#Edition

L’appropriation culturelle et les Sensitivity readers

Ou la question du T’es-qui-toi-à-la-base-pour-causer-de-ça ? Suite à notre entretien avec l'éditeur Stephen Carrière, autour de la censure d'ouvrages, nous avons souhaité prolonger la réflexion posée sur l'avenir de l'édition. Et ce, à travers deux thématiques très contemporaines : le rôle du trigger warning, détaillé la semaine passée. Il évoque cette fois-ci les sensitivity readers et la notion d'appropriation culturelle autre enjeu pour l'industrie du livre.

Le 22/03/2021 à 08:11 par Auteur invité

17 Réactions | 201 Partages

Publié le :

22/03/2021 à 08:11

Auteur invité

17

Commentaires

201

Partages

Partager cet article sur Bluesky Partager cet article sur Mastodon Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article
ActuaLitté

ActuaLitté m’a demandé un article sur chacun de ces deux sujets, mais je me suis dit qu’il n’y avait pas d’intérêt à séparer le mauvais vin de la gueule de bois.

Contrairement à l’article précédent sur les Trigger warnings, je ne vais pas consacrer une longue introduction à la définition de l’appropriation culturelle. Je pars du principe que c’est un concept bien mieux connu. Je définirai en revanche plus tard le terme de sensitivity reader. Au lecteur qui râle devant un nouvel anglicisme, je dis : « Ami, prie pour que sa traduction française ne devienne pas trop vite familière à tes oreilles. »

Pour commencer, il n’est pas inutile de rappeler que, dans l’histoire littéraire, la question de la légitimité n’est pas nouvelle. Permettez-moi deux détours. On va les emprunter en excellente compagnie, c’est promis.

Le dandy et l’ouvrier

Rien ne prédisposait Eugène Sue à entrer dans l’histoire littéraire comme un champion des masses laborieuses. Dilapidant un héritage familial, cet avide lecteur de Fenimore Cooper affectionnait les salons à la mode et les romans qui fleurent bon les embruns et l’aisselle de pirate. Son ambition artistique auto-proclamée était de « se carrer dans une décente réputation négative » et parvenir « à la douce et paresseuse quiétude des gras chanoines de la littérature » (1). 

La plupart des biographes de Sue retiennent une anecdote rapportée pas l’écrivain Félix Pyat comme le moment fort de son éveil à conscience politique.

Le 25 mai 1841, Sue assiste au théâtre de la porte Saint-Martin à la première d’une pièce de Pyat qui raconte les misères d’un vieil ouvrier. Il en ressort bouleversé. Le lendemain, Pyat l’invite à dîner en compagnie d’un ouvrier estampeur nommé Fugères. Ce dernier reproche aimablement au dramaturge d’avoir dressé dans sa pièce un portrait d’ouvrier fort peu réaliste.

Sue est subjugué par la conversation de Fugères et quitte la table en déclarant : « Je suis socialiste. » (Il sera élu député républicain de la Seine en 1850).

Un dandy est ému par un personnage d’ouvrier dans une œuvre de fiction jugée par un vrai ouvrier comme représentant mal sa condition… Qu’est-ce que cela produit ?

Les mystères de Paris.

Un type tellement décent

Je pense qu’on n’en est pas encore à brûler Georges Orwell. Il a laissé quelques gages solides de son engagement en faveur des défavorisés. En revanche, il est intéressant de savoir que lui-même s’est posé cette question de la légitimité à parler pour les pauvres. Un « t’es-qui-toi… » qu’il s’est infligé toute sa vie comme un cilice de moine, et qui est bien décrit par Simon Leys dans Orwell ou l’horreur politique (Ed. Plon). Je vous livre l’extrait :

« Il n’y avait aucun espoir, pour l’ancien étudiant d’Eton, de pouvoir jamais se fondre dans la foule prolétarienne. {...Il ne put jamais surmonter les difficultés qu’il éprouvait à simplement communiquer avec les membres des classes populaires — d’entrée de jeu, son accent aristocratique (…) rétablissait les barrières qu’il aurait voulu abolir. (…) C’est encore sa nièce qui résuma le mieux le fond du problème (...) : « Une bonne part de ses complexes provenaient du fait qu’il aurait dû aimer tous ses frères humains, alors qu’il n’était même pas capable en fait de leur parler naturellement. »

Un membre de la gentry se reprochant de lutter pour les pauvres sans « en être »… Qu’est-ce que cela produit ?

1984 et la Common decency.

Que peut-on apprendre de ces deux exemples ? Qu’est-ce qui sauve les bonnes intentions des handicaps liés à l’origine ? Je dirais la sincérité, l’intelligence, le talent et l’effort. C’est peut-être ma conclusion définitive sur le sujet. Mais à ce stade, un esprit woke me reprochera de cantonner l’appropriation culturelle à la lutte des classes quand elle fait surtout rage aujourd’hui dans la lutte des races. Je lui donne raison. Je pense même que c’est le cœur du problème.

T’as-quelle-couleur-de-peau-toi-pour-écrire-ou-traduire-ça ?

L’année dernière, Jeannine Cummings publie un roman flirtant avec le thriller, American Dirt. Il a pour intrigue la fuite d’une Mexicaine et son fils dans l’enfer des Cartels. L’éditeur a cassé sa tirelire pour lui offrir un à-valoir de légende, Stephen King et Don Winslow ont chanté les louanges du texte, Sa Majesté Oprah Winfrey l’a adoubé, le succès suit assez logiquement. Sauf que, Jeannine Cummings est née en Espagne, a grandi dans le Maryland, qu’elle s’est installée à New York et qu’elle a épousé un type d’origine irlandaise. Bref vous l’aurez compris, elle n’est pas Mexicaine.

CENSURE: Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Tollé, pétition contre le livre, deuxième pétition d’une centaine d’auteurs pour pousser Oprah à rétracter son soutien, annulation de la tournée promo, excuses publiques de la maison d’édition, mouvement de nombreux libraires qui refusent de vendre de livre.

J’ai choisi cette anecdote, mais un tour sur la toile de tous nos mécontentements vous offrira mille vilenies similaires. L’argument contre le livre est simple : une blanche s’est approprié un morceau de souffrance latino.

Quand Roberto Bolaño, dans son colossal roman 2066, s’empare du sujet des disparues de Ciudad Juarez, il a « le droit ». Il est chilien, pas mexicain, mais on va dire qu’il est « latino ». Tiens… c’est le sujet du dernier roman de Yasmina Khadra, Pour l’amour d’Elena, dans lequel un adolescent quitte son village natal de l’État mexicain de Chihuahua pour retrouver l’amour sa vie, disparue à Ciudad Juarez… dans l’enfer des cartels.

Le Mexique, les cartels… Khadra a-t-il « le droit » contrairement à Cummings ? Est-ce pour cela que le titre du livre est accompagné de la mention « inspiré d’une histoire vraie » ?

Et plus sérieusement, est-ce qu’on pourrait s’arrêter un instant sur la dimension économique de cette pensée ?

Cummings s’approprie un sujet latino. Cela implique qu’elle s’est aussi approprié une « valeur » qui devrait profiter à un auteur latino. Ce n’est pas moi qui fais ce raccourci, il est explicite dans les récriminations. Vous la voyez venir, l’AOC littéraire ? Vous commencez à admirer l’implacable beauté commerciale d’un identitarisme qui « ouvre des droits » (mais pas du genre civique) ?

Un point très important : les thuriféraires de l’appropriation justifient toujours le concept comme une forme de rééquilibrage face à une dominance économique et raciale. La logique est qu’il existe plein d’auteurs latinos qui se font spolier par une auteure blanche, forte de ses privilèges blancs de Nord-Américaine impérialiste. Parce qu’il est clair qu’un auteur latino brillant n’a pas vraiment ses chances… On a cité Bolaño, le dernier titan mondial des lettres, ce doit être une anomalie…

Je souhaite sortir de toute ironie, parce que le drame, j’en ai bien peur, c’est que les gens dont on parle n’ont aucune idée de l’importance de la littérature sud-américaine dans l’histoire mondiale des lettres classique ou contemporaine. Le problème de toutes ces discussions, c’est qu’on fait semblant, par courtoisie, d’ignorer qu’une grande partie du problème, c’est justement l’ignorance. Vous pensez qu’elle lit quoi, vraiment, la lectrice adulte qui réclame des triggers warning en début d’ouvrages de fiction : Easton Ellis ? Angot ? Houellebecq ? Ellroy ? Vous pensez qu’il lit quoi, pour de vrai, le vengeur-sur-canapé qui gueule contre Cummings en pensant qu’elle a empêché plein d’auteurs latinos d’entrer dans la lumière : Bolaño ? Cortazar ? Borges ? Vargas Llosa ?

