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Laurent de Sutter : pourquoi décevoir est un plaisir ?  

Parmi les nombreuses punchlines de Baudelaire, l’une évoque « le plaisir aristocratique de déplaire » dans la pratique du mauvais goût. Un autre dandy, Oscar Wilde, confessait : « Je vis dans la terreur de ne pas être incompris. » Certains y verront les postures de deux esthètes à l’esprit adolescent, une chose reste certaine : pour la plupart, décevoir est la pire chose… Alors pourquoi l’inverse d’un plaisantin, Gilles Deleuze, a affirmé, en réponse à un critique, « décevoir est un plaisir » ?

Le 17/05/2024 à 19:33 par Hocine Bouhadjera

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17/05/2024 à 19:33

Hocine Bouhadjera

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« Comment puis-je commencer quelque chose de nouveau avec tout cet hier à l'intérieur de moi-même ? » Leonard Cohen.

« Hello ! Ça fait très longtemps que je n'ai pas pu venir, mais j'ai hâte de vous revoir ! Je pense pouvoir être là en juin. Par ailleurs, gros bisous à tous depuis l'Ouzbékistan. » Dans ce message, comme souvent, le centre se situe à la périphérie, dissimulé ici par ce « par ailleurs » qui ne trompe pas : je suis en Ouzbékistan, moi, pays que les petits français connaissent autant que la planète des petits-gris. Extirpé du groupe WhatsApp d’un club de lecture, il est une belle illustration du point de départ de la réjouissante démonstration de Laurent de Sutter : rien, en général, ne compte plus que l’image projetée auprès des autres.

A contrario, mais dans ce même ordre d’idée, le premier effort de tout un chacun est d’éviter de dégrader cette image, même quand notre posture indique l’inverse, Baudelaire et Wilde compris. Le papa du terme de « pop'philosophie », Gilles Deleuze, n’en est pas moins arrivé à cette conclusion : « Décevoir est un plaisir. » L’un de ses importants exégètes contemporains, le philosophe et éditeur belge Laurent de Sutter, éprouve cette affirmation, la confirme par une lumineuse démonstration géométrique. Sa conclusion : « Il faut que la pensée soit décevante, que les livres soient décevants, que les idées soient décevantes, pour que quelque chose puisse se passer. »

Pour atteindre à cet épilogue, 130 pages qui ne jargonnent pas, sans pour autant sacrifier à l’exigence du développement. Passent Sénèque, Platon, Saint Paul, Kierkegaard, Spinoza, Lacan, Maurice Blanchot, Alain Badiou ou Roland Barthes.

Cette affirmation de Gilles Deleuze répond au texte d’un journaliste aujourd’hui disparu, Michel Cressole, qui jugea L'Anti-Oedipe (co-écrit avec Félix Guattari), comme un ratage. L’occasion de remettre en cause la personne et l’approche même de son auteur, de le déconstruire, le confondre. La réponse du philosophe ne fut qu’une simple provocation ? Une manière de dédaigner le plumitif ? De faire le malin, « d'épater le bourgeois » ? Laurent de Sutter y voit avant tout un procès du mode de pensée qui repose sur les « attentes ». À partir de cette bisbille anecdotique dans la carrière de Gilles Deleuze, il donne une clé de compréhension de sa philosophie, toute nietzschéenne, ou à la Bruce Lee, c'est selon : soyez comme l’eau…

Une histoire de l’espoir

En journaliste, avec l’esprit de « fouille-merde » qui accompagne cette office, ce Michel Cressole est celui « à qui on ne l’a fait pas ». Sa lucidité est réelle, c’est bien le problème : il est aussi celui « qui sait à quoi s'attendre ». « Il n'est rien qui suscite davantage d'attentes que l'instauration de la lucidité comme valeur suprême de la pensée - et c'étaient ces attentes-là que Deleuze cherchait à décevoir avant tout », analyse le Belge.

