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Ma vie, son œuvre : être le mari de l'auteure

Depuis que je suis à la retraite – déjà sept années –, j’accompagne plus fréquemment Marie-Aude (Murail) dans ses déplacements en France et en Navarre (surtout en Navarre, d’ailleurs). Quand elle a le temps de me présenter, elle dit « Pierre-Michel, my husband » ou « Pierre-Michel » tout court, s’il paraît clair pour ses interlocuteurs que je ne suis ni son amant du moment, ni son agent ou son garde du corps, et même si je suis un peu tout ça à la fois.

Le 18/09/2018 à 10:08 par Auteur invité

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18/09/2018 à 10:08

Auteur invité

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Grand Velas Riviera Maya, CC BY SA 2.0

« Amant », je me vante un peu. Je ne jouis malheureusement pas des avantages que confère cet état tels que les décrivait Balzac. « Il est plus faciled’être amant que mari, par la raison qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps. »

Quand elle est happée trop vite par ceux qui l’ont invitée, je m’identifie souvent moi-même comme « Pierre-Michel, le mari de l’auteure », façon de justifier ma présence à une tablée d’écrivain·e·s, au petit-déjeuner dans un hôtel, qui m’est parfois payé (privilège du prince qu’on sort) ou dans un salon du livre. Cette appellation ne lui plaît pas du tout. « Tu es toi, tu n’as pas besoin de te définir par rapport à moi ! » Il lui arrive même de renchérir : « Vous savez, il écrit plus que moi ! »

Là, elle fait allusion à mon journal que je tiens depuis 2006, à raison de 200 pages tous les six mois, et dont j’exporte parfois des morceaux choisis sur mes blogs. Sauf que moi, je suis un écrivant et elle unécrivain. Comme Madame Angot, pas celle dont la fille fait de l’opérette, mais l’écrivain justement, Christine, qui préfère elle-aussi s’écrire ainsi.

Qu’est-ce qu’un écrivain ?

Je demandai un jour à Marie-Aude, que j’ai toujours connue écrivante, quand avait-elle pris conscience d’être un écrivain, unauteur. Au début des années 80, quand elle avait acheté, poussée par sa mère chez un grossiste du Marais, cette veste en vison (nobody’s perfect) payée avec ses premières piges pour les Éditions Mondiales, Nous Deux, Intimité, Bonne Soirée ? Quand elle s’était trouvée enfin affiliée à l’Agessa après avoir été simple assujettie ? Quand son premier livre pour adultes, Passage, avait été édité en 1985 par Pierre-Marcel Favre ? Quand sa première histoire pour les enfants est parue dans Astrapi en septembre 1985 ? Quand Geneviève Brisac a publié Mystère chez Gallimard en 1987 ? Quand Jean Fabre lui achète Le Chien des Mers en 1988 et qu’elle entre à l’école des loisirs pour ne plus en ressortir ? Quand elle fait sa première « animation » dans une école ? Ou qu’elle se met à cotiser à la SGDL ?

Rien de tout cela. Elle m’a répondu qu’en fait, elle avait pris conscience d’être réellement un auteur quand elle avait adhéré à La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse à la fin des années 90 et qu’elle en avait partagé les actions et les combats, en tant que membre du CA, puis vice-présidente, aux côtés de sa sœur Elvire qui l’y avait entraînée. Auteur parmi d’autres et avec d’autres, relevant désormais de la corporation des gens qui font métier de tisser des histoires, le plus souvent chacun dans leur coin.

Moi qui ai vécu une carrière de fonctionnaire (à l’INSEE) aux côtés d’une femme qui est devenue écrivain sous mes yeux, je n’ai pu m’empêcher à bien des reprises d’envier sa liberté : de travailler quand elle voulait (ou pouvait !) et où elle voulait : sous sa douche ou dans un train, dans son lit ou sur la plage, de jour ou de nuit ; d’aller et venir à son gré sans (presque) aucun souci d’horaires, d’astreintes ; de signer ses contrats quand elle avait terminé un manuscrit que nul ne lui avait réclamé, mais qu’un éditeur acceptait de publier et de rémunérer en avance sur ses droits d’auteur à venir, avant même d’en avoir vendu un seul exemplaire ; et au bout d’un certain nombre d’années de constater que les ventes cumulées de ses livres lui procuraient une rémunération annuelle suffisante pour qu’elle ne se sente obligée d’écrire que mue par le manque qu’elle éprouvait, au bout de quelques semaines, d’être sans stylo à la main, sans manuscrit en cours.

Mais j’ai toujours su aussi que je n’aurais jamais eu le courage solitaire qu’il lui fallait pour tracer ce sillon d’écriture jour après jour jusqu’au dernier mot, comme un bœuf à l’attelage auquel elle se compare parfois. Sa sœur Elvire, racontant la genèse à trois de Golem la décrit en « loup qui court sans jamais s’épuiser ». Le courage est le prix de la liberté. Celle-ci ne s’achète sans doute pas autrement, en tout cas pas par un statut, pas seulement par un statut, dont il est pourtant beaucoup question ces temps-ci. Le statut vise la sécurité. Cette visée est naturelle. Mais comment faire pour que la sécurité ne se paye pas avec une part de liberté ? Vieux dilemme.

Un métier qui change

En discutant il y a quelque temps avec une jeune autrice déjà bien engagée dans une carrière d’écrivain, Marie-Aude et moi nous sommes aperçus que celle-ci ne pratiquait peut-être pas/plus le même métier. Notre pas-entièrement-débutante, dont les droits d’auteur recouvrent jusqu’ici rarement les avances qu’elle a perçues, vit essentiellement de ces avances, ce qui l’astreint à enchaîner les manuscrits. Elle est heureusement dotée d’une force de travail phénoménale. Mais, différence importante, elle parle d’abord de « projets ».

Franck-hb, CC BY 2.0

Pas question pour elle d’envoyer un texte déjà rédigé à des éditeurs, comme une bouteille à la mer. Quand elle n’a pas une commande, elle soumet donc son projet d’écriture à une voire plusieurs éditrices – en jeunesse, ce sont souvent des femmes — sur la base d’un court synopsis et elle attend que l’une d’elles ait donné son accord et qu’un contrat soit formalisé, pour écrire. Très proactive, connaissant toutes les directrices de collection, elle minimise ainsi le risque du refus. Elle peut aussi proposer une série à partir d’un « pilote » sommairement ébauché. Elle pratique donc ce que dans l’immobilier on appelle la VEFA, la « vente en l’état futur d’achèvement » ou « vente sur plans ».

Le contrat est signé et l’achat conclu alors même que la construction de l’immeuble n’est pas commencée. Un peu comme si Marie-Aude avait dit à l’école des loisirs « je pourrais vous faire une série avec un psy antillais et des hamsters, est-ce que ça vous intéresse ? » Alors que dans les faits, elle a écrit Sauveur & Fils, dont le manuscrit a été accepté, et qu’au dernier moment elle a demandé à son éditrice : « ça ne te gêne pas de rajouter ‘saison 1’ ? » parce qu’elle a su qu’elle retournerait explorer l’univers qu’elle venait de créer. Cette jeune autrice et Marie-Aude font-elles le même métier ? Celui-ci a-t-il évolué sans que Marie-Aude s’en aperçoive ? Après l’avoir écoutée, Marie-Aude me disait : « Je crois que je serais incapable de débuter aujourd’hui dans ces conditions. »

Et donc, le « mari de l’auteur » est peut-être un parasite…

En février 2013, Raphaëlle Rérolle, une journaliste du Monde qui faisait un papier sur les conjoints d’écrivain, m’avait interviewé dans un café parisien, sur dénonciation de Marie Desplechin, je crois. Je m’étais senti très flatté. Pourtant, le grand-quotidien-qui-n’est-plus-du-soir avait titré l’article me concernant : « Je suis peut-être une plante parasite », hypothèse que j’avais effectivement formulée à haute voix devant Mme Rérolle et autre manière de dire cette forme de dépendance contenue dans le « mari de ».

Si je considère mon existence au cours des 45 années écoulées, soit depuis notre mariage, je dois bien admettre qu’elle fut en grande partie une existence sinon parasitaire, au moins « relative ». Parce qu’au fond, Marie-Aude reste ce qui m’est arrivé de plus intéressant depuis 1973, et même depuis ma naissance (pardon à tou·te·s les autres !). Sophie Chérer me l’avait fait raconter dans le petit fascicule « Mon écrivain préféré » consacré par l’école des loisirs à ma chère et tendre. Mais cette relativité de l’un à l’autre, pour ne pas dire dépendance, n’est-elle pas à la base de toute relation de couple, écrivain ou pas ?

Avec dans notre cas l’asymétrie inhérente au fait qu’elle est devenue un personnage public, ce dont elle se défend (« je suis à la rigueur la ‘star des cours de récréation’, mais sûrement pas des plateaux télé ! ») et ce que je ne suis pas. Que pourrais-je donc ajouter à tout ce qui a été déjà écrit sur le sujet et au récit que Marie-Aude vient de faire de nos débuts amoureux dans En nous beaucoup d’hommes respirent(2018, L’Iconoclaste) ?

Premier lecteur

Redire qu’incontestablement, je suis son premier lecteur, même si nos trois enfants, qu’elle a élevés comme une véritable « mère au foyer » — rude concurrente pour l’écrivain — ont parfois servi de « testeurs » ou de « goûteurs », lorsqu’elle les a mis à contribution pour vérifier que telle ou telle expression se disait dans les cours de récréation, que tel jeu vidéo existait encore, etc.  J’ai le vif souvenir que notre fille dernière-née et moi avons lu chaque soir ce feuilleton palpitant devenu Miss Charity et que Marie-Aude guettait de la cuisine nos rires. Il lui est aussi arrivé pour ses romans d’emprunter des éléments de décor de ma vie réelle : ce fut le cas pour Le tueur à la cravate, situé en Charente-Maritime, dont le fleuve est associé depuis toujours au drame personnel et familial que fut la mort de mon grand frère, qui y fut repêché le 31 mars 1963.