Néo-marxisme ou McKinsey ?

Et vint l’affaire Amanda Gorman… Tout a déjà été dit sauf le pire, je crois. Au point où on en est, je prends le pire sur moi : mais quelle brillante campagne de pub ! Parce qu’on parle quand même de poésie à la base.

Amanda Gorman, cette illustre inconnue (n’allez pas me faire croire que tout le monde a regardé cette investiture morne comme un jour de covid).

Amanda Gorman la poétesse/activiste/noire, presque traduite aux Pays-Bas par une écrivaine/activiste/blanche, presque traduite en Catalogne par un traducteur/non-activiste/blanc, bientôt traduite en France par une autrice-compositrice/mannequin/noire.

Avec ces éléments de langage, vous réalisez les ressources en storytelling de tout ça ? Cette histoire a pour les médias un potentiel de clics à rendre jalouse Meghane Markle.

Quel éditeur (premier ou étranger) aurait pu espérer un tel lancement pour un recueil de poésie ? Avec la certitude que tout critique se posant la seule question qu’un critique devrait se poser : « Que vaut la poésie d’Amanda Gorman ? » se verra lapider comme s’il avait été pris en flag en train de faire des quenelles avec Soral et Dieudonné.

Je précise que je n’ai pas lu la poésie de Gorman et je n’insinue pas un instant que le plan de com’ était prémédité.

Mon interrogation est la suivante : et si l’appropriation culturelle était un business model disruptif génial ? Un indice renforçant ce soupçon est que le péché capital de l’appropriation culturelle nous a été présenté accompagné de sa rédemption tarifée : les sensitivity readers.

Les « Relecteurs en sensibilité »En gros des gens qui parce qu’ils sont {noir/latino/trans/etc.} possèdent une expertise qu’ils peuvent louer aux auteurs afin que les personnages qu’ils créent et qui ne leur rassemblement pas, soient garantis exempts de représentations erronées, offensantes. Après les AOC pour les auteurs, voici les certifications ISO pour leurs personnages.

L’idée que la littérature devrait s’encombrer de l’impératif d’épargner les susceptibilités des uns et des autres n’est pas une idée qui se discute, c’est juste une idée idiote. Parce que c’est une idée de gens qui confondent la littérature et l’Entertainment.

Je voudrais insister sur un paradoxe politique qui me fascine. Les conservateurs américains reprochent à la cancel culture d’être portée par des « néo-marxistes », prédateurs de la liberté d’expression. C’est oublier qu’ils pratiquaient sans complexe la cancel culture bien avant les wokes, en militant pour retirer des écoles et bibliothèques des listes d’ouvrages qu’ils accusaient de contenir des contenus offensants (sexualité, athéisme, culture LGBT, etc.).

Qui le premier grand « Culture canceller » de l’histoire américaine en fait ? Mc Carthy, il me semble.

Je n’irai pas plus loin sur ce sujet, mais je formule un doute : Et si l’identitarisme, matrice de la pensée woke, était plutôt une mutation de la société d’hyper consommation ? C’est précisément l’absurdité de ces histoires d’appropriations, de Sensitivity readers, de Trigger warnings, qui m’alerte. Parce que vu sous un autre angle, elles ne sont pas si absurdes que ça ces histoires. Elles prennent même carrément du sens… si le but est de transformer chaque individu en marque déposée. 

D’ailleurs, si vous trouvez que je suis dur avec les Sensitivity readers, sachez que je ne me fais pas de souci pour eux. Je suis persuadé qu’ils finiront tous chez McKinsey à facturer des milliers d’heures de consulting pour un lancement de shampoing de L’Oréal. L’expertise identitaire, c’est le métier de demain.

Comme dans un film, Denzel Washington sauve tout le monde à la fin…

Vous l’avez remarqué, je n’ai pas commencé cet article par des exemples pathétiques comme celui de Cummings, mais par de grands esprits qui se posaient de grandes questions.

Ce serait dommage de balayer ce thème de la légitimité par rejet d’une pandémie de crétinisme matérialiste. La question des « territoires » de l’écrivain est passionnante et complexe.

L’acteur Denzel Washington y a apporté une belle contribution lors de la promotion de son film Fences. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce d’August Wilson (pour laquelle il avait reçu un Pulitzer). Fences, comme souvent dans l’œuvre de Wilson, traite de la condition des noirs en Amérique.

Denzel a donc réalisé une splendide adaptation. Mais elle est sortie en salle en plein mouvement Black Lives Matter et tous les journalistes ont voulu le ramener à sa propre couleur de peau, couleur « indispensable » pour avoir « le droit » de filmer cette histoire. Inlassablement, courageusement, se faisant beaucoup d’ennemis, il a réfuté : « Ce n’est pas une question de race, c’est une question de culture. »

Au risque de prêcher : comme elle est belle et simple la ligne de conduite à tenir !

August Wilson était un métis, né à Pittsburgh, fils d’un immigré allemand des Sudètes et d’une Afro-Américaine de Caroline du Nord. Il disait que c’est dans les histoires de Gauchos argentins de Borges, qu’il avait appris le mouvement du particulier à l’universel. Il disait que dans Fences, son personnage Troy, un éboueur noir, se débattait avec les questions de l’amour, de l’honneur, de la beauté, de la trahison, et du devoir. Il disait que les spectateurs blancs reconnaîtraient ces questions comme celles qui agitent leurs propres vies, et que cela les conduirait à ne plus voir la couleur de Troy, mais un homme qui leur ressemble.

Fences, en français, veut dire « barrières ».

Je pense sincèrement qu’on peut continuer à en faire tomber quelques-unes sans se laisser empoisonner par de sombres passions identitaires.

 

1. L’intégralité de mon érudition au sujet d’Eugène Sue est empruntée à l’historienne Judith Lyon-Caen et sa passionnante préface des Mystères de Paris, Éditions Quarto Gallimard.

Crédit photo : StockSnap, CC 0 ; Nanthapongs CC 0 ; Cdd20 CC 0

 
 
 
 
 
 
 
 

Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com

17 Commentaires

 

Cylcée

22/03/2021 à 20:10

En ce qui concerne l'engagement d'Orwell, il faut consulter le travail de l'historienne britannique Frances Stonor Saunders sur les archives déclassées, et son rôle dans le MacCarthysme...

Who Paid the Piper: The CIA and the Cultural Cold War / Frances Stonor Saunders.
- London: Granta Books, 1999.- £20.