Pour qu’il y ait déception, il faut au préalable une espérance. Dans ce qui concrètement est une projection, l’autre est toujours un condamné en sursis, victime du préjugé de celui qui (s’)investit en lui. Face à ce commun écueil, Gilles Deleuze propose l’orientation, pas après pas, dans un début toujours renouvelé, qui avance : une pensée du mouvement lui-même, le devenir en tant que seule réalité fixe. Un anti-idéalisme. Nietzsche toujours. Pour en arriver à cette conclusion que sans ironie, décevoir est un plaisir, Laurent de Sutter déplie une histoire de l’espoir à la sauce occidentale.

Les stoïciens, dont on connaît bien le « rien attendre », ajoutaient, dans leur ascèse pragmatique : ne répondez pas aux attentes pour éviter la déception. Aucune énergie pour le superflu comme devise. Les chrétiens eux, avec leur “arrière monde”, ont logiquement placé l'espérance tout en haut, avec la foi et la charité. Toute une logorrhée emberlificotée, dans ce cas spectaculairement arbitraire, forceuse même, pour justifier cette position. Un supérieur qui demande des choses absurdes pour tester ton obéissance, la façonner. 

Cette rhétorique - qui distingue espoir et espérance dans son acception la plus subtile, à la suite du génial râleur Georges Bernanos -, est aujourd'hui dévitalisée. Une camelote dans la France de 2024, comme le sera un jour notre socialisto-capitalisme à l'heure de l'intelligence artificielle généralisée. La foi confirmée par l'impossibilité de sa justification - la seule possibilité de la foi même, selon Kierkegaard - a été largement enterrée par la ratiocination, mais l’approche utopique s'est en revanche maintenue dans la culture : cette grande espérance, eschatologique, que ce monde mourra, n’a jamais fini.

Cet univers mental chrétien, que Laurent Sutter connaît bien, en tant que « pur produit de la haute bourgeoisie bruxelloise, religieuse, militaire », comme il s’est présenté lui-même. En même temps que du Fils, c’est aussi celui du Père, dans la triple dimension physique, imaginaire et symbolique établie par Freud. Le niveau de bourgeoisie d’un individu est mesurable au temps qu’il met à invoquer « papa ». Comme pour Dieu, quand ne survit que la structure symbolique de la notion du père, son absence sature tout l’espace, un nulle-part partout. La même chose se produit chez l'amoureux selon Barthes, qui projette sur un autre devenu symbole de l’Amour lui-même.

À l’origine de tous ces états, le grand Non d’une autorité - la divinité qui refuse sa présence, de la souveraineté du père, et de l’autre qui « fait attendre » -. Des nons sous des noms : Dieu, Père, l’Autre. L'espérance est ainsi comprise par Laurent de Sutter comme l'organisation de la perte de l'objet : « Être déçu, ce n'est pas être désillusionné, c'est tout le contraire : c'est faire l'objet de manœuvres visant à remplacer une réalité par une fiction, à faire prendre des vessies pour des lanternes, à faire passer pour de l'amour ce qui n'est qu'un intérêt. »

La lucidité est une déclaration d'amour à l'illusion, expose avec brio le philosophe, dans un paradoxe. Être amoureux d’une projection ou espérer un impossible, c’est en réalité se prémunir de la déception, « tant que le réel n’a pas fait effraction à l'intérieur de l'espace confiné dans lequel le sujet s'est réfugié - la petite forteresse où, comme le disait Barthes, celui-ci peut continuer à rêver à sa puissance ». Le Bruxellois voit dans tous ces porteurs d'espérance une continuité de la mélancolie, portée par des figures de la lucidité.

Dans l’espérance, quelque chose a déjà failli, et ça peut se reproduire. Le non-dupe est celui qui, d'avoir été déçu, s'illusionne sur sa lucidité; il est celui qui erre parce que, persuadé de voir clair sur la cause de sa souffrance, il ne se rend pas compte que c'est cette clairvoyance qui scelle son malheur.