Dans une première version d’En nous…, elle avait d’ailleurs repris in extenso un bout du texte que j’ai consacré à Christian, quand je me suis décidé à partir à sa recherche cinquante ans après, beaucoup trop tard. « Je ne vois pas comment je pourrais écrire les choses mieux que toi » s’était-elle justifiée. J’allais être lecteur de ma propre prose. Voyant ma moue, celle aussi de l’éditrice pour qui cette pièce rapportée, hors lignée Barrois-Murail, détonnait, elle a repris mon histoire avec ses mots à elle en l’abrégeant.

Je suis souvent aussi son premier « critique », produisant depuis lurette des recensions de ses livres sur divers supports : Amazon (où je suis « Athanase ») ou Fnac.com, mes blogs, depuis quelque temps Babelio.

Stefano Mortellaro, CC BY SA 2.0

Généralement, je n’en dis pas de mal, mais ce n’est pas par flagornerie conjugale ou népotisme : elle est vraiment « mon écrivain préféré », tout bêtement parce qu’elle me fait le même effet coup-de-foudroyant qu’à la plupart de ses lecteurices. Son frère Lorris lui a dit un jour : « Ta force, c’est que tu n’as jamais raté un livre », sur l’air de « Tout est bon chez elle, y a rien à jeter ♫ » Et pour moi, le manuscrit déjà lu n’épuise pas les séductions du livre publié, fini. Sachant en outre que Marie-Aude n’ambitionne pas d’être lue – trop fastoche —, mais d’être relue.

Ce que je fais volontiers. Ses livres s’oublient, comme les autres, mais leur force spécifique, qui tient à la recette de son écriture, est que les effets qu’ils ont produits une première fois sur le lecteur, rires et larmes pour faire court, se renouvellent miraculeusement à chaque nouvelle lecture. Sur ce « miracle », de savants exégètes, comme Bertrand Ferrier, Marie Lallouet, Alain Lanavère, son « prof » de Sorbonne, ou Jean Perrot, se sont déjà penchés.

Agent très spécial

En bref. C’est moi qui, depuis toujours, lis ses contrats, rédige ses factures de droits d’auteur liées à ses animations, déclare nos impôts, remplis les déclarations à l’Agessa, à l’Ircec, tiens à jour son site internet et sa page Wikipédia (qui reste un page collaborative) et désormais administre son groupe Facebook que j’ai ouvert. Elle ne souffre pas à proprement parler de « phobie administrative », marque déposée par un de nos éphémères secrétaires d’État. Elle s’est d’ailleurs coltinée des choses aussi ingrates pendant son passage comme vice-présidente de la Charte, mais elle est comme tout le monde : si elle peut s’en passer…

C’est une femme de Lettres, pas de chiffres. Et moi, je préfère, parce que je suis directement intéressé aux bénéfices, la voir écrire plutôt que remplir des formulaires que je devrai de toute façon compléter ou corriger. Elle se passe aussi très bien de Facebook, où elle me voit perdre beaucoup de temps, même si je l’ai quasiment forcée à créer un compte qu’elle n’ouvre jamais, sauf pour regarder de temps en temps des photos de ses petits-enfants.

Patrouilleur et gendarme du Net, je surveille ce qui se dit ou s’écrit sur elle. J’ai une Google Alerts sur son nom et je balaye Twitter avec Qwant. Je lui en rends compte, du moins quand il s’agit de choses agréables, ce qui est heureusement le cas la plupart du temps : je lui épargne les rares choses négatives, en jouant les filtres. Je la protège. Je veille quand même son e-réputation (et autre) et lui propose parfois les réactions que je juge appropriées. C’est par exemple ce qui s’est passé quand le Centre Hubertine Auclert a dénoncé les préjugés sexistes à l’œuvre dans les méthodes d’apprentissage de la lecture en CP et a épinglé injustement la méthode Bulle à laquelle Marie-Aude avait contribué. J’ai écrit tous les courriers rectificatifs et de protestation, en en discutant au préalable avec elle bien évidemment, même quand ça la gonflait (« Laisse tomber ! »). Et je me suis fendu d’un long billet sur mon blog, intitulé Sexe, mensonges et stéréotypes.

Bulle donne d’ailleurs lieu régulièrement à des interprétations délirantes, rançon de sa lente, mais irrésistible pénétration dans l’Éducation nationale, qui ne peut pas plaire à tout le monde, puisque c’est une méthode largement syllabique ET, surtout, fondée sur la littérature pour la jeunesse (LJ dans la suite de ce texte). C’est ainsi que sur FB, une certaine Maman végane s’est offusquée des mauvais traitements infligés au rat Riri en ces termes : « Quand un manuel scolaire banalise la violence envers les animaux... » (sic). Elle avait vu cette image dessinée par Frédéric Joos (le même qui illustre L’Espionne)…

… sans voir la précédente, où Tata Sara nourrit son rat Riri (redites cette phrase à voix haute), ni surtout connaître le texte lu aux enfants qui contextualise à l’oral ces séquences écrites consacrées au « a » et au « i » :

Aurait-il fallu préciser en bandeau : « Aucun animal n’a été maltraité dans cette méthode de lecture » (où il y a aussi une chasse au phoque) ?

Une autre lectrice qui avait lu un peu trop vite La maîtresse donne trop de devoirs a dénoncé récemment un trait de grossophobie dans le texte. Je l’ai signalé à Marie-Aude qui a pu s’expliquer avec la personne en question, laquelle semblait avoir du mal à faire la distinction entre ce que pense l’auteur et ce qu’il fait dire à ses personnages. Malheureusement, il est rare de pouvoir convaincre un quelconque chosephobique du bien-fondé de ce que vous avez écrit s’il s’est senti blessé. De toute façon, une blessure est un fait, indiscutable, fût-elle due à un malentendu. Il faut juste attendre qu’elle cicatrise.

Un de mes plus grands échecs, mais il faut dire que le site s’appelle têtue.net et que sa conceptrice l’est assez, a été de devoir renoncer à faire retirer Marie-Aude d’un catalogue de chauves connu·e·s que cette internaute avait tenu à constituer, sans demander leur avis aux intéressé·e·s, bien évidemment. Il y a des collectionneuses de toutes sortes, même à la rubrique alopécie. Je n’ai pas vérifié depuis si elle y avait collé M. Blanquer.

Secrétaire particulier

Techniquement, j’ai toujours veillé à l’évolution de ses outils et de son poste de travail. Les machines à écrire successives — la dernière à marguerite — le premier ordinateur — le PCW 512 d’Amstrad, pour ceux à qui ça dit quelque chose — et tous les PC suivants. Plus récemment, je l’ai aidée à passer à la saisie vocale de ses textes, qui soulage son dos (que je dois néanmoins masser de temps à autre, ce n’est pas le pire de ce que j’ai à faire). Marie-Aude écrit toujours à la main sur des grands blocs Rhodia à petits carreaux dont elle déchire les pages au fur et à mesure, pour les dicter désormais à son ordinateur.

J’assure aussi des sauvegardes régulières de ses work in progress, dont elle ne garde aucun brouillon : la seule exception a dû être le manuscrit d’Oh, boy ! que j’ai sauvé de la poubelle, je ne sais plus comment. Poubelle dont je retire parfois un feuillet chiffonné pour le scanner et rassurer via Facebook la communauté de ses lecteurices en annonçant : « oui, Marie-Aude écrit la saison 5 de Sauveur & fils ».

Paul O'Rear, CC BY SA 2.0

Mon activité de « porte-plume » — pour ne pas dire « nègre » — s’étend parfois à des réponses à des questionnaires d’ados stressés. « C’est pour lundi, madame » réclame le dimanche soir celui qui voudrait bien savoir ce qu’il y a dans le livre qu’il n’a évidemment pas l’intention de lire et de toute façon c’est trop tard parce que ça lui prendrait toute la nuit. Il y a aussi des demandes de bibliothécaires, de salons, etc. Je rédige souvent entièrement les réponses et les lui soumets avant envoi, si je vois qu’elle est trop absorbée par un roman en cours, par exemple (ou simplement absente). Dans d’autres cas, je me contente d’amorcer la pompe, je l’aide à fouiller dans sa FAQ et elle reprend un brouillon de message que j’ai esquissé. Mais je vais d’autant plus loin dans la rédaction que je me sens peu ou prou responsable d’une commande qui lui est échue et qu’elle me reproche de lui avoir fait accepter par mon insistance. « Si, si, c’est important, je t’assure »

Quand elle a découvert en 2005 le journal amoureux de Raoul Barrois son grand-père, ainsi que son journal de guerre qui suivait sur le même carnet, je l’ai, émerveillé moi-même, immédiatement décrypté et saisi sur son ordinateur. Ce fut sur ce premier texte que s’est cristallisée, le moment venu, la suite de l’inventaire et de l’aventure littéraire, qui a abouti au livre En nous beaucoup d’hommes respirent. À partir de 2013, je l’ai aidée à classer les documents, les photographies, les lettres, à les relire à certains moments, mais il est clair, encore une fois, que le courage d’écrire — Geneviève Brisac parlait récemment de foi – sans lequel aucun livre n’advient, ce fut elle, jusqu’au bout, comme toujours. Je me suis contenté de lui signaler tel ou tel passage susceptible de fâcher les vivants ou les morts. Et je suis intervenu dans la phase finale de fabrication du livre pour ordonner les illustrations qui truffaient son texte, pour scanner certains documents et faire le lien avec la cheffe de fabrication à L’Iconoclaste.

