Cette encyclopédie vivante est un livre génial et remarquable, à un ou deux détails près. Ce que j'aime dans ce travail épique, érudit, consciencieux, rigoureux et ambitieux est l’empathie et la générosité dont témoigne l’auteur envers ses pairs. Et cette liberté de lecteur et d'acteur que Beigbeder prend avec chacun d’eux, un peu comme le ferait à ses heures un « grand frère » de lettres, copain de cour de récréation ou d'atelier créatif, est jubilatoire.
Le 17/11/2023 à 15:15 par Laurence Biava
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17/11/2023 à 15:15
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Dans ce travail soigné et méticuleux, des clans très élaborés et des notifications de classements distinguent les familles littéraires. L’idée des smileys est délicieuse, ludique et bienvenue. De la lettre A à la lettre Z, l’exercice rappelant la chanson de Birkin écrite par Gainsbourg (« Exercice en forme de Z »), des hiérarchies et des préférences sont établies : c’est humain.
Ces hiérarchies sont toujours symptômes de nos désirs. Ou de nos faillites. Ou de nos manques. De nos prétentions ou de nos abstentions. Ainsi, dans ce gros oeuvre très littéraire, dans cette encyclopédie très charpentée, Beigbeder note et annote ses préférences, souligne les lacunes, se fait professeur de lettres et donne des conseils ou remet des bons points. Parfois, il assomme (Karin Tuil, Annie Ernaux), quand d’autres fois, il encourage (David Foenkinos).
C’est amusant. À mes yeux, ce dictionnaire ressemble à un rêve enfoui enfin réalisé. N’est-il pas celui qui, après quelques années de travail, a pu enfin voir le jour ? L’exercice avec toutes ses recensions sommaires configurent une forme de nouvelle bibliothèque idéale, après celle de la bibliothèque de survie. Un guide Michelin de Beigbeder ? Non. Il me semble que c’est davantage une forme de livre-monde unique. Un livre original et alluré contenant les coups de foudre et les coups de griffe du critique littéraire en chef.
Un livre fichu comme un Concept-store dans lequel on est quasi certain de retrouver les mêmes écrivains qu’affectionne Beigbeder depuis plus de 20 ans. Un livre composé des gens qui ont ses faveurs et qui, parce qu’ils ont su à un moment donné, l’impressionner, savent aussi – ou peuvent aussi - lui tenir tête. En tout cas, figurent ici tous ceux qui trouvent grâce à ses yeux.
Ce Dictionnaire amoureux est donc un livre dans lequel on se sent bien, dans lequel on chemine au gré des pages que l’on tourne parfois par prises ponctuelles ou au hasard. L’assurance d’y faire une belle promenade littéraire est acquise. Mais parfois, lors de la promenade, on se demande pourquoi telle fleur sauvage ou tel épi des sables en est absent.
Par ce revers de médaille, l’exercice trouve un peu sa limite par l’effet bottin mondain certain qu’il promeut. Car à se vouloir très subjectif, on peut aussi se montrer insuffisant. Ou injuste. Et je ne peux m’empêcher de pointer le manque d’objectivité de ce livre par les manques incroyables qu’il révèle.
D’ailleurs, comment se fait-il que ce trublion incroyable qui se revendique toujours féministe ne respecte même pas l’équité de traitement ? Pourquoi y a-t-il seulement 70 femmes écrivains citées pour 211 hommes ? S’il s’avère évidement regrettable que des personnages comme Sollers ou Christian Bobin n’aient pu être nommés en raison de leur mort récente, comment ne pas s’étonner de l’absence d’Alizé Meurisse, le pendant féminin de Marin Defalvard, de celle de Michèle Lesbre, de Léonor de Récondo, de Véronique Olmi, de Gaëlle Josse, d’Irène Frain ? Et pour les hommes : quid de Christophe Paviot, de Martin Winckler, Vincent Message, Thomas B. Reverdy, Frédéric Boyer, Antoine Wauters, Aymeric Patricot, Richard Morgiève ?
Bien sûr, j’imagine volontiers qu’il eût été très improbable de parvenir à un parfait équilibre entre hommes et femmes (l’équité parfaite aurait été 141 x 2), d’autant qu’il est évidemment impossible de lire tous les livres, et tous les auteurs. Qu’on me laisse la responsabilité de ce constat, strictement personnel. Car ce qui importe ici est la démonstration passionnante de l’intérêt de chaque œuvre suscitée chez Beigbeder et l’acuité redoutable dont il fait preuve pour convaincre ou circonscrire.
Chaque fois, une phrase synthétique parfaite résume l’œuvre de la personne nommée. Un titre aussi. Hélène Cixous se voit ainsi résumée : « La maréchale à médailles ». Mathieu de Boisésson : « Esthète à fragmentation ». Je n’ai jamais lu cela ailleurs ! Résultat des courses : le lecteur, par ces notices inspirées et inspirantes, est ainsi invité à relire les livres, ou à lire ceux qu’il n’a pas lus.
