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Voir Petrograd et mourir (de faim)

NOUVELLE ETRANGERE – Les Éditions Noir sur Blanc, dont la collection La bibliothèque de Dimitri est destinée à faire connaître la littérature des pays de l’Est dans le sillage de feu Vladimir Dimitrijević (fondateur des éditions suisses L’Âge d’Homme), ont exhumé L’Attrapeur de rats (1924), nouvelle sombre et énigmatique d’un auteur russe méconnu, Alexandre Grine.

Le 02/08/2019 à 10:20 par Maxime DesGranges

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02/08/2019 à 10:20

Maxime DesGranges

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En réfléchissant à cette chronique pour vous, lecteurs et lectrices qui profitez de façon honteuse et déraisonnable de cette période d’évasion balnéaire pour vous imbiber de mauvaises lectures pendant que les matons de la critique ont le dos tourné vers une rentrée littéraire qui s’annonce aussi excitante qu’une scène de sexe d’un roman de Michel Houellebecq, j’ai pris conscience de quelque chose de tout bête, mais de frappant à la fois.

Dans une chronique récente, souvenez-vous, j’évoquais quelques traits saillants de l’année 1998 : Zizou, le tube de l’été, Titanic, le discman, etc. Et tout à coup j’ai réalisé, en coupant mes carottes bio dans ma cuisine pourrie, ou mes carottes pourries dans ma cuisine bio, je ne sais plus, que seulement 74 ans, c’est-à-dire, à l’échelle de l’Histoire, rien du tout, à peine la durée d’une vie à peu près épargnée par les cancers, les AVC et les romans de Paulo Coelho, seulement 74 ans, donc, séparaient 1998 de l’année de parution de L’Attrapeur de rats : 1924.

Et pour que vous preniez toute la mesure du gouffre civilisationnel qui sépare ces deux antipodes du même siècle, voici grosso modo ce qui se passait en 1924 dans la Russie d’Alexandre Grine : la guerre civile entre Armées rouge et blanche laissait un pays exsangue, Lénine mourait, Trotski était écarté du Parti par Staline qui prenait du même coup le contrôle du Comité central. Comme on dit : deux salles, deux ambiances.

Une certaine idée de la misère

À propos d’ambiance des années 20, Albert Londres disait justement de Saint-Pétersbourg, bientôt rebaptisée Leningrad, qu’elle était une « ville assassinée depuis deux ans et laissée là sans sépulture, et qui maintenant se décompose. » Et la (première !) psychiatre française Madeleine Pelletier, pourtant pleine d’enthousiasme révolutionnaire et d’espérance socialiste, écrivait lors de sa venue à Moscou : « Le quartier que nous traversons présente l’aspect de la désolation la plus lamentable. Les gens sont vêtus de guenilles et chaussés de chiffons retenus par des ficelles ; des femmes portent des robes en toile de sac. Beaucoup de ces gens ont sous le bras un énorme pain noir. » C’est donc dans ce genre de décor funeste que se déroule L’Attrapeur de rats.

Du pain noir, le narrateur de notre histoire n’en a pas un quignon. Tiraillé par la faim, affaibli par le typhus, accablé par l’insomnie, il est contraint de vendre de vieux livres pour trois fois rien sur un marché en ruines en plein hiver (printemps, en fait, mais un mois de mars russe vaut bien un hiver français, et de toute façon, comme tout récit russe digne de ce nom : la neige tombe encore et « l’épuisement et les morsures du froid irradiaient chaque visage ». Bref, c’est l’hiver même au printemps).

Intrusions de l’auteur et « rêve fictionnel »

Avant même de présenter son héros, Grine propose par ailleurs une entrée en matière assez curieuse : « Au printemps 1920, précisément en mars, précisément le 22 du mois (sacrifions à l’exactitude pour payer notre droit d’admission dans le sanctuaire des documentalistes patentés, faute de quoi le lecteur, si tatillon de nos jours, ira sûrement enquêter dans les salles de rédaction), je me rendis au marché. Je me rendis au marché le 22 mars, et, je le répète, de l’année 1920. » Cette pointe de sarcasme semble indiquer que les temps ne sont plus aux romans d’aventure que Grine a l’habitude d’écrire, et que le réel est devenu si pesant, si imposant, qu’un écrivain ne peut plus se permettre la fantaisie de le contourner (en tout cas sans utiliser de subterfuges), de se réfugier dans l’imaginaire.

