#Librairie

Excédés, des libraires boycottent le prix Renaudot et son livre Amazon

Libraire durant 10 années, à Acheres dans les Yvelines (Librairie Neverland, aujourd'hui fermée), Mélanie Le Saux a découvert comme d'autres la liste du prix Renaudot. Son sang n'a fait qu'un tour. « Je ne suis peut-être pas la plus légitime, mais mon écœurement a pris le dessus et j’ai écrit une lettre ouverte au jury du Prix Renaudot », indique-t-elle.

Le 10/09/2018 à 11:09 par Auteur invité

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10/09/2018 à 11:09

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ActuaLitté

David, hilare, après avoir triomphé de Goliath - domaine public, d'après Caravage

Dans le même temps, l’association Lil – Libraires indépendantes de Lorraine –, qui regroupe les libraires du Grand Est, réfléchit à un boycot du prix Renaudot, par un retour massif des livres présentés dans la liste. Un autre mouvement d'agacement, qui rejoint celui de Mélanie Le Saux.

Dans une lettre ouverte, elle explique ce ras-le-bol, cette exaspération, face au choix des jurés de retenir un titre commercialisé en autopublication, via Amazon. Une injure ? Face à une situation impossible, les libraires protestent.  « Merci de faire suivre si vous la pensez digne de l’être... Et si des libraires voulaient me faire l’honneur de la soutenir, peut-être aurions-nous l’opportunité de la faire publier dans les médias. Seule je ne suis rien. »

Lettre ouverte à l’attention des membres du jury du prix Renaudot.

Madame, Messieurs, c’est avec stupéfaction, incrédulité d’abord, indignation ensuite que j’ai découvert que vous aviez choisi de sélectionner un livre auto-édité chez… Amazon.

Autant dire que si cet ouvrage gagne le prix, et même s’il ne l’emporte pas d’ailleurs, les libraires se verront contraints de le commander chez leur concurrent le plus féroce. Celui-là même qui se targue d’éradiquer toutes les librairies, puis les éditeurs, pour avoir le monopole du circuit du livre.

Merci, donc, à vous président Frédéric Beigbeder, à Patrick Besson en particulier, qui a amené et défendu le livre en question, et aux autres. Merci madame Bona, messieurs Giudicelli, Giesbert, Chateaureynaud, Le Clézio, Pancrazi, Gardel et Garcin d’avoir créé ce précédent, d’avoir ouvert la porte bien grande à la « bête »… 

Alors bien sûr une question se pose. Sous prétexte de défendre un (peut-être) bon livre, de soutenir un auteur rejeté par le même milieu de l’édition qui l’avait jadis publié, de montrer du doigt je cite « l’israélophobie délirante des éditeurs traditionnels »… Vous êtes prêt à abandonner les librairies ?

Je ne peux pas croire un instant que vous soyez inconscients de la portée de votre acte, que vous ne vous rendiez pas compte que les libraires vont devoir désormais acheter et donc rapporter de l’argent à celui-là même qui veut leur fin. Je ne peux pas croire non plus que vous pensiez sérieusement, tout comme l’auteur, qu’Amazon puisse être garant du pluralisme que nous chérissons tous (et ne nous trompons pas de bataille, en aucun cas il ne s’agit de se battre contre l’auto-édition mais bien contre le géant américain, dont la nocivité, n’a plus à être démontrée…)

Car enfin le message que vous envoyez signifie que la librairie serait désormais superflue, libraire une profession en voie de disparition, un métier qui prendra place demain entre le cocher de fiacre et le poinçonneur des Lilas.
Alors je veux être « bienveillante » et m’interdire de penser qu’il n’est ici question que d’un coup de buzz, mais dans ce cas pourquoi Amazon ? Pourquoi pas n’importe quel autre auto-éditeur ?

Je peux également être optimiste (après tout, ouvrir et tenir pendant 10 ans une librairie en banlieue sans me payer…) et continuer à travailler sur un nouveau projet, dans une autre banlieue qui m’accueille.

Mais je ne dois pas être naïve… Comment aborder aujourd’hui ce métier si passionnant autant que difficile, si désormais la trahison vient de ceux qui devraient être les premiers défenseurs des libraires, ces libraires qui depuis toujours œuvrent en faveur de la diffusion du livre.

Ceux-ci devront-ils à leur tour boycotter le livre auto-édité, le Prix, voir les auteurs composant le jury, pour se faire entendre ? Certains commencent déjà à le murmurer… Mais de ce fait Amazon aurait déjà gagné. Heureusement beaucoup d’auteurs nous ont fait part de leur soutien, et je me garderais bien de les mettre tous dans le même sac !

Libraire pendant 10 ans et désireuse de le redevenir, je refuse de baisser les bras, je veux continuer à me battre, mais pourrais-je le faire dans un monde où désormais Amazon peut remporter un prix et nous balayer sans que cela ne choque personne ? Dans un monde où, je viens à peine de l’apprendre, le ministère de la Culture proposerait un pass culture jeunesse de 500 euros, dont seulement 100 pour les livres, à dépenser y compris chez Amazon.

Madame, Messieurs, il ne me reste plus qu’à espérer que les autres membres des jurys littéraires ne suivront pas votre détestable exemple.

Mélanie Le Saux

Mise à jour 15 h 40 : 

Marie-Pierre Reibel, coordinatrice de l’association LIL, jointe par ActuaLitté, nous indique que, pour l’heure, « nous n’avons pas encore de position officielle. Plusieurs libraires adhérents ont, en signe de protestation, retourné les ouvrages de M. Besson, mais avant de mettre en place une action collective, nous attendons un peu ». 

De fait, l’ouvrage pointé par les libraires, commercialisé via Amazon, avait été largement soutenu par Patrick Besson, juré du prix Renaudot. « Les libraires attendent surtout la deuxième liste, pour tâter le terrain. Si ce fameux livre est toujours présent, alors il y a de fortes chances que ce ne soient pas que les livres de M. Besson qu’ils retourneront. »

Et d’indiquer, surtout, qu’il ne faut pas se méprendre sur la démarche. Le problème n’est certainement pas celui de l'auteur autopublié, mais « bien la plateforme sur laquelle elle est pratiquée. Les gens n’aiment pas l’entendre, quand ils sont clients d’Amazon, mais en achetant là, il cautionnent l’optimisation fiscale, autant que des pratiques qui ne sont pas propres, vis-à-vis des salariés ». 

Elle poursuit : « Nos emplois sont tous corrélés les uns aux autres, avec un impact sur les fournisseurs – les éditeurs en l’occurrence – qui sont significatifs. En achetant local, c’est leur propre emploi qu’ils préservent. » Dans le grand Est, plusieurs libraires ont rapidement réagi en choisissant le boycott pur et simple. Nous attendons désormais de plus amples informations.

60 Commentaires

 

Henri Mojon

10/09/2018 à 11:49

Enfin une réaction contre le rouleau compresseur Amazon qui veut tuer tous les acteurs de l'édition pour assoir son monopole. Et pourquoi donc les medias ne précisent jamais que les livres Amazon ne sont pas disponibles en librairie mais uniquement sur leur site.
Pour une autoédition en librairie, choisissez Les Editions du Net qui sont le leader français devant Amazon !!! (source BNF)
http://www.leseditionsdunet.com/authentication.php?back=steps.php

JC Heckers

10/09/2018 à 13:31

Sauf que chez Les Editions du Net, "L’auteur peut mettre à jour son livre à tout moment (frais : 80 €)."

Henri Mojon

10/09/2018 à 15:24

L'édition d'un livre étant totalement gratuite, nous avons dû mettre en place ces frais de mise à jour suite à de trop nombreuses demandes d'auteurs. Maintenant que la mise à jour est payante et que c'est clairement indiqué sur notre site, les auteurs portent plus d'attention à la finalisation de leur ouvrage.

Henri Mojon

10/09/2018 à 15:35

Et nous vous rappelons que les Éditions du Net publient des livres papier et que donc la moindre correction entraîne un nouveau dépôt légal à la BNF et la destruction du stock donc des frais.

AB

10/09/2018 à 22:02

C'est drôle, sur BOD, ils demandent seulement 19 euros ! ;) ( soit le coût d'un livre et ses frais postaux pour la BNF, effectivement... )

henri mojon

10/09/2018 à 23:12

Vous vous trompez, ça c'est le prix de la publication d'un livre qui est gratuite aux Editions du Net. Merci de comparer ce qui est comparable, Bod est un imprimeur en ligne qui ne finalise pas le livre.

AB

11/09/2018 à 23:05

Alors " finaliser " un livre .... hum ... Autoédition ou édition? Faut savoir hein. Et si, si, BOD " finalise " les livres, c'est pas encore au lecteur d'agrafer les pages ! :D BoD envoie bien les livres à la BNF, et en cas de "révision du livre", ça ne coûte que 19 euros, effectivement comparons ce qui est comparable ... :)

JS

13/09/2018 à 11:57

L'envoi à la BNF est franco de port... ;-)

Garenne

11/09/2018 à 12:33

Ah bon, il n'est pas - ou plus - sûr de ce qu'il publie ? :

Association LIL

10/09/2018 à 12:35

L'association des Libraires Indépendants de Lorraine regroupe les libraires du Grand Est. Bien que nous partagions le point de vue de Mme Le Saux, nous souhaitons préciser qu'elle n'est pas adhérente de notre association.

Team ActuaLitté

10/09/2018 à 12:36

Bonjour,
cela a en effet été modifié après coup.
Merci : pourriez-vous d'ailleurs nous joindre sur ng@actualitte.com je vous prie ?

Coolwriter

10/09/2018 à 16:03

:bug: Les Editions du Net, la nouvelle et vaste arnaque de l'auto-édition... quoi que s'en défende Henri Mojon. Le CALCRE saura bien mieux le dire...

JK

10/09/2018 à 17:52

Si les libraires étaient plus agréables avec les nouveaux auteurs, si le circuit des ME était plus ouvert, à l’écoute et respectueux, on en serait pas à trouver de meilleures solutions pour contrer cette condescendance, ce mépris dont vous nous faites part. Vous ne faites que récolter que ce que vous avez semé.
Si vous ne comprenez pas que c’est votre propre comportement qu’il faut modifier, alors mourrez.
C’est tout ce que vous méritez.

Lortal/VL

10/09/2018 à 19:06

Les librairies ne vendent quasiment que des best sellers. Les maisons d'éditions ne font plus leur travail qui consistent à lire et signer de nouveaux auteurs. Comment voulez-vous que les nouveaux créateurs atteignent leur public ?
Proposez de nouvelles solutions aux auteurs afin qu'ils existent et qu'on puisse les lire. Amazon vous fait de l'ombre ? Les réseaux sociaux vous dépassent ? A vous d'essayer de découvrir de nouveaux talents. Je serais ravie d'aller dans une bibliothèque ou dans une librairie qui me fassent découvrir de nouvelles plumes.

