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Les Ensablés - "La Fleur qui chante" d'André Beucler (1898-1985), par François Ouellet

La postérité du roman balzacien a été foisonnante entre les deux guerres mondiales, malgré la découverte du continent proustien, les prouesses stylistiques de Giraudoux, les acrobaties de Cocteau, la déflagration célinienne, et toute cette littérature du moi inquiet et des velléitaires chroniques, chez qui le conflit était intérieur au lieu de prendre forme, comme dans le roman du XIXe siècle, entre l’individu et la société. Le nouveau roman balzacien réactualise ce conflit, tout en étant diminué par cette espèce de difficulté d’agir propre au roman des années 1920-1930. « Ah ! s’il avait pu se délivrer de l’irrésolution par un acte, comme ces désespérés qui se croient maîtres du monde dès qu’ils ont poussé la porte d’une salle de jeux. Mais comment agir ? » Celui dont il est ici question est le héros de La Fleur qui chante, chronique romanesque des années 1930 qui paraît malheureusement à un bien mauvais moment, en septembre 1939. Le roman, éclipsé par la mobilisation, aurait pourtant mérité un meilleur sort. À la fin de la guerre, comme ce roman, les mœurs des années 1930 seront choses du passé. Beucler lui-même, qui avait fait mouche avec La Ville anonyme (1925) et Gueule d’Amour (1926), ne sera plus le moderne qu’il avait été. Une page a été tournée, la littérature est devenue autre chose.

Le 22/05/2016 à 15:35 par Les ensablés

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22/05/2016 à 15:35

Les ensablés

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Par François Ouellet

Si le titre La Fleur qui chante se retrouve chez Balzac, notamment dans Le Lys dans la vallée et Séraphîta, « la fleur qui chante » est une expression qui appartient au folklore et aux légendes traditionnelles et qui a déjà derrière elle, quand Beucler écrit son livre, une longue tradition poétique. Elle figure dans maints poèmes de la fin du XIXe et du début du XXe siècles, notamment chez Louis Bouilhet, Laurent Tailhade et Raoul Ponchon. Cette fleur se confond parfois avec la mandragore, comme dans le roman La Fée aux miettes, de Charles Nodier. Dans son roman, Beucler est fidèle à ce que l’expression signifie dans les légendes. La fleur qui chante est une fleur rare, difficile à trouver, une métaphore de l’amour vrai et pur, désintéressé.

Cette fleur se nomme ici Catherine Fabières, une jeune institutrice à Molines, un village près de Chaumont en Haute-Marne. S’arrête un jour, dans ce village, François Granvelle, peintre et acteur ; il revient justement de tourner une scène en Alsace et se dirige vers Paris, où il est un intime de la société mondaine des frères Olivier et Maurice Brouillard, propriétaires de la galerie La Fresque qui ont lancé sa carrière picturale. Si François regarde l’institutrice de haut, son apparition dans un village où le passage d’un étranger est déjà un événement a suffi à faire rêver celle-ci. Mais de cette brève rencontre, François a lui aussi, obscurément, retiré quelque chose, puisque deux jours plus tard, alors qu’il retourne en Alsace, cette fois-ci accompagné de sa maîtresse, Denise Deblore, la fantaisie lui prend de faire un détour par Molines. En entrant dans le village, il a un accident de voiture. Il est légèrement blessé, mais il peut revoir Catherine, en qui Denise, malgré les manières simples de celle-ci, a immédiatement senti une rivale.

