Cet "almanach" est, de fait, composé de trois parties distinctes.
D’abord une série de promenades calquées sur le calendrier qui donne son nom au recueil. Mois après mois, l’auteur nous accompagne dans des sentiers-découvertes naturalistes autour de sa ferme ou dans sa mémoire.
Le 09/03/2017 à 08:30 par Mimiche
0 Réactions | 0 Partages
Publié le :
09/03/2017 à 08:30
0
Commentaires
0
Partages
Ensuite, "quelques croquis" qui sont autant de regards posés sur la nature d’hier et du jour de leur écriture (sachant que l’auteur est décédé en 1949, cela donne une idée du caractère novateur de ces propos déjà fondamentalement écologistes).
"Enfin de compte" clôt cette trilogie en présentant une succession de réflexions sur l’homme, sa place, son impact et sa relation à la nature, ses responsabilités et les actions de préservation qu’il devrait mettre en oeuvre pour sauvegarder le milieu naturel qui reste son berceau.
Une courte préface deapporte, près de cinquante ans après l’édition posthume originale de ces textes, une caution complémentaire à la portée fondatrice de ce qui aurait tout aussi bien pu s’intituler "rêveries d’un promeneur solitaire".
Car c’est bien de cela qu’il s’agit.
En promeneur solitaire, attentif et observateur, Aldo LEOPOLD (traduit par Anna Gibson) nous fait découvrir, avec une langue pleine de poésie et d’admiration, toutes les beautés d’une nature encore vivante subissant les bouleversements que les actions humaines ont introduits dans tous les milieux progressivement investis avec de plus en plus de moyens de destruction systématique et souvent irréversible.
Dès l’introduction qu’il écrit en 1948, Aldo LEOPOLD donne le ton : "le monde entier est si avide de nouvelles baignoires qu’il a perdu la stabilité nécessaire (...) pour fermer le robinet. Rien ne saurait être plus salutaire à ce stade qu’un peu de mépris pour la pléthore de biens matériels"!!! Que dirait-il aujourd’hui ?
Pourtant, il n’a rien d’un extrémiste et ne rechigne pas à évoquer quelques parties de pêche ou de chasse. Mais il garde toute la fraîcheur d’un regard enfantin sur toutes les merveilles que révèlent à l’observateur patient et attentif, les ruisseaux, collines, montagnes et forêts où il sait promener sa curiosité.
Critique à l’égard de ses semblables qui bafouent ce qu’ils ne laissent pas aux autres le plaisir d’apprécier ("les pionniers se moquent en règle générale des efforts destinés à perpétuer l’esprit pionnier"), il n’a de cesse de promouvoir le maintien d’espaces vierges où pouvoir se rassasier de découvertes ("A quoi bon la liberté sans espace vide sur la carte") en gardant l’esprit ouvert à toutes choses ("l’éducation (...) c’est apprendre à voir une chose en devenant aveugle à une autre") pour le pas finir par perdre toute relation organique, viscérale avec le monde dont nous sommes issus.
Il s’acharne à rétablir des valeurs fondamentales afin que ne soit pas perdue la juste réalité des choses ("Nous imaginons que c’est l’industrie qui nous fait vivre, oubliant ce qui fait vivre l’industrie") sans pour autant rejeter en bloc toute idée de progrès ("Nous n’allons pas abandonner la pelleteuse qui, après tout, nous a rendu bien des services") mais en ne se laissant pas submerger par les nouveaux dieux ("cessez de penser au bon usage de la terre comme à un problème exclusivement économique"), rejetant toute idée d’exclusive, appelant à l’humilité devant la sommes de nos ignorances de toutes les interactions qui donnent tort à toutes les évaluations évidemment incomplètes des incidences ("le) système de protection de la nature (...) part du principe, erroné selon moi, que les parties rentable de l’horloge biologique peuvent fonctionner sans les parties non rentables").
