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L'anglais en langue commune de l'Europe, “une dérive inadmissible

Le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie en appelle à Emmanuel Macron pour qu’il agisse fermement contre l’adoption par les institutions européennes de l’anglais comme “langue commune”. Langue de collaboration et de travail, elle représenterait « une dérive doublement inadmissible : elle est contraire aux traités qui régissent la politique linguistique de l’ U.E, donc illégale, et absurde après le départ du Royaume-Uni (Brexit) ».

Le 18/05/2022 à 11:55 par Auteur invité

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18/05/2022 à 11:55

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Le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (UCILFF), ses 34 associations et 186 personnalités membres, ont rappelé au Président de la République sa promesse du 7 mars 2021, réitérée notamment le 15 février 2022, transmise par lettres de son gouvernement (M. Clément Beaune, S.E. aux Affaires européennes), d’utiliser son tour de présidence du Conseil de l’Union, au 1er semestre de 2022, pour mettre fin au coup d’État de la Commission européenne, du Parquet européen et de la Cour des Comptes de l’UE.

Ces trois institutions de l’Union avaient en effet, dès 2020 avec l’officialisation du Brexit, décidé de leur propre chef de garder l’anglais et même de le promouvoir « langue commune », en en faisant leur unique langue de travail de fait. Coup d’État, puisqu’une telle décision relevait du seul Conseil des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union. Décision illégitime, puisque l’Europe est diversité politique, surtout linguistique et culturelle.

Décision illégale, violant les textes de base de l’Union : le traité de Rome de 1957, la Charte des Droits fondamentaux, et le Règlement n° 1 de 1958 sur les langues officielles et de travail. Saisi d’un recours par Avenir de la Langue française (ALF), le Tribunal européen s’est déclaré en août 2021 incompétent sur le fond. 

Le Haut Conseil international attend donc toujours du Président de la République réélu exerçant encore, ce présent semestre, la présidence du Conseil de l’Union, qu’il honore sa promesse avant la fin de cette présidence, et annonce publiquement, avant les élections législatives de juin 2022, les résultats acquis ou espérés de ses démarches. 

crédits photo : Aldo De La Paz/ Unsplash

 
 

Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com

56 Commentaires

 

mp.mac

19/05/2022 à 05:25

Le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (UCILFF) se réveille alors que la messe est dite depuis longtemps : tous le papiers scientifiques partout dans le Monde sont rédigés en anglais, toutes les entreprises internationales communiquent en anglais, au sein du Conseil européen la langue commune est l'anglais, etc, etc. J'espère surtout que l'UCILFF ne touche pas de subventions conséquentes provenant de mes impôts ?! I faut dire aux 34 associations et aux 186 personnalités membres que c'est avant qu'il fallait se réveiller !

Marie

19/05/2022 à 08:02

Eh oui, hélas, "la messe est dite" depuis longtemps.Benoit Duteurtre avait écrit, en dernière page d'un Monde diplo, il y a deux ou trois ans, un article d'humeur et humoristique sur ce sujet, d'autant que le Brexit excluait le RU de l'UE ! Cela fait belle lurette que je "re francise" tout ce que je peux quand je m'exprime, c'est si peu...

Jean

19/05/2022 à 09:13

Merci, Marie.
Soyons nombreux à suivre votre exemple. Ne lâchons rien. Traduisons.

Denis Griesmar

23/05/2023 à 14:43

L'UCILFF dont je suis membre (bénévole) ne s'est pas "réveillée trop tard" ! Les efforts des militants conscients (comme ceux de l'ALF - Avenir de la Langue Française) ont été tout implement rembarrés, non mentionnés, par les "grands médias", aux ordres de quelques milliardaires, et imbibés de propagande anglo-saxonne. Le Protocole de Londres, éliminant le français dans les brevets d'invention, n'a pas été dopté "naturellement", mais grâce à la trahison des "représentants de la France" (sic). Le problème est le décervelage de ce qui nous sert de "zélites" en France. Face à cela, il est difficile de donner toujours des leçons de linguistique, de droit, d'histoire et de dignité.
Denis Griesmar, ancien vice-président de la Société Française des Traducteurs.

SamSam

23/05/2023 à 20:21

Voilà qui est bien asséné. Toutes ces zélites proclémées élites par les médias aux ordres des parasites millardaires sont tous vendus ou valets enthousiastes de l'anglo-saxon, plus précisément des USA, qui dépensent des millions de dollars chaque année pour minorer la culture des autes pays et maximiser la présence et l'influence de la leur. Il suffit de regarder la télé décervelante et culturellement totalement américanisée que nous offre le ministère de l'Inculture grassement payée. 90% de série anglo-saxonnes, plus des films américains comme s'il en pleuvait. Dans notre propre pays, la culture française est réduite à la portion dans la medias grands publics.

mp.mac

23/05/2023 à 17:01

Ben ça alors ! Dans le message précédent ce n'est pas ce que j'ai écrit ! Il y a des ajouts qui ne sont pas de ma plume, etc.... Qu'est ce que c'est que ce bordel ?

SamSam

19/05/2022 à 09:54

Pour voir le français à l'honneur et toutes les langues coexistant ensemble sans problème finalement de pouvoir, d'une conception toujours archaïque dans sa verticalité, il faut quitter l'UE. Et obliger les multinationales françaises à écrire et parler en français - libre à elles de traduire pour des entités autres que la France.
Là, comme ailleurs, MacronMcKinsey travaille pour la langue non pas anglaise mais US, comme ses prédécesseurs valets consentants et/ou corrompus des USA.

Marie

19/05/2022 à 10:49

Vous rejoignez ainsi le combat de F. Asselinneau, qui sait de quoi il parle, lui, alors que les "européistes" ne voient que la face visible de l'iceberg.On a dit pendant longtemps que l'UE était un rempart contre la guerre...Et maintenant ?

NAUWELAERS

26/05/2022 à 21:40

Vous êtes SamSam mais pas l'oncle SamSam, vous !
(Ensemble, pleurons presque de rire.)
CHRISTIAN NAUWELAERS

SamSam

23/05/2023 à 20:24

Attention, les jeux de mollets font les gens bêtes...

Forbane

19/05/2022 à 10:11

Une initiative vitale.

