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Ma vie, son œuvre : être le mari de l'auteure

Depuis que je suis à la retraite – déjà sept années –, j’accompagne plus fréquemment Marie-Aude (Murail) dans ses déplacements en France et en Navarre (surtout en Navarre, d’ailleurs). Quand elle a le temps de me présenter, elle dit « Pierre-Michel, my husband » ou « Pierre-Michel » tout court, s’il paraît clair pour ses interlocuteurs que je ne suis ni son amant du moment, ni son agent ou son garde du corps, et même si je suis un peu tout ça à la fois.

Le 18/09/2018 à 10:08 par Auteur invité

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18/09/2018 à 10:08

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Grand Velas Riviera Maya, CC BY SA 2.0

« Amant », je me vante un peu. Je ne jouis malheureusement pas des avantages que confère cet état tels que les décrivait Balzac. « Il est plus faciled’être amant que mari, par la raison qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps. »

Quand elle est happée trop vite par ceux qui l’ont invitée, je m’identifie souvent moi-même comme « Pierre-Michel, le mari de l’auteure », façon de justifier ma présence à une tablée d’écrivain·e·s, au petit-déjeuner dans un hôtel, qui m’est parfois payé (privilège du prince qu’on sort) ou dans un salon du livre. Cette appellation ne lui plaît pas du tout. « Tu es toi, tu n’as pas besoin de te définir par rapport à moi ! » Il lui arrive même de renchérir : « Vous savez, il écrit plus que moi ! »

Là, elle fait allusion à mon journal que je tiens depuis 2006, à raison de 200 pages tous les six mois, et dont j’exporte parfois des morceaux choisis sur mes blogs. Sauf que moi, je suis un écrivant et elle unécrivain. Comme Madame Angot, pas celle dont la fille fait de l’opérette, mais l’écrivain justement, Christine, qui préfère elle-aussi s’écrire ainsi.

Qu’est-ce qu’un écrivain ?

Je demandai un jour à Marie-Aude, que j’ai toujours connue écrivante, quand avait-elle pris conscience d’être un écrivain, unauteur. Au début des années 80, quand elle avait acheté, poussée par sa mère chez un grossiste du Marais, cette veste en vison (nobody’s perfect) payée avec ses premières piges pour les Éditions Mondiales, Nous Deux, Intimité, Bonne Soirée ? Quand elle s’était trouvée enfin affiliée à l’Agessa après avoir été simple assujettie ? Quand son premier livre pour adultes, Passage, avait été édité en 1985 par Pierre-Marcel Favre ? Quand sa première histoire pour les enfants est parue dans Astrapi en septembre 1985 ? Quand Geneviève Brisac a publié Mystère chez Gallimard en 1987 ? Quand Jean Fabre lui achète Le Chien des Mers en 1988 et qu’elle entre à l’école des loisirs pour ne plus en ressortir ? Quand elle fait sa première « animation » dans une école ? Ou qu’elle se met à cotiser à la SGDL ?

Rien de tout cela. Elle m’a répondu qu’en fait, elle avait pris conscience d’être réellement un auteur quand elle avait adhéré à La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse à la fin des années 90 et qu’elle en avait partagé les actions et les combats, en tant que membre du CA, puis vice-présidente, aux côtés de sa sœur Elvire qui l’y avait entraînée. Auteur parmi d’autres et avec d’autres, relevant désormais de la corporation des gens qui font métier de tisser des histoires, le plus souvent chacun dans leur coin.

Moi qui ai vécu une carrière de fonctionnaire (à l’INSEE) aux côtés d’une femme qui est devenue écrivain sous mes yeux, je n’ai pu m’empêcher à bien des reprises d’envier sa liberté : de travailler quand elle voulait (ou pouvait !) et où elle voulait : sous sa douche ou dans un train, dans son lit ou sur la plage, de jour ou de nuit ; d’aller et venir à son gré sans (presque) aucun souci d’horaires, d’astreintes ; de signer ses contrats quand elle avait terminé un manuscrit que nul ne lui avait réclamé, mais qu’un éditeur acceptait de publier et de rémunérer en avance sur ses droits d’auteur à venir, avant même d’en avoir vendu un seul exemplaire ; et au bout d’un certain nombre d’années de constater que les ventes cumulées de ses livres lui procuraient une rémunération annuelle suffisante pour qu’elle ne se sente obligée d’écrire que mue par le manque qu’elle éprouvait, au bout de quelques semaines, d’être sans stylo à la main, sans manuscrit en cours.

Mais j’ai toujours su aussi que je n’aurais jamais eu le courage solitaire qu’il lui fallait pour tracer ce sillon d’écriture jour après jour jusqu’au dernier mot, comme un bœuf à l’attelage auquel elle se compare parfois. Sa sœur Elvire, racontant la genèse à trois de Golem la décrit en « loup qui court sans jamais s’épuiser ». Le courage est le prix de la liberté. Celle-ci ne s’achète sans doute pas autrement, en tout cas pas par un statut, pas seulement par un statut, dont il est pourtant beaucoup question ces temps-ci. Le statut vise la sécurité. Cette visée est naturelle. Mais comment faire pour que la sécurité ne se paye pas avec une part de liberté ? Vieux dilemme.

Un métier qui change

En discutant il y a quelque temps avec une jeune autrice déjà bien engagée dans une carrière d’écrivain, Marie-Aude et moi nous sommes aperçus que celle-ci ne pratiquait peut-être pas/plus le même métier. Notre pas-entièrement-débutante, dont les droits d’auteur recouvrent jusqu’ici rarement les avances qu’elle a perçues, vit essentiellement de ces avances, ce qui l’astreint à enchaîner les manuscrits. Elle est heureusement dotée d’une force de travail phénoménale. Mais, différence importante, elle parle d’abord de « projets ».

Franck-hb, CC BY 2.0

Pas question pour elle d’envoyer un texte déjà rédigé à des éditeurs, comme une bouteille à la mer. Quand elle n’a pas une commande, elle soumet donc son projet d’écriture à une voire plusieurs éditrices – en jeunesse, ce sont souvent des femmes — sur la base d’un court synopsis et elle attend que l’une d’elles ait donné son accord et qu’un contrat soit formalisé, pour écrire. Très proactive, connaissant toutes les directrices de collection, elle minimise ainsi le risque du refus. Elle peut aussi proposer une série à partir d’un « pilote » sommairement ébauché. Elle pratique donc ce que dans l’immobilier on appelle la VEFA, la « vente en l’état futur d’achèvement » ou « vente sur plans ».

Le contrat est signé et l’achat conclu alors même que la construction de l’immeuble n’est pas commencée. Un peu comme si Marie-Aude avait dit à l’école des loisirs « je pourrais vous faire une série avec un psy antillais et des hamsters, est-ce que ça vous intéresse ? » Alors que dans les faits, elle a écrit Sauveur & Fils, dont le manuscrit a été accepté, et qu’au dernier moment elle a demandé à son éditrice : « ça ne te gêne pas de rajouter ‘saison 1’ ? » parce qu’elle a su qu’elle retournerait explorer l’univers qu’elle venait de créer. Cette jeune autrice et Marie-Aude font-elles le même métier ? Celui-ci a-t-il évolué sans que Marie-Aude s’en aperçoive ? Après l’avoir écoutée, Marie-Aude me disait : « Je crois que je serais incapable de débuter aujourd’hui dans ces conditions. »

Et donc, le « mari de l’auteur » est peut-être un parasite…

En février 2013, Raphaëlle Rérolle, une journaliste du Monde qui faisait un papier sur les conjoints d’écrivain, m’avait interviewé dans un café parisien, sur dénonciation de Marie Desplechin, je crois. Je m’étais senti très flatté. Pourtant, le grand-quotidien-qui-n’est-plus-du-soir avait titré l’article me concernant : « Je suis peut-être une plante parasite », hypothèse que j’avais effectivement formulée à haute voix devant Mme Rérolle et autre manière de dire cette forme de dépendance contenue dans le « mari de ».

Si je considère mon existence au cours des 45 années écoulées, soit depuis notre mariage, je dois bien admettre qu’elle fut en grande partie une existence sinon parasitaire, au moins « relative ». Parce qu’au fond, Marie-Aude reste ce qui m’est arrivé de plus intéressant depuis 1973, et même depuis ma naissance (pardon à tou·te·s les autres !). Sophie Chérer me l’avait fait raconter dans le petit fascicule « Mon écrivain préféré » consacré par l’école des loisirs à ma chère et tendre. Mais cette relativité de l’un à l’autre, pour ne pas dire dépendance, n’est-elle pas à la base de toute relation de couple, écrivain ou pas ?

Avec dans notre cas l’asymétrie inhérente au fait qu’elle est devenue un personnage public, ce dont elle se défend (« je suis à la rigueur la ‘star des cours de récréation’, mais sûrement pas des plateaux télé ! ») et ce que je ne suis pas. Que pourrais-je donc ajouter à tout ce qui a été déjà écrit sur le sujet et au récit que Marie-Aude vient de faire de nos débuts amoureux dans En nous beaucoup d’hommes respirent(2018, L’Iconoclaste) ?

