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L'art de la fiction, notes pratiques à l'intention des jeunes écrivains

Les règles élémentaires de l’écriture de fiction

Le 10/05/2019 à 15:24 par Maxime DesGranges

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Publié le :

10/05/2019 à 15:24

Maxime DesGranges

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ESSAI – Toujours non traduit à l’heure actuelle (si un éditeur passe par ici, sait-on jamais), l’essai de l’écrivain et universitaire américain John Gardner (1933-1982) délivre avec précision et pédagogie sa fine connaissance des techniques d’écriture de fiction qu’il a enseignées pendant de longues années lors de ses cours de creative writing, à Raymond Carver notamment, dont il a été l’un des maîtres.

Quand faire commencer un roman ? Quelle longueur accorder à la partie d'exposition (suivant la division aristotélicienne début – milieu – dénouement) ? Quelles informations doit-on y distiller ? Quand introduire ses climax ? Comment équilibrer ses parties ?… Autrement dit : « Existe-t-il des principes artistiques généraux à respecter si l'on veut écrire une œuvre de fiction ? » demande tout anxieux le jeune apprenti écrivain, qui rêve d’écrire enfin sa tétralogie d’Heroïc Fantasy mettant en scène des batailles épiques entre orques et elfes dans un monde fictif entièrement cartographié de sa main au crayon de papier sur ses quatre feuilles de Canson méticuleusement scotchées entre elles.

Pas de panique, jeune apprenti : John Gardner est là pour tout t’expliquer. Pour Gardner comme pour beaucoup d’anglo-saxons, la réponse est « oui » (rappel : la question était : existe-t-il des principes généraux etc.), en précisant néanmoins que ces principes se situent à un tel degré d'abstraction qu'ils n'offrent que peu d'aide au jeune écrivain. Ces principes ne sont d'ailleurs pas absolus mais relatifs, puisque chaque règle qui s’instaure est aussitôt dépassée par une nouvelle invention, ce qui donne au genre romanesque sa plasticité ayant conduit à son hégémonie sur les autres genres.

Et s'il existe des règles et des formules pour la littérature ordinaire, facilement publiable, il n'en existe pas pour la fiction de qualité. Par ailleurs, quand bien même existerait-il des règles définies pour la fiction de qualité, l'écrivain talentueux n'est pas celui qui s’y conformerait strictement, mais celui qui ferait confiance à sa sensibilité, son instinct et son goût.

Pour autant, comme pour toute discipline créative, il existe un certain nombre de fondamentaux, de bases à connaître pour arriver à la maîtrise de son art. Ce sont ces fondamentaux que Gardner se propose d’explorer. En effet, il est rare de trouver des écrivains qui n'aient pas fait l'apprentissage de l'écriture de fiction. Jack London est sans doute le meilleur exemple de l'autodidacte complet. Mais même Hemingway, qui réprouvait l'apprentissage universitaire (« Just go away and write », conseillait-il) a tout de même bénéficié du regard avisé de Sherwood Anderson et de Gertrude Stein.

Une chose est sûre : aucun de ces grands écrivains ne s'est assis derrière son bureau pour « s'exprimer ». Ils ont cherché à raconter telle histoire ou telle autre, ou pour mélanger telle forme avec telle autre, produisant un nouvel effet. L'expression personnelle, quel que soit le plaisir qu'on puisse en tirer, vient presque accidentellement, de façon inévitable, par surcroît.

« Comment apprendre à bien écrire ? En étudiant la littérature à la fac, pardi ! » se dit le jeune apprenti écrivain anxieux et désormais naïf. Naïf car pour Gardner, plutôt que de suivre des études qui ne sont pas faites pour améliorer son écriture, le plus important est tout simplement la pratique, qui se compose de deux impératifs simples : « lire largement et écrire continuellement ». C'est ce qui différencie l’écrivain professionnel de l'occasionnel : pour le premier, la technique et la pratique deviennent une seconde nature, comme pour un pianiste (d’ailleurs, pour en arriver là, Gardner donne en fin de livre toute une série d’exercices pratiques d’écriture pour permettre au jeune écrivain de faire ses gammes).

Au-delà de ces deux impératifs, Gardner énumère trois règles élémentaires à suivre : n'essaye pas d'écrire avant de maîtriser les fondamentaux, n'écris pas seulement sur « ce que tu sais », mais choisis un genre ; crée une sorte de « rêve fictionnel » dans l'esprit du lecteur et évite comme la peste tout ce qui pourrait l'en sortir et l'en distraire. Revenons plus en détail sur chacun de ces points.

1/ Maîtriser les fondamentaux

Selon Gardner, un lecteur d'aujourd'hui lit un livre avant tout pour y découvrir, pour le dire dans sa forme la plus simplifiée, un personnage en mouvement. L’intrigue se situe alors « dans l'actualisation du potentiel qui existe dans un personnage ou une situation » (Aristote). Partant de là, Gardner place le triptyque « personnage, intrigue, action » (dans cet ordre) au centre de l'écriture romanesque, avant le style (question qu’il développe plus loin). Il ne rejette pas pour autant ce qu’il appelle la « métafiction » (ou unconventional fiction), seulement, dans la métafiction, le discours prévaut sur l'action (exemple : le Nouveau roman). En cela, Gardner explore avant tout la mécanique de la fiction conventionnelle.

Gardner présente dans une liste non exhaustive les fautes courantes qui constituent selon lui les marques d'une écriture maladroite : sur-utilisation de la voix passive, phrases introductives comprenant systématiquement un infinitif au début, variation brutale ou inappropriée du registre de langue, manque de variété des phrases (longueur, sujet-verbe-complément), rythme des phrases (métrique, accentuation), rime accidentelle, explications superflues alors que l'action suffit (il ne faut pas céder à la tentation d'expliquer), et confusion focale (par exemple un personnage perçoit ce qu'il n'est pas censé pouvoir percevoir, à cause d'une intrusion inopinée du narrateur).

Ce que Gardner souligne en définitive est une des règles fondamentales bien connue des cours de creative writing : « Show, don't tell », ce qu'on peut traduire par : « Il faut montrer, non démontrer. » Gardner estime que toute information peut (doit) être transformée en action ou dialogue. En résumé, jeune apprenti, plutôt que d'expliquer que Bhaldùr est un vieil orque aigri parce qu'il souffre d'une sciatique, il vaut mieux montrer Bhaldùr donnant un coup de pied au chat qui dort sur son passage, puis se mettre à engueuler quelqu’un pour une broutille avant d'aller se plaindre à Gùndahl-le-vertueux que sa sciatique le fait toujours souffrir. De cette façon le lecteur a plus de chances de rester immergé dans le « rêve fictionnel ».