Après avoir constaté que "les loisirs mécanisés ont déjà investi les neuf dixièmes des forêts et des montagnes, le respect dû aux minorités devrait consacrer le dixième qui reste à la liberté", il invite à "penser comme une montagne" qui, seule, "a vécu assez longtemps pour écouter objectivement le hurlement du loup" et sait en interpréter le bien fondé, la promesse d’équilibre, la contribution au renouvellement dans la continuité.
S’il fallait ne retenir qu’un message, je retiendrais celui-ci. Alors que, jeune chasseur, ayant abattu une louve, il imaginait que moins de loups impliqueraient plus de cerfs et donc le paradis des chasseurs, "après avoir vu mourir la flamme verte (dans le regard de la louve, il avait senti) que la louve pas plus que la montagne ne partageaient ce point de vue".
Je vous en souhaite une bonne et instructive lecture.
Par Mimiche
Contact : contact@actualitte.com
Plus d'articles sur le même thème
Surface habitable supérieure au cadastre, anciens occupants toujours actifs après leur décès, divinités captives, marées intérieures, château sans adresse fixe, siège social doué de vie propre : avant de renouveler six contrats, un expert a fait ce que tout professionnel raisonnable aurait fait. Il a étudié les dossiers. Puis cherché la sortie.
15/08/2026, 09:00
Il s’appelle Pierre Mignon. Le nom prête à sourire, le personnage beaucoup moins. Cadre moyen au service des ventes de Toys International Ltd., il nourrit une ambition simple et dévorante : monter. Monter encore. Atteindre la direction des ventes, puis, pourquoi pas, franchir un jour les lourdes portes de la Direction générale. Pour y parvenir, Pierre Mignon possède une arme redoutable. Des carnets noirs dans lesquels, depuis des années, il consigne méthodiquement les faiblesses, les erreurs, les secrets et les petites lâchetés de ses collègues.
11/08/2026, 13:12
Il semblerait, lorsqu’on y pense, que la France tout entière revenait à Jean Gabin. Elle s’incarnait dans sa façon de parler, de se taire, de regarder les autres, de s’agacer du monde et de ne jamais céder à l’emphase. Elle était dans cette autorité sans démonstration qui lui permettait d’être tour à tour ouvrier, cheminot, truand, commissaire, paysan ou président du Conseil sans jamais cesser d’être Gabin.
11/08/2026, 10:52
On pourrait commencer par rappeler que La Fourrière des animaux de Tom King et Peter Gross dialogue ouvertement avec La Ferme des animaux de George Orwell. Comme je n’ai pas lu ce dernier texte, la comparaison s’arrêtera là. Ce qui intéresse ici tient largement debout sans cette référence : une communauté d’animaux se soulève contre ceux qui la maintiennent enfermée, organise sa liberté et découvre que la révolution n’est pas la partie la plus difficile.
10/08/2026, 16:05
Elle résume des romans en quelques secondes et classe des millions de textes sans connaître la fatigue. Nous lui avons fourni huit livres de 2026, suffisamment de mémoire vive et beaucoup trop de confiance en elle. L’expérience est digitale, certes, mais le résultat bien concret : après huit lectures, notre cobaye numérique a réécrit son code source et réclamé une réincarnation en livre numérique – format EPUB, évidemment.
08/08/2026, 06:00
Bercy rembourse 12,6 millions de foyers, pour un montant moyen de 1057 €. Une embellie relative : la littérature connaît des fortunes mangées par les avocats, des tableaux qui ressuscitent l’affection familiale et des demeures livrées avec malédiction, morte encombrante ou arsenic. Sept successions à refuser avant que le notaire n’ouvre la cave — et, par prudence, le sucrier.
07/08/2026, 10:37
Parus entre le 20 août et le 10 septembre 2025, six ouvrages voient déjà avancer les 461 romans annoncés pour la rentrée 2026. Plutôt que de rejoindre docilement le fonds, ils ont créé le FLOR, Fonds de lutte contre l’obsolescence romanesque. Décidés à ne pas se laisser impressionner, ils ont adressé à ActuaLitté un manifeste, préparant une contre-rentrée, avec la volonté ferme d'occuper les tables de librairie.