Ribiata

19/05/2022 à 11:38

je ne sais pas si "la messe est dite" mais le problème est que nous n'avons pas vraiment de solution viable à opposer à l'anglicisation. L'anglais se répand comme langue commune par la force de l'usage. C'est le résultat d'une domination économique et politique. Le latin n'a pas fait autrement. Ou le français à ses grandes heures, quoique dans une moindre mesure. Alors quoi ? Même si certains anglicismes ou usages domestiques de l'anglais m'agacent parfois, il faut bien avouer que notre réactivité sur la question est largement celle d'ex-concurrents surclassés. Il n'y a qu'à lire les articles des années 60 par exemple où le français se posait encore en comparaison de l'anglais : on comptait les locuteurs, on prétendait mesurer les qualités intrinsèques respectives des deux langues... C'était déjà un combat d'arrière-garde qui tentait de s'appuyer sur une prétendue supériorité (esthétique, analytique, littéraire... que n'a-t-on pas lu !) du français. Ce poison de la hiérarchisation, celle des langues évoque assez celle des races ou des cultures, court encore en sous-main de certaines "défenses" du français. Si vous ne voulez pas adopter l'anglais comme langue commune, apprenez donc le chinois ou même l'espagnol ! J'aime le français parce que c'est ma langue sans lui attribuer nulle supériorité. Son histoire comme son évolution m'intéressent. J'essaye de la bien pratiquer... tout en sachant les limites de ce "bien". À terme, seul l'usage compte. Ah, dernière cruauté : c'est par anglicisme typographique que vous mettez des capitales à langue et à francophonie, l'usage et le code typographiques français prescrivent : Haut Conseil international de la langue française et de la francophonie.

2flo

19/05/2022 à 15:58

Vous avez tout dit ce que je voulais dire, je suis aussi pour la pratique du français surtout que notre langue est intéressante mais hélas, l'anglais domine et il va falloir s'y faire. Et le concours de l'Eurovision l'a prouvé: l'anglais était plus présent que le français ou les autres langues de l'Union (je parle du parlé pas du chanté, quoique...)

Marie

19/05/2022 à 17:42

Vous écrivez "l'anglais domine et il va falloir s'y faire"...ce n'est que la langue de la révolution industrielle qui a vu naître le capitalisme.C'est la langue du Commonwealth aux dérives majuscules.C'est la seule langue vivante proposée quand j'étais potache, et que j'apprenais déclinaisons latine et grecque (Dieux merci!).Aucun désir d'aller au RU mais Assimil m'a aidée à apprendre l'allemand, et à présent c'est le chinois que j'aime et étudie (10 ans). Ce sont les hommes qui devraient être décideurs et agir en conséquence, dans le refus de pratiquer cette vilaine langue qu'est l'anglais

SamSam

23/05/2023 à 20:35

Oui, moi aussi ça m'irrite profondément ce défaitisme. C'est une question politique majeure parce qu'elle implique la définition de la souveraineté que nous voulons. Une vraie souveraineté nous permettrait de retrouver facilement la dominance générale de l'anglais dans nos échanges avec l'étranger, parce qu'elle signifierait que nous exigeons que les échanges soient dans les deux langues, si échanges bi-partites. Pour retrouver le "préalable", la souveraineté, deux instruments. Un, le RIC, deux la sortie de l'UE et de l'OTAN.

Ribiata

24/05/2023 à 22:54

je ne sais pas comment les commentaires de Marie et de SamSam se retrouvent associés à mon commentaire initial et vaguement approbateurs mais ils n'ont manifestement pas lu ce que j'ai écrit... qui n'a rien à voir avec leur souverainisme qui correspond parfaitement à ce que je dénonçais par ces mots : "réactivité [...] est largement celle d'ex-concurrents surclassés." Pour être plus clair, la détestation de l'anglais de Marie relève pour moi typiquement de cette aigreur de "concurrents surclassés", de mauvais perdants pour le dire autrement. Et caractériser l'anglais de "vilaine langue" pour mieux chanter les louanges du français relève d'un nationalisme étroit et d'une grande ignorance en termes linguistiques.
Arrêtez donc de hiérarchiser ainsi le monde (selon les critères qui vous autovalorisent) et débarrassez-vous de vos préjugés.

Marie

25/05/2023 à 13:29

Oh! Rabiata, que vous me faites rire, UN AN ET SIX JOURS APRES!!Merci.C'est vrai vrai que votre pseudo (ou prénom, ou patronyme?) sent les épices, comme les pâtes à la même sauce (italienne). elles d'ailleurs la couleur du rosbif que vous devez aimer.Dommage que l'on ne lise pas plus souvent de vos commentaires? Le dernier, d'hier, étant hilarant...Il y a tellement de gens de par le monde, qui n'ont rien à dire, qu'il leur importe peu de mondialiser leur carence avec l'anglais, n'est-il pas?

Ribiata

25/05/2023 à 22:49

je vois d'après votre réponse que vous êtes à court d'arguments et que, outre ce mauvais rire qui sonne faux et ne rayonne d'aucune joie, vous vous en prenez maintenant à ma personne... et à mon pseudo... que vous avez mal lu. Ri- pas Ra- et vous ignorez autant les langues étrangères que votre propre langue et l'histoire de sa formation. Bref, Ribiata, ce n'est pas de l'italien mais du russe et ça veut dire "bande de copains". La délicieuse sauce italienne, c'est "arrabiata" = enragée (parce qu'elle est pimentée).
Changez de lunettes, reprenez un peu de ces délicieuses pâtes... et débarrassez-vous de vos préjugés, votre rire redeviendra clair et aimable

Marie

26/05/2023 à 07:44

Et moi je vois surtout que votre "anglophilie" vous prend la tête et que, malgré tout (ou à cause de), vous avez été vaccinée contre...l'humour, fut-il anglais. Vous corrigez soigneusement le i par le a dans votre pseudo, comme si j'ignorais l'appellation du plat italien que j'adore. Vous, vous avez besoin de grosses "loupes" pour éclairer votre mental brumeux qui, manifestement ne sait plus où il en est vraiment, depuis un peu plus d'un an où vos écrits incompréhensibles ont leurré au mois deux lecteurs. Reposez vous, vous en avez grand besoin.Et je continuerai modestement de dire "bonne fin de semaine" au lieu de bon ouiquinde. Profitez en.