Gardner énumère ensuite rapidement trois fautes grossières (mais mineures) qu'on trouverait trop souvent dans la mauvaise littérature :

   - 1/ poser les actions d'un événement dans le désordre (exemple donné : « Tournant, dribblant près du sol pour se mettre en position de tir, il se retrouva bientôt étalé par terre, du fait qu'une cheerleader surexcitée s'était mise sur son chemin. » Les faits sont donnés dans le désordre. D'abord la cheerleader doit se mettre sur le chemin, ensuite il y a le choc, puis le joueur se retrouve par terre, cela permet au lecteur de faciliter la visualisation de la scène dans son esprit.)
 - 2/ insertion de détails bêtement exécutée (qui donne de nombreux clichés littéraires, par exemple le personnage qui s'aperçoit dans un miroir, ce qui donne l'opportunité bienvenue d'en faire la description physique, ou pire : il se voit dans le cadran d'une horloge pour symboliser le poids des années qui marque son visage).
 - 3/ et certaines bizarreries dans l'imitation de difficultés de prononciation et d'énonciation des personnages (hum, ugh, d-d-d-d-don't) dont l'objectif est d'ajouter une touche de vérité mais qui, utilisées excessivement, sonnent souvent faux.

Mais ces fautes-là, qui relèvent de la maladresse, ne sont rien comparées aux trois fautes majeures suivantes, que Gardner qualifie carrément de « fautes de l'âme » :

   - 1/ la sentimentalité, qu'il différencie des sentiments et de l'émotion en la définissant comme une tentative d'obtenir un effet sans fournir les causes appropriées. Exemple : faire mourir un chaton juste parce que tout le monde trouve ça triste, sans fournir les causes profondes de cet événement. Dans une bonne fiction, le lecteur doit être ému par les personnages et les événements, non par l'émotion falsifiée de celui qui nous raconte l'histoire et qui insiste pour que nous soyons émus ensemble.
 - 2/ la frigidité, qui consiste à un manque de sérieux et de profondeur dans le traitement d'un matériau qui lui, est profond et sérieux. C'est aussi la façon que l'auteur a de s'intéresser plus à lui-même qu'à ses personnages. Or l'auteur se doit d'entrer profondément dans les émotions de ses personnages pour les comprendre, autant qu'il doit le faire pour des personnes réelles. Pour résumer, il s'agit d'un manque de sensibilité et d'attention au sujet traité. Pour Gardner, la frigidité est l'une des pires fautes possibles en littérature, car souvent à la base d'autres fautes. C'est la frigidité qui fait que l'auteur se concentre davantage sur la forme que sur le fond, c'est aussi ce qui le conduit à la sentimentalité (fausses émotions).
 - 3/ le maniérisme, qui provoque une sortie du « rêve fictionnel » par des tics de style, par une intrusion intempestive de l'auteur par son style, lorsque l'auteur veut absolument nous montrer comme il est différent des autres, comme il manie la langue avec brio. Quand l'écrivain frigide manque de sentiments puissants, quand l'écrivain sentimental met du sentiment là où il ne faut pas, l'écrivain maniéré s'intéresse davantage à sa propre personnalité – et son ego – que celle de ses personnages.

Pour éviter toute tentation de maniérisme stylistique dont l'écrivain débutant est toujours la proie, on peut se souvenir ici d'une citation de David Hare : « Style is the art of getting yourself out of the way, not putting yourself in it. » (Le style, c’est l’art pour l’écrivain de savoir dégager le passage, pas de se mettre en plein milieu).

Voici pour les premières erreurs, petites et grandes, à éviter. Mais alors, comment atteindre la fameuse « maîtrise » ? Pour cela, il faut procéder par étapes, être régulier et rigoureux. Gardner conseille de commencer par plancher sur de petites unités. Écrire des nouvelles est déjà trop long, et le résultat sent trop souvent l'amateurisme. Il s'agit plutôt de s'exercer dans un premier temps à écrire un bon dialogue entre deux personnages, travailler les descriptions selon différentes contraintes, etc. Travailler successivement sur des petites unités aide peu à peu l'écrivain débutant à prendre confiance dans son écriture, car il n'a pour l'instant pas à se préoccuper du message qu'il veut faire passer, ni de la construction d'une intrigue trop complexe qui va souvent lui échapper. De cette façon, l'écrivain débutant prend aussi conscience qu'un roman se compose d'une succession d'unités plus ou moins longues. Unité description, suivie d'une unité dialogue, suivie d'une unité action, etc. En décomposant la structure de la fiction, il est plus facile ensuite de les articuler de façon cohérente. Ce n'est qu'un fois ces exercices bien intégrés qu'il peut se lancer dans l'écriture de nouvelles, puis d’œuvres de fiction plus longues sans avoir peur de s'y perdre.

En imaginant que le jeune écrivain maîtrise désormais les fondamentaux (grammaire et syntaxe, variation des phrases, structure des paragraphes, faire la différence entre émotion et sentimentalité, étudier la construction du personnage, discerner bonne et mauvaise action dramatique, etc., car c'est bien l'étude de la technique qui mène l'écrivain à la maîtrise littéraire – non pas les excursions en canoë ou les périples solitaires au fond des bois, pour répondre à ceux qui conseillent aux jeunes écrivains de vivre des expériences plutôt que de s'exercer à bien écrire), une question qui revient souvent est : de quoi doit-on parler ? On en vient donc à étudier la deuxième règle élémentaire de l’écriture de fiction.

2/ Choisir un genre plutôt qu’un sujet

Gardner répond que le premier sujet de la fiction est, et a toujours été, l'émotion humaine, les valeurs et les convictions / croyances (beliefs). Il évoque un vieil adage de professeur consistant également à dire : « Écris à propos de ce que tu connais ». Or, selon Gardner, rien ne peut limiter davantage l'imagination.

Une meilleure réponse, bien que toujours imparfaite, pourrait être : « Écris le genre d'histoire que tu connais et aime le plus – histoire de fantôme, science-fiction, histoire réaliste sur ton enfance, peu importe. » Gardner affirme que l'unité de pensée primitive, la base consciente ou inconsciente à partir de laquelle l'artiste organise et sélectionne les détails de son travail, est le genre. C'est évident en musique. On peut se tenir à un genre strictement, ou croiser les genres, etc., en gardant à l'esprit que le croisement des genres se trouve derrière la plupart des chefs-d’œuvres littéraires de la tradition anglo-saxonne, toujours selon Gardner.

Cela dit, connaître son sujet en profondeur est primordial, autant que l'acuité du regard que l'écrivain porte sur le monde, qualités indispensables à toute œuvre de fiction de qualité. Gardner s'appuie sur l'exemple de Steinbeck en se demandant pourquoi l'écrivain américain a « raté » Les Raisins de la colère. D'après lui, le livre aurait dû faire partie du panthéon littéraire américain. Mais alors que Steinbeck savait tout ce qu'il y avait à savoir sur les « Okies » et les peines qu'ils connurent lors de leur voyage en Californie pour trouver du travail, il ne connaissait rien aux ranchers californiens qui les employaient et les exploitaient, il ne s'est pas intéressé aux raisons qui les poussaient à agir comme ils le firent, et, selon l'avis de Gardner, le roman donne finalement un « mélodrame agaçant dans lequel la complexité du Bien s'oppose à un Mal pas crédible et caricatural ».

Après avoir révisé ses fondamentaux et choisis un genre dans lequel écrire son histoire, le jeune apprenti écrivain devra impérativement maîtriser la troisième règle élémentaire de l’écriture fictionnelle, l’une des plus importantes.