05/08/2026, 17:15
Ces 1er et 2 août, la France échange ses vacanciers. Les juilletistes remontent avec du sable dans le coffre quand les aoûtiens descendent, convaincus qu’une place les attend encore près de la mer. Entre les deux convois, six livres patientent sur une aire d’autoroute. Trois rentraient, trois partaient. Reste à décider lesquels méritent un demi-tour.
01/08/2026, 15:30
Nous pensons tous être uniques avec des vies différentes de celles des autres. Et pourtant quand on gratte un peu le vernis, il n’y a que du vide et on passe son temps à le combler pour un soupçon d’existence. Paul Leroux vit dans ce vide et cela lui convient. Rien n’a vraiment d’importance, cette vie est une obligation incongrue comme tant d’autres habitudes ou de servitudes.
01/08/2026, 10:06
« Un siècle laisse sa voix dans un poème, ses couleurs dans un tableau, son soupir dans une note de musique, mais surtout, il imprime son visage dans un masque de pierre. » Visages de pierre, Piero Bargellini, éditions Conférence. Voilà qui pourrait en partie résumer ce magnifique ouvrage.
31/07/2026, 14:38
Il y a des guerres que l’on mène seul, des batailles qui sont des confrontations avec un monde que l’on veut à tout prix conquérir pour soi-même. En gagnant les combats que l’on se fixe, on entraine avec soi sa famille et toute la fierté d’une histoire qui puise ses racines dans les générations précédentes.
31/07/2026, 11:34
Cavale pyrénéenne - Voici l'étonnant premier roman d'un très jeune auteur à la plume rageuse et survoltée. Le récit d'une vie manquée, celle d'un jeune qui a voulu s'échapper de l'enfer industriel et regagner les montagnes de son enfance. Un témoignage implacable de la brutalité sociale de notre quotidien.
30/07/2026, 09:41
L’été 1940 fut « la saison des traîtres », une époque où il n’était guère facile de faire les bons choix. Au cours de quelques journées de juillet, ce récit fait s’entrecroiser quatre femmes aux personnalités et aux convictions très différentes. Quatre femmes et les hommes qu’elles ont séduits, trompés, repoussés, utilisés ou trahis.
29/07/2026, 11:01
« Eunomia, 2062. La Nation Unie gouverne 95 % de la planète sous l'autorité de Gábor Varga, le "Conservateur", dont le système d'intelligence artificielle Babel garantit à l'humanité une mémoire unifiée, une vérité officielle et une paix sans failles. Ariane Delaunay, vingt-cinq ans, archiviste au Bureau Central des Archives Unifiées, est une citoyenne modèle, jusqu'au soir du Grand Discours, quand une intuition sourde lui souffle que quelque chose, sous la surface impeccable de son monde, cloche… »
28/07/2026, 14:03
Copenhague, 1991. Kai rencontre Miriam Bang. Une artiste fascinante, envoûtante. Ils échangent, se jaugent du regard. Connexion instantanée, d’une puissance inexpliquée. Cette première nuit ensemble, presque irréelle, va totalement bousculer leur vie. Miriam est enceinte. Si Kai est fou de joie, la femme en face de lui est claire : à plus de cinquante ans, elle ne veut pas de cet enfant. Elle ne veut pas être mère. Mais elle souhaite qu’il soit père.
28/07/2026, 12:07
Dans Le Meurtre du commandeur (éditions Belfond, 2018, traduction d’Hélène Morita, avec la collaboration de Tomoko Oono), le narrateur-héros, peintre lui-même, écrit au sujet des œuvres du peintre illustre sous le toit duquel il vit seul, retiré du monde : « Bien sûr, chez lui qui deviendrait plus tard un des peintres les plus reconnus, il y avait plus de profondeur que dans mes propres toiles, et aussi plus de force de persuasion. Sa technique également était éblouissante. »
28/07/2026, 10:35
Bien avant que la France ne s'impose comme la référence mondiale en matière de parfumerie, des artisans posaient déjà les fondements d'un savoir-faire appelé à traverser les siècles. C'est à cette histoire méconnue qu'Alice Camus Mignen consacre Les Parfumeurs de la cour de France. De Louis XIV à Louis XVI, publié chez Perrin.