Ribiata

27/05/2023 à 22:53

pourquoi répondez-vous par l'invective à des arguments ?
Je suggère une excellente lecture d'Anne Abeillé et Julie Neveux "Le français va très bien, merci" qui font notamment cette réflexion : "Le seul moyen d'abîmer une langue, c'est de ne pas la parler, or le français n'a jamais été autant parlé."
L'ouvrage répond à cette préoccupation : "L’accumulation de déclarations catastrophistes sur l’état actuel de notre langue a fini par empêcher de comprendre son immense vitalité, sa fascinante et perpétuelle faculté à s’adapter au changement, et même par empêcher de croire à son avenir !"
Et un site pour combattre qqs idées déprimantes : https://www.tract-linguistes.org/

NAUWELAERS

28/05/2023 à 21:28

Ribiata,
Désolé mais non.
Assez de cette cécité intellectuelle et d'autres linguistes bien plus crédibles n'adhèrent pas le moins du monde à ces propos lénifiants.
Vous devriez sortir de votre bulle,comme ces linguistes, et constater que le français écrit est bel et bien massacré notamment sur les réseaux sociaux.
Ainsi que par l'invasion des anglicismes que même le regretté Alain Rey, bien plus crédible, déplorait.
Assez de cette culture du déni.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Ribiata

29/05/2023 à 16:54

soit... mais je n'ai pas vu un argument de fond, d'ordre linguisitique, dans les interventions de Marie ou la vôtre. Diatribes, attaques ad hominem (ou feminem). Ce qui ressemble le plus à un argument dans votre intervention, ce sont des arguments d'autorité dont on sait bien ce qu'ils valent et vous ne livrez même pas la thèse de ces linguistes inconnus. C'est dommage, ça enrichirait la discussion.
Quant à e appeler à A. Rey, dans votre position, c'est délicat. Voici qqs extraits de son interview dans Le Figaro du 3 novembre 2019 au moment de la publication de son dictionnaire historique. L'article est intitulé Alain Rey: «La langue française ne s’appauvrit pas, au contraire».
Extraits :
Le Figaro : Pensez-vous que le français évolue trop vite?
A. Rey : Les moyens de communication ont changé. Au XVIIe siècle, un mot nouveau allait à la vitesse de la diligence. Aujourd’hui, tout va à la vitesse de notre technique, c’est-à-dire très vite.

LF : Vous écrivez dans votre prologue «les langues croissent à mesure que les langues changent». Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle langue française?
AR : À chaque époque, nous avons cette impression. Il n’est pas faux de le penser mais c’est aussi une illusion d’optique. La langue change en même temps que l’ère dans laquelle elle se trouve [...] L’usage change. Et ce changement est perpétuel. Finalement, personne ne connaît vraiment le français. Son apprentissage ne sera jamais terminé car la langue évolue tous les jours.

LF : Que répondez-vous aux déclinistes qui pensent que la langue s’appauvrit?
AR : C’est un contresens complet. Ce que l’on remarque, c’est un appauvrissement de l’usage de la langue par certains de ceux qui la pratiquent. La langue française ne s’appauvrit pas, au contraire...

LF : Les jeunes peuvent-ils empêcher cet appauvrissement? On vous a vu parler de langue française avec des «Youtubeurs» comme Squeezie...
AR : Oui, ils se sont amusés de mots très savants...

LF : Le problème n’est donc pas d’employer des anglicismes mais de n’avoir que ça à la bouche?
AR : Absolument. Employer les mots qui viennent de Californie entraîne un phénomène: le cerveau les accumule au détriment d’autres mots. Pour autant, nous observons que certains jeunes utilisent des termes issus de la bouche de leurs grands-parents. Ainsi, ils les réactualisent et empêchent la disparition de tout un vocabulaire...

LF : Certains regrettent la disparition de certains temps grammaticaux. Et vous?
AR : L’imparfait du subjonctif et le passé simple sont des temps qui disparaissent. Or, en se perdant ils n’entraînent pas d’enrichissement. Je regrette la disparition de la conjugaison. De la même façon, l’interrogation disparaît. On dit «viens-tu?» au Canada et non «tu viens?» comme on l’entend en France. Je trouve cela dommage quand une telle nuance est perdue. Mais on ne va pas à l’encontre de l’usage. C’est lui qui aura toujours le dernier mot.

Cette entrevue est intéressante... elle place nettement A. Rey du côté de l'usage, qu'il a toujours mis en avant dans son travail, une des caractéristiques de ses dictionnaires étant justement d'être beaucoup plus près de l'usage que d'autres comme le Larousse... ou celui de l'Académie !
Et ce dernier paragraphe est particulièrement intéressant : il dit regretter la disparition de la conjugaison ou de certaines formes syntaxiques. Mais il ne la condamne pas. Au contraire, puisqu'il conclut : "C'est lui [l'usage] qui aura toujours le dernier mot". Il fait donc la différence entre ce qui est bon pour lui (les formes qu'il aime et qui disparaissent) et ce qui est bon pour la langue.

Or, c'est précisément ce qui me dérange dans vos positions. Moi aussi, je peux être choqué par certains usages ou certaines évolutions. C'est un sentiment personnel. D'ailleurs, j'en trouve d'autres drôles, savoureux et intelligents. Il n'y a rien de mal à s'autoriser une certaine nostalgie. Mais lorsque la nostalgie se transforme en idéologie avec des prétentions normatives et potentiellement contraignantes, c'est alors qu'elle devient inquiétante car, contre l'usage, contre la réalité, contre l'avenir, elle se réfugie facilement du côté de la force et de la violence.



Camille

25/05/2023 à 16:45

"À terme, seul l'usage compte."

Alors à quoi bon apprendre à bien parler et écrire le français (à respecter sa langue, sa culture, sa littérature, donc) puisqu'il est aujourd'hui d'usage de le massacrer partout, y compris à l'école où il n'est même plus enseigné correctement ?...
Seul le bon usage doit triompher. Certainement pas le mauvais d'aujourd'hui, fait d'ignorance, d'indifférence et de crétinerie.