Premier lecteur

Redire qu’incontestablement, je suis son premier lecteur, même si nos trois enfants, qu’elle a élevés comme une véritable « mère au foyer » — rude concurrente pour l’écrivain — ont parfois servi de « testeurs » ou de « goûteurs », lorsqu’elle les a mis à contribution pour vérifier que telle ou telle expression se disait dans les cours de récréation, que tel jeu vidéo existait encore, etc.  J’ai le vif souvenir que notre fille dernière-née et moi avons lu chaque soir ce feuilleton palpitant devenu Miss Charity et que Marie-Aude guettait de la cuisine nos rires. Il lui est aussi arrivé pour ses romans d’emprunter des éléments de décor de ma vie réelle : ce fut le cas pour Le tueur à la cravate, situé en Charente-Maritime, dont le fleuve est associé depuis toujours au drame personnel et familial que fut la mort de mon grand frère, qui y fut repêché le 31 mars 1963.

Dans une première version d’En nous…, elle avait d’ailleurs repris in extenso un bout du texte que j’ai consacré à Christian, quand je me suis décidé à partir à sa recherche cinquante ans après, beaucoup trop tard. « Je ne vois pas comment je pourrais écrire les choses mieux que toi » s’était-elle justifiée. J’allais être lecteur de ma propre prose. Voyant ma moue, celle aussi de l’éditrice pour qui cette pièce rapportée, hors lignée Barrois-Murail, détonnait, elle a repris mon histoire avec ses mots à elle en l’abrégeant.

Je suis souvent aussi son premier « critique », produisant depuis lurette des recensions de ses livres sur divers supports : Amazon (où je suis « Athanase ») ou Fnac.com, mes blogs, depuis quelque temps Babelio.

Stefano Mortellaro, CC BY SA 2.0

Généralement, je n’en dis pas de mal, mais ce n’est pas par flagornerie conjugale ou népotisme : elle est vraiment « mon écrivain préféré », tout bêtement parce qu’elle me fait le même effet coup-de-foudroyant qu’à la plupart de ses lecteurices. Son frère Lorris lui a dit un jour : « Ta force, c’est que tu n’as jamais raté un livre », sur l’air de « Tout est bon chez elle, y a rien à jeter ♫ » Et pour moi, le manuscrit déjà lu n’épuise pas les séductions du livre publié, fini. Sachant en outre que Marie-Aude n’ambitionne pas d’être lue – trop fastoche —, mais d’être relue.

Ce que je fais volontiers. Ses livres s’oublient, comme les autres, mais leur force spécifique, qui tient à la recette de son écriture, est que les effets qu’ils ont produits une première fois sur le lecteur, rires et larmes pour faire court, se renouvellent miraculeusement à chaque nouvelle lecture. Sur ce « miracle », de savants exégètes, comme Bertrand Ferrier, Marie Lallouet, Alain Lanavère, son « prof » de Sorbonne, ou Jean Perrot, se sont déjà penchés.

Agent très spécial

En bref. C’est moi qui, depuis toujours, lis ses contrats, rédige ses factures de droits d’auteur liées à ses animations, déclare nos impôts, remplis les déclarations à l’Agessa, à l’Ircec, tiens à jour son site internet et sa page Wikipédia (qui reste un page collaborative) et désormais administre son groupe Facebook que j’ai ouvert. Elle ne souffre pas à proprement parler de « phobie administrative », marque déposée par un de nos éphémères secrétaires d’État. Elle s’est d’ailleurs coltinée des choses aussi ingrates pendant son passage comme vice-présidente de la Charte, mais elle est comme tout le monde : si elle peut s’en passer…

C’est une femme de Lettres, pas de chiffres. Et moi, je préfère, parce que je suis directement intéressé aux bénéfices, la voir écrire plutôt que remplir des formulaires que je devrai de toute façon compléter ou corriger. Elle se passe aussi très bien de Facebook, où elle me voit perdre beaucoup de temps, même si je l’ai quasiment forcée à créer un compte qu’elle n’ouvre jamais, sauf pour regarder de temps en temps des photos de ses petits-enfants.

Patrouilleur et gendarme du Net, je surveille ce qui se dit ou s’écrit sur elle. J’ai une Google Alerts sur son nom et je balaye Twitter avec Qwant. Je lui en rends compte, du moins quand il s’agit de choses agréables, ce qui est heureusement le cas la plupart du temps : je lui épargne les rares choses négatives, en jouant les filtres. Je la protège. Je veille quand même son e-réputation (et autre) et lui propose parfois les réactions que je juge appropriées. C’est par exemple ce qui s’est passé quand le Centre Hubertine Auclert a dénoncé les préjugés sexistes à l’œuvre dans les méthodes d’apprentissage de la lecture en CP et a épinglé injustement la méthode Bulle à laquelle Marie-Aude avait contribué. J’ai écrit tous les courriers rectificatifs et de protestation, en en discutant au préalable avec elle bien évidemment, même quand ça la gonflait (« Laisse tomber ! »). Et je me suis fendu d’un long billet sur mon blog, intitulé Sexe, mensonges et stéréotypes.

Bulle donne d’ailleurs lieu régulièrement à des interprétations délirantes, rançon de sa lente, mais irrésistible pénétration dans l’Éducation nationale, qui ne peut pas plaire à tout le monde, puisque c’est une méthode largement syllabique ET, surtout, fondée sur la littérature pour la jeunesse (LJ dans la suite de ce texte). C’est ainsi que sur FB, une certaine Maman végane s’est offusquée des mauvais traitements infligés au rat Riri en ces termes : « Quand un manuel scolaire banalise la violence envers les animaux... » (sic). Elle avait vu cette image dessinée par Frédéric Joos (le même qui illustre L’Espionne)…

… sans voir la précédente, où Tata Sara nourrit son rat Riri (redites cette phrase à voix haute), ni surtout connaître le texte lu aux enfants qui contextualise à l’oral ces séquences écrites consacrées au « a » et au « i » :

Aurait-il fallu préciser en bandeau : « Aucun animal n’a été maltraité dans cette méthode de lecture » (où il y a aussi une chasse au phoque) ?

Une autre lectrice qui avait lu un peu trop vite La maîtresse donne trop de devoirs a dénoncé récemment un trait de grossophobie dans le texte. Je l’ai signalé à Marie-Aude qui a pu s’expliquer avec la personne en question, laquelle semblait avoir du mal à faire la distinction entre ce que pense l’auteur et ce qu’il fait dire à ses personnages. Malheureusement, il est rare de pouvoir convaincre un quelconque chosephobique du bien-fondé de ce que vous avez écrit s’il s’est senti blessé. De toute façon, une blessure est un fait, indiscutable, fût-elle due à un malentendu. Il faut juste attendre qu’elle cicatrise.

Un de mes plus grands échecs, mais il faut dire que le site s’appelle têtue.net et que sa conceptrice l’est assez, a été de devoir renoncer à faire retirer Marie-Aude d’un catalogue de chauves connu·e·s que cette internaute avait tenu à constituer, sans demander leur avis aux intéressé·e·s, bien évidemment. Il y a des collectionneuses de toutes sortes, même à la rubrique alopécie. Je n’ai pas vérifié depuis si elle y avait collé M. Blanquer.

Secrétaire particulier

Techniquement, j’ai toujours veillé à l’évolution de ses outils et de son poste de travail. Les machines à écrire successives — la dernière à marguerite — le premier ordinateur — le PCW 512 d’Amstrad, pour ceux à qui ça dit quelque chose — et tous les PC suivants. Plus récemment, je l’ai aidée à passer à la saisie vocale de ses textes, qui soulage son dos (que je dois néanmoins masser de temps à autre, ce n’est pas le pire de ce que j’ai à faire). Marie-Aude écrit toujours à la main sur des grands blocs Rhodia à petits carreaux dont elle déchire les pages au fur et à mesure, pour les dicter désormais à son ordinateur.

J’assure aussi des sauvegardes régulières de ses work in progress, dont elle ne garde aucun brouillon : la seule exception a dû être le manuscrit d’Oh, boy ! que j’ai sauvé de la poubelle, je ne sais plus comment. Poubelle dont je retire parfois un feuillet chiffonné pour le scanner et rassurer via Facebook la communauté de ses lecteurices en annonçant : « oui, Marie-Aude écrit la saison 5 de Sauveur & fils ».

Paul O'Rear, CC BY SA 2.0

Mon activité de « porte-plume » — pour ne pas dire « nègre » — s’étend parfois à des réponses à des questionnaires d’ados stressés. « C’est pour lundi, madame » réclame le dimanche soir celui qui voudrait bien savoir ce qu’il y a dans le livre qu’il n’a évidemment pas l’intention de lire et de toute façon c’est trop tard parce que ça lui prendrait toute la nuit. Il y a aussi des demandes de bibliothécaires, de salons, etc. Je rédige souvent entièrement les réponses et les lui soumets avant envoi, si je vois qu’elle est trop absorbée par un roman en cours, par exemple (ou simplement absente). Dans d’autres cas, je me contente d’amorcer la pompe, je l’aide à fouiller dans sa FAQ et elle reprend un brouillon de message que j’ai esquissé. Mais je vais d’autant plus loin dans la rédaction que je me sens peu ou prou responsable d’une commande qui lui est échue et qu’elle me reproche de lui avoir fait accepter par mon insistance. « Si, si, c’est important, je t’assure »

Quand elle a découvert en 2005 le journal amoureux de Raoul Barrois son grand-père, ainsi que son journal de guerre qui suivait sur le même carnet, je l’ai, émerveillé moi-même, immédiatement décrypté et saisi sur son ordinateur. Ce fut sur ce premier texte que s’est cristallisée, le moment venu, la suite de l’inventaire et de l’aventure littéraire, qui a abouti au livre En nous beaucoup d’hommes respirent. À partir de 2013, je l’ai aidée à classer les documents, les photographies, les lettres, à les relire à certains moments, mais il est clair, encore une fois, que le courage d’écrire — Geneviève Brisac parlait récemment de foi – sans lequel aucun livre n’advient, ce fut elle, jusqu’au bout, comme toujours. Je me suis contenté de lui signaler tel ou tel passage susceptible de fâcher les vivants ou les morts. Et je suis intervenu dans la phase finale de fabrication du livre pour ordonner les illustrations qui truffaient son texte, pour scanner certains documents et faire le lien avec la cheffe de fabrication à L’Iconoclaste.