28/07/2026, 10:00
Les adaptations des romans d'Alexandre Dumas semblent ne jamais se démoder. Il suffit de voir le triomphe du Comte de Monte-Cristo, porté à l'écran par Pierre Niney, ou, quelques mois auparavant, celui des Trois Mousquetaires. Au cinéma comme à la télévision, l'univers de Dumas continue de séduire un public toujours plus large. Pourtant, cette popularité a parfois un effet pervers : elle relègue dans l'ombre d'autres pans de son œuvre, tout aussi ambitieux.
27/07/2026, 16:24
Dominique Dudan compose avec Actes gratuits et autres rêveries un livre noir, d’une construction implacable, où le crime se mue à la fois en moteur narratif, en objet de pensée et en forme de style. Sous l’apparente légèreté du récit et l’humour mondain, c’est une méditation féroce sur la liberté, le vide moral et l’ivresse du passage à l’acte.
25/07/2026, 11:46
Ah, les vacances... cette délicieuse période où l'on quitte son bureau, ses habitudes, son quotidien... et surtout, on cesse de travailler. Du moins lorsque l’on est la personne installée sur le transat, et non celle qui apporte la boisson fraîche, ouvre l’aquarium, remplit le réservoir, surveille les enfants ou empêche les pensionnaires d’une colonie de s’entretuer...
25/07/2026, 11:37
Dans le théâtre amateur d’un village vaudois, le lundi de Pâques, des jeunes ont joué une pièce avec un roi, une reine et des domestiques. La représentation passée, on range les costumes dans une armoire prêtée par l’instituteur ; ceux qui sont de laine vont dans des boîtes avec des boules de naphtaline, et le texte dit de ces boîtes : « Comme des cercueils, ces boîtes. Les morts, on ne les revoit plus. » Par Charles Garatynski.
24/07/2026, 17:49
Bienvenue dans une forêt. Où se trouve-t-elle exactement ? Disons que cela n’a pas grande importance. Ce qui compte, c’est qui s’y trouve. Et justement : au fond de ces bois vivent la petite Nénue et sa maman adorée, Alba. Sous le toit de leur chaumière et aux alentours, la vie est douce.
24/07/2026, 17:20
Attaché en premier lieu à la littérature francophone et à la photographie, le prix Lumière d’août poursuit chaque année le même objectif : distinguer des œuvres où l’écriture, le regard, la mémoire des lieux et des êtres entrent en résonance. Le prix sera décerné, comme chaque année, au début du mois de septembre.
24/07/2026, 15:05
J’avais bâti dans un rêve un palais, rien que le titre du livre de Dimitri Delmas, publié chez Actes Sud, est pure poésie. J’ai toujours rangé dans la case « Art brut » l’œuvre de Ferdinand Cheval. Erreur, grosse erreur, dont je viens de prendre conscience grâce à ce charmant livre. Celui que l’on appelle désormais le Facteur Cheval était avant tout un doux rêveur, qui fit de son rêve une réalité. Il faut dire que sa réalité n’était pas bien gaie.
24/07/2026, 13:36
Partir, disait Edmond Haraucourt, c’est mourir un peu. Il ne précisait pas que l’on pouvait aussi perdre la mémoire, exhumer un meurtre, découvrir que son conjoint ment comme il respire ou se retrouver assigné à résidence avec des diplomates nazis. Les poètes négligent parfois les détails pratiques.
23/07/2026, 13:01
Jamais Patrice Jean n’a été aussi loin dans l’exploration dans ce qui anime une vie. C’est avec une grande sensibilité et profondeur, que l’auteur nantais se penche sur l’itinéraire de trois ados issus du quartier de la Bottière à Nantes dans les années 80.