Melalivres

10/09/2018 à 20:48

Les maisons d'édition ne font plus leur travail de découverte ? "Le cru 2018 est marqué par une ouverture vers de nouveaux territoires et de nouvelles générations d'auteurs, avec un nombre de premiers romans record. 94 titres incarnent le renouveau, soit un quart de la production des romans français de la rentrée et le niveau le plus élevé depuis 2007. "
Source : http://www.livreshebdo.fr/article/567-romans-pour-la-rentree-litteraire-2018

S'il est si simple de publier sur Amazon, c'est qu'on peut tout y faire, quelle que soit la qualité de ce qu'on écrit. Les éditeurs, eux, sont garants du niveau des romans qu'ils nous proposent.

Quant aux libraires qui ne vendent plus que des best-sellers... contrairement aux algorithmes d'Amazon, les libraires proposent un vrai conseil à leurs clients et sont toujours à la recherche de nouveautés. Nombreuses sont les librairies qui proposent des vitrines sur le thème des premiers romans.

VL

12/09/2018 à 20:10

Je soutiens pour l'avoir vécu avec un proche que non seulement les maisons d'éditions ne lisent pas les nouveaux auteurs et en plus 1) ils perdent vos manuscrits 2) vous envoient des réponses standard prouvant bien qu'ils ne vous ont pas lu et qu'ils ne vous liront jamais 3) Changent de staffs tous les mois 4) préfèrent, comme les maisons de disques que vous ayez une base-fan énorme avant de signer (ahahaha !).
Quant aux libraires et, pour l'avoir aussi vécu 1) ils ne vous lisent pas car "ils n'ont pas le temps" x si vous êtes dans une petite maison d'édition ou auto-édité (Ils préfèrent sans doute lire Bernard Weber ???) 2) ne vous répondent jamais ou vous prennent de haut, genre "vous voyez bien que vous êtes inconnus au bataillon" 3) vous demandent de repasser mille fois et vous évitent si vous le faites.
Bref : au lieu de vous tirer sur les nouveaux auteurs, vous feriez mieux de les défendre et de les lire !

Clemso

10/09/2018 à 21:50

Mais LOL !

Tu es en train d'accuser toute la chaîne du livre de ton manque de curiosité... Je n'avais pas autant rit depuis il y a au moins dix minutes. Merci à toi.

PF

12/09/2018 à 10:07

"Les librairies ne vendent quasiment que des best sellers."si vous faites référence au rayon livres de votre supermarché, c'est vrai. Avez-vous essayé une véritable librairie ?
"Les maisons d'éditions ne font plus leur travail qui consistent à lire et signer de nouveaux auteurs." des nouveaux romans à la pelle en cette rentrée littéraire, comme chaque année. Demandez à un(e) libraire, il/elle vous renseignera.

Joseph Kochmann

12/09/2018 à 21:00

Oui, Melalivres, PF and cie, c'est bien gentil de citer des articles. Maintenant, sortez de votre petite chambre et d'Internet et confrontez-vous à la réalité.

Allez dialoguer avec des auteurs auto-édités, des libraires et des éditeurs. Regardez les démarches, rencontrez les gens qui en chient, malgré l'énorme boulot, l'expérience et le talent.

Sortez de votre bulle et confrontez-vous à ce que subit un auteur, même avec des années d'expérience et une grosse fanbase (et je ne parle pas de famille et d'amis ; je parle de vrais chroniqueurs et fans).

Si vous achetez des romans nouveaux et cool, c'est bien, tant mieux pour vous. Qu'on continue à vous faire avaler la belle pilule Disney du "tout le monde à sa chance, seuls les mauvais se cassent la gueule".

Sortez un peu de la Matrix.

Encore une fois, je parie qu'aucun d'entre vous n'a ouvert ne serait-ce qu'une page d'un livre auto-édité.

Merde. The Martian, qui est devenu un blockbuster au cinéma, était un roman auto-édité, premier livre de son auteur. Le mec a été refusé par toutes les ME possibles.

Ce ne sont pas les ME qui l'ont choisi, mais les lecteurs. C'est le lectorat qui compte, pas les profiteurs de talent.

Korkablor

10/09/2018 à 20:04

Je vous soutiens a 100% Amazone ne cherche qu à asseoir son pouvoir de detruire des libraires indépendants des librairies des editeurs et renforcer sa position afin d avoir le monopole

Mégahomme

10/09/2018 à 20:11

L' arrogance de cette commerçante ses menaces ainsi que la terreur qu' elle ose insinuer est une insulte non seulement à l' intelligence , au jury et au public. Je ne connais aucunement ce livre mais le choix d' un livre présent sur une plateforme de vente par internet est une avancé car il y a effectivement un problème avec le système des éditeurs et de facto avec les libraires qui soutiennent ce système inique et totalement dépassé et corrompu. Tout ce à quoi cette libraire pense ç' est son portefeuille ainsi que la remise en question d' un monopole oú seul la bourgeoisie écrit et pense.

Thierry Reboud

11/09/2018 à 00:12

Au risque de contrarier votre vision idyllique des choses, un.e commerçant.e (quel que soit le commerce) qui ne penserait pas à son chiffre d'affaire ne durerait pas assez longtemps pour satisfaire vos besoins ou vos envies (quel.le.s qu'ils ou elles soient).
Amazon est un outil de distribution : c'est de la logistique, rien de plus. Amazon ne discrimine rien et présente tout uniformément, et c'est précisément la raison pour laquelle Amazon peut se permettre de proposer à la vente n'importe quelle bouse que vous ou moi aurions écrite puisque c'est vous ou moi qui nous chargerons de la commercialisation et des (éventuels) frais de publicité. Dans ce coup-là, Amazon gagne à tous les coups et les auteur.e.s édité.e.s à leurs frais perdent à (presque) tous les coups.
Dans le cas particulier de Koskas, le coup ne peut marcher que parce que Koskas bénéficie du recours d'un compère (comme au bonneteau) qui fait croire à son indépendance et permet aux benêts et aux candides de croire que Koskas illustre la défense des auteur.e.s raté.e.s que les libraires (je l'ai été) voient défiler avec leurs piles de livres invendus et invendables sous le bras.
Quand il m'arrivait de prendre en dépôt (faut pas pousser le bouchon trop loin non plus) 3 exemplaires de ces improbables chefs-d'oeuvre et que, deux ou trois ans plus tard, ils n'avaient pas bougé, les mêmes auteur.e.s (qu'on ne revoyaient jamais entre-temps) ne se posaient toujours aucune question sur la "qualité" de leurs livres mais incriminaient systématiquement autrui. Et je vous promets qu'au début au moins j'ai essayé d'en lire, de ces trucs ni faits ni à faire !
Eh bien si Amazon débarrasse les libraires d'avoir à se taper ces génies incompris (sinon incompréhensibles), ce sera toujours un petit bénéfice.

JC Heckers

11/09/2018 à 09:20

"Quand il m'arrivait de prendre en dépôt (faut pas pousser le bouchon trop loin non plus) 3 exemplaires de ces improbables chefs-d'oeuvre et que, deux ou trois ans plus tard, ils n'avaient pas bougé, (...)"

Vous ne jetiez même pas un oeil avant d'accepter? Hum. Bref.

"l'auto-édition, la nouvelle litote à la mode pour parler du compte d'auteur."

Où l'on constate que vous savez de quoi vous parlez. Alors qu'il s'agit de deux choses très différentes.

"On sent vaguement derrière ces commentaires une cohorte d'auteur.e.s raté.e.s qui n'ont pas encore compris que dans l'immense majorité des cas le compte d'auteur publie des livres qui n'ont à peu près aucun intérêt (sinon pour leurs auteur.e.s)."

En gros, autoédition et compte d'auteurs mêlés, plus de 9 livres sur 10, mais c'est à peu près aussi le cas dans l'édition traditionnelle (différence: on publie alors des livres qui n'ont à peu près aucun intérêt, sinon pour leur éditeur). Vous pouvez toujours estimer que l'autoédition c'est de la merde sur du papier, vous n'empêcherez pas qu'il s'y publie d'excellents livres qui n'auraient pas trouvé éditeur moins en raison de leur absence de qualité que parce qu'ils ne seraient pas (assez) rentables. Le problème essentiel est que le volume de publications est devenu tel qu'il est impossible de dénicher par chance une perle que (malheureusement) le classement des plateformes de vente ne met pas en avant, ce qui explique sans doute qu'on ait le sentiment que l'autoédition s'assimile à une déchetterie. (Note: le compte d'auteur étant réservé désormais aux pigeons, il est vrai que la proportion de [très] mauvais livres publiés par ce biais semble supérieure, mais je me trompe peut-être).

Entre les éditeurs qui ne pensent pas qualité mais rentabilité assurée (rares sont ceux qui semblent daigner prendre des risques, désormais), les libraires qui leurs crachent dessus, et la perspective de se goinfrer avec les 70% du prix de vente concédés par Amazon (qui a vraiment bien joué son coup), pas mal d'autoédités qui n'écrivent pas d'immondes bouses ne se posent plus de questions et se dispensent d'états d'âmes. (Et les autres n'ont eux jamais hésité, certains sont dépourvus de toute décence dès qu'il s'agit de se faire du fric, quitte à mettre en ligne des pages dignes d'une rédaction de sixième - après tout puisque ça se vend, hein...)

Je ne vous convaincrai pas que vous avez tort de restreindre l'autoédition à une autosatisfaction du genre onaniste (le compte d'auteur pour sa part lui sert avant tout à alléger un compte en banque), mais qu'importe. Les libraires de votre trempe (imbibés de mépris) sont destinés à disparaître, reste à faire survivre les autres. Et, concernant l'autoédition, à tenter de la faire sortir du piège amazonien qui est d'abord un asservissement volontaire à un système pernicieux et fermé. Mais si on dit "gagner moins en publiant mieux", allez savoir pourquoi, on vous considère vite comme un taré... Mais le jour où Amazon fera ce qu'il veut avec les auteurs (comme il le fait déjà avec les éditeurs) et dictera ses conditions à tous, je sens qu'il y en a qui viendront chialer. Trop tard.

Thierry Reboud

10/09/2018 à 20:11

Très drôle, cet afflux de défenseur.e.s de l'auto-édition, la nouvelle litote à la mode pour parler du compte d'auteur. Très drôle aussi, la propension à flétrir les libraires (qui ne vendent que ce qui marche, et patati et patata, la preuve ils ont refusé mon sublime recueil de poésie publié à la Pensée universelle).
On sent vaguement derrière ces commentaires une cohorte d'auteur.e.s raté.e.s qui n'ont pas encore compris que dans l'immense majorité des cas le compte d'auteur publie des livres qui n'ont à peu près aucun intérêt (sinon pour leurs auteur.e.s).
Koskas est bien mignon, mais s'il ne s'était pas fait connaître par le biais de l'édition normale (celle à compte d'éditeur), et s'il ne bénéficiait pas du soutien d'un Besson tout à fait institutionnel et qui navigue parfaitement dans le marigot germano-pratin que ledit Koskas fait mine de dénoncer, eh bien le roman à compte d'auteur de Koskas ne serait connu que de sa mère et de ses ami.e.s.
La petite manip de Koskas autour de son compte d'auteur ne fonctionne que parce que ses précédents livres ont été lus et validés par des gens dont le métier est de lire (éditeur.rice.s, critiques ou libraires) et qui, tout compte fait, ne s'y entendent pas si mal.
Cela dit, il ne faut pas surestimer le tintouin fait autour de ce roman : il ne s'agit que d'orchestrer une campagne publicitaire gratuite à laquelle nous participons tou.te.s un peu. Ni plus ni moins.

