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Uchronie biographique : sur quel futur parie Pascal ?

Avec l’aide de chercheurs spécialistes, ActuaLitté vous propose d’explorer ce que seraient devenues certaines grandes figures littéraires françaises si elles avaient vécu en ce début de XXIe siècle. Qu’aurait fait Voltaire avec un smartphone dans la poche ? Pensé Zola devant les lignes de train automatiques ? Quels vers aurait écrit Rimbaud sur Tinder ? 

Le 23/10/2020 à 17:18 par Auteur invité

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23/10/2020 à 17:18

Auteur invité

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Aujourd'hui on vous présente un Blaise Pascal quelque peu dépressif, inquiet pour le futur de l'humanité et, peut-être, cryptocommuniste. 

Par Alain Cantillon, Maître de conférence en littérature du XVIIe siècle à Université de la Sorbonne nouvelle, auteur de Le-pari-de-Pascal : étude littéraire d'une série d'énonciations publié aux éditions de l'EHESS/J.Vrin

Si par une douce et lumineuse après-midi d’avril ...

Parmi toutes les tâches de mon métier, il y en a une que j’aime par-dessus tout : faire venir dans les temps présents les écrits de Blaise Pascal.

Un tel travail nécessite que l’on se tienne bien fermement attaché à quelques principes, au premier rang desquels figure le rejet des facilités offertes par les raisonnements circulaires de celui qui, supposé savoir, s’est doté petit à petit d’un bel instrument herméneutique total clos sur lui-même, nommé Blaise Pascal. Dans sa belle unité sphérique toute lisse et polie par le travail il a le pouvoir de régler tous les problèmes d’établissement et d’interprétation de n’importe quel texte, même les plus extraordinairement inachevés, et lacunaires, comme Les Pensées voire absolument déliés de leur auteur, comme les Écrits sur la grâce dont il n’existe que des manuscrits hétérographes.

Ce principe est particulièrement difficile à respecter dans le cas de Pascal parce que Les Pensées, justement par leur inachèvement, par leurs lacunes, provoquent l’interprétation mais aussi, et peut-être en premier lieu, parce que ce manuscrit, dans ses parties autographes, incite à des rêveries qui peuvent rester informulées ou tout aussi bien prendre place au sein d’un discours de connaissance. On se demande par exemple dans quelle situation et dans quel état se trouvait Pascal lorsqu’il écrivit son célèbre Pari, pour que les lignes soient disposées sur les pages d’une façon si étrange.

Entre rêveries plus ou moins manifestes, et interprétations plus ou moins forcées, on se forme ainsi une persona, représentation d’un certain Blaise Pascal, ayant vécu dans le royaume de France entre 1623 et 1662, une idéalité garantie par la connaissance indubitable de certains faits, mais dont l’épaisseur ontologique dépend d’un ensemble d’autres caractères qui viennent combler les innombrables interstices de ce savoir. Malgré la carapace que des habitudes de rigueur peuvent avoir peu à peu secrétée autour du spécialiste des écrits pour le protéger contre les risques de hantise, l’historien de la littérature, ou de la philosophie, voire le philologue, ne chasse pas toujours de son esprit la possibilité fantasmatique d’une éventuelle irruption de cette persona, de son apparition soudaine, là, en face de lui, dans sa chambre, par une nuit bleue et froide de décembre.

Un homme à la porte 

Bien plus simplement, un jour d’avril, par une douce et lumineuse après-midi, Blaise Pascal se contenta de frapper à la porte de ma maison. Comment ai-je pu le reconnaître au premier regard, habillé comme il l’était comme un promeneur d’aujourd’hui, pourquoi n’ai-je pas eu de mouvement de recul, n’éprouvant ni peur ni étonnement, je ne saurais le dire. Je l’accueillis comme un ami dont j’aurais attendu la venue. Il me rendait visite comme il l’avait fait, me dit-il, à d’autres avant moi, par obligation, sa volonté n’étant ni maîtresse, ni dominante, mais aussi pour tenter de comprendre, et, quelque peu, se plaindre.

J’ai tenté de lui expliquer comment, dans quelles circonstances historiques, selon quels fils de tradition, il était progressivement devenu l’objet d’un intérêt, si ardent qu’il le trouvait teinté d’idolâtrie. Il prétendait, sans pour autant m’adresser ce reproche plus qu’à d’autres, qu’il avait dû revenir sur la Terre par notre faute, nous qui faisions tant d’efforts pour le faire venir vers le temps présent ; à l’en croire, une si longue persévérance était enfin récompensée et il était maintenant notre contemporain. Je crois bien pourtant que son renvoi vers la vie terrestre, que les visites qu’il rend, que tout ce qu’il fait en ce moment dans ce monde, répondent à des raisons bien plus incandescentes.

Nous avons eu plusieurs entretiens assez longs, qui ne portaient jamais directement sur ses écrits du passé, mais sur ceux de sa nouvelle vie, et sur cette vie. Ce n’est pas qu’il eût oublié sa première vie terrestre, mais étant devenu pleinement quelqu’un du temps présent, il n’y avait plus accès, guère plus que nous, et seulement à travers la qualité propre de son existence et de ses expériences d’aujourd’hui. Les lignes qui suivent restituent ces conversations, librement, sous une forme condensée, et fidèlement malgré tout, autant qu’il est en mon pouvoir. J’espère que les lecteurs me seront reconnaissants de n’avoir pas tenté d’imiter son éloquence si frappante, ce qui m’aurait immanquablement conduit à ne produire qu’un pauvre pastiche.

Une modernité dénaturée ? 