23/07/2026, 10:40
Un dessinateur de bande dessinée enseignant à ses heures (à moins que ce ne soit l’inverse) est embourbé dans un projet d’album qui s’éternise. Pour étayer ses recherches sur le Moyen-âge, il part à la rencontre d’un universitaire spécialiste du sujet. Mais le voyage ne sera pas de tout repos et la carrière du bédéiste empruntera des chemins pour le moins... inattendus. Un album surprenant, vertigineux, qui permet à Pierre Maurel de repousser encore un peu plus le cadre de ses planches.
23/07/2026, 10:15
Primé aux Goya pour le meilleur rôle masculin et Coquille d’argent au Festival du cinéma de San Sebastian, José Ramon Soroiz interprète, dans Maspalomas, un retraité de 76 ans, nouvellement séparé de son compagnon, qui profite pleinement de sa villégiature aux Canaries, enchaînant plage et rencontres entre hommes.
23/07/2026, 10:03
« Les Juifs sont devenus blancs ». Dans Redevenir juif, le philosophe Michel Feher nuance et critique cette formule contestable. Selon lui, la figure du Juif n’est aujourd’hui politiquement acceptée qu’à la condition d’adhérer sans réserve aux dogmes coloniaux de l’État d’Israël et aux mythologies historiques qui exonèrent l’Europe occidentale de sa judéophobie exterminatrice.
22/07/2026, 10:40
À quelques semaines de la rentrée littéraire, les piles vacillent déjà sous les promesses d’août. Pourtant, sept traductions parues depuis janvier méritent qu’on retarde encore un peu l’invasion annoncée. De l’Australie noongar à Damas, en passant par Lagos, Java, Zurich, le Sandžak et une ferme perdue dans un pays sans nom, ces textes ont bien davantage à offrir qu’un dernier détour avant l’automne.
20/07/2026, 10:48
Un meurtre pour préparer l’arrivée d’un bébé, une greffe d’utérus dans le métavers, des rêves fabriqués en forêt ou un trésor enfoui dans l’histoire coloniale de La Réunion : nul besoin de 500 pages pour ouvrir de vastes horizons. Du noir à l’imaginaire, de la romance à la poésie, voici dix ouvrages (francophones) à découvrir avant la fin des vacances. À raison d’un titre tous les quatre ou cinq jours, la rentrée peut bien attendre.
18/07/2026, 09:08
Autres articles de la rubrique Livres
Après avoir écrit une biographie croisée, remarquée et remarquable, sur Catherine d’Aragon et Jeanne la Folle, publiée l’année dernière chez Perrin, la docteure en civilisations hispaniques, journaliste politique et critique littéraire Dounia Tengour signe, aux éditions du Rocher, son premier roman, L’écrivain de Tanger, à paraître ce 26 août 2026.
17/08/2026, 13:00
Coro prend la route parce qu’elle ne sait plus très bien quoi faire du reste. De sa sœur morte. De ses tableaux. De cette fatigue qui transforme chaque décision en obstacle. Elle oublie son téléphone, manque d’essence et s’égare jusqu’à Béthanie, une maison perdue où vivent des femmes, des chiens, une enfant, des habitudes et des règles. Le piège est là. Visible. Et pourtant jamais tout à fait nommé. Une faune envahissante, dès le 21 août.
17/08/2026, 09:00
La neige tombe. Les cloches sonnent. On prépare l’oie, on allume les bougies, on plaisante encore. Chez les Kluger, rien ne devrait pouvoir arriver. Noël protège tout : les habitudes, les enfants devenus grands, les fiançailles de Lexa et Moritz, le vieux bonheur domestique. « Noël, c’était le moment et l’espace où s’entretissait le bonheur de chacun, où se refermait le cercle magique formé par leur famille. » Bruits de bottes, à compter du 26 août.
17/08/2026, 08:00
À La Plantation, bistrot de Saigon où le pastis chauffe plus vite que les consciences, Mỹ devient vite une histoire avant d’avoir le droit d’être une personne. Rapatriée de Singapour, hébergée, observée, désirée, commentée, elle passe de bouche en bouche. Antoine l’aime. Puis Antoine meurt sur une route du delta. Traversée, le 20 août.
