ROMAN ETRANGER - Avec L’Enfant Céleste, Maud Simonnot signe son premier roman. L’auteure nous offre une grande respiration, une parenthèse enchantée inspirée de ses années en Norvège. Ce récit est avant tout celui d’une guérison, celle de Mary et de son fils Célian. La jeune femme fuit l’étouffante grisaille parisienne sur les traces de Tycho Brahe, astronome danois dont la destinée rocambolesque nourrit l’imagination et les fantasmes de nos deux protagonistes.
Le 17/02/2021 à 16:45 par Fasseur Barbara
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17/02/2021 à 16:45
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Si Mary a quitté la France, c’est pour éviter la noyade, arrêter l’hémorragie sentimentale provoquée par le départ de l’homme qu’elle aime. Mais c’est aussi et avant tout pour Célian. L’institution scolaire ne saurait combler la sensibilité exacerbée et l’intelligence en marge de son fils, tourné en ridicule par ses professeurs. Le cœur brisé, Mary s’échappe avec Célian chez sa mère, mais ce n’est pas assez, les souvenirs sont partout et les contraintes encore trop présentes. Alors, ensemble, ils prennent le large et la destination est une évidence. L’île de Ven dans la mer Baltique où s’élevait le palais d’Uraniborg de Tycho Brahe.
Une fois arrivés dans une pension tenue par Solveig, commence alors un été de guérison et d’apprentissage, entre contemplation et rencontres. Une fois sur l’île, Mary prend conscience de tout ce qu’elle a perdu, ce qu’elle avait abandonné dans cette histoire d’amour déçue pour mieux comprendre tout ce qui lui reste à trouver. Célian, comme un petit prince surdoué, découvre, lui, la liberté sans limites que lui offre la nature insulaire bienveillante. Il apprend et s’apaise au contact de la nature et des adultes prêts à répondre à sa curiosité.
À leurs voyages intérieurs se greffent des personnages en forme d’archétypes qui les accompagnent dans ce quotidien hors du temps. On y croise donc Solveig, la géante venue du Nord, le vieux Professeur qui passe sa retraite à étudier Shakespeare, ou encore Björn, le beau marin suédois silencieux. Un retour à la nature, au calme et à la découverte simple de l’autre et du monde, mené avec une certaine pudeur qui protège le roman du pathos. Plus que l’intrigue, ce sont plutôt le rythme, la douceur de l’écriture des sentiments ou encore le tendre attachement qui se construit pour ces personnages qui transportent le lecteur au fil des pages.
[Premières pages] Maud Simonnot – L’enfant céleste
Une écriture tout en douceur qui fait place aux silences, à la contemplation et à la réflexion de chacun. Le lecteur trouve l’apaisement aux côtés de ces deux âmes et s’évade dans les rêveries des uns et des autres. Une lecture respiration qui nous offre la nature et l’infinité du ciel aux milliers d’étoiles. Loin du cadre, chacun peut courir après ses rêves dans les pas de cet astronome dont les récits ont bercé leurs enfances, tant dans les anecdotes romanesques que dans l’audace de ses découvertes, ou encore dans la manière dont son intelligence hors du commun a été reçue par ses contemporains.
« Je comprends enfin cette notion enseignée dans un cours de philosophie : l’aventure, plus qu’une interruption du cours des évènements ou un voyage vers un ailleurs inconnu et exaltant, est surtout une disposition à être dans le temps. » Tout comme l’astronome, Célian et sa mère trouveront leur force dans leurs singularités. Cette rupture très nette avec leur quotidien pollué et contraignant leur offrira l’espace pour s’épanouir l’un et l’autre, l’un avec l’autre, l’un pour l’autre.
Maud Simonnot - L’enfant céleste - L'Observatoire - 17€ - 9791032913697
DOSSIER - Prix littéraire Frontières-Léonora Miano 2022 : dignité humaine, acceptation de l’autre
Par Fasseur Barbara
Contact : bf@actualitte.com
Paru le 19/08/2020
165 pages
Editions de l'Observatoire
17,00 €
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