Mon engagement volontaire au service de la LJ

C’est vers la fin des années 90, je l’ai dit, quand nous avons quitté Paris pour Bordeaux, que Marie-Aude s’est engagée à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. Je ne faisais évidemment pas partie de l’association, mais René Escudié — je crois que c’était lui qui tenait le site — était fatigué et voulait passer la main. Comme il n’y avait personne au CA pour reprendre le flambeau, c’est bibi, le « mari de » qui a été porté volontaire désigné. Je me suis ainsi retrouvé à assurer les mises à jour pendant quelques mois puis années, entrant les nouveaux adhérents, mettant à jour leurs bibliographies, etc. Une sorte de crypto-collaborateur occasionnel de l’association. J’ai ainsi assisté avec Marie-Aude à quelques AG de La Charte.

Membre de certains groupes Facebook qu’elle ne fréquente pas comme Autour de la littérature jeunesse (près de 14 000 membres à ce jour) ou Tu sais que tu es bibliothécaire quand… (plus de 17 000 membres), je l’alerte aussi sur des événements qui concernent la sphère du livre, de la lecture publique et bien sûr de la LJ. Moyennant quoi, elle est toujours capable de manifester sa solidarité avec telle ou telle opération ponctuelle. Je viens ainsi d’accompagner son récent engagement dans la fondation de la Ligue des auteurs professionnels, où je sais que j’aurai à l’épauler.


ligue des auteurs professionnels - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Lorsque Milan a décidé en mars dernier, dans les conditions que l’on sait, d’interrompre l’exploitation d’On a chopé la puberté, nous en avons beaucoup discuté, j’ai mis Marie-Aude en contact avec Anne Guillard, la créatrice des Pipelettes et elle a pu lui apporter son soutien. Et je me suis fendu sur mon blog de deux billets informatifs et engagés dans une cause que je faisais mienne. Les mécanismes nouveaux qui avaient conduit Milan (apparemment sous l’autorité directe du PDG de Bayard) à suspendre l’exploitation du livre étaient proprement inquiétants pour tous les créateurs, nonobstant les critiques qui pouvaient être légitimement adressées aux autrices. Le SNE se tut et baissa la tête : l’obus était tombé dans le camp de l’édition jeunesse. Même pas mal. Le Monde publia un article mollasson sur le sujet, pas très favorable à la LJ, comme d’habitude. Je fis un projet de réponse pour Marie-Aude que le journal ignora.

Marie-Aude lit assez peu de LJ. Elle lit surtout des essais, la presse (nous sommes abonnés à deux quotidiens), découpant les articles qui l’intéressent pour se constituer des dossiers, un peu de littérature contemporaine, beaucoup de polars qui n’interfèrent pas avec ce qu’elle écrit à l’instar des DVD de toutes sortes qu’elle s’enfile à haute dose pour se laver la tête, et des « classiques », qu’elle lit ou relit. Dans En nous…, elle confesse d’ailleurs que « relire ne m’a jamais lassée car je suis douée, comme Jules Renard, ‘d’une heureuse mémoire qui me permet d’oublier instantanément n’importe quelle lecture’ ». Lire la LJ, je le fais donc en partie à sa place, la tenant au courant, par l’étroite fenêtre que j’ai ouverte sur ce domaine, en inaugurant sur la radio locale RCF Loiret, fin 2016, une chronique hebdomadaire de littérature pour la jeunesse, Litté’Jeune, doublée depuis l’an passé par un phonoblog homonyme Litté’Jeune.

Critique des critiques

À travers Marie-Aude, je me sens assez solidaire de l’ensemble des créateurs de la LJ. Il m’est d’ailleurs arrivé de « monter au créneau » sans rien lui dire pour défendre tel ou telle auteur·e qui me semblait injustement attaqué·e. Dans l’ensemble, les grands médias et la télé ignorent la littérature pour la jeunesse, la regardant de haut, sauf une fois par an, début décembre, au moment du Salon du livre et de la presse jeunesse qui se tient à Montreuil. Célébration consensuelle sans lendemain, programme minimum. Le Monde ne fait pas exception, pas plus que La Croix, excellent journal, mais qui ne doit sa survie économique qu’aux publications jeunesse du groupe Bayard auquel il est adossé.

Aussi avais-je été heureusement surpris lorsqu’à la rentrée 2015, Le Monde confia une tribune spécialisée, baptisée Jeunesse oblige, à un écrivain pour la jeunesse (entre autres qualités). Un connaisseur allait enfin parler régulièrement de LJ dans le supplément Livres du grand quotidien. Malheureusement, avec d’autres qui nous étions réjouis de cette initiative, nous dûmes vite déchanter. Car la jeunesse « obligeait » tellement cet écrivain qu’il est vite apparu que peu de livres trouveraient grâce à ses yeux et qu’il se livrait bien plutôt à un massacre hebdomadaire, triste et superflu.

Alerté par une autrice, dont une amie, taxée en outre d’être surproductive, avait vu son livre descendu en flammes sans raison suffisante, je rédigeai un premier billet de blog. Quand une autre tribune du même incendia à nouveau, de façon inutilement méprisante, le Bouche cousue de Marion Muller-Colard, je décidai d’acheter le livre et de le lire et je me fendis d’un nouveau billet pour rétablir l’injustice faite à l’autrice (au moins dans mon esprit et par ma petite plume). Qu’importe d’ailleurs, Jeunesse oblige disparut rapidement du Monde, pour ne plus réapparaître sous aucune autre forme.

J’avais plaidé à l’époque qu’il me semblait plus intéressant de dire ce qu’on aimait plutôt que ce qu’on détestait, ce qui d’ailleurs me semblait être la pratique générale dans Le Monde des Livres, où les éreintages en règle sont rares (sauf quand le succès indéniable, populaire ou autre, d’un·e auteur·e semble menacer la Grande Littérature). Ma plaidoirie fut discutée. Peut-on critiquer la littérature pour enfants ? interrogea l’Afreloce. Je pris part à la discussion. Non, la LJ n’était pas au-dessus de toute critique. Mais il y avait la manière. Dont acte. On en resta là.


Pierre-Michel Robert et Marie-Aude Murail (photo personnelle)

De toute façon, la pauvreté des grands médias dans le domaine de la LJ, à quelques individualités près, comme Michel Abescat à Télérama ou Olivia de Lamberterie à Télématin, est au point que les éditeurs jeunesse se reposent désormais davantage sur les blogs et les youtubeuses, d’un niveau pourtant assez inégal (c’est un euphémisme) que sur la presse, la radio ou la télévision, pour faire connaître et promouvoir les livres pour la jeunesse. Presse et télévision qui s’étonnent par ailleurs de perdre du terrain, notamment auprès des jeunes !

Une vigie demeure heureusement dans ce désert : La Revue des livres pour enfants, publiée par le Centre national de la littérature pour la jeunesse, hébergé par la BnF. La Rolls des revues.

Et maintenant…

Il n’est guère de ses tourments de créatrice que Marie-Aude ne m’ait partagé tout au long de sa carrière. Aujourd’hui, c’est la résistance de ses livres au temps qui la préoccupe. Elle sait que sa chance, en jeunesse, est d’être au pays des long-sellers et non des best-sellers. C’est une des convictions éditoriales fortes de Jean Delas, le cofondateur de l’école des loisirs. Les livres pour la jeunesse, notamment bien sûr les albums, ne sont pas des produits jetables.

C’est leur supériorité. Ils peuvent avoir au contraire des cycles de vie longs, d’enfants en parents et de parents en enfants. Marie-Aude est complètement raccord avec cette vision de la LJ. Raison de plus pour qu’à chaque réédition de ses livres, elle réalise, sur le modèle d’Hergé avec L’île noire et d’autres de ses albums, un travail soigneux de relecture et de réécriture de ses textes car elle sait non seulement qu’on ne peut plus parler du « match France-URSS », mais aussi qu’il n’est plus possible d’écrire certaines choses comme il y a vingt ou trente ans. Parce que le monde a changé et qu’elle aussi a changé.

Elle l’a fait en 2006 quand la série des Émilien a été rééditée. Plus récemment, le machisme de Nils Hazard ou de Tom Lorient qui l’amusait quand elle avait la quarantaine, l’a indisposée : elle l’a raboté. Sa féministe de fille y est sans doute pour quelque chose, bien plus que moi. Ces jours-ci – j’écris ces lignes à la mi-août — elle relit et « corrige » pour PKJ, qui va fêter ses 25 ans l’an prochain, Vive la République ! et surtout Golem, écrit lui-aussi il y a vingt ans avec sa sœur Elvire et son frère Lorris. Ma vie a changé, publié il y a 21 ans, vient d’être réédité après avoir subi lui aussi un léger lifting.

