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Feel good books ? “Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ?

Écrire ne m'a jamais fait manger.J'ai fait ce que l'on appelle délicatement des "succès d'estime", ce qui veut dire que je n'ai eu aucune critique négative - quelle chance !-  mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 ex. Tout cela en étant publiée par de belles maisons. Par Cathy Galliegue.

Le 01/07/2021 à 09:09 par Auteur invité

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01/07/2021 à 09:09

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Écrire, être publiée, lue, par 2000 paires d’yeux c’est déjà beaucoup. Mais la loi du marché domine, décide, fait les jeux. Et pour la loi du marché, 2000, c’est négligeable, ce n’est pas rentable. 

Peu importe, j’écris encore, c’est mon métier. 

Un jour, un éditeur m’a dit une chose que je trouve assez immonde : « Écrire n’est un métier que lorsqu’on en vit. » Venant d’un éditeur qui se goinfre sur ses gros succès en laissant mourir des romans à peine nés, des romans qui meublent le catalogue, je n’ai pas su quoi répondre. J’ai perdu ma voix. J’ai failli perdre l’écriture. Et c’est revenu, ça revient toujours. 

Quand on est fait pour écrire des histoires, mais pas comme comme Musso, pas comme Levy, quand on veut donner aux histoires une petite musique différente, le style, peut-être, alors on peut renoncer à beaucoup de choses, je vous assure. J’ai toujours eu en haute estime la littérature, elle m’a imprégnée, ce qui ne veut pas dire que je suis capable d’en produire. Mais je m’efforce, roman après roman, d’écrire mieux, de ne pas céder à cette chose facile qui se vend comme des petits pains. D’ailleurs, j’avoue que faire cela est un art en soi qui serait assez tentant, mais ce n’est pas si facile, et je ne sais pas le faire. Je ne sais pas faire du Musso, du Pancol, du.. Je m’arrête là avant de me faire des ennemis. Je ne sais pas faire des trucs écrits à la truelle avec tous les ingrédients pour que ça fasse joli. Bien lissé, bien poli. Bien vendeur. 

Je vais continuer à écrire, je vais prouver à cet éditeur que ce que je fais est un métier, je vais lui dire que si lui, il vit très confortablement sur ses best-sellers, moi, je vais continuer avec mes 2000 paires d’yeux, c’est déjà beaucoup, même si ça ne me fait pas manger. 

Je vais continuer parce que je suis faite pour cela, comme tous mes compagnons de galère faits pour cela, qui renoncent à tant de choses pour être lus, mais que plus jamais l’on ne nous dise que ce que nous faisons, ces livres que nous écrivons sans autre perspective que le « succès d’estime », n’est pas un métier. C’est humiliant, c’est nier le temps passé au service de textes qu’ils ont voulu publier, et qu’ils ont aimés, j’imagine, puisqu’ils les publient. C’est faire de nous des amateurs, profitant du temps libre pour faire des livres, comme on ferait du tricot le soir, au coin du feu. Disant cela, ils n’accordent le statut de professionnels de l’écriture qu’aux seuls vendeurs de best-sellers, ils nient notre travail.

Aujourd’hui, on donne à la lectrice, puisque la grande majorité des lecteurs sont des lectrices, des piles colorées de romans feel good. Ces piles trônent sur les tables dans les librairies, invitant à une lecture « qui fait du bien ». Moi, grande lectrice, ce qui semble assez normal quand on prétend écrire, ce que je veux, ce que je cherche dans un roman, c’est qu’on me fasse du mal, qu’on me malmène, qu’on m’emmène dans les tréfonds de l’humanité et que j’en ressorte ébranlée. Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ? Je ne crois pas. 

Est-ce que Bonjour tristesse, aujourd’hui, trouverait son public, je j’en suis pas sûre. 

Il serait temps, grand temps, de remettre la littérature au centre de la littérature, et de nommer un chat un chat. Que le feel good, la chik lit existent, oui, mais pas au premier plan, pas au détriment de ce que la littérature produit de plus beau, mais est invisible, pauvre exemplaire solitaire en rayon, à la verticale.

 

Cathy Galliegue a été publiée chez Albin Michel, Emmanuelle Collas. Son dernier ouvrage, Contre nature, est paru chez Le Seuil en octobre 2020.

Crédits photo ©  Francesco Gattoni

 
 
 
 

58 Commentaires

 

R.

01/07/2021 à 12:45

Franchement, Lévy, Musso ou Gavalda, ce n'est pas ma came, loin de là. Mais il faut leur reconnaitre une chose.

Ces gens savent écrire des histoires qui se tiennent, cohérentes, aux personnages suffisamment attachants pour qu'on ait envie de continuer le livre. Ils savent nous emmener d'un point A un point B.

Et comme j'ai dit, c'est pas ma came, c'est pas les livres que je recherche en particulier.

Mais ça m'emmerde cet espèce d'élitisme à deux ronds. On a compris que les gens étaient cons car ils préfèrent jouer aux jeux videos ou regarder des videos youtube plutôt que lire. On a compris que les gens étaient cons car ils lisent pas ce qu'il faut.

C'est exactement ce genre de violence de classe que j'ai subie en arrivant à la fac. J'étais le "gosse intelligent qui lit des livres" dans mon village en zone montagnarde, arrivée à la métropole, j'étais le gros plouc qui ne "lit pas ce qu'il faut". Qui ne lit pas Duras, Dustan, Beckett, Quignard et compagnie. Le gros plouc qu'on regarde de haut car il n'a pas les bons codes, les bonnes références culturelles. C'est ce qui m'a paralysé des années durant avec la littérature, qui a fait que pendant au moins 5 ans j'ai plus lu un seul roman, seulement des essais politiques.

Parce qu'on m'a fait savoir que j'étais pas assez intelligent.

Ce genre de tribunes me fait hurler car c'est typiquement l'esprit qui fait que la littérature apparait inaccessible à beaucoup de monde (et c'est probablement le but en fait). C'est un discours qui vise à marquer un territoire. C'est un discours qui dit "La littérature légitime, la culture légitime, c'est moi qui la définis. Ce sont mes références qui comptent. Si vous n'avez pas lu, si vous n'aimez pas ce que je vous dis de lire et d'aimer, alors la littérature ce n'est pas pour vous."

Et je trouve ça pathétique.

NAUWELAERS

01/07/2021 à 19:58

NON R...
Vous avez tout faux, désolé.
Totalement raccord avec cette tribune !
La qualité a ses droits et ras-le-bol de la médiocrité démagogique.
Cathy Galliegue a raison.
Arrêtez avec vos compexes d'infériorité !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:43

Merci d'avoir compris mon propos.
Bonne journée à vous, et bonnes lectures !

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:36

Entre la littérature dite élitiste et le roman de gare, il y a tout de même une palette assez large qui offre un choix de très bons romans, voire très très bons, tout en étant "accessibles". La rentrée 2021 est la preuve de cette belle diversité avec ses 521 romans annoncés.
Certains de ces livres auront droit aux tables des libraires. Pendant deux mois. Deux mois et le livre est mort. C'est ainsi. Il n'en est pas de même pour ce qui n'est pas votre came ni la mienne et qui, dans tous les cas, squatteront toujours les meilleurs places dans le classement des ventes.
Je vous souhaite de belles lectures.

Rosé

01/07/2021 à 16:23

"J’ai fait ce que l’on appelle délicatement des « succès d’estime », ce qui veut dire que je n’ai eu aucune critique négative — quelle chance ! – mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 exemplaires."

Mmh…

1/ « …mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 exemplaires."

« Aime moi comme tu es » (Ed. Kawa ; 2015) : 52 exemplaires vendus (source GFK)
« La nuit je mens » (Ed. Albin Michel, 2017) : 619 exemplaires vendus (source GFK)
« Et boire ma vie jusqu’à l’oublie (Ed. Emmanuelle Collas, 2018) : 688 exemplaires vendus (source GFK)
« Contre nature (Ed. Le Seuil, 2020) : 680 exemplaires vendus (source GFK)


2/ "J’ai fait ce que l’on appelle délicatement des « succès d’estime », ce qui veut dire que je n’ai eu aucune critique négative — quelle chance ! »

Un succès d’estime, ce n’est pas quand on n’a pas de critiques négatives, c’est quand on a quelques très bonnes critiques.