Ribiata

25/05/2023 à 23:38

ah ! quelle amertume sur le présent ! Croyez-vous donc que la langue que vous parlez soit le fruit d'une histoire du "bon usage" ? Elle est avant tout le résultat des usages des siècles passés, notamment de générations et de générations de gens qui la parlaient, illettrés et que la pauvreté tenait bien souvent éloignés de toute considération pour le "bon usage" ! Ils ont formé la langue de manière bien plus profonde que les interventions superficielles et limitées aux élites des gens de lettres et des rares gens éduqués. Bien des formes grammaticales, des mots, que vous employez maintenant, sont en fait issus d'usages "fautifs" du passé. Le français lui-même est du latin fautif.
Les jeunes le parlent maintenant, ce français actuel, et font preuve de tant d'inventivité pour adapter leur langue au monde qui change. Sont-ils ignorants ? Je ne crois pas et je me souviens trop des vieux qui me corrigeaient pour les imiter maintenant, ces vieux qui inventent un passé à leur mesure pour tenter de garder leur emprise sur ce qui leur échappe. Ces jeunes, comme vous lorsque vous adoptiez la langue de vos copines et copains tout simplement pour communiquer avec eux et vivre votre vie avec eux, utilisent et inventent la langue de leur temps, elle n'est ni meilleure ni pire que la vôtre, elle est mieux adaptée au présent, elle-même deviendra obsolète.
Croyez-vous pouvoir résister à la puissance de ce mouvement ? D'ailleurs, pensez-y, mais vous-même, combien de mots, de tournures, employez-vous tous les jours et qui seraient incompréhensibles à l'adolescent-e que vous avez été et combien de mots et d'expressions avez-vous abandonnés au fil du temps ?
Et à quoi bon cette lutte ? Pour combattre votre sentiment de perdre votre adéquation au monde tel qu'il est ? Face à ça, nous avons le choix : option 1, nous accrocher à des formes que l'on croit être les bonnes, "à sauvegarder", parce qu'elles correspondent à notre jeunesse ou à un passé survalorisé, idéalisé (le "bon vieux temps") ? Option 2, nous garder alertes face au monde... et accepter de se dire que, comme nous avons fait courir nos parents, c'est à nous maintenant de comprendre et d'aimer la jeunesse du monde... et de courir un peu après. Et si vous ne les jugez pas, vous les comprendrez mieux, vous vous libérerez de votre amertume et ils viendront volontiers vers vous, ces jeunes, curieux qu'ils sont de ce que vous pouvez leur apporter :)
Personnellement, mon choix est fait.

Camille

29/05/2023 à 10:15

Ce faisant, vous niez par là même les grands écrivains dont l'adresse à manier et bien parler leur langue fait précisément le génie.
Si tous "les" français se valent, à quoi bon enseigner le français, le bien parler, le bien écrire ? A quoi bon être professeur de français ?...
Quiconque prétend que ce qui sort de la bouche d'un ado mal éduqué ou d'un journaliste ignare de l'AFP égale Colette ou Genevoix est coupable de relativisme.

NAUWELAERS

29/05/2023 à 12:32

BRAVO Camille et merci !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Ribiata

29/05/2023 à 17:32

"à quoi bon enseigner le français ?" demandez-vous. Mais justement, pour donner à l'ado ignare un outil riche, la maîtrise du langage est la clé de toute éducation, et elle passe nécessairement par une langue particulière, le français en l'occurrence.
Mais si tout ado, de par sa jeunesse, a beaucoup de choses à apprendre, il n'est pas nécessairement ignare, terme qui dénote le mépris, pour autant. Au contraire, il peut nous apprendre beaucoup de choses sur notre monde. Quant au journaliste de l'AFP, que vous semblez mépriser tout autant, il a souvent à travailler vite et son objectif est l'exactitude factuelle pour nous informer et travailler à notre bonne connaissance du monde comme il va. A part les "grands écrivains", plutôt du passé semble-t-il, y a-t-il certains de vos contemporains que vous ne méprisez pas ? Je l'espère, le mépris n'est pas un sentiment heureux.
Et je plaide coupable pour le relativisme si, par ce terme, vous entendez tenter de comprendre les divers points de vue, être curieux de ce qui est différent de moi et y trouver de quoi m'enrichir. Si vous pensez que cela m'empêche de penser par moi-même, vous vous trompez. Faites vous-même l'exercice : parmi les gens qui nous entraînent vers la violence, trouve-t-on plutôt des "radicaux" ou des relativistes ?
Vous semblez penser que la littérature a pour objet la "belle langue". Mais vous devez savoir combien ces "grands écrivains" ont pu choquer en leur temps par leurs inventions ? Aucun qui n'ait soumis la langue à un travail pour l'adapter, pour trouver une forme qui convienne à ce qu'il avait à dire sur le monde en devenir avec son cortège de conflits, d'horreurs, de beautés et d'espoirs.

Reshad Nazroo

19/05/2022 à 14:53

Ce qui est inadmissible, c'est que le russe soit encore une des langues de travail potentielles de l'U.E., surtout après l'invasion illégale de L'Ukraine. Apparemment, c'est "cool" de parler l 'anglais, et ce partout dans le monde. Au Québec, le canadien anglais n'échappe pas à cette tendance. Donc, c'est une dérive surtout politique et non uniquement linguistique. Rappelez-vous le combat, contre le franglais (babélien) d'Etiemble qui a connu un grand succès, mais qui était perdu d'avance. Car, autant que je sache - et cela concerne toutes les langues - l'Histoire demontre que c'est beaucoup plus simple et facile de s'approprier une langue que de combattre sa diffusion. L'illusion de la pureté linguistique est aussi dangereuse que celle de l'ethnicité, car tout idiome est un produit du métissage culturel et linguistique.

Ribiata

19/05/2022 à 21:58

Poutine et l'espèce de junte politique qui tient le pouvoir politique en Russie ont envahi l'Ukraine. La langue russe ne leur appartient pas. Elle les dépasse. Comme toute langue s'ancre dans les populations présentes et passées et se projette dans l'avenir, toute langue dépasse largement ces circonstances. S'il faut jeter des ponts par-dessus les conflits, c'est bien grâce aux langues que cela reste possible, à leurs dimensions universelles. Il faut arrêter d'acheter du gaz et du pétrole à Poutine mais il faut tous aller apprendre le russe :))

NAUWELAERS

26/05/2022 à 21:42

Non merci.
CHRISTIAN NAUWELAERS

mp.mac

24/05/2023 à 09:02

Bonne idée d'appendre le russe, vu que nous ne sommes pas du tout préparé à la guerre de Haute intensité qui nous attend et le résultat sera le même qu'en 40 car nous nous étions fait surprendre par la guerre éclair.

mp.mac

20/05/2022 à 03:11

Je me souviens d'un voyage en train en compagnie de deux étudiants roumains, ces braves garçons me disaient - dans un français parfait - qu'à chacune des manifestation à propos de la francophilie en Roumanie ils faisaient parvenir une invitation à l'ambassade de France qui n'envoyait personne et n'avait même pas la courtoisie de s'excuser... Bon je vous laisse vous lamenter et je retourne travailler mon anglais (US), business is business !

mp.mac

20/05/2022 à 04:09

Plus aucun élève ne sait faire les quatre opérations à la main, quel élève du secondaire sait encore poser une division ? Merci aux calculettes ! Il y a fort à parier que le même modèle s'appliquera aux langues étrangères, il suffira d'un petit boîtier ou d'un smartphone, sans doute connecté à une oreillette ; la farce sera jouée vu les progrès extraordinaires en Natural Language Processing (NLP), en français : Traitement Automatique du Langage Naturel (TALN) ! Ce sera là encore le sujet de bien des jérémiades.