Signes de cette contrainte nouvelle de réalisme : des descriptions percutantes et efficaces amorcent rapidement le récit : « À ma droite se tenait une vieille femme en burnous, coiffée d’un antique chapeau noir orné de perles de verroterie. Branlant du chef d’un mouvement mécanique, elle tendait aux passants de ses doigts noueux une paire de bonnets d’enfant, des rubans et un petit paquet de cols jaunis. À ma gauche, une jeune fille, de sa main restée libre, serrait sous son menton un douillet fichu gris ».

D’un coup, nous voilà transportés au cœur de ce marché en ruines ; on commence à ressentir le froid, à apercevoir les personnages, la foule miséreuse au-dessus de laquelle tournoie la neige fondue ; quand soudain Grine nous sort une de ces phrases lourdes et disgracieuses qui ponctuent malheureusement le texte à différents endroits : « Nous portons de l’intérêt à ceux qui répondent à notre conception de l’homme dans une circonstance donnée ; c’est pourquoi je demandai à la jeune fille comment marchait son petit commerce. »

Plusieurs fois, et c’est à mon sens l’un des défauts les plus flagrants du livre, celui qu’on estime être Grine lui-même fait irruption dans le texte pour délivrer des remarques complètement hors de propos qui brisent la continuité du récit, et interrompent le fameux « rêve fictionnel » dont parlait John Gardner que nous avons évoqué dans une précédente chronique.

Un exemple évident se trouve dans le passage qui suit, où Grine / narrateur (on ne sait plus bien les distinguer, dans ces moments-là) donne l’impression de régler ses comptes encore une fois avec le réalisme, assez maladroitement d’ailleurs : « La table nue, le chalet dégarni, un tabouret, une tasse sans soucoupe, une poêle à frire et une bouilloire dans laquelle je faisais cuire mes pommes de terre. Mais assez de ces évocations. Le génie du terre-à-terre se détourne souvent du miroir que lui présentent avec application des gens irréprochablement instruits et qui étalent leurs grossières élucubrations dans la nouvelle orthographe avec autant de succès que naguère dans l’ancienne ».

Un dernier exemple : Grine nous décrit de manière très juste et émouvante un monde de misère où prévaut « l’instinct de conservation qui lutte si vaillamment pour la chaleur, la survie des proches et la nourriture. Je vis comment on garnit un poêle avec le buffet, comment on fait bouillir l’eau sur la lampe, comment on grille un morceau de cheval à l’aide d’huile de coco et comment on maraude des poutres de bois dans les ruines. » Et voilà qu’il ajoute son habituelle remarque superflue : « Mais toutes ces choses et beaucoup d’autres, et bien plus nombreuses encore, ont déjà été décrites par des plumes qui déchiquettent les sujets nouveaux en mille lambeaux. Nous ne toucherons pas à ce morceau disputé. »

Un héros sur la brèche dans une ville en lambeaux

Mais passons sur ce petit défaut de style. Pour l’instant nous sommes au marché et la jeune fille à côté de lui, qui vend des livres elle aussi, aide notre pitoyable héros à refermer le col de son manteau avec une épingle, puis inscrit son numéro de téléphone sur un livre que le narrateur finit par vendre. Il perd donc le numéro de celle qui devient « la jeune fille à l’épingle de sûreté ».

Peu de temps après, le narrateur perd connaissance à cause de la maladie (le typhus est d’ailleurs porté notamment par les rats), et on le transfère à l’hôpital où il reste trois mois. Est-ce là le déclenchement d’un délire, d’un long cauchemar, d’un fantasme dans lesquels se déploie le reste du récit, inquiétant et angoissé, au cours duquel « la jeune fille à l’épingle », comme un guide vers le salut, ne cesse de réapparaître (y compris au téléphone, alors qu’il avait précisément égaré son numéro) ? On passe en tout cas le plus clair de notre temps de lecture à se poser la question, sans jamais vraiment pouvoir y répondre.

