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La bioéthique face à l’eugénisme : deux ouvrages de référence

Une tribune de la ministre de la Santé Marisol Touraine sur l’innovation en matière de santé et un récent article du Monde sur les progrès de la correction du génome humain relancent la polémique sur les limites éthiques de la science. C’est une bonne occasion de relire deux ouvrages majeurs sur cette problématique du devenir de l’être humain : L’avenir de la nature humaine de Jürgen Habermas et Règles pour le parc humain de Peter Sloderdijk. Leur querelle, désormais célèbre, a opposé deux conceptions bien différentes de ce que l’homme est et doit être.

Le 09/09/2015 à 08:34 par La rédaction

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09/09/2015 à 08:34

La rédaction

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Sloterdijk et la domestication

Billet écrit en partenariat avec

La-philosophie.com

Dans les Règles pour le parc humain, Sloterdijk tente de retracer l’histoire de l’hominisation de l’humain à travers une triple relecture des concepts nietzschéens, de la Politique de Platon et de la Lettre sur l’humanisme de Heidegger. Dans cette dernière, le philosophe de Fribourg diagnostique l’échec de l’humanisme, en ce qu’il était incapable d’ouvrir l’homme sur la pensée de l’être, inapte à penser la clairière. L’humanisme, comme primauté absolue accordée au sujet, occulte l’être et détourne le Dasein de son essence véritable, qui est de recueillir l’être en recourant à la pensée méditante, en se faisant l’ami de l’être, et non plus l’ami des autres hommes. Sloterdijk, s’il reprend à son compte le diagnostic heideggérien sur la fin de l’humanisme, n’en partage cependant pas les motifs.

Pour Heidegger, en effet, l’humanisme doit être dépassé, son dépassement exige une rupture, une volonté d’arrachement à la métaphysique de la subjectivité, alors que Sloterdijk estime, de son côté, que l’humanisme, de fait, ne peut que constater ses propres ruines et, de plus, que l’humanisme et le post-humanisme possèdent une contiguïté. Chez Heidegger, le dépassement de l’humanisme classique signifie la fin de l’anthropocentrisme, chez Sloterdijk, il signifie persistance dans l’anthropocentrisme. Si Heidegger s’est proposé de dégager l’impensé de l’humanisme, qu’il caractérise comme l’oubli de l’être, Sloterdijk définit cet impensé comme l’auto-domestication de l’humanité. En effet, selon lui, l’humanisme classique, à travers le média de la lecture, ambitionnait d’apprivoiser les instincts bestiaux au profit des instincts de la sociabilité, favorisant l’hominisation, le devenir-homme. Cette dialectique entre bestialité et apprivoisement se réfère, de manière plus ou moins explicite, aux concepts nietzschéens de « Dionysos » et d’« Apollon ».

En bonus, Sloterdijk affirme que l’éducation et la scolarité humanistes sont apolliniennes en ce qu’elles inhibent, les forces destructrices de l’homme. C’est pourquoi elles représentent une sélection génétique intuitive, non réfléchie. Cependant, cet auto-élevage de l’humanité a échoué en raison de la victoire du média du divertissement sur celui de la lecture, libérant ainsi, de manière inquiétante selon Sloterdijk, « les tendances actuelles qu’a l’être humain à retourner à l’état sauvage ». Passant de fondements sociaux littéraires à post-littéraires, il faudrait nécessairement en conclure que les fondements sociaux sont désormais post-humanistes. Il faut néanmoins s’interroger sur cette équation, ce lien d’implication entre la lecture, l’humanisme et l’apprivoisement. De fait, il est peut-être réducteur de considérer la lecture, et en général l’écriture, comme l’unique source de l’éducation humaniste : la socialisation s’effectue également par des voies orales. De plus, il semble que Sloterdijk ait une conception quelque peu monolithique de l’humanisme : la lecture de Sade au dix-huitième siècle et après, et tout le mouvement libertin, peut-elle être considérée comme une force inhibitrice, un élément de synthèse sociale ?

Reprenant la définition de l’homme heideggérienne, voire sartrienne, selon laquelle il est un « être des lointains », un « pour-soi », il considère que les progrès de la biologie ouvrent précisément, nous dit Sloterdijk, la voie de l’anthropotechnique, c’est-à-dire « la conscience des productions de l’homme ». Ainsi son projet ne tendrait qu’à nous rendre conscients de ce qui est déjà à l’œuvre, d’une part que l’humanisme classique se fondait sur l’auto-élevage des hommes, et d’autre part qu’il n’est plus à même de remplir cette fonction aujourd’hui.