Elodie Torrente

11/09/2018 à 08:43

Bravo Thierry Reboud. J’ai tenté de leur faire comprendre sous le premier article paru sur le sujet. Mais s’ils sont ratés à l’écriture, je crois qu’ils le sont aussi à la lecture. ? et comme dirait l’autre, « lisez, bordélique, lisez ! »

AB

10/09/2018 à 21:26

Franchement ridicule cette levée de bouclier contre l'autoédition et contre Amazon.

Sachez qu'Amazon permet à grand nombre d'auteurs de VIVRE de leur art, contrairement aux libraires qui vivent plutôt de l'art des autres ! Amazon est d'ailleurs une énorme vitrine pour les autoédités qui le sont par CHOIX, souvent après une mauvaise expérience avec une maison d'édition traditionnelle, tandis que les libraires " de quartier " refusent de vendre les auto-édités.

Messieurs les Libraires, si vous voulez boycotter Amazon et leurs auto-édités, dans ce cas, boycottez aussi TOUS les éditeurs qui vendent aussi sur cette plateforme, ça sera plus logique ... (c'est marrant, eux ne boycottent pas, c'est pourtant AUSSI des concurrents directs ... Ah mais non suis-je bête, les auto-édités c'est nul... Sauf que maintenant qu'ils sont sélecttionnés pour les prix prestigieux, ça gueule ... ;))

Roger Raynal

11/09/2018 à 01:45

Ils auront beau s'en défendre, les menaces, voire davantage, de boycott des libraires contre les nominés du Renaudot sont bien une attaque contre l'auto-édition.
Certes, le nominé ne l'a été que parce qu'il était connu du milieu, et dûment "parrainé"... comme les autres !
Mais, comme le souligne AB, s'il s'agit de lutter contre le grand méchant Amazon, alors il faut être crédible, et boycotter aussi tous les éditeurs qui vendent par ce biais, c'est à dire...tous! Tiens, dès lors, comme c'est étonnant, les criailleries des libraires se font moins véhémentes... C'est même un grand silence...
Un petit auteur, qui jamais ne sera en librairie et encore moins nominé dans un prix quelconque, pourrait en déduire, en tâcheron mal pendant de la chaine du livre qui emprisonne les auteurs et les contraint à la mendicité, ou pas loin, que ce qu'ils redoutent surtout c'est de voir leur échapper le juteux marché des lauréats des prix littéraires, qui font le gros volume de ventes sur lesquelles, rappelons le, ils prélèvent entre 33 et 39 % alors que l'auteur, ce pelé, ce galeux, qui ose sortir du carcan des Grandes Maisons, émarge royalement à 10% maximum (le grand méchant Amazon offrant quatre fois plus sur du livre papier, sans compter l'offre numérique auquel se rajoute celle de la location...).
Il n'y a rien de mal à défendre son commerce, encore faut il l'afficher clairement en assumer jusqu'au bout les conséquences : Amazon étant un acteur majeur de l'auto-édition, le combat d'arrière garde contre ce dernier est aussi un combat contre celle ci, qu'on le veuille ou non, qu'on le reconnaisse ou non.
Il est aussi étonnant que les libraires puissent avoir leur mot à dire que les nominés d'un prix parce que son "éditeur" ne leur plait pas, et de frapper de leur ire funeste les autres nominés, qui ne sont pour rien dans l'affaire. Cette réaction épidermique, donc l'excessivité porte en germe son insignifiance, peut se résumer en un cri : "que rien ne change !" . Zarathoustra lui même savait combien il est vain.

JK

11/09/2018 à 02:47

C'est bien, continuez à vivre dans votre tour d'ivoire.

J'ai personnellement eu de très bonnes ventes et des critiques excellentes quand je suis sorti du circuit classique, qui lisait deux pages et demi de mes romans avant de mettre six mois pour me répondre que c'était "trop bizarre" tout en m'insultant à moitié. Et après, on critique les auteurs de manquer d'originalité, de ne pas être polis ni ponctuels. (Un "bonjour monsieur", apparemment, c'est trop demandé de la part d'un pauvre puceron qu'est un auteur peu populaire.)
Plus de 40 maisons d'édition, allez ! Démarche chez les libraires... "Ah bon ? Vous n'êtes pas Fred Vargas ? Dehors !"

Continuez à gentiment vous satisfaire d'un système daté qui vous fait, chaque jour, croire qu'il est objectif et parfait. J'aurais fort à parier qu'aucun d'entre vous ne l'a ne serait-ce qu'une page d'un livre auto-édité.

Seulement voilà, à la fin, faut appeler un chat un chat : ce n'est pas une question de glorifier Amazon, qui a ses problèmes, mais d'attaquer cette pensée ridicule et encore une fois profondément élitiste.

En boycottant Amazon, ce n'est pas l'entreprise que vous ferez souffrir. Amazon ne va pas fermer ces portes parce qu'un livre n'est pas acheté par des librairies de France. Ce sont les auteurs que vous détruisez en poussant les festivals à ne plus récompenser ceux qui tentent de voler de leurs propres ailes.

"Oh, mais les pauvres petites libraires qui ne gagnent plus de sous..."

C'est ça, oui. Et moi, quand je mettais des années à retravailler mes livres depuis ma chambre, tout en alternant avec un boulot alimentaire, je pouvais tout aussi bien manger mes chaussures et sucer les parties génitales des "majestueuses maisons d'édition" tout en me roulant dans leurs déjections... C'est beaucoup moins grave.

Bienvenue dans la Matrix. Gardez bien les yeux fermés surtout. Et continuez à rire et à citer des sources "prestigieuses" qui vendent votre "si magnifique" monde littéraire. Du moment que vous restez dans vos bulles, moi, ça me va parfaitement.

Gueulez forts. De toute manière, nous, on garde la fenêtre fermée.

koinsky

11/09/2018 à 06:58

Pathétique ce pré-carré autoproclamé de petites baronnies aigües et fières (la chaîne du livre) arc-bouté sur son pactole qui veut chasser le grand méchant loup mangeur de libraires et d'éditeurs.
Si le bouquin est bon, il est bon nom de Dieu.
Vous vous occupez de littérature, de textes ou de droit moral ?
Le monde de l'édition crève de son embourgeoisement vertueux, de son embonpoint. Amazon a peut être tous les défauts du monde mais il est aveugle et chaque plume peut ainsi s'y déployer sans devoir courber l'échine devant un parterre de poudreux hautains, méprisants et sachants. C'est déjà ça et ça fait un bien fou. Amazon libère quelque chose cloisonné, opère une mue nécessaire, c'est pas si mal, non.
Aux libraires de proposer une alternative, mais y'a du boulot vu l'effet repoussoir qu'engendre l'entrée d'une librairie dans le subconscient des français, dont le mien (peu éduqué il est vrai). Désolé, je vous dis les choses. Pourquoi les gens qui osent pousser la porte d'une librairie se font de plus en plus rares. Vous remettre un peu en question, ça ne vous viendrait pas à l'idée...
Alors, plutôt que de désigner un bouc émissaire et de la charger de tous nos maux, débusquons la bête en nous et combattons-là mano a mano, c'est plus courageux.
Révolutionnez les librairies si vous voulez survivre en milieu hostile. Et y'a du boulot croyez-moi !
Dans l'édition comme ailleurs, le mal est invisible, il campe sur nos certitudes et se nourrit de nos petites lâchetés quotidiennes. Amen.

Max Heratz

11/09/2018 à 09:08

Estelas Editions est une petite ME. On se débrouille comme on peut pour être diffusé et ça marche plutôt pas mal. Il y a 3 ans, on a demandé à 1830 librairies si elles étaient intéressées pour qu'on fasse un dépôt-vente chez elles. Seules 2 nous on dit Oui, les autres refusant, arguant que ça leur ferait trop de travail.
Pour nous développer il a bien fallu trouver quelqu'un qui accepte de nous les commercialiser. Devinez qui. Les libraires se tirent une balle dans le pied et après ils viennent nous dire que ça fait mal.
Après cette expérience, nous avons chnagé notre façon de voir les choses et surtout les libraires. On a compris que ce ne sera pas eux qui commercialiseront nos titres. Et on a bien fait. Notre maison se porte comme un charme, pas 1€ de dette, de crédit, d'en-cours ou de je ne sais quoi. Une distribution de nos ouvrages en gandes surfaces et dans des chaînes spécialisées. Et c'est très bien comme ça puisque notre ligne éditoriale vise le grand public. On l'a trouvé là où il se trouve.

Lily

11/09/2018 à 09:25

Très chouette l'illustration!
Dans la chaîne du livre, le maillon faible c'est l'auteur. Payé ou non, par des éditeurs ( des vrais ) fâchés avec les chiffres, voué aux gémonies sitôt qu'il sort du moule éditorial ambiant, boycotté enfin par des libraires allergiques au principe de l'auto édition.
Madame Saux, en attaquant de front Amazon, grand méchant loup dévoreur de galette et de petit chaperon rouge, pensez-vous aider votre belle profession ?
Le bon libraire, et ils sont nombreux en France, est un amoureux du Livre. Son contenu passe avant son contenant. Belle couverture, foutaise! Prix à la clef, même pas un critère.
Le bon libraire a des coups de coeur et non des coups de sang; il ne devrait pas "sabrer", comme vous le faites, la tête pensante de la chaîne du livre... je veux parler de l'auteur, tout simplement.
Car sans auteur, plus de livres bien sûr et, in fine, plus de librairie non plus!
Et comme le disait si bien notre facétieux Voltaire: " Les Français n'ont pas la tête épique".

Tara

11/09/2018 à 09:30

Bonjour à tous et à toutes,
… Le moins que l’on puisse dire c’est que le sujet extra-sensible entraîne sans doute le plus gros score de réactions. Et il y a de quoi.

Si je puis me permettre, je dirais « Tout poison se transforme en élixir »… cette « affaire » car oui, c’est une affaire est à exploiter de manière positive. Il est grand temps que tout cela explose et qu’on rebatte les cartes.

Le monde a changé. Le monde du livre aussi.

La plupart des éditeurs d’ailleurs tous unis et réunis en grands groupes ne jouent plus le jeu. C’est indiscutable. Je peux témoigner : j’ai écrit 24 livres : 3 sont passés chez un éditeur. Pour 2 d’entre eux je n’ai jamais touché mes droits d’auteur. Le comble j’ai porté les cartons des 500 livres vendus le jour d’un salon et on m’a répondu que le livre ne se vendait pas…
Au final, j’ai fini par créer une petite structure et là… après le mépris des éditeurs, j’ai rencontré celui de libraires qui placent votre ouvrage au ras du sol derrière un panneau publicitaire et… s’étonnent de ne pas en vendre ! Quand le personnage principal est Sissi, il y a de quoi surprendre. Surtout lorsqu’en 2 h de dédicace ailleurs (hors librairie !!!) vous en vendez 52…

C’est tout un monde qui est à revoir et c’est urgent.