http://monthlyreview.org/1999/11/01/the-cia-and-the-cultural-cold-war-revisited/

NAUWELAERS

23/03/2021 à 00:46

Article nécessaire et salutaire, bien entendu.
Pour l'appropriation culturelle, elle a toujours existé.
Mais certes, comme l'auteur le rappelle, elle a pu donner lieu à des discussions et des interrogations d'auteurs comme Sue ou Orwell, des débats intérieurs sérieux et vraiment fructueux et dignes de respect.
Un exemple tout aussi célèbre est évidemment celui de Victor Hugo, le chantre ultime du peuple qui fut dans sa jeunesse un homme de droite voire d'extrême droite...
On remarque que de façon indirecte d'abord (Sue et son épiphanie rappelée par l'auteur) puis directe (Edmond Rostand), le théâtre de la porte Saint-Martin est à l'origine de deux des plus grands chefs-d'oeuvre que le génie français a pu engendrer: «Les Mystères de Paris» et «Cyrano de Bergerac» (un cas problématique puisque ce titre eût dû être monté à Bergerac donc ! Appropriation culturelle !).
Sinon l'appropriation culturelle existe dans l'autre sens: Jules Romains et Maurice Leblanc ne pensaient pas du tout à un protagoniste noir pour le docteur Knock ou Arsène Lupin...
Omar Sy est sans doute excellent -je n'ai pas vu -mais si l'appropriation culturelle est tellement inadmissible, il faudrait protester pour ce cas également -ce que seules des voix vraiment très à droite font.
En brassant du vent qui souffle pour rien, en rigolant bien, le vent.
Ce n'est pas sérieux, tout cela et sans appropriation culturelle, pas de culture, tout bêtement.
Les idéologues ont l'art du déni de réalité.
Et/ou de la tordre (y compris par la novlangue) dans le sens qui leur convient et qu'il s'agit d'imposer à autrui car ils ont raison et que c'est comme ça.
Une histoire belge toute récente pour démontrer la bêtise insigne des néo-censeurs...qui ne justifie en rien les méfaits de la censure tristement «traditionnelle», je m'empresse de le préciser (qui sévit encore trop souvent) !
Suite au changement de nom du tunnel Léopold II à Bruxelles -ce roi colonialiste longtemps vénéré étant tricard aujourd'hui (ce qui bien sûr mérite des discussions sérieuses et étayées) -eh bien ce fleuron de la ville de Bruxelles, qui bat tous les records de pots d'échappement au mètre ou disons décimètre carré, a été rebaptisé: tunnel Annie Cordy !
Ce qui est une manière douteuse d'honorer la fantaisiste et actrice belge, ont remarqué certains à raison.
Mais à peine la décision fut-elle prise suite à un vote populaire à Bruxelles... que des redresseurs de torts (sous statut d'autoentrepreneurs non sollicités par quiconque) ont pleurniché à propos d'une chanson de Cordy de 1985 considérée par ces éclairés comme raciste, et très connue.
«Cho Ka Ka Ka O» (retitré erronément «Chaud Cacao»).
Même la section belge de la LICRA s'est insurgée contre la stupidité de cette attaque bien-pensante mais au point d'en être...rien-pensante !
Agréable surprise que cet organisme officiel de lutte contre le (VRAI) racisme ait pris ses responsabilités et refusé de tirer à boulets rouges ridicules contre un embryon de toile d'araignée.
La LICRA tient à sa crédibilité.
Qu'elle en soit louée.
Il vaudrait mieux maintenant qu'aucun plaisantin ne s'avise de diffuser dans une émission un peu populaire le titre «Oui Missié» de ladite Cordy, paru en 1956 sur le EP «La Petite Martiniquaise» en l'an de grâce 1956 !
Ha ha ha...«In cauda venenum»...!
C'est audible en ligne (avant censure ?).
(Ah et au fait de quel droit chantait-elle son immortel classique «La Bonne du Curé» sans expérience de cette activité ?Mais d'où parlait-elle ?)
Autrefois on concluait souvent avec ce qui suit:«Tout finit par des chansons.»...
Si on piquait enfin toutes ces baudruches envahissantes et si inutiles d'aujourd'hui ?
Pour les dégonfler à jamais ?
Merci à ActuaLitté pour cet article qui peut-être suscitera moult réactions en sens divers...
Enfin disons que lorsque des silex sont frottés les uns contre les autres, de belles étincelles peuvent parfois jaillir !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Forbane

23/03/2021 à 16:43

Merci pour votre humour et votre intelligence Nauwelaers;)

NAUWELAERS

23/03/2021 à 19:52

Merci Forbane, vous êtes vraiment très gentille !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Michaël MULERO

23/03/2021 à 03:30

Brillant !

Laurent Gidon

23/03/2021 à 09:54

Votre article tombe à pic après la diffusion hier soir, sur Culture Box (mais qui regarde Culture Box ?), d'une réappropriation de Les Justes de Camus par Abd Al Malik : une pièce d'un auteur blanc des années 1940, mise en musique par un griot des années 2000, jouée par des acteurs de couleur et parlant de révolutionnaires russes (donc blancs ET rouges) des années 1900. En voilà de l'appropriation culturelle croisée puissance 5 !
Le problème me semble être donc double : l'ignorance dont vous parlez très bien, mais aussi l'inaction. On pleure, on râle, mais qu'est-ce qu'on fait ? Abd Al Malik répond, et superbement. Les râleurs et les pleureurs ont-ils vu son spectacle ?

Lyo

23/03/2021 à 12:04

La série Arsène Lupin qui se déroule de nos jours parlé d'un cambrioleur joué par Omar Sy qui s'inspire des méthodes d'Arsène Lupin et qui est un fan du livre. C'est tout.

Je pense que les débats à ce sujet sont très intéressants. La question ne se poserait évidemment pas si tous le monde avait les mêmes chances d'accès à la publication. Malheureusement, ce n'est pas le cas, ce qui fait qu'il y a un sentiment de frustration qui est née.

La censure n'est évidemment jamais la solution et franchement, j'encourage celle et ceux qui sont victimes de lynchage sur les réseaux sociaux de se déconnecter complètement. C'est souvent de là que vient le problème, il y a un effet de meute.

Si on était plus à l'écoute les uns des autres, ça n'arriverait pas. Mais, je peux comprendre la colère de certaines communautés. Au Canada, il y a des milliers de femmes de première Nation (amérindienne) qui disparaissent sans que ça choque les autorités, Elles sont victimes de diverses violences médicales, sexuelle, policières.... les rapports gouvernementaux mentionnent le terme "génocide", ce qui n'est pas rien...

Alors imaginez, une personne blanche écrit un roman policier à ce sujet alors que ces femmes sont ignorées la plupart du temps et discriminées. Mettez vous à leur place 5 secondes et imaginez que cette personne fasse son succès là-dessus. Vous ne seriez pas en colère ?

Alors certes, la personne qui publie ce livre n'est pas responsable de ce qui se passe. Mais d'un autre côté, elle s'approprie un sujet qui ne l'a concerne pas et de plus oui cette personne bénéficie du système de discrimination mis en place.

Voilà, je pense qu'il faut avoir de l'empathie et savoir écouter les gens qui sont en souffrance. Évidemment, maintenant il y a beaucoup de colère mais il n'est jamais trop tard pour établir un dialogue.

NAUWELAERS

23/03/2021 à 19:51

Lyo,
Vous écrivez (littéralement): «...elle s'approprie un sujet qui ne l'a concerne pas...».
Figurez-vous que c'est exactement la définition de la littérature !
Qui «s'approprie» (quel mot mesquin) tout ce qu'elle veut, libre comme Carmen face à tous les Don José aux petits pieds, jaloux, frustrés, teigneux...
On peut certes préférer l'autofiction voire le nombrilisme.
Ce n'est heureusement pas le cas de tout le monde.
Un auteur sérieux étudie son sujet, se documente, prend des contacts et essaie de transposer dans son livre ce qu'il a découvert pour le thème qu'il entend développer à sa manière spécifique.
Son intérêt sincère pour le sujet le rend légitime et les «frustrations» voire la jalousie de tel ou telle ne sont pas son problème, excusez-moi.
Un vrai écrivain ne s'en préoccupe pas le moins du monde.
Littérature et liberté...puis il y a les gens qui bossent et les opportunistes.
Les faisans et les gens de talent.
Ces derniers ont raison aux yeux des amateurs de littérature.
«Vous ne seriez pas en colère ?», écrivez-vous.
Et si à l'inverse -en élargissant le carcan mental victimaire - les personnes victimes de telles maltraitances se réjouissaient qu'un livre, même écrit par un auteur blanc ne vivant pas ces problèmes, et à succès attire l'attention sur ce qui se passe et ce qui les afflige ?
Pourquoi ne pas envisager les choses de façon positive plutôt que systématiquement négative et parfaitement stérile ?
Un auteur comme un porte-parole possible contre les injustices qui les afflige plutôt que le méchant-étranger-qui-s'approprie etc. ?
Loin des rancoeurs et des jalousies dont on n'a pas à tenir compte sinon l'employé de la Poste qui écrit n'a le droit de raconter qu'une histoire arrivant à un employé de la Poste et non au serveur d'un restaurant où il prend sa pause, en période vivable et normale ?
Je préfère la grande focale plutôt que le (tout) petit bout de la lorgnette, qu'il faut ignorer lorsque l'on prétend écrire des livres et non des pensums bien-pensants destinés à plaire à toutes les doxas qui guettent, menacent, se lamentent, commentent et condamnent.
Aux oiseaux tous ces grumeaux sans intérêt et on y va...
Ou alors on fait autre chose.
Et foncer dans ce qu'on veut raconter et exprimer -sans chaperon rebaptisé «sensitivity reader».
«Trigger warning»: à l'extrême rigueur pour de jeunes enfants.
Sinon c'est un cheveu sur ou dans cette soupe qu'est devenu une partie de ce monde littéraire trop perméable à ce genre de diktats et de frilosités envahissantes.
Pas la totalité heureusement !
Les écrivains libres planent au-dessus du lot.
Pourquoi diable ne pas préférer le et les meilleur(s) ?
Et puis les chiens aboient, les commères commèrent et la caravane des écrivains passe, parfois en brûlant les feux rouges.
Seul le talent et la personnalité restent, et un souci certes de véracité et d'authenticité.
Construire sur du solide.
Vive la littérature, le talent, le souffle d'une écriture et d'une personnalité et la liberté.
Y compris de s'approprier tout ce qu'on veut: seule la manière fait la différence et nous permet de garder le bon grain en dédaignant l'ivraie.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Alex-si

