#Economie

Les Ensablés - Notes de voyage : "Le dîner en ville", Claude Mauriac (1914-1996)

J’ai lu cet été, mon cher Hervé, un très bon roman de Claude Mauriac. Son père, François, est immortalisé (1933) et nobélisé (1952), mais lui, Claude, pourrait bien peu à peu s’ensabler. Pourtant Le dîner en ville est une très belle réussite : c’est un roman qui décrit le parisianisme mondain que l’auteur a beaucoup pratiqué.

Le 24/09/2017 à 09:00 par Les ensablés

1 Réactions |

Publié le :

24/09/2017 à 09:00

Les ensablés

1

Commentaires

linkedin mail print
ActuaLitté

Par Laurent Jouannaud

L’idée est simple : il s’agit de raconter la soirée de huit convives autour d’une table. Il y a le couple qui invite et ses six invités, avec un extra et l’employée de maison qui assurent le service. Ils sont à table et se parlent, nous écoutons ce qui se dit ce soir-là : la conversation est au centre du roman, c’est du théâtre. Mais l’auteur nous donne à lire en même temps les pensées muettes des convives : le dit et le non-dit alternent alors en spirales divergentes car chacun pense plus et autrement qu’il ne veut parler. Ce dîner devient alors une comédie drôle, grinçante, pénétrante.

  1. 19 : Consommé en tasse.

 « Un dîner en ville pareil à tous les dîners en ville. A moins d’événements imprévisibles, il ne se distinguera pas dans notre souvenir de ceux, si nombreux, auxquels nous avons assisté. » Il n’empêche qu’un dîner est chose sérieuse : chaque participant sera juge et accusé, acteur et spectateur, sujet et objet, c’est inévitable, les convives le savent.

  1. 38 : Champagne et pain grillé. 

 Ce ne sont pas des amis, ce sont des relations. Un dîner intime ou exceptionnel ? Non, un élément de routine sociale, « à l’image de tous les dîners en ville, depuis plus de vingt ans que je vais dans le monde. » Et, ce soir-là, il ne se passera rien de particulier : ni couple qui se déchire, ni discussion politique violente, ni rencontre amoureuse décisive. Il y a bien un jeune homme, conscient de « l’éphémère complicité d’une réunion s’ajoutant à la durable connivence de notre classe » : il pourrait faire scandale, mais il est très bien élevé. C’est une soirée mondaine comme une autre, entre gens du même milieu. Rien d’essentiel ne sera dit pendant ce dîner aux chandelles, sur l’île Saint-Louis, à Paris.

  1. 50 : « Les superbes poissons ! - De simples mulets… - Et comme les plats sont joliment décorés. »

 Il ne s’agit pas de ridiculiser un rite établi ou de condamner la bourgeoisie. On pourrait de même décrire « le repas d’entreprise », « le thé au foyer des anciens » ou « le banquet de la classe 1997 ». Ce roman se veut descriptif : nous sommes dans la sociologie plus que dans la caricature ou la critique. D’ailleurs, les convives, vus de près, ne se ressemblent guère. C’est le même monde mais dans sa diversité élémentaire. Il y a un homme d’affaires fortuné de 60 ans, un scénariste à succès et un écrivain directeur de journal qui ont la cinquantaine, le très jeune fils de famille et ami de la famille, une actrice canadienne qui monte, une mondaine de 60 ans (« on se demande pourquoi on continue à l’inviter »), la jeune maîtresse de maison et Mrs Osborn, une belle femme de quarante ans dont le mari, absent, travaille dans le cinéma : « Cette table ronde est le noyau autour duquel s’est coagulé notre clan éphémère. Tant que durera ce repas, échappant à l’indifférence éprouvée en général les uns à l’égard des autres, même si nous nous disons amis, nous communierons dans la même entente provisoire, euphorique et veule. »

  1. 119 : « Ce champagne est d’un bon ! »

 La conversation évite les thèmes qui fâchent. On parle de livres, de films, d’Histoire. La culture fait le fond de la conversation. On se lance les grands noms : admirable Balzac !, Aragon, Einstein, Gide, Napoléon Bonaparte, Amiel et Nietzsche, Racine, Mallarmé, « l’éblouissement proustien », Jouhandeau, Odon de Horvath, Diderot, Bergson, Malraux, Joë Bousquet (« J’ai compris que ma vie était la vie de ma blessure avant d’être la mienne »), Gérard Manley Hopkins (« …Hopkins ? Qui est-ce ? »), « les émerveillements dus à Dostoïevski, à Joyce, à Kafka », encore Proust et re-Proust, Herculanum et le musée de Naples, etc. Il y a du vernis : une invitée confond Julien Green et Graham Greene. Il y a aussi des discussions serrées, sur le paradoxe de Pasternak, par exemple. Et deux convives connaissent bien Proust : « La Prisonnière parut à quelle date ? – 1923 ». Et, en effet, influencé par Anatole France, Proust a fini par influencer France qui lui survit de deux ans, comme le sait l’écrivain lettré. Gigi, la doyenne, et le riche financier connaissent l’Histoire de France dans les détails. Conversation brillante et apprêtée : l’un cherche à placer les bons mots de Tristan Bernard, un autre a appris par cœur des citations. Et la belle quadragénaire peut enfin étonner l’assistance, « une occasion de briller à mon tour », en expliquant que le canard cancane, le jars jargonne, le lapin clapit, la perdrix cacabe, le pinson ramage, la cigale craquette et le geai cajole : « ils sont épatés ».

  1. 161 : « Voici enfin le plat de résistance. Volailles précieuses. »
  2.  
  3. 169 : « Enfin, c’est à mon tour d’être servi. Ces pintades ont l’air si bonnes. »

 On raconte des anecdotes, on évoque des voyages, on convoque des connaissances communes. Aux personnages présents s’ajoutent les personnes qu’ils connaissent et qu’ils ont connues, si bien qu’au cours de la soirée des dizaines de figures viennent peupler le roman : « Je l’ai rencontré, Sydney Spring, chez les Bötrel ; du temps des Meilleuse ; avez-vous des nouvelles de Marie-Prune ? Paulette Cruchet, vous savez qu’elle habite Athènes ? Louise Branche, mon amie qui habite New York ; j’ai croisé l’autre jour Liliane Decker ; vous étiez chez les Picquard ? je l’avais rencontrée chez les Peyresaubes ; vous vous habillez chez Rémon ? j’étais invitée à Cannes chez les Visseaux ; un drôle de type ce Pierre Blingaux ; le très avare Zerbanian ; ce malheureux Rico ; ce vieux Breillac ; Saint-Palpoul qui me fut toujours assez indifférent ; j’aurais voulu être Lucine de Brouges ; Raymond Frôlet, un camarade à moi ; chez les Peagson ; peut-être pourriez-vous me donner des nouvelles du pauvre Bibi ? -Bibi, quel Bibi ? - Bibi Chartrettes, bien sûr. » Plus ces noms sont nombreux, moins ils ont d’importance ; ce sont des figurants interchangeables.