Mon engagement volontaire au service de la LJ

C’est vers la fin des années 90, je l’ai dit, quand nous avons quitté Paris pour Bordeaux, que Marie-Aude s’est engagée à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. Je ne faisais évidemment pas partie de l’association, mais René Escudié — je crois que c’était lui qui tenait le site — était fatigué et voulait passer la main. Comme il n’y avait personne au CA pour reprendre le flambeau, c’est bibi, le « mari de » qui a été porté volontaire désigné. Je me suis ainsi retrouvé à assurer les mises à jour pendant quelques mois puis années, entrant les nouveaux adhérents, mettant à jour leurs bibliographies, etc. Une sorte de crypto-collaborateur occasionnel de l’association. J’ai ainsi assisté avec Marie-Aude à quelques AG de La Charte.

Membre de certains groupes Facebook qu’elle ne fréquente pas comme Autour de la littérature jeunesse (près de 14 000 membres à ce jour) ou Tu sais que tu es bibliothécaire quand… (plus de 17 000 membres), je l’alerte aussi sur des événements qui concernent la sphère du livre, de la lecture publique et bien sûr de la LJ. Moyennant quoi, elle est toujours capable de manifester sa solidarité avec telle ou telle opération ponctuelle. Je viens ainsi d’accompagner son récent engagement dans la fondation de la Ligue des auteurs professionnels, où je sais que j’aurai à l’épauler.


ligue des auteurs professionnels - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Lorsque Milan a décidé en mars dernier, dans les conditions que l’on sait, d’interrompre l’exploitation d’On a chopé la puberté, nous en avons beaucoup discuté, j’ai mis Marie-Aude en contact avec Anne Guillard, la créatrice des Pipelettes et elle a pu lui apporter son soutien. Et je me suis fendu sur mon blog de deux billets informatifs et engagés dans une cause que je faisais mienne. Les mécanismes nouveaux qui avaient conduit Milan (apparemment sous l’autorité directe du PDG de Bayard) à suspendre l’exploitation du livre étaient proprement inquiétants pour tous les créateurs, nonobstant les critiques qui pouvaient être légitimement adressées aux autrices. Le SNE se tut et baissa la tête : l’obus était tombé dans le camp de l’édition jeunesse. Même pas mal. Le Monde publia un article mollasson sur le sujet, pas très favorable à la LJ, comme d’habitude. Je fis un projet de réponse pour Marie-Aude que le journal ignora.

Marie-Aude lit assez peu de LJ. Elle lit surtout des essais, la presse (nous sommes abonnés à deux quotidiens), découpant les articles qui l’intéressent pour se constituer des dossiers, un peu de littérature contemporaine, beaucoup de polars qui n’interfèrent pas avec ce qu’elle écrit à l’instar des DVD de toutes sortes qu’elle s’enfile à haute dose pour se laver la tête, et des « classiques », qu’elle lit ou relit. Dans En nous…, elle confesse d’ailleurs que « relire ne m’a jamais lassée car je suis douée, comme Jules Renard, ‘d’une heureuse mémoire qui me permet d’oublier instantanément n’importe quelle lecture’ ». Lire la LJ, je le fais donc en partie à sa place, la tenant au courant, par l’étroite fenêtre que j’ai ouverte sur ce domaine, en inaugurant sur la radio locale RCF Loiret, fin 2016, une chronique hebdomadaire de littérature pour la jeunesse, Litté’Jeune, doublée depuis l’an passé par un phonoblog homonyme Litté’Jeune.

Critique des critiques

À travers Marie-Aude, je me sens assez solidaire de l’ensemble des créateurs de la LJ. Il m’est d’ailleurs arrivé de « monter au créneau » sans rien lui dire pour défendre tel ou telle auteur·e qui me semblait injustement attaqué·e. Dans l’ensemble, les grands médias et la télé ignorent la littérature pour la jeunesse, la regardant de haut, sauf une fois par an, début décembre, au moment du Salon du livre et de la presse jeunesse qui se tient à Montreuil. Célébration consensuelle sans lendemain, programme minimum. Le Monde ne fait pas exception, pas plus que La Croix, excellent journal, mais qui ne doit sa survie économique qu’aux publications jeunesse du groupe Bayard auquel il est adossé.

Aussi avais-je été heureusement surpris lorsqu’à la rentrée 2015, Le Monde confia une tribune spécialisée, baptisée Jeunesse oblige, à un écrivain pour la jeunesse (entre autres qualités). Un connaisseur allait enfin parler régulièrement de LJ dans le supplément Livres du grand quotidien. Malheureusement, avec d’autres qui nous étions réjouis de cette initiative, nous dûmes vite déchanter. Car la jeunesse « obligeait » tellement cet écrivain qu’il est vite apparu que peu de livres trouveraient grâce à ses yeux et qu’il se livrait bien plutôt à un massacre hebdomadaire, triste et superflu.

Alerté par une autrice, dont une amie, taxée en outre d’être surproductive, avait vu son livre descendu en flammes sans raison suffisante, je rédigeai un premier billet de blog. Quand une autre tribune du même incendia à nouveau, de façon inutilement méprisante, le Bouche cousue de Marion Muller-Colard, je décidai d’acheter le livre et de le lire et je me fendis d’un nouveau billet pour rétablir l’injustice faite à l’autrice (au moins dans mon esprit et par ma petite plume). Qu’importe d’ailleurs, Jeunesse oblige disparut rapidement du Monde, pour ne plus réapparaître sous aucune autre forme.

J’avais plaidé à l’époque qu’il me semblait plus intéressant de dire ce qu’on aimait plutôt que ce qu’on détestait, ce qui d’ailleurs me semblait être la pratique générale dans Le Monde des Livres, où les éreintages en règle sont rares (sauf quand le succès indéniable, populaire ou autre, d’un·e auteur·e semble menacer la Grande Littérature). Ma plaidoirie fut discutée. Peut-on critiquer la littérature pour enfants ? interrogea l’Afreloce. Je pris part à la discussion. Non, la LJ n’était pas au-dessus de toute critique. Mais il y avait la manière. Dont acte. On en resta là.


Pierre-Michel Robert et Marie-Aude Murail (photo personnelle)

De toute façon, la pauvreté des grands médias dans le domaine de la LJ, à quelques individualités près, comme Michel Abescat à Télérama ou Olivia de Lamberterie à Télématin, est au point que les éditeurs jeunesse se reposent désormais davantage sur les blogs et les youtubeuses, d’un niveau pourtant assez inégal (c’est un euphémisme) que sur la presse, la radio ou la télévision, pour faire connaître et promouvoir les livres pour la jeunesse. Presse et télévision qui s’étonnent par ailleurs de perdre du terrain, notamment auprès des jeunes !

Une vigie demeure heureusement dans ce désert : La Revue des livres pour enfants, publiée par le Centre national de la littérature pour la jeunesse, hébergé par la BnF. La Rolls des revues.

Et maintenant…

Il n’est guère de ses tourments de créatrice que Marie-Aude ne m’ait partagé tout au long de sa carrière. Aujourd’hui, c’est la résistance de ses livres au temps qui la préoccupe. Elle sait que sa chance, en jeunesse, est d’être au pays des long-sellers et non des best-sellers. C’est une des convictions éditoriales fortes de Jean Delas, le cofondateur de l’école des loisirs. Les livres pour la jeunesse, notamment bien sûr les albums, ne sont pas des produits jetables.

C’est leur supériorité. Ils peuvent avoir au contraire des cycles de vie longs, d’enfants en parents et de parents en enfants. Marie-Aude est complètement raccord avec cette vision de la LJ. Raison de plus pour qu’à chaque réédition de ses livres, elle réalise, sur le modèle d’Hergé avec L’île noire et d’autres de ses albums, un travail soigneux de relecture et de réécriture de ses textes car elle sait non seulement qu’on ne peut plus parler du « match France-URSS », mais aussi qu’il n’est plus possible d’écrire certaines choses comme il y a vingt ou trente ans. Parce que le monde a changé et qu’elle aussi a changé.

Elle l’a fait en 2006 quand la série des Émilien a été rééditée. Plus récemment, le machisme de Nils Hazard ou de Tom Lorient qui l’amusait quand elle avait la quarantaine, l’a indisposée : elle l’a raboté. Sa féministe de fille y est sans doute pour quelque chose, bien plus que moi. Ces jours-ci – j’écris ces lignes à la mi-août — elle relit et « corrige » pour PKJ, qui va fêter ses 25 ans l’an prochain, Vive la République ! et surtout Golem, écrit lui-aussi il y a vingt ans avec sa sœur Elvire et son frère Lorris. Ma vie a changé, publié il y a 21 ans, vient d’être réédité après avoir subi lui aussi un léger lifting.

Que faut-il modifier pour que ses livres soient encore recevables aujourd’hui ? Par les jeunes et par les prescripteurs ? Les compétences des jeunes lecteurs ont-elles évolué ? Elle me soumet ses interrogations, je la pousse dans ses retranchements. L’humour, le second degré, jusqu’où ? Va-t-il falloir ajouter des smileys dans le texte (voir à la fin de ce papier), comme on ajoute des rires et des applaudissements enregistrés dans les sitcoms, ou peut-on continuer à faire confiance au lecteur ? Question banale : peut-on rire et faire rire de tout ?


Marie-Aude Murail - Pierre Robert, CC BY SA 3.0

Nous avons discuté au début de l’été des « sensitivity readers » auxquels éditeurs et même auteurs ont recours désormais aux États-Unis pour se prémunir avant même publication contre les réactions de minorités (nécessairement) opprimées et néanmoins très organisées autour de la défense de leurs intérêts et de leur image, face aux cultures (dites) dominantes. Autre risque pointé récemment : la « tyrannie des plaintifs » va-t-elle l’emporter ? Bien évidemment, ce sont surtout ses rencontres avec son public, dans les écoles et collèges, dans les bibliothèques et à l’étranger qui continuent à nourrir sa réflexion et ses inflexions.

