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Feel good books ? “Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ?

Écrire ne m'a jamais fait manger.J'ai fait ce que l'on appelle délicatement des "succès d'estime", ce qui veut dire que je n'ai eu aucune critique négative - quelle chance !-  mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 ex. Tout cela en étant publiée par de belles maisons. Par Cathy Galliegue.

Le 01/07/2021 à 09:09 par Auteur invité

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01/07/2021 à 09:09

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Écrire, être publiée, lue, par 2000 paires d’yeux c’est déjà beaucoup. Mais la loi du marché domine, décide, fait les jeux. Et pour la loi du marché, 2000, c’est négligeable, ce n’est pas rentable. 

Peu importe, j’écris encore, c’est mon métier. 

Un jour, un éditeur m’a dit une chose que je trouve assez immonde : « Écrire n’est un métier que lorsqu’on en vit. » Venant d’un éditeur qui se goinfre sur ses gros succès en laissant mourir des romans à peine nés, des romans qui meublent le catalogue, je n’ai pas su quoi répondre. J’ai perdu ma voix. J’ai failli perdre l’écriture. Et c’est revenu, ça revient toujours. 

Quand on est fait pour écrire des histoires, mais pas comme comme Musso, pas comme Levy, quand on veut donner aux histoires une petite musique différente, le style, peut-être, alors on peut renoncer à beaucoup de choses, je vous assure. J’ai toujours eu en haute estime la littérature, elle m’a imprégnée, ce qui ne veut pas dire que je suis capable d’en produire. Mais je m’efforce, roman après roman, d’écrire mieux, de ne pas céder à cette chose facile qui se vend comme des petits pains. D’ailleurs, j’avoue que faire cela est un art en soi qui serait assez tentant, mais ce n’est pas si facile, et je ne sais pas le faire. Je ne sais pas faire du Musso, du Pancol, du.. Je m’arrête là avant de me faire des ennemis. Je ne sais pas faire des trucs écrits à la truelle avec tous les ingrédients pour que ça fasse joli. Bien lissé, bien poli. Bien vendeur. 

Je vais continuer à écrire, je vais prouver à cet éditeur que ce que je fais est un métier, je vais lui dire que si lui, il vit très confortablement sur ses best-sellers, moi, je vais continuer avec mes 2000 paires d’yeux, c’est déjà beaucoup, même si ça ne me fait pas manger. 

Je vais continuer parce que je suis faite pour cela, comme tous mes compagnons de galère faits pour cela, qui renoncent à tant de choses pour être lus, mais que plus jamais l’on ne nous dise que ce que nous faisons, ces livres que nous écrivons sans autre perspective que le « succès d’estime », n’est pas un métier. C’est humiliant, c’est nier le temps passé au service de textes qu’ils ont voulu publier, et qu’ils ont aimés, j’imagine, puisqu’ils les publient. C’est faire de nous des amateurs, profitant du temps libre pour faire des livres, comme on ferait du tricot le soir, au coin du feu. Disant cela, ils n’accordent le statut de professionnels de l’écriture qu’aux seuls vendeurs de best-sellers, ils nient notre travail.

Aujourd’hui, on donne à la lectrice, puisque la grande majorité des lecteurs sont des lectrices, des piles colorées de romans feel good. Ces piles trônent sur les tables dans les librairies, invitant à une lecture « qui fait du bien ». Moi, grande lectrice, ce qui semble assez normal quand on prétend écrire, ce que je veux, ce que je cherche dans un roman, c’est qu’on me fasse du mal, qu’on me malmène, qu’on m’emmène dans les tréfonds de l’humanité et que j’en ressorte ébranlée. Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ? Je ne crois pas. 

Est-ce que Bonjour tristesse, aujourd’hui, trouverait son public, je j’en suis pas sûre. 

Il serait temps, grand temps, de remettre la littérature au centre de la littérature, et de nommer un chat un chat. Que le feel good, la chik lit existent, oui, mais pas au premier plan, pas au détriment de ce que la littérature produit de plus beau, mais est invisible, pauvre exemplaire solitaire en rayon, à la verticale.

 

Cathy Galliegue a été publiée chez Albin Michel, Emmanuelle Collas. Son dernier ouvrage, Contre nature, est paru chez Le Seuil en octobre 2020.

Crédits photo ©  Francesco Gattoni

 
 
 
 

58 Commentaires

 

R.

01/07/2021 à 12:45

Franchement, Lévy, Musso ou Gavalda, ce n'est pas ma came, loin de là. Mais il faut leur reconnaitre une chose.

Ces gens savent écrire des histoires qui se tiennent, cohérentes, aux personnages suffisamment attachants pour qu'on ait envie de continuer le livre. Ils savent nous emmener d'un point A un point B.

Et comme j'ai dit, c'est pas ma came, c'est pas les livres que je recherche en particulier.

Mais ça m'emmerde cet espèce d'élitisme à deux ronds. On a compris que les gens étaient cons car ils préfèrent jouer aux jeux videos ou regarder des videos youtube plutôt que lire. On a compris que les gens étaient cons car ils lisent pas ce qu'il faut.

C'est exactement ce genre de violence de classe que j'ai subie en arrivant à la fac. J'étais le "gosse intelligent qui lit des livres" dans mon village en zone montagnarde, arrivée à la métropole, j'étais le gros plouc qui ne "lit pas ce qu'il faut". Qui ne lit pas Duras, Dustan, Beckett, Quignard et compagnie. Le gros plouc qu'on regarde de haut car il n'a pas les bons codes, les bonnes références culturelles. C'est ce qui m'a paralysé des années durant avec la littérature, qui a fait que pendant au moins 5 ans j'ai plus lu un seul roman, seulement des essais politiques.

Parce qu'on m'a fait savoir que j'étais pas assez intelligent.

Ce genre de tribunes me fait hurler car c'est typiquement l'esprit qui fait que la littérature apparait inaccessible à beaucoup de monde (et c'est probablement le but en fait). C'est un discours qui vise à marquer un territoire. C'est un discours qui dit "La littérature légitime, la culture légitime, c'est moi qui la définis. Ce sont mes références qui comptent. Si vous n'avez pas lu, si vous n'aimez pas ce que je vous dis de lire et d'aimer, alors la littérature ce n'est pas pour vous."

Et je trouve ça pathétique.

NAUWELAERS

01/07/2021 à 19:58

NON R...
Vous avez tout faux, désolé.
Totalement raccord avec cette tribune !
La qualité a ses droits et ras-le-bol de la médiocrité démagogique.
Cathy Galliegue a raison.
Arrêtez avec vos compexes d'infériorité !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:43

Merci d'avoir compris mon propos.
Bonne journée à vous, et bonnes lectures !

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:36

Entre la littérature dite élitiste et le roman de gare, il y a tout de même une palette assez large qui offre un choix de très bons romans, voire très très bons, tout en étant "accessibles". La rentrée 2021 est la preuve de cette belle diversité avec ses 521 romans annoncés.
Certains de ces livres auront droit aux tables des libraires. Pendant deux mois. Deux mois et le livre est mort. C'est ainsi. Il n'en est pas de même pour ce qui n'est pas votre came ni la mienne et qui, dans tous les cas, squatteront toujours les meilleurs places dans le classement des ventes.
Je vous souhaite de belles lectures.

Rosé

01/07/2021 à 16:23

"J’ai fait ce que l’on appelle délicatement des « succès d’estime », ce qui veut dire que je n’ai eu aucune critique négative — quelle chance ! – mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 exemplaires."

Mmh…

1/ « …mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 exemplaires."

« Aime moi comme tu es » (Ed. Kawa ; 2015) : 52 exemplaires vendus (source GFK)
« La nuit je mens » (Ed. Albin Michel, 2017) : 619 exemplaires vendus (source GFK)
« Et boire ma vie jusqu’à l’oublie (Ed. Emmanuelle Collas, 2018) : 688 exemplaires vendus (source GFK)
« Contre nature (Ed. Le Seuil, 2020) : 680 exemplaires vendus (source GFK)


2/ "J’ai fait ce que l’on appelle délicatement des « succès d’estime », ce qui veut dire que je n’ai eu aucune critique négative — quelle chance ! »

Un succès d’estime, ce n’est pas quand on n’a pas de critiques négatives, c’est quand on a quelques très bonnes critiques.