23/03/2021 à 14:20

Pour moi c'est aussi une mutation d'une chose que j'entends trop souvent les parents dire à leurs amies sans enfants "Tu peux pas comprendre, t'as pas d'enfants" avec le gros sous entendu : "boucle la, tu sais pas de quoi tu parles".
Depuis quand faut-il avoir une expérience personnelle de quelque chose pour en parler? Si c'était le cas personne ne pourrait communiquer avec personne ni avoir d'opinion politique !
La souffrance mérite compassion et il faut tout faire pour éviter que les injustices et la violence existent. Pour autant je ne pense pas qu'elle doive donner de passe-droit.
Il y a là une ligne fine et difficile à concevoir. Je déteste qu'on parle de mes émotions comme si l'on savait mieux que moi ce que je ressens mais j'aime aussi voir que mes émotions sont comprises et parfois exprimées mieux que je ne suis capable de le faire par une personne qui a un vécu différent.
Je pense que la différence, au delà de la tolérance du lectorat (qui malheureusement est loin d'être une évidence) tient à l'humilité de la tentative. Ne feignons pas l'empathie, respectons l'autre en espérant que ce monde en folie ne s'emballe pas dans cette spirale infernale de "ta gueule, t'es pas légitime". J'ai bien peur, hélas, qu'il ne soit déjà trop tard...

NAUWELAERS

23/03/2021 à 20:01

Alex-si, tout à fait d'accord avec vous.
Petite pointe d'optimisme tout de même pour tirer vers le haut votre constatation désabusée de fin de message: si cette médiocrité victimaire à base de ressentiment, de jalousie et de conformisme continue à envahir le champ littéraire, les vrais écrivains seront d'autant plus et mieux mis en valeur par comparaison !
Moi j'y crois.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Alex

23/03/2021 à 14:24

Au risque de passer pour un néo nazi, voici ce que j'en pense : ne sommes nous pas tous humains? N'est-ce pas une légitimité suffisante à parler de problème humains?

Victor

23/03/2021 à 14:51

Heureusement que les tenants de l’appropriation culturelle n'aient pas existé au 19e siècle. Sinon, les mouvements abolitionnistes blancs n'auraient pas eu droit de cité, et l'esclavage n'aurait jamais été aboli dans les sociétés occidentales !

Calou

24/03/2021 à 10:47

Remarquable article!

Alexandre Pinteau

28/03/2021 à 19:15

Excellent article.
Richard Wright raconte dans son livre autobiographique black boy qu'il avait discuté avec un flic sympa en oubliant qu'il était blanc.

NAUWELAERS

28/03/2021 à 23:59

On mentionne souvent le terme «sensitivity readers» sur ce site, notamment depuis l'interview édifiante de Stephen Carrière le 5 mars par Nicolas Gary, à ce sujet et celui des «trigger warnings» et de la «cancel culture».
Mais je propose de réintégrer le terme français, apparu sur ActuaLitté l'an passé: «démineur éditorial», ou donc démineuse éditoriale...
On aimerait que tant la version anglaise que française de ce triste nouveau métier soient bientôt plus obsolètes -même si moins sympathiques -que le travail de rempailleur de chaises, ou allumeur de réverbères par exemple ; ici, symboliquement, on les éteindrait plutôt !
Mais tant que ce nom existe, autant l'utiliser en français.
Je ne sais plus quelles jeunes éditrices françaises interrogées sur le site, il y a un bon bout de temps, avaient cru bon d'incorporer le déminage éditorial dans leur savoir-faire professionnel, ce qui m'avait fortement déçu et ce qui prouve que cette tendance est déjà présente depuis tout un temps dans le monde de l'édition.
Il ne faut pas hésiter à manifester notre souhait d'une littérature non expurgée, filtrée, épurée et pasteurisée.
Voire infantilisée pour ménager les susceptibilités de tout le monde...enfin mis à part les gens sensés qui eux, font encore la différence entre ce qui est écrit dans un livre et la vraie vie.
Loin d'une certaine confusion ou schizophrénie moderne qui pousse à la plus insupportable intolérance qui -avec une tartufferie sans borne(s) -ose se prétendre «progressiste» !
Un peu comme un un trou de gruyère qui tonnerait: «Appelez-moi maître Fromage !»
C'est celâââ, oui...
Bref: soutenons et promulguons une littérature libre et respectée, qui ne s'impose à personne mais que personne n'a le droit de plier et tordre à sa guise comme un simple tuyau d'arrosage.
Sous n'importe quel prétexte...à part des écrits qui véritablement tombent sous le coup de la loi.
Là, pas besoin de «trigger warnings» ni de déminage éditorial: on s'abstient de sombrer dans l'illégalité avérée, c'est tout.
Et à part cela...liberté: c'est tout (bis).
CHRISTIAN NAUWELAERS

Dudz

29/03/2021 à 10:52

Résumé de l'article : JE pense JE sais JE ne comprends pas MAIS JE vais en parler avec MON opinion toute faite sans consulter les concernés car JE suis la voix donc JE m'autorise à parler de quelque chose que JE ne maîtrise pas...

De quoi traite t-on déjà ?...
Ah oui c'est ça, on y est en fait.

NAUWELAERS

29/03/2021 à 11:15

Dudz,
Ne soyez si pessimiste...!
On comprend très bien les dérives qui s'installent et on n'en veut pas pour des raisons évidentes et légitimes.
Que l'on explique en long et en large: cela vous a-t-il échappé ?
Tant Nicolas Gary qu'une majorité du lectorat.
Que vous compreniez ou pas cette position démocratique, c'est une autre question.
Les partisans de «trigger warnings» etc. s'expriment librement sur un site qui se veut pluraliste et donc démocratique et intelligent.
Ce qui n'oblige personne à être d'accord avec ce point de vue-là...
Bonne journée.

CHRISTIAN NAUWELAERS

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Entretien caviardé : Livres Hebdo juge “irrecevable” le droit de réponse de Jean-Yves Mollier

Après la modification d'un entretien sans l'accord du principal intéressé, l’historien Jean-Yves Mollier, la revue Livres Hebdo refuse à présent la publication d'un droit de réponse, selon l'avocat du professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay/Versailles-Saint-Quentin. 

13/03/2026, 16:35

ActuaLitté

Pour une politique commune du jeu en tant que pratique culturelle

Le domaine du jeu, qu'il soit de société ou vidéo, accueille aujourd'hui de nouveaux publics, et se trouve de plus en plus légitimé au sein des pratiques culturelles. Ludothèques et médiathèques le rendent plus accessible, tandis que les professionnels assurent une indispensable médiation. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) et l'Association des Ludothèques Françaises (ALF) appellent, dans un texte reproduit ci-dessous, à une politique publique ambitieuse pour affirmer la place du jeu dans les lieux culturels.

11/03/2026, 11:29

ActuaLitté

Un Cultura à Forbach : “Pourquoi faire ?”

L'enseigne de produits culturels et créatifs Cultura pourrait s'inviter prochainement à Forbach, en Moselle, après la cession d'une parcelle à Valimmo, la société foncière du groupe. La Librairie-Pâtisserie Autonome, installée dans la ville depuis juillet 2025, interpelle les candidats à la mairie sur les conséquences d'une telle installation pour le tissu commercial du centre-ville. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, la tribune adressée par les libraires aux six candidats et candidates.

10/03/2026, 16:20

ActuaLitté

Jean-Yves Mollier : “Cette censure a entraîné une déformation complète de mon entretien”

Nous publions ci-dessous le texte d’un droit de réponse adressé le 2 mars 2026 au directeur de la publication du magazine Livres Hebdo par l’historien Jean-Yves Mollier, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay / Versailles-Saint-Quentin. Ce document a été transmis par l’intermédiaire de son conseil, Me Stephan Alamowitch, avocat à la Cour.  

09/03/2026, 14:06

ActuaLitté

Face au “modèle économique planétaire mortifère” d'Amazon, “unissons-nous”

L'épisode polémique autour du partenariat noué entre Amazon et le Festival du Livre de Paris, avec l'assentiment du Syndicat national de l'édition, laissera des traces dans la chaine du livre. Il témoigne d'une présence de plus en plus banalisée de la multinationale américaine au sein de cette dernière, un constat contre lequel le collectif lyonnais TENIR ! appelle à se mobiliser, dans une tribune.

