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Ma vie, son œuvre : être le mari de l'auteure

Depuis que je suis à la retraite – déjà sept années –, j’accompagne plus fréquemment Marie-Aude (Murail) dans ses déplacements en France et en Navarre (surtout en Navarre, d’ailleurs). Quand elle a le temps de me présenter, elle dit « Pierre-Michel, my husband » ou « Pierre-Michel » tout court, s’il paraît clair pour ses interlocuteurs que je ne suis ni son amant du moment, ni son agent ou son garde du corps, et même si je suis un peu tout ça à la fois.

Le 18/09/2018 à 10:08 par Auteur invité

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18/09/2018 à 10:08

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Grand Velas Riviera Maya, CC BY SA 2.0

« Amant », je me vante un peu. Je ne jouis malheureusement pas des avantages que confère cet état tels que les décrivait Balzac. « Il est plus faciled’être amant que mari, par la raison qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps. »

Quand elle est happée trop vite par ceux qui l’ont invitée, je m’identifie souvent moi-même comme « Pierre-Michel, le mari de l’auteure », façon de justifier ma présence à une tablée d’écrivain·e·s, au petit-déjeuner dans un hôtel, qui m’est parfois payé (privilège du prince qu’on sort) ou dans un salon du livre. Cette appellation ne lui plaît pas du tout. « Tu es toi, tu n’as pas besoin de te définir par rapport à moi ! » Il lui arrive même de renchérir : « Vous savez, il écrit plus que moi ! »

Là, elle fait allusion à mon journal que je tiens depuis 2006, à raison de 200 pages tous les six mois, et dont j’exporte parfois des morceaux choisis sur mes blogs. Sauf que moi, je suis un écrivant et elle unécrivain. Comme Madame Angot, pas celle dont la fille fait de l’opérette, mais l’écrivain justement, Christine, qui préfère elle-aussi s’écrire ainsi.

Qu’est-ce qu’un écrivain ?

Je demandai un jour à Marie-Aude, que j’ai toujours connue écrivante, quand avait-elle pris conscience d’être un écrivain, unauteur. Au début des années 80, quand elle avait acheté, poussée par sa mère chez un grossiste du Marais, cette veste en vison (nobody’s perfect) payée avec ses premières piges pour les Éditions Mondiales, Nous Deux, Intimité, Bonne Soirée ? Quand elle s’était trouvée enfin affiliée à l’Agessa après avoir été simple assujettie ? Quand son premier livre pour adultes, Passage, avait été édité en 1985 par Pierre-Marcel Favre ? Quand sa première histoire pour les enfants est parue dans Astrapi en septembre 1985 ? Quand Geneviève Brisac a publié Mystère chez Gallimard en 1987 ? Quand Jean Fabre lui achète Le Chien des Mers en 1988 et qu’elle entre à l’école des loisirs pour ne plus en ressortir ? Quand elle fait sa première « animation » dans une école ? Ou qu’elle se met à cotiser à la SGDL ?

Rien de tout cela. Elle m’a répondu qu’en fait, elle avait pris conscience d’être réellement un auteur quand elle avait adhéré à La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse à la fin des années 90 et qu’elle en avait partagé les actions et les combats, en tant que membre du CA, puis vice-présidente, aux côtés de sa sœur Elvire qui l’y avait entraînée. Auteur parmi d’autres et avec d’autres, relevant désormais de la corporation des gens qui font métier de tisser des histoires, le plus souvent chacun dans leur coin.

Moi qui ai vécu une carrière de fonctionnaire (à l’INSEE) aux côtés d’une femme qui est devenue écrivain sous mes yeux, je n’ai pu m’empêcher à bien des reprises d’envier sa liberté : de travailler quand elle voulait (ou pouvait !) et où elle voulait : sous sa douche ou dans un train, dans son lit ou sur la plage, de jour ou de nuit ; d’aller et venir à son gré sans (presque) aucun souci d’horaires, d’astreintes ; de signer ses contrats quand elle avait terminé un manuscrit que nul ne lui avait réclamé, mais qu’un éditeur acceptait de publier et de rémunérer en avance sur ses droits d’auteur à venir, avant même d’en avoir vendu un seul exemplaire ; et au bout d’un certain nombre d’années de constater que les ventes cumulées de ses livres lui procuraient une rémunération annuelle suffisante pour qu’elle ne se sente obligée d’écrire que mue par le manque qu’elle éprouvait, au bout de quelques semaines, d’être sans stylo à la main, sans manuscrit en cours.

Mais j’ai toujours su aussi que je n’aurais jamais eu le courage solitaire qu’il lui fallait pour tracer ce sillon d’écriture jour après jour jusqu’au dernier mot, comme un bœuf à l’attelage auquel elle se compare parfois. Sa sœur Elvire, racontant la genèse à trois de Golem la décrit en « loup qui court sans jamais s’épuiser ». Le courage est le prix de la liberté. Celle-ci ne s’achète sans doute pas autrement, en tout cas pas par un statut, pas seulement par un statut, dont il est pourtant beaucoup question ces temps-ci. Le statut vise la sécurité. Cette visée est naturelle. Mais comment faire pour que la sécurité ne se paye pas avec une part de liberté ? Vieux dilemme.

Un métier qui change

En discutant il y a quelque temps avec une jeune autrice déjà bien engagée dans une carrière d’écrivain, Marie-Aude et moi nous sommes aperçus que celle-ci ne pratiquait peut-être pas/plus le même métier. Notre pas-entièrement-débutante, dont les droits d’auteur recouvrent jusqu’ici rarement les avances qu’elle a perçues, vit essentiellement de ces avances, ce qui l’astreint à enchaîner les manuscrits. Elle est heureusement dotée d’une force de travail phénoménale. Mais, différence importante, elle parle d’abord de « projets ».

Franck-hb, CC BY 2.0

Pas question pour elle d’envoyer un texte déjà rédigé à des éditeurs, comme une bouteille à la mer. Quand elle n’a pas une commande, elle soumet donc son projet d’écriture à une voire plusieurs éditrices – en jeunesse, ce sont souvent des femmes — sur la base d’un court synopsis et elle attend que l’une d’elles ait donné son accord et qu’un contrat soit formalisé, pour écrire. Très proactive, connaissant toutes les directrices de collection, elle minimise ainsi le risque du refus. Elle peut aussi proposer une série à partir d’un « pilote » sommairement ébauché. Elle pratique donc ce que dans l’immobilier on appelle la VEFA, la « vente en l’état futur d’achèvement » ou « vente sur plans ».

Le contrat est signé et l’achat conclu alors même que la construction de l’immeuble n’est pas commencée. Un peu comme si Marie-Aude avait dit à l’école des loisirs « je pourrais vous faire une série avec un psy antillais et des hamsters, est-ce que ça vous intéresse ? » Alors que dans les faits, elle a écrit Sauveur & Fils, dont le manuscrit a été accepté, et qu’au dernier moment elle a demandé à son éditrice : « ça ne te gêne pas de rajouter ‘saison 1’ ? » parce qu’elle a su qu’elle retournerait explorer l’univers qu’elle venait de créer. Cette jeune autrice et Marie-Aude font-elles le même métier ? Celui-ci a-t-il évolué sans que Marie-Aude s’en aperçoive ? Après l’avoir écoutée, Marie-Aude me disait : « Je crois que je serais incapable de débuter aujourd’hui dans ces conditions. »

Et donc, le « mari de l’auteur » est peut-être un parasite…

En février 2013, Raphaëlle Rérolle, une journaliste du Monde qui faisait un papier sur les conjoints d’écrivain, m’avait interviewé dans un café parisien, sur dénonciation de Marie Desplechin, je crois. Je m’étais senti très flatté. Pourtant, le grand-quotidien-qui-n’est-plus-du-soir avait titré l’article me concernant : « Je suis peut-être une plante parasite », hypothèse que j’avais effectivement formulée à haute voix devant Mme Rérolle et autre manière de dire cette forme de dépendance contenue dans le « mari de ».

Si je considère mon existence au cours des 45 années écoulées, soit depuis notre mariage, je dois bien admettre qu’elle fut en grande partie une existence sinon parasitaire, au moins « relative ». Parce qu’au fond, Marie-Aude reste ce qui m’est arrivé de plus intéressant depuis 1973, et même depuis ma naissance (pardon à tou·te·s les autres !). Sophie Chérer me l’avait fait raconter dans le petit fascicule « Mon écrivain préféré » consacré par l’école des loisirs à ma chère et tendre. Mais cette relativité de l’un à l’autre, pour ne pas dire dépendance, n’est-elle pas à la base de toute relation de couple, écrivain ou pas ?

Avec dans notre cas l’asymétrie inhérente au fait qu’elle est devenue un personnage public, ce dont elle se défend (« je suis à la rigueur la ‘star des cours de récréation’, mais sûrement pas des plateaux télé ! ») et ce que je ne suis pas. Que pourrais-je donc ajouter à tout ce qui a été déjà écrit sur le sujet et au récit que Marie-Aude vient de faire de nos débuts amoureux dans En nous beaucoup d’hommes respirent(2018, L’Iconoclaste) ?

Premier lecteur

Redire qu’incontestablement, je suis son premier lecteur, même si nos trois enfants, qu’elle a élevés comme une véritable « mère au foyer » — rude concurrente pour l’écrivain — ont parfois servi de « testeurs » ou de « goûteurs », lorsqu’elle les a mis à contribution pour vérifier que telle ou telle expression se disait dans les cours de récréation, que tel jeu vidéo existait encore, etc.  J’ai le vif souvenir que notre fille dernière-née et moi avons lu chaque soir ce feuilleton palpitant devenu Miss Charity et que Marie-Aude guettait de la cuisine nos rires. Il lui est aussi arrivé pour ses romans d’emprunter des éléments de décor de ma vie réelle : ce fut le cas pour Le tueur à la cravate, situé en Charente-Maritime, dont le fleuve est associé depuis toujours au drame personnel et familial que fut la mort de mon grand frère, qui y fut repêché le 31 mars 1963.

Dans une première version d’En nous…, elle avait d’ailleurs repris in extenso un bout du texte que j’ai consacré à Christian, quand je me suis décidé à partir à sa recherche cinquante ans après, beaucoup trop tard. « Je ne vois pas comment je pourrais écrire les choses mieux que toi » s’était-elle justifiée. J’allais être lecteur de ma propre prose. Voyant ma moue, celle aussi de l’éditrice pour qui cette pièce rapportée, hors lignée Barrois-Murail, détonnait, elle a repris mon histoire avec ses mots à elle en l’abrégeant.