C’est là le point de départ de la relation amoureuse entre François et Catherine, autour de laquelle le roman est structuré. À Paris, où elle est maintenant installée, Catherine est introduite dans le monde que fréquente François. Bien qu’elle soit intimidée, elle en comprend très rapidement les usages et sait en décoder les intrigues et les ambitions, tout en restant fidèle à sa nature simple. C’est d’ailleurs ce qui fait tout son charme, car l’élégance et la grâce lui sont naturelles ; tout son être transpire une sorte de pureté qu’aucune coquetterie et aucun des stratagèmes des femmes du monde ne pourraient jamais égaler. Reflet de cette beauté qui n’a « d’autres bijoux que ses yeux, aucune autre parure que son sourire », l’être de Catherine est sans la moindre méchanceté et ne dénote aucune hypocrisie. Parmi les femmes, elle suscite envie et jalousie, bien qu’elle soit admirée, car sa beauté naturelle lui donne une supériorité que toutes reconnaissent. Comme le concède l’une d’elles, « quel est l’homme qui ne donnerait pas dix ans de sa vie pour avoir la beauté à coté de soi ? ».

Catherine aime François d’un amour profond et sincère, dont la puissance est égale au naturel de la jeune fille. Quant à l’amour réciproque de François, il n’a pas la force morale de celui de Catherine ; et cette force, il en aurait bien besoin dans un milieu où les manigances et les hypocrisies sont de mises. François est un faible. Il est peintre, et on lui reconnaît un grand talent, mais il ne peint pas, car il est sans volonté et sans courage ; il est acteur, mais il ne tourne guère. Il se laisse vivre, et les bontés des Brouillard l’entretiennent dans sa paresse. Parce que sa vie lui est facile, il ne la contrôle pas ; plutôt, il est contrôlé par elle. Aussi les choses commencent-elles à mal aller à partir du moment où il prend la décision d’épouser Catherine, décision dont les répercussions sont trop importantes dans son cercle d’amis pour ne pas les indisposer. En outre, François se heurte à des difficultés financières et, surtout, à sa propre incapacité. « Trois mois, c’était le temps qu’il se donnait pour trouver les moyens d’assurer leur existence impraticable. Trois mois, une immensité ! Il pensait que le temps que l’on s’accorde, quand on est aux abois, est, par lui-même, productif, et que, sollicités par la puissance du désir, les miracles se succèdent ». François en vient à faire des emprunts à droite et à gauche, qu’il cache à Catherine. Plus perspicace, celle-ci comprend que la forme de leur amour est incompatible avec cette sociabilité trompeuse et que le malheur les guette.

Ce malheur prend bientôt la forme d’une rumeur que fait courir Denise Deblore : Catherine serait la maîtresse de Maurice Brouillard. Les faits paraissent plausibles, Maurice ayant été, dans ce monde où tout se paye, étonnamment charitable avec François. Un énorme malentendu fera le reste : alors que Catherine est allée rendre visite à Maurice pour dénoncer les ragots qui les concernent, mais où elle apprend que François a fait des emprunts frauduleux (ce qui s’ajoute à l’univers de mensonges et de secrets qui l’environne et l’écrase), ce dernier la voit sortir de chez son ami au moment où la rumeur vient de parvenir à ses oreilles. Tandis que Catherine retourne immédiatement à Molines, son premier mouvement étant de se retrancher complètement de cette société corrompue, François, qui croit en la culpabilité de Catherine sans chercher à l’interroger, a une réaction équivalente : il s’enferme dans une chambre près de la place de la Bastille, un quartier où il ne craint pas de croiser ses amis et où il erre comme un vagabond. Deux mois plus tard, mis au courant de la vérité et du malentendu qui les a séparés, François part pour Molines, où il a encore… un accident, cette fois-ci beaucoup plus grave. Le roman se termine par la visite de Catherine à la clinique où il est gardé dans un état alarmant, sans qu’on puisse dire s’il vivra ou non.

