#Roman étranger

Jack Kerouac : à chacun, ses ailes invisibles  

Pour célébrer le centenaire de la naissance du plus grand représentant de la Beat Generation, les éditions Denoël rééditent Les Anges de la Désolation. Un texte longtemps incomplet en France, avant que Pierre Guglielmina en propose enfin une magnifique traduction entière en 1998. « Récit foisonnant et magistral, ce texte a été qualifié par les aficionados de chef-d'œuvre inconnu de Kerouac. » C’est rare pour une présentation officielle, mais de ces mots qui recommandent le roman, rien n’est à retirer.

Le 16/05/2022 à 09:50 par Hocine Bouhadjera

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16/05/2022 à 09:50

Hocine Bouhadjera

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« La bougie brûle/Et quand c’est terminé/La cire repose en froides piles artistiques/ —C’est à peu près tout ce que je sais. » 

Le roman/autofiction sublimée commence par une expérience extatique. Jack Duluoz, dit Jack Kerouac, seul sur le pic de la Désolation, nourri de lectures bouddhiques et d’un catholicisme mystique profondément ancré, reçoit une révélation : « Quand un enfant naît, il s’endort et rêve le rêve de la vie, quand il meurt et qu’il descend dans une tombe il s’éveille de nouveau à l’Extase éternelle (...) Et une fois que tout est dit et fait, cela n’a plus d’importance. (...) Avalokitesvara a posé sa main de diamant. » Le seul contact de l’auteur de Big Sur avec la civilisation passe par la radio qui le lie à ses collègues, de quoi faire fonctionner à plein la boîte à souvenirs. Sur sa montagne, il doit surveiller les apparitions de feux potentiels. Il est payé pour ça par l'Office des forêts.

Cette première partie, longtemps inconnue en France, n’est qu’un seul flux continu, sans organisation, réjouissante. Aucun tri, presque de l’écriture automatique, jusqu’aux borborygmes. D’où viennent-ils ? On est dans sa tête, et tout se bouscule. Des surgissements, « et on peut à chaque fois se demander pourquoi celui-ci plutôt que l’autre. On boit ce café et on se souvient que l’oncle est mort. » Parfois des rêves, la valse des sentiments : de l’euphorie au désespoir. Kerouac est venu chercher son expérience mystique dans la nature reculée. Si ce n’est pas la montagne, c’est souvent le désert. De grandes visions apparaissent encore alors que le feu menace sous les éclairs qui frappent sa cabane. « Désolation, Désolation,/où donc as-tu/gagné ton nom? »

Après cette inexprimable compréhension, le Vide, le grand Vide bouddhique. L’envie de redescendre, l’ennui : « Pauvres cœurs humains cognant partout dans le monde. Horreur sans fond... plusieurs. Triste compréhension, voilà ce que signifie compassion — je renonce à la tentative d’être heureux. » À la suite de toutes ses expériences des limites, « tout ce que je veux, c’est un cornet de glace. » Il quitte sa montagne après 63 jours, on est en 1956. Jack Kerouac a déjà écrit une douzaines de romans, un seul a été publié, et Sur la route qui le rendra célèbre n'a pas encore dynamité la littérature américaine.

Toute sa naïveté, très américaine, lui a ouvert ces portes closes pour le cartésien : « Ma vie a moi ne peut être qu’enragée, perdue, partielle, critique, confuse, apeurée, stupide, orgueilleuse, méprisante, merde, merde, merde. (...) L’Aventure de la Désolation me surprend en train de découvrir au fond de moi-même un néant abyssal, pire même que cette absence d’illusion — mon esprit est en guenille. »

Kerouac est un grand souffrant lancé sur la voie du Christ. Toute son œuvre et sa vie ne sont qu’une grande Passion de Jack. Il n’est pas un saint, et ne peut rester seul. « Devant moi, des aventures m’attendent avec d’autres anges bien plus dingues, et des dangers, même si je peux voir que je suis déterminé à rester neutre — je ne ferais que passer à travers tout, comme ce qui passe à travers tout. » 