Je suis souvent aussi son premier « critique », produisant depuis lurette des recensions de ses livres sur divers supports : Amazon (où je suis « Athanase ») ou Fnac.com, mes blogs, depuis quelque temps Babelio.

Stefano Mortellaro, CC BY SA 2.0

Généralement, je n’en dis pas de mal, mais ce n’est pas par flagornerie conjugale ou népotisme : elle est vraiment « mon écrivain préféré », tout bêtement parce qu’elle me fait le même effet coup-de-foudroyant qu’à la plupart de ses lecteurices. Son frère Lorris lui a dit un jour : « Ta force, c’est que tu n’as jamais raté un livre », sur l’air de « Tout est bon chez elle, y a rien à jeter ♫ » Et pour moi, le manuscrit déjà lu n’épuise pas les séductions du livre publié, fini. Sachant en outre que Marie-Aude n’ambitionne pas d’être lue – trop fastoche —, mais d’être relue.

Ce que je fais volontiers. Ses livres s’oublient, comme les autres, mais leur force spécifique, qui tient à la recette de son écriture, est que les effets qu’ils ont produits une première fois sur le lecteur, rires et larmes pour faire court, se renouvellent miraculeusement à chaque nouvelle lecture. Sur ce « miracle », de savants exégètes, comme Bertrand Ferrier, Marie Lallouet, Alain Lanavère, son « prof » de Sorbonne, ou Jean Perrot, se sont déjà penchés.

Agent très spécial

En bref. C’est moi qui, depuis toujours, lis ses contrats, rédige ses factures de droits d’auteur liées à ses animations, déclare nos impôts, remplis les déclarations à l’Agessa, à l’Ircec, tiens à jour son site internet et sa page Wikipédia (qui reste un page collaborative) et désormais administre son groupe Facebook que j’ai ouvert. Elle ne souffre pas à proprement parler de « phobie administrative », marque déposée par un de nos éphémères secrétaires d’État. Elle s’est d’ailleurs coltinée des choses aussi ingrates pendant son passage comme vice-présidente de la Charte, mais elle est comme tout le monde : si elle peut s’en passer…

C’est une femme de Lettres, pas de chiffres. Et moi, je préfère, parce que je suis directement intéressé aux bénéfices, la voir écrire plutôt que remplir des formulaires que je devrai de toute façon compléter ou corriger. Elle se passe aussi très bien de Facebook, où elle me voit perdre beaucoup de temps, même si je l’ai quasiment forcée à créer un compte qu’elle n’ouvre jamais, sauf pour regarder de temps en temps des photos de ses petits-enfants.

Patrouilleur et gendarme du Net, je surveille ce qui se dit ou s’écrit sur elle. J’ai une Google Alerts sur son nom et je balaye Twitter avec Qwant. Je lui en rends compte, du moins quand il s’agit de choses agréables, ce qui est heureusement le cas la plupart du temps : je lui épargne les rares choses négatives, en jouant les filtres. Je la protège. Je veille quand même son e-réputation (et autre) et lui propose parfois les réactions que je juge appropriées. C’est par exemple ce qui s’est passé quand le Centre Hubertine Auclert a dénoncé les préjugés sexistes à l’œuvre dans les méthodes d’apprentissage de la lecture en CP et a épinglé injustement la méthode Bulle à laquelle Marie-Aude avait contribué. J’ai écrit tous les courriers rectificatifs et de protestation, en en discutant au préalable avec elle bien évidemment, même quand ça la gonflait (« Laisse tomber ! »). Et je me suis fendu d’un long billet sur mon blog, intitulé Sexe, mensonges et stéréotypes.

Bulle donne d’ailleurs lieu régulièrement à des interprétations délirantes, rançon de sa lente, mais irrésistible pénétration dans l’Éducation nationale, qui ne peut pas plaire à tout le monde, puisque c’est une méthode largement syllabique ET, surtout, fondée sur la littérature pour la jeunesse (LJ dans la suite de ce texte). C’est ainsi que sur FB, une certaine Maman végane s’est offusquée des mauvais traitements infligés au rat Riri en ces termes : « Quand un manuel scolaire banalise la violence envers les animaux... » (sic). Elle avait vu cette image dessinée par Frédéric Joos (le même qui illustre L’Espionne)…

… sans voir la précédente, où Tata Sara nourrit son rat Riri (redites cette phrase à voix haute), ni surtout connaître le texte lu aux enfants qui contextualise à l’oral ces séquences écrites consacrées au « a » et au « i » :

Aurait-il fallu préciser en bandeau : « Aucun animal n’a été maltraité dans cette méthode de lecture » (où il y a aussi une chasse au phoque) ?

Une autre lectrice qui avait lu un peu trop vite La maîtresse donne trop de devoirs a dénoncé récemment un trait de grossophobie dans le texte. Je l’ai signalé à Marie-Aude qui a pu s’expliquer avec la personne en question, laquelle semblait avoir du mal à faire la distinction entre ce que pense l’auteur et ce qu’il fait dire à ses personnages. Malheureusement, il est rare de pouvoir convaincre un quelconque chosephobique du bien-fondé de ce que vous avez écrit s’il s’est senti blessé. De toute façon, une blessure est un fait, indiscutable, fût-elle due à un malentendu. Il faut juste attendre qu’elle cicatrise.

Un de mes plus grands échecs, mais il faut dire que le site s’appelle têtue.net et que sa conceptrice l’est assez, a été de devoir renoncer à faire retirer Marie-Aude d’un catalogue de chauves connu·e·s que cette internaute avait tenu à constituer, sans demander leur avis aux intéressé·e·s, bien évidemment. Il y a des collectionneuses de toutes sortes, même à la rubrique alopécie. Je n’ai pas vérifié depuis si elle y avait collé M. Blanquer.

Secrétaire particulier

Techniquement, j’ai toujours veillé à l’évolution de ses outils et de son poste de travail. Les machines à écrire successives — la dernière à marguerite — le premier ordinateur — le PCW 512 d’Amstrad, pour ceux à qui ça dit quelque chose — et tous les PC suivants. Plus récemment, je l’ai aidée à passer à la saisie vocale de ses textes, qui soulage son dos (que je dois néanmoins masser de temps à autre, ce n’est pas le pire de ce que j’ai à faire). Marie-Aude écrit toujours à la main sur des grands blocs Rhodia à petits carreaux dont elle déchire les pages au fur et à mesure, pour les dicter désormais à son ordinateur.

J’assure aussi des sauvegardes régulières de ses work in progress, dont elle ne garde aucun brouillon : la seule exception a dû être le manuscrit d’Oh, boy ! que j’ai sauvé de la poubelle, je ne sais plus comment. Poubelle dont je retire parfois un feuillet chiffonné pour le scanner et rassurer via Facebook la communauté de ses lecteurices en annonçant : « oui, Marie-Aude écrit la saison 5 de Sauveur & fils ».

Paul O'Rear, CC BY SA 2.0

Mon activité de « porte-plume » — pour ne pas dire « nègre » — s’étend parfois à des réponses à des questionnaires d’ados stressés. « C’est pour lundi, madame » réclame le dimanche soir celui qui voudrait bien savoir ce qu’il y a dans le livre qu’il n’a évidemment pas l’intention de lire et de toute façon c’est trop tard parce que ça lui prendrait toute la nuit. Il y a aussi des demandes de bibliothécaires, de salons, etc. Je rédige souvent entièrement les réponses et les lui soumets avant envoi, si je vois qu’elle est trop absorbée par un roman en cours, par exemple (ou simplement absente). Dans d’autres cas, je me contente d’amorcer la pompe, je l’aide à fouiller dans sa FAQ et elle reprend un brouillon de message que j’ai esquissé. Mais je vais d’autant plus loin dans la rédaction que je me sens peu ou prou responsable d’une commande qui lui est échue et qu’elle me reproche de lui avoir fait accepter par mon insistance. « Si, si, c’est important, je t’assure »

Quand elle a découvert en 2005 le journal amoureux de Raoul Barrois son grand-père, ainsi que son journal de guerre qui suivait sur le même carnet, je l’ai, émerveillé moi-même, immédiatement décrypté et saisi sur son ordinateur. Ce fut sur ce premier texte que s’est cristallisée, le moment venu, la suite de l’inventaire et de l’aventure littéraire, qui a abouti au livre En nous beaucoup d’hommes respirent. À partir de 2013, je l’ai aidée à classer les documents, les photographies, les lettres, à les relire à certains moments, mais il est clair, encore une fois, que le courage d’écrire — Geneviève Brisac parlait récemment de foi – sans lequel aucun livre n’advient, ce fut elle, jusqu’au bout, comme toujours. Je me suis contenté de lui signaler tel ou tel passage susceptible de fâcher les vivants ou les morts. Et je suis intervenu dans la phase finale de fabrication du livre pour ordonner les illustrations qui truffaient son texte, pour scanner certains documents et faire le lien avec la cheffe de fabrication à L’Iconoclaste.

Mon engagement volontaire au service de la LJ

C’est vers la fin des années 90, je l’ai dit, quand nous avons quitté Paris pour Bordeaux, que Marie-Aude s’est engagée à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. Je ne faisais évidemment pas partie de l’association, mais René Escudié — je crois que c’était lui qui tenait le site — était fatigué et voulait passer la main. Comme il n’y avait personne au CA pour reprendre le flambeau, c’est bibi, le « mari de » qui a été porté volontaire désigné. Je me suis ainsi retrouvé à assurer les mises à jour pendant quelques mois puis années, entrant les nouveaux adhérents, mettant à jour leurs bibliographies, etc. Une sorte de crypto-collaborateur occasionnel de l’association. J’ai ainsi assisté avec Marie-Aude à quelques AG de La Charte.

