#Spectacles

'Les campagnes électorales sont de vraies mises en scène'

Interview avec les auteurs de « 2012 : Quitte ou double », le livre choc sur les élections en France paru le 24 avril 2012, entre les deux tours des présidentielles, aux Éditions La Bourdonnaye.

Le 02/05/2012 à 17:06 par Clément Solym

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Publié le :

02/05/2012 à 17:06

Clément Solym

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ActuaLitté : Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?
Jean-Paul Picaper : Parce que nous nous demandons à quoi peut bien servir ce scrutin présidentiel. Pourquoi remplacer une équipe bien rodée, qui maîtrise son sujet, qui est bien vue en Europe et hors d'Europe, par des gens qui ne manifestement ne sont pas orfèvres en la matière et qui auront été élus en faisant des promesses qu'ils ne pourront tenir, comme François Hollande, voire en faisant du cinéma, comme Jean-Luc Mélenchon ? Leur campagne électorale est une vraie mise en scène. Ils l'ont préparée depuis cinq ans. Il avaient stocké tous ses ingrédients dans leur arrière boutique et les médias à leur solde distillent  maintenant peu à peu le poison. Des naïfs, des jeunes primo-votants aussi, hélas ! gobent tout cela. Cela leur donne l'impression de changer le monde et de faire bisquer « l'establishment ». 

Alors vous reniez les règles républicaines ? Si on ne veut pas remplacer les dirigeants, on va à la monarchie  ou à la dictature…
JPP. N'employons pas tout de suite les grands mots. Naturellement, nous ne voulons pas des dirigeants inamovibles et de droit divin. Seulement, à peine quelqu'un est-il élu chez nous que les médias commencent à le dénigrer et que ses adversaires se pointent déjà dans les starting blocks. Les sarkophobes aiguisaient depuis quatre à cinq ans leurs couteaux. Quant à la campagne électorale proprement dite, elle a commencé il y a un an au moins. Une vraie nuisance ! Ce n'est pas dans ces conditions qu'on peut gouverner calmement un grand pays. Vous voyez bien que nos institutions ont des dysfonctionnements !

Si les institutions ne fonctionnent plus correctement, vous voulez donc « sortir du système » comme Marine Le Pen ?
JPP. Pas du tout. Traiter la république de « système », comme le font Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, c'est employer le vocabulaire des nazis. C'est par ce terme que ces derniers désignaient la république allemande qu'ils ont finalement abattue. Raison pour laquelle, pour la direction du Front National, la droite républicaine incarnée par Sarkozy et l'UMP est l'adversaire principal. Marine Le Pen et son équipe rapprochée feront tout pour faire gagner Hollande parce qu'ils pensent qu'avec lui la France s'effondrera plus vite qu'avec Sarkozy à sa tête. Et ils s'imaginent qu'alors on fera appel au Front National pour sauver la patrie en danger. 

C'est là qu'on voit que le Front National est un enfant adultérin de François Mitterrand conçu par celui-ci pour casser la droite. Et Marine Le Pen, après son père, joue ce jeu-là. C'est toujours dangereux de jouer la carte du pire. Heureusement, les deux tiers au moins des militants et électeurs du Front National ne voient pas cela ainsi. Ils sont plus anticommunistes et antisocialistes qu'anti-UMP, plus anti-gauche qu'anti-droite démocratique. J'espère qu'ils en reprendront conscience avant le second tour des présidentielles et avant les législatives.

Quant à moi, je veux rester dans cette république.  Ce que je désapprouve, c'est l'instabilité. Je suis donc hostile à celui des candidats qui n'a que le mot changement à la bouche et qui prétend incarner le changement. Comme s'il suffisait de changer pour que tout aille mieux. Changer en pire, oui, c'est cela qui pend au nez. Il y a une belle fable de Lafontaine sur les grenouilles qui « se lassant de l'état démocratique, par leurs clameurs firent tant », en demandant de changer de gouvernement, que le roi des dieux leur envoya un héron qui les dévora. Nous citons cette fable à la page 123 de notre livre et je pense que tous les Français devraient la lire. Ce héron, c'est le régime dictatorial dont rêvent chez nous les néo-communistes et la droite de la droite du FN. 

Jusqu'en 2002, le mandat présidentiel durait sept ans. Maintenant, c'est cinq ans. Bientôt, ce sera quatre ans peut-être. Comme si la crise mondiale, les révolutions à nos portes dans le monde arabe et la menace iranienne qui se profile, ne créaient pas assez d'instabilité autour de nous !

Vous êtes donc contre l'alternance ? 
JPP. Non, elle peut apporter du renouveau, mais cela dépend à quel rythme et à quel moment. Si vous voulez encore plus de spectacle électoral, alors ouvrez les urnes tous les deux ans. Ainsi on aura toujours du spectacle. Ou bien créons une république des soviets, avec des élections incessantes et des revendications permanentes. Jusqu'à ce que le politburo ou le comité de salut public remettent de l'ordre et qu'on réprime les grèves par les armes, à la manière de Trotski qui l'a plus tard payé de sa vie parce que la révolution dévore ceux qui la sèment. N'oublions jamais l'histoire du XXème siècle. La démocratie, ce sont les évolutions lentes et les réformes menés à bien et à petits pas. C'est un régime politique ouvert aux critiques, mais non pas aux casseurs et démolisseurs. La crise a créé en France et en Europe des situations complexes. Il faut stabiliser tout cela peu à peu pour que la machine redémarre dans de bonnes conditions. On répare avec un tournevis, pas à coups de marteau.

Vous parliez du « spectacle électoral ». Vous critiquez les médias. Vous êtes pourtant journaliste ?
JPP. Les brebis galeuses se multiplient visiblement plus vite que les autres dans la profession. Voyez comment un certain Edward Epstein a sorti au dernier moment la botte secrète, comme quoi le gouvernement français aurait tendu un piège à DSK au Sofitel pour l'éliminer de la course. Cela ne m'a guère étonné que Claire Chazal, l'amie d'Anne Sinclair, donne un tel écho à ces élucubrations d'un homme qu'il faut bien qualifier d'anormal ou de débauché. D'autant qu'elles ont été formulées dans une interview au « Guardian » britannique fabriquée de toutes pièces par le dénommé Epstein.