Face à tous ces sachants du monde, définis par le philosophe, une figure honnie, qu’il s’agit de réhabiliter à cette occasion, le séducteur. Celui qui assume l’artifice du monde : une « chance de faire l'expérience de quelque chose d'autre que la simple jouissance narcissique de l'attente toute-puissante. » Fini l'espérance, bonjour la déception qu’il faut assumer : « Là où l'espérance consiste à raréfier le possible jusqu'au point où celui-ci se laisse résumer par l'impossible de la perfection, la déception implique l'ouverture à l'illimité du répertoire de ce qui peut être », décrit Laurent de Sutter. Dit autrement par Ingmar Bergman dans Une affaire d’âme, « la vérité n’est rien, la vérité est vanité ».

Décevoir est donc bien un plaisir quand on s’y abandonne, parce qu’il s’inscrit dans le mouvement, l’orientation, qui lui est aventure. Un remède au désespoir, une manière d’accepter le monde qui nous résiste, imparfait, douloureux, dangereux, désillusionné. Laurent de Sutter est aventurier lui-même dans son approche : parti d'un axiome jamais trahi, avec un esprit de conquête, une grande capacité d'effort et une ribambelle de références, le tapis s'est déroulé avec ses ornementations, et oh miracle, tout est à sa place. La nécessité dans la contingence.

Sa réflexion rejoint celle d’un de ses précédents textes, Éloge du danger, où le Belge en appelait à ouvrir la porte à ce qui n’était pas normé, régulé, paramétré, face à l’obsession de la réduction du risque par l’État. Entrer dans le possible et quitter le probable, à ses risques et périls…

Espoir partout, joie nulle part

Cet implacable essai de gros cerveau marche en réalité sur deux jambes, pour un seul corps : une existentielle, une politique. Dans le domaine de la police (Polis : La Cité), la dialectique de Laurent de Sutter, espérance enfermante - déception libératrice, est là-encore des plus opérante.

Il rappelle d’abord que l'espoir forme, aux yeux de Platon, l'impératif catégorique de la vie sociale - ce qui structure tous les « efforts ». Selon le Grec, pour qu'il y ait de l'ordre, il faut des attentes, car elles seules sont à même « d'obvier à l'imperfection de ce qui est au profit de la perfection de ce qui peut être ». Attendre, c’est aussi, en ramassant le développement de Laurent de Sutter comme un ahuri, être attentif. Maurice Blanchot évoque cette « police de l'espérance » et son « devoir d’attention ». L'espérance, dans laquelle est induite une promesse, c'est finalement le doute qui s'installe partout, s'instille, se déploie, se généralise. 

Pour résumer, Michel Cressole, symboliquement, et autres figures pleines d’espérances, donc de désespoir, surveillent les Deleuze et autres aventuriers du non-exploré, et attrapent leurs vestes dès que l’occasion se présente. Sans parler du jugement généralisé, permis par les réseaux sociaux et autres systèmes de notation généralisée, comme une queue de comète de la méthode critique kantienne. 

Les passionnés de la sanction. Des préjugeurs qui forclosent la déception comme un virus chinois, jusqu’à ce que ça pète… Barthes, dans ses cours sur le Neutre au Collège de France, définissait le journaliste comme un flic qui vous aime bien parce qu'il vous donne la parole... Plus généralement, les propositions messianiques - qui incluent un futur déjà déterminé dans un devenir figé dans sa projection -, sont les plus policières.

L'espérance maintient l'ordre policier dans une attente d'un idéal inatteignable, distinct de la réalité présente de celui qui sait déjà à quoi s'attendre. (...) C'est pour cela que la déception est d'abord et avant tout déception de la police : la déception est ce qui marque par avance toutes les tentatives de policer quelque chose comme un ordre de ce qui est ou un ordre du monde - puisque policer implique toujours d'exclure. Rien ne peut être exclu : voilà pourquoi il existe de la déception - et voilà aussi pourquoi le fait de l'envisager semble si insupportable à certains, et, au contraire, si réjouissant à d'autres; pour les uns, elle est la manifestation subjective du danger, pour les autres son épiphanie.