Que faut-il modifier pour que ses livres soient encore recevables aujourd’hui ? Par les jeunes et par les prescripteurs ? Les compétences des jeunes lecteurs ont-elles évolué ? Elle me soumet ses interrogations, je la pousse dans ses retranchements. L’humour, le second degré, jusqu’où ? Va-t-il falloir ajouter des smileys dans le texte (voir à la fin de ce papier), comme on ajoute des rires et des applaudissements enregistrés dans les sitcoms, ou peut-on continuer à faire confiance au lecteur ? Question banale : peut-on rire et faire rire de tout ?


Marie-Aude Murail - Pierre Robert, CC BY SA 3.0

Nous avons discuté au début de l’été des « sensitivity readers » auxquels éditeurs et même auteurs ont recours désormais aux États-Unis pour se prémunir avant même publication contre les réactions de minorités (nécessairement) opprimées et néanmoins très organisées autour de la défense de leurs intérêts et de leur image, face aux cultures (dites) dominantes. Autre risque pointé récemment : la « tyrannie des plaintifs » va-t-elle l’emporter ? Bien évidemment, ce sont surtout ses rencontres avec son public, dans les écoles et collèges, dans les bibliothèques et à l’étranger qui continuent à nourrir sa réflexion et ses inflexions.

L’autre soir, je lui ai lu (à voix haute !) L’assignation, le stimulant petit livre de Tania de Montaigne, sous-titré Les Noirs n’existent pas, qu’un ami venait de m’offrir pour mon anniversaire. Nouvelle occasion de repenser à Sauveur le Martiniquais, « Bounty » noir dehors et blanc dedans, de discuter de nos pulsions de Blancs racistes mal extirpées, du concept d’appropriation culturelle, de la légitimité des créateurs à aborder n’importe quel sujet comme celle des acteurs à jouer n’importe quel rôle, etc. légitimité parfois violemment remise en cause par des variations surprenantes du fondamentalisme, ce prurit qui semble s’être emparé des religions, mais plus étonnamment aussi du monde de la culture.

***

Lecteur, critique, agent, community manager, masseur, comptable, chauffeur, le mari tout-en-un de l’auteure, genre de couteau suisse, serait-il une panacée ? Il faudrait le demander à la principale intéressée. Le fait est qu’elle n’a pas encore décidé de s’en débarrasser.☺

Pierre-Michel Robert

7 Commentaires

 

delbos

19/09/2018 à 09:58

Bravo j'adore ! Derrière chaque grande femme il y a un grand homme. Vous partagez cette miraculeuse force de savoir successivement nous émouvoir et nous faire rire. Quel beau métier que celui de mari quand on a une femme comme Marie-Aude. Ceci dit je ne pense pas que vous soyiez légion à partager une si belle osmose. Quelle belle histoire que la vôtre.

Harmony

19/09/2018 à 12:37

Quelle déception.

J'ai commencé à lire ces confessions, toute émue, toute tourneboulée, en me disant, quel homme, quelle humilité, quel soutien, mais ne serait-ce pas cette perle rare sur laquelle aimerait se reposer tellement d'autrices ? (La partie sur le coup de main administratif est particulièrement poignante : quel rêve de déléguer ces tâches si compliquées, répétitives et pénibles. La preuve du Grand Amour.)

Et puis... ça glisse... Ça glisse en moi-je, moi-je, moi-je, d'une part, et ce "moi-je" se transforme peu à peu en chevalier défenseur face à la méchanceté du monde (bon, pourquoi pas, c'est vrai que ça ne fait jamais plaisir de lire des avis négatifs sur un travail de plusieurs mois, et toute personne humaine a besoin de se prémunir un peu contre ça, alors si quelqu'un peut aider...), et le chevalier défenseur se transforme peu à peu en chevalier pourfendeur de toute critique et de tout lecteur et lectrice qui font un pas de côté face à l'orthodoxie d'adulation béate due à l'écrivaine qui, entre temps, a été plus réduite à Mme l'épouse de son héroïque mari, sans cesse sauvée par son chevalier servant toujours prêt à monter à la barricade, que traitée comme une artiste à part entière avec ses qualités, ses défauts, et qui peut bien se débrouiller à peu près toute seule, merci.

Je trouve hallucinant comment Marie-Aude Murail et même la littérature jeunesse (ou même la littérature tout court) se retrouvent peu à peu évincées de ce billet pour se transformer en... attaque frontale contre les lecteurs et les lectrices qui ne sont pas sur la même longueur d'onde ?

Juste pour rappel : si les autrices et les auteurs n'écrivent pas pour les lecteurs et les lectrices, ils écrivent pour qui exactement ?

Autant les poncifs de "la Mort de l'Auteur" à la Roland Barthes me gonflent prodigieusement (oui, je demanderai toujours à la personne qui a écrit le sens de ce qu'elle a voulu écrire, plutôt que de considérer n'importe quelle interprétation fumeuse d'une ou d'un lecteur qui a l'air de se baser davantage sur ses propres obsessions que sur le texte en lui-même), autant ce réquisitoire sur la "sensibilité" du lectorat me semble également à la limite de l'odieux.

Et quels sont les lectorats "sensibles" ainsi visés ? Femmes, noir.es, défenseurs des animaux... En gros, que des personnes qui ont en tête - de manière plus ou moins digérée et articulée, je le conçois - des problématiques sociales quand elles lisent.
Manifestement, des adultes qui n'ont juste pas envie de deux choses :
- que leurs enfants ingèrent certaines idéologies néfastes pour les autres,
- que les enfants des autres n'ingèrent pas certaines idéologies néfastes pour le bien de leurs propres enfants.
Ça semble être un si grand crime, de se poser sérieusement des questions de représentation sociale, politique et éthique quand il s'agit d'écrire... pour former les esprits des générations futures ?
Les bras m'en tombent.

Au nom de la "liberté de création", on nous vend une liberté de ne pas penser, une liberté de ne pas penser aux autres, une liberté de ne pas penser aux conséquences... et une liberté de mépriser les gens qui achètent en confiance les livres qu'on a écrit avec cette liberté, qui nous font vivre, mais qui se retrouvent déçus de leur contenu et qui ont l'outrecuidance de le faire savoir et d'expliquer pourquoi.

C'est très infantile comme démarche.

Mais enfin, certes, c'est aussi très franco-français, de considérer la littérature comme une zone de non-droit où l'auteur a toute latitude de recycler les pires poncifs de notre culture au nom de la "liberté de création" (ce à quoi j'ai envie de demander : en quoi est-ce que c'est créatif, si c'est si facile à identifier comme un poncif ?) et du "droit à l'humour" (sans se demander si cela relève vraiment du comique, et pourquoi, si beaucoup de gens dans le public ne trouvent pas ça drôle et sont même mis mal à l'aise), et les lecteurs et lectrices sont dans un rôle passif à gober tout ce qu'on leur donne, à rire quand on leur dit de rire, sans avoir le droit de ne rien dire (à part si on s'appelle Roland Barthes, bien sûr, et qu'on a l'intelligentsia universitaire française derrière soi pour asseoir sa légitimité à écrire n'importe quoi sur les textes de n'importe qui).

Bref, j'ai commencé cette lecture le baume au cœur, je l'ai finie avec la nausée.
Un des tournants a été cette manière totalement gratuite d'utiliser le joli mot à la fois transparent et neutre de "porte-plume" entre guillemets, de manière à s'en distancier, tout ça pour s'empresser de lâcher derrière, dans une incise protectrice, le mot "nègre".
En rhétorique, ça s'appelle une prétérition : je dis que je ne dis pas exactement ce que je dis.
Pourquoi était-ce si important pour cet écrivant, comme il aime s'appeler, d'utiliser le mot "nègre" ? quand il montre par ailleurs qu'il connaît très bien aussi le mot de "porte-plume", et qu'il sous-entend qu'il est tout à fait au fait des débats sous-jacents à l'emploi concurrent de ces deux mots qui partagent le même sens, mais avec des connotations tout à fait différentes ?

C'est bien beau de se poser en victimes d'un lectorat hypersensible et non seulement de n'être pas capable de remettre en cause ses propres pratiques langagières (pour quelqu'un qui se pique d'aimer la littérature et d'être l'époux d'une grande écrivaine, un comble !), mais d'en plus prendre un malin plaisir à chier sur celles et ceux qui sont capables d'avoir des débats responsables et constructifs à ce sujet... et ce dans un billet qui, à la base, n'avait rien à voir avec ce débat-là.

Cette tribune est navrante.

Et pour quelqu'un qui se pique de passer beaucoup de temps à policer l'e-réputation de son épouse... bon sang, sachez que vous venez de me donner une vision proprement calamiteuse de votre conjointe et de son travail.

Mais bon, elle a une chance : je ne juge pas les autrices à l'aune des propos hallucinants et bas-du-front de leur mari, heureusement pour elles.

J'espère que la Ligue des auteurs professionnels ne va pas être de cet acabit, parce que sinon, franchement, on n'a pas le cul sorti des ronces.

Grin

19/09/2018 à 15:14

Je suis abasourdie de voir des personnes de lettres aux sensibilités féministes et militantes donner de la visibilité à cette tribune sur les réseaux sociaux. Je me questionne : l’on-elles vraiment lue ?

Ont-elles lu ces remarques insidieuses sur la « tyrannie des plaintifs », cette moquerie à peine voilée envers les « chosephobiques » et, enfin, cette condescendance absolue envers les « minorités (nécessairement) opprimées » mais qui sont « très organisées autour de la défense de leurs intérêts et de leur image ».
Et, cerise sur le gâteau, « les cultures (dites) dominantes ». À mon sens, il faut avoir une sacré dose de mauvaise foi pour nier, à l'aide de parenthèses, qu’une culture dominante existe, dans ce pays comme dans bien d’autres.