Bien sûr qu’Amazon est un monstre, une pieuvre dont les tentacules étouffent les libraires. Nous ne sommes pas coupables mais… tous responsables. Nous les écrivains dont les manuscrits n’ont pas encore été ouverts au bout de 6 mois et laissons faire, tellement nous espérons… Et pire, craignons les représailles car dans ce monde-là tout le monde, c’est la mafia « tous unis », je n’ose dire tous pourris… Certains se démarquent : ce sont souvent les éditeurs d’ouvrages professionnels. Je pense aux éditions Chronique sociale à Lyon qui font du bon travail et payent leurs auteurs.

Restent aussi que des éditeurs se sentent tout puissants se permettant de changer le titre ou la couverture que vous souhaitez. Pas le choix, tu dis OK… ou tu vas te faire voir ailleurs. Même si tu as proposé un titre de 3 mots que tout le monde retiendra et qu’il en fait un de… 12 mots !
Alors que la règle marketing insiste « pas plus de 6 mots » !

Je pourrais aussi vous parler d’un prix littéraire dont je fus jury et pour lequel on avait déjà préparé les bandes rouge destinées à un auteur très connu… C’est normal, ces livres sont de grande qualité. Sauf que celui présenté au jury n’était… qu’un quasi copié/collé d’un autre paru 20 ans plus tôt… Nous avons dû menacer de « balancer » pour que l’auteur choisi à 80

Éditions Piatnitsa

11/09/2018 à 09:32

Amazon, pas obligé, je pense qu'on peut publier, vivre et réussir sans Amazon. Les amis du livre trouvent et trouveront d'autres alternatives.
Il reste un public en France pour les bons livres , des lecteurs qui se fichent, voire fuient les prix littéraires convenus, des éditeurs et des auteurs qui ont du talent. Des petits malins qui voient qu'Amazon n'est pas toujours à jour et accessoirement massacre notre belle langue française. Des gens qui privilégient le contact humain et de vraies compétences continuent à se tourner vers les libraires qui peuvent retourner les offices qui les embêtent. Alors arrêtez de pleurnicher que l'ogre Amazon va tout avaler, la crise est générale et hélas en France il y a beaucoup de commerces, autre que librairies qui ont fermé ces deux dernières années. Lorsque l'on arrive à des fins de cycle, on boit la coupe jusqu'à la lie, créons du renouveau. Avec tout mon respect et mon amour envers les libraires physiques qui vont opter pour des dimensions humaines et culturelles qui vont leur permettent de renaître, j'en suis persuadée. Et laissons Amazon prospérer sur le lowcost.

TAEA

11/09/2018 à 09:34

... J'ai oublié le meilleur !
J'ai même reçu le refus d 'un éditeur à qui... je n'avais jamais envoyé de manuscrits !!! Qui dit mieux ? :lol: 8-/ :down:

Christine Belcikowski

11/09/2018 à 10:12

Même si Amazon vend un certain nombre de navets auto-édités, les éditeurs vendent aussi des navets. Reste la question de fond : faut-il défendre les textes, ou bien les éditeurs et les libraires ?

Nicolas

11/09/2018 à 15:32

Je lis tout le fiel de certains, essentiellement auteurs, contre la librairie et l'édition ("traditionnelles" ?). Il s'agit pourtant, dans le texte proposé, d'une libraire donnant son avis de professionnelle sur un livre que les libraires, s'il est bon, ne pourront pas vendre.

Le propos n'est pas ici de ne pas vouloir donner sa chance à un auteur, mais plutôt de pouvoir le mettre en avant si son travail est jugé bon.


Par ailleurs, il est question dans ce texte de défense des libraires contre Amazon... Vous trouvez tous les libraires pédants, incompétents, etc. (notamment parce qu'ils ne vous choisissent pas) ? Très bien. Mais les lecteurs qui vont acheter chez eux y vont pour quelles raisons ? Peut-être le libraire fait-il un choix personnel dans l'offre ? Qui plait aux lecteurs ? (Sans algorithme...) Vous avez le droit de ne pas aimer ces libraires qui ne vous choisissent pas, comme ils ont le droit de ne pas vous mettre en avant. Par contre, il me semble assez facile de considérer le gentil Amazon comme votre sauveur contre les méchants libraires ; Amazon n'est pas plus neutre dans l'offre proposée aux lecteurs que le libraire.
Questions subsidiaires (qui n'est pas une provocation, plutôt une boutade) : que répondent les grandes surfaces quand vous les démarchez pour acheter vos livres ? Que répond Amazon quand vous aimeriez faire une séance de dédicace pour vous mettre en avant ?


Contrairement à certains qui semblent ne pas savoir de quoi il retourne, je ne parlerai pas ici de rémunération, sachant bien les disparités qui existent entre l'auteur, un fiscaliste d'Amazon, l'éditeur qui prend les risques et le libraire sans cœur.

Belle rentrée littéraire à tous

Roger Raynal

11/09/2018 à 19:07

Qu'en termes délicats ces choses là sont dites.
Non, il ne s'agit pas, loin s'en faut du simple "avis de professionnelle sur un livre que les libraires, s'il est bon, ne pourront pas vendre.", Ou alors nous n'avons pas lu le même texte.
Il s'agit bel et bien de la pression d'une représentante des libraires contre un jury littéraire qui a eu l'outrecuidance de choisir un nominé qui n'a pas emprunté les voix canoniques de l'édition "traditionnelle", mais a osé s'allier au croquemitaine Amazon. D'un appel au boycott. A travers cela, il s 'agit s'une attaque directe contre 'auto-édition, comme l'ont très bien ressentis les "sous auteurs" qui y font appel, et ont osé, les gueux, faire état de leurs récriminations.

Amazon n'a rien de neutre, mais il est clair : il veut gagner de l'argent, un maximum d'argent. Les libraires aussi, les éditeurs itou. Et pour cela, il offre aux auteurs des conditions que pas un des éditeurs traditionnels et de leurs affidés libraires ne semble capable d'égaler.
Qui t'a fait roi, pourrait t'on demander au grand méchant. Qu'ont fait les libraires et les éditeurs lors de ascension d'Amazon ? Rien. Ils sont restés les bras ballants, à se gausser, entre gens de bien, du numérique et de ces idiots qui commandaient leurs livres via des modem 1200 bauds (ou presque). Ha, si, avec les éditeurs, ils ont obtenu une belle avancée : que les fichiers soient vendus au prix du papier, détruisant tout développement réel de la lecture électronique en France.

Alors, Questions subsidiaires (qui ne sont pas une provocation, plutôt une boutade) : que répondent les libraires quand vous les démarchez pour acheter des livres scientifiques d'occasion parus aux USA et non importés en France ? Que répondent-ils quand vous aimeriez publier votre livre et le mettre à disposition d'une bonne partie du monde ?

Jadis il y eut, dans ma bonne ville, une belle et grande librairie. Elle est morte. Amazon m'a tuer ? Certes pas. Il tétait encore sa mère. Ce qui l'a tuée, c'est la hausse continue du loyer de l'immobilier en centre villes. C'est aussi, en ayant chassé la voiture de la ville, la fin de la clientèle de la plèbe de banlieue qui a préféré se rabattre, si ce n'est que le grand méchant loup, sur des chaines de librairies, ou des grandes surfaces où l'on peut (encore) se garer.

Quand à la rémunération, oui, évitons d'en parler. "Par de semblables objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées". Où irions nous si les gueux ne se contentaient plus de leurs 5 à 10

Thierry Reboud

12/09/2018 à 00:15

Parlons un peu de choses sérieuses, si vous voulez bien : de caillasse, de flouze, d'artiche, de blé, de picaillon, de braise, de thune et de fric.
Les prix littéraires ne sont pas une consécration artistique (il suffit, si vous voulez vous en convaincre, de parcourir la liste des titres qui ont été couronnés), ils sont un évènement économique du marché du livre. Pas de la littérature : du livre.
Si (par très loufoque hypothèse), les jurés du Renaudot couronnait l'indispensable chef-d'oeuvre du très méconnu Koskas, le prix Renaudot se tirerait une balle (que dis-je, une balle : une rafale) dans le pied parce que le jury Renaudot n'a qu'une chose à faire valoir : son influence commerciale. C'est vrai des autres jurys également, et si le Goncourt trône au sommet, c'est bien parce que c'est le prix qui (normalement) assure le nombre de ventes le plus conséquent. Le pouvoir du jury Renaudot est symbolique, mais il a une traduction économique. Couronner un livre publié à compte d'auteur et distribué en dehors des plus gros pourvoyeurs de produits éditoriaux serait une monumentale erreur qui, j'en suis certain, n'échappe à personne.
Tout ça pour dire que Koskas fera très probablement un petit tour dans la sélection et s'en fera éjecter avec les honneurs dus à son rang.
Même Patrick Besson risque d'en revenir lorsqu'il constatera avec un généreux effroi que son prochain et périssable monument littéraire (Le Milieu de terrain, à paraître le 10 octobre chez Grasset) sera absent des tables des libraires ou disponible seulement à la commande. Pour le coup, sa rémunération, il n'oubliera certainement pas d'en parler... et il est possible que son éditer lui rappelle le confortable à-valoir qu'il a touché pour des ventes qui risquent bien d'être des plus chétives.
Maintenant, sans vouloir me mêler du commerce d'ouvrages scientifiques étasuniens épuisés (commerce auquel je n'entends rien... mais je me demande ce que dirait votre concessionnaire Renault si vous vouliez lui commander une Cadillac 1967), j'ai une petite idée de ce qu'il pense par-devers lui (s'il est poli) quand vous lui faites part de votre désir de publier votre livre et de le mettre à disposition d'une bonne partie du monde.
Il pense probablement que, si vous voulez que votre livre soit édité, le mieux est que vous vous tourniez vers des éditeurs dont c'est le métier. Il y a assez d'éditeurs en France pour qu'un livre correct soit, tôt ou tard, édité parce qu'aucun éditeur ne refusera de gagner de l'argent avec un livre qui peut se vendre. Si un livre fait l'unanimité des éditeurs pour ne pas le publier, alors (dût votre modestie en souffrir) il est probable que c'est une daube de fort calibre.
Il (votre librairie) pensera probablement aussi que vous n'avez aucune idée de la bonne partie du monde qui est véritablement intéressée par (ce n'est qu'un exemple) une première étreinte ou des néoptères idéalement spleenétiques et qui serait disposée à claquer 8,99 € hors taxe au nom de cet intérêt, et que les 3 exemplaires qu'il acceptera peut-être de prendre en rayon vont moisir pendant quelques années avant que vous vous souciez de venir lui en demander des nouvelles : il le sait, parce que vous le 4478ème cette année à lui avoir fait le coup.
Votre libraire et moi penserons également que vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'est le commerce du livre pour de vrai, et pas dans vos fantasmes. Les conditions commerciales tellement avantageuses que vous offre Amazon, combien vous feront-elles de sous dans la poche avec vos 17 exemplaires vendus (en comptant votre famille et vos amis) ?
La réalité, c'est qu'un livre représente une certaine somme d'argent (plutôt moins qu'un nouveau téléphone ou une fringue à la mode, mais tout de même) et que le rôle des libraires est de vous aider à vous orienter, en fonction de vos goûts, au milieu d'une production dont vous n'avez manifestement pas la moindre idée.
C'est tout l'intérêt des éditeurs et des libraires : contrairement à Amazon, ils discriminent, c'est-à-dire qu'ils sont capables de distinguer les qualités de tel ou tel livre, ce qui est le dernier souci du site logistique Amazon.