Membre de certains groupes Facebook qu’elle ne fréquente pas comme Autour de la littérature jeunesse (près de 14 000 membres à ce jour) ou Tu sais que tu es bibliothécaire quand… (plus de 17 000 membres), je l’alerte aussi sur des événements qui concernent la sphère du livre, de la lecture publique et bien sûr de la LJ. Moyennant quoi, elle est toujours capable de manifester sa solidarité avec telle ou telle opération ponctuelle. Je viens ainsi d’accompagner son récent engagement dans la fondation de la Ligue des auteurs professionnels, où je sais que j’aurai à l’épauler.


ligue des auteurs professionnels - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Lorsque Milan a décidé en mars dernier, dans les conditions que l’on sait, d’interrompre l’exploitation d’On a chopé la puberté, nous en avons beaucoup discuté, j’ai mis Marie-Aude en contact avec Anne Guillard, la créatrice des Pipelettes et elle a pu lui apporter son soutien. Et je me suis fendu sur mon blog de deux billets informatifs et engagés dans une cause que je faisais mienne. Les mécanismes nouveaux qui avaient conduit Milan (apparemment sous l’autorité directe du PDG de Bayard) à suspendre l’exploitation du livre étaient proprement inquiétants pour tous les créateurs, nonobstant les critiques qui pouvaient être légitimement adressées aux autrices. Le SNE se tut et baissa la tête : l’obus était tombé dans le camp de l’édition jeunesse. Même pas mal. Le Monde publia un article mollasson sur le sujet, pas très favorable à la LJ, comme d’habitude. Je fis un projet de réponse pour Marie-Aude que le journal ignora.

Marie-Aude lit assez peu de LJ. Elle lit surtout des essais, la presse (nous sommes abonnés à deux quotidiens), découpant les articles qui l’intéressent pour se constituer des dossiers, un peu de littérature contemporaine, beaucoup de polars qui n’interfèrent pas avec ce qu’elle écrit à l’instar des DVD de toutes sortes qu’elle s’enfile à haute dose pour se laver la tête, et des « classiques », qu’elle lit ou relit. Dans En nous…, elle confesse d’ailleurs que « relire ne m’a jamais lassée car je suis douée, comme Jules Renard, ‘d’une heureuse mémoire qui me permet d’oublier instantanément n’importe quelle lecture’ ». Lire la LJ, je le fais donc en partie à sa place, la tenant au courant, par l’étroite fenêtre que j’ai ouverte sur ce domaine, en inaugurant sur la radio locale RCF Loiret, fin 2016, une chronique hebdomadaire de littérature pour la jeunesse, Litté’Jeune, doublée depuis l’an passé par un phonoblog homonyme Litté’Jeune.

Critique des critiques

À travers Marie-Aude, je me sens assez solidaire de l’ensemble des créateurs de la LJ. Il m’est d’ailleurs arrivé de « monter au créneau » sans rien lui dire pour défendre tel ou telle auteur·e qui me semblait injustement attaqué·e. Dans l’ensemble, les grands médias et la télé ignorent la littérature pour la jeunesse, la regardant de haut, sauf une fois par an, début décembre, au moment du Salon du livre et de la presse jeunesse qui se tient à Montreuil. Célébration consensuelle sans lendemain, programme minimum. Le Monde ne fait pas exception, pas plus que La Croix, excellent journal, mais qui ne doit sa survie économique qu’aux publications jeunesse du groupe Bayard auquel il est adossé.

Aussi avais-je été heureusement surpris lorsqu’à la rentrée 2015, Le Monde confia une tribune spécialisée, baptisée Jeunesse oblige, à un écrivain pour la jeunesse (entre autres qualités). Un connaisseur allait enfin parler régulièrement de LJ dans le supplément Livres du grand quotidien. Malheureusement, avec d’autres qui nous étions réjouis de cette initiative, nous dûmes vite déchanter. Car la jeunesse « obligeait » tellement cet écrivain qu’il est vite apparu que peu de livres trouveraient grâce à ses yeux et qu’il se livrait bien plutôt à un massacre hebdomadaire, triste et superflu.

Alerté par une autrice, dont une amie, taxée en outre d’être surproductive, avait vu son livre descendu en flammes sans raison suffisante, je rédigeai un premier billet de blog. Quand une autre tribune du même incendia à nouveau, de façon inutilement méprisante, le Bouche cousue de Marion Muller-Colard, je décidai d’acheter le livre et de le lire et je me fendis d’un nouveau billet pour rétablir l’injustice faite à l’autrice (au moins dans mon esprit et par ma petite plume). Qu’importe d’ailleurs, Jeunesse oblige disparut rapidement du Monde, pour ne plus réapparaître sous aucune autre forme.

J’avais plaidé à l’époque qu’il me semblait plus intéressant de dire ce qu’on aimait plutôt que ce qu’on détestait, ce qui d’ailleurs me semblait être la pratique générale dans Le Monde des Livres, où les éreintages en règle sont rares (sauf quand le succès indéniable, populaire ou autre, d’un·e auteur·e semble menacer la Grande Littérature). Ma plaidoirie fut discutée. Peut-on critiquer la littérature pour enfants ? interrogea l’Afreloce. Je pris part à la discussion. Non, la LJ n’était pas au-dessus de toute critique. Mais il y avait la manière. Dont acte. On en resta là.


Pierre-Michel Robert et Marie-Aude Murail (photo personnelle)

De toute façon, la pauvreté des grands médias dans le domaine de la LJ, à quelques individualités près, comme Michel Abescat à Télérama ou Olivia de Lamberterie à Télématin, est au point que les éditeurs jeunesse se reposent désormais davantage sur les blogs et les youtubeuses, d’un niveau pourtant assez inégal (c’est un euphémisme) que sur la presse, la radio ou la télévision, pour faire connaître et promouvoir les livres pour la jeunesse. Presse et télévision qui s’étonnent par ailleurs de perdre du terrain, notamment auprès des jeunes !

Une vigie demeure heureusement dans ce désert : La Revue des livres pour enfants, publiée par le Centre national de la littérature pour la jeunesse, hébergé par la BnF. La Rolls des revues.

Et maintenant…

Il n’est guère de ses tourments de créatrice que Marie-Aude ne m’ait partagé tout au long de sa carrière. Aujourd’hui, c’est la résistance de ses livres au temps qui la préoccupe. Elle sait que sa chance, en jeunesse, est d’être au pays des long-sellers et non des best-sellers. C’est une des convictions éditoriales fortes de Jean Delas, le cofondateur de l’école des loisirs. Les livres pour la jeunesse, notamment bien sûr les albums, ne sont pas des produits jetables.

C’est leur supériorité. Ils peuvent avoir au contraire des cycles de vie longs, d’enfants en parents et de parents en enfants. Marie-Aude est complètement raccord avec cette vision de la LJ. Raison de plus pour qu’à chaque réédition de ses livres, elle réalise, sur le modèle d’Hergé avec L’île noire et d’autres de ses albums, un travail soigneux de relecture et de réécriture de ses textes car elle sait non seulement qu’on ne peut plus parler du « match France-URSS », mais aussi qu’il n’est plus possible d’écrire certaines choses comme il y a vingt ou trente ans. Parce que le monde a changé et qu’elle aussi a changé.

Elle l’a fait en 2006 quand la série des Émilien a été rééditée. Plus récemment, le machisme de Nils Hazard ou de Tom Lorient qui l’amusait quand elle avait la quarantaine, l’a indisposée : elle l’a raboté. Sa féministe de fille y est sans doute pour quelque chose, bien plus que moi. Ces jours-ci – j’écris ces lignes à la mi-août — elle relit et « corrige » pour PKJ, qui va fêter ses 25 ans l’an prochain, Vive la République ! et surtout Golem, écrit lui-aussi il y a vingt ans avec sa sœur Elvire et son frère Lorris. Ma vie a changé, publié il y a 21 ans, vient d’être réédité après avoir subi lui aussi un léger lifting.

Que faut-il modifier pour que ses livres soient encore recevables aujourd’hui ? Par les jeunes et par les prescripteurs ? Les compétences des jeunes lecteurs ont-elles évolué ? Elle me soumet ses interrogations, je la pousse dans ses retranchements. L’humour, le second degré, jusqu’où ? Va-t-il falloir ajouter des smileys dans le texte (voir à la fin de ce papier), comme on ajoute des rires et des applaudissements enregistrés dans les sitcoms, ou peut-on continuer à faire confiance au lecteur ? Question banale : peut-on rire et faire rire de tout ?


Marie-Aude Murail - Pierre Robert, CC BY SA 3.0

Nous avons discuté au début de l’été des « sensitivity readers » auxquels éditeurs et même auteurs ont recours désormais aux États-Unis pour se prémunir avant même publication contre les réactions de minorités (nécessairement) opprimées et néanmoins très organisées autour de la défense de leurs intérêts et de leur image, face aux cultures (dites) dominantes. Autre risque pointé récemment : la « tyrannie des plaintifs » va-t-elle l’emporter ? Bien évidemment, ce sont surtout ses rencontres avec son public, dans les écoles et collèges, dans les bibliothèques et à l’étranger qui continuent à nourrir sa réflexion et ses inflexions.

L’autre soir, je lui ai lu (à voix haute !) L’assignation, le stimulant petit livre de Tania de Montaigne, sous-titré Les Noirs n’existent pas, qu’un ami venait de m’offrir pour mon anniversaire. Nouvelle occasion de repenser à Sauveur le Martiniquais, « Bounty » noir dehors et blanc dedans, de discuter de nos pulsions de Blancs racistes mal extirpées, du concept d’appropriation culturelle, de la légitimité des créateurs à aborder n’importe quel sujet comme celle des acteurs à jouer n’importe quel rôle, etc. légitimité parfois violemment remise en cause par des variations surprenantes du fondamentalisme, ce prurit qui semble s’être emparé des religions, mais plus étonnamment aussi du monde de la culture.

***

Lecteur, critique, agent, community manager, masseur, comptable, chauffeur, le mari tout-en-un de l’auteure, genre de couteau suisse, serait-il une panacée ? Il faudrait le demander à la principale intéressée. Le fait est qu’elle n’a pas encore décidé de s’en débarrasser.☺

Pierre-Michel Robert

8 Commentaires

 

delbos

19/09/2018 à 09:58

Bravo j'adore ! Derrière chaque grande femme il y a un grand homme. Vous partagez cette miraculeuse force de savoir successivement nous émouvoir et nous faire rire. Quel beau métier que celui de mari quand on a une femme comme Marie-Aude. Ceci dit je ne pense pas que vous soyiez légion à partager une si belle osmose. Quelle belle histoire que la vôtre.

Harmony

19/09/2018 à 12:37

Quelle déception.

J'ai commencé à lire ces confessions, toute émue, toute tourneboulée, en me disant, quel homme, quelle humilité, quel soutien, mais ne serait-ce pas cette perle rare sur laquelle aimerait se reposer tellement d'autrices ? (La partie sur le coup de main administratif est particulièrement poignante : quel rêve de déléguer ces tâches si compliquées, répétitives et pénibles. La preuve du Grand Amour.)