On voit que le roman n’évite pas un certain mélodrame ni la caricature. Les amours sincères contrariées par les mesquineries de la société, c’est un thème usé. Mais le romancier ne l’ignore visiblement pas, lorsque les péripéties de la fin (l’accident de voiture) nous ramènent au début du roman. Ce qui est une façon de dire : l’amour, c’est sérieux, c’est même plus sérieux que tout, puisqu’on peut y sacrifier sa vie, mais pour cela même, c’est aussi loufoque. Du coup, cette espèce de pirouette, qui fait que le roman retombe sur ses pattes, comme un chat, acquiert un certain charme, d’autant mieux qu’entre ces deux accidents, il y a trois cent pages d’une prose assez forte et d’une analyse psychologique d’une très belle subtilité, surtout dans la troisième partie, consacrée à l’entrée de Catherine dans le monde. Beucler excelle à décrire les jeux de coulisse, les petites mesquineries, la psychologie retorse des relations mondaines. Et il y a là, au milieu de toute une galerie de personnages, des créations formidablement vraies et attachantes, comme ce Maurice Brouillard, malheureux et triste comme un homme « qui n’aurait pas reçu sa part de vie », et le critique d’art Vincent Gravoir, portrait romancé de Léon-Paul Fargue, l’auteur du Piéton de Paris. C’est à ce dernier personnage toujours en verve et meurtri par une histoire d’amour qui a mal tourné qu’on doit le titre du roman : contente-toi d’une liaison banale, conseille Vincent à François, « à moins que par un de ces bonheurs qui n’arrivent qu’aux poètes, tu n’aies découvert la fleur qui chante ! ». Ils ont une profondeur que Beucler n’a pas su donner à son couple d’amoureux. Peut-être parce que François est assez dépourvu de sens psychologique. Ce sont d’ailleurs, et mis à part Olivier Brouillard, les femmes qui dans ce roman font preuve de la plus grande perspicacité. Chez les hommes, le désir masque les détails, alors que les femmes lui donnent du relief.

Le roman a sans doute parfois les couleurs un peu vieillottes des procédés balzaciens, bien visibles dans la manière d’introduire les personnages, où l’action s’interrompt pendant quelques pages pour faire place à une longue description rétrospective qui déclame leur état civil ; dans le découpage chronologique des quatre chapitres réglés au quart de tour, dont l’évolution sociale de Catherine est le point d’orgue ; dans l’ascendance manipulatrice d’Olivier Brouillard (qui peut rappeler le personnage de Vautrin) sur François et dans la très forte opposition qu’offrent les tempéraments d’Olivier et de Maurice, ainsi résumés par Beucler : « L’un était le cerveau de l’affaire, l’autre en était l’estomac. » Au-delà de la griffe balzacienne, on songe bien évidemment aux ambitions amoureuses qui tissent les intrigues d’autres romans de Beucler lui-même, dont il reste encore à mesurer la place et l’intérêt dans l’histoire littéraire du XXe siècle. Les journées d’études qui seront consacrées à son œuvre en novembre prochain à l’Université Paris Ouest Nanterre, à l’initiative de Bruno Curatolo et Myriam Boucharenc, devraient marquer à cet égard un moment important.

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27/09/2021, 09:39

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Les Ensablés - Les quatre éléments (1935) d'André Chamson (1900-1983)

« Mort sont les beaux diseurs/Mais le livre est écrit/Morts sont les bâtisseurs/mais le temple est bâti » (F.Mistral) André Chamson fit un voyage au Japon qu’il relate dans ses souvenirs. Nous avons été naturellement chez les geishas qui ne sont pas ce que l’on peut croire. La fille qui était venue sur le tatami pour allumer ma cigarette m’a dit « Monsieur, j’ai lu votre livre les Quatre éléments ». Les quatre éléments étaient devenus « le soleil, la rivière, la montagne » et je ne sais plus quoi… Par Antoine Cardinale

12/09/2021, 14:02

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Les Ensablés – La Rédemption de Mars de Pierre Nothomb (1887-1966)

Au sortir de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a travaillé pour le Gouvernement belge en exil au Havre (Sainte-Adresse) et publié des essais défendant et illustrant les positions de son pays, Pierre Nothomb (1887-1966) mène une vie littéraire entre la Belgique et la France et fait notamment paraître à Paris le roman La Rédemption de Mars (Paris, Plon, 1922). Par Louis Morès.