Tout le monde partout est un ange”

Jack Duluoz (Kerouac) souhaite retrouver le Mexique, mais avant, il travers le pays de David Foster Wallace, dont San Francisco, où l’attendent tous les poètes de la Beat Generation, avant de traverser le monde et de revenir, toujours en posant son regard christique sur toute chose. Redescendu, le style foisonnant de Kerouac reste, mais s’assagit, se normalise (relativement), devient plus descriptif. Une écriture anarchique où les idées passent, reviennent, se contredisent, dans une grande conjonction des contraires. « Association de la pensée, la phrase lancée, le tiret, écrivez profondément, cherchez sa satisfaction : choc télépathique le flot couler : vous ouvrir et laisser jaillir. Que le Saint-Esprit parle à travers vous. »

Les visions laissent place à la chaîne des événements sur lesquels il pose son regard aux pupilles dillatées.

« Tout le monde partout est un ange, Charlie Chaplin et moi avons vu leurs ailes, vous n’avez besoin d’être une séraphique petite fille au triste sourire mélancolique pour être un ange, vous pouvez être une Grande Homasse à rayures souriant avec mépris dans une cave, dans un égout, vous pouvez être le mystérieux Wallace Beery dans un tricot de corps sale se grattant, vous pouvez être une femme indienne folle accroupie dans le caniveau, vous pouvez même être un brillant patron américain rayonnant et plein de convictions et les yeux pétillants, vous pouvez même être un sale intellectuel dans les Capitales d’Europe, mais j’arrive à voir les grandes et tristes ailes invisibles sur toutes les épaules et je regrette qu’elles soient invisibles et inutiles sur la terre et le furent toujours et tout ce que nous faisons n’est que nous battre à mort. Pourquoi? (...) Tous pris au jeu de la trivialité — timide devant Dieu — même les anges se battaient. »

Des Américains patibulaires dans un bar de Seattle, ces rencontres en autostop, une danseuse qu’il contemple, « ivre et fou »... Kerouac sublime tous ceux qu’il croise : « Cela n’a aucun sens, le monde est trop magique, je ferai mieux de retourner sur mon rocher. » Chaque page, sa fulgurance. Difficile d’en lire les 550 quand chacune d’elle vous attrape par le col. À présent, le battement du jazz de San Francisco, sorte de capitale anarchiste américaine dans les années 50 : une palanquée de tronches, des fous, des poètes, des tristes, des sérieux, des délirants… Irwin (Allen Ginsberg), « 15 ans que nous nous connaissons et nous sommes observés l’un l’autre inquiets dans la vie. ». L’auteur de Howl est dépeint comme un petit hystérique « aux yeux apocalyptique », toujours accompagné du russe, Simon Darlovsky (Peter Orlovsky). L’ambition des deux grands naïfs psychotiques : pratiquer la poésie dans leur vie.

Raphaël Urso (Greg Corso), l’ancien taulard furieux, exalté, artiste, « dans ses ruminations radicales », et généreux. Julien Love (Lucien Carr), et également Bull Hubbard (William Burroughs) qui ne fait que passer. Toutes les figures de la Beat Generation sont dessinées par leur plus inspiré représentant. D’autres silhouettes passent : Jarry Wagner (Gary Snyder), héros de son roman Les clochards célestes, Alex Aums (Alan Watts), l'érudit bousillé sous morphine Old Bull Gaines (Bill Garver)… Et le plus important d’entre eux, Cody Pommeray, avatar de Neal Cassady, son mentor. Il apparaît dans le roman auréolé d’un halo de sainteté fracassée. Le téméraire Neal est ici le maîtr(isé) Cody, né parmi les clochards et les délinquants de Denver. Le non-intellectuel : un célicole de la route américaine. « Et ils sont tous là, mes amis, quelque part dans ses petites rues miniatures, et quand ils verront l’ange sourire — Ce qui ne sera pas si mal - La désolation, ça n’est pas si mal. » « Cody est donc le Conducteur du Train céleste, et tous les billets sont poinçonnés par lui parce que nous avons tous été de doux agneaux et avons cru aux roses et aux lampes et aux yeux de la lune. »