Roger Raynal

12/09/2018 à 14:07

Lorsque l'on se pique d'écrire, il faut encore savoir lire, ce qui, me semble t'il, ne semble pas donné à tout le monde. Alors clarifions ce qui semble obscurcit par les lumières (post)modernes des adeptes des néologismes de l'extrême (gauche).
Ma boutade sur les libraires reprenait celle de Nicolas, plus haut. Encore fallait-il le lire, lui aussi.
Je ne parle nullement d'ouvrages "épuisés" (où donc ai-je dit cela?) mais bien au contraire, d'ouvrages si récents qu'ils n'ont pas encore été traduits alors qu'ils sont disponibles d'occasion dans leur pays d'origine.
Quand à ma seconde remarque vous semblez prendre au premier degré ce qui relève évidemment du second. Singulier manque de discernement, qui rend sans objet votre pénible discours sur les mérites des rôles respectifs des libraires et des éditeurs (à moins que je ne vous écrive depuis le 17e siècle).
Pour information, il se trouve que je suis édité à la fois comme traducteur et comme auteur.
Vous évitez soigneusement de répondre sur le fond : pour vous, auto-édition = merde. Fort heureusement, comme vous le dites, les éditeurs et les libraires "discriminent". Cette fois, c'est le mot juste. Bravo.
Pour le reste, je vous laisse à vos illusions, et à votre défense d'un système a bout de souffle, qui réponse que l'exploitation de la majorité des auteurs, s'en délecte et le revendique. Que ces gueux se taisent avec leurs 5 à 10 %, et laissent officier ceux qui ont la noblesse nécéssaire à jouer les arbitres des élégances et des qualités. Peut être, si vous y croyez très fort, cela deviendra réel.

Joseph Kochmann

12/09/2018 à 21:34

Oui, M. Reboud, surtout que vous parlez des plaintes répétées des auteurs ratés voués à disparaître face aux grands éditeurs "dont c'est le métier", mais, en attendant, ce sont ces mêmes auteurs qui percent et les autres qui se meurent.

La frustration, elle vient de vous, libraires. C'est vous qui appelez à ce boycott stupide parce que vous vous sentez menacés.

Et si vous agissez ainsi, c'est bien parce qu'il y a une menace conséquente.
Et cette menace, elle est née de cette attitude méprisante.

Intéressez-vous de plus près l'auto-édition. Nuancez les choses. Nombreux sont les livres publiés tout aussi lamentables et nombreux sont les livres auto-édités qui ont du succès.

The Martian ? Auto-édité, refusé par tout le monde. C'est les lecteurs qui l'ont choisi et après seulement il a été racheté. Harry Potter ? Publié sur un coup de tête par un éditeur minuscule qui l'a fait sans conviction parce que sa fille voulait savoir la suite. JK Rowling avait enchaîné les refus avant. Si l'auto-édition avait été plus conséquente à cette époque, il y aurait fort à parier qu'elle y serait allée.

On sent le pognon qu'après pour les ME. "Si un livre se vend, on l'achète." Faites pas l'âne : un livre se vend quand il est en vente. La qualité n'a jamais été le seul argument de vente. (Et des fois, il ne l'est même pas... Y a qu'à voir Werber par exemple.)

Je le répète, pour ma part, je n'ai jamais eu un refus qui critiquait la qualité de mes livres. On me disait juste qu'on avait peur de le faire ou qu'on avait pas envie ou que j'étais pas connu... et ça, c'est quand on me répondait encore. Et sans insulte. Parce que souvent mes "bonjour monsieur, merci de votre temps, cordialement" se répondaient par un "allez vous faire voir".

J'ai été publié un an dans une maison d'édition et c'était une catastrophe. Mauvaises corrections, pas de pubs, distribution mal menée... Je n'ai réussi qu'à rattraper les meubles qu'une fois les droits récupérés, seul. En somme, je m'en sors mille fois mieux et parvient à être bien plus professionnel à mon compte. Et, pour connaître le milieu, à voir mes collègues, je ne suis ni le premier ni le dernier.

A savoir que c'était lorsque j'étais publié que j'ai démarché auprès des libraires et qu'on m'a parlé exactement comme vous le faites aujourd'hui : avec mépris. Ma maison était trop petite donc j'étais forcément nul, hein. Mes années d'études, mon expérience dans les milieux de l'écriture depuis plus de dix ans, c'était secondaire. Et puis, ils n'allaient pas lire une page de mon livre non plus. Il suffisait de voir mon visage pour savoir que j'étais mauvais. Même ma couverture était bonne, dessinée par un pro, mais ça suffisait pas. Rien de ça ne suffisait.

Le refus n'est pas forcément lié à la qualité. Des fois, c'est la peur du risque ou le simple mépris et désintérêt... comme le vôtre.
"Je ne vais pas me fatiguer à découvrir quelque chose de nouveau."
Et là, d'un coup, merde... Ces mêmes trucs que j'ai méprisés commencent à prendre de l'importance.
Battons-nous les amis !

Si vous nous prenez de haut, soit, mais foutez-nous la paix.

C'est vous qui hurlez parce que les choses ne vont pas dans votre sens. C'est vous qui agissez de façon pitoyable.

Thierry Reboud

13/09/2018 à 07:33

Quoique je ne sois plus libraire aujourd'hui, je ne suis pas candide au point de croire que les efforts conjugués de professionnels suffiront à éradiquer le tsunami d'auteur.e.s diversement accompli.e.s (je sens bien que "raté.e.s" vous chagrine), et à vrai dire c'est très bien.
J'ai reconnu, dans un autre commentaire, un mérite à Amazon, celui de purger les librairies de ces livres invendus parce que bien souvent invendables et ni faits ni à faire.
Je n'ai pas lu The Martian (et peut-être n'avez-vous pas lu Du côté de chez Swann ou Au château d'Argol). Peut-être The Martian est-il un chef-d'oeuvre, il n'en restera pas moins qu'une exception demeurera longtemps encore une exception. Néanmoins, et quoique je sois assez porté sur la littérature et le cinéma de science-fiction, ni le roman de Weir, ni le film de Ridley Scott (Ridley Scott pourtant...) ne m'ont incité à m'y intéresser : c'est peut-être une erreur de ma part, soit, mais je crois fermement que ni le succès ni l'insuccès ne font le chef-d'oeuvre.
En outre, à m'en tenir à ce qu'en dit Wikipedia, Weir a commencé en proposant gratuitement son roman, puis (sur la demande de lecteurs) l'a proposé en édition numérique : je ne vois dans cette histoire édifiante rien qui mentionne les multiples refus d'éditeurs. Au contraire, il semble même que ce soit parce qu'il était devenu une des meilleures ventes sur Kindle qu'un agent a pris contact avec lui pour le faire éditer chez Crown : la consécration par les éditeurs professionnels, en somme !
La belle histoire de Rowling suggère les mêmes précautions : peut-être avez-vous raison et peut-être aurait-elle eu recours au compte d'auteur s'il avait été plus performant... Peut-être. Mais, outre que je ne vois pas bien que cela prouve quoi que ce soit, êtes-vous certain qu'elle aurait ainsi connu le même succès ?
Aussi, lorsque vous soutenez avec une candeur certaine que ce sont les auteurs auto-édités qui percent et les autres qui meurent, j'ai tendance à penser que vous ne livrez en fait qu'un seul scoop : c'est que vous n'avez pas une idée très précise de ce qui se lit et se vend en France.
Venons-en à d'autres histoires de muet, d'aveugle et de sourd...
Je comprends bien que vous visez une clientèle adolescente et que c'est donc à cette aune qu'il faudrait que je lise vos romans (ce que je ne ferai probablement pas). Me permettez-vous, en préambule, de vous faire remarquer que vous ne devriez peut-être pas tirer des conclusions définitives à partir de votre seule expérience avec une maison d'édition aussi éminente que Boz'Dodor ?
Autant que je vous avoue que je connais de votre muet que le (très bref) résumé qu'en donne le site marchand de Decitre et de votre aveugle que ce même résumé et ce que j'ai pu en lire sur votre page d'un réseau social bien connu (outre les couvertures qui offensent un tantinet mon sens de l'esthétique, mais le goût n'est certes pas une chose universelle).
Si vous rencontrez un certain succès avec ce genre d'histoires, j'en suis très heureux pour vous. Je ne vous cache pas que je n'ai quant à moi eu aucun mal à réfréner mon enthousiasme. A votre tour, vous devriez être très heureux pour les libraires qui n'auront pas à surmonter le sentiment d'accablement (plus que de mépris) lorsque quelqu'un (vous peut-être) viendra leur demander d'en accepter un nombre d'exemplaires qui reste à déterminer.
Vous avez parfaitement raison : des livres dispensables publiés à compte d'éditeur, les librairies en regorgent déjà. Quand ils se vendent, c'est moindre mal. Quand ils ne se vendent pas, c'est carrément la double peine. Raison de plus pour ne pas les laisser proliférer.

Joseph Kochmann

13/09/2018 à 09:30

Ha ha ! Cher Thierry ! Bravo ! Vous m'avez attaqué exactement là où je m'attendais que vous le fassiez. Vous ne m'avez pas déçu.

Et encore : je pensais qu'il aurait fallu que j'insiste un peu pour que vous fassiez des recherches sur moi. Sur ce point, donc, vous m'impressionnez.

Donc forcément, blessé et têtu comme vous l'êtes, vous êtes allé chercher sur mes pages la moindre information pouvant me descendre, pour confirmer votre point de vue.

Seulement voilà, je me connais et je connais mon travail. Face aux excellentes critiques et à mes résumés sans faute, vous n'avez rien trouvé à vous mettre sous la dent.

Donc vous y êtes allé au plus grossier : disons que les couvertures sont laides (mon illustrateur en aurait le sourire aux lèvres) et que c'est un livre pour adolescents... donc mauvais. J'imagine.

Parce que maintenant, on va souligner que la romance jeunesse, c'est du caca aussi. On va tout faire pour montrer que l'auto-édition, c'est de la merde.

Allez ! On va même dire que The Martian, ça a du succès, mais c'est pas bien en réalité. Et puis si, c'était mérité parce que ça a été signé à la fin... Trois ans plus tard, une fois que le gars avait bien ramé tout seul. Donc exactement ce que fait un auto-édité lambda.

Je vous invite à lire sinon. Après avoir lu la page Wikipédia, comme vous dites... Oui, les deux premières lignes en somme. Je cite : "Après un premier contact infructueux avec des éditeurs, le roman est mis en ligne par son auteur sur son site internet en 2011. Une version, commercialisée sur le site du marchand en ligne Amazon.com à un prix plancher (99 cents), rencontre un grand succès. Celui-ci attire l'attention des éditeurs et Andy Weir vend les droits à Crown Publishing Group (en)."

Mais c'est vrai que lire avant d'émettre un jugement, pour vous, c'est un peu difficile. On reste en surface.

C'est comme parler à un tourne-disque sur un mur. On ne fait rien avancer. L'important, c'est d'avoir raison.

