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Les Ensablés - Notes de voyage : "Le dîner en ville", Claude Mauriac (1914-1996)

J’ai lu cet été, mon cher Hervé, un très bon roman de Claude Mauriac. Son père, François, est immortalisé (1933) et nobélisé (1952), mais lui, Claude, pourrait bien peu à peu s’ensabler. Pourtant Le dîner en ville est une très belle réussite : c’est un roman qui décrit le parisianisme mondain que l’auteur a beaucoup pratiqué.

Le 24/09/2017 à 09:00 par Les ensablés

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24/09/2017 à 09:00

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

L’idée est simple : il s’agit de raconter la soirée de huit convives autour d’une table. Il y a le couple qui invite et ses six invités, avec un extra et l’employée de maison qui assurent le service. Ils sont à table et se parlent, nous écoutons ce qui se dit ce soir-là : la conversation est au centre du roman, c’est du théâtre. Mais l’auteur nous donne à lire en même temps les pensées muettes des convives : le dit et le non-dit alternent alors en spirales divergentes car chacun pense plus et autrement qu’il ne veut parler. Ce dîner devient alors une comédie drôle, grinçante, pénétrante.

  1. 19 : Consommé en tasse.

 « Un dîner en ville pareil à tous les dîners en ville. A moins d’événements imprévisibles, il ne se distinguera pas dans notre souvenir de ceux, si nombreux, auxquels nous avons assisté. » Il n’empêche qu’un dîner est chose sérieuse : chaque participant sera juge et accusé, acteur et spectateur, sujet et objet, c’est inévitable, les convives le savent.

  1. 38 : Champagne et pain grillé. 

 Ce ne sont pas des amis, ce sont des relations. Un dîner intime ou exceptionnel ? Non, un élément de routine sociale, « à l’image de tous les dîners en ville, depuis plus de vingt ans que je vais dans le monde. » Et, ce soir-là, il ne se passera rien de particulier : ni couple qui se déchire, ni discussion politique violente, ni rencontre amoureuse décisive. Il y a bien un jeune homme, conscient de « l’éphémère complicité d’une réunion s’ajoutant à la durable connivence de notre classe » : il pourrait faire scandale, mais il est très bien élevé. C’est une soirée mondaine comme une autre, entre gens du même milieu. Rien d’essentiel ne sera dit pendant ce dîner aux chandelles, sur l’île Saint-Louis, à Paris.

  1. 50 : « Les superbes poissons ! - De simples mulets… - Et comme les plats sont joliment décorés. »

 Il ne s’agit pas de ridiculiser un rite établi ou de condamner la bourgeoisie. On pourrait de même décrire « le repas d’entreprise », « le thé au foyer des anciens » ou « le banquet de la classe 1997 ». Ce roman se veut descriptif : nous sommes dans la sociologie plus que dans la caricature ou la critique. D’ailleurs, les convives, vus de près, ne se ressemblent guère. C’est le même monde mais dans sa diversité élémentaire. Il y a un homme d’affaires fortuné de 60 ans, un scénariste à succès et un écrivain directeur de journal qui ont la cinquantaine, le très jeune fils de famille et ami de la famille, une actrice canadienne qui monte, une mondaine de 60 ans (« on se demande pourquoi on continue à l’inviter »), la jeune maîtresse de maison et Mrs Osborn, une belle femme de quarante ans dont le mari, absent, travaille dans le cinéma : « Cette table ronde est le noyau autour duquel s’est coagulé notre clan éphémère. Tant que durera ce repas, échappant à l’indifférence éprouvée en général les uns à l’égard des autres, même si nous nous disons amis, nous communierons dans la même entente provisoire, euphorique et veule. »

  1. 119 : « Ce champagne est d’un bon ! »