Pour faire bonne dose, « Mediapart », ce bouillon de culture plus bouillon que culture, a ressorti le fiel répandu par le fils de Kadhafi sur un prétendu financement de la campagne Sarkozy de 2007. Laurence Ferrari, elle aussi, avait mentionné déjà cela dans une question au président. Curieux non ? Surtout quand on sait que « Mediapart » est financé partiellement par le Parti Socialiste et que le document utilisé contre Sarkozy est un faux. Je pense que Nicolas Sarkozy a bien réagi à rumeurs de caniveau.

Mais que dire des journalistes de la télévision qui gagnent un Pactole mais évoquent depuis cinq ans le refrain du Fouquet's ? Je crois qu'il arrive à Hollande de fréquenter des restaurants plus chers que le Fouquet's. Et il n'est pas le seul dans son camp. Mais les médias ne le disent pas. Forcément, les socialistes sont des modèles de vertu. Ils défendent la veuve et l'orphelin. Soit dit en passant, aucun homme politique dans l'histoire de France n'a été aussi calomnié que Sarkozy.

Parce qu'il les dérange par son intelligence, son dynamisme, son courage et qu'il a osé marcher sur leurs plates-bandes bien gardées depuis 1968. Le pire a été quand « L'Humanité » la semaine dernière a osé comparer Sarkozy à Pétain. Pas croyable, non ? Or, quand Pétain alignait des platitudes en 1940, le PCF était le bon élève de Staline et l'allié objectif d'Hitler par le biais du Pacte Ribbentrop-Molotov. Que la Wehrmacht ait envahi la France ne l'avait pas beaucoup ému. Il n'est entré dans la Résistance que le 22 juin 1942 quand la Wehrmacht a envahi l'URSS. Et comment ? En assassinant des militaires allemands isolés pour qu'Hitler fasse fusiller des otages français. 

Cette campagne vous paraît trop violente ? 
JPP. Non, car les professionnels de la manif à la CGT, SUD, FO, retiennent leurs troupes pour ne pas faire peur avant le scrutin aux « bobos » et autres bien-pensants frileux. Mais ceux qui jugent cette campagne ennuyeuse se fourvoient. L'enjeu est considérable. Nous prendrions un tournant décisif  et nous arriverions à un point de non retour si la gauche accaparait tout le pouvoir régional qu'elle a déjà, et national auquel elle aspire, y compris donc le Sénat, l'Assemblée et la Présidence. Une vraie chape de plomb !

Un pouvoir total donc, selon vous ?
JPP. Quasi-totalitaire, oui. Il n'y a plus de partage des pouvoirs. L'exécutif et le législatif sont dépossédés progressivement de leur autorité légitime au profit d'une justice grincheuse dont l'inconcevable Eva Joly est l'incarnation, mais en faveur également de deux autres pouvoirs non inscrits au registre de Montesquieu, celui des médias majoritairement à gauche ou contaminés, et celui de la rue. S'ajoute que la gauche a fait de l'éducation nationale est son domaine.

Ces distorsions institutionnelles sont-elles le thème de votre livre ? 
JPP. Non, c'est dans le livre en filigrane. Ces questions seront approfondies ailleurs si on nous en laisse le temps. Nous avons fait un livre grand public dans lequel nous cherchons à montrer comment certains hommes  et femmes et leurs partis ont instrumentalisé la crise économique et financière importée pour en tirer profit électoralement. Ils ont même tenté d'aggraver les problèmes pour en tirer plus de bénéfice encore. On les a vus applaudir quand une agence de notation a dégradé la France et dénigrer ou maquiller tout ce que Sarkozy a pu faire pour limiter les dégâts de la crise, non sans succès d'ailleurs.
Certes, en dressant l'oreille, on entend des choses qui ne tournent pas rond dans notre démocratie. Les populistes de l'ultra-droite et les « dinamiteros » marxisants en profitent, entraînant les médias dans leur sillage et malheureusement aussi des foules exaltées. Les visages du public et les gesticulations de l'orateur,  le 19 avril à la dernière grande manifestation de Mélenchon, me rappelaient une époque lointaine, dans une Allemagne en perdition. Je n'en dis pas plus, je vous laisse deviner à qui je pense. Que Monsieur Mélenchon me rassure ! Qu'il me dise qu'il ne copie pas celui que Chaplin a si bien incarné dans un film culte ! 

Mais Mélenchon n'a pas obtenu la troisième place à laquelle il aspirait au premier tour !
JPP. Certes. Il aurait eu 13% ou 14% des voix si nombre de ses sympathisants n'avaient pas voté Hollande pour que celui-ci dépasse Sarkozy et se lance ainsi en première position dans le sprint du second tour, ce qui impressionne toujours la galerie. Mais Mélenchon se profile derrière Hollande. Le chef du Front de gauche assure qu'il ne participera pas au gouvernement. Il ne sera donc pas tenu par la discipline gouvernementale et pourra pressurer Hollande avec ses trois leviers, son appoint de voix pour les votes à l'Assemblée, la rue pour les manifs et la CGT pour les grèves. Hollande sera dépendant de Mélenchon. Mélenchon a dit qu'il faudra compter avec son parti à l'avenir, même s'il a appelé à battre Sarkozy au deuxième tour sans demander de contrepartie. Curieux ralliement qui ressemble à un chantage. En fait l'anti-sarkozysme est le seul lien qui les unisse tous. Le « Ote-toi de là que je m'y mette ». A supposer qu'ils arrivent à avoir la peau de Nicolas Sarkozy, ce sera tout de suite le chantage : soit tu reprends nos propositions, soit nous mettons la pagaïe, en bons communistes.