Kerouac nous fait vivre, avec un talent immense, la folie et ce désir de transcendance qui les animaient chacun à leur manière, comme la profonde ingénuité qui caractérise tous les jeunes peuples, et leur donne de la force. La San Francisco de cette époque semble le terrain de jeu idéal pour ces poètes idéalistes et douloureux, hurlant dans les bus et les rues des incantations nouvelles, et inventant une nouvelle littérature purement américaine. Tous ces jeunes artistes ont tenté de tracer un chemin anti-bourgeois et antimoderne dans l’Amérique intraitable des années 50, à « méditer et ignorer la société ». 

Mais l'auteur de Mexico City Blues, qui ne peut s’arrêter, quittera également ses amis, pour continuer son chemin. On salue tout le monde : « Jack sois prudent tiens bon la rampe et souviens-toi de ce que je t’ai toujours dit mon petit nous sommes potes depuis longtemps dans ce monde de solitude je t’aime plus que j’ai jamais et je ne veux pas te perdre fils —. » Neal Cassady est né l’année de la mort de son frère adoré, Gerard. Kerouac voit en lui la réincarnation de ce frère disparu. Après le Mexique, il y aura encore Tanger, Londres, New York, la France et le retour aux États-Unis, le tout en passant.

Ces derniers chapitres, bien moins inspirés, et écrits plus tardivement, apparaissent clairement comme des greffes malvenues. L'auteur de Satori à Paris est usé. Le contraste de qualité entre les deux parties en est un témoignage sonore, mais quelques éclats subsistent. Cette fois-ci pointent les griefs tardifs de l'écrivain contre ses camarades et leur conception de la poésie. Le roman aurait dû s'achever par l'image de Duluoz/Kerouac, entouré de hobos dans un wagon, à méditer sur ces vies antérieures, direction un Mexique de rêve. A la place, on a le droit à un roman photo réalisé par des déglingués. On en apprend quand même plus sur l'écrivain et ceux qui l'ont entouré ou croisé, et c'est déjà beaucoup.

La Beat Generation

La Beat Génération est née sous la plume d’un journaliste et dans la Bohême autour de l’Université de Columbia et de Greenwich Village. Jack Kerouac donnera trois définitions de cette expression. Beat. D’abord, c'est être brisé par la vie, écrasé. « C’est la génération beat, ça veut dire béat, c’est le battement à tenir, c’est le battement du cœur, c’est être battu et abattu aux yeux du monde et comme le bout de la nuit… » C’est se dégager et voler selon.

Il y a également le beat, le rythme, la pulsation du jazz, sa cadence. Une prosodie be-bop. La rivière de Kerouac fait des zigzags. De l’art brut. Accepter ce qui advient. La forme est libre, sans inhibition aucune, ni syntaxique, ni esthétique. Le plus près possible de l’impulsion première. Écrire très vite. Kerouac croit en l’inspiration : il faut saisir la vérité avant qu’elle ne s’enfuie. Comme le chorus d’un jazzman. Kerouac fixe de l’éphémère, attrape ce qui passe comme un dément qui ne réfléchirait jamais à ce qu’il pense. 

Et une dernière acception : la génération de la béatitude. Le déchirement personnel et des voiles de la réalité. Tous ses poètes et auteurs partent d’influences européennes : Céline, Rimbaud, Spengler, le freudisme, l’existentialisme, le surréalisme, « surtout (William) Blake », pour atteindre à une forme typiquement américaine, miroir de ces grands espaces que montrent François Busnel dans son documentaire sur le vintage Jim Harrison. Le transcendantalisme américain plane au-dessus de ces jeunes têtes désœuvrées.