06/03/2026, 10:50

ActuaLitté

“Les pratiques d’Amazon fragilisent les librairies en France comme à l’étranger”

Suite à la polémique qu'a déclenchée la présence d'Amazon au Festival du livre de Paris, édition 2026, l’association internationale des libraires francophone (AILF) a fait parvenir à ActuaLitté un communiqué. Par ce texte, l'organisation se tient solidaire du Syndicat de la Librairie française dans la dénonciation du partenariat entre le Festival du Livre de Paris et Amazon. Leur texte est proposé dans son intégralité.

04/03/2026, 10:38

ActuaLitté

Un maire peut-il interdire un livre ? Les bibliothécaires rappellent la loi

L’Association des bibliothécaires de France réaffirme que la censure n’a pas sa place en bibliothèque, à la suite de l’intervention d’un maire auprès d’une professionnelle pour empêcher l’acquisition d’un roman. S’appuyant sur le cadre légal, l’ABF rappelle que les collections doivent être pluralistes et exemptes de toute pression idéologique, politique ou religieuse. 

03/03/2026, 13:20

ActuaLitté

Municipales 2026 : les archivistes interpellent les futurs maires

À l’approche des élections municipales de mars 2026, l’Association des archivistes français (AAF) intensifie son plaidoyer. L’organisation lance un appel national aux maires sortants candidats à leur réélection ainsi qu’à l’ensemble des futur·es candidat·es, les invitant à s’engager formellement en faveur d’une gestion rigoureuse des archives communales et intercommunales.

24/02/2026, 14:48

ActuaLitté

Retraites d’auteurs : “Un dispositif créé pour ne pas fonctionner” que l’État a laissé pourrir

Cette tribune naît d’une plongée dans le scandale Agessa, de ces mois passés à s’enliser dans un marécage administratif où chaque démarche enfonce davantage. Derrière les formulaires, les silences et les réponses dilatoires, se dessine un système qui exige des victimes qu’elles financent leur propre réparation. Ce récit d'Henri Fellner expose les rouages d’un piège institutionnel, ses acteurs, ses complicités et les forces qui s’acharnent à maintenir les auteurs hors du droit commun. 

23/02/2026, 12:02

ActuaLitté

Les documentalistes territoriaux, un “rôle fondamental” dans la vie publique

À l'heure de la remise en cause de la fiabilité des informations par les intelligences artificielles génératives, de la post-vérité et d'une réduction drastique des dépenses publiques, les documentalistes territoriaux et leurs services sont menacés. L'association des spécialistes de l'information-documentation, Interdoc, appelle dans une tribune à maintenir les moyens et missions des documentalistes, et qualifie leur rôle dans la vie publique de « fondamental ».

19/02/2026, 11:25

ActuaLitté

Spectacle vivant : l’intersyndicale annonce une crise “d’une gravité exceptionnelle“

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, l’intersyndicale du spectacle vivant public alerte sur une crise d’une « gravité exceptionnelle ». Les organisations dénoncent les effets de la loi de finances, l’effondrement des financements territoriaux et les menaces pesant sur l’intermittence. 

17/02/2026, 12:40

ActuaLitté

Livres jeunesse : la classification proposée par le RN, “fausse bonne idée”

Le député d'extrême droite Julien Guibert (Nièvre, Rassemblement national) a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à instaurer un système de classification par âge des ouvrages destinés aux jeunes et aux adolescents. Une initiative accueillie fraîchement par pratiquement toutes les professions du secteur : l'Association des bibliothécaires de France ajoute en effet ses propres arguments pour écarter l'idée, dans une tribune reproduite ci-dessous en intégralité.

09/02/2026, 10:13

ActuaLitté

Derrière la perquisition de Violette and Co, une “procédure absurde”

La perquisition de la librairie parisienne Violette and Co, le 7 janvier dernier, pour la vente d'un livre de coloriage sur la Palestine, a largement choqué le monde du livre. L'intervention policière paraît en effet disproportionnée, pour un titre qu'il était alors légal de proposer au public et qui a depuis fait l'objet d'un avis défavorable d'une commission très critiquée, au fonctionnement opaque... L'Observatoire de liberté de création réitère son appel à une réforme de l'encadrement des publications jeunesse, dans un courrier à trois ministres reproduit ci-dessous.

03/02/2026, 11:05

ActuaLitté

Traductions automatisées : un modèle “indigne” chez Harlequin

Le monde feutré de la romance industrielle craque sous le bruit sec des algorithmes. Harlequin confie ses traductions à une IA générative, sous contrat avec Fluent Planet, reléguant les traducteurs humains au rôle de réparateurs sous-payés de phrases-machines. Tarifs écrasés, post-édition déguisée, clause de silence imposée : dans une tribune, le SNAC dénonce une fuite en avant où l’innovation sert d’alibi à la casse sociale et au contournement du droit d’auteur.

31/01/2026, 10:05

ActuaLitté

“Une création à deux vitesses” : le Off d’Avignon alerte sur la réforme des aides à l’emploi

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Culture Rachida Dati, l’association Avignon Festival & Compagnies dénonce le nouveau décret modifiant le FONPEPS, le fonds public de soutien à l’emploi dans le spectacle vivant. En cause : la réforme du dispositif APAJ, une aide destinée à soutenir l’emploi des artistes dans les spectacles joués dans des salles de petite jauge, là où les recettes de billetterie sont insuffisantes pour couvrir les coûts salariaux. 

28/01/2026, 18:03

ActuaLitté

E-commerce et librairies indépendantes : et si un autre modèle était possible ?!

Alors qu’Amazon contourne sans vergogne la loi Lang tout en bradant les frais de port, une prise de conscience de la part des lecteurs s’opère et ralentit la croissance du géant du web sur le livre. On espère ce sursaut citoyen durable, mais pour l’heure, il n’est pas suffisant pour sortir les librairies indépendantes de l’ornière. Leurs frais fixes grimpent d’année en année et l’augmentation du prix du livre ne suffit pas à compenser le déclin de la lecture. Par Amandine Pacaud.

27/01/2026, 16:12

ActuaLitté

Pierre Bordage, trente ans d’amitié et de traversées

Marion Mazauric rend hommage à Pierre Bordage, compagnon de route et géant de l’imaginaire, en retraçant trente ans d’amitié, de livres et d’audace littéraire. Un texte personnel et puissant, à la mesure d’un écrivain dont l’œuvre et la vie n’ont jamais cessé de se confondre. Voici l’hommage que le Diable lui a rendu par la voix de Marion Mazauric.

15/01/2026, 11:45

ActuaLitté

Répression en Iran : lettre ouverte d'un photojournaliste au président Emmanuel Macron

Dans une lettre ouverte, le photojournaliste franco-iranien Reza Deghati interpelle le président de la République, Emmanuel Macron, sur la répression en cours en Iran. À travers le destin de Rubina, jeune étudiante tuée lors d’une manifestation, le photojournaliste franco-iranien appelle la France à un sursaut politique et moral.

13/01/2026, 12:43

ActuaLitté

Pourquoi la bibliothérapie séduit de plus en plus de publics

Lectrice de toujours, autrice et praticienne confirmée, Céline Mas retrace ici le chemin qui l’a conduite à la bibliothérapie. De la découverte fondatrice de Sadie Peterson Delaney à la construction d’une méthode croisant littérature et sciences cognitives, elle raconte une pratique exigeante, engagée, et profondément ancrée dans le réel. Un témoignage à la première personne qui éclaire les enjeux, les responsabilités et les promesses d’un accompagnement par les livres.

05/01/2026, 11:56

ActuaLitté

L’édition française va mal ? “Le lecteur n’a pas disparu. Il s’est déplacé”

Voici l'histoire d'un renoncement intérieur. Loin de l’image d’un secteur agressé de l’extérieur, l'industrie du livre serait gagné par le conformisme, la frilosité intellectuelle et l’autosatisfaction morale, où la curiosité éditoriale s’est effacée au profit de la reproduction, de la sécurisation et de l’alignement idéologique. Un diagnostic sévère qui interroge la perte de sens du métier d’éditeur et pointe une crise moins visible mais plus radicale : celle du désir, du risque et de la confiance dans l’intelligence du lecteur.
 