S'ajoutent  la dette et le chômage. Hollande a promis monts et merveilles. Personne ou presque ne le croit. Lui-même n'en croit pas un mot sans doute. Mais il peut être élu si Marine Le Pen impose elle aussi sa tactique anti-sarkozy à ses militants, si Mélenchon fait de même que Bayrou reste sur ses positions parce que Sarkozy ne le chouchoute pas. Alors le Modem votera en majorité Hollande. Et nous subirons un nouveau Front Populaire, plus utopique que jamais, comme en Grèce sous Papandréou, comme en Espagne sous Zapatero, deux pays qui voient monter leurs taux d'intérêt à des niveaux inabordables. Madame Thatcher avait dit : "Le socialisme ne dure que le temps de dépenser l'argent des autres". Alors, le problème est le suivant : "Comment fait-on pour dépenser quand les caisses sont vides, et que plus personne ne veut vous faire crédit ?". Les banquiers et les entrepreneurs mettront alors la clé sous la porte. Mais c'est quand on fermera les livrets A et que les rayons des supermarchés commenceront à se vider que cela deviendra intéressant pour le commun des mortels.

Mais Sarkozy aura lui aussi des problèmes de financement de la dette ?
JPP. Ce ne sera facile pour personne. Mais il y a une façon socialiste de compter les sous. On racle les fonds de tiroirs et on partage les restes. S'il y en a. L'autre, la libérale, consiste à essayer de créer de la richesse par l'innovation et la liberté d'entreprendre, de travailler, pour redistribuer les surplus. 

Gilles Dubois. Contrairement à ce qui s'est passé en Allemagne et en Europe du Nord, la politique en France, en particulier dans les syndicats et les partis de gauche, n'a pas réussi à se défaire de ses vieux démons de la lutte de classes. On a vu des éléments du PS, du Front de gauche et du Front National déclencher une campagne de germanophobie rappelant le nationalisme haineux qui a mené à 1914. Jaurès a dû se retourner dans sa tombe. A quelle époque vivent donc ces gens ? La lutte de classes est un concept du XIXème siècle, mais elle a été le moteur de la campagne de la gauche en 2012. La SFIO et le PS avaient certes un peu évolué, quoique bien moins que le SPD social-démocrate allemand, que les socialistes scandinaves, que les Travaillistes britanniques. Mais, maintenant, le PS est gangrené par la gauche mélenchonienne. Après 1981, Mitterrand avait phagocyté les communistes. En 2012, c'est le contraire qui se passe. Parce qu'en 1981, la France était riche. Aujourd'hui les caisses sont vides. Jean-Luc Mélenchon a dit qu'il ne voulait pas participer au gouvernement Hollande. Mais on le voit déjà venir. Après les scrutins, il changera de cible. Il tirera sur Hollande, qu'il déteste, comme il a tiré sur Sarkozy qu'il haïssait. Il le grignotera pour faire glisser la France vers un régime marxisant et dirigiste. Il y a une chose que je ne comprends pas dans la stratégie de l'UMP. La gauche reproche à l'UMP de se rapprocher du FN, ce qui est faux, mais la droite oublie de rappeler que le PS est officiellement allié aux anciens staliniens du PC qui brandissent le drapeau rouge. 

JPP. Sarkozy était bien entendu le rempart qu'il fallait abattre en premier pour faire tomber la forteresse France. Le second sera Hollande. Sarko est haï par la gauche comme aucun politicien avant lui parce qu'il a montré que la droite française pouvait devenir moderne et moderniser le pays. Il a fait bouger les lignes, il a brisé des tabous et remis la France en mouvement alors que Mitterrand n'avait presque rien fait et Chirac rien du tout. Pour la gauche, c'est clair : cet homme est dangereux. Hollande se défendra encore moins bien que Sarkozy contre les extrêmes. Un grand journal de New York plutôt démocrate a écrit que la France va élire avec lui un « politicien de second rang ». 

Comment les Allemands voient-ils cela ?
GD. Une journaliste vedette de la télévision allemande, Marietta Slomka, disait il y a quelques jours au petit écran que ses compatriotes suivent ce qui se passe en France avec beaucoup d'inquiétude. Ce qui rassure les Allemands, c'est que chez eux le pouvoir politique est stable. On s'achemine vers une réélection de Mme Merkel en 2013, vers une grande coalition centre-droit et centre-gauche jusqu'en 2017, et l'économie est relativement prospère. Néanmoins, l'instabilité politique en France et un effondrement budgétaire et industriel de notre pays auraient des répercussions en Allemagne parce que nos investissements et nos échanges sont très imbriqués. Politiquement, la France a toujours été considérée par nos voisins comme plus à gauche que l'Allemagne. Pour eux, l'UMP a des positions proches du SPD allemand, le PS est proche du parti allemand anticapitaliste La Gauche, et le Front de Gauche se situe sur l'aile gauche de La Gauche allemande, c'est-à-dire dans le sillage de la RDA qui a été la plus grande catastrophe économique générée par l'histoire allemande. 

Est-ce la raison pour laquelle vous avez écrit dans le dossier de presse de votre livre : « Élections en France : L'Europe retient son souffle » ? 

GD. Oui. Car l'Europe telle qu'elle est s'effondrera si la France plonge. Je ne parle pas du Front National qui veut mettre notre pays au régime sec de l'autarcie et de l'isolationnisme. Jean-Luc Mélenchon lui aussi veut annuler, comme il dit, le traité Merkel-Sarkozy et prône un protectionnisme obtus. François Hollande veut  renégocier ce traité dont l'encre est à peine sèche. Les quelques vingt cinq autres États de l'Union Européenne, et surtout pas l'Allemagne, n'accepteront jamais cela. Mme Merkel l'a dit.  

JPP. L'Allemagne craint à juste titre qu'un gouvernement Hollande ne restaure le dirigisme et le centralisme qui sont, pour les Allemands, des facteurs de misère et d'échec. Ils l'ont appris à leurs dépens sous Hitler et sous Honecker.