  1. 217 : « Nous en sommes arrivés à ce moment des dîners en ville où le champagne efface les pudeurs et les craintes habituelles. »

 On parle, on écoute, mais chacun se parle à lui-même : la soirée en ville s’emboîte dans le monologue intérieur que chaque conscience produit sans cesse. Ce repas n’interrompt pas le drame que représente son existence pour chaque être humain. Chaque convive a ses obsessions, ses douleurs, ses petits ou lourds secrets qui remontent, plongent, remontent à la surface pendant la soirée : certains souvenirs sont implacables. Le financier est préoccupé par ses actions (« On a introduit en coulisse les actions Bertzinger ») et par sa virilité défaillante. Mrs Osborn pense à Zig, son chien qu’elle a laissé seul, et à son amant. La starlette qui n’a pas pris son bain de soleil ce matin pense à son bronzage, à sa peau, à ses seins (« Surtout que je sois bien brune en arrivant à Megève »). Et elle revit sans cesse un traumatisme ancien, un viol, qu’elle veut faire payer à chaque mâle. L’écrivain et le scénariste cherchent un sujet, ébauchent et brodent sans cesse des phrases, des scènes ou des images, sans rapport avec la soirée qu’ils vivent. Gigi revit par bribes la liaison qu’elle a eue il y a longtemps avec le scénariste (qui a vingt ans de moins qu’elle). La maîtresse de maison ne pense qu’à ses enfants, le sens de sa vie, « mon corps et mon esprit n’étaient occupés que d’eux », comme ils sont doux, comme ils sont chauds, comme ils l’aiment, et comme elle se fiche de ce repas qui a pourtant lieu chez elle. Et le lecteur jouit de son omniscience : our une fois que l’on n’est pas dupe ! Le mensonge et l’hypocrisie sont bien le terreau de la vie sociale, c’est confirmé, mon cher Hervé.

  1. 230 : « Voilà des céleris exquisement préparés. »

 Ces huit personnages se regardent, les bras se frôlent, les jambes se touchent. Martine, oui, a subi une légère opération : son nez est plus court, mais personne n’en parlera. Chacun a une valeur érotique, les femmes surtout. On flirte avec le voisin de gauche, puis de droite. Gigi se désespère car le jeune homme l’ignore, et la starlette mesure exactement ce qu’elle peut sur chaque homme présent. Chacun sait qu’il ne sait pas tout des autres : qui a été l’amant de qui à cette table ? Et puis, la vraie Vénus de la soirée, c’est la domestique, Armande, « celle dont le rayonnement sexuel est le plus intense », qui sert les convives sans soutien-gorge, « indiscrètement décolletée », « manque de correction qui étonne dans une maison comme celle-là », et que le maître de maison honore régulièrement.

  1. 273 : « Le choix des chèvres est magnifique. Ronds et roux, les secs petits crottins de Chavignol et quelques Saint-Marcellin moins dorés voisinent avec les vertes pyramides tavelées des Valençay et de longs, d’onctueux Sainte-Maure marbrés de fauve. »
  2.  

 Les convives peuvent s’ennuyer par moment (« Je suis là sans y être. Bercé par ces conversations auxquelles je ne prends plus part. »), mais pas le lecteur qui domine la table entière, entend tout, voit tout, comprend tout. Et puis l’auteur sollicite le décor pour nous distraire. On entend courir les enfants des voisins, quelqu’un joue du piano quelque part. Sans le faire exprès, le serveur heurte le commutateur, la salle s’éclaire, les convives se voient comme en plein jour, à nu presque, pour quelques secondes. Plus tard, on voit passer sous les fenêtres un bateau-mouche illuminé, que l’on verra redescendre une heure après, brève diversion sur laquelle comptent les maîtres de maison. Il y a une intervention des pompiers dans le quartier, un homme promène son chien sur le quai. Il y a d’autres vies ailleurs…

  1. 293 : « Votre dîner était merveilleux. Et cet entremets ! Il a l’air sensationnel. Sensationnel ! - Une glace, chère Madame, une petite glace. »

 Les personnages ont légèrement bougé au cours de la soirée. A ce jeune homme timide et roux, finalement, la starlette trouve du charme, et Gigi aimerait le déniaiser alors même qu’elle le trouvait si bête. Lui-même, qui se jugeait inculte, réévalue sa jeunesse en entendant ces conversations insipides. La mère, fidèle à ses enfants et à leur père qui la trompe, se dit qu’elle devrait prendre un amant, puisque son mari a des maîtresses. Le scénariste a poussé le flirt très loin avec elle (tout le monde s’en est rendu compte) mais maintenant il fait marche arrière. L’écrivain, qui est le maître de maison, juge son œuvre littéraire modeste, se sait observateur consciencieux, recompte ses maîtresses, se promet désormais d’être plus fidèle. La starlette a compris que l’homme important pour sa carrière n’est pas là, c’est le mari absent de la quadragénaire : attention à ne pas gâcher ses chances par un faux-pas. Et Gigi se sent mieux : son drame (l’âge et la solitude) demeure, mais elle s’est montrée ce soir à la hauteur.

  1. 308 : « Les jolies poires ! - Tenez, je vous recommande celle-ci. Elle ne paie pas de mine mais elle est exquise. C’est une Beurré Superfin. - Et celle-là ? - Baronne de Mello. Cette autre a un nom un peu drôle : Alexandrine Drouillard. Je vous signale aussi ces Délices de Lowenjoul… »

 On a dit et ruminé des banalités vraies : « l’amour délivre des amours », « nous croyons vivre alors que nous survivons », « ce sont les hommes, vous, moi, nous tous qui sommes étonnants », « l’argent est une protection ». Les critiques et les piques étaient prudentes et superficielles : qui sait qui dînera avec qui la semaine prochaine ? Il n’y a pas de divergences de fond entre convives. Il y a eu de longs apartés réussis. Par moments -« le moment où on se laisse aller à parler de n’importe quoi n’importe comment »- le brouhaha empêchait toute conversation véritable, on s’emballait : « l’alcool donne de l’importance à l’inessentiel. » Tout le monde parlait en même temps, personne n’était exclu, chacun était concerné. Soirée réussie.

  1. 317 : « La fumée de nos cigarettes. »
  2.  
  3. 331 : « Mes longs doigts dans l’eau tiède où flotte une rondelle de citron. »

 Et puis « ces phrases vaines se dissipent heureusement aussi vite que la fumée de nos cigarettes. » S’est-on tout dit de ce qu’on pouvait se dire ? Non, puisque le repas n’est pas fini : il faut continuer à parler. Mais qui dit cigarette, dit cancer. Et la conversation rebondit. Cancer ? Maladie ? Soigneurs ? Cures miraculeuses ? On connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qu’un guérisseur a soigné, ou qui est mort. Et du cancer à Dieu, il n’y a qu’un pas : « Moi, il y a longtemps que je ne crois plus. - Il y a une grande différence entre dire que l’on n’a plus la foi et ne l’avoir plus. - Suis-je plus près du Christ que je ne le pense ? – La mort ne devrait pas nous faire peur puisque nous ne cessons de mourir. » La conversation flambe à nouveau, bouquet métaphysique.

