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Les Ensablés - Black (1858) d’Alexandre Dumas (1802-1870)

« Pas de mystère, pas de souterrain, pas de ténèbres dans cette œuvre ; partout le rayonnement, partout le plein midi », disait Victor Hugo. L’œuvre d’Alexandre Dumas n’intéresse pas l’Histoire de l’art. En 1840 certes, résidant à Florence, il lui fut commandé, pour la somme considérable de dix mille francs, un ouvrage sur la galerie des Offices. La description des trois cent cinquante portraits de peintres qui sont dans ce fameux musée devait former L’histoire biographique et anecdotique de la peinture depuis huit siècles. Par Antoine Cardinale.

Le 25/04/2021 à 10:12 par Les ensablés

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Publié le :

25/04/2021 à 10:12

Les ensablés

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Cet immense ouvrage dont il ne se cache à personne qu’il compte bien le faire rédiger par un collaborateur ne verra jamais le jour. Vingt années plus tard, le 14 septembre 1860, Naples prise par Garibaldi et les Bourbons chassés, il est nommé, pour services rendus à la cause de l’Italie, directeur des musées et des fouilles de la ville : comme on l’imagine, il n’exercera guère cette prestigieuse fonction. Voilà les rendez-vous manqués d’Alexandre Dumas avec l’histoire de l’art et c’est tout ce que la science peut en dire. On ne saura jamais si la discipline aurait gagné à une application plus sérieuse, mais penser que cela se fût fait aux dépens de l’œuvre romanesque que l’on connaît ne doit nous laisser aucun regret du fiasco de Dumas dans ce domaine !

Et lorsque l’historien d’art, blanchi et séché à tant d’ennuyeux et sérieux ouvrages, lorsqu’il ouvre les pages de Black, roman dont les éditions La Grange Batelière ont l’heureuse idée de nous offrir une réédition d’une grande qualité, attendue depuis 1858, eh bien l’historien d’art retrouve les fraîches émotions de l’enfant ! Entrons dans la matière !

Un étrange héros

Car voilà un roman singulier qui porte le nom d’un chien, un chien à la robe noire, répondantcela va de soi, au nom de Black. Le récit qui comporte un long retour en arrière, manœuvre périlleuse dans l’art du roman, met en scène le chevalier Dieudonné de la Graverie, ancien officier du roi Louis XVIII, attaché à la maison rouge, compagnie des mousquetaires gris et croix de Saint-Louis. Celui qui est derrière cette suprême décoration de l’Ancien régime, cet aristocrate qui peut prouver ses seize quartiers de noblesse, cet officier qui appartient au corps le plus prestigieux de l’armée du roi est en vrai un homme au tempérament physique et moral des plus déplorables, un courtisan nul et un soldat incapable! Car le chevalier de la Graverie est faible et peureux de caractère ; l’état militaire est le plus éloigné de son penchant pour la tranquillité, pour le bien dormir et le bien manger : ennemi même des complications de l’amour, il se marie par commodité avec la petite fille avec laquelle on le fit grandir, au milieu de dames chanoinesses recluses dans leur couvent et il s’est très tôt donné pour devise un peu glorieux Pour vivre heureux vivons caché.

La Graverie, c’est la moitié du portrait de Dumas : bon de cœur, faible de raison, imprévoyant de caractère, comme le décrit un journaliste vers 1834 ; gourmet impénitent dont l’estomac, de son propre aveu, prit très tôt un développement considérable ; sentimental au point de pleurer la mort de Porthos. L’autre moitié, celle de la légende, n’appartient qu’à Dumas : coureur sans repentance ; républicain, bavard et fanfaron comme le signale un rapport de police ; républicain certes, mais que flattait l’amitié des princes, et qui aima la gloire autant que l’argent ; mais aussi travailleur obsessionnel, entrepreneur intrépide, ami solide… et écrivain génial !

Dumas va nous entraîner sur les pas de la Graverie, cet homme douillet aux goûts simples, cet anti-héros, dans la plus compliquée des aventures, où il donnera à la fin les preuves d’une bravoure à laquelle d’Artagnan n’eût rien trouvé à reprendre. Son guide muet, le génie de cette transformation, c’est un chien, c’est Black.

