j'ai entendu parler des poursuites judiciaires pour non-respect du droit d’auteur intentées le 1er juin 2020 aux États-Unis par quatre grands éditeurs (Hachette, Penguin Random House, Wiley, HarperCollins) à l’Internet Archive pour son Open Library, et ce en pleine pandémie, je n’arrivais pas à y croire. Et ce mauvais rêve se transforme en cauchemar puisqu'un procès retentissant doit débuter le 12 novembre 2021.

22/07/2021, 10:42

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Luca di Fulvio : “Mes personnages veulent suivre leur propre chemin”

Son sourire enjôleur et lutin fascine : rencontrer Luca Di Fulvio, c’est plonger dans le charme d’une autre langue, et dans une littérature d’un autre monde. Les lecteurs qui l’ont découvert avec Le Gang des rêves auront le bonheur de le retrouver dans un roman plus italien cette fois. Conversation avec un dilettante particulièrement attaché à son art…

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Brewster Kahle, archiviste ultra

PORTRAIT – Bientôt au cœur d'un tonitruant procès intenté par quatre grands groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive célèbre, en 2021, ses 25 ans. Depuis 1996, elle abrite des sauvegardes du web mondial, mais aussi des exemplaires numériques de films, enregistrements audio, jeux vidéo, journaux ou encore livres. Portrait du bâtisseur de cette bibliothèque d'Alexandrie, Brewster Kahle.

14/07/2021, 14:53

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La littérature, cet outil de connaissance

Le PEN Club, au carrefour international des cultures, est de ce fait bien placé pour constater que la littérature est au croisement de la création et de la connaissance. Ayant pour mission fondatrice la défense de la liberté d’expression et celle-ci n’étant pas divisible, le réseau solidaire des PEN Clubs nationaux a à connaître et faire connaître toute forme d’expression qui est opprimée parce qu’elle porte l’émancipation, la pensée mobile, donc critique, et les mutations de la sensibilité — autant dire : la littérature. Par Jean-Philippe Domecq.

06/07/2021, 10:07

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Philipp Weiss : “Nous n’avons pas de langue pour décrire le temps présent”

Pour la rentrée littéraire, certains se satisfont d’un roman. Avec Le grand rire des hommes assis au bord du monde, dans une traduction de l'allemand par Olivier Mannoni, Philipp Weiss s'aventure dans une oeuvre totale : cinq livres, dont un manga, à travers les 1200 pages d'une épopée rare. Rencontre avec cet auteur à l'oeuvre hors norme. 

05/07/2021, 10:38

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Le livre numérique, 50 ans d'existence et de lectures

Il fut le compagnon des lecteurs, au cours de cette année pandémique 2020, certains en ont découvert les vertus, par l’offre gratuite et libre de droit, d’autres le coût avec des titres plus récents. Mais le livre numérique, ou ebook, n’est pas ce jeune premier que la presse présente depuis quelques années. Voilà désormais 50 ans que ce format se construit, évolue, à travers les progrès technologiques et les investissements d’entreprises. Bon anniversaire, petit cinquantenaire.

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Des éditions collector de mangas victimes de la spéculation

Depuis le début de l'année 2021, le manga bat tous les records de vente dans les librairies françaises. Pour entretenir l'engouement et s'assurer la fidélité d'un public qui pourrait se contenter de versions numériques, voire de scans illégaux, les éditeurs n'hésitent pas à publier des versions collector, en quantité limitée. Maisons d'édition et libraires ne peuvent toutefois que constater le développement d'un marché parallèle, où la revente se fait au prix d'une intense spéculation.

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Histoire de l’ebook #17 - Les grandes dates du Projet Gutenberg

« Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes œuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d’enseignement. » (Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg et père de l’ebook)

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Histoire de l’ebook #15 - Un hommage aux bibliothécaires

Le/la bibliothécaire a toujours eu un rôle charnière dans le monde du livre, y compris numérique. Les bibliothèques sont largement couvertes par les médias, mais qu’en est-il de ceux et celles qui les font fonctionner ? Une première version de ce texte fut publiée dans ActuaLitté en 2016. Voici aujourd'hui une version revue et actualisée pour inclure les ultimes développements de la profession. L’auteure fut elle-même bibliothécaire avant d’être traductrice.

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Histoire de l’ebook #14 - L’ebook vu par quelques pionniers

Voici le sentiment de plusieurs pionniers du livre numérique interviewés par courriel au fil des ans pour mes articles et livres sur le sujet: Michael Hart (Projet Gutenberg), John Mark Ockerbloom (The Online Book Page), Robert Beard (A Web of Online Dictionaries), Jean-Paul (Cotres.net), Nicolas Pewny (Le Choucas), Marc Autret (Indiscripts), Pierre Schweitzer (@folio), Denis Zwirn (Numilog) et Henri “Henk” Slettenhaar (Silicon Valley Association).

