L'enfant contient en lui déjà tout l'avenir qui sera le sien: comme si la vie était un tissu plié que les jours lentement déploient. Cette phrase résume le roman de Jean Gaulmier : Hélène, la belle libanaise, est dès l'enfance condamnée à la solitude, d'où le titre Hélène ou la solitude de ce roman magnifique, lu dans la fièvre, et que je recommande au lecteur. Roman mélancolique, poétique, dont les mots, la douceur, me poursuivent encore, et qui raconte le Liban et la France de la première moitié du vingtième siècle.
Le 26/08/2018 à 09:00 par Les ensablés
0 Réactions | 2 Partages
Publié le :
26/08/2018 à 09:00
0
Commentaires
2
Partages
Par Hervé Bel
De Jean Gaulmier, je sais peu de choses: il fut écrivain, spécialiste du Proche-Orient, grand connaisseur de Gobineau (il dirigea l'appareil critique de l'édition de la Pléiade), et gaulliste de la première heure en 1940. Il fit son service militaire au Liban au 17ème régiment de tirailleurs sénégalais à qui il dédia, plus tard, son recueil de nouvelles intitulé "Matricule huit" qui fut remarqué par la critique, comme l'avait été son premier recueil "Terroir". Autant le dire, ces deux ouvrages se lisent également d'une traite (je l'ai fait). Une profonde humanité les habite. Comme il le dit lui-même dans son introduction à "Matricule huit", Gaulmier se réclame du courant littéraire "populiste" dont Dabit fut un des principaux représentants. Pour Gaulmier, ce mouvement se caractérise par la sincérité et son empathie pour le peuple.
De fait, Hélène ou la solitude est un roman d'une grande humanité, centré sur le personnage d'Hélène Deirani. Elle naît vers 1900, au Liban, petite fille d'un commerçant riche et fille de Joseph, homme velléitaire et buveur. La naissance d'Hélène le déçoit: il aurait préféré un fils et n'aimera pas sa fille, comme il n'aime pas sa femme Négibé, une pauvre femme épousée dans un moment où il s'est voulu gentil. Hélène vivra son enfance dans l'espoir d'être aimée par son père, bientôt convaincue qu'elle ne le sera jamais.
Elle songeait à la vie qui est drôle: pourquoi n'était-elle pas un garçon, puisque ses parents le désiraient? Pourquoi le bon Dieu fait-il des choses qui ennuient les gens? Il lui aurait été si facile de rendre tout le monde heureux ! Si elle avait été un garçon, peut-être son père resterait-il davantage à la maison, au lieu de descendre souvent seul à Beyrouth : il y restait deux ou trois jours ; quand il rentrait, il avait l'air fatigué. Ses yeux brillaient dans sa figure ; il rudoyait les petites, faisait pleurer la maman avec des remarques méchantes sur son accoutrement, sans penser qu'elle avait à surveiller les quatre enfants.
Puis elle a onze ans, et il y a ce beau passage:
Elle se met aussi à songer à plus tard. Par certains crépuscules, quand le ciel est rose comme une fleur et, à l'opposé, la Lune déjà haute, une lumière bizarre, faite des derniers rayons du jours heurtés à la pâleur nocturne, inonde le balcon. En bas Beyrouth s'éclaire de rares feux. Parfois un bateau au large fait un point lumineux qu'elle suit du regard, avant de le voir s'éteindre à l'horizon parmi les premières étoiles. Il lui semble que toute sa vie est déjà préparée quelque part (...) Songeant à la vie de sa mère, qu'elle entend encore à cette heure de la nuit fourgonner dans la maison, elle se dit que l'amour, avant tout, c'est beaucoup de misère, et elle en prend peur comme d'une punition à quoi on sait qu'on n'échappera pas.
Elle est marquée au fer rouge par une enfance délaissée, une adolescence où elle voit la richesse de sa famille se dissoudre, le bon grand-père si solide disparaître, puis sa mère sombrer dans le désespoir, et sa sœur Marie dans l'infamie. La guerre 14 ruine la famille, tandis que le père boit de plus en plus.