“Je déteste les bêtes, mais j’adore les animaux”

Des chiens il y en a beaucoup dans l’œuvre de Dumas, et c’est d’ailleurs un chien de pierre endormi sur sa laisse qui accueille aujourd’hui encore le visiteur de ce château de Monte Christo que l’auteur devenu brièvement millionnaire fit construire sur le coteau de Port-Marly qui descend tranquillement vers la Seine.

On connaît même les noms de ces animaux. Les uns réels comme Truffe, premier souvenir d’enfance d’un Dumas de trois ans qui se souvient dans ses mémoires d’en avoir usé comme de sa première monture. Il y eut aussi Mouton, le mal nommé, qui n’hésita pas à répondre à un coup de pied que son maître lui allongeait en lui arrachant quasiment la main.

Les chiens des romans de Dumas ne sont pas moins pittoresques, comme les mélancoliques lévriers que caresse le roi Henri III dans la Reine Margot, ou Jupiter, le chien du roi Ferdinand dans la San Felice, singulière bête qui, dans le camp des méchants, est bien le seul à porter une âme candide et presque humaine !

On connaît d’ailleurs un beau Portrait d’un chasseur avec ses chiens dans un paysage de Louis Gauffier qui est au musée Bonnat Helleu à Bayonne et qui passe pour le portrait d’Alexandre Dumas. Le paysage nous emmène loin de Villers-Cotterêts : le gibier est jeté au pied d’un grand arbre, et les chiens turbulents, excités par la chasse, tournent autour de leur maître qui tient fièrement la pose. Je crois que les savants font les difficiles autour de ce tableau, mais ses admirateurs avoueront volontiers ce tableau pour le portrait authentique de l’auteur des Trois Mousquetaires.

Paris, Papeete, Chartres, Paris

Si, par la force des choses, nous accompagnons le chevalier de la Graverie pendant les Cent-Jours, après que Napoléon Bonaparte fut déclaré rebelle pour s’être introduit à main armée dans le département du Var, pour le reste du temps notre héros traverse comme une ombre les soubresauts de l’Histoire de France : la révolution volée de 1830, en 1832 le choléra, les funérailles du général Lamarque, la convulsion terrible de 1848, la République à nouveau et à nouveau l’Empire. Pour cette fois, Dumas choisit le romanesque et délaisse l’Histoire. Le lecteur est autorisé à faire comme le chevalier de la Graverie, c’est-à-dire à se désintéresser, et à partager le privilège du romancier.

On le sait, l’historien suit la Vérité, au risque de se perdre, sur des chemins étroits et périlleux, et dormant parfaits à la Grande Ourse, il ne lui est pas donné de choisir ses étapes ; le romancier lui, prend le temps qu’il lui faut, invente, fabule, et se repose aux meilleures hôtelleries. Il donne de l’histoire une narration et un sens que le savant austère est bien en peine de trouver, et leur voyage fait, le premier peut bien protester contre le récit du second, rien n’y fera : c’est le romancier qu’on croit.

Voilà pour la règle de l’unité de temps ; quant à l’unité de lieu, on peut penser comme s’en soucient le romantique et le voyageur forcené ! Le roman commence dans le Paris de la Terreur, il se termine dans le Paris des fashionables et du Café anglais, mais entre-temps, on aura voyagé dans des contrées lointaines que Dumas ne visita d’ailleurs jamais, et particulièrement cet Otaïti qui réunit la poésie de l’Océan, la simplicité des mœurs et une sorte de candeur dans laquelle de naïves filles de la Nature et le gibier lui-même mettentà simplifier la vie de l’homme une infinie bonne volonté. L’imagination de Dumas s’est complu à cet idéal de la Nature, de la chasse et de l’amour, et notre chevalier y recevra enfin une éducation bien intéressante.

Mais finalement c’est à Chartres que se déroule l’intrigue qui met le chien Black et le chevalier de la Graverie, aux prises avec la trahison et le mépris social.

Chartres, improbable arène du jeu terrible de la vie et de la mort ! Cette ville paisiblefut pourtant chère aux souvenirs de Dumas : c’est là qu’il fit son premier voyage après l’extraordinaire succès de Henry III et sa cour ; il rend alors visite à sa sœur, lui l’ami et déjà un peu plus que l’égal des Nodier, des Gautier. Il est déjà une célébrité et il a, selon son expression, cessé de s’appartenir en entrant dans cette carrière qu’il souhaitait semée de roses et de billets de banque.

