Maximilien Robespierre, voilà un personnage qui laisse l’historien bien pantois. Comment le qualifier ? Le mot venant le plus rapidement à l’esprit semble être : tyran ! Vraiment ? Jean-Clément Martin, Professeur émérite de l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, ancien directeur de l’Institut d’Histoire de la Révolution française, publie, aux éditions Perrin, ce remarquable, instructif, et presque touchant Robespierre. La fabrication d’un monstre.
Le 11/04/2016 à 09:32 par Audrey Le Roy
3 Réactions | 2 Partages
Publié le :
11/04/2016 à 09:32
3
Commentaires
2
Partages
« La fabrication »… là est l’une des clés de notre perception de ce personnage adulé puis décrié (le mot est faible). Finalement la chanson est connue, une fois l’homme de pouvoir tombé, il est toujours de bon ton de nier que nous ayons été en accord avec lui. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Et si en plus nous pouvons le rendre responsable de toutes les misères du monde, pourquoi s’en priver ?
Nous ne le répéterons jamais assez, le travail de l’historien est de se fonder sur des sources ! Concernant Robespierre elles sont assez peu nombreuses et ont été minutieusement décortiquées, trop même ! Et de ce fait l’auteur n’a « pas cru bon de traquer les mystères supposés de sa personnalité, estimant par exemple, que son goût pour les oranges et son habitude de boire de l’eau rougie n’expliquaient rien de son action politique. » Et de ça, nous le remercions.
Mais nous voilà bien avancés. Comment pouvons-nous essayer d’en dresser un portrait le plus fidèle possible sans donner foi aux « racontars » d’après 1794 ?
Maximilien Robespierre est né le 6 mai 1758. Ses parents se sont mariés cinq mois avant sa naissance, nous pouvons donc affirmer qu’il a été conçu dans le péché, un comble !
Issu d’une famille de juristes se considérant au-dessus du peuple, n’ayant de cesse que d’essayer d’accéder à une certaine noblesse sans jamais en faire réellement partie, d’où une certaine frustration mêlée d’envie ! « Est-il besoin de dire que nombre de futurs révolutionnaires sortiront de ce groupe social formé dans la revendication d’un rang et dans la contestation des privilèges possédés par des rivaux ? » (Notez que cette phrase de Jean-Clément Martin est en fait la genèse de quasiment toutes les grandes révolutions, ou une définition de la nature humaine, au choix…).
« Orphelin de mère à 6 ans, abandonné par son père peu après », Robespierre n’a certes pas une enfance rêvée, mais que cela ne serve pas d’excuse pour son parcours futur, à l’époque les enfants orphelins sont légion ! De plus, Robespierre ne sera pas, pardonnez l’anachronisme, un petit Gavroche. Orphelin, oui, mais pas sans famille. Ainsi, en 1765, il entre au collège d’Arras. Bon élève, il va bénéficier d’une bourse qui finance ses études au collège Louis-le-Grand à Paris. Il y restera douze ans. « En 1781, Louis-le-Grand octroie à Robespierre une somme de 96 livres pour sa bonne conduite et ses succès : il a été reçu bachelier, puis licencié en droit en dix-huit mois au lieu des quatre ans ordinairement prescrits. »
Le 5 août, il rentre à Arras prendre la succession familiale. Il prête serment au barreau du Conseil d’Artois le 8 novembre 1781, le voilà donc officiellement avocat à 23 ans.
Mais pour autant Robespierre n’est pas un « petit surdoué », c’est simplement un très bon élève, plutôt solitaire, de ceux qui préfèrent les bibliothèques aux lupanars… . D’autres futurs grands révolutionnaires n’ont pas moins bien réussi que lui, Robespierre est un jeune de son temps, avec la culture de son temps (et de son milieu).
De 1782 à 1789, il va traiter environ vingt affaires par an, rien d’exceptionnel, mais « il peut en vivre, à l’abri du besoin, dans une maison en pierre de taille. » Une affaire va le faire connaître, en 1783. On s’imagine qu’il s’agit d’une affaire de mœurs, ou bien une de celles où il faut défendre la veuve et l’orphelin. Que nenni ! Le grand Robespierre s’est fait connaître comme avocat pour une affaire de… paratonnerre, que le dénommé Vissery de Bois-Valé avait « osé » installer sur son domicile ! Un illuminé donc ! Robespierre va le défendre et gagner le procès. Un éclair de génie ? Non, mais son éloquence semble en avoir impressionné plus d’un.