Se rendre conscient signifie pour lui se rendre sujet, et non plus objet, de la sélection, vouloir et non plus être voulu selon les catégories nietzschéennes. La conséquence de cela, nous dit-il, aux dépens des humanistes contemporains qu’ils considèrent comme des « conservateurs [...] à la fois nostalgiques et désemparés », est qu’il faut déterminer une « politique de l’espèce », une anthropotechnologie qui endigue la désinhibition causée par le média du divertissement. Cette biopolitique, que Sloterdijk fait remonter à Platon , lequel définissait la tâche du politique comme la gestion du parc humain, doit décider s’il est possible, sinon envisageable, d’engager à l’avenir « une planification explicite des caractéristiques ». Il formule ainsi la question qui, selon lui, traversera les siècles prochains : « L’humanité pourra-t-elle accomplir, dans toute son espèce, un passage du fatalisme des naissances à la naissance optionnelle et à la sélection prénatale ? »

L’interprétation d’une telle question, cruciale dans l’interprétation générale de cette conférence, tient à deux éléments : d’une part dans le sens que l’on donne au terme « pourra », qui apparaît ici chargé d’ambiguïté. Si on le comprend comme synonyme de « aura le courage », ou bien de « risquera », la conception de Sloterdijk en est bien sûr changée. Il en de même si l’on considère cette question comme une question rhétorique, qui ne servirait qu’à masquer le fait qu’il pose une idée, voire un impératif plus qu’une véritable interrogation. Mais il semble que la suite de la conférence indique quelle interprétation de cette question il est justifié que le lecteur se fasse. La conférence se clôt en effet sur l’analyse du Politique, sans prise de position claire de la part de Sloterdijk à l’égard de ce dialogue, dans lequel le politique, ou art royal, consiste à gérer le parc humain de sorte qu’il relie l’ensemble des membres de la communauté politique de sorte que des élites sont chargées d’élever le reste du « troupeau ». Ainsi, il est possible d’interpréter l’interrogation citée plus haut comme une affirmation déguisée, comme une prescription. Ce post-humanisme élitiste et libéral, fondé sur une biopolitique réflexive utilisant l’anthropotechnique comme un ensemble de codes servant à planifier et à sélectionner la future humanité.

Dans la postface de la conférence et dans La domestication de l’être, Sloterdijk se livre à une sorte d’« exercice de rattrapage » : il affirme n’avoir que décrit les enjeux que soulevaient les progrès des biotechnologies, et en aucun cas donné des injonctions et affirme d’autre part que « la technique biologique [...] pourrait dégénérer en une prise d’otages des sociétés par leurs propres technologies avancées ». Il déclare également dans un entretien « ne prôner ni le clonage ni la sélection : je souligne une menace, j’indique un risque ». Cependant on peut voir dans ces propos une volte-face, lié au fait que Sloterdijk recule devant les conclusions induites par des prémisses qu’il a lui-même posées. Il semble ainsi qu’il n’assume pas les conséquences du post-humanisme qu’il appelle de ses vœux. D’autre part, le post-humanisme esquissé par Sloterdijk laisse entrevoir un eugénisme qui nie toute interrogation bioéthique : en cela il reprend le projet de Heidegger, qui souhaitait « penser contre les valeurs ».

Or c’est précisément à un niveau éthique, plus qu’ontologique, que la réponse de Habermas se situe : c’est le caractère a-éthique de ce post-humanisme qui posera problème, plus que les fondements ontologiques heideggériens ou nietzschéens de la pensée de Sloterdijk. Habermas essaie de juger la perspective de ce dernier à l’aune des conséquences qu’induisent ses prémisses. Dans L’avenir de la nature humaine, Habermas tente ainsi de démontrer, en anticipant la réalisation du projet philosophique de Sloterdijk, celui d’un post-humanisme, rendu possible par les biotechnologies, fondé sur une anthropotechnique réflexive, en quoi le développement d’un eugénisme libéral fait, selon lui, fausse route.

Habermas et l’angoisse de l’hétéronomie

L’avenir de la nature humaine, s’il serait réducteur de l’analyser comme une simple réplique aux Règles pour le parc humain, peut cependant être lu comme un texte réactif à la pensée de Sloterdijk. Les arguments utilisés contre Sloterdijk se situent à un quadruple niveau : historique, éthique, politique et enfin du point de vue systémique, c’est-à-dire celui de la théorie communicationnelle. Les sociétés occidentales sont entrées dans ce que Rawls appelle le « fait du pluralisme », ou ère post-métaphysique, c’est-à-dire une période où coexistent pacifiquement les modèles de vie bonne, où la philosophie renonce à donner des définitions substantielles du bien, fait le deuil du dogmatisme. Or, selon Habermas, le post-humanisme eugéniste implique une prise de position métaphysique sur ce que doit être une vie bonne ou souhaitable. La sélection de caractères déterminés constitue en effet une conception compréhensive du bien qui implique que l’on pose en modèle le choix des parents, ou quiconque décidant de cette planification. Ainsi, d’emblée, le soupçon est jeté sur ce post-humanisme qui réhabiliterait la compétition entre les différentes définitions substantielles de la vie bonne, et donc le retour des représentations métaphysiques du monde. Cet eugénisme libéral semblerait de la sorte constituer une position réactionnaire à l’égard de la modernité philosophique.