  1. 338 : Café.
  2.  
  3. 339 : « Bertrand se lève et Martine en fait autant. Les chaises glissent mal sur le tapis. Nous sommes debout… »

 Le repas s’achève, le roman s’achève aussi. Belle unité de temps et de lieu. Construction simple et claire. En même temps, il y faut une lecture attentive : les paroles sont introduites par un tiret, et les pensées des convives par trois points, on ne sait pas toujours qui parle ou qui pense. Les monologues s’interrompent, s’étirent, reprennent. Les dialogues s’enjambent, se croisent, s’ignorent. Tel convive se tait, disparaît puis revient dans la conversation. Il n’y a pas de centre ni de héros ni d’action à proprement parler. De fixe et stable, il ne reste que « le haut philodendron, admirable avec ses larges feuilles dentelées et sombres, avec tout au faîte, le vert tendre d’une pousse neuve », sur lequel les yeux de chacun finissent toujours par se poser. C’est l’époque du Nouveau Roman, dont Mauriac est proche : « Ce prétendu nouveau roman dont nous sommes quelques-uns à défendre le principe n’a plus rien de romanesque au sens traditionnel du mot. L’imagination y a moins de part que l’observation », se dit Bertrand l’écrivain.

 Un convive constate : « Quel dîner ils nous ont offert ! Et du champagne tout le temps. » Je reprends la formule à mon compte : Le dîner en ville de Claude Mauriac, c’était du champagne tout le temps.

Sic.

Je lis en ce moment le journal de Matthieu Galey que les Ensablés ont chroniqué. Galey a fréquenté les Mauriac et a connu le Tout-Paris. Je lis au 18 décembre 1970 : « Dîner mondain ici, avec Edmonde [Charles-Roux], les Nourissier, les Privat, Ch. de Rivoyre, Fr. Mallet-Joris+Delfaux, Kanters et Banier. (…) Que reste-t-il de cette soirée ? Rien, rien, rien. »

1 Commentaire

 

Aristarque

07/12/2020 à 22:49

Ingénieuse innovation technique ; mais le résultat est nul : c'est filandreux, interminable, irréaliste...

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Les Ensablés - Adieu mes quinze ans de Claude Campagne

Un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse : Adieu mes quinze ans fut en 1960 un véritable phénomène éditorial : plus de 650.000 exemplaires écoulés. Le livre fut traduit en 11 langues et adapté en un feuilleton de 10 épisodes qui fit les beaux jours de l’ORTF au tout début des années 70. Il faut croire que ce roman sur l’adolescence possédait quelque chose de particulier qui avait pu toucher toute une génération. Elle se retrouvait dans le portrait de Fanny, l’héroïne du roman qui voyait du jour au lendemain sa vie bousculée avec l’apparition de deux êtres et d’un secret. Mais quoi ? Par Denis Gombert

27/11/2022, 11:34

ActuaLitté

Les Ensablés – Stephen Hecquet, vie et trépas d’un maudit de Frédéric Casotti

Stephen Hecquet, avocat, écrivain… Pour beaucoup, ce nom ne dit plus rien. Auteur d’une dizaine de romans publiés dans les années cinquante, il est pourtant considéré comme l’un des membres de ce groupe que Bernard Frank appela les « hussards ». Ses romans n’ont jamais été réédités (sauf en 1993 pour « Les collégiens »). Début 2022, est parue chez Séguier une courte et bienvenue biographie de Stephen Hecquet par Frédéric Casotti intitulée Stephen Hecquet, vie et trépas d’un maudit, dont les Ensablés se devaient de rendre compte, d’autant qu’en 2013 notre ami Henri-Jean Coudy (dont les parents connaissaient bien Hecquet) avait déjà fait un article à propos d’Anne ou le garçon de verre.

13/11/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Régis Messac et le polar lettré, par François Ouellet

Romancier, essayiste, pamphlétaire, journaliste, professeur, historien de la littérature populaire, du roman policier et de la science-fiction, rédacteur en chef des Primaires, revue de gauche anticléricale, syndicale et pacifiste, etc., Régis Messac (1893-1945) a été de bien des engagements littéraires et politiques. Par François Ouellet.

30/10/2022, 09:22

ActuaLitté

Les Ensablés : Passage des émigrants, de Jacques Chauviré

Prendre soin des seniors, des anciens, du quatrième âge, des personnes âgées, bref : des vieux, problème de société rebattu, mais irrésolu, au parfum de désolant scandale malgré d’indéniables avancées... En 1977, paraissait sur ce sujet Passage des émigrants, un remarquable roman écrit par un médecin, Jacques Chauviré (1915-2005), dernier d’une trilogie mettant en scène le parcours du Dr Desportes, médecin du travail puis gériatre. Par Marie Coat.

09/10/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Un jardin pour l'éternel, de Jean Carrière

« Tout a commencé en Champagne, fin mars 1915, lors de l’offensive menée par Joffre. Durant l’attaque, Pierre-Ézéchiel Séguier eut la moitié inférieure de sa jambe fracassée par un éclat d’obus. Il fallut l’amputer […] Il ne restait plus assez de morphine. […] “Je suis fait au fer et au sang”, rétorqua le blessé avec la raideur de ceux qui méprisent les faiblesses du corps et de l’âme. » Par Carl Aderhold

25/09/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le Greco (1931) de Camille Mauclair, seconde partie

En 1905, Camille Mauclair, sentit qu’avec le fauvisme et le début du cubisme en 1905, apparaissait un nouveau paradigme, auquel il était incapable en tant que critique de donner une réponse. Et cette incapacité signa la rupture de Mauclair avec l’art moderne.  En 1931, il écrira un ouvrage critique sur le Greco, dont l’originalité le confrontera à nouveau au problème de la rupture de la tradition dans l’art pictural. Ceci est la deuxième partie de notre article (voir la première partie). Par Antoine Cardinale

04/09/2022, 14:40

ActuaLitté

Les Ensablés - Le Greco (1931) de Camille Mauclair (1/2)

En 1905, Camille Mauclair (1872-1945), sentit qu’avec le fauvisme et le début du cubisme en 1905, apparaissait un nouveau paradigme, auquel il était incapable en tant que critique de donner une réponse. Et cette incapacité signa la rupture de Mauclair avec l’art moderne. En 1931, il écrira un ouvrage critique sur le Greco, dont l’originalité le confrontera à nouveau au problème de la rupture de la tradition dans l’art pictural. Cet article paraît en deux parties. La seconde est programmée pour la semaine prochaine. Par Antoine Cardinale

 