Le Liban est pendant un moment un chaos où l'on meurt de faim. Puis arrivent les Français, accueillis en libérateurs, et qui remettent de l'ordre. Le père d'Hélène, Joseph, n'est plus qu'une loque qui gaspille les derniers sous de sa famille, tandis que son beau-frère Émile qui a épousé une de ses sœurs, fait prospérer l'héritage reçu du grand-père. Pauvre Joseph marqué au fer rouge, lui aussi ! Homme intelligent que le commerce n'intéressait pas, et qui n'a pas su trouver sa voie. Il a bien un frère, Fouad, mais celui-ci, poète asocial, homme bon, ne peut aider personne, vivant lui-même dans une cabane. On ne sait d'où vient cette malédiction, du grand-père sans doute, mais pourquoi? On ne le saura pas, on le devine. Les pères trop forts, trop admirables, tuent parfois leurs petits enfants. Alors, perdu pour perdu, Joseph se suicide à petits feux, buvant toujours plus, jusqu'à en mourir, laissant Hélène et sa mère dans la cruelle nécessité de demander de l'aide au cousin Émile.
Là commence vraiment l'histoire d'Hélène, à jamais délaissée par son père. Quoique douée, jolie, elle s'estime indigne de vivre, d'être heureuse, d'être aimée. Il n'y a pas de place pour elle. Très vite, poussée par son oncle Émile, elle épouse un Français nommé Karl Schögel, un sous-officier chez les spahis, alsacien de Strasbourg, une brute, un mauvais, une bête, si bête. C'est un personnage tiré d'un roman de Céline. Le plus terrible, c'est qu'elle sait à l'avance que sa vie est un échec. Schögel l'emmène à Strasbourg vivre dans sa famille, des travailleurs, la mère jalouse et le père bonne pâte. Et elle, la petite libanaise qui avait vécu sous le soleil, dans le luxe, se retrouve dans une mansarde, livrée aux désirs de Schögel qui boit, la trompe, lui fait finalement un enfant.
La chute est sans fin. Où qu'elle aille, l'humanité est cruelle. Ceux qui sont gentils sont écrasés, détruits par les gens qui n'ont ni foi ni loi. On dirait parfois (notamment dans la gargotte qui leur sert de pension) qu'on est entrain de lire du Céline, qu'on est à Courbevoie. C'est curieux, on dirait les gens comme Hélène, bons et faibles, condamnés à frayer avec les méchants, les indifférents, et à souffrir. La méchanceté est le reflet de la bonté.
A propos d'un capitaine dont la vie maritale lui a été racontée :
Hélène se dit que que cette femme a été pour lui comme Karl pour elle exactement, une cause d'épouvantable misère. Mais c'est toujours la même chose : les hommes gentils épousent des femmes sans cœur et celles qui voudraient bien faire tombent sur des brutes.
Et puis, un jour, l'homme idéal peut-être, croisé dans un restaurant, et le début d'une histoire où, soudain, avec elle, on se prend à espérer que la solitude n'est pas inéluctable, et que chacun a sa chance. Il n'y a aucun doute : il est l'homme de sa vie, elle est la femme de la vie de cet homme. La vie les sépare. Le devoir, le sien, celui d'une épouse, l'y oblige, et elle se retrouve à Paris, loin de lui, avec Schögel qui tourne mal. Est-ce que la damnation cessera?
Lisez la première page, vous n'arrêterez plus.
Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com
Plus d'articles sur le même thème
Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence) est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.
04/01/2026, 09:00
Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta
21/12/2025, 09:00
J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.
07/12/2025, 17:00
Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.
Par Nicolas Acker.
23/11/2025, 10:00
Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traité ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel
09/11/2025, 09:00
Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat
26/10/2025, 09:00
Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».
Par Isabelle Luciat.
12/10/2025, 09:00
Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.
14/09/2025, 10:00
Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.
31/08/2025, 09:00
Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold
17/08/2025, 09:00
Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.
27/07/2025, 09:00
Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold
06/07/2025, 10:45
« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat
22/06/2025, 09:00
Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.
08/06/2025, 19:15
Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939), « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.
25/05/2025, 09:41
Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.
11/05/2025, 09:00
Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL
27/04/2025, 09:00
Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers… par Hervé Bel.
13/04/2025, 12:28
À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert
30/03/2025, 09:00
Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.
16/03/2025, 16:50
En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie Coat
02/03/2025, 19:56
Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat
16/02/2025, 10:09
Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL
02/02/2025, 19:38
Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.
19/01/2025, 09:00
L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.
05/01/2025, 09:00
On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.
15/12/2024, 16:14
Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel
01/12/2024, 09:00
Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat
11/11/2024, 09:40
La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.
27/10/2024, 09:00
Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes.