Une suggestion : peut-être hésiter un peu plus avant de se comparer à Sagan et Duras et mépriser un peu moins les auteurs populaires ?

Cathy Galliègue

01/07/2021 à 17:21

Les chiffres GFK que vous annoncez sont faux, j'ai mes relevés de ventes pour le prouver.
Et j'ai eu effectivement de très bonnes critiques, vous pouvez également le vérifier puisque vous semblez aimer mener l'enquête.
Et loin de moi l'intention de me comparer à Sagan ou à Duras, elles sont pour moi, comme beaucoup d'autres grands auteurs, des modèles qui restent, il me semble, des auteurs "accessibles".
Je ne méprise pas les auteurs populaires, ils répondent à une forte demande de lecteurs, et surtout de lectrices que je ne méprise pas non plus. Je dis simplement que la littérature un peu moins "populaire" mérite elle aussi d'exister.

R.

02/07/2021 à 07:43

Mais elle existe la littérature "moins populaire". Elle est bel et bien mise en avant. Qu'elle soit plus expérimentale, plus orientée vers le style ou plus classique. On l'a vu avec les belles réussites de Verdier (Camille de Toledo et Anne Pauly), on l'a vu avec Pauline Delabroy-Allard chez Minuit, on l'a vu avec Djaili Amadou Amal chez Emmanuelle Colas. On l'a vu avec les noms qu'ont su se faire, dans des styles tout à fait différents, Lola Lafon, Faiza Guène, Marie-Hélène Lafon, Alice Zeniter...

Je ne suis par conséquent pas convaincu que dans le cas où Marc Lévy n'existait pas, vous auriez automatiquement plus d'audience ou de vente. Ou alors il faut le démontrer.

Je pense que vous vous fourvoyez sur ce plan, même si je comprends votre frustration

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:42

Vous prêchez une convaincue, et comme je le dis dans un autre commentaire, la palette est large, elle est belle. Je ne demande pas la mise à mort de Lévy ou de Musso, je demande le droit de vie à une foule de très bons romans qui, très souvent, ne bénéficient pas de la couverture médiatique et des mises en avant qu'ils mériteraient.

John

02/07/2021 à 13:37

Je confirme : les chiffres GFK sont totalement déconnectés par rapport aux chiffres de vente indiqués sur les relevés de droits d'auteur. Dans un sens ou un autre... Entre GFK et mes relevés, il y a un monde : des erreurs d'estimation à une dizaine de milliers d'ex parfois... Voire une estimation dix fois moindre sur un de mes titres, avec au passage omission de quelques dizaines de milliers d'ex...

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 14:37

Merci pour cette précision. Nous aimerions tous nous appuyer sur des chiffres fiables et vérifiables. Il faut espérer que les auteurs auront un jour ce privilège.

NAUWELAERS

02/07/2021 à 17:00

John,
Alors qu'ActuaLitté se met à publier le vendredi les chiffres Edistat, pouvez-vous expliquer au profane que je suis la différence entre GFK et Edistat ?
Merci !

CHRISTIAN NAUWELAERS

NAUWELAERS

02/07/2021 à 16:53

Je soutiens Cathy Galliegue.
Une femme.
J'adore la qualité, venant d'autrices ou d'auteurs.
Je n'aime pas la daube quelle qu'elle soit.
Zéro sexisme dans tout cela, bien entendu.
Si je n'aime pas la chanteuse X (que je ne supporte pas), j'adore telle autre.
Je ne donne pas de noms mais c'est un fait.
On a le droit d'aimer ou pas, que je sache, sans avoir à se justifier même si on peut tenter d'expliquer son point de vue.

CHRISTIAN NAUWELAERS

Carloman

02/07/2021 à 21:47

Tiens... Nous n'avons pas lu le même texte? Parler d'un livre n'est pas se comparer à l'auteur, mon bon... J'appelle cela de la manipulation. Mais il y a lecteure et lecture; nous ne pouvons comparer, en effet, Sagan, ou autre grand auteur à, disons... Barbara Cartland? Au risque, moi aussi, de me faire détester par certains, on ne peut parler de littérature au sens noble du terme; mais c'est dans l'air du temps: on fait table rase du passé, "on" veut niveler absolument; eh bien l'on y réussit diablement; le mot "culture" va devenir un gros mot...

NAUWELAERS

03/07/2021 à 00:13

Carloman,
On ne sait à qui vous vous adressez !
Nommez votre interlocuteur, pour que l'on puisse vous comprendre, s'il vous plaît...
Moi je n'entrave que pouic à votre post, faute de destinataire.
De qui et de quoi s'agit-il ?
Pensez au lectorat, je vous prie !
Merci !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Eric Dubois

01/07/2021 à 21:02

Je suis tout à fait d'accord avec elle . Est-ce que mon premier roman Lunatic paru aux éditions Le Lys Bleu va trouver son public ? J'ai écrit et publié une dizaine de livres de poésie et un récit autobiographique depuis plus de vingt ans. Le chemin est long mais je suis en bonne voie.

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:48

Bonne chance à vous !

Eric Dubois

02/07/2021 à 18:36

Merci Cathy.

Gitane

02/07/2021 à 07:14

Dès qu’une femme s’exprime sur la toile, elle se fait allumer - par un homme en général, CQFD. Et hop, l’énervé du premier rang va reprendre son clavier pour « hurler » contre les féminazies. Pas grave.
Madame, je dois avouer humblement que je ne vous ai jamais lue, mais ce sera réparé. J’aime moi aussi qu’on ne me prenne pas pour une quiche avec de la feel good ou de la chick litt. Vous avez une nouvelle paire d’yeux.

R.

02/07/2021 à 09:56

L'ironie étant que je suis une nana qui a décidé de se masculiniser en ligne après avoir remarqué à quel point chaque fois que je donnais mon avis en étant identifiée comme femme, mes remarques étaient au mieux ignorées, au pire prétextes à sexisme.

Bon, ça se retourne contre moi haha

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:48

Nous sommes hélas habituées, n'est-ce pas, à nous faire rentrer dans le cadre sous couvert d'anonymat.
Je défends vaillamment et depuis des années les bouquins qui méritent plus de visibilité, mais je ne suis ni une influences ni une journaliste en vue, je fais de mon mieux. Dans ce métier difficile qu'est l'écriture, nous sommes plutôt solidaires entre auteur(e)s, et ça, c'est beau.
Merci pour votre soutien et bonne journée à vous !

R.d.B.

02/07/2021 à 07:21

Bravo. Vos mots pourraient être les miens. Je suis effaré de voir le "feel good" systématiquement mis en avant, toutes ces choses un peu trop faciles, un peu trop pourries, beaucoup trop commerciales disposées en piles démesurément épaisses sur les tables et dans les vitrines des librairies très fréquentées quand, par exemple, l'immense Pierre Michon doit se contenter de quelques livres perdus au plus profond des étagères - Michon, bazar, Michon !
Bref.
Bien entendu, les bouquins populaires sont utiles : ils font lire ceux qui n'auraient pas lu et leurs ventes financent l'édition de la véritable littérature. Mais, effectivement, le drame apparaît lorsqu'il n'y a plus qu'eux.
J'écris. Je suis en train d'écrire mon sixième roman. Je n'ai pas encore été publié. Je suis conscient de ne rien produire de "rigolo" ni de facile, je suis conscient d'écrire des textes extrêmement stylés, extrêmement poétiques, quand pour moi les mots et la façon dont ils sont associés forgent le réel, quand le rythme me paraît essentiel, vital, quand il n'y a rien d'autre. Je suis conscient de tendre le bâton, de ne rien faire comme les autres, de ne vraiment pas chercher à plaire.
Je semble pourtant plaire à ceux qui me lisent. Mais pas encore à ceux qui financent. Je passe ma vie à écrire, vingt heures sur vingt-quatre, et je ne gagne rien. Ce n'est pas un loisir. Ce n'est pas "une passion". C'est mon métier, ce pour quoi je suis fait, ce pour quoi je donne chaque jour ma sueur et mon sang.
Re-bref.
Bravo pour vos mots, pour cette tribune forcément nécessaire. Vous ne cédez pas à la démagogie ambiante : celle qui tend à nous faire croire qu'il n'y a pas de hiérarchie. Celle qui veut nous faire penser que "ce n'est qu'une affaire de goût". Celle qui veut imposer cette idée pourtant saugrenue qu'un Guillaume Musso et un Tanguy Viel exercent le même métier.
Re-re-bref : merci.