Pardonnez les femmes d’aspirer à vivre dans une société où on ne les assigne plus à des rôles. De plus subir des attouchements, mais à toucher des salaires égaux à ceux de leurs collègues masculins. Et de militer pour ça, c’est à dire de faire attention à ce que leurs enfants lisent.
Pardonnez les gens gay, bi, trans de souhaiter vivre dans un monde où leur sexualité ne leur vaudra plus d’être torturé.e.s et tué.e.s dans des camps. Et de militer pour ça, c’est à dire de faire attention à ce que leurs enfants lisent.
Pardonnez les gens discriminés sur la base de leur ethnie de vouloir trouver un logement et du travail dans un pays qui, comme c’est si bien dit dans la tribune, n’est pas débarrassé de toutes ses pulsions racistes. Et de militer pour ça, c’est à dire de faire attention à ce que leurs enfants lisent.

Il ne s’agit pas là « d’intérêt » et « d’image ». La défense des droits humains et la remise en cause de stéréotypes discriminants dans nos sociétés n’a strictement rien à voir avec du « fondamentalisme culturel ».

J’ai commencé cette tribune en me réjouissant de lire des anecdotes édifiantes et drôles sur une des plus grandes écrivain de la littérature jeunesse actuelle.
J’ai eu en fait accès aux mémoires et aux opinions réac d’un baby-boomer blanc hétéro et cissexuel qui n’a visiblement jamais connu l’oppression.

Mon malaise est immense.

Tychus

21/09/2018 à 09:58

Chers collègues auteur.e.s féministes, avez partagé cette tribune sans la lire jusqu'au bout.

Bien cordialement, un membre d'une « minorité (nécessairement) opprimée » qui voit ses droits remis en question au quotidien, et ses luttes balayées d'un revers de la main par un monsieur qui a bien de la chance de ne pas vivre la même chose.

Pierre-Michel Robert

24/09/2018 à 11:20

Statue du mari : le making of.

Quand j’ai parlé au printemps de cette proposition de la Charte, que je me tire moi-même le portrait en « mari de l’auteure », Marie-Aude m’a regardé d’un air dubitatif genre « tu crois vraiment ? ». Quand je lui ai fait lire la première version de mon texte, à laquelle vous avez échappé, elle m’a fait deux trois remarques de détail et puis celle-ci, plus globale : « au total, tu ne crois pas que tu me fais passer pour une demeurée ? ». J’ai retravaillé pour tenter d’effacer cette fâcheuse impression. Deux, trois ou quatre versions, je ne sais plus. Après tout, Marie-Aude s’est targuée elle-même naguère d’être « demeurée en enfance. » Et puis elle ne risquait pas grand-chose dans l’opération, à part qu’on la prenne en pitié d’avoir un mari pareil. Ce qui est fait grâce à « Harmony », « Grin » et « Tychus ».

Je me doutais qu’en sortant de mon placard, comme j’avais déjà accepté de le faire avec Le Monde mais cette fois en m’autobiographiant, j’allais sombrer dans cette exposition haïssable du moi, tellement à la mode, et que cette haine me déteindrait dessus. Moi-je, moi-je, moi-je, que me reproche « Harmony ». Au fond, elle a raison : c’est toujours soit pathétique, soit grotesque de s’exposer ainsi. Ou les deux. Mais je me suis dit : il faut être de son temps. Et puis : toi l’intrépide baby-boomer Blanc hétéro cissexuel – je cite « Grin » dans le texte - tu ne vas pas te dégonfler, espèce de vieux réac.

Donc voilà comment je me retrouve à susciter des troubles vagaux, « nausée », « malaise », anonymes certes, mais que je ne peux récuser : c’est écrit en toutes lettres. Je le regrette sincèrement, d’autant que je sens bien que ces troubles proviennent plus de l’écart perçu entre le mari et l’auteure que de ma seule outrecuidance. Ce qui me rassure en même temps. L’image de Marie-Aude est restée intacte. Trois personnes, je vais employer ce terme épicène (merci à la dame aux chapeaux), dressent un réquisitoire contre moi, déboulonnant déjà la statue de « chevalier servant » que je venais de m’édifier à grand peine.


« Mais commençons par le commencement, comme disait le bourreau à Marie-Antoinette en lui coupant les cheveux. » (je cite Malo de Lange, un livre où l’on n’a pas peur des mots)

« Harmony », d’abord, me voit en adulateur de madame et pourfendeur de toute critique à elle adressée. Si elle reprend ce que j’ai dit, elle verra que je ne suis pas si pourfendeur que ça. J’ai évoqué les analyses sommaires du Centre Hubertine-Auclert sur la méthode de lecture Bulle (je ne remets évidemment pas en cause les missions de ce centre, consacré à la cause féministe). Marie-Aude s’en était émue d’abord elle-même, alertée par Bordas, parce qu’elle n’était pas seule dans le navire (cinq années de travail avec une institutrice et une conseillère pédagogique) et parce que ça l’avait blessée de constater qu’une interprétation sommaire de quelques images avait pu faire étiqueter la méthode comme globalement « sexiste » au JT de 13 h sur France 2, ce qui était faux et à la limite diffamatoire.

Et j’ai parlé de la pétition lancée récemment par une maman convaincue que la méthode encourageait la maltraitance animale et le harcèlement à l’école toujours sur la foi de quelques images tirées de leur contexte et de ce fait mal décodées (ce qui nous a étrangement rappelé, dans le procédé, l’affaire des Pipelettes au printemps dernier).

Dans les deux cas, et dans celui de l’accusation de grossophobie aussi, Marie-Aude s’est défendue toute seule, mais je l’ai soutenue, parce que ces choses-là tendent à l’accabler (ou alors c’est « laisse béton »). Mardi dernier, c’est évidemment elle qui a répondu en urgence au journaliste de 20 Minutes qui voulait l’interroger, pour sa rubrique FAKE OFF sur l’affaire de la pétition contre la méthode Bulle. Mais je suis venu en renfort sur les pages ou sites où il en était question pour donner les explications nécessaires et allumer des contrefeux. A quel point la pétition est mal foutue : le nom de Marie-Aude n’apparaît même pas dans les auteurs désignés à la vindicte populaire (et celui de l’institutrice deux fois). Ces gens-là ne savent pas de quoi ils parlent. Et, pour se rendre intéressants - comme moi qui parle de moi - ils lancent une pétition et la font signer à des gens qui en savent encore moins, au lieu d’aller en discuter avant avec l’enseignant•e de leur enfant pour se renseigner un peu. Ils sont aussi, semble-t-il, imperméables à toute discussion rationnelle, au moins sur le réseaux. En parlant de tyrannie des « plaintifs », je suis donc resté poli.

Donc oui, en moyenne, Marie-Aude « peut bien se débrouiller à peu près toute seule », je regrette d’avoir donné une autre impression. Mais comme elle reste à une prudente distance de toute l’écume d’internet et des réseaux, c’est moi qui traite, avec ou sans elle, ce que je peux en traiter. Ce qui me paraissait intéressant dans cette commande de la Charte, c’était justement de dessiner pour les lecteurs une sorte de division du travail entre nous deux. Division que je ne voulais nullement donner en exemple car elle résulte du mythe fondateur de notre couple ou de sa névrose, qui ne sont sûrement pas - et heureusement pas - exportables. Ceci précisé pour l’autrice enthousiaste qui souhaitait me faire cloner après avoir lu ma tribune. C’est Montherlant je crois qui disait « on passe la première partie de sa vie à écrire son œuvre, et la seconde à l’administrer ». Disons que j’essaie de faire en sorte que Marie-Aude reste aussi longtemps que possible, et tant que je vivrai, dans la première partie de sa vie.

« Pour ce qui est de se poser sérieusement des questions de représentation sociale, politique et éthique quand il s'agit d'écrire pour former les esprits des générations futures » je peux témoigner, et d’autres le pourraient avec moi si ma seule proximité avec elle disqualifie ma parole, que Marie-Aude se les est toujours posées. Et qu’elle a toujours en tête le fait qu’écrire pour la jeunesse lui donne des responsabilités particulières. Raison pour laquelle je ne crois pas qu’elle fasse de la liberté de création un absolu. Ni moi non plus. Elle s’en est expliquée assez souvent. Le droit à la critique est inaliénable. Comme le droit à critiquer la « manière » du critique.

Je n’ai pas fait non plus de réquisitoire contre la « sensibilité » du lectorat. J’espère bien qu’il est sensible. Et la lecture est là pour solliciter, provoquer, éduquer cette sensibilité, particulièrement dans le jeune âge. Mais partant d’un article du NYT de décembre 2017, lisible encore sur internet ('In an Era of Online Outrage, Do Sensitivity Readers Result in Better Books, or Censorship ?'), nous avions été impressionnés, Marie-Aude et moi, de voir à quel point l’espace de la création littéraire s’était judiciarisé aux Etats-Unis. Les Américains ont les avocats pour et la procédure de class action permet à n’importe quel groupe mécontent d’un livre de l’attaquer pour un coût modique. Ça arrive chez nous. A la Grande Librairie du 5 septembre, Joann Sfar s’en inquiétait d’ailleurs pour la France, tout en admettant que n’importe quel lecteur avait parfaitement le droit de faire un procès à un•e auteur•e et à son éditeur s’il se sentait blessé par lui.