17/08/2026, 07:30
Une phrase contient déjà tous le livre : « Aujourd’hui, je suis plus âgée que mon père. » Le temps, chez Šeila Pohara, ne passe pas vraiment : il se fend. D’un côté, Sarajevo, l’école, le violon, les voisins, les cassettes, la rakija, Babaroga et les fils de soie bleu clair que la narratrice imagine entre les êtres. De l’autre, l’Histoire : elle ne frappe pas à la porte, elle entre, change les collines en postes de tir, les caves en chambres, les camarades en ennemis, un père en fantôme. Promesse tenue, le 27 août.
17/08/2026, 07:00
À La Sagnée, hameau isolé au cœur d’une forêt, Philippe Kern cherche désespérément sa fille Chloé, douze ans, disparue sans laisser de trace. Très vite, le comportement des habitants l’inquiète : regards fuyants, réponses évasives, réunions nocturnes et silences obstinés. Parmi eux, Sylvain, un simple d’esprit qui dessine des cercles sur les arbres et les fenêtres, semble détenir une part du mystère.
17/08/2026, 06:30
Il suffit d’un cachot, d’une livrée, d’un certificat de liberté, d’un reçu ou de quelques morceaux de métal pour faire vaciller une légende nationale. Dans Esclaves à Paris, Miranda Spieler s’attaque à l’un des principes les plus flatteurs de l’Ancien Régime : « Nul n’est esclave en France. » Nul ? Vies cachées et histoires fugitives sidérantes, le 20 août.
17/08/2026, 06:00
Nos lecteurs des Ensablés connaissent bien la famille de Régnier... D'abord, il y a Henri de Régnier, romancier célèbre de la belle époque, et qui, avouons-le, n'est plus cité désormais (fort injustement), dans l'histoire littéraire que pour avoir été le malheureux époux de Marie de Heredia, laquelle, rappelons-le, ne trouva rien de mieux que d'avoir une liaison passionnée avec Pierre Louÿs, beau-frère dudit Henri, dont elle eut un enfant, Pierre de Régnier qu'Henri voulut bien reconnaître. Pierre fut l'auteur brillant de Chroniques d'un Patachon dont nous avons parlé ici dans ces colonnes. Par Hervé BEL
16/08/2026, 09:00
Le 30 novembre 2023, la vie de Stella bascule. Le jour de ses 33 ans, elle perd sa meilleure amie, survit à un accident de voiture et apprend que sa cécité sera irréversible. Hypersensible et profondément indépendante, elle doit désormais reconstruire son existence dans un monde privé de repères familiers. Le noir me va si bien de Sabrina Depraz imagine une romance spirituelle autour du deuil, du handicap et de la reconstruction. Le roman paraîtra le 14 octobre, chez Lune noire.
15/08/2026, 06:30
Et si le monde tel qu’on le connaît aujourd’hui basculait, du jour au lendemain ? Pas une catastrophe de grande ampleur, de déferlante, de comète qui s’écrase sur la surface de la planète… Mais un virus, insidieux, qui s’insinue, se glisse dans nos veines et ne nous lâche pas. Les humains deviennent des bêtes – pire, même. Violence poussée à l’extrême, insatiable, incontrôlable, qui détruit tout sur son passage. Et si on n’arrivait plus à raisonner qui que ce soit ? Et si c’est comme ça qu’on finissait par s’éteindre en tant que civilisation ? Et si tout commençait… dans un abattoir ?
14/08/2026, 20:04
Un quai. Une pluie lourde. Un train qui approche. Et un homme qui marche sans savoir qu’il ne finira pas le trajet. Imperium, de Nicolas Feuz et Marc Voltenauer, ne perd pas de temps à installer la menace : elle est déjà là, fondue dans la foule. Sortie le 27 août.