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Histoire de l’ebook #13 - L'Internet Archive, une bibliothèque planétaire

L’Internet Archive est fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie) pour préserver un historique de l’internet. D'abord « bibliothèque de l’internet » avec la Wayback Machine, qui permet de voir l’évolution d’un site web depuis 1996, elle devient ensuite « une bibliothèque numérique à but non lucratif destinée à procurer un accès universel au savoir humain ». Elle propose deux millions de livres numérisés en mars 2010. Dix ans plus tard, elle est la plus grande bibliothèque numérique publique mondiale.

28/06/2021, 09:32

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Histoire de l’ebook #12 - De Google Print à Google Books

Google lance Google Print en mai 2005 en partenariat avec des éditeurs et des bibliothèques, puis le suspend trois mois plus tard suite à un conflit avec les associations américaines d'auteurs et d'éditeurs. Le programme reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres) et numérise les milliers de livres de bibliothèques partenaires. Mais Google continue de numériser des livres sous droits sans l'autorisation préalable des ayants droit, et le conflit se poursuit. Après une longue saga judiciaire de près de dix ans, la justice américaine tranche en octobre 2015 en faveur de Google.

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Histoire de l’ebook #11 - La licence Creative Commons

Créée en 2001 à l'initiative de Lawrence “Larry” Lessig, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la diffusion et la réutilisation d'œuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. De nombreux auteurs et autres créateurs souhaitent en effet utiliser le réseau de diffusion qu’offre l’internet tout en contrôlant les droits sur leurs œuvres, mais le copyright traditionnel leur semble trop restrictif. Creative Commons fête ses 20 ans en juin 2021 avec 2 milliards d’œuvres sous licence Creative Commons.

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Le livre, bien essentiel : “L’une des plus importantes victoires” de 2020

Près de soixante-dix maisons françaises et italiennes auront pris part aux journées d’échanges organisées à l’initiative de l’Association des éditeurs italiens. Engagé à la tête de cette organisation depuis 2017, Ricardo Franco Levi intervient régulièrement dans nos colonnes, apportant éclairages et interventions sur le marché italien. Depuis Milan, il revient sur ces trois jours, manifestement riches.

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Histoire de l'ebook #10 - Wikipédia, une encyclopédie planétaire

Lancée en janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia est une encyclopédie gratuite en ligne écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Rédigés par des milliers de volontaires dans des dizaines de langues, les articles et les illustrations restent la propriété de leurs auteurs. Leur libre utilisation est régie par la licence GFDL puis par la licence Creative Commons. Wikipédia comprend 17 millions d’articles dans 270 langues en 2011, avec 400 millions de visiteurs par mois. D'autres encyclopédies collaboratives suivent, par exemple l’Encyclopedia of Life.

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Histoire de l’ebook #9 - L’EPUB devient le format standard

Le format EPUB succède au format OeB (Open eBook) en avril 2005 en tant que standard du livre numérique et supplante peu à peu le format pionnier PDF. « Totalement différent du PDF, le format EPUB permet d’afficher un texte ajusté au tout dernier moment en fonction de l’écran et des choix du lecteur au moment précis de la lecture. Plusieurs applications permettent de créer un fichier EPUB directement, dont des logiciels libres. La plupart des liseuses sont compatibles avec le format EPUB. » (Nicolas Pewny, consultant en édition électronique)

23/06/2021, 09:27

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Entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers de Mondadori Libri

Le site NewItalianBooks, qui promeut les maisons d'édition et la culture italiennes à l'étranger, a réalisé un entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers chez Mondadori Libri. Ce dernier est le groupe de presse le plus influent en Italie. Interrogée par Paolo Grossi, directeur du site, elle revient sur l'influence du livre italien à l'étranger. Par Paolo Grossi.

22/06/2021, 12:25

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Histoire de l’ebook #8 - Premières expériences d’auteurs de best-sellers

Le maître du suspense américain Stephen King est le premier auteur de best-sellers à se lancer dans l’aventure numérique en 2000, malgré les risques commerciaux encourus. Il autopublie un roman épistolaire inédit en plusieurs épisodes sur un site web créé à cet effet, avec un résultat mitigé, avant de nouvelles expériences avec son éditeur. D'autres auteurs de best-sellers tentent eux aussi l’aventure numérique avec leurs éditeurs, par exemple Frederick Forsyth en Grande-Bretagne, Arturo Pérez-Reverte en Espagne et Paulo Coelho au Brésil.