21/08/2022, 12:20

ActuaLitté

Les Ensablés - Ma vie entre les lignes d'Antoine Blondin

Les vacances sont là, et pour ceux qui aiment ou ne connaissent pas Antoine Blondin (il aurait cent ans cette année...), l'occasion rêvée de (re) découvrir ses chroniques publiées entre 1943 et le début des années 80. Les éditions de La Table Ronde ont eu la bonne idée de les rééditer dans sa collection "La petite Vermillon. Pour un prix modique (11,2 euros), un plaisir assuré, à goûter sous les tilleuls en buvant un petit blanc sec, bien glacé, à la santé de ce cher Blondin pour qui la littérature était exigence mais aussi amitié. Hervé BEL

07/08/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'Abbaye d'Evolayne de Paule Régnier (1888-1950)

Je ne sais plus où et quand je suis tombé sur ce livre L’abbaye d’Evolayne de Paule Régnier (Grand prix de l’Académie Française 1933), avec sa couverture jaune défraichie des éditions Plon. Longtemps, je l’ai gardé dans mes réserves : j'avais d’autres priorité de lectures. Il y a peu, fouillant ma bibliothèque, je l’ai redécouvert, l’ayant totalement oublié. Allons, il fallait quand même me renseigner sur cette Paule Régnier ! Le destin tragique de cet auteur, il faut bien le dire, m’a conduit à lire enfin son roman. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, j’en conviens, il peut paraître dépassé, appartenir à un autre monde (mais n’est-ce pas après tout un motif de le parcourir ?), mais il palpite dans ce texte quelque chose de bouleversant et de prenant. Par Hervé BEL

24/07/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les Javanais de Jean Malaquais (1908-1998)

Dans ces temps de résurgence de nationalismes, chauvinismes et prurits identitaires, la littérature nous offre heureusement quelques pépites à leur encontre… Figure en bonne place parmi ces romans salutaires une œuvre qui obtint un franc succès juste avant le deuxième guerre mondiale : refusé par Gallimard, publié par Denoël, le roman «Les Javanais» fut couronné du prix Renaudot en 1939 et traduit en plusieurs langues. Par Marie Coat

03/07/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés : Echec au temps de Marcel Thiry (1897-1977)

Sur la plaine de la bataille de Waterloo, une aigle impériale trône au sommet de la butte monumentale. Le 18 juin 1815, c’est Napoléon qui a remporté cette victoire décisive. Plus d’un siècle après les faits, le descendant d’un capitaine anglais est résolu à corriger l’erreur de son ancêtre, qui avait donné de mauvaises informations à Wellington et précipité la défaite des Alliés. L’invention d’une machine à remonter le temps lui permet de tenter une modification avec ses amis, mais à quel prix et pour quelles conséquences historiques et humaines ? Par Louis Morès

19/06/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Suzanne Chantal et Le roman de Lisbonne, 1940

Spécialiste du Portugal où elle a vécu une bonne partie de sa vie, Suzanne Chantal (1908-1994) a notamment publié une Histoire du Portugal (Hachette, 1965), que précédait La vie quotidienne au Portugal après le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 (Hachette, 1962). Vers la fin de sa vie, elle publiera un roman historique (Ervamoïra, éd. Olivier Orban, 1982), qui raconte, autour de l’évolution d’une famille sur six générations, l’histoire du vin de Porto, avec ses luttes, ses négociants, ses propriétaires, etc. Par François Ouellet

05/06/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Fil d'or, de Susy Solidor (1900-1983)

Suzy avait de grandes jambes. Longues et musclées, assez affolantes. Et un nez fort, signe de caractère. Une blondeur pâle, des yeux délavés par la mer, une frange au carré, du talent et de l’énergie à revendre. Introduite dans les milieux parisiens par Yvonne de Bremond d’Ars, célèbre antiquaire, Suzy va vite mettre Paris à ses pieds. Symbole de la « garçonne » des années folles, Suzy Solidor s’illustra comme actrice et comme chanteuse dans les années 30 et 40.  Mais peu le savent, la grande Suzy fut aussi romancière. Par Denis Gombert

22/05/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les saints vont en enfer, de Gilbert Cesbron

Ses romans ont connu de grands succès de librairie, vendus à plusieurs reprises à plus de 1 million d’exemplaires, et même largement au-delà (Chiens Perdus sans Collier, porté au cinéma avec Jean Gabin dans le rôle principal frôla les 4 millions d’exemplaires). Gilbert Cesbron (1911-1979) a donc été un écrivain célèbre dans la deuxième moitié du XX siècle ; il est aujourd’hui inconnu des moins de cinquante ans, un cas exemplaire d’ensablé et peut être d’enterré. Par Henri-Jean Coudy

08/05/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Direction Etoile (1937) de Francis de Miomandre

Les éditions de l’Arbre Vengeur nous ont donné une réédition de Direction Etoile, de Francis de Miomandre (1880-1959). Bernard Quiriny, par ailleurs biographe de Henri de Régnier, auteur cher aux Ensablés , signe une préface pleine d’humour ; les dessins de Regis Lejonc accompagnent merveilleusement le lecteur dans ce conte désenchanté. Puisse cette réédition rendre de nombreux lecteurs au sixième lauréat du prix Goncourt ! Par Antoine Cardinale.

 

24/04/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les enfants aveugles, de Bruno Gay-Lussac (1918-1995) par Hervé Bel

C’était il y a peu dans le 6ème arrondissement, un samedi, jour béni entre tous puisque le dimanche nous protège encore du lundi. En passant devant la librairie « Le dilettante », maison d’édition dont les Ensablés affectionnent les publications, je tombe sur des bacs remplis de livres d’occasion. L’un d’eux attire mon attention : « Les enfants aveugles » d’un certain Bruno Gay-Lussac, avec une introduction de François Mauriac. Mauriac? Il fallait que ce roman oublié ait quelque qualité... Alors je l’ai acheté. Par Hervé Bel 

10/04/2022, 09:00

ActuaLitté

“Raymond Schwab : mystification littéraire d’un génie méconnu” par François Ouellet

Les Sept dormants (1896), Confession de Sainte-Croix (1902), les deux volumes de poèmes Feuilles sous la glace écrits entre 1899 et 1913 ou encore l’autobiographie posthume Mon Bourreau, vous connaissez ? Ce sont quelques-unes des œuvres du poète Mathias Crismant (1882-1913), dont Raymond Schwab (1884-1956) entreprit de raconter la vie singulière et tourmentée dans un livre simplement intitulé Mathias Crismant, paru chez Plon en 1925. Par François Ouellet.