 La conversation évite les thèmes qui fâchent. On parle de livres, de films, d’Histoire. La culture fait le fond de la conversation. On se lance les grands noms : admirable Balzac !, Aragon, Einstein, Gide, Napoléon Bonaparte, Amiel et Nietzsche, Racine, Mallarmé, « l’éblouissement proustien », Jouhandeau, Odon de Horvath, Diderot, Bergson, Malraux, Joë Bousquet (« J’ai compris que ma vie était la vie de ma blessure avant d’être la mienne »), Gérard Manley Hopkins (« …Hopkins ? Qui est-ce ? »), « les émerveillements dus à Dostoïevski, à Joyce, à Kafka », encore Proust et re-Proust, Herculanum et le musée de Naples, etc. Il y a du vernis : une invitée confond Julien Green et Graham Greene. Il y a aussi des discussions serrées, sur le paradoxe de Pasternak, par exemple. Et deux convives connaissent bien Proust : « La Prisonnière parut à quelle date ? – 1923 ». Et, en effet, influencé par Anatole France, Proust a fini par influencer France qui lui survit de deux ans, comme le sait l’écrivain lettré. Gigi, la doyenne, et le riche financier connaissent l’Histoire de France dans les détails. Conversation brillante et apprêtée : l’un cherche à placer les bons mots de Tristan Bernard, un autre a appris par cœur des citations. Et la belle quadragénaire peut enfin étonner l’assistance, « une occasion de briller à mon tour », en expliquant que le canard cancane, le jars jargonne, le lapin clapit, la perdrix cacabe, le pinson ramage, la cigale craquette et le geai cajole : « ils sont épatés ».

  1. 161 : « Voici enfin le plat de résistance. Volailles précieuses. »
  2.  
  3. 169 : « Enfin, c’est à mon tour d’être servi. Ces pintades ont l’air si bonnes. »

 On raconte des anecdotes, on évoque des voyages, on convoque des connaissances communes. Aux personnages présents s’ajoutent les personnes qu’ils connaissent et qu’ils ont connues, si bien qu’au cours de la soirée des dizaines de figures viennent peupler le roman : « Je l’ai rencontré, Sydney Spring, chez les Bötrel ; du temps des Meilleuse ; avez-vous des nouvelles de Marie-Prune ? Paulette Cruchet, vous savez qu’elle habite Athènes ? Louise Branche, mon amie qui habite New York ; j’ai croisé l’autre jour Liliane Decker ; vous étiez chez les Picquard ? je l’avais rencontrée chez les Peyresaubes ; vous vous habillez chez Rémon ? j’étais invitée à Cannes chez les Visseaux ; un drôle de type ce Pierre Blingaux ; le très avare Zerbanian ; ce malheureux Rico ; ce vieux Breillac ; Saint-Palpoul qui me fut toujours assez indifférent ; j’aurais voulu être Lucine de Brouges ; Raymond Frôlet, un camarade à moi ; chez les Peagson ; peut-être pourriez-vous me donner des nouvelles du pauvre Bibi ? -Bibi, quel Bibi ? - Bibi Chartrettes, bien sûr. » Plus ces noms sont nombreux, moins ils ont d’importance ; ce sont des figurants interchangeables.

  1. 217 : « Nous en sommes arrivés à ce moment des dîners en ville où le champagne efface les pudeurs et les craintes habituelles. »

 On parle, on écoute, mais chacun se parle à lui-même : la soirée en ville s’emboîte dans le monologue intérieur que chaque conscience produit sans cesse. Ce repas n’interrompt pas le drame que représente son existence pour chaque être humain. Chaque convive a ses obsessions, ses douleurs, ses petits ou lourds secrets qui remontent, plongent, remontent à la surface pendant la soirée : certains souvenirs sont implacables. Le financier est préoccupé par ses actions (« On a introduit en coulisse les actions Bertzinger ») et par sa virilité défaillante. Mrs Osborn pense à Zig, son chien qu’elle a laissé seul, et à son amant. La starlette qui n’a pas pris son bain de soleil ce matin pense à son bronzage, à sa peau, à ses seins (« Surtout que je sois bien brune en arrivant à Megève »). Et elle revit sans cesse un traumatisme ancien, un viol, qu’elle veut faire payer à chaque mâle. L’écrivain et le scénariste cherchent un sujet, ébauchent et brodent sans cesse des phrases, des scènes ou des images, sans rapport avec la soirée qu’ils vivent. Gigi revit par bribes la liaison qu’elle a eue il y a longtemps avec le scénariste (qui a vingt ans de moins qu’elle). La maîtresse de maison ne pense qu’à ses enfants, le sens de sa vie, « mon corps et mon esprit n’étaient occupés que d’eux », comme ils sont doux, comme ils sont chauds, comme ils l’aiment, et comme elle se fiche de ce repas qui a pourtant lieu chez elle. Et le lecteur jouit de son omniscience : our une fois que l’on n’est pas dupe ! Le mensonge et l’hypocrisie sont bien le terreau de la vie sociale, c’est confirmé, mon cher Hervé.