L’inquiétude fondamentale de Kerouac parcourt tout le récit, et ses contradictions jaillissent. Le sens chez l'auteur et un constant refus du sens, en quoi il avance dans le chemin de Bouddha. Mais le non-sens s’accroche à lui, et il est d’une extrême difficulté d'en surmonter l'emprise. La sortie de l’illusion ne passe que par le dépassement du sens et du non-sens.

Si l’on considère, dans une approche symbolique des choses, comme chez certains auteurs ou écoles spiritualistes, que chaque continent est affilié à un élément, le continent européen serait celui du feu (dont les États-Unis émaneraient). Le gourou indien Osho, venu en Occident pour proposer ses techniques d’éveil et de développement personnel, constata que les techniques asiatiques, faites pour « le continent de l’air », n’étaient pas adaptées aux Occidentaux, caractérisés par leur agitation intérieure. Il proposa alors des techniques tournées vers un but : l’épuisement.

Une méditation du mouvement. C’est au bout de cette fatigue, dans ce vide des forces et des sentiments, que passerait la lumière… Les déambulations de Kerouac n’auraient peut-être que ce seul but.

Dans ce texte, écrit en 1956, Jack Kerouac n’est pas encore le naufragé qu’il deviendra, détruit par l’alcool et la notoriété qu’il ne pouvait supporter. Un roman de la liberté, du style (grâce à la formidable traduction de Pierre Guglielmina), qui nous fait pénétrer à l’intérieur de la Beat Generation, et qui offre la belle possibilité de pouvoir contempler les choses à travers les visions de Jack.

 
 
 

Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com

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Anges de la Désolation

Jack Kerouac trad. Pierre Guglielmina

Paru le 16/03/2022

528 pages

Editions Denoël

24,00 €

L'océan est mon frère

Jack Kerouac trad. Pierre Guglielmina

Paru le 24/03/2022

202 pages

Editions Gallimard

19,00 €

Mexico City Blues

Jack Kerouac trad. Pierre Joris

Paru le 07/04/2022

272 pages

Editions Gallimard

11,30 €

Satori à Paris

Jack Kerouac trad. Jean Autret

Paru le 17/03/2022

256 pages

Editions Gallimard

11,00 €

Les Clochards célestes

Jack Kerouac

Paru le 19/06/1974

384 pages

Editions Gallimard

9,50 €

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Anaïs Nin est une femme qui se veut normale. Épouse modèle de son mari Hugo, banquier, elle se fond dans le quotidien qui a été tracé pour elle. Jours après jours, elle sourit lors des dîners mondains, magnifique trophée d’un homme d’affaires qui a tout réussi. Son seul moment de liberté pour contrer une captivité socialement acceptable ? Le jeudi. Chaque semaine, cette unique journée lui est accordée pour vivre comme bon lui semble, à son rythme, pour assouvir ses désirs – tant que Hugo n’est au courant de rien…

31/12/2025, 11:56

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Deap Drop de La Gale : une dealeuse de mauvaise aventure

Raïzo vit une vie en marge de la société à Lausanne, elle squatte les combles d’un immeuble vétuste, cultive et vend de l’herbe, mène une vie bien réglée et anonyme. Un molosse Dog Argentin appelé Amon, Matthias, son meilleur ami gay rencontré lors d'un Travail d’Intérêt Général, virtuose de l’informatique et une vielle dame africaine pour qui elle s’occupe de ses courses, constituent son univers. 

31/12/2025, 11:54

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Arundhati Roy : le portrait bouleversant d’une mère entre amour et chaos

Mon refuge et mon orage (trad. Irène Margit) compte parmi ces texte qui ne racontent pas seulement une histoire : ils ouvrent un chantier intérieur, une excavation intime où le souvenir, la colère et la tendresse se disputent chaque phrase. Arundhati Roy livre un récit où la mémoire devient matière littéraire, et la mère, figure centrale, un personnage presque mythologique, entre abri et cataclysme. À paraître le 12 février.

