ROMAN FRANCOPHONE - Dans une pauvre campagne qui vit encore au rythme des attelages de chevaux, le Père Gabriel reçoit en confession une bien singulière demande. Et le Père Gabriel a promis.
Le 10/01/2019 à 07:30 par Mimiche
15 Réactions | 20 Partages
Publié le :
10/01/2019 à 07:30
15
Commentaires
20
Partages
De l’hospice voisin, une fille inconnue, cachée sous un capuchon anonyme, est venue pour le conjurer de récupérer, sous la robe de celle qu’on allait le prier de bénir suite à son décès, les cahiers écrits par une femme enfermée depuis des années dans cet établissement de soins dont rien ne sortait, pas même des cahiers griffonnés par une malheureuse.
Le Père Gabriel a promis.
Et malgré les réserves du médecin de l’établissement, il a fait le nécessaire pour que cette femme rejoigne Dieu dans les meilleures conditions, fut-elle réellement une infanticide comme le médecin le prétendait.
Profitant d’un instant de solitude avec la défunte, le Père Gabriel a mis sa promesse à exécution.
Et, seul dans son presbytère, plus tard, il a commencé la lecture de ces cahiers, lecture dans laquelle il s’est totalement immergé, au plus profond de cette histoire que Rose, car tel était son nom, racontait et qui trouverait son épilogue bien des années plus tard. Alors qu’il était resté, pendant tout ce temps, totalement accroché à ce qu’il avait découvert tout au long de cette lecture. Culpabilisé mais impuissant.
Rose était l’aînée des quatre filles d’Onésime et de la Mère. Ils vivaient chichement sur une maigre ferme à trimer du matin au soir, avec quelques animaux et pour toute perspective une vie ininterrompue de dur labeur. Et puis, quatre filles était une drôle de punition pour Onésime qui ne pourrait jamais recevoir l’aide de ce garçon qu’il avait tellement espéré. Même si les filles faisaient largement leur part.
Un jour, Rose, un maigre baluchon sous le bras, a accompagné son père au hameau. Au bar, elle est restée loin de la discussion qui s’est tenue entre Onésime et un homme. Une discussion âpre. Puis une bourse avait changé de mains et elle était repartie avec l’homme et Onésime était rentré seul à la ferme sous le regard courroucé de sa femme.
Après un interminable voyage, Rose est entrée dans une vaste maison où l’a rudement reçue la mère du maître : juste pour lui expliquer ce qu’elle avait à faire.
Après les pleurs, une nouvelle vie a commencé pour Rose que les préventions d’Edmond, le jardinier, ne sont pas parvenues à effrayer alors qu’il l’enjoignait à fuir tout de suite.
Des histoires comme celle-là ; il est vraisemblable qu’il a dû y en avoir beaucoup et, peut-être, des bien pires encore, dans de nombreuses campagnes françaises.
Le talent de Franck Bouysse est de nous faire toujours approcher du drame, nous le faire frôler, nous y plonger tout entier avec une telle maîtrise que l’horreur en est sèche, acceptable dans toute sa brutalité, jamais « gore », toujours calculée et froidement accomplie. Presque naturellement.
Il nous raconte la découverte progressive de l’enfer sur terre par une petite fillette à peine adolescente, pas encore totalement femme et qui va le devenir avec une maturité inconcevable, certainement liée à une vie passée au contact de cette nature qui ne se cache pas, à la ferme, d’être ce qu’elle est.
Le roman est construit avec une habileté diabolique, mettant au jour les motivations des uns et des autres, les silences des taiseux, les justifications inavouables, les compromissions, les faiblesses, les peurs, … Tous ces sentiments humains qui, en ces temps, profitaient à ceux qui tenaient le manche par le bon bout, ceux qui se considéraient au dessus des lois par lesquelles ils asservissaient la population « d’en bas », ceux dont nul n’osait remettre en cause l’autorité et le droit de vie, voire de mort, sur autrui, ceux qui s’auto protégeaient dans des connivences et des services rendus, ceux qui, nantis d’un peu de pouvoir local, en écrasaient tous ceux qui les entouraient.
Sans moyen d’agir, Rose ne peut lutter à armes égales, mais pourtant rien ne parviendra à l’asservir. Ni les mauvais traitements, ni les violences. Dans sa tête, elle restera droite jusqu’au bout et son récit sera un exemple pour le Père Gabriel.
Tout cela dans un amour de la langue que Franck Bouysse a transmis à son héroïne qui se gave de mots volés dans les journaux qu’elle lit à la dérobée et que, pourtant, elle ne comprend pas toujours. Ils restent, pour elle, le moyen de la « faire voyager en faisant taire ce qu’ils ont dans le ventre, pour faire place à quelque chose de supérieur qui est du rêve ». Ces mots « magiciens » qu’elle ne comprend pas sont sa « nourriture » et sa « musique », son « âme ».