École française du XVIIIe siècle, Portrait de Maximilien Robespierre, musée Carnavalet
En 1785, il publie Éloge de Gresset (1709-1777, poète et dramaturge français ainsi que jésuite). Il y exprime sa ferveur pour la culture classique, sa dévotion, son goût pour la simplicité, et, plus surprenant, son « envie de légèreté, proche du badinage ». Surprenant, car, il faut être honnête, quand nous pensons à Robespierre, la légèreté et l’enjouement ne sont pas les mots, qui semblent le mieux le qualifier. Pire, Robespierre pourrait même nous apparaître comme quelqu’un d’asexué !
Et de fait, il n’a jamais été marié et nous ne lui connaissons pas d’idylles avérées. Ne surtout pas en tirer de conclusions hâtives.
Nous apprenons, en outre, qu’il est contre la peine de mort et qu’il a été extrêmement choqué après qu’un de ses jugements l’ait « amené à envoyer un assassin sur l’échafaud. » Notons qu’il s’agissait d’un simple assassin et non pas d’un rival…
« En novembre 1783, Maximilien entre à l’académie d’Arras où se réunissent les beaux esprits. Il en est élu chancelier en 1785 et directeur en 1786 pour un an. » Durant cette courte période, il va y faire entrer deux femmes de lettres : Marie Le Masson Le Goft (1749-1828) et Louise de Kéralio (1757-1821). Il souhaite alors que les femmes trouvent une place dans « la société française et dans les sociétés académiques ». La constance dans les idées n’est pas un des traits de caractère de Robespierre, surtout lorsque l’on sait qu’il ne lèvera pas le petit doigt pour défendre les Citoyennes républicaines révolutionnaires de Paris en 1793 et qu’il reléguera la place de la femme à celle de… mère de famille !
En définitive, le Robespierre trentenaire de 1789 est encore un homme simple, ayant plutôt des idées saines. Comment comprendre alors qu’en l’espace de cinq petites années, cet homme, assez ordinaire, finisse par devenir l’un des personnages incontournables de la Révolution puis le monstre par qui tous les malheurs sont arrivés ?
Pour comprendre Robespierre, il faut étudier une époque ainsi que tous ceux qui ont entouré « l’Incorruptible » : les Marat, les Danton, les Desmoulins, les Saint-Just et bien d’autres. Plus qu’une Révolution populaire ne s’agit-il pas là d’une guerre des ego fomentée par ceux-là mêmes qui jalousaient l’aristocratie ?
Robespierre était-il vraiment un monstre ? La tyrannie peut prendre bien des chemins et l’homme le mieux intentionné au monde peut, semble-t-il, devenir un être abject. Ne peut-on le percevoir comme un idéaliste, limite naïf, qui n’a pas supporté que ses contemporains ne puissent concevoir sa vision du monde ?
« Comment ne pas penser à son mutisme final lorsqu’il passe les longues heures d’agonie, allongé sur une table sans prononcer un mot, rejoignant Saint-Just muré dans l’attente de l’immortalité ? Tous ceux qui, appartenant à ce groupe […], rêvèrent d’un monde réédifié autour des valeurs stables de la justice et de la fraternité durent admettre que leur Cité rêvée fut incapable de résister aux affrontements politiciens comme aux espérances trop humaines. »
Par Audrey Le Roy
Contact : aleroy94@gmail.com
Plus d'articles sur le même thème
Le roman d’Antoine Charbonneau-Demers s’ouvre sur une scène quasi fabuliste, où une tique traverse l’océan pour contaminer le monde : « Moi aussi, maintenant que j’y pense, je suis un mystère. Je vais changer le monde. Je vis mon rêve. » Cette entrée en matière donne le ton : le récit mêlera satire sociale, grotesque et tragédie intime dans une langue étonnamment incarnée. Nature Boy ou l'imaginaire dérangeant, traversé par une ironie sombre et une énergie narrative singulière.
22/01/2026, 10:38
Deux époques (1981 et 1992), deux séries de braquages, deux enquêtes. Le britannique John Harvey excelle dans la peinture sociale de l’Angleterre des années Thatcher et l’on retrouve ici avec plaisir l’inspecteur Resnick, grand amateur de jazz et de blues, même si ce n’est pas le meilleur épisode de la série.
