#Théâtre

L'art de la fiction, notes pratiques à l'intention des jeunes écrivains

Les règles élémentaires de l’écriture de fiction

Le 10/05/2019 à 15:24 par Maxime DesGranges

2 Réactions |

Publié le :

10/05/2019 à 15:24

Maxime DesGranges

2

Commentaires

linkedin mail print
ActuaLitté

ESSAI – Toujours non traduit à l’heure actuelle (si un éditeur passe par ici, sait-on jamais), l’essai de l’écrivain et universitaire américain John Gardner (1933-1982) délivre avec précision et pédagogie sa fine connaissance des techniques d’écriture de fiction qu’il a enseignées pendant de longues années lors de ses cours de creative writing, à Raymond Carver notamment, dont il a été l’un des maîtres.

Quand faire commencer un roman ? Quelle longueur accorder à la partie d'exposition (suivant la division aristotélicienne début – milieu – dénouement) ? Quelles informations doit-on y distiller ? Quand introduire ses climax ? Comment équilibrer ses parties ?… Autrement dit : « Existe-t-il des principes artistiques généraux à respecter si l'on veut écrire une œuvre de fiction ? » demande tout anxieux le jeune apprenti écrivain, qui rêve d’écrire enfin sa tétralogie d’Heroïc Fantasy mettant en scène des batailles épiques entre orques et elfes dans un monde fictif entièrement cartographié de sa main au crayon de papier sur ses quatre feuilles de Canson méticuleusement scotchées entre elles.

Pas de panique, jeune apprenti : John Gardner est là pour tout t’expliquer. Pour Gardner comme pour beaucoup d’anglo-saxons, la réponse est « oui » (rappel : la question était : existe-t-il des principes généraux etc.), en précisant néanmoins que ces principes se situent à un tel degré d'abstraction qu'ils n'offrent que peu d'aide au jeune écrivain. Ces principes ne sont d'ailleurs pas absolus mais relatifs, puisque chaque règle qui s’instaure est aussitôt dépassée par une nouvelle invention, ce qui donne au genre romanesque sa plasticité ayant conduit à son hégémonie sur les autres genres.

Et s'il existe des règles et des formules pour la littérature ordinaire, facilement publiable, il n'en existe pas pour la fiction de qualité. Par ailleurs, quand bien même existerait-il des règles définies pour la fiction de qualité, l'écrivain talentueux n'est pas celui qui s’y conformerait strictement, mais celui qui ferait confiance à sa sensibilité, son instinct et son goût.

Pour autant, comme pour toute discipline créative, il existe un certain nombre de fondamentaux, de bases à connaître pour arriver à la maîtrise de son art. Ce sont ces fondamentaux que Gardner se propose d’explorer. En effet, il est rare de trouver des écrivains qui n'aient pas fait l'apprentissage de l'écriture de fiction. Jack London est sans doute le meilleur exemple de l'autodidacte complet. Mais même Hemingway, qui réprouvait l'apprentissage universitaire (« Just go away and write », conseillait-il) a tout de même bénéficié du regard avisé de Sherwood Anderson et de Gertrude Stein.

Une chose est sûre : aucun de ces grands écrivains ne s'est assis derrière son bureau pour « s'exprimer ». Ils ont cherché à raconter telle histoire ou telle autre, ou pour mélanger telle forme avec telle autre, produisant un nouvel effet. L'expression personnelle, quel que soit le plaisir qu'on puisse en tirer, vient presque accidentellement, de façon inévitable, par surcroît.

« Comment apprendre à bien écrire ? En étudiant la littérature à la fac, pardi ! » se dit le jeune apprenti écrivain anxieux et désormais naïf. Naïf car pour Gardner, plutôt que de suivre des études qui ne sont pas faites pour améliorer son écriture, le plus important est tout simplement la pratique, qui se compose de deux impératifs simples : « lire largement et écrire continuellement ». C'est ce qui différencie l’écrivain professionnel de l'occasionnel : pour le premier, la technique et la pratique deviennent une seconde nature, comme pour un pianiste (d’ailleurs, pour en arriver là, Gardner donne en fin de livre toute une série d’exercices pratiques d’écriture pour permettre au jeune écrivain de faire ses gammes).

Au-delà de ces deux impératifs, Gardner énumère trois règles élémentaires à suivre : n'essaye pas d'écrire avant de maîtriser les fondamentaux, n'écris pas seulement sur « ce que tu sais », mais choisis un genre ; crée une sorte de « rêve fictionnel » dans l'esprit du lecteur et évite comme la peste tout ce qui pourrait l'en sortir et l'en distraire. Revenons plus en détail sur chacun de ces points.

1/ Maîtriser les fondamentaux

Selon Gardner, un lecteur d'aujourd'hui lit un livre avant tout pour y découvrir, pour le dire dans sa forme la plus simplifiée, un personnage en mouvement. L’intrigue se situe alors « dans l'actualisation du potentiel qui existe dans un personnage ou une situation » (Aristote). Partant de là, Gardner place le triptyque « personnage, intrigue, action » (dans cet ordre) au centre de l'écriture romanesque, avant le style (question qu’il développe plus loin). Il ne rejette pas pour autant ce qu’il appelle la « métafiction » (ou unconventional fiction), seulement, dans la métafiction, le discours prévaut sur l'action (exemple : le Nouveau roman). En cela, Gardner explore avant tout la mécanique de la fiction conventionnelle.

Gardner présente dans une liste non exhaustive les fautes courantes qui constituent selon lui les marques d'une écriture maladroite : sur-utilisation de la voix passive, phrases introductives comprenant systématiquement un infinitif au début, variation brutale ou inappropriée du registre de langue, manque de variété des phrases (longueur, sujet-verbe-complément), rythme des phrases (métrique, accentuation), rime accidentelle, explications superflues alors que l'action suffit (il ne faut pas céder à la tentation d'expliquer), et confusion focale (par exemple un personnage perçoit ce qu'il n'est pas censé pouvoir percevoir, à cause d'une intrusion inopinée du narrateur).

Ce que Gardner souligne en définitive est une des règles fondamentales bien connue des cours de creative writing : « Show, don't tell », ce qu'on peut traduire par : « Il faut montrer, non démontrer. » Gardner estime que toute information peut (doit) être transformée en action ou dialogue. En résumé, jeune apprenti, plutôt que d'expliquer que Bhaldùr est un vieil orque aigri parce qu'il souffre d'une sciatique, il vaut mieux montrer Bhaldùr donnant un coup de pied au chat qui dort sur son passage, puis se mettre à engueuler quelqu’un pour une broutille avant d'aller se plaindre à Gùndahl-le-vertueux que sa sciatique le fait toujours souffrir. De cette façon le lecteur a plus de chances de rester immergé dans le « rêve fictionnel ».

Gardner énumère ensuite rapidement trois fautes grossières (mais mineures) qu'on trouverait trop souvent dans la mauvaise littérature :

   - 1/ poser les actions d'un événement dans le désordre (exemple donné : « Tournant, dribblant près du sol pour se mettre en position de tir, il se retrouva bientôt étalé par terre, du fait qu'une cheerleader surexcitée s'était mise sur son chemin. » Les faits sont donnés dans le désordre. D'abord la cheerleader doit se mettre sur le chemin, ensuite il y a le choc, puis le joueur se retrouve par terre, cela permet au lecteur de faciliter la visualisation de la scène dans son esprit.)
 - 2/ insertion de détails bêtement exécutée (qui donne de nombreux clichés littéraires, par exemple le personnage qui s'aperçoit dans un miroir, ce qui donne l'opportunité bienvenue d'en faire la description physique, ou pire : il se voit dans le cadran d'une horloge pour symboliser le poids des années qui marque son visage).
 - 3/ et certaines bizarreries dans l'imitation de difficultés de prononciation et d'énonciation des personnages (hum, ugh, d-d-d-d-don't) dont l'objectif est d'ajouter une touche de vérité mais qui, utilisées excessivement, sonnent souvent faux.

