Édith Piaf revient beaucoup dans l’actualité, ces derniers temps. Emmanuel Macron souhaiterait en effet voir la chanteuse d’origine malienne Aya Nakamura interpréter un morceau de la Môme pour l’ouverture des Jeux olympiques de Paris, cet été, ce qui soulève une énorme polémique. Beaucoup reprochent à cette dernière d’être vulgaire, de ne pas incarner l’esprit français… L'occasion, peut-être, de se pencher à nouveau sur cette figure de la chanson française. Texte par Étienne Ruhaud.
Le 18/03/2024 à 12:17 par Auteur invité
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18/03/2024 à 12:17
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Indépendamment des évènements, une journaliste de France Musique, Marianne Vourch, revient sur le parcours de Piaf sous forme d’un journal intime imaginaire, écrit dans le style populaire propre à l’intéressée…
« Ce livre appartient à la série de podcasts, “Le Journal intime de…”, à retrouver sur France Musique », pouvons-nous lire au début du volume. En scannant le QR code, nous pouvons effectivement entendre la voix de Josiane Balasko, conviée à lire le texte de Marianne Vourch. Le procédé paraît simple, mais génial : le créateur (ici Edith Piaf, donc) serait supposé tenir un journal intime décrivant les principaux évènements de son existence.
Ce même journal est ensuite interprété au micro par un comédien à chaque fois différent : Carole Bouquet pour Le journal intime de Maria Callas, Lambert Wilson pour Le journal intime de Rudolf Noureev, Denis Podalydès pour Le journal intime de Jean-Sébastien Bach.
Le texte est enfin diffusé sur les ondes de France Musique. Ici, le choix de Josiane Balasko s’impose. Fille de bistrotier, l’actrice écoutait Piaf en boucle sur le jukebox de ses parents. Le quatrième de couverture nous apprend également que Balasko, encore enfant, rencontra Piaf, cette « toute petite dame, très mince ». La voix gouailleuse, parigote, de l’actrice, correspond bien à ce que fut Piaf, gamine de Belleville (une plaque a été apposée sur sa maison natale, près de la station « Pyrénées »).
Car ce fameux journal, justement, semble conforme au style même de Piaf. Fine connaisseuse, Marianne Vourch a su faire du Piaf, à travers une langue argotique, un peu datée, typique : « Ils commencent à me les briser, ces Amerloques, avec leurs principes ! », lisons-nous ainsi, page 58, en date de septembre 1949. Fidèle, le livre l’est aussi sur le plan biographique.
L’auteure n’a pu, évidemment, évoquer tous les instants de vie d’Édith Piaf, mais a su en conserver les évènements décisifs. Enfant de la balle, éduquée d’abord par une grand-mère kabyle puis par un père artiste, autoritaire et cassant, Piaf n’aura pas toujours eu la partie facile. Chanteuse de cabaret, accompagnée de sa fidèle amie Simone (dite « Momone »), Piaf perd un enfant très jeune, connaît de nombreux revers, avant de goûter à la gloire, et de lancer, elle-même, plusieurs auteurs-compositeurs comme Charles Aznavour.
Une large part du journal est également centrée autour des amours de Piaf, femme passionnée aux aventures célèbres. Nous retrouvons ainsi les figures d’Yves Montand, mais aussi celle de Marcel Cerdan, dont la mort accidentelle, en 1949, bouleversa « La Môme ». Marianne Vourch, qui inclut des repères biographiques à la fin du livre, n’oublie pas non plus le courage de Piaf, qui fit jouer des musiciens juifs en pleine guerre, à Paris. Se dessinent, dès lors, les contours d’une existence aussi brève qu’intense, faite de ruptures, de malheurs et aussi de grandes joies. Usée par l’alcool, la drogue, de santé fragile, Piaf succombe à une hémorragie interne le 10 octobre 1963, à Plascassier « sur les hauteurs de Cannes » (p. 85). Elle avait quarante-sept ans et repose désormais au Père-Lachaise.
On est d’emblée frappé par l’esthétique même du volume. Album illustré de couleur rose publié aux éditions Villanelle, spécialisées dans la musique, le livre de Marianne Vourch est richement illustré par divers documents d’archives, coupures de presse, affiches, et photos anciennes. La vie d’Édith Piaf prend ainsi sens à chaque page.
Un soin particulier est d’ailleurs apporté à rajouter des extraits de chanson, écrits à la main. Bel album, ce Journal intime d’Édith Piaf accompagnera ainsi parfaitement la voix de Josiane Balasko, à la manière d’un livret d’opéra. Bref mais percutant, ce mince volume permettra en tous cas au novice de découvrir « dans les grandes lignes » la vie d’une des grandes gloires françaises, et qui ne cesse d’inspirer les créateurs.
Qu’on se rappelle ainsi de La Môme, tourné en 2007 par Olivier Dahan, avec Marion Cotillard et Gérard Depardieu. Dans le flot de biographies consacrées à Piaf, celui-ci constitue une bonne introduction, efficace et vivante. Nous attendons désormais avec impatience le fameux podcast, qui sera diffusé le 2 avril sur le site de France Musique, donc.
DOSSIER - Auteurs sans éditeurs, éditeurs sans auteurs ? Un podcast en 4 épisodes
Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com
Paru le 29/03/2024
96 pages
Editions Villanelle
24,00 €
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NAUWELAERS
19/03/2024 à 00:10
Et il y eut Évelyne Bouix en Piaf dans «Edith et Marcel» de Lelouch, 1983...
Et qui se souvient encore de «Piaf» par Guy Casaril, avec la bien oubliée Brigitte Ariel (1974) ?
Lamentable polémique Nakamura...