L’autre soir, je lui ai lu (à voix haute !) L’assignation, le stimulant petit livre de Tania de Montaigne, sous-titré Les Noirs n’existent pas, qu’un ami venait de m’offrir pour mon anniversaire. Nouvelle occasion de repenser à Sauveur le Martiniquais, « Bounty » noir dehors et blanc dedans, de discuter de nos pulsions de Blancs racistes mal extirpées, du concept d’appropriation culturelle, de la légitimité des créateurs à aborder n’importe quel sujet comme celle des acteurs à jouer n’importe quel rôle, etc. légitimité parfois violemment remise en cause par des variations surprenantes du fondamentalisme, ce prurit qui semble s’être emparé des religions, mais plus étonnamment aussi du monde de la culture.

***

Lecteur, critique, agent, community manager, masseur, comptable, chauffeur, le mari tout-en-un de l’auteure, genre de couteau suisse, serait-il une panacée ? Il faudrait le demander à la principale intéressée. Le fait est qu’elle n’a pas encore décidé de s’en débarrasser.☺

Pierre-Michel Robert

8 Commentaires

 

delbos

19/09/2018 à 09:58

Bravo j'adore ! Derrière chaque grande femme il y a un grand homme. Vous partagez cette miraculeuse force de savoir successivement nous émouvoir et nous faire rire. Quel beau métier que celui de mari quand on a une femme comme Marie-Aude. Ceci dit je ne pense pas que vous soyiez légion à partager une si belle osmose. Quelle belle histoire que la vôtre.

Harmony

19/09/2018 à 12:37

Quelle déception.

J'ai commencé à lire ces confessions, toute émue, toute tourneboulée, en me disant, quel homme, quelle humilité, quel soutien, mais ne serait-ce pas cette perle rare sur laquelle aimerait se reposer tellement d'autrices ? (La partie sur le coup de main administratif est particulièrement poignante : quel rêve de déléguer ces tâches si compliquées, répétitives et pénibles. La preuve du Grand Amour.)

Et puis... ça glisse... Ça glisse en moi-je, moi-je, moi-je, d'une part, et ce "moi-je" se transforme peu à peu en chevalier défenseur face à la méchanceté du monde (bon, pourquoi pas, c'est vrai que ça ne fait jamais plaisir de lire des avis négatifs sur un travail de plusieurs mois, et toute personne humaine a besoin de se prémunir un peu contre ça, alors si quelqu'un peut aider...), et le chevalier défenseur se transforme peu à peu en chevalier pourfendeur de toute critique et de tout lecteur et lectrice qui font un pas de côté face à l'orthodoxie d'adulation béate due à l'écrivaine qui, entre temps, a été plus réduite à Mme l'épouse de son héroïque mari, sans cesse sauvée par son chevalier servant toujours prêt à monter à la barricade, que traitée comme une artiste à part entière avec ses qualités, ses défauts, et qui peut bien se débrouiller à peu près toute seule, merci.

Je trouve hallucinant comment Marie-Aude Murail et même la littérature jeunesse (ou même la littérature tout court) se retrouvent peu à peu évincées de ce billet pour se transformer en... attaque frontale contre les lecteurs et les lectrices qui ne sont pas sur la même longueur d'onde ?

Juste pour rappel : si les autrices et les auteurs n'écrivent pas pour les lecteurs et les lectrices, ils écrivent pour qui exactement ?

Autant les poncifs de "la Mort de l'Auteur" à la Roland Barthes me gonflent prodigieusement (oui, je demanderai toujours à la personne qui a écrit le sens de ce qu'elle a voulu écrire, plutôt que de considérer n'importe quelle interprétation fumeuse d'une ou d'un lecteur qui a l'air de se baser davantage sur ses propres obsessions que sur le texte en lui-même), autant ce réquisitoire sur la "sensibilité" du lectorat me semble également à la limite de l'odieux.

Et quels sont les lectorats "sensibles" ainsi visés ? Femmes, noir.es, défenseurs des animaux... En gros, que des personnes qui ont en tête - de manière plus ou moins digérée et articulée, je le conçois - des problématiques sociales quand elles lisent.
Manifestement, des adultes qui n'ont juste pas envie de deux choses :
- que leurs enfants ingèrent certaines idéologies néfastes pour les autres,
- que les enfants des autres n'ingèrent pas certaines idéologies néfastes pour le bien de leurs propres enfants.
Ça semble être un si grand crime, de se poser sérieusement des questions de représentation sociale, politique et éthique quand il s'agit d'écrire... pour former les esprits des générations futures ?
Les bras m'en tombent.

Au nom de la "liberté de création", on nous vend une liberté de ne pas penser, une liberté de ne pas penser aux autres, une liberté de ne pas penser aux conséquences... et une liberté de mépriser les gens qui achètent en confiance les livres qu'on a écrit avec cette liberté, qui nous font vivre, mais qui se retrouvent déçus de leur contenu et qui ont l'outrecuidance de le faire savoir et d'expliquer pourquoi.

C'est très infantile comme démarche.

Mais enfin, certes, c'est aussi très franco-français, de considérer la littérature comme une zone de non-droit où l'auteur a toute latitude de recycler les pires poncifs de notre culture au nom de la "liberté de création" (ce à quoi j'ai envie de demander : en quoi est-ce que c'est créatif, si c'est si facile à identifier comme un poncif ?) et du "droit à l'humour" (sans se demander si cela relève vraiment du comique, et pourquoi, si beaucoup de gens dans le public ne trouvent pas ça drôle et sont même mis mal à l'aise), et les lecteurs et lectrices sont dans un rôle passif à gober tout ce qu'on leur donne, à rire quand on leur dit de rire, sans avoir le droit de ne rien dire (à part si on s'appelle Roland Barthes, bien sûr, et qu'on a l'intelligentsia universitaire française derrière soi pour asseoir sa légitimité à écrire n'importe quoi sur les textes de n'importe qui).

Bref, j'ai commencé cette lecture le baume au cœur, je l'ai finie avec la nausée.
Un des tournants a été cette manière totalement gratuite d'utiliser le joli mot à la fois transparent et neutre de "porte-plume" entre guillemets, de manière à s'en distancier, tout ça pour s'empresser de lâcher derrière, dans une incise protectrice, le mot "nègre".
En rhétorique, ça s'appelle une prétérition : je dis que je ne dis pas exactement ce que je dis.
Pourquoi était-ce si important pour cet écrivant, comme il aime s'appeler, d'utiliser le mot "nègre" ? quand il montre par ailleurs qu'il connaît très bien aussi le mot de "porte-plume", et qu'il sous-entend qu'il est tout à fait au fait des débats sous-jacents à l'emploi concurrent de ces deux mots qui partagent le même sens, mais avec des connotations tout à fait différentes ?

C'est bien beau de se poser en victimes d'un lectorat hypersensible et non seulement de n'être pas capable de remettre en cause ses propres pratiques langagières (pour quelqu'un qui se pique d'aimer la littérature et d'être l'époux d'une grande écrivaine, un comble !), mais d'en plus prendre un malin plaisir à chier sur celles et ceux qui sont capables d'avoir des débats responsables et constructifs à ce sujet... et ce dans un billet qui, à la base, n'avait rien à voir avec ce débat-là.

Cette tribune est navrante.

Et pour quelqu'un qui se pique de passer beaucoup de temps à policer l'e-réputation de son épouse... bon sang, sachez que vous venez de me donner une vision proprement calamiteuse de votre conjointe et de son travail.

Mais bon, elle a une chance : je ne juge pas les autrices à l'aune des propos hallucinants et bas-du-front de leur mari, heureusement pour elles.

J'espère que la Ligue des auteurs professionnels ne va pas être de cet acabit, parce que sinon, franchement, on n'a pas le cul sorti des ronces.

Grin

19/09/2018 à 15:14

Je suis abasourdie de voir des personnes de lettres aux sensibilités féministes et militantes donner de la visibilité à cette tribune sur les réseaux sociaux. Je me questionne : l’on-elles vraiment lue ?

Ont-elles lu ces remarques insidieuses sur la « tyrannie des plaintifs », cette moquerie à peine voilée envers les « chosephobiques » et, enfin, cette condescendance absolue envers les « minorités (nécessairement) opprimées » mais qui sont « très organisées autour de la défense de leurs intérêts et de leur image ».
Et, cerise sur le gâteau, « les cultures (dites) dominantes ». À mon sens, il faut avoir une sacré dose de mauvaise foi pour nier, à l'aide de parenthèses, qu’une culture dominante existe, dans ce pays comme dans bien d’autres.

Pardonnez les femmes d’aspirer à vivre dans une société où on ne les assigne plus à des rôles. De plus subir des attouchements, mais à toucher des salaires égaux à ceux de leurs collègues masculins. Et de militer pour ça, c’est à dire de faire attention à ce que leurs enfants lisent.
Pardonnez les gens gay, bi, trans de souhaiter vivre dans un monde où leur sexualité ne leur vaudra plus d’être torturé.e.s et tué.e.s dans des camps. Et de militer pour ça, c’est à dire de faire attention à ce que leurs enfants lisent.
Pardonnez les gens discriminés sur la base de leur ethnie de vouloir trouver un logement et du travail dans un pays qui, comme c’est si bien dit dans la tribune, n’est pas débarrassé de toutes ses pulsions racistes. Et de militer pour ça, c’est à dire de faire attention à ce que leurs enfants lisent.

Il ne s’agit pas là « d’intérêt » et « d’image ». La défense des droits humains et la remise en cause de stéréotypes discriminants dans nos sociétés n’a strictement rien à voir avec du « fondamentalisme culturel ».

J’ai commencé cette tribune en me réjouissant de lire des anecdotes édifiantes et drôles sur une des plus grandes écrivain de la littérature jeunesse actuelle.
J’ai eu en fait accès aux mémoires et aux opinions réac d’un baby-boomer blanc hétéro et cissexuel qui n’a visiblement jamais connu l’oppression.

Mon malaise est immense.

Tychus

21/09/2018 à 09:58

Chers collègues auteur.e.s féministes, avez partagé cette tribune sans la lire jusqu'au bout.