27/03/2022, 08:25

ActuaLitté

Les Ensablés - Avec le feu de Victor Barrucand (1864-1934)

« Décennie de la bombe», les dernières années du 19ème siècle furent marquées en France par l’anarchisme insurrectionnel: attentats à la dynamite, assassinat du Président Carnot et autres pratiques de «propagande par le fait», dans un pays par ailleurs perturbé par d’autres mouvements révolutionnaires et déchiré par l’affaire Dreyfus. Remettant en cause la logique de subordination des gouvernés aux gouvernants, l’anarchisme -malgré sa violence terroriste et une certaine naïveté idéologique- fascine nombre d’intellectuels et artistes tel que Mallarmé («Le poème est comme une bombe»). Par Marie Coat

 

13/03/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le Siège de Bruxelles (1996) de Jacques Neirynck

Au milieu des années 1990 paraît ce détonnant roman à clefs, une politique-fiction imaginant la fin de la Belgique par la prise d’indépendance de la Flandre et le déclenchement d’une guerre civile dans la capitale. Soulevés par une atmosphère décliniste, violente et baroque, des personnages symboliques hauts en couleur discourent et agissent au nom de passions diverses, confrontés aux mystères du sens du hasard et de l’Histoire. Racontés a posteriori sous forme de mémoires, ces événements sont censés s’être déroulés en l’an 2007. Par Louis Morès. 

27/02/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La psychanalyse de Freud de Pierre Janet, par Armel Job

Quand on parle de maladies mentales, s’il est un nom qui accourt spontanément sur toutes les lèvres, c’est bien celui de Sigmund Freud (1856-1939). Freud a été élevé au rang des grands génies de l’humanité pour avoir exploré un véritable continent, terra incognita avant lui, à savoir le monde de l’inconscient. La méthode psychanalytique qu’il mit au point s’est frayé un chemin dans cet univers ténébreux afin d’en révéler les mystères. De nos jours, le public cultivé pourra citer quelques noms supplémentaires des explorateurs de ce monde parmi les disciples ou les épigones du maître viennois, tels Jung, Adler, ou Lacan. Mais qui se souvient de Pierre Janet ? Par Armel Job, écrivain

06/02/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés – Hélène ou la solitude, de Jean Gaulmier

Roman fleuve, roman monde, Hélène ou la solitude de Jean Gaulmier avait il y a quelques années déclenché l’enthousiasme de notre ami et fondateur des Ensablés, Hervé Bel. Son engouement a suscité l’envie d’un éditeur, en l’occurrence les éditions de la Belle Étoile, de republier cet ouvrage. Que cet éditeur soit ici remercié d’avoir fait confiance au goût d’un lecteur pour prendre un tel pari. Doublement remercié même, car ce roman mérite assurément de sortir du petit cercle des amateurs éclairés auxquels il était jusqu’alors confiné pour être désormais disponible auprès d’un public plus large. Par Carl Aderhold, écrivain.

23/01/2022, 10:17

ActuaLitté

Les Ensablés - On ne revient pas, le roman exupérien d'Hélène Froment

Hélène Froment (1908-2003), auteure d’un excellent premier roman paru chez Gallimard en 1941, On ne revient pas, est le pseudonyme d’Hélène Jaunez, qui a épousé l’aristocrate Jean de Vogüé (futur chef de la Résistance) en 1927. Dite Nelly de Vogüé, elle est surtout connue pour avoir été la maîtresse de Saint-Exupéry à partir de leur rencontre chez Louise de Vilmorin en 1929, deux ans avant le mariage de l’écrivain avec Consuelo. En 1949, cette fois-ci sous le pseudonyme de Pierre Chevrier, Nelly va lui consacrer un ouvrage, Antoine de Saint-Exupéry (Gallimard, 1949), et sera responsable de l’édition posthume de Citadelle (1948) et des Carnets (1953) de l’écrivain. par François Ouellet.

02/01/2022, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Batouala (1921) de René Maran (1887-1960)

Les Ensablés ont le plaisir d'accueillir aujourd'hui dans leur rubrique Marie Coat, grande lectrice, qui nous fera partager au fil du temps ses découvertes. Merci à elle. Il y a tout juste un siècle, le 14 décembre 1921, le prix Goncourt fut attribué à René Maran, administrateur des colonies, pour son roman Batouala, proposé au jury par Henri de Régnier. Par Marie Coat

19/12/2021, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Amour étrusque (1898) de JH Rosny aîné (1856-1940)

La littérature française est riche d’innombrables récits tirés de l’Antiquité grecque ou romaine. Sans remonter aux Aventures de Télémaque, nous avons tous lu La Venus d’Ille de Mérimée et son cruel dénouement, Gautier et Arria Marcella, Dumas et sa sulfureuse Acté et bien entendu Salammbô dans lequel Flaubert, de son aveu même, voulut appliquerà l’Antiquité les règles du roman moderne. L’Antiquité comme décor fabuleux et comme recueild’exemples politiques, mais aussi l’Antiquité onirique, féroce et sensuelle dont les jeunes latinistes découvraient avec ébahissement qu’elle reposait, au sens chrétien, sur une immoralité sans limite. Par Antoine Cardinale.

05/12/2021, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Quinze rounds de Henri Decoin

Henri Decoin a connu plusieurs vies. Il fut tour à tour sportif de haut niveau – et le livre du jour fera montre de la science qu’il avait du noble art, la boxe -, héros de guerre, journaliste et cinéaste. Il fut aussi romancier. L’arbre vengeur a la bonne idée de rééditerune petite pépite, Quinze rounds, récit retraçant l’histoire d’une rencontre de boxe commentée par un boxeur sur le ring en temps réel. L’expérience littéraire y croise étonnamment les gants avec l’expérience sportive. Par Denis Gombert

21/11/2021, 09:19

ActuaLitté

Les Ensablés – Les Maîtres du vertige, six romans de “merveilleux scientifique”

L’Arbre Vengeur, jamais en reste pour nous surprendre, nous offre aujourd’hui un très beau livre (sur la forme et le fond), Maîtres du Vertige, qui regroupe six romans de science-fiction — ou plutôt de « merveilleux scientifique », ayant été écrit par des auteurs de langue française du début du vingtième siècle… L’occasion, pour tous les curieux, épris de bonne littérature, de découvrir, non plus un seul auteur oublié, mais toute une littérature « ensablée », un continent, aurais-je envie de dire, dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Par Hervé Bel.