Une suggestion : peut-être hésiter un peu plus avant de se comparer à Sagan et Duras et mépriser un peu moins les auteurs populaires ?

Cathy Galliègue

01/07/2021 à 17:21

Les chiffres GFK que vous annoncez sont faux, j'ai mes relevés de ventes pour le prouver.
Et j'ai eu effectivement de très bonnes critiques, vous pouvez également le vérifier puisque vous semblez aimer mener l'enquête.
Et loin de moi l'intention de me comparer à Sagan ou à Duras, elles sont pour moi, comme beaucoup d'autres grands auteurs, des modèles qui restent, il me semble, des auteurs "accessibles".
Je ne méprise pas les auteurs populaires, ils répondent à une forte demande de lecteurs, et surtout de lectrices que je ne méprise pas non plus. Je dis simplement que la littérature un peu moins "populaire" mérite elle aussi d'exister.

R.

02/07/2021 à 07:43

Mais elle existe la littérature "moins populaire". Elle est bel et bien mise en avant. Qu'elle soit plus expérimentale, plus orientée vers le style ou plus classique. On l'a vu avec les belles réussites de Verdier (Camille de Toledo et Anne Pauly), on l'a vu avec Pauline Delabroy-Allard chez Minuit, on l'a vu avec Djaili Amadou Amal chez Emmanuelle Colas. On l'a vu avec les noms qu'ont su se faire, dans des styles tout à fait différents, Lola Lafon, Faiza Guène, Marie-Hélène Lafon, Alice Zeniter...

Je ne suis par conséquent pas convaincu que dans le cas où Marc Lévy n'existait pas, vous auriez automatiquement plus d'audience ou de vente. Ou alors il faut le démontrer.

Je pense que vous vous fourvoyez sur ce plan, même si je comprends votre frustration

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:42

Vous prêchez une convaincue, et comme je le dis dans un autre commentaire, la palette est large, elle est belle. Je ne demande pas la mise à mort de Lévy ou de Musso, je demande le droit de vie à une foule de très bons romans qui, très souvent, ne bénéficient pas de la couverture médiatique et des mises en avant qu'ils mériteraient.

John

02/07/2021 à 13:37

Je confirme : les chiffres GFK sont totalement déconnectés par rapport aux chiffres de vente indiqués sur les relevés de droits d'auteur. Dans un sens ou un autre... Entre GFK et mes relevés, il y a un monde : des erreurs d'estimation à une dizaine de milliers d'ex parfois... Voire une estimation dix fois moindre sur un de mes titres, avec au passage omission de quelques dizaines de milliers d'ex...

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 14:37

Merci pour cette précision. Nous aimerions tous nous appuyer sur des chiffres fiables et vérifiables. Il faut espérer que les auteurs auront un jour ce privilège.

NAUWELAERS

02/07/2021 à 17:00

John,
Alors qu'ActuaLitté se met à publier le vendredi les chiffres Edistat, pouvez-vous expliquer au profane que je suis la différence entre GFK et Edistat ?
Merci !

CHRISTIAN NAUWELAERS

NAUWELAERS

02/07/2021 à 16:53

Je soutiens Cathy Galliegue.
Une femme.
J'adore la qualité, venant d'autrices ou d'auteurs.
Je n'aime pas la daube quelle qu'elle soit.
Zéro sexisme dans tout cela, bien entendu.
Si je n'aime pas la chanteuse X (que je ne supporte pas), j'adore telle autre.
Je ne donne pas de noms mais c'est un fait.
On a le droit d'aimer ou pas, que je sache, sans avoir à se justifier même si on peut tenter d'expliquer son point de vue.

CHRISTIAN NAUWELAERS

Carloman

02/07/2021 à 21:47

Tiens... Nous n'avons pas lu le même texte? Parler d'un livre n'est pas se comparer à l'auteur, mon bon... J'appelle cela de la manipulation. Mais il y a lecteure et lecture; nous ne pouvons comparer, en effet, Sagan, ou autre grand auteur à, disons... Barbara Cartland? Au risque, moi aussi, de me faire détester par certains, on ne peut parler de littérature au sens noble du terme; mais c'est dans l'air du temps: on fait table rase du passé, "on" veut niveler absolument; eh bien l'on y réussit diablement; le mot "culture" va devenir un gros mot...

NAUWELAERS

03/07/2021 à 00:13

Carloman,
On ne sait à qui vous vous adressez !
Nommez votre interlocuteur, pour que l'on puisse vous comprendre, s'il vous plaît...
Moi je n'entrave que pouic à votre post, faute de destinataire.
De qui et de quoi s'agit-il ?
Pensez au lectorat, je vous prie !
Merci !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Eric Dubois

01/07/2021 à 21:02

Je suis tout à fait d'accord avec elle . Est-ce que mon premier roman Lunatic paru aux éditions Le Lys Bleu va trouver son public ? J'ai écrit et publié une dizaine de livres de poésie et un récit autobiographique depuis plus de vingt ans. Le chemin est long mais je suis en bonne voie.

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:48

Bonne chance à vous !

Eric Dubois

02/07/2021 à 18:36

Merci Cathy.

Gitane

02/07/2021 à 07:14

Dès qu’une femme s’exprime sur la toile, elle se fait allumer - par un homme en général, CQFD. Et hop, l’énervé du premier rang va reprendre son clavier pour « hurler » contre les féminazies. Pas grave.
Madame, je dois avouer humblement que je ne vous ai jamais lue, mais ce sera réparé. J’aime moi aussi qu’on ne me prenne pas pour une quiche avec de la feel good ou de la chick litt. Vous avez une nouvelle paire d’yeux.

R.

02/07/2021 à 09:56

L'ironie étant que je suis une nana qui a décidé de se masculiniser en ligne après avoir remarqué à quel point chaque fois que je donnais mon avis en étant identifiée comme femme, mes remarques étaient au mieux ignorées, au pire prétextes à sexisme.

Bon, ça se retourne contre moi haha

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:48

Nous sommes hélas habituées, n'est-ce pas, à nous faire rentrer dans le cadre sous couvert d'anonymat.
Je défends vaillamment et depuis des années les bouquins qui méritent plus de visibilité, mais je ne suis ni une influences ni une journaliste en vue, je fais de mon mieux. Dans ce métier difficile qu'est l'écriture, nous sommes plutôt solidaires entre auteur(e)s, et ça, c'est beau.
Merci pour votre soutien et bonne journée à vous !

R.d.B.

02/07/2021 à 07:21

Bravo. Vos mots pourraient être les miens. Je suis effaré de voir le "feel good" systématiquement mis en avant, toutes ces choses un peu trop faciles, un peu trop pourries, beaucoup trop commerciales disposées en piles démesurément épaisses sur les tables et dans les vitrines des librairies très fréquentées quand, par exemple, l'immense Pierre Michon doit se contenter de quelques livres perdus au plus profond des étagères - Michon, bazar, Michon !
Bref.
Bien entendu, les bouquins populaires sont utiles : ils font lire ceux qui n'auraient pas lu et leurs ventes financent l'édition de la véritable littérature. Mais, effectivement, le drame apparaît lorsqu'il n'y a plus qu'eux.
J'écris. Je suis en train d'écrire mon sixième roman. Je n'ai pas encore été publié. Je suis conscient de ne rien produire de "rigolo" ni de facile, je suis conscient d'écrire des textes extrêmement stylés, extrêmement poétiques, quand pour moi les mots et la façon dont ils sont associés forgent le réel, quand le rythme me paraît essentiel, vital, quand il n'y a rien d'autre. Je suis conscient de tendre le bâton, de ne rien faire comme les autres, de ne vraiment pas chercher à plaire.
Je semble pourtant plaire à ceux qui me lisent. Mais pas encore à ceux qui financent. Je passe ma vie à écrire, vingt heures sur vingt-quatre, et je ne gagne rien. Ce n'est pas un loisir. Ce n'est pas "une passion". C'est mon métier, ce pour quoi je suis fait, ce pour quoi je donne chaque jour ma sueur et mon sang.
Re-bref.
Bravo pour vos mots, pour cette tribune forcément nécessaire. Vous ne cédez pas à la démagogie ambiante : celle qui tend à nous faire croire qu'il n'y a pas de hiérarchie. Celle qui veut nous faire penser que "ce n'est qu'une affaire de goût". Celle qui veut imposer cette idée pourtant saugrenue qu'un Guillaume Musso et un Tanguy Viel exercent le même métier.
Re-re-bref : merci.