À cet argument historique s’ajoute une objection de type éthique. Habermas s’appuie sur l’éthique kierkegaardienne et son concept de « pouvoir-être-soi-même ». L’intervention sélective sur le génome humain, ou eugénisme positif, introduit dans la biographie de la personne concernée une intention étrangère, qui précède sa vie, autrement dit à laquelle il ne peut échapper ni être tenu pour imputable. Cette ingérence pose de considérables problèmes : la liberté de cet individu, au sens kantien ou arendtien de commencement d’une série, de nouveau commencement, se trouve sapée. Ainsi, Habermas retourne contre Sloterdijk la définition « existentialiste » de l’homme : l’arrachement à la facticité ne peut exister que de manière endogène, l’individu ne peut en être dispensé. Ainsi, la manipulation génétique agirait en quelque sorte comme le « fatum » pesait sur les héros grecs, à savoir une aliénation, un enchaînement irrémédiable. De même, le projet qu’il ferait de lui-même se verrait limité par le choix de ses parents, ce qui pose la question de l’hétérodétermination.

Si l’on considère que l’autonomie est le fondement de la responsabilité, alors comment ne pas conclure que l’eugénisme positif pose des limites lourdes et dommageables à la responsabilité individuelle. Mieux, la dignité de l’individu dont le matériel génétique aurait été « amélioré » bénéficierait d’une dignité « au rabais », liée à sa caractéristique d’être vivant et non en tant que membre universelle, en tant qu’être générique : il lui serait reconnu une dignité d’être vivant et non une dignité proprement humaine. Par conséquent, Habermas estime que la liberté eugénique des parents et la liberté éthique des enfants entrent en contradiction, et qu’il faut, au nom d’une éthique de l’espèce humaine, ne pas hypothéquer le droit des générations futures à disposer d’elles-mêmes, ne pas les assujettir aux décisions de celles d’aujourd’hui. Le refus de l’eugénisme libéral prend donc pied dans la volonté de « continuer à nous appréhender comme les auteurs sans partage de l’histoire de notre vie et nous reconnaître comme des personnes agissant de manière autonome ».

Jason Ralston, CC BY 2.0

Un autre problème éthique, selon Habermas, est posé par la possible libéralisation de l’eugénisme positif, de l’instrumentalisation de la vie humaine. En effet, la logique de manipulation, opposé à l’attitude clinicienne, fait de la vie humaine l’enjeu d’un marché régulé par la seule loi du marché, à savoir l’offre et la demande. Ce risque est d’autant plus patent si l’on envisage que la recherche scientifique sur le génome ne soit financée que par des fonds privés. L’absence de fonds publics permettrait de décharger la recherche scientifique et ses applications de tout contenu normatif, de toute autolimitation en raison des impératifs capitalistes.

Habermas conclut au nécessaire contrôle que doit exercer la sphère publique sur les progrès des biotechnologies. C’est à cette dernière qu’il convient, selon lui, de précéder et conditionner les décisions et les recherches sur le génome, et non la sphère scientifique. La raison en est que, dans le contexte post-métaphysique des sociétés libérales, la formation d’une opinion rationnelle au sein d’une sphère publique constitue l’unique moyen de trouver le point de vue moral, autrement dit un consensus acceptable par tous. Ceci nous conduit au troisième type d’argument utilisé par Habermas contre Sloterdijk, à savoir les exigences politiques de la modernité. De fait, lorsqu’une opinion publique est issue de la sphère publique, elle doit être traduite par le droit, traduction qui échoit à la sphère politique.

De plus, le refus de l’eugénisme positif s’appuie sur les fondements constitutionnels des sociétés libérales, reconnaissant à chacun les mêmes droits, que formalise le principe de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Tous les hommes naissent et demeurent égaux ». Or, précisément, l’eugénisme positif, qui vise l’amélioration des caractères, introduit un biais, une différenciation dès la naissance et rompt en cela l’essence générique de l’homme, le fait qu’il soit un universel concret. L’égalité des chances, fondement des sociétés ouvertes se trouverait donc affaiblie par un eugénisme qui restreindrait les choix et les possibilités offertes aux individus. La dimension inégalitaire d’un post-humanisme eugéniste renvoie ainsi à une société rétive à la démocratie, réactive à la modernité politique.