Le cœur de la nouvelle arrive assez vite. À sa sortie de l’hôpital, le héros cherche une place où dormir et se réchauffer. Un intermédiaire lui donne alors accès aux gigantesques locaux abandonnés de la Banque centrale. C’est à partir de là que la nouvelle prend véritablement son ampleur.

« Do not go gentle into that good night » (Dylan Thomas)

Le héros pénètre en effet dans un espace labyrinthique et mystérieux, compartimenté par une infinité de murs et de portes :

À peine avais-je franchi une porte que devant moi et sur les côtés j’en apercevais d’autres qui s’ouvraient vers la lumière blafarde de lointaines perspectives percées d’ouvertures encore plus sombres. Les planchers marquetés étaient encombrés de papier comme de neige souillée les chemins au printemps. L’abondance de ce papier rappelait le spectacle d’une rue qu’on nettoie de ses congères. Dans certaines salles, dès le seuil, on enfonçait jusqu’aux genoux dans cette paperasse chancelante. Un mélange omniprésent de papiers de toutes formes, de toutes destinations, de toutes couleurs déferlait en un véritable déluge. Le papier s’élevant à l’assaut des murs s’écroulait en avalanches, envahissait l’embrasure des fenêtres. L’inondation blanchâtre progressait de parquet en parquet, alimentée par les cascades des armoires béantes ; elle emplissait les recoins. Par endroits, c’était comme des talus ou des champs défoncés. Les blocs-notes, les formulaires, les livres de comptes, les étiquettes, les colonnes de chiffres, les textes imprimés ou manuscrits, tout le contenu de mille armoires éventrées s’étalait au regard et les yeux papillotaient, offensés par l’intensité de la sensation. 

De là, on ne peut évidemment s’empêcher de voir une allégorie de ce que deviendra la bureaucratie tentaculaire, chaotique et oppressante de l’URSS. Sans doute Grine ne l’a-t-il pas sciemment imaginé en écrivant sa nouvelle (comme Noir Désir n’avait pas prévu non plus de sortir « Le Grand incendie » le 11 septembre 2001, mais c’est autre chose). Mais le symbole que représente cette immense Banque centrale laissée en ruines, étouffant de paperasse au point de former de « blêmes horizons de papier », est trop puissant pour s’interdire d’attribuer à l’auteur, à son corps défendant peut-être, une vision quasi prophétique du destin du pays, et c’est aussi ce qui rend ces passages fascinants.

D’ailleurs, en avançant dans la « substance médullaire de la banque, foulant aux pieds la noire semence des chiffres », le narrateur est saisi de la sensation d’errer « dans les siècles passés travestis par un sortilège », le sortilège, nous apparaît-il de façon assez transparente, de la Révolution ayant mis à bas cet « ennemi qui n’a pas de nom, pas de visage, mon ennemi, c’est le monde de la finance » (selon la célèbre diatribe d’un guérillero révolutionnaire français).

La paperasse et le vide comme seuls horizons

Interprétation capillotractée par un chroniqueur paresseux, me direz-vous. Peut-être, mais les allusions sont tout de même trop nombreuses pour être fortuites. Le narrateur lui-même vient au secours de notre hypothèse avec des images fortes qui apparaissent comme des fulgurances : « L’exaltation que procure la vue d’un énorme incendie me fut à nouveau compréhensible. La tentation de la destruction montait en moi comme une inspiration poétique : j’avais sous les yeux un paysage original, une contrée, tout un pays même. »

Ou encore cette intuition étrange : « Ces impressions provoquaient une sorte de démangeaison cérébrale qui rendait fascinante l’idée d’une catastrophe, un peu comme ce magnétisme intérieur qui vous pousse à regarder dans le vide. Il semblait qu’en ces lieux une pensée unique répétée en écho enveloppât toute forme ».

