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Les Ensablés - Notes de voyage : "Le dîner en ville", Claude Mauriac (1914-1996)

J’ai lu cet été, mon cher Hervé, un très bon roman de Claude Mauriac. Son père, François, est immortalisé (1933) et nobélisé (1952), mais lui, Claude, pourrait bien peu à peu s’ensabler. Pourtant Le dîner en ville est une très belle réussite : c’est un roman qui décrit le parisianisme mondain que l’auteur a beaucoup pratiqué.

Le 24/09/2017 à 09:00 par Les ensablés

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24/09/2017 à 09:00

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

L’idée est simple : il s’agit de raconter la soirée de huit convives autour d’une table. Il y a le couple qui invite et ses six invités, avec un extra et l’employée de maison qui assurent le service. Ils sont à table et se parlent, nous écoutons ce qui se dit ce soir-là : la conversation est au centre du roman, c’est du théâtre. Mais l’auteur nous donne à lire en même temps les pensées muettes des convives : le dit et le non-dit alternent alors en spirales divergentes car chacun pense plus et autrement qu’il ne veut parler. Ce dîner devient alors une comédie drôle, grinçante, pénétrante.

  1. 19 : Consommé en tasse.

 « Un dîner en ville pareil à tous les dîners en ville. A moins d’événements imprévisibles, il ne se distinguera pas dans notre souvenir de ceux, si nombreux, auxquels nous avons assisté. » Il n’empêche qu’un dîner est chose sérieuse : chaque participant sera juge et accusé, acteur et spectateur, sujet et objet, c’est inévitable, les convives le savent.

  1. 38 : Champagne et pain grillé. 

 Ce ne sont pas des amis, ce sont des relations. Un dîner intime ou exceptionnel ? Non, un élément de routine sociale, « à l’image de tous les dîners en ville, depuis plus de vingt ans que je vais dans le monde. » Et, ce soir-là, il ne se passera rien de particulier : ni couple qui se déchire, ni discussion politique violente, ni rencontre amoureuse décisive. Il y a bien un jeune homme, conscient de « l’éphémère complicité d’une réunion s’ajoutant à la durable connivence de notre classe » : il pourrait faire scandale, mais il est très bien élevé. C’est une soirée mondaine comme une autre, entre gens du même milieu. Rien d’essentiel ne sera dit pendant ce dîner aux chandelles, sur l’île Saint-Louis, à Paris.

  1. 50 : « Les superbes poissons ! - De simples mulets… - Et comme les plats sont joliment décorés. »

 Il ne s’agit pas de ridiculiser un rite établi ou de condamner la bourgeoisie. On pourrait de même décrire « le repas d’entreprise », « le thé au foyer des anciens » ou « le banquet de la classe 1997 ». Ce roman se veut descriptif : nous sommes dans la sociologie plus que dans la caricature ou la critique. D’ailleurs, les convives, vus de près, ne se ressemblent guère. C’est le même monde mais dans sa diversité élémentaire. Il y a un homme d’affaires fortuné de 60 ans, un scénariste à succès et un écrivain directeur de journal qui ont la cinquantaine, le très jeune fils de famille et ami de la famille, une actrice canadienne qui monte, une mondaine de 60 ans (« on se demande pourquoi on continue à l’inviter »), la jeune maîtresse de maison et Mrs Osborn, une belle femme de quarante ans dont le mari, absent, travaille dans le cinéma : « Cette table ronde est le noyau autour duquel s’est coagulé notre clan éphémère. Tant que durera ce repas, échappant à l’indifférence éprouvée en général les uns à l’égard des autres, même si nous nous disons amis, nous communierons dans la même entente provisoire, euphorique et veule. »

  1. 119 : « Ce champagne est d’un bon ! »

 La conversation évite les thèmes qui fâchent. On parle de livres, de films, d’Histoire. La culture fait le fond de la conversation. On se lance les grands noms : admirable Balzac !, Aragon, Einstein, Gide, Napoléon Bonaparte, Amiel et Nietzsche, Racine, Mallarmé, « l’éblouissement proustien », Jouhandeau, Odon de Horvath, Diderot, Bergson, Malraux, Joë Bousquet (« J’ai compris que ma vie était la vie de ma blessure avant d’être la mienne »), Gérard Manley Hopkins (« …Hopkins ? Qui est-ce ? »), « les émerveillements dus à Dostoïevski, à Joyce, à Kafka », encore Proust et re-Proust, Herculanum et le musée de Naples, etc. Il y a du vernis : une invitée confond Julien Green et Graham Greene. Il y a aussi des discussions serrées, sur le paradoxe de Pasternak, par exemple. Et deux convives connaissent bien Proust : « La Prisonnière parut à quelle date ? – 1923 ». Et, en effet, influencé par Anatole France, Proust a fini par influencer France qui lui survit de deux ans, comme le sait l’écrivain lettré. Gigi, la doyenne, et le riche financier connaissent l’Histoire de France dans les détails. Conversation brillante et apprêtée : l’un cherche à placer les bons mots de Tristan Bernard, un autre a appris par cœur des citations. Et la belle quadragénaire peut enfin étonner l’assistance, « une occasion de briller à mon tour », en expliquant que le canard cancane, le jars jargonne, le lapin clapit, la perdrix cacabe, le pinson ramage, la cigale craquette et le geai cajole : « ils sont épatés ».