Quand même - je ne pourrais pas dire mieux que ce correspondant qui m’adresse aujourd’hui un message que je copie/colle - « je suis un peu effaré moi aussi de voir ce monde s'éparpiller en sous-groupes où chacun croit devoir se définir en fonction d'une ou de diverses appartenances. Homme, femme, juif, musulman, chrétien, hétéro, gay, bi, gros, maigre, chauve, roux, vieux, jeune… auteur jeunesse ». Fin de citation.

Je ne vais pas récuser pour autant le fait que tel ou tel groupe ou minorité se sentant opprimé veuille mettre fin à cette oppression. « Grin » a raison : je n’ai pas connu (à ce jour), l’oppression (en dehors de la pression de masculinité :P). Mais on a tous un parcours jalonné d’échecs, de deuils, de souffrance, plus on avance en âge, dont personne ne peut être juge. Ce qui rend tout de même de plus en plus apte, sauf endurcissement du cœur, à reconnaître les symptômes de toutes sortes d’oppression dans le monde d’aujourd’hui, comme par exemple les effets multiples de la domination masculine sur la vie des femmes (qui ne constituent pas pour autant un groupe minoritaire).

J’en viens au « nègre ». Je reconnais mon erreur. J’ai écrit « pour ne pas dire ‘nègre’ » au lieu de « pour ne plus dire ‘nègre’ ». Ce manque de nuance me fait tomber dans la trappe à racistes. D’ailleurs non, puisque le mot « race » vient d’être rayé d’un trait de plume, lui aussi. Aurais-je dû écrire « pour ne pas dire ‘ghost writer’ » ? Je me serais alors targué d’une qualité d’écrivain que je n’ai pas et je n’aime pas les anglicismes. Mais je sais aussi aujourd’hui qu’il faut expliquer les mots, sinon certain•e•s fondamentalistes m’auraient vu avec un manche dans le c.. et une plume au bout. Donc j’ai dit « nègre », pas par « prétérition », mais pour qu’on comprenne mon « porte-plume », car ce mot « nègre » demeure un terme technique dans le monde littéraire, encore très usité à l’oral, sans plus penser à ce qu’il connote, si ce n’est le côté caché de celui qui met son clavier au service d’un•e autre, de façon la plupart du temps volontaire et rémunérée, sans que l’idée n’effleure une minute qui que ce soit qu’il est un esclave sorti de la case de l’oncle Tom. Quand bien même : ce n’est pas en supprimant le mot « nègre » qu’on va supprimer le racisme. Va-t-on rayer le mot « nègre » de tous les livres écrits à ce jour ? De toutes les chansons ? N’est-on plus capable de le lire, de le regarder en face, dans toutes ses dimensions ethniques, sociologiques, historiques ? Ne serait-ce que pour les enfants d’aujourd’hui et leur sens de l’Histoire, ne faut-il pas encore pouvoir le lire, le dire et l’écrire ?

J’en viens à « Grin ». Rien de ce que j’ai écrit ne remet en cause l’existence de dominations et d’oppressions dans nos sociétés et de la nécessité d’agir pour les renverser ou les résorber. Je reconnais que mes parenthèses (« nécessairement » et « dites ») étaient inutilement provocatrices. Je les ai enlevées sur mon blog. Je crois que ma provocation, autant que l’apparition aux Etats-Unis des « sensitivity readers », visait ce pseudo-militantisme du clic et cette espèce de police culturelle qui tend à s’instaurer chez nous avec le support des puissants mécanismes de mobilisation des réseaux et d’Internet, police qui, au final, substitue une censure à une domination, sans renverser celle-ci. A moins qu’on ne veuille par cette police terroriser a priori les auteur•e•s ? La récente affaire autour du livre On a chopé la puberté a été un bon exemple. Et ce mot VICTOIRE affiché sur change.org parce qu’un éditeur avait baissé pavillon... J’attends le jour où Houellebecq se fera interdire ainsi. Cette police culturelle, c’est la police qui traque la lettre « V » dans les livres et même dans les conversations, dans le conte de Marie-Aude, 22 ! Voulons-nous vraiment l’instaurer ? Décerner aux livres des labels « garantie sans sexisme » ou « racism free » ? Les auteur•e•s pour la jeunesse, pour ce que j’en connais, je ne crois pas. Ils connaissent leurs responsabilités spécifiques. Pour le lecteur « jeunesse » que je suis, c’est sûr que non. Restent les prescripteurs pour la jeunesse, qui n’ont pas toujours le temps de tout lire. Il faudrait leur poser la question.

La discussion n’est évidemment pas close. Mais je voulais répondre par respect pour mes critiques. Quant à ma "statue" temporaire, Brel a chanté des choses définitives sur le sujet, dans la chanson éponyme (désolé pour cette référence de baby-boomer).

mamido

12/11/2018 à 17:20

Merci Monsieur pour votre blog. Je viens de terminer la lecture de "En nous …." et j'ai aimé, parce que je serais incapable de me livrer ainsi par peur des réactions de mon entourage proche. Mais là n'est pas le sujet.

Je trouve plutôt bien que vous fassiez ce blog pour, justement, ne pas rester cantonné au titre de "prince qu'on sort" (j'adore).Vous avez laissé à votre épouse toute latitude pour écrire et vous l'avez aidée. Tous les hommes n'en sont pas capables ou ne le veulent pas.

anouk

15/11/2019 à 09:49

:lol: :red:g adoré cet interwiev

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FIBD d'Angoulême : “[N]ous avons plutôt le sentiment d’être exemplaires”

Un an après le dévoilement du Rapport Racine, destiné à améliorer la condition des artistes-auteurs, le collectif Artistes Auteurs en Action (AAA) levait le poing et appelait à un boycott du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD). L'organisation pointait le manque d'engagement politique et d'effets, après ce rapport, mais critiquait aussi la posture du FIBD. Franck Bondoux, délégué général de la manifestation, leur répond dans un texte, reproduit ici dans son intégralité.

26/01/2021, 09:28

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Secret défense : une classification d'archives sans limite de temps ?

Depuis un an, l’association des archivistes français se bat pour faire la lumière sur les archives classées Secret défense. En cause, l’avenir des documents, pour lesquels l’AAF demande une déclassification. L’association vient d’entamer une nouvelle procédure, en déposant un recours au Conseil d’État « contre la nouvelle version de l’IGI 1300 et pour l’accès aux archives selon les termes de la loi ». Leur tribune est diffusée en intégralité ci-dessous.

20/01/2021, 11:51

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Droit de réponse d'Emmanuel Pierrat : “J'ai choisi de ne pas briguer un second mandat" au PEN

Suite à la publication d'un article, le 14 janvier dernier, consacré aux accusations du PEN Club français portées à l'encontre de Me Emmanuel Pierrat, ancien président de l'organisation de défense de la liberté d'expression des auteurs, ce dernier a fait parvenir à ActuaLitté un droit de réponse. Il est publié ci-dessous en intégralité.

19/01/2021, 09:37

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Prix des livres : avertissement sans frais des libraires belges aux groupes français

Au 1er janvier 2021, le prix unique du livre arrivait enfin en Belgique. Des années de combats, avant d'obtenir un texte de loi, et un échelonnement au terme duquel la tabelle allait disparaître. Finie, donc, cette excroissance économique, qui conduisait un livre vendu à Bruxelles à se retrouver plus cher qu'à Lille. Pourtant, quelques problèmes tarifaires demeurent...

14/01/2021, 16:57

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Culture : “La logique et la cohérence des décisions nous échappent”

Ouvertes au public depuis le 28 novembre, au même titre que les librairies, les bibliothèques et médiathèques font partie des équipements culturels qui ont échappé à la prolongation de la fermeture sanitaire jusqu'au 7 janvier prochain, au moins. Une exception que questionne l'Association des Bibliothécaires de France (ABF), dans un texte publié ici dans son intégralité.

17/12/2020, 11:39

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Les artistes-auteurs appellent le gouvernement à l'aide

Dans cette crise sans précédent du secteur de la culture, la quasi-totalité des organisations d’auteurs, toutes disciplines confondues, s’unit pour parler d’une même voix sur les questions essentielles qui les rassemblent. « La culture pèse plus lourd dans notre PIB que l’industrie automobile. C’est l’un des moteurs de l’économie française et il repose en premier lieu sur le travail des créateurs », rappellent ainsi 36 organismes, dans un appel global.

15/12/2020, 15:34

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Auteurs : pour en finir avec les outils de facturation sans existence légale

Les artistes seraient-ils·elles au-dessus des lois ? Formeraient-ils·elles une catégorie de citoyens et citoyennes à part, trop créatifs et créatives pour s’accommoder des règles ou s’acquitter de leurs tâches administratives ? C’est ce que semble vouloir démontrer une tribune signée par le président de la Société des gens de lettres, et publiée ce mercredi dans les colonnes de Livre Hebdo. La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse réagit vivement à cette publication. 

14/12/2020, 10:13

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“Le CSPLA a-t-il oublié que le droit d’auteur est avant tout le droit des auteurs ?”

Auteur-illustrateur œuvrant en littérature jeunesse, Henri Fellner se présente volontiers comme n’étant « pas le plus énervé des énervés ». Au contraire même. Pourtant, à la découverte des organismes chargés de représenter les professionnels au sein du CSPLA, un doute l’a envahi. 