Le fait que vous réagissiez comme tel, que vous ne prenez même pas la peine de lire mon travail ni mes chroniques prouvent, de ce fait, bien mon point. Vous êtes méprisant, hautain et incapable de dépasser vos propres préjugés. Surtout, vous ne lisez pas. Vous vous contentez d'imaginer.

"C'est mauvais, c'est tout. C'est impossible que ça ne soit pas mauvais. Ou alors c'est une exception. Oui, c'est ça. Les ME sont formidables (sauf celle que vous aviez, M. Kochmann : elle est scandaleuse). Le succès n'est pas un gage de qualité, l'insuccès, pas celui d'un manque de qualité... Ce qui va complètement à l'encontre de mon affirmation que les auto-édités sont tous très mauvais. Quoi qu'il arrive, j'ai raison. Allez-y, écoutez-moi. J'ai raison !"

Vous êtes l'exacte représentation de ce que je critiquais. Je n'ai même pas besoin d'en faire la démonstration. Vous êtes une caricature.

Après, en toute honnêteté, et j'insiste, on n'a pas besoin de gens comme vous. On s'en moque : on se débrouille très bien sans. Tant que vous ne marchez pas sur nos plates-bandes, vous pouvez continuer à râler et à prendre le monde de haut. Vous êtes dans vos bulles : qu'on vous y laisse.

Maintenant, quand vous commencez à appeler le boycott parce que vous vous sentez menacés, comme des petits animaux en danger, là ça nous embête. Voir votre propre incompétence vous revenir dessus comme un boomerang... C'est votre problème, pas le nôtre.

Et après, vous osez me dire que les libraires n'ont pas peur de mourir ? Qu'ils se portent au mieux ?

Alors pourquoi tout ce cinéma ?

Nous, on est très bien sans ça.

Et puis, qui dit boycott des librairies dit plus d'achats sur Amazon.

Donc, en somme, de quoi je me plains ? Merci beaucoup pour votre aide.

Pour une fois, votre ignorance aura du bon.

Thierry Reboud

13/09/2018 à 12:01

Mais où donc avez-vous vu que je vous attaque ?
Si j'ai pris la précaution de vous écrire que je ne vous ai pas lu, c'est précisément parce que ça me rend parfaitement incapable de porter le moindre jugement (dans un sens ou dans l'autre) sur vos livres ! J'ajoute que si j'ai précisé que je ne vous lirai probablement pas, c'est pour vous indiquer qu'il y a fort à parier que cette impossibilité de porter un jugement sur votre production dure encore un peu de temps.
Où avez-vous vu que j'ai porté un quelconque jugement sur le livre de Weir ? Je n'ai aucune opinion à son sujet, pas plus qu'au sujet du film qui en a été tiré.
Que vos livres ou celui de Weir (ou le film de Ridley Scott) ne m'attirent pas ne signifient pas qu'ils sont mauvais... mais ça ne signifie pas non plus qu'ils sont bons. En fait, ça ne signifie qu'une chose (et vous devriez vous en tenir à cela), c'est qu'ils ne m'attirent pas.
De même, sur les couvertures de vos livres : en quoi le fait qu'elles me piquent les yeux les rend-elles laides ou belles ? Aussi longtemps que votre illustrateur ne se mêlera pas de redécorer mon domicile, ça n'a aucune importance.
A titre indicatif, j'ai présenté et vendu aux libraires (pendant assez longtemps tout de même !) les livres des éditions Bragelonne dont la ligne esthétique n'est pas précisément ma tasse de thé. Et alors ? Ces couvertures étaient bien faites, et mon (peu de) goût pour elles n'avaient rigoureusement aucun intérêt. Les vôtres vous plaisent, fort bien ; elles plaisent à votre lectorat, c'est mieux encore.
Si vous alliez plus souvent en librairie, vous constateriez sans doute que le nombre de couvertures qui offensent votre esthétique est considérable et que, néanmoins, plusieurs d'entre elles rencontrent l'assentiment du lectorat qu'elles visent : sur ce point (comme sur le fait que vous jugiez le travail d'une maison d'édition à partir du seul exemple de Boz'Dodor), vous devriez essayer de sortir de votre tout petit sillon et considérer les choses dans leur ensemble. Votre clairvoyance ne s'en trouverait probablement pas amoindrie.
Je vous parle de commerce, pas de littérature ou de beaux-arts. Les prix littéraires sont du commerce, pas de la littérature. Vous avez trouvé un créneau commercial qui vous convient, c'est parfait.
Encore une fois, vous vous faites plaisir en publiant des livres sur lesquels je n'ai aucune opinion et vous faites plaisir à des lecteurs : la vie est belle. Si tous les livres publiés à compte d'auteur en faisaient autant en épargnant les libraires, ce n'en serait que mieux parce que le constat trop souvent vérifié, crûment commercial, c'est que les livres publiés à compte d'auteur(sauf exceptions, notamment dans le domaine de l'édition régionaliste) ne se vendent pas dans les librairies.
Pour le reste, vous ne m'ôterez pas de l'idée que, compte tenu du nombre très considérable de maisons d'éditions professionnelles et compétentes en France, j'ai du mal à croire qu'un livre bien foutu (je ne vous parle même pas de chef-d'oeuvre) et susceptible de rapporter un tantinet d'argent (je ne vous parle même pas de jackpot) échappe à toutes. Et si ça arrive une fois, cela ne fera que vérifier l'adage selon lequel l'exception confirme la règle.

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Depuis cinquante ans, Expodif fournit collectivités et revendeurs : quelque 5000 références dans son catalogue, issues de lots rachetés auprès d’une centaine de fournisseurs. Et des livres neufs revendus à des prix concurrentiels – entre 40 et 65 % du prix éditeur. Une offre de services, à « des prix défiants toute concurrence », précise l'entreprise.

03/05/2024, 09:30

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Des livres neufs à prix réduit : une solution pour les collectivités

Depuis cinquante ans, Expodif fournit collectivités et revendeurs : quelque 5000 références dans son catalogue, issues de lots rachetés auprès d’une centaine de fournisseurs. Et des livres neufs revendus à des prix concurrentiels – entre 40 et 65 % du prix éditeur. 

19/04/2024, 17:32

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Pourquoi opposer droits d’auteur et transition écologique ?

Lors du Festival du livre de Paris, Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle mesure affectant le marché du livre d'occasion, qui consiste en une « contribution » destinée à « protéger le prix unique du livre neuf ». Les détails devaient être précisés par la ministre de la Culture, Rachida Dati, ce week-end, on attend d'ailleurs toujours... Les premiers visés par la décision du président : les plateformes de ventes d'ouvrages usagés. Maud Sarda, co-fondatrice et directrice générale de l'une d'entre elles, Label Emmaüs, réagit.

15/04/2024, 11:49

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Face à l'urgence climatique, faire bonne impression

Dans une mobilisation sans précédent, les membres du World Print & Communication Forum (WPCF), organisation mondiale d'imprimeur, ont déclaré leur engagement à réduire significativement l'empreinte carbone de l'industrie graphique. Face à l'urgence climatique et à la prise de conscience accrue du public concernant les enjeux environnementaux, l'initiative du WPCF pourrait marquer un tournant important pour le secteur de l'imprimerie, consommateur intensif de ressources.

14/02/2024, 13:15

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Après une cyberattaque dévastatrice, le distributeur Socadis reprend ses activités

Socadis (Madrigall), un des principaux distributeurs de livres au Canada, a été victime, le 17 décembre dernier, d'une cyberattaque qui a autant révélé la vulnérabilité de sa sécurité informatique, qu'elle l'a contrainte de suspendre toutes ses activités. Il aura fallu attendre début janvier pour que le responsable de la distribution d'éditeurs tels que La Pastèque, Fides, Ulysse ou des groupes Flammarion et Editis au Québec, annonce le retour progressif de ses services.

06/02/2024, 13:05

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Le distributeur allemand Bookwire investit l'Italie avec Bookrepublic

Le distributeur allemand Bookwire, qui fournit des solutions logicielles de production, de suivi des ventes et de marketing à ses partenaires éditeurs, annonce son entrée sur le marché italien avec l'acquisition des activités de distribution de Bookrepublic, axées sur le livre numérique.

02/02/2024, 11:17

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Editis s'appuie sur AZAP pour optimiser la distribution Interforum

Interforum - Editis, distributeur de livres pour plus de 300 éditeurs et 13.700 points de ventes, a fait appel à AZAP, éditeur et intégrateur de logiciels de pilotage et d’optimisation des flux de la Supply Chain, pour mettre en œuvre un nouveau service de la Gestion Partagée des Approvisionnements de magasins. Cette collaboration fructueuse a permis aux enseignes concernées d’augmenter leur part de marché de 6 points, tout en réduisant dans les mêmes proportions les retours et le niveau de stock.

23/01/2024, 13:27

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MDS Benelux en sursis : “Nous avons plongé dans le rouge”

Le distributeur MDS Benelux, filiale du groupe Média-Participations, se trouve dans une posture délicate, au point d'évoquer la possible cessation de ses activités, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire. En cause, une situation économique complexe, aggravée par le départ d'un client néerlandophone important.

17/01/2024, 16:28

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Hachette annule le déménagement de sa distribution, pour l'instant

En février dernier, Hachette annonçait que les plus de 600 salariés installés dans les Yvelines déménageraient courant 2026 dans la commune de Germainville, en Eure-et-Loir. Le groupe nous confirme une information révélée par Les Échos : il annule finalement son projet, initié par l'ancien directeur général d'Hachette Livre, Arnaud Nourry.

17/01/2024, 13:19

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Les livres mettent-ils la planète en danger ?

Pour une autrice, un auteur, de même qu'une illustratrice ou un illustrateur jeunesse sensible aux questions d’écologie, le constat annuel est simple :  le volume de nouveautés publiées chaque année, à découvrir en salons ou librairies de même que le nombre d’exemplaires partis au pilon sur ses relevés de ventes interroge : nos livres détruiraient-ils la planète ? (Spoiler : pas tout à fait !)

03/11/2023, 17:46

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En plein “désastre social”, y'a-t-il “un pilote chez Editis” ?

À quelques heures de la décision concernant le rachat d’Editis par CMI France, que l’on attend depuis hier, de la Commission européenne, le repreneur risque de déchanter. Au terme d’échanges houleux ce 31 octobre, on mesure combien le navire Editis et sa filiale Interforum voguent avec une direction qui a déserté. Dernier et sinistre rebondissement : un ralentissement de l’activité, avec pour conséquences un sévère coup de rabot sur les salariés.

31/10/2023, 13:08

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La Générale Librest s'allie à Nosoli (Furet du Nord / Decitre)

Face aux défis à venir, les propriétaires de la GL, plus ou moins sexagénaires, passent la main en cédant la société au groupe Nosoli, acteur majeur et puissant de la distribution du livre, apte à lui assurer pérennité et développement.

20/10/2023, 16:26

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Marc Levy introuvable en librairie : son roman menacé de grève

Les employés d'Editis envisagent de débrayer, et pas n’importe quand : à la parution du 25e opus de Marc Levy, La Symphonie des monstres, prévue ce 17 octobre. En empêchant la commercialisation du livre, les syndicats visent la direction d'Editis, pour la forcer à respecter les engagements salariaux pris. Car ces augmentations tardent toujours à se refléter sur les revenus. Et Marc Levy, servant d'otage, en fera donc les frais.