3/ Créer un « rêve fictionnel »

L'un des principes que John Gardner juge essentiel pour considérer une œuvre de fiction réussie est ce qu'il appelle, selon une formule de R.L. Stevenson, la « fiction en tant que rêve » (fiction as dream) qu'on appellera ici « rêve fictionnel ». Gardner estime que l'une des tâches premières de l'écrivain est de créer une sorte de rêve dans l'esprit du lecteur qui ne soit jamais interrompu. La moindre interruption de ce rêve, par un excès de style, par une syntaxe non maîtrisée ou par un manque de précision visuelle dans la description d'une scène, sont les erreurs à ne jamais commettre.

Dans une grande œuvre de fiction, le rêve nous engage corps et âme, car nous nous confrontons à des problèmes fictifs comme s'ils étaient vrais : nous sympathisons, pensons, et jugeons. Si l'effet du rêve se doit donc d'être puissant, le rêve doit être saisissant et continu ("vivid and continuous") – saisissant parce que si les choses ne sont pas claires dans notre esprit à propos de ce dont nous rêvons (qui et où sont les personnages, ce qu'ils font ou essaient de faire et pourquoi) nos émotions et notre jugement s'en trouveront désorientés, dissipés, ou bloqués ; et continu parce que le cours de l'action interrompu sans cesse aura nécessairement moins de force qu'une action conduite de façon fluide du début jusqu'à sa conclusion.

Pour Gardner, il faut faire en sorte que le rêve se déroule comme les images d'un film dans l'esprit du lecteur. L'auteur distrait le lecteur – met pause dans le film – quand, par un glissement technique ou par une « intrusion égoïste » dans le récit, il permet (ou force) le lecteur de s'arrêter de penser à l'histoire (il arrête de voir l'histoire) pour penser à quelque chose d'autre. Évidemment, certains auteurs jouent avec cet impératif, et font en sorte de ne pas laisser le lecteur entrer dans le rêve, mais il s'agit plutôt dans ce cas, selon Gardner, de métafiction.

La première et plus importante erreur de son point de vue est donc l'interruption du « rêve fictionnel ». Gardner juge que dès que le lecteur se met à penser à l'auteur ou au texte au lieu de l'histoire, le rêve est rompu, et c'est une faute. Il compare cette faute à un dramaturge qui interromprait sa pièce en plein milieu de la représentation pour rappeler au spectateur que c'est bien lui qui a écrit tout ça.

Pour cela, l'auteur doit utiliser une syntaxe claire et précise afin d'éviter au lecteur d'avoir à décoder les phrases. Ainsi, même si l'écriture passe toujours par une phase d'imitation, le meilleur moyen pour un écrivain amateur de faire fausse route, serait de chercher à imiter le style compliqué et sophistiqué du grand écrivain qu'il admire. Or le jeune écrivain devrait plutôt se concentrer dans un premier temps sur la continuité du « rêve fictionnel », exercice suffisamment périlleux en soi pour ne pas y ajouter la contrainte du style.

Mentir en disant la vérité, et inversement

Gardner s'interroge ensuite sur la relation entre vérité et fiction. L’œuvre de fiction doit-elle dire la vérité ? Quel genre de vérité la littérature nous révèle-t-elle ? La question est depuis toujours liée à la création romanesque. Quelle que soit la nature d'un texte, l'objectif de l'écrivain est de faire croire que l'histoire qu'il raconte est vraie, ou vraisemblable, en s'appuyant sur la célèbre formule de Coleridge qui définit le pacte auteur / lecteur autour de la « suspension momentanée et volontaire de l'incrédulité, qui constitue la foi poétique ». Pour parvenir à obtenir cet effet, l'auteur doit s'investir avec sérieux dans la précision du détail.

Car contrairement à l'auteur de contes qui, lui, profite naturellement de la « suspension de l'incrédulité » (la formule « Il était une fois » précise d'emblée au lecteur la nature fictive du récit qu'il découvre), le réaliste – au sens large – doit faire croire à la vérité. Quand le travail d'un écrivain « réaliste » est convaincant, tous les effets, même les plus subtils, ont des causes implicites et explicites. Par ailleurs les détails (ou preuves) authentifiant l'histoire à chaque étape du roman ne sont pas seulement l'élément central de la fiction réaliste, mais de toute fiction.

Le travail d'un écrivain réaliste ne peut se contenter du nom exact des rues et des boutiques ou des description des gens du voisinage, il doit nous présenter, moment par moment, des images concrètes tirées de son observation du comportement des gens, et il doit rendre compte des connections entre ces moments, les gestes exacts, les expressions faciales, ou les tournures de phrases qui, dans une scène, font aller les êtres humains d'une émotion à une autre, d'un instant précis au suivant. L'auteur doit continuellement présenter des « preuves » au lecteur, sous la forme de détails précis, confirmant la véracité prétendue des événements qu’il raconte.

Bien sûr, il faut garder à l'esprit la différence entre histoire vraie et vraisemblable. Le fait que l'histoire soit vraie ne déleste pas le romancier de la responsabilité de créer des personnages et des événements convaincants. En tant que lecteur, nous nous demandons sans arrêt : « Une mère dirait-elle vraiment cela ? » ou « Un enfant penserait-il vraiment de cette façon ? » et le romancier peut considérer avoir réussi son travail si nous répondons inévitablement « Oui » à ces questions. Si l’auteur a mal fait son travail, le lecteur n'est pas convaincu, quand bien même l'auteur lui présenterait des événements dont il a été réellement le témoin dans sa vie.

L'art subtil de la description fonctionne selon le même principe. Gardner estime qu'une bonne description ne peut se borner à indiquer au lecteur où l'action se déroule, dans quel cadre et quelle atmosphère, s'il fait beau, s'il pleut, etc. Une bonne description doit aller plus loin : elle constitue un moyen de descendre loin dans l'inconscient de l'écrivain, pour y trouver des indices à propos des questions que sa fiction doit poser, et, avec un peu de chance, le guider vers les réponses. Il ne s'agit pas simplement de décrire une ferme, il faut évoquer une ferme décrite par quelqu'un avec une humeur particulière, des sentiments particuliers, intriqués dans une façon de voir le monde à ce moment donné. Pour cela, il doit user de la force symbolique des images qu'il utilise dans sa description. Il lui faut découvrir le signifiant des choses et les communiquer, ce qui pour l'écrivain constitue un seul et même acte.

Les sept éléments de la maîtrise littéraire

Après une plongée dans les différentes formes de technique d'un point de vue théorique, Gardner énumère les éléments auxquels doit se confronter l'écrivain débutant pour atteindre enfin la maîtrise littéraire. Il en sélectionne sept, que nous simplifions ici à l'extrême :

1/ L'imitation : il y a deux façons de procéder par imitation pour améliorer sa technique ; soit utiliser une forme ancienne et non familière pour présenter et analyser un sujet moderne, soit se lancer dans l'imitation ligne par ligne d'un texte existant, pour comprendre de l'intérieur les subtilités et les mécanismes du style d'un grand auteur.

2/ Le vocabulaire : en avoir trop n'est pas forcément un avantage, car une utilisation mal maîtrisée peut mener à la pédanterie. À ce propos, Hemingway, connu pour son style épuré, disait : « Bien sûr que je connais moi aussi de grands mots, mais je m'efforce par tous les diables de ne pas les utiliser. »

3/ La phrase : leur longueur, leur texture, leur rythme déterminent le sentiment, l'émotion que l'auteur veut véhiculer. Une phrase courte ne provoque pas le même effet qu'une phrase longue.