Comme un sentiment de fermeture du système, et d’asphyxie, alors que ce Conseil est supposé éclairer les décisions et orientations du ministère de la Culture, et de sa locataire, Roselyne Bachelot. Alors, il a décidé d’écrire une lettre, qu’il a également confiée à ActuaLitté.

 

10/12/2020, 10:46

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“Ouverture immédiate, non négociable et radicale des lieux de culture”

Dans l’urgence et suite à la décision gouvernementale d’ouvrir les lieux de culte avant ceux de culture, dans un contexte de répressions policières et de régression des libertés publiques et sociales, la Cave Poésie, haut lieu du théâtre vivant fondé par René Gouzenne, a décidé de demander l’ouverture immédiate, non négociable et radicale des lieux de culture. 

30/11/2020, 14:30

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Des festivals de BD menacés, en 2021, par Livre Paris et le FIBD

L'année 2021 sera encore marquée, pour les événements publics, par la crise du coronavirus et les mesures sanitaires. Deux festivals importants, Livre Paris et le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, se sont adaptés en déplaçant leurs événements en juin 2021. Mais ils menacent d'autres festivals, notamment Lyon BD et les Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens. Les directeurs de ces événements, Mathieu Diez et Pascal Mériaux, signent une tribune adressée aux pouvoirs publics.

27/11/2020, 10:39

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Le fonds de formation continue des auteurs en état de “paralysie financière”

Plusieurs organisations représentant les auteurs s'alarment de l'état préoccupant du fonds destiné à financer la formation continue des auteurs. Depuis la mi-novembre, ce fonds, géré par l'AFDAS, ne serait plus en capacité de financer des formations, à une période où les auteurs sont pourtant amenés à acquérir de nouvelles compétences pour assurer l'avenir de la création. Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du message des organisations.

26/11/2020, 16:18

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Carl Norac : “ L’exception culturelle française est morte”

Une lettre ouverte sur les librairies fermées en France. Et une triste annonce de décès : l’exception culturelle française est morte. 

Pendant vingt ans en France, j’ai vécu souvent grâce aux Salons du livre, deux en moyenne par mois, bonheur non confiné qui me manque du contact avec lecteurs, adolescents, enfants, enseignants, bibliothécaires et libraires. 

16/11/2020, 14:35

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Bye bye Amazon : “Il en va de la responsabilité de chaque éditeur”

Zones sensibles est une maison d’édition belge de taille modeste, qui publie des ouvrages de sciences humaines. Elle a décidé de ne plus vendre ses ouvrages chez Amazon à partir de novembre 2020, et s’en explique dans cette tribune qui détaille par ailleurs quelques chiffres clefs sur l’économie du livre et sur l’importance des librairies indépendantes qui soutiennent la maison d’édition.

10/11/2020, 14:45

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Le livre et La Poste : 12 années de lutte pour des frais postaux décents

« Tarif postal pour le livre. Les petits éditeurs : premiers concernés, encore oubliés. » Le constat semble évident, alors que les libraires mêmes doutent désormais du bien-fondé de la mesure. Initiée par Roselyne Bachelot pour favoriser la vente à distance, la réduction des frais postaux n’intervient que sous la forme d'un remboursement — dont on ignore combien de temps il prendra. 

09/11/2020, 10:23

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“Eux qui n’avaient que les livres pour scier les barreaux de leurs cellules”

Alexandre Galien est auteur de polars. Comme d’autres, il ne comprend pas la fermeture imposée des librairies à l’occasion de ce nouveau confinement bien étrange. Il a opté pour une forme de non fiction, dans une lettre adressée à Emmanuel Macron. Peut-être parce que l’injonction « Lisez » s’applique à tous…

04/11/2020, 09:21

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“Abracadabra Librairies !”, lettre d'un poète à Emmanuel Macron

Un nouveau round dans la lutte anti-Covid est enclenché, avec le retour de chacun dans ses pénates. Ou une assignation à résidence plus ou moins totale, suivant les corps de métiers — ou la présence d’enfants scolarisés au sein de la cellule familiale. Dans un texte adressé au président de la République, un poète tente d’y voir plus clair. 

03/11/2020, 15:51

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Soutien aux libraires : “Nous, éditeurs indépendants, arrêtons la vente directe”

Depuis l'entrée dans le deuxième confinement, l'inquiétude est grande pour les librairies, en particulier les librairies indépendantes. Se contenter du système clique et collecte, accueillir le public dans les locaux ou reporter ses commandes à plus tard, les solutions ne sont pas vraiment satisfaisantes. Martin de Halleux, fondateur des éditions Martin de Halleux, appelle les éditeurs indépendants à manifester leur soutien aux libraires en s'engageant concrètement, dans un texte que nous publions ci-dessous.

03/11/2020, 14:41

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A l'heure du confinement-2, 7 mesures d'urgence pour les artistes-auteurs

Confinement ou non, les artistes auteurs ne cèdent rien sur le terrain administratif. Les errances sur les questions de sécurité sociale, les obstacles nombreux et le manque de réponses fatiguent… mais ne découragent pas.

02/11/2020, 12:46

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Monsieur le Président, je suis libraire et je m'en vais déserter : Lettre à Emmanuel Macron

Florence Kammermann a ouvert sa librairie à Cannes voilà quelques années. Comme ses consœurs et confrères, elle a pris connaissance des mesures sanitaires de ce Confinement-2. Et de la fermeture contrainte et forcée qui s’annonce. Dans un courrier au président de la République, elle explique comment et pourquoi, elle s’apprête à déserter…

02/11/2020, 09:03

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

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#AdopteUnLibraire : “Il n’y a pas d’écrivain sans librairie”

Les librairies ont été hissées au rang de commerces essentiels dans le décret n° 2021-217. Ou plus précisément « les commerces de détail de livres ». Contraint et forcé, comme tant d'autres, non plus d'imaginer, mais de vivre dans un pays aux librairies fermées, le romancier Gilles Marchand, auteur entre autres d’un Funambule sur le sable, adresse à ActuaLitté un texte passionné. 

03/03/2021, 11:10

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France : Amazon assigné en justice pour concurrence déloyale

EXCLUSIF – Le confinement a révélé, à son insu, quelques secrets de fabrication et autres télescopages douteux chez Amazon France. Un différend juridique entre une éditrice et son prestataire a mis en lumière de manière flagrante les arrangements de la firme, aboutissant à une distorsion de concurrence. Tout à la fois revendeur et fournisseur de services, elle aura rendez-vous avec la justice française pour en répondre.

02/03/2021, 15:10

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Québec : dix ans après, revient l'idée d'un prix unique du livre

La sortie de la députée Ruba Ghazal (Québec solidaire) a pris de court bien des observateurs et acteurs de l’industrie québécoise du livre. Pour autant, sa demande, « est pleinement pertinente », assure Katherine Fafard, directrice générale de l’Association des Libraires du Québec. Et pour cause, un prix réglementé sur la vente de livres intéresse. Et le Québec, de par sa position au sein du Canada, aurait toutes les armes pour se lancer dans la procédure législative.

02/03/2021, 09:12

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Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier.

01/03/2021, 09:10

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Vivants à l'unisson : à la défense du spectacle et des artistes

Ne pas laisser mourir les artistes et le spectacle : voici en quelques mots le sens du texte écrit et diffusé par le chanteur Cali, la thérapeute Anne-Laure Buffet et le poète Éric Poindron. Plus qu’un mouvement d’humeur, un appel à l’aide, parti à la défense (et illustration ?) du spectacle vivant. Un manifeste que ActuaLitté diffuse dans son intégralité.

28/02/2021, 10:35

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Le Pass Culture et la lecture : et si ça fonctionnait ?

Toujours en phase d'expérimentation, le Pass Culture doit prochainement révéler les conditions de sa généralisation à tous les jeunes Français et Françaises de 18 ans, doté de 300 € et non 500 € comme prévu. Dans les librairies, les niveaux des réservations sont généralement très bons, malgré certaines réserves sur les effets concrets du Pass dans la promotion de la lecture.

26/02/2021, 13:00

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Portrait des bibliothèques en ”sociétés d'émulation“, ou laboratoires d'idées

Les bibliothèques auraient l'environnement nécessaire pour devenir des think tank modernes – quoique le terme soit désormais connoté. L'auteur Jean Behue le suggère : il présente une invitation à réinventer les bibliothèques en sociétés d'émulation, ces cercles d'amateurs et de passionnés qui ont fleuri dès le XVIIIe siècle, et se sont prolongés par la suite dans un bel élan de libération individuelle et collective. Un billet à savourer.

22/02/2021, 09:36

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Éditeur indépendant : passion ou profession ?

« En avril 2021, cela fera 10 ans que je fais officiellement des livres, au sein de ma petite maison d’édition indépendante de livres d’art : les Éditions Hartpon. Si cette date anniversaire est une bonne occasion de constater que la “passion“ reste intacte, je me dis qu’elle pourrait l’être également pour faire un premier bilan de ma manière de considérer cette “profession“, aujourd’hui. » Par Caroline Perreau, fondatrice des Éditions Hartpon.

18/02/2021, 12:56

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L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

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Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

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Les avanies des auteurs face à l'URSSAF : “C'est de mal en pis”

« L'impéritie informatique et téléphonique de l'Urssaf vis-à-vis des auteurs se perpétue. Matinées perdues à tenter de parler à un humain, site informatique nase, lettre comminatoire vous enjoignant de faire une déclaration en ligne sous peine de lourdes amendes, journées en vain perdues à tenter de le faire... » Dominique Sels est autrice, et comme d’autres, en proie aux affres de l’URSSAF. Dans un billet, elle évoque les difficultés rencontrées « avec ces bandits de grand chemin ».