Il y a peu, avec la même énergie que Michel Cressole, c’est le désastreux Eric Naulleau, à l’arrière-garde pour l’éternité et en tous lieux, qui a pris en grippe Jean-Luc Mélenchon, ce traître aux vieux de tous les âges, agressé à coup d’anathèmes du type « islamo-gauchiste ». Faisant fi que le président de LFI est la figure politique française la plus solide philosophiquement, « quoi qu’on pense de ses idées », comme aime à dire le prudent à tout bout de champ, Clément Viktorovitch.

Pour goûter toute la brillante démonstration de Laurent de Sutter - ici seulement esquissée à grands traits -, qui sait-on jamais, pourra extraire à terme de leur forclusion narcissique de grands déçus qui le nient, il faudra se procurer l’ouvrage publié chez PUF. Il s’agit du troisième volume de ses Propositions, série entamée avec Pour en finir avec soi-même (2021) et Éloge du danger (2022), tous publiés dans cette collection Perspectives Critiques, qu'il dirige à la suite de son créateur dans les années 70, le Suisse peu commun - à l'inverse d'Éric Naulleau -, Roland Jaccard.

Gilles Deleuze ou Clément Rosset, Thomas Szasz ou Roberto Calasso, Louis Althusser ou Alain Badiou, Slavoj Zizek ou Boris Groys, Giorgio Agamben, Jean Baudrillard, Jaccard lui-même, Marcel Conche, le spécialiste de l'ésotérisme Pierre Riffard, John Cowper Powys, Alain Bonnand, Pacôme Thiellement... Du beau monde dans cette collection. Des radicaux, au bon sens du terme : qui creusent jusqu'aux racines.

En attendra à présent la prochaine Proposition du philosophe, série « qui se poursuivra au fil des caprices de l'auteur ». Il en a en revanche fini avec Gilles Deleuze, après trois autres essais sur ce vaste sujet : Deleuze, la pratique du droit (Michalon, 2009), le second Qu'est-ce que la pop philosophie ? (Puf, 2019), et Johnsons & Shits (Léo Scheer, 2020).

Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com

1 Commentaire

 

NAUWELAERS

21/05/2024 à 00:22

La lecture de cette critique, ce n'est pas un sprint, mais un marathon...!
Faut s'accrocher !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Décevoir est un plaisir

Laurent De Sutter, Laurent de Sutter

Paru le 10/04/2024

132 pages

Presses Universitaires de France

15,00 €

Indignation totale

Laurent De Sutter

Paru le 15/03/2023

187 pages

Alpha

7,00 €

Superfaible

Laurent De Sutter, Laurent de Sutter

Paru le 20/09/2023

401 pages

Flammarion

22,00 €

Qu'est-ce que la pop'philosophie ?

Laurent De Sutter

Paru le 09/01/2019

112 pages

Presses Universitaires de France

7,00 €

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Cette livraison de Books choisit le détour des livres pour saisir des tensions très actuelles : la mémoire impériale, l’autoritarisme numérique, le pouvoir personnel, la violence politique et les mythes identitaires.

26/04/2026, 11:01

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Quand un Beat part sur les traces des Assassins

Il y a dans Voyage à Alamût quelque chose d’inactuel, au sens le plus fort du terme. Non pas un texte daté, mais un texte déplacé, revenu tard, recomposé, chargé d’un temps qui ne lui appartient plus tout à fait. 

24/04/2026, 18:44

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Les silencieuses d'Anna McPartlin : des silences beaucoup trop bruyants

Pour combattre une injustice, il faut compter sur le temps et la détermination, mais aussi avec une forme de solidarité des victimes pour que les générations à venir puissent enfin s’en émanciper. Irlande, années 80, le patriarcat coule de beaux jours, sûr de sa légitimité et de sa force. Les silencieuses d'Anna McPartlin traduit par Valérie Le Plouhinec (Éditions Le Cherche Midi).