Matthias Sauvergeat

26/05/2022 à 21:00

Faisons de l'espéranto la langue commune pour l'Europe.

Dix fois plus facile que l'anglais à apprendre elle est constituée du vocabulaire des langues européennes et sa grammaire est sans exception et logique...

NAUWELAERS

26/05/2022 à 21:46

Espéranto, la belle utopie qui jamais ne put s'imposer...
Et j'adore le français.
Cette langue est magnifique et peu me chaut ceux qui sont incapables d'être séduits par elle.
Ou qui la banalisent.
Je l'aime d'amour.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Matthias Sauvergeat

27/05/2022 à 10:07

Le français comme langue commune européenne ce ne serait pas une solution non plus par rapport aux autres langues européennes.

Apprenez l'espéranto, saluton!

Kaj bonan tagon!..



NAUWELAERS

27/05/2022 à 17:40

La solution, c'est d'aimer et apprendre toujours plus le français, sans exclure d'autres langues comme l'anglais et d'autres.
Mais ma passion pour le français est partagée par plein de gens et c'est avec eux que je suis: de coeur, d'esprit et de viscères !
Salutations.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Matthias Sauvergeat

27/05/2022 à 18:30

Le problème c'est que le français n'est pas une langue internationale comme pourrait l'être l'esperanto.

Vous l'avez compris je suis esperantiste...

vendredi

06/06/2022 à 22:51

Bonjour
La raison pour laquelle les Etats-Unis d’Amérique sont devenus une grande puissance mondiale, c’est qu’ils ont compris que l’UNION FAIT LA FORCE. 50 Etats, Une Nations, Une seule langue.
Les pays d’Europe sont restés «NATIONALISTES », en clair, divisés.
Aujourd’hui, lorsque l’on propose de corriger ce problème en choisissant une langue commune, le « sacro-saint Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie » crie : « Ô SCANDALE… ». Sachez que c’est une proposition tout à fait sensée. L’Anglais est utilisé dans le monde des affaires, la diplomatie, les sciences, sur Internet, dans le monde entier. L’Anglais et certainement la langue la plus simple à mettre en place. Plus que le français ou toutes autres langues européennes. Alors cessez de nous faire chier, et laissez l’Europe se construire…
Cordialement

Matthias Sauvergeat

06/06/2022 à 23:13

Et que pensez-vous de l'espéranto comme langue commune européenne?

Vous êtes vous déjà penché sur la question d'une langue neutre, équitable et facile à apprendre !

NAUWELAERS

06/06/2022 à 23:38

D'abord, vendredi, vous n'êtes pas obligé de terminer votre péroraison -même si je suis en désaccord total avec (ou contre) elle- sur une note aussi vulgaire.
D'autre part, les pays n'ont pas à se soumettre à un grand tout européen et mondialisé dont l'anglais donnerait le la...bien que le chinois soit plus parlé que l'anglais, à l'échelle de la planète.
Il est hors de question de laisser le français devenir une langue secondaire au profit d'un anglais qui n'est souvent que du «globish» technomarchand, uniforme et sans âme.
Ce que vous souhaitez fait horreur à ceux qui croient encore à l'âme des peuples.
Si vous êtes incapable de différencier cela du nationalisme belliqueux dans le style russe, c'est votre problème.
Et quid de la diversité dans votre plaidoyer de triste acabit, tant vantée par ailleurs (incohérence, quand tu nous tiens !).
Plus la langue française est attaquée et ringardisée (par qui ?), plus on réalise à quel point elle est belle, précieuse et essentielle.
Non à votre idéal atlantiste et non à ce grand équarrissage généralisé que vous prônez.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Matthias Sauvergeat

07/06/2022 à 12:22

"une langue pour tous"

"Unu lingvo por ĉiuj"

Esperanto kiel universala lingvo tuj !..
(l'espéranto comme langue universelle tout de suite ! )...

Juan lobo

10/04/2023 à 17:05

En 2017 alors candidat , il déclare à l Université Humbolt à Berlin qu’il s exprimera en anglais .
Il explique qu’ en français il ne serait pas compris , qu en allemand non plus , alors pour être efficace et sur d être compris de son auditoire il s exprimera en anglais .
Macron président applique ce qu il avait implicitement annoncé l anglais langue de l Europe.

Matthias Sauvergeat

11/04/2023 à 08:26

C'est normal, le président Macron n'a jamais appris l'espéranto : il faut qu'il s'y mette pour ne pas être ringard

mp.mac

12/04/2023 à 14:00

Très bien notre président parle un bon anglais couramment !
Envoyez un CV à une boîte de nouvelles technologies et/ou qui bosse à l'international avec pour toute langue étrangère l'espéranto et vous verrez le résultat ! MDR

mp.mac

23/05/2023 à 16:07

Il parait tout à fait normal que les institutions européennes adoptent l’anglais comme “langue commune”. C'est la langue de collaboration et de travail entre les continents, tous les papiers scientifiques sont publiés en anglais et toutes les grandes entreprises et institutions internationales communiquent en anglais, c'est un fait que l'on constate chaque jours pour peu qu'on s'intéresse à ce qui se passe dans le monde.
C'est pathétique, toutes ces institutions d'arrière garde qui se réveillent pour crier à la dérive inadmissible. C'est depuis le XVIII ème siècle que nous aurions du promouvoir le français, le combat est perdu, point final. Welcome !

SamSam

26/05/2023 à 09:56

La langue, comme le monde qui se fait sous nos yeux de français, est multipolaire. C'est l'irrésistible vent de l'Histoire, le retour de la multiplicité, de la singularité, la floraison fauve des langues jusqu'ici écrasées par l'anglo pidgin UE imposé par les canailles corrompus des anti-institutions "europénnes". En fait les langues des peuples reviennent au jour, et c'est tant mieux. Il faut bouter l'anglomaniaquerie hors de France, hors du monde autre que ce groupuscule autour des USA. Ce qui aura des implications, des corrélations immenses pour le fonctionnement politique, économique et surtout sociétal. La souveraineté des peuples passe par la culture, la culture est fondée sur la langue, la langue est le monde qui nous traverse, auquel nous ajoutons sans cesse nos gouttes de lumière.

Matthias Sauvergeat

26/05/2023 à 10:16

En tant que langue anationale, neutre et équitable l'espéranto est parfaite pour la communication internationale.
Dommage que les enfants de l'union européenne ne l'apprennent pas à l'école : cela mettrait anglais, allemand, français, espagnol, etc, sur un même pied d'égalité sans domination linguistique d'une langue nationale particulière sur les autres !...