22/01/2026, 07:00
Il y a quelque chose d’assez réjouissant à voir Jean Lopez, si familier des poussières d’acier du XXᵉ siècle, quitter un instant les chenilles des panzers pour aller écouter grincer les hauberts, claquer les arbalètes et tonner les premières bombardes. Après avoir récemment publié la première biographie en français du « maître des panzers », il endosse ici un rôle différent : celui de chef d’orchestre.
21/01/2026, 13:28
Contrapaso, une nouvelle série policière qui reconstitue pour nous l'Espagne des années cinquante, les années Franco. Une intrigue dense, digne d'un roman noir, étayée d’anecdotes véridiques, écrite par une dame (Teresa Valero) qui nous rappelle les basses oeuvres du régime franquiste.
21/01/2026, 12:34
Ici, les miracles ont un goût de ciel. Et tout se présente comme si le roman contenait une ville entière en ses pages. Pas seulement un décor, mais une respiration, une pulsation puissante, une manière d’habiter le monde. Avec Adeline Fleury pour guide.
21/01/2026, 10:38
Dans la mythologie grecque, Ganymède est enlevé par Zeus pour en faire son amant dans l’Olympe. Mythe de la jeunesse et de la beauté éternelle, l’image fantasmée de Ganymède hante la culture homosexuelle depuis fort longtemps. Chez Philippe Savet, Ganymède, jeune gay, disparait en sortant d’une soirée clubbing ivre de drogue et de sexe.
21/01/2026, 10:25
Je suis Romane Monnier intrigue par son point de départ d’une banalité trompeuse : un téléphone échangé par erreur à la fin d’une soirée ordinaire. Rien de spectaculaire, et pourtant tout bascule. Delphine de Vigan s’empare de ce minuscule incident pour ouvrir une faille, puis une brèche, dans le quotidien de son personnage principal.
20/01/2026, 16:38
« Le lecteur dont j'attends quelque chose doit réunir trois qualités : être calme et lire sans hâte; ne pas toujours s'interposer, lui et sa « culture» ; enfin, ne pas s'attendre à un tableau de résultats. »
19/01/2026, 18:33
Dans la multiplicité et la complexité de leurs formes, les violences qui défigurent le visage du Proche- Orient ont une histoire. Celle-ci ne se limite aucunement à « l’authenticité religieuse des Orientaux et leur ferveur », comme le veut un certain orientalisme tardif, ni à l’attrait pour la brutalité qui serait inhérent à la « psyché arabe », selon une vision néocolonialiste saturant encore le débat public.
19/01/2026, 11:05
Quand le rêve gouverne le réel : voilà comment La Fabrique du merveilleux pose ses ambitions : raconter un monde où le rêve n’est pas une échappatoire, mais une force structurante. L’auteur pose son décor avec une clarté presque philosophique : « Lony, le monde qui nous habite, est beaucoup plus vaste… Il nous est accessible uniquement par le rêve. »
19/01/2026, 11:04
Cette semaine, la Booksletter explore les lignes de fracture du monde contemporain. De la crise du capitalisme rhénan aux promesses vertigineuses du quantique, des vulnérabilités invisibles de l’Internet sous-marin aux voix de la diaspora vénézuélienne, les livres révèlent ce que l’actualité brute ne dit pas. Un parcours exigeant à travers idées, sciences et combats pour la liberté de publier.
17/01/2026, 09:07
Nouvelle figure du polar Angelino, Jordan Harper nous entraîne dans les coulisses des célébrités et des puissants, ceux qui sont au-dessus des lois grâce à une armée de gardes du corps, avocats, communicants, chargés de leur tisser une toile protectrice et de leur façonner une impunité où tous les vices sont permis. Convaincant et dérangeant.
16/01/2026, 15:22
Vite, très vite, Bad Hombre (trad. Aloïse Denis) s’annonce comme un livre impossible à ranger sur une étagère rassurante. Ni manifeste, ni confession pure, ni pamphlet idéologique, l’essai de Pola Oloixarac avance à découvert, assumant ses zones de trouble et ses contradictions. « Ceci étant une histoire vraie, elle se doit d’inclure une confession. » Cette phrase inaugurale devient pacte de lecture : ici, rien ne sera simple ni confortable. L’autrice s’expose, non pour se justifier, mais pour comprendre.