Mais ces fautes-là, qui relèvent de la maladresse, ne sont rien comparées aux trois fautes majeures suivantes, que Gardner qualifie carrément de « fautes de l'âme » :

   - 1/ la sentimentalité, qu'il différencie des sentiments et de l'émotion en la définissant comme une tentative d'obtenir un effet sans fournir les causes appropriées. Exemple : faire mourir un chaton juste parce que tout le monde trouve ça triste, sans fournir les causes profondes de cet événement. Dans une bonne fiction, le lecteur doit être ému par les personnages et les événements, non par l'émotion falsifiée de celui qui nous raconte l'histoire et qui insiste pour que nous soyons émus ensemble.
 - 2/ la frigidité, qui consiste à un manque de sérieux et de profondeur dans le traitement d'un matériau qui lui, est profond et sérieux. C'est aussi la façon que l'auteur a de s'intéresser plus à lui-même qu'à ses personnages. Or l'auteur se doit d'entrer profondément dans les émotions de ses personnages pour les comprendre, autant qu'il doit le faire pour des personnes réelles. Pour résumer, il s'agit d'un manque de sensibilité et d'attention au sujet traité. Pour Gardner, la frigidité est l'une des pires fautes possibles en littérature, car souvent à la base d'autres fautes. C'est la frigidité qui fait que l'auteur se concentre davantage sur la forme que sur le fond, c'est aussi ce qui le conduit à la sentimentalité (fausses émotions).
 - 3/ le maniérisme, qui provoque une sortie du « rêve fictionnel » par des tics de style, par une intrusion intempestive de l'auteur par son style, lorsque l'auteur veut absolument nous montrer comme il est différent des autres, comme il manie la langue avec brio. Quand l'écrivain frigide manque de sentiments puissants, quand l'écrivain sentimental met du sentiment là où il ne faut pas, l'écrivain maniéré s'intéresse davantage à sa propre personnalité – et son ego – que celle de ses personnages.

Pour éviter toute tentation de maniérisme stylistique dont l'écrivain débutant est toujours la proie, on peut se souvenir ici d'une citation de David Hare : « Style is the art of getting yourself out of the way, not putting yourself in it. » (Le style, c’est l’art pour l’écrivain de savoir dégager le passage, pas de se mettre en plein milieu).

Voici pour les premières erreurs, petites et grandes, à éviter. Mais alors, comment atteindre la fameuse « maîtrise » ? Pour cela, il faut procéder par étapes, être régulier et rigoureux. Gardner conseille de commencer par plancher sur de petites unités. Écrire des nouvelles est déjà trop long, et le résultat sent trop souvent l'amateurisme. Il s'agit plutôt de s'exercer dans un premier temps à écrire un bon dialogue entre deux personnages, travailler les descriptions selon différentes contraintes, etc. Travailler successivement sur des petites unités aide peu à peu l'écrivain débutant à prendre confiance dans son écriture, car il n'a pour l'instant pas à se préoccuper du message qu'il veut faire passer, ni de la construction d'une intrigue trop complexe qui va souvent lui échapper. De cette façon, l'écrivain débutant prend aussi conscience qu'un roman se compose d'une succession d'unités plus ou moins longues. Unité description, suivie d'une unité dialogue, suivie d'une unité action, etc. En décomposant la structure de la fiction, il est plus facile ensuite de les articuler de façon cohérente. Ce n'est qu'un fois ces exercices bien intégrés qu'il peut se lancer dans l'écriture de nouvelles, puis d’œuvres de fiction plus longues sans avoir peur de s'y perdre.

En imaginant que le jeune écrivain maîtrise désormais les fondamentaux (grammaire et syntaxe, variation des phrases, structure des paragraphes, faire la différence entre émotion et sentimentalité, étudier la construction du personnage, discerner bonne et mauvaise action dramatique, etc., car c'est bien l'étude de la technique qui mène l'écrivain à la maîtrise littéraire – non pas les excursions en canoë ou les périples solitaires au fond des bois, pour répondre à ceux qui conseillent aux jeunes écrivains de vivre des expériences plutôt que de s'exercer à bien écrire), une question qui revient souvent est : de quoi doit-on parler ? On en vient donc à étudier la deuxième règle élémentaire de l’écriture de fiction.

2/ Choisir un genre plutôt qu’un sujet

Gardner répond que le premier sujet de la fiction est, et a toujours été, l'émotion humaine, les valeurs et les convictions / croyances (beliefs). Il évoque un vieil adage de professeur consistant également à dire : « Écris à propos de ce que tu connais ». Or, selon Gardner, rien ne peut limiter davantage l'imagination.

Une meilleure réponse, bien que toujours imparfaite, pourrait être : « Écris le genre d'histoire que tu connais et aime le plus – histoire de fantôme, science-fiction, histoire réaliste sur ton enfance, peu importe. » Gardner affirme que l'unité de pensée primitive, la base consciente ou inconsciente à partir de laquelle l'artiste organise et sélectionne les détails de son travail, est le genre. C'est évident en musique. On peut se tenir à un genre strictement, ou croiser les genres, etc., en gardant à l'esprit que le croisement des genres se trouve derrière la plupart des chefs-d’œuvres littéraires de la tradition anglo-saxonne, toujours selon Gardner.

Cela dit, connaître son sujet en profondeur est primordial, autant que l'acuité du regard que l'écrivain porte sur le monde, qualités indispensables à toute œuvre de fiction de qualité. Gardner s'appuie sur l'exemple de Steinbeck en se demandant pourquoi l'écrivain américain a « raté » Les Raisins de la colère. D'après lui, le livre aurait dû faire partie du panthéon littéraire américain. Mais alors que Steinbeck savait tout ce qu'il y avait à savoir sur les « Okies » et les peines qu'ils connurent lors de leur voyage en Californie pour trouver du travail, il ne connaissait rien aux ranchers californiens qui les employaient et les exploitaient, il ne s'est pas intéressé aux raisons qui les poussaient à agir comme ils le firent, et, selon l'avis de Gardner, le roman donne finalement un « mélodrame agaçant dans lequel la complexité du Bien s'oppose à un Mal pas crédible et caricatural ».

Après avoir révisé ses fondamentaux et choisis un genre dans lequel écrire son histoire, le jeune apprenti écrivain devra impérativement maîtriser la troisième règle élémentaire de l’écriture fictionnelle, l’une des plus importantes.

3/ Créer un « rêve fictionnel »

L'un des principes que John Gardner juge essentiel pour considérer une œuvre de fiction réussie est ce qu'il appelle, selon une formule de R.L. Stevenson, la « fiction en tant que rêve » (fiction as dream) qu'on appellera ici « rêve fictionnel ». Gardner estime que l'une des tâches premières de l'écrivain est de créer une sorte de rêve dans l'esprit du lecteur qui ne soit jamais interrompu. La moindre interruption de ce rêve, par un excès de style, par une syntaxe non maîtrisée ou par un manque de précision visuelle dans la description d'une scène, sont les erreurs à ne jamais commettre.

Dans une grande œuvre de fiction, le rêve nous engage corps et âme, car nous nous confrontons à des problèmes fictifs comme s'ils étaient vrais : nous sympathisons, pensons, et jugeons. Si l'effet du rêve se doit donc d'être puissant, le rêve doit être saisissant et continu ("vivid and continuous") – saisissant parce que si les choses ne sont pas claires dans notre esprit à propos de ce dont nous rêvons (qui et où sont les personnages, ce qu'ils font ou essaient de faire et pourquoi) nos émotions et notre jugement s'en trouveront désorientés, dissipés, ou bloqués ; et continu parce que le cours de l'action interrompu sans cesse aura nécessairement moins de force qu'une action conduite de façon fluide du début jusqu'à sa conclusion.

Pour Gardner, il faut faire en sorte que le rêve se déroule comme les images d'un film dans l'esprit du lecteur. L'auteur distrait le lecteur – met pause dans le film – quand, par un glissement technique ou par une « intrusion égoïste » dans le récit, il permet (ou force) le lecteur de s'arrêter de penser à l'histoire (il arrête de voir l'histoire) pour penser à quelque chose d'autre. Évidemment, certains auteurs jouent avec cet impératif, et font en sorte de ne pas laisser le lecteur entrer dans le rêve, mais il s'agit plutôt dans ce cas, selon Gardner, de métafiction.