Marie

26/05/2023 à 15:57

Je récidive car je viens de découvrir des commentaires originaux.D'abord, s'il est un commentateur avec lequel je suis tout-à-fait d'accord, c'est bien Monsieur Nauwelaers qui proclame son amour infini de la langue française.Ensuite, il m'est revenu un souvenir cubain : il y a peu j'ai eu la chance d'être guidée près de Vinales, dans les champs de tabac, par un jeune Havanais qui parlait un français plus qu'impeccable tout en rêvant d'aller un jour , enfin,en France. Pour des motifs non dévoilés il refusait de s'exprimer en anglais, et je ne parlais pas espagnol.M'expliquant que enseignement et santé, services publics, étaient du début à la fin entièrement gratuits, en amont comme en aval -le pays de la planète qui a le plus grand nombre de médecins par habitants, et dont l'espérance de vie est légèrement supérIeure à la notre-.Enfin, si l'on classe les langues par leur usage, le chinois vient naturellement, et de loin,en premier, puis l'anglais, puis l'espagnol, et je pense que le français a pris la quatrième place devant l'allemand??

Matthias Sauvergeat

27/05/2023 à 09:31

Aucune de ces langues que vous citez ne peut devenir langue internationale : seule l'espéranto le peut.
C'est une volonté politique de l'apprendre à l'école, peut être un jour on se rendra compte de l'importance d'avoir une langue qui appartienne à l'humanité entière : une langue pour tous !

Marie

27/05/2023 à 16:37

J'entends parler de l'espéranto depuis mon adolescence, et j'ai toujours su que cette" langue" n'avait jamais démarré...et sans doute ne démarrerait jamais. Mais l'article de Actualitté, vieux de plus d'un an, mentionnait "l'anglais langue commune en Europe une dérive inadmissible". Il ne s'agit pas de trouver une langue commune autre, mais de batailler, avec nos petits moyens pour sa non utilisation au maximum ...Avez-vous jamais ouï un Italien ou un Grec parlant anglais? Quelle ressemblance entre l'anglais parlé en Angleterre et celui de NY ? .Pas grand chose. Avez-vous pu pratiquer l'espéranto et être compris?

Matthias Sauvergeat

28/05/2023 à 10:15

Je vois que vous ne vous êtes jamais intéressé à l'espéranto, c'est bien dommage car c'est une langue remarquable pour l'intercompréhension humaine.

Je peux vous conseiller de consulter la page suivante pour apprendre l'espéranto de façon autodidacte et vous verrez que c'est une langue qui a de l'avenir avec sa communauté :

https://esperanto-france.org/apprendre-l-esperanto-par-internet



Matthias Sauvergeat

31/07/2023 à 23:49

https://lernu.net/esperanto

Didactiel pour apprendre l'espéranto..

Matthias Sauvergeat

04/01/2024 à 11:18

Chaque être humain se construit grâce à la rencontre avec les autres.

La performance décisive qui a permis aux humains de se différencier des autres êtres vivants est leur capacité non seulement à échanger des informations (les animaux savent faire cela) mais aussi des émotions, des angoisses, des espoirs, tout ce qu'ils ont de plus intime.

Pour que ces échanges soient possibles, il faut un langage commun.

Ors, toutes les communautés humaines ont évolué en se différenciant, en adoptant des cultures, des coutumes, des langues différentes.

Cette diversité n'avait que des avantages parce que ces communautés n'avaient que peu de contacts.

Aujourd'hui les interactions se sont multipliées, elles rendent nécessaire un moyen commun permettant la compréhension de tous avec tous.

Une des façons d'y parvenir est d'imposer à tous la langue de quelques uns, ce qui a été tenté en Europe au XVIIIème siècle avec le français.

C'est ce qui est en train de se produire avec l'anglais aujourd'hui.

Ce choix arbitraire d'une langue déjà existante est lourd de dangers car il donne un avantage considérable à ceux pour qui la langue maternelle et la langue de rencontre sont les mêmes.

Il est donc urgent qu'on mette en place une langue de rencontre qui mette à égalité tous les hommes dans l'exercice si difficile de la rencontre.

Albert Jacquard
Pau, le 26 novembre 2005
Salon du Livre

Matthias Sauvergeat

04/01/2024 à 11:23

L'utilisation universelle de l'espéranto en tant que langue internationale auxiliaire neutre permettra un jour de parvenir, dans une Europe résolument et consciemment multilingue, à l'unité dans la diversité ; l'espéranto est le ciment de l'Europe de demain. . .

Georges Kersaudy
Langues sans frontières


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Sur les traces de Pierre Loti dans l’Istanbul qu’il aimait

Il existe, entre certaines âmes et certains rivages, une affinité qui tient moins du hasard que d'une secrète géographie du cœur. Celle de Pierre Loti avec Istanbul fut de cette nature : une reconnaissance sans raison, un coup de foudre qui précède l'amour ; une vérité intime que l’écrivain passera sa vie à explorer, à célébrer et à défendre, jusqu’à en faire le pivot secret de son œuvre et de son existence. Par Amel Aït-Hamouda.

13/08/2026, 15:45

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Quand Carl Jung descendait dans ses propres ténèbres

Manuscrit médiéval au siècle de l’acier et du béton, Le Livre rouge est une anomalie. Un Carl Jung en crise y confia visions, dialogues intérieurs, peintures et mythes, prélude à ses concepts les plus importants. Allons à la découverte de cet objet fascinant, où un homme tente de donner une forme à ce qui, sans elle, risquait de le posséder.

12/08/2026, 18:08

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Un devoir rendu suffit-il encore à prouver qu’on l’a écrit ?

Au Danemark, le gouvernement répond à la triche par IA en déplaçant la preuve : les examens rédigés à domicile devront être défendus oralement, tandis que surveillance et travaux sous contrôle seront renforcés. Une mesure scolaire qui réveille une vieille question littéraire : signer suffit-il à être l’auteur, ou faut-il encore pouvoir répondre personnellement de ce qui est écrit ?

 

10/08/2026, 07:30

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Et si la nouvelle censure culturelle était celle qu’on ne voit plus ?

Une œuvre interdite, une exposition vandalisée, un concert annulé : la censure possède encore des images faciles à reconnaître. Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création du ministère de la Culture décrit pourtant un déplacement plus discret. Projets modifiés avant la polémique, programmation ajustée par anticipation, financement devenu levier, décisions administratives difficiles à qualifier : l’atteinte la plus efficace pourrait être celle qui évite d’avoir à se montrer.