Mais aussi, et surtout, Chartres, est la patrie de Gaspard de Pekow, marquis de Cherville : c’est l’écrivain qui se cache derrière Dumas [NdR : On trouvera une étude complète de cette collaboration dans Gaspard de Cherville, l’autre « nègre » de Dumas, par Guy Peeters, Champion, 2017]. Il fait partie de l’ultime vague des collaborateurs de Dumas et on connaît même le prix de sa collaboration : quinze pour cent du prix de la vente et mille francs de salaire. Le Meneur de loups, Les louves de Machecoul ou le Médecin de Java ne comptent certes pas pour les meilleurs romans de Dumas. Mais Le chevalier de Graverie — c’est le premier titre de Black — est une si grande réussite, qu’à ce titreCherville est digne d’être reçu dans ces quarante collaborateurs de Dumas qui eurent plus de titres à siéger à l’Académie française que les quarante barbes qui refusèrent l’immortalité à un entrepreneur de feuilletons.

Esprits de famille

Dans cette intrigue dont nous dévoilons ce qu’il faut pour, nous l’espérons, attirer le lecteur à ce roman, il est permis de soulever légèrement le rideau.

Ces rocambolesques aventures de disparition, d’enfants escamotés, ces coups de théâtre de la vie en somme, qui sont le fond du roman populaire du XIXe siècle, paraissaient moins sensationnels à nos aïeux qu’à nous, qui secouons la tête par incrédulité.

Songeons cependant que le père de l’écrivain, le général Dumas, enfant naturel né d’une esclave, fut vendu — avec frères et sœurs — et que son géniteur, Davy de la Pailleterie trouva finalement bon de le racheter et de propulser l’enfant des îles au cœur de Paris, et de lui désapprendre ses jeux simples au profit des sauvages joutes sociales de la bonne société.

Songeons que Dumas eut à connaître, en qualité de jeune commis aux écritures dans l’administration du duc d’Orléans, du procès intenté à ce dernier pour substitution d’enfant, dans lequel une dame Chiappini se prétendait la fille véritable de Philippe-Egalité et plaidait qu’une substitution criminelle, motivée par le besoin dynastique d’un héritier mâle lui avait ôté les droits que donne une filiation légitime.

Sur ces sujets, les contemporains de Dumas n’avaient pas les mêmes susceptibilités et les enfants naturels, comme tous les hasards qui composent et brisent les familles ne les surprenaient ni ne les étonnaient.

« J’implorerai du bon Dieu, qu’il me confie la peau d’un chien sous laquelle, n’importe où je serai, je briserai ma chaîne pour t’aller rejoindre. » 

Il est beaucoup question de métempsychose dans Black : ce curieux système qui fait écho aux immémoriales croyances de l’Inde, fut développé par Pythagore, qui récitait ses avatars passés comme nous récitons le nom de nos stations de métro. Cette philosophie prônait que la matière s’éteignait avec la mort, mais que le principe vital qui est en l’homme ne pouvait s’éteindre, qu’en somme l’âme préexistait à la formation du corps et qu’elle survivait à sa dissolution. L’âme logeait et délogeait, selon une échelle complexe de mérite, dans des créatures successives : ainsi Pythagore pensait-il reconnaître, huit ou dix ans après sa mort, un de ses amis, Cléomène de Thasos, sous la forme d’un chien. C’est une philosophie qui nous encourage à voir dans toute créature son contenant immatériel, à regarder toute chose vivante comme habitée par le souffle qui est aussi en nous. Comment les robustes appétits de Dumas, grand tueur d’animaux devant l’Éternel, s’accommodaient-ils de cette philosophie, je ne saurais le dire…

Non qu’il regardât l’âme comme une superfluité, mais ce qu’il appelait, à l’exemple de Macbeth la farce de la vie, le rendit toujours sceptique aux horizons de l’au-delà. Il pensait à la rigueur que le mieux que nous puissions faire était de rendre au Créateur notre âme comme nous l’avions trouvé !

Avec la métempsychose il est beaucoup question de rêves dans Black. L’imagination du timide chevalier s’y déploie, et le talent de conteur de Dumas sait comment faire rendre à l’absurdité des songes un ton tantôt cocasse, tantôt fantastique. Rêve érotique (on se couche, des monstres inquiétants aux seins palpitants s’approchent dangereusement, et l’on se couche sur un nuage qui s’envole), rêves moraux, rêves de prémonition (suaires, léthargies cadavériques et fantômes qui parlent).