La première et plus importante erreur de son point de vue est donc l'interruption du « rêve fictionnel ». Gardner juge que dès que le lecteur se met à penser à l'auteur ou au texte au lieu de l'histoire, le rêve est rompu, et c'est une faute. Il compare cette faute à un dramaturge qui interromprait sa pièce en plein milieu de la représentation pour rappeler au spectateur que c'est bien lui qui a écrit tout ça.

Pour cela, l'auteur doit utiliser une syntaxe claire et précise afin d'éviter au lecteur d'avoir à décoder les phrases. Ainsi, même si l'écriture passe toujours par une phase d'imitation, le meilleur moyen pour un écrivain amateur de faire fausse route, serait de chercher à imiter le style compliqué et sophistiqué du grand écrivain qu'il admire. Or le jeune écrivain devrait plutôt se concentrer dans un premier temps sur la continuité du « rêve fictionnel », exercice suffisamment périlleux en soi pour ne pas y ajouter la contrainte du style.

Mentir en disant la vérité, et inversement

Gardner s'interroge ensuite sur la relation entre vérité et fiction. L’œuvre de fiction doit-elle dire la vérité ? Quel genre de vérité la littérature nous révèle-t-elle ? La question est depuis toujours liée à la création romanesque. Quelle que soit la nature d'un texte, l'objectif de l'écrivain est de faire croire que l'histoire qu'il raconte est vraie, ou vraisemblable, en s'appuyant sur la célèbre formule de Coleridge qui définit le pacte auteur / lecteur autour de la « suspension momentanée et volontaire de l'incrédulité, qui constitue la foi poétique ». Pour parvenir à obtenir cet effet, l'auteur doit s'investir avec sérieux dans la précision du détail.

Car contrairement à l'auteur de contes qui, lui, profite naturellement de la « suspension de l'incrédulité » (la formule « Il était une fois » précise d'emblée au lecteur la nature fictive du récit qu'il découvre), le réaliste – au sens large – doit faire croire à la vérité. Quand le travail d'un écrivain « réaliste » est convaincant, tous les effets, même les plus subtils, ont des causes implicites et explicites. Par ailleurs les détails (ou preuves) authentifiant l'histoire à chaque étape du roman ne sont pas seulement l'élément central de la fiction réaliste, mais de toute fiction.

Le travail d'un écrivain réaliste ne peut se contenter du nom exact des rues et des boutiques ou des description des gens du voisinage, il doit nous présenter, moment par moment, des images concrètes tirées de son observation du comportement des gens, et il doit rendre compte des connections entre ces moments, les gestes exacts, les expressions faciales, ou les tournures de phrases qui, dans une scène, font aller les êtres humains d'une émotion à une autre, d'un instant précis au suivant. L'auteur doit continuellement présenter des « preuves » au lecteur, sous la forme de détails précis, confirmant la véracité prétendue des événements qu’il raconte.

Bien sûr, il faut garder à l'esprit la différence entre histoire vraie et vraisemblable. Le fait que l'histoire soit vraie ne déleste pas le romancier de la responsabilité de créer des personnages et des événements convaincants. En tant que lecteur, nous nous demandons sans arrêt : « Une mère dirait-elle vraiment cela ? » ou « Un enfant penserait-il vraiment de cette façon ? » et le romancier peut considérer avoir réussi son travail si nous répondons inévitablement « Oui » à ces questions. Si l’auteur a mal fait son travail, le lecteur n'est pas convaincu, quand bien même l'auteur lui présenterait des événements dont il a été réellement le témoin dans sa vie.

L'art subtil de la description fonctionne selon le même principe. Gardner estime qu'une bonne description ne peut se borner à indiquer au lecteur où l'action se déroule, dans quel cadre et quelle atmosphère, s'il fait beau, s'il pleut, etc. Une bonne description doit aller plus loin : elle constitue un moyen de descendre loin dans l'inconscient de l'écrivain, pour y trouver des indices à propos des questions que sa fiction doit poser, et, avec un peu de chance, le guider vers les réponses. Il ne s'agit pas simplement de décrire une ferme, il faut évoquer une ferme décrite par quelqu'un avec une humeur particulière, des sentiments particuliers, intriqués dans une façon de voir le monde à ce moment donné. Pour cela, il doit user de la force symbolique des images qu'il utilise dans sa description. Il lui faut découvrir le signifiant des choses et les communiquer, ce qui pour l'écrivain constitue un seul et même acte.

Les sept éléments de la maîtrise littéraire

Après une plongée dans les différentes formes de technique d'un point de vue théorique, Gardner énumère les éléments auxquels doit se confronter l'écrivain débutant pour atteindre enfin la maîtrise littéraire. Il en sélectionne sept, que nous simplifions ici à l'extrême :

1/ L'imitation : il y a deux façons de procéder par imitation pour améliorer sa technique ; soit utiliser une forme ancienne et non familière pour présenter et analyser un sujet moderne, soit se lancer dans l'imitation ligne par ligne d'un texte existant, pour comprendre de l'intérieur les subtilités et les mécanismes du style d'un grand auteur.

2/ Le vocabulaire : en avoir trop n'est pas forcément un avantage, car une utilisation mal maîtrisée peut mener à la pédanterie. À ce propos, Hemingway, connu pour son style épuré, disait : « Bien sûr que je connais moi aussi de grands mots, mais je m'efforce par tous les diables de ne pas les utiliser. »

3/ La phrase : leur longueur, leur texture, leur rythme déterminent le sentiment, l'émotion que l'auteur veut véhiculer. Une phrase courte ne provoque pas le même effet qu'une phrase longue.

4/ Le rythme poétique : Gardner se lance dans une longue et instructive démonstration sur la métrique et l'accentuation des phrases dans un texte en prose, avec de nombreux exemples.

5/ Le point de vue : il développe ensuite un argumentaire sur les avantages, inconvénients et dangers de l'utilisation de la 1ère personne, de la 3ème personne subjective, de la 3ème personne objective…

6/ Le délai : comment créer du suspense, tout en gardant à l'esprit le danger de sortir le lecteur du « rêve fictionnel » ou de le manipuler avec trop d'insistance, ce que le lecteur n'apprécie pas.

7/ Le style : il évoque le danger de la volonté du débutant de vouloir trouver sa propre voix à tout prix. Toutefois, il y aura toujours des auteurs qui persisteront avec insistance à vouloir créer un style nouveau ; dans ce cas, Gardner leur dit : Allez-y (Go for it).

Construire une intrigue

Gardner se penche enfin sur le problème de l''intrigue. En s'appuyant sur de nombreux exemples, il explore les risques, les pièges, les facilités, avantages et inconvénients de chaque méthode de construction d'intrigue. Selon lui, il existe trois façons différentes de dérouler une intrigue (dans son acception moderne) : en partant de l'emprunt d'une histoire traditionnelle ou d'une anecdote tirée de la vie, en travaillant à rebours de son climax, ou en travaillant à partir d'une situation initiale.

Dans tous les cas, le climax doit être à la fois inévitable et surprenant (pour être à la fois persuasif et intéressant). Prenons l'exemple d'une histoire typique de conflit entre deux personnages, disons un orque et un elfe. La valeur du récit dépendra de la capacité de l'auteur à créer deux personnages puissamment convaincants lancés dans un conflit irréconciliable, que chacun des deux présente des aspects dignes de notre sympathie, en d'autres termes que chacun suive des valeurs réelles mais mutuellement exclusives. Pour que le climax soit persuasif, on doit nous montrer dramatiquement pourquoi chaque personnage croit ce qu'il croit, et pourquoi l’elfe ne peut en aucun cas se réconcilier avec les valeurs que défend l’orque, son antagoniste. Et de la même façon, nous devons comprendre pourquoi les deux personnages en conflit ne peuvent simplement s'éviter, nous devons comprendre ce qui les mène l'un à l'autre et rend la guerre entre l’Orquanie et l’Elfédie inévitable. Les personnages, en conflit avec la situation même, doivent être forcés d'agir par les événements.

Dans le cas des romans « architectoniques » où plusieurs lignes d'intrigues s'entremêlent, chacune centrée sur un personnage fort ou un groupe de personnages (par exemple Anna Karenine), chaque ligne doit être philosophiquement en liaison avec les autres (ici la vie de Levine et celle d'Anna, l'un se dirigeant vers son salut, l'autre vers la damnation). Car le dénouement d'un roman n'en marque pas seulement la fin, il en marque l'accomplissement. Ici, enfin, le lecteur comprend tout, émotionnellement sinon intellectuellement, et tout pour lui devient symbolique. Or ceci est, bien entendu, un effet qui n'est pas prévisible par l'auteur dans la confection du roman. Et ceci ne peut être enseigné.