Frêle, jeune encore, et assez alerte, il laissait cependant percer une très profonde lassitude, par-delà sa verve et l’acuité de sa pensée. En ces après-midi de printemps et d’été la crudité de la lumière le blessait dans la pièce aux murs blanchis, et nous devions fermer les grands persiennes pour ne faire entrer le soleil que par l’entrebâillement des jalousies. Malgré leur diversité, je conserve de nos discussions une impression dominante d’abattement devant l’évolution générale de l’humanité ; il dit à plusieurs reprises que tout tombait sous « l’alliance de l’homme », utilisant ainsi quasi littéralement, à travers les siècles, l’une de ces anciennes expressions que je connaissais si bien pour l’avoir lue, relue et méditée.

Il regrettait que certains hommes aient pu, au fil du temps, de siècle en siècle, entraîner l’humanité dans une rupture avec la nature, si radicale même que les cadres de l’existence humaine, de la sensibilité, de la pensée que l’âme trouve dans le corps où, dit-il , elle est jetée, que le temps, l’espace et le mouvement, soient désormais abolis par les nouveaux moyens de communication à distance d’une façon si totale que quelqu’un, à un point du globe, peut en un seul instant, par une simple impulsion électrique donnée à une machine, enrichir ou appauvrir quelqu’un d’autre, qu’il ne connaît pas, à 20.000 km de là. Mais il est temps de commencer notre récit recomposé.

 Science sans conscience...

Je naquis, me dit-il le 12 août 2019 (c’était notre septième rencontre), à Clermont- Ferrand le 19 juin 1985, dans une vieille famille d’Auvergne, très aisée ; mon père, qui avait une formation d’ingénieur, occupait alors un poste hiérarchiquement élevé dans une entreprise de fabrication de pneumatiques. Je n’ai pour ainsi dire pas connu ma mère et je ne garde d’elle aucun souvenir personnel. On aurait pu croire que la mort de sa femme aurait ébranlé la foi de mon père dans l’Église catholique, mais il n’en fut rien ; il pensa seulement, comme je le fais aujourd’hui après lui, que la mort les réunirait en Jésus-Christ.

Il est mort, lui aussi, voici peu, et je sais bien, cette fois-ci par expérience, qu’à ma nouvelle mort je les rejoindrai derechef. Ce qu’il accepta en revanche plus difficilement, ce fut le grand plan dit « social », dans l’entreprise qui l’employait, à la suite duquel plusieurs milliers de familles se trouvèrent réduites à la misère. Il décida de cesser de prendre part à cette grande farce tragique, de se mettre en retrait, de retrouver d’anciens amis versés dans la connaissance des sciences, et de s’occuper de l’éducation de ses enfants en vivant modestement de ses rentes. Il vint à Paris pour se rapprocher de ses anciens camarades d’École et nous faire profiter de leur société. Ce fut la période la plus heureuse de ma vie ; ma grande mélancolie, et les maladies qui y sont afférentes, ne s’était pas encore déclarée et je prenais plaisir à découvrir toutes les beautés que l’intelligence humaine peut créer lorsqu’elle est bien dirigée et employée.

Malheureusement, à la suite de divers revers de fortune, mon père dut prendre un nouvel emploi pendant quelques années, le temps nécessaire à la fin du procès, qu’il a heureusement gagné. Nous allâmes nous installer à Rouen où il fut embauché par cette usine de produits chimiques dont le nom devint si tristement célèbre l’année dernière à la faveur de l’incendie qui provoqua l’empoisonnement de nombreuses personnes jusqu’à plus de deux cents kilomètres de distance. J’avais alors 18 ans, la recherche du profit au mépris des lois et de la morale gouvernait déjà cette usine, mon père m’en faisait confidence, et je souffris de ce bouleversement bien plus que je n’avais pu le prévoir.

Interrompre ainsi les relations quasi quotidiennes avec tous nos amis ; voir que les sciences étaient, non seulement incertaines dans leurs résultats (cela je le savais déjà), mais malgré cette faiblesse, proprement formidables par la puissance de leurs produits; découvrir dans toute leur violence les injustices sociales qui de plus en plus dégoûtaient mon père, tout cela alluma en moi un feu de révolte qui, depuis, ne cessa d’être alimenté et de s’augmenter.

Une fuyante vérité 

Nous fîmes alors la connaissance de quelques catholiques particulièrement attachés à la formalité des pratiques ainsi qu’à des doctrines intransigeantes. Après m’être senti dans un premier temps aussi séduit que le furent mon père et mes sœurs, Jacqueline surtout, j’en suis venu petit à petit, au fil des années, à me défier de cet intégrisme, ou, si l’on veut, de ce fanatisme.

On se fait en effet une idole de tout, même de la vérité; or, m’a-t-il semblé, la vérité est bien de ce monde, parmi les hommes, mais elle y erre inconnue, et il faut faire tant et tant pour la découvrir parfois ici ou là qu’elle exige une recherche incessante, et de ne jamais oublier, lorsque l’on croit la tenir, de prendre en considération avec elle, dans le même mouvement, celle qui lui est opposée. Je me suis persuadé de cette nécessité à mesure que je progressais dans la pratique des sciences et dans l’approfondissement de mes lectures. Les Essais de Montaigne surtout sont pour moi des compagnons de savoir et de pensée qui me donnent toujours un plaisir sans cesse nouveau.

J’apprécie peu la peinture, la musique, et les écrits produits après 1650 ; il n’y a rien là de surprenant, si l’on n’oublie pas que je ne suis qu’un autre moi-même revenant d’un lointain, d’un autre monde incroyablement dissemblable de celui-ci qui n’en est pourtant séparé que d’à peine quatre cents années. Ce que j’aime, et ce que j’admire pourtant, parce que rien ne m’avait permis d’imaginer quoi que ce fût d’une telle profondeur, ce sont tous les écrits dans lesquels la place de l’homme dans l’univers est construite comme objet esthétique ; dans un tel travail, la qualité propre d’une écriture, ou d’un style, est déterminante : Rousseau, et surtout Giono, mais aussi Glissant.