Bien cordialement, un membre d'une « minorité (nécessairement) opprimée » qui voit ses droits remis en question au quotidien, et ses luttes balayées d'un revers de la main par un monsieur qui a bien de la chance de ne pas vivre la même chose.

Pierre-Michel Robert

24/09/2018 à 11:20

Statue du mari : le making of.

Quand j’ai parlé au printemps de cette proposition de la Charte, que je me tire moi-même le portrait en « mari de l’auteure », Marie-Aude m’a regardé d’un air dubitatif genre « tu crois vraiment ? ». Quand je lui ai fait lire la première version de mon texte, à laquelle vous avez échappé, elle m’a fait deux trois remarques de détail et puis celle-ci, plus globale : « au total, tu ne crois pas que tu me fais passer pour une demeurée ? ». J’ai retravaillé pour tenter d’effacer cette fâcheuse impression. Deux, trois ou quatre versions, je ne sais plus. Après tout, Marie-Aude s’est targuée elle-même naguère d’être « demeurée en enfance. » Et puis elle ne risquait pas grand-chose dans l’opération, à part qu’on la prenne en pitié d’avoir un mari pareil. Ce qui est fait grâce à « Harmony », « Grin » et « Tychus ».

Je me doutais qu’en sortant de mon placard, comme j’avais déjà accepté de le faire avec Le Monde mais cette fois en m’autobiographiant, j’allais sombrer dans cette exposition haïssable du moi, tellement à la mode, et que cette haine me déteindrait dessus. Moi-je, moi-je, moi-je, que me reproche « Harmony ». Au fond, elle a raison : c’est toujours soit pathétique, soit grotesque de s’exposer ainsi. Ou les deux. Mais je me suis dit : il faut être de son temps. Et puis : toi l’intrépide baby-boomer Blanc hétéro cissexuel – je cite « Grin » dans le texte - tu ne vas pas te dégonfler, espèce de vieux réac.

Donc voilà comment je me retrouve à susciter des troubles vagaux, « nausée », « malaise », anonymes certes, mais que je ne peux récuser : c’est écrit en toutes lettres. Je le regrette sincèrement, d’autant que je sens bien que ces troubles proviennent plus de l’écart perçu entre le mari et l’auteure que de ma seule outrecuidance. Ce qui me rassure en même temps. L’image de Marie-Aude est restée intacte. Trois personnes, je vais employer ce terme épicène (merci à la dame aux chapeaux), dressent un réquisitoire contre moi, déboulonnant déjà la statue de « chevalier servant » que je venais de m’édifier à grand peine.


« Mais commençons par le commencement, comme disait le bourreau à Marie-Antoinette en lui coupant les cheveux. » (je cite Malo de Lange, un livre où l’on n’a pas peur des mots)

« Harmony », d’abord, me voit en adulateur de madame et pourfendeur de toute critique à elle adressée. Si elle reprend ce que j’ai dit, elle verra que je ne suis pas si pourfendeur que ça. J’ai évoqué les analyses sommaires du Centre Hubertine-Auclert sur la méthode de lecture Bulle (je ne remets évidemment pas en cause les missions de ce centre, consacré à la cause féministe). Marie-Aude s’en était émue d’abord elle-même, alertée par Bordas, parce qu’elle n’était pas seule dans le navire (cinq années de travail avec une institutrice et une conseillère pédagogique) et parce que ça l’avait blessée de constater qu’une interprétation sommaire de quelques images avait pu faire étiqueter la méthode comme globalement « sexiste » au JT de 13 h sur France 2, ce qui était faux et à la limite diffamatoire.

Et j’ai parlé de la pétition lancée récemment par une maman convaincue que la méthode encourageait la maltraitance animale et le harcèlement à l’école toujours sur la foi de quelques images tirées de leur contexte et de ce fait mal décodées (ce qui nous a étrangement rappelé, dans le procédé, l’affaire des Pipelettes au printemps dernier).

Dans les deux cas, et dans celui de l’accusation de grossophobie aussi, Marie-Aude s’est défendue toute seule, mais je l’ai soutenue, parce que ces choses-là tendent à l’accabler (ou alors c’est « laisse béton »). Mardi dernier, c’est évidemment elle qui a répondu en urgence au journaliste de 20 Minutes qui voulait l’interroger, pour sa rubrique FAKE OFF sur l’affaire de la pétition contre la méthode Bulle. Mais je suis venu en renfort sur les pages ou sites où il en était question pour donner les explications nécessaires et allumer des contrefeux. A quel point la pétition est mal foutue : le nom de Marie-Aude n’apparaît même pas dans les auteurs désignés à la vindicte populaire (et celui de l’institutrice deux fois). Ces gens-là ne savent pas de quoi ils parlent. Et, pour se rendre intéressants - comme moi qui parle de moi - ils lancent une pétition et la font signer à des gens qui en savent encore moins, au lieu d’aller en discuter avant avec l’enseignant•e de leur enfant pour se renseigner un peu. Ils sont aussi, semble-t-il, imperméables à toute discussion rationnelle, au moins sur le réseaux. En parlant de tyrannie des « plaintifs », je suis donc resté poli.

Donc oui, en moyenne, Marie-Aude « peut bien se débrouiller à peu près toute seule », je regrette d’avoir donné une autre impression. Mais comme elle reste à une prudente distance de toute l’écume d’internet et des réseaux, c’est moi qui traite, avec ou sans elle, ce que je peux en traiter. Ce qui me paraissait intéressant dans cette commande de la Charte, c’était justement de dessiner pour les lecteurs une sorte de division du travail entre nous deux. Division que je ne voulais nullement donner en exemple car elle résulte du mythe fondateur de notre couple ou de sa névrose, qui ne sont sûrement pas - et heureusement pas - exportables. Ceci précisé pour l’autrice enthousiaste qui souhaitait me faire cloner après avoir lu ma tribune. C’est Montherlant je crois qui disait « on passe la première partie de sa vie à écrire son œuvre, et la seconde à l’administrer ». Disons que j’essaie de faire en sorte que Marie-Aude reste aussi longtemps que possible, et tant que je vivrai, dans la première partie de sa vie.

« Pour ce qui est de se poser sérieusement des questions de représentation sociale, politique et éthique quand il s'agit d'écrire pour former les esprits des générations futures » je peux témoigner, et d’autres le pourraient avec moi si ma seule proximité avec elle disqualifie ma parole, que Marie-Aude se les est toujours posées. Et qu’elle a toujours en tête le fait qu’écrire pour la jeunesse lui donne des responsabilités particulières. Raison pour laquelle je ne crois pas qu’elle fasse de la liberté de création un absolu. Ni moi non plus. Elle s’en est expliquée assez souvent. Le droit à la critique est inaliénable. Comme le droit à critiquer la « manière » du critique.

Je n’ai pas fait non plus de réquisitoire contre la « sensibilité » du lectorat. J’espère bien qu’il est sensible. Et la lecture est là pour solliciter, provoquer, éduquer cette sensibilité, particulièrement dans le jeune âge. Mais partant d’un article du NYT de décembre 2017, lisible encore sur internet ('In an Era of Online Outrage, Do Sensitivity Readers Result in Better Books, or Censorship ?'), nous avions été impressionnés, Marie-Aude et moi, de voir à quel point l’espace de la création littéraire s’était judiciarisé aux Etats-Unis. Les Américains ont les avocats pour et la procédure de class action permet à n’importe quel groupe mécontent d’un livre de l’attaquer pour un coût modique. Ça arrive chez nous. A la Grande Librairie du 5 septembre, Joann Sfar s’en inquiétait d’ailleurs pour la France, tout en admettant que n’importe quel lecteur avait parfaitement le droit de faire un procès à un•e auteur•e et à son éditeur s’il se sentait blessé par lui.

Quand même - je ne pourrais pas dire mieux que ce correspondant qui m’adresse aujourd’hui un message que je copie/colle - « je suis un peu effaré moi aussi de voir ce monde s'éparpiller en sous-groupes où chacun croit devoir se définir en fonction d'une ou de diverses appartenances. Homme, femme, juif, musulman, chrétien, hétéro, gay, bi, gros, maigre, chauve, roux, vieux, jeune… auteur jeunesse ». Fin de citation.

Je ne vais pas récuser pour autant le fait que tel ou tel groupe ou minorité se sentant opprimé veuille mettre fin à cette oppression. « Grin » a raison : je n’ai pas connu (à ce jour), l’oppression (en dehors de la pression de masculinité :P). Mais on a tous un parcours jalonné d’échecs, de deuils, de souffrance, plus on avance en âge, dont personne ne peut être juge. Ce qui rend tout de même de plus en plus apte, sauf endurcissement du cœur, à reconnaître les symptômes de toutes sortes d’oppression dans le monde d’aujourd’hui, comme par exemple les effets multiples de la domination masculine sur la vie des femmes (qui ne constituent pas pour autant un groupe minoritaire).

J’en viens au « nègre ». Je reconnais mon erreur. J’ai écrit « pour ne pas dire ‘nègre’ » au lieu de « pour ne plus dire ‘nègre’ ». Ce manque de nuance me fait tomber dans la trappe à racistes. D’ailleurs non, puisque le mot « race » vient d’être rayé d’un trait de plume, lui aussi. Aurais-je dû écrire « pour ne pas dire ‘ghost writer’ » ? Je me serais alors targué d’une qualité d’écrivain que je n’ai pas et je n’aime pas les anglicismes. Mais je sais aussi aujourd’hui qu’il faut expliquer les mots, sinon certain•e•s fondamentalistes m’auraient vu avec un manche dans le c.. et une plume au bout. Donc j’ai dit « nègre », pas par « prétérition », mais pour qu’on comprenne mon « porte-plume », car ce mot « nègre » demeure un terme technique dans le monde littéraire, encore très usité à l’oral, sans plus penser à ce qu’il connote, si ce n’est le côté caché de celui qui met son clavier au service d’un•e autre, de façon la plupart du temps volontaire et rémunérée, sans que l’idée n’effleure une minute qui que ce soit qu’il est un esclave sorti de la case de l’oncle Tom. Quand bien même : ce n’est pas en supprimant le mot « nègre » qu’on va supprimer le racisme. Va-t-on rayer le mot « nègre » de tous les livres écrits à ce jour ? De toutes les chansons ? N’est-on plus capable de le lire, de le regarder en face, dans toutes ses dimensions ethniques, sociologiques, historiques ? Ne serait-ce que pour les enfants d’aujourd’hui et leur sens de l’Histoire, ne faut-il pas encore pouvoir le lire, le dire et l’écrire ?