08/08/2026, 13:36

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Des groupes anti-liberté d’expression identifiés et suivis par le renseignement

Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création contient une drôle de discrétion. Plusieurs « groupements formellement constitués », à l’origine d’actions organisées contre des acteurs culturels, seraient « pour la plupart identifiés par les services de renseignement territorial ». Voilà pour ce que l’État sait. Pour savoir qui ils sont, en revanche, le lecteur repassera : ni noms, ni nombre précis, ni famille politique ou religieuse. Le renseignement est là. L’information, beaucoup moins.

08/08/2026, 13:25

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Livres brûlés, vitrines brisées : librairies et bibliothèques sous pression en France

Entre mars 2025 et mars 2026, le ministère de la Culture a recensé 76 incidents affectant les libertés de création, correspondant à 91 mécanismes d’atteinte. Douze situations sont explicitement rattachées au livre : six pour « livre et lecture publique », six pour les librairies. Acquisitions sous pression, ouvrages détruits, rencontres déprogrammées, vitrines attaquées ou mesures de saisie : le premier bilan annuel montre surtout ce qui demeure difficile à compter. 

08/08/2026, 12:19

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Chère Élise : entre charge mentale et déclaration d'amour, l'art de réparer un seau

Depuis quelque temps, ma fille de 17 mois enrichit son répertoire. Après Il était un petit navire, Frère Jacques et Meunier, tu dors puis récemment Le Bon Roi Dagobert, voici Chère Élise. À cet âge, on écoute, on répète, on mime. Puis les adultes prêtent attention aux paroles. C’est généralement là que les ennuis commencent.

08/08/2026, 08:01

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Comment la souffrance a forgé le jeune Antonin Artaud

De 1915 à 1919, Antonin Artaud passe de cliniques en stations thermales, de Marseille à Neuchâtel, dans une tentative presque continue d’apaiser des troubles nerveux qui marqueront durablement son existence. Ilios Chailly reconstitue cette « géographie de la souffrance » à partir d’archives, de sources médicales et de documents parfois inédits, et montre combien ces années de cures, de diagnostics et de traitements ont participé à façonner l’homme, l’artiste et la pensée d’Artaud.

07/08/2026, 16:20

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Lunettes connectées : comment encore rester hors champ ?

En Australie, la commissaire à la vie privée Carly Kind s’interroge sur la nécessité de nouvelles règles face aux lunettes connectées. En France, la CNIL redoute déjà une surveillance mobile et presque invisible. Mais ces mêmes appareils peuvent accroître l’autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes. De Robbe-Grillet à Samanta Schweblin, les livres posent alors la vraie question : peut-on encore choisir de rester hors champ ?

07/08/2026, 15:51

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Du papier au numérique, la révolution qui bouleverse le manga japonais

Le Weekly Shonen Jump, berceau de Dragon Ball, One Piece ou Naruto, est tombé à un plus bas historique depuis 1971 : son tirage moyen n’était plus que de 985.000 exemplaires entre avril et juin 2026. C’est la première fois en 55 ans que la revue repasse sous le seuil symbolique du million d’exemplaires. Plus qu’un simple mauvais chiffre, ce recul illustre l’effacement progressif d’un modèle longtemps central au Japon : celui du grand magazine imprimé de prépublication.

07/08/2026, 15:45

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L’AFDAS suspend les formations pour artistes-auteurs centrées sur l’IA

L’AFDAS a instauré un moratoire sur le financement des formations principalement consacrées à l’intelligence artificielle générative. Limitée au fonds de formation des artistes-auteurs, la mesure s’appliquera jusqu’au 31 décembre 2026. Les enseignements professionnels dans lesquels ces outils n’interviennent qu’à titre secondaire restent éligibles.

06/08/2026, 10:06

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Les premières traductions françaises de L’Odyssée : une odyssée littéraire

On parle beaucoup de la sortie du film de Christopher Nolan. Mais quelles sont les premières éditions françaises de ce poème épique ? Publiée en 1716, la plus célèbre est la traduction en prose de la philologue Anne Dacier, qui sert de base à une autre traduction en vers suivie d’une polémique entre les deux traducteurs se terminant par un bon repas. La traductrice d’Homère sera plus tard immortalisée dans le comics américain Wonder Woman.

06/08/2026, 10:02

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À Ceuta, 72 000 migrants et des vies laissées hors compte

À Ceuta, Madrid estime que 72 000 personnes ont franchi la frontière et que 70 000 sont reparties ou ont été reconduites. Le bilan humain reste disputé, tandis qu’environ un millier de mineurs non accompagnés demeurent dans l’enclave et que des familles cherchent leurs proches. Sept récits, romans, albums et essais rouvrent ce que les mots « flux », « retour » et « sécurisation » voudraient déjà refermer.

05/08/2026, 17:34

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“Face à des mégafeux incontrôlables, la Grèce n’en finit plus“

Tout brûle en Grèce, pas seulement la nature éprouvée par la sécheresse et l’incivilité de ses habitants, elle brûle parce que la police est corrompue, l’environnement est bafoué et les hommes politiques sont malhonnêtes. Et pourtant, la Grèce est un pays attachant, plein de ressources et de bonnes volontés. Cependant, la sincérité n’est pas un gage suffisant d’honnêteté, Nikos Nikolopoulos le démontre au fil de ce polar passionnant, efficace dans lequel s’entremêlent plusieurs histoires, passées ou récentes, qui finissent toujours par converger vers un drame.

04/08/2026, 15:33

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Lipœdème : “Aucun régime ni aucun sport ne le fera disparaître“

Comment expliquer qu’une maladie touchant des centaines de milliers de femmes demeure si souvent confondue avec un simple surpoids ? « Il faut perdre du poids » : c’est probablement la réponse que les patientes atteintes de lipœdème entendent le plus souvent. Et pourtant… aucun régime ni aucune activité sportive ne suffisent à faire disparaître cette pathologie chronique. Dans Le Guide complet du lipœdème (éditions Dangles), Manon Chavaudrey entend briser l’invisibilité qui entoure encore la maladie et donner aux femmes les moyens de mieux comprendre leur corps.

04/08/2026, 14:59

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“Un réseau de librairies plus fort et plus moderne” : l’ambition de l’ALIM au Maroc

Hassan El Kamoun est partout. Il porte la voix des libraires du Maroc et celle de l’ALIM. On le voit sur le terrain, dans son pays, mais aussi en France, en Belgique ou aux Émirats arabes unis, inlassablement mobiliser, convaincre et attirer l’attention sur les enjeux de la librairie. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

03/08/2026, 16:07

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Splendeur et misère de Donald Trump, raconté en huit livres

À 80 ans, Donald Trump a transformé la pelouse de la Maison-Blanche en arène. Pour retracer l’héritier, le promoteur, la vedette, le candidat, le président défait, le condamné puis le revenant, nous avons retenu huit œuvres qui composent une biographie oblique. Romans, manga, théâtre, tragédie et philosophie mettent au jour les mécanismes d’une ascension que les chutes n’ont jamais interrompue.