Enfin, Habermas justifie son opposition à l’eugénisme positif, censé ouvrir la voie au post-humanisme, du point de vue de son propre système, celui de l’activité communicationnelle. Nous l’avons dit plus haut, l’eugénisme sous-tend une intention étrangère dans la biographie de l’individu manipulé. Or, selon Habermas, l’intrusion de la manipulation génétique ne peut pas reposer sur l’assentiment virtuel de l’enfant, nécessaire à la symétrie des rapports. L’unilatéralité et l’irréversibilité de la décision empêchent l’enfant concerné de pouvoir s’opposer, à la différence de la socialisation, aux choix que font pour lui ses parents. La programmation prénatale interdit entre le programmateur et le « programmé » tout échange des rôles, toute empathie, bref la reconnaissance mutuelle qui fonde l’activité communicationnelle : rompre la possibilité de l’accord signifie rompre la communication.

La manipulation génétique, dont le cœur est l’égocentrisme et le paternalisme, constitue « une réalité muette [...] qui ne souffre aucune réponse », qui, à long terme, conduirait à la dislocation du monde vécu. C’est, en dernier ressort, ce qui conduit Habermas à opter pour un eugénisme négatif, fondé sur la logique clinicienne. Ce dernier, contrairement à la logique de manipulation, ne viserait pas à améliorer le génome, mais à éliminer les pathologies héréditaires dans une démarche thérapeutique. Cette élimination maintient la possibilité de la symétrie des relations enfants/parents puisque les parents peuvent légitimement supputer l’assentiment de l’enfant. Par sa défense de l’eugénisme négatif, il est intéressant de noter que Habermas n’a pas d’opposition de principe contre la technologie génétique : il en distingue clairement deux types de finalité : l’une instrumentale, l’autre communicationnelle. Ceci éclaire sous un nouveau jour l’opposition de Habermas et de Sloterdijk.

Tandis que le second prône un post-humanisme eugéniste fondé sur une raison instrumentale, l’autre entend défendre un humanisme conforme à la raison communicationnelle.

Il apparaît donc que le refus de l’eugénisme libéral ne signifie pas résistance aveugle à la modernité technologique. Bien au contraire, c’est ce refus qui permet de sauvegarder, en garantissant les conditions de possibilité de son émergence, le sujet moderne : l’autonomie, l’égalité, la dignité. Le dessin post-humaniste, anthropotechnique désigne, quant à lui, une humanité qui a perdu sa normativité, assujettie à la raison technique et aux impératifs du Système, bref une humanité auto-instrumentalisée.

Si les eugénistes libéraux et post-humanistes avaient à fonder une société dans les conditions du voile d’ignorance rawlsien, il est peu probable qu’ils accepteraient que leurs propres principes soient mis en œuvre. Certains souhaiteraient l’optimisation de la force physique, d’autre celle de l’intelligence, ou encore être dotés de talents artistiques, mais ils refuseraient vraisemblablement que l’on décide, à leur place, des caractères qu’ils n’auront pas choisis ni que leurs positions sociales soient scellées. C’est pourquoi seul l’eugénisme négatif, qui fait le pari de l’auto-invention de l’homme, semble à même de concilier modernité technologique et modernité politique, équilibre à partir duquel peut être pensé une bioéthique de l’écologie humaine. Celle-ci rend possible l’auto-invention de l’homme tout en interdisant son instrumentalisation.

Par La rédaction
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Salem (éditions JC Lattès, 2006, traduction originale de Christiane Thiollier et Joan Bernard, révisée et augmentée par Dominique Defert) est le second roman de Stephen King. Perturbant, littéraire – il convoque un grand nombre d’œuvres et d’auteurs de marque –, une confiance s’en dégage au-delà du pire, belle comme l’espoir d’un écrivain qui sent monter en lui des forces capables d’affronter l’existence, la part d’effroi qu’elle recèle.

24/06/2026, 10:42

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RMC Story de Philippe Pichon : dictionnaire d’un amoureux transi du théâtre classique

Oubliez vos souvenirs des Lagarde et Michard, dépoussiérez vos idées reçues sur les classiques de la littérature et mettez de côté vos fastidieuses notes prises en cours de français sur les dramaturges du XVII : voici un essai enthousiaste, qui va bousculer vos aprioris.