  1. 230 : « Voilà des céleris exquisement préparés. »

 Ces huit personnages se regardent, les bras se frôlent, les jambes se touchent. Martine, oui, a subi une légère opération : son nez est plus court, mais personne n’en parlera. Chacun a une valeur érotique, les femmes surtout. On flirte avec le voisin de gauche, puis de droite. Gigi se désespère car le jeune homme l’ignore, et la starlette mesure exactement ce qu’elle peut sur chaque homme présent. Chacun sait qu’il ne sait pas tout des autres : qui a été l’amant de qui à cette table ? Et puis, la vraie Vénus de la soirée, c’est la domestique, Armande, « celle dont le rayonnement sexuel est le plus intense », qui sert les convives sans soutien-gorge, « indiscrètement décolletée », « manque de correction qui étonne dans une maison comme celle-là », et que le maître de maison honore régulièrement.

  1. 273 : « Le choix des chèvres est magnifique. Ronds et roux, les secs petits crottins de Chavignol et quelques Saint-Marcellin moins dorés voisinent avec les vertes pyramides tavelées des Valençay et de longs, d’onctueux Sainte-Maure marbrés de fauve. »
  2.  

 Les convives peuvent s’ennuyer par moment (« Je suis là sans y être. Bercé par ces conversations auxquelles je ne prends plus part. »), mais pas le lecteur qui domine la table entière, entend tout, voit tout, comprend tout. Et puis l’auteur sollicite le décor pour nous distraire. On entend courir les enfants des voisins, quelqu’un joue du piano quelque part. Sans le faire exprès, le serveur heurte le commutateur, la salle s’éclaire, les convives se voient comme en plein jour, à nu presque, pour quelques secondes. Plus tard, on voit passer sous les fenêtres un bateau-mouche illuminé, que l’on verra redescendre une heure après, brève diversion sur laquelle comptent les maîtres de maison. Il y a une intervention des pompiers dans le quartier, un homme promène son chien sur le quai. Il y a d’autres vies ailleurs…

  1. 293 : « Votre dîner était merveilleux. Et cet entremets ! Il a l’air sensationnel. Sensationnel ! - Une glace, chère Madame, une petite glace. »

 Les personnages ont légèrement bougé au cours de la soirée. A ce jeune homme timide et roux, finalement, la starlette trouve du charme, et Gigi aimerait le déniaiser alors même qu’elle le trouvait si bête. Lui-même, qui se jugeait inculte, réévalue sa jeunesse en entendant ces conversations insipides. La mère, fidèle à ses enfants et à leur père qui la trompe, se dit qu’elle devrait prendre un amant, puisque son mari a des maîtresses. Le scénariste a poussé le flirt très loin avec elle (tout le monde s’en est rendu compte) mais maintenant il fait marche arrière. L’écrivain, qui est le maître de maison, juge son œuvre littéraire modeste, se sait observateur consciencieux, recompte ses maîtresses, se promet désormais d’être plus fidèle. La starlette a compris que l’homme important pour sa carrière n’est pas là, c’est le mari absent de la quadragénaire : attention à ne pas gâcher ses chances par un faux-pas. Et Gigi se sent mieux : son drame (l’âge et la solitude) demeure, mais elle s’est montrée ce soir à la hauteur.