GD. L'économie de marché est inscrite dans les traités européens. Il en résultera quasi-automatiquement et peut-être plus vite qu'on le croit, une implosion de l'Union Européenne et un effondrement de l'économie française. Les mesures draconiennes qu'adoptera la gauche française contre l'économie de marché vont faire fuir les capitaux vers l'Allemagne et ailleurs. Les fameux « marchés » qui gèrent beaucoup d'argent de petits épargnants, notamment les fonds de retraite américains, feront monter les taux d'intérêt requis de la France et même se retireront pour provoquer une faillite. Berlin fera tout pour ne pas être entraîné dans ce maelstrom et s'appuiera économiquement sur le Benelux, la Scandinavie, l'Autriche, en requérant l'appui de l'Italie et de la Pologne, plus le commerce avec la Chine et la Russie. 

JPP. Les médias français ont caché que Berlin – et aussi Washington - a multiplié les gestes de soutien à la réélection de Sarkozy pour ses derniers cinq ans de mandat. Ils déforment même ce que dit Mme Merkel à propos de la croissance en Europe. Ni Francfort ni Berlin ne veulent la même croissance que Hollande, la prétendue croissance par la dépense et la consommation. Nos voisins européens de l'Est et du Nord veulent la croissance par l'investissement et le travail. Le ministre de l'Intérieur allemand, Hans Peter Friedrich, a donné un signal fort, ces tout derniers jours, en passant un accord avec Claude Guéant sur la possibilité de fermer pendant un mois renouvelable les frontières extérieures de l'Union Européenne pour stopper l'immigration clandestine et naturellement aussi la criminalité internationale. L'Allemagne craint l'invasion des clandestins en cas de victoire de la gauche en France. 

Ce sont des perspectives bien noires. Mais si la France sort de l'euro, comme le préconisent les partis extrêmes, elle pourra relancer son commerce extérieur.
GD. Pendant quelques mois, mais ensuite l'inflation mangera l'épargne et les salaires. Mais c'est vrai que nous devrions alors sortir bien malgré nous de l'euro parce que l'Allemagne soutient financièrement la Grèce, mais elle ne pourrait pas payer pour la France. Nous serions alors coupés de l'Europe et du monde, avec une monnaie quasi-inconvertible. Si Hollande gagne, la France sera seule. 

Alors finie la politique étrangère ?
JPP. Justement, elle s'est invitée comme jamais avant dans cette campagne électorale. La gauche s'en est aperçue trop tard et cela a été sa faute majeure. Mais qu'aurait-elle pu faire ? Elle n'avait rien fait, alors que Sarkozy a accumulé les succès dans ce domaine et rendu à nouveau présente dans le monde une France qui s'était absentée sous Chirac en tant qu'acteur de la scène mondiale, après le coup de tonnerre fanfaron de Mururoa. 

Mais comment Hollande aurait-il pu se faire connaître hors frontières alors qu'il n'était pas aux commandes de notre pays ?
JPP. Sarkozy était connu à l'étranger avant d'être président, comme ministre et chef de parti. La gauche n'avait pas confié de responsabilités ministérielles à Hollande parce que son caractère de père tranquille faisait de lui un amortisseur dans le PS. Les quelques 2 millions de Français de l'étranger ont reçu une lettre personnelle de Hollande affirmant que l'image de la France à l'étranger s'était « dégradée » sous Sarkozy. Ils ont dû s'apercevoir que l'argument n'était pas crédible. Alors Pierre Moscovici nous a écrit que les consulats de France n'ont pas défendu les intérêts des Français hors de France depuis 2002. C'est-à-dire depuis que la gauche n'est plus au pouvoir. Qui pourrait bien avaler de telles énormités ? Cela prouve tout simplement que la gauche piétine et invente des subterfuges pour cacher qu'elle pédale à vide. Toujours est-il que les Français de l'étranger ont élu Sarkozy. Même en Allemagne où pullulent les enseignants et artistes français de gauche, Sarkozy talonne Hollande alors que Ségolène Royal dominait en 2007. Les Français de l'étranger voient la dimension internationale de la crise et en Allemagne, ils sentent qu'on n'aime pas Hollande. 

Croyez-vous malgré les sondages à la victoire de Nicolas Sarkozy ? 
GD et JPP. Ce que nous craignons surtout, c'est la démobilisation dans le camp de Sarkozy. Depuis des mois déjà, nombre de ses sympathisants semblent s'être donné le mot : la bataille est perdue. Avec des réactions en chaîne. Alors on baisse les bras. Comme le lançait Mélanchon à la foule le 19 avril : « Entendez-vous ce bruit de fond ? Ce sont les rats qui quittent le navire ». Les Français sont-ils des rats ? Or, Sarkozy a encore de puissants atouts et Hollande de terribles lacunes. La victoire de Sarkozy est encore possible si les gens comprennent à temps ce qui se trame. Nous espérons que les expatriés ne deviendront pas des émigrés et que la mère patrie ne sera pas un jour une République française des soviets. Ceux qui s'imaginent dans l'UMP ou au Modem qu'ils pourront un jour revenir dans la course en 2017, en cas d'échec de Sarkozy, se trompent gravement. Une partie de la France est poussée à l'insurrection et notre pays pourrait changer radicalement. On a déjà vu cela dans l'histoire, même récente.

Par Clément Solym
Contact : cs@actualitte.com

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Pour une édition de proximité : Le Cercle ouvert, publier moins pour mieux lire

Avec Le Cercle ouvert, Mathieu Larnaudie et Bertrand Py défendent une maison à la production resserrée, attentive aux auteurs, aux libraires et aux lecteurs. Adossée à Terre Neuve et donc au groupe Albin Michel, elle publiera ses premiers titres le 20 août 2026 autour d’une idée presque révolutionnaire : moins publier pour mieux accompagner les livres et refaire communauté, sans céder sur le catalogue.