16/01/2026, 12:03
Je suis une idiote de t’aimer (trad. Laura Alcoba) est un ensemble de nouvelles incandescent, parfois excessif, toujours sincère. Il revendique ses débordements, ses contradictions, ses élans incontrôlés. C’est un livre qui parle d’amour, oui, mais surtout de survie, de filiation choisie, de beauté trouvée là où personne ne pensait la chercher. Des portraits d'héroïnes inoubliables, avec peut-être le plus frappant : celui de Billie Holiday.
15/01/2026, 10:32
On ouvre L’Usine de Robin Conche comme on entrouvre une porte coupe-feu : l’air y est épais, la lumière blafarde, et pourtant ça accroche. Francis Painsec, vingt-six ans, s’allonge sur son canapé rouge et regarde son déficit comme un écran de fin du monde : « Il est écrit en rouge – 1 600 €. » Puis, presque bravache : « Ça va. »
14/01/2026, 11:54
De bons personnages, une bonne histoire, dans ce roman policier à énigme déguisé en romance à l'eau de rose : Philip Gray joue les faux-monnayeurs et nous offre une lecture facile et 100% plaisir qui devrait plaire au plus grand nombre. La maison aux neuf serrures, traduit par Elodie Leplat, se déguste, tout bonnement.
12/01/2026, 17:18
Le devoir des vivants est de penser aux morts pour qu’ils ne disparaissent pas tout à fait. C’est ce que fait admirablement Natacha Wolinski dans un texte mémoire sur son père et sa famille. Chaque jour, elle va au Palais de Justice, « un Etna » difficile à gravir, mais nécessaire, afin de suivre le procès des assassins de Charlie Hebdo.
12/01/2026, 17:02
Il y a des romans qui commencent par une scène, et d’autres par une obsession. Dans Leurs désirs immenses, Léa Lhermet ouvre directement la vanne : « Au départ, il y a les femmes. » Et tout suit, comme une marée. « Les femmes m’envahissent, prennent possession, me gavent, m’étourdissent. » On est happé : une voix vive, parfois mordante, qui explore sans faux-semblants ce que les lignées transmettent — et ce qu’elles étouffent.
12/01/2026, 10:49
Dès les premières pages, L’Enfant du vent des Féroé impose un territoire, une voix, une respiration. Le roman ne commence pas par une action, mais par un lieu qui parle. « Et puis il y a moi, Gjógv. Un village de carte postale au toponyme imprononçable. » Le décor devient narrateur, conscience diffuse, mémoire minérale. Le lecteur comprend vite qu’ici, l’histoire humaine sera indissociable des éléments.
12/01/2026, 10:45
Du film noir classique aux dérives du capitalisme numérique, de la philosophie antique aux figures spirituelles du XXᵉ siècle, la Booksletter de la semaine explore les grandes tensions de notre modernité à la lumière des livres. Au sommaire : Assurance sur la mort, archétype du film noir hollywoodien ; l’« enshittification » d’Internet selon Cory Doctorow ; Diogène, cynique radical ; Edith Stein, philosophe et martyre ; et une plongée dans l’économie criminelle contemporaine.
10/01/2026, 10:06
Voici une relecture en images de la fameuse Trilogie Berlinoise, quand Philip Kerr nous entraînait aux côtés du détective Bernie visiter les sombres coulisses du Berlin nazi. Avec fidélité au texte original, ces deux premiers albums de Pierre Boisserie et François Warzala redonnent une nouvelle jeunesse à ces polars devenus légendes.
09/01/2026, 15:58
En 2039, la prison n’existe plus. Les criminels sont désormais condamnés à la Sphère, un purgatoire psychique piloté par une intelligence artificielle, où ils doivent affronter leurs fautes jusqu’à obtenir une possible rédemption. Ange Barol, analyste brillante et conceptrice du système, croit avoir inventé une justice plus humaine que l’enfermement.
09/01/2026, 12:44
Il y a des romans qui ne cherchent pas à faire événement, mais qui avancent à pas feutrés, comme on entre dans une mémoire qu’on croyait close. Les filles s’ouvre ainsi, sans fracas, sur une rentrée scolaire au début des années 1970, lorsque deux enfants franchissent un portail noir, « serrées l’une contre l’autre ». Rien d’extraordinaire, en apparence. Pourtant, dès ces premières lignes, quelque chose se noue. Une intensité discrète, mais tenace.