30/09/2023, 11:55

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Les éditions du Cerf quitteront Interforum

Comptant parmi les principaux éditeurs religieux en France, Le Cerf annonçait leur arrivée chez Interforum au 1er janvier 2019. La filiale d'Editis aurait la charge de la diffusion et de la distribution de plus de 6000 ouvrages. Quatre ans plus tard, la maison a décidé de changer de crémerie.

24/08/2023, 22:45

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Monica Irimia, de la librairie à la surdiffusion

Monica Irimia saute le pas : l’ancienne libraire pendant près de 15 ans est devenue « surdiffuseuse » au service du livre depuis février. Enfin, d’ouvrages en particulier, car il s’agit de ceux qui naissent dans cette partie du continent que les Français connaissent souvent si peu : l’Europe de l’Est. Monica Irimia provient elle-même de cette parcelle de la vieille Europe, puisqu’elle est originaire du pays d’Emil Cioran.

17/06/2023, 09:30

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Anne Drouinaud est nommée Secrétaire Générale chez Hachette Livre

Hachette Livre a nommé Anne Drouinaud en tant que Secrétaire Générale du Programme de Transformation Polaris. Sous l’autorité de Philippe Lamotte, Directeur Général de la Branche Services et Opérations et Directeur de la Transformation, elle supervisera l’ambitieux programme Polaris du groupe Hachette Livre. Elle en dirigera les aspects financiers, juridiques, contractuels et de contrôle interne.

17/05/2023, 16:06

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Auteurs, éditeurs : Amazon augmente ses coûts d'impression de livres

La crise d’approvisionnement du papier tend à se calmer depuis quelques mois. Les problématiques de stock s’apaisent également : tous les papiers sont peu ou prou disponibles. De fait, grincent certains, les ventes diminuent et les volumes de tirages se montreraient plus modestes. Or, pendant ce temps, Amazon révise certaines de ses conditions commerciales… pour la production de livres.

16/05/2023, 18:33

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Le distributeur allemand Bookwire met ChatGPT au service des éditeurs

L'usage des technologies d'intelligence artificielle ne se limite pas à la génération d'œuvres littéraires, graphiques ou audiovisuelles : ChatGPT peut devenir l'allié d'un éditeur pour la mise en forme et la commercialisation d'un livre. Le distributeur allemand Bookwire en est persuadé, et a intégré l'outil dans sa solution logicielle.

04/05/2023, 11:38

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Recyclivre enrichit sa plateforme en ligne Superway

En collaboration avec Origami Marketplace, Recyclivre améliore sa plateforme Superway créée l'année dernière. L’objectif étant de rendre l’économie circulaire plus attrayante en accompagnant « les vendeurs pour une consommation globale plus responsable ».

 

19/04/2023, 12:09

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Label Emmaüs : repenser la loi Lang à l'aune des enjeux climatiques

#LabelEmmaus - Acheter, c’est voter. Partant de ce constat, Label Emmaüs transforme la vente en ligne en acte militant. Et s’appuie sur les livres pour conférer plus de poids à son action. « Un livre en ligne, plus éthique », voilà tout l’objet de la campagne qui s’ouvrira ce 18 avril. Ou favoriser la solidarité plus que la destruction de livres.

17/04/2023, 16:54

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Sipour Box propose désormais des livres grands formats

Créé en 2021, Sipour Box poursuit sa lancée dans le marché des box littéraires. Cette année, elle ajoute une nouvelle offre, « La littéraire », avec des livres grand format d’auteurs moins connus par les lecteurs.

13/04/2023, 15:06

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Papier : Christian Ribeyrolle nouveau Président de COPACEL

Au terme du Conseil d’Administration du 8 mars 2023, Christian Ribeyrolle, de la société RYAM, est devenu Président de COPACEL (Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses), succédant ainsi à Philippe d’Adhémar de la société Sylvamo, qui occupait ce poste depuis le 21 mars 2019. 

09/03/2023, 14:28

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Fnac quitte la Suisse allemande et mise tout sur le marché français

L’enseigne avait opté pour un développement à travers des corners implantés dans différents centres commerciaux du territoire de la confédération hélvétique. Changement de braquet radical : dix points de vente alémaniques fermeront. Et la stratégie se réoriente massivement vers l’espace francophone.

28/01/2023, 15:38

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“Harcèlement et comportements inappropriés” chez Interforum  

La trêve des confiseurs n’avait pas commencé que les instances syndicales recevaient un rapport d’analyse. En cause, un « risque grave » dans le département Relations éditeurs d’Interforum — la filiale diffusion/distribution d’Editis. La procédure, déclenchée début octobre, s’était heurtée à quelques résistances.

29/12/2022, 15:17

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Emme Promo Junior, nouveau service pour promouvoir l’édition jeunesse

Emme Promozione est une société italienne, créée en 2014 à partir d'une scission de la branche promotion de Messaggerie Libri, le principal distributeur italien. Elle est spécialisée dans les services de marketing, de communication et d'analyse de données, aux éditeurs. Suite au succès grandissant de la littérature jeunesse, elle vient de créer un nouveau service, appelé Emme Promo Junior, consacré à la promotion de l’édition pour enfants. 

19/12/2022, 15:33

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Mr Tan & Co, nouvelle maison d'édition de Mortelle Adèle, signe avec Interforum

Exclusif - L’écrivain Antoine Dole, plus connu sous le nom de Mr. Tan à travers les bandes dessinées Mortelle Adèle, en collaboration avec Diane Le Feyer, a choisi l’indépendance. En créant sa propre maison d’édition, il a également signé avec le groupe Editis, confiant la diffusion-distribution à Interforum. La maison, baptisée Mr Tan & Co, a été fondée en août dernier, quelques mois après l'annonce du départ de Bayard.

16/12/2022, 10:46

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Pierre Coursières élu président du Syndicat des Distributeurs de Loisirs Culturels

À l’issue de l’assemblée générale extraordinaire du 2 décembre 2022, les membres du SDLC ont élu à l’unanimité Pierre Coursières Président du Conseil Syndical. La durée du mandat est fixée à deux ans, les membres sortants sont rééligibles.

06/12/2022, 12:40

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Appel à une grève nationale dans les magasins Cultura ce 3 décembre

Annoncé pour ce 3 décembre, période de plus en plus cruciale dans le commerce du livre, un vaste débrayage surviendra dans les magasins Cultura. La demande est simple : l’augmentation des salaires pour les employés revendique la CGT Cultura. De 15 à 17h, tous les personnels des boutiques sont invités à faire front ensemble.

02/12/2022, 16:41

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À Tigery, les salariés d'Interforum demandent l'équité des primes

Ce lundi 21 novembre, une quarantaine de salariés du site Interforum de Tigery (Essonne) ont débrayé pour réclamer une plus grande équité entre les salariés des différents sites de la filiale du groupe Editis. À Malhesherbes, une prime transport sera en effet prochainement mise en place, et les employés de Tigery souhaitent eux aussi une révision des primes qui leur sont accordées.

23/11/2022, 15:17

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Fédération de randonnée pédestre : la distribution, tout un cirque ?

À la suite d’une consultation menée au cours de l’année 2022, la FFRandonnée a renouvelé son contrat de partenariat avec la Sofédis, pour la diffusion et la distribution de son catalogue à partir du 1er janvier 2023. Un partenariat qui s’inscrit dans la stratégie déployée par la FFRandonnée depuis 2021. Les deux sociétés travailleront de concert jusqu'en 2026. 

04/11/2022, 10:58

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France : Amazon se rêve désormais imprimeur de livres

Le jour de la fête des morts, la nouvelle aura quelque chose d’un brin sinistre : à Brétigny-sur-Orge (Essonne), ce 2 novembre, est inaugurée la première… imprimerie d’Amazon sur territoire français. Implanté dans son entrepôt logistique, il s’agit d’un déploiement, et non des moindres, dans le fonctionnement de l’entreprise.

01/11/2022, 10:04

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Les éditions d'en bas arrivent en France et Belgique grâce à Serendip/Paon

Depuis 1976, les éditions d’en bas développent un catalogue engagé et militant. Elles explorent le champ du social à partir des marges de l’histoire, de la politique et de la société; elles font émerger des voix singulières et originales de destinées oubliées et des thématiques délaissées. Depuis 2001, elles ont renforcé le champ des publications aux littératures de Suisse et à la traduction. 

28/10/2022, 13:32

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L'Imaginaire se fait la malle : quatre éditeurs quittent Média Participations

En août 2019, ActuaLitté dévoilait l’arrivée massive d’éditeurs chez Média Diffusion : Mnémos, les Moutons électriques et ActuSF, regroupés sous le collectif Les Indés de l’Imaginaire, marquaient ainsi une nouvelle étape dans leur développement. Et ce, deux ans après que Leha éditions avait choisi la diffusion/distribution du groupe. Mais en 2023, tout le monde part. 

28/10/2022, 11:06

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Mort d'un ouvrier dans un entrepôt d'Amazon en Pologne : l'enquête interdite

10 heures de travail en une journée, voilà qui démontre bien l’intérêt porté aux salariés d’Amazon. Jean-Baptiste Malet a signé pour L’Humanité Magazine un nouveau reportage. Cette fois, c’est en Pologne qu’il s’est rendu pour constater les conditions de travail. Et ce, après le décès d’un salarié et le licenciement de la syndicaliste qui voulait trop en savoir sur les circonstances de ce drame…

11/10/2022, 11:52

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Lisez-vous le belge ? revient du 1er au 30 novembre 2024

La 5e édition de l’opération reviendra du 1er au 30 novembre 2024. Un mois complet pour déployer ce que l’édition belge produit en qualité et en quantité dans tous les domaines littéraires en Wallonie et à Bruxelles.

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Richard Millet : “J'ai sous-estimé la haine dont j'étais l'objet”

Septembre 2012 : choquée par Langue fantôme. Eloge littéraire d’Anders Breivik (Pierre-Guillaume de Roux, 2012), essai critique à l’égard du multiculturalisme, Annie Ernaux obtient le départ de Richard Millet du comité de lecture de Gallimard après avoir lancé une pétition, signée par quelques cent-cinquante écrivains, dans les colonnes du Monde. Entretien par Etienne Ruhaud.

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Victime d'un AVC en 2023, Noam Chomsky a quitté l'hôpital

Les rumeurs colportant l’annonce de sa mort étaient grandement exagérées. Noam Chomsky, célèbre linguiste et dissident politique, demeuré silencieux depuis près d’un an, inquiétait ses admirateurs et lecteurs. Hospitalisé pour un accident vasculaire cérébral en juin 2023, il vient en réalité de quitter l’hôpital Beneficencia Portuguesa de São Paulo.

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Mort de Mazel : de Chacal Bill à Paparazzi, humour et aventures garantis

Les éditions Dupuis font part, avec une profonde tristesse, du décès de l’auteur Luc Maezelle, survenu dans la nuit du 19 au 20 juin. Plus connu sous le pseudonyme Mazel, cet auteur de BD né à Herentals (Belgique) était renommé pour ses œuvres truffées d'humour et d'aventures, souvent avec un trait de dessin dynamique et expressif.