Ils sont le support d’une histoire magnifique puisqu’ils sont capables d’atténuer le caractère et les épisodes terribles même dans l’insoutenable.
Pour moi, totalement allergique à l’horreur, c’est une performance remarquable d’écrivain de grande qualité que d’avoir réussi à me la distiller, à me la faire dévorer sans réserve.
Franck Bouysse - Né d’aucune femme - La manufacture des Livres - 9782358872713 - 20,90 €
[Dossier] Rentrée d'hiver 2019 : une nouvelle année littéraire lancée
DOSSIER - Prix littéraire Frontières-Léonora Miano 2022 : dignité humaine, acceptation de l’autre
Par Mimiche
Contact : contact@actualitte.com
Paru le 10/01/2019
334 pages
Manufacture de livres éditions
20,90 €
Plus d'articles sur le même thème
Un meurtre pour préparer l’arrivée d’un bébé, une greffe d’utérus dans le métavers, des rêves fabriqués en forêt ou un trésor enfoui dans l’histoire coloniale de La Réunion : nul besoin de 500 pages pour ouvrir de vastes horizons. Du noir à l’imaginaire, de la romance à la poésie, voici dix ouvrages (francophones) à découvrir avant la fin des vacances. À raison d’un titre tous les quatre ou cinq jours, la rentrée peut bien attendre.
18/07/2026, 09:08
Un polar sur fond historique qui rappelle beaucoup l'ambiance de la Trilogie Berlinoise de Philip Kerr. À Munich en 1946 sous l'occupation US, les destins de réfugiés, profiteurs, militaires, prisonniers, s'entrecroisent tandis qu'un serial-killer s'attaque à des jeunes femmes.
16/07/2026, 11:21
Dans le comté de Mayo où il a grandi, l’Irlandais Colin Barrett pose un regard bienveillant sur l’humanité de ses compatriotes et nous livre un recueil de nouvelles d’une remarquable unité de ton, très rural, très social.
16/07/2026, 10:19
Inauguré en mai 1804 dans l'actuel 20e arrondissement, le Père-Lachaise est devenu en quelques décennies le cimetière le plus réputé de Paris. L'éponyme confesseur du Roi-Soleil n'a jamais dû, de son vivant, imaginer une telle postérité. Par Jacques Lucchesi.
15/07/2026, 15:51
La cuvée Vargas est un bon cru : un roman sans surprise, assez convenu, mais qui ne décevra donc pas les fans d'Adamsberg et de cette auteure, spécialiste des dialogues décalés, un brin déjantés : quand la poésie affleure du sous-jacent au-delà des apparences de notre monde que l'on croit rationnel.
15/07/2026, 11:20
À l’approche de la rentrée littéraire, les piles de livres à paraître ne tarderont pas à chasser celles du printemps. Il reste pourtant un mois et demi pour revenir vers des romans, récits et objets littéraires publiés entre janvier et juin 2026, parfois passés sous les radars malgré leur singularité.
14/07/2026, 15:01
Houaria, roman de l'auteure algéro-syrienne Inam Bioud, est paru en 2025, dans la collection Khamsa, co-créée par les éditions Barzakh en Algérie et les éditions Philippe Rey en France. Ce roman polyphonique met en avant plusieurs personnages. Leur point commun, la lettre « H » présente dans le prénom de chacun.e : Hadia, Hicham, Houari… Par Ghozlène Benabi.
10/07/2026, 09:40
Jeunesse à la Fleur est le premier roman de Rym Khelil paru en 2025 aux éditions Barzakh. Le récit autofictif - c'est-à-dire que l'auteure s'inspire de son vécu en y mêlant la fiction - se déroule à Alger, pendant la décennie noire et met en scène des adolescents se préparant au BAC. Par Ghozlène Benabi.
07/07/2026, 17:18
Si vous avez envie de jouer aux espions à l'ombre de Téhéran pour apprendre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'émirat de Bahreïn. Une ambiance à la John Le Carré dans ce roman qui a été écrit en 2023 mais qui éclaire parfaitement les conflits d'aujourd'hui.
07/07/2026, 16:17
Du retour d’Adamsberg au conte végétal de Charlotte Monsarrat, le premier semestre 2026 a fait émerger des succès de librairie aussi bien que des échappées plus discrètes. Tous publiés entre le 1er janvier et le 30 juin, ces sept romans écrits en français offrent, avant le déferlement de la rentrée, une cartographie vivante des lectures qui ont compté. Et compteront encore ces prochaines et estivales semaines.