09/01/2026, 12:27
L'écrivain en exil profite d'un roman noir entre farce philosophique et conte macabre pour disséquer la société provinciale russe. Comme il le dit lui-même, là-bas, « le climat est brusque, les gens aussi ». Accrochez-vous car son ironie est plutôt grinçante et si on rit souvent, on rit jaune.
07/01/2026, 12:50
Il y a des romans qui s’ouvrent dans le fracas. Fauves commence dans la nuit, sous la pluie, au bord d’un port industriel, avec un adolescent cabossé qui crache sa rage sur le bitume. « La porte du bar s’ouvre à la volée. Un instant, la nuit se trouble. » Tout est là : la violence latente, l’errance, l’impression d’un basculement irréversible. Mélissa Da Costa installe d’emblée un récit d’arrachement, où l’enfance se termine sans cérémonie. Par Lucy L.
07/01/2026, 11:34
En ce début d’année où l’actualité se révèle particulièrement éprouvante, La Réjouissance de Stéphane Barsacq, publié aux éditions de Corlevour, arrive comme une bouée de sauvetage. Il ne s’agit ni de naïveté ni de faire l’autruche en enfouissant la tête dans le sable pour ne rien voir. Il s’agit, au contraire, de refuser le désenchantement ambiant, ne pas céder à la résignation, chercher ce qui permet encore de tenir debout intérieurement.
06/01/2026, 12:01
Un vélo d’enfant, une jambe plus courte que l’autre, un village baptisé Grouillon. Vie et mort d’un cycliste amateur démarre au ras du bitume, dans une langue qui ne cherche ni l’élégance ni la distance. « Je ne suis pas né dans une rose », annonce d’emblée le poème, comme un refus de toute idéalisation. Jérôme Bertin choisit une entrée frontale : celle d’un corps marqué, d’un milieu populaire, d’une parole qui avance sans filtre
06/01/2026, 11:00
Le Cherche Midi a eu une bonne idée en éditant les premiers romans et nouvelles de Patrice Jean, auteur atypique qui avait surpris le public en 2017 avec la sortie de L’Homme surnuméraire. Trois romans, deux nouvelles, des articles, des chroniques et des aphorismes, au total 768 pages à dévorer ou à déguster par petits bouts, piochant ici et là des fragments humoristiques ou philosophiques.
31/12/2025, 12:30
Anaïs Nin est une femme qui se veut normale. Épouse modèle de son mari Hugo, banquier, elle se fond dans le quotidien qui a été tracé pour elle. Jours après jours, elle sourit lors des dîners mondains, magnifique trophée d’un homme d’affaires qui a tout réussi. Son seul moment de liberté pour contrer une captivité socialement acceptable ? Le jeudi. Chaque semaine, cette unique journée lui est accordée pour vivre comme bon lui semble, à son rythme, pour assouvir ses désirs – tant que Hugo n’est au courant de rien…
31/12/2025, 11:56
Raïzo vit une vie en marge de la société à Lausanne, elle squatte les combles d’un immeuble vétuste, cultive et vend de l’herbe, mène une vie bien réglée et anonyme. Un molosse Dog Argentin appelé Amon, Matthias, son meilleur ami gay rencontré lors d'un Travail d’Intérêt Général, virtuose de l’informatique et une vielle dame africaine pour qui elle s’occupe de ses courses, constituent son univers.
31/12/2025, 11:54
Autres articles de la rubrique Livres
Avec Qui vous ment ?, Alexis Laipsker signe un ouvrage consacré au mensonge et à ses mécanismes, dans lequel il s’attache à démontrer que repérer un menteur est à la portée de tous, sans compétences techniques particulières, en s’appuyant sur l’observation, la compréhension des comportements humains et l’expérience du bluff.
22/01/2026, 08:06
Avec Malgré tout ce qui nous sépare, roman signé Sophie Tal Men et publié chez Albin Michel le 26 février, l’autrice bretonne plonge ses lecteurs au cœur de l’île de Groix en pleine Occupation, à travers le destin de Rose, une sage-femme confrontée à l’irruption de la guerre dans son intimité. Dans cette fresque romanesque, l’amour, le courage et la solidarité se heurtent à la violence des conflits et à l’épreuve de l’altérité, interrogeant la possibilité d’aimer quand tout semble condamner la rencontre.
22/01/2026, 07:03
Été 1989, au ras du bitume, entre des odeurs de chiens errants et des secrets d’adultes. D’emblée, la voix de Judith s’impose, brute, drôle, indisciplinée : « Le dimanche quand il fait beau, je vais aux Trieux nourrir les chiens. » En une phrase, le décor est planté : un terrain vague, des bêtes abandonnées, une enfant déjà trop lucide pour son âge.