Mais en ayant déjà accompli tout ceci, l'écrivain débutant n'a franchi que la première étape de toute fiction se voulant sérieuse. Le plus important reste à faire s'il veut atteindre le niveau d'une grande œuvre. « Mine deeper », disait Melville, creuse plus profond, c'est-à-dire qu'il faut aller chercher le sens fondamental des événements, en organisant une imitation de la réalité, elle-même articulée autour d'une question ou d'un thème suggéré par le problème du personnage. Car le roman doit accepter sa corrélation naturelle avec les questions métaphysiques, rejoignant ici l'avis de George Steiner pour qui chaque grande œuvre d'art pose forcément la question de l'existence ou de la non existence de Dieu. Cela ne signifie pas que tout grand roman se doit de poser cette question-là à un moment ou à un autre, comme un passage obligé, mais que d'une certaine façon, le roman doit se hisser au-delà de lui-même, soulevant des questions qui le dépassent.

Surtout, la fiction ne doit pas se contenter de nous distraire de nos problèmes ou de nous amuser, elle ne se contente pas d'élargir nos connaissances sur les gens et les endroits du monde, mais elle doit nous aider à comprendre, ou à remettre en cause, ce que nous croyons, elle renforce nos qualités les plus nobles, et nous conduit à nous sentir perplexes par rapport à nos fautes et nos limites.

Il y aurait beaucoup à discuter sur la conception que se fait John Gardner de l’écriture de fiction, et plus largement sur les cours de creative writing tels qu’ils sont enseignés de plus en plus, notamment en France où la discipline fait doucement son entrée à l’Université. Mais il est malheureusement impossible ici de restituer les nombreuses nuances qu’apporte l’auteur aux principes que nous retranscrivons ici. Mais qu’on le rejoigne ou pas, tout auteur, apprenti comme confirmé, trouvera matière à réflexion sur sa pratique (censée être) quotidienne de l’écriture. Et dans tous les cas, c’est un livre qui mérite largement de connaître une traduction française.

John Gardner - The art of fiction - Vintage Books - 1983 - 224 p.

2 Commentaires

 

LesMotsPassants

23/05/2019 à 17:23

Très bon article, très complet. Je me tiens aux aguets pour ne pas louper sa sortie en version française ! Merci pour cette découverte très intéressante !

Roos Céline

31/05/2019 à 09:22

Son recueil de nouvelles The Art of Living and other stories n'est pas traduit non plus. Quel plaisir ce serait d'avoir le droit de les traduire! La seule façon de procéder possible est-elle qu'un éditeur achète les droits de traduction aux maisons d'édition l'ayant publié jusqu'à présent?

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

L'île des âmes : Pergiorgio Pulixi et les ombres des disparues...

1961. Montagne sarde. Un jeune garçon, tiré du sommeil en pleine nuit par les bruits de son chien, se lève et suit ce dernier dans les bois. Attiré par une odeur de sang, le chien fonce dans la végétation qui les griffe au passage et finit par s’arrêter à bonne distance d’un spectacle horrible : une jeune femme, emmaillotée de peaux de bêtes, est recroquevillée au sol, le visage recouvert d’un masque en bois représentant une figure bovine, les cheveux éparpillés, son sang s’éculant par une sorte de canal de pierres vers un puits.

24/09/2021, 13:02

ActuaLitté

Moon River : Fabcaro dessine des bites sur les joues

Non, ce n'est pas une blague : le nouvel album de Fabcaro raconte bien l'enquête du lieutenant Baxter, chargé de mettre la main sur le mystérieux inconnu qui a dessiné une bite sur la joue d'une actrice hollywoodienne en plein tournage d'un western romantique. Moitié film noir, moitié récit autobiographique, moitié délire prépubère, moitié thriller angoissant, Moon River tire dans tous les sens et dans le mille à la fois. Ce récit, d'une liberté débridée et totalement assumée, démontre que Fabcaro peut désormais emporter ses lecteurs n'importe où et qu'ils le suivront pliés en deux. C'est un régal.

22/09/2021, 18:00

ActuaLitté

L'Italie de Simonetta Greggio, Bellissima ?

Avec La Dolce Vita qui parcourt l’Italie des années 1959 à 1979 puis avec Les Nouveaux Monstres qui poursuit le voyage des années 1978 à 2014, je pensais que Simonetta Greggio devait en avoir plus ou moins terminé avec l(a psych)’analyse (très) critique de son pays d’origine et des pages sombres qu’il avait inscrites à son palmarès après les années de fascisme mussolinien.

22/09/2021, 10:31

ActuaLitté

Célia Houdard : Voyage autour d’une photo

AVANT-CRITIQUE – L’idée est plutôt audacieuse : partir de deux simples photos pour construire un récit. Le résultat est un texte fragmentaire, léger et sans prétention, même si un sommet de finesse comme Blow Up d’Antonioni est invoqué.

22/09/2021, 08:22

ActuaLitté

Annie Muktuk : attention ! Humour inuk noir et féroce !

Du sexe, de la tendresse, de l’humour – noir −et de la violence, c’est tout un concentré d’humanité que l’auteure inuk Norma Dunning nous offre dans ce recueil de nouvelles. Par Laurence Baulande.

21/09/2021, 11:49

ActuaLitté

Roberto Saviano : De Tobrouk, en taxi

Après s’être essayé au roman et aux essais-documentaires, Roberto Saviano revient à ses premiers amours : l’enquête. Photos à l’appui, quatre photoreporters et une infirmière acceptent de témoigner, à partir de leur expérience de terrain, sur la réalité des migrations vers l’Europe d’hommes et de femmes en quête d’un destin plus favorable. À travers ces entretiens, le livre, richement illustré, propose une réflexion plus globale sur l’accueil, la migration et les enjeux du témoignage photographique.

20/09/2021, 09:44

ActuaLitté

Va au diable, Charles Bukowski ! (ou peut-être y es-tu déjà ?)

La formidable maison d’édition Au Diable Vauvert nous a encore gâtés : « Un uppercut illustré. » Deux grands artistes subversifs à la manœuvre : l’illustrateur Crumb et ce diable de Charles Bukowski...

18/09/2021, 10:56

ActuaLitté

Paula Hawkins : Celle qui brûle et celles qui se consument...

Londres. Par un matin banal, est retrouvé mort sur sa péniche, Daniel, un jeune homme. Sa voisine le découvre poignardé. Et autour de lui, plusieurs figures féminines gravitent, inquiétantes. Ce nouveau roman de Paula Hawkins poursuit la veine de La fille du train et Au fond de l’eau. Parce qu’un mort, pour trois femmes, cela fait toujours beaucoup…

15/09/2021, 16:26

ActuaLitté

Mohican : Éric Fottorino et la paysannerie du Jura

Éric Fottorino a choisi de se confronter au monde rural français pour son 14e roman. Entrepris dès 2015, celui qui fut un jeune journaliste agricole au Monde, raconte le destin d’une terre agricole du Jura et de la famille qui s’y consacre depuis des générations. Une lignée, les Danthôme : des aïeux convoqués par le souvenir, un vieux paysan empoisonné, son frère muet, et un fils, Mo, sacrifié d’une terre familiale qu’il chérit.

15/09/2021, 11:57

ActuaLitté

Juliana Léveillé-Trudel, Catherine Meurisse et Coralie Bickford-Smith : Books By Women

Début septembre, la newsletter Books By Women prenait fin. Mais en accord avec sa créatrice, ActuaLitté propose de retrouver les archives de ces chroniques, dans un exercice de remontée dans le temps. « Nous n’aurons plus rien d’autre à faire, plus rien que pleurer le jour défunt. Du temps passera. Du temps seulement. Et du temps va venir. Du temps viendra. Où nous ne saurons plus du tout nommer ce qui nous unira. Le nom s’en effacera peu à peu de notre mémoire. Puis, il disparaîtra tout à fait. » (Marguerite Duras, Hiroshima mon amour)

15/09/2021, 10:21

ActuaLitté

Hanako-kun : pactiserez-vous avec l’espiègle esprit des toilettes ?