23/06/2026, 13:02

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Trois livres pour redécouvrir Marc Bloch, historien et résistant

À l'heure où Marc Bloch et Simonne Vidal font leur entrée au Panthéon, Armand Colin republie trois textes majeurs de l'historien : Écrits de guerre (1914-1918), Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien et Les Caractères originaux de l'histoire rurale française. Trois ouvrages qui permettent de mesurer l'ampleur d'une œuvre dont l'influence dépasse largement le cadre universitaire.

23/06/2026, 12:22

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John Rebus, l’enquêteur prisonnier qui refuse de lâcher la vérité

Infatigable Ian Rankin ! Quatre décennies se sont écoulées depuis qu'il nous a donné à lire la première enquête de son inspecteur au nom d'énigme, John Rebus, dans L'étrangleur d'Édimbourg (l'ouvrage vient d'ailleurs d'être réédité en poche). Un cycle romanesque qu'il convient d'apprécier dans sa totalité fluide. Une sorte de « comédie humaine », avec ses personnages reparaissant d'un livre à l'autre (comme dans celle de Balzac), indissociable de la ville d'Édimbourg. Et de l'Écosse tout entière, d'ailleurs. Par Jean Miniac.

23/06/2026, 12:01

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Histoires extraordinaires de ballons : quand Paris prenait son envol

Depuis le 21 juin, la vasque olympique retrouve le ciel de Paris. Une occasion parfaite pour se souvenir que, bien avant de porter la flamme des Jeux, les ballons ont accompagné certaines des plus extraordinaires aventures scientifiques, techniques et humaines de notre histoire.

22/06/2026, 17:33

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Prix Lumière d’août : les recommandations des jurés pour l’été — catégorie essai

Attaché en premier lieu à la littérature francophone et à la photographie, le prix Lumière d’août poursuit chaque année le même objectif : distinguer des œuvres où l’écriture, le regard, la mémoire des lieux, des corps et des êtres entrent en résonance.

22/06/2026, 12:43

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La France Empire : le présent indéfini des colonies

Les anthologies thématiques de La Revue dessinée sont toujours des livres passionnants. En consacrant son dernier volume à une série d'enquêtes « sur les blessures des territoires colonisés », l'équipe de la revue en tandem avec éditions Casterman font œuvre salutaire pour rendre lisibles et visibles une série de drames humains déclenchés sur le territoire de la France qui s'étend au-delà de la métropole, au nom de la saine gestion des choses, de la bonne marche des affaires, du prestige de la nation. C'est sale. C'est affligeant. C'est terrifiant et donc... à lire de toute urgence

22/06/2026, 12:30

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La prochaine guerre mondiale pourrait commencer par l’eau

L’eau est devenue l’or bleu du XXIe siècle, une ressource rare et convoitée, au cœur des équilibres géopolitiques. Dans un monde sous tension, Léa, ingénieure spécialiste du traitement de l’eau, travaille sur des technologies de pointe censées répondre à la pénurie. Lorsque la crise s’intensifie, elle est mobilisée au sein de Blue Corps, une unité internationale chargée de sécuriser les ressources hydriques, considérées comme des infrastructures critiques.

17/07/2026, 07:00

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Les Carnivores : Guillaume Nail écrit un futur qui a les crocs

Après une série de contaminations venues du vivant, les bêtes ont presque disparu, la viande se rationne et le Sanum organise un monde d’interdits, de protocoles et de surfaces désinfectées. Augustin, enfant rescapé d’une forêt interdite, croise Vadim, bureaucrate carniste, masculiniste et futur Guide d’une communauté hors contrôle. Avec Les Carnivores, publié chez Denoël, Guillaume Nail signe un roman brutal, organique, parfois saturé, mais traversé d’une vraie puissance de vision.

16/07/2026, 17:31

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Une étreinte pour un long voyage : une saison en Perse et en prose

16/07/2026, 14:22

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Le petit chien thérapeute : “Le deuil, c’est la mémoire qui s’obstine à battre sous les cendres”

16/07/2026, 14:22

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers fait parler un Érard disparu

En cherchant le piano laissé à Bucarest par sa grand-mère, Sonia Devillers rencontre un autre instrument disparu : un Érard de concert, numéro 68037, acheté par la famille Enoch en 1892, volé par les nazis en 1943 et jamais retrouvé. Dans Le fabuleux piano, publié chez Robert Laffont, elle compose un récit-enquête ample, sensible et très documenté sur les objets spoliés, les morts sans tombeau et la musique comme dépôt de mémoire. Début des gammes, ce 27 août.