Après tout parmi les premiers souvenirs du jeune Alexandre figure un rêve qu’il fit en 1806 : on frappe à grands coups à la porte de la maison, l’enfant se réveille et veut à toute force ouvrir, quoiqu’on l’en défende. À deux maisons de là, au même moment se mourait le général Dumas, et Alexandre restera toujours persuadé que sous une forme spectrale ou autre, ces coups à la porte, c’était son père qui voulait une dernière fois serrer son enfant dans ses bras.

« C’est par humanité que j’ai des maîtresses ; si je n’en avais qu’une, elle serait morte avant huit jours. »

Sans commenter ce trait un peu risqué du bon Alexandre, il faut dire un mot d’un Dumas fort mal placé pour parler d’un sujet qui est au cœur de Black : celui des jeunes femmes séduites et abandonnées, qui couraient le risque de dévaler jusqu’à l’abîme la pente du déshonneur et de la misère.

André Maurois comptait trois Dumas. Pour notre part, le décompte est un peu différent : selon nous, le premier Dumas essaie de se dépêtrer d’une liaison qui le lasse, pendant que le second triomphe dans une nouvelle amour, le troisième enfin rassasie sa faim au premier jupon qui passe, et, comme il faut un quatrième, comme aux mousquetaires, comptons enfin celui qui rêve déjà au grand, au prochain, au véritable amour ! C’est un chasseur qui quitte une chasse pour une autre en pensant déjà à la battue suivante. Il considère qu’une femme honnête sous les assauts d’un séducteur tel que lui, n’a d’autre choix que celui qui s’offre au gouverneur d’une place forte en présence du plénipotentiaire de l’ennemi : il attend ses propositions.

Accumulant les duels et les maîtresses, aussi ponctuels aux uns que légers aux autres ; car si on le trouvait toujours aux rendez-vous de l’honneur, ceux de l’amour le voyaient plus fuyants ; sur les lois du duel, inflexible et pointilleux, mais considérant avec cynisme que l’amour est à l’honneur ce que la guérilla est aux lois de la guerre : tous les coups y sont permis. [NdR : Cet aspect de Dumas a fait l’objet d’un colloque dont les actes ont été publiés sous la direction de Claude Schopp (Dumas amoureux, Presses universitaires de Caen, 2020). Je parie que Dumas collectionna plus d’aventures que cette publication ne comporte de pages et je citerai pour la curiosité du lecteur une exposition Dumas dont le catalogue recense longuement les femmes qu’il eut, mais ne peut citer que le nom d’une seule qu’il n’eut pas !]

Larger than life, ainsi était Dumas : cruel comme l’enfançon qui arrache ses ailes à une libellule bleue, et c’est bien justement que les Goncourt lui attribuaient un moi énorme, mais débordant de bonne enfance. Un bon larron en somme, au destin moins tragique que celui du Bon Larron de l’Évangile, celui que la tradition connaît sous le nom de Dimas… bon sang, mais c’est bien sûr ! Dumas ? vous avez dit Dumas ?

[NdR : Il va sans dire que le lecteur est invité à visiter le formidable site de La Société des Amis d’Alexandre Dumas. Selon le sage, les hommes illustres ont pour tombeau la terre entière. On a choisi et c’est heureux, d’amener la dépouille du plus célèbre de nos romanciers sous la coupole du Panthéon, sans se soucier cependant  – ceci est une pétition ! - de poser une simple plaque de bronze au 45, rue de la Chaussée d’Antin, numéro devant lequel passe chaque matin l’auteur de ces lignes et où furent écrits les deux romans parmi les plus fameux de la littérature française, Les trois mousquetaires et Le comte de Monte Cristo.]

 

Black – Alexandre Dumas, préface Christophe Mercier – La Grange Batelière – 9791097127015 – 18 €

 
 
 
 

2 Commentaires

 

Christine Belcikowski

29/04/2021 à 07:41

Un délice, cet article !

Berg

06/05/2021 à 14:41

Aimer d’aimer. Rêver d’aimer. Aimer rêver. Un joli trio de vie pour les quatre Dumas.