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:51

Ah Michon ! Cet exceptionnel écrivain ! Ces Vies minuscules...
Je vous souhaite bon courage dans votre travail d'écriture et la chance de voir un jour vos livres publiés. C'est souvent long et difficile, accrochez vous !

R.d.B.

02/07/2021 à 14:38

Merci ! J'y travaille...
Je vous souhaite également beaucoup de réussite.

NAUWELAERS

02/07/2021 à 16:54

Pierre Michon a été porté aux nues, il y a quelques années, par Natacha Polony, dans un article.
CHRISTIAN NAUWELAERS

R.d.B.

02/07/2021 à 17:45

Michon est un de mes auteurs préférés. Chez lui, tout est merveilleux même si, j'en conviens, il ne sera pas simple pour certains d'entrer dans sa littérature. Michon : son style inimitable, sa phrase absolument magique.

R.d.B.

02/07/2021 à 17:54

D'ailleurs, si vous avez le lien vers l'article de Polony, je suis preneur...
Merci

NAUWELAERS

02/07/2021 à 19:49

Cher R.d.B.,
Non malheureusement je ne retrouve pas cette interview déjà ancienne de Polony où elle fait état -pas très longuement mais de manière significative, dans mon souvenir -de son admiration pour Pierre Michon.
En cherchant et finalement grâce à vous, je viens de découvrir une interview d'elle beaucoup plus récente.
Sous mon message, le lien: probablement inactif sur cet espace de forum mais vous le trouverez sans aucune difficulté sur le web (puisque même moi y suis arrivé !).
Polony y mentionne Michon parmi ses écrivains contemporains préférés -elle a donc de la suite dans les idées -et parmi les autres, Albert Cossery notamment.
Elle n'oublie pas David Foenkinos...mais pour être effarée de le voir publié dans la pourtant prestigieuse collection Blanche de Gallimard !
Polony est très sévère avec les critiques littéraires (renvois d'ascenseur, copinage etc.).
Elle croit à une baisse de niveau pour la télévision depuis les glorieuses années Pivot (un François Busnel appréciera donc !).
De très belles considérations de Natacha sur l'importance de la sensorialité dans la littérature, qui permet d'appréhender le monde...avec la grande Colette (wow, une femme !).
Ceux qu'elle a aimés, de Saint-Ex à Flaubert etc.
Pas de grosses surprises finalement mais des considérations d'une littéraire pur jus qui pense qu'aujourd'hui, on ne sait plus trop ce qu'est la littérature...
Tout le monde peut avoir son idée sur ce qu'est et doit ou devrait être la littérature.
Si vous appréciez cette journaliste et essayiste de haute volée et souhaitez lui offrir un présent...évitez de choisir un bouquin de développement (de compte en banque) personnel !
Sinon désolé de n'avoir point retrouvé ce premier article où cette dame qui est une reine du franc-parler en général de très bon aloi, loue Michon à l'envi, vous m'en voyez désolé.
Et lorsqu'elle évoque l'importance égale qu'il fallait accorder à Constantinople ou Yvetot selon Flaubert...ce qui correspond ici à la question du style (essentielle selon Natacha -un point de vue soutenu mordicus, et pratiqué, par un Yann Moix aujourd'hui -Moix, c'est moi qui me permets d'ajouter, pour le côté ultralittéraire, quoi qu'on pense du personnage et de son idiosyncrasie particulière)...elle s'est bien gardée d'évoquer...Annie Ernaux qui passa ses années d'enfance et de jeunesse à Yvetot !
Bonne continuation et la vie est un grand cadeau, jamais minuscule je pense.
CHRISTIAN NAUWELAERS

NAUWELAERS

03/07/2021 à 00:18

Cher R.d.B.,
Non malheureusement je ne retrouve pas cette interview déjà ancienne de Polony où elle fait état -pas très longuement mais de manière significative, dans mon souvenir -de son admiration pour Pierre Michon.
En cherchant et finalement grâce à vous, je viens de découvrir une interview d'elle beaucoup plus récente.
Sous mon message, le lien: probablement inactif sur cet espace de forum mais vous le trouverez sans aucune difficulté sur le web (puisque même moi y suis arrivé !).
Polony y mentionne Michon parmi ses écrivains contemporains préférés -elle a donc de la suite dans les idées -et parmi les autres, Albert Cossery notamment.
Elle n'oublie pas David Foenkinos...mais pour être effarée de le voir publié dans la pourtant prestigieuse collection Blanche de Gallimard !
Polony est très sévère avec les critiques littéraires (renvois d'ascenseur, copinage etc.).
Elle croit à une baisse de niveau pour la télévision depuis les glorieuses années Pivot (un François Busnel appréciera donc !).
De très belles considérations de Natacha sur l'importance de la sensorialité dans la littérature, qui permet d'appréhender le monde...avec la grande Colette (wow, une femme !).
Ceux qu'elle a aimés, de Saint-Ex à Flaubert etc.
Pas de grosses surprises finalement mais des considérations d'une littéraire pur jus qui pense qu'aujourd'hui, on ne sait plus trop ce qu'est la littérature...
Tout le monde peut avoir son idée sur ce qu'est et doit ou devrait être la littérature.
Si vous appréciez cette journaliste et essayiste de haute volée et souhaitez lui offrir un présent...évitez de choisir un bouquin de développement (de compte en banque) personnel !
Sinon désolé de n'avoir point retrouvé ce premier article où cette dame qui est une reine du franc-parler loue Michon à l'envi, vous m'en voyez désolé.
Et lorsqu'elle évoque l'importance égale qu'il fallait accorder à Constantinople ou Yvetot selon Flaubert...ce qui correspond ici à la question du style (essentielle selon Natacha -un point de vue soutenu mordicus, et pratiqué, par un Yann Moix aujourd'hui -Moix, c'est moi qui me permets d'ajouter, pour le côté ultralittéraire, quoi qu'on pense du personnage et de son idiosyncrasie particulière)...elle s'est bien gardée d'évoquer...Annie Ernaux qui passa ses années d'enfance et de jeunesse à Yvetot !
Bonne continuation et la vie est un grand cadeau, jamais minuscule je pense.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Mathias Lair

02/07/2021 à 09:11

Merci !

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 10:52

Merci à vous !

Victoria

02/07/2021 à 14:22

Chère Cathy (si je peux me permettre),
Vous avez 2000 fois raison. Écrire est un métier, quel que soit ce qu’on écrit (livre pratique, essai, roman, nouvelle, poème, best-seller, etc. ). Tout auteur en a conscience, tout traducteur encore plus. Je dirais même que plus on s’éloigne du feel-good book ou de la Chick Lit, plus on est exigeant avec soi-même, et plus on a du métier.

Le problème n’est pas que cette littérature existe - tous les genres littéraires, ou non, sont honorables - et je n’ai rien trouvé d’élitiste dans vos propos. Le problème est que de plus en plus de maisons d’édition ont à leur tête non pas des éditeurs - des gens de métier, justement - mais des financiers. Et la crise que nous venons de traverser risque de ne pas arranger les choses. Mais comme disait Churchill : « Le succès ne dure pas, l’échec ne tue pas, seul compte le courage de continuer ».
Je vous en souhaite beaucoup.