05/07/2026, 14:48
Cette semaine, la Booksletter traverse un Brésil gagné par la dictature de Vargas, ausculte l’autoportrait de Donald Trump, remet le méthane au cœur de l’urgence climatique, suit le destin d’un caïd colombien et interroge notre rapport au soleil. Une revue de presse où l’histoire, la politique, la science et la littérature se répondent, jusque dans la mise à l’écart, à Moscou, de 18 000 livres ukrainiens sous couvert de conservation patrimoniale.
04/07/2026, 10:42
Ce récit touche au cœur. Il narre la vie brute, pleine et sensible d’un être perdu. Il raconte la tragédie familiale née autour du mystère d’un fils, entre révolte et résilience. On le lit comme un road-movie avec des séquences réussies de flash-back. Heureux, presque ou si peu, aux Editions Taos, de Corinne Desthieux.
03/07/2026, 16:30
Ça dépend des jours, de Guillaume Dreidemie, publié ce printemps 2026 à La rumeur libre, est un nouveau recueil de poèmes qui explore principalement la perte d’identité, la mémoire et la survie des êtres, maintenus debout grâce à l’écriture.
03/07/2026, 10:56
Que reste-t-il de l'amour quand les pratiques changent plus vite que notre imaginaire ? Avec Passion libre, paru ce printemps dans la collection l’Arpenteur de Gallimard, Julien Tribotté interroge autant la révolution des pratiques amoureuses que la résistance obstinée d’un certain romantisme. Par Camille Roche.
01/07/2026, 16:18
Avec ce recueil de nouvelles, co-édité par les Éditions La Volte et Reporterre, l’intention est claire : proposer des textes qui s’éloignent des dystopies habituelles, des discours éco-anxieux, pour se tourner vers des imaginaires plus optimistes. Et si on s’autorisait à croire à un avenir meilleur ? Au fait que l’humanité finira, d’une manière ou d’une autre, par sortir de la terrible impasse qui semble nous attendre ? Et si on créait un chemin vers l’espoir ?
01/07/2026, 10:34
Il y a des anthologies qui alignent les curiosités comme on dispose des figurines sur une étagère. Et puis on tombe sur Les phases du Chevalier de la Lune, alimenté par cette vertigineuse idée que Marc Spector ne serait pas une exception, mais l’un des visages successifs d’un dieu vieux comme la nuit. Le pari de raconter les poings de Khonsou à travers les siècles (passés ou futurs), sous d’autres ciels est porté avec une liberté réjouissante.
30/06/2026, 16:18
Maxine ne voit plus son père, Peter, depuis cinq ans, écrivain célèbre, leurs chemins se sont séparés depuis le décès de sa mère. A la mort de celui-ci, Maxine revient à contrecœur dans son village d’enfance pour assister aux funérailles.
30/06/2026, 14:38
Le nouveau livre de Pascal Louvrier est une biographie historique, engagée, extrêmement réussie, qui vise à restaurer l’image injustement ternie de Malraux, prix Goncourt 1933, ministre des affaires culturelles puis ministre d’Etat sous la présidence de Gaulle, auteur de « La condition humaine », « Antimémoires », « Lazare », « La voie royale », « L’espoir », « Les chênes qu’on abat », entre autres livres parmi une production littéraire qui fut à foison, et inégalée de par sa qualité, son nombre et son caractère.
29/06/2026, 12:14
En lice pour le prochain Renaudot Essai, Antigone reine, le dernier livre de Lolita Pille, est un essai magistral. Profondément littéraire, libre, habité, incarné, il confirme un talent singulier ainsi que son apprentissage minutieux de lectrice et d’écrivaine.
29/06/2026, 12:02
Asa, 55 ans, a élevé seule son fils suite au départ du père alors qu’Andreas était encore tout petit. Avancer à deux, face au monde, ça transforme. Leur relation mère-fils, fusionnelle au possible, leur a permis de tenir et de trouver du bonheur au quotidien. Seul bémol : les années ont passé et, devenu adulte, Andreas a trouvé l’amour. Elle s’appelle Josefin. Et si Asa espérait développer une relation agréable avec la jeune femme, rien ne se passe comme prévu…
29/06/2026, 10:44
Publiée en 2014 dans le recueil intitulé Des Hommes sans femmes, aux éditions Belfond (traduction d’Hélène Morita), Drive my Car est une nouvelle à l’intelligence narrative exceptionnelle. La simplicité de son écriture et la profondeur qu’elle atteint évoque Tchekhov ou Kafka, présents tous deux dans le recueil. Dramatique, elle pose deux problèmes auxquels elle répond de manière limpide, abyssale. Au lieu de se refermer à la dernière page, le sens reste béant, fascinant, que le dispositif de la nouvelle épouse à jamais.