  1. 161 : « Voici enfin le plat de résistance. Volailles précieuses. »
  2.  
  3. 169 : « Enfin, c’est à mon tour d’être servi. Ces pintades ont l’air si bonnes. »

 On raconte des anecdotes, on évoque des voyages, on convoque des connaissances communes. Aux personnages présents s’ajoutent les personnes qu’ils connaissent et qu’ils ont connues, si bien qu’au cours de la soirée des dizaines de figures viennent peupler le roman : « Je l’ai rencontré, Sydney Spring, chez les Bötrel ; du temps des Meilleuse ; avez-vous des nouvelles de Marie-Prune ? Paulette Cruchet, vous savez qu’elle habite Athènes ? Louise Branche, mon amie qui habite New York ; j’ai croisé l’autre jour Liliane Decker ; vous étiez chez les Picquard ? je l’avais rencontrée chez les Peyresaubes ; vous vous habillez chez Rémon ? j’étais invitée à Cannes chez les Visseaux ; un drôle de type ce Pierre Blingaux ; le très avare Zerbanian ; ce malheureux Rico ; ce vieux Breillac ; Saint-Palpoul qui me fut toujours assez indifférent ; j’aurais voulu être Lucine de Brouges ; Raymond Frôlet, un camarade à moi ; chez les Peagson ; peut-être pourriez-vous me donner des nouvelles du pauvre Bibi ? -Bibi, quel Bibi ? - Bibi Chartrettes, bien sûr. » Plus ces noms sont nombreux, moins ils ont d’importance ; ce sont des figurants interchangeables.

  1. 217 : « Nous en sommes arrivés à ce moment des dîners en ville où le champagne efface les pudeurs et les craintes habituelles. »

 On parle, on écoute, mais chacun se parle à lui-même : la soirée en ville s’emboîte dans le monologue intérieur que chaque conscience produit sans cesse. Ce repas n’interrompt pas le drame que représente son existence pour chaque être humain. Chaque convive a ses obsessions, ses douleurs, ses petits ou lourds secrets qui remontent, plongent, remontent à la surface pendant la soirée : certains souvenirs sont implacables. Le financier est préoccupé par ses actions (« On a introduit en coulisse les actions Bertzinger ») et par sa virilité défaillante. Mrs Osborn pense à Zig, son chien qu’elle a laissé seul, et à son amant. La starlette qui n’a pas pris son bain de soleil ce matin pense à son bronzage, à sa peau, à ses seins (« Surtout que je sois bien brune en arrivant à Megève »). Et elle revit sans cesse un traumatisme ancien, un viol, qu’elle veut faire payer à chaque mâle. L’écrivain et le scénariste cherchent un sujet, ébauchent et brodent sans cesse des phrases, des scènes ou des images, sans rapport avec la soirée qu’ils vivent. Gigi revit par bribes la liaison qu’elle a eue il y a longtemps avec le scénariste (qui a vingt ans de moins qu’elle). La maîtresse de maison ne pense qu’à ses enfants, le sens de sa vie, « mon corps et mon esprit n’étaient occupés que d’eux », comme ils sont doux, comme ils sont chauds, comme ils l’aiment, et comme elle se fiche de ce repas qui a pourtant lieu chez elle. Et le lecteur jouit de son omniscience : our une fois que l’on n’est pas dupe ! Le mensonge et l’hypocrisie sont bien le terreau de la vie sociale, c’est confirmé, mon cher Hervé.