  1. 308 : « Les jolies poires ! - Tenez, je vous recommande celle-ci. Elle ne paie pas de mine mais elle est exquise. C’est une Beurré Superfin. - Et celle-là ? - Baronne de Mello. Cette autre a un nom un peu drôle : Alexandrine Drouillard. Je vous signale aussi ces Délices de Lowenjoul… »

 On a dit et ruminé des banalités vraies : « l’amour délivre des amours », « nous croyons vivre alors que nous survivons », « ce sont les hommes, vous, moi, nous tous qui sommes étonnants », « l’argent est une protection ». Les critiques et les piques étaient prudentes et superficielles : qui sait qui dînera avec qui la semaine prochaine ? Il n’y a pas de divergences de fond entre convives. Il y a eu de longs apartés réussis. Par moments -« le moment où on se laisse aller à parler de n’importe quoi n’importe comment »- le brouhaha empêchait toute conversation véritable, on s’emballait : « l’alcool donne de l’importance à l’inessentiel. » Tout le monde parlait en même temps, personne n’était exclu, chacun était concerné. Soirée réussie.

  1. 317 : « La fumée de nos cigarettes. »
  2.  
  3. 331 : « Mes longs doigts dans l’eau tiède où flotte une rondelle de citron. »

 Et puis « ces phrases vaines se dissipent heureusement aussi vite que la fumée de nos cigarettes. » S’est-on tout dit de ce qu’on pouvait se dire ? Non, puisque le repas n’est pas fini : il faut continuer à parler. Mais qui dit cigarette, dit cancer. Et la conversation rebondit. Cancer ? Maladie ? Soigneurs ? Cures miraculeuses ? On connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qu’un guérisseur a soigné, ou qui est mort. Et du cancer à Dieu, il n’y a qu’un pas : « Moi, il y a longtemps que je ne crois plus. - Il y a une grande différence entre dire que l’on n’a plus la foi et ne l’avoir plus. - Suis-je plus près du Christ que je ne le pense ? – La mort ne devrait pas nous faire peur puisque nous ne cessons de mourir. » La conversation flambe à nouveau, bouquet métaphysique.

  1. 338 : Café.
  2.  
  3. 339 : « Bertrand se lève et Martine en fait autant. Les chaises glissent mal sur le tapis. Nous sommes debout… »

 Le repas s’achève, le roman s’achève aussi. Belle unité de temps et de lieu. Construction simple et claire. En même temps, il y faut une lecture attentive : les paroles sont introduites par un tiret, et les pensées des convives par trois points, on ne sait pas toujours qui parle ou qui pense. Les monologues s’interrompent, s’étirent, reprennent. Les dialogues s’enjambent, se croisent, s’ignorent. Tel convive se tait, disparaît puis revient dans la conversation. Il n’y a pas de centre ni de héros ni d’action à proprement parler. De fixe et stable, il ne reste que « le haut philodendron, admirable avec ses larges feuilles dentelées et sombres, avec tout au faîte, le vert tendre d’une pousse neuve », sur lequel les yeux de chacun finissent toujours par se poser. C’est l’époque du Nouveau Roman, dont Mauriac est proche : « Ce prétendu nouveau roman dont nous sommes quelques-uns à défendre le principe n’a plus rien de romanesque au sens traditionnel du mot. L’imagination y a moins de part que l’observation », se dit Bertrand l’écrivain.

 Un convive constate : « Quel dîner ils nous ont offert ! Et du champagne tout le temps. » Je reprends la formule à mon compte : Le dîner en ville de Claude Mauriac, c’était du champagne tout le temps.

Sic.

Je lis en ce moment le journal de Matthieu Galey que les Ensablés ont chroniqué. Galey a fréquenté les Mauriac et a connu le Tout-Paris. Je lis au 18 décembre 1970 : « Dîner mondain ici, avec Edmonde [Charles-Roux], les Nourissier, les Privat, Ch. de Rivoyre, Fr. Mallet-Joris+Delfaux, Kanters et Banier. (…) Que reste-t-il de cette soirée ? Rien, rien, rien. »

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Aristarque

07/12/2020 à 22:49

Ingénieuse innovation technique ; mais le résultat est nul : c'est filandreux, interminable, irréaliste...