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:51

Ah Michon ! Cet exceptionnel écrivain ! Ces Vies minuscules...
Je vous souhaite bon courage dans votre travail d'écriture et la chance de voir un jour vos livres publiés. C'est souvent long et difficile, accrochez vous !

R.d.B.

02/07/2021 à 14:38

Merci ! J'y travaille...
Je vous souhaite également beaucoup de réussite.

NAUWELAERS

02/07/2021 à 16:54

Pierre Michon a été porté aux nues, il y a quelques années, par Natacha Polony, dans un article.
CHRISTIAN NAUWELAERS

R.d.B.

02/07/2021 à 17:45

Michon est un de mes auteurs préférés. Chez lui, tout est merveilleux même si, j'en conviens, il ne sera pas simple pour certains d'entrer dans sa littérature. Michon : son style inimitable, sa phrase absolument magique.

R.d.B.

02/07/2021 à 17:54

D'ailleurs, si vous avez le lien vers l'article de Polony, je suis preneur...
Merci

NAUWELAERS

02/07/2021 à 19:49

Cher R.d.B.,
Non malheureusement je ne retrouve pas cette interview déjà ancienne de Polony où elle fait état -pas très longuement mais de manière significative, dans mon souvenir -de son admiration pour Pierre Michon.
En cherchant et finalement grâce à vous, je viens de découvrir une interview d'elle beaucoup plus récente.
Sous mon message, le lien: probablement inactif sur cet espace de forum mais vous le trouverez sans aucune difficulté sur le web (puisque même moi y suis arrivé !).
Polony y mentionne Michon parmi ses écrivains contemporains préférés -elle a donc de la suite dans les idées -et parmi les autres, Albert Cossery notamment.
Elle n'oublie pas David Foenkinos...mais pour être effarée de le voir publié dans la pourtant prestigieuse collection Blanche de Gallimard !
Polony est très sévère avec les critiques littéraires (renvois d'ascenseur, copinage etc.).
Elle croit à une baisse de niveau pour la télévision depuis les glorieuses années Pivot (un François Busnel appréciera donc !).
De très belles considérations de Natacha sur l'importance de la sensorialité dans la littérature, qui permet d'appréhender le monde...avec la grande Colette (wow, une femme !).
Ceux qu'elle a aimés, de Saint-Ex à Flaubert etc.
Pas de grosses surprises finalement mais des considérations d'une littéraire pur jus qui pense qu'aujourd'hui, on ne sait plus trop ce qu'est la littérature...
Tout le monde peut avoir son idée sur ce qu'est et doit ou devrait être la littérature.
Si vous appréciez cette journaliste et essayiste de haute volée et souhaitez lui offrir un présent...évitez de choisir un bouquin de développement (de compte en banque) personnel !
Sinon désolé de n'avoir point retrouvé ce premier article où cette dame qui est une reine du franc-parler en général de très bon aloi, loue Michon à l'envi, vous m'en voyez désolé.
Et lorsqu'elle évoque l'importance égale qu'il fallait accorder à Constantinople ou Yvetot selon Flaubert...ce qui correspond ici à la question du style (essentielle selon Natacha -un point de vue soutenu mordicus, et pratiqué, par un Yann Moix aujourd'hui -Moix, c'est moi qui me permets d'ajouter, pour le côté ultralittéraire, quoi qu'on pense du personnage et de son idiosyncrasie particulière)...elle s'est bien gardée d'évoquer...Annie Ernaux qui passa ses années d'enfance et de jeunesse à Yvetot !
Bonne continuation et la vie est un grand cadeau, jamais minuscule je pense.
CHRISTIAN NAUWELAERS

NAUWELAERS

03/07/2021 à 00:18

Cher R.d.B.,
Non malheureusement je ne retrouve pas cette interview déjà ancienne de Polony où elle fait état -pas très longuement mais de manière significative, dans mon souvenir -de son admiration pour Pierre Michon.
En cherchant et finalement grâce à vous, je viens de découvrir une interview d'elle beaucoup plus récente.
Sous mon message, le lien: probablement inactif sur cet espace de forum mais vous le trouverez sans aucune difficulté sur le web (puisque même moi y suis arrivé !).
Polony y mentionne Michon parmi ses écrivains contemporains préférés -elle a donc de la suite dans les idées -et parmi les autres, Albert Cossery notamment.
Elle n'oublie pas David Foenkinos...mais pour être effarée de le voir publié dans la pourtant prestigieuse collection Blanche de Gallimard !
Polony est très sévère avec les critiques littéraires (renvois d'ascenseur, copinage etc.).
Elle croit à une baisse de niveau pour la télévision depuis les glorieuses années Pivot (un François Busnel appréciera donc !).
De très belles considérations de Natacha sur l'importance de la sensorialité dans la littérature, qui permet d'appréhender le monde...avec la grande Colette (wow, une femme !).
Ceux qu'elle a aimés, de Saint-Ex à Flaubert etc.
Pas de grosses surprises finalement mais des considérations d'une littéraire pur jus qui pense qu'aujourd'hui, on ne sait plus trop ce qu'est la littérature...
Tout le monde peut avoir son idée sur ce qu'est et doit ou devrait être la littérature.
Si vous appréciez cette journaliste et essayiste de haute volée et souhaitez lui offrir un présent...évitez de choisir un bouquin de développement (de compte en banque) personnel !
Sinon désolé de n'avoir point retrouvé ce premier article où cette dame qui est une reine du franc-parler loue Michon à l'envi, vous m'en voyez désolé.
Et lorsqu'elle évoque l'importance égale qu'il fallait accorder à Constantinople ou Yvetot selon Flaubert...ce qui correspond ici à la question du style (essentielle selon Natacha -un point de vue soutenu mordicus, et pratiqué, par un Yann Moix aujourd'hui -Moix, c'est moi qui me permets d'ajouter, pour le côté ultralittéraire, quoi qu'on pense du personnage et de son idiosyncrasie particulière)...elle s'est bien gardée d'évoquer...Annie Ernaux qui passa ses années d'enfance et de jeunesse à Yvetot !
Bonne continuation et la vie est un grand cadeau, jamais minuscule je pense.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Mathias Lair

02/07/2021 à 09:11

Merci !

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:52

Merci à vous !

Victoria

02/07/2021 à 14:22

Chère Cathy (si je peux me permettre),
Vous avez 2000 fois raison. Écrire est un métier, quel que soit ce qu’on écrit (livre pratique, essai, roman, nouvelle, poème, best-seller, etc. ). Tout auteur en a conscience, tout traducteur encore plus. Je dirais même que plus on s’éloigne du feel-good book ou de la Chick Lit, plus on est exigeant avec soi-même, et plus on a du métier.

Le problème n’est pas que cette littérature existe - tous les genres littéraires, ou non, sont honorables - et je n’ai rien trouvé d’élitiste dans vos propos. Le problème est que de plus en plus de maisons d’édition ont à leur tête non pas des éditeurs - des gens de métier, justement - mais des financiers. Et la crise que nous venons de traverser risque de ne pas arranger les choses. Mais comme disait Churchill : « Le succès ne dure pas, l’échec ne tue pas, seul compte le courage de continuer ».
Je vous en souhaite beaucoup.


Cathy Galliègue

02/07/2021 à 14:40

Merci infiniment pour votre commentaire, Victoria !
Vous avez mille fois raison.
Courage à vous aussi !