La créolisation, telle qu’il l’a pensée, me permet d’apercevoir peut-être ce qui, rendant mon retour possible, en fait une expérience si pleine de plaisir et de déplaisir. Tant de choses sont arrivées depuis que j’ai quitté ce monde la première fois qu’il me semble souvent que l’histoire est faite de grands balancements, et que cette dialectique dont on parle tant depuis le XIXe siècle n’est pas opposée par nature à la voix des Écritures, entendue dans son sens véritable.

L'ignorance des herméneutes 

En 1662, une fois dans l’Autre monde, j’ai fini par comprendre pourquoi je n’avais pas réussi à achever le livre que j’avais commencé, celui qui se nomme aujourd’hui Pensées de Pascal : mon analyse des contrariétés de la nature humaine, malgré toutes ses implications politiques, ne parvenait pas à s’accomplir, ne débouchait sur rien, et mon discours se creusait sous l’effet de cette indépassable contradiction interne.

Je ne lis presque pas ce que l’on écrit sur ce livre; c’est trop souvent désespérant d’incompréhension. Un jour pourtant, sur les conseils insistants d’un vieil ami au jugement fiable qui me comprend bien, j’ai pris connaissance des travaux de Louis Marin. Son analyse linguistique de l’état d’inachèvement de mes écrits comme un évidement du sujet du discours exprime très exactement cette faille ou cette limite. Un autre livre que je n’ai pas pu ne pas lire, son titre exerçant sur moi une fascination, est LeDieu caché de Lucien Goldmann, qui parle si justement à mon sujet d’un paradoxal retrait intramondain du monde.

Toutes les révolutions qui sont venues ensuite, à partir de la fin du XVIIIe siècle, ont bien montré que la charité pouvait venir dans ce monde, même cachée sous d’autres formes, et même si l’Église catholique était tellement défaite qu’elle ne décidait plus en maîtresse du destin du monde. Contrairement à ce que Leszek Kolakowski a pu prétendre, ce que j’ai écrit ne peut pas être opposé à l’esprit de l’utopie, et c’est bien maltraiter la grâce selon moi que de considérer qu’elle ne peut pas se manifester soudain d’une façon qui puisse sembler incongrue à ceux qui s’érigent en spécialistes de la volonté divine.

La marche du monde : une éternelle contradiction 

Comme je lui demandais s’il ne voyait pas un désaccord entre cet assentiment à l’histoire du monde et sa condamnation de la rupture de l’alliance de l’homme et de l’univers, il en convint aussitôt. Il m’expliqua qu’il fallait installer la pensée dans les contrariétés de l’humaine condition, faite de grandeur et de misère, et maintenir dans cette pensée – pour parler comme Louis Marin, ajouta-t-il avec un léger sourire à mon endroit – le mouvement de la contradiction illimitée.

La dialectique, malgré les grands progrès qu’elle avait permis, ne devait pas être considérée comme le fin mot de la réflexion parce qu’elle demeure, c’est sa nature propre, fondamentalement réductrice et par voie de conséquence, dangereuse.

Si, par exemple, nous pouvons considérer que, avec le poids de la puissance de l’argent, et de tous les procédés techniques que la puissance financière développe pour s’accroître encore, la démocratie bourgeoise, capitaliste, est en train de conduire l’humanité à sa perte, il n’en reste pas moins vrai qu’au moment présent les espaces de liberté qu’elle ménage autorisent aussi quelqu’un comme ma chère sœur Jacqueline à mener une existence paisible et pleine de piété et de charité sans mélange, enfermée dans une abbaye isolée dans la montagne. Ce qui ne lui avait pas été permis alors que l’Église catholique semblait dans une position bien plus enviable qu’aujourd’hui, dans cet État laïque où se passe ma nouvelle vie.

Utopie et cryptocommunisme 

J’ai d’ailleurs, voici 4 ou 5 ans, tenté de tirer parti de cette liberté et de ces nouveaux moyens techniques qui souvent font tant de mal, en créant avec un groupe d’amis un forum de discussion sur internet où il était question de tisser des liens concrets entre amour de Dieu et amour des hommes, en remettant en cause non pas seulement l’accumulation primitive du capitalisme, mais même, au-delà, la propriété privée comme usurpation de toute la Terre ; à dire vrai, cela ne nous a valu que quelques bordées d’injures anonymes, la plus fréquente nous traitant de cryptocommunistes, et quelques menaces, heureusement sans suite ; mais tous nos efforts se sont perdus comme la pluie sur l’océan.

Je n’ai pas pour autant renoncé à communiquer avec les hommes pour leur salut et je prépare à nouveau, comme lors de ma première vie terrestre, un ouvrage que cette fois je pourrai conduire jusqu’à sa publication, du moins je l’espère, car il faut continuer d’espérer, même si rien ne nous est dû. Ayant très bien rétabli la situation financière de sa famille, notre père nous a laissé, à mes deux sœurs et à moi, assez de biens pour que je ne doive pas travailler pour vivre.

Une fois passé le temps nécessaire à la gestion de ce patrimoine, non pas pour le faire fructifier, mais pour éviter qu’il ne se déprécie (je pense à mes neveux et nièces), je dispose de loisirs suffisants pour écrire ce livre ; et si ma santé est fragile, les secours des médecins me sont autrement plus utiles que ceux que j’ai reçus jadis, à partir de 1650.