18/07/2021, 10:00

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Les Ensablés - Prétextat, de Pierre Bost (1901-1975)

Nos fidèles lecteurs n'ignorent pas que nous aimons Pierre Bost (1), écrivain d'avant-guerre devenu scénariste célèbre après 1945, et que nous aimons aussi les Editions de la Thébaïde qui, il y a deux ans, ont publié un recueil de nos articles sur les écrivains oubliés (Lectures en stock). Il était donc évident et naturel que nous parlions aujourd'hui de la réédition de Prétextat (1925) de Pierre Bost, d'autant plus que la préface a pour auteur François Ouellet, chroniqueur des "Ensablés", et par ailleurs grand spécialiste de l'écrivain. Par Hervé Bel.

27/06/2021, 13:22

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Les Ensablés – La Maison Camille, (1935) de Henri Duvernois

Les fidèles de notre rubrique se rappelleront que nous avons déjà chroniqué deux romans de cet auteur prolixe (Edgar, L’homme qui s’est retrouvé) mort en 1937, juste avant la guerre ; ce qui lui fut peut-être fatal, car, en 1945, on était passé à un autre monde, pas forcément meilleur. À côté de Camus, Sartre, et tant d’autres, Duvernois ne faisait plus très sérieux, d’autant que l’homme, dans sa vie comme dans ses écrits, avait toujours imité la légèreté. Je dis « imité » à dessein, car l’œuvre de Duvernois, sous des apparences d’ironie et de comique, dissimule une profonde mélancolie, une réflexion désabusée sur l’homme. Par Hervé Bel.

06/06/2021, 19:41

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Les Ensablés - Voyage d’un livre à travers la Bibliothèque Nationale de  Henri Beraldi

Exhumé de l’oubli, ce petit texte écrit par un bibliophile passionné raconte et s’inquiète de la croissance des arrivées des livres en masse à la Bibliothèque Nationale. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et la noble institution enregistre déjà 500.000 références disponibles (14 millions aujourd’hui !). « La vérité, annonce l’auteur, est que, de ces espaces, aujourd’hui, il n’y en a plus. La Bibliothèque est pleine, archipleine, bondée, bourrée jusqu’à refus. » Voyage au cœur de la Bibliothèque, ogre-machine qui tourne à plein régime. 

23/05/2021, 20:41

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Les Ensablés - Hiver 1814, de Bernard Michel, la Campagne de France

Les Ensablés ont plusieurs fois évoqué Napoléon pour rappeler que dans sa jeunesse, il avait écrit des nouvelles, et qu’à Sainte-Hélène, il avait retrouvé son désir d’écrire et pu assouvir sa passion pour la lecture. Il faut lire Le Mémorial pour mesurer l’étendue de sa culture littéraire. Il profita de son inactivité pour écrire quelques ouvrages, dont une étude sur « La guerre des Gaules », et une espèce de fiction sur son exil à Sainte-Hélène. Par Hervé Bel

 

09/05/2021, 10:22

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Les Ensablés - Black (1858) d’Alexandre Dumas (1802-1870)

« Pas de mystère, pas de souterrain, pas de ténèbres dans cette œuvre ; partout le rayonnement, partout le plein midi », disait Victor Hugo. L’œuvre d’Alexandre Dumas n’intéresse pas l’Histoire de l’art. En 1840 certes, résidant à Florence, il lui fut commandé, pour la somme considérable de dix mille francs, un ouvrage sur la galerie des Offices. La description des trois cent cinquante portraits de peintres qui sont dans ce fameux musée devait former L’histoire biographique et anecdotique de la peinture depuis huit siècles. Par Antoine Cardinale.

25/04/2021, 10:12

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Christine Orban redonne à la soeur de Blaise Pascal sa vraie place

BONNES FEUILLES - Jacqueline Pascal est la sœur cadette de Blaise Pascal : la petite ombre à côté d’un grand soleil. Elle était prodigieusement douée, mais née femme dans un siècle fait pour les hommes. 