24/04/2026, 16:41

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Meilleures ventes : L’Empire McFadden contre-attaque

Et quand y'en a plus… y'en a finalement encore. Le raz-de-marée Freida McFadden frappe une nouvelle fois. Deux nouveaux titres ont déjà conquis son public et c’est le retour de la domination américaine pour cette nouvelle semaine (du 04/05 au 10/05). Alors, Force ou Côté obscur ?

15/05/2026, 11:34

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Le banc

15/05/2026, 11:30

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L’Appel du Dragonnier : une île entre beauté et menace

Transformer une photographie d’arbre en traversée de Socotra, île yéménite rêvée puis éprouvée. C'est tout l'objet de L’Appel du Dragonnier de Cécile Palusinski Entre récit poétique, rencontres socotries, beauté du vivant et alerte écologique, le refus l’exotisme facile : le dragonnier y devient moins un but qu’une voix, qui oblige à regarder autrement une terre, ses habitants et ce qui menace leur fragile équilibre, loin de toute carte postale.

14/05/2026, 15:48

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Comment survivre à votre fatigue de genre ?

13/05/2026, 13:47

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Meilleures ventes : La prof entre en tête devant Franck Thilliez et Fred Vargas

Avec 29.696 exemplaires vendus sur la semaine, La prof, de Freida McFadden, s’installe directement à la première place des meilleures ventes. Le poche publié par J’ai lu atteint 29.831 ventes cumulées. Derrière lui, L’autre moi, de Franck Thilliez, bondit au 2e rang avec 19.647 exemplaires, tandis qu’Une unique lueur, de Fred Vargas, complète le podium avec 15.271 ventes. Le haut du classement associe une entrée en tête, une forte progression et la résistance d’un titre déjà installé.

12/05/2026, 11:39

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Un amour sans retour, une lettre brûlante : La Fille du Sud de Barbara Monroe

Revenue dans son village provençal, la narratrice tient un vieux bar, lutte contre les dettes, les rêves et l’oubli. Entre lyrisme, mémoire et attente, le roman interroge ce qui, d’une passion, survit quand l’absente gouverne encore chaque geste, et quand écrire devient moins un adieu qu’une façon de demeurer vivante.

12/05/2026, 10:52

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Claire Lombardo : un supermarché suffit à réveiller une vie

Comment transformer une rencontre fortuite au supermarché en déflagration intime. Autour de Julia, épouse, mère et fille, le roman explore les zones grises de la maternité, du couple et du désir. Entre ironie domestique et vertige moral, Comme au premier jour de Claire Lombardo interroge ce que le passé continue d’exiger des vivants. Une chronique familiale ample, où le quotidien trivial ouvre sur la honte, la tendresse et la peur d’avoir raté sa vie. 

 

12/05/2026, 10:10

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Le Beaujolais face à l’après-guerre

Beaujolais, 1919. La Grande Guerre s’achève. Claudius Grandvignon, dit « Glodusse », que l’on croyait disparu, rentre enfin chez lui.

12/05/2026, 08:00

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Une plongée familiale dans les images et la mémoire

Entre mémoire familiale et geste artistique, Rozebud explore la zone trouble où l’image devient révélation. Héritière d’un appareil photo transmis par son grand-père, Isabelle Rozenbaum transforme cet objet en clef d’un récit et d’une traversée intérieure.