25/12/2025, 09:45

ActuaLitté

Ni guéri ni vaincu : continuer à créer avec la maladie

En 2022, j’ai publié sur Actualitté une tribune dans laquelle je décrivais des symptômes physiques apparus dans les semaines ayant suivi ma vaccination contre le Covid-19. À l’époque, je traversais une période d’errance médicale profonde. Je ne savais pas ce que j’avais. Je ne disposais d’aucun diagnostic. Je tentais simplement de mettre des mots sur ce que je vivais, avec les outils dont je disposais alors : l’écriture et le témoignage. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Par Guilhem Méric.

24/12/2025, 10:26

ActuaLitté

“Pourquoi nous ne vendrons pas le dernier livre de Nicolas Sarkozy”

Même au-delà des frontières de l'Hexagone – et peut-être plus encore – le dernier ouvrage de Nicolas Sarkozy fait polémique.  Hassen Jaied, entrepreneur franco‑tunisien du monde de l’édition et de la librairie en Tunisie, se passionne pour les mutations de l’industrie. Il pose les bases de principes ethiques et moraux dans le commerce du livre, et ses librairies en particulier.

20/12/2025, 15:25

ActuaLitté

“Il est temps de reconnaître les métiers artistiques comme des activités nécessaires à la société”

Ce jeudi 18 décembre, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Écologiste au Sénat, les sénateurs examineront la proposition de loi portée par Monique de Marco sur la continuité de revenus des artistes-auteurs. Marion Cocklico, illustratrice, raconte la précarité de ses débuts, des à-valoir insuffisants et la nécessité de cumuler un second emploi après un burn-out. Elle défend l’accès des artistes-auteurices à l’assurance chômage et la reconnaissance de leurs métiers.

18/12/2025, 10:35

ActuaLitté

Continuité de revenus : les éditeurs volontaires pour une hausse de la “contribution diffuseur”

Ce jeudi 18 décembre, à l'occasion d'une niche parlementaire du groupe Écologiste au Sénat, une proposition de loi de Monique de Marco (Gironde, Écologiste - Solidarité et Territoires) sur la continuité de revenus des artistes-auteurs sera examinée. Une opportunité d'amélioration de la condition des artistes auteurs, souligne le Syndicat des éditeurs alternatifs (S.E.A) dans un communiqué, reproduit ci-dessous.

17/12/2025, 11:40

ActuaLitté

“Petit” éditeur un peu fâché...

À l’heure où l’édition connaît de profondes mutations économiques et techniques, les pratiques d’impression cristallisent de nombreuses tensions entre acteurs de la chaîne du livre. L’essor de l’impression à la demande, longtemps perçue comme marginale, interroge désormais les modèles de diffusion, le rôle des libraires et la place des éditeurs indépendants dans un paysage dominé par la surproduction et la concentration.

16/12/2025, 16:39

ActuaLitté

“Notre pays, c’est la poésie“ : pourquoi il faut préserver les lieux de Boris Vian et Jacques Prévert

Hélène Pince, une des représentantes du groupement pour les musiques actuelles au sein du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs (SNAC), lance un appel vibrant pour la préservation des appartements de Boris Vian et de Jacques Prévert. Selon elle, plus que des murs, ces espaces incarnent une histoire poétique, humaniste et profondément vivante, dont la transmission aux générations futures demeure essentielle.

16/12/2025, 11:58

ActuaLitté

Lecture sacrifiée en France ? La filière s’alarme d’un désengagement inédit de l’État

La perspective d’une diminution des crédits destinés au développement de la lecture dans le projet de budget 2026 suscite une profonde inquiétude au sein du monde du livre. Cette orientation budgétaire intervient pourtant dans un contexte de mobilisation forte, illustrée notamment par les États généraux de la lecture jeunesse, qui ont mis en lumière l’urgence et l’ampleur des enjeux liés à la pratique de la lecture.

15/12/2025, 16:48

ActuaLitté

“Garantir sa sécurité” : l’appel urgent après l’arrestation de Narges Mohammadi

Militante iranienne des droits humains, vice-présidente du Defenders of Human Rights Center, Narges Mohammadi est engagée depuis plus de vingt ans contre la répression, la peine de mort et les discriminations, notamment à l’égard des femmes en Iran. Son combat s’inscrit dans un contexte marqué par l’autoritarisme de la République islamique, qui réprime violemment toute dissidence, restreint les libertés fondamentales et impose des lois strictes telles que le port obligatoire du hijab.

14/12/2025, 11:14

ActuaLitté

La SAIF réaffirme son soutien à la continuité de revenus pour les artistes-auteurs

La Société des Auteurs des arts visuels et de l'Image Fixe (SAIF) salue les conclusions de la mission flash sur la continuité de revenus des artistes-auteur·rices et réaffirme son soutien à la proposition de projet de loi visant à leur accorder le droit à l’assurance chômage. 

11/12/2025, 13:14

ActuaLitté

“Que deviendraient les œuvres si les IA devenaient les seules créatrices ?”

Alors que l’essor fulgurant de l’IA recompose les pratiques de création et fragilise les modèles de diffusion, les éditeurs s’organisent pour protéger l’originalité des œuvres et les droits des auteurs. Entre exigences éthiques, enjeux juridiques et lutte contre le piratage, la profession cherche à établir un cadre capable de préserver la valeur du livre et la diversité culturelle.

10/12/2025, 10:46

ActuaLitté

Épuisement, précarité, sacrifices : l’envers du décor de la création jeunesse

« Je vis à peu près de mon métier, car je pédale sans m’arrêter. » Comme de nombreuses autrices, Amandine Laprun fait face à une réalité implacable : produire, encore et encore, sous peine de n’avoir plus de ressources. Pour cela et bien plus encore, la perspective de la loi Continuité de revenus représente la possibilité d’une respiration. Elle le raconte dans une tribune confiée à ActuaLitté.

09/12/2025, 15:00

ActuaLitté

“Nous sommes sans voix” : pourquoi la France a expulsé l’autrice italienne Elena Mistrello ?

Invitée au festival BD Colomiers pour présenter Syndrome Italie, l’autrice italienne Elena Mistrello a été expulsée dès son arrivée à l’aéroport de Toulouse, le 21 novembre 2025. Agnès Tricoire, Présidente de l'Observatoire de la liberté de création, a fait parvenir à ActuaLitté un courrier adressé au préfet de la Haute-Garonne, interpellant sur cette situation des plus incongrues. 

08/12/2025, 12:46

ActuaLitté

Trois ans de travail envolés : la réalité du métier d'autrice en 2025

Autrice-dessinatrice depuis 2003, reconnue en France et à l’étranger, Élodie Durand a vu en 2025 deux contrats annulés et trois années de travail disparaître, révélant la précarité structurelle des artistes-auteur·ices. Son témoignage rappelle combien le projet de loi sur la continuité de revenus est essentiel pour garantir des conditions de création dignes et durables.

08/12/2025, 10:19

ActuaLitté

Frais de port à 3 € : la mesure qui fait chuter la lecture en France ?

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos fin 2021, les commandes en ligne de livres neufs de moins de 35 € sont systématiquement assorties d’un minimum de 3 € de frais de port — un surcoût désormais inscrit dans l’acte d’achat. Deux ans plus tard, cette mesure destinée à « rééquilibrer la concurrence » entre plateformes numériques et librairies physiques apparaît comme une taxe invisible sur la lecture.

08/12/2025, 05:00

ActuaLitté

“On meurt de faim en écrivant” : pourquoi la France abandonne ses créateurs

La question de la continuité de revenus pour les artistes-auteurs s’impose aujourd’hui comme l’un des enjeux majeurs de la politique culturelle. Malgré l’existence d’un statut juridique spécifique, confirmé notamment par les constats du Rapport Racine en 2020 sur la fragilité économique du secteur, les créateurs restent soumis à des rémunérations irrégulières, dépendantes des avances, des droits perçus ou des résidences obtenues. 
 

05/12/2025, 12:13

ActuaLitté

Pierre Drachline : dix ans après, le souvenir intact d’un éditeur hors normes

Dix ans après la disparition de Pierre Drachline, ses collègues du Cherche midi lui rendent un hommage vibrant, à la mesure de son exigence littéraire et de sa liberté d’esprit. Éditeur entier, intransigeant et profondément humain, il a marqué ceux qu’il accompagnait par son regard acéré et son sens de la vérité des mots. Un héritage vivant selon eux, qui continue d’éclairer celles et ceux qui font la littérature aujourd’hui.