L'homme face à sa propre extinction 

J’ai d’abord voulu suivre le chemin emprunté par mon père en passant quelques concours et en soutenant une thèse il y a à peu près 10 ans. Ensuite je fus recruté par le CNRS, mais je parvenais mal à participer aux travaux de recherche collectifs, en partie à cause de mon état de santé, si erratique. Peut-être la disparition si précoce de ma mère, ou simplement la dureté des temps, quelque chose enfin d’insaisissable, m’empêche d’être pleinement présent à ma vie sociale ; je ne veux pas trop creuser cela, étant trop enclin au ressassement mélancolique. Il m’a semblé plus honnête de démissionner et de laisser ce poste à quelqu’un qui saurait le remplir pleinement.

L’époque est propice aux sécessions, départs aux déserts, mises en solitudes, comme jadis. J’entretiens cependant toujours des relations suivies avec mes amis de l’École et avec les membres des centres de recherche auxquels j’ai participé pendant quelques années avec tant d’ardeur. Nous discutons de l’avancement de leurs recherches, de leurs dernières découvertes, qui promettent de grandes avancées toutes proches, dont j’espère qu’il ne sera pas fait un mauvais usage.

Parfois, à la suite de ces conversations, je me lance dans de nouveaux calculs, tout ce qui a trait aux rapports entre la relativité généralisée et la physique quantique demeurant à mes yeux capital, mais aujourd’hui comme jadis je reste persuadé que l’on ne peut connaître les parties sans connaître le tout, et que notre position dans l’univers , comme simple partie, nous interdisant une saisie globale et immédiate de cette totalité, il continuera toujours de planer au-dessus de toutes nos connaissances un voile d’incertitude qui ne peut manquer de me remplir d’effroi lorsque je songe à la puissance technique conférée par les sciences dans certains de leurs secteurs.

Il semblerait bien que, malgré toutes les catastrophes déjà engendrées par la puissance que les hommes ont acquise en développant leur connaissance de la matière, il ne soit plus en leur pouvoir d’arrêter le mouvement d’accroissement aveugle de leurs connaissances, malgré les conséquences funestes que personne ne peut à présent nier.

ll est désespérant de constater comment le si beau principe de responsabilité, celui d’Hans Jonas, a pu être repris et dévoyé par la parole dévaluée qui est celle de la pseudo communication de masse au point de ne plus être qu’une sorte d’équivalent de la prudence, belle vertu, certes, mais de piètre usage dans ce cas.

Le véritable « principe de précaution », qui voudrait que l’on ne se lance pas dans une aventure technique sans avoir pu mesurer ses conséquences à long terme sur la Terre est en effet authentiquement pascalien – si l’on me permet cette petite satisfaction de vanité – puisqu’il tient effectivement compte de ce que nous ne sommes pas du tout propriétaires de la nature qui, dans sa pleine et entière majesté, nous comprend et nous écrase.

Aussi ne devons-nous pas la laisser dégradée à celles et à ceux qui viendront à notre suite. Je n’ignore pas, me dit-il comme pour m’éviter une objection inutile, que Jonas a parlé de mon pari comme d’un « sinistre pari métaphysique ». Il n’aura pas été le seul à juger mes écrits sans les avoir lus en entier avec une attention suffisante.

Le silence éternel de ces espaces infinis... 

C’est là que se finit le compte-rendu synthétique de nos conversations ; elles se sont terminées par une grande séance sur le rapport de l’humanité au savoir, et à tout ce qui reste et restera du domaine de l’incertain. Il était alors entré dans une telle mélancolie que je suis peu confiant dans ses capacités à finir son livre dans cette nouvelle vie plus que dans l’ancienne. Nous avions parlé si longtemps ce dernier jour que toutes les lumières du village étaient éteintes lorsqu’il s’en alla. Je descendis la rue avec lui, jusqu’à sa voiture. Un petit-duc ponctuait le silence ; la lune à son dernier quartier disparaissait rapidement derrière le Cardu et la Voie lactée devenait de plus en plus brillante.

Au dernier moment il me remit une enveloppe en me disant qu’il y avait dedans quelque chose qui me plairait, qui m’aiderait dans mon travail, et qu’il avait trouvé par hasard voici quelques années dans des papiers de famille. Il devait le lendemain partir pour retrouver sa maison, à Chanturgue. Ensuite, comme pour montrer sans attendre que les analyses de Pascal sont encore et plus que jamais pertinentes, un nouveau virus s’est très vite étendu sur les hommes, nous avons dû nous enfermer et il n’a plus jamais répondu à mes messages.

Dans l’enveloppe j’ai trouvé l’autographe jusque-là disparu d’un des plus fameux fragments de ses Pensées : « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » ; le papier fait très nettement apparaître un premier jet « les effraie », aussitôt (même encre, même plume, même ductus) rayé et corrigé au-dessus en « m’effraie ».

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Cinéphile et spécialiste du XXe siècle, l’historien Marc Ferro est mort à l’âge de 96 ans

Historien spécialiste de la colonisation, de la Russie et de l’URSS et du cinéma, Marc Ferro est décédé dans la nuit du 21 avril entouré de sa famille en banlieue parisienne. Il avait 96 ans.

22/04/2021, 15:56

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La maison d'Agatha Christie à saisir : 3 étages, 5 pièces, aucun crime

Quarante années d’Agatha Christie, cela vous imprègne les murs, de la cuisine au jardin, en passant par le grenier. Voilà probablement, d’ailleurs, l’ultime argument de vente que l’agence a trouvé pour commercialiser la Winterbrook House : pour la somme dérisoire de 2,75 millions £ (3,2 millions €), on s’offrira les cinq chambres et les 575 m2 de terrain qui entourent la bicoque. Le tout en bord de rivière.