Et pour progresser dans cet espace infini gagné par les ténèbres : « il me fallut faire l’ascension d’une montagne glissante de dossiers cartonnés dans lesquels je m’enlisais », « On s’embourbait dans les duplicatas, plus haut que la poitrine. » « Partout la même uniformité : des monceaux de paperasse, le vide souligné par des fenêtres ou une porte, et partout l’attente d’une multitude de portes semblables, ouvertes sur la solitude. »

Les noces funèbres

Peu à peu – et à partir du moment où le héros tombe sur une armoire débordante de nourriture (et de rats), on bascule vers un registre plus surnaturel (en gardant à l’esprit qu’il puisse s’agir d’un délire fiévreux, même si le narrateur nous assure qu’« il ne s’agissait pas d’une illusion des sens ») : le bâtiment devient un lieu hanté où se succèdent les pièges et les jeux d’illusions dangereuses voire mortelles, et où le héros, pourtant motivé plus tôt par un « souci de réalisme », doit faire face à « un enchaînement de retentissantes invraisemblances. »

D’ailleurs, depuis une cachette où il s’est réfugié, il entend qu’a lieu un grand rassemblement dans l’immense hall de la banque : les « rats » font la noce, acclament celui qu’ils appellent « l’Affranchisseur », veulent la peau de celui qu’ils appellent « l’Attrapeur de rats » pendant qu’un « orateur épanchait son discours monotone ». Cette « absurdité » relève-t-elle d’une « hallucination auditive », le héros est-il « la proie de visions troubles » ou de « visions de l’esprit » comme il commence à le penser ? L’ambiguïté est permanente et c’est elle qui nous fait poursuivre la lecture.

Une nouvelle à couloirs multiples

Sur l’intrigue, je n’en dirai pas davantage et laisse au lecteur curieux le soin de la découvrir. Quoi qu’il en soit, c’est un récit mystérieux et intrigant que cet Attrapeur de rats, développé dans une ambiance sombre et oppressante, et livré par un auteur singulier à la vie rocambolesque (copiste, mendiant, matelot, révolutionnaire, chercheur d’or, écrivain… : la brève chronologie placée à la fin du livre me rend en tout cas cet homme-là immédiatement sympathique).

Même si la nouvelle n’est pas exempte de défauts comme je l’ai évoqué brièvement (intrusions intempestives de l’auteur mais aussi quelques clichés d’histoires d’épouvante notamment, et des mystères qui mériteraient d’être éclaircis autrement que par la simple explication possible de la maladie), l’histoire et ses zones d’ombres peuvent être interprétées de différentes manières et c’est cette richesse de sens qui le rend intéressant.

Mais comme le dit le personnage qui ouvre la porte de la Banque centrale au narrateur : « La clé existe, me précisa-t-il, mais ce n’est pas moi qui l’ai – celui qui connaît le secret peut entrer très facilement. »

Alexandre Grine, trad. Paul Castaing - L’attrapeur de rats - Éditions Noir sur Blanc, coll. La bibliothèque de Dimitri - 9782882505750 - 11 €

Alexandre Grine, Paul Castaing trad. Paul Castaing Les Editions Noir Sur Blanc
L'attrapeur de rats
23/05/2019 88 pages 11,00 €
Scannez le code barre 9782882505750
9782882505750
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En 1954, dans une réserve sioux du Dakota du Sud, est née Mary Brave Bird dans la tribu des Brûlés qui est l’une des tribus des Sioux de l’Ouest connue sous le nom de Lakotas. « Cavaliers, pillards féroces et grands guerriers », les Brûlés ont été parqués dans des réserves dans les années 1870-80 après avoir été défaits par les soldats américains.

31/10/2022, 12:13

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Poème d’amour postcolonial, ou l’odyssée des corps

Natalie Diaz signe un deuxième recueil qui fait de la langue poétique à la fois une balle de pistolet et une caresse langoureuse. Poème d’amour postcolonial dont la traduction française a été publiée le 15 septembre 2022 aux Éditions Globe, a reçu le Prix Pulitzer 2021 de poésie. Une gratification méritée. Cette œuvre appelle à la libération et l’autodétermination et on en ressort grandis. 