12/05/2026, 07:00

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Les Ensablés - Près du sol de Emile Guillaumin (1873-1951)

Toute sa vie, Émile Guillaumin resta paysan, cultivant sa propriété de trois hectares dans l'Allier. En parallèle, muni de son seul certificat d'études, il se fit aussi poète et romancier du monde rural. Son premier roman La vie d'un simple (objet d'un précédent article des Ensablés), fut publié en 1904 et reçut un excellent accueil, glanant des voix pour le prix Goncourt. Par Isabelle Luciat

10/05/2026, 09:04

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Une découverte dans une grotte relie trois époques dans Aven

Avec Aven, publié aux éditions La Manufacture de livres le 4 juin, Lilian Bathelot construit un roman mêlant préhistoire, exploration souterraine au XIXe siècle et enquête contemporaine autour de l’aven Armand. À travers trois récits reliés par un même lieu et un mystère traversant les siècles, l’auteur explore la mémoire enfouie des hommes dans les paysages du causse Méjan.

08/05/2026, 07:00

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James Lee Burke revient avec Étranger à la dérive, une fresque entre guerre et pétrole

Étranger à la dérive, de James Lee Burke, paraît aux Éditions Rivages le 3 juin : le roman suit Weldon Avery Holland, des années de Grande Dépression aux champs pétrolifères du Texas, dans une fresque marquée par la guerre, l’amour, la culpabilité et la violence de l’antisémitisme. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Christophe Mercier. 

07/05/2026, 07:19

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Les Filatures d’Irène Bouton : une nouvelle série policière aux éditions L’Archipel

Les Filatures d’Irène Bouton, roman de Thomas Martinetti publié aux éditions L’Archipel, lance une série de cosy mystery située dans la région d’Annecy. Le livre suit Irène Bouton, costumière appelée sur le tournage d’une série, qui se retrouve soupçonnée après la mort d’un fournisseur local et décide de mener sa propre enquête pour comprendre ce qui s’est passé.

06/05/2026, 07:00

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Dominique Sylvain revient avec un roman noir dans le Brooklyn des années 1990

À paraître le 13 mai 2026 aux Éditions Rivages, L’Inconnue de Brooklyn, de Dominique Sylvain, suit trois amis d’enfance dans le Brooklyn des années 1990, entre cinéma, immobilier, ambitions sociales et secrets conservés pendant des années, jusqu’à ce qu’un passé compromettant ressurgisse.

06/05/2026, 06:00

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Meilleures ventes : Fred Vargas reste en tête devant Valérie Perrin et Spy x Family

Avec 25.475 exemplaires vendus cette semaine, Une unique lueur de Fred Vargas conserve la première place du classement (semaine 17, du 20 au 26 avril). Le roman publié par Flammarion totalise désormais 101.508 ventes en trois semaines de présence. Derrière lui, Tata de Valérie Perrin remonte au 2e rang (15.087 exemplaires), tandis que le tome 16 de Spy x Family entre directement sur la troisième marche du podium avec 14.721 ventes.

 

05/05/2026, 10:15

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Avec La fille du Sud, Barbara Monrose explore les traces du désir

Barbara Monrose signe avec La fille du Sud un premier roman publié chez Robert Laffont et attendu le 13 mai. Ce texte suit la relation passionnée entre deux étudiantes qui se rencontrent à Paris avant que la séparation ne transforme leur histoire en quête intime et obsessionnelle du désir, du manque et de l’absolu.

05/05/2026, 08:42

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Yukito Ayatsuji : le polar culte enfin traduit

Tsunojima, au large des côtes japonaises. Un an après le quadruple meurtre qui a ensanglanté l’île, c’est l’endroit parfait pour la retraite annuelle des membres du Club des amateurs de roman policier. Ils vont pouvoir se concentrer sur la rédaction du prochain numéro de leur revue et, qui sait, résoudre le mystère de ce crime à huis clos, dont l’auteur reste encore inconnu. C’est néanmoins le programme qu’ils se sont fixés… Traduit du japonais par Patrick Honnoré.

05/05/2026, 08:00

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Addicted tome 8 : défendre les siens à tout prix

Retrouvez les sœurs Calloway avec le tome 8 de la saga new adult « Addicted » ! 