19/05/2026, 17:29

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“Acheter un livre dans une librairie indépendante, c’est presque militant”

À Limoges, la librairie jeunesse Rêv’en Pages, ouverte depuis plus de quarante ans, est en redressement judiciaire. Confrontée à la hausse de ses charges et à la baisse du panier moyen, sa gérante, Rachel Faure-Lencroz, cherche à adapter son fonctionnement : changement de transporteur, projet de librairie mobile, développement de la romance, du young adult et de l’occasion.

 

19/05/2026, 12:13

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Xavier Coste : comment 1984 est devenu “le projet de [sa] vie”

À Palaiseau, les planches de Xavier Coste autour de 1984 et du Journal de 1985 dévoilent les coulisses d’une obsession graphique née à l’adolescence. Dans le cadre du salon Dimension, croquis, originaux et reproductions éclairent la construction d’un univers dystopique où l’adaptation devient affaire d’émotion, de fidélité intérieure et de vision.

 

18/05/2026, 17:15

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Murielle Compère-Demarcy : Artaud, le feu du langage

Originaire de Compiègne, très active dans le milieu littéraire, Murielle Compère-Demarcy, qui signe parfois MCDem, dirige depuis 2022 la collection « Présences d’écriture » aux éditions Douro, et rédige de nombreuses chroniques pour diverses revues. Auteure d’une vingtaine de livres, Murielle Compère-Demarcy semble, entre autres, très marquée par Antonin Artaud, auquel elle consacre Alchimiste du soleil pulvérisé en 2019, recueil publié chez Z4. Par Étienne Ruhaud.

18/05/2026, 10:30

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Palaiseau : comment le salon Dimension veut réconcilier science et littérature

Grégory Hermant, responsable du service événementiel de la ville de Palaiseau, revient sur la troisième édition de Dimension, salon du livre consacré aux liens entre science, science-fiction et vulgarisation. Un rendez-vous encore jeune, mais déjà identifié par son public, ses auteurs et ses partenaires.

13/05/2026, 17:01

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“Il y a des possibilités pour les femmes de vivre beaucoup mieux”

Dans Digitopuncture et santé féminine, Jacques Staehle condense plus de soixante ans de pratique des médecines naturelles. À partir de son parcours personnel et des questions reçues en séminaire, il propose une approche accessible de la digitopuncture appliquée aux troubles féminins, entre gestes précis, équilibre énergétique et transmission d’expérience. À bientôt 95 ans, l’acupuncteur et naturopathe affiche une énergie et une vitalité qui donnent, au minimum, envie d’écouter ce qu’il a à dire.

13/05/2026, 13:38

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Angeline Delcroix : victimes ou coupables, “la frontière est très difficile à déterminer”

Angelina Delcroix ouvre les portes de sa Fabrique du Mal, où l'on entre par la violence, mais refuse d’y installer le lecteur pour le seul choc. À paraître ce 13 mai, la romancière nous immerge dans son univers, entre réalisme glacé et espoirs d'une vie meilleure.

11/05/2026, 10:43

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Estelle Derouen :“ Un livre n’est pas seulement un objet culturel”

Le phénomène Estelle Derouen est avant tout un phénomène de société. Sur Instagram a imposé une présence singulière. Ni critique institutionnelle ni simple prescriptrice numérique, elle occupe une place à part, quelque part entre la lectrice passionnée, la passeuse intraitable et la créatrice de contenu qui refuse de laisser les livres se dissoudre dans le grand marché des recommandations interchangeables.

08/05/2026, 14:12

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“Le Prix Lumière d’août est né d’une amitié — et d’un refus”

À l’heure où les distinctions littéraires cherchent à se renouveler, l’écrivain et psychanalyste Vincent Hein lance, avec le photographe Sylvain Holtermann, le Prix Lumière d’août. Un projet singulier, à la croisée de la littérature et de l’image, nourri par une histoire commune, mais aussi par une prise de position face aux mutations du monde éditorial.

08/05/2026, 13:54

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Quitter Grasset ? Pour Gilles Ascaride, “on reste, on occupe le terrain et on se bagarre”

Alors que le licenciement d’Olivier Nora accaparait l’attention médiatique, l’auteur Gilles Ascaride adressait un email entre désinvolture et bravade, intitulé “Je quitte Grasset.”. Curieux ? Non, enfin, un peu tout de même. ActuaLitté est allé à la rencontre de l’écrivain qui revendiquait déjà d’avoir « tué Maurice Thorez (Maurice qui ?) ». 

05/05/2026, 16:11

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La Mutinerie : former les lecteurs d’aujourd’hui à devenir les citoyens de demain

Face au recul du temps de lecture chez les adolescents, La Mutinerie défend une conviction simple : l’écriture peut ramener les jeunes vers les livres, mais aussi vers eux-mêmes. Créée par Guillaume Le Cornec, cette structure associe auteurs, établissements scolaires, lieux culturels et scientifiques pour faire des collégiens de véritables coauteurs. À travers ces projets collectifs, la littérature devient un outil de médiation, de confiance et d’apprentissage du monde.

30/04/2026, 12:52

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Accessibilité numérique : “Les bibliothèques des collectivités territoriales sont en retard”

La Journée mondiale du livre, le 23 avril dernier, a été assombrie par un constat implacable, établi par la Fédération des aveugles et amblyopes de France. L'accès aux livres numériques reste extrêmement complexe pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle, en particulier via les bibliothèques et médiathèques publiques. Le ministère de la Culture, conscient de cette problématique, envisage plusieurs pistes d'action.

29/04/2026, 12:54

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Gabrielle de Tournemire, une entrée remarquée “dans la cour des grands”

Lauréate du Prix Le Livre à Metz | Marguerite Puhl-Demange 2026 pour Des enfants uniques (Flammarion), Gabrielle de Tournemire signe un premier roman déjà largement salué. Elle revient, pour ActuaLitté, sur cette distinction, son travail d’écriture et la manière dont son roman s’inscrit dans le thème de cette édition du Livre à Metz, « Habiter le monde ».