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Georges Thinès  (1923-2016) est un écrivain belge de langue française né en 1923 à Liège et décédé en 2016 à Court-Saint-Étienne. D’abord attiré par les lettres classiques, il fut étudiant en philosophie et lettres à la Faculté universitaire Saint-Louis de Bruxelles. Après son engagement à la Royal Navy durant la guerre, Georges Thinès renonce à la philologie et s’oriente vers la psychologie. Professeur à l’université de Louvain, il fut un spécialiste de renommée mondiale dans le domaine de l’éthologie animale. Excellent musicien, fondateur de l’orchestre symphonique de Louvain, il fut encore poète, nouvelliste, romancier, dramaturge, essayiste. Par Armel Job

28/05/2023, 09:00

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Les Ensablés - Les aiguilles à tricoter de Denis Belloc, le bas bruit de la violence

Décédé en 2013 à l’âge de 64 ans, Denis Belloc ( (1949-2013) a marqué d’une empreinte noire la littérature française. Son œuvre, une dizaine de romans parus, s’abreuve au sirop de la rue. Mais ce liquide est violent et amer. C’est l’univers de la toxicomanie dans Képas (Lieu commun, 1989) ou de la prostitution dans Suzanne (Lieu commun 1988) qui forme le décor des romans de Belloc dont l’entière matière est autobiographique. Par Denis Gombert.

14/05/2023, 09:00

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Les Ensablés - Heureux les pacifiques de Raymond Abellio (1907-1986)

En janvier 1947, les éditions du Portulan publièrent un épais volume au titre biblique, « Heureux les pacifiques », que la critique accueillit avec force éloges, n’hésitant pas à parler de «roman fracassant et excitant » (Pierre de Boisdeffre), de « roman d’une génération » (Maurice Nadeau), tous se montrant impressionnés par  la justesse d’un tableau riche et complexe d’une époque charnière (1934-1945): ainsi Pierre Descaves, selon lequel ce roman est « sans aucun doute, le document le plus important, le plus impressionnant qui nous ait été donné depuis quinze ans, sur l’état d’une jeunesse que guettait le conflit de 1939-1940 et les années, noires et rouges, des refus ou des abandons ». Par Marie Coat

30/04/2023, 16:45

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Les Ensablés - Le renard à l'anneau d'or, de Nelly Kristink    

Mariève a vingt-trois ans lorsqu’elle épouse Gilles, de dix ans son aîné. Ce mariage la conduit à s’installer chez lui, dans un domaine forestier des Hautes Fagnes, à l’est de la Belgique. Le manoir du Rondbuisson, situé à l’orée du bois, est la résidence de quelques personnages rustiques et gentiment intrigants. Tout semble en place pour assurer le confort de Mariève, dans un cocon où l’on ressent plus qu’ailleurs le rythme envoûtant des saisons. Mais pourquoi n’y semble-t-elle pas heureuse ? C’est l’histoire de la lente dégradation d’un amour s’abîmant au grattage de l’écorce. Par Louis Morès. 

10/04/2023, 09:47

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Les Ensablés - Jeunes femmes en uniforme, de Terreska Torrès

« Elles sont les premières. Cinq filles. Jeunes, timides, heureuses, excités, cœurs battants et prêtes à mourir pour la France. » Nous sommes en 1940. La France vient de perdre la guerre. À Londres, la France libre sous l’impulsion du général de Gaulle fait ses premiers pas. Pour la première fois, les femmes prennent part au conflit sous l’uniforme français. Un Corps féminin de Volontaires de la France libre est créé, dans lequel s’enrôlent les héroïnes de ce roman, ainsi que son autrice, Tereska Torrès. Par Carl Aderhold.

26/03/2023, 17:17

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Les Ensablés - Kikou Yamata (1897-1975), la Japolyonnaise

Qui se souvient aujourd’hui de Kikou Yamata, une écrivaine née à Lyon en 1897 d’un père japonais et d’une mère française et décédée en 1975 à Genève ? Étonnante et attachante figure, auteure d’une œuvre importante. Par François Ouellet

12/03/2023, 10:00

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Les Ensablés - Génération hussards, de Marc Dambre

En septembre 2022, Marc Dambre, spécialiste de Roger Nimier, a publié chez Perrin une somme passionnante (je pèse mes mots) intitulée Génération hussards, en référence à une mouvance littéraire des années 50. L’occasion d’aborder avec lui non seulement la vie et la production littéraire des « hussards » les plus connus, mais aussi d’en (re)découvrir d’autres, dont Stephen Hecquet, objet d’un récent article des Ensablés, et de revisiter trente années de vie culturelle française. Par Hervé Bel

20/02/2023, 09:56

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Les Ensablés - Henry Thoreau sauvage, de Léon Bazalgette

Emmanuel Bluteau m’a envoyé ce livre, Henri Thoreau sauvage, qu’il vient de rééditer dans sa maison d’édition, la Thébaïde, avec ce petit mot : « Voilà un vrai ensablé ! ». Par Hervé Bel.