31/10/2022, 10:59

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Alicia Jaraba conte La Malinche dans Celle qui parle  

Parfois symbole de trahison, mais aussi véritable héroïne féministe, la Malinche est une personnalité controversée de l’Histoire du Mexique. Dans Celle qui parle, l’autrice-dessinatrice Alicia Jaraba Abellán met en lumière la femme derrière la légende. Qui était Malinalli, cette esclave devenue traductrice et conseillère en diplomatie ? A-t-elle réellement trahi les siens ? Ce roman graphique présente, avec délicatesse, un emblème de l’héritage colonial mexicain. 

31/10/2022, 10:36

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 Un Recueil d'Histoires Courtes qui fourmille de créativité  

Prendre en photo des fantômes, donner vie à un grille-pain, protéger sa fille du terrorisme des intelligences artificielles… Dans ce recueil, les univers fantasques s’enchaînent et les aventures entrent en résonance. Le duo derrière The Promised Neverland n’a décidément pas fini de nous étonner et de nous émouvoir.

28/10/2022, 17:23

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La couleur des choses, des ronds dans des cases

Après être s’être rendu chez une voyante qui lui a prédit les prochains chiffres du tiercé, un jeune garçon joue aux courses pour régler les problèmes familiaux. Contre toute attente, il remporte la mise et, ayant besoin de la signature de son père pour empocher les gains, rentre à la maison. Il alors découvre sa mère gisant au sol, battue à mort, tandis que son père a pris la fuite.

27/10/2022, 16:04

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Maraudes au cœur de Belleville

Point de départ : Place Krasucki, 20e arrondissement de Paris. Bienvenue dans la Commune de Belleville, microcosme à l’origine d’une « promenade en binôme dans le quartier, attentive à l’invisible ». Au cœur de ce texte, une série d’instants d’éternité, de fusion avec cet environnement à l’énergie vive. Observations, échanges, rencontres — avec toujours, en filigrane, une menace qui pèse sur la Commune.

27/10/2022, 15:11

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La Passe-miroir : monde fantastique éclaté, magie et complot politique

Ophélie est une jeune femme discrète, à l’apparence banale, qui est responsable du musée d’Anima. Une chevelure brune qui ne cesse de s’emmêler, des lunettes qui cachent ses yeux et changent de couleurs en fonction de ses émotions, des mains qui ne cessent de casser tous les objets qu’elles tiennent, un corps qui trébuche, se cogne, se blesse à tout va. Or, Ophélie possède de mystérieuses capacités héritées de sa famille : celle de lire les objets qu’elle touche, et celle de voyager d’un miroir à un autre.

27/10/2022, 13:39

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Mildred, radioscopie de la Résistance allemande 

Mildred ou le destin exceptionnel d’une résistante américaine dans l’Allemagne nazie, c’est le titre de cette biographie qui sort ce 27 octobre en librairie. Publié par les Éditions Héloïse d’Ormesson, ce livre est le fruit du travail de l’arrière-petite-nièce de Mildred Harnack. 

25/10/2022, 11:35

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Immersion dans la spiritualité indienne avec Bingo Palace

Dans le voisinage, rares sont ceux qui ne connaissent pas les habitudes immuables de Lulu Lamartine à son réveil ponctué de cafés, de pauses, de doughnuts, et, encore, de cafés jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement apte à reprendre en main sa tâche de « chef de tribu ».

22/10/2022, 09:28

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Jerry Stahl en compagnie des "touristes des camps de la mort"

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30/11/2022, 09:30

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La plus grande catastrophe écologique du XXe

BONNES FEUILLES - Une histoire d’amour entre un ingénieur soviétique et une chamane sur fond de la plus grande catastrophe écologique du XXe siècle.

30/11/2022, 09:00

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La découverte d'un autre Rimbaud avec Henri Guyonnet

BONNES FEUILLES - Une exofiction qui retrace la découverte, par Rodolphe Darzens, de l’œuvre poétique d’Arthur Rimbaud, dans un chassé-croisé haletant.

30/11/2022, 08:00

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Paula Jacques débarque à New York avec Mon oncle de Brooklyn

BONNES FEUILLES - Quand Éva débarque à New York, elle a plus d’une idée en tête : côté pile, interviewer des personnalités apparemment inaccessibles pour une jeune journaliste française – comme l’impressionnante Toni Morrison, qui pourrait se confier sur les très récentes émeutes raciales qui viennent d’enflammer la ville. 