09/04/2026, 14:34

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Camille Giordani et Thomas Baas : habiter le monde à hauteur de Paulette

À l’occasion de l’édition 2026 du Livre à Metz, dont le thème « Habiter le monde » irrigue l’ensemble de la programmation, le Prix Graoully-Batigère a été attribué à Mais où va Paulette ? (Actes Sud jeunesse), écrit par Camille Giordani et illustré par Thomas Baas. Ce prix distingue chaque année une œuvre qui, par son écriture et son regard, se situe à la croisée de la littérature et d’une certaine manière de raconter le réel. Rencontre croisée avec ses deux lauréats.

08/04/2026, 15:59

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Felix Macherez : une épitaphe comme ultime oeuvre

Né en 1989, écrivain et rédacteur en chef des pages Livres d'Art Press, Felix Macherez revient aujourd’hui avec un quatrième livre, trois ans après la surprenante fresque Les Trois Pylônes. Le propos relève cette fois de l’humour noir, cher à Breton : jeune nihiliste de trente-trois ans, Cid Sabacqs résout de se suicider. Par Étienne Ruhaud.

07/04/2026, 10:42

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“On cherche des livres qui interrogent le monde”

À l’occasion de l’édition 2026 du prix du livre Les Visionnaires, porté par le réseau des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines, son directeur, Pascal Visset, revient sur l’origine et les enjeux de cette distinction née en 2022. Entre réflexion sur le rôle des auteurs, importance du style et interrogations sur l’intelligence artificielle, il défend une littérature qui propose une véritable vision du monde et de son avenir.

01/04/2026, 17:29

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Ludothécaires et bibliothécaires : “Il y a une réelle complémentarité des profils”

Deux organisations nationales, l'Association des Bibliothécaires de France et l'Association des Ludothèques Françaises, ont lancé un appel pour politique commune du jeu en tant que pratique culturelle. Organisation des services, cadre juridique ou formation des professionnel·les, le sujet soulève de nombreuses questions. Suffisamment pour se prendre au jeu...

31/03/2026, 09:32

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Écrire la version française : l’art du dialogue selon Manchette-Niemiec

Un débat anime depuis longtemps les amoureux du cinéma, qui semble opposer les « vrais cinéphiles » aux « simples amateurs » : VOST contre VF. 

27/03/2026, 17:18

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IA : “Aujourd’hui, les auteurs ne peuvent rien prouver”, alerte Pierre Ouzoulias

Après l’avis du Conseil d’État sur la proposition de loi portée par plusieurs sénateurs pour encadrer l’usage des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, le débat se précise. Aux côtés des sénatrices Laure Darcos et Agnès Evren, Pierre Ouzoulias, du Groupe Communiste (Hauts-de-Seine), défend un texte qui entend agir concrètement sur le terrain juridique, mais aussi provoquer une recomposition des rapports entre plateformes technologiques et ayants droit.

26/03/2026, 13:15

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Laure Darcos, l'IA et les ayants droit : “On veut siffler la fin de la récré“

Après un avis du Conseil d’État salué comme une avancée, mais loin d’être une victoire totale pour les ayants droit, la sénatrice Laure Darcos détaille la stratégie derrière sa proposition de loi. Entre rééquilibrage juridique, pression politique et volonté de forcer les acteurs de l’IA à négocier, elle défend un texte « pesé à la virgule près », et conçu comme le premier étage d’une réforme plus large.

25/03/2026, 12:16

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“La loi Lang ne suffit plus : il est temps de se structurer”

Restructurer et innover dans la filière. Face à la financiarisation de l’édition, à l’affaiblissement des soutiens publics et aux bouleversements technologiques, l’édition indépendante cherche désormais moins à survivre seule qu’à se structurer collectivement. Entre la FEDEI et OPlibris, une même ambition se dessine : défendre la matérialité du livre, sans renoncer à penser les outils de demain.

09/06/2026, 16:16

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Mineurs, nudité, algorithmes : Apple et Google sommés de protéger l'enfance

Lors de la London Tech Week, le Premier ministre du Royaume-Uni a sommé les entreprises technologiques de bloquer, sur les appareils utilisés par des mineurs, l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites. Derrière l’urgence de protection, les livres déplacent le débat : consentement, honte, cyberviolence, économie de l’image, surveillance et responsabilité des adultes.

08/06/2026, 14:36

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Une taxe pour aider l'édition : le blanc-sain très sélectif du SNE

Le Syndicat national de l’édition n’a rien contre les prélèvements. Il a simplement ses pudeurs. Quand l’argent remonte vers les auteurs et les éditeurs, le vocabulaire se fait noble : rémunération, compensation, gestion collective, partage de la valeur. Quand il risque de redescendre vers les librairies indépendantes, les éditeurs fragiles ou les auteurs, le ton change. Le même geste devient un « réflexe » qui ne serait « pas forcément sain ». Mais alors, à quel sain se vouer ?

08/06/2026, 12:28

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“Paris, place forte du commerce des droits internationaux”

Quatre ans après son lancement, le Paris Book Market s’impose comme un rendez-vous majeur du commerce international des droits. Pierre Astier et Laure Pécher saluent ce succès dans un texte adressé à ActuaLitté... Tout en appelant à ouvrir plus largement l’événement aux agents, scouts et professionnels étrangers qui gravitent déjà autour de la place parisienne.

08/06/2026, 11:47

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Hiro Mashima à l’honneur : Amiens célèbre les 20 ans de Fairy Tail

Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.

 

07/06/2026, 19:26

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“Je suis plus français que toi, parce que moi, j’ai choisi” : dans les allées de Passeurs de Livres

Au festival Passeurs de Livres, il y a les grands rendez-vous annoncés, les conférences, les auteurs attendus, les maisons mises à l’honneur. Et puis il y a les allées. Les tables serrées sous le chapiteau, les livres empilés, les affiches accrochées aux grilles, les auteurs qui se lèvent pour présenter un roman, un témoignage, une vie. C’est là aussi que se raconte une partie de cette édition 2026, consacrée aux « Difficiles libertés ».

07/06/2026, 09:30

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Emil Ferris : les monstres ont pris leurs quartiers à Amiens

Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.