21/01/2026, 10:38
Un livre peut-il tenir tout entier dans une question, simple et vertigineuse à la fois ? Ici, elle affleure dès les premières pages : qu’est-ce qui, dans une vie, relève encore du choix lorsque le hasard, la maladie, l’héritage familial semblent avoir pris la main ? Agathe Charnet publie ce 4 février Peut-être le hasard. Et qui sait...
21/01/2026, 10:03
La Chance rouge, premier roman de Damien Igor Delhomme, paraîtra le 12 février 2026 aux éditions Agullo et propose un thriller d’anticipation situé au cœur de la guerre froide, où un scientifique soviétique est chargé d’explorer les mécanismes de la chance dans une ville artificielle de Sibérie, au risque de transformer une expérience sociale en instrument de domination mentale.
21/01/2026, 08:07
Aux éditions du Seuil, dans la collection « La Librairie du XXIᵉ siècle », Poèmes de Czernowitz (1938-1945) de Paul Celan paraît le 20 février, dans une édition bilingue traduite, préfacée et annotée par Jean-Pierre Lefebvre. Inédit en français, ce volume rassemble les premiers poèmes du poète, écrits entre Czernowitz et les camps de travail, où se nouent déjà lyrisme amoureux, mémoire historique et pressentiment de l’anéantissement.
21/01/2026, 07:00
Tout commence par un rêve. Ou plutôt par sa perte. « Il y a presque dix ans, j’ai rêvé d’un chien que je n’avais pas, et que je perdais. » D’emblée, le texte place le lecteur dans une zone de frottement entre imaginaire et vécu, entre anticipation et deuil. Ce chien rêvé, aimé « douloureusement », précède le chien réel. Il l’annonce. Il le prépare.
20/01/2026, 14:19
Ici, nul simple récit judiciaire ni d’une fresque historique décorative. Tout commence par une vision saisissante, presque cinématographique : « Le corps dérive vers l’aval. Mais, en cette fin de novembre, les eaux de la Kennebec commencent à geler. » Le lecteur est happé par cette image figée, par ce cadavre prisonnier de la glace, déjà promesse d’un drame où la nature, la violence humaine et la vérité vont s’entrelacer. À paraître le 11 février.
20/01/2026, 11:50
De retour au village de Gourdon, Nico est renvoyé à son passé et aux meurtres non élucidés qui ont secoué le village trente ans plus tôt. Le prédateur qui sévissait à l’époque court toujours. La menace plane encore. D’autant qu’un mystérieux témoin distille des indices inquiétants. Personnage à part entière, la nature provençale colore cette intrigue de ses ombres et lumières.
20/01/2026, 08:00
Esteban, étudiant appliqué mais maladroit, rêve d’intégrer la caste des mages d’élite de Verama. Un jour, il tombe sur Luis, pirate rebelle et excentrique, qui n’en ferait qu’à sa tête s’il n’était pourchassé par un redoutable monstre marin.
20/01/2026, 07:00
C'est une quête maternelle à couper le souffle. Dès l’exergue emprunté à Simone Weil — « Nous ne possédons rien au monde – car le hasard peut tout nous ôter — sinon le pouvoir de dire “je”. » —, le roman donne le ton : une histoire de dignité, de survie et d’identité. À paraître le 5 février.
19/01/2026, 12:14
La Trilogie chronolytique, de Michel Jeury, paraît en librairie le 26 février et réunit trois romans majeurs de la science-fiction française, Le Temps incertain, Les Singes du temps et Soleil chaud, poisson des profondeurs. Publié par la maison d’édition mentionnée dans ton dossier, cet ensemble explore les dérèglements du temps, les futurs totalitaires et les mutations technologiques à travers une écriture visionnaire qui a marqué durablement le genre.
19/01/2026, 08:00
Aux éditions du Seuil, dans la collection « Pierres vives », Thétis de Christine Spianti paraît le 20 février. Dans ce roman ample et singulier, l’autrice réinvente l’Iliade en déplaçant le regard vers Thétis, mère d’Achille, pour faire entendre une épopée contemporaine portée par la compassion, la voix des femmes et des oubliés, des rives de la Grèce antique aux luttes actuelles.
19/01/2026, 07:00
Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.