29/11/2022, 09:00

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Aurélien Delsaux : tirer à vue sur l'époque

BONNES FEUILLES - Etienne rentre de vacances avec sa famille parfaite et son apparent bien-être. Sa vie est confortable, routinière. Il mène une vie normale, c’est l’essentiel. 

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Le destin d'un ténor d'exception par Alexia Stresi

BONNES FEUILLES - Paris, 1935. Ce soir-là, à la Première du Rigoletto de Verdi à l’Opéra-Comique, une chose inouïe se produit.

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Laurent Quintreau : hommes et femmes à travers les âges

BONNES FEUILLES - Une fresque intergénérationnelle explorant l'évolution des rapports de force entre hommes et femmes, construite à partir d'une seule histoire familiale, dont on suit la trajectoire du milieu du XIXe siècle jusqu'en 2050, à l'aube du transhumanisme et de la disparition de la famille traditionnelle.

28/11/2022, 08:00

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Les Ensablés - Adieu mes quinze ans de Claude Campagne

Un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse : Adieu mes quinze ans fut en 1960 un véritable phénomène éditorial : plus de 650.000 exemplaires écoulés. Le livre fut traduit en 11 langues et adapté en un feuilleton de 10 épisodes qui fit les beaux jours de l’ORTF au tout début des années 70. Il faut croire que ce roman sur l’adolescence possédait quelque chose de particulier qui avait pu toucher toute une génération. Elle se retrouvait dans le portrait de Fanny, l’héroïne du roman qui voyait du jour au lendemain sa vie bousculée avec l’apparition de deux êtres et d’un secret. Mais quoi ? Par Denis Gombert

27/11/2022, 11:34

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Véronique Ovaldé laisse s'exprimer la Fille en colère sur un banc de pierre

BONNES FEUILLES - Quand elle décroche, Aïda entend sa sœur lui lancer un grotesque « coucou » ; on ne dit pas coucou à quelqu’un qu’on n’a pas vu (et pas voulu voir) pendant quinze ans. 

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Thibaut Solano met Clermont à l'épreuve dans Les Dévorés

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Rodolphe Danjou imagine Ces vies d'où l'on vient

BONNES FEUILLES - Faut-il retourner aux sources pour rebattre les cartes ? Faut-il revenir d’où l’on vient pour tout recommencer ? Tel est le pari d’Adrien, quadra. 

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Mickaël Brun-Arnaud explore Les vallées closes

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Meilleures ventes : l'éternel effet prix

On le sait, nous le savons, ils savent. Les prix littéraires ont une influence considérable sur les meilleures ventes des livres, en fin d'année. Alors un prix Goncourt à un petit mois de Noël, c'est quasi synonyme de première place au classement. Cette année, c'est Brigitte Giraud qui en profite : son roman Vivre vite (Flammarion) a convaincu 24.048 lecteurs cette semaine.

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Eric Faye présente sa petite saga des années 2010

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Boris, 1985 : un premier “je” pour Douna Loup

BONNES FEUILLES - Janvier 1985. Boris Weisfeiler, quarante-quatre ans, disparaît dans le Chili de Pinochet. Né en URSS au sein d’une famille juive, ce surdoué des chiffres s’exile aux États-Unis pour pouvoir exercer librement les mathématiques. 

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Nesrine Slaoui à la croisée des vies d'Anissa et de Nora avec Seule

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Isabelle Rodriguez dévoilent Les Orphelines du mont Luciole

BONNES FEUILLES - Un retour envoûtant sur les lieux de l’enfance et l’imaginaire qui s’y déploie. Une supplique pour que la mémoire des campagnes ne s’efface jamais.

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Samuel Dock fait la lumière sur une triste vérité avec L'enfant thérapeute

BONNES FEUILLES - Quand faire le deuil de son enfance implique de faire celui de l’enfance que sa propre mère n’a jamais eue. Samuel Dock livre un récit poignant sur l’enfance maltraitée, ses saccages, la reconstruction et la puissance du lien filial.

