« Les morts sont là, partout, toujours. Ils nous accompagnent. Ils nous parlent. Et sans même y prêter attention, nous les entendons, nous les écoutons, nous recevons leurs messages. » Depuis son plus jeune âge, Lauris voit des choses. Ou des êtres, plutôt : les esprits d’animaux qui, perdus dans un entre-deux, errent en silence, continuent d’exister à leur manière. Et Lauris s’y était peu à peu habitué. Jusqu’au jour où il voit la figure de son grand-père, première et seule âme humaine à émerger des limbes pour s’adresser à lui. Mais pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
Le 07/03/2023 à 11:34 par Valentine Costantini
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07/03/2023 à 11:34
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Maintenant collégien, Lauris a grandi avec sa mère, sans connaître son père ou réellement fréquenter ses grands-parents. C’est donc Laure qui l’a élevé, seule, sans jamais faillir à le couvrir d’amour. Elle travaille sur l’aire de repos de l’autoroute à proximité, pour offrir une belle vie à son fils. Et, depuis peu, une troisième personne s’est ajoutée à cette petite famille : Arnaud, un homme tout à fait sympathique, qui gagne sa vie en tant que dépanneur.
À trois, ils vivent entourés par la forêt, la nature, la bienveillance. Mais voilà : du jour au lendemain, Lauris ne vois pas une souris, un chien, un sanglier ou un grand cerf, mais son grand-père maternel, qui s’était fermement opposé à sa naissance. Au point, d’ailleurs, de briser toute relation avec sa fille. Jusqu’à succomber à une crise cardiaque, sans jamais réellement connaître ou voir grandir son petit-fils.
Pourtant le voici « assis sur une chaise de la cuisine », faisant face à Lauris. « Qu’est-ce qui faisait revenir les morts ? J’avais une théorie là-dessus, mais elle se basait sur les seuls sujets que jusque-là j’avais pu observer, c’est-à-dire les animaux. Il m’avait toujours semblé que c’était quelque chose en eux de très puissant, qui refusait de complètement mourir. Quelque chose de l’ordre de l’instinct. » Mais quel instinct pourrait mener le grand-père de notre narrateur à émerger sans crier gare ?
En parallèle avec cette apparition spectrale, le calme de Grand-Passage est brisé par la disparition d’une jeune fille, Lali. Une personne appréciée de tous, et de Lauris, malgré les quelques années qui les séparent. Alors que le temps passe sans un signe de la part de Lali, son corps est finalement retrouvé à proximité de l’autoroute qui traverse Grand-Passage : toute la communauté est sous le choc. Pourtant, l’enquête n’avance pas, aucun suspect n’est identifié.
La plupart des habitants pensent que le criminel est une personne de passage, qui a déjà quitté la région sans laisser de traces – d’autres, en revanche, sont persuadés que le mal est ailleurs, plus proche. Un groupe s’organise pour surveiller les routes et alentours, effectuer des battues, assurer la sécurité dans ce coin où, jusqu’alors, tout le monde se sentait en sécurité.
Très vite, les choses s’accélèrent. Après la mort inexpliquée de cette amie, Lauris est submergé par des rêves étranges – presque des cauchemars – peuplés d’animaux, de neige et de sang. Et puis, pourquoi sa mère n’accepte-elle toujours pas de lui raconter quoi que ce soit sur son passé ? Ne serait-ce que le nom de son père, toujours inconnu ? Notre protagoniste est à la recherche de ses racines : il tente de naviguer la complexité de l’adolescence, alors qu’il lui manque des éléments pour recréer son arbre généalogique. Recréer, d’une manière, son identité avec la totalité de son passé qui lui file entre les doigts. Mais ce puzzle aux pièces manquantes, ne serait-ce pas dangereux d’essayer de le compléter maintenant ?
Avec ce roman, Stéphanie Leclerc nous offre une aventure noire et fantastique, agrémentée de moments de douceur, d’humour et de lumière. La plume est fluide, très facilement appréciable, et parvient à nous tirer vers la lecture. Au fur et à mesure, le souhait de connaître la vérité prend le dessus. Cette histoire se déplie devant nous comme un origami à travers le regard et les pensées de Lauris, un personnage qui ne peut qu’inspirer de la tendresse et de la compassion. Son envie de bien faire, de grandir, de connaître sa propre histoire – et, bien entendu, sa capacité à voir ces étranges fantômes – font de lui un jeune homme intéressant et un protagoniste plein de surprises.
Récit jeunesse, polar, histoire paranormale : Grand-Passage est un roman singulier. Il a donc bien mérité son titre de Pépite fiction ados du SLPJ 2022 ! Dès les premières pages, le style de l’autrice donne envie de continuer, d’en apprendre plus de ce village et ses habitants. On sent du mystère, bien sûr, mais aussi une tension difficile à expliquer.
Stéphanie Leclerc construit un univers réaliste, avec tout de même cette pointe d’incongru, et charme jusqu’à la conclusion. Une conclusion qui, pour les plus jeunes lecteurs, vient certainement comme une véritable surprise – mais pourra être devinée par les grands habités de dénouements… Grand-Passage reste un beau moment de lecture, à déguster cet hiver !
Par Valentine Costantini
Contact : valentine.costantini@gmail.com
Paru le 08/09/2022
332 pages
Syros
16,95 €
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Une lecture éprouvante, à l'image du destin de Rose, mais un salutaire devoir de mémoire avec le rappel de l'histoire récente de l'île de La Réunion et de la sinistre affaire des « enfants de la Creuse ».
15/01/2026, 13:04
Il y a des romans qui happent sans élever la voix. Et ça secoue. Le Voile des illusions (trad. Carine Chichereau) sera à ajouter au compte : le texte avance, et c’est nous qu’il déshabille. Anna, à quarante-cinq ans, enquête sur sa propre trajectoire — non pour dresser un dossier, mais pour comprendre la part souterraine des choix.
15/01/2026, 11:03
Avec La Résidence, Laurent Crassat, dont le livre paraît le 6 février 2026, propose un roman historique solidement documenté qui explore l’histoire européenne de la colonisation de l’Afrique du Nord entre 1830 et 1925, en mettant en regard la violence de la conquête algérienne et la mise en place plus feutrée du protectorat marocain, tout en dévoilant les ressorts politiques, militaires et financiers d’une domination aux effets durables.
15/01/2026, 08:17
Skara est une jeune viking qui a reçu à la naissance un talent rare et divin : le don du Loup. Ce don fait d’elle une redoutable guerrière pouvant tenir tête à n’importe qui malgré son jeune âge ! Après la mort de sa mère, tuée par des pillards, Skara, emportée par la colère et le désespoir, incendie accidentellement un temple sacré d’Odin.
15/01/2026, 07:00
Impossible de rester simple spectateur devant Une main vers le ciel : Jean-Christophe Boccou vous attrape par le col et vous installe, d’emblée, dans la tête de Khieu, seize ans, Phnom Penh, avril 1975. « La guerre est finie ? Tu n’y crois pas beaucoup. Tu n’y crois pas du tout. » « Les doctrines changent, les mains aussi, mais il y a toujours une lame, et une gorge coupable à trancher – au nom de la justice, au nom de la sauvegarde du régime, au nom du nom. » À paraître le 5 février. Par Jérôme Bosch.
14/01/2026, 16:19
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