18/01/2026, 09:00
Comment habiller un garçon, nouveau roman de Cyrille Martinez, paraît aux éditions Verticales le 19 février et poursuit une exploration littéraire de la jeunesse et de ses rites, en racontant l’initiation d’un jeune homme à la mode masculine à travers l’apprentissage collectif d’une bande d’étudiants provençaux, entre quête de style, construction de soi et détournement des codes sociaux.
17/01/2026, 08:00
Avec Miss Kim, Cho Nam-Joo poursuit son exploration implacable de la condition féminine en Corée du Sud à travers huit portraits de femmes, dans un roman traduit du coréen par Pierre Bisiou et Choi Kyung-Ran, à paraître le 5 février aux éditions Robert Laffont. De l’enfance à la vieillesse, ces trajectoires intimes exposent les violences, les discriminations et les contradictions auxquelles les femmes sont confrontées, dessinant en creux le visage d’une société entière.
17/01/2026, 07:10
Certains auteurs tiennent parole, dès le titre de l'œuvre : Pierre Lemaitre signe ainsi une entrée fracassante sur le marché. Il se place au sommet des meilleures ventes dès la première semaine, apportant un souffle nouveau à un classement qui ronronnait depuis plusieurs mois. Passage en revue du palmarès des derniers jours (du 05/01 au 11/01)...
16/01/2026, 11:36
Il suffit de quelques pages pour comprendre que L’Avant-poste (trad. Raphaëlle Pache) n’est pas un simple roman d’anticipation. C’est un territoire. Un monde clos, poisseux, saturé de brouillard et de non-dits, où l’Histoire a reculé jusqu’à se figer. D’emblée, Glukhovsky plante le décor avec force : « L’immense pont s’enfonce dans une vase glauque, dans un épais brouillard empoisonné, s’y dissout peu à peu et disparaît complètement. » Tout est là : la frontière, l’interdit, la peur de ce qui se trouve “de l’autre côté”.
16/01/2026, 10:33
Oubliez les dorures, les poignées de main chorégraphiées et les communiqués aseptisés : Accréditée vous propulse dans l’arrière-boutique du pouvoir, là où ça sue, ça ruse et ça verrouille. Ania Nussbaum écrit comme on infiltre un bunker, carnet en bandoulière et lucidité en alerte maximale. Ici, l’Élysée n’est pas un symbole, mais une machine nerveuse, parfois parano, souvent fascinante. Un livre qui ne murmure pas : il observe, il note, il appuie là où ça fait mal.
16/01/2026, 10:30
Une employée modèle, roman de Jean-Christophe Tixier publié chez Albin Michel et attendu en librairie le 11 février, met en scène une femme ordinaire dont l’existence réglée bascule lorsqu’elle décide de sauver son frère menacé, déclenchant un engrenage clandestin où la transgression devient peu à peu une manière d’exister.
16/01/2026, 08:00
Avec L’Avant-poste, roman de Dmitry Glukhovsky traduit du russe par Raphaëlle Pache et publié chez Robert Laffont, l’auteur de Metro 2033 plonge le lecteur dans une Russie de l’après, ravagée par une guerre civile et coupée de son propre centre, où un jeune homme isolé dans un poste-frontière rêve d’un monde auquel plus personne n’ose accéder. En librairie le 5 février, ce récit d’anticipation explore l’attente, l’enfermement et la peur de l’inconnu à travers un suspense tendu et politique.
16/01/2026, 07:00
Une lecture éprouvante, à l'image du destin de Rose, mais un salutaire devoir de mémoire avec le rappel de l'histoire récente de l'île de La Réunion et de la sinistre affaire des « enfants de la Creuse ».
15/01/2026, 13:04
Il y a des romans qui happent sans élever la voix. Et ça secoue. Le Voile des illusions (trad. Carine Chichereau) sera à ajouter au compte : le texte avance, et c’est nous qu’il déshabille. Anna, à quarante-cinq ans, enquête sur sa propre trajectoire — non pour dresser un dossier, mais pour comprendre la part souterraine des choix.
15/01/2026, 11:03
Avec La Résidence, Laurent Crassat, dont le livre paraît le 6 février 2026, propose un roman historique solidement documenté qui explore l’histoire européenne de la colonisation de l’Afrique du Nord entre 1830 et 1925, en mettant en regard la violence de la conquête algérienne et la mise en place plus feutrée du protectorat marocain, tout en dévoilant les ressorts politiques, militaires et financiers d’une domination aux effets durables.