29/06/2026, 09:49
Cette semaine, Books suit cinq chemins où l’érudition rencontre les angles morts du présent. Les Cinq de Cambridge rappellent les ravages de la fidélité idéologique ; un biologiste démonte les mirages de la longévité ; Juan Villoro observe le football comme une religion ; Tocqueville reparaît dans une Amérique désenchantée, tandis que la paternité se lit jusque dans le cerveau. Chaque livre remet ainsi une évidence en jeu.
27/06/2026, 09:00
Un groupe d’étudiants se rend à Tsunojima, pour la retraite annuelle du Club des amateurs de roman policier. Un lieu chargé d’histoire, idéal pour ce rendez-vous : un an auparavant, l’île est devenu la scène de crime d’un quadruple meurtre. Une famille assassinée dans leur demeure. Seiji Nakamura, son épouse Kazié, leur domestiques. Un épisode sanglant, à ce jour encore inexpliqué, malgré quelques théories… Pourtant, ce n’est que le début.
26/06/2026, 17:18
D’un côté, il y a ces personnes pour qui tout va bien, à qui la vie sourit dès leur premier souffle sur cette Terre. Une existence proche d’un long fleuve tranquille, sans soubresaut. De l’autre côté, il y a le reste de l’humanité : une part, certainement plus importante, qui se démène pour atteindre un idéal, parfois impossible, et un bonheur qui leur glisse entre les doigts, encore et toujours. Le Poids des os, ce sont 25 nouvelles, entre rêve et réalité.
25/06/2026, 16:46
Quand un messager halve, englué dans une matière noire, échoue près de l’Acropora, Discrète pressent que l’équilibre de son peuple vient de céder. Gardienne dakhana capable de lire l’avenir dans les nuages, elle doit quitter le récif et rejoindre les peuples de la forêt. Avec La Nuit gagnera l’océan, publié chez Scrineo, Nadia Coste compose une fantasy aquatique inventive, dense et portée par une héroïne qui apprend à agir sans attendre d’être délivrée de ses peurs.
25/06/2026, 11:29
Avec La Vierge jaune, Foucauld Duchange signe un premier roman d’une étonnante maturité, à la fois récit de filiation, méditation sur l’art et exploration du manque maternel. Publié dans la toute récente collection “Aventures” (éditions Gallimard), le livre s’inscrit dans cette tradition française du roman de mémoire où l’écriture tente moins de raconter une vie que de recomposer une présence disparue.
24/06/2026, 10:52
Salem (éditions JC Lattès, 2006, traduction originale de Christiane Thiollier et Joan Bernard, révisée et augmentée par Dominique Defert) est le second roman de Stephen King. Perturbant, littéraire – il convoque un grand nombre d’œuvres et d’auteurs de marque –, une confiance s’en dégage au-delà du pire, belle comme l’espoir d’un écrivain qui sent monter en lui des forces capables d’affronter l’existence, la part d’effroi qu’elle recèle.
24/06/2026, 10:42
Oubliez vos souvenirs des Lagarde et Michard, dépoussiérez vos idées reçues sur les classiques de la littérature et mettez de côté vos fastidieuses notes prises en cours de français sur les dramaturges du XVII : voici un essai enthousiaste, qui va bousculer vos aprioris.
23/06/2026, 13:02
À l'heure où Marc Bloch et Simonne Vidal font leur entrée au Panthéon, Armand Colin republie trois textes majeurs de l'historien : Écrits de guerre (1914-1918), Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien et Les Caractères originaux de l'histoire rurale française. Trois ouvrages qui permettent de mesurer l'ampleur d'une œuvre dont l'influence dépasse largement le cadre universitaire.
23/06/2026, 12:22
Infatigable Ian Rankin ! Quatre décennies se sont écoulées depuis qu'il nous a donné à lire la première enquête de son inspecteur au nom d'énigme, John Rebus, dans L'étrangleur d'Édimbourg (l'ouvrage vient d'ailleurs d'être réédité en poche). Un cycle romanesque qu'il convient d'apprécier dans sa totalité fluide. Une sorte de « comédie humaine », avec ses personnages reparaissant d'un livre à l'autre (comme dans celle de Balzac), indissociable de la ville d'Édimbourg. Et de l'Écosse tout entière, d'ailleurs. Par Jean Miniac.
23/06/2026, 12:01
Depuis le 21 juin, la vasque olympique retrouve le ciel de Paris. Une occasion parfaite pour se souvenir que, bien avant de porter la flamme des Jeux, les ballons ont accompagné certaines des plus extraordinaires aventures scientifiques, techniques et humaines de notre histoire.
22/06/2026, 17:33
Autres articles de la rubrique Livres
Ecrivaine célèbre outre-Atlantique mais qui -bien que de langue française- est aujourd’hui assez peu connue dans notre pays, Marie-Claire Blais (1939-2021) fut pourtant l’objet d’un engouement bien plus rapide en France que dans son Québec natal, qui réserva à ses premières publications un accueil critique contrasté allant de l’enthousiasme à l’extrême réserve. Par Marie Coat.