16/02/2021, 09:22

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Ankama, c’est aussi de la bande dessinée

RENCONTRE – Ankama Éditions fête ses quinze ans cette année. Occasion de revenir sur une initiative éditoriale née un peu par hasard. Ankama, c’est avant tout des jeux vidéo en ligne, mais aussi des livres. Si la société roubaisienne est toujours associée à Dofus, elle s’est aussi fait une place dans le monde de l’édition, et plus particulièrement de la bande dessinée, en une quinzaine d’années. 

09/02/2021, 13:06

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Pour avoir préféré la croyance à la pensée, et pour le reste : “Ni oubli ni pardon”

Depuis des mois maintenant, le monde de la culture et de la création ne cesse de hurler  à la mort. La sienne. Mille fois, du plus humble au plus célèbre, les créateurs, auteurs ou interprètes, dans une unanimité inédite, ont répété partout que fermer durablement les lieux de spectacles, de monstration, de vente, était un désastre. Désastre culturel, désastre économique, désastre personnel, désastre social, désastre psychologique, désastre à tous les étages. Par Yves Frémion, écrivain animateur de PEPS-Culture.

09/02/2021, 11:10

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Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

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Moniteurs étudiants : entre la “procédure” et la “bienveillance", Paris 3 balance

Ce mardi 2 février, les moniteurs étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe, rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, débrayaient une nouvelle fois, accompagnés par des bibliothécaires permanents et des professeurs de l'université. Alors que la crise sanitaire frappe de plein fouet les étudiants, ils réclament le maintien de leur rémunération en cas de confinement et de fermeture de l'établissement. Une partie du personnel de la bibliothèque les soutient et réclame plus de moyens.

05/02/2021, 17:41

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Gabriel Matzneff publie Vanessavirus, son ultime livre

EXCLUSIF – Ce mois de janvier ne manque définitivement pas de rebondissements : alors que le titre de Camille Kouchner, La familia grande, vient de sortir en grand format, sa parution fait écho à la sortie en poche du Consentement, l’ouvrage de Vanessa Springora. L’éditrice avait dénoncé avec force les actes de Gabriel Matzneff, et toute la complaisance autour du personnage. Quelque peu oublié des médias, l’auteur n’a pour autant pas quitté la plume. Et s'apprête même à publier son prochain titre, Vanessavirus.

02/02/2021, 09:30

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Financement, structure, Livre Paris : les Grandes espérances 2021 du SNE

Livre Paris 2020 compte parmi les premiers salons victime de la crise sanitaire. Pas de manifestation pour la capitale française, et pas de revenus pour le Syndicat national de l’édition, coorganisateur avec Reed Expositions France. Au cours des dernières semaines, les messages promotionnels n’ont pourtant pas manqué, rassurants ou tentant de l'être. Ainsi, la programmation se dévoile pour partie : l’Inde reste le pays à l’honneur, quand le monde d’après servira de fil rouge à l'ensemble. 

27/01/2021, 16:20

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Et si se remettre à lire était aussi génial qu'arrêter de fumer ?

Personne n’a raté l’intervention du ministre de la Santé : avec l’arrivée du variant britannique – qui n’a rien d’un patient anglais – se profile un reconfinement. Ces mesures durcies, en regard d’un couvre-feu déjà plombant, résonnent avec les propos de décembre dernier : nous étions avertis. Alors, comment préparer cette prochaine période de disette, quand on a abandonné la lecture ? Aujourd’hui, petit traité d’optimisme.

22/01/2021, 17:26

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“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

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Conspiration des imbéciles ? Amazon, accusé à son tour : Apple s'esclaffe

Amazon paierait-il enfin sa position dominante sur le marché du livre – numérique, papier ou audio ? En tout cas, l’histoire semble vilainement se répéter alors que le vendeur et cinq groupes éditoriaux américains sont accusés d’entente. La même procédure que celle endurée en 2013 par Apple entraînera-t-elle les mêmes effets ? Ou dévoile-t-elle une vaste fumisterie en matière de droit ?

18/01/2021, 12:16

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Lisimachio, le PDG de Hachette Livre qui voulut racheter Amazon

Jean-Louis Lisimachio a laissé une profonde empreinte sur le groupe Hachette Livre, qu’il quitta brutalement en mai 2003. Depuis, il vit quelque part entre les massifs alpins et Nice, « désintéressé de ce qui concerne l’édition et au courant de tout ». Ses anciens collaborateurs décrivent une personnalité fascinante, admirée ou haïe. Incontestablement, l’ex-PDG de Hachette filiale de Lagardère, avant qu’elle ne soit renommée Lagardère Publishing, a marqué plus que son époque. Une figure d’autant plus intrigante qu’elle ne frayait pas avec le gotha littéraire, bien au contraire.

14/01/2021, 14:20

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Auteurs : “Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu.”

Début décembre, l’auteur et illustrateur Henri Fellner faisait parvenir à ActuaLitté et au CSPLA (ou inversement), un courrier passablement désabusé. Le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, organisme chargé d’éclairer le ministère de la Culture sur des points de droit, venait de renouveler la liste des membres de sa commission consultative. Et au grand dam de l’écrivain, les représentants directs des auteurs faisaient défaut. Voici donc une seconde missive, plus claire peut-être...

12/01/2021, 12:13

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Hélène Gaudy : une écriture, un abri

PORTRAIT – Chaque année, l’association de libraires Initiales édite un texte inédit d’un écrivain, dont le travail est suivi pas à pas. Avec le projet de mieux le ou la faire connaître à leurs lectrices et lecteurs. Hélène Gaudy a trouvé sa place naturellement et a offert le texte Névés. Née en 1979 à Paris, elle a étudié à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Autrice de divers articles et nouvelles parus dans des ouvrages et albums collectifs ou des revues, elle a également publié des romans et albums pour la jeunesse et des livres d’art. Elle est membre du collectif Inculte et vit à Paris. 

12/01/2021, 11:07

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La chaîne du livre face à la crise sanitaire, dans neuf régions françaises

Dès le début de la pandémie, les agences régionales du livre ont conseillé les acteurs concernés, mais se sont aussi lancées dans des consultations, pour rester au plus près des besoins. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture propose une synthèse des actions et réactions du monde du livre, dans neuf régions françaises, au cours de la tumultueuse année 2020.

11/01/2021, 16:50

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Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

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Pour 2021, on peut aussi croiser les doigts

« J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot… » Peut-être notre époque nécessite-t-elle un peu plus d’un mot unique pour accomplir de fantastiques périples. Parce que les sollicitations ne manquent pas, dès lors qu’internet propose un foisonnement d’œuvres, autant qu’une multitude de raisons de faire autre chose que lire. Pour autant, que cette année 2021 soit placée sous des augures de Balzac ne fera de mal à personne… Sauf qu'il n'est pas seul à prophétiser.

01/01/2021, 18:42

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Utopia, Mauvais Livres et FVE : trois éditeurs nés pendant la pandémie

Ouvrir une maison d’édition pendant la pandémie ? Ce qui pourrait sembler un pari complètement fou est devenu une réalité pour trois maisons d’édition italiennes. Et la surprise… c’est que ça marche. Utopia, Mauvais Livres et FVE : voici les noms de trois maisons d’édition, situées dans deux villes différentes — Milan et Rome — et qui, malgré des identités très spécifiques, ont beaucoup de choses en commun : toutes les trois indépendantes, elles ont débuté leur activité pendant le confinement, et, depuis leurs premières parutions, ont rencontré un bon succès auprès du public.

30/12/2020, 16:15

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Les voeux du Syndicat des éditeurs passent des chocolats à la soupe

L’année 2021 commencera avec la traditionnelle présentation des vœux du Syndicat national de l’édition. Mais, contraintes sanitaires obligent, ils se dérouleront par internet — et en visioconférence avec l’interview réorganisée de son président, Vincent Montagne. Pour nombre de librairies, subitement invitées à cette Grand-Messe, quelque chose cloche. Simple : un télescopage entre le syndicat patronal et le média le moins indépendant de la profession.

28/12/2020, 17:55

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Les Yeux qui pétillent : la jolie promesse d’une librairie valenciennoise

En septembre dernier, Céline Dereims a ouvert une librairie généraliste et indépendante, en plein cœur de Valenciennes. Baptisée Les Yeux qui pétillent, celle-ci a vu le jour dans le cadre d’une reconversion professionnelle, savamment conjuguée avec une passion de longue date pour la lecture.

28/12/2020, 10:04

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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“Une petite page pour l’Homme, une grande page pour l’Humanité” : Joyeux Noël 

Au terme d’une année pas vraiment conciliante, les fêtes vécues sous contrainte, à l’image des mois passés, apportent un petit souffle. L’occasion pour toute la rédaction de vous les souhaiter excellentes – autant que faire se pourra. En tout cas, de partager avec chacune et chacun un moment pour remercier nos lecteurs de leur présence, à nos côtés.

24/12/2020, 23:59

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Book d’Oreille, une nouvelle voie pour le livre

PORTRAIT – Passionné par le son, par la voix et par la littérature, Olivier Carpentier poursuit depuis 2009 une entreprise de développement du livre audio. Le Lillois se considère comme un libraire indépendant. Sa société Book d’Oreille propose aujourd’hui une nouvelle solution pour le prêt numérique de livres audio, à destination des bibliothèques et médiathèques.

24/12/2020, 11:08

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00