Et puis... ça glisse... Ça glisse en moi-je, moi-je, moi-je, d'une part, et ce "moi-je" se transforme peu à peu en chevalier défenseur face à la méchanceté du monde (bon, pourquoi pas, c'est vrai que ça ne fait jamais plaisir de lire des avis négatifs sur un travail de plusieurs mois, et toute personne humaine a besoin de se prémunir un peu contre ça, alors si quelqu'un peut aider...), et le chevalier défenseur se transforme peu à peu en chevalier pourfendeur de toute critique et de tout lecteur et lectrice qui font un pas de côté face à l'orthodoxie d'adulation béate due à l'écrivaine qui, entre temps, a été plus réduite à Mme l'épouse de son héroïque mari, sans cesse sauvée par son chevalier servant toujours prêt à monter à la barricade, que traitée comme une artiste à part entière avec ses qualités, ses défauts, et qui peut bien se débrouiller à peu près toute seule, merci.

Je trouve hallucinant comment Marie-Aude Murail et même la littérature jeunesse (ou même la littérature tout court) se retrouvent peu à peu évincées de ce billet pour se transformer en... attaque frontale contre les lecteurs et les lectrices qui ne sont pas sur la même longueur d'onde ?

Juste pour rappel : si les autrices et les auteurs n'écrivent pas pour les lecteurs et les lectrices, ils écrivent pour qui exactement ?

Autant les poncifs de "la Mort de l'Auteur" à la Roland Barthes me gonflent prodigieusement (oui, je demanderai toujours à la personne qui a écrit le sens de ce qu'elle a voulu écrire, plutôt que de considérer n'importe quelle interprétation fumeuse d'une ou d'un lecteur qui a l'air de se baser davantage sur ses propres obsessions que sur le texte en lui-même), autant ce réquisitoire sur la "sensibilité" du lectorat me semble également à la limite de l'odieux.

Et quels sont les lectorats "sensibles" ainsi visés ? Femmes, noir.es, défenseurs des animaux... En gros, que des personnes qui ont en tête - de manière plus ou moins digérée et articulée, je le conçois - des problématiques sociales quand elles lisent.
Manifestement, des adultes qui n'ont juste pas envie de deux choses :
- que leurs enfants ingèrent certaines idéologies néfastes pour les autres,
- que les enfants des autres n'ingèrent pas certaines idéologies néfastes pour le bien de leurs propres enfants.
Ça semble être un si grand crime, de se poser sérieusement des questions de représentation sociale, politique et éthique quand il s'agit d'écrire... pour former les esprits des générations futures ?
Les bras m'en tombent.

Au nom de la "liberté de création", on nous vend une liberté de ne pas penser, une liberté de ne pas penser aux autres, une liberté de ne pas penser aux conséquences... et une liberté de mépriser les gens qui achètent en confiance les livres qu'on a écrit avec cette liberté, qui nous font vivre, mais qui se retrouvent déçus de leur contenu et qui ont l'outrecuidance de le faire savoir et d'expliquer pourquoi.

C'est très infantile comme démarche.

Mais enfin, certes, c'est aussi très franco-français, de considérer la littérature comme une zone de non-droit où l'auteur a toute latitude de recycler les pires poncifs de notre culture au nom de la "liberté de création" (ce à quoi j'ai envie de demander : en quoi est-ce que c'est créatif, si c'est si facile à identifier comme un poncif ?) et du "droit à l'humour" (sans se demander si cela relève vraiment du comique, et pourquoi, si beaucoup de gens dans le public ne trouvent pas ça drôle et sont même mis mal à l'aise), et les lecteurs et lectrices sont dans un rôle passif à gober tout ce qu'on leur donne, à rire quand on leur dit de rire, sans avoir le droit de ne rien dire (à part si on s'appelle Roland Barthes, bien sûr, et qu'on a l'intelligentsia universitaire française derrière soi pour asseoir sa légitimité à écrire n'importe quoi sur les textes de n'importe qui).

Bref, j'ai commencé cette lecture le baume au cœur, je l'ai finie avec la nausée.
Un des tournants a été cette manière totalement gratuite d'utiliser le joli mot à la fois transparent et neutre de "porte-plume" entre guillemets, de manière à s'en distancier, tout ça pour s'empresser de lâcher derrière, dans une incise protectrice, le mot "nègre".
En rhétorique, ça s'appelle une prétérition : je dis que je ne dis pas exactement ce que je dis.
Pourquoi était-ce si important pour cet écrivant, comme il aime s'appeler, d'utiliser le mot "nègre" ? quand il montre par ailleurs qu'il connaît très bien aussi le mot de "porte-plume", et qu'il sous-entend qu'il est tout à fait au fait des débats sous-jacents à l'emploi concurrent de ces deux mots qui partagent le même sens, mais avec des connotations tout à fait différentes ?

C'est bien beau de se poser en victimes d'un lectorat hypersensible et non seulement de n'être pas capable de remettre en cause ses propres pratiques langagières (pour quelqu'un qui se pique d'aimer la littérature et d'être l'époux d'une grande écrivaine, un comble !), mais d'en plus prendre un malin plaisir à chier sur celles et ceux qui sont capables d'avoir des débats responsables et constructifs à ce sujet... et ce dans un billet qui, à la base, n'avait rien à voir avec ce débat-là.

Cette tribune est navrante.

Et pour quelqu'un qui se pique de passer beaucoup de temps à policer l'e-réputation de son épouse... bon sang, sachez que vous venez de me donner une vision proprement calamiteuse de votre conjointe et de son travail.

Mais bon, elle a une chance : je ne juge pas les autrices à l'aune des propos hallucinants et bas-du-front de leur mari, heureusement pour elles.

J'espère que la Ligue des auteurs professionnels ne va pas être de cet acabit, parce que sinon, franchement, on n'a pas le cul sorti des ronces.

Grin

19/09/2018 à 15:14

Je suis abasourdie de voir des personnes de lettres aux sensibilités féministes et militantes donner de la visibilité à cette tribune sur les réseaux sociaux. Je me questionne : l’on-elles vraiment lue ?

Ont-elles lu ces remarques insidieuses sur la « tyrannie des plaintifs », cette moquerie à peine voilée envers les « chosephobiques » et, enfin, cette condescendance absolue envers les « minorités (nécessairement) opprimées » mais qui sont « très organisées autour de la défense de leurs intérêts et de leur image ».
Et, cerise sur le gâteau, « les cultures (dites) dominantes ». À mon sens, il faut avoir une sacré dose de mauvaise foi pour nier, à l'aide de parenthèses, qu’une culture dominante existe, dans ce pays comme dans bien d’autres.

Pardonnez les femmes d’aspirer à vivre dans une société où on ne les assigne plus à des rôles. De plus subir des attouchements, mais à toucher des salaires égaux à ceux de leurs collègues masculins. Et de militer pour ça, c’est à dire de faire attention à ce que leurs enfants lisent.
Pardonnez les gens gay, bi, trans de souhaiter vivre dans un monde où leur sexualité ne leur vaudra plus d’être torturé.e.s et tué.e.s dans des camps. Et de militer pour ça, c’est à dire de faire attention à ce que leurs enfants lisent.
Pardonnez les gens discriminés sur la base de leur ethnie de vouloir trouver un logement et du travail dans un pays qui, comme c’est si bien dit dans la tribune, n’est pas débarrassé de toutes ses pulsions racistes. Et de militer pour ça, c’est à dire de faire attention à ce que leurs enfants lisent.

Il ne s’agit pas là « d’intérêt » et « d’image ». La défense des droits humains et la remise en cause de stéréotypes discriminants dans nos sociétés n’a strictement rien à voir avec du « fondamentalisme culturel ».

J’ai commencé cette tribune en me réjouissant de lire des anecdotes édifiantes et drôles sur une des plus grandes écrivain de la littérature jeunesse actuelle.
J’ai eu en fait accès aux mémoires et aux opinions réac d’un baby-boomer blanc hétéro et cissexuel qui n’a visiblement jamais connu l’oppression.

Mon malaise est immense.

Tychus

21/09/2018 à 09:58

Chers collègues auteur.e.s féministes, avez partagé cette tribune sans la lire jusqu'au bout.

Bien cordialement, un membre d'une « minorité (nécessairement) opprimée » qui voit ses droits remis en question au quotidien, et ses luttes balayées d'un revers de la main par un monsieur qui a bien de la chance de ne pas vivre la même chose.

Pierre-Michel Robert

24/09/2018 à 11:20

Statue du mari : le making of.

Quand j’ai parlé au printemps de cette proposition de la Charte, que je me tire moi-même le portrait en « mari de l’auteure », Marie-Aude m’a regardé d’un air dubitatif genre « tu crois vraiment ? ». Quand je lui ai fait lire la première version de mon texte, à laquelle vous avez échappé, elle m’a fait deux trois remarques de détail et puis celle-ci, plus globale : « au total, tu ne crois pas que tu me fais passer pour une demeurée ? ». J’ai retravaillé pour tenter d’effacer cette fâcheuse impression. Deux, trois ou quatre versions, je ne sais plus. Après tout, Marie-Aude s’est targuée elle-même naguère d’être « demeurée en enfance. » Et puis elle ne risquait pas grand-chose dans l’opération, à part qu’on la prenne en pitié d’avoir un mari pareil. Ce qui est fait grâce à « Harmony », « Grin » et « Tychus ».

Je me doutais qu’en sortant de mon placard, comme j’avais déjà accepté de le faire avec Le Monde mais cette fois en m’autobiographiant, j’allais sombrer dans cette exposition haïssable du moi, tellement à la mode, et que cette haine me déteindrait dessus. Moi-je, moi-je, moi-je, que me reproche « Harmony ». Au fond, elle a raison : c’est toujours soit pathétique, soit grotesque de s’exposer ainsi. Ou les deux. Mais je me suis dit : il faut être de son temps. Et puis : toi l’intrépide baby-boomer Blanc hétéro cissexuel – je cite « Grin » dans le texte - tu ne vas pas te dégonfler, espèce de vieux réac.

Donc voilà comment je me retrouve à susciter des troubles vagaux, « nausée », « malaise », anonymes certes, mais que je ne peux récuser : c’est écrit en toutes lettres. Je le regrette sincèrement, d’autant que je sens bien que ces troubles proviennent plus de l’écart perçu entre le mari et l’auteure que de ma seule outrecuidance. Ce qui me rassure en même temps. L’image de Marie-Aude est restée intacte. Trois personnes, je vais employer ce terme épicène (merci à la dame aux chapeaux), dressent un réquisitoire contre moi, déboulonnant déjà la statue de « chevalier servant » que je venais de m’édifier à grand peine.