20/04/2021, 16:53

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Journaliste, écrivain, voyageur : Vassili Golovanov est décédé

Né en 1960, Vassili Golovanov fut journaliste et écrivain. Il a vécu à Moscou ou en voyage. Il est mort ce 13 avril 2021, ont « la très grande tristesse » d'annoncer les éditions Verdier.

14/04/2021, 21:08

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Poète et romancier, Bernard Noël est mort, sensure et sans reproche

Farouche défenseur des mots et de leur pouvoir, il était à l’origine de la notion de sensure, cette censure insidieuse qui ne bâillonne pas, mais dénature la langue. Il est décédé ce mardi 13 avril à l’âge de 90 ans.

14/04/2021, 13:04

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Anniversaire de Baudelaire : 200 ans, une poésie toujours sulfureuse

Le 9 avril 1821, naissait l’une des plus grandes figures de la poésie française. Poète maudit, inventeur de la modernité, artiste cynique, syphilitique dandy… Baudelaire est toujours auréolé d’une lumière sombre. Sa figure vénéneuse fascine et ses mots résonnent encore aujourd’hui dans la bouche de nombreux artistes. Nous vous proposons un bref retour sur cet héritage.

09/04/2021, 15:45

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400 ans après sa naissance, La Fontaine plus vivant que jamais 

Le 8 avril 2021 a marqué le lancement du 400e anniversaire de la naissance de Jean de La Fontaine dans sa ville natale, Château-Thierry. Le maire de Château-Thierry, Sébastien Eugène, déclare que ces commémorations sont l'occasion « de mieux connaître la personnalité et l’œuvre de Jean de La Fontaine ». 

09/04/2021, 12:20

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Mort d'Antoine Martin, écrivain “tout d'élégance et d'humour”

Antoine Martin était né en 1955. Romancier, nouvelliste, traducteur d’espagnol, de catalan et d’italien « aucun code de langue latine ne pouvait lui résister. Aucun sud », indique son éditrice. Il avait adopté un style brillant et un humour sans faille à la recherche d’une littérature qui ne se prend pas au sérieux. Son éditeur, Au Diable Vauvert, lui rend hommage, alors que l'auteur est décédé d'une longue maladie.

08/04/2021, 08:57

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Le dessinateur et scénariste Michel Koeniguer est mort

Créateur de la trilogie Bushido, Michel Koeniguer s’était peu à peu spécialisé dans le domaine des séries de guerres, illustrant avec brio les conflits irakien et vietnamien. Il est mort ce 6 avril 2021 d’un arrêt cardiaque à 49 ans.

 

07/04/2021, 12:34

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Artiste hongroise engagée, Krisztina Tóth, en résidence à Cognac

Krisztina Tóth, autrice hongroise réputée, sera présente à Cognac du 16 octobre au 22 novembre 2021 dans le cadre de la résidence d’écriture Jean Monnet. Autrice renommée et engagée, elle a récemment fait l’objet de pressions de la part du gouvernement Orbán. 

06/04/2021, 18:22

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Décès de Jeanne Hyvrard, juriste, autrice et féministe

Autrice d’une vingtaine d’ouvrages, Jeanne Hyvrard était née à Paris en 1945. Économiste de formation et de profession, elle aura, durant une quarantaine d’années, multiplié les œuvres littéraires originales : romans, théories-fictions, récits, essais, poèmes, chansons de geste et même un livret d’opéra.

05/04/2021, 11:50

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Mort de l'autrice jeunesse Beverly Cleary à 104 ans

Beverly Cleary, écrivaine américaine, est décédée le 25 mars 2021. Elle avait 104 ans. Enfant unique d’une mère institutrice et d’un père cultivateur, elle vécut à la ferme, près de Yarmhill, jusqu’à ses six ans, puis déménagea à Portland. Apprendre à lire lui sera une corvée. « J’avais la varicelle, la variole et l’amygdalite en première année et personne ne semblait penser que cela avait quoi que ce soit à voir avec mes problèmes de lecture. »

29/03/2021, 10:57

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Larry McMurtry, Prix Pulitzer pour Lonesome Dove et traqueur de cow-boys 

Auteur du célèbre ouvrage Lonesome Dove (Ed. Gallmeister, trad. Richard Crevier, paru en deux tomes), Larry McMurtry est décédé d’une insuffisance cardiaque. Prix Pulitzer 1986 pour cet ouvrage, il laisse de nombreux romans, qui se déroulaient souvent au Texas. S’y déclinent les valeurs mythiques du territoire et de l’Ouest américain, que le romancier ne manquait toutefois pas d’écorner. Il avait aussi signé le scénario de Brokeback Mountain, avec l’Oscar du meilleur scénario en 2006.

27/03/2021, 18:38

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Hommage à Gil Jouanard, l'inspiré du bord des routes

« Gil Jouanard, l'homme livre, le nomade casanier, s'en est allé, délicat et discret, ainsi qu’il était. » Écrivain français et créateur de nombreux événements autour du livre Gil Jouanard s’est éteint ce 25 mars à l’âge de 83 ans. Le poète et éditeur Éric Poindron lui rend aujourd'hui hommage dans un texte que nous publions ici dans son intégralité. 

 

26/03/2021, 13:18

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L’écrivain et poète Gil Jouanard est mort

Écrivain français et créateur de nombreux événements autour du livre, Gil Jouanard avait publié son premier ouvrage sur les conseils de René Char. Il s’est éteint ce 25 mars à l’âge de 83 ans.