19/07/2026, 09:00
Fanny à la folie, le nouveau roman d'Émilie de Turckheim, paraîtra le 19 août 2026 aux éditions JC Lattès. À travers le portrait d'une octogénaire contrainte de quitter son appartement pour entrer en maison de retraite, l'autrice retrace une vie traversée par les souvenirs, les amitiés fondatrices, les amours et les secrets, dans un récit où se mêlent humour, fantaisie et émotion.
18/07/2026, 10:01
L’heure du digital, l’océan de l’information ne cesse de s’étendre. Toute recherche apporte son flot de réponses et il n’est pas toujours facile de naviguer entre renseignements officiels, astroturfing (une stratégie de manipulation et d’influence), fake news et propagande.
18/07/2026, 08:00
Martin Reinhard est vétérinaire. Il vient de reprendre un cabinet sur le déclin à Château-Chinon. Mais depuis quelque temps, ce géant qu’on verrait bien en troisième ligne sur un terrain de rugby se sent épuisé. Et le climat automnal n’arrange rien à son état vaguement dépressif. Pire, un matin, alors qu’il observe des chevreuils à proximité de sa maison, une étrange tache bleue apparaît dans son champ de vision.
18/07/2026, 07:00
Un téléphone sonne, une femme tombe, trois générations retrouvent la parole. Entre Porto Rico et les États-Unis, Jeanine Cummins remonte les silences d’une lignée de femmes. Parle-moi de chez nous (trad. Christine Auché) est une saga généreuse, traversée d’images splendides, qui pèche surtout lorsqu’elle explique ce qu’elle vient de si bien faire sentir.
17/07/2026, 16:23
Le Dîner, de Freida McFadden (trad. Karine Xaragai), reste en tête des meilleures ventes du 6 au 12 juillet 2026, avec 42.080 exemplaires écoulés. Derrière, La Prof remonte à la deuxième place. Pour le suspense, il faudra repasser : les huit autres titres du Top 10 sont encore des cahiers de vacances.
17/07/2026, 12:31
Un pays jamais nommé s’effondre derrière eux ; devant, toutes les routes filent vers le nord. Dans Septentrionale, Karim Kattan lance Maryam et Joseph à travers une nuit de guerre, de prodiges et de souvenirs. Porté par les trajectoires queer de ses deux protagonistes, ce roman de l’exil mêle argot, visions cosmiques et tendresse sans édulcorer les violences héritées. Une traversée saisissante, parfois freinée par des symboles trop appuyés. Sortie le 4 septembre.
17/07/2026, 10:37
Frédérique a 35 ans, quelques centimètres de trop selon les autres, un ex qu’une mesure d’éloignement lui interdit d’approcher et une faim d’amour impossible à rassasier. Lorsque Gabriel la défend dans la rue, elle ne rencontre pas un homme : elle invente un couple. Avec Elle le mangerait, Nicolas Robin signe une comédie noire nerveuse, drôle dans son aveuglement, glaçante dans sa logique. À table, le 27 août.
17/07/2026, 10:37
Jeanne, Eric et Abdallah sont adolescents quand ils forment un groupe de musique : Les Pirouettes Cacahuètes. Ils voulaient fabriquer du son, une matière sauvage pour contrer l’effondrement annoncé, mais jamais le trio n’aurait imaginé alimenter une révolution à venir.
17/07/2026, 09:00
Antoine Hummel propose un jeu. Son dispositif littéraire caustique entreprend de nous décoller du régime permanent de sollicitation que produisent les algorithmes de plateformes et d’applications. En se confrontant à YouTube et en laissant s’insinuer l’intelligence artificielle, le texte explore ce que deviennent l’attention, le jugement et la création lorsque la répétition du même et la suggestion algorithmique enclosent notre appréhension du monde.
17/07/2026, 08:00
L’eau est devenue l’or bleu du XXIe siècle, une ressource rare et convoitée, au cœur des équilibres géopolitiques. Dans un monde sous tension, Léa, ingénieure spécialiste du traitement de l’eau, travaille sur des technologies de pointe censées répondre à la pénurie. Lorsque la crise s’intensifie, elle est mobilisée au sein de Blue Corps, une unité internationale chargée de sécuriser les ressources hydriques, considérées comme des infrastructures critiques.
17/07/2026, 07:00
Après une série de contaminations venues du vivant, les bêtes ont presque disparu, la viande se rationne et le Sanum organise un monde d’interdits, de protocoles et de surfaces désinfectées. Augustin, enfant rescapé d’une forêt interdite, croise Vadim, bureaucrate carniste, masculiniste et futur Guide d’une communauté hors contrôle. Avec Les Carnivores, publié chez Denoël, Guillaume Nail signe un roman brutal, organique, parfois saturé, mais traversé d’une vraie puissance de vision.