J’en viens à « Grin ». Rien de ce que j’ai écrit ne remet en cause l’existence de dominations et d’oppressions dans nos sociétés et de la nécessité d’agir pour les renverser ou les résorber. Je reconnais que mes parenthèses (« nécessairement » et « dites ») étaient inutilement provocatrices. Je les ai enlevées sur mon blog. Je crois que ma provocation, autant que l’apparition aux Etats-Unis des « sensitivity readers », visait ce pseudo-militantisme du clic et cette espèce de police culturelle qui tend à s’instaurer chez nous avec le support des puissants mécanismes de mobilisation des réseaux et d’Internet, police qui, au final, substitue une censure à une domination, sans renverser celle-ci. A moins qu’on ne veuille par cette police terroriser a priori les auteur•e•s ? La récente affaire autour du livre On a chopé la puberté a été un bon exemple. Et ce mot VICTOIRE affiché sur change.org parce qu’un éditeur avait baissé pavillon... J’attends le jour où Houellebecq se fera interdire ainsi. Cette police culturelle, c’est la police qui traque la lettre « V » dans les livres et même dans les conversations, dans le conte de Marie-Aude, 22 ! Voulons-nous vraiment l’instaurer ? Décerner aux livres des labels « garantie sans sexisme » ou « racism free » ? Les auteur•e•s pour la jeunesse, pour ce que j’en connais, je ne crois pas. Ils connaissent leurs responsabilités spécifiques. Pour le lecteur « jeunesse » que je suis, c’est sûr que non. Restent les prescripteurs pour la jeunesse, qui n’ont pas toujours le temps de tout lire. Il faudrait leur poser la question.

La discussion n’est évidemment pas close. Mais je voulais répondre par respect pour mes critiques. Quant à ma "statue" temporaire, Brel a chanté des choses définitives sur le sujet, dans la chanson éponyme (désolé pour cette référence de baby-boomer).

mamido

12/11/2018 à 17:20

Merci Monsieur pour votre blog. Je viens de terminer la lecture de "En nous …." et j'ai aimé, parce que je serais incapable de me livrer ainsi par peur des réactions de mon entourage proche. Mais là n'est pas le sujet.

Je trouve plutôt bien que vous fassiez ce blog pour, justement, ne pas rester cantonné au titre de "prince qu'on sort" (j'adore).Vous avez laissé à votre épouse toute latitude pour écrire et vous l'avez aidée. Tous les hommes n'en sont pas capables ou ne le veulent pas.

anouk

15/11/2019 à 09:49

:lol: :red:g adoré cet interwiev

ANNIE-FRANCE BELAVAL

16/04/2021 à 17:26

J'ai lu l'article avec plaisir et j'ai été atterrée par certaines réactions agressives. Elles se ressemblent d'ailleurs et j'ai cru qu'il s'agissait de la même personne.
Peut-être qu'avoir été la belle-fille de et maintenant dans le Lot, la soeur de Dan très actif
m'aident à comprendre différemment. Je m'en suis sortie en devenant une incontournable des rencontres littéraires de la métropole lilloise et de 2009 à 2018, animatrice d'un Café Littéraire, créé par des bibliothécaires en 1997 et qui continue avec d'autres présidentes.
J'aime toute la famille Murail et assimilé et j'aime les livres de la fratrie même si j'ai une préférence!
Je relis volontiers pour mon propre plaisir et aussi pour mes petits-enfants qui découvrent l'oeuvre (en revanche, je n'ai pas de réédition)

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29/03/2021, 16:44

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Auteurs professionnels : un statut non essentiel ?

Je ne suis pas le premier, je ne serai sûrement pas le dernier, mais je souhaitais m’exprimer sur la situation alarmante des artistes-auteurs dont je fais partie. Parce que pour parler net, il semblerait qu’on ait décidé en hauts lieux de nous laisser crever la bouche ouverte. Par Guilhem Meric.

25/03/2021, 10:01

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"La Maison des écrivains est menacée parce que la littérature est menacée"

La Maison des écrivains est en proie à des difficultés persistantes, clame l’association, qui diffuse un manifeste. Ce dernier, que signe l’ensemble de son conseil d’administration et de direction, dévoile la réalité de cette situation. Une structure qui n’est pas « entendue à la hauteur de ses ambitions », et a recours actuellement à un appel aux dons pour se sortir de l’embarras. Leur plaidoyer est ici diffusé en intégralité.

23/03/2021, 16:18

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L’appropriation culturelle et les Sensitivity readers

Ou la question du T’es-qui-toi-à-la-base-pour-causer-de-ça ? Suite à notre entretien avec l'éditeur Stephen Carrière, autour de la censure d'ouvrages, nous avons souhaité prolonger la réflexion posée sur l'avenir de l'édition. Et ce, à travers deux thématiques très contemporaines : le rôle du trigger warning, détaillé la semaine passée. Il évoque cette fois-ci les sensitivity readers et la notion d'appropriation culturelle autre enjeu pour l'industrie du livre.

22/03/2021, 08:11

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Le ministère de la Culture donne “le coup de grâce au rapport Racine”

La semaine dernière, le ministère de la Culture a dévoilé, d'une manière assez discrète, 15 premières mesures qui doivent « améliorer les conditions de création des auteurs ». Les principaux intéressés ne cachent pas leur déception : la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse y voit ainsi « le coup de grâce au rapport Racine ». Nous reproduisons ci-dessous le message diffusé par l'organisation.

15/03/2021, 16:09

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Hongrie : l'autrice Krisztina Tóth accusée de cancel culture par le gouvernement Orbán

De quoi l'expression cancel culture est-elle le nom ? Selon les contextes, elle est adaptée : quand le gouvernement de Viktor Orbán l'utilise, en Hongrie, c'est pour remettre en question la parole d'une autrice, Krisztina Tóth, vis-à-vis de l'histoire littéraire telle qu'elle a été écrite par la postérité. Le PEN Club français, dans une tribune, défend Tóth, accusée de « censure féministe » et menacée sur les réseaux sociaux. Nous reproduisons ce texte ci-dessous, en intégralité.

15/03/2021, 09:35

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Maroc : Maâti Monjib et les détenus politiques en besoin “urgent” de solidarité

Condamné le jeudi 28 janvier dernier à un an d'emprisonnement, jugé coupable de « fraude » et d'« atteinte à la sécurité de l'État », l'historien Maâti Monjib a entamé il y a quelques jours une grève de la faim pour protester contre une peine qu'il juge arbitraire. Le PEN Club français appelle à la solidarité envers l'écrivain et les autres détenus politiques au Maroc dans un texte que nous reproduisons en intégralité ci-dessous.

11/03/2021, 12:51

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Objet : atteinte aux droits sociaux des artistes-auteurs et autrices

Il n’y aura pas de confinement du week-end, ainsi l’a voulu Emmanuel Macron. Voilà qui laissera plus de temps encore aux ministres interpellés par une vingtaine d’organisations professionnelles, sur la question des cotisations sociales. Un courrier enlevé et senti, qui remet l’église au centre du village. Leur texte est ici relayé dans son intégralité.

04/03/2021, 14:31

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La Commission européenne en conflit avec les éditeurs et auteurs belges 

Depuis 2019, La Commission européenne refuse de verser une rémunération aux éditeurs belges pour la photocopie de leurs œuvres par des entreprises et des institutions publiques. L'organisme de gestion collective des ayants droit belges Reprobel publie aujourd'hui un communiqué pour protester contre cette décision. Selon eux, la Commission prétendrait à tort que cette rémunération constituerait une "taxe" dont elle-même et les institutions européennes qu'elle représente en sont exonérées. Nous publions ici leur texte dans son intégralité. 

 

 

03/03/2021, 11:09

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Rapport Racine : “Un an plus tard, nous n’oublions pas”

« Un an après la remise du rapport Bruno Racine, rien ne bouge plus. Notre situation économique et sociale n’a jamais même été aussi catastrophique ! Vous êtes donc nombreux et nombreuses à vouloir agir. Des actions sont nées spontanément de toutes parts (BD, audiovisuel, etc.), et ont été plus ou moins bien médiatisées. Mais, malgré des problèmes communs, rien n’avait encore été rédigé pour l’ensemble des créateurs et créatrices, qui sont pourtant unis par un même statut social et fiscal », indique la Ligue des Auteurs Professionnels.

02/03/2021, 15:43

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Les bibliothèques, “des biens communs au service de tous” (ABF)

L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) et d'autres organisations rappellent, dans un communiqué, la politique documentaire qui constitue le cadre du travail des bibliothécaires, garants des « équilibres de toutes sortes, à l’indispensable pluralisme des goûts, genres et orientations, sans jamais faire prévaloir leurs propres opinions ». Cette piqûre fait suite à deux événements récents qui illustrent une possible ingérence d'une hiérarchie administrative dans ce cadre et ces missions... Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du texte communiqué.

02/03/2021, 14:45

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Édition : M. le ministre, “les procédures bâillons menacent l’information”

La liberté d'information, mais aussi la liberté de publier, sont toutes deux menacées par un processus judiciaire vieux de cent quarante ans, dénonce l'éditeur Florent Massot dans un courrier envoyé au Garde des Sceaux, ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti. D'après Florent Massot, le coût pour l'accusé de la citation directe, dans le cadre d'une plainte en diffamation, est dangereux pour la liberté d'informer. Nous reproduisons ci-dessous le courrier envoyé par l'éditeur au ministre de la Justice, en intégralité.