26/03/2021, 11:41

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L’homme qui arrêta le désert de Yacouba Sawadogo et Damien Deville : l'espoir

BONNES FEUILLES – Un témoignage nécessaire et un message plein d’espoir pour construire le monde de demain. Ramener du vert et de la vie dans le désert du Sahel : tel est l’engagement de Yacouba Sawadogo, un paysan burkinabé qui a consacré 40 ans de sa vie à lutter contre la désertification de ses terres natales. Le récit de la ténacité et de la persévérance d’un homme qui avait arrêté l’avancée du désert.

04/12/2021, 06:50

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Graeme Macrae Burnet, un suicide, Une Patiente

BONNES FEUILLES – 1965, Londres. Élevée dans une famille bourgeoise, Veronica est une jeune femme brillante, à l’avenir radieux et tout tracé. Aussi son suicide surprend-il son entourage. À commencer par sa jeune sœur, pour qui l’incompréhension est totale. 

04/12/2021, 06:34

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Astérix, Blake et Mortimer, Goncourt  : les 200 meilleures ventes (semaine 47)

Parvenus à cette période de l’année, les best-sellers besteront et plus grand-chose ne devrait changer. Aussi garde-t-on Astérix, 1,2 million, en tête des ventes de la semaine et des ventes tout court. Blake et Mortimer dépassent encore une fois le Goncourt en vente hebdomadaire (avec respectivement 61.448 et 157.150 exemplaires cumulés). Et, chose épatante, l’ouvrage de campagne de Jean-Luc Mélenchon poursuit son ascension, accédant à la 13e place, avec 10.790 ventes. Délicieuse politique…

03/12/2021, 10:53

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Dima Abdallah signe Bleu nuit, le poids de la mémoire

BONNES FEUILLES – Dès l’ouverture de ce monologue, le protagoniste avoue livrer une bataille impitoyable contre la mémoire. Il a développé des techniques infaillibles afin d’éviter que ne resurgissent ses souvenirs. Il n’accepte que deux dates comme balises de son parcours : sa naissance en 1961, et ce 21 mars 2013. La veille, un appel téléphonique a fait basculer son existence : la seule femme qu’il ait aimée, et qui l’a quitté voici bien longtemps, vient de mourir. 

03/12/2021, 07:30

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Départ de feu, d'Adrien Gygax : La Why generation

BONNES FEUILLES - On l’appellela « génération Y »–why generation – et elle est en quête. Une quête de sens acharnée, foisonnante, parfois maladroite. Départ de feu est l’histoire de cette quête. 

03/12/2021, 07:00

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Un général, des généraux : la France, l'Algérie... et au milieu coule De Gaulle

BONNES FEUILLES – Pour ce mois de janvier, Juncker et Boucq partent en guerre, ou presque. Et plongent dans l’Histoire, celle où les destins de la France et de l’Algérie se sont retrouvés dos-à-dos. Et que l’un, comme l’autre, avait besoin d’un sauveur.

03/12/2021, 06:30

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Concrete Rose : Angie Thomas revient 18 ans avant The Hate U Give

BONNES FEUILLES – Angie Thomas revient avec son 3e roman coup de poing ! Des problématiques fortes et essentielles, par une des porte-voix en littérature YA de Black Lives Matter : racisme, injustice, pauvreté... Elle nous offre un retour dans le temps, avec les héros du livre et du film à succès The Hate U Give, 18 ans auparavant. Concrete Rose – Quand une rose pousse dans le béton (trad. Nathalie Bru).

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Nassim Kezoui : Une famille algérienne

BONNES FEUILLES - De quoi se compose l’ossature d’une famille ? Des membres essentiels ? D’une construction invisible qui les soutient tous ? Qui ne fait pas partie de l’ossature Raba ? 

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Jean-Marie Quéméner : un tirailleur sénégalais, un officier de la Wehrmacht... 

BONNES FEUILLES - Et si l’ignorance et la barbarie avaient reculé, ne fût-ce qu’un instant ? Et si, au cœur de l’horreur des combats, dans la poussière grise, deux guerriers avaient pu s’entendre ? Qu’auraient eu à se dire un officier “indigène” et un officier de la Wehrmacht ? Un huis clos dense, humain et tragique.

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Delphine Saada : Celle qui criait au loup, une vie dépossédée

BONNES FEUILLES - À 38 ans, Albane est une infirmière modèle admirée par ses collègues. Après des journées éreintantes à l’hôpital, elle s’occupe de ses deux jeunes enfants jusqu’au soir. Depuis combien de temps ne tire-t-elle plus aucun plaisir de son quotidien ? 

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Patte de mouche : petite et indispensable

Il y a quelques mois, L’Association, qui compte parmi les éditeurs historiques ayant émergé dans les années 90, relançait sa fameuse collection Patte de mouche, revenant aux sources de leur catalogue. Le principe de cette collection est simple : un même format (A6), un nombre de pages relativement constant (oscillant autour de 32 pages), une impression en noir et blanc.

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Entre les lignes : la douce rencontre de deux solitudes

Asa est une ado douce et sincère – mais quand ses parents meurent dans un accident de voiture, elle n’arrive même pas à pleurer. Elle est juste seule, comme au milieu d’un grand désert. Sur un coup de tête, sa tante Makio la recueille. Mais cette mystérieuse autrice n’a pas l’habitude des contacts sociaux prolongés… Entre les lignes nous présente les délicats balbutiements de deux êtres fragiles qui apprennent à se connaître. 

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Bile en tête, de Sébastien Bouillé : une incarnation visqueuse du vide intérieur 

Pour cette nouvelle année, les éditions Le Dilettante accueille le premier roman de Sébastien Bouillé, Bile en tête. Un ouvrage incarnant cette montée de bile, venue de nos entrailles vers la gorge, et qui nous submerge tout entier. Loin du dégoût inspiré par cette matière visqueuse, les tonalités cyniques renforcent davantage le mal-être d’un personnage piégé dans sa propre intériorité.