16/07/2026, 17:31
En cherchant le piano laissé à Bucarest par sa grand-mère, Sonia Devillers rencontre un autre instrument disparu : un Érard de concert, numéro 68037, acheté par la famille Enoch en 1892, volé par les nazis en 1943 et jamais retrouvé. Dans Le fabuleux piano, publié chez Robert Laffont, elle compose un récit-enquête ample, sensible et très documenté sur les objets spoliés, les morts sans tombeau et la musique comme dépôt de mémoire. Début des gammes, ce 27 août.
16/07/2026, 10:38
Une narratrice connue sous le nom de Rose de Nuit vend des fiches de lecture, se dispute avec une bibliothèque et repart avec un livre blanc qui n’en est peut-être pas un : Une sculpture. Quand l’artiste Ari Bosochur lui propose de participer à une rétrospective où les œuvres seraient remplacées par leur récit, tout se met à glisser. Gaëlle Obiégly signe un roman brillant, drôle et très mobile sur l’art, la parole, le soin et les vies qu’on tente d’ordonner. Rien à voir, peut-être à lire, ce 20 août.
16/07/2026, 10:33
Pâquerette a 28 ans. Elle est laborantine, et follement amoureuse de Jean-Benoît, son fiancé, qu’elle considère comme l’homme parfait. Un soir, après sa journée de travail, elle rentre chez elle, avec dans sa poche, un ticket de Loto sur lequel elle a coché tous les numéros qui racontent leur histoire d’amour. Installée devant la télé, elle retient son souffle. Les chiffres tombent… un par un. Jusqu’au dernier : jackpot, trente-deux millions d’euros !
16/07/2026, 08:00
Près de l’ancienne mine creusée par les Britanniques, une veuve assiste aux recherches des victimes dans un lac artificiel. Un homme en combinaison plonge puis remonte sans cesse des eaux. Elle tremble à l’idée de ce qu’il pourrait repêcher. Traduit du grec par Nicolas Pallier.
16/07/2026, 07:00
Un soir de fête nationale, les Bleus rêvaient d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive. À Arlington, dans l’agglomération de Dallas, l’Espagne les a privés de ballon, de souffle et d’avenir : 2-0, sans véritable contestation. Pour raconter cette chute, trois livres : Le Cœur du pélican pour la France, Rouge ou mort pour la Roja et Les Derniers Jours de Roger Federer pour une rencontre dont l’issue s’est dessinée bien avant le coup de sifflet final.
15/07/2026, 21:35
Dans une ferme isolée d’une vallée pyrénéenne, un patriarche agonise. Ses enfants reviennent, chargés de rancœurs, de secrets, de fatigue et de comptes jamais réglés. Dehors, l’orage cogne. Dedans, Judith tient la maison, Maud prie, les chiens veillent, la fratrie s’observe. Je ne suis pas venu apporter la paix, ou la tragédie familiale noire revue par Nicolas Martin, organique, parfois excessive, mais d’une puissance d’atmosphère rare. À partir du 3 septembre.
15/07/2026, 15:12
À la mort de Christian Monnay, écrivain culte retiré du monde depuis trente ans, sa fille Chloé découvre que ses neuf manuscrits inédits ne contiennent que des pages blanches. Pour préserver sa mère aveugle, puis pour exister enfin comme autrice, elle glisse ses propres romans sous le nom du père. Anne Pitteloud signe une comédie noire, fine et acide sur la filiation, l’imposture et les légendes que fabrique le monde littéraire. Généalogie à découvrir le 21 août.
15/07/2026, 12:15
Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de la Shoah en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes.
15/07/2026, 09:00
Avec Les Désarmantes, son troisième roman à paraître le 21 août 2026 aux éditions Fugue, Caroline Bouffault imagine une France devenue une république pacifiste dirigée exclusivement par des femmes, où l’arrivée d’une journaliste étrangère vient révéler les contradictions d’un modèle fondé sur l’exclusion des hommes.
15/07/2026, 07:48
À la veille de la Révolution française, Paris se pense comme une terre de liberté, régie par le principe selon lequel « il n’y a pas d’esclaves en France ». Pourtant, pour les esclaves venus des colonies chercher refuge dans la capitale, cette promesse se révèle fragile et souvent illusoire.
14/07/2026, 09:00
Alors qu’elle prend la route pour tenter de calmer ses angoisses, Coro se retrouve sur des sentiers déserts, sans téléphone portable, frôlant la panne sèche. La nuit progresse, et alors qu’elle s’aventure au bout d’un chemin étroit pour demander de l’aide, elle arrive devant un grand portail noir. Elle va découvrir une demeure isolée, entourée de végétation et peuplée d’animaux. La communauté de femmes qui y vit propose son aide à Coro.