23/01/2026, 17:18

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Meilleures ventes : Pierre Lemaitre marche sur l’Amérique

Un classement qui ne bouge pas, mais qui confirme une chose : l'un des romanciers préférés des Français tient ses promesses et ne faiblit pas face à l’Américaine Freida McFadden. Il est toujours premier pour cette nouvelle semaine, du 12 au 18 janvier.

 

23/01/2026, 12:16

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Maternité, science et colère : Le Théorême du flamant rose démonte les mythes de la grossesse

La maternité est souvent racontée comme une évidence intime, un horizon désiré. Le Théorème du flamant rose prend le contre-pied de cette narration lisse. Jennifer Kerner y propose une enquête hybride, mêlant autobiographie, anthropologie et histoire des sciences, pour démonter les illusions entourant la grossesse et la condition maternelle. Le livre frappe par son ambition encyclopédique, mais aussi par sa capacité à transformer l’expérience personnelle en objet de savoir. Sortie le 12 février.

23/01/2026, 11:23

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Paris 1917, la guerre jusque dans les rues

Avec Maudite soit la guerre, Gwenaël Bulteau signe un polar historique publié par La Manufacture de livres, attendu en librairie le 5 mars 2026. Situé dans le Paris éprouvé de 1917, le roman mêle enquête criminelle et drame intime sur fond de Première Guerre mondiale, en suivant des personnages pris entre élans patriotiques, secrets enfouis et choix impossibles dans une ville sous tension.

23/01/2026, 08:00

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Une certaine tristesse, récit d’une enfance bouleversée

Une certaine tristesse, de Mattis Savard-Verhoeven, paraît le 5 mars aux éditions La Peuplade et suit Noé, un enfant qui, après un exercice de simulation de fusillade dans son école, choisit de ne pas retourner en classe et de prendre la fuite pour écrire son histoire, celle d’un garçon marqué par la mort récente de sa grand-mère et hanté par une question simple et vertigineuse : comment faire pour ne pas disparaître.

23/01/2026, 07:00

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Le Parc national du Mercantour

22/01/2026, 17:25

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Apprendre à repérer les menteurs avec Alexis Laipsker

Avec Qui vous ment ?, Alexis Laipsker signe un ouvrage consacré au mensonge et à ses mécanismes, dans lequel il s’attache à démontrer que repérer un menteur est à la portée de tous, sans compétences techniques particulières, en s’appuyant sur l’observation, la compréhension des comportements humains et l’expérience du bluff.

22/01/2026, 08:06

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Un amour impossible sur l’île de Groix : le pari romanesque de Sophie Tal Men

Avec Malgré tout ce qui nous sépare, roman signé Sophie Tal Men et publié chez Albin Michel le 26 février, l’autrice bretonne plonge ses lecteurs au cœur de l’île de Groix en pleine Occupation, à travers le destin de Rose, une sage-femme confrontée à l’irruption de la guerre dans son intimité. Dans cette fresque romanesque, l’amour, le courage et la solidarité se heurtent à la violence des conflits et à l’épreuve de l’altérité, interrogeant la possibilité d’aimer quand tout semble condamner la rencontre.

22/01/2026, 07:03

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Le réel augmenté : Insula de Théo Casciani

21/01/2026, 11:48

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Grandir trop vite ? Petite crasse, ou l'enfance sans savon

Été 1989, au ras du bitume, entre des odeurs de chiens errants et des secrets d’adultes. D’emblée, la voix de Judith s’impose, brute, drôle, indisciplinée : « Le dimanche quand il fait beau, je vais aux Trieux nourrir les chiens. » En une phrase, le décor est planté : un terrain vague, des bêtes abandonnées, une enfant déjà trop lucide pour son âge.