16/07/2026, 10:38

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Gaëlle Obiégly, ou l’art de digresser dans Rien à voir

Une narratrice connue sous le nom de Rose de Nuit vend des fiches de lecture, se dispute avec une bibliothèque et repart avec un livre blanc qui n’en est peut-être pas un : Une sculpture. Quand l’artiste Ari Bosochur lui propose de participer à une rétrospective où les œuvres seraient remplacées par leur récit, tout se met à glisser. Gaëlle Obiégly signe un roman brillant, drôle et très mobile sur l’art, la parole, le soin et les vies qu’on tente d’ordonner. Rien à voir, peut-être à lire, ce 20 août.

16/07/2026, 10:33

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Ce que le capitalisme doit au racisme et au patriarcat

Pourquoi le capitalisme domine-t-il le monde ? A-t-il toujours existé ? Quels liens entretient-il avec la démocratie, le racisme, le patriarcat ou la crise écologique ?

16/07/2026, 09:00

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Son fiancé vole les 32 millions du Loto et déclenche sa vengeance

Pâquerette a 28 ans. Elle est laborantine, et follement amoureuse de Jean-Benoît, son fiancé, qu’elle considère comme l’homme parfait. Un soir, après sa journée de travail, elle rentre chez elle, avec dans sa poche, un ticket de Loto sur lequel elle a coché tous les numéros qui racontent leur histoire d’amour. Installée devant la télé, elle retient son souffle. Les chiffres tombent… un par un. Jusqu’au dernier : jackpot, trente-deux millions d’euros ! 

 

16/07/2026, 08:00

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Une veuve face aux victimes remontées d’un lac artificiel

Près de l’ancienne mine creusée par les Britanniques, une veuve assiste aux recherches des victimes dans un lac artificiel. Un homme en combinaison plonge puis remonte sans cesse des eaux. Elle tremble à l’idée de ce qu’il pourrait repêcher. Traduit du grec par Nicolas Pallier.

16/07/2026, 07:00

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France-Espagne : la Roja met les Bleus à terre un soir de 14 juillet

Un soir de fête nationale, les Bleus rêvaient d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive. À Arlington, dans l’agglomération de Dallas, l’Espagne les a privés de ballon, de souffle et d’avenir : 2-0, sans véritable contestation. Pour raconter cette chute, trois livres : Le Cœur du pélican pour la France, Rouge ou mort pour la Roja et Les Derniers Jours de Roger Federer pour une rencontre dont l’issue s’est dessinée bien avant le coup de sifflet final.

15/07/2026, 21:35

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Je ne suis pas venu apporter la paix : la ferme où tout implose

Dans une ferme isolée d’une vallée pyrénéenne, un patriarche agonise. Ses enfants reviennent, chargés de rancœurs, de secrets, de fatigue et de comptes jamais réglés. Dehors, l’orage cogne. Dedans, Judith tient la maison, Maud prie, les chiens veillent, la fratrie s’observe. Je ne suis pas venu apporter la paix, ou la tragédie familiale noire revue par Nicolas Martin, organique, parfois excessive, mais d’une puissance d’atmosphère rare. À partir du 3 septembre.

15/07/2026, 15:12

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Fille de : Anne Pitteloud démonte le mythe du grand écrivain

À la mort de Christian Monnay, écrivain culte retiré du monde depuis trente ans, sa fille Chloé découvre que ses neuf manuscrits inédits ne contiennent que des pages blanches. Pour préserver sa mère aveugle, puis pour exister enfin comme autrice, elle glisse ses propres romans sous le nom du père. Anne Pitteloud signe une comédie noire, fine et acide sur la filiation, l’imposture et les légendes que fabrique le monde littéraire. Généalogie à découvrir le 21 août.

15/07/2026, 12:15

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Comment l’ordre transforme les révolutions en cérémonies

Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de la Shoah en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes.

15/07/2026, 09:00

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Les Désarmantes : Caroline Bouffault imagine une France sans hommes au pouvoir

Avec Les Désarmantes, son troisième roman à paraître le 21 août 2026 aux éditions Fugue, Caroline Bouffault imagine une France devenue une république pacifiste dirigée exclusivement par des femmes, où l’arrivée d’une journaliste étrangère vient révéler les contradictions d’un modèle fondé sur l’exclusion des hommes.

15/07/2026, 07:48

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Le mythe de la France sans esclaves s’effondre dans les archives

À la veille de la Révolution française, Paris se pense comme une terre de liberté, régie par le principe selon lequel « il n’y a pas d’esclaves en France ». Pourtant, pour les esclaves venus des colonies chercher refuge dans la capitale, cette promesse se révèle fragile et souvent illusoire. 