05/02/2023, 09:00

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Les Ensablés - Deutschland de René Trintzius (1898-1953)

Quiconque vous demanderait ce qu’évoque pour vous le nom de Trinztius, vous resteriez coi ou chercheriez en vain du côté des érudits anversois de la Renaissance. Bien oublié aujourd’hui, René Trintzius fut très connu dans le monde des lettres de la première moitié du siècle dernier. Né en 1898 dans une famille bourgeoise de Rouen -son père était un architecte renommé- il abandonna très en amont une carrière de magistrat pour se consacrer dans un premier temps au journalisme, puis rapidement à l’écriture de pièces de théâtre et de romans. Par Marie Coat

22/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - Malpertuis (1943) de Jean Ray (1887-1964)

Au carrefour de ruelles obscures se dresse Malpertuis. Quentin Moretus Cassave, le maître de cette grande maison, s’éteint sur son lit de mort et fait lire à sa famille réunie les articles de son testament. Pour recevoir l’héritage, les héritiers doivent s’engager à venir vivre au sein de ce lieu rempli de mystères et seul le dernier d’entre eux recevra la fortune. Le dernier ? Dans cette demeure hantée peuplée d’une faune étrange et où le temps s’étire à la croisée des mondes, les périls sont immenses. Jean-Jacques Grandsire, un jeune neveu de Cassave, nous confie avec effroi les heurts et malheurs de Malpertuis. Un chef-d’œuvre du fantastique belge à redécouvrir. Par Louis Morès. 

08/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - une biographie de Marie Borrély (1890-1963)

J’ai parlé, il y a quelques mois dans cette chronique, de Maria Borrély (1890-1963), une romancière d’exception de la Haute-Provence. Voici qu’une belle biographie vient de lui être consacrée par Danièle Henky aux éditions Le Papillon rouge, Maria Borrély. La Vie d’une femme éblouie. La biographe, qui a commencé à s’intéresser à Maria Borrély au début des années 2000, a pu avoir accès aux archives de l’écrivaine, se nourrir des souvenirs de Pierre Borrély, le cadet des deux fils de l’écrivaine, qu’elle a maintes fois rencontré, travailler aux premières rééditions avec Paulette Borrély, la femme de Pierre. Par François Ouellet

25/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - La baie des Wallons (1991) de Viviane Dumont

Dernier tome d’une trilogie de romans historiques suivant sur trois générations l’histoire d’une famille aux XVIe et XVIIe siècles dans les Provinces-Unies et les Pays-Bas espagnols, La Baie des Wallons relate les aventures du jeune Tristan de Noirfontaine, un orphelin seul héritier de sa lignée ne rêvant que d’exploration au point de s’embarquer dans un navire à la conquête du Nouveau Monde. C’est avec enthousiasme qu’il participera àl’émergence d’une nouvelle ville et d’une société lui offrant une vie pleine de promesses, à condition de faire preuve de prudence et de ne pas oublier ses racines.

Par Louis Morès.

11/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - Adieu mes quinze ans de Claude Campagne

Un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse : Adieu mes quinze ans fut en 1960 un véritable phénomène éditorial : plus de 650.000 exemplaires écoulés. Le livre fut traduit en 11 langues et adapté en un feuilleton de 10 épisodes qui fit les beaux jours de l’ORTF au tout début des années 70. Il faut croire que ce roman sur l’adolescence possédait quelque chose de particulier qui avait pu toucher toute une génération. Elle se retrouvait dans le portrait de Fanny, l’héroïne du roman qui voyait du jour au lendemain sa vie bousculée avec l’apparition de deux êtres et d’un secret. Mais quoi ? Par Denis Gombert