21/01/2026, 10:38

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Soixante kilos de coups durs

21/01/2026, 10:08

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Peut-on vraiment échapper au hasard ? Un roman met nos certitudes à l’épreuve

Un livre peut-il tenir tout entier dans une question, simple et vertigineuse à la fois ? Ici, elle affleure dès les premières pages : qu’est-ce qui, dans une vie, relève encore du choix lorsque le hasard, la maladie, l’héritage familial semblent avoir pris la main ? Agathe Charnet publie ce 4 février Peut-être le hasard. Et qui sait...

21/01/2026, 10:03

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La Chance rouge, plongée dans une expérience soviétique interdite

La Chance rouge, premier roman de Damien Igor Delhomme, paraîtra le 12 février 2026 aux éditions Agullo et propose un thriller d’anticipation situé au cœur de la guerre froide, où un scientifique soviétique est chargé d’explorer les mécanismes de la chance dans une ville artificielle de Sibérie, au risque de transformer une expérience sociale en instrument de domination mentale.

21/01/2026, 08:07

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Paul Celan, les poèmes de jeunesse enfin traduits en français

Aux éditions du Seuil, dans la collection « La Librairie du XXIᵉ siècle », Poèmes de Czernowitz (1938-1945) de Paul Celan paraît le 20 février, dans une édition bilingue traduite, préfacée et annotée par Jean-Pierre Lefebvre. Inédit en français, ce volume rassemble les premiers poèmes du poète, écrits entre Czernowitz et les camps de travail, où se nouent déjà lyrisme amoureux, mémoire historique et pressentiment de l’anéantissement.

21/01/2026, 07:00

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Un chien arrive : une splendide autobiographie à hauteur de museau

Tout commence par un rêve. Ou plutôt par sa perte. « Il y a presque dix ans, j’ai rêvé d’un chien que je n’avais pas, et que je perdais. » D’emblée, le texte place le lecteur dans une zone de frottement entre imaginaire et vécu, entre anticipation et deuil. Ce chien rêvé, aimé « douloureusement », précède le chien réel. Il l’annonce. Il le prépare. 

20/01/2026, 14:19

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Un cadavre sous la glace : quand une sage-femme défie la justice des hommes

Ici, nul simple récit judiciaire ni d’une fresque historique décorative. Tout commence par une vision saisissante, presque cinématographique : « Le corps dérive vers l’aval. Mais, en cette fin de novembre, les eaux de la Kennebec commencent à geler. » Le lecteur est happé par cette image figée, par ce cadavre prisonnier de la glace, déjà promesse d’un drame où la nature, la violence humaine et la vérité vont s’entrelacer. À paraître le 11 février.

20/01/2026, 11:50

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Le crime n’a pas dit son dernier mot

De retour au village de Gourdon, Nico est renvoyé à son passé et aux meurtres non élucidés qui ont secoué le village trente ans plus tôt. Le prédateur qui sévissait à l’époque court toujours. La menace plane encore. D’autant qu’un mystérieux témoin distille des indices inquiétants. Personnage à part entière, la nature provençale colore cette intrigue de ses ombres et lumières.

20/01/2026, 08:00

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Quand un mage timide tombe amoureux d’un pirate rebelle

Esteban, étudiant appliqué mais maladroit, rêve d’intégrer la caste des mages d’élite de Verama. Un jour, il tombe sur Luis, pirate rebelle et excentrique, qui n’en ferait qu’à sa tête s’il n’était pourchassé par un redoutable monstre marin. 

20/01/2026, 07:00

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Une femme sur le toit, roman social et poétique de Souad Benkirane

C'est une quête maternelle à couper le souffle. Dès l’exergue emprunté à Simone Weil — « Nous ne possédons rien au monde – car le hasard peut tout nous ôter — sinon le pouvoir de dire “je”. » —, le roman donne le ton : une histoire de dignité, de survie et d’identité. À paraître le 5 février.