4/ Le rythme poétique : Gardner se lance dans une longue et instructive démonstration sur la métrique et l'accentuation des phrases dans un texte en prose, avec de nombreux exemples.

5/ Le point de vue : il développe ensuite un argumentaire sur les avantages, inconvénients et dangers de l'utilisation de la 1ère personne, de la 3ème personne subjective, de la 3ème personne objective…

6/ Le délai : comment créer du suspense, tout en gardant à l'esprit le danger de sortir le lecteur du « rêve fictionnel » ou de le manipuler avec trop d'insistance, ce que le lecteur n'apprécie pas.

7/ Le style : il évoque le danger de la volonté du débutant de vouloir trouver sa propre voix à tout prix. Toutefois, il y aura toujours des auteurs qui persisteront avec insistance à vouloir créer un style nouveau ; dans ce cas, Gardner leur dit : Allez-y (Go for it).

Construire une intrigue

Gardner se penche enfin sur le problème de l''intrigue. En s'appuyant sur de nombreux exemples, il explore les risques, les pièges, les facilités, avantages et inconvénients de chaque méthode de construction d'intrigue. Selon lui, il existe trois façons différentes de dérouler une intrigue (dans son acception moderne) : en partant de l'emprunt d'une histoire traditionnelle ou d'une anecdote tirée de la vie, en travaillant à rebours de son climax, ou en travaillant à partir d'une situation initiale.

Dans tous les cas, le climax doit être à la fois inévitable et surprenant (pour être à la fois persuasif et intéressant). Prenons l'exemple d'une histoire typique de conflit entre deux personnages, disons un orque et un elfe. La valeur du récit dépendra de la capacité de l'auteur à créer deux personnages puissamment convaincants lancés dans un conflit irréconciliable, que chacun des deux présente des aspects dignes de notre sympathie, en d'autres termes que chacun suive des valeurs réelles mais mutuellement exclusives. Pour que le climax soit persuasif, on doit nous montrer dramatiquement pourquoi chaque personnage croit ce qu'il croit, et pourquoi l’elfe ne peut en aucun cas se réconcilier avec les valeurs que défend l’orque, son antagoniste. Et de la même façon, nous devons comprendre pourquoi les deux personnages en conflit ne peuvent simplement s'éviter, nous devons comprendre ce qui les mène l'un à l'autre et rend la guerre entre l’Orquanie et l’Elfédie inévitable. Les personnages, en conflit avec la situation même, doivent être forcés d'agir par les événements.

Dans le cas des romans « architectoniques » où plusieurs lignes d'intrigues s'entremêlent, chacune centrée sur un personnage fort ou un groupe de personnages (par exemple Anna Karenine), chaque ligne doit être philosophiquement en liaison avec les autres (ici la vie de Levine et celle d'Anna, l'un se dirigeant vers son salut, l'autre vers la damnation). Car le dénouement d'un roman n'en marque pas seulement la fin, il en marque l'accomplissement. Ici, enfin, le lecteur comprend tout, émotionnellement sinon intellectuellement, et tout pour lui devient symbolique. Or ceci est, bien entendu, un effet qui n'est pas prévisible par l'auteur dans la confection du roman. Et ceci ne peut être enseigné.

Mais en ayant déjà accompli tout ceci, l'écrivain débutant n'a franchi que la première étape de toute fiction se voulant sérieuse. Le plus important reste à faire s'il veut atteindre le niveau d'une grande œuvre. « Mine deeper », disait Melville, creuse plus profond, c'est-à-dire qu'il faut aller chercher le sens fondamental des événements, en organisant une imitation de la réalité, elle-même articulée autour d'une question ou d'un thème suggéré par le problème du personnage. Car le roman doit accepter sa corrélation naturelle avec les questions métaphysiques, rejoignant ici l'avis de George Steiner pour qui chaque grande œuvre d'art pose forcément la question de l'existence ou de la non existence de Dieu. Cela ne signifie pas que tout grand roman se doit de poser cette question-là à un moment ou à un autre, comme un passage obligé, mais que d'une certaine façon, le roman doit se hisser au-delà de lui-même, soulevant des questions qui le dépassent.

Surtout, la fiction ne doit pas se contenter de nous distraire de nos problèmes ou de nous amuser, elle ne se contente pas d'élargir nos connaissances sur les gens et les endroits du monde, mais elle doit nous aider à comprendre, ou à remettre en cause, ce que nous croyons, elle renforce nos qualités les plus nobles, et nous conduit à nous sentir perplexes par rapport à nos fautes et nos limites.

Il y aurait beaucoup à discuter sur la conception que se fait John Gardner de l’écriture de fiction, et plus largement sur les cours de creative writing tels qu’ils sont enseignés de plus en plus, notamment en France où la discipline fait doucement son entrée à l’Université. Mais il est malheureusement impossible ici de restituer les nombreuses nuances qu’apporte l’auteur aux principes que nous retranscrivons ici. Mais qu’on le rejoigne ou pas, tout auteur, apprenti comme confirmé, trouvera matière à réflexion sur sa pratique (censée être) quotidienne de l’écriture. Et dans tous les cas, c’est un livre qui mérite largement de connaître une traduction française.

John Gardner - The art of fiction - Vintage Books - 1983 - 224 p.

2 Commentaires

 

LesMotsPassants

23/05/2019 à 17:23

Très bon article, très complet. Je me tiens aux aguets pour ne pas louper sa sortie en version française ! Merci pour cette découverte très intéressante !

Roos Céline

31/05/2019 à 09:22

Son recueil de nouvelles The Art of Living and other stories n'est pas traduit non plus. Quel plaisir ce serait d'avoir le droit de les traduire! La seule façon de procéder possible est-elle qu'un éditeur achète les droits de traduction aux maisons d'édition l'ayant publié jusqu'à présent?

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Dès la première page, le doute n’est pas permis : le lecteur est placé face à un homme solitaire pas très compétent dans les relations humaines, certainement un peu timide, assurément froissé par des évènements de sa vie susceptibles de marquer plus ou moins profondément le caractère d’un être humain. Mais il n’est pas fou.

20/09/2022, 16:50

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La couvée : le destin et ses caprices

Dans un petit coin tranquille du Minnesota, quatre poules deviennent le centre du monde de notre protagoniste. Anonyme, cette femme se donne corps et âme, décidée à offrir une vie douce et heureuse à ces étranges bêtes, qu’elle commence tout juste à apprivoiser. En l’espace d’un an, la voici qui apprend tout ce qu’il y a savoir sur sa petite couvée, dans l’espoir de surmonter les obstacles — souvent inattendus — du quotidien.

16/09/2022, 14:44

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Monsieur personne, le nouvel album onirique de Joanna Concejo

Monsieur personne est un homme tout gris que personne ne remarque. Pourtant, à l’abri des regards, il s’emploie à rendre la vie de chacun plus lumineuse. 