  1. 230 : « Voilà des céleris exquisement préparés. »

 Ces huit personnages se regardent, les bras se frôlent, les jambes se touchent. Martine, oui, a subi une légère opération : son nez est plus court, mais personne n’en parlera. Chacun a une valeur érotique, les femmes surtout. On flirte avec le voisin de gauche, puis de droite. Gigi se désespère car le jeune homme l’ignore, et la starlette mesure exactement ce qu’elle peut sur chaque homme présent. Chacun sait qu’il ne sait pas tout des autres : qui a été l’amant de qui à cette table ? Et puis, la vraie Vénus de la soirée, c’est la domestique, Armande, « celle dont le rayonnement sexuel est le plus intense », qui sert les convives sans soutien-gorge, « indiscrètement décolletée », « manque de correction qui étonne dans une maison comme celle-là », et que le maître de maison honore régulièrement.

  1. 273 : « Le choix des chèvres est magnifique. Ronds et roux, les secs petits crottins de Chavignol et quelques Saint-Marcellin moins dorés voisinent avec les vertes pyramides tavelées des Valençay et de longs, d’onctueux Sainte-Maure marbrés de fauve. »
  2.  

 Les convives peuvent s’ennuyer par moment (« Je suis là sans y être. Bercé par ces conversations auxquelles je ne prends plus part. »), mais pas le lecteur qui domine la table entière, entend tout, voit tout, comprend tout. Et puis l’auteur sollicite le décor pour nous distraire. On entend courir les enfants des voisins, quelqu’un joue du piano quelque part. Sans le faire exprès, le serveur heurte le commutateur, la salle s’éclaire, les convives se voient comme en plein jour, à nu presque, pour quelques secondes. Plus tard, on voit passer sous les fenêtres un bateau-mouche illuminé, que l’on verra redescendre une heure après, brève diversion sur laquelle comptent les maîtres de maison. Il y a une intervention des pompiers dans le quartier, un homme promène son chien sur le quai. Il y a d’autres vies ailleurs…

  1. 293 : « Votre dîner était merveilleux. Et cet entremets ! Il a l’air sensationnel. Sensationnel ! - Une glace, chère Madame, une petite glace. »

 Les personnages ont légèrement bougé au cours de la soirée. A ce jeune homme timide et roux, finalement, la starlette trouve du charme, et Gigi aimerait le déniaiser alors même qu’elle le trouvait si bête. Lui-même, qui se jugeait inculte, réévalue sa jeunesse en entendant ces conversations insipides. La mère, fidèle à ses enfants et à leur père qui la trompe, se dit qu’elle devrait prendre un amant, puisque son mari a des maîtresses. Le scénariste a poussé le flirt très loin avec elle (tout le monde s’en est rendu compte) mais maintenant il fait marche arrière. L’écrivain, qui est le maître de maison, juge son œuvre littéraire modeste, se sait observateur consciencieux, recompte ses maîtresses, se promet désormais d’être plus fidèle. La starlette a compris que l’homme important pour sa carrière n’est pas là, c’est le mari absent de la quadragénaire : attention à ne pas gâcher ses chances par un faux-pas. Et Gigi se sent mieux : son drame (l’âge et la solitude) demeure, mais elle s’est montrée ce soir à la hauteur.

  1. 308 : « Les jolies poires ! - Tenez, je vous recommande celle-ci. Elle ne paie pas de mine mais elle est exquise. C’est une Beurré Superfin. - Et celle-là ? - Baronne de Mello. Cette autre a un nom un peu drôle : Alexandrine Drouillard. Je vous signale aussi ces Délices de Lowenjoul… »

 On a dit et ruminé des banalités vraies : « l’amour délivre des amours », « nous croyons vivre alors que nous survivons », « ce sont les hommes, vous, moi, nous tous qui sommes étonnants », « l’argent est une protection ». Les critiques et les piques étaient prudentes et superficielles : qui sait qui dînera avec qui la semaine prochaine ? Il n’y a pas de divergences de fond entre convives. Il y a eu de longs apartés réussis. Par moments -« le moment où on se laisse aller à parler de n’importe quoi n’importe comment »- le brouhaha empêchait toute conversation véritable, on s’emballait : « l’alcool donne de l’importance à l’inessentiel. » Tout le monde parlait en même temps, personne n’était exclu, chacun était concerné. Soirée réussie.

  1. 317 : « La fumée de nos cigarettes. »
  2.  
  3. 331 : « Mes longs doigts dans l’eau tiède où flotte une rondelle de citron. »

 Et puis « ces phrases vaines se dissipent heureusement aussi vite que la fumée de nos cigarettes. » S’est-on tout dit de ce qu’on pouvait se dire ? Non, puisque le repas n’est pas fini : il faut continuer à parler. Mais qui dit cigarette, dit cancer. Et la conversation rebondit. Cancer ? Maladie ? Soigneurs ? Cures miraculeuses ? On connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qu’un guérisseur a soigné, ou qui est mort. Et du cancer à Dieu, il n’y a qu’un pas : « Moi, il y a longtemps que je ne crois plus. - Il y a une grande différence entre dire que l’on n’a plus la foi et ne l’avoir plus. - Suis-je plus près du Christ que je ne le pense ? – La mort ne devrait pas nous faire peur puisque nous ne cessons de mourir. » La conversation flambe à nouveau, bouquet métaphysique.