03/08/2026, 11:13

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Comptine Le Bon Roi Dagobert : une histoire d'organisation et de management toxique

Alors que ma progéniture jubile d'avoir en boucle l'histoire d'une culotte mise à l'envers, j'endure le supplice du pal, version musicale. Elle rit d'une distraction, quand son père est effrayé par ce monarque prompt à dépouiller qui vole à son secours. Au fil de 24 couplets, « le bon saint Éloi » perdra ses vêtements, son argent, ses cheveux, sa dignité – et sa vie ne tient qu'à un fil. Que les enfants s'égosillent, fort bien : l'inspection du travail a du pain sur la planche

01/08/2026, 08:41

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Quand les États tournent le dos à la justice mondiale : la crise du CPI

Le Niger, le Burkina Faso, le Mali, le Venezuela et le Tchad ont annoncé ou engagé leur retrait de la Cour pénale internationale, tandis que son procureur Karim Khan vient d’être destitué. Les procédures ouvertes ne s’éteignent pas, mais leur exécution dépend des États. De Philippe Claudel à Svetlana Alexievitch, huit livres rappellent ce que cette fragilisation menace : des preuves, des voix et des noms.

31/07/2026, 09:30

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Pourquoi ChatGPT refuse d’imiter Stephen King, Houellebecq ou Agatha Christie

Donc ChatGPT refuse d’imiter les écrivains célèbres — sauf un peu. Lors de tests menés fin juillet, la machine n'a pas accepté de rédaction de texte reproduisant la voix précise de divers écrivains célèbres, vivants ou disparus. OpenAI n’a pourtant annoncé aucune nouvelle règle. Et le verrou laisse une porte entrouverte : le service accepte encore d’en reprendre l’atmosphère, le rythme ou les procédés généraux. C'est que chacun des assistants actuels garde sa propre définition du pastiche acceptable.

 

30/07/2026, 17:04

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Dans les ruelles hantées de Casablanca

J’aborde la lecture de Galerie marocaine de Jamal Eddine Naji à travers une grille psychopathologique. La ville est traversée de syndromes névrotiques. La société paradoxale marocaine s’y prête parfaitement. L’ouvrage est une psyché collective. Les portraits, les souvenirs sont autant de vignettes mnésiques. Il ne s’agit pas d’un récit continu, mais d’une juxtaposition de scènes, de figures, de visages, de voix. 

29/07/2026, 18:25

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“L'emprise est invisible. Elle ne fait pas de bruit.”

Comment comprendre les mécanismes invisibles de l'emprise. « Pourquoi est-ce que tu ne pars pas ? » C'est probablement la question que l'on pose le plus souvent aux personnes sous emprise. Et pourtant… c'est peut-être la plus mauvaise. Christel Bringia publie aux Editions Jacques Grancher L'Emprise, où elle tente d'expliquer cet enfer.

28/07/2026, 10:58

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Oser Joyce : deux années avec Ulysse

Pendant deux ans à plein temps, Michel et Michela Gribinski ont vécu au rythme de Leopold Bloom, traversé six fois Dublin et remis chaque phrase sur le métier. De cette immersion naît une nouvelle traduction d’Ulysse, guidée par un pari : retrouver, sous le monument à la réputation si intimidante, le roman, ses corps, ses voix, son burlesque et sa mélancolie.

27/07/2026, 18:22

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#balancetonediteur VS #balancetonauteur : le monde littéraire à contre-pied

Aujourd'hui, il est tendance de balancer par des #. L'un des derniers en date est #balancetonediteur. Par des auteurices souvent en mal de reconnaissance.  Certes, l'industrie du livre n’est pas parfaite, mais à quand le délectable #balancetonauteur ? Allons-y donc et pas vraiment, gaiement. Par Auguste Feydeau, éditeur.

25/07/2026, 20:08

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Frère Jacques, Meunier tu dors : quand dormir devient une faute professionnelle

Un jeune parent finit toujours par découvrir qu’une chanson peut être répétée sans limitation légale. Trois syllabes suffisent pour transformer le foyer en résidence artistique. Après Il était un petit navire, ma progéniture a logiquement partagé les déboires de Frère Jacques et Meunier, tu dors. Deux œuvres courtes, mais répétitives. Et répétées. Encore. Et encore. Jusqu'à se souhaiter des crises de narcolepsie...

25/07/2026, 08:30

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“Le collectif doit primer sur l’ego” : la SAIF invente un prix contre la logique des prix

Comment récompenser des artistes sans renforcer la compétition qui structure déjà leur secteur ? Avec le Prix La SAIF x Ce qui nous lie, Églantine de Boissieu assume ce paradoxe : distinguer un collectif, non pour couronner une œuvre ou une carrière, mais pour lui offrir trois jours durant lesquels il pourra cesser de produire. Une manière de traiter le temps, le repos et les relations de travail comme des ressources politiques.

24/07/2026, 16:16

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“Quand un artiste affirme que son œuvre n’est pas politique, c’est déjà politique”

Marraine de la première édition du Prix La SAIF x Ce qui nous lie, l’autrice et illustratrice Cy défend une création indissociable des luttes collectives. Remise le 13 septembre, pendant le festival Les Muses, cette nouvelle récompense ne distingue pas une œuvre : elle offre à un collectif engagé trois jours pour se retrouver, réfléchir et reprendre son souffle.

22/07/2026, 15:51

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Celle qui sait : 12 000 livres imprimés, 3067 vendus… mais une rupture de stock ?

À peine paru, déjà en rupture ? Le thriller Celle qui sait, de Riley Sager, aurait donc provoqué une razzia, à en croire son éditeur, Verso, un label du Seuil. Fort d’un premier tirage de 12.000 petits pains, le roman, traduit par Dominique Haas, comptabilisait 3067 ventes au 12 juillet, d’après les données GfK communiquées par la maison. Mais alors, où sont les quelque 9000 autres volumes ? Petit exercice de mathématiques à l’usage des nostalgiques du cahier de vacances.

21/07/2026, 16:53

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“La littérature est un sport-business : bienvenue dans le mercato le plus opaque du monde”

Et si l’édition fonctionnait comme un jeu de management sportif ? Charles Garatynski compare la sélection des manuscrits au « scouting » footballistique : des milliers de candidats, quelques signatures, des filtres de plus en plus rapides et, souvent, aucun retour.

20/07/2026, 18:11