L’école Kamome grouille de rumeurs — elle serait hantée par sept esprits différents. Nene Yashiro, élève en seconde là-bas, est encore tombée amoureuse d’un garçon. Puisqu’il paraît que l’esprit qui hante les toilettes des filles exauce les vœux, elle tente sa chance. Mais l’esprit des toilettes a une sacrée personnalité, et un vœu exaucé exige toujours des contreparties ! Voilà Nene embarquée dans un monde qui la dépasse. 

14/09/2021, 10:28

ActuaLitté

Du cunéiforme aux émojis : la grande histoire de l'écriture

Attention, petite splendeur, en grand format : Vitali Konstantinov (dans une traduction de l’allemand par Hélène Boisson), réalise un album de noir, de blanc et de rouge, pour raconter l’histoire de l’écrit. Somme scientifique vulgarisée avec patience, l’ouvrage se résume assez facilement avec ce dessin de Thoto, dieu égyptien à tête d’ibis, qui manipule (à l’envers) un smartphone. Tout est là : des origines des signes, à la nécessité d’un langage, en passant par la métamorphose des sons… Une merveille. 

14/09/2021, 10:15

ActuaLitté

Le Loup, l'Épée et les Etoiles : les années Lola Lafon

L’auteure de la petite communiste qui ne souriait jamais retrouve les librairies en septembre avec un recueil de textes. Parus pour la majorité dans l’hebdomadaire le 1 et la revue trimestriel Zadig, beaucoup de thèmes passent pour des textes parfois cinglants, parfois tendres, jamais dogmatiques, toujours radicaux, toujours humbles, et colorés d’une profonde nostalgie.

 

13/09/2021, 14:56

ActuaLitté

Enfant de Salaud, de Sorj Chalandon : Klaus Barbie, père inexemplaire

C’est certainement l’un des ouvrages les plus dérangeants et déconcertants de cette rentrée littéraire, Enfant de salaud du journaliste Sorj Chalandon. Il officia durant plus de trente-quatre ans auprès du quotidien Libération, avec une plume souvent acerbe. Il contribue aujourd’hui au Canard enchaîné, toujours avec la même fougue et la même persuasion intentionnelle. 

13/09/2021, 11:08

ActuaLitté

Nuuk : dans la blancheur du Groenland, avec Mo Malø

Nuuk. Capitale du Groenland. En plein cœur du mois de décembre, le jour ne dure que quelques heures seulement. Après des problèmes personnels importants, le commandant Qaanaaq Adriensen a été ré-intégré par Arne Jacobsen, son supérieur de Copenhague qui, pour valider son aptitude à reprendre du service, lui a mis deux bâtons de taille dans les pieds !

10/09/2021, 12:52

ActuaLitté

Pauline Delabroy-Allard, Marianna Coppo, Kabi Nagata : Books By Women, les archives

Début septembre, la newsletter Books By Women annonçait la fin de son aventure éditoriale : conçue pour proposer deux à trois ouvrages, romans, bande dessinée, littérature jeunesse, écrits par des femmes, la lettre était suivie par plus de 2000 personnes. Afin de préserver les archives, ActuaLitté vous proposera désormais de remonter dans le temps, pour (re)découvrir les œuvres présentées. 

 

09/09/2021, 09:36

ActuaLitté

Les chiens de Pasvik : incident diplomatique à la frontière russe

Le fleuve Pasvik coule vers le Nord, vers la mer de Barents. Au nord du bout du nord de la Norvège. Sur près d’une centaine de kilomètres, il marque la frontière entre Norvège et Russie. Une zone chahutée lors de la Seconde Guerre mondiale. Une région qui garde la mémoire du fascisme et du communisme, des relations conflictuelles, de la Guerre froide, des antagonismes est-ouest et qui reste encore l’un des premiers points de friction entre les deux blocs…

08/09/2021, 13:53

ActuaLitté

Bons baisers de Limón creuser les racines sous le soleil

Quoi de plus intime qu'une histoire de famille ? Quoi de plus banal, sans doute, que les anecdotes qui passent de génération en génération ? Mais quoi de plus universel, surtout ? Avec Bons baisers de Limón, Edo Bernes, jeune dessinateur costaricien signe un premier album inoubliable, tissé dans le plus fragile des fils, celui des histoires intimes, qui recoud et détricote les familles et leurs drames.

07/09/2021, 09:19

ActuaLitté

L'écologie pour sauver nos vies : tout sur Mamère

Les saisons pré-électorales sont régulièrement l’occasion de voir fleurir des ouvrages de futurs candidats, voire de candidats à la candidature. Noël Mamère n’est cependant rien de tout cela puisqu’il ne brigue plus de mandats. Aurait-il donc sorti son livre longtemps avant l’échéance nationale de 2022 pour se démarquer du flot de ces parutions qui ne vont pas manquer de couvrir les étalages des librairies ?

06/09/2021, 11:49

ActuaLitté

Nijigahara Holograph : un one-shot de destins croisés oppressant et magique

Harcèlement, amours secrets, rumeurs paranormales : l’enfance de cette petite classe d’école primaire était pleine de tensions qui se cachaient aux adultes. Jusqu’à ce que cette fille soit poussée dans un puits près de la plaine de Nijigahara. Treize ans plus tard, sous la forme d’étranges papillons, le passé revient hanter les anciens élèves… 

06/09/2021, 11:05

ActuaLitté

La bête en elles : Camille Lysière traque celle qui est tapie au fond de l'âme

L’histoire commence après que Marie ait obtenu son bac. Cet été sera unique : elle part pour Paris, où elle a trouvé un petit job de serveuse. Le début de sa vie d’adulte. Gentiment hébergée par Olivier, l’ami de son père, et sa femme, tout semble sourire à cette jeune fille… Puis, une nuit, après avoir été d’une froideur déstabilisante avec Marie depuis son arrivée, Olivier s’invite dans sa chambre et commet un acte irréparable, irréversible. 

06/09/2021, 10:23

ActuaLitté

Cobrastar : imaginaire débridé pour un space opera d'enfer

Sa couverture aux couleurs acidulées, parsemée de monstres futuristes inspirés des yôkai japonais, avait de quoi attirer l’attention. La quatrième de couverture, qui décrit cette histoire comme l’enfant caché des Gardiens de la galaxie et des Tontons flingueurs, a réussi à intriguer. C’est finalement dès le premier paragraphe que l'on s'embarque dans la lecture de ce premier roman, signé Thomas Bois – lequel, saugrenu, décrit une mouche festoyant sur une crotte de coyote, rien que ça. 

01/09/2021, 17:03

ActuaLitté

Melmoth Furieux : palimpseste et renaissances à Disneyland

Vous aimez Disneyland ? Des attractions où que l’œil se perde, la nourriture farfelue et délicieusement chère, les personnages qui se baladent, vous sourient et vous aiment, la magie entêtante de ces histoires qui nous ont bercés ? Comme c’est dommage… Des gosses vont tout faire brûler. 

31/08/2021, 11:14

ActuaLitté

Bang ! Bang ! Planquez-vous, Baladi prend sa « Revanche »

Devinette, qu'est-ce qui est gros, tout jaune et tout frais, qui arbore un cavalier masqué sur sa couverture toilée et un marque-page à l'intérieur ? C'est « Revanche », le nouveau titre de Baladi publié par The Hoochie Coochie, l'éditeur phénix qui renaît de ses cendres en cette rentrée de septembre. Sous sa présentation soigneuse et luxueuse, avec ses six coups qui tonnent et ses explosions qui détonent, « Revanche » va faire du bruit en librairie.

30/08/2021, 07:38

ActuaLitté

Ces Indiens d'Amérique revenus brisés de la Seconde Guerre mondiale

Juillet 1945, dans le chaud canyon de San Diego, Francisco conduit le chariot tiré par ses deux juments en leur laissant tout loisir de choisir leur rythme, car, au fond, ce sont peut-être elles qui le conduisent, lui, sur ce chemin qu’elles connaissent bien. Lui, il se contente de leur faire comprendre qu’il ne faut pas traîner, car il ne voudrait, pour rien au monde, rater l’arrivée du bus qui lui ramène Abel, son petit-fils. Parti si loin, pendant tant de temps.