NAUWELAERS

04/07/2021 à 23:56

Victoria,
Surtout ne le prenez pas mal...
«Quel que soit ce qu'on écrit» (?)...mais non !
«Quoi qu'on écrive...»...
Bien à vous et bonne semaine !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Carloman

02/07/2021 à 14:42

Tout à fait ma pensée... C'est émouvant... Merci encore pour ces mots, qui ne sont pas que cela, et qui apportent l'émotion... Merci... ☺️

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 15:28

Merci à vous !

Chrismi

02/07/2021 à 17:46

Je suis estomaquée. J'aime les livres qui ne font pas réfléchir face au métro boulot dodo quotidien. Et je suis heureuse de penser que chacun peut trouver à lire ce qui lui plaît. J'espère juste avoir bien compris que ce sont les éditeurs qui ne laissent pas assez de place à tous les auteurs et qu'on n'incrimine pas le lecteur qui lit. Quoi qu'il lise.

Jacques Fiorentino

02/07/2021 à 19:29

Bravo pour vos propos auxquels je souscris entièrement.
Je serais heureux de dialoguer avec vous.
Excellente soirée
Jacques Fiorentino
PS: je suis un modeste écrivain au regard de la vision de l'éditeur dont vous parlez mais cela reste essentiel pour moi

PERCIER

03/07/2021 à 08:10

BOnjour, Que ce texte me f

PERCIER

03/07/2021 à 08:12

Que ce texte me fait du bien !!! Il me fait vibrer... en tant qu'auteur provincial et campagnard.

Zoé Gilles

03/07/2021 à 12:56

Cet article rediffusé sur FB, passé entre les mailles de mon filet, vient à point nommé dans le prolongement de mes pas. Auteure, chroniqueuse et bloggeuse, je suis en train de renouveler mon site et j'ai justement réfléchi hier et rédigé et publié ma page de présentation des chroniques de livres. J'ai opté en définitive pour une présentation sous 2 aspects/catégories : les livres-évasion (qui nous font que du bien) et les livres-neurologiques (qui nous sollicitent différemment). Les premiers nous prennent généralement par la main. Les seconds font appel à nos neurones (et donc notre aimable serviteur : le cerveau). Les 2 sont nécessaires et sont fonction des besoins du lecteur à un moment T. Rien n'est figé. Un livre peut nous rebuter à un moment donné. Et un autre jour et dans une autre ouverture d'esprit, nous sommes tout au contraire ravis de le recevoir. https://zoegilles.net/des-livres/ (en cours de construction).

Zoé Gilles

03/07/2021 à 13:04

J'ai oublié de dire que je suis totalement en accord avec Cathy Galliegue. Bien sûr, je vais la lire et la chroniquerai très certainement si l'ouvrage se révèle à la hauteur de l'attrait qu'inspire ce texte.

Philippe Bouteiller

03/07/2021 à 15:33

Si votre plume ne vous fait pas vivre alors que vous avez la chance d’être publiée par de grandes maisons et que vous poursuivez, c’est que vous êtes une passionnée. Alors, continuez à écrire, parce que l’important est de prendre du plaisir. J’ai écrit et publié au Lys Bleu un roman intitulé « les Blondel ». En deux mois, j’en ai vendu 340 exemplaires et vous ne pouvez pas savoir le bonheur que je ressens à lire les retours de mes lecteurs.
Bravo pour votre parcours Cathy. Continuez

Forbane

04/07/2021 à 13:24

La littérature avec un L fait toujours mal, d'une manière ou d'une autre.
Elle bouscule, heurte, bouleverse, fait réfléchir.
Tout le reste n'est qu'imposture, facilité, mièvrerie et gros sous.

Zoé Gilles

04/07/2021 à 14:51

Pas tout à fait d'accord, Forbane. Il est des livres qui touchent, qui marquent, nous heurtent, nous font avancer, le plus souvent de la littérature "blanche" principalement réaliste, tout comme il est des livres "de l'Imaginaire", ou non, qui ont l'art d'aborder des sujets sérieux sans nous malmener pour autant mais au contraire nous ravissent : une évasion, une ouverture sur un autre possible, le temps d'une lecture. Des noms comme Vernes, Tolkïen, Lewis Caroll et bien d'autres entrent dans ce "L" ! Tout simplement parce qu'ils sont magnifiquement conçus et qu'ils n'ont rien de l'imposture, de la facilité, du gnangnan ou du souci des gros sous que vous décriez à raison qui sont, hélas, encouragés aujourd'hui et bénéficient ainsi de la meilleure visibilité.

Forbane

04/07/2021 à 16:05

Vous pensez bien que nous sommes d'accord là-dessus.
Mes critiques visent seulement la médiocrité pléthorique qu'on nous vend à l'heure actuelle sous l'étiquette abusive de "littérature".

Jacqueline

04/07/2021 à 20:45

En vous lisant je repense à cette phrase de Karen Blixen "Ecrire des histoires car s'il n'y a pas d'histoires il n'y a pas de héros ".

Milleliri

05/07/2021 à 14:27

Je suis très surprise par le ton de cette tribune. Si Musso, Levy, la chicklit et le feel good existent, c'est parce qu'il y a un important public pour cela. En martelant que c'est de la sous-littérature tout en se plaignant de n'en avoir pas le succès, n'est-elle pas en train de prendre particulièrement de haut un public potentiel qu'elle s'est aliénée avant même de l'avoir conquis ?
Par ailleurs, je remarque que le public de cette sous-littérature qu'elle dénonce est essentiellement féminin. Alors je me demande quel est le message pour toutes ces femmes ? Que le seul lectorat qui vaille, c'est le lectorat masculin ?
Sans compter que je ne vois pas en quoi lire des romans feel good et tutti quanti empêcherait par ailleurs de lire des romans plus "exigeants". Comme si c'était exclusif ! Comme si les lecteurs ne pouvaient pas avoir envie d'une lecture légère parce que pourquoi pas, après un "Cent ans de solitude" ? sans pour autant qu'on invalide leurs capacités intellectuelles ?
Derrière une charge contre un éditeur aux propos discourtois et des auteurs concurrents qui n'ont rien demander, ce que je vois, c'est un immense mépris pour tous les lecteurs qui n'ont pas eu le goût ou l'idée de tenter les romans de l'autrice. Et franchement, ça fera plus de mal à son image que n'importe quelle tête de gondole qui ne lui sera pas dédiée. Je ne la connaissais pas, mais ça ne me donne aucune envie de la découvrir.

Zoé Gilles Auteure

05/07/2021 à 17:00

Bonjour Milleliri. La tribune a pris le ton du débat de la "rue". Colère justifiée des lecteurs et des auteurs contre la qualité et la profondeur des lectures mises en avant sur le marché, tous genres confondus, au détriment d'ouvrages plus "sérieux" parce qu'ils rapporteraient plus.
S'il est vrai que les lectrices, puisqu'elles seraient majoritaires, sont actuellement très amatrices de feelgood, chick lit et autres fantasy, on pourrait aussi se demander si cela ne correspond pas à un besoin : espérer ? Mais il est tout aussi vrai que beaucoup d'auteurs édités et de nouveaux auto-édités pondent en quelque mois des croutes littéraires dans le but mesquin d'en tirer quelque profit (gloriole pour les uns et petit pécule pour les éditeurs : la gloire littéraire est le plus souvent post mortem). Une réalité.
Et à l'invitation de Cathy Galliègue donnant son point de vue subjectif sur ce qu'elle attend de la littérature, le débat s'est parallèlement instauré sur les hauteurs de vue de chacun. Sujet clivant... Les réponses ne pouvaient être que variées à l'image de ce qui nous est encore fort heureusement offert pour répondre aux besoins de tous et de toutes. Une littérature qui s'apprécie à son heure comme l'humeur ou la musique : reposante, énergisante, apaisante, structurante ou besoin de rêverie ou de folie.