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Thierry Cohen : Rien ne nous séparera, ou l’obscure vérité

BONNES FEUILLES - Maroc, 1964. Sarah et Jacob sont de pauvres paysans. Inspiré d’une histoire vraie, Rien ne nous séparera est sans doute le roman le plus poignant de Thierry Cohen. Un miracle dans la tragédie. 

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Lliberata : la Grande Dépression, entre pâtisserie, amour et fascisme

BONNES FEUILLES – Voici que s’avance une nouvelle fresque, signée Gail Reitano (traduction Marie de Prémonville). Un ouvrage, premier roman, présenté comme aussi romanesque que littéraire. Et qui puise chez des auteurs aussi grandioses que Sinclair Lewis et Elena Ferrante.

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En votre intime conviction : Clémentine Thiébault, à l'heure du verdict

BONNES FEUILLES – Un jour de novembre, Clémentine Thiebault reçoit un courrier orné de l'en-tête comminatoire du parquet de la Cour d'appel d'Aix en Provence. Elle a été désignée par le sort pour accomplir les fonctions de juré à la cession de la Cour d'Assises du département des Bouches du Rhône. Voici son histoire.

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Craig Johnson : Dry Bones, plutôt T-bone ou T-Rex ? 

C’est complètement par hasard que Jennifer Watt, accompagnée de son dogue du Tibet, avait découvert, dans une grotte du Lone Elk Ranch, ce qui allait s’avérer être une découverte sensationnelle, extraordinaire même, pendant que Dave Baumann, le directeur du High Plains Dinosaur Museum, s’acharnait à remplacer une roue de son vieux Land Rover, crevée alors qu’ils sillonnaient les terres de l’immense ranch dans une quête jusque là restée infructueuse.

30/11/2021, 12:43

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Watergang, la première vague de Mario Alonso

BONNES FEUILLES – « Je rêve. Je suis connu dans le monde entier sous le nom de Jan De Vaart, écrivain né à Middelbourg, de père inconnu et de mère incertaine. Mais pour l’instant, au village, tout le monde m’appelle Paul. Paul De Vaart, et je n’ai rien d’un rêveur. Je sais ce que je veux. »

30/11/2021, 07:34

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Nous sommes l'incendie : l'Amérique brisée de Steph Cha

BONNES FEUILLES – Sous les palmiers, les flammes. Los Angeles, 1991. Tandis que la ville brûle sous le feu de la contestation et des émeutes, la sœur de Shawn Matthews se fait tuer sous ses yeux. Son crime ? Être noire. Depuis, l’injustice pèse sur les épaules de Shawn. 

30/11/2021, 07:18

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Langue Morte, d'Hector Mathis : quand ressuscite le passé

Langue Morte sera le nouveau roman d’Hector Mathis qui dépeint avec une tendresse acide la difficulté de grandir dans un monde désenchanté, gris, où les rapports humains ne connaissent ni empathie, ni complaisance. Loin de K.O. (2018) ou Carnaval (2020), ses précédents romans, Langue Morte offre au lecteur un roman sur la vie doté d’une écriture poétique et musicale avec une percutante ironie, qui exprime les contrastes entre les grandes villes et leurs banlieues et surtout le monde actuel occidental.

 

30/11/2021, 06:34

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Anouk Lejczyk : Felis Silvestris, sa soeur

BONNES FEUILLES - Elle porte une cagoule pour faire comme les autres et se protéger du froid. Du haut de sa cabane, ou les pieds sur terre, elle contribue à la vie collective et commence à se sentir mieux. Mais Felis ignore que c’est sa soeur qui la fait exister – ou bien est-ce le contraire ? 

29/11/2021, 16:57

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L’Ours ou le nature writing post-apocalyptique

C’est un étonnant petit roman que nous proposent les éditions Globe cet automne. L’Ours est avant tout un roman post-apocalyptique qui commence par ces mots : « Les deux derniers étaient une fille et son père… » Cette fille et son père, donc, qui ne seront pas nommés de tout le roman – mais à quoi bon nommer quand il n’y a plus ni autre femme ni autre homme ? – semblent être les deux derniers humains sur terre. Par Laurence Baulande.

29/11/2021, 15:00

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Le codex, de Simon de Thuillières : voyage à l'ère médiévale 

Durant le premier confinement, fameux temps de suspension pour nombre de français, Simon de Thuillières a réalisé des images dans lesquelles il représente des œuvres populaires suivant des conventions esthétiques caractéristiques de l’époque médiévale. L’auteur postait alors régulièrement ses images sur des réseaux sociaux et connu un tel succès qu’il les a regroupées dans ce recueil déjanté. 

29/11/2021, 13:22

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Boubou en était sûr : la déconfusion des sentiments

BONNES FEUILLES – Un échange epistolaire entre deux enfants met en scène les limites du langage face à l’amour et les difficultés de mettre en mots les sentiments. Un album à partir de 5 ans

29/11/2021, 08:26

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Selva Almada : Ce n’est pas un fleuve, un hymne à la nature

BONNES FEUILLES – Une partie de pêche sur un fleuve peuplé de raies géantes. Le grand roman de la nature tropicale où rêve et réalité se confondent dans la torpeur fluviale. Une Carson McCullers latina au sommet de sa forme. 

29/11/2021, 07:29

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Blake et Mortimer, By Jove ! : les 200 meilleures ventes (semaine 46)

Solidement accroché à son rocher, Astérix persiste et signe : 1,12 million d’exemplaires, soit près de 60.000 de plus que la semaine passée… Pas si fou pour l’irréductible Gaulois. Il est suivi par le Goncourt, à 125.000 exemplaires, et Blake et Mortimer, évidemment, qui pour sa première semaine de vente passe joyeusement les 24.000 unités. Enfin, solidarité oblige, le collectif 13 à table 2022 occupe la 4e place des meilleures ventes de la semaine. Juste devant Ken Follett, à 26.000 ventes !