27/08/2021, 13:22

ActuaLitté

À Meudon, Louis Ferdinand Céline, hantant et en heures

Entre Viroflay et Clamart, la commune de Meudon s’étend, participant à la gloire des Hauts-de-Seine, probablement plus que toute autre – si l’on s’en tient au domaine littéraire. Vendue en août 2018, trois ans déjà, la demeure qu’habitait la veuve de Louis Ferdinand Céline restait sienne jusqu’à sa mort. Survenue en novembre de l’année suivante : elle avait 107 ans. Lucette Destouches, ancienne danseuse et gardienne du temple…

27/08/2021, 12:53

ActuaLitté

Adulte, par la force des choses, mais parent ?

Six pieds sur terre. Un titre à contre-sens qui change l’expression mortuaire en une forme d’exhumation des corps. Par cette seule image, à laquelle la dimension renversante de la couverture — littéralement —, au rythme bref, voici tout un contre-monde qui s’ouvre. Camille, Jérémy, enfants brisés, qui ont choisi de s’apprivoiser. Mais les morts ont parfois cette méchante tendance à revenir hanter les vivants.

26/08/2021, 13:21

ActuaLitté

Paul Klee, du réel à la mythologie

Après plusieurs essais consacrés à Monet, Rothko, De Staël, Goya, Spilliaert : auteur discret, mais déterminé, Stéphane Lambert nous livre pour cette rentrée littéraire un nouvel ouvrage intitulé Paul Klee, jusqu’au fond de l’avenir. La précision intérieure, le juste ton, d’emblée, interpelle le lecteur passionné et averti, — à l’aide d’un filtre exploratoire, ou tout bonnement, une grille de lecture, propre à l’auteur. 

23/08/2021, 09:49

ActuaLitté

“Poète d’un seul livre, Baudelaire est le poète de plus d’un siècle”

ESSSAI – Que de grands hommes rencontrons-nous parfois ! C’est la magie des livres, mais qui serait peu de chose sans le talent des écrivains. Les Éditions des instants rassemblent pour la première fois tous les textes d’André Suarès sur Baudelaire et c’est exceptionnel ! 

23/08/2021, 09:23

ActuaLitté

Un avenir meilleur, mais à une condition : être prêts à tout changer !

Naomi Klein a donné comme sous-titre à ce livre qu'elle a écrit en collaboration avec Rebecca Stefoff « Feuilles de combat à l'usage des jeunes générations » ! Tout un programme !

19/08/2021, 12:31

ActuaLitté

Mode avion : deux chercheurs aux pays des idées

ROMAN FRANCOPHONE – « Vanitas, vanitatum et omnia vanitas », clamait solennellement Qoeleth, qui devait s’ennuyer profondément. L’Ecclésiaste, qui en savait une de plus que le diable rajoutait avec ses mots à lui, et toujours en hébreu : « À quoi bon se pourrir l’existence et se mettre la rate au court-bouillon chaque jour ? » La traduction prend quelques libertés ; le sens est là. Ce premier roman de Laurent Nunez apporte sa couche de sarcasme, entre hommage flaubertien avoué et exercice universitaire, façon art content pour rien.

18/08/2021, 08:28

ActuaLitté

Giulia Caminito : des femmes dans une société en ébullition

ROMAN ETRANGER – À Serra de’ Conti, un des boulangers du village, Luigi, est le descendant d’une longue lignée de boulangers qui se sont succédé à ce poste honorable. Mais la filiation était passée par son oncle depuis son grand-père, en évitant soigneusement son père qui poussait devant lui une réputation corrosive d’anarchiste invétéré. 

17/08/2021, 10:38

ActuaLitté

Un voisin trop discret : cette Amérique qui crève du rêve américain

ROMAN ÉTRANGER – Dans cet entremêlement de destins, on croise le fer avec l’existence, redoutable bretteuse. Des personnages dont l’âme est usée, par le temps, les coups et qui, chacun pourtant, s’accroche. Bienvenue en Amérique : circulez, y’a pas tant à voir…

16/08/2021, 10:10

ActuaLitté

Loin du cocon familial, La colonie de vacances et ses amis pour la vie

ALBUM JEUNESSE – Louise, Marco, Jeanne, Nina, Ali et bien d'autres enfants se rendent en colonie dans un établissement se situant dans la montagne. Nous suivons avec eux les différentes activités (préparées par les différents moniteurs ou organisées par des esprits frondeurs) qui ponctuent cette semaine de vacances et favorisent les amitiés naissantes.

12/08/2021, 11:10

ActuaLitté

Pas l'ombre d'un loup : cette poésie singulière de Natali Fortier 

ALBUM JEUNESSE – Alors que la famille de Marcel et Giselle ont joyeusement fêté l’anniversaire du père, celui-ci s’aperçoit que sa mère manqua à l’appel, évènement assez rare pour semer le trouble dans son esprit. Ne pouvant se déplacer pour s’enquérir de ses nouvelles, ses enfants se chargent de faire le long chemin jusqu’à leur grand-mère. Marcel et Giselle devront alors traverser les quatre saisons sur un chemin parsemé d’embûches et où le danger semble guetter à chaque coin de page, sous forme de loups déguisés. 

10/08/2021, 13:06

ActuaLitté

Érik Orsenna, à la rencontre de Beethoven

N’allez surtout pas imaginer, en achetant ce livre, que vous allez découvrir, pas à pas, la vie de Ludwig Van Beethoven. Non. D’ailleurs, ce n’est certainement pas ni l’ambition ni la prétention d’Erik Orsenna qui considère occuper « sans légitimité aucune », à l’Académie Française, le siège de Louis Pasteur et d’Émile Littré ! Alors, devenir biographe de Beethoven, quelle gageure ! Et, de fait, il appuie ses propos sur une bibliographie terriblement importante, détaillée dans les « Gratitudes » qui concluent son ouvrage, comme celle de Brigitte et Jean Claude Massin dont il affirme que « les Massin sont des savants, je ne suis qu’un promeneur » !

06/08/2021, 11:05

Autres articles de la rubrique Livres

ActuaLitté

Bienvenue au “petit endroit” : Toilettes Un monde merveilleux

Nous passons près d’un an de notre vie aux toilettes… et certains plus que d’autres! Mais que savons-nous de ces lieux ? Où se trouvent les plus belles toilettes du monde ? Combien coûtent des toilettes en or ? Le sujet a-t-il toujours été tabou ? Quel avenir nous réservent les inventeurs et designers ? Comment se soulager sur une île déserte ou dans l’espace ?

24/09/2021, 12:02

ActuaLitté

Les 200 meilleures ventes (semaine 37) : Zemmour, inlassablement...

Invraisemblable, prévisible, choquant ou désespérant… Le fait est que le livre d’Éric Zemmour écrase toute concurrence cette semaine. S’installant loin devant Amélie Nothomb, une nouvelle fois la star de la rentrée littéraire, le polémiste s’installe confortablement. Pour la suite, il suffira de suivre la liste.

24/09/2021, 11:02

ActuaLitté

À quoi penses-tu ? de Jean-Louis Fournier : derrière le regard des animaux, 

BONNES FEUILLES– Dans ce livre inattendu et surprenant, Jean-Louis Fournier interroge les animaux. Leurs réponses n’épargnent pas l’espèce humaine. Un pauvre crocodile pleure en pensant à sa mère et « à tous les gros salauds qui se promènent avec sur eux des morceaux de sa peau, un portefeuille dans la poche ». 

24/09/2021, 08:40

ActuaLitté

Three Dark Crowns, Kendare Blake imagine le Game of Thrones au féminin

BONNES FEUILLES –  Best-seller du New York Times, vendu à plus de 600.000 exemplaires et traduit en 21 langues, le livre de Kendare Blake arrivera fin octobre en France, sur la traduction de Hermine Hémon. Une lutte pour le pouvoir sans merci et non dénuée de violence, mais sans complaisance malsaine, à travers quatre tomes.

24/09/2021, 07:23

ActuaLitté

S'adapter ou mourir : heureusement, vous n'aviez pas tout vu sur les réseaux...