« Mais commençons par le commencement, comme disait le bourreau à Marie-Antoinette en lui coupant les cheveux. » (je cite Malo de Lange, un livre où l’on n’a pas peur des mots)

« Harmony », d’abord, me voit en adulateur de madame et pourfendeur de toute critique à elle adressée. Si elle reprend ce que j’ai dit, elle verra que je ne suis pas si pourfendeur que ça. J’ai évoqué les analyses sommaires du Centre Hubertine-Auclert sur la méthode de lecture Bulle (je ne remets évidemment pas en cause les missions de ce centre, consacré à la cause féministe). Marie-Aude s’en était émue d’abord elle-même, alertée par Bordas, parce qu’elle n’était pas seule dans le navire (cinq années de travail avec une institutrice et une conseillère pédagogique) et parce que ça l’avait blessée de constater qu’une interprétation sommaire de quelques images avait pu faire étiqueter la méthode comme globalement « sexiste » au JT de 13 h sur France 2, ce qui était faux et à la limite diffamatoire.

Et j’ai parlé de la pétition lancée récemment par une maman convaincue que la méthode encourageait la maltraitance animale et le harcèlement à l’école toujours sur la foi de quelques images tirées de leur contexte et de ce fait mal décodées (ce qui nous a étrangement rappelé, dans le procédé, l’affaire des Pipelettes au printemps dernier).

Dans les deux cas, et dans celui de l’accusation de grossophobie aussi, Marie-Aude s’est défendue toute seule, mais je l’ai soutenue, parce que ces choses-là tendent à l’accabler (ou alors c’est « laisse béton »). Mardi dernier, c’est évidemment elle qui a répondu en urgence au journaliste de 20 Minutes qui voulait l’interroger, pour sa rubrique FAKE OFF sur l’affaire de la pétition contre la méthode Bulle. Mais je suis venu en renfort sur les pages ou sites où il en était question pour donner les explications nécessaires et allumer des contrefeux. A quel point la pétition est mal foutue : le nom de Marie-Aude n’apparaît même pas dans les auteurs désignés à la vindicte populaire (et celui de l’institutrice deux fois). Ces gens-là ne savent pas de quoi ils parlent. Et, pour se rendre intéressants - comme moi qui parle de moi - ils lancent une pétition et la font signer à des gens qui en savent encore moins, au lieu d’aller en discuter avant avec l’enseignant•e de leur enfant pour se renseigner un peu. Ils sont aussi, semble-t-il, imperméables à toute discussion rationnelle, au moins sur le réseaux. En parlant de tyrannie des « plaintifs », je suis donc resté poli.

Donc oui, en moyenne, Marie-Aude « peut bien se débrouiller à peu près toute seule », je regrette d’avoir donné une autre impression. Mais comme elle reste à une prudente distance de toute l’écume d’internet et des réseaux, c’est moi qui traite, avec ou sans elle, ce que je peux en traiter. Ce qui me paraissait intéressant dans cette commande de la Charte, c’était justement de dessiner pour les lecteurs une sorte de division du travail entre nous deux. Division que je ne voulais nullement donner en exemple car elle résulte du mythe fondateur de notre couple ou de sa névrose, qui ne sont sûrement pas - et heureusement pas - exportables. Ceci précisé pour l’autrice enthousiaste qui souhaitait me faire cloner après avoir lu ma tribune. C’est Montherlant je crois qui disait « on passe la première partie de sa vie à écrire son œuvre, et la seconde à l’administrer ». Disons que j’essaie de faire en sorte que Marie-Aude reste aussi longtemps que possible, et tant que je vivrai, dans la première partie de sa vie.

« Pour ce qui est de se poser sérieusement des questions de représentation sociale, politique et éthique quand il s'agit d'écrire pour former les esprits des générations futures » je peux témoigner, et d’autres le pourraient avec moi si ma seule proximité avec elle disqualifie ma parole, que Marie-Aude se les est toujours posées. Et qu’elle a toujours en tête le fait qu’écrire pour la jeunesse lui donne des responsabilités particulières. Raison pour laquelle je ne crois pas qu’elle fasse de la liberté de création un absolu. Ni moi non plus. Elle s’en est expliquée assez souvent. Le droit à la critique est inaliénable. Comme le droit à critiquer la « manière » du critique.

Je n’ai pas fait non plus de réquisitoire contre la « sensibilité » du lectorat. J’espère bien qu’il est sensible. Et la lecture est là pour solliciter, provoquer, éduquer cette sensibilité, particulièrement dans le jeune âge. Mais partant d’un article du NYT de décembre 2017, lisible encore sur internet ('In an Era of Online Outrage, Do Sensitivity Readers Result in Better Books, or Censorship ?'), nous avions été impressionnés, Marie-Aude et moi, de voir à quel point l’espace de la création littéraire s’était judiciarisé aux Etats-Unis. Les Américains ont les avocats pour et la procédure de class action permet à n’importe quel groupe mécontent d’un livre de l’attaquer pour un coût modique. Ça arrive chez nous. A la Grande Librairie du 5 septembre, Joann Sfar s’en inquiétait d’ailleurs pour la France, tout en admettant que n’importe quel lecteur avait parfaitement le droit de faire un procès à un•e auteur•e et à son éditeur s’il se sentait blessé par lui.

Quand même - je ne pourrais pas dire mieux que ce correspondant qui m’adresse aujourd’hui un message que je copie/colle - « je suis un peu effaré moi aussi de voir ce monde s'éparpiller en sous-groupes où chacun croit devoir se définir en fonction d'une ou de diverses appartenances. Homme, femme, juif, musulman, chrétien, hétéro, gay, bi, gros, maigre, chauve, roux, vieux, jeune… auteur jeunesse ». Fin de citation.

Je ne vais pas récuser pour autant le fait que tel ou tel groupe ou minorité se sentant opprimé veuille mettre fin à cette oppression. « Grin » a raison : je n’ai pas connu (à ce jour), l’oppression (en dehors de la pression de masculinité :P). Mais on a tous un parcours jalonné d’échecs, de deuils, de souffrance, plus on avance en âge, dont personne ne peut être juge. Ce qui rend tout de même de plus en plus apte, sauf endurcissement du cœur, à reconnaître les symptômes de toutes sortes d’oppression dans le monde d’aujourd’hui, comme par exemple les effets multiples de la domination masculine sur la vie des femmes (qui ne constituent pas pour autant un groupe minoritaire).

J’en viens au « nègre ». Je reconnais mon erreur. J’ai écrit « pour ne pas dire ‘nègre’ » au lieu de « pour ne plus dire ‘nègre’ ». Ce manque de nuance me fait tomber dans la trappe à racistes. D’ailleurs non, puisque le mot « race » vient d’être rayé d’un trait de plume, lui aussi. Aurais-je dû écrire « pour ne pas dire ‘ghost writer’ » ? Je me serais alors targué d’une qualité d’écrivain que je n’ai pas et je n’aime pas les anglicismes. Mais je sais aussi aujourd’hui qu’il faut expliquer les mots, sinon certain•e•s fondamentalistes m’auraient vu avec un manche dans le c.. et une plume au bout. Donc j’ai dit « nègre », pas par « prétérition », mais pour qu’on comprenne mon « porte-plume », car ce mot « nègre » demeure un terme technique dans le monde littéraire, encore très usité à l’oral, sans plus penser à ce qu’il connote, si ce n’est le côté caché de celui qui met son clavier au service d’un•e autre, de façon la plupart du temps volontaire et rémunérée, sans que l’idée n’effleure une minute qui que ce soit qu’il est un esclave sorti de la case de l’oncle Tom. Quand bien même : ce n’est pas en supprimant le mot « nègre » qu’on va supprimer le racisme. Va-t-on rayer le mot « nègre » de tous les livres écrits à ce jour ? De toutes les chansons ? N’est-on plus capable de le lire, de le regarder en face, dans toutes ses dimensions ethniques, sociologiques, historiques ? Ne serait-ce que pour les enfants d’aujourd’hui et leur sens de l’Histoire, ne faut-il pas encore pouvoir le lire, le dire et l’écrire ?

J’en viens à « Grin ». Rien de ce que j’ai écrit ne remet en cause l’existence de dominations et d’oppressions dans nos sociétés et de la nécessité d’agir pour les renverser ou les résorber. Je reconnais que mes parenthèses (« nécessairement » et « dites ») étaient inutilement provocatrices. Je les ai enlevées sur mon blog. Je crois que ma provocation, autant que l’apparition aux Etats-Unis des « sensitivity readers », visait ce pseudo-militantisme du clic et cette espèce de police culturelle qui tend à s’instaurer chez nous avec le support des puissants mécanismes de mobilisation des réseaux et d’Internet, police qui, au final, substitue une censure à une domination, sans renverser celle-ci. A moins qu’on ne veuille par cette police terroriser a priori les auteur•e•s ? La récente affaire autour du livre On a chopé la puberté a été un bon exemple. Et ce mot VICTOIRE affiché sur change.org parce qu’un éditeur avait baissé pavillon... J’attends le jour où Houellebecq se fera interdire ainsi. Cette police culturelle, c’est la police qui traque la lettre « V » dans les livres et même dans les conversations, dans le conte de Marie-Aude, 22 ! Voulons-nous vraiment l’instaurer ? Décerner aux livres des labels « garantie sans sexisme » ou « racism free » ? Les auteur•e•s pour la jeunesse, pour ce que j’en connais, je ne crois pas. Ils connaissent leurs responsabilités spécifiques. Pour le lecteur « jeunesse » que je suis, c’est sûr que non. Restent les prescripteurs pour la jeunesse, qui n’ont pas toujours le temps de tout lire. Il faudrait leur poser la question.

La discussion n’est évidemment pas close. Mais je voulais répondre par respect pour mes critiques. Quant à ma "statue" temporaire, Brel a chanté des choses définitives sur le sujet, dans la chanson éponyme (désolé pour cette référence de baby-boomer).

mamido

12/11/2018 à 17:20

Merci Monsieur pour votre blog. Je viens de terminer la lecture de "En nous …." et j'ai aimé, parce que je serais incapable de me livrer ainsi par peur des réactions de mon entourage proche. Mais là n'est pas le sujet.