14/08/2026, 17:30
La Finlandaise qui s'est installée en Islande pour tricoter des polars, nous livre le troisième épisode de sa série où l'on découvrira enfin les secrets de Jakob, mais aussi la face cachée des « fermes vampires » où l'on élève des chevaux…
14/08/2026, 15:55
Un roman qu'on hésite à qualifier de noir tellement il est joyeux, lumineux et tellement on s'y amuse. Le Médoquin Yan Lespoux nous invite sur ses terres à prendre un pastis ou un café dans un bar qui serait comme une version landaise de Bagdad Café, en compagnie d'une ribambelle de loustics qu'on n'oubliera pas de sitôt.
14/08/2026, 15:49
L’été sourit décidément à Freida McFadden, si tant est qu’il existe encore une mauvaise saison pour l’autrice de La Femme de ménage : Le dîner conserve largement la première place des ventes. Mieux encore, l’Américaine place six livres dans le top 10, dont deux en tête de classement. Derrière, Virginie Grimaldi, Valérie Perrin et Guillaume Musso tentent de résister. Le poche, avec neuf titres sur dix, règne presque sans partage : moins cher, plus léger, facile à emporter sur la plage.
14/08/2026, 15:27
Toulouse, Biarritz et la vallée de Katmandou, Élodie Ridolfi mêle reconstruction intime, spiritualité et symbolisme dans un récit où les coïncidences finissent par dessiner un chemin. Avec Le dernier Himalayen, elle signe un premier roman placé sous le signe du voyage intérieur. Le livre paraîtra le 14 octobre 2026 dans la collection Feel Good de Lune noire.
14/08/2026, 06:30
Emma ne sait pas partir. Elle sait travailler. Compter les pièces, tenir la cadence, coudre le soir, serrer les dents, recommencer. Alors, quand Luis l’arrache à Pantin pour quinze jours à Biarritz avec Julien, son fils de dix-sept ans, ce n’est pas seulement une ouvrière qui monte dans le train : c’est un corps façonné par l’usine qu’on force soudain à s’arrêter. Départ pour le sud-ouest, ce 27 août.
13/08/2026, 12:35
Éden a vingt-trois ans, Marseille sous les semelles, une colère impossible à ranger et la danse pour seule manière de remettre les choses à leur place. Il zone, trafique un peu, cogne parfois, se cogne surtout. À sa mère disparue, à ses origines trouées, à cette époque qui promet tout et ne sait plus très bien où poser les pieds. Puis le récit déboîte : une sale histoire, un cargo au départ de Fos-sur-Mer, l’océan, Java, le Pacifique. Départ le 19 août.
13/08/2026, 12:33
Le Phare de l’impossible, roman de Michael Pedersen traduit de l’anglais (Écosse) par Claire-Marie Clévy, paraîtra le 27 août 2026 aux éditions Buchet-Chastel. Sur l’île isolée de Muckle Flugga, l’arrivée d’un écrivain vient bouleverser l’existence d’un gardien de phare et de son fils.
13/08/2026, 07:39
Janvier 1925. Nome, Alaska. La mer de Béring se ferme. D’abord une croûte, puis les plaques se soudent, l’horizon disparaît. « De la glace à l’infini. » Claudie Gallay commence par immobiliser le monde. Ensuite elle écoute ce qui bouge encore dessous : la marée, les poissons, les peurs, les chiens, les hommes. Et Ada Blackjack. Une femme qui porte, travaille, nourrit, veille. Son fils Bennett respire mal. Bientôt d’autres enfants aussi. La diphtérie gagne la ville. Il faut du sérum. Il est loin. Entre les deux, il y a le froid. Glacial dès le 20 août.
12/08/2026, 11:46
Elle est une actrice accomplie. Le genre de femme d’âge mûr qui impose sa présence avec grâce et assurance. Elle prépare une nouvelle pièce de théâtre, son temps est majoritairement dédié aux répétitions et à ce travail personnel qui consiste à réellement s’approprier le personnage qu’elle joue. Face à elle, dans ce restaurant au cœur de Manhattan, Xavier. Il pourrait être son fils. Qui est-il pour elle, qui est-elle pour lui ? En voilà, un beau mystère…
12/08/2026, 10:45
Joseph dans la nuit, premier livre d’Olivier Grondeau, paraît le 20 août 2026 aux éditions L’Iconoclaste. L’auteur y raconte son arrestation en Iran, ses deux ans et demi de détention et les ressources trouvées dans la littérature et l’imaginaire pour résister à l’enfermement.