Cathy Galliègue

02/07/2021 à 14:40

Merci infiniment pour votre commentaire, Victoria !
Vous avez mille fois raison.
Courage à vous aussi !

NAUWELAERS

04/07/2021 à 23:56

Victoria,
Surtout ne le prenez pas mal...
«Quel que soit ce qu'on écrit» (?)...mais non !
«Quoi qu'on écrive...»...
Bien à vous et bonne semaine !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Carloman

02/07/2021 à 14:42

Tout à fait ma pensée... C'est émouvant... Merci encore pour ces mots, qui ne sont pas que cela, et qui apportent l'émotion... Merci... ☺️

Cathy Galliègue

02/07/2021 à 15:28

Merci à vous !

Chrismi

02/07/2021 à 17:46

Je suis estomaquée. J'aime les livres qui ne font pas réfléchir face au métro boulot dodo quotidien. Et je suis heureuse de penser que chacun peut trouver à lire ce qui lui plaît. J'espère juste avoir bien compris que ce sont les éditeurs qui ne laissent pas assez de place à tous les auteurs et qu'on n'incrimine pas le lecteur qui lit. Quoi qu'il lise.

Jacques Fiorentino

02/07/2021 à 19:29

Bravo pour vos propos auxquels je souscris entièrement.
Je serais heureux de dialoguer avec vous.
Excellente soirée
Jacques Fiorentino
PS: je suis un modeste écrivain au regard de la vision de l'éditeur dont vous parlez mais cela reste essentiel pour moi

PERCIER

03/07/2021 à 08:10

BOnjour, Que ce texte me f

PERCIER

03/07/2021 à 08:12

Que ce texte me fait du bien !!! Il me fait vibrer... en tant qu'auteur provincial et campagnard.

Zoé Gilles

03/07/2021 à 12:56

Cet article rediffusé sur FB, passé entre les mailles de mon filet, vient à point nommé dans le prolongement de mes pas. Auteure, chroniqueuse et bloggeuse, je suis en train de renouveler mon site et j'ai justement réfléchi hier et rédigé et publié ma page de présentation des chroniques de livres. J'ai opté en définitive pour une présentation sous 2 aspects/catégories : les livres-évasion (qui nous font que du bien) et les livres-neurologiques (qui nous sollicitent différemment). Les premiers nous prennent généralement par la main. Les seconds font appel à nos neurones (et donc notre aimable serviteur : le cerveau). Les 2 sont nécessaires et sont fonction des besoins du lecteur à un moment T. Rien n'est figé. Un livre peut nous rebuter à un moment donné. Et un autre jour et dans une autre ouverture d'esprit, nous sommes tout au contraire ravis de le recevoir. https://zoegilles.net/des-livres/ (en cours de construction).

Zoé Gilles

03/07/2021 à 13:04

J'ai oublié de dire que je suis totalement en accord avec Cathy Galliegue. Bien sûr, je vais la lire et la chroniquerai très certainement si l'ouvrage se révèle à la hauteur de l'attrait qu'inspire ce texte.

Philippe Bouteiller

03/07/2021 à 15:33

Si votre plume ne vous fait pas vivre alors que vous avez la chance d’être publiée par de grandes maisons et que vous poursuivez, c’est que vous êtes une passionnée. Alors, continuez à écrire, parce que l’important est de prendre du plaisir. J’ai écrit et publié au Lys Bleu un roman intitulé « les Blondel ». En deux mois, j’en ai vendu 340 exemplaires et vous ne pouvez pas savoir le bonheur que je ressens à lire les retours de mes lecteurs.
Bravo pour votre parcours Cathy. Continuez

Forbane

04/07/2021 à 13:24

La littérature avec un L fait toujours mal, d'une manière ou d'une autre.
Elle bouscule, heurte, bouleverse, fait réfléchir.
Tout le reste n'est qu'imposture, facilité, mièvrerie et gros sous.

Zoé Gilles

04/07/2021 à 14:51

Pas tout à fait d'accord, Forbane. Il est des livres qui touchent, qui marquent, nous heurtent, nous font avancer, le plus souvent de la littérature "blanche" principalement réaliste, tout comme il est des livres "de l'Imaginaire", ou non, qui ont l'art d'aborder des sujets sérieux sans nous malmener pour autant mais au contraire nous ravissent : une évasion, une ouverture sur un autre possible, le temps d'une lecture. Des noms comme Vernes, Tolkïen, Lewis Caroll et bien d'autres entrent dans ce "L" ! Tout simplement parce qu'ils sont magnifiquement conçus et qu'ils n'ont rien de l'imposture, de la facilité, du gnangnan ou du souci des gros sous que vous décriez à raison qui sont, hélas, encouragés aujourd'hui et bénéficient ainsi de la meilleure visibilité.

Forbane

04/07/2021 à 16:05

Vous pensez bien que nous sommes d'accord là-dessus.
Mes critiques visent seulement la médiocrité pléthorique qu'on nous vend à l'heure actuelle sous l'étiquette abusive de "littérature".

Jacqueline

04/07/2021 à 20:45

En vous lisant je repense à cette phrase de Karen Blixen "Ecrire des histoires car s'il n'y a pas d'histoires il n'y a pas de héros ".

Milleliri

05/07/2021 à 14:27

Je suis très surprise par le ton de cette tribune. Si Musso, Levy, la chicklit et le feel good existent, c'est parce qu'il y a un important public pour cela. En martelant que c'est de la sous-littérature tout en se plaignant de n'en avoir pas le succès, n'est-elle pas en train de prendre particulièrement de haut un public potentiel qu'elle s'est aliénée avant même de l'avoir conquis ?
Par ailleurs, je remarque que le public de cette sous-littérature qu'elle dénonce est essentiellement féminin. Alors je me demande quel est le message pour toutes ces femmes ? Que le seul lectorat qui vaille, c'est le lectorat masculin ?
Sans compter que je ne vois pas en quoi lire des romans feel good et tutti quanti empêcherait par ailleurs de lire des romans plus "exigeants". Comme si c'était exclusif ! Comme si les lecteurs ne pouvaient pas avoir envie d'une lecture légère parce que pourquoi pas, après un "Cent ans de solitude" ? sans pour autant qu'on invalide leurs capacités intellectuelles ?
Derrière une charge contre un éditeur aux propos discourtois et des auteurs concurrents qui n'ont rien demander, ce que je vois, c'est un immense mépris pour tous les lecteurs qui n'ont pas eu le goût ou l'idée de tenter les romans de l'autrice. Et franchement, ça fera plus de mal à son image que n'importe quelle tête de gondole qui ne lui sera pas dédiée. Je ne la connaissais pas, mais ça ne me donne aucune envie de la découvrir.

Zoé Gilles Auteure

05/07/2021 à 17:00

Bonjour Milleliri. La tribune a pris le ton du débat de la "rue". Colère justifiée des lecteurs et des auteurs contre la qualité et la profondeur des lectures mises en avant sur le marché, tous genres confondus, au détriment d'ouvrages plus "sérieux" parce qu'ils rapporteraient plus.
S'il est vrai que les lectrices, puisqu'elles seraient majoritaires, sont actuellement très amatrices de feelgood, chick lit et autres fantasy, on pourrait aussi se demander si cela ne correspond pas à un besoin : espérer ? Mais il est tout aussi vrai que beaucoup d'auteurs édités et de nouveaux auto-édités pondent en quelque mois des croutes littéraires dans le but mesquin d'en tirer quelque profit (gloriole pour les uns et petit pécule pour les éditeurs : la gloire littéraire est le plus souvent post mortem). Une réalité.
Et à l'invitation de Cathy Galliègue donnant son point de vue subjectif sur ce qu'elle attend de la littérature, le débat s'est parallèlement instauré sur les hauteurs de vue de chacun. Sujet clivant... Les réponses ne pouvaient être que variées à l'image de ce qui nous est encore fort heureusement offert pour répondre aux besoins de tous et de toutes. Une littérature qui s'apprécie à son heure comme l'humeur ou la musique : reposante, énergisante, apaisante, structurante ou besoin de rêverie ou de folie.