16/09/2022, 11:06

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Jordan Crane met le couple à l'épreuve dans Keeping Two

Après un trajet en voiture un peu houleux, Will et Connie arrivent chez eux. La douceur du foyer calme alors les tensions du jeune couple qui se répartit les tâches ménagères à réaliser : tandis que le premier s’occupe de la vaisselle, la seconde va faire quelques courses. Durant ce moment suspendu de rêveries, Will se remémore les disputes qui ont émaillé ce voyage. Puis Connie tarde à rentrer. Reste injoignable. Les heures passent et les pensées s’accumulent jusqu’au désespoir. 

15/09/2022, 11:38

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Le crépuscule de Shigezo, ou la condition féminine au Japon

Dans un pays toujours très en retard en matière d’égalité des sexes, ce roman écrit par une féministe décrit le quotidien d’une Japonaise qui travaille tout en s’occupant de sa famille. 

15/09/2022, 11:38

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Au nom des requins : extraordinaire plongée, en eaux profondes

Un rapide coup d’œil sur la page Wikipédia qui lui est consacrée vous en convaincra : François Sarano n’est pas le premier venu et les films auxquels il a participé, les ouvrages ou parutions qu’il a commis ou auxquels il a participé, les expéditions (notamment à bord de la Calypso du Commandant Cousteau) dans lesquelles il s’est engagé, les travaux qu’il a menés au sein d’équipes scientifiques, les associations dans lesquelles il est impliqué, les reconnaissances et récompenses diverses qui lui ont été attribuées, etc., etc. font de lui une figure incontournable parmi les grands noms de la connaissance du milieu marin et de ses habitants.

15/09/2022, 10:59

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Amélie Nothomb, les histoires d'amour finissent mal...en général

C’est l’histoire d’une enfant que l’on ne saura aimer, qui ne trouvera pas sa place dans le couple parental. L’histoire d’une déchirante constatation qui éteindra le regard de Tristane à tout jamais. Ce conte d'une noirceur pourtant pétrie d'espoir accompagne une « petite fille terne » de sa conception à sa libération, victime d’une privation d’affection parentale qui donnera naissance à l’amour le plus pur.

14/09/2022, 15:40

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Tiff'Annie : le retour des dessous à Saint-Saturnin

À Saint-Saturnin, monsieur Piquet, horloger de métier et dont la boutique se situe juste en face du salon de coiffure tenu par la fameuse Annie, est introuvable. La disparition pour le moins suspecte de ce vieil homme acariâtre réputé pour être regardant sur les dépenses (à part s’il s’agit de nourrir les chats du village), demeure nimbée de mystère. Au point de pousser Annie à s’en mêler : elle découvre alors auprès de son neveu que l’harpagon de service aurait en fait hérité d’une considérable somme d’argent convoité avidement par la descendance susmentionnée. Les révélations vont dès lors se succéder jusqu’à révéler une bien sordide machination.

13/09/2022, 12:12

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La malédiction de la Madone : amoureuse vengeresse

Naples, dans les années 1950. Ville magnifique et cruelle à la fois, berceau du monde criminel bâti par la mafia italienne, lieu où le soleil brûle, enflamme, déchaîne. Assunta Maresca, dite Pupetta, y grandit, comme beaucoup de filles de son âge, au sein de cette communauté où la loi se décide par la violence. Fille de mafioso, cette « petite poupée » n’a pas froid aux yeux. Et elle rêve d’une vie différente.

13/09/2022, 11:23

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Darwin’s Incident : mi-humain mi-chimpanzé, quelle place espérer ?  

Charlie est le premier humanzee à se mêler à la société humaine. Mi-humain, mi-chimpanzé, il a été élevé par des parents adoptifs et fait maintenant sa rentrée au lycée. Arrivera-t-il à se fondre dans la masse ? L’ALA, groupe d’activistes végans de plus en plus violents, risque bien de faire une ombre au tableau… Déroutant manga de science-fiction, Darwin’s Incident nous fait repenser la frontière entre l’humain et l’animal.

12/09/2022, 12:30

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Un homme d’ombres : enquête haletante dans le noir

Année 1959 – peut-être. Ici, les chronologies s’entrecroisent, tic-tac, s’achètent et se possèdent, existent toutes les unes en parallèle des autres. Il suffit de choisir la sienne, et suivre le rythme. Attention cependant à ne pas perdre le fil ; pire encore, risquer de tomber entre les mains d’un mystérieux tueur en série, Vif-Argent, qui fauche vie après vie sans que personne ne puisse voir quoi que ce soit...

09/09/2022, 14:18

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L’eau rouge, de Jurica Pavicic : la guerre à nos portes...

« Pour commencer, Vesna se souvient du temps qu’il a fait. C’était une journée chaude et splendide de septembre. » Ainsi débute ce roman, et comme Vesna la mère de Silva, lectrices et lecteurs ne pourront oublier ce jour du 23 septembre 1989.

09/09/2022, 14:16

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Leviathan de Jason Shiga : la BD dingue dont vous êtes le héros

La découverte d'un nouvel album de Jason Shiga est toujours un moment magique. Si l'on sait quand on va tourner la première page, on est en revanche bien incapable de deviner combien de temps on va mettre pour traverser la lecture, c'est-à-dire s'aventurer de case en case, s'égarer, identifier des repères, persévérer et, petit à petit, trouver comme dans un labyrinthe le chemin qui mène à la sortie. Êtes-vous prêts à affronter le Léviathan ?

09/09/2022, 10:30

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Le Duc de Marlborough, ennemi public n°1... de Louis XIV

« Sous Louis XIV, l’armée française n’a jamais perdu de bataille… ou personne ne s’en souvient. Certes, en 1656, Turenne lui-même a été lourdement battu devant Valenciennes, mais dans les années 1700, qui est assez vieux pour en avoir été témoin ? » Sauf que... « Tout change le 13 août 1704. »

07/09/2022, 11:15

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Profession : détective privé mortellement malade

Y’a pas à dire, un polar, ça rime avec blanc et noir. Les couleurs de la trame, ou plutôt l’absence de couleurs et la totalité de celles existantes, fondues jusqu’au blanc. D’autant plus amusant, qu’au cinéma, on parle de fondu au noir. Personnellement, je préfère le fondant au chocolat. Mais rien de tout cela ne nous rapproche de Caboche, roman graphique d’exception – rien, sinon le flux erratique dont les synapses sont capables. Et plus particulièrement en cas de cancer au cerveau. 

07/09/2022, 10:31

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Sa préférée : la violence, la rage, l’amour

Le père de Jeanne est un homme violent, qui crache des insultes jour après jour. Envers sa mère, qui se recroqueville et accuse le coup, au quotidien. Envers sa sœur aînée, Emma, qui ne se défend pas plus. Et envers elle, une fois seulement, alors qu’elle ose lui tenir tête du haut de ses huit ans. La fois de trop. Celle qui allume au fond de son être une colère qui la brûle, la consume tout entière. 

07/09/2022, 09:40

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Suivre le GPS, jusqu'à la vérité ?

Âgée de 33 ans, Ariane connaît quelques difficultés depuis qu’elle a perdu son travail. Elle tremble à la simple idée de devoir quitter le confort de son appartement, reste plutôt cloîtrée chez elle, à envoyer des lettres de motivation avant de sombrer dans le silence et l’immobilité de son existence. Mais voilà que Sandrine l’invite à ses fiançailles, après lui avoir demandé d’être témoin. 