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Le libraire australien Booktopia dans une sacrée panade financière

Deux semaines après la suppression de 50 emplois, le départ du directeur général, 12 mois après sa prise de fonction, le libraire en ligne australien Booktopia semble coincé. Du fait de problèmes de liquidités, la société cherche des fonds, très activement et des investisseurs. Mais dans l’intervalle, toute cession d’actions en bourse est arrêtée net.

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Colombie : une faculté promeut le libre accès par la lecture gratuite

L'Université de Magdalena, via sa maison d'édition Unimagdalena, a ouvert l’intégralité de son catalogue, disponible gratuitement et en intégralité en ligne. Cette initiative permet aux étudiants, chercheurs et lecteurs d'explorer les ouvrages, en toute tranquillité.

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Près de 40 millions € redistribués aux auteurs et éditeurs par la Sofia en 2023

La Sofia, Société Française des Intérêts des Auteurs de l'écrit, annonce, suite à son assemblée générale du 20 juin, la redistribution aux auteurs et aux éditeurs de près de 40 millions €. Organisme de gestion collective, elle a perçu cette somme dans le cadre de ses missions, du droit de prêt à la copie privée numérique.

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Eva Nguyen Binh reconduite à la tête de l'Institut français

Nommée en juillet 2021 à la présidence de l'Institut français, la diplomate française Eva Nguyen Binh a été reconduite dans ses fonctions, à compter du 1er juillet 2024, confirme un décret présidentiel.

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Après près de 5 années passées en tant que responsable d'édition dans la maison, l'éditrice et autrice Elsa Delachair vient d'être nommée directrice éditoriale de 10/18,  filiale du groupe Univers Poche de Editis.

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Quelque six mois après l'intégration d'Editis au sein du groupe CMI, de l'homme d'affaires Daniel Křetínský, sa direction a pris la parole, ce 19 juin, pour détailler le plan stratégique promis. Baisse de la production et amélioration de la profitabilité, meilleur positionnement sur le marché de l'éducation ou encore rentabilisation des moyens logistiques font partie des sujets évoqués par Catherine Lucet, directrice générale d'Editis.

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Le groupe NAP, 4e réseau de vente de livres en France, voit ses enseignes Maison de la Presse et Point Plus désormais éligibles au Pass Culture. Présents sur tout le territoire, y compris en zones rurales, elles cumulent un total de 1200 commerces culturels de proximité en France.

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Contrairement à ce que l’on imaginait, ce n’est pas chez Gallimard (Futuropolis ou Casterman, les maisons BD), mais bien aux éditions Delcourt que sortira le roman graphique de Mara Cerri et Chiara Lagani. Fin octobre, leur adaptation de L’Amie prodigieuse en BD inspirée du roman d’Elena Ferrante sera à retrouver, sur une traduction d’Elsa Damien.

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Terra Incognita : la nouvelle collection qui explore le monde, par Flammarion

Flammarion débute une nouvelle collection, Terra Incognita, qui se donne pour objectif d'observer le monde autrement. À la croisée du récit et de l'essai, elle mêle écriture et image, savoirs et expériences, enquêtes et théories, « pour nous révéler des territoires que l'on croyait pourtant connus, et d'autres qu'on ignorait ».

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“Je n'ai pas peur” : une librairie vandalisée pour une vitrine anti-extrême droite

C’est avec étonnement que l'équipe du Petit Pantagruel, librairie jeunesse implantée à Marseille, a découvert un impact sur leur vitrine, ce lundi 17 juin. Ce qui semble être une boule de pétanque a frappé, et résolument manqué son cochonnet, pour attaquer une sélection d'ouvrages « antifasciste, engagée contre l’extrême-droite ». Pas de quoi cependant ébranler le moral des libraires.

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Narges Mohammadi à nouveau condamnée par la justice iranienne

Narges Mohammadi, journaliste et autrice iranienne engagée dans la défense des droits humains, Prix Nobel de la Paix 2023, et déjà détenue depuis 2021, vient de se voir condamnée en Iran à une nouvelle peine d'un an de prison pour « propagande ». 

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Partir en livre 2024 : un mois de lecture pour les jeunes, partout en France

Cette année, le Centre national du livre célèbre les 10 ans de son grand festival du livre pour la jeunesse, "Partir en Livre", du 19 juin au 21 juillet à travers toute la France. En lien avec les Jeux Olympiques et Paralympiques, le festival proposera des milliers d’événements sur le thème « sports et jeux ». 

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Le Pass Culture, une aubaine pour les éditeurs et... les grandes librairies

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Par deux arrêtés récents, le ministère de la Culture a nommé les directions de deux directions régionales des affaires culturelles, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Pays de la Loire. Marc Drouet, qui officie à la tête de la première depuis 2016, est reconduit dans ses fonctions.

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Boire le calice jusqu'au livre : un libraire-caviste dans le Finistère

À Bannalec, dans le Finistère, un nouveau commerce, placé sous l'égide de Dionysos, s’apprête à ouvrir. Le Grand Bain est une librairie-cave à vin, niché dans un presbytère du XIXe siècle. De quoi s'enivrer, de mots, de beauté… et d’alcool, aussi. 

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Sept auteurs et autrices font partie des lauréats des résidences de la Villa Albertine, établissement culturel soutenu par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères à la tête d'un réseau de dix villes des États-Unis. Au total, une cinquantaine de créateurs bénéficieront de ce programme de résidences sur le territoire américain.

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Décélérer, vite : pas de rentrée littéraire pour les éditions de l'Ogre

Les éditions de l’Ogre ont décidé de faire une pause de leurs publications durant quelques mois, à compter de juin 2024, et ne publieront par conséquent pas de titre lors de la rentrée littéraire 2024. Une décision explicitée et réflechie, relayée dans une tribune signée Benoit Laureau, co-fondateur et éditeur des éditions de l'Ogre.

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125 librairies indépendantes antifascistes, en soutien au nouveau Front populaire 

La semaine passée, la librairie Un Livre et une tasse de thé (Paris Xe) décide avec une centaine de consoeurs et confrères d’un message en soutien au nouveau Front populaire. Un post réseau, des centaines de réactions et un engagement pour la mobilisation du 15 juin. Mais le collectif ne s’est pas arrêté à la manifestation…

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Après Fayard, quelle maison d'édition pour Isabelle Saporta ?

Son départ fracassant des éditions Fayard en mars dernier n’aura pas laissé la direction de la maison trop longtemps vacante. Mais depuis, l’ancienne de Marianne et France Inter n’est pas restée inactive. Licenciée en avril, elle attend son heure…

18/06/2024, 16:34

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David Ribet, éditeur jeunesse, s'oppose à "une idéologie dangereuse"

Petit à petit, les langues se délient... Depuis l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron le 09 juin, la coalition de gauche, et de droite, ne laisse personne indifférent. Pas même le secteur du livre, qui a récemment diffusé un texte appelant à faire barrage au RN, relayé par ActuaLitté. C'est désormais au tour de David Ribet, éditeur jeunesse et fondateur de la maison Evalou, de prendre position, dans une tribune publiée sur Linkedin ce mardi 18 juin.

18/06/2024, 16:02

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Les nouveaux libraires, passionnés mais sans-le-sou

RNL24 — Malgré les difficultés présentes et à venir, le métier de libraire reste attractif, à en croire plusieurs chiffres présentés pendant les Rencontres nationales de la librairie. Les ouvertures de commerces se maintiennent, année après année. Mais, passés l'enthousiasme et l'effervescence de l'inauguration, que reste-t-il ? Une étude du cabinet Axiales fait le point.  

18/06/2024, 15:55

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Écologie du livre : “Le système actuel nous amène dans le mur”

RNL24 — En une poignée d'années, l'écologie sera passée des marges des Rencontres nationales de la librairie à sa matinée d'ouverture. Les signes, si cela restait à démontrer, d'une inquiétude et d'une certaine impatience qui montent au sein de la profession, mais plus largement dans la chaine du livre.

18/06/2024, 11:41

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La Dante de Montpellier promeut la création franco-italienne

L’association culturelle La Dante de Montpellier s’est associée à un magazine littéraire indépendant et autofinancé — Fumo Magazine — pour produire ensemble D’Ailleurs, une anthologie illustrée de 10 textes, strictement bilingue. Leurs deux chemins se sont croisés pour célébrer la passion littéraire.

18/06/2024, 11:30

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Influenceurs, auteurs, éditeurs, libraires : la volonté de résister

Tribunes pour faire barrage au Rassemblement national, prises de positions contre les propositions de ce parti, appel à voter pour le Nouveau Front Populaire... À moins de deux semaines du premier tour d'un scrutin historique pour la politique française moderne, les acteurs de la culture et des métiers de l'écrit, éditeurs, auteurs, illustrateurs ou encore scénaristes, se mobilisent.

18/06/2024, 10:24

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Le groupe Delcourt chercherait un repreneur

Réunissant les maisons Delcourt, Soleil et Tonkam, le groupe dirigé par Guy Delcourt aurait confié à la banque Rothschild le mandat pour une cession, apprend ActuaLitté. La structure, qui s'était déjà vu prêter (à tort) un rapprochement capitalistique avec Hachette Livre en 2017, n’a pour l’heure pas fait de commentaires.

17/06/2024, 18:18

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Adeline Gaüzere et Elisabeth D’Adderio intègrent la maison Dargaud

Le comité de direction de Dargaud vient d’intégrer deux nouvelles recrues, Adeline Gaüzere et Elisabeth D’Adderio, à la suite du départ de Marie Parisot,  directrice marketing depuis janvier 2018.

17/06/2024, 18:13

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Disparition du dessinateur Étienne Willem

Auteur publié chez Grand Angle (Bamboo), le dessinateur Étienne Willem est décédé ce 16 juin, confirme son éditeur. « Cette nouvelle nous laisse tous, ses proches et ses amis, dans une sidération douloureuse », indique le groupe Bamboo dans un communiqué.

17/06/2024, 18:06

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“Barrage au Rassemblement national” : l'appel des acteurs du livre

Les différents partis ont présenté la liste des candidats qui se présenteront pour les élections législatives de ces 30 juin et 7 juillet. Alors qu’un silence confus s’installait, une cinquantaine de libraires, éditeurs, éditrices, auteurs et autrices se mobilisent pour un lancer appel au vote. Objectif : ne pas laisser l’extrême droite l’emporter.

17/06/2024, 17:01

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En 2023, le Québec comptait une librairie de plus sur son territoire

Paradoxale situation, pour les librairies de la Belle Province : alors que l’industrie québécoise a appris l’implosion d’une des deux organisations professionnelles de libraires, le nombre de commerces se stabilise. Avec une croissance continue depuis 2016.

17/06/2024, 15:46

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Motivés et combattifs face à l'adversité : les libraires tournés vers l'avenir

RNL24 — Les libraires ont investi le Palais des Congrès et de la Musique de Strasbourg pour deux jours, le temps des Rencontres nationales de la profession. La stagnation des ventes, les projections quelque peu déprimantes et la banalisation de l'extrême droite n'ont pas entamé l'enthousiasme des participants ni leur confiance en la résilience de la librairie.

17/06/2024, 13:47