Par Nicolas Acker
13/10/2024, 18:34
On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.
29/09/2024, 09:00
Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
Par Hervé BEL.
15/09/2024, 09:00
Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.
25/08/2024, 09:00
Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.
04/08/2024, 09:29
Encore connu des cinéphiles pour les adaptations au cinéma de ses romans Remorques (adapté par Jean Grémillon) et Capitaine Conan (prix Goncourt 1934, adapté par Bertrand Tavernier), Roger Vercel est un remarquable écrivain de récits maritimes, inspirés de témoignages de marins, recueillis à Dinan, ville où il vécut et exerça le métier de professeur de lettres. Par Isabelle Luciat
14/07/2024, 09:00
Autres articles de la rubrique Livres
De bons personnages, une bonne histoire, dans ce roman policier à énigme déguisé en romance à l'eau de rose : Philip Gray joue les faux-monnayeurs et nous offre une lecture facile et 100% plaisir qui devrait plaire au plus grand nombre. La maison aux neuf serrures, traduit par Elodie Leplat, se déguste, tout bonnement.
12/01/2026, 17:18
Le devoir des vivants est de penser aux morts pour qu’ils ne disparaissent pas tout à fait. C’est ce que fait admirablement Natacha Wolinski dans un texte mémoire sur son père et sa famille. Chaque jour, elle va au Palais de Justice, « un Etna » difficile à gravir, mais nécessaire, afin de suivre le procès des assassins de Charlie Hebdo.
12/01/2026, 17:02
Il y a des romans qui commencent par une scène, et d’autres par une obsession. Dans Leurs désirs immenses, Léa Lhermet ouvre directement la vanne : « Au départ, il y a les femmes. » Et tout suit, comme une marée. « Les femmes m’envahissent, prennent possession, me gavent, m’étourdissent. » On est happé : une voix vive, parfois mordante, qui explore sans faux-semblants ce que les lignées transmettent — et ce qu’elles étouffent.
12/01/2026, 10:49
Dès les premières pages, L’Enfant du vent des Féroé impose un territoire, une voix, une respiration. Le roman ne commence pas par une action, mais par un lieu qui parle. « Et puis il y a moi, Gjógv. Un village de carte postale au toponyme imprononçable. » Le décor devient narrateur, conscience diffuse, mémoire minérale. Le lecteur comprend vite qu’ici, l’histoire humaine sera indissociable des éléments.
12/01/2026, 10:45
Il est des livres qui ne racontent pas une vie : ils l’approchent à pas feutrés, comme on entre dans une clairière en retenant son souffle. Le Souffle de la forêt relève de cette catégorie rare. Simonetta Greggio n’écrit pas sur Simona Kossak ; elle marche à ses côtés, dans une prose habitée, charnelle, attentive au moindre frémissement. Dès les premières pages, le ton est donné : « Elle n’a que la peau, les os et un nom de famille. » Tout est là : la nudité, la résistance, l’essentiel. À paraître le 21 janvier.
12/01/2026, 09:34
Dans un Mexique ravagé par la violence et les cartels, un homme honnête croit pouvoir devenir maire. Mais, dans le même temps, il va découvrir l’amour de sa vie, un amour scandaleux. Humour ravageur, suspense, un roman de passion pure sur la morale des apparences.
12/01/2026, 07:00
Du film noir classique aux dérives du capitalisme numérique, de la philosophie antique aux figures spirituelles du XXᵉ siècle, la Booksletter de la semaine explore les grandes tensions de notre modernité à la lumière des livres. Au sommaire : Assurance sur la mort, archétype du film noir hollywoodien ; l’« enshittification » d’Internet selon Cory Doctorow ; Diogène, cynique radical ; Edith Stein, philosophe et martyre ; et une plongée dans l’économie criminelle contemporaine.
10/01/2026, 10:06
Entrelacs. Entretiens réunit Daniel Mendelsohn, Adrien Zirah et Déborah Bucchi dans un volume publié aux éditions Seuil et attendu en librairie le 6 février, qui donne à lire une série d’échanges approfondis autour de l’œuvre et de la pensée de l’écrivain américain, entre héritages antiques et juifs, récits personnels et lectures des grands textes, dessinant le portrait d’un auteur pour qui l’intime dialogue sans cesse avec l’histoire et la littérature. Traduit de l'anglais par Adrien Zirah.