06/06/2026, 19:46

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Tom Gauld à Amiens : les bibliothécaires n’ont pas dit leur dernier mot

À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.

05/06/2026, 18:41

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Le livre survivra-t-il à l’économie de l’instant ?

Guilhem Méric, auteur de romans de l’imaginaire, analyse les difficultés croissantes du monde du livre. Entre baisse des ventes, concurrence des écrans et transformation des usages culturels, il alerte sur une crise de l’attention qui touche aujourd’hui toute la chaîne de l’édition.

05/06/2026, 16:57

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Mickey à Amiens : la souris de Walt Disney sort de sa boîte

À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.

05/06/2026, 15:32

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Librairie indépendante : derrière le récit héroïque, une brutale réalité économique

En 2024, David Piovesan proposait une analyse des Rencontres nationales de la librairie, qui s'étaient déroulées à Strasbourg : désormais, le marché de la librairie se relit sous un jour plus politique. Les libraires ont bâti un récit collectif puissant face aux plateformes. Reste une épreuve plus rude : convertir cette identité professionnelle en modèle économique durable.

04/06/2026, 16:55

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L'union fera-t-elle la force des librairies indépendantes ?

La vente en ligne a changé d’échelle. Pour rester visibles, les librairies indépendantes doivent-

elles construire une puissance collective ? Renny Aupetit, propriétaire de la librairie Le Comptoir des Lettres (Paris, 5e), pose la question.

04/06/2026, 11:47

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Face aux grands groupes, l’édition indépendante n’a plus le luxe de jouer seule

La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.

02/06/2026, 17:37

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Le livre se meurt, lancez-le plus fort

Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.

02/06/2026, 12:24

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Rochefort et les tristesses de l’enfance de Pierre Loti

Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.

02/06/2026, 11:10

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Le “don” en voyance : de quoi parle-t-on vraiment ?

Malgré une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux ou dans les médias, le sujet de la voyance reste encore tabou. Toutefois, je peux accorder aux sceptiques que leur méfiance n’est pas toujours sans objet, car tout dépend de quel type de voyance on parle. Il règne effectivement une grande confusion dans ce monde mystérieux et inquiétant, mais, cependant, très attirant de la voyance. Alors vous êtes en droit de vous demander : illusion, arnaque ou don réel ? Par Sabrina Depraz, autrice de La voyance : mode d'emploi.

02/06/2026, 06:25

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Les catalogues de bibliothèque ont-ils déjà perdu face à l’IA ?

Au début de l'année 2005, j'avais posté sur biblio-fr un vœu que le BBF reprit en ouverture de son numéro consacré à la "Mort et transfiguration des catalogues" : "Le catalogage et l'indexation prennent leur place au musée de la bibliothéconomie." Anne-Marie Bertrand y voyait une transfiguration en marche. Vingt ans plus tard, je rouvre le dossier, cette fois avec l'IA générative comme pièce à conviction.

31/05/2026, 10:48

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Canicules : quand la France étouffe sous les alertes météo

La France ne connaît pas une canicule généralisée, mais certains départements restent concernés par une vigilance canicule, après un épisode de chaleur inédit pour un mois de mai. Derrière le dôme anticyclonique, la masse d’air subtropicale et le réchauffement climatique, la question météorologique se déplace : non plus seulement combien de degrés, mais quelles vies deviennent plus fragiles sur une planète moins habitable ?

30/05/2026, 16:10

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Narbonne fait vibrer les livres, les voix et les idées

Du 29 au 31 mai 2026, le Grand Narbonne donne rendez-vous aux passionnés de lecture, aux familles et aux jeunes lecteurs pour la 12e édition de son Salon du livre. Pendant trois jours, la ville de Narbonne devient un espace de circulation des textes et des idées, entre rencontres, lectures et propositions artistiques, attirant chaque année un public toujours plus nombreux.

 

26/05/2026, 17:16

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Époque, le festival des livres qui éclairent notre temps

Cette 12e édition d’Époque, festival et salon du livre de Caen, fera la part belle au voyage et à l’ailleurs, sans se départir de son identité : éclairer les grands sujets de notre temps.

26/05/2026, 17:02

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En librairie, la profusion de nouveautés rend-elle le fonds invisible ?

La nouveauté domine-t-elle désormais trop fortement l’économie de la librairie ? Dans cette analyse, Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, analyse le ralentissement du réassort du fonds, moins comme un désintérêt des libraires que comme le symptôme d’un marché sous tension, pris entre trésoreries fragilisées, rotation ralentie, surproduction et pression permanente de l’actualité éditoriale.

22/05/2026, 09:06

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IA et livres : la France protège, mais sait-elle vendre ?

En Corée du Sud, le livre ne se défend plus seulement contre l’IA : il devient une donnée qualifiée, négociable, rémunérée. En France, le législateur avance par un autre chemin, plus contentieux mais décisif : rendre prouvable l’usage des œuvres par les modèles. Entre opt-out, AI Act et présomption d’utilisation, l’industrie du livre quitte l’indignation pure pour entrer dans le dur du rapport de force.

21/05/2026, 13:00

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“Le libraire ne reste peut-être qu’un commerçant”

Tout le secteur du livre s'interroge aujourd'hui sur la place des librairies indépendantes face à la montée de l’extrême droite, le poids du groupe Bolloré dans l’édition et la responsabilité des libraires dans la défense du pluralisme démocratique. Dans ce texte proposé par Christophe Marie, co-gérant de la librairie Au saut du livre, à Joigny, dans l’Yonne, tout un pan de l'industrie du livre est questionné. Et ses clients avec lui.

21/05/2026, 10:21

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Après Grasset, Canal+ : quand la critique de Bolloré vaut liste noire

Canal+ a donné un nom à la peur qui traverse désormais l’édition : la liste noire. L'intervention de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui refuse désormais de travailler avec les 600 personnes ayant signé une petition contre son patron, Vincent Bolloré, introduit une singulière logique de groupe. 