19/01/2026, 12:14

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La Trilogie chronolytique : la SF française des années 1970 en un volume

La Trilogie chronolytique, de Michel Jeury, paraît en librairie le 26 février et réunit trois romans majeurs de la science-fiction française, Le Temps incertain, Les Singes du temps et Soleil chaud, poisson des profondeurs. Publié par la maison d’édition mentionnée dans ton dossier, cet ensemble explore les dérèglements du temps, les futurs totalitaires et les mutations technologiques à travers une écriture visionnaire qui a marqué durablement le genre.

19/01/2026, 08:00

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Quand Thétis supplante Homère : une épopée féministe contemporaine

Aux éditions du Seuil, dans la collection « Pierres vives », Thétis de Christine Spianti paraît le 20 février. Dans ce roman ample et singulier, l’autrice réinvente l’Iliade en déplaçant le regard vers Thétis, mère d’Achille, pour faire entendre une épopée contemporaine portée par la compassion, la voix des femmes et des oubliés, des rives de la Grèce antique aux luttes actuelles.

 
 

19/01/2026, 07:00

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Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

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Comment habiller un garçon : Cyrille Martinez explore la mode comme roman d’apprentissage

Comment habiller un garçon, nouveau roman de Cyrille Martinez, paraît aux éditions Verticales le 19 février et poursuit une exploration littéraire de la jeunesse et de ses rites, en racontant l’initiation d’un jeune homme à la mode masculine à travers l’apprentissage collectif d’une bande d’étudiants provençaux, entre quête de style, construction de soi et détournement des codes sociaux.

17/01/2026, 08:00

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Après Kim Jiyoung, Cho Nam-Joo poursuit son autopsie de la société coréenne

Avec Miss Kim, Cho Nam-Joo poursuit son exploration implacable de la condition féminine en Corée du Sud à travers huit portraits de femmes, dans un roman traduit du coréen par Pierre Bisiou et Choi Kyung-Ran, à paraître le 5 février aux éditions Robert Laffont. De l’enfance à la vieillesse, ces trajectoires intimes exposent les violences, les discriminations et les contradictions auxquelles les femmes sont confrontées, dessinant en creux le visage d’une société entière.

17/01/2026, 07:10

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Pierre Lemaitre tient ses belles promesses et s’empare du top des ventes

Certains auteurs tiennent parole, dès le titre de l'œuvre : Pierre Lemaitre signe ainsi une entrée fracassante sur le marché. Il se place au sommet des meilleures ventes dès la première semaine, apportant un souffle nouveau à un classement qui ronronnait depuis plusieurs mois. Passage en revue du palmarès des derniers jours (du 05/01 au 11/01)...

 

16/01/2026, 11:36

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L’Avant-poste : le roman qui transforme la frontière en poison

Il suffit de quelques pages pour comprendre que L’Avant-poste (trad. Raphaëlle Pache) n’est pas un simple roman d’anticipation. C’est un territoire. Un monde clos, poisseux, saturé de brouillard et de non-dits, où l’Histoire a reculé jusqu’à se figer. D’emblée, Glukhovsky plante le décor avec force : « L’immense pont s’enfonce dans une vase glauque, dans un épais brouillard empoisonné, s’y dissout peu à peu et disparaît complètement. » Tout est là : la frontière, l’interdit, la peur de ce qui se trouve “de l’autre côté”.  

16/01/2026, 10:33

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Accréditée : plongée inédite au cœur de la Macronie

Oubliez les dorures, les poignées de main chorégraphiées et les communiqués aseptisés : Accréditée vous propulse dans l’arrière-boutique du pouvoir, là où ça sue, ça ruse et ça verrouille. Ania Nussbaum écrit comme on infiltre un bunker, carnet en bandoulière et lucidité en alerte maximale. Ici, l’Élysée n’est pas un symbole, mais une machine nerveuse, parfois parano, souvent fascinante. Un livre qui ne murmure pas : il observe, il note, il appuie là où ça fait mal.