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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La fille qu'on appelle, de Tanguy Viel 

BONNES FEUILLES – Pour cette nouvelle rentrée littéraire, les Editions de Minuit publient le prochain roman de Tanguy Viel, La fille qu'on appelle

23/07/2021, 08:33

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Traverser la foule de Dorothée Caratini : un appel à vivre

BONNES FEUILLES – Pour cette rentrée littéraire, les éditions Bouquins donnent la parole à Dorothée Caratini à travers son premier roman Traverser la foule. Un livre qui souligne la force des émotions et la vivacité d’un besoin de vivre. Traverser la foule comme on traverse la vie, avec un but, un horizon ; traverser, au plus vite, pour ne pas se perdre ou perdre des morceaux de soi.

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ALBUM JEUNESSE – Ce vendredi, après l'école, la maman de Gabriel l'accompagne chez ses grand-parents. Nous accompagnons l'enfant dans ce moment de vie, découvrant ce qu'il révèle de plus banal et précieux à la fois. Maylis Daufresne et Juliette Lagrange racontent une histoire pleine de douceur qui s'intéresse moins à la péripétie qu'à l'évocation de sensations.

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BONNES FEUILLES - Voyage sentimental à travers la France et l’italie, le nouveau roman de François Cérésa, A un détail près, nous plonge au coeur d’une histoire entre deux amants, rencontre hasardeuse qui les plonge dans un jeu passionnel.

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Mort d'Henri Deluy, directeur d'Action poétique

Fondée en 1950, Action poétique est une des plus anciennes revues de poésie française publiées. Elle a également publié des recueils. Pendant plus de cinquante ans, Henri Deluy dirigea cette revue qu’il ouvrit à tous les débats et à toutes les formes de poésies. Il s’est éteint le 20 juillet, à l’âge de 90 ans.

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La pratique de la divine présence avec le divin verbe créateur - L’Ascension, unique véritable But

Bien que, entre les lignes du livre de l’Apocalypse, le leitmotiv soit « la victoire », ce qui doit être vaincu n’est pas explicitement évoqué. Et Saint Paul, dans ses épîtres, emploie maintes fois « homme intérieur », une manière sans doute de désigner la partie spirituelle en chacun de nous. 

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Thanatos - Le retour des dieux, de Gabriel Zallas

Gien, petite ville provinciale célèbre pour sa faïencerie et son musée de la chasse ; sa cathédrale eut l’honneur de recevoir Jeanne d’Arc à deux reprises au XVe siècle après la libération d’Orléans ; sa plage de sable sur le fleuve pendant la période estivale, la première cité partant d’un circuit de la visite des châteaux de la Loire dans une région où il n’en compte pas moins de quarante-cinq, tous plus magnifiques les uns que les autres ; mais c’est aussi la porte de la Sologne pour les amateurs de pure nature sauvage.

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La danse de l’eau, de Ta-Nehesi Coates : le pouvoir de l'homme libre 

BONNES FEUILLES – Pour cette rentrée littéraire, les éditions Fayard nous font découvrir le premier roman de l’auteur américain Ta-Nehesi Coates. Il livre ici un récit profondément habité, plein de fougue et d’exaltation, qui rend leur humanité à tous ceux dont l’existence fut confisquée, leurs familles brisées, et qui trouvèrent le courage de se soulever au nom de la liberté.

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Émotions, tolérance et cacas carrés : 6 albums jeunesse à découvrir

ALBUM JEUNESSE – Six albums pour accompagner les vacances, voilà six bonnes raisons d’ouvrir un livre avec ses enfants, neveux, nièces, petits-cousins et cousines, ou tout autre forme de progéniture de votre entourage. Au menu, tolérance, documentaire et d’autres choses. Même si tous n’ont pas également plu aux jeunes lecteurs que nous avons sollicités. Des livres à partir de 3 ans, et jusqu'à un peu plus...

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Les P'tites poules : du poulailler à la cuisine, grosse rentrée chez les gallinacés

Les deux Christian, Heinrich et Jolibois, ont séduit les lecteurs depuis une vingtaine d’années avec leurs P’tites poules : plus de 5 millions d’exemplaires vendus, le succès est colossal. Et poursuivant sur cette belle lancée, deux nouveaux ouvrages sont attendus pour la rentrée : un 19e tome des poulardes débarque, suivi d’un ouvrage de recettes… garanties sans poule au pot !