14/07/2026, 08:00
Arrêté en Iran le 12 octobre 2022, Olivier Grondeau a passé 887 jours en prison avant sa libération, le 17 mars 2025. Dans Joseph dans la nuit, publié chez L’Iconoclaste, il revient sur ses 72 jours de garde à vue sous l’autorité du ministère du Renseignement. Un récit d’enfermement, de peur et de résistance intérieure, porté par une langue nette, poétique et vibrante, où les rêves, les camarades et Hafez maintiennent un peu de monde au fond du noir.
13/07/2026, 16:18
Je vous écris ce matin les yeux fermés (c’est beau la confiance) : cette Coupe du monde outre-Atlantique va me coûter encore quelques nuits sans assez de sommeil. Des cernes, certes, mais qu’au moins je ne dois pas à une peine que la défaite face au Maroc aurait provoquée. Une fatigue victorieuse, avec quelques réserves.
11/07/2026, 12:19
À partir des dossiers retrouvés des personnes internées à Anjanamasina (Madagascar), l’un des premiers asiles d’aliénés des colonies françaises, Raphaël Gallien prend au sérieux des paroles jugées délirantes, des gestes incompris, des trajectoires brisées, pour approcher les effets intimes de la colonisation.
11/07/2026, 09:00
Sur l’île de Muckle Flugga, le point habité le plus septentrional du Royaume-Uni, se dresse le phare de l’impossible, un des fameux phares de Stevenson. Un père et son fils le gèrent ensemble, depuis des années, accueillant parfois des pensionnaires, ornithologues pour la plupart. L’île est en effet peuplée d’une immense variété d’oiseaux, dont certains inattendus.
11/07/2026, 08:00
Quand Will Somersby débarque en titubant dans le hall d’un hôpital psychiatrique canadien, il prétend être venu à pied depuis le Tennessee, guidé par le chant d’un rossignol. Il affirme, en outre, être âgé de 456 ans. Il est alors confié aux bons soins du Dr Miranda Gosling, peu à peu convaincue d’avoir déjà croisé l’étrange individu...
11/07/2026, 07:00
Nouveau livre de Freida McFadden en poche rime souvent avec nouvelle entrée dans le Top 10 — et pas à n’importe quelle place : Le Dîner s’installe directement en tête, avec 88.707 ventes en une seule semaine, du 29 juin au 5 juillet. Une entrée phénoménale. Derrière, les cahiers de vacances conservent pourtant leur mainmise sur le classement, dont ils occupent huit des dix premières places.
10/07/2026, 13:00
Top Articles
Ces 10 livres méconnus sauveront votre été avant la rentrée littéraire 30 livres de la rentrée littéraire en lice pour le Prix du Roman Fnac 2026 En vacances : 7 romans français à lire avant la rentrée littéraire La défaillance du distributeur-diffuseur Makassar, une “vraie crise” pour l'édition indépendante
15 Commentaires
Niro
19/08/2019 à 22:09
Bonsoir! J’ai adoré ce livre mais une question me taraude... qui est « l’homme« qui apparaît dans deux petits chapitres du livre... au début et à la fin! Merci pour cette importante précision!
Cordialement
anne ANDRÉ
04/09/2019 à 00:48
réponse à Niro :
Charles est le fils de Rose, que le médecin à contribué à faire nommer sacristain près de lui...
moi aussi je ne l'ai pas compris de suite.
j'ai lu tout l'après midi pour terminé ce livre que j'avais commencé il y a peu. Magnifique.
j'ai découvert Fanck Bouysse récemment
et trouvé un de nos plus grands écrivains français actuels.
Tininou
14/10/2019 à 11:36
L'homme présent à l'enterrement ne peut pas être le sacristain.Puisque le curé le rejoint, il l'aurait reconnu !
C'est plutôt Edmond
france72
28/03/2021 à 18:54
Oui je pense aussi que c'est Edmond
Aude
26/10/2019 à 10:30
Juste une question quel lien le docteur avait avec la vielle et le bourreau?
MChrist033
17/11/2019 à 20:47
J'ai dû rendre en urgence ce magnifique livre à la médiathèque de ma commune. Malheureusement je n'ai pas tout compris... Charles le sacristain est donc le fils de Rose. Mais quand l'a-t'il appris ? Et comment Rose l'a-t-elle découvert ? Il me tarde de pouvoir relire ce livre mais si vous pouviez m'éclairer en attendant...
Aquatintienne
13/02/2020 à 18:41
Merci de dévoiler la fin .....
Barré
09/05/2020 à 11:13
Vous me donnez envie de lire ce livre.là je lis Grossir le ciel' c'est génial.j'attends de pouvoir rencontrer l'auteur quand il le pourra, à CLISSON.