14/07/2026, 09:00

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Une communauté protectrice devient peu à peu impossible à quitter

Alors qu’elle prend la route pour tenter de calmer ses angoisses, Coro se retrouve sur des sentiers déserts, sans téléphone portable, frôlant la panne sèche. La nuit progresse, et alors qu’elle s’aventure au bout d’un chemin étroit pour demander de l’aide, elle arrive devant un grand portail noir. Elle va découvrir une demeure isolée, entourée de végétation et peuplée d’animaux. La communauté de femmes qui y vit propose son aide à Coro.

14/07/2026, 08:00

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Celle que je suis

13/07/2026, 16:37

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En Iran, 72 jours de garde à vue deviennent un monument littéraire

Arrêté en Iran le 12 octobre 2022, Olivier Grondeau a passé 887 jours en prison avant sa libération, le 17 mars 2025. Dans Joseph dans la nuit, publié chez L’Iconoclaste, il revient sur ses 72 jours de garde à vue sous l’autorité du ministère du Renseignement. Un récit d’enfermement, de peur et de résistance intérieure, porté par une langue nette, poétique et vibrante, où les rêves, les camarades et Hafez maintiennent un peu de monde au fond du noir.

13/07/2026, 16:18

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Villes impériales. Sur les traces de Napoléon Ier et de Napoléon III

13/07/2026, 10:43

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France-Maroc : les Bleus avalent les Lions de l’Atlas

Je vous écris ce matin les yeux fermés (c’est beau la confiance) : cette Coupe du monde outre-Atlantique va me coûter encore quelques nuits sans assez de sommeil. Des cernes, certes, mais qu’au moins je ne dois pas à une peine que la défaite face au Maroc aurait provoquée. Une fatigue victorieuse, avec quelques réserves.

11/07/2026, 12:19

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La collision

11/07/2026, 09:20

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La colonisation rend-elle fou ? Une enquête après Fanon

À partir des dossiers retrouvés des personnes internées à Anjanamasina (Madagascar), l’un des premiers asiles d’aliénés des colonies françaises, Raphaël Gallien prend au sérieux des paroles jugées délirantes, des gestes incompris, des trajectoires brisées, pour approcher les effets intimes de la colonisation. 

11/07/2026, 09:00

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Le roman d’un père qui refuse de voir son fils lui échapper

Sur l’île de Muckle Flugga, le point habité le plus septentrional du Royaume-Uni, se dresse le phare de l’impossible, un des fameux phares de Stevenson. Un père et son fils le gèrent ensemble, depuis des années, accueillant parfois des pensionnaires, ornithologues pour la plupart. L’île est en effet peuplée d’une immense variété d’oiseaux, dont certains inattendus.

11/07/2026, 08:00

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Un homme de 456 ans veut rejoindre la maison d’Elvis

Quand Will Somersby débarque en titubant dans le hall d’un hôpital psychiatrique canadien, il prétend être venu à pied depuis le Tennessee, guidé par le chant d’un rossignol. Il affirme, en outre, être âgé de 456 ans. Il est alors confié aux bons soins du Dr Miranda Gosling, peu à peu convaincue d’avoir déjà croisé l’étrange individu...

11/07/2026, 07:00

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Federica Zombie

10/07/2026, 16:53

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Freida McFadden reprend la tête, devant les cahiers de vacances

Nouveau livre de Freida McFadden en poche rime souvent avec nouvelle entrée dans le Top 10 — et pas à n’importe quelle place : Le Dîner s’installe directement en tête, avec 88.707 ventes en une seule semaine, du 29 juin au 5 juillet. Une entrée phénoménale. Derrière, les cahiers de vacances conservent pourtant leur mainmise sur le classement, dont ils occupent huit des dix premières places.

10/07/2026, 13:00

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers enquête sur les pianos volés aux juifs

Dans Le fabuleux piano, à paraître le 27 août chez Robert Laffont, Sonia Devillers retrace l’histoire d’un instrument disparu, le piano de la famille Enoch, éditeurs de partitions, en l’inscrivant dans celle des milliers de pianos volés aux familles juives à Paris pendant l’Occupation, puis déplacés jusqu’aux confins du IIIe Reich. À travers cette enquête, l’autrice explore à la fois la spoliation, la mémoire familiale et la place intime que peuvent occuper les objets dans la transmission.

10/07/2026, 08:56

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Un week-end entre proches fait éclater les certitudes de deux familles

Avec Entre amis (Actes Sud), premier roman de Hal Ebbott traduit de l’anglais (États-Unis) par Laure Manceau et publié le 26 août, l’auteur met en scène deux familles liées par une amitié ancienne, soudain confrontées à un acte de violence qui bouleverse leurs certitudes et révèle les tensions sociales, intimes et familiales longtemps restées sous silence.

