Manga : un acteur historique accusé de promouvoir la culture du viol

Gariépy Raphaël - 08.09.2020

Manga/BD/comics - Univers Manga - Manga Shōnen Jump - Violence sexuelle pétition - Edition société éducation


Coup de tonnerre dans l’univers du manga : une pétition qui réunit des milliers de signatures met en cause Shōnen Jump qui présenterait une image dégradée des femmes. Le magazine est notamment accusé d’encourager indirectement le harcèlement sexuel, et bien pire, en mettant régulièrement en scène des rapports sexuels non consentis. 
 


Mondialement connu pour ses séries comme Dragon BallOne PieceNaruto ou encore Bleach, le magazine Shōnen Jump fait partie de l’univers des passionnés de manga depuis des décennies. Mais les fans d’hier ont grandi, et prennent conscience que tout n’est pas toujours rose au sein de cette machine à rêves aux couvertures plastifiées. 

Une pétition intitulée « Nous/Les garçons, ne sommes pas des loups : que Shonen Jump fasse la distinction entre l’érotisme et les violences sexuelles » a été lancée sur le site Change.Org et s’est terminée ce vendredi après avoir récolté 4000 signatures collectées en une semaine. 

Le texte a été rédigé par Manabu Sekiguchi, un lecteur de manga assidu qui a grandi avec les œuvres de Jump. Il assure avoir lu des mangas sexuellement évocateurs dès la primaire et notamment To Love-Ru.

Arrivé dans le supérieur, il fait la rencontre d’un étudiant qui n’avait jamais lu les ouvrages enfant et qui lui avoue trouver des passages profondément dérangeants. En revenant rétrospectivement vers l’œuvre Sekiguchi comprend le problème : des scènes proposent des rapports sexuels non consentis et donnent une vision du corps des femmes comme un objet à forcer. 
 

Un lectorat problématique 


Selon Sekiguchi, le public cible du magazine serait bien trop jeune pour faire la distinction entre une scène érotique et du harcèlement sexuel. Lui-même était incapable de saisir la différence entre fiction et réalité sur le sujet. Durant son adolescence, il aurait assisté à des agressions sexuelles, perpétrées par ses camarades, également lecteurs de Shōnen Jump. Des filles de sa classe se retrouvaient victimes de conduites reproduisant des attitudes assimilées à travers certains titres.
« Personnellement, je me sens mal à l’aise quand je lis Jump ces jours-ci : ils vendent allégrement le corps des femmes comme s’il s’agissait de bétail », écrit-il. Il remarque que sous le feu des critiques les comportements les plus violents sexuellement sont aujourd’hui mis en scène à travers des femmes qui agressent d’autres femmes. « Peut-être par conviction que les critiques se calmeront si ces comportements se font entre filles... J’aimerais que les rédacteurs en chef de Jump se rendent compte que, peu importe qui le fait, les actes sexuels commis sans le consentement des deux parties sont des violences sexuelles blessantes »
 

Un problème structurel 


Sekiguchi affirme être tout à fait conscient que les mangas mis en avant par le magazine ne sont pas pensés pour être des manuels d’éducation sexuelle. Mais il condamne Jump qui conditionnerait les lecteurs à percevoir le corps des femmes comme des proies. « Cela renforce l’idée que les hommes sont des “loups” qui perdent leur sang froid en voyant un carré de peau découverte », affirme-t-il. Enfin il note que beaucoup des personnages féminins sexualisés dans les ouvrages ne sont même pas en âge d’être au lycée et sont donc mineurs.

Il est encore trop tôt pour véritablement mesurer l’impact de cette initiative sur le magazine. Mais cette pétition succède à l’annulation du manga Act-Age, son auteur Tatsuya Matsuki ayant agressé sexuellement une mineure à Tokyo — voilà qui n’est pas anodin. Cela fait bien des années que le fonctionnement de Jump est mis en cause, la quasi-absence d’éditrices au sein du magazine depuis 50 ans a régulièrement été pointée du doigt. 


Via Anime New Network 

Crédit photo : vinsky 2002 CC 0


Commentaires
Franchement, tout ceci pue l'hypocrisie à deux balles...

Érotisme pour jeune garçon ? ET pourquoi pas porno pour jeunes enfants ? Il n'y a pas de frontière pour faire de l'érotisme sans que la femme ne soit pas réduit à un objet, surtout dans le monde très binaire du... Japon, pays de la femme objet par excellence.