Milleliri

05/07/2021 à 19:58

Bonjour Zoé,

Je ne peux pas nier que la qualité des parutions n'est pas homogène, mais pour autant je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise littérature. A mon sens, la qualité du texte ne dépend pas du genre littéraire, mais du travail éditorial qui l'a accompagné. Si le texte est bon, il ne restera quelque soit l'étiquette qu'on lui attribuera ou le genre auquel on l'associera. C'est pourquoi il me semble réducteur de faire un sort commun à des genres littéraires entiers, comme si les autres étaient exempts de textes mal construits, sans style ou alors à l'inverse à l'excès.

Je pense aussi que les auteurs installés et "bankable", quelque soit ce qu'on pense de la qualité de leurs textes à un instant T, sont nécessaires à l'émergence des autres. Aucun éditeur n'oserait publier de premiers romans, par exemple, s'il n'avait pas par ailleurs l'assurance de rentrer dans ses frais grâce à des parutions plus largement plébiscitées (et puis on n'est pas à l'abri d'un carton populaire surprise, en témoignerait J.K. Rowling).

Quant à obtenir un petit bout de table en librairie... Je ne crois pas que quiconque prenne la place de qui que ce soit d'autre. En revanche, si on n'avait pas entre 500 et 600 nouveaux livres à chaque rentrée littéraire, peut-être pourrions-nous offrir une visibilité accrue aux romans des auteurs qui ne font pas partie des "happy few".

LOL

09/07/2021 à 15:25

« A mon sens, la qualité du texte ne dépend pas du genre littéraire, mais du travail éditorial qui l'a accompagné. »

Qu'entendez-vous par la qualité d'un texte ? Sa musicalité ou sa construction narrative ?

Parce que l'éditeur ne peut améliorer que la qualité de la construction narrative. Son boulot, c'est de trouver les erreurs de contexte, pas d'améliorer la qualité littéraire. Au mieux, c'est le travail du correcteur mais dans la réalité, si le correcteur est obligé d'aider l'écrivain à améliorer son texte (sauf à la marge), c'est qu'il y a un gros problème de choix éditorial.

Un texte devrait être choisi en premier lieu pour ses qualités littéraires. Qui ne sont pas négociables. Un auteur qui ne sait pas écrire n'est pas un écrivain : il n'a rien à faire dans le monde de l'édition. Ensuite, le texte doit être soupesé sur le fond, et se pose la question de savoir si ce fond est améliorable ou contient des erreurs. C'est tout.

L'éditeur qui réécrit le texte d'un écrivain est au pire un mauvais éditeur qui s'est trompé de métier, ou bien un écrivain raté qui passe (pisse ?) sa frustration sur le texte d'un écrivain qu'il jalouse.

Forbane

06/07/2021 à 11:02

Pour la dernière fois : on ne peut que donner raison à Cathy Galliègue. Ô combien.
Cette parole hélas est trop rare - et pour cause : tout est orienté vers le marché et l'art est sacrifié sur l'autel de Mammon par ceux-là mêmes dont le travail est de le préserver et de le glorifier (les éditeurs).
Comme l'art, la musique, le cinéma, il y a la vraie littérature et l'autre qui ne devrait pas porter ce nom. Il y a la littérature comme art (et peu importe le genre qu'elle embrasse) et le reste, tout ce qui n'est pas de l'art mais un produit de consommation.
Que l'écrivain avec un E réussisse à vivre de sa plume est miraculeux.
Dire que "les femmes" se gavent de littérature "feel good" est faux dans la mesure où d'autres jouissent exclusivement de pure littérature.
Quant à celles qui se tournent vers ces produits de consommation, il faut s'en attrister à double titre : qu'elles ne savent plus ce qu'est la littérature (et la même constatation s'applique au lectorat masculin actuel) et qu'elles s'en désintéressent est dramatique, de même qu'est dramatique leur appétit pour cette non-littérature "qui fait du bien". Mais d'où vient donc qu'elles aillent si mal ?... Voilà de quoi interroger la situation et le destin des femmes dans nos sociétés modernes.

PS : j'ajoute que le site Babelio est à ce titre exemplaire. Des chefs-d'oeuvre de la littérature mondiale sont relativement mal notés par les lecteurs quand de très piètres ouvrages qui n'auraient jamais dû voir le jour remportent presque tous les suffrages.
Cela vient de ce que le lectorat est devenu inculte et paresseux. Il se plaint du style quand il y en a un, de la longueur d'un roman, de la longueur des phrases, de l'emploi du passé-simple... ne parlons même pas de celui du subjonctif. Les éditeurs ne font que fournir aux gens l'infâme soupe qu'ils désirent. Sinon, ils feraient faillite.

LOL

07/07/2021 à 09:13

« Cela vient de ce que le lectorat est devenu inculte et paresseux. Il se plaint du style quand il y en a un, de la longueur d'un roman, de la longueur des phrases, de l'emploi du passé-simple... ne parlons même pas de celui du subjonctif. Les éditeurs ne font que fournir aux gens l'infâme soupe qu'ils désirent. Sinon, ils feraient faillite. »

Pour le constat populaire, je serais assez d'accord. Quant au reste, en êtes-vous certaine ? Si le lectorat n'avait le choix que d'une soupe de qualité, ne s'élèverait-il pas au lieu de s'abaisser ? L'édition joue le rôle d'accélérteur dans cette décrépitude populaire. À l'origine, il y a le combo Éducation Nationale + Télévision.

D'autre part, pour rebondir, on pourrait très bien avoir de la littérature « de gare » de très bonne tenue littéraire si l'édition s'en donnait la peine. Quand on voit qu'elle publie des auteurs qui prétendent livrer leur premier jet, on ne s'étonne de rien sur les résultats imprimés.

Le genre ne fait rien. L'auteur fait tout. Et éventuellement l'éditeur l'aide à bien ficeler.

Forbane

08/07/2021 à 11:04

Oui, il faudrait élever les gens au lieu de les condamner à la facilité et somme toute à la bêtise (ce que réussit très bien le combo EN + télévision comme vous dites).
Mais j'estime que chacun peut et doit aussi se responsabiliser, sans attendre une quelconque orientation venue d'en haut.
Pur avoir été brièvement prof, je constate hélas qu'il est ardu d'intéresser la jeune génération à la littérature avec un L. Cela semblait plus aisé du temps de mon grand-père instituteur, né en 1909.
Ma misanthropie (acquise) me fait voir l'humanité comme une espèce qui cède irrésistiblement à la facilité et aux loisirs. L'époque moderne tend vers le divertissement illimité.
Lire peut être un plaisir mais ce n'est pas à proprement parler un divertissement.
Je me souviens des heures que je passais enfant et adolescente, plongée dans les livres, un crayon à la main, soulignant avec bonheur tous les mots que je ne connaissais pas, et qui m'étaient comme des trésors... J'aurais aimé être en mesure de communiquer cette passion à mes élèves, ainsi que le goût de l'effort, mais j'ai échoué. J'ai bien senti que nous ne parlions pas la même langue et que c'est à peine si nous vivions dans le même monde. C'est un constat terrible.

Zoé Gilles

08/07/2021 à 15:48

C'est terrifiant à lire Forbane et c'est si vrai. Je ne fais pas de l'auto-promotion ni de pub détournée pour mon livre, mais peut-être vous intéressera-t-il (mon lectorat ne sera pas facile à trouver !). En espérant ne pas être visionnaire. ©La Note, Zoé Gilles, 2021.
"Bien avant l’essaim dévastateur de l’intelligente peste grise, la jeunesse avait été nourrie, gavée-pourrie, de toutes formes travesties de lumière. Elles créaient un espace négatif infini dans les cerveaux où la réflexion sombrait dans les angles morts. C’était le temps de la réalité ultime. De la réul , disaient-ils. De 1995 à 2025, soit tout du long des secondes Trente moins Glorieuses de leur grande Histoire universelle précédant le Ça, la jeunesse avait été le mieux préparée à clapoter dans la fange. Dès leur naissance, leurs esprits étaient remplis d’hallucinations, fantasmagories et autres arguties des fictions niant la réalité, divertissements dilatoires de merveilles en 4D, diffusion de la matière, objets et êtres à travers des faisceaux lumineux. Leurs hologrammes et autres inventions terrestres. Cette nouvelle duperie avait remplacé les drogues. Celles-ci étaient toujours commercialisées comme les armes, les crises financières à répétition les avaient seulement rendues, les unes et les autres, inaccessibles à la néoroture. Tout ceci était le fruit de leurs progrès. Avant que tout ne valse."