27/11/2022, 11:34

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Les Ensablés – Stephen Hecquet, vie et trépas d’un maudit de Frédéric Casotti

Stephen Hecquet, avocat, écrivain… Pour beaucoup, ce nom ne dit plus rien. Auteur d’une dizaine de romans publiés dans les années cinquante, il est pourtant considéré comme l’un des membres de ce groupe que Bernard Frank appela les « hussards ». Ses romans n’ont jamais été réédités (sauf en 1993 pour « Les collégiens »). Début 2022, est parue chez Séguier une courte et bienvenue biographie de Stephen Hecquet par Frédéric Casotti intitulée Stephen Hecquet, vie et trépas d’un maudit, dont les Ensablés se devaient de rendre compte, d’autant qu’en 2013 notre ami Henri-Jean Coudy (dont les parents connaissaient bien Hecquet) avait déjà fait un article à propos d’Anne ou le garçon de verre.

13/11/2022, 09:00

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Les Ensablés - Régis Messac et le polar lettré, par François Ouellet

Romancier, essayiste, pamphlétaire, journaliste, professeur, historien de la littérature populaire, du roman policier et de la science-fiction, rédacteur en chef des Primaires, revue de gauche anticléricale, syndicale et pacifiste, etc., Régis Messac (1893-1945) a été de bien des engagements littéraires et politiques. Par François Ouellet.

30/10/2022, 09:22

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Les Ensablés : Passage des émigrants, de Jacques Chauviré

Prendre soin des seniors, des anciens, du quatrième âge, des personnes âgées, bref : des vieux, problème de société rebattu, mais irrésolu, au parfum de désolant scandale malgré d’indéniables avancées... En 1977, paraissait sur ce sujet Passage des émigrants, un remarquable roman écrit par un médecin, Jacques Chauviré (1915-2005), dernier d’une trilogie mettant en scène le parcours du Dr Desportes, médecin du travail puis gériatre. Par Marie Coat.

09/10/2022, 09:00

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Les Ensablés - Un jardin pour l'éternel, de Jean Carrière

« Tout a commencé en Champagne, fin mars 1915, lors de l’offensive menée par Joffre. Durant l’attaque, Pierre-Ézéchiel Séguier eut la moitié inférieure de sa jambe fracassée par un éclat d’obus. Il fallut l’amputer […] Il ne restait plus assez de morphine. […] “Je suis fait au fer et au sang”, rétorqua le blessé avec la raideur de ceux qui méprisent les faiblesses du corps et de l’âme. » Par Carl Aderhold

25/09/2022, 09:00

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Les Ensablés - Le Greco (1931) de Camille Mauclair, seconde partie

En 1905, Camille Mauclair, sentit qu’avec le fauvisme et le début du cubisme en 1905, apparaissait un nouveau paradigme, auquel il était incapable en tant que critique de donner une réponse. Et cette incapacité signa la rupture de Mauclair avec l’art moderne.  En 1931, il écrira un ouvrage critique sur le Greco, dont l’originalité le confrontera à nouveau au problème de la rupture de la tradition dans l’art pictural. Ceci est la deuxième partie de notre article (voir la première partie). Par Antoine Cardinale

04/09/2022, 14:40

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"Tu me demandes d’où j’écris mort à ce point ? j’écris de Gaza-Donzy octobre 23"

Il y a quelques jours, un alien sort aux éditions P.O.L., maison aux propositions originales dans le cosmos des Lettres. Il s'agit de Dominique Fourcade, communément rattaché à la veine surréaliste. Un autre titre, après flirt avec elle, qui retrace la guerre en Ukraine, le conflit humain toujours comme matière. Mais que tire-t-il (ou confectionne-t-il) de notre actualité mondiale engourdie et chaotique ?

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Bienvenue à Central Station, immense port spatial qui accueille une importante part de l’humanité et d’autres espèces venues d’ailleurs, extraterrestres ou robotiques, parfois même digitalisées. Nous sommes dans un futur, probablement très éloigné (mais qui sait ?), où nous avons voyagé au-delà des limites de l’espace. « Jadis, le monde était jeune. Les vaisseaux de l’Exode commençaient seulement à quitter le système solaire, le monde d’Heven n’avait pas encore été découvert. »

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