Milleliri

05/07/2021 à 19:58

Bonjour Zoé,

Je ne peux pas nier que la qualité des parutions n'est pas homogène, mais pour autant je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise littérature. A mon sens, la qualité du texte ne dépend pas du genre littéraire, mais du travail éditorial qui l'a accompagné. Si le texte est bon, il ne restera quelque soit l'étiquette qu'on lui attribuera ou le genre auquel on l'associera. C'est pourquoi il me semble réducteur de faire un sort commun à des genres littéraires entiers, comme si les autres étaient exempts de textes mal construits, sans style ou alors à l'inverse à l'excès.

Je pense aussi que les auteurs installés et "bankable", quelque soit ce qu'on pense de la qualité de leurs textes à un instant T, sont nécessaires à l'émergence des autres. Aucun éditeur n'oserait publier de premiers romans, par exemple, s'il n'avait pas par ailleurs l'assurance de rentrer dans ses frais grâce à des parutions plus largement plébiscitées (et puis on n'est pas à l'abri d'un carton populaire surprise, en témoignerait J.K. Rowling).

Quant à obtenir un petit bout de table en librairie... Je ne crois pas que quiconque prenne la place de qui que ce soit d'autre. En revanche, si on n'avait pas entre 500 et 600 nouveaux livres à chaque rentrée littéraire, peut-être pourrions-nous offrir une visibilité accrue aux romans des auteurs qui ne font pas partie des "happy few".

LOL

09/07/2021 à 15:25

« A mon sens, la qualité du texte ne dépend pas du genre littéraire, mais du travail éditorial qui l'a accompagné. »

Qu'entendez-vous par la qualité d'un texte ? Sa musicalité ou sa construction narrative ?

Parce que l'éditeur ne peut améliorer que la qualité de la construction narrative. Son boulot, c'est de trouver les erreurs de contexte, pas d'améliorer la qualité littéraire. Au mieux, c'est le travail du correcteur mais dans la réalité, si le correcteur est obligé d'aider l'écrivain à améliorer son texte (sauf à la marge), c'est qu'il y a un gros problème de choix éditorial.

Un texte devrait être choisi en premier lieu pour ses qualités littéraires. Qui ne sont pas négociables. Un auteur qui ne sait pas écrire n'est pas un écrivain : il n'a rien à faire dans le monde de l'édition. Ensuite, le texte doit être soupesé sur le fond, et se pose la question de savoir si ce fond est améliorable ou contient des erreurs. C'est tout.

L'éditeur qui réécrit le texte d'un écrivain est au pire un mauvais éditeur qui s'est trompé de métier, ou bien un écrivain raté qui passe (pisse ?) sa frustration sur le texte d'un écrivain qu'il jalouse.

Forbane

06/07/2021 à 11:02

Pour la dernière fois : on ne peut que donner raison à Cathy Galliègue. Ô combien.
Cette parole hélas est trop rare - et pour cause : tout est orienté vers le marché et l'art est sacrifié sur l'autel de Mammon par ceux-là mêmes dont le travail est de le préserver et de le glorifier (les éditeurs).
Comme l'art, la musique, le cinéma, il y a la vraie littérature et l'autre qui ne devrait pas porter ce nom. Il y a la littérature comme art (et peu importe le genre qu'elle embrasse) et le reste, tout ce qui n'est pas de l'art mais un produit de consommation.
Que l'écrivain avec un E réussisse à vivre de sa plume est miraculeux.
Dire que "les femmes" se gavent de littérature "feel good" est faux dans la mesure où d'autres jouissent exclusivement de pure littérature.
Quant à celles qui se tournent vers ces produits de consommation, il faut s'en attrister à double titre : qu'elles ne savent plus ce qu'est la littérature (et la même constatation s'applique au lectorat masculin actuel) et qu'elles s'en désintéressent est dramatique, de même qu'est dramatique leur appétit pour cette non-littérature "qui fait du bien". Mais d'où vient donc qu'elles aillent si mal ?... Voilà de quoi interroger la situation et le destin des femmes dans nos sociétés modernes.

PS : j'ajoute que le site Babelio est à ce titre exemplaire. Des chefs-d'oeuvre de la littérature mondiale sont relativement mal notés par les lecteurs quand de très piètres ouvrages qui n'auraient jamais dû voir le jour remportent presque tous les suffrages.
Cela vient de ce que le lectorat est devenu inculte et paresseux. Il se plaint du style quand il y en a un, de la longueur d'un roman, de la longueur des phrases, de l'emploi du passé-simple... ne parlons même pas de celui du subjonctif. Les éditeurs ne font que fournir aux gens l'infâme soupe qu'ils désirent. Sinon, ils feraient faillite.

LOL

07/07/2021 à 09:13

« Cela vient de ce que le lectorat est devenu inculte et paresseux. Il se plaint du style quand il y en a un, de la longueur d'un roman, de la longueur des phrases, de l'emploi du passé-simple... ne parlons même pas de celui du subjonctif. Les éditeurs ne font que fournir aux gens l'infâme soupe qu'ils désirent. Sinon, ils feraient faillite. »

Pour le constat populaire, je serais assez d'accord. Quant au reste, en êtes-vous certaine ? Si le lectorat n'avait le choix que d'une soupe de qualité, ne s'élèverait-il pas au lieu de s'abaisser ? L'édition joue le rôle d'accélérteur dans cette décrépitude populaire. À l'origine, il y a le combo Éducation Nationale + Télévision.

D'autre part, pour rebondir, on pourrait très bien avoir de la littérature « de gare » de très bonne tenue littéraire si l'édition s'en donnait la peine. Quand on voit qu'elle publie des auteurs qui prétendent livrer leur premier jet, on ne s'étonne de rien sur les résultats imprimés.

Le genre ne fait rien. L'auteur fait tout. Et éventuellement l'éditeur l'aide à bien ficeler.

Forbane

08/07/2021 à 11:04

Oui, il faudrait élever les gens au lieu de les condamner à la facilité et somme toute à la bêtise (ce que réussit très bien le combo EN + télévision comme vous dites).
Mais j'estime que chacun peut et doit aussi se responsabiliser, sans attendre une quelconque orientation venue d'en haut.
Pur avoir été brièvement prof, je constate hélas qu'il est ardu d'intéresser la jeune génération à la littérature avec un L. Cela semblait plus aisé du temps de mon grand-père instituteur, né en 1909.
Ma misanthropie (acquise) me fait voir l'humanité comme une espèce qui cède irrésistiblement à la facilité et aux loisirs. L'époque moderne tend vers le divertissement illimité.
Lire peut être un plaisir mais ce n'est pas à proprement parler un divertissement.
Je me souviens des heures que je passais enfant et adolescente, plongée dans les livres, un crayon à la main, soulignant avec bonheur tous les mots que je ne connaissais pas, et qui m'étaient comme des trésors... J'aurais aimé être en mesure de communiquer cette passion à mes élèves, ainsi que le goût de l'effort, mais j'ai échoué. J'ai bien senti que nous ne parlions pas la même langue et que c'est à peine si nous vivions dans le même monde. C'est un constat terrible.

Zoé Gilles

08/07/2021 à 15:48

C'est terrifiant à lire Forbane et c'est si vrai. Je ne fais pas de l'auto-promotion ni de pub détournée pour mon livre, mais peut-être vous intéressera-t-il (mon lectorat ne sera pas facile à trouver !). En espérant ne pas être visionnaire. ©La Note, Zoé Gilles, 2021.
"Bien avant l’essaim dévastateur de l’intelligente peste grise, la jeunesse avait été nourrie, gavée-pourrie, de toutes formes travesties de lumière. Elles créaient un espace négatif infini dans les cerveaux où la réflexion sombrait dans les angles morts. C’était le temps de la réalité ultime. De la réul , disaient-ils. De 1995 à 2025, soit tout du long des secondes Trente moins Glorieuses de leur grande Histoire universelle précédant le Ça, la jeunesse avait été le mieux préparée à clapoter dans la fange. Dès leur naissance, leurs esprits étaient remplis d’hallucinations, fantasmagories et autres arguties des fictions niant la réalité, divertissements dilatoires de merveilles en 4D, diffusion de la matière, objets et êtres à travers des faisceaux lumineux. Leurs hologrammes et autres inventions terrestres. Cette nouvelle duperie avait remplacé les drogues. Celles-ci étaient toujours commercialisées comme les armes, les crises financières à répétition les avaient seulement rendues, les unes et les autres, inaccessibles à la néoroture. Tout ceci était le fruit de leurs progrès. Avant que tout ne valse."