  1. 338 : Café.
  2.  
  3. 339 : « Bertrand se lève et Martine en fait autant. Les chaises glissent mal sur le tapis. Nous sommes debout… »

 Le repas s’achève, le roman s’achève aussi. Belle unité de temps et de lieu. Construction simple et claire. En même temps, il y faut une lecture attentive : les paroles sont introduites par un tiret, et les pensées des convives par trois points, on ne sait pas toujours qui parle ou qui pense. Les monologues s’interrompent, s’étirent, reprennent. Les dialogues s’enjambent, se croisent, s’ignorent. Tel convive se tait, disparaît puis revient dans la conversation. Il n’y a pas de centre ni de héros ni d’action à proprement parler. De fixe et stable, il ne reste que « le haut philodendron, admirable avec ses larges feuilles dentelées et sombres, avec tout au faîte, le vert tendre d’une pousse neuve », sur lequel les yeux de chacun finissent toujours par se poser. C’est l’époque du Nouveau Roman, dont Mauriac est proche : « Ce prétendu nouveau roman dont nous sommes quelques-uns à défendre le principe n’a plus rien de romanesque au sens traditionnel du mot. L’imagination y a moins de part que l’observation », se dit Bertrand l’écrivain.

 Un convive constate : « Quel dîner ils nous ont offert ! Et du champagne tout le temps. » Je reprends la formule à mon compte : Le dîner en ville de Claude Mauriac, c’était du champagne tout le temps.

Sic.

Je lis en ce moment le journal de Matthieu Galey que les Ensablés ont chroniqué. Galey a fréquenté les Mauriac et a connu le Tout-Paris. Je lis au 18 décembre 1970 : « Dîner mondain ici, avec Edmonde [Charles-Roux], les Nourissier, les Privat, Ch. de Rivoyre, Fr. Mallet-Joris+Delfaux, Kanters et Banier. (…) Que reste-t-il de cette soirée ? Rien, rien, rien. »

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Aristarque

07/12/2020 à 22:49

Ingénieuse innovation technique ; mais le résultat est nul : c'est filandreux, interminable, irréaliste...

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Les Ensablés - "Captain Cap" d'Alphonse Allais

« Jetons par-dessus bord paperasses et registres, et avec les ronds de cuir de ces incapables, faisons des bouées de sauvetage. »
Tel est l’un des principaux points de la profession de foi d’Albert Caperon, dit Captain Cap, candidat aux élections législatives de 1893. « Anti bureaucrate » et anti européen » il se présente comme un aventurier qui a passé « les trois quarts de sa vie sur mer et les deux tiers de son existence sur les terres vierges. »

18/10/2020, 09:00

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Les Ensablés – Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) par le comte de Fels

Le temps des vacances s'approche, ou s'éloigne : souvenez-vous, nous avions passé l’été à travers la Provence, en compagnie de Jean-Louis Vaudoyer. Cette fois, nous n’irons pas si loin, à peine pousserons-nous aux limites du département de la Seine-et-Oise ! Car nous sommes en 1927 et Jean-Louis Vaudoyer m’a demandé d’interviewer le comte de Fels, pour sa biographie d’Ange-Jacques Gabriel [1]. Le moyen de refuser ?

04/10/2020, 09:00

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Les Ensablés - L’incertitude amoureuse de René Laporte (1905-1954)

René Laporte est né à Toulouse dans une famille bourgeoise de magistrats et d’universitaires. Il fait des études de droit, mais lance, à dix-neuf ans, une revue bi-mestrielle, Les Cahiers libres, artistiques et littéraires, puis fonde les éditions du même nom qui, entre 1925 et 1934, publieront environ 150 ouvrages.

20/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac: “Le vélo” de René Fallet

L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Milwaukee Blues : vision douloureusement réaliste des États-Unis

« Je n’aurais jamais dû composer ce foutu numéro. » Une première phrase, qui ouvre ce roman de Louis-Philippe Dalembert, et happe. Pas question de s’arrêter de lire, lorsque l’écriture, incisive et exacte en tout point, nous invite à dévorer chaque page. S’offre alors au lecteur une histoire fictive, qui sonne pourtant si terriblement vrai. 