08/11/2021, 16:26

ActuaLitté

Les Ensablés – La Cité ardente d’Henry Carton de Wiart (1869-1951)  

La ville de Liège doit son célèbre surnom au titre de ce roman historique publié en 1905 (Paris, Perrin) par le comte Henry Carton de Wiart, le premier d’une série de cinq livres constituant le « cycle de la Destinée nationale ». L’ambition de l’auteur, qui s’apprête à occuper d’importantes fonctions gouvernementales au seuil de la guerre, est de renforcer le sentiment national belge en illustrant littérairement des épisodes de vaillance, de courage et de résistance puisés dans l’Histoire. Par Louis Mores

24/10/2021, 16:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La grande peur dans la montagne (1925) de Charles-Ferdinand Ramuz

L’œuvre de Ramuz comprend une vingtaine de romans. La grande peur dans la montagne est un texte de 1925 qui fait montre d’une grande maturité d’un auteur qui a entamé une carrière littéraire à Paris en 1900, à l’âge de vingt ans. Cependant, à Paris, là où son éditeur Bernard Grasset lui demandera toute sa vie de « se montrer », Charles Ferdinand Ramuz aura à cœur de toujours se mettre en retrait des mondanités. Par pudeur ainsi que par méfiance de la corruption urbaine, Ramuz est avant tout un homme de la terre. Par Denis Gombert

11/10/2021, 16:51

ActuaLitté

Les Ensablés - L’univers sévère et lumineux de Maria Borrély (1890-1963)

Maria Borrély, le nom n’est pas connu. Pourtant, il devrait !...Il est toujours émouvant de découvrir des auteurs du passé. Je ne parle pas d’auteurs renommés qu’on lit pour la première fois, mais de ces auteurs complètement oubliés, que plus personne ne lit depuis longtemps, si tant est qu’ils ont déjà été lus. Par François Ouellet. 

27/09/2021, 09:39

ActuaLitté

Les Ensablés - Les quatre éléments (1935) d'André Chamson (1900-1983)

« Mort sont les beaux diseurs/Mais le livre est écrit/Morts sont les bâtisseurs/mais le temple est bâti » (F.Mistral) André Chamson fit un voyage au Japon qu’il relate dans ses souvenirs. Nous avons été naturellement chez les geishas qui ne sont pas ce que l’on peut croire. La fille qui était venue sur le tatami pour allumer ma cigarette m’a dit « Monsieur, j’ai lu votre livre les Quatre éléments ». Les quatre éléments étaient devenus « le soleil, la rivière, la montagne » et je ne sais plus quoi… Par Antoine Cardinale

12/09/2021, 14:02

ActuaLitté

Les Ensablés – La Rédemption de Mars de Pierre Nothomb (1887-1966)

Au sortir de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a travaillé pour le Gouvernement belge en exil au Havre (Sainte-Adresse) et publié des essais défendant et illustrant les positions de son pays, Pierre Nothomb (1887-1966) mène une vie littéraire entre la Belgique et la France et fait notamment paraître à Paris le roman La Rédemption de Mars (Paris, Plon, 1922). Par Louis Morès.

18/07/2021, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Prétextat, de Pierre Bost (1901-1975)

Nos fidèles lecteurs n'ignorent pas que nous aimons Pierre Bost (1), écrivain d'avant-guerre devenu scénariste célèbre après 1945, et que nous aimons aussi les Editions de la Thébaïde qui, il y a deux ans, ont publié un recueil de nos articles sur les écrivains oubliés (Lectures en stock). Il était donc évident et naturel que nous parlions aujourd'hui de la réédition de Prétextat (1925) de Pierre Bost, d'autant plus que la préface a pour auteur François Ouellet, chroniqueur des "Ensablés", et par ailleurs grand spécialiste de l'écrivain. Par Hervé Bel.

27/06/2021, 13:22

ActuaLitté

Les Ensablés – La Maison Camille, (1935) de Henri Duvernois

Les fidèles de notre rubrique se rappelleront que nous avons déjà chroniqué deux romans de cet auteur prolixe (Edgar, L’homme qui s’est retrouvé) mort en 1937, juste avant la guerre ; ce qui lui fut peut-être fatal, car, en 1945, on était passé à un autre monde, pas forcément meilleur. À côté de Camus, Sartre, et tant d’autres, Duvernois ne faisait plus très sérieux, d’autant que l’homme, dans sa vie comme dans ses écrits, avait toujours imité la légèreté. Je dis « imité » à dessein, car l’œuvre de Duvernois, sous des apparences d’ironie et de comique, dissimule une profonde mélancolie, une réflexion désabusée sur l’homme. Par Hervé Bel.

06/06/2021, 19:41

ActuaLitté

Les Ensablés - Voyage d’un livre à travers la Bibliothèque Nationale de  Henri Beraldi

Exhumé de l’oubli, ce petit texte écrit par un bibliophile passionné raconte et s’inquiète de la croissance des arrivées des livres en masse à la Bibliothèque Nationale. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et la noble institution enregistre déjà 500.000 références disponibles (14 millions aujourd’hui !). « La vérité, annonce l’auteur, est que, de ces espaces, aujourd’hui, il n’y en a plus. La Bibliothèque est pleine, archipleine, bondée, bourrée jusqu’à refus. » Voyage au cœur de la Bibliothèque, ogre-machine qui tourne à plein régime. 

23/05/2021, 20:41

ActuaLitté

Les Ensablés - Hiver 1814, de Bernard Michel, la Campagne de France

Les Ensablés ont plusieurs fois évoqué Napoléon pour rappeler que dans sa jeunesse, il avait écrit des nouvelles, et qu’à Sainte-Hélène, il avait retrouvé son désir d’écrire et pu assouvir sa passion pour la lecture. Il faut lire Le Mémorial pour mesurer l’étendue de sa culture littéraire. Il profita de son inactivité pour écrire quelques ouvrages, dont une étude sur « La guerre des Gaules », et une espèce de fiction sur son exil à Sainte-Hélène. Par Hervé Bel

 

09/05/2021, 10:22

ActuaLitté

Les Ensablés - Black (1858) d’Alexandre Dumas (1802-1870)

« Pas de mystère, pas de souterrain, pas de ténèbres dans cette œuvre ; partout le rayonnement, partout le plein midi », disait Victor Hugo. L’œuvre d’Alexandre Dumas n’intéresse pas l’Histoire de l’art. En 1840 certes, résidant à Florence, il lui fut commandé, pour la somme considérable de dix mille francs, un ouvrage sur la galerie des Offices. La description des trois cent cinquante portraits de peintres qui sont dans ce fameux musée devait former L’histoire biographique et anecdotique de la peinture depuis huit siècles. Par Antoine Cardinale.

25/04/2021, 10:12

Autres articles de la rubrique Livres

ActuaLitté

Camille Brunel pousse l'engagement dans ses retranchements avec Ecatepec

BONNES FEUILLES - Une plongée inattendue dans les paradoxes du Mexique contemporain avec une héroïne moderne, animaliste et féministe, confrontée aux problématiques de son engagement.

04/12/2022, 09:00

ActuaLitté

Christophe Bourseiller réhabilite L'homme qui voulait faire de sa vie une oeuvre d'art

BONNES FEUILLES - Il fut admiré, fustigé, moqué parfois. Alexander Trocchi (1925-1984) a connu son heure de gloire puis a disparu des mémoires à jamais.

04/12/2022, 08:00

ActuaLitté

Yasha : complot scientifique et humains génétiquement modifiés  

Sei a toujours été particulièrement intelligent, et avec une ouïe surdéveloppée par rapport à ses congénères. Il vivait bien tranquillement avec sa mère, en essayant de ne pas se faire remarquer. Jusqu’au jour où des scientifiques américains ont débarqué chez lui… Mystérieux et finement orchestré, Yasha est la quête de deux frères pour éclaircir leurs origines et élucider un complot scientifique.