Forbane

11/07/2021 à 14:53

Voici un tableau on ne peut plus évocateur des temps à venir et malheureusement déjà présents...

Je vois que vous êtes passée par l'auto-édition. Voilà ce que je ne conseillerais pas, mais peut-être les choses ont-elles évolué. Je peux concevoir qu'un auteur en passe par là.

LOL

09/07/2021 à 09:01

« Mais j'estime que chacun peut et doit aussi se responsabiliser, sans attendre une quelconque orientation venue d'en haut. »

Malheureusement, la vie montre que cette espérance est toujours fausse.

Quand un gamin a le choix entre un écran et un livre, il choisira toujours l'écran. Parce que l'écran demande moins d'effort et que tous les gamins - mais aussi tous les humains - vont toujours au plus facile. Ce n'est pas pour rien que des émissions débilitantes ont un succès fou à la TV : c'est parce qu'elle demande le moins d'effort intellectuel.

Les médias l'ont compris depuis longtemps : plus vous offrez de la soupe bas niveau, et plus vous aurez de public. Quand vous touchez en plus les bas instincts, vous touchez le gros lot (merci la TV réalité qui devrait d'ailleurs porter le nom de bidonné).

Donc sans appel d'air « par le haut », il est vain d'espérer un éveil spontané et une responsabilité individuelle. Individuellement, l'homme a tendance à la paresse. Collectivement, il y est précipité.

Une société juste tenterait de freiner la tendance individuelle des hommes en proposant un parcours naturellement plus exigeant sur le plan collectif. Des émissions de qualités... et des livres aussi.

Sébastien Fritsch

06/07/2021 à 18:30

Merci pour ce texte. Vous restituez très bien le contexte dans lequel avancent ceux et celles qui ont choisi le métier d'écrire, sans avoir le seul profit en ligne de mire. Il est cependant peu probable que ce contexte change. Continuons à écrire et à savourer les quelques milliers de paires d'yeux qui ont fait vivre nos textes.

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Haute fonction publique : les conservateurs des bibliothèques attentifs

Après la suppression de l'École nationale d'administration (ENA), Emmanuel Macron propose une réforme de la haute fonction publique, avec pour principale mesure la « fonctionnalisation » de l’Inspection générale des Finances (IGF), de l’Inspection générale de l’Administration (IGA) et de l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas). Les conservateurs et conservatrices des bibliothèques saisissent l'occasion pour demander une prise en considération de certaines revendications, portées par l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France (ADBGV), dont nous reproduisons le texte ci-dessous.

29/04/2021, 16:20

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Harcèlement sexuel : soutien à "celles et ceux qui osent témoigner publiquement" 

Dans le contexte de l'enquête menée par Médiapart publiée le 21 avril dernier, où plusieurs autrices, auteurs et anciens salariés de la maison d'édition Bragelonne témoignent d'une attitude déplacée de Stéphane Marsan, directeur des éditions. Une pétition a été initiée sur le site de Chance.org par Lionel Evrard pour mettre fin à cette « omerta ». Nous reproduisons ici ses propos, dans leur intégralité. 

28/04/2021, 17:40

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Archives : le déménagement qui interroge

Le ministère de la Culture a récemment annoncé le dépôt des archives municipales de Troyes et des archives de Troyes Champagne Métropole aux Archives départementales de l’Aube, dans le cadre des dispositions prévues par le Code du patrimoine. Cette situation, inédite à cette échelle, soulève des questions sur la responsabilité et l’investissement des collectivités envers leur patrimoine archivistique, ainsi que le détaille l'Association des archivistes français dans une tribune, ici reproduite en intégralité.

23/04/2021, 09:21

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“Face à la détresse scolaire des étudiants, faire de l’enseignement supérieur une priorité”

Devant l'ampleur de la crise sanitaire, le groupe des éditeurs universitaires du Syndicat national de l'édition lance un appel, voire un cri d'alerte. Leur message est ici reproduit dans son intégralité. 

19/04/2021, 09:33

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Égypte : un chercheur détenu pour son travail sur les droits des femmes

74 organisations non gouvernementales internationales cosignent une tribune pour exiger la libération de l'étudiant et chercheur égyptien Ahmed Samir Santawy. Le 1er février dernier, il a été interpelé alors qu'il rendait visite à sa famille en Égypte, et reste aujourd'hui en détention provisoire, pour des motifs non expliqués. Nous reproduisons ci-dessous le texte des ONG, en intégralité.

16/04/2021, 16:57

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Québec : le devenir des écrivains au coeur des préoccupations

L’Union des écrivaines et écrivains québécois fait état de la publication de deux sondages convergents. Le premier, auprès de la population du Québec, le second auprès des écrivains, mais tous deux font état d’une prise de conscience et d’un réel soutien aux artistes. Nous reproduisons ici leur tribune, dans son intégralité. 

16/04/2021, 13:29

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Ma toute première page, toute, toute première page 

Elles se ressemblent, passé le carton de la couverture, dont le dos gémit dans un mouvement inconnu encore. Ces premières pages passées distraitement, avant de parvenir au sésame : le premier chapitre d’une nouvelle histoire. Ces premières pages, à peine regardées, dégagées du pouce, dans un feuilletage méthodique : une, deux, trois peut-être, quatre rarement, recto-verso méticuleusement évacuées… Ah, ces toutes premières pages.

22/10/2021, 16:31

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Sexisme, harcèlement : “Moi aussi, j'aurais dû être protégée.”

Institution dans le milieu de l’Imaginaire, le festival d’Épinal représente un moment précieux pour les professionnels. Au point de parvenir à faire la pluie et le beau temps sur des carrières, suivant que l’on soit accepté ou blacklisté. Nombre de livres s’y sont décidés lors de rencontres informelles, tandis qu’au cours de ses quatre journées, la manifestation rassemble une véritable communauté – le Fandom. L’édition 2021, elle, aura marqué un tournant.

21/10/2021, 15:06

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Rencontres avec ces libraires qui s’en foutent de la rentrée littéraire

REPORTAGE – Avec ses chiffres clinquants, ses stars qui pavoisent, ses nouveautés « jubilatoires » et ses jurys qui polémiquent, la rentrée littéraire devrait tous nous passionner. Et quand on dit “tous”, on pense en premier lieu, bien évidemment, aux libraires. Et pourtant… ActuaLitté est allé à la rencontre de plusieurs commerçants du livre, à Strasbourg. Il s'en dégage comme une odeur d'indifférence pugnace.

18/10/2021, 10:35

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Lettres du monde : Essentiel !, comme une évidence

Festival des littératures du monde, la prochaine et 18e édition de Lettres du monde se tiendra du 19 au 28 novembre, à travers la métropole bordelaise et la Nouvelle-Aquitaine. Partenaires privilégiés de cet événement où auteurs et lecteurs convergent, les librairies de toute la Région. Cécile Bory, Présidente des Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine et Directrice de la librairie Georges (Talence), nous en dit quelques mots.

15/10/2021, 13:18

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Fils de Zeus, Dionysos s'étonne : “Une brigade des mœurs pour festival, vraiment ?”

LA VRAIE-FAUSSE INTERVIEW – En littérature, la prosopopée consiste à faire parler les morts, les entités divines ou autres abstractions. Joueurs, nous avons invoqué les mânes de Dionysos, dieu accessoirement dédicataire de la première scène antique. En effet, son théâtre à Athènes accueillit les chants rituels préfigurant les tragédies classiques. Ce qui en fait aussi le premier organisateur de manifestations littéraires en Europe. Vous avez dit événementiel ?