04/12/2025, 12:14

Autres articles de la rubrique À la loupe

ActuaLitté

Pourquoi Lire entre les lignes séduit autant les amateurs de casse-tête littéraire

Dans la grande foire des applications mobiles, où la couleur crie plus fort que l’idée, Lire entre les lignes avance avec l’air modeste des jeux qui n’ont qu’une arme : l’intelligence. Pas de saga, pas d’effets pyrotechniques, pas d’univers gonflé au vide. Juste des mots, des images, des pièges et ce moment délicieux où le cerveau comprend une seconde trop tard qu’il s’est fait avoir. C’est peu. C’est beaucoup.

14/03/2026, 18:09

ActuaLitté

Entre Montaigne, Nerval et Pascal Quignard : le voyage littéraire d’Éric Poindron

Passionné par les auteurs mineurs, les petites éditions, le tout jeune sexagénaire Éric Poindron nous parle de livres, de voyages et d’amitié à travers un récit autobiographique qu’on pourrait qualifier d’hybride. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

 

13/03/2026, 15:37

ActuaLitté

La Peuplade a 20 ans : “Plus la maison va bien, plus on peut prendre des risques”

Fondateur de La Peuplade en 2006 aux côtés de Mylène Bouchard, Simon Philippe Turcot dirige aujourd’hui une maison québécoise solidement implantée au Canada et désormais installée dans le paysage français. À l’heure des 20 ans, il revendique moins la taille que le mouvement, moins la posture que l’élan. Portrait d’un éditeur qui traverse l’Atlantique comme il défend ses livres : sans relâche.

12/03/2026, 12:34

ActuaLitté

“Internet, l’eldorado utopiste qui a fini en LIDL”

Il y a environ vingt-cinq ans Thierry Théolier faisait la couverture de Technikart. Avec son look original, branché, sa casquette Paris enflammée et son style unique, l’homme était coutumier des soirées mondaines, où il venait délibérément jouer les pique-assiettes et les provocateurs. Influencé par le concept de happening, Thierry, polyvalent, s’illustre à la fois sur le web, sur scène en tant que DJ, poète-performer, mais aussi en tant qu’auteur, et en tant que théoricien, volontairement « crevard », de la dude attitude, telle qu’exposée dans le Dude manifesto, essai publié en 2015. Propos recueillis par Etienne Ruhaud.

10/03/2026, 12:08

ActuaLitté

15 minutes de lecture vaudront toujours mieux qu'une injonction à lire

Pourquoi la lecture résiste aux mots d’ordre ? Les politiques publiques ont toujours traqué la formule capable de faire lire. Campagnes nationales, prescriptions scolaires, slogans institutionnels : tous poursuivent le même objectif. Mais l’acte de lire résiste aux mots d’ordre.

10/03/2026, 10:16

ActuaLitté

Auteurs autoédités : pourquoi Amazon ne suffit plus pour vivre de ses livres

Le numérique avait promis l’émancipation ; il a surtout dressé des péages partout. Derrière l’écran lisse, des auteurs comptent des pages lues, mendient une mise en avant, regardent filer la marge et le lecteur avec. Dans cette foire aux algorithmes, Thotario entre comme un démonteur de machine : pas pour repeindre la cage, mais pour rouvrir les issues et rendre aux créateurs un territoire qu’ils avaient cessé d’habiter. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

09/03/2026, 13:58

ActuaLitté

Macron et Neruda : les conseils que le Nobel chilien aurait donnés au président

Alors comme ça, Emmanuel Macron aime poser avec des livres de la maison Gallimard – et plus particulièrement l'édition Quarto, Résider sur la terre. Œuvres choisies de Pablo Neruda ? invité dans les bureaux de l’Élysée : manuel de survie poétique pour un président en fin de cycle
 

07/03/2026, 08:00

ActuaLitté

Le marché d'occasion numérique, un continent juridique encore inexploré

Le numérique culturel s’impose partout, mais un détail change tout : le marché secondaire demeure un désert juridique. Dans le livre comme dans le jeu vidéo, l’achat en ligne ressemble à une propriété. En réalité, il s’agit le plus souvent d’un droit d’usage personnel, encadré par des conditions générales. Je m’intéresse à cette faille depuis le jeu vidéo, mon premier terrain de culture. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

06/03/2026, 14:53

ActuaLitté

De la Mouffe à la Cartoucherie : l’histoire d’un théâtre radical

Dans un rêve survenu dans la nuit du 15 au 16 février 2026, un ancien interprète d’Artaud retourne au Théâtre de l’Épée de Bois, comme rappelé à une filiation souterraine. De la rue Mouffetard aux laboratoires des années 1960-1970, se dessine un théâtre-champ de bataille où l’ombre d’Artaud continue de travailler les corps et les lieux. Par Ilios Chailly.

05/03/2026, 17:22

ActuaLitté

Jean-Claude Ceccarelli : quand la réalité se mêle à la fiction pour raconter l'Histoire

ActuaLitté ouvre ses colonnes à Jean-Claude Ceccarelli, qui revient sur son goût pour les récits mêlant faits historiques et imagination romanesque. À travers ses ouvrages consacrés à Paris et à la Renaissance italienne, il évoque sa manière de faire dialoguer réalité et fiction pour raconter l’Histoire.

05/03/2026, 15:34

ActuaLitté

Campagne et roman : la nouvelle vague du rural noir qui chamboule la littérature contemporaine

Ils sont irlandais, gallois, néerlandais, espagnols, belges, américains, français. Ils écrivent des polars, des sagas familiales, des romans d'apprentissage, des récits autofictionnels, des fables politiques. Leurs romans se passent dans des hameaux isolés du Cantal, des marécages de Virginie, des collines de Cumbrie, des plateaux du Jura, des forêts du Jura suisse, des montagnes de Corrèze. Ce qu'ils ont en commun, c'est de faire du monde rural le territoire central de leur fiction.

03/03/2026, 19:24

ActuaLitté

Éditeurs, agences, organisations... Quels lobbys pour le secteur du livre ?

Lobbies, groupes de pression ou d'influence... Peu importe leur dénomination, ces entités tentent d'influencer le débat public, le vote des lois et la politique de l'État. Le secteur du livre, dont les logiques sont parfois industrielles, n'échappe pas à ce phénomène. Des données publiées par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) permettent de dresser une carte du lobbying en 2024, avec une présence forte des éditeurs et des organismes de gestion collective.

02/03/2026, 16:19

ActuaLitté

Amazon, Microsoft, Fnac-Darty... Les lobbys des multinationales à l'assaut du livre

En tant qu'industrie culturelle aux importants revenus, doublée d'une capacité d'influence non négligeable, le secteur du livre et son encadrement suscitent bien des convoitises. Quelques multinationales aux moyens conséquents n'hésitent pas à solliciter les représentants publics, afin d'influer sur les votes ou la politique générale. En 2024, Amazon et Fnac-Darty se sont montrés particulièrement offensifs...

02/03/2026, 16:18

ActuaLitté

Lobbys et groupes de pression : une transparence insuffisante ?

Comme d'autres industries et secteurs culturels, le livre n'échappe pas aux pouvoirs de lobbies et groupes d'influence, qui informent les décisions publiques, mais tentent aussi de les orienter à leur profit. Afin d'encadrer ces pratiques et d'éviter des dérives dommageables pour la démocratie, quelques obligations existent, malgré tout très limitées.

02/03/2026, 16:18

ActuaLitté

Perrette is The New Queen – et si la laitière avait toujours eu raison ?

Les occasions de rêver, sans arrière-pensée ni messages d’alerte subliminaux, devenant assez rares, j’ai pris comme une bouffée d’oxygène, en une sorte de flash réconfortant, l’image de Perrette et de son fameux pot au lait, rendue populaire par Jean de La Fontaine (Fables, Livre VII).

02/03/2026, 15:53

ActuaLitté

Un chef-d’œuvre oublié d’une survivante d’Auschwitz enfin publié en France

Le 6 mars paraîtra aux éditions des Syrtes La Promenade de Mária Földes, « une véritable découverte littéraire », traduit du hongrois (Transylvanie) par Catherine Fay. Un roman autobiographique publié en 1974, écrit par une autrice de langue hongroise en Roumanie, survivante de la Shoah, oubliée ensuite par les vagues de l’histoire. 