Peut-être que Beigbeder, par sa verve et sa culture, lui aura permis d’enrichir son propre jugement. Peut-être que ce soin apporté aux livres des autres saura susurrer à l’oreille de chaque lecteur lambda la nécessité rigoureuse d’ouvrir un livre, nécessité puriste dont témoigne le travail entomologiste de Frédéric.
Comme le rapportait justement Yann Moix sur Radio Classique dans « Conversations chez Lapérouse » - Moix, l’un des mieux « croqués » et notés avec Houellebecq, Carrère, Bellanger-, cet ouvrage contient un énorme paradoxe. Il est à la fois doux car il dit le bon côté des choses tout en se montrant intraitable, critique, et parfois virulent. Bref, voici un livre important qui fera date et qu’importe l’impression élitiste qui s’en dégage.
Il aurait pu y avoir un sous-titre : « Les moulins de son cœur ». C’est d’ailleurs par Michel Legrand que Beigbeder débute les lectures sentimentales qu’il dit actuellement sur la scène du théâtre Édouard VII. Ou comment parler d’amour, faire perdurer l’amour autrement qu’en lisant des livres ?
Par Laurence Biava
Contact : laurence.biava@cegetel.net
Paru le 28/09/2023
610 pages
Plon
29,00 €
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11 Commentaires
NAUWELAERS
19/11/2023 à 01:11
Il serait intéressant de voir si des écrivains vivant encore aujourd'hui ne figurent plus dans ce recueil de 2023, malgré leur inclusion dans sa collection d'entretiens de 2015 avec d'illustres scribes, «Confessions d'un enfant du siècle».
Pour la parité absente: effectivement, il est impossible de tout lire et Beigbeder est déjà un immense lecteur...
Et s'il est enthousiasmé par plus d'écrivains hommes que femmes, c'est une question de goût, de choix qui ne doit rien à de la misogynie rampante, je pense.
Ce dont ce paratonnerre qui attire les foudres de trop de monde sera sans doute accusé, à tort.
Il a l'habitude...
Sinon il est évident que ce livre doit constituer une lecture délectable et passionnante, même si toujours frustrante par essence.
Tout le monde y pointera tel ou telle auteur ou autrice qui manque à ce florilège, ou trouvera que tel ou telle n'y a pas sa place (mais Beigbeder est moins sensible que bien d'autres aux impostures du jour); cependant c'est la règle de ce jeu et Beigbeder est un excellent guide.
Et cette chronique lui fait honneur.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Laurence Biava
20/11/2023 à 09:52
Bonjour,
Merci pour votre lecture et votre commentaire.
En ce qui concerne les écrivains français vivants qui figuraient déjà dans "Conversations d'un enfant du siècle" de 2015, il y avait entre autres, parmi les vivants avec lesquels Beigbeder s'étaient entretenus - Jean-Jacques Schuhl, Catherine Millet, Michel Houellebecq. Dans le Dictionnaire amoureux, ils y sont toujours - et comment ! -, manque seulement Paul Nizon dont je ne m'explique pas non plus l'absence.
Quant au reste, je n'ai rien à en dire.
Sauf que j'aime avant tout ce qui est juste et équitable.
Bonne journée
NAUWELAERS
20/11/2023 à 20:04
Merci Laurence.
Mais je ne pense pas que la parité absolue dans le domaine artistique éminemment subjectif soit un idéal à observer.
Je n'y crois pas: Beigbeder a sélectionné les écrivains et autrices qui l'inspirent le plus.
Tant pis s'il y a plus d'écrivains que de romancières, c'est comme ça.
Ce serait un très mauvais procès que de lui en faire grief.
C'est sa liberté d'auteur et celle du lecteur et donc de la lectrice est d'être d'accord totalement ou seulement partiellement avec lui.
Non aux règles psychorigides qui nous harcèlent déjà ailleurs.
Liberté, c'est cela qui est juste et équitable, selon moi.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Laurence Biava
21/11/2023 à 11:41
Je lui en ai touché deux mots en librairie fin octobre lorsque je l'ai vu. Les livres et leurs auteurs sélectionnés sont avant tout ceux qu'il a lus. Bien sûr, il y en a qu'il n'a jamais lus mais il y a aussi ceux qu'il a oubliés . Il l'a volontiers concédé.
Il a aussi volontiers concédé qu'il y en a qu'il devrait lire. Voilà. Comme toujours, il fut honnête.
Bien sûr, il est bien libre de faire ce qu'il veut et de parler de qui il veut.
Mais de mon côté, je persiste et je signe : toute personne qui se dit féministe devrait obéir à cette règle morale ; rechercher tout le temps l'équité, l'égalité.