19/07/2021, 11:45

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Les Ensablés – La Rédemption de Mars de Pierre Nothomb (1887-1966)

Au sortir de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a travaillé pour le Gouvernement belge en exil au Havre (Sainte-Adresse) et publié des essais défendant et illustrant les positions de son pays, Pierre Nothomb (1887-1966) mène une vie littéraire entre la Belgique et la France et fait notamment paraître à Paris le roman La Rédemption de Mars (Paris, Plon, 1922). Par Louis Morès.

18/07/2021, 10:00

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Le second souffle, de Gilles Marchand et Jennifer Murzeau : planète haletante

BONNES FEUILLES —  Intoxiquée, empoisonnée, la Terre respire avec peine. Ulysse et Ava aussi. Trouveront-ils leur second souffle ? Pour cette rentrée littéraire, les éditions Rageot publient un roman à quatre mains, signé Gilles Marchand et Jennifer Murzeau. Cette publication marque l’entrée au catalogue Rageot de deux auteurs de littérature générale aussi talentueux qu’engagés.

16/07/2021, 17:52

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Les villages de Dieu d'Emmelie prophète : Port-au-Prince, coeur battant d'un État voyou 

BONNES FEUILLES - « J’ai grandi dans cette cité où jamais il n’y avait eu de trêves, où la mort circulait à midi comme à minuit. » Publié aux éditions Mémoire d'encrier, Les villages de Dieu, écrit par Emmelie Prophète se présente comme un roman extrême, qui puise sa substance au milieu des agitations des bidonvilles. Un ouvrage sur la puissance des gangs à Port-au-Prince. La mise en scène d’un État voyou, qui résonne longuement avec l'actualité d'Haïti. 

 

15/07/2021, 12:12

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 Mister Cerveau : les explorations cérébrales de Jean-Yves Duhoo

BANDES DESSINEES - La science est loin d'avoir exploré le fonctionnement du cerveau : la manière dont nos pensées, notre mémoire ou nos raisonnement s'organisent constituent autant de champs d'investigation en perpétuel défrichage. Les découvertes se suivent et lèvent un coin du voile qui recouvre la matière grise. Mais le grand public n'est pas toujours bien informé de ces avancées des connaissances. Les cours de biologie divulgués par l'Education nationale sont bien loin et le savoir a avancé depuis que la dernière heure de cours s'est achevée : Mister cerveau propose de faire le point et de dresser un état des lieux, encyclopédique et amusant, sur les connaissances scientifiques concernant le fonctionnement non pas de notre boîte crânienne, mais de la masse spongieuse qu'elle protège.

15/07/2021, 09:11

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Laura Antonelli n'existe plus : un destin fracassé 

L’Automobile Club de France a récemment remis à Philippe Brunel le Prix de l’Homme pressé 2021, pour son roman Laura Antonella n’existe plus, publié chez Grasset. Au cours de la cérémonie, le secrétaire du Prix de l’Homme pressé, Bertrand de Saint-Vincent, a rendu un hommage appuyé à ce texte. Et avec son autorisation, nous le publions dans nos colonnes.

15/07/2021, 08:30

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Paternoster d’Adrien Girard : dernière déclaration 

BONNES FEUILLES – Un père est dans le coma et son fils se rend à son chevet, au rythme de tout un service de réanimation, d’une folie pandémique mondiale et d’un deuil qui, coupablement, se fait attendre. Un père solaire autrefois adoré, mais un père irrémédiablement absent, une ombre dans laquelle le fils a dû grandir. Pour cette rentrée littéraire, les éditions Au Diable Vauvert publient le premier roman, Paternoster, du plus jeune lauréat du Prix d'Hemingway : Adrien Girard. Ce dernier y narre la veillée funèbre d’un fils auprès de son père, au seuil de la mort.  

14/07/2021, 15:56

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Emplettes : courses graphiques 

ALBUM JEUNESSE - Une personne se rend dans une supérette et demande divers produits. C'était sans compter la surdité de l'épicier.ère. Dans Emplettes, Jérémy Fischer dessine un dialogue court et absurde qui émerge progressivement en fonction des pages que l'on tourne. 