15/10/2021, 12:20

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Avec Mater, Stanislas Moussé poursuit “son improbable tapisserie de Bayeux”

BONNES FEUILLES – Un mal étrange et profond ronge le château familial et s’attaque aux héritiers de la dynastie du roi. Alors que le royaume est en danger, c’est une femme, une mère, une magicienne, qui va entamer un combat avec les forces obscures pour la survie de son enfant et de sa lignée. 

15/10/2021, 11:26

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Ascension fulgurante de Patrick Modiano : les 200 meilleures ventes de la semaine (40)

Pas de grands mouvements cette semaine, l’hydre Musso/Zemmour continue de monopoliser l’attention des lecteurs. En termes de chiffre d’affaires, le premier représente 3,36 millions € et le second 4,05 millions €. Non négligeable. Mais voici qu’une lueur surgit : Chevreuse de Patrick Modiano. Plus de 11.600 exemplaires en l’espace d’une semaine.

15/10/2021, 10:29

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Avec Liberty, Simon Liberati inclassable et caractéristique

BONNES FEUILLES – Les Éditions Séguier, connues pour leur catalogue de « curiosités », publieront un récit d’une nature à la fois inclassable et néanmoins caractéristique du style Liberati. Auteur de onze ouvrages, Simon Liberati fut lauréat du Prix de Flore pour L’Hyper Justine ainsi que du Prix Femina pour Jayne Mansfield 1967. Son livre Eva a été unanimement salué par la critique. 

15/10/2021, 10:07

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Kukum : le lac, les rivières et le couple

Années 18... et quelques, sur les bords du lac Saint Jean, au fond du fjord du Saguenay au Québec. Almanda est une jeune orpheline qui vit avec un couple d’agriculteurs, qu’elle appelle « mon oncle » et « ma tante », qui triment chaque jour pour arracher à leur lopin de terre des bords du lac une maigre subsistance. Du haut de ses quinze ans, Almanda leur donne un coup de main à la petite ferme — elle adore traire les vaches — quand elle n’est pas à l’école où ses résultats sont prometteurs. Mais face à ce lac grandiose, Almanda rêve.

14/10/2021, 11:43

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Moi, Calife... Iznogoud et c'est comme cela qu'on l'aime

Six années depuis le dernier tome qu’avaient cosigné Laurent Vassilian et Nicolas Tabary — et qui très personnellement, ne m’avait pas emballé. « Moi président », clamait voilà peu encore un heureux candidat à l’Élysée, dont on se gardera bien de dire que les promesses n’engagent que ceux qui les croient (ah, tiens, non…) ! Eh bien, ô Grand Vizir, qu’en est-il de votre débordante ambition : vous, Calife, que gagnerait le bon peuple de Bagdad ?  

13/10/2021, 13:08

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Mashle : invasion de choux à la crème et de coups de poing à Poudlard

Mash est né sans magie dans un monde où les non-magiciens sont tués à la naissance. Mais son papa d’adoption l’a protégé au fin fond d’une forêt. Mash a donc grandi à l’écart du monde, en ne faisant que… de la musculation. Désormais menacé, notre héros va devoir intégrer l’académie de magie la plus prestigieuse du pays. Ses muscles suffiront-ils à sa survie ? Un manga hilarant qui brise tous ses propres codes. 

13/10/2021, 11:28

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Mathieu Lindon : seul contre tous

Après Hervelino paru en début d’année, où Mathieu Lindon évoquait son compagnonnage avec l’écrivain Hervé Guibert, l’auteur revient cette même année avec un texte tout d’un bloc. Un bloc de haine, contre les « autres ». Une centaine de pages d’éructations qui prennent sens dans l’intégralité du texte, même si cette haine sans objet autre que ces autres confine à la répétition. 

 

13/10/2021, 10:34

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Andrée Viollis : Criquet. “Être une femme, c'est être empêchée”

Dans les premières années du XXe siècle, la famille Dayrolles a l’habitude de passer l’été dans une vieille maison sur une île de la côte vendéenne. C’est là que, jeune fille de presque quatorze ans, Camille, que tout le monde surnomme Criquet, retrouve, avec un bonheur à chaque fois renouvelé, ses vêtements élimés de garçonne pour courir, sauter, parcourir les plages, les rochers, la campagne en compagnie de son cousin Michel, chasser avec son arc les poulpes dans les creux d’eau, profiter de ces moments privilégiés de liberté et de vacances.

12/10/2021, 14:38

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Les vivants et les morts en quatre livres

De la poésie de Bukowski à la folie cyberpunk de Philip K. Dick, du prophétisme d'un génie russe inconnu à la biographie d'un des plus grands représentants du spectacle vivant, une question : où est la vie et où est la mort ? Quatre livres de poche posent la question, chacun à sa manière.