10/01/2026, 08:00
La Sage-Femme et la Rivière, roman d’Ariel Lawhon traduit par Sarah Tardy, paraîtra le 11 février 2026 aux éditions HarperCollins. Dans ce nouveau récit historique, l’autrice explore un passé instable, traversé de secrets, de mensonges et de vérités dissimulées, où l’histoire elle-même semble se dérober sous les pas du lecteur.
10/01/2026, 07:03
Voici une relecture en images de la fameuse Trilogie Berlinoise, quand Philip Kerr nous entraînait aux côtés du détective Bernie visiter les sombres coulisses du Berlin nazi. Avec fidélité au texte original, ces deux premiers albums de Pierre Boisserie et François Warzala redonnent une nouvelle jeunesse à ces polars devenus légendes.
09/01/2026, 15:58
En 2039, la prison n’existe plus. Les criminels sont désormais condamnés à la Sphère, un purgatoire psychique piloté par une intelligence artificielle, où ils doivent affronter leurs fautes jusqu’à obtenir une possible rédemption. Ange Barol, analyste brillante et conceptrice du système, croit avoir inventé une justice plus humaine que l’enfermement.
09/01/2026, 12:44
Il y a des romans qui ne cherchent pas à faire événement, mais qui avancent à pas feutrés, comme on entre dans une mémoire qu’on croyait close. Les filles s’ouvre ainsi, sans fracas, sur une rentrée scolaire au début des années 1970, lorsque deux enfants franchissent un portail noir, « serrées l’une contre l’autre ». Rien d’extraordinaire, en apparence. Pourtant, dès ces premières lignes, quelque chose se noue. Une intensité discrète, mais tenace.
09/01/2026, 12:27
Pour démarrer 2026, La Femme de ménage ne se contente pas de dominer : elle écrase tout sur son passage. Ou plutôt, elle balaie le classement (du 29 décembre au 4 janvier). Les trois marches du podium sont occupées par une seule et même autrice, infatigable depuis plus d’un an : Freida McFadden.
09/01/2026, 12:25
Il suffit parfois de quelques mots, répétés comme un mantra fragile, pour faire vaciller toutes les certitudes. J’t’aime encore part de là. D’un aveu simple, presque banal, mais chargé d’un vertige immense. Dès l’ouverture, le lecteur est happé par cette voix qui s’adresse à un « vous » complice, embarqué dans une traversée intime du couple, du temps qui passe et des rêves qu’on réaménage plutôt qu’on n’abandonne. À paraître le 6 février.
09/01/2026, 10:47
Avec Le gogol, roman à paraître le 19 février aux éditions Verticales, Nicole Caligaris met en scène la rencontre improbable entre un homme débordant de paroles et une femme silencieuse, dans un bar parisien où un manteau devient le réceptacle d’histoires entremêlées et de temporalités disloquées, dessinant le portrait de deux existences suspendues au bord du présent.
09/01/2026, 08:43
Avec Les Nouveaux Territoires, roman de Grace Ly publié aux éditions HarperCollins et paru le 11 février, l’autrice plonge le lecteur dans un Hong Kong en ébullition, théâtre d’un parcours intime et politique, où une jeune femme en rupture cherche à se réapproprier son histoire, son identité et sa liberté.
09/01/2026, 07:00
Matthias Zschokke aime les personnages qui trainent derrière eux une vie banale faite de tâches ingrates et répétitives dans une administration quelconque, des personnages qui semblent ne pas exister, ne pas avoir d’emprise avec le réel. Et pourtant, dans les insignifiantes vies de ces personnages-là, existent une multitude de détails, de petits incidents qui en disent long sur un univers lunaire, poétique, à la limite de l’imaginaire. Une traduction de Isabelle Rüf. Parution le 16 janvier aux éditions Seuil.
08/01/2026, 12:02
Dès l’ouverture, Toussaint Noël frappe sans ménagement. Pas de montée progressive, pas de décor aimablement planté : une adolescente morte, une cabane sordide, un flic à bout. « Debout au-dessus du cadavre sans tête de la petite Tsvetana, treize ans… la nausée m’a submergé ». Tout est là : la violence du monde, l’usure morale, et cette ligne de fracture à partir de laquelle plus rien ne sera réparable. À paraître le 18 février.