Elle a 17 ans et s'est enfuie de chez sa mère pour se sentir enfin libre. Accompagnée de son petit ami, elle fait escale chez un homme qu'elle n'a jamais rencontré mais avec lequel elle discute depuis des mois sur Internet. Elle en a fait son confident. Alors qu'il pourrait bien s'agir du plus abject des monstres... Un thriller décapant sur l'univers des modérateurs de contenus.

23/09/2021, 12:09

ActuaLitté

Renvoyé par Gaston Gallimard : Jacques Schiffrin, fondateur de la Pléiade

BIOGRAPHIE – Amos Reichman livre un bouleversant portrait de Jacques Schiffrin, fondateur de « La Pléiade ». Une existence romanesque, héroïque et tragique, avec son lot de malheurs personnels et de succès magnifiques.

22/09/2021, 11:40

ActuaLitté

La Petite boutique aux poisons, de Sarah Penner : doux parfums londoniens

BONNES FEUILLES – Règle 1 : le poison ne doit jamais être utilisé pour blesser ou tuer une autre femme. Règle 2 : le nom de la meurtrière et celui de sa victime doivent être notés dans les registres de l’apothicairesse..

20/09/2021, 15:55

ActuaLitté

Grangé, Nothomb et My Hero Academie : les 200 meilleures ventes de la semaine

La 36e semaine de l’année, s’étale du 6 au 12 septembre 2021, montre bien que la rentrée littéraire s’installe. Quelques noms du moment percent – notamment chez Albin Michel (Amélie Nothomb et Jean-Christophe Grangé) et le 30e tome de My Hero Academia…. 

17/09/2021, 12:56

ActuaLitté

Les 200 meilleures ventes en librairie : rentrée scolaire ou littéraire ? (semaine 36)

La semaine 36 — qui prenait ses quartiers le 6 pour s’achever le 12 septembre 2021 — dévoile enfin ses résultats. Notre partenaire Edistat nous a ainsi fait parvenir les 200 livres qui se sont le plus vendus au cours de cette période en librairies, strictement. Et la rentrée littéraire le dispute à la rentrée scolaire — notamment parce que Jean-Luc Lagarce est au programme du bac de français de 1ère. Et dépasse donc Amélie Nothomb : étonnant, non ?

14/09/2021, 14:03

ActuaLitté

Les Ensablés - Les quatre éléments (1935) d'André Chamson (1900-1983)

« Mort sont les beaux diseurs/Mais le livre est écrit/Morts sont les bâtisseurs/mais le temple est bâti » (F.Mistral) André Chamson fit un voyage au Japon qu’il relate dans ses souvenirs. Nous avons été naturellement chez les geishas qui ne sont pas ce que l’on peut croire. La fille qui était venue sur le tatami pour allumer ma cigarette m’a dit « Monsieur, j’ai lu votre livre les Quatre éléments ». Les quatre éléments étaient devenus « le soleil, la rivière, la montagne » et je ne sais plus quoi… Par Antoine Cardinale

12/09/2021, 14:02

ActuaLitté

Mangas, dictionnaires : les 200 meilleures ventes de livres de la semaine 

Sur la semaine dite 35, allant du 30 août au 5 septembre 2021, notre partenaire Edistat annonce la liste des 200 meilleures ventes de livres. Et, paradoxe des plus séduisants, la rentrée littéraire bat son plein, mais le manga demeure le genre le plus prisé — occupant cinq des dix premières places. Seule Amélie Nothomb parvient à tirer son épingle du jeu, en prenant la troisième place du top. Et sans trop d’étonnement, le classement fait la part belle aux ouvrages scolaires de référence…

11/09/2021, 12:50

ActuaLitté

Explorateur d'océans de Jean-Louis Étienne : préserver la Terre...

BONNES FEUILLES – Le XXIe siècle sera maritime. Tous s’accordent à le dire. Jean-Louis Étienne revient sur son parcours d’exploration des pôles et des océans. Un livre très personnel dans lequel il rappelle à quel point l’océan mondial, l’autre poumon de la planète, est au coeur de l’avenir du climat de la Terre et des ressources pour l’humanité.

09/09/2021, 11:31

ActuaLitté

Orsenna réconcilie chauve-souris et humains dans Marcel le Petit Rhinolophe

La mission de Noé n’est pas mince : mettre fin à la guerre qui oppose les Chauves-souris et les Hommes... Au-delà du fantasque de son conte, qui fait bien sûr écho à l’actualité – des accusations de transmission du SARS-1 et du SARS-2 par les chauves-souris à l’Homme –, Érik ORsenna emmène le lecteur dans une histoire d’entraide et de partage, propre à démontrer l’incroyable unicité du vivant et l’importance de la coévolution.

09/09/2021, 07:21

ActuaLitté

Jonathan de Cosey : La piste de Yéshé met un terme à la série

BONNES FEUILLES – C’est une lettre, reçue poste restante à Delhi la veille de son retour en Europe, qui entraîne Jonathan sur La Piste de Yéshé. Là, alors que les « libérateurs » venus de Beijing cherchent à anéantir l’identité tibétaine, Jonathan, installé dans un monastère perdu au cœur de l’Himalaya, retrouve après de longues années celle qui donnera une réponse à ses questions.

08/09/2021, 13:06

ActuaLitté

Adaptée en BD, La Commode d'Olivia Ruiz révèle de nouvelles couleurs

Après l’adaptation en BD du roman Jukebox Motel de Tom Graffin, assurée par Marie Duvoisin parue en avril dernier, les éditions JC Lattès, en partenariat avec les éditions Bamboo/Grand Angle, renouvellent l'expérience en choisissant d’adapter le roman à succès d’Olivia Ruiz au plus de 300.000 lecteurs, La Commode aux tiroirs de couleurs. Le roman, reposant sur un faisceau d'émotions, rejoint ainsi la ligne éditoriale de la maison d'édition.

07/09/2021, 12:25

ActuaLitté

Comme ce monde est joli : et si c'est Karen Joy Fowler qui le dit...

BONNES FEUILLES – Comme ce monde est joli rassemble des nouvelles souvent primées, issues de différents ouvrages de l’autrice. Il rend compte de la variété des registres littéraires de Karen Joy Fowler (weird, fantastique, intimiste, réaliste décalé, fantasy, science-fiction) et rassemble des textes à forte charge psychologique, où l’inquiétante étrangeté imprègne des scènes du quotidien (scènes de famille, de bar, de camping, petit-déjeuner, etc...). 

07/09/2021, 08:11

ActuaLitté

Seize lacs et une seule mer : Sébastien Berlendis vers la Baltique

BONNES FEUILLES – Le récit d’un été passé à découvrir les multiples lacs qui quadrillent et entourent Berlin, en suivant le tracé imprévu d’une femme de lac en lac. Il y en a seize à explorer et, au bout du voyage, la mer Baltique. Les images défilent comme une rétrospective d’un Berlin bucolique, loin des axes urbains et des lieux communs. 

02/09/2021, 14:52

ActuaLitté

Cynthia Murphy : The Last One to Die, légendes urbaines et frissons

BONNES FEUILLES – Elle pensait vivre le meilleur été de sa vie... ce sera peut-être le dernier. Niamh, 17 ans, a travaillé comme une dingue pour pouvoir se payer des cours d'été dans la plus grande école d'art dramatique de Londres. Elle s'imagine découvrir une ville accueillante mais se heurte à une ambiance glaçante : de nombreuses jeunes filles, dont ses nouvelles amies, se font violemment agresser. Toutes ont le même profil, celui de Niamh... qui va se retrouver au coeur du plus effrayant des films d'horreur ! Un thriller haletant sur fond de légendes urbaines.

02/09/2021, 11:19

ActuaLitté

Burning Boy - Vie et oeuvre de Stephen Crane, prochain roman de Paul Auster 

BONNES FEUILLES – Fasciné par la trajectoire de Stephen Crane (1871-1900), comète rimbaldienne de la littérature américaine, mort de la tuberculose à 28 ans, Paul Auster remet en lumière sa vie et son œuvre, lui rendant ainsi un hommage éclatant, celui d’un « vieil écrivain empli d’admiration pour le génie d’un jeune écrivain ». 