05/05/2026, 07:00

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Anne Sexton : ses derniers poèmes surgissent d’un immeuble en feu

Publié à titre posthume, Lettre d’amour écrite dans un immeuble en feu (trad. Sabine Huynh) rassemble les derniers poèmes d’Anne Sexton et déploie toute la maturité de son art. Traversé par les thématiques de la maternité, de la maladie, du désir et de la foi, ce recueil entremêle images domestiques et métaphores violentes dans une confrontation directe avec la mort. La parole poétique devient alors un acte de résistance, voire de survie.

04/05/2026, 11:03

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Anne Jacobs explore l’Allemagne de 1968 dans Café Engel

Avec Café Engel – Une fête mémorable, Anne Jacobs signe un sixième tome publié chez HarperCollins, disponible le 6 mai en librairie, qui plonge le lecteur dans l’année 1968 à Wiesbaden et suit une famille confrontée à des bouleversements personnels et historiques, sur fond d’anniversaire symbolique pour leur établissement. Traduit de l’allemand par Corinna Gepner.

04/05/2026, 08:10

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Le roman feel-good qui sent la mer

La librairie des rêves les plus fous, premier roman de Gracie Page, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Maud Desurvire et publié chez Robert Laffont le 4 juin, suit le parcours d’Anna, une jeune femme qui, après une série de déceptions, trouve un nouveau souffle dans une librairie en bord de mer où réalité et imagination finissent par se rejoindre.

04/05/2026, 07:39

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Eric Halphen : Un sort enviable, un roman noir sur la chute d’un homme

Un sort enviable, d’Eric Halphen, paraît aux Éditions Rivages dans la collection Rivages/Noir le 6 mai 2026 et explore, à travers la trajectoire d’un homme en apparence comblé, les mécanismes intimes qui font basculer une existence vers la rupture et la violence.

02/05/2026, 06:58

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Un faussaire, une filature, un rêve d’Amérique : plongée dans six destins croisés

Avec Une table pour deux, Amor Towles, publié aux éditions Flammarion et traduit de l’anglais (États-Unis) par Nathalie Cunnington, propose un recueil de six nouvelles où New York devient le décor de rencontres furtives et décisives, révélant à travers des dialogues ciselés les failles, les ambitions et les illusions de personnages saisis à l’heure d’un face-à-face.

01/05/2026, 07:50

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Comme au premier jour : le portrait d’une mère face au départ des enfants

Claire Lombardo publie Comme au premier jour, traduit de l’anglais (États-Unis) par Laetitia Devaux et paraissant aux Éditions Rivages le 3 juin 2026, un roman qui suit une femme confrontée au départ de ses enfants et à la remise en question de son existence, entre souvenirs, regrets et tentatives de redéfinition de soi.

01/05/2026, 06:21

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Squeezie, le portrait du youtubeur français

Squeezie - À l'école d'Internet, signé par Françoise Ancey et publié chez Hugo Publishing, paraîtra le 6 mai 2026 : ce livre retrace le parcours de Lucas, adolescent passionné de jeux vidéo devenu l’une des figures majeures de la création de contenus en ligne.

30/04/2026, 08:44

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Pourquoi Dirty dancing est devenu un film culte ?

Avec On ne laisse pas Bébé dans un coin, traduit de l’anglais par Marie Hermann et publié aux éditions Hors d’atteinte le 7 mai 2026, Andrea Warner revient sur Dirty Dancing pour en proposer une lecture qui dépasse la simple histoire d’amour et met en lumière ses dimensions sociales et politiques, notamment autour de l’avortement et de la liberté de choix.

30/04/2026, 07:19

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Qui ont été les premiers millionnaires du Loto ?

Les Amants du Loto, roman de Catherine Siguret publié aux Presses de la Cité et attendu en librairie le 7 mai 2026, revient sur le destin des premiers gagnants du Loto en France, dont la vie bascule après un gain inattendu, en explorant ce que l’argent change — ou non — aux rêves, à l’amour et à l’identité.