02/03/2026, 12:04

ActuaLitté

Le tarot : un mystérieux et fascinant jeu de cartes…

À la fin du Moyen-Âge, dans les années 1430, un jeu somptueux fut créé pour le divertissement des riches aristocrates de l’Italie du Nord. Ses cartes magnifiques, enluminées et dorées à l’or fin, se répandent dans les cours italiennes. Et depuis lors, ce jeu, appelé « jeu des triomphes » puis « tarot », fascine les esprits…

02/03/2026, 11:43

ActuaLitté

Trump bannit l’IA Claude : un scénario que John le Carré aurait reconnu

Le 27 février 2026, Donald Trump a ordonné à toute l'administration américaine de cesser d'utiliser l'IA d'Anthropic. Derrière la décision : une opération militaire au Venezuela, un garde-fou automatique, et un refus maintenu sous pression directe de la Maison-Blanche. John le Carré aurait reconnu cette histoire. Il l'avait déjà écrite.

01/03/2026, 10:02

ActuaLitté

“Pourquoi je suis partie ? Une maison d’édition ne se construit pas avec des tableurs”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 9. Grand final. Oui, je respire encore. Il aura fallu des semaines de négociations pour aboutir. Je m'appelle Victoire. J'ai décidé de tout envoyer paître. Je vous annonce que je me casse, pour retrouver mon indépendance, dans un cadre respectueux et factuel.

27/02/2026, 16:57

ActuaLitté

Fille de pute censuré : quand la fiction révèle les fractures du réel

Un maire refuse l’acquisition d’un roman dans une médiathèque municipale. Le livre : Fille de pute, de Swann Dupont. Les motifs avancés sont connus. Pas de règlement voté, donc pas d’achats, considère le maire. Et puis, n'oublions pas la protection des mineurs, donc l'impérieuse prudence. D'ailleurs, le titre du livre lui-même, voyez-vous... même sans lire le bouquin, pas besoin d'aller trop loin. Pourtant, la lecture de ce récit fait assez mal à la réalité. 

25/02/2026, 16:43

ActuaLitté

L'édition, “enjeu stratégique pour ces milliardaires en quête d’influence”

En octobre 2025, la députée Sophie Taillé-Polian (Écologiste et Social, Val-de-Marne), vice-présidente de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale, déposait une proposition de loi cherchant à empêcher « la constitution de monopoles économiques dans les secteurs des médias et de l'édition ». Elle revient pour nous, à l'occasion d'un entretien, sur les motivations derrière ce texte, pensé en réponse à un phénomène qui « représente un danger pour notre démocratie ».

25/02/2026, 10:10

ActuaLitté

Parenthèses à Hong Kong : une librairie dédiée aux rencontres et à la langue française

Il existe, en plein centre de Hong Kong, une librairie française - mais il serait plus juste de dire francophone - nichée dans le quartier animé de Sheung Wan, au beau milieu des gratte-ciel, des tramways grinçants - que l’on appelle ici ding-ding - et du flux continu des passants.

24/02/2026, 17:25

ActuaLitté

Fille de pute, victime de la censure : un maire peut-il interdire un roman en médiathèque ?

Qu’une médiathèque de l’Orne reçoive des conseils du maire, quant aux ouvrages qui ont droit de cité ou non dans les étagères, voici qui étonne. Le titre du récit que Swann Dupont a publié chez Istya & Cie, peut-être – Fille de pute –, mais l’argument serait court. Dans une longue tribune, l’autrice détaille cette étonnante situation et combien l’interventionnisme de l’édile va à l’encontre du sens commun – pour ne pas dire, du bien commun.

23/02/2026, 16:43

ActuaLitté

Science et âme : sommes-nous seulement notre cerveau ?

À un mois du rendez-vous parisien, La Conscience & l’Invisible, qui se tiendra au Grand Rex, voit son programme et ses intervenants susciter curiosité et intérêt. Dans la continuité des précédentes éditions conçues de concert, les éditions Guy Trédaniel s’associent à l’essayiste et conférencier Jean Staune. Cette rencontre rassemblera un large auditoire autour d’une interrogation qui résiste aux certitudes — ce que “nous” sommes, et ce qui, peut-être, subsiste lorsque le cerveau s’éteint.

23/02/2026, 15:31

ActuaLitté

Pas de cartes postales : “Mon premier livre vendu, c’était une biographie du Che”

Sur le quai de l’Hôtel de Ville, Pierre est assis avec son camarade Maxime. L'ancien libraire et chineur invétéré nous présente ses « outils » : des textes « utiles », des archives de luttes, des classiques qui reviennent, des fonds devenus introuvables ou presque - et surtout, des ponts.

20/02/2026, 18:22

ActuaLitté

Prix Les Visionnaires 2026 : des romans pour éclairer le présent et interroger l’avenir

Bibliothécaire à la médiathèque Jean Rousselot, à Guyancourt (Yvelines), Grégory Launay est membre du jury du Prix Les Visionnaires 2026. À travers ce prix littéraire et territorial, il défend une vision de la lecture comme outil de médiation, de réflexion sur le monde contemporain et de dialogue avec les différents publics.

17/02/2026, 15:54

ActuaLitté

Luciana Peker : “Aimer mieux, c’est aimer sans hiérarchie ni soumission”

La Saint-Valentin déborde de cœurs rouges, mais sous le vernis sucré, Luciana Peker tranche dans la chair du mythe romantique. Son enquête dissèque l’amour comme un champ de bataille intime, saturé d’héritages politiques, de domination feutrée et de déséquilibres affectifs. Entre désir sincère et architecture sociale, elle dévoile une cartographie du sentiment où le pouvoir circule, s’infiltre et modèle les corps, les choix et les silences, loin du conte amoureux vendu comme universel.

17/02/2026, 09:35

ActuaLitté

Agents littéraires : la mutation silencieuse qui transforme la carrière des écrivains

C’est un petit séisme auquel a assisté l’édition voilà une semaine : après la publication d’une quinzaine d’ouvrages et près d’un million de livres vendus, Patricia Darré décidait de collaborer avec Mickaël Palvin fondateur de l’agence littéraire Héraklès. Pourquoi ce choix, quand la notoriété et la réussite sont avérées ? Et que dit cette relation nouvelle de l’époque ?

13/02/2026, 17:01

ActuaLitté

Les Passantes : des vies effacées qui éclairent l’Histoire

Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

ActuaLitté

Witold Gombrowicz, l’ennemi radical des identités figées

Dans cet article, Charles Garatynski relit l’œuvre de Witold Gombrowicz comme une entreprise radicale de déstabilisation des identités, des rôles et des formes sociales. De Ferdydurke à Cosmos, l’écrivain polonais apparaît comme un penseur de l’inauthenticité, pour qui la littérature devient un espace de résistance contre les assignations culturelles, nationales et symboliques.  

09/02/2026, 16:33

ActuaLitté

Bernard Werber : “L'imagination est un artisanat qui réclame une certaine rigueur”

Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

ActuaLitté

L’Amérique au bord du précipice : pourquoi la culture renversera Donald Trump

L’Amérique tangue, ivre de sa propre légende, coincée entre les néons sales du pouvoir brut et les fantômes électriques de Ginsberg qui hurlent encore sur l’asphalte. Dans le cockpit, un milliardaire enragé joue avec les boutons rouges comme un enfant trop riche dans un magasin d’armes. Pourtant, sous la tôle froissée, le moteur démocratique gronde. Les poètes, les musiciens, les libraires, les profs, les types fatigués qui votent sans illusions tiennent encore la ligne. Ce texte parle d’une chute possible. Mais surtout d’une résistance culturelle qui mord, qui encaisse, qui refuse de plier. Par Mathias de Breyne.

06/02/2026, 14:08

ActuaLitté

“Norma Jeane Baker était une femme. Marilyn Monroe était un mythe”

De la découverte sidérante de la mort de Marilyn Monroe à l’enquête intime sur Norma Jeane Baker, ce Daniel Charneux retrace ici une fascination née dans l’enfance et devenue projet littéraire. Entre mémoire personnelle, immersion dans les archives, films et biographies, et réflexion sur l’identité, l’auteur traque la femme derrière l’icône. Une plongée sensible dans la fracture entre mythe hollywoodien, violence médiatique et destin humain brisé. Il publie ce 5 février I'm not M.M. chez Arléa.

04/02/2026, 09:00

ActuaLitté

Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

ActuaLitté

“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

ActuaLitté

Hitler contre Artaud : comprendre une confrontation imaginaire

Entre 1930 et 1932, Antonin Artaud séjourne à plusieurs reprises à Berlin, au moment même où la République de Weimar s’effondre. À partir d’archives, de lettres, de manuscrits et d’une relecture attentive des textes asilaires, Ilios Chailly retrace ces séjours berlinois et interroge l’une des affirmations les plus troublantes d’Artaud : sa rencontre supposée avec Adolf Hitler.

27/01/2026, 13:06