 

 

12/10/2021, 14:06

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Troisième tome : le dernier Atlas tire en pleine cible

Dire qu’on attendait le troisième et ultime tome du Dernier Atlas est un euphémisme. Les deux premiers volets avaient prouvé à quel point Vehlmann et Bonnneval ont peaufiné leur scénario et leur univers d’anticipation pour aboutir à un des projets les plus solides et novateurs de la décennie. Ce dernier tome, plus sombre, plus fort, démontre que les scénaristes avaient gardé des atouts dans leur manche pour transformer ce récit d’anticipation en fable morale et politique, mais toujours aussi palpitante et bourrée d’action.

11/10/2021, 10:23

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Blacksad, Cyril Lignac et Star Wars : les 200 meilleures ventes de la semaine (39)

Le duo de la rentrée, Guillaume Musso et Éric Zemmour, continue de truster les deux meilleures places du classement. Si Blacksad — la première partie du tome 6 de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido –, entre à la troisième place, Cyril Lignac occupe la quatrième. Et la science-fiction fait soudainement son apparition… Avec une bande dessinée Star Wars. Eh oui, les goûts et les couleurs, comme chaque semaine…

09/10/2021, 16:07

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La Princesse rebelle : déconstruire les conceptions traditionnelles du genre

Pour amorcer la rentrée littéraire 2021, les éditions du Rouergue ont dévoilé un nouveau album jeunesse : La Princesse rebelle se dévoile, scénarisé par Guillaume Guéraud et illustré par Henri Meunier. À travers l'incarnation de cette princesse fougueuse, les parents sont invités à amener leurs enfants - filles et garçons, bien entendu - à déconstruire pas à pas les constructions traditionnelles autour du genre. Loin de vouloir se positionner explicitement et uniquement comme un livre politique, les auteurs cherchent avant tout à donner la force à leurs jeunes lecteurs de devenir les maîtres de leur destin. 

07/10/2021, 17:08

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Se perdre dans Blizzard, pour mieux se retrouver

Alaska. Une tempête effroyable – et un garçon égaré. Il n’a fallu qu’une minute, le temps pour Bess de refaire son lacet, et le voilà disparu au cœur de ce blizzard impétueux. L’espoir de le retrouver est infime. Pourtant, elle n’hésite pas et se lance à sa recherche, désespérée, suivie de près, sans le savoir, par les autres protagonistes de ce roman tissé avec justesse par Marie Vingtras.

07/10/2021, 15:58

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Jacques Schiffrin, ou l’édition hissée au rang des beaux-arts

Alors que sort ce 7 octobre, L'Espèce humaine et autres écrits des camps dans la plus prestigieuse des collections française, la Pléiade, Amos Reichman publie au Seuil le même jour, une biographie du créateur de la collection, Jacques Schiffrin. Ce juif russe adopté par la France sera lui-même victime de cette époque tragique. Sacrifié par une France défaite et pour beaucoup, antisémite, il restera un éternel apatride et un éditeur qui tenta de hisser son métier au sommet.

 

07/10/2021, 08:10

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Je connais peu de mots : Elisa Sartori interroge plus que le langage

Une femme exprime les difficultés d’apprentissage d’une langue étrangère. Mais à travers ces confidences d’une gêne de communication, il nous semble qu’Élisa Sartori raconte autre chose, qu’un récit enchâssé se love dans ces images, un drame ineffable, beau, profondément intime et éminemment visuel.

06/10/2021, 15:13

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Le dessinateur Vincent Mallié s'empare des aventures d'Arsène Lupin

BONNES FEUILLES – Découvrez les aventures d’Arsène Lupin, le plus téméraire des cambrioleurs, dont les seules armes sont l’esprit et l’audace ! Dans ces neuf nouvelles, il réalise d’incroyables tours de passe-passe pour voler les bourgeois. Jamais vraiment le même, toujours différent, Arsène Lupin est insaisissable ! 