Voila, c'est tout.
NAUWELAERS
21/11/2023 à 15:24
Bonjour Laurence,
Connaissez-vous la manifestation belge La Nuit des Écrivains, au fameux théâtre 140 de Bruxelles et retransmise en direct sur la Première, chaîne radio de la RTBF ?
Sous mon message, la dernière édition en date.
Voyez par vous-même: on a invité cinq autrices et un seul écrivain.
C'est cela l'équité ?
Prêt à l'admettre à condition que le souci d'équité ne soit pas à géométrie variable...
L'une ou l'autre remarque (par SMS je crois), lue sur antenne -remarquant ce déséquilibre - et évidemment on a carbonisé ceux qui ont fait remarquer cette évidence...
Attention à ne pas tomber dans le revanchard et le souci de parité systématique qui en matière artistique n'a vraiment pas lieu d'être.
Soit on se moque de la parité en cette matière-là (artistique) ou on l'applique dans les deux sens: cinq autrices et un écrivain, on n'y est pas, c'est mathématique...
Voilà de l'équité ou de la simple cohérence, simplement
La Nuit des écrivain.e.s, 7ème édition
Passa Porta
https://www.passaporta.be › Page d'accueil › Agenda
10 nov. 2023 — La Nuit des écrivain.e.s, 7ème édition. ven. 10.11.2023 21:00 - sam. 11.11 ... Écrivain·e·s, le vendredi 10 novembre 2023 dès 21h. Casting 6 ...
CHRISTIAN NAUWELAERS
Aurelien Terrassier
20/11/2023 à 10:56
Frederic Beigbeder c'est le show-biz littéraire, on parle beaucoup de lui dans la presse people, Gala et Paris Match en l'occurrence. Certainement beaucoup plus que dans la presse littéraire. Frédéric Beigbeder a été durant un temps chroniqueur à Voici. Le talent n'explique pas tout!
Laurence Biava
20/11/2023 à 18:49
Bonsoir,
Vous racontez n'importe quoi.
Beigbeder anime depuis un an sur Radio Classique la plus belle émission littéraire depuis longtemps. C'est intéressant, érudit et surtout, l'animateur-chroniqueur laisse parler son invité à sa guise.
Avant-hier soir, il était l'invité de Durand dans Au Bonheur des Livres sur Public Sénat. C'était passionnant, et surtout très littéraire.
Contrairement à ce que vous laissez penser, Beigbeder n'est pas un écrivain factice ou artificiel. Ses balades sentimentales sur la scène du Théatre Edouard VII sont émouvantes et profondes.
Bonne soirée.
Aurelien Terrassier
21/11/2023 à 11:54
Ce n'est pas parce-qu'il passe sur Radio Classique et qu'il donne des représentations dans un théâtre que Frédéric Beigbeder n'en reste pas moins people comme j'ai pu le dire. L'un n'empêche pas l'autre dans son cas comme dans d'autres, je ne dis pas n'importe quoi. Bonne journée.
NAUWELAERS
21/11/2023 à 15:37
Laurence Blava,
Et par rapport à ce post-là, tout à fait d'accord.
Il y a toujours eu des écrivains plus ou moins mondains -même si Beigbeder a fort changé son mode de vie depuis quelques années, c'est lui qui l'a écrit -et d'autres qui vivent comme des ermites solitaires entièrement voués à leur écriture (ce qui est un peu triste, je trouve -mais à chacun ses choix).
Ses écrits me plaisent très fort, ainsi que son courage.
Ainsi que son créneau subtil de «polémiste doux et bienveillant», bien plus subtil et plaisant que les anonymes volontaires (pour la plupart de ces signataires) le carbonisant sur les réseaux dits sociaux, notamment suite à son avant-dernier livre
Qui ne fut pas incendié du tout par une critique de «Libération», belle surprise.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Jasper the disaster
23/11/2023 à 10:18
Beigbeder est le phare de notre époque, les frères Goncourt à lui tout seul tellement il est teigneux. C'est un garçon charmant, pourtant. Rencontré au bar du Ritz, un jour il me fit la confidence qu'il adorait Annie Ernaux et Marguerite Duras mais qu'il ne pouvait pas le dire dans le milieu très "Figaro" dans lequel il évoluait. En fait, il se sentait très anarcho-communiste. Son truc, c'était louis Guilloux, camus ou Frantz Fanon mais il voulait continuer à aller dans les cocktails et ne pouvait pas prendre le risque d'être proscrit comme la marquise de cambremer : cinq minutes avec lui-même et il s'ennuyait à périr.
Max 1978
20/11/2023 à 13:15
NAUWELAERS toujours aussi trouble dans ses commentaires... calmez-vous c'est juste un dico 2 +