05/09/2022, 10:48

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Saturnine : il n'y a pas que Tarzan dans la vie (ou la jungle)

Un bébé, protégé dans son couffin, survit à un naufrage et s’échoue sur une île. Recueillie par les singes insulaires, la jeune fille grandit dans une nature sauvage. Un jour, elle tombe dans une embarcation restée à l’abandon qui la porte en pleine mer. Le capitaine d’une frégate la recueille et reconnaît en elle la fille d’une riche famille. Il entreprend alors de l’éduquer afin de la ramener à la civilisation. 

05/09/2022, 10:27

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Nous nous aimions : déchirure douce-amère

Bienvenue, là où le temps ne répare pas les blessures... Kessané et Tina sont sœurs. Sans jamais tomber dans des effusions de tendresse, loin d’une sensibilité enfantine telle qu’on peut l’imaginer — pourtant elles s’aiment profondément ; se confient l’une à l’autre, se soutiennent, se comprennent, prennent soin l’une de l’autre. L’amour de leur parent est un cadeau perpétuel, elles se savent chanceuses, elles qui grandissent en France tout en cultivant leurs racines géorgiennes. 

01/09/2022, 15:38

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Bernard Chambaz et ses héros magnifiques

Une fin de belle journée de printemps dans un bois près de Fontainebleau, à l’orée d’une clairière qu’il tente de peindre en recherchant le « jaune qui correspondait à cette heure » pour l’appliquer sur la toile qu’il peint. Auguste a entraperçu un homme qui s’est assis sur l’autre rive de la clairière et qui, bien qu’apparemment installé tranquillement pour s’offrir « une prise de tabac », ne manque pas de se retourner régulièrement « comme si un sanglier […] pouvait débouler dans son dos ».

01/09/2022, 15:37

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Le Principe de réalité ouzbek : rester ou tout quitter ?

Une page blanche. En haut à droite : un lieu, une date. Plus bas, à gauche : Madame. À Brest, à deux pas de l’Océan, dans une maison proprette où elle vit avec son compagnon et leurs deux enfants, une femme « prend la plume » pour écrire une lettre (une très longue lettre puisque, en fait, elle constituera l’entièreté du livre) destinée à une autre femme qui vit loin de là, quasi dans un autre monde ! Qui vit à Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan où elle est directrice d’une école française.

31/08/2022, 14:21

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Le soldat ou le temps désaccordé ?

Trois jeunes tambours s’en revenaient de guerre… Mais certains y laissèrent un bras, d’autres une jambe, voire la vie. Comme le disait un poète russe : « Dans cette existence, mourir n’est pas nouveau, mais vivre ne l’est pas non plus. » Et quand on part sur le champ de bataille, on a rarement plus que sa vie à mettre en commun, dans cette meurtrière auberge espagnole. Au terme de la Première Guerre mondiale, Le Soldat désaccordé ouvre une page fulgurante : entre amour impossible, roman quasi policier et… physique quantique. Vive les paradoxes temporels.

31/08/2022, 12:14

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On dit pourtant que Ça n'arrive qu'aux autres

Le 4 juillet 2014, Anna et Jonas vont beaucoup boire. C’est la fête d’anniversaire d’un ami commun, l’alcool coule à flot, l’ambiance est légère, la Coupe du monde de football échauffe les âmes. Anna et Jonas ne se connaissent pas très bien, leur rencontre date de seulement quelques mois. Ils ne se plaisent pas tant que ça, pourtant ils ont déjà passé une nuit ensemble – alors pourquoi pas une deuxième fois ? Sauf qu’Anna n’aurait pas consenti.

31/08/2022, 12:03

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Une heure avant la vie, de l'amour aux deuils

Traductrice, agent littéraire, et éditrice d’origine kazakh, Svetlana Pironko signe là un premier roman d’inspiration autobiographique. Récit initiatique, intime, Une heure avant la vie nous fait également bourlinguer, des steppes d’Asie centrale à Paris, d’Édimbourg à l’Égypte, en passant par Venise, au gré des souvenirs. Le livre ne contient pas d’intrigue définie, mais la narration se fait par petites touches, de manière quasi impressionniste, autour d’une figure paternelle chérie. Par Etienne Ruhaud.

30/08/2022, 11:50

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La main sur le coeur ou l'art du pittoresque...

Un récit qui atteste d’une rigoureuse documentation, et voici comment le premier roman d'Yves Harté interroge le temps, le deuil et l’amitié. Son narrateur entreprend un voyage pour revoir le sujet peint sur le tableau El caballero de la Mano en el pecho, du Greco, mais tout cela n'est que prétexte. Yves Harté dévoile l’intimité partagée par deux amis, qui vibraient pour un pays, une culture.

30/08/2022, 10:50

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T'zée d'Appollo et Brüno: une somptueuse tragédie africaine

Voici certainement l'un des albums les plus puissants que j'ai lus cet été. Il est signé par Appollo et Brüno, un tandem qui a déjà prouvé son efficacité et son originalité avec les séries Commando colonial et Biotope, toutes deux publiées dans la regrettée et inimitable collection Poisson Pilote chez Dargaud. Cette fois, ils se lancent dans un projet risqué, mais réussi de main de maître, celui de raconter en bande dessinée une véritable tragédie antique, mais ancrée dans la réalité de l'Afrique postcoloniale.

30/08/2022, 09:19

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Mon mari dort dans le congélateur : un thriller frig-horrifique

Ça y est : Nana a enfin trouvé le courage de tuer son mari. Ryô avait beau avoir une gueule d’ange, avec les années, il s’était mis à traîner à la maison sans travailler et à la battre. Nana jubile de sa liberté retrouvée et planque le corps dans le grand congélateur à glaces de la remise. Le seul problème, c’est que le lendemain matin, Ryô rentre à la maison. Qui est cet homme qui lui ressemble en tout point ? Et s’il s’agit bien de Ryô, alors qui est le cadavre dans le congélateur ? Un thriller glaçant en deux tomes.

29/08/2022, 11:46

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Les Ensablés - Un jardin pour l'éternel, de Jean Carrière

« Tout a commencé en Champagne, fin mars 1915, lors de l’offensive menée par Joffre. Durant l’attaque, Pierre-Ézéchiel Séguier eut la moitié inférieure de sa jambe fracassée par un éclat d’obus. Il fallut l’amputer […] Il ne restait plus assez de morphine. […] “Je suis fait au fer et au sang”, rétorqua le blessé avec la raideur de ceux qui méprisent les faiblesses du corps et de l’âme. » Par Carl Aderhold

25/09/2022, 09:00

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Meilleures Ventes : Monkey D. Luffy et One Piece à l'abordage

L'équipe de pirates toute de guingois prend la tête du classement de cette semaine. À l’occasion de la sortie du tome 102 du manga d'Eiichiro Oda, avait été organisé un grand évènement national : La nuit One Piece. Et cela aura réussi au dernier opus des aventures du capitaine au chapeau de paille, qui fait son entrée directement en première position avec 53.358 exemplaires vendus au cours des sept derniers jours.

23/09/2022, 10:53

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Débat entre pro et antivax avant l'heure : Les Enragés, de Paola Nicolas

BONNES FEUILLES - En cette fin de XIXe siècle, la rage, transmise par les morsures des chiens et des loups, hante les imaginations. Lorsqu'un chien errant se rue sur le petit Jules Rouyer, douze ans, sa mère se rend immédiatement au laboratoire Pasteur. 