01/09/2021, 08:00

ActuaLitté

De la violence coloniale dans l’espace public

Ce guide décolonial nous emmène du côté de la Porte Dorée, à Paris, visiter un « triangle colonial » composé de trois monuments qui offrent un condensé de l’histoire coloniale, culturelle, économique, raciale et politique de la France. On y croisera une immense fresque mettant en scène, « l’air de rien », l’économie extractiviste basée sur l’esclavage et le travail forcé dans les colonies, un monument qui fait régulièrement l’objet d’actions anti-colonialistes, et une statue d’Athéna représentant « La France apportant la paix et la prospérité aux colonies ». 

31/08/2021, 18:28

ActuaLitté

Christiane Taubira signe son premier recueil de nouvelles

EXCLUSIF BONNES FEUILLES – Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice et garde des Sceaux, a déjà publié de nombreux ouvrages qui ont remporté un vif succès, dont Gran Balan et Nuit d’épine (respectivement 31.503 et 55.955 exemplaires, données Edistat). Ce 16 septembre, elle publiera chez Robert Laffont un recueil de nouvelles intitulé Ces morceaux de vie… comme carreaux cassés. Dont ActuaLitté vous propose en avant-première un extrait. 

31/08/2021, 10:00

ActuaLitté

Patrick Besson signe un Petit éloge amoureux de la librairie

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Privat vous proposent de découvrir le premier livre d’une nouvelle collection, avec ce Petit éloge amoureux de la librairie par Patrick Besson. En fin d’ouvrage, un récapitulatif de toutes les librairies de France et de Belgique, comme une liste à la Prévert en petits caractères…

30/08/2021, 15:18

ActuaLitté

La Maison Chapelier, de Tamzin Merchant : magie et espièglerie !

BONNES FEUILLES — Pour cette rentrée littéraire, les éditions Gallimard vous invite à découvrir l’univers magique imaginé par Tamzin Merchant. Entre Miyazaki et Mary Poppins, une enquête palpitante et colorée dans un univers merveilleusement loufoque ! 

30/08/2021, 07:45

ActuaLitté

Hôtel Berlin 43, de Vicki Baum : « ce que personne en Allemagne n'aurait osé imaginer en 1943 »

Pour la rentrée littéraire, les éditions Métailié propose une nouvelle traduction d’un classique sur la Seconde Guerre mondiale : Hôtel Berlin 43, de Vicki Baum, traduit de l’anglais par Cécile Wajsbrot. Ecrit quelques années avant la fin de la guerre, ce roman d’anticipation raconte avec réalisme la violence de cette année de guerre. 

30/08/2021, 07:30

ActuaLitté

Le loup, l’épée et les étoiles, de Lola Lafon : la vie en pagaille 

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions de l’Aube proposent de découvrir le prochain roman de Lola Lafon. On connaît bien – et on aime ! – la romancière Lola Lafon. On adore la découvrir dans l’exercice du texte court sur un sujet décalé. 

30/08/2021, 07:15

ActuaLitté

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, de Gilles Paris : l’adolescence, sans filtre

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Gallimard offrent aux lecteurs le prochain roman de Gilles Paris. Amour, sexe et amitié : un roman sur les ados, pour les ados, aux personnages justes qui reflètent les préoccupations des jeunes d’aujourd’hui.

30/08/2021, 07:00

ActuaLitté

Parce que Vénus a frôlé un cyclamen le jour de ma naissance : quand le jour rencontre la nuit 

Pour la rentrée littéraire, les éditions Noir sur Blanc intègrent dans leur collection Notabilia, le nouveau roman Parce que Vénus a frôlé un cyclamen le jour de ma naissance de Mona Høvring. Finaliste du prix des Libraires, il remporte le prix de la Critique 2018. « La sombre et maussade Ella, et la brillante et impulsive Martha sont aussi différentes que les deux faces d’une même pièce. »

27/08/2021, 07:33

ActuaLitté

Sabrina Calvo, aux avant-postes de la révolution avec Melmoth furieux

BONNES FEUILLES – De Belleville à Marne-la-Vallée, une bande d’enfants part en croisade pour mettre le feu à Eurodisney. Aux avant-postes de la révolution. Elle est née à l’Orée du bois, une cité réduite à néant par les bulldozers des médias et de la finance. Hantée par les ruines de son Eden foiré, elle a rejoint la commune solidaire à Belleville, où l’on s’organise et lutte en marge du système répressif. Elle, c’est Fi. 

27/08/2021, 07:04

ActuaLitté

Disparition de Jack Hirschman, poète et activiste américain

Jack Hirschman est décédé le dimanche 22 août à son domicile de Union Street à San Francisco. Âgé de 87 ans, l’auteur avait contracté un rhume, comme l’a expliqué sa femme : la cause du décès reste indéterminée. Ancien poète lauréat de la ville de 2006 à 2009, il laisse derrière lui une carrière qui a duré plus de 50 ans, produisant une centaine de publications.

26/08/2021, 16:28

ActuaLitté

Tu aimeras ce que tu as tué, de Kevin Lambert : image de l’enfance et fantômes du passé

BONNES FEUILLES — Pour cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Le Nouvel Attila publient le second roman de l'auteur québécois Kevin Lambert. « Ce que nous portons en nous est trop grand et le monde trop petit. La destruction est notre manière de bâtir. »

26/08/2021, 08:26

ActuaLitté

Milwaukee Blues, de Louis-Philippe Dalembert : ôde à trois temps

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette prochaine rentrée littéraire, les éditions Sabine Wespieser Editeur publient le prochain roman de Louis-Philippe Dalembert. Depuis qu’il a composé le 911, le gérant pakistanais de la supérette de Franklin Heights, un quartier au nord de Milwaukee, ne dort plus : ses cauchemars sont habités de visages noirs hurlant « Je ne peux plus respirer ». 

26/08/2021, 07:41

ActuaLitté

La force décuplée des perdants, de Nicolas Maleski : « un héros à contre-emploi »

Pour la rentrée littéraire, les éditions HarperCollins publient le troisième roman de Nicolas Maleski : La force décuplée des perdants. Titre poétique, l’ouvrage se centre, avec humour, sur un personnage qui ne parvient pas à devenir le héros de sa vie. Simple spectateur, il ne rejoint pas la route de son destin…

26/08/2021, 07:21

ActuaLitté

La Cité de mon père, de Mehdi Charef : la vie rêvée en HLM 

Pour la rentrée littéraire, les éditions Hors d’atteinte publient le troisième volet de la trilogie de Mehdi Charef : La Cité de mon père, sur son enfance et son adolescence. Ce nouveau tome prend place dans le HML, tant rêvé et espéré, après avoir connu la vie dans un bidonville et une cité de transit.

26/08/2021, 07:17

ActuaLitté

Les lanceurs de feu, de Jan Carson : au coeur de la violence 

Pour la rentrée littéraire, les éditions Sabine Wespieser Editeur publient le deuxième roman de Jan Carsosn : Les lanceurs de feu, traduit de l’anglais par Dominique Goy-Blanquet. Cet ouvrage, imprégné de la brutalité des Troubles d’Irlande, englue ses personnages dans un contexte similaire, qui fait écho à la propre violence de leur histoire personnelle.

26/08/2021, 07:01

ActuaLitté

L’Arche de mésalliance, de Marin de Viry : hommage à la vie et ses possibilités oubliées 

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette prochaine rentrée littéraire, les éditions du Rocher publient le nouveau roman de Marin de Viry. Un récit à lire comme une incitation à choisir la « possibilité des fugues » et « la vie de château », loin des zones de confort où l'on s'enterre...

25/08/2021, 08:01

ActuaLitté

Vertige de l’hélice, de Vincent Borel : la vie, tout en musique

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette prochaine rentrée littéraire, les éditions Sabine Wespieser Editeur publient le prochain roman de Vincent Robel. Ce soir de décembre 1889, sur les quais de Cadix, la silhouette d’un petit homme entre deux âges, coiffé d’un feutre fatigué, trop étroit pour son front imposant, attire les regards. Charles Sannois, qui se prétend négociant en vin, a fui Paris, le deuil de sa mère et une épidémie de grippe asiatique se propageant dans le monde entier. Il attend d’embarquer pour les Canaries, aspirant à l’azur et à la paix. 

25/08/2021, 07:54