03/12/2022, 12:33

ActuaLitté

Une chance amère ou le souvenir d'un exil par Alice Dumas Kol

BONNES FEUILLES - Fragments d’une histoire française qui s’ouvre sur le récit peu connu d’une communauté cambodgienne traumatisée par l’exil forcé en 1975.

03/12/2022, 09:00

ActuaLitté

Abdlekrim Saifi se livre dans une autofiction familiale

BONNES FEUILLES - L’hommage à des parents immigrés d’Algérie condamnés à l’héroïsme pour favoriser l’intégration et la réussite de leurs enfants.

03/12/2022, 08:00

ActuaLitté

Même si je dois y laisser ma culotte, un roman feel-good qui tombe à plat

Le premier roman de Daphné Woodfight, publié le 15 septembre 2022 aux Hey Éditions, interpelle par son titre et déçoit par son contenu. La couverture et l’histoire de Même si je dois y laisser ma culotte, sont attrayantes, car elles se détachent de manière assumée du registre dramatique. Mais l’écriture lourde et l’humour à répétition font de la lecture de ce roman, un moment qui est loin d’être une partie de plaisir.

02/12/2022, 15:31

ActuaLitté

Riad Sattouf et la BD sur le toit des meilleures ventes

Difficile de faire entrée plus spectaculaire. Tout juste sorti, le tome 6 de L’Arabe du futur, qui conclut la série de Riad Sattouf, remporte la première place du classement des meilleures ventes de la semaine avec 51 300 exemplaires. Autre nouvelle sortie et autre bande dessinée, le tome 29 de Blake et Mortimer, intitulé Huit heures à Berlin, peut se vanter d’une seconde place avec 29 155 éditions vendues. 

 

02/12/2022, 12:20

ActuaLitté

Les Éphémérides de Patrice Franceschi, la vie en poésie

BONNES FEUILLES - Modestement, mais avec certitude, Patrice Franceschi a fait de sa vie une poésie en acte. Sous sa plume, aventure et poésie nous offrent la possibilité fragile, mais sans cesse présente, de vivre doublement.

02/12/2022, 09:00

ActuaLitté

Quelques moments sans gravité pour le plus grand des secrets

BONNES FEUILLES - L’univers original de Karin Serres nous enchante une nouvelle fois dans ce roman plein de subtilité et d’audace, où l’étrange se mêle avec grâce au poétique.

02/12/2022, 08:00

ActuaLitté

Le livre audio, une solution quand on ne peut plus lire ?

Avec l’âge, les différentes facultés de perception s’amenuisent, parfois considérablement, à tel point qu’il peut devenir très pénible de lire. Après les lunettes, on va utiliser une loupe. Mais, avec une main tremblante, l’exercice est rapidement fastidieux et rend compliquée une lecture quelque peu étendue.

01/12/2022, 16:25

ActuaLitté

La Furieuse, rives et dérives par Michèle Lesbre

BONNES FEUILLES - « Rives et dérives » est un parfait sous-titre pour ce nouveau texte de Michèle Lesbre. Elle y emprunte des chemins de traverse afin de rejoindre une rivière, la Furieuse, dont le nom – sans qu’elle la connaisse – a résonné en elle de manière particulière. 

01/12/2022, 09:00

ActuaLitté

Par la fenêtre, entre mémoire et Histoire par Allain Glyko

BONNES FEUILLES - Aujourd’hui disparu, Philippe était un brillant étudiant en philosophie, disciple de Gilles Deleuze. Bébé, il avait réchappé à la mort de justesse, une photo a immortalisé son départ pour l’hôpital. 

01/12/2022, 08:00

ActuaLitté

Stéphanie Garzanti interroge l'acte d'écrire dans Petite Nature

BONNES FEUILLES - Après Les Orageuses de Marcia Burnier et La Vie têtue de Juliette Rousseau, la
collection Sorcières propose un nouveau premier roman, celui de l'artiste plasticienne Stéphanie Garzanti.

 

01/12/2022, 07:30

ActuaLitté

Jerry Stahl en compagnie des "touristes des camps de la mort"

BONNES FEUILLES - Comment survivre à un voyage organisé dans les camps de la mort quand on est juif et dépressif ? C'est le défi que s'est lancé Jerry Stahl, dans une enquête délirante et grinçante, monument d'humour noir et d'autodérision, sur fond de satire de l'amérique trumpiste.

30/11/2022, 09:30

ActuaLitté

La plus grande catastrophe écologique du XXe

BONNES FEUILLES - Une histoire d’amour entre un ingénieur soviétique et une chamane sur fond de la plus grande catastrophe écologique du XXe siècle.

30/11/2022, 09:00

ActuaLitté

La découverte d'un autre Rimbaud avec Henri Guyonnet

BONNES FEUILLES - Une exofiction qui retrace la découverte, par Rodolphe Darzens, de l’œuvre poétique d’Arthur Rimbaud, dans un chassé-croisé haletant.

30/11/2022, 08:00

ActuaLitté

L’indépendance des États-Unis ou le jeu de dupes des nations 

Quel livre déroutant que voila. Signé par Joel Richard Paul, professeur de droit à l’université de Californie, l'ouvrage est intitulé Unlikely Allies - How a Merchant, a Playwright, and a Spy Saved the American Revolution (littéralement Improbables alliés - Comment un marchand, un dramaturge et un espion ont sauvé la révolution américaine) dans sa version originale. Traduit chez Perrin par Espions en révolution – Beaumarchais, le chevalier d’Éon, Silas Deane & les secrets de l’indépendance américaine, ce titre aurait peut-être dû s’arrêter au marchand et au dramaturge. Passé une certaine déception, il devient fort intéressant à lire. Voici pourquoi. 

29/11/2022, 12:40

ActuaLitté

Grégory Rateau et ses Imprécations Nocturnes…

Dans son nouveau recueil élégamment intitulé Imprécations Nocturnes, préfacé par Jean-Louis Kuffer, l’auteur poursuit sa quête inlassable ou plutôt sa « hantise insondable », amplement signifiée dès son premier recueil, Conspiration du Réel, dont j’avais dans un article précédent vanté les qualités littéraires. Mais également le contenu singulier, dont les thèmes récurrents qui n’ont rien d’une argumentation passive ou poussive, c’est selon, convoquent une fois de plus les affres de la vie et plus encore ses pernicieux revers.

29/11/2022, 11:29

ActuaLitté

Les trompettes de la mort : un premier album puissant

C'est toujours un bonheur de tomber sur un album qui happe les lecteurs comme le tuyau d'un aspirateur emporte la poussière. Les trompettes de la mort a la puissance des grands livres, à savoir celle qui efface le monde environnant et nous plonge de la tête aux pieds dans le pur espace de la fiction. Et plus particulièrement dans les décors d'une campagne nostalgique qui évoque à peu près tout sauf le bonheur et l'insouciance.