14/10/2021, 15:32

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Agnès Ledig : “J'aime l'image du livre comme un lien de cœur à cœur “

Elle attend souriante : l’heure matinale n’affecte en rien l’immédiate bienveillance. Partager quelques instants avec Agnès Ledig, c’est une mise en danger quand on ne la connaît pas. Elle saisit les nuances, les allusions : elle écoute et l’on perçoit que ses questions ne sont pas des marques d’intérêts feints. Son dernier livre, Se le dire enfin, est sorti en poche en mars dernier (J’ai lu) : mais elle, que nous dira-t-elle finalement ?

12/10/2021, 11:30

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Jean-Claude Mourlevat : ”Auteur jeunesse, cela m'agace quand c'est méprisant“

Il a remporté le prix Astrid Lindgren, qui allait pour la première fois de son histoire à un auteur français. Cette récompense littéraire et suédoise est souvent présentée comme le Prix Nobel consacrant la littérature pour la jeunesse. Jean-Claude Mourlevat, lauréat 2021 était avec nous à Gradignan, pour le salon Lire en Poche. Opportunité rare…

10/10/2021, 20:29

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Villon, Rimbaud ou Verlaine, de “sales types” : Crénom, Teulé !

Jean Teulé, président. Voilà qui claque, et aurait peut-être même de la gueule : avec lui, une palanquée de poètes rentrerait à l’Élysée. Mais en attendant que l’écrivain prenne la tête de l’État, c’est à Gradignan qu’il pose ses valises, pour Lire en Poche, comme parrain de l’édition 2021. Rendez-vous pris avec celui qui revendique, comme Aragon, « ce sale type », de n’avoir jamais appris à écrire. En avant la musique.

09/10/2021, 12:05

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“Le Salon de Turin n’a pas de public : il rassemble une communauté”

#SALTO21 – Une nouvelle fois, les organisateurs du Salon du livre de Turin ont jonglé entre les difficultés, pour que la manifestation piémontaise ait lieu. Son commissaire général, également romancier, Nicola Lagioia, accorde à ActuaLitté un entretien exclusif. Du 14 au 18 octobre, le Lingotto célébrera le livre, la lecture, les auteurs, avec passion.

07/10/2021, 15:22

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Prix du livre et frais de port : “Le marché va en souffrir, pas Amazon”

Arrivée à l’Assemblée nationale pour son adoption, la loi concernant les frais de port fera florès : qui, après l’année 2020, refuserait un projet de soutien aux libraires ? Qui, devant le vorace Amazon, éconduirait l’effort pour rétablir une concurrence saine sur la vente à distance de livres ? En somme, qui aurait intérêt à ce que les frais d’envois postaux d’un livre n’augmentent pas ? De fait… quelques nuances s’imposent.

06/10/2021, 11:33

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Retraites : quand l'ADAGP a vite fait de jeter les artistes-auteurs en Ehpad

Il suffit parfois d’un message publicitaire bien tourné pour qu’une population entière s’engouffre dans un produit. Et aussi d’un martèlement régulier — comme le savent les enseignants, pour que ça rentre, faut répéter… Mais en d’autres moments, plus sensibles, la réclame fait bondir à s’en enfourner la tête dans l’écran. Le traducteur littéraire et syndicaliste Lionel Evrard nous en donne ici une illustration…

04/10/2021, 16:31

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Complaintes de la bibliothèque

Ce matin, ton regard était froid et distant. Presque je t’aurais entendu ravaler tes sanglots, quand entrant dans la pièce, tu m’as tourné le dos. Enfin, tu l’aurais certainement souhaité, mais inamovible, tu m’as battu froid. Dans ce silence que je connais, tu m’as laissé déposer ce vélo coutumier, sans broncher. Et après le premier café, timidement, tu as geint : « Tu ne me regardes plus comme avant ! » Mince : ma bibliothèque parle ?

01/10/2021, 13:59

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Hommage aux traducteurs et aux traductrices, artistes du verbe depuis plus de deux millénaires

La journée mondiale de la traduction (30 septembre) pourrait sans problème être renommée journée mondiale des traducteurs et des traductrices. Ceux-ci sont souvent peu visibles derrière leur art alors qu’ils contribuent au savoir et à la culture depuis plus de deux millénaires. Leur apport est immense, au passé comme au présent. 

30/09/2021, 09:59

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Chroniques de la Lune Noire : “Au départ, c'était un roman... mais j'ai tout perdu”

L'aventure des Chroniques de la Lune noire, saga entamée en 1989 par Olivier Ledroit, au dessin, et François Froideval, ne se résume pas en quelques mots. On notera simplement qu’au commencement, un souci informatique provoqua la perte du roman que Froideval avait entamé. Qu’importe, elles verront tout de même le jour, en BD. 13 ans après le 14e tome, Les Chroniques de la Lune noire, ce sont, en bande dessinée, plus de 559.000 exemplaires vendus (données Edistat). Et un redémarrage s’amorce avec Jeanne-A Debats quand surgit un roman, chez Leha.

29/09/2021, 10:04

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Région Grand Est : “Encourager les auteurs de l’écrit à la création de projets audiovisuels”

Rapprocher les auteurs de l’écrit du monde audiovisuel, voici le projet que porte la Région Grand Est à travers l’opération Du livre à l’écran. Cinq livres, cinq auteurs, cinq maisons d’édition, et en parallèle, un programme d’accompagnement, avec Daniel Picouly comme parrain : objectif, connecter les filières du livre et du cinéma.

28/09/2021, 09:18

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Traduire Conceição Evaristo, la Toni Morrison brésilienne

PORTRAIT – Première invitée du festival VoVf, traduire le monde, la traductrice Izabella Borges est venue présenter le recueil de nouvelles Ses Yeux d’eau (Ed. des femmes) et évoquer son autrice, immensément populaire au Brésil, Conceição Evaristo.

27/09/2021, 15:07

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“Il manque de toute évidence au sein du Goncourt une grande figure morale”

Voilà une semaine que l’histoire se ressasse à l’envi : comment les jurés du prix Goncourt, comment l’Académie tout entière, a pu se faire prendre de la sorte ? Un roman retenu, écrit par le compagnon d’une des membres du jury… et personne pour trouver ce lien étrange. Seule colère du président, quand ladite jurée se fend d’une chronique dans Le Monde, pour sabrer un autre livre retenu dans la liste 2021 ?  

27/09/2021, 12:02

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Crise à l'Academie : du prix Goncourt au prix d’amis ?

Tout cela ne manque pas de piquant, il faut le croire... Récuser un membre du jury, quand c’est une femme ? La chose passerait mal – le Goncourt n’en compte que trois, sur ses dix membres. Se récuser, quand on a possiblement franchi la ligne rouge ? Les statuts de l’Académie, modifiés en 2008, n’en font pas expressément état. Pour autant, les dernières révélations de France Inter sur un possible conflit d'intérêt interrogent le lecteur. La Littérature, certes, mais à tout prix ?

23/09/2021, 07:29

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“Un libraire doit-il vendre le livre d’Eric Zemmour ?”

Voilà une semaine maintenant que La France n’a pas dit son dernier mot est disponible dans les différents points de vente et en ligne. Un succès revendiqué par l’auteur du Destin français, dont la mise en place dépassait les 150.000 exemplaires. Avec un cas de conscience qui se pose chez les libraires : vendre ou ne pas vendre Éric Zemmour. Marc Georges, qui dirige La Demeure du livre, à La Perrière (Orne), intervient dans nos colonnes avec quelques réflexions à partager.