05/10/2021, 11:34

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Banana Fish, les mots qui tuent

Banana Fish. C’est la dernière chose qu’a dite ce soldat américain au Vietnam, après avoir disjoncté et tué trois de ses camarades, et juste avant qu’on perde sa trace. 12 ans plus tard, ces mots refont surface. Le jeune chef de gang Ash Lynx les entend d’un homme qu’on assassine dans une ruelle. Et plus Ash cherchera à comprendre, plus le mystère s’épaissira. Dans le même temps, l’étau de la mafia se resserre sur lui… 

05/10/2021, 10:16

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Vertèbres : ne pas confondre philanthropie et lycanthropie 

« Vous qui venez ici dans une humble posture », chantait le poète. Oui, n’en déplaise aux commentateurs chafouins, j’aime bien Musset... Le poète chantait, donc, mais n’avait pas conscience ce que sa fulgurance poétique aboutirait, deux cents ans et quelques brindilles plus tard, au roman de Morgane Caussarieu. Et comme l’époque est à l’injonction de « faire ses propres recherches », les miennes m’ont conduit en ces territoires…

05/10/2021, 09:18

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Les ombres du passé de Gabriel Zallas  

Une heure du matin, un coup de téléphone mystérieux sur le portable de Bernard sonne et le réveille. Un bref échange de phrases avec son interlocutrice, une attitude inhabituelle qui l’intrigue mais, demain, finies les vacances, il est prévu qu’il parte prendre son avion tôt le matin. Sa nuit sera courte… et agitée. 

04/10/2021, 15:48

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La maison des Kalonoros de Gabriel Zallas 

Dans le nord de Madagascar, dans la région Diana, une petite municipalité en plein développement, où l’on y trouve de l’or, des pierres précieuses et surtout, on y cultive la vanille, cet « or vert ». Ses richesses naturelles attirent bon nombre d’aventuriers, y compris des astrologues, guérisseurs, marabouts, etc., surtout à Sengolaka, à quelques kilomètres avant l’entrée de la ville.

04/10/2021, 15:48

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Cet Autre Moi de Denise Périgault

Ce moi que j’ai construit depuis ma naissance pourrait-il être autre ? Ou, suis-je destiné(e) à être le MOI que je suis, que je l’estime être bon ou mauvais ?

04/10/2021, 15:20

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Chaud, de Victoire Loup : une co-édition par Hachette Cuisine et Human Humans 

Hachette Cuisine & Human Humans lancent en commun une collection capsule de livres de recettes de chefs. Chaud, le nouveau titre de Victoire Loup, journaliste gastronomique et consultante culinaire entre autres, inaugurera la collection et réunira 60 recettes de chefs « pour séduire ». Le livre paraîtra le 3 novembre prochain. 

04/10/2021, 12:01

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Fabien Vinçon raconte le “tabou de l’inceste féminin” dans La Cul-Singe 

BONNES FEUILLES – La Cul-singe, c'est le surnom que lui donnaient ses petits-fils. Gabriel, son préféré, est aspiré depuis toujours dans le huis clos incestueux qu'a construit cette grand-mère hors norme. Deux obsessions la hantent : le sexe et son gendre. Racontée à travers un regard d'enfant, cette autre Folcoche incarne les femmes d'une certaine époque. Épouse au foyer, elle n'a pas le permis de conduire, ni la permission de signer ses chèques.

04/10/2021, 11:10

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Comme une Déesse : Roxane Malone s'occupe des coeurs brisés

Nina, pétillante trentenaire, est à la tête des Déesses, une agence conçue pour aider les femmes à tourner la page après une rupture... Soutenue par Marie-Jeanne, une septuagénaire bikeuse et bricoleuse, et par Jade, son assistante administrative, elle a réussi à créer un lieu cosy, qui offre aux femmes tout ce qu’il leur faut pour retrouver confiance en elles et démarrer une nouvelle vie. Spa, relooking, shopping, cours de pole dance, gogo dancers, il y en a pour tous les goûts !

 

04/10/2021, 10:30

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Des hommes sans femmes : Murakami, au rythme de la musique

Au sortir de la lecture de Birthday Girl (trad. Hélène Morita) avec laquelle Haruki Murakami m’avait ravi, j’ai voulu poursuivre ma découverte de ses autres écrits. Sur les conseils de mon libraire, je suis donc reparti avec, dans ma poche, Des Hommes Sans Femmes, un recueil de nouvelles (trad. Hélène Morita) de cet auteur dont j’avais tant apprécié les talents de narrateur.

04/10/2021, 09:49

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Alexandre Najjar : 20 années d'un territoire, Le syndrôme de Beyrouth

Embrasser et saisir Beyrouth par le biais du regard d’une femme et le déploiement d’une fresque déroulée sur trente ans, c’est le pari osé et réussi que relève Alexandre Najjar dans son nouveau roman Le syndrome de Beyrouth. Par Denis Gombert.