Je trouve plutôt bien que vous fassiez ce blog pour, justement, ne pas rester cantonné au titre de "prince qu'on sort" (j'adore).Vous avez laissé à votre épouse toute latitude pour écrire et vous l'avez aidée. Tous les hommes n'en sont pas capables ou ne le veulent pas.

anouk

15/11/2019 à 09:49

:lol: :red:g adoré cet interwiev

ANNIE-FRANCE BELAVAL

16/04/2021 à 17:26

J'ai lu l'article avec plaisir et j'ai été atterrée par certaines réactions agressives. Elles se ressemblent d'ailleurs et j'ai cru qu'il s'agissait de la même personne.
Peut-être qu'avoir été la belle-fille de et maintenant dans le Lot, la soeur de Dan très actif
m'aident à comprendre différemment. Je m'en suis sortie en devenant une incontournable des rencontres littéraires de la métropole lilloise et de 2009 à 2018, animatrice d'un Café Littéraire, créé par des bibliothécaires en 1997 et qui continue avec d'autres présidentes.
J'aime toute la famille Murail et assimilé et j'aime les livres de la fratrie même si j'ai une préférence!
Je relis volontiers pour mon propre plaisir et aussi pour mes petits-enfants qui découvrent l'oeuvre (en revanche, je n'ai pas de réédition)

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Affaire Marsan : huit autrices de Bragelonne “rappellent la société à ses obligations”

Une enquête de Mediapart, en avril dernier, a fait état des témoignages d'une vingtaine de femmes, qui pointaient le comportement « déplacé » de l'éditeur Stéphane Marsan, directeur du groupe Bragelonne, dans un cadre professionnel, à l'occasion de réunions ou lors de festivals. Depuis, la société n'a pas réagi publiquement, et aucune mesure ne semble avoir suivi ces révélations. Huit autrices de livres publiés par le groupe rappellent la société à ses obligations, menaçant de reprendre leurs droits sur leurs créations. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leurs revendications et leur lettre ouverte.

28/05/2021, 09:00

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En Biélorussie, la liberté d'expression et l'opposition en danger

Le détournement d'un avion de ligne par un appareil militaire, pour arrêter l'opposant et journaliste Roman Protassevitch, constitue le dernier « coup d'éclat » du régime autoritaire d'Alexandre Loukachenko. Depuis les résultats des élections présidentielles de 2020, contestés par une partie de la population, la répression s'intensifie. Le PEN Club français fait part de son inquiétude pour la liberté d'expression, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

27/05/2021, 09:26

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Perdue en mer de Chine ? Roselyne Bachelot face à ses contradictions

Voilà quelques jours, la ministre de la Culture se lançait dans d’hasardeuses comparaisons : d’un côté les tensions en mer de Chine, de l’autre celles entre organisations représentatives des artistes-auteurs, qui seraient plus ardues à résoudre que les premières. Les intéressés — les artistes-auteurs, pas les Chinois… — ont décidé de répondre à Roselyne Bachelot, considérant que le mépris avait des limites… Leur texte est ici proposé dans son intégralité. 

17/05/2021, 15:21

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“Essentiel c’est-à-dire absolument nécessaire” : des libraires privés d'activité

Malgré les menaces de la crise sanitaire, le retour des beaux jours ouvre des perspectives plus heureuses, avec une reprise d'activité. Certains libraires, notamment ceux proposant des livres d'occasion, se trouvent toutefois privés de participation aux marchés en extérieur. Une situation incompréhensible, portée à la connaissance de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, par Frédéric Mignon et Pascale Chassang, libraires à la Librairie Sans Nom, au Mans, dans une lettre ouverte publiée dans nos colonnes, en intégralité.

07/05/2021, 14:56

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Une loi sur les bibliothèques, “un marqueur fort et une opportunité”

Déposée au Sénat le 3 février dernier, la proposition de loi de Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine), relative aux bibliothèques et au développement de la lecture publique, a bien sûr attiré l'attention des professionnels du secteur. Trois associations professionnelles saluent cette proposition de loi dans un communiqué, reproduit intégralement ci-dessous.

07/05/2021, 11:29

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Institut du service public : les conservateurs généraux des bibliothèques volontaires

Dans la foulée de l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France, l'Association française des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation plaide pour une intégration des conservateurs généraux des bibliothèques au sein du futur Institut du service public (ISP). Nous reproduisons le texte de l'association ci-dessous.

06/05/2021, 11:24

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“Oui, on le savait. Mais personne n’a rien dit, surtout par peur”

Le 21 avril dernier, un article de Médiapart dévoilait les nombreux témoignages de professionnelles. Chacune pointait, dans ses relations, le responsable éditorial des éditions Bragelonne, Stéphane Marsan. Après la vague de révélations viennent les interrogations, les inquiétudes, les attentes. Adrien Tomas, auteur de fantasy, avait vivement réagi, et accepte de nous confier son texte. Le voici publié dans son intégralité.

04/05/2021, 11:32

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#MeToo dans l'édition : “Je suis Jeanne”, une témoin se dévoile

« Je suis Jeanne, l’une des témoins cités sous pseudo par Médiapart dans son enquête du 21 avril 2021. M. Marsan a répondu à cet article en identifiant les témoins, les unes après les autres, dans un exercice d’intimidation qui doit figurer dans un chapitre du Nécronomicon. Dans l’un des derniers paragraphes et sous couvert d’éloges contrits, il rend mon identité publique en citant Albin Michel, ma maison d’édition. Déjà, tout le monde s’en fout, de mon identité, donc joke’s on you. » Par Marguerite Imbert.

01/05/2021, 12:50

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Haute fonction publique : les conservateurs des bibliothèques attentifs

Après la suppression de l'École nationale d'administration (ENA), Emmanuel Macron propose une réforme de la haute fonction publique, avec pour principale mesure la « fonctionnalisation » de l’Inspection générale des Finances (IGF), de l’Inspection générale de l’Administration (IGA) et de l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas). Les conservateurs et conservatrices des bibliothèques saisissent l'occasion pour demander une prise en considération de certaines revendications, portées par l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France (ADBGV), dont nous reproduisons le texte ci-dessous.

29/04/2021, 16:20

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Harcèlement sexuel : soutien à "celles et ceux qui osent témoigner publiquement" 

Dans le contexte de l'enquête menée par Médiapart publiée le 21 avril dernier, où plusieurs autrices, auteurs et anciens salariés de la maison d'édition Bragelonne témoignent d'une attitude déplacée de Stéphane Marsan, directeur des éditions. Une pétition a été initiée sur le site de Chance.org par Lionel Evrard pour mettre fin à cette « omerta ». Nous reproduisons ici ses propos, dans leur intégralité. 

28/04/2021, 17:40

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Archives : le déménagement qui interroge

Le ministère de la Culture a récemment annoncé le dépôt des archives municipales de Troyes et des archives de Troyes Champagne Métropole aux Archives départementales de l’Aube, dans le cadre des dispositions prévues par le Code du patrimoine. Cette situation, inédite à cette échelle, soulève des questions sur la responsabilité et l’investissement des collectivités envers leur patrimoine archivistique, ainsi que le détaille l'Association des archivistes français dans une tribune, ici reproduite en intégralité.

23/04/2021, 09:21

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“Face à la détresse scolaire des étudiants, faire de l’enseignement supérieur une priorité”

Devant l'ampleur de la crise sanitaire, le groupe des éditeurs universitaires du Syndicat national de l'édition lance un appel, voire un cri d'alerte. Leur message est ici reproduit dans son intégralité. 

19/04/2021, 09:33

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Égypte : un chercheur détenu pour son travail sur les droits des femmes

74 organisations non gouvernementales internationales cosignent une tribune pour exiger la libération de l'étudiant et chercheur égyptien Ahmed Samir Santawy. Le 1er février dernier, il a été interpelé alors qu'il rendait visite à sa famille en Égypte, et reste aujourd'hui en détention provisoire, pour des motifs non expliqués. Nous reproduisons ci-dessous le texte des ONG, en intégralité.

16/04/2021, 16:57

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Québec : le devenir des écrivains au coeur des préoccupations

L’Union des écrivaines et écrivains québécois fait état de la publication de deux sondages convergents. Le premier, auprès de la population du Québec, le second auprès des écrivains, mais tous deux font état d’une prise de conscience et d’un réel soutien aux artistes. Nous reproduisons ici leur tribune, dans son intégralité. 

16/04/2021, 13:29

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Les bibliothèques universitaires demandent “une offre riche et diversifiée” d'ebooks

Les bibliothèques françaises des établissements de l’Enseignement Supérieur et des écoles de management, soutenues par le consortium Couperin, qui négocie les accès aux œuvres au format numérique, demandent dans une tribune un accès plus large et économiquement viable aux catalogues numériques des éditeurs. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leur texte.

15/04/2021, 16:58

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Roselyne Bachelot et l'Observatoire des métiers : “Un problème de méthode”

ActuaLitté reproduit ici une lettre ouverte de l’intersyndicale signée par 20 organisations professionnelles d’artistes-auteurs. Datée du 8 avril, elle concerne l’une des rares promesses de la ministre Roselyne Bachelot sur un Observatoire des métiers. Une annonce qui semble déjà fortement compromise compte tenu de la méthodologie du ministère, analysent-elles.

08/04/2021, 10:19

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“Le poids parfaitement illégitime de la commandite” d'Arnaud Lagardère

En tant qu’actionnaires minoritaires des Éditions Calmann-Lévy aux côtés de Hachette Livre, Éliane et Christopher Calmann-Lévy ont pris acte du départ d’Arnaud Nourry qui présidait aux destinées de Hachette Livre depuis 18 années. Dans un message communiqué à ActuaLitté, ils évoquent cette rupture, pour l’ex-PDG passé de « l’homme fort » au « maillon faible ».

03/04/2021, 17:24

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Ouverture des bibliothèques : “Aucune solution unique ne saurait être imposée”

Après les annonces présidentielles de ce mercredi 31 mars, les mêmes questions reviennent, du côté des professionnels des bibliothèques. Encore une fois, les associations interprofessionnelles apporteront des réponses, mais l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) tient à avertir les autorités de la situation et des difficultés actuelles. Nous reproduisons ci-dessous le message de l'organisation.