26/02/2021, 15:11

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La “censure politique et idéologique” menace en Pologne

Le PEN Club polonais vient de communiquer à ActuaLitté une déclaration officielle sur la situation juridique du pays. Au cœur de cette intervention, un exercice de censure « politique et idéologique ». Une situation d’autant plus délicate qu’elle découle d’une destruction méthodique du travail universitaire, autant que d’une réécriture de l’Histoire. Le texte est ici présenté dans son intégralité.

26/02/2021, 14:16

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“La responsabilité sociale et environnementale est au cœur de notre projet”, Éditions Leduc

Les éditions Leduc viennent de communiquer un détail, non exhaustif, de leurs engagements écoresponsables, « mis en pratique depuis des années maintenant ». Et d’ajouter : « Comme toujours, ce sont tous nos services et chacun de nos salariés qui portent individuellement et collectivement ces engagements. » Le texte est proposé dans son intégralité.

25/02/2021, 09:54

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Recherche universitaire : une “police de la pensée” bientôt à l'oeuvre ?

Quand les situations économiques et sociales des étudiants et des universités frisent la catastrophe, les responsables politiques évoquent l'« islamo-gauchisme » qui orienterait de nos jours la recherche universitaire. Un concept aux contours flous, adopté par Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin et désormais Frédérique Vidal, dont la Ligue des Droits de l'Homme pointe la dangerosité. Nous reproduisons ci-dessous le texte que nous a fait parvenir l'organisation.

23/02/2021, 15:01

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Étudier la Shoah en Pologne et risquer un procès en diffamation...

Pour défendre la liberté d’expression et exprimer sa solidarité avec les professeurs et historiens Barbara Engelking et Jan Grabowski, le Centre PEN suisse romand interpelle le président de la République de Pologne. L’organisation fait part d’une grave inquiétude au sujet du procès en diffamation contre ces deux chercheurs de renommée internationale et co-auteurs d’une publication intitulée Night without End (Plus loin, c’est encore la Nuit) et publiée en 2018.

23/02/2021, 10:04

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Le PEN Club français condamne les violations évidentes des droits humains par le Maroc

Le jeudi 28 janvier dernier, l'historien et intellectuel Maâti Monjib a été condamné à un an d'emprisonnement, jugé coupable de « fraude » et d'« atteinte à la sécurité de l'État ». Un verdict qui survient plusieurs années après le début du procès en question, ouvert en 2015, et qui évoque une « mesure arbitraire » au PEN Club français. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, le texte diffusé par l'organisation.

22/02/2021, 16:44

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Biélorussie : créateurs, artistes, auteurs “particulièrement visés par la répression“

Depuis plusieurs mois, la Biélorussie traverse une forte période d'instabilité politique : si le président Alexandre Loukachenko a été réélu en août 2020, une partie de la population conteste les résultats de cette élection. Et, plus largement, dénonce le climat liberticide dans le pays. Le PEN Club français témoigne de sa solidarité avec les manifestants, et en particulier les créateurs et artistes, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

19/02/2021, 11:19

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Tribune : lettre ouverte à “Mon Amie L'Urssaf“

« Tu dois fredonner Dalida chaque matin au petit déj, mon Amie (cf : Paroles paroles) À l'autre bout du téléphone, l'AA (cf : Artiste Auteur) songe à se reconvertir. Moine Bouddiste ou Sado Maso ? Macramé ou bilboquet ? On hésite. » Virginie Jouannet est écrivaine et dépend du statut Artiste Auteur. Dans son texte que nous reproduisons ici en intégralité, elle évoque un quotidien fait d'infinies mésaventures administratives. 

17/02/2021, 12:06

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Territoires, collectivités et culture : “On ne peut plus attendre”

L’urgence se dessine. La Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC) alerte le gouvernement, alors que l'été se profile.... et que, déjà, des festivals annoncent l’annulation de leur édition 2021. Le désarroi s’ancre dans le monde des arts et de la culture. Une colère légitime grandit. Dans un tribune, la FNCC demande instamment à Roselyne Bachelot d'être reçue, et entendue. Leur texte est ici diffusé dans son intégralité.

16/02/2021, 11:37

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Marcel Proust devenu auteur de science-fiction

Chercher, Pierre-Carl Langlais adore : il s’est lancé dans des études en histoire de la presse, mobilisant les ressources de l’Intelligence Artificielle pour analyser des corpus entiers. Et au fil des morceaux de code, s’est intéressé à l’outil GPT-2 – logiciel de traitement automatique du langage, produit par OpenAI (société de Elon Musk). « À partir d’un corpus, on propose à la machine un début de phrase, et elle génère le texte qui suit. On peut ainsi croiser deux types de textes, pour emprunter un style à l’un et un univers à l’autre », nous explique le post-doctorant.

13/05/2021, 16:24

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HoomBand : lectures et ambiances pour les angoissés du sommeil

TEST – Le soleil revient, repart, les terrasses restent vides, les pro et anti-vaccins s’empoignent… tout cela donne envie de faire une belle sieste. Mais difficile de s’endormir avec un tel vacarme en bruit de fond ? Taratata, ActuaLitté vous a dégoté un petit gadget presque sexy, qui aide à l’endormissement. Une sorte d’assistant-conteur, capable de vous plonger dans une ambiance sonore, ou une œuvre, afin de favoriser le sommeil. En avant.

10/05/2021, 16:40

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Karl Zéro : l'absence de pub “donne une indépendance éditoriale”

À 59 ans, le journaliste Karl Zéro se lance dans une nouvelle aventure : il vient de lancer avec les éditions Télémaque L’Envers des affaires, un trimestriel décidé à prendre son temps. Une revue consacrée aux grandes enquêtes de notre époque, entre décryptages, analyses et théories. Et qu’il nous présente, avec élégance et sourires.

10/05/2021, 09:10

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Rembourser l'avance perçue : quand l'éditeur devient banquier des auteurs

Il plane dans l’atmosphère comme une odeur de faillites rances, dans certaines maisons d’édition. Au point que leurs dirigeants imaginent toutes les manœuvres à leur portée pour récupérer un peu d’argent — une fois la liquidation prononcée. Plusieurs témoignages concordants font état de demandes, parfois adressées par l’intermédiaire d’avocats, réclamant la restitution d’avances sur droits. Au moins deux structures y ont récemment eu recours, provoquant l’inquiétude des auteurs concernés. 

07/05/2021, 11:23

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En ce 1er mai, “Hommage à tous mes collègues précaires”

Marie Lebert est traductrice et auteure. Depuis des années, elle propose dans nos colonnes des réflexions sur les métiers du livre, l'évolution numérique de l'objet et bien d'autres. Son dernier dossier, Portraits de traductrices et traducteurs du passé portait l'accent sur l'un des rôles invisibles et cruciaux de l'édition. Aujourd'hui, elle souhaite rendre un hommage « à tous mes collègues précaires ». 

01/05/2021, 11:12

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Écouter des bandes dessinées, l'audacieux pari de Blynd

La jeune société de production audiovisuelle Blynd, installée à Lyon, s'est lancée dans un projet relevé : adapter des bandes dessinées au format audio, en s'affranchissant du support graphique. Tim Borne, cofondateur, revient avec nous sur les enjeux et les défis de ces adaptations sonores.

27/04/2021, 14:58

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La Grange Batelière : éditer “de la littérature populaire dans des livres précieux”

Antoine Cardinale collabore aux Ensablés depuis plusieurs année : cette interview qu'il nous propose a été réalisée suite à la publication d'un livre "oublié" d'Alexandre Dumas, Black, par une maison d'édition courageuse, qui soigne en outre la présentation de ses livres.. Par ailleurs, les Ensablés cherchent également à promouvoir les maisons d'édition pas forcément très connues, mais qui ont le courage de publier des livres... perdus dans les sables.

25/04/2021, 10:23

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“Le livre résiste partout, en France et en Italie” (Vincent Raynaud)

ENTRETIEN – « Je suis devenu traducteur d’italien parce que c’est l’une des langues que je lisais et quand j’ai commencé, il y a 20 ans, fin 2001, bizarrement il n’y avait pas beaucoup de traducteurs de l’italien. Il y avait d’excellents traducteurs, mais ils n’étaient pas très nombreux », nous explique Vincent Raynaud, qui officie également en espagnol et en anglais. Un entretien croisé entre France et Italie, autour de la littérature et de ses auteurs.

23/04/2021, 14:10

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Voyage dans la Rome de Gianfranco Calligarich, avec sa traductrice

Voici l’un des textes « intemporels » de la littérature italienne : Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich. Depuis 1973, date de sa parution, l’ouvrage du cinéaste et dramaturge, L'ultima estate in città, était resté inédit en France. Ancré à Rome, dans les années 60, il suit les déboires du jeune milanais Leo Gazzarra, perdu dans une vie privée de sens. Entretien avec la traductrice Laura Brignon.

13/04/2021, 09:51

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Covid : fatigue et inquiétude gagnent des bibliothèques

Depuis le 28 novembre, les bibliothèques, aux côtés des services d'archives et centres de documentation, font partie des seuls lieux culturels de proximité à être ouverts au public, malgré le contexte sanitaire. Ce sort réservé aux établissements de lecture publique, qui reconnaît leur caractère essentiel, en vient toutefois à peser sur certains professionnels des bibliothèques, qui craignent pour leur santé et soulignent une fatigue générale. À ce contexte viennent souvent s'ajouter des revendications plus larges, sur les conditions de travail.