03/10/2021, 15:49

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 Alice Guy de Catel & Bocquet : première réalisatrice que l'histoire a enterrée

Alice Guy n’est pas n’importe qui : cette Française fut la première réalisatrice de l’histoire du cinéma, créant pour Gaumont plusieurs centaines de films, depuis les premiers courts métrages muets jusqu’à d’impressionnants films à (très) gros budgets. De succès en flops, de découvertes techniques en explorations artistiques, la vie d’Alice Guy se confond avec l’histoire du septième art, alors balbutiante. La voici à présent immortalisée en bande dessinée, grâce à l’impressionnant duo de biographes de Casterman : José-Louis Bocquet au scénario et Catel Muller au dessin.

01/10/2021, 16:23

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Fanny Taillandier étend ses Empires

Quelque part au milieu du XXIe siècle. La physionomie politique de l’Europe a bien changé, certaines frontières ont disparu pour laisser la place à une autre organisation de l’espace. Par exemple, les bords de la Méditerranée, de Marseille à Gênes, font partie de la nouvelle région, La Ligurie, qui tient son nom des occupants que ses rivages escarpés et difficiles d'accès ont pu protéger des envahisseurs depuis le Néolithique.

01/10/2021, 13:12

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Les 200 meilleures ventes de la semaine : Musso passe devant Zemmour (38) 

Dans une rentrée littéraire un peu moribonde, où les prix littéraires sont chahutés par d’épineuses questions d’éthique, voici que jaillit Guillaume Musso. Sur la semaine passée, du 20 au 26 septembre, son nouveau roman L’inconnue de la Seine prend l’ascendant, avec un démarrage foudroyant – plus de 75.000 exemplaires. Et sur le marché global, Star Wars et Cyril Lignac pointent le bout de leur nez…

01/10/2021, 13:07

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La mer, sous toutes les coutures : Atlas insolite des grandes bleues

Si la Terre est bleue comme une orange, vue par les poètes et les astronautes, la mer, elle, a bien plus de couleurs et de secrets à dévoiler. Un Atlas insolite de la mer sortira prochainement chez Lapérousse éditions, explorant fonds marins, étranges phénomènes, mais également citées englouties et autres créatures étranges…

01/10/2021, 12:00

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David Diop : Féérie pour cette fois-ci

Après Frère d’Âmes, prix Goncourt des lycéens 2018, puis Booker Prize en 2021, David Diop revient cette année avec La Porte du voyage sans retour. Le spécialiste du XVIIIe siècle nous plonge cette fois-ci dans son siècle de prédilection, fait de bouillonnement intellectuel, de scientisme balbutiant, et de grands principes philosophiques en contradiction avec l’« inégalité systémique » de l’Ancien Régime. Un roman qui dépeint également le Sénégal peu connu du XVIIIe siècle et ses royaumes : dépaysement garanti.

30/09/2021, 17:14

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Jack et la grande aventure du cochon de Noël, nouveau roman de JK Rowling

Après Harry Potter et L’Ickabog, Jack et la grande aventure du cochon de Noël sera le nouveau roman jeunesse de J.K. Rowling. Il sortira ce 12 octobre. Le livre est illustré par Jim Field, et traduit, comme il se doit, par Jean-François Ménard. 

30/09/2021, 12:12

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Karel Čapek, de la poésie des jardins à l'avénement du jardinier...

BONNES FEUILLES – Qui mieux que le poète peut nous faire sentir les fleurs, humer la terre et respirer la beauté d’un jardin ? Les éditions de l'Aube republient le livre de Karel Čapek, dans une traduction de Joseph Gagnaire. « Contre toute attente, le jardinier ne sort pas d'une graine, ni d'un bourgeon, ni d'un oignon, ni d'un bulbe, ni d'un provin : il devient jardinier avec l'expérience, sous l'influence du voisinage et des conditions naturelles. »

30/09/2021, 07:58

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Sylvie Wojcik : au bout du chemin, Les narcisses blancs

Gaëlle en a assez de cette vie étriquée avec Ludovic qui, alors qu’ils étaient, ensemble, partis pour « être libres, sillonner le pays […], rencontrer de gens […], faire une halte […] et repartir, un jour », s’était posé avec elle dans un squat minable, au fond d’une impasse et, « le jour de leur nouveau départ n’était jamais venu ». Mais surtout, « la passivité et la dépendance » avaient pris la place de « l’envie [… et de] l’insouciance choisie ».

29/09/2021, 10:51

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Autoportrait en thérapies : Marcel Rufo en apprenti psychiatre

BONNES FEUILLES – Dans ce livre, Marcel Rufo se dévoile. Il raconte son enfance et son apprentissage en psychiatrie. Comment vit-on ce métier ? « En nous appuyant sur nos peines, nous devenons plus forts, plus modestes et plus déterminés dans le soin. » 

29/09/2021, 10:20