02/04/2021, 14:47

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“Opacité, manipulation et atteinte aux droits syndicaux des artistes-auteurs”

L'intersyndicale des artistes-auteurs apprend aujourd'hui, le 29 mars, que la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture (DGCA) a convié les organismes de gestion collective et diffuseurs à des « groupes de travail utilisateurs, en visioconférence, sur la nomenclature de revenus d’artistes auteurs à laquelle travaille le ministère de la Culture et qui servira de base à la nouvelle interface informatique de déclaration des revenus d’artistes auteurs ». Nous reproduisons ici l'intégralité de leur texte.  

29/03/2021, 16:58

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Mahomet supprimé de La Divine Comédie : Dante victime du “politiquement correct”

Une traduction de La Divine Comédie de Dante expurgée de Mahomet « pour ne pas blesser » : le choix d'un éditeur néerlandais fait couler beaucoup d'encre, avec des accusations de censure qui se multiplient. Le PEN Club français s'inquiète lui aussi de précautions qui finissent par porter atteinte à l'œuvre et à la « dimension transculturelle » de Dante. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, le texte de l'organisation.

29/03/2021, 16:44

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Auteurs professionnels : un statut non essentiel ?

Je ne suis pas le premier, je ne serai sûrement pas le dernier, mais je souhaitais m’exprimer sur la situation alarmante des artistes-auteurs dont je fais partie. Parce que pour parler net, il semblerait qu’on ait décidé en hauts lieux de nous laisser crever la bouche ouverte. Par Guilhem Meric.

25/03/2021, 10:01

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Bob Morane, ou l'ombre jaune de Roselyne Bachelot

Une nouvelle fois, le cabinet de la ministre fait grincer des dents. Ou bien faut-il considérer que l’année de la BD étant close, tout ce qui touche au 9e art se relaie à l’arrière-plan ? Henri Vernes ne méritait pas même un tweet, service de communication ministérielle a minima ? Non, manifestement non. Parce qu’en effet, Bob Morane n’a pas vraiment l’ampleur ni la présence justifiant que l’on se fende d’un hommage, même concis. Et puis, ce sont les vacances, pas question de faire du zèle ?

28/07/2021, 12:27

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“Je voudrais que l’oral fasse suer l’écrit”, Gilles Defacque

Voilà maintenant un mois que le ministère de la Culture a annoncé le départ de Gilles Defacque de la direction du Prato, pôle national du cirque de Lille. Remplacé par Célia Deliau, directrice du Cirque Jules Verne, pôle national du cirque d’Amiens, depuis 2016, c’est une page qui se tourne. Départ dans cette bibliothèque peu commune, celle du metteur en scène, clown, poète, Gilles Defacque.

26/07/2021, 12:18

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Un procès insensé : “L’Internet Archive a un cœur, et sait s’en servir”

Lorsque j'ai entendu parler des poursuites judiciaires pour non-respect du droit d’auteur intentées le 1er juin 2020 aux États-Unis par quatre grands éditeurs (Hachette, Penguin Random House, Wiley, HarperCollins) à l’Internet Archive pour son Open Library, et ce en pleine pandémie, je n’arrivais pas à y croire. Et ce mauvais rêve se transforme en cauchemar puisqu'un procès retentissant doit débuter le 12 novembre 2021.

22/07/2021, 10:42

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Luca di Fulvio : “Mes personnages veulent suivre leur propre chemin”

Son sourire enjôleur et lutin fascine : rencontrer Luca Di Fulvio, c’est plonger dans le charme d’une autre langue, et dans une littérature d’un autre monde. Les lecteurs qui l’ont découvert avec Le Gang des rêves auront le bonheur de le retrouver dans un roman plus italien cette fois. Conversation avec un dilettante particulièrement attaché à son art…

15/07/2021, 16:46

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Brewster Kahle, archiviste ultra

PORTRAIT – Bientôt au cœur d'un tonitruant procès intenté par quatre grands groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive célèbre, en 2021, ses 25 ans. Depuis 1996, elle abrite des sauvegardes du web mondial, mais aussi des exemplaires numériques de films, enregistrements audio, jeux vidéo, journaux ou encore livres. Portrait du bâtisseur de cette bibliothèque d'Alexandrie, Brewster Kahle.

14/07/2021, 14:53

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La littérature, cet outil de connaissance

Le PEN Club, au carrefour international des cultures, est de ce fait bien placé pour constater que la littérature est au croisement de la création et de la connaissance. Ayant pour mission fondatrice la défense de la liberté d’expression et celle-ci n’étant pas divisible, le réseau solidaire des PEN Clubs nationaux a à connaître et faire connaître toute forme d’expression qui est opprimée parce qu’elle porte l’émancipation, la pensée mobile, donc critique, et les mutations de la sensibilité — autant dire : la littérature. Par Jean-Philippe Domecq.

06/07/2021, 10:07

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Philipp Weiss : “Nous n’avons pas de langue pour décrire le temps présent”

Pour la rentrée littéraire, certains se satisfont d’un roman. Avec Le grand rire des hommes assis au bord du monde, dans une traduction de l'allemand par Olivier Mannoni, Philipp Weiss s'aventure dans une oeuvre totale : cinq livres, dont un manga, à travers les 1200 pages d'une épopée rare. Rencontre avec cet auteur à l'oeuvre hors norme. 

05/07/2021, 10:38

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Le livre numérique, 50 ans d'existence et de lectures

Il fut le compagnon des lecteurs, au cours de cette année pandémique 2020, certains en ont découvert les vertus, par l’offre gratuite et libre de droit, d’autres le coût avec des titres plus récents. Mais le livre numérique, ou ebook, n’est pas ce jeune premier que la presse présente depuis quelques années. Voilà désormais 50 ans que ce format se construit, évolue, à travers les progrès technologiques et les investissements d’entreprises. Bon anniversaire, petit cinquantenaire.

03/07/2021, 11:35

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Des éditions collector de mangas victimes de la spéculation

Depuis le début de l'année 2021, le manga bat tous les records de vente dans les librairies françaises. Pour entretenir l'engouement et s'assurer la fidélité d'un public qui pourrait se contenter de versions numériques, voire de scans illégaux, les éditeurs n'hésitent pas à publier des versions collector, en quantité limitée. Maisons d'édition et libraires ne peuvent toutefois que constater le développement d'un marché parallèle, où la revente se fait au prix d'une intense spéculation.

02/07/2021, 13:23

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Histoire de l’ebook #17 - Les grandes dates du Projet Gutenberg

« Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes œuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d’enseignement. » (Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg et père de l’ebook)

02/07/2021, 09:21

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Histoire de l’ebook #15 - Un hommage aux bibliothécaires

Le/la bibliothécaire a toujours eu un rôle charnière dans le monde du livre, y compris numérique. Les bibliothèques sont largement couvertes par les médias, mais qu’en est-il de ceux et celles qui les font fonctionner ? Une première version de ce texte fut publiée dans ActuaLitté en 2016. Voici aujourd'hui une version revue et actualisée pour inclure les ultimes développements de la profession. L’auteure fut elle-même bibliothécaire avant d’être traductrice.

30/06/2021, 10:29

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Histoire de l’ebook #14 - L’ebook vu par quelques pionniers

Voici le sentiment de plusieurs pionniers du livre numérique interviewés par courriel au fil des ans pour mes articles et livres sur le sujet: Michael Hart (Projet Gutenberg), John Mark Ockerbloom (The Online Book Page), Robert Beard (A Web of Online Dictionaries), Jean-Paul (Cotres.net), Nicolas Pewny (Le Choucas), Marc Autret (Indiscripts), Pierre Schweitzer (@folio), Denis Zwirn (Numilog) et Henri “Henk” Slettenhaar (Silicon Valley Association).

29/06/2021, 09:23

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Histoire de l’ebook #13 - L'Internet Archive, une bibliothèque planétaire

L’Internet Archive est fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie) pour préserver un historique de l’internet. D'abord « bibliothèque de l’internet » avec la Wayback Machine, qui permet de voir l’évolution d’un site web depuis 1996, elle devient ensuite « une bibliothèque numérique à but non lucratif destinée à procurer un accès universel au savoir humain ». Elle propose deux millions de livres numérisés en mars 2010. Dix ans plus tard, elle est la plus grande bibliothèque numérique publique mondiale.

28/06/2021, 09:32

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Histoire de l’ebook #12 - De Google Print à Google Books

Google lance Google Print en mai 2005 en partenariat avec des éditeurs et des bibliothèques, puis le suspend trois mois plus tard suite à un conflit avec les associations américaines d'auteurs et d'éditeurs. Le programme reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres) et numérise les milliers de livres de bibliothèques partenaires. Mais Google continue de numériser des livres sous droits sans l'autorisation préalable des ayants droit, et le conflit se poursuit. Après une longue saga judiciaire de près de dix ans, la justice américaine tranche en octobre 2015 en faveur de Google.

27/06/2021, 10:34

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Histoire de l’ebook #11 - La licence Creative Commons

Créée en 2001 à l'initiative de Lawrence “Larry” Lessig, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la diffusion et la réutilisation d'œuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. De nombreux auteurs et autres créateurs souhaitent en effet utiliser le réseau de diffusion qu’offre l’internet tout en contrôlant les droits sur leurs œuvres, mais le copyright traditionnel leur semble trop restrictif. Creative Commons fête ses 20 ans en juin 2021 avec 2 milliards d’œuvres sous licence Creative Commons.

25/06/2021, 09:58

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Le livre, bien essentiel : “L’une des plus importantes victoires” de 2020

Près de soixante-dix maisons françaises et italiennes auront pris part aux journées d’échanges organisées à l’initiative de l’Association des éditeurs italiens. Engagé à la tête de cette organisation depuis 2017, Ricardo Franco Levi intervient régulièrement dans nos colonnes, apportant éclairages et interventions sur le marché italien. Depuis Milan, il revient sur ces trois jours, manifestement riches.

24/06/2021, 15:36

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Histoire de l'ebook #10 - Wikipédia, une encyclopédie planétaire

Lancée en janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia est une encyclopédie gratuite en ligne écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Rédigés par des milliers de volontaires dans des dizaines de langues, les articles et les illustrations restent la propriété de leurs auteurs. Leur libre utilisation est régie par la licence GFDL puis par la licence Creative Commons. Wikipédia comprend 17 millions d’articles dans 270 langues en 2011, avec 400 millions de visiteurs par mois. D'autres encyclopédies collaboratives suivent, par exemple l’Encyclopedia of Life.