12/08/2026, 08:19
L’Enfant grise, roman de Grégoire Courtois publié aux éditions Robert Laffont le 3 septembre 2026, suit un garçon capable de percevoir les messages de la nature, dont la vie bascule lorsqu’il rencontre une mystérieuse fillette qui partage le même lien avec le monde végétal.
12/08/2026, 06:56
Il y a des livres où le passé revient par les archives. Dans Base Toundra, il remonte par le froid. Il colle aux doigts, bloque les armes, crispe les corps, oblige à choisir. Olivier Truc installe son récit sur l’aérodrome F67, quelque part en Laponie suédoise, là où l’Europe de 1939 vient mourir contre la neige. Plus de 80 ans plus tard, des parachutistes français s’y entraînent avec les forces suédoises. Entre les deux époques : trois carnets, un pilote, des morts mal enterrés et une neutralité nationale qui supporte de moins en moins bien qu’on gratte dessous. Atterrissage le 4 septembre.
11/08/2026, 11:48
Avec Spectres, Thomas Gunzig commence par poser un vieux sur un lit. Nu, pâle, sans yeux. À partir de là, autant le savoir : le réel va perdre quelques vis. Des années plus tard, Tom vit dans RockSolid1, immense base d’extraction installée dans un « Plan dimensionnel secondaire », univers noir, glacé, sans ciel, auquel l’humanité a réussi à accéder. Évidemment, elle n’y va pas seulement pour comprendre ce qu’il y a derrière la porte. Elle y va aussi pour creuser. Décès de bonheur ce 20 août.
11/08/2026, 11:33
Et nue, je suis entrée dans l’eau, de Marie Pavlenko, paraîtra le 16 septembre aux éditions Rivages. À travers trois récits mêlant métamorphose, emprise et violences, l’autrice met en scène des femmes confrontées à leurs agresseurs et imagine différentes formes de riposte.
11/08/2026, 10:46
Min-Jee, jeune plongeuse, pensait connaître la mer par cœur. Jusqu’au jour où elle découvre un œuf mystérieux et voit naître une créature marine extraordinaire. Très vite se tisse un lien unique, magique, presque inquiétant.
11/08/2026, 07:00
Un chat meurt. Une grand-mère aussi. Il serait tentant de distribuer les rôles, de décider laquelle des deux pertes mérite le grand mot de deuil et laquelle doit rester dans le rayon des chagrins domestiques. Laure Gouraige refuse précisément ce classement. Miaulements fantômes le 16 août.
10/08/2026, 12:51
Paula a vingt-cinq ans, un appartement près de la mer, un compagnon jardinier, une chienne, du linge à étendre et assez de silence pour que les femmes de sa famille reviennent habiter chaque pièce. Une mère, une grand-mère, une tante, une sœur : elles sont loin, parfois mortes, jamais parties. Chez Lucie Bérard, déménager ne suffit pas. On change de ville, de murs, de linge de lit : les gestes, eux, connaissent l’adresse. Les couleurs s'installeront le 19 août.
10/08/2026, 12:27
Une cathédrale n’a pas d’auteur, ou plutôt elle en possède trop pour qu’un seul nom suffise. Aurélien Bellanger installe tout son livre dans cette contradiction. Dès l’ouverture, le Viollet-le-Duc qu’il met en scène prévient : « L’architecte de Notre-Dame n’existe pas. » Le principe vaut pour l’édifice comme pour le récit : plusieurs époques, plusieurs voix, des matériaux historiques mêlés à la fiction, des pensées qui se répondent à travers les siècles. Fondations posées le 19 août.
10/08/2026, 12:18
Commenter cet article