08/01/2026, 10:20
Aurore, roman de Nicolas Leclerc, parution le 6 février aux éditions Seuil, met en scène la rencontre troublante entre une vieille femme diminuée par un AVC et une jeune aide-soignante dont le dévouement apparent dissimule une présence de plus en plus envahissante, jusqu’à faire vaciller l’équilibre déjà fragile d’une relation mère-fille.
08/01/2026, 08:08
On s’en est pas trop mal sorti, petit, d’Anthony Hopkins, est un livre de mémoires dans lequel l’acteur britannique revient sur son parcours personnel et artistique, de son enfance galloise marquée par la pauvreté et le doute à une carrière exceptionnelle au théâtre et au cinéma, en passant par un long combat contre l’alcoolisme, dans une édition traduite de l’anglais par Paul Matthieu.
08/01/2026, 07:00
L'écrivain en exil profite d'un roman noir entre farce philosophique et conte macabre pour disséquer la société provinciale russe. Comme il le dit lui-même, là-bas, « le climat est brusque, les gens aussi ». Accrochez-vous car son ironie est plutôt grinçante et si on rit souvent, on rit jaune.
07/01/2026, 12:50
Il y a des romans qui s’ouvrent dans le fracas. Fauves commence dans la nuit, sous la pluie, au bord d’un port industriel, avec un adolescent cabossé qui crache sa rage sur le bitume. « La porte du bar s’ouvre à la volée. Un instant, la nuit se trouble. » Tout est là : la violence latente, l’errance, l’impression d’un basculement irréversible. Mélissa Da Costa installe d’emblée un récit d’arrachement, où l’enfance se termine sans cérémonie. Par Lucy L.
07/01/2026, 11:34
Il y a parfois une photographie d’enfance qui suffit à contenir toute une vie. Pour Anthony Hopkins, ce cliché pris sur une plage galloise en 1941 devient le point d’ancrage d’une autobiographie construite comme un long retour vers l’enfant inquiet qu’il fut. « Aujourd’hui, à l’âge de quatre-vingt-sept ans, il m’arrive parfois de regarder cette photo, et j’ai alors envie de dire à ce petit garçon perdu : “On s’en est pas trop mal sorti, petit.” » L’incipit donne le ton : ni triomphe, ni règlement de comptes, mais une tentative de compréhension
07/01/2026, 11:20
Dans Un chien arrive, Camille Ruiz raconte l’irruption d’un chien dans une vie et le bouleversement durable qui en découle. Publié aux éditions Corti, le livre suit, depuis Brasilia, la rencontre avec Ziggy, un grand golden retriever aux longs poils « couleur plage », et explore ce que signifie être mise face à une attention animale, étrangère, qui déplace les habitudes et transforme la manière d’habiter le monde.
07/01/2026, 09:00
Dans ce livre aussi drôle qu’éclairant, l’autrice explore les effets de la croyance et de la spiritualité, au sens large, dans nos vies modernes. Elle s’appuie notamment sur sa propre expérience, marquée par deux épisodes mystiques. L’ouvrage bouscule les idées reçues en montrant que la spiritualité peut améliorer notre bien-être à différents niveaux.
07/01/2026, 07:00
PF Radice signe une très belle adaptation du roman noir de Richard Morgiève (Le Cherokee) : « L'histoire d'un shérif et d'un agent du FBI sur les traces d'un tueur et d'une bombe ». Une relecture originale et très convaincante.
06/01/2026, 13:05
En ce début d’année où l’actualité se révèle particulièrement éprouvante, La Réjouissance de Stéphane Barsacq, publié aux éditions de Corlevour, arrive comme une bouée de sauvetage. Il ne s’agit ni de naïveté ni de faire l’autruche en enfouissant la tête dans le sable pour ne rien voir. Il s’agit, au contraire, de refuser le désenchantement ambiant, ne pas céder à la résignation, chercher ce qui permet encore de tenir debout intérieurement.
06/01/2026, 12:01
Dès les premières pages, La Double Vie de Jesús (trad. Francois Gaudry) installe un malaise discret, presque feutré. Rien de spectaculaire, pas d’entrée fracassante : tout commence dans la banalité d’un matin ordonné, rythmé par le pédalage d’un vélo d’appartement. Pourtant, derrière cette scène anodine se dessine déjà une fissure. Jesús Pastrana, quadragénaire méthodique, commissaire aux comptes irréprochable, rêve de justice et d’ordre dans un Mexique rongé par la corruption.
06/01/2026, 11:02
Commenter cet article