A vos masques?prêts?sortez!
Noisette
31/08/2020 à 21:29
Bonjour ! Que de questions ! Charles , le fils de Rose qu ´ elle n’a pas pu nommé elle-même...porte le prenom de celui qui a abusé d’ elle ...en présence de la mère De celui ci , la première fois ..et avec son accord , sa complicité...il s ´ agit donc d’ une forme d’ inceste ...la mère De Charles et future grd mère assiste à cette relation et donne son consentement...cet enfant sera dit le fils de la femme de Charles ...conservée morte ...pour qu’ il porte le NOM de Charles ..Conservée avec l’ aide du médecin , ami d’ enfance de Charles et sauvé de la mort par celui ci ( dette envers lui ) .il garde sous son emprise Charles l´ enfant et Rose ...il est aussi sous l ´ emprise de Charles et de sa mère...en dette et à peu d’ affect ..appât du gain ..tient l’ institut de psychiatrie ...le flou , la confusion ds le texte nous ramène au vécu de Rose du fait des abus subis ...elle décrit bien par les mots le clivage qui s opéré entre son corps et son esprit ...ce sont les mots ...ce qui Lui permet de symboliser l’ indicible qui la sauve ...Ce qui n est pas nommé n ´ existe pas laissé entendre Rose ( la première rencontre , comme un double d’ elle à l’ asile ) ; autre symbole , les cahiers cachés sous la robe de rose ..les mots qui redonnent la vie .....voilà qq mots pour éclairer ...et donner sens à ce magnifique roman bien construit , connaissance des meandres intemporels de l’ être humain ...et cetTe belle histoire d’amour ...et la culpabilité...il y aurait encore bcp à dire ...sur la filiation...le symbole de l absence de mot( muet ) chez l enfant né de l indicible mais reconnu par un signe Par l homme qui aimait Rose ....confusion .....merci pour ce livre d une richesse incroyable de par l histoire et de par sa langue ...poétique et terrible...dans l’ alternance...des paroles données ...
Noisette
31/08/2020 à 21:41
Re bonsoir ! Me revient en mémoire ce moment extraordinaire de la rencontre de l’ enfant ( non nommé ) et de sa mère , Rose ....Rose ne s’ attendait pas à cette rencontre amour tendresse qu’elle prend son fils Ds ses bras ...ce fils qui trouve le chemin de ses seins pour se nourrir, vivre ...première rencontre...Rose adopte son enfant malgré et au delà de cette grossesse moralement difficile....et l’ arrachement de la « vieille « De celle qui se pense la grd mère Avec la complicité du médecin est insoutenable....et ce sont les mots qui la sauveront et la feront exister ...elle pourra transmettre son histoire grâce à une autre femme ( cette femme aimante lui donnera de quoi renaître grâce aux cahiers , aux mots , a leur échange ... ...qui permettra le passage, l ouverture ...Et la suite de l histoire....
A noter aussi qu’elle a tue celui qui la viole .’comme lui même l’ a tuée au préalable....
Je dévoile bcp de l histoire.....mais le texte est d une dimension autre par sa forme , sa langue ...il faut le lire ....c est un éclairage sur une histoire possible ....et ainsi douloureusement universelle ....et tellement bien écrite ...l amour la tendresse y est aussi ds ce texte ..m
Lulumarius
13/10/2020 à 18:29
J'ai bien entendu adoré,moi aussi... j'ai du relire, pour arriver à comprendre le mystère des deux Rose...Comment avait-elle pu réussir à se sauver, alors que le curé l'avait bénie sur son lit de mort ? pauvre Rose, pauvres Rose, faudrait-il dire ! Pas facile, pas "feel good", mais tellement bien écrit !
france72
28/03/2021 à 18:57
Je l'ai lu deux fois moi aussi et j'ai découvert à la 2ème lecture des choses que je n'avais pas bien saisies la première fois. Un chef d'oeuvre !
Claire
03/11/2020 à 20:42
Salut, je viens de lire ce roman qui m'a saisie. Il y a une chose qui me laisse perplexe. Quel est le rôle du medecin dans cette histoire ? Est ce lui le vrai manipulateur ? Il faut peut être une relecture...
Gt
03/11/2020 à 20:43
:snake:
Jihem
20/10/2024 à 14:11
Charles, le sacristain, fils de Rose, à la même marque sur le bras qu’Edmond.
Il est écrit qu’alors Charles serait le fils d’Edmond. Rose et Edmond parents de Charles, tous trois évadés de l’asile et partis
dans un ailleurs inconnu !
Quand cette conception aura-t-elle pu avoir lieu ? Mais rien n’est grave dans cette question, leur ultime liberté nous fait exploser de joie dans la lumière