22/09/2022, 09:00

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Apocalypse blanche, un polar polaire par Jacques Amblard

#BONNES FEUILLES - Années 2050. La Terre, en pleine extase sismique, rate in extremis son but pur, son rêve métaphysique : l’extermination de l’espèce humaine. Conséquence des cataclysmes, outre onze milliards de morts, des monts, au Chili, en Alaska, ont grandi.

21/09/2022, 17:10

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Claire Raphaël questionne : et S'ils n'étaient pas si fous

BONNES FEUILLES - Roman policier procédural au plus près du travail de terrain, questionnant le lien entre crime et maladie mentale, mais aussi l’usage des armes au sein de la police... Claire Raphaël pose plus d'une question, avec S'ils n'étaient pas si fous.

21/09/2022, 11:32

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Mireille Gagné : Des suites d’un hiver hâtif

BONNES FEUILLES - À demi-arbre ou femme, que lui est-il arrivé ? Est-ce le défigurement ou les insectes envahissants qui ont provoqué son sentiment de perte de soi ? Elle est sur le point de craquer, risque de se fendre en son centre. Médecin, hypnothérapeute, chiropraticien sont à son chevet. 

20/09/2022, 09:00

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Alan Lightman : Einstein on the clouds

BONNES FEUILLES - Berne, 1905. Depuis plusieurs mois, un jeune employé de l’Office des brevets rêve au temps. À son mystère, à sa substance. Parmi les multiples natures du temps, imaginées en autant de nuits, l’une semble s’imposer. Non que les autres soient impossibles : elles pourraient exister dans d’autres mondes. 

19/09/2022, 09:00

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Meilleures ventes : rentrée scolaire ou littéraire, choisissez votre camp

Comme un air de rentrée scolaire vient s’immiscer dans les meilleures ventes de la semaine. Textes au programme et autres workbooks se glissent entre les titres de la rentrée littéraire. Ainsi, si Virginie Despentes reprend la tête du classement avec 26.690 exemplaires de Cher Connard écoulés, elle est suivie de près par la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac français 2023. 

16/09/2022, 12:47

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Cristian Fulas raconte un siècle roumain

BONNES FEUILLES - Au cœur d’une vallée sauvage des Carpates, Iochka fabrique du charbon de bois. Quasi centenaire, il aime se taire, boire sec et dévaler ivre les routes sinueuses des montagnes au volant de sa vieille Trabant bleue. Un roman sur le temps et l’amour d’un impeccable raffinement littéraire.

16/09/2022, 09:00

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Le roi en jaune : Nouvelles cauchemardesques

BONNES FEUILLES - « Je ne peux oublier Carcosa, où le ciel est parsemé d’étoiles noires, où l’ombre des pensées des hommes s’allonge dans l’après-midi, où les soleils jumeaux s’enfoncent dans le lac de Hali, et mon esprit sera toujours hanté par le souvenir du Masque blême. » 

15/09/2022, 09:00

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La véritable histoire de La Famille

BONNES FEUILLES - La Famille est devenue célèbre en 2021 au travers d’ouvrages à succès. Voici sa version historique, par un grand historien du catholicisme. 

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Kery James revient sur 30 ans de carrière

BONNES FEUILLES - Pour célébrer ses trente ans de carrière, le rappeur a sélectionné une trentaine de chansons, les plus célèbres et fondatrices, ses classiques, afin de les donner à lire, parce que l’écriture est à la base de son art, sa première nécessité étant de s’exprimer.

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Avec Tom Gauld, les bibliothécaires dominent le monde (ou presque)

BONNES FEUILLES — Dessinateur bien connu des lecteurs, habitués des librairies et des bibliothèques, Tom Gauld est de retour aux éditions 2024 avec La revanche des bibliothécaires. Tout un programme, et un livre dans lequel l'auteur dessinateur moque avec tendresse le monde du livre dans son ensemble, des auteurs aux lecteurs et lectrices en passant par les éditeurs et les bibliothécaires, bien sûr...

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Iochka, de Cristian Fulaș : l’homme de la vallée

Iochka. Même son nom a quelque chose de saisissant et c’est précisément ce que le roman de l’écrivain roumain Cristian Fulaș réussit d’emblée. Nous saisir et nous absorber dans l’univers de la vallée, que le personnage nommé Iochka semble tenir tout seul sur ses épaules humbles, éprouvées et endurcies par la vie. 

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Marius Jauffret : Où le vrai monde palpite

BONNES FEUILLES - L’errance gonzo d’un jeune antihéros bipolaire et alcoolique qui va chercher une rédemption là où il pense naïvement que le « vrai monde » palpite.

12/09/2022, 09:00

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Meilleures ventes : les mangas font aussi leur rentrée

Les manga refont leur apparition dans le classement des meilleures ventes de la semaine. Ainsi, le tome neuf de la saga Spy x family supplante le Cher Connard de Viginie Despentes à la première place, avec 33.525 exemplaires vendus contre 27.114 pour celle qui s’impose comme la reine (médiatique) de cette rentrée littéraire.

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Gilles Sebhan : L'art délicat de l'immaturité

BONNES FEUILLES - On ne devient jamais adulte. Mais, au contact des adolescents, à travers leur immaturité, leur fantaisie et leur pouvoir de contestation, il est possible de se construire et d’ouvrir les yeux sur une société qui nous enferme dans des rôles. 

09/09/2022, 09:00

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Les Ensablés - Le Greco (1931) de Camille Mauclair, seconde partie

En 1905, Camille Mauclair, sentit qu’avec le fauvisme et le début du cubisme en 1905, apparaissait un nouveau paradigme, auquel il était incapable en tant que critique de donner une réponse. Et cette incapacité signa la rupture de Mauclair avec l’art moderne.  En 1931, il écrira un ouvrage critique sur le Greco, dont l’originalité le confrontera à nouveau au problème de la rupture de la tradition dans l’art pictural. Ceci est la deuxième partie de notre article (voir la première partie). Par Antoine Cardinale

04/09/2022, 14:40

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Meilleures ventes : Cher connard, Despentes reine de la rentrée

Difficile de changer une équipe qui gagne : Virginie Despentes reste en tête des ventes pour la semaine passée et Delphine de Vigan la talonne avec aisance. Puis, comme un pied de nez très féminin, voici Amélie Nothomb qui prend la troisième place du podium : la rentrée littéraire sera féminine, ou ne sera pas ? 

02/09/2022, 16:38

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Batman Justice Buster : le Chevalier Noir dans un manga futuriste

#BONNES FEUILLES – Cela fait trois ans que Bruce Wayne a décidé d’enfiler le costume de Batman pour lutter contre la criminalité rampante de Gotham. Mais avec le temps, ses ennemis ont su évoluer et une criminalité nouvelle a émergé dans la ville. Face à ces menaces inédites, Batman va plus que jamais avoir besoin de Robin, l’intelligence artificielle qu’il a créée pour l’assister. Mais d’autres alliés improbables souhaitent lui proposer leur aide, comme un héros de Metropolis, ou encore un homme au masque de clown... 