Entre le racisme décomplexé qui s'est affiché à l'occasion de ce que l'on sait, et la quasi-obligation (sinon: hop, on est raciste d'extrême droite) de ne pas détester cette soupe mondialisée aussi rebutante que celle des Taylor Swift, Timberlake and co (de couleur blanche, faut-il vraiment le préciser)...
Vive la Musique et les vraies grand(e)s artistes de toutes les couleurs.
L'immense succès indéniable d'Aya prouve que qualité et quantité forment un couple bien désuni.
Et non je ne suis pas d'extrême droite.
Je pense librement et je renvoie à leurs officines les colleurs d'étiquettes politiques à tort et à travers qui me les brisent, pour reprendre le langage fleuri de la Môme de Belleville.
Et je pense que Piaf est effectivement éternelle, merci d'attirer l'attention sur ce livre -même s'il y en a pléthore sur elle.
Le talent, l'émotion à couper au couteau se rient des modes et des diktats de l'industrie culturelle et socioculturelle; seul l'Art subsiste et plane comme un grand albatros contre ces contingences et ces polémiques soûlantes au possible.
Qui détournent l'attention du quidam des vrais problèmes et des vraies tragédies réelles et potentielles...
Une remarque malicieuse: les comités d'épuration et ligues de vertu actuelles n'ont pas encore détecté le fait que la Môme a chanté...«Le Grand Voyage du Pauvre Nègre» ?
Une polémique de plus, non pour ou contre Aya mais pour ou contre Piaf elle-même, tant qu'à faire...?
Je plaisante mais pas tant que ça...
Quand on voit que de sinistres crétins incultes ont empêché que l'on ressuscitât sous son nom originel le fameux Bal nègre de la rue Blomet, qu'adorait fréquenter Joséphine Baker notamment !
Devenu un hypocrite Bal Blomet...
Ce mot était neutre dans cette acception tout comme dans la chanson de Piaf mais contextualiser les choses est hors de portée des primaires qui veulent réécrire toute l'histoire et censurer ce qui leur déplaît.
En dehors de toute légitimité.
Comme de petits dictateurs...et l'antisémitisme dans cette mouvance reprend de très inquiétantes couleurs comme on sait.
Enfin, Piaf reste et restera toujours et on fête le centenaire de la naissance d'Aznavour cette année, qui lui aussi aura son biopic bientôt !
CHRISTIAN NAUWELAERS
Gilles
26/03/2024 à 13:34
Cher Christian.
Vous passez votre temps à vous défendre d'être d'extrême-droite.
Comme le font les personnes d'extrême-droite. C'est rigolo.
Perso, je n'apprécie pas des masses Aya Nakamura, idem pour Edith Piaf.
Quant à savoir ce qui représente la France... Aya Nakamura a pour elle les ventes/écoutes, Edith Piaf les souvenirs des vieux.
Est-ce suffisant dans un cas comme dans l'autre, je doute.
Ceci dit, Aya qui reprend du Edith, je trouve le mélange plutôt intéressant.
Comme disait mes parents : on dit pas "c'est nul", on dit "j'aime pas" et dans les 2 cas , OSEF.
NAUWELAERS
26/03/2024 à 15:17
Gilles,
Vous passez votre temps à coller l'étiquette d'extrême droite sur le front de quiconque a le culot de ne pas penser comme vous.
Comme cela, sans la moindre preuve.
Comme tous les bons sectaires agitant sans cesse la «reductio ad hitlerum».
Enfin vous vous êtes convaincu vous-même !
Plein de gens adorent Piaf et non Nakamura.
Sans lien aucun avec sa couleur de peau ni nationalité.
Elle ne me donne rien de ce que j'attends des artistes infiniment divers et variés que j'adore: de l'émotion, de la beauté, du rythme, du rêve etc.
Elle me laisse de glace.
Vos obsessions politiques délirantes et totalement abusives et votre âgisme, je vous les laisse.
Pas responsable des slogans racistes émis contre elle.
Vous voulez en faire porter le chapeau à tout le monde.
De nombreux et nombreuses jeunes adorent Piaf et la reprennent, sans attendre Aya ni les JO.
Vous l'ignorez sûrement.
Plouf: caramba, encore raté, les tentatives de stigmatisation émanant d'une impuissance intellectuelle !
CHRISTIAN NAUWELAERS
Impensable
23/03/2024 à 07:32
Aya Nakamura n’a pas de message politique à délivrer. C’est une artiste noire et fière de l’être, avec tous les codes de la culture afro, des faux cils aux rythmes zouk et R’n’B. Avec la polémique, elle est devenue un symbole politique.
Impensable
23/03/2024 à 08:09
Le gouvernement, qui a jeté Aya Nakamura en pâture, observe le rapport de force du discours public et médiatique.
Aya Makamura se trouve une fois de plus dans l’arène du cirque politico-médiatique (comme Black M à Verdun, ou Medine au Bataclan) du conflit historico-identitaire, jamais résolu et toujours renouvelé, qui caractérise la question raciale et coloniale en France. Le public, les artistes et médias se sont mobilisés pour dénoncer ces attaques. Le silence du gouvernement (qui n’a toujours ni confirmé ni infirmé la présence de l’artiste) est assourdissant.
Un silence à l’opposé de l’effervescence autour de Depardieu, Polanski et les autres. Emmanuel Macron s’était empressé de défendre Gérard Depardieu : il est moins périlleux de défendre un homme accusé de viols et d’agressions sexuelles, qu’une femme noire, artiste française la plus écoutée du monde, victime de misogynoir et de classisme. Pour le moment, le gouvernement, qui a jeté Aya Nakamura en pâture, observe le rapport de force du discours public et médiatique, notamment de la presse étrangère.