14/07/2021, 15:26

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Feu de Maria Pourchet : la passion et ses menaces 

BONNES FEUILLES - Edité par Fayard, Feu, le sixième roman de l'écrivaine et scénariste Maria Pourchet, sera disponible en librairie dès le 18 août 2021. Rongés par la monotonie de leurs vies respectives, Laure et Clément seront bientôt consumés par leur passion mutuelle naissante. Loin du classique des romans d'amour, Feu en propose une vision mêlant puissance sentimentale et humour. 

13/07/2021, 17:55

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L’imagier des fleurs du jardin : éducation poétique 

ALBUM JEUNESSE – Cet imagier présente, à raison d'un dessin par page, des fleurs ordinaires que l'on peut trouver dans n'importe quel jardin. Ainsi se succèdent une jonquille, une tulipe, un oeillet ou une glycine. Avec ce livre, Marie-Noëlle Horvath livre un bel exemple de la poésie de ce qu'elle nomme des illustrations textiles, c'est-à-dire des images qui sont réalisées à partir de tissus découpés.

13/07/2021, 10:21

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Tableau final de l’amour, de Larry Tremblay : Francis Bacon, radical 

BONNES FEUILLES – Pour cette rentrée littéraire, les éditions La Peuplade publient le prochain roman de l’auteur québécois Larry Tremblay. Librement inspiré de la vie du peintre Francis Bacon, Tableau final de l’amour fait le récit d’une quête artistique sans compromis, viscérale, voire dangereuse. Un roman humblement cruel sur l’amour et la création…

13/07/2021, 09:38

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Voyage en train / C'est chez moi : Pop-ups en perspective 

POP UP JEUNESSE – En l’espace de quelques mois sont sortis en librairies deux beaux pop-ups très différents mais donnant à penser, à manipuler et à admirer, chacun à leur manière. D’un côté, nous avons Voyage en train réalisé par Gérard Lo Monaco, auteur chevronné à cette technique depuis de nombreuses années et qui a travaillé avec des éditeurs historiques tels que Jean-Jacques Pauvert et Robert Delpire. De l’autre, C’est chez moi, imaginé et dessiné par Aurore Petit, illustratrice jeunesse qui a notamment publié des albums chez Thierry Magnier ou Le Rouergue et dont c’est ici le premier ouvrage en volume.

12/07/2021, 17:19

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Philipp Weiss : Le grand rire des hommes assis au bord du monde

BONNES FEUILLES - 1200 pages, une œuvre en quatre romans et un manga, qui, à travers cinq histoires personnelles toutes liées les unes aux autres, tourne autour d’un seul et même thème, la fin de notre monde : un projet romanesque hors norme qui nous conduit du XIXe siècle français au Japon du XXIe siècle, de la Commune à Fukushima, des premiers pas de la libération de la femme à la réalité virtuelle et à l’humain augmenté. 

12/07/2021, 16:02

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La trilogie de Licanius de James Islington : la saga des prophéties 

BONNES FEUILLES - Vingt ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre. Les Augures, autrefois considérés comme des dieux - devenus dictateurs - ont été renversés et anéantis, leurs pouvoirs mystérieusement disparus. Leurs représentants, hommes et femmes dotés d'une capacité moindre, les Talentés, n'ont évité le sort des Augures qu'en se soumettant au Pacte qui les lie à quatre Préceptes, les marque de manière indélébile et protège les humains. Davian, élève des Talentés, en subit les conséquences. Le premier tome de la Trilogie de Licanius de James Islington est annoncé pour cette rentrée aux éditions Leha. 

12/07/2021, 16:00

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Books by Women : chaos et liberté

Si vous les suivez un peu sur les réseaux sociaux et dans nos colonnes, vous avez peut-être dû voir la raison de leur longue absence : Elsa et Elura ont ouvert leur librairie ! Elles s'y attendaientt forcément, mais pas à ce point-là, et le projet prend tout leur temps et leur énergie, au point que Books by Women s'est retrouvée sur le carreau... Et pourtant ce n'est pas faute de lire et d'avoir de beaux coups de cœur ! 

12/07/2021, 15:30

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Disparition de Robson Rocha, illustrateur chez DC Comics

Dimanche 11 juillet, Robson Rocha, illustrateur, est décédé à 41 ans suite à des complications liées à la COVID-19. Après une entrée dans le monde de la bande dessinée en 2010, Rocha avait signé un contrat exclusif avec DC Comics en 2016, où il a fait carrière depuis. Il s’est principalement fait connaître pour son travail de reprise d’illustrations pour Aquaman, d’après le script de Kelly Sue DeConnick.