09/04/2021, 16:32

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“L'émotion suscitée par les événements les plus minuscules” : hommage à Gil Jouanard

Gil Jouanard est mort le 25 mars dernier à l'âge de 83 ans. Directeur de la Maison du Livre et des Écrivains pendant deux décennies, à l'origine de nombreux événements littéraires, le poète s'investissait considérablement dans la vie de l'écrit. L'écrivain Antoine Spire, président du PEN Club français, lui rend hommage dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

07/04/2021, 14:37

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Avec ou sans pandémie, le difficile accès aux livres des détenus français

La pandémie de Covid-19 aura fait vivre à l'ensemble de la population l'expérience du confinement, de la privation de liberté et des difficultés qui les accompagnent. Parmi ces dernières, l'accès aux livres et à la lecture. Pour les détenus des prisons françaises, ce droit reste très difficile à faire appliquer, les progrès sont timides et le statu quo souvent de mise. La crise sanitaire, évidemment, n'améliore pas les conditions.

02/04/2021, 11:53

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Bientôt morts, vivants en sursis : Pré-Mortem, à découvrir en 6 séries et films

Patrick McSpare vient de faire paraître aux éditions Leha son dernier roman, Pré-Mortem. Ce passionné de mythologie celtique fait toujours naviguer ses univers entre un monde réel et des créatures fantastiques, pas toujours commodes. Dans ce livre, l’humanité tout entière apprend le jour précis de sa mort, lors de l’apparition de Banshees, le 31 octobre. Joyeux Hallloween…

02/04/2021, 09:43

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Antonio Tabucchi, “le plus italien des écrivains portugais”

Écrivain, certes, mais aussi traducteur de Fernando Pessoa en italien, Antonio Tabucchi a lié avec le Portugal une relation particulière. Enseignant tout à la fois la langue et la littérature lusophone, à Sienne, il est décédé à Lisbonne en mars 2012. Comme si quelque chose devait s’écrire ainsi. Clelia Bettini, de l’université de Coimbra, faculté de Lettres, nous en offre un portrait inédit.

01/04/2021, 16:33

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Juan Branco : “Il y a encore la possibilité d’une guerre civile dans ce pays”

ENTRETIEN — En 2018, Juan Branco publiait Crépuscule, un ouvrage qui mettait en lumière les puissances à l’œuvre derrière l’ascension d’Emmanuel Macron. Devenu un best-seller, le pamphlet avait accompagné l’élan révolutionnaire des Gilets jaunes. Aujourd’hui, l’avocat dissident publie un nouveau manifeste aux éditions Michel Lafon : Abattre l’Ennemi. Au sein de cette œuvre dont le titre annonce déjà la couleur, c’est une refonte totale de la politique française qui est proposée au lecteur « Ce livre est là pour aider ceux qui le souhaitent à rompre avec le système existant dans les mois et années à venir. »

 

31/03/2021, 15:27

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La lutte pour l’organisation d’élections professionnelles n’est pas un détail

L'écrivain Frédéric Maupomé vient de signer une tribune évoquant la question des élections professionnelles pour les artistes auteurs. Il nous propose ici un texte mettant à plat toutes les problématiques de ce sujet. Son plaidoyer est proposé en intégralité.

22/03/2021, 07:57

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Trigger warning en littérature : du danger d'avertir du danger

La censure de six ouvrages du Dr Seuss nous avait donné l’opportunité d’interviewer le traducteur français de certains titres. Stephen Carrière est avant tout éditeur, et posait les bases de réflexions plus profondes sur ce qu’il identifiait comme des menaces pour l’industrie du livre. Devant l'enthousiasme suscité par ce premier entretien, nous lui avons demandé de développer plus largement ses intuitions et de revenir sur la question du trigger warning. Un principe d’avertissement pas forcément charitable.

15/03/2021, 07:05

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“Chaque traduction est une nouvelle traduction“, Nathalie Bauer

Assise à un ancien bureau en bois, une série de gravures raffinées derrière elle, une femme élégante répond avec affabilité et calme à nos questions. Il s'agit de Nathalie Bauer, l'une des plus célèbres traductrices de l'italien vers le français, avec plus de cent cinquante ouvrages à son actif. Sa passion pour la langue italienne est née à l'âge de quinze ans et s’est développée en autodidacte à l’aide d’un livre, L’italien en 90 leçons. Son travail a commencé par hasard, à une époque plus facile, où l’on pouvait encore faire de la traduction littéraire son seul métier.  

09/03/2021, 08:57

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Développement rural et de sécurité alimentaire : La dernière mission

Auteur de l’essai La Faim du monde (Balland 2019), Nasser Brahimi travaille auprès d’agences internationales et pour des programmes liés aux Nations Unies. Le consultant, fils de parents algériens, a vécu à Paris, avant de retourner à Alger et de s’installer finalement à Rome. Expert en communication, il travaille au développement de deux agences, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et le Fonds international de développement agricole. Son texte raconte un moment de ces expériences.

07/03/2021, 17:31

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Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

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#AdopteUnLibraire : “Il n’y a pas d’écrivain sans librairie”

Les librairies ont été hissées au rang de commerces essentiels dans le décret n° 2021-217. Ou plus précisément « les commerces de détail de livres ». Contraint et forcé, comme tant d'autres, non plus d'imaginer, mais de vivre dans un pays aux librairies fermées, le romancier Gilles Marchand, auteur entre autres d’un Funambule sur le sable, adresse à ActuaLitté un texte passionné. 

03/03/2021, 11:10

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France : Amazon assigné en justice pour concurrence déloyale

EXCLUSIF – Le confinement a révélé, à son insu, quelques secrets de fabrication et autres télescopages douteux chez Amazon France. Un différend juridique entre une éditrice et son prestataire a mis en lumière de manière flagrante les arrangements de la firme, aboutissant à une distorsion de concurrence. Tout à la fois revendeur et fournisseur de services, elle aura rendez-vous avec la justice française pour en répondre.

02/03/2021, 15:10

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Québec : dix ans après, revient l'idée d'un prix unique du livre

La sortie de la députée Ruba Ghazal (Québec solidaire) a pris de court bien des observateurs et acteurs de l’industrie québécoise du livre. Pour autant, sa demande, « est pleinement pertinente », assure Katherine Fafard, directrice générale de l’Association des Libraires du Québec. Et pour cause, un prix réglementé sur la vente de livres intéresse. Et le Québec, de par sa position au sein du Canada, aurait toutes les armes pour se lancer dans la procédure législative.

02/03/2021, 09:12

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Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier.

01/03/2021, 09:10

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Vivants à l'unisson : à la défense du spectacle et des artistes

Ne pas laisser mourir les artistes et le spectacle : voici en quelques mots le sens du texte écrit et diffusé par le chanteur Cali, la thérapeute Anne-Laure Buffet et le poète Éric Poindron. Plus qu’un mouvement d’humeur, un appel à l’aide, parti à la défense (et illustration ?) du spectacle vivant. Un manifeste que ActuaLitté diffuse dans son intégralité.

28/02/2021, 10:35

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Le Pass Culture et la lecture : et si ça fonctionnait ?

Toujours en phase d'expérimentation, le Pass Culture doit prochainement révéler les conditions de sa généralisation à tous les jeunes Français et Françaises de 18 ans, doté de 300 € et non 500 € comme prévu. Dans les librairies, les niveaux des réservations sont généralement très bons, malgré certaines réserves sur les effets concrets du Pass dans la promotion de la lecture.

26/02/2021, 13:00

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Portrait des bibliothèques en ”sociétés d'émulation“, ou laboratoires d'idées

Les bibliothèques auraient l'environnement nécessaire pour devenir des think tank modernes – quoique le terme soit désormais connoté. L'auteur Jean Behue le suggère : il présente une invitation à réinventer les bibliothèques en sociétés d'émulation, ces cercles d'amateurs et de passionnés qui ont fleuri dès le XVIIIe siècle, et se sont prolongés par la suite dans un bel élan de libération individuelle et collective. Un billet à savourer.

22/02/2021, 09:36

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Éditeur indépendant : passion ou profession ?

« En avril 2021, cela fera 10 ans que je fais officiellement des livres, au sein de ma petite maison d’édition indépendante de livres d’art : les Éditions Hartpon. Si cette date anniversaire est une bonne occasion de constater que la “passion“ reste intacte, je me dis qu’elle pourrait l’être également pour faire un premier bilan de ma manière de considérer cette “profession“, aujourd’hui. » Par Caroline Perreau, fondatrice des Éditions Hartpon.

18/02/2021, 12:56

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L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

ActuaLitté

Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

ActuaLitté

Les avanies des auteurs face à l'URSSAF : “C'est de mal en pis”

« L'impéritie informatique et téléphonique de l'Urssaf vis-à-vis des auteurs se perpétue. Matinées perdues à tenter de parler à un humain, site informatique nase, lettre comminatoire vous enjoignant de faire une déclaration en ligne sous peine de lourdes amendes, journées en vain perdues à tenter de le faire... » Dominique Sels est autrice, et comme d’autres, en proie aux affres de l’URSSAF. Dans un billet, elle évoque les difficultés rencontrées « avec ces bandits de grand chemin ».

16/02/2021, 09:22

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Ankama, c’est aussi de la bande dessinée

RENCONTRE – Ankama Éditions fête ses quinze ans cette année. Occasion de revenir sur une initiative éditoriale née un peu par hasard. Ankama, c’est avant tout des jeux vidéo en ligne, mais aussi des livres. Si la société roubaisienne est toujours associée à Dofus, elle s’est aussi fait une place dans le monde de l’édition, et plus particulièrement de la bande dessinée, en une quinzaine d’années. 

09/02/2021, 13:06

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Pour avoir préféré la croyance à la pensée, et pour le reste : “Ni oubli ni pardon”

Depuis des mois maintenant, le monde de la culture et de la création ne cesse de hurler  à la mort. La sienne. Mille fois, du plus humble au plus célèbre, les créateurs, auteurs ou interprètes, dans une unanimité inédite, ont répété partout que fermer durablement les lieux de spectacles, de monstration, de vente, était un désastre. Désastre culturel, désastre économique, désastre personnel, désastre social, désastre psychologique, désastre à tous les étages. Par Yves Frémion, écrivain animateur de PEPS-Culture.

09/02/2021, 11:10

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Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55