Le manga fonctionne en grande partie grâce au cul, et personne ne veut le dire. Ah oui, on aime bien dire qu'on est sensible au plaisir de lire un bouquin à l'envers (sic), que l'iconographie est plus riche que celle occidentale, que les histoires ont plus de vignettes... Mais la réalité est là : la plupart ont fait du cul - pardon de l'érotisme - leur centre névralgique. Retirer le des mangas et cette industrie n'existera plus.

Ce n'est pas demain la veille, aurait dit un chef gaulois célèbre.
@Hypocrisie



Franchement, j'ignore ce qui est le plus affligeant. Ton manque de connaissances sur le sujet, ton idée réductrice de la représentation de la femme au Japon basée sur ta propre conception de ce que doit être une femme, ton absence totale de connaissances en matière d'érotisme... La liste est longue, et les caractères limités.



Mais ce qui montre à quel point tu es inculte autour du thème et lit aveuglément un article uniquement putaclic, c'est clairement la stupidité de ton égocentrisme et tes facultés limitées quand tu crois que "lire à l'envers" est péjoratif (surtout quand tu étales encore plus ton chauvinisme de par ce fait), et l'idée de réduire les mangas de type ecchi en une représentation uniforme de toute la culture autour d'eux, qui s'étend bien au delà des petits éditeurs français qui ne couvrent pas 5Þ tout ce qui parait réellement au Japon chaque semaine, mais se permettent de les vendre majorés pour la traduction incorrecte et adaptée à leur propre culture frenchy quitte à dénaturer le contenu originel.



Comique aussi de voir que tu crois que mangaka signifie forcément faire du cul, pardon de l'érotisme pour réussir ou pour vendre. Hilarant de voir que tu crois que parce qu'un manga peut avoir beaucoup d'érotisme, c'est ce qui fait qu'il se vend à des millions d'exemplaires, quand on voit que des gens se rassemblent dans des conventions et parlent de l'oeuvre à n'en plus finir en débattant sur le sujet avec passion, vont rencontrer l'auteur, écoutent des conférences, assistent à des expositions...



Oui, c'est vrai que se déplacer à des centaines de kilomètres de chez soi, organiser des congés sur des heures supplémentaires, se cosplayer en un personnage favori, se déplacer avec des comparses qui débattent autour d'une oeuvre (érotique ou non, ou qui contient de l'érotisme ou non) pour expliquer quel personnage ils préfèrent et pourquoi, ou inversément détestent, et faire la queue pendant des heures pour avoir une dédicace d'un manga à caractère érotique (ou non) et la chance d'échanger quelques mots avec l'auteur est synonyme de perversion uniquement et indique clairement que la seule chose que savent faire les mangakas c'est étaler du cul en images, vu que les mangas "ne reposent que sur le cul" selon toi, bien suuuuuuur.



On voit bien où se limite ton esprit étriqué.



Pas besoin d'aller plus loin dans la discussion avec toi, on voit tout de suite la personne limitée par ces préjugés qui prend des lieux communs pour donner un avis basé sur sa perception étriquée du monde extérieur à sa petite zone franchouillarde.



Si un violeur déclare qu'il a lu un livre sur la pisciculture et que ça l'a incité à utiliser des poissons pour ses actes, on va condamner toutes les oeuvre qui traitent du sujet et les amalgamer?



Grande nouvelle les génies! Les gens qui commettent des crimes peuvent voir de l'inspiration n'importe où, pas besoin de croire que si on lit de l'érotisme dans un manga on est un pervers / ou un violeur en puissance.



Mais si vous voulez, on a qu'à faire ça: donnez votre historique pornhub aux "rédacteurs" de ces articles putaclic qui amalgament volontairement n'importe quoi pour répandre de la désinformation négative, et on verra ce qu'il ressortent comme article à votre sujet. Plus simple encore, dites quel est votre hobby, si vous aimez regarder une fleur et la sentir, vous êtes assurément un futur kidnappeur / violeur. Si vous êtes une femme qui aime la littérature érotique, vous êtes une salope qui aime se faire démonter tous les jours.



Merci les amalgames, merci Mr. Hypocrisie, auteur du précédent commentaire, tu me confortes juste dans l'idée que je suis content d'être plus cultivé et intelligent. Mais bon, la barre n'est pas placée haut au vu de ton message.



En ces temps de crise sanitaire, je me dis que c'est dommage que le covid ne soit pas un virus spécifique aux cons, attaquant leur système nerveux et les empêchant d'écrire des commentaires, et qu'ils seraient réellement obligés de rester confinés, ça m'éviterait d'en rencontrer ou de lire de telles absurdités basés sur des préjugés à deux balles.
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