08/12/2022, 09:30

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Flagrant déni, les violences de la maternité non désirée

BONNES FEUILLES - Un soir d’été, Juliette accouche, sidérée, d’un enfant qu’elle n’attendait pas. L’adolescente n’est pas une menteuse, jamais elle n’a consciemment caché quoi que ce soit aux yeux du monde. D’ailleurs, l’enfant n’apparaît pas, fruit lentement mûri, il fait irruption, s’impose dans l’instant, tapi qu’il était, insoupçonné, quelque part dans l’ombre des vertèbres, à l’affût dans un repli du ventre. 

08/12/2022, 09:00

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Brian Evenson : les choses se sont passés sans vous

BONNES FEUILLES - Errance d'un homme amnésique et handicapé à travers un monde dévasté par un mystérieux « Kollaps ». Un univers qui mélange, l'horreur, la science-fiction et la philosophie, dans un style minimaliste teinté d'humour noir.

08/12/2022, 08:00

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La dernière reine, voyage dans le Vercors

Après Ailefroide, que j’avais tant adoré, Jean-Marc Rochette remet son talent sur le métier et nous entraîne dans une merveilleuse histoire aux fins fonds du Vercors. En fait, c’est une histoire multimillénaire où s’entrecroisent les destins des humains de l’âge de pierre et celui d’Édouard Roux, le fils d’une femme seule que les esprits médiocres de la campagne environnante ont affublé du qualificatif de sorcière.

07/12/2022, 14:42

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Justine Augier et les pouvoirs de la littérature

BONNES FEUILLES - Lorsque Justine Augier s’ouvre à sa mère de son projet d’écrire sur les pouvoirs de la littérature et sur l’écriture comme lieu de l’engagement, celle-ci est à l’hôpital, elle-même engagée contre la maladie comme elle l’a toujours été en politique, absolument. Sa manière de « passer commande » de ce livre à sa fille lui donne une charge de pacte symbolique et ouvre comme une voie nouvelle dans leur relation. Laquelle, par la force des choses, pénètre le tissu du livre qui s’écrit.

07/12/2022, 09:30

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Mansoura Ez-Eldin : L'Irak d'hier et d'aujourd'hui

BONNES FEUILLES - Hishâm est marchand de livres anciens au Caire. Jeune homme solitaire et fragile, il est habité par des manuscrits et des personnages d’autres temps.

07/12/2022, 09:00

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Borgo Sud, où les hommes forment une famille autour de la mer

BONNES FEUILLES - C'est l'heure la plus sombre de la nuit. Adriana, un bébé dans les bras, martèle la porte de sa sœur. Qui fuit-elle ? Quelle vérité gênante porte-t-elle en elle ? Comme un tourbillon, Adriana bouleverse la vie de sa sœur, provoquant chaos et révélations cataclysmiques. 

07/12/2022, 08:00

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Mordew : dans les bas-fonds, la magie

« Émergeant des ombres, un enfant né-de-ventre, Nathan Treeves, avançait péniblement dans la brume épaisse. Les chaussures de son père étaient trop grandes pour lui, et ses épaisses chaussettes de laine étaient trempées jusqu’aux genoux. » Né dans les quartiers défavorisés de la cité de Mordew, Nathan est tout juste âgé de douze ans. Son père souffre d’une terrible maladie ; incapable de supporter l’accablement de sa mère, le garçon se lance à la recherche d’un remède.

06/12/2022, 16:20

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Lalalangue ou se libérer de la matriarche, terrible ogresse

Tout commence avec une montagne, merveilleux lieu de liberté et de nature dans les calanques de Marseille. Un jeune couple de grimpeurs décide de gravir une des parois. La mère, tout juste âgée de 22 ans, porte en elle leurs futurs jumeaux, deux petits garçons déjà nommés, finalement déjà nés pour elle, déjà là, bien vivants. Jusqu’à ce terrible accident : une mauvaise prise, la chute, et une cruelle conclusion. Le jeune homme se blesse au bras ; sa femme, elle, perd ses enfants et, à son réveil après un coma de plusieurs jours, elle découvre qu’elle a été amputée d’une jambe. 