10/07/2026, 06:56

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John, Fils de John : Douglas Stuart revient au pays des hommes blessés

Cal Macleod revient d’Édimbourg vers Falabay, dans les Hébrides extérieures, avec un sac à dos, un sac-poubelle et des secrets que l’île devine avant même qu’il pose le pied sur le quai. Son père John, tisserand, éleveur et chantre d’une foi sans souplesse, l’attend avec Ella, les moutons, la mer et le poids du nom familial. Traduit de l’anglais d’Écosse par Charles Bonnot, John, Fils de John, noue retour au pays, désir, honte et filiation dans un roman rude, drôle et profondément habité. Généalogie à ouvrir le 26 août.

09/07/2026, 13:07

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Argentine-Égypte : le calvaire des champions du monde avant le miracle Messi

Hier, la terre a tremblé. Les bars autour de chez moi étaient en ébullition : l’Égypte menait 2-0 contre l’Argentine, championne du monde en titre, dans le dernier huitième de finale de la Coupe du monde. L’Albiceleste n’avait pas dit son dernier mot ; moi, je perdais les miens. En quelques minutes seulement, Lionel Messi a mis le match à l'envers. À l’arrivée : 3-2, pleurs, soulagement. Et vertige. 

 

08/07/2026, 22:51

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Résoudre ce qu’Albert Einstein qualifiait d’”éternel mystère”

S’il est loisible de méditer sur les mystères insondables du monde que nous habitons, le fait que la science parvienne à le rendre compréhensible devrait, en soi, être un sujet d’étonnement. Pourquoi l’ingéniosité du vivant anticipe-telle nos techniques ? Pourquoi les mathématiques les plus abstraites décrivent-elles le réel ? Conjuguant sciences sociales et sciences du vivant, Bernard Lahire remonte aux racines du réalisme pour élucider l’« éternel mystère » : pourquoi comprenons-nous le monde ?

08/07/2026, 08:00

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Malraux, un homme fondamentalement paradoxal

Françoise Theillou explore la relation complexe d’André Malraux à l’amour et aux femmes, à peu près absente de son œuvre et des grandes biographies qui lui ont été consacrées. L’écrivain a volontairement brouillé les pistes entre réel et imaginaire, taisant l’intime et rejetant toute lecture biographique de son œuvre. Ce sont surtout les femmes qui l’ont aimé, Clara, Josette, Madeleine, Sophie, qui ont permis de lever en partie le voile, chacune révélant un Malraux différent.

08/07/2026, 07:00

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Raconter l’Amérique eugéniste à hauteur de femme : Mon corps donné pour vous

En 1924, Carrie Buck, 17 ans, est envoyée dans une institution de Virginie où médecins, juges et travailleurs sociaux préparent sans le lui dire le procès qui doit légitimer sa stérilisation. À partir de l’affaire Buck v. Bell, Marouane Essadek construit, chez Noir sur Blanc, un premier roman documenté et rageur sur l’eugénisme américain, ses discours de progrès et les vies qu’il a méthodiquement confisquées.

07/07/2026, 11:10

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Notre-Dame-des-Anges : Célia Houdart à l'écoute des voix disparues

À l’automne 1938, Henri vit auprès de Rachel, son épouse atteinte de sclérose en plaques, dans une clinique près de Liège. Marcelle, pianiste en tournée entre le Maroc, l’Égypte et l’Italie, lui écrit depuis les gares, les paquebots et les chambres d’hôtel. Célia Houdart publie chez POL Notre-Dame-des-Anges et transforme une correspondance familiale couvrant les années 1935 à 1944 en un roman de désir, de maladie et de guerre imminente. Révélation le 20 août.

07/07/2026, 11:03

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Clémentine Mélois, le grand déménagement des souvenirs

Un verre Musclor brisé, des assiettes sorties des placards, des coupures du Dauphiné libéré : sur le point de déménager après une rupture, la narratrice de Choses que je croyais perdues emballe davantage qu’un appartement. Clémentine Mélois transforme ces restes domestiques en récit d’apprentissage vif, drôle et fissuré, où chaque objet remet une histoire en circulation. À retrouver, le 20 août.

07/07/2026, 11:02

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Le roman qui imagine Israël sans ses Palestiniens

Plus d’ouvriers, plus de conducteurs de bus, plus de vendeurs… La société israélienne est à l’arrêt. À Tel-Aviv, Ariel et Alaa sont voisins et amis. L’un est journaliste, un sioniste libéral, critique à l’égard de l’occupation militaire de la Cisjordanie et de Gaza, mais fidèle au projet du pays ; l’autre, cameraman palestinien, est hanté par les souvenirs de sa grand-mère récemment décédée, jamais remise de la Nakba et de la perte de sa ville, Jaffa. 

07/07/2026, 09:00