16/01/2026, 10:30

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Elle menait une vie discrète, jusqu’au jour où tout a dérapé

Une employée modèle, roman de Jean-Christophe Tixier publié chez Albin Michel et attendu en librairie le 11 février, met en scène une femme ordinaire dont l’existence réglée bascule lorsqu’elle décide de sauver son frère menacé, déclenchant un engrenage clandestin où la transgression devient peu à peu une manière d’exister.

16/01/2026, 08:00

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Une Russie coupée du monde au cœur de L’Avant-poste

Avec L’Avant-poste, roman de Dmitry Glukhovsky traduit du russe par Raphaëlle Pache et publié chez Robert Laffont, l’auteur de Metro 2033 plonge le lecteur dans une Russie de l’après, ravagée par une guerre civile et coupée de son propre centre, où un jeune homme isolé dans un poste-frontière rêve d’un monde auquel plus personne n’ose accéder. En librairie le 5 février, ce récit d’anticipation explore l’attente, l’enfermement et la peur de l’inconnu à travers un suspense tendu et politique.

16/01/2026, 07:00

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Les enfants de la Creuse, page éprouvante de la sombre histoire coloniale de l'État français

Une lecture éprouvante, à l'image du destin de Rose, mais un salutaire devoir de mémoire avec le rappel de l'histoire récente de l'île de La Réunion et de la sinistre affaire des « enfants de la Creuse ».

15/01/2026, 13:04

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Le Voile des illusions : le roman qui vous fait douter de l’amour… et de vous-même

Il y a des romans qui happent sans élever la voix. Et ça secoue. Le Voile des illusions (trad. Carine Chichereau) sera à ajouter au compte : le texte avance, et c’est nous qu’il déshabille. Anna, à quarante-cinq ans, enquête sur sa propre trajectoire — non pour dresser un dossier, mais pour comprendre la part souterraine des choix.

15/01/2026, 11:03

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La Résidence, un roman pour comprendre la colonisation de l’Afrique du Nord

Avec La Résidence, Laurent Crassat, dont le livre paraît le 6 février 2026, propose un roman historique solidement documenté qui explore l’histoire européenne de la colonisation de l’Afrique du Nord entre 1830 et 1925, en mettant en regard la violence de la conquête algérienne et la mise en place plus feutrée du protectorat marocain, tout en dévoilant les ressorts politiques, militaires et financiers d’une domination aux effets durables.

15/01/2026, 08:17

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Une bande dessinée jeunesse au cœur de la mythologie nordique

Skara est une jeune viking qui a reçu à la naissance un talent rare et divin : le don du Loup. Ce don fait d’elle une redoutable guerrière pouvant tenir tête à n’importe qui malgré son jeune âge ! Après la mort de sa mère, tuée par des pillards, Skara, emportée par la colère et le désespoir, incendie accidentellement un temple sacré d’Odin. 

15/01/2026, 07:00

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Vous ne lirez plus jamais l’Histoire du Cambodge de la même manière : Une main vers le ciel

Impossible de rester simple spectateur devant Une main vers le ciel : Jean-Christophe Boccou vous attrape par le col et vous installe, d’emblée, dans la tête de Khieu, seize ans, Phnom Penh, avril 1975. « La guerre est finie ? Tu n’y crois pas beaucoup. Tu n’y crois pas du tout. » « Les doctrines changent, les mains aussi, mais il y a toujours une lame, et une gorge coupable à trancher – au nom de la justice, au nom de la sauvegarde du régime, au nom du nom. »  À paraître le 5 février. Par Jérôme Bosch.

14/01/2026, 16:19

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Intervalles

14/01/2026, 16:00

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Loin du Mékong

14/01/2026, 11:39