06/12/2022, 15:55

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Christian Bobin : adieu à la terre  

Disparu le 24 novembre dernier, « l’ermite du Creusot » a eu le temps d’inaugurer un nouveau chapitre de la collection Quarto de Gallimard, destiné « aux voix contemporaines ». Restera-t-elle cette parole singulière, comme tous les auteurs toujours audibles bien après leur mort, le temps nous le dira. 17 textes du poète, dont un inédit de 1980, L’eau des miroirs, et en parallèle, une ultime parution, Le muguet rouge, symbole de cet indicible, cet essentiel.

06/12/2022, 14:52

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Corine Pelluchon face à l’écoanxiété

BONNES FEUILLES - Comment dépasser le désespoir et l’abattement de l’écoanxiété ? Les risques écologiques et politiques actuels expliquent le climat d’anxiété dans lequel nous vivons. Tout en soulignant la dynamique destructrice du désespoir, Corine Pelluchon montre que la confrontation à la possibilité d’un effondrement de notre civilisation est l’occasion d’un changement ouvrant un horizon d’espérance. 

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Céline Laurens : bienvenue sur la ligne 6

BONNES FEUILLES - Bienvenue sur la ligne 6 du métropolitain. Sous les yeux de Jacques, conducteur, les stations défilent avec leurs personnages, mi princes mi voyous. 

06/12/2022, 09:00

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Thomas Mullen : un loup dans la bergerie

BONNES FEUILLES - Durant l'épidémie de grippe espagnole, une petite ville industrielle du nord-ouest pacifique décide de se mettre en quarantaine, mais l'arrivée d'un soldat affamé aura des répercussions terribles sur la communauté. Le premier roman de Thomas Mullen traduit en France.

06/12/2022, 08:00

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Way Inn : au fond de l’hôtel, le cauchemar

Qui donc est Neil Double ? Personne, dirait-on – quoiqu’il représente aussi une échappatoire. Celle qui nous évite d’assister à un énième congrès, et aux dizaines de conférences et de réunions, aux interminables conversations qu’un tel évènement implique. Cette profession, qui ferait fuir le premier venu, est parfaite pour Neil : car, à chaque nouvelle mission, vient la promesse d’une chambre d’hôtel. Anonyme, impersonnelle, aseptisée – le bonheur. 

05/12/2022, 16:02

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Tu mérites un pays : le récit de « la jeune femme la plus heureuse du monde »

« Même une allumette peut provoquer un incendie. » Début énigmatique à ce nouveau roman de Leïla Bouherrafa, avant de découvrir notre protagoniste : une jeune femme qui ne cesse de faire le même rêve, nuit après nuit — un rêve dans lequel elle se transforme en anguille. Et elle ne saisit pas tout à fait le sens de cette métaphore : « Parfois, quand j’étais lasse de réfléchir, je me disais simplement : “Peut-être que les anguilles n’ont besoin que de la mer, et pas d’un pays”, mais je me le disais comme les hommes font leurs promesses, c’est-à-dire sans grande conviction ».

05/12/2022, 16:01

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Léo Henry en quête d'un scénariste culte de la SF argentine

BONNES FEUILLES - Léo Henry explore ici un Buenos Aires entre fiction et réalité à partir de la figure d'Héctor German Oesterheld, scénariste culte de la bande dessinée de science-fiction argentine.

05/12/2022, 09:30

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Mes désirs futiles, une fable entre philosophie et aventure

BONNES FEUILLES - Archy naît dans une tanière au milieu de la forêt, au sein d’une portée de fouines. Son père a été tué par l’homme dans un champ, et sa mère se démène pour nourrir ses petits au cœur de l’hiver.