20/09/2021, 09:04

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Babel, Sisyphe et Tantale dans un bateau : mettre le Horla à la rentrée littéraire

Outre le raccourcissement désormais flagrant des journées, les aléas météorologiques qui contraignent à troquer bermudas et t-shirts pour jeans et chemises, tout va bien madame la Marquise. Alors d’où me vient cette langueur que Verlaine n’aurait pas boudée ? Une anémie qui ne doit rien à mes globules rouges, merci pour eux, et pourtant sévit, jour après jour… La réponse était dans l’énoncé. Ou plutôt, sur le bureau d’en face…

18/09/2021, 13:01

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Raphaël Glucksmann : “La politique souffre d’abord d’une absence de littérature”

ÉVÉNEMENT – Au fil des éditions, les Bibliothèques idéales de Strasbourg voient de plus en plus grand. Cette année, malgré les complications épidémiques, « les Livres ont pris le pouvoir », bel et bien : 200 écrivains, intellectuels, acteurs et musiciens ont investi la capitale alsacienne pendant 10 jours pour faire de ces rencontres un rendez-vous incontournable de la vie culturelle d’abord strasbourgeoise, ensuite alsacienne, bientôt française. Retour d’expérience. 

15/09/2021, 17:33

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Pourquoi le journaliste littéraire redouterait l'internaute critique ? 

Auteur Gallimard, juré Prix Goncourt, auteur d'une étude sur les traducteurs pour le CNL, journaliste, bloggueur et despote éclairé de la République des livres : Pierre Assouline est multi-casquette, solidement implanté dans l'industrie. Dans La revue des médias, il dénigre avec ardeur les réseaux de lecteurs, des « plateformes [qui] sont des sites marchands ». Et finalement, déplore une médiocrité propre à l'époque. Pierre Fremaux, cofondateur de Babelio, apporte les nuances impératives.

15/09/2021, 07:42

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La Peste d'après Albert Camus inaugure Kazoku, label manga chez Michel Lafon

En 2016, Ki&Hi devint le premier manga des éditions Michel Lafon : 6 tomes et un agenda plus tard, le succès dépasse 1,03 million d’exemplaires (donnée Edistat) sur cinq années. 2021 amorce alors une nouvelle voie : Kazoku, le label manga de la maison. Et pour l’inaugurer, c’est le roman d’Albert Camus, La Peste, adapté par Ryota Kurumado. Une aventure éditoriale peu banale, dont les deux premiers tomes sortiront d’ici 10 jours.

14/09/2021, 11:33

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Dicker, Zemmour et Sattouf : comment l'indépendance des auteurs effraie l'édition

Dicker, Zemmour, Sattouf : trois noms significatifs dans l’édition puisqu’ils pèsent à eux seuls plusieurs millions d'euros de chiffre d’affaires. Ils ont tous opté pour un changement de paradigme, mais réellement en rupture avec l’industrie du livre jusqu’à lors connue ? Pour point commun, un outil de diffusion et distribution qui leur ouvrira les portes des libraires, grandes surfaces culturelles et autres enseignes… Bref, les points de vente du livre. Un schéma disruptif, supposément, qui provoque des sueurs froides dans l’ensemble du milieu. Panique à Saint-Germain ?

10/09/2021, 11:52

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Patrick Imbert (Le Sommet des Dieux) : “Chez Taniguchi, je sens toujours une tonalité humaine”

En salles le 22 septembre prochain, Le Sommet des Dieux adapte le récit homonyme de Jirō Taniguchi, en 5 tomes (parus aux éditions Kana dans une traduction de Sylvain Chollet). L'histoire d'une passion vertigineuse pour l'alpinisme, où chaque sommet vaincu n'est qu'un seuil devant le prochain... Entretien avec Patrick Imbert, le réalisateur du long-métrage.

08/09/2021, 16:21

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Seghers : une rentrée à la recherche du lien entre tradition et modernité

La réorganisation des maisons décidée en octobre 2020 aura conduit Antoine Caro à la tête de Seghers. Une première rentrée littéraire, donc, qui amorce les trois axes de développement — tout en renouant avec l’histoire même de la maison. Poésie, beaux livres, littérature, la transition s’inscrit dans la tradition, celle d’une époque où Pierre Seghers conjuguait les genres et les talents. 

07/09/2021, 11:01

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Issues de la collection de Stefan Zweig, deux partitions inédites de Schumann retrouvées

Il est des vieux papiers que l’on exhume, avec une odeur d’antan, mais dont on ne soupçonne pas que leur histoire nous emportera loin, bien loin. Au sein de la Fondation Martin Bodmer (Cologny, canton de Genève), quatre pièces inédites ont été retrouvées. Muriel Brandt, chargée de mission pour la mise en valeur des partitions autographes en aurait dansé au son des lieder de Robert Schumann, ainsi que deux autres pièces, de Georges Bizet et Charles Gounod. 

03/09/2021, 13:17

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Masque sous le nez, Plume dans le postérieur : Saint-Germain des Près a encore frappé

Depuis 1955 que l’émission littéraire hebdomadaire critique les univers culturels — cinéma, théâtre ou livres — on pourrait s’attendre à un minimum de connaissances économiques sur ces secteurs. Pourtant, Le Masque et la plume, que Jérôme Garcin présente depuis plus de 30 ans, démontre que le germanopratisme a de beaux jours devant lui. Comprendre : quand les chroniqueurs s’en prennent sévèrement à Virginie Grimaldi, on touche le fond du fond radiophonique. 

01/09/2021, 12:50

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Vente d'épreuves non corrigées : collectionneur illuminé ou attrape-nigaud ?

Le marché du livre d’occasion fait pousser des soupirs désabusés aux organisations d’auteurs depuis bien longtemps. C’est pourtant en toute légalité que l’acheteur de livre papier peut revendre on exemplaire. Il existerait en revanche un autre marché, navigant dans une zone grise nettement plus contestable, installé sur le net français : celui des épreuves non corrigées. Des textes et des ouvrages non-commercialisables, mais qui servent aux éditeurs à faire connaître leurs publications très en amont…

31/08/2021, 13:04

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Eric Zemmour : “Comment je suis devenu auteur-éditeur”

ENTRETIEN EXCLUSIF – La France n'a pas dit son dernier mot sera le prochain livre d'Éric Zemmour. Une aventure éditoriale qui commence avec une rupture à l’initiative de son ancien éditeur, Albin Michel. Sans maison pour son prochain livre, le polémiste a choisi de monter sa propre société d’édition — Rubempré. Et de confier à Interforum la distribution de ses livres sur le territoire, et dans la francophonie. Il revient avec nous sur cette démarche, plutôt inédite pour un auteur de best-sellers.

25/08/2021, 17:32

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Crise du papier en France : pourra-t-on imprimer le prix Goncourt ?

En 2019, l’industrie papetière représentait 5,4 milliards €, incluant papiers et cartons, selon Copacel, organisation patronale. En somme, un douzième de ce que pèse la filière forêt-bois, matière première essentielle. Or, depuis fin 2019, plusieurs facteurs distincts provoquent une pénurie de papier. Et si les usages graphiques — incluant la production de livres — ne représentaient que 1,6 million de tonnes sur les 7,3 millions globales, la situation va en s’aggravant depuis la pandémie. 

 

24/08/2021, 14:47

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 7. XXe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette septième partie est consacrée aux traducteurs du XXe siècle, qui prônent une traduction non littérale pour les œuvres de fiction et qui créent une nouvelle discipline dénommée traductologie. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

20/08/2021, 10:03

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 6. XIXe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette sixième partie est consacrée aux traducteurs du XIXe siècle, qui affinent leurs méthodes et tentent de nouvelles approches dans leur art. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

19/08/2021, 10:24

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 5. XVIIIe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette cinquième partie est consacrée aux traducteurs du XVIIIe siècle, qui prennent pour habitude de traduire d’une langue étrangère vers leur langue maternelle, et non le contraire. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

18/08/2021, 11:07

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 4. XVIIe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette quatrième partie est consacrée aux traducteurs du XVIIe siècle, dont les traductions tentent d’être plus fidèles et transparentes que celles de leurs collègues des siècles passés. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

17/08/2021, 10:36

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 3. XVIe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette troisième partie est consacrée aux traducteurs du XVIe siècle, qui traduisent les auteurs classiques et la Bible dans des langues modernes (anglais, allemand, français, etc.). Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

16/08/2021, 10:46