26/11/2021, 10:17

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Vous haïssez vos voisins ? Attendez de voir Ceux d’à côté, de M.T. Edvardsson 

BONNES FEUILLES – À Köpinge, petite localité résidentielle proprette de Suède, tout le monde se connaît, et l’entraide entre voisins fait office de loi. Du moins, en apparence. Car Micke et Bianca Andersson, qui ont quitté Stockholm pour élever leurs deux enfants dans le calme de la petite ville, découvrent rapidement que leur voisinage est loin d’être aussi idyllique que prévu.

 

26/11/2021, 08:00

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Quand il fait triste Bertha chante : Rodney Saint-Éloi, de la mère au fils

« Ce récit est, à mes yeux, l’hommage le plus émouvant rendu à une mère depuis le Livre de ma mère d’Albert Cohen », écrit Alain Mabanckou. Dans ce récit admirablement écrit, l’auteur rend hommage à sa mère, Bertha. Cette grande dame noire à l’énergie et à la générosité exemplaires, « amoureuse de l’amour », vient de mourir. Rodney, son fils aîné, raconte l’enfance bleue au pays natal, leur chemin d’exil, elle à New York, lui à Montréal.

26/11/2021, 07:12

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Patrice Leconte et Vincent Lacoste : la BD fait son cinéma

Fort de ses succès en librairie, Riad Sattouf lance une nouvelle série, dans laquelle il raconte le parcours de Vincent Lacoste, jeune étoile du cinéma français. Au même moment, Joub et Nicoby retracent les aventures cinématographiques atypiques de Patrice Leconte, l'un des rares réalisateurs à être parvenu pendant plusieurs décennies à alterner films à grand succès et projets plus personnels. Ces deux albums BD dévoilent les coulisses des tournages, les complications de production et les joies de la création cinématographique. Des cases qui donnent des envies de salles obscures.

25/11/2021, 16:19

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Asphalte, de Matthieu Zaccagna : courir à perdre la vie ?

BONNES FEUILLES – À 17 ans, Victor fuit un quotidien d’une violence absolue. Sans argent, sans liens, sans but, sans aide de quiconque, il court dans Paris jusqu’à l’anéantissement, la souffrance. Il fera des rencontres, se mettra à l’épreuve, défiera sans cesse la mort pour se réapproprier son corps et son passé. 

25/11/2021, 07:35

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David Lelait-Helo : Je suis la maman du bourreau, Prier Dieu, se vouer au Diable

BONNES FEUILLES – Du haut de ses quatre-vingt-dix ans, Gabrielle de Miremont semblait inatteignable. Figée dans l’austérité de la vieille aristocratie catholique dont elle est l’incarnation. Sa devise : « Ne jamais rien montrer, taire ses émotions. » 

25/11/2021, 07:12

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Un projet inédit de Max Ernst et René Crevel en librairie

Ce 26 novembre, les éditions Prairial publient Monsieur Couteau, mademoiselle Fourchette, la traduction inédite de Mr. Knife Miss Fork, rareté de bibliophile parue en 1931 et vendue, par souscription, à 250 exemplaires. Ce bel ouvrage réunit Max Ernst et René Crevel autour d'un projet surréaliste.

24/11/2021, 16:08

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15 aphorismes insoucieux et désenchantés, par Françoise Sagan

Les éditions Julliard ont sorti en ce mois de novembre un recueil de plus de 230 aphorismes et pensées de Françoise Sagan sélectionnés par son fils, Denis Westhoff. L’occasion d’en faire une petite sélection pour pénétrer son univers désinvolte et mélancolique. Des aphorismes sur l'amour, l'argent, le jeu, la gloire, le bonheur ou encore la mort. Autant de traits d'esprit exprimant sa modernité et sa liberté, comme une approche radicale contre l’esprit de sérieux.

24/11/2021, 14:08

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Lenka Horňáková-Civade : Un regard bleu, quand Rembrandt rencontre Comenius

BONNES FEUILLES – Amsterdam, 1656. Alors que Rembrandt voit ses créanciers vider sa maison, il croise le regard bleu d’un inconnu dans la foule qui immédiatement capte son attention. Cet homme, Comenius, est un philosophe et pédagogue tchèque qui, chassé par la guerre, a été contraint de quitter son pays. La rencontre passionnante, au XVIIe siècle, entre deux génies attachants et modernes.

24/11/2021, 08:05

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David Joy : Nos vies en flammes, plus qu'un combat, une révolte

BONNES FEUILLES – Retraité depuis quelques années du service des forêts, Ray Mathis mène une vie solitaire dans sa ferme des Appalaches. Il attend sans vraiment attendre que son fils Ricky vienne le rejoindre. Mais celui-ci a d’autres préoccupations – se procurer sa dose quotidienne de drogue, par exemple...

24/11/2021, 07:30

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À la découverte de Zahhak, la légende du roi serpent, livre pop-up d'exception

Zahhak, fils du roi de Perse, séduit par le Démon, assassine son père et s’approprie le trône. Constamment menacé et intrigué par deux serpents lovés autour de ses épaules, il se lance dans une conquête dévastatrice et agrandit considérablement son royaume, imposant sa cruauté aux peuples opprimés. Il règne ainsi mille ans, jusqu’à ce qu’un oracle lui prédise sa chute prochaine sous le bras armé du jeune Fereydoun.

23/11/2021, 11:08