05/12/2022, 09:00

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Camille Brunel pousse l'engagement dans ses retranchements avec Ecatepec

BONNES FEUILLES - Une plongée inattendue dans les paradoxes du Mexique contemporain avec une héroïne moderne, animaliste et féministe, confrontée aux problématiques de son engagement.

04/12/2022, 09:00

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Christophe Bourseiller réhabilite L'homme qui voulait faire de sa vie une oeuvre d'art

BONNES FEUILLES - Il fut admiré, fustigé, moqué parfois. Alexander Trocchi (1925-1984) a connu son heure de gloire puis a disparu des mémoires à jamais.

04/12/2022, 08:00

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Yasha : complot scientifique et humains génétiquement modifiés  

Sei a toujours été particulièrement intelligent, et avec une ouïe surdéveloppée par rapport à ses congénères. Il vivait bien tranquillement avec sa mère, en essayant de ne pas se faire remarquer. Jusqu’au jour où des scientifiques américains ont débarqué chez lui… Mystérieux et finement orchestré, Yasha est la quête de deux frères pour éclaircir leurs origines et élucider un complot scientifique.

03/12/2022, 12:33

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Une chance amère ou le souvenir d'un exil par Alice Dumas Kol

BONNES FEUILLES - Fragments d’une histoire française qui s’ouvre sur le récit peu connu d’une communauté cambodgienne traumatisée par l’exil forcé en 1975.

03/12/2022, 09:00

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Abdlekrim Saifi se livre dans une autofiction familiale

BONNES FEUILLES - L’hommage à des parents immigrés d’Algérie condamnés à l’héroïsme pour favoriser l’intégration et la réussite de leurs enfants.

03/12/2022, 08:00

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Même si je dois y laisser ma culotte, un roman feel-good qui tombe à plat

Le premier roman de Daphné Woodfight, publié le 15 septembre 2022 aux Hey Éditions, interpelle par son titre et déçoit par son contenu. La couverture et l’histoire de Même si je dois y laisser ma culotte, sont attrayantes, car elles se détachent de manière assumée du registre dramatique. Mais l’écriture lourde et l’humour à répétition font de la lecture de ce roman, un moment qui est loin d’être une partie de plaisir.

02/12/2022, 15:31

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Riad Sattouf et la BD sur le toit des meilleures ventes

Difficile de faire entrée plus spectaculaire. Tout juste sorti, le tome 6 de L’Arabe du futur, qui conclut la série de Riad Sattouf, remporte la première place du classement des meilleures ventes de la semaine avec 51 300 exemplaires. Autre nouvelle sortie et autre bande dessinée, le tome 29 de Blake et Mortimer, intitulé Huit heures à Berlin, peut se vanter d’une seconde place avec 29 155 éditions vendues. 

 

02/12/2022, 12:20

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Les Éphémérides de Patrice Franceschi, la vie en poésie

BONNES FEUILLES - Modestement, mais avec certitude, Patrice Franceschi a fait de sa vie une poésie en acte. Sous sa plume, aventure et poésie nous offrent la possibilité fragile, mais sans cesse présente, de vivre doublement.

02/12/2022, 09:00

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Quelques moments sans gravité pour le plus grand des secrets

BONNES FEUILLES - L’univers original de Karin Serres nous enchante une nouvelle fois dans ce roman plein de subtilité et d’audace, où l’étrange se mêle avec grâce au poétique.

02/12/2022, 08:00

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Le livre audio, une solution quand on ne peut plus lire ?

Avec l’âge, les différentes facultés de perception s’amenuisent, parfois considérablement, à tel point qu’il peut devenir très pénible de lire. Après les lunettes, on va utiliser une loupe. Mais, avec une main tremblante, l’exercice est rapidement fastidieux et rend compliquée une lecture quelque peu étendue.