Forbane

11/07/2021 à 14:53

Voici un tableau on ne peut plus évocateur des temps à venir et malheureusement déjà présents...

Je vois que vous êtes passée par l'auto-édition. Voilà ce que je ne conseillerais pas, mais peut-être les choses ont-elles évolué. Je peux concevoir qu'un auteur en passe par là.

LOL

09/07/2021 à 09:01

« Mais j'estime que chacun peut et doit aussi se responsabiliser, sans attendre une quelconque orientation venue d'en haut. »

Malheureusement, la vie montre que cette espérance est toujours fausse.

Quand un gamin a le choix entre un écran et un livre, il choisira toujours l'écran. Parce que l'écran demande moins d'effort et que tous les gamins - mais aussi tous les humains - vont toujours au plus facile. Ce n'est pas pour rien que des émissions débilitantes ont un succès fou à la TV : c'est parce qu'elle demande le moins d'effort intellectuel.

Les médias l'ont compris depuis longtemps : plus vous offrez de la soupe bas niveau, et plus vous aurez de public. Quand vous touchez en plus les bas instincts, vous touchez le gros lot (merci la TV réalité qui devrait d'ailleurs porter le nom de bidonné).

Donc sans appel d'air « par le haut », il est vain d'espérer un éveil spontané et une responsabilité individuelle. Individuellement, l'homme a tendance à la paresse. Collectivement, il y est précipité.

Une société juste tenterait de freiner la tendance individuelle des hommes en proposant un parcours naturellement plus exigeant sur le plan collectif. Des émissions de qualités... et des livres aussi.

Sébastien Fritsch

06/07/2021 à 18:30

Merci pour ce texte. Vous restituez très bien le contexte dans lequel avancent ceux et celles qui ont choisi le métier d'écrire, sans avoir le seul profit en ligne de mire. Il est cependant peu probable que ce contexte change. Continuons à écrire et à savourer les quelques milliers de paires d'yeux qui ont fait vivre nos textes.

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Ouverture des bibliothèques : “Aucune solution unique ne saurait être imposée”

Après les annonces présidentielles de ce mercredi 31 mars, les mêmes questions reviennent, du côté des professionnels des bibliothèques. Encore une fois, les associations interprofessionnelles apporteront des réponses, mais l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) tient à avertir les autorités de la situation et des difficultés actuelles. Nous reproduisons ci-dessous le message de l'organisation.

02/04/2021, 14:47

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“Opacité, manipulation et atteinte aux droits syndicaux des artistes-auteurs”

L'intersyndicale des artistes-auteurs apprend aujourd'hui, le 29 mars, que la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture (DGCA) a convié les organismes de gestion collective et diffuseurs à des « groupes de travail utilisateurs, en visioconférence, sur la nomenclature de revenus d’artistes auteurs à laquelle travaille le ministère de la Culture et qui servira de base à la nouvelle interface informatique de déclaration des revenus d’artistes auteurs ». Nous reproduisons ici l'intégralité de leur texte.  

29/03/2021, 16:58

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Mahomet supprimé de La Divine Comédie : Dante victime du “politiquement correct”

Une traduction de La Divine Comédie de Dante expurgée de Mahomet « pour ne pas blesser » : le choix d'un éditeur néerlandais fait couler beaucoup d'encre, avec des accusations de censure qui se multiplient. Le PEN Club français s'inquiète lui aussi de précautions qui finissent par porter atteinte à l'œuvre et à la « dimension transculturelle » de Dante. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, le texte de l'organisation.

29/03/2021, 16:44

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Auteurs professionnels : un statut non essentiel ?

Je ne suis pas le premier, je ne serai sûrement pas le dernier, mais je souhaitais m’exprimer sur la situation alarmante des artistes-auteurs dont je fais partie. Parce que pour parler net, il semblerait qu’on ait décidé en hauts lieux de nous laisser crever la bouche ouverte. Par Guilhem Meric.

25/03/2021, 10:01

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"La Maison des écrivains est menacée parce que la littérature est menacée"

La Maison des écrivains est en proie à des difficultés persistantes, clame l’association, qui diffuse un manifeste. Ce dernier, que signe l’ensemble de son conseil d’administration et de direction, dévoile la réalité de cette situation. Une structure qui n’est pas « entendue à la hauteur de ses ambitions », et a recours actuellement à un appel aux dons pour se sortir de l’embarras. Leur plaidoyer est ici diffusé en intégralité.

23/03/2021, 16:18

Autres articles de la rubrique À la loupe

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BD 20-21 : “La bande dessinée vit une crise de croissance particulièrement aiguë”

L'année de la bande dessinée, imaginée pour l'année 2020 et finalement étendue sur une partie de 2021 en raison de la crise sanitaire, s'est terminée en juin dernier. Voulue par le ministère de la Culture, organisée par le Centre national du livre et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, l'opération s'organisait parallèlement à la remise du rapport Racine, très attendue par les auteurs et autrices. Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité de la BD, estime que l'année de la BD a permis de mettre en avant la situation des créateurs et de lancer le processus de réformes.

05/08/2021, 17:16

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Alessio Forgione : un dialecte napolitain qui “s’étend bien au-delà des mots”

Le dernier livre d’Alessio Forgione, Napoli mon amour, est paru en début d’année chez Denoël. Traduit par Lise Caillat, ce roman parcourt une ville où désespoir et solitude s’entremêlent, pour Amoresano. Jusqu’à l’arrivée de Nina. Et soudainement, les rues napolitaines n’ont plus la même saveur. Entretien avec la traductrice.

05/08/2021, 11:54

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Bob Morane, ou l'ombre jaune de Roselyne Bachelot

Une nouvelle fois, le cabinet de la ministre fait grincer des dents. Ou bien faut-il considérer que l’année de la BD étant close, tout ce qui touche au 9e art se relaie à l’arrière-plan ? Henri Vernes ne méritait pas même un tweet, service de communication ministérielle a minima ? Non, manifestement non. Parce qu’en effet, Bob Morane n’a pas vraiment l’ampleur ni la présence justifiant que l’on se fende d’un hommage, même concis. Et puis, ce sont les vacances, pas question de faire du zèle ?

28/07/2021, 12:27

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“Je voudrais que l’oral fasse suer l’écrit”, Gilles Defacque

Voilà maintenant un mois que le ministère de la Culture a annoncé le départ de Gilles Defacque de la direction du Prato, pôle national du cirque de Lille. Remplacé par Célia Deliau, directrice du Cirque Jules Verne, pôle national du cirque d’Amiens, depuis 2016, c’est une page qui se tourne. Départ dans cette bibliothèque peu commune, celle du metteur en scène, clown, poète, Gilles Defacque.

26/07/2021, 12:18

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Un procès insensé : “L’Internet Archive a un cœur, et sait s’en servir”

Lorsque j'ai entendu parler des poursuites judiciaires pour non-respect du droit d’auteur intentées le 1er juin 2020 aux États-Unis par quatre grands éditeurs (Hachette, Penguin Random House, Wiley, HarperCollins) à l’Internet Archive pour son Open Library, et ce en pleine pandémie, je n’arrivais pas à y croire. Et ce mauvais rêve se transforme en cauchemar puisqu'un procès retentissant doit débuter le 12 novembre 2021.

22/07/2021, 10:42

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Luca di Fulvio : “Mes personnages veulent suivre leur propre chemin”

Son sourire enjôleur et lutin fascine : rencontrer Luca Di Fulvio, c’est plonger dans le charme d’une autre langue, et dans une littérature d’un autre monde. Les lecteurs qui l’ont découvert avec Le Gang des rêves auront le bonheur de le retrouver dans un roman plus italien cette fois. Conversation avec un dilettante particulièrement attaché à son art…

15/07/2021, 16:46

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Brewster Kahle, archiviste ultra

PORTRAIT – Bientôt au cœur d'un tonitruant procès intenté par quatre grands groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive célèbre, en 2021, ses 25 ans. Depuis 1996, elle abrite des sauvegardes du web mondial, mais aussi des exemplaires numériques de films, enregistrements audio, jeux vidéo, journaux ou encore livres. Portrait du bâtisseur de cette bibliothèque d'Alexandrie, Brewster Kahle.