22/06/2021, 10:05

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Queenie, histoire d'une gangster venue de Martinique, pour conquérir Harlem

Stephanie Saint-Clair. Avec un nom pareil, elle aurait pu faire du music-hall. Et d’une certaine manière, elle fut la reine de la nuit. Au cœur de Harlem, elle devint Queenie, cheffe de gang respectée au sein de Harlem : protectrice d’une communauté noire contre les policiers — déjà ! —, elle mena tambour battant une carrière dans la loterie clandestine. Nous sommes en 1933, la prohibition a pris fin, et cette Martiniquaise, ayant migré une vingtaine d’années plus tôt à New York affronte la mafia italienne, regardant les hommes droit dans les yeux. Queenie, plus qu’une gangster généreuse : un symbole.

22/06/2021, 08:05

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Histoire de l’ebook #7 - Premiers dictionnaires et encyclopédies en ligne

Disponibles en ligne au tournant du millénaire, les premiers dictionnaires et encyclopédies de référence émanent de versions imprimées, par exemple le Dictionnaire universel francophone (Hachette), WebEncyclo (Atlas) ou encore le site de l’Encyclopaedia Universalis. Suivent des outils de référence conçus directement pour le web, par exemple le Grand dictionnaire terminologique (GDT) du Québec et WordReference.com. Wikipédia fera l’objet d’un article spécifique.

21/06/2021, 09:28

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Italie et France : le livre en partage

Les liens qui rattachent la France et l’Italie se mesurent autant à la passion dévorante dont témoignait Stendhal qu’aux centaines de lecteurs venus à Turin, en 2017, assister à une rencontre avec Daniel Pennac. Dans les allées du Salon du livre, une file d’attente colossale, impatiente, témoignait d’une authentique ferveur.

21/06/2021, 09:00

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Histoire de l’ebook #6  - E Ink, une technologie d'encre électronique

Les recherches sur l’encre électronique débutent à la fin des années 1990 au sein de la société E Ink pour offrir un meilleur écran aux liseuses en attendant le papier électronique. E Ink présente le prototype de son écran en 2002 et le commercialise en 2004. Un projet un peu différent est la technologie Gyricon développée par Xerox. Radicalement novateur lui aussi dans un domaine connexe, le projet @folio voit le jour en France dès 1996 mais reste malheureusement à l’état de prototype faute de soutien financier.

19/06/2021, 11:19

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Histoire de l'ebook #5 - Les premières liseuses    

Sans surprise, les premières liseuses voient le jour dans la Silicon Valley, terre des projets technologiques les plus fous, avec les fonds nécessaires pour les développer. Ces liseuses sont le Rocket eBook (de NuvoMedia) et le SoftBook Reader (de SoftBook Press), qui virent le jour en 1998. D'autres modèles suivent, par exemple le Gemstar eBook (de Gemstar) en 2000, le LIBRIe (de Sony) en 2004, le Cybook Gen2 (de Bookeen) à la même date, le Sony Reader (de Sony) en 2006, le Kindle (d'Amazon) en 2007, le Nook (de Barnes & Noble) en 2009 et l'iPad (d'Apple) en 2010. 

 

18/06/2021, 11:31

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Histoire de l'ebook #4 - Du PDA au smartphone

En 2001, la liseuse n’a pas encore gagné son pari. On compte 17 millions de PDA (Personal Digital Assistants) dans le monde pour seulement 100.000 liseuses, d'après un Seybold Report publié en avril 2001. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001, dont le Palm Pilot (lancé en mars 1996) et le Pocket PC de Microsoft (lancé en mars 2000). En 2005, le PDA laisse progressivement la place au smartphone. L’iPhone d’Apple (lancé en juin 2007) devient le produit phare de toute une génération.

17/06/2021, 09:43

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19

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Histoire de l’ebook #2 - Gabriel, portail des bibliothèques nationales européennes

Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue (anglais, allemand, français) offrant un point d’accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes. Sans les patients efforts de Gabriel (et de l’European Library), la bibliothèque numérique européenne Europeana n’aurait peut-être jamais vu le jour dix ans plus tard.

