Dans cet immeuble qui a connu l’enfance de son mari Daniel, Gaïa tente de préserver ce cocon familial pour l’équilibre de ses enfants Antoine, Milena, Yvon et Camille ainsi qu’Ouragan, le chat de la famille.
Le 06/08/2009 à 10:00 par Clément Solym
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06/08/2009 à 10:00
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Femme au foyer, elle tente de concilier toutes les occupations que cela implique avec son désir de créativité artistique qu’elle exprime dans la peinture. Une passion qui la possède parfois de manière intense.
Daniel, qui a hérité cet appartement de ses parents, est un avocat réputé qui travaille dans un grand cabinet au service de grandes entreprises et de grosses affaires bien opaques. Souvent absent, son activité l’amène à des voyages parfois longs qui laissent Gaïa un peu désorientée ? Surtout parce que ce retour à Paris, après un long séjour à l’étranger, dans cet appartement, la met mal à l’aise, incapable de s’y sentir totalement bien à nouveau malgré tous les aménagements qu’elle y a faits !
Alors, découvrir maintenant une série d’insultes sur la boîte à lettres, dans l’entrée de l’immeuble, ne contribue pas à lui rendre sa sérénité. Encore moins la découverte d’Ouragan, mutilé par des vandales, queue coupée au rasoir.
Ce pourrait être le début d’un excellent polar, mais ce n’est ni le style ni le propos.
C’est d’un roman qu’il s’agit : un roman où on aurait pu s’enfoncer dans d’anciennes histoires de familles, dans des réminiscences des périodes troubles de la dernière guerre d’un Paris occupé, dans le combat politique d’un couple qui s’est connu puis aimé dans une manifestation de rue, dans l’éclatement d’une relation où le droit des affaires aurait du mal à cohabiter avec des démarches artistiques gauchisantes, dans un parcours un peu idyllique de réconciliation des habitants d’un immeuble… Dans tant d’autres perspectives.
On aurait pu.
Mais ce n’est pas exactement là que nous amène Renata ADA-RUATA.
Bien au contraire ! Elle nous enferme dans une histoire floue à un point tel qu’à aucun moment, nous ne saurons quelles peuvent bien être les motivations de ces insultes qui éclatent sur les murs alors qu’elles sont le premier déclenchement de cette sourde inquiétude qui se concrétisera tout de même par la mutilation de ce malheureux chat et ira jusqu’à la constitution, par les enfants de la famille, d’une sorte d’armée secrète lancée à la recherche des coupables. Floue au point qu’à aucun moment nous n’aurons le fin mot de l’histoire, pourtant évoquée à plusieurs reprises, de ces sous-sols si mystérieux de l’immeuble. Mystère que la mère de Daniel, invitée par Gaïa à cet effet à prendre un café à la terrasse d’un bar, refusera tout de go d’éclaircir, nous laissant, avec elle, sur notre faim.
Mais elle nous enferme aussi dans une succession d’épisodes superficiels dont l’intérêt, après avoir tourné la dernière page, paraît bien maigre. Un parapluie volé dans un vase sur le palier ! Un imperméable déchiré par le caddy bien peu précautionneux d’une cliente revêche de supermarché ! Un rémouleur récemment installé à son compte ! Oui ? Et alors ? J’en fais quoi de ces petits riens ?
Certes, c’est la vie de tous les jours, mais je ne suis pas sûr qu’on pourrait faire un livre du désagrément que représentent tous ces cyclistes qui se conduisent sans aucun respect du Code de la route et prennent les sens interdits justement dans le sens interdit. Pourtant, leur comportement incivique est bien un grand désastre.
Établir un catalogue des petits riens hautement désagréables de la vie de tous les jours n’est pas forcément incompatible avec la littérature, mais encore faut-il que la pâte arrangée tout autour ne manque pas de consistance à ce point. C’est quand même en quatrième de couverture que nous apprenons la double vie de Daniel, totalement passée sous silence dans le corps du récit, ce qui change diablement de perspective l’usurpation d’identité d’un sans-papiers soudainement pris par la police en train d’utiliser son chéquier et son nom !
Dire que je n’ai que très peu goûté l’incapacité chronique à fixer un temps de conjugaison pour le récit deviendrait de l’acharnement. Quant à la recette du lapin en cocotte accompagné de polenta italienne, je ne suis pas convaincu, non plus, que cela méritait une pleine page même si mon quart de sang italien a pu y être un peu sensible quand même. Dommage que les quelques pépites humanistes, auxquelles mon âme notoirement de gauche n’est pas insensible, soient de fait engluées dans un fatras manquant de crédibilité.
C’est peut-être cela aussi le désastre : un salmigondis de bonnes intentions.
Retrouvez Ces tout petits riens du désastre, de Renata Ada-Ruata, en librairie
DOSSIER - Le livre numérique fête ses 50 ans : un anniversaire, tout en histoire
Par Clément Solym
Contact : cs@actualitte.com
Paru le 01/05/2009
189 pages
Editions Yago
18,50 €
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