15/01/2026, 08:17
Skara est une jeune viking qui a reçu à la naissance un talent rare et divin : le don du Loup. Ce don fait d’elle une redoutable guerrière pouvant tenir tête à n’importe qui malgré son jeune âge ! Après la mort de sa mère, tuée par des pillards, Skara, emportée par la colère et le désespoir, incendie accidentellement un temple sacré d’Odin.
15/01/2026, 07:00
Impossible de rester simple spectateur devant Une main vers le ciel : Jean-Christophe Boccou vous attrape par le col et vous installe, d’emblée, dans la tête de Khieu, seize ans, Phnom Penh, avril 1975. « La guerre est finie ? Tu n’y crois pas beaucoup. Tu n’y crois pas du tout. » « Les doctrines changent, les mains aussi, mais il y a toujours une lame, et une gorge coupable à trancher – au nom de la justice, au nom de la sauvegarde du régime, au nom du nom. » À paraître le 5 février. Par Jérôme Bosch.
14/01/2026, 16:19
Publié au Seuil et attendu en librairie le 6 février, Le Chant du sol est un conte écologique signé Julien Denormandie, ingénieur agronome et ancien ministre, avec une préface d’Érik Orsenna, membre de l’Académie française, qui imagine la révolte silencieuse de ce sol que l’humanité croit connaître mais qu’elle n’écoute plus, dans un récit engagé où la fiction devient un outil pour alerter sur notre rapport au vivant.
14/01/2026, 08:18
Avec Leçon particulière, roman de Sulmi Bak traduit du coréen par Marion Gilbert et publié aux éditions HarperCollins le 18 février, l’autrice sud-coréenne signe un premier livre sombre et tendu, construit comme une descente méthodique au cœur de la cruauté humaine, où une jeune professeure particulière s’immisce dans la vie d’un adolescent pour l’obliger à affronter une vérité dont les conséquences s’annoncent glaçantes.
14/01/2026, 07:00
Il suffit de quelques pages à Aurore pour installer un climat de tension sourde, presque organique. Un appel nocturne, un réveil brutal : « Le téléphone laisse échapper deux courtes sonneries et Mélanie l’a déjà saisi, par réflexe. » En quelques lignes, le lecteur est plongé dans une mécanique d’urgence, rythmée par l’épuisement et la responsabilité. Le roman s’ouvre sur cette cadence heurtée, qui ne cessera plus de structurer le récit. À paraître le 6 février.
13/01/2026, 15:29
Avant même le premier corps, il y a une panne. Et quelle panne… « Soixante-treize heures d’affilée, ça fait tout de même un peu long pour une seule et même coupure de courant. » Le ton est donné : sec, drôle, lucide. À Beyrouth, l’électricité n’est pas un confort ; c’est une humeur nationale. « Routine absurde qui rythme leurs journées, à lui comme aux deux millions d’habitants de la capitale. » À paraître le 5 février.
13/01/2026, 11:28
Top Articles
Grand Prix RTL 2026 : les 5 romans qui bouleverseront votre hiver Freida McFadden prévoit des titres jusqu’en 2028 : le ménage n'est pas fini “Dévastée”, l'autrice Chimamanda Ngozi Adichie annonce le décès de son jeune fils Ce que le recul de l’écriture manuscrite dit des inquiétudes éducatives
3 Commentaires
Magwone
06/03/2020 à 16:39
Ayant lu et apprécié le livre de Corbieres sur Robespierre,je constate que les historiens ont bien du mal a se mettre d'accord sur le niveau de responsabilité de Maxou dans la terreur.D'un c^té du ring ,ceux qui défendent les "Girondins""(Michel Onfray)et de l'autre les supporters de Jacobins(Mélenchon).
Plus de 2 siecles après la révolution les 2 équipes s'opposent comme dans un derby .Et les convictions mettent les faits historiques (pas assez précis,sans doute)sur la touche.A quand la VAR (Verité Avèrée sur la Révolution)?
nota
09/03/2020 à 18:42
lol :kiss:
Klimero
25/07/2022 à 01:37
Je pense que Robespierre qui eSt adepte de Rousseau mettait l'homme démuni au centre des débats qu'il était bon intrinsèquement et que la mort ne devait nullement résoudre ce que l'assemblée exigeait comme purge pour les bourgeois traîtres fourbes etc...