30/04/2026, 06:14

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J’en ai pas : Camille Hazoumé transforme le refus d’enfant en vertige

Comment une femme décide-t-elle de ne pas avoir d’enfant ? Alors qu'elle est travaillée par des rêves de bébé, une thérapie hésitante et les soins donnés à sa grand-mère en EHPAD. Camille Hazoumé déplace la question maternelle vers la vieillesse, le couple et la peur du regret, avec une voix drôle, crue, parfois féroce, qui refuse les réponses toutes faites. Ni manifeste ni confession, elle sonde un manque choisi et ses vertiges.

29/04/2026, 10:19

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Mémoire coloniale et polar sous tension : Requiem pour un cri, de Marie Capron

Marie Capron transforme un cri en machine à suspense et change l’enquête de Priya Dharmesh en plongée dans les usages politiques de la colère. Entre RageTime, mémoire des pensionnats autochtones, manipulation sonore et tensions familiales, le roman fait du cri une matière criminelle, intime et historique. Un polar sous pression, où l’humour de la série se heurte à la violence des voix confisquées, jusqu’à interroger ce qu’une époque accepte d’entendre.

29/04/2026, 10:15

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Le Muséum ouvre ses réserves : un voyage vertigineux vous attend

Avec Voyages extraordinaires au Muséum national d’histoire naturelle, Nicolas Gilsoul et Jacques Cuisin ouvrent les portes des réserves du Jardin des Plantes. Entre récit d’exploration, cabinet de curiosités et méditation sur l’extinction, le livre transforme les coulisses du Muséum en aventure sensible, drôle et inquiète, où chaque spécimen raconte aussi notre rapport au vivant, à la science et aux traces que nous choisissons de préserver.

29/04/2026, 10:11

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Colin Barrett : Le mal du pays, plongée dans une Irlande rurale et violente

Le mal du pays, de Colin Barrett, publié aux éditions Rivages et disponible en librairie le 6 mai 2026, réunit une série de nouvelles situées dans l’ouest de l’Irlande, où des existences fragiles et heurtées se déploient entre violence ordinaire et élans d’humanité. Traduit de l’anglais (Irlande) par Zacharie Boissau et révisé par Charles Bonnot. 

29/04/2026, 07:30

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Une légende du tennis reprend la compétition pour contrer une nouvelle star montante

Taylor Jenkins Reid signe avec Le retour de Carrie Soto, parution le 5 mai 2026 aux éditions Charleston, un roman centré sur une ancienne championne de tennis prête à revenir sur le circuit pour défendre son héritage, face à une nouvelle génération qui menace ses records. Traduit de l'anglais par Typhaine Ducellier.

29/04/2026, 07:00

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Lena Situations : son parcours, des débuts au succès

Lena Situations. Grandir, créer, tenir bon, de Carole Coatsaliou, paraît aux éditions Hugo Publishing le 6 mai 2026 et retrace, en une phrase, le parcours d’une créatrice de contenus devenue figure majeure des réseaux sociaux, entre débuts intimes, expérimentations et construction progressive d’une audience fidèle.

29/04/2026, 06:21

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Des vies à bâtir

28/04/2026, 17:15

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Marseille, un piège pour mineurs : Angelina Delcroix ouvre l’abîme

Avec La Fabrique du mal, Angélina Delcroix signe un thriller tendu autour d’Oscan, adolescent marseillais happé par l’argent facile, les écrans et les silences adultes. Entre prévention spécialisée, enquête criminelle et analyse psychologique, le roman suit une violence qui s’organise par étapes, jusqu’à transformer les failles intimes en engrenage collectif.

28/04/2026, 16:06

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L’audiovisuel public face aux menaces politiques


Une démocratie peut-elle se passer d’un espace d’information commun, indépendant des intérêts commerciaux et des pressions politiques ? Alors que les plateformes numériques fragmentent le débat public et que des forces politiques font du démantèlement de l’audiovisuel public un objectif assumé, Nathalie Sonnac pose la question, et y répond sans détour.

28/04/2026, 09:00