14/07/2021, 14:53

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La littérature, cet outil de connaissance

Le PEN Club, au carrefour international des cultures, est de ce fait bien placé pour constater que la littérature est au croisement de la création et de la connaissance. Ayant pour mission fondatrice la défense de la liberté d’expression et celle-ci n’étant pas divisible, le réseau solidaire des PEN Clubs nationaux a à connaître et faire connaître toute forme d’expression qui est opprimée parce qu’elle porte l’émancipation, la pensée mobile, donc critique, et les mutations de la sensibilité — autant dire : la littérature. Par Jean-Philippe Domecq.

06/07/2021, 10:07

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Philipp Weiss : “Nous n’avons pas de langue pour décrire le temps présent”

Pour la rentrée littéraire, certains se satisfont d’un roman. Avec Le grand rire des hommes assis au bord du monde, dans une traduction de l'allemand par Olivier Mannoni, Philipp Weiss s'aventure dans une oeuvre totale : cinq livres, dont un manga, à travers les 1200 pages d'une épopée rare. Rencontre avec cet auteur à l'oeuvre hors norme. 

05/07/2021, 10:38

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Le livre numérique, 50 ans d'existence et de lectures

Il fut le compagnon des lecteurs, au cours de cette année pandémique 2020, certains en ont découvert les vertus, par l’offre gratuite et libre de droit, d’autres le coût avec des titres plus récents. Mais le livre numérique, ou ebook, n’est pas ce jeune premier que la presse présente depuis quelques années. Voilà désormais 50 ans que ce format se construit, évolue, à travers les progrès technologiques et les investissements d’entreprises. Bon anniversaire, petit cinquantenaire.

03/07/2021, 11:35

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Des éditions collector de mangas victimes de la spéculation

Depuis le début de l'année 2021, le manga bat tous les records de vente dans les librairies françaises. Pour entretenir l'engouement et s'assurer la fidélité d'un public qui pourrait se contenter de versions numériques, voire de scans illégaux, les éditeurs n'hésitent pas à publier des versions collector, en quantité limitée. Maisons d'édition et libraires ne peuvent toutefois que constater le développement d'un marché parallèle, où la revente se fait au prix d'une intense spéculation.

02/07/2021, 13:23

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Histoire de l’ebook #17 - Les grandes dates du Projet Gutenberg

« Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes œuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d’enseignement. » (Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg et père de l’ebook)

02/07/2021, 09:21

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Histoire de l’ebook #15 - Un hommage aux bibliothécaires

Le/la bibliothécaire a toujours eu un rôle charnière dans le monde du livre, y compris numérique. Les bibliothèques sont largement couvertes par les médias, mais qu’en est-il de ceux et celles qui les font fonctionner ? Une première version de ce texte fut publiée dans ActuaLitté en 2016. Voici aujourd'hui une version revue et actualisée pour inclure les ultimes développements de la profession. L’auteure fut elle-même bibliothécaire avant d’être traductrice.

30/06/2021, 10:29

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Histoire de l’ebook #14 - L’ebook vu par quelques pionniers

Voici le sentiment de plusieurs pionniers du livre numérique interviewés par courriel au fil des ans pour mes articles et livres sur le sujet: Michael Hart (Projet Gutenberg), John Mark Ockerbloom (The Online Book Page), Robert Beard (A Web of Online Dictionaries), Jean-Paul (Cotres.net), Nicolas Pewny (Le Choucas), Marc Autret (Indiscripts), Pierre Schweitzer (@folio), Denis Zwirn (Numilog) et Henri “Henk” Slettenhaar (Silicon Valley Association).

29/06/2021, 09:23

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Histoire de l’ebook #13 - L'Internet Archive, une bibliothèque planétaire

L’Internet Archive est fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie) pour préserver un historique de l’internet. D'abord « bibliothèque de l’internet » avec la Wayback Machine, qui permet de voir l’évolution d’un site web depuis 1996, elle devient ensuite « une bibliothèque numérique à but non lucratif destinée à procurer un accès universel au savoir humain ». Elle propose deux millions de livres numérisés en mars 2010. Dix ans plus tard, elle est la plus grande bibliothèque numérique publique mondiale.

28/06/2021, 09:32

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Histoire de l’ebook #12 - De Google Print à Google Books

Google lance Google Print en mai 2005 en partenariat avec des éditeurs et des bibliothèques, puis le suspend trois mois plus tard suite à un conflit avec les associations américaines d'auteurs et d'éditeurs. Le programme reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres) et numérise les milliers de livres de bibliothèques partenaires. Mais Google continue de numériser des livres sous droits sans l'autorisation préalable des ayants droit, et le conflit se poursuit. Après une longue saga judiciaire de près de dix ans, la justice américaine tranche en octobre 2015 en faveur de Google.

27/06/2021, 10:34

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Histoire de l’ebook #11 - La licence Creative Commons

Créée en 2001 à l'initiative de Lawrence “Larry” Lessig, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la diffusion et la réutilisation d'œuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. De nombreux auteurs et autres créateurs souhaitent en effet utiliser le réseau de diffusion qu’offre l’internet tout en contrôlant les droits sur leurs œuvres, mais le copyright traditionnel leur semble trop restrictif. Creative Commons fête ses 20 ans en juin 2021 avec 2 milliards d’œuvres sous licence Creative Commons.

25/06/2021, 09:58

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Le livre, bien essentiel : “L’une des plus importantes victoires” de 2020

Près de soixante-dix maisons françaises et italiennes auront pris part aux journées d’échanges organisées à l’initiative de l’Association des éditeurs italiens. Engagé à la tête de cette organisation depuis 2017, Ricardo Franco Levi intervient régulièrement dans nos colonnes, apportant éclairages et interventions sur le marché italien. Depuis Milan, il revient sur ces trois jours, manifestement riches.

24/06/2021, 15:36

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Histoire de l'ebook #10 - Wikipédia, une encyclopédie planétaire

Lancée en janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia est une encyclopédie gratuite en ligne écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Rédigés par des milliers de volontaires dans des dizaines de langues, les articles et les illustrations restent la propriété de leurs auteurs. Leur libre utilisation est régie par la licence GFDL puis par la licence Creative Commons. Wikipédia comprend 17 millions d’articles dans 270 langues en 2011, avec 400 millions de visiteurs par mois. D'autres encyclopédies collaboratives suivent, par exemple l’Encyclopedia of Life.

24/06/2021, 09:42

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Histoire de l’ebook #9 - L’EPUB devient le format standard

Le format EPUB succède au format OeB (Open eBook) en avril 2005 en tant que standard du livre numérique et supplante peu à peu le format pionnier PDF. « Totalement différent du PDF, le format EPUB permet d’afficher un texte ajusté au tout dernier moment en fonction de l’écran et des choix du lecteur au moment précis de la lecture. Plusieurs applications permettent de créer un fichier EPUB directement, dont des logiciels libres. La plupart des liseuses sont compatibles avec le format EPUB. » (Nicolas Pewny, consultant en édition électronique)

23/06/2021, 09:27

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Entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers de Mondadori Libri

Le site NewItalianBooks, qui promeut les maisons d'édition et la culture italiennes à l'étranger, a réalisé un entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers chez Mondadori Libri. Ce dernier est le groupe de presse le plus influent en Italie. Interrogée par Paolo Grossi, directeur du site, elle revient sur l'influence du livre italien à l'étranger. Par Paolo Grossi.