12/07/2021, 12:12

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Uchronie biographique : Rimbaud en 2021, poète dans un monde sans poésie ?

Aujourd’hui, Raphaël Gariépy, à la suite d'un entretien avec Adrien Cavallaro, maître de conférences à l’université Grenoble Alpes, auteur de Rimbaud et le rimbaldisme. XIXe-XXe siècles, et codirecteur, avec Yann Frémy et Alain Vaillant, d'un récent Dictionnaire Rimbaud, imagine une rencontre avec le jeune Arthur, auteur de polar, sympathisant des Gilets jaunes et futur transhumaniste. 

09/07/2021, 16:14

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Le secret très secret du maitre des secrets : alors, alors, alors? 

ALBUM JEUNESSE – C'est la fin de l'année scolaire et tes parents t'ont inscrit dans une super colonie de vacances où de nombreuses activités sont organisées chaque jour. Mais toi, plus malin, plus curieux aussi, te donnes un autre objectif : trouver le maître du secret afin qu'il te révèle quel est son secret si secret.

09/07/2021, 15:01

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La langue du pic vert de Chantal Dupuy-Dunier : de vos folies faites vos rêves

BONNES FEUILLES - « Le pic vert enroule sa langue autour de son cerveau pour le protéger contre les trépidations quand il fore les arbres. » Cette phrase, prononcée par un guide de musée, est une révélation pour Sylvain Breuil, le point de départ d’une quête de l’invulnérabilité, puis de l’immortalité. Premier roman mystérieux et original, La langue du pic vert de Chantal Dupuy-Dunier, publié chez La Déviation, est dédié à tous ceux dont le rêve est appelé folie.

09/07/2021, 09:00

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Gallimard publie l'édition intégrale du Journal de Franz Kafka

Ces 12 cahiers allant de 1909 à 1923, Kafka les qualifiait parfois de Journal, observations de vie quotidienne, rêves, visions, fulgurations, réflexions et même dessins alternant avec de multiples débuts de récit, certains répétés. Comme s’il s’agissait de réchauffer un moteur narratif refroidi. Dans cette galaxie brille un seul récit achevé, Le verdict, écrit d’une traite une nuit de 1912, devenu pour l’écrivain le modèle du bonheur de raconter. 

08/07/2021, 08:26

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La Fontaine l'Immortel a tout de même 400 ans

FABLES - Pour célébrer les 400 ans de la naissance de Jean de La Fontaine, les éditions Gallimard sortent dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade un tirage spécial des Fables de ce dernier. Elles y sont accompagnées pour la première fois des célèbres gravures et dessins préparatoires du non moins célèbre illustrateur Jean-Jacques Grandville. « La présente édition reproduit 192 de ces dessins, c’est-à-dire la sélection la plus importante jamais proposée. » On y trouve aussi la présentation de Grandville sur son travail et où il souhaitait déjà la réunion des gravures et études dans une seule et même publication. 

07/07/2021, 17:28

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Les étoiles les plus filantes d'Estelle-Sarah Bulle : Orfeu Negro, comme une épiphanie 

BONNES FEUILLES - Avec Les étoiles les plus filantes (Liana Levi), Estelle-Sarah Bulle signe en cette rentrée littéraire une fiction audacieuse, comblant l’absence d’archives, un grand roman qui raconte une parenthèse enchantée, à la confluence de la Nouvelle Vague et de la bossa nova, et la cruauté quand elle se referme :  l’histoire imaginaire d’un film culte, Orfeu Negro de Marcel Camus, de son tournage en 1958 à sa consécration avec la Palme d'or en 1959 . 

07/07/2021, 17:27

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Mais où est Momo? : cache-cache et grandes vacances 

ALBUM JEUNESSE - Ce second opus des aventures de Momo voit l'arrivée d'un second canidé, le fier Boo. Tous deux accompagnent leur maître en vacances, l'occasion de clichés caractéristiques de balades et flâneries au contact de la nature. Dans chacune de ces compositions se cachent des objets que le photographe nous met au défi de trouver !

07/07/2021, 16:34