01/12/2022, 16:25

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La Furieuse, rives et dérives par Michèle Lesbre

BONNES FEUILLES - « Rives et dérives » est un parfait sous-titre pour ce nouveau texte de Michèle Lesbre. Elle y emprunte des chemins de traverse afin de rejoindre une rivière, la Furieuse, dont le nom – sans qu’elle la connaisse – a résonné en elle de manière particulière. 

01/12/2022, 09:00

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Par la fenêtre, entre mémoire et Histoire par Allain Glyko

BONNES FEUILLES - Aujourd’hui disparu, Philippe était un brillant étudiant en philosophie, disciple de Gilles Deleuze. Bébé, il avait réchappé à la mort de justesse, une photo a immortalisé son départ pour l’hôpital. 

01/12/2022, 08:00

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Stéphanie Garzanti interroge l'acte d'écrire dans Petite Nature

BONNES FEUILLES - Après Les Orageuses de Marcia Burnier et La Vie têtue de Juliette Rousseau, la
collection Sorcières propose un nouveau premier roman, celui de l'artiste plasticienne Stéphanie Garzanti.

 

01/12/2022, 07:30

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Jerry Stahl en compagnie des "touristes des camps de la mort"

BONNES FEUILLES - Comment survivre à un voyage organisé dans les camps de la mort quand on est juif et dépressif ? C'est le défi que s'est lancé Jerry Stahl, dans une enquête délirante et grinçante, monument d'humour noir et d'autodérision, sur fond de satire de l'amérique trumpiste.

30/11/2022, 09:30

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La plus grande catastrophe écologique du XXe

BONNES FEUILLES - Une histoire d’amour entre un ingénieur soviétique et une chamane sur fond de la plus grande catastrophe écologique du XXe siècle.

30/11/2022, 09:00

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La découverte d'un autre Rimbaud avec Henri Guyonnet

BONNES FEUILLES - Une exofiction qui retrace la découverte, par Rodolphe Darzens, de l’œuvre poétique d’Arthur Rimbaud, dans un chassé-croisé haletant.

30/11/2022, 08:00

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L’indépendance des États-Unis ou le jeu de dupes des nations 

Quel livre déroutant que voila. Signé par Joel Richard Paul, professeur de droit à l’université de Californie, l'ouvrage est intitulé Unlikely Allies - How a Merchant, a Playwright, and a Spy Saved the American Revolution (littéralement Improbables alliés - Comment un marchand, un dramaturge et un espion ont sauvé la révolution américaine) dans sa version originale. Traduit chez Perrin par Espions en révolution – Beaumarchais, le chevalier d’Éon, Silas Deane & les secrets de l’indépendance américaine, ce titre aurait peut-être dû s’arrêter au marchand et au dramaturge. Passé une certaine déception, il devient fort intéressant à lire. Voici pourquoi. 

29/11/2022, 12:40

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Grégory Rateau et ses Imprécations Nocturnes…

Dans son nouveau recueil élégamment intitulé Imprécations Nocturnes, préfacé par Jean-Louis Kuffer, l’auteur poursuit sa quête inlassable ou plutôt sa « hantise insondable », amplement signifiée dès son premier recueil, Conspiration du Réel, dont j’avais dans un article précédent vanté les qualités littéraires. Mais également le contenu singulier, dont les thèmes récurrents qui n’ont rien d’une argumentation passive ou poussive, c’est selon, convoquent une fois de plus les affres de la vie et plus encore ses pernicieux revers.

29/11/2022, 11:29

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Les trompettes de la mort : un premier album puissant

C'est toujours un bonheur de tomber sur un album qui happe les lecteurs comme le tuyau d'un aspirateur emporte la poussière. Les trompettes de la mort a la puissance des grands livres, à savoir celle qui efface le monde environnant et nous plonge de la tête aux pieds dans le pur espace de la fiction. Et plus particulièrement dans les décors d'une campagne nostalgique qui évoque à peu près tout sauf le bonheur et l'insouciance.

29/11/2022, 11:24