22/06/2021, 12:25

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Histoire de l’ebook #8 - Premières expériences d’auteurs de best-sellers

Le maître du suspense américain Stephen King est le premier auteur de best-sellers à se lancer dans l’aventure numérique en 2000, malgré les risques commerciaux encourus. Il autopublie un roman épistolaire inédit en plusieurs épisodes sur un site web créé à cet effet, avec un résultat mitigé, avant de nouvelles expériences avec son éditeur. D'autres auteurs de best-sellers tentent eux aussi l’aventure numérique avec leurs éditeurs, par exemple Frederick Forsyth en Grande-Bretagne, Arturo Pérez-Reverte en Espagne et Paulo Coelho au Brésil.

22/06/2021, 10:05

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Queenie, histoire d'une gangster venue de Martinique, pour conquérir Harlem

Stephanie Saint-Clair. Avec un nom pareil, elle aurait pu faire du music-hall. Et d’une certaine manière, elle fut la reine de la nuit. Au cœur de Harlem, elle devint Queenie, cheffe de gang respectée au sein de Harlem : protectrice d’une communauté noire contre les policiers — déjà ! —, elle mena tambour battant une carrière dans la loterie clandestine. Nous sommes en 1933, la prohibition a pris fin, et cette Martiniquaise, ayant migré une vingtaine d’années plus tôt à New York affronte la mafia italienne, regardant les hommes droit dans les yeux. Queenie, plus qu’une gangster généreuse : un symbole.

22/06/2021, 08:05

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Histoire de l’ebook #7 - Premiers dictionnaires et encyclopédies en ligne

Disponibles en ligne au tournant du millénaire, les premiers dictionnaires et encyclopédies de référence émanent de versions imprimées, par exemple le Dictionnaire universel francophone (Hachette), WebEncyclo (Atlas) ou encore le site de l’Encyclopaedia Universalis. Suivent des outils de référence conçus directement pour le web, par exemple le Grand dictionnaire terminologique (GDT) du Québec et WordReference.com. Wikipédia fera l’objet d’un article spécifique.

21/06/2021, 09:28

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Italie et France : le livre en partage

Les liens qui rattachent la France et l’Italie se mesurent autant à la passion dévorante dont témoignait Stendhal qu’aux centaines de lecteurs venus à Turin, en 2017, assister à une rencontre avec Daniel Pennac. Dans les allées du Salon du livre, une file d’attente colossale, impatiente, témoignait d’une authentique ferveur.

21/06/2021, 09:00

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Histoire de l’ebook #6  - E Ink, une technologie d'encre électronique

Les recherches sur l’encre électronique débutent à la fin des années 1990 au sein de la société E Ink pour offrir un meilleur écran aux liseuses en attendant le papier électronique. E Ink présente le prototype de son écran en 2002 et le commercialise en 2004. Un projet un peu différent est la technologie Gyricon développée par Xerox. Radicalement novateur lui aussi dans un domaine connexe, le projet @folio voit le jour en France dès 1996 mais reste malheureusement à l’état de prototype faute de soutien financier.

19/06/2021, 11:19

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Histoire de l'ebook #5 - Les premières liseuses    

Sans surprise, les premières liseuses voient le jour dans la Silicon Valley, terre des projets technologiques les plus fous, avec les fonds nécessaires pour les développer. Ces liseuses sont le Rocket eBook (de NuvoMedia) et le SoftBook Reader (de SoftBook Press), qui virent le jour en 1998. D'autres modèles suivent, par exemple le Gemstar eBook (de Gemstar) en 2000, le LIBRIe (de Sony) en 2004, le Cybook Gen2 (de Bookeen) à la même date, le Sony Reader (de Sony) en 2006, le Kindle (d'Amazon) en 2007, le Nook (de Barnes & Noble) en 2009 et l'iPad (d'Apple) en 2010. 

 

18/06/2021, 11:31

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Histoire de l'ebook #4 - Du PDA au smartphone

En 2001, la liseuse n’a pas encore gagné son pari. On compte 17 millions de PDA (Personal Digital Assistants) dans le monde pour seulement 100.000 liseuses, d'après un Seybold Report publié en avril 2001. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001, dont le Palm Pilot (lancé en mars 1996) et le Pocket PC de Microsoft (lancé en mars 2000). En 2005, le PDA laisse progressivement la place au smartphone. L’iPhone d’Apple (lancé en juin 2007) devient le produit phare de toute une génération.

17/06/2021, 09:43

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19

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Histoire de l’ebook #2 - Gabriel, portail des bibliothèques nationales européennes

Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue (anglais, allemand, français) offrant un point d’accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes. Sans les patients efforts de Gabriel (et de l’European Library), la bibliothèque numérique européenne Europeana n’aurait peut-être jamais vu le jour dix ans plus tard.

15/06/2021, 09:29

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Librairie Les mots à la bouche : transmettre culture et héritage LGBT+, inlassablement

Nouvellement installée dans le XIe arrondissement de Paris, la librairie LGBT+ Les mots à la bouche lançait ce 31 mai un crowdfunding pour changer son modèle économique et devenir une société coopérative. Avec 40.000 euros réunis en à peine trois jours, les membres de la SCOP sont aujourd’hui assurés de pouvoir reprendre l'entreprise. Une façon pour le lieu de continuer à vivre dans les mains d’une nouvelle génération de libraires engagés, ayant à cœur de prolonger l’héritage LBGT. Mais aussi de proposer une littérature qui raconte ses luttes et son histoire.

14/06/2021, 18:01

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Histoire de l’ebook #1 - Le PDF, format pionnier lancé par Adobe

L’ebook aura bientôt 50 ans. Non, il ne fait pas son âge. Mais pour mieux contextualiser son existence, ActuaLitté vous propose de retrouver une série d’articles, rédigés par Marie Lebert, pour bien mener les célébrations. Peu après les débuts du web en 1990, la société Adobe lance en juin 1993 le format PDF (Portable Document Format), tout comme l’Acrobat Reader (gratuit, pour lire les PDF) et l’Adobe Acrobat (payant, pour créer les PDF).

14/06/2021, 09:51

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La justice pardonne-t-elle les critiques élogieuses de livres dangereux pour la santé ?

La justice nous porte souvent vers les confins du sublime, dans une langue magique. La Cour de Justice de l’Union européenne, régulièrement évoquée dans nos colonnes, donne l’occasion d’un petit sourire, voire d’un clin d’œil, facétieux. En effet, l’arrêt dans l’affaire C-65/20 autoriserait, selon un de nos lecteurs, que les mauvais livres — indigestes pour l’esprit — puissent malgré tout être encensés. Attention, mauvaise foi et bonne humeur exigées…

10/06/2021, 12:52

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D'Amélie à Mademoiselle Nothomb : “Tu es encore là toi ?!’

Amélie Nothomb rencontrera pour la première fois depuis très longtemps son public ce samedi 12 juin, dans le cadre du Festival Les mots libres à Courbevoie. On sait combien elle entretient un rapport très particulier, dans tous les sens du terme, avec ses lecteurs, et son impatience à l’idée de les revoir n’était pas feinte. En attendant la rentrée littéraire et son prochain titre, Premier Sang, discussion autour de son dernier roman paru, Les aérostats, des monstres et de l’écriture, et de ses lecteurs.

04/06/2021, 11:47

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Voutch : “Un dessin d’humour, c’est un rébus, entre le texte et le visuel”

Avec une exposition en trois parties, Voutch régalera le public des Mots libres, festival qui s’ouvre ce 1er juin à Courbevoie. Une composition réunissant ses dessins réalisés pour un livre sur les Fables de La Fontaine en 2018, ainsi que des dessins de son dernier album De surprise en surprise. Et puis, des strips, ces petites BD commencées en 2016 sur un blog du Monde, avant de devenir deux livres au Cherche midi.

31/05/2021, 09:13

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Pass Culture : unique réussite d'un Emmanuel Macron tout schuss ?

L’éducation et la culture étaient les pans prioritaires du programme d’Emmanuel Macron candidat à la présidence. Et sur le second point, la mesure probablement la plus novatrice consistait à copier le Bonus Cultura mis en place par Matteo Renzi, Premier ministre italien, en octobre 2016. Baptisé par les équipes Macron Pass Culture, il promettait un bifton numérique de 500 € aux jeunes atteint de majorité, pour des dépenses folles en biens culturels…

21/05/2021, 17:05