29/11/2022, 11:24

ActuaLitté

Paula Jacques débarque à New York avec Mon oncle de Brooklyn

BONNES FEUILLES - Quand Éva débarque à New York, elle a plus d’une idée en tête : côté pile, interviewer des personnalités apparemment inaccessibles pour une jeune journaliste française – comme l’impressionnante Toni Morrison, qui pourrait se confier sur les très récentes émeutes raciales qui viennent d’enflammer la ville. 

29/11/2022, 09:00

ActuaLitté

Aurélien Delsaux : tirer à vue sur l'époque

BONNES FEUILLES - Etienne rentre de vacances avec sa famille parfaite et son apparent bien-être. Sa vie est confortable, routinière. Il mène une vie normale, c’est l’essentiel. 

28/11/2022, 09:30

ActuaLitté

Le destin d'un ténor d'exception par Alexia Stresi

BONNES FEUILLES - Paris, 1935. Ce soir-là, à la Première du Rigoletto de Verdi à l’Opéra-Comique, une chose inouïe se produit.

28/11/2022, 09:00

ActuaLitté

Laurent Quintreau : hommes et femmes à travers les âges

BONNES FEUILLES - Une fresque intergénérationnelle explorant l'évolution des rapports de force entre hommes et femmes, construite à partir d'une seule histoire familiale, dont on suit la trajectoire du milieu du XIXe siècle jusqu'en 2050, à l'aube du transhumanisme et de la disparition de la famille traditionnelle.

28/11/2022, 08:00

ActuaLitté

Véronique Ovaldé laisse s'exprimer la Fille en colère sur un banc de pierre

BONNES FEUILLES - Quand elle décroche, Aïda entend sa sœur lui lancer un grotesque « coucou » ; on ne dit pas coucou à quelqu’un qu’on n’a pas vu (et pas voulu voir) pendant quinze ans. 

27/11/2022, 09:00

ActuaLitté

Thibaut Solano met Clermont à l'épreuve dans Les Dévorés

BONNES FEUILLES - Un roman social avec comme toile de fond le mouvement des gilets jaunes et la sauvagerie d'un grand méchant loup moderne. 

27/11/2022, 08:00

ActuaLitté

Rodolphe Danjou imagine Ces vies d'où l'on vient

BONNES FEUILLES - Faut-il retourner aux sources pour rebattre les cartes ? Faut-il revenir d’où l’on vient pour tout recommencer ? Tel est le pari d’Adrien, quadra. 

26/11/2022, 09:00

ActuaLitté

Mickaël Brun-Arnaud explore Les vallées closes

BONNES FEUILLES - On pardonne rarement à celui qui s'éloigne du troupeau. Une tragédie moderne et poignante sur le déterminisme social. 

26/11/2022, 08:00

ActuaLitté

Le temps des orphelins, autofiction de Claude Rodhain

Avocat honoraire, désormais installé dans les Bouches-du-Rhône, Claude Rodhain a fort bien évoqué son parcours d’enfant abandonné devenu notable dans Le Destin bousculé, autobiographie parue chez Robert Laffont en 1986, deuxième prix des lectrices du magazine Elle, succès de librairie. Vingt-six ans plus tard, l’homme revient avec une suite, plus romancée, plus sombre aussi. Texte d'Étienne Ruhaud.

25/11/2022, 15:35

ActuaLitté

Meilleures ventes : l'éternel effet prix

On le sait, nous le savons, ils savent. Les prix littéraires ont une influence considérable sur les meilleures ventes des livres, en fin d'année. Alors un prix Goncourt à un petit mois de Noël, c'est quasi synonyme de première place au classement. Cette année, c'est Brigitte Giraud qui en profite : son roman Vivre vite (Flammarion) a convaincu 24.048 lecteurs cette semaine.

25/11/2022, 12:22

ActuaLitté

Eric Faye présente sa petite saga des années 2010

BONNES FEUILLES - Dans les années 2010, un journaliste vit, de l’intérieur, les convulsions de l’entreprise de presse dans laquelle il travaille depuis de nombreuses années : rachat, brutalité managériale, obsession du profit envers et contre tout... 

25/11/2022, 09:00

ActuaLitté

Boris, 1985 : un premier “je” pour Douna Loup

BONNES FEUILLES - Janvier 1985. Boris Weisfeiler, quarante-quatre ans, disparaît dans le Chili de Pinochet. Né en URSS au sein d’une famille juive, ce surdoué des chiffres s’exile aux États-Unis pour pouvoir exercer librement les mathématiques. 

25/11/2022, 08:00

ActuaLitté

Nesrine Slaoui à la croisée des vies d'Anissa et de Nora avec Seule

BONNES FEUILLES - À la mort d'Anissa qu'elle était trop loin pour empêcher, Nora décide d'en finir radicalement avec la violence des hommes.

25/11/2022, 07:30

ActuaLitté

Moïse ou la Chine, un monde sans Dieu

Le titre est lié à une pensée de Pascal, qu'il a ensuite raturée : « Lequel est le plus croyable des deux ? Moïse ou la Chine ? ». L’enjeu, mettre Dieu en comparaison, est de taille ! Et propre à effrayer. François Jullien pratique un vis-à-vis des deux cultures, il ne les mesure pas, ne mesure pas leur distance, leurs écarts, il ne les frotte pas l’une contre l’autre ni pour faire des étincelles, ni pour les faire briller. S’il dit l’une de la fenêtre de l’autre, en alternance et réciprocité, c’est pour les écrire au mieux, les décrire mieux. Texte d'Orelien Péréol. 

24/11/2022, 15:38

ActuaLitté

Une somme humaine : coup de projecteur sur l’humanité

La narratrice n’est jamais nommée, pourtant c’est l’entièreté de sa vie qu’elle offre à travers le voile de la mort. Son passé, ses pensées, ses espoirs et ses déboires, mais aussi une vision de l’humanité — crue, accusatrice, féroce. Son récit débute avec la fin de sa vie : le souhait de disparaître, ces moments où elle imagine comme s’y prendre, puis le saut sur les rails, devant un train à Paris, cette ville devenue son refuge face à une enfance d’une violence inouïe.

24/11/2022, 12:17

ActuaLitté

Isabelle Rodriguez dévoilent Les Orphelines du mont Luciole

BONNES FEUILLES - Un retour envoûtant sur les lieux de l’enfance et l’imaginaire qui s’y déploie. Une supplique pour que la mémoire des campagnes ne s’efface jamais.

24/11/2022, 09:00

ActuaLitté

Samuel Dock fait la lumière sur une triste vérité avec L'enfant thérapeute

BONNES FEUILLES - Quand faire le deuil de son enfance implique de faire celui de l’enfance que sa propre mère n’a jamais eue. Samuel Dock livre un récit poignant sur l’enfance maltraitée, ses saccages, la reconstruction et la puissance du lien filial.

24/11/2022, 08:00