18/05/2026, 13:09

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Britannica pillé par ChatGPT : comment Umberto Eco avait prévu ce vertige

Encyclopaedia Britannica et Merriam-Webster poursuivent OpenAI, accusé d’avoir utilisé leurs contenus pour entraîner ChatGPT et de capter leurs lecteurs par des réponses proches de leurs textes. Au-delà du droit d’auteur, l’affaire pose une question qu’Umberto Eco avait placée au cœur du Nom de la rose (trad. Jean-Noël Schifano) : qui garde la bibliothèque, qui classe le savoir, qui vérifie la réponse quand la source disparaît ?

16/05/2026, 11:17

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La crise Grasset “exige du discernement : chaque contrat est différent, chaque situation unique”

La crise Grasset dépasse le tumulte médiatique : elle interroge le lien intime entre auteurs, éditeurs et contrats. Dans un texte qu'elle adresse à ActuaLitté, Liliane de Carvalho appelle au discernement juridique. Rapporteure de la réforme du contrat d’édition numérique 2013 et spécialiste de la propriété intellectuelle, elle invite à examiner les situations au cas par cas et refuse les réponses automatiques. 

15/05/2026, 17:33

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“Un enfant ne regarde pas une saison. Il la vit”

Entre ville et campagne, enfance et parentalité, Alexandra MacCorvus interroge notre rapport aux saisons. À travers les gestes simples d’une vie de famille — récolter des pommes, sentir l’air changer, attendre les fêtes — il rappelle que le temps ne se mesure pas seulement au calendrier : il se ressent, se partage et se transmet dans l’émerveillement quotidien. Elle vient de publier Beltane, chez Piktos jeunesse.

15/05/2026, 15:19

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Quand ActuaLitté se découvre, malgré lui, encarté chez La France Insoumise (LFI)

Un visuel diffusé sur Facebook associe un article d’ActuaLitté consacré au scandale Agessa au logo de La France insoumise. L’exercice entend sans doute servir la cause des artistes-auteurs. Il réussit surtout une (contre)performance graphique plus douteuse : transformer un travail journalistique indépendant en élément de communication politique. 

15/05/2026, 13:01

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L’Autre Livre : un rendez-vous à taille humaine qui fait vivre les éditeurs indépendants

Le Salon international de l’édition indépendante de L’Autre Livre avance à son rythme pour l'édition de mai 2026 — calme, posé, propice aux échanges, bien que chahutée. Dans les allées, on circule sans heurt, on s’arrête facilement, on engage la conversation. Ici, le temps ne se mesure pas seulement au nombre de visiteurs.

14/05/2026, 09:19

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“Pour que la pensée demeure libre, il faut que l'édition soit libre” - Jean-Yves Mollier

Les auteurs Grasset ont initié ce 13 mai les Etats généraux de l'édition, devenus Etats généreux – s'inscrivant dans le sillage des actions menées par les auteurs de Fayard pour la récupération de leurs droits. A ce titre, l'universitaire Jean-Yves Mollier intervenait au théâtre de la Concorde où nom de 87 autres écrivains de la maison, mais également pour présenter son propre combat.

14/05/2026, 09:03

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Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main

Était-ce un jour historique ? Ce 13 mai avait des accents d’appel du 18 juin : une volonté de résistance, de libération, quand tout un pan de l’industrie du livre mesure « à quel point c’est un rapport de force ». Ces États généraux de l'édition, conséquence du licenciement d’Olivier Nora ont en effet engendré un mouvement hors norme : des centaines auteurs décidés à quitter leur maison, contre la figure du croque-mitaine, Vincent Bolloré.

13/05/2026, 17:43

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Gibert Joseph : “La routine a anesthésié l’esprit commerçant des libraires”

Après l’« affaire Nora » et le placement en redressement judiciaire de Gibert Joseph, Francis Kapétanovic, fondateur des éditions Abak, interroge l’effet ciseaux qui frappe les librairies indépendantes — baisse des ventes de livres neufs, hausse des coûts fixes — et les pistes possibles pour sortir de l’ornière. ActuaLitté lui donne la parole.

13/05/2026, 17:18

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Philip Roth et Franz Kafka contre la démocratie au guichet de Donald Trump

Deux fronts obsèdent actuellement l’administration Trump : une poussée fédérale vers des scrutins gérés localement et une pression accrue sur les universités, des visas étudiants aux données d’admission. Ces affaires, ancrées dans le droit électoral et académique ouvrent cependant une question de lecture : que deviennent des vies quand l’État transforme le contrôle en procédure, l’arbitraire en formulaire et le soupçon en méthode ?

12/05/2026, 12:48

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Au Maroc, le chantier qui scandalise archéologues et défenseurs du patrimoine

Le sociologue Mustapha Saha et l'archéologue Youssef Bokbot alertent sur le devenir de Sijilmassa, ancienne cité caravanière du Tafilalet et haut lieu de la mémoire maghrébine. Face à un projet d’aménagement touristique et muséal jugé destructeur, ils dénoncent une atteinte irréversible aux vestiges encore enfouis. Le texte plaide pour l’arrêt du chantier, la poursuite des fouilles archéologiques et une approche respectueuse des équilibres historiques, écologiques et humains du site.

11/05/2026, 14:44

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L’odeur des livres ardéchois ne plairait-elle pas aux Parisiens ?

Depuis l’Ardèche, Fabienne De Dyn défend une édition indépendante, lente et vivante, trop souvent ignorée par Paris. Un appel à ouvrir les librairies, les chroniques et les salons aux livres venus des territoires.

11/05/2026, 14:32

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Les livres qui veulent vous réparer vous détruisent

L'auteur Charles Garatynski interroge l’essor d’une littérature dite thérapeutique, pensée pour réparer, rassurer ou réconcilier le lecteur avec lui-même. À rebours des promesses de consolation, il défend une littérature de l’inconfort, capable non de guérir la souffrance, mais de lui donner une forme, une langue et une dignité.

11/05/2026, 13:35