15/06/2021, 09:29

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Librairie Les mots à la bouche : transmettre culture et héritage LGBT+, inlassablement

Nouvellement installée dans le XIe arrondissement de Paris, la librairie LGBT+ Les mots à la bouche lançait ce 31 mai un crowdfunding pour changer son modèle économique et devenir une société coopérative. Avec 40.000 euros réunis en à peine trois jours, les membres de la SCOP sont aujourd’hui assurés de pouvoir reprendre l'entreprise. Une façon pour le lieu de continuer à vivre dans les mains d’une nouvelle génération de libraires engagés, ayant à cœur de prolonger l’héritage LBGT. Mais aussi de proposer une littérature qui raconte ses luttes et son histoire.

14/06/2021, 18:01

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Histoire de l’ebook #1 - Le PDF, format pionnier lancé par Adobe

L’ebook aura bientôt 50 ans. Non, il ne fait pas son âge. Mais pour mieux contextualiser son existence, ActuaLitté vous propose de retrouver une série d’articles, rédigés par Marie Lebert, pour bien mener les célébrations. Peu après les débuts du web en 1990, la société Adobe lance en juin 1993 le format PDF (Portable Document Format), tout comme l’Acrobat Reader (gratuit, pour lire les PDF) et l’Adobe Acrobat (payant, pour créer les PDF).

14/06/2021, 09:51

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La justice pardonne-t-elle les critiques élogieuses de livres dangereux pour la santé ?

La justice nous porte souvent vers les confins du sublime, dans une langue magique. La Cour de Justice de l’Union européenne, régulièrement évoquée dans nos colonnes, donne l’occasion d’un petit sourire, voire d’un clin d’œil, facétieux. En effet, l’arrêt dans l’affaire C-65/20 autoriserait, selon un de nos lecteurs, que les mauvais livres — indigestes pour l’esprit — puissent malgré tout être encensés. Attention, mauvaise foi et bonne humeur exigées…

10/06/2021, 12:52

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D'Amélie à Mademoiselle Nothomb : “Tu es encore là toi ?!’

Amélie Nothomb rencontrera pour la première fois depuis très longtemps son public ce samedi 12 juin, dans le cadre du Festival Les mots libres à Courbevoie. On sait combien elle entretient un rapport très particulier, dans tous les sens du terme, avec ses lecteurs, et son impatience à l’idée de les revoir n’était pas feinte. En attendant la rentrée littéraire et son prochain titre, Premier Sang, discussion autour de son dernier roman paru, Les aérostats, des monstres et de l’écriture, et de ses lecteurs.

04/06/2021, 11:47

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Voutch : “Un dessin d’humour, c’est un rébus, entre le texte et le visuel”

Avec une exposition en trois parties, Voutch régalera le public des Mots libres, festival qui s’ouvre ce 1er juin à Courbevoie. Une composition réunissant ses dessins réalisés pour un livre sur les Fables de La Fontaine en 2018, ainsi que des dessins de son dernier album De surprise en surprise. Et puis, des strips, ces petites BD commencées en 2016 sur un blog du Monde, avant de devenir deux livres au Cherche midi.

31/05/2021, 09:13

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Pass Culture : unique réussite d'un Emmanuel Macron tout schuss ?

L’éducation et la culture étaient les pans prioritaires du programme d’Emmanuel Macron candidat à la présidence. Et sur le second point, la mesure probablement la plus novatrice consistait à copier le Bonus Cultura mis en place par Matteo Renzi, Premier ministre italien, en octobre 2016. Baptisé par les équipes Macron Pass Culture, il promettait un bifton numérique de 500 € aux jeunes atteint de majorité, pour des dépenses folles en biens culturels…

21/05/2021, 17:05

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Des dessins inédits de Milan Kundera exposés à Paris

« Par mes expériences et mes goûts je suis centre-européen […], mais au milieu de ma vie, ma femme et moi avons émigré en France. Cet événement est le plus décisif de toute mon existence : il est la clef de ma vie et de mon travail », écrivait Milan Kundera. Français, Tchèque, et Centre-européen, l’écrivain est au cœur d’une exposition organisée par le Centre tchèque de Paris, offrant un regard inédit sur les dessins de l’auteur.

21/05/2021, 10:25

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Marcel Proust devenu auteur de science-fiction

Chercher, Pierre-Carl Langlais adore : il s’est lancé dans des études en histoire de la presse, mobilisant les ressources de l’Intelligence Artificielle pour analyser des corpus entiers. Et au fil des morceaux de code, s’est intéressé à l’outil GPT-2 – logiciel de traitement automatique du langage, produit par OpenAI (société de Elon Musk). « À partir d’un corpus, on propose à la machine un début de phrase, et elle génère le texte qui suit. On peut ainsi croiser deux types de textes, pour emprunter un style à l’un et un univers à l’autre », nous explique le post-doctorant.

13/05/2021, 16:24