24/06/2021, 09:42

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Histoire de l’ebook #9 - L’EPUB devient le format standard

Le format EPUB succède au format OeB (Open eBook) en avril 2005 en tant que standard du livre numérique et supplante peu à peu le format pionnier PDF. « Totalement différent du PDF, le format EPUB permet d’afficher un texte ajusté au tout dernier moment en fonction de l’écran et des choix du lecteur au moment précis de la lecture. Plusieurs applications permettent de créer un fichier EPUB directement, dont des logiciels libres. La plupart des liseuses sont compatibles avec le format EPUB. » (Nicolas Pewny, consultant en édition électronique)

23/06/2021, 09:27

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Entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers de Mondadori Libri

Le site NewItalianBooks, qui promeut les maisons d'édition et la culture italiennes à l'étranger, a réalisé un entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers chez Mondadori Libri. Ce dernier est le groupe de presse le plus influent en Italie. Interrogée par Paolo Grossi, directeur du site, elle revient sur l'influence du livre italien à l'étranger. Par Paolo Grossi.

22/06/2021, 12:25

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Histoire de l’ebook #8 - Premières expériences d’auteurs de best-sellers

Le maître du suspense américain Stephen King est le premier auteur de best-sellers à se lancer dans l’aventure numérique en 2000, malgré les risques commerciaux encourus. Il autopublie un roman épistolaire inédit en plusieurs épisodes sur un site web créé à cet effet, avec un résultat mitigé, avant de nouvelles expériences avec son éditeur. D'autres auteurs de best-sellers tentent eux aussi l’aventure numérique avec leurs éditeurs, par exemple Frederick Forsyth en Grande-Bretagne, Arturo Pérez-Reverte en Espagne et Paulo Coelho au Brésil.

22/06/2021, 10:05

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Queenie, histoire d'une gangster venue de Martinique, pour conquérir Harlem

Stephanie Saint-Clair. Avec un nom pareil, elle aurait pu faire du music-hall. Et d’une certaine manière, elle fut la reine de la nuit. Au cœur de Harlem, elle devint Queenie, cheffe de gang respectée au sein de Harlem : protectrice d’une communauté noire contre les policiers — déjà ! —, elle mena tambour battant une carrière dans la loterie clandestine. Nous sommes en 1933, la prohibition a pris fin, et cette Martiniquaise, ayant migré une vingtaine d’années plus tôt à New York affronte la mafia italienne, regardant les hommes droit dans les yeux. Queenie, plus qu’une gangster généreuse : un symbole.

22/06/2021, 08:05

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Histoire de l’ebook #7 - Premiers dictionnaires et encyclopédies en ligne

Disponibles en ligne au tournant du millénaire, les premiers dictionnaires et encyclopédies de référence émanent de versions imprimées, par exemple le Dictionnaire universel francophone (Hachette), WebEncyclo (Atlas) ou encore le site de l’Encyclopaedia Universalis. Suivent des outils de référence conçus directement pour le web, par exemple le Grand dictionnaire terminologique (GDT) du Québec et WordReference.com. Wikipédia fera l’objet d’un article spécifique.

21/06/2021, 09:28

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Italie et France : le livre en partage

Les liens qui rattachent la France et l’Italie se mesurent autant à la passion dévorante dont témoignait Stendhal qu’aux centaines de lecteurs venus à Turin, en 2017, assister à une rencontre avec Daniel Pennac. Dans les allées du Salon du livre, une file d’attente colossale, impatiente, témoignait d’une authentique ferveur.

21/06/2021, 09:00

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Histoire de l’ebook #6  - E Ink, une technologie d'encre électronique

Les recherches sur l’encre électronique débutent à la fin des années 1990 au sein de la société E Ink pour offrir un meilleur écran aux liseuses en attendant le papier électronique. E Ink présente le prototype de son écran en 2002 et le commercialise en 2004. Un projet un peu différent est la technologie Gyricon développée par Xerox. Radicalement novateur lui aussi dans un domaine connexe, le projet @folio voit le jour en France dès 1996 mais reste malheureusement à l’état de prototype faute de soutien financier.

19/06/2021, 11:19

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Histoire de l'ebook #5 - Les premières liseuses    

Sans surprise, les premières liseuses voient le jour dans la Silicon Valley, terre des projets technologiques les plus fous, avec les fonds nécessaires pour les développer. Ces liseuses sont le Rocket eBook (de NuvoMedia) et le SoftBook Reader (de SoftBook Press), qui virent le jour en 1998. D'autres modèles suivent, par exemple le Gemstar eBook (de Gemstar) en 2000, le LIBRIe (de Sony) en 2004, le Cybook Gen2 (de Bookeen) à la même date, le Sony Reader (de Sony) en 2006, le Kindle (d'Amazon) en 2007, le Nook (de Barnes & Noble) en 2009 et l'iPad (d'Apple) en 2010. 

 

18/06/2021, 11:31

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Histoire de l'ebook #4 - Du PDA au smartphone

En 2001, la liseuse n’a pas encore gagné son pari. On compte 17 millions de PDA (Personal Digital Assistants) dans le monde pour seulement 100.000 liseuses, d'après un Seybold Report publié en avril 2001. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001, dont le Palm Pilot (lancé en mars 1996) et le Pocket PC de Microsoft (lancé en mars 2000). En 2005, le PDA laisse progressivement la place au smartphone. L’iPhone d’Apple (lancé en juin 2007) devient le produit phare de toute une génération.

17/06/2021, 09:43

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19

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Histoire de l’ebook #2 - Gabriel, portail des bibliothèques nationales européennes

Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue (anglais, allemand, français) offrant un point d’accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes. Sans les patients efforts de Gabriel (et de l’European Library), la bibliothèque numérique européenne Europeana n’aurait peut-être jamais vu le jour dix ans plus tard.

15/06/2021, 09:29

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Librairie Les mots à la bouche : transmettre culture et héritage LGBT+, inlassablement

Nouvellement installée dans le XIe arrondissement de Paris, la librairie LGBT+ Les mots à la bouche lançait ce 31 mai un crowdfunding pour changer son modèle économique et devenir une société coopérative. Avec 40.000 euros réunis en à peine trois jours, les membres de la SCOP sont aujourd’hui assurés de pouvoir reprendre l'entreprise. Une façon pour le lieu de continuer à vivre dans les mains d’une nouvelle génération de libraires engagés, ayant à cœur de prolonger l’héritage LBGT. Mais aussi de proposer une littérature qui raconte ses luttes et son histoire.

14/06/2021, 18:01

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Histoire de l’ebook #1 - Le PDF, format pionnier lancé par Adobe

L’ebook aura bientôt 50 ans. Non, il ne fait pas son âge. Mais pour mieux contextualiser son existence, ActuaLitté vous propose de retrouver une série d’articles, rédigés par Marie Lebert, pour bien mener les célébrations. Peu après les débuts du web en 1990, la société Adobe lance en juin 1993 le format PDF (Portable Document Format), tout comme l’Acrobat Reader (gratuit, pour lire les PDF) et l’Adobe Acrobat (payant, pour créer les PDF).

14/06/2021, 09:51

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La justice pardonne-t-elle les critiques élogieuses de livres dangereux pour la santé ?

La justice nous porte souvent vers les confins du sublime, dans une langue magique. La Cour de Justice de l’Union européenne, régulièrement évoquée dans nos colonnes, donne l’occasion d’un petit sourire, voire d’un clin d’œil, facétieux. En effet, l’arrêt dans l’affaire C-65/20 autoriserait, selon un de nos lecteurs, que les mauvais livres — indigestes pour l’esprit — puissent malgré tout être encensés. Attention, mauvaise foi et bonne humeur exigées…

10/06/2021, 12:52

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D'Amélie à Mademoiselle Nothomb : “Tu es encore là toi ?!’

Amélie Nothomb rencontrera pour la première fois depuis très longtemps son public ce samedi 12 juin, dans le cadre du Festival Les mots libres à Courbevoie. On sait combien elle entretient un rapport très particulier, dans tous les sens du terme, avec ses lecteurs, et son impatience à l’idée de les revoir n’était pas feinte. En attendant la rentrée littéraire et son prochain titre, Premier Sang, discussion autour de son dernier roman paru, Les aérostats, des monstres et de l’écriture, et de ses lecteurs.

04/06/2021, 11:47

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Voutch : “Un dessin d’humour, c’est un rébus, entre le texte et le visuel”

Avec une exposition en trois parties, Voutch régalera le public des Mots libres, festival qui s’ouvre ce 1er juin à Courbevoie. Une composition réunissant ses dessins réalisés pour un livre sur les Fables de La Fontaine en 2018, ainsi que des dessins de son dernier album De surprise en surprise. Et puis, des strips, ces petites BD commencées en 2016 sur un blog du Monde, avant de devenir deux livres au Cherche midi.

31/05/2021, 09:13

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Pass Culture : unique réussite d'un Emmanuel Macron tout schuss ?

L’éducation et la culture étaient les pans prioritaires du programme d’Emmanuel Macron candidat à la présidence. Et sur le second point, la mesure probablement la plus novatrice consistait à copier le Bonus Cultura mis en place par Matteo Renzi, Premier ministre italien, en octobre 2016. Baptisé par les équipes Macron Pass Culture, il promettait un bifton numérique de 500 € aux jeunes atteint de majorité, pour des dépenses folles en biens culturels…

21/05/2021, 17:05

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Des dessins inédits de Milan Kundera exposés à Paris

« Par mes expériences et mes goûts je suis centre-européen […], mais au milieu de ma vie, ma femme et moi avons émigré en France. Cet événement est le plus décisif de toute mon existence : il est la clef de ma vie et de mon travail », écrivait Milan Kundera. Français, Tchèque, et Centre-européen, l’écrivain est au cœur d’une exposition organisée par le Centre tchèque de Paris, offrant un regard inédit sur les dessins de l’auteur.

21/05/2021, 10:25

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Marcel Proust devenu auteur de science-fiction

Chercher, Pierre-Carl Langlais adore : il s’est lancé dans des études en histoire de la presse, mobilisant les ressources de l’Intelligence Artificielle pour analyser des corpus entiers. Et au fil des morceaux de code, s’est intéressé à l’outil GPT-2 – logiciel de traitement automatique du langage, produit par OpenAI (société de Elon Musk). « À partir d’un corpus, on propose à la machine un début de phrase, et elle génère le texte qui suit. On peut ainsi croiser deux types de textes, pour emprunter un style à l’un et un univers à l’autre », nous explique le post-doctorant.

13/05/2021, 16:24