30/08/2022, 16:03

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Lulu de Léna Paul-Le Garrec : la mer, la vie

AVANT-CRITIQUE - Une forte proximité avec sa mère que l’absence d’un père a amplifié, une solitude exacerbée par les mauvais traitements de ses camarades d’école et une passion inexplicable pour le grand large... Autant d’éléments qui rendent Lulu extrêmement sympathique, dans ce premier roman de Lena Paul-Le Garrec.

29/08/2022, 13:07

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Trois soeurs de Laura Poggioli : violence à domicile 

AVANT-CRITIQUE - « S’il te bat, c’est qu’il t’aime », affirme un proverbe russe. Voici un premier roman, publié chez l’Iconoclaste, qui sonne comme un livre choral : chaque protagoniste s'y exprime et porte sa voix. Laura Pogglioli mêle les faits divers aux éléments autobiographiques sur fond d'hymne à la Russie. Une sombre représentation des violences psychologiques et physiques au sein du cadre familial.

 

26/08/2022, 14:49

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D'Anvers est contre tous ou contre soi ?

AVANT-CRITIQUE - Un quotidien morose, une frustration sexuelle croissante dans le couple... voilà d'excellents sujets. Julien Cridelause nous dépeint les tourments d’un quarantenaire, incarnant à lui seul, la figure de « l’homme moyen » qui se tire vers le bas. Et de sa propre initiative. 

26/08/2022, 14:22

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Meilleures Ventes : la rentrée littéraire a pointé le bout de son nez

Ça y est le coup d’envoi est donné : la rentrée littéraire est installée et colore déjà les meilleures ventes de la semaine. En tête, le nouveau roman de Virginie Despentes – tendrement intitulé Cher connard. Il ouvre le bal avec 33.901 exemplaires vendus au cours des sept derniers jours.

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L'Académie des dragons : magie et aventures garanties

AVANT-CRITIQUE – L’Académie des Dragons est une toute nouvelle série pleine de magie, d’aventure et d’émotion convenant parfaitement aux plus jeunes voulant découvrir la Fantasy.  

25/08/2022, 09:32

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Différents de Frans de Waal : hommes, femmes et primates...

BONNES FEUILLES - Voici un vibrant manifeste pour l’égalité des genres par l’un des plus éminents primatologues de notre temps. Pour établir si les préférences et les comportements humains que nous qualifions parfois de genrés ont une origine biologique, Frans de Waal les compare avec ceux d’autres primates, non affectés par nos biais culturels. 

25/08/2022, 08:30

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Poutine, seigneur d'une Russie changée en Zombieland

BONNES FEUILLES - Katia, seize ans, coincée à Marioupol à côté du cadavre de sa mère morte de froid et de malnutrition, appelle son oncle resté en Russie. Réponse embarrassée de l’oncle-zombie : « “Mais qui êtes-vous ? Arrêtez de m’appeler. Je ne vous connais pas.’’ Arkadi montre à son père des photos d’immeubles détruits à Kharkov par les bombardements russes. Réponse : ‘‘Ce sont les Ukrainiens eux-mêmes qui se bombardent à la roquette.” »

24/08/2022, 10:06

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Une reine de Judith Elmaleh : soutien d'une femme d'un autre temps

BONNES FEUILLES - Deux générations. Deux histoires. Deux femmes en quête d’elles-mêmes. Face à la détresse de sa petite-fille qu’elle n’a pas vue depuis plusieurs années, Simha se décide alors à raconter ce qu’elle n’a jamais pu avouer lors des réunions de famille où chacun se disputait la parole... 

24/08/2022, 08:30

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Sophie Noël, nouvelle directrice de Normandie Livre & Lecture

Normandie Livre & Lecture, l'agence de coopération des métiers du livre en Normandie, accueille sa nouvelle directrice, Sophie Noël. En fonction depuis le 18 juillet dernier, elle aura pour priorité de proposer un projet triennal, sur la période 2023-2025, pour l’agence.

23/08/2022, 16:03

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Complots toxiques : jeux d'influence en Russie soviétique 

BONNES FEUILLES - Un ouvrage qui plonge dans les milieux les plus étranges d’un vécu d’espion. Basée sur une réalité underground du renseignement et de jeux d’influence et, de manipulation à une échelle où la planète ressemble à un immense jeu d’échecs, cet ouvrage met en scène l’auteur lui-même. 

23/08/2022, 09:00

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Amitié fusionnelle, emprise ? Nous irons mieux demain de Tatiana de Rosnay

BONNES FEUILLES - Paris, place d’Italie. Candice Louradour, vingt-huit ans, assiste à un accident : une personne se fait renverser par un chauffard, sous ses yeux. Deux femmes cabossées par la vie, une rencontre inattendue. Le passé et le présent se font écho, s’éclairent l’un l’autre. Candice trouve ainsi, dans la vie de Zola, des réponses à ses tiraillements intérieurs et familiaux. 

23/08/2022, 08:45

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Une rencontre avec Virginia Woolf, Amie des sombres temps

BONNES FEUILLES - Vers qui se tourner quand le monde semble partir à la dérive ? Geneviève Brisac, autrice de Week-end de chasse à la mère (L’Olivier, Prix Femina 1996) et plus récemment des Enchanteurs (L’Olivier, 2022), a choisi : ce sera Virginia Woolf, cette amie des sombres temps à qui elle doit tant. Onze lettres de Geneviève Brisac à Virginia Woolf, écrivaine de génie devenue une icône féministe. 

23/08/2022, 08:30

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Mes p'tits docs : après la collection, le magazine, chez Milan

Leader du marché documentaire jeunesse, la collection de livres Mes p’tits docs, publiée aux Éditions Milan, aura désormais sa déclinaison magazine. Vendu à la fois chez les marchands de journaux et en librairie, ce magazine documentaire est destiné aux jeunes lecteurs âgés de 5 à 8 ans. La promesse éditoriale faite aux enfants ? Découvrir par les sens, jouer et expérimenter, comprendre leurs émotions. 

22/08/2022, 15:29

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Une ado à la dérive : Dans le bleu de Joyce Carol Oates

BONNES FEUILLES - Jenna part à la dérive, cherchant par tous les moyens à retrouver "le bleu", couleur du bonheur artificiel... Dans ce roman sur le deuil et l'addiction, la grande Joyce Carol Oates sonde la noirceur de l'âme adolescente. 

22/08/2022, 14:22

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Guilhem Giraud et les dessous de l'affaire Pegasus

BONNES FEUILLES - 2016, alors qu’il travaille comme conseiller auprès de nombreux États d’Afrique et du Moyen-Orient, Guilhem Giraud est témoin du démarchage agressif de la société israélienne NSO pour vendre Pegasus. Ce logiciel d’espionnage ultra-performant est présenté officiellement comme un outil indispensable dans la lutte internationale contre le terrorisme et le crime organisé. 

22/08/2022, 11:50

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Quand vient l'automne, gare au Voleur de feuilles

Un magnifique album aux couleurs de l'automne au travers duquel pourront être abordés les notions de propriété, de disparition, de vol mais surtout de l'automne ! Une histoire drôle dont le personnage principal est un petit écureuil auquel on s'attache très vite ! 

22/08/2022, 10:00