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Le retour de Janvier ou la France des tempêtes

BONNES FEUILLES - Dans un monde qui refuse de voir son lent effondrement, l’odyssée de Janvier Bonnefoi pour rentrer chez lui et tenter de reconstruire sur les ruines. Un premier roman remarquable, d’une étonnante crédibilité.

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Les heures abolies, entre sauvagerie et civilisation

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Philippe Besson de retour : Ceci n'est pas un fait divers

BONNES FEUILLES - « Papa vient de tuer maman. » Passée la sidération, deux enfants brisés vont devoir se débattre avec le chagrin, la colère, la culpabilité. Et réapprendre à vivre.

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Zanzibar, l'autre voie d'Altaïr Despres

BONNES FEUILLES - Ce premier roman raconte une île tropicale d’une beauté franche et sale, théâtre de rencontres exaltées entre des jeunes Européennes qui ont tout plaqué pour faire leur vie loin de chez elles, et des beach boys, décidés à saisir les opportunités laissées par un tourisme écrasant.

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Les désobéissantes dévoilent les secrets de Marcus Solar

BONNES FEUILLES - On dit de lui qu’il a eu mille vies. Une enfance passée à l’orphelinat, une jeunesse marquée par le succès et, au faîte de sa gloire, des fiançailles avec une riche Américaine.

21/11/2022, 08:00

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Le Roitelet, de l'oiseau fragile au roi sans prestige

BONNES FEUILLES - Un homme vit paisiblement à la campagne avec sa femme Livia, son chien Pablo et le chat Lennon. Pour cet écrivain parvenu à l’aube de la vieillesse, l’essentiel n’est plus tant dans ses actions que dans sa façon d’habiter le Monde, et plus précisément dans la nécessité de l’amour.

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Défaire l'amour : l'art de l'autosabotage amoureux

BONNES FEUILLES - À vingt ans, fuyant Paris et mon chaos intérieur, je débarquai dans un Istanbul en pleine effervescence. 

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Ta seule issue, un premier thriller glaçant pour Giles Kristian

BONNES FEUILLES - Une nature hostile. Un tueur impitoyable. Qui sera la proie ?

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Les Ravissements, ou le "réalisme magique" de Jan Carson

BONNES FEUILLES - Hannah, le personnage principal des Ravissements, est une petite fille de onze ans née dans une famille de fondamentalistes protestants – les chrétiens charismatiques évangélistes – à Ballylack, un village imaginaire d’Irlande du Nord, qui n’est pas sans rappeler Ballymena, où est née l’écrivaine, elle-même issue d’une famille presbytérienne très stricte.

19/11/2022, 09:30

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La Promesse d'un homme par Marie de Lattre

BONNES FEUILLES - La Promesse raconte le destin de quatre adultes et d'un enfant pendant la Seconde Guerre mondiale et ses lendemains, tous liés par un secret qui, encore aujourd'hui, stupéfie.

19/11/2022, 09:00

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Lettre à Vouchka, "La quête du pardon ne doit pasêtre une figure de style"

BONNES FEUILLES - Un deuil. De cette séparation brutale renaît progressivement un chaos de souvenirs fait de lieux revisités, de rencontres, de conversations à bâtons rompus, où la stricte chronologie cède aux caprices de la mémoire.

19/11/2022, 08:00

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Bambine, la vie au féminin d'Alice Ceresa

BONNES FEUILLES – Avec un regard désenchanté mais d’une précision chirurgicale implacable, et maniant une ironie savamment dissimulée, Alice Ceresa dresse le portrait intimiste d’une famille ordinaire, pour mettre au jour la structure profonde de la famille patriarcale et l’aliénation qui, inexorablement en découle.

19/11/2022, 07:30

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Modernité du livre : de nouvelles maisons d’édition pour de nouveaux lectorats

BONNES FEUILLES – Le livre semble à la peine dans la société contemporaine, détrôné par les objets connectés. Les sondages inquiétants sur l'évolution de la lecture font apparaître un tassement du goût pour les livres, notamment chez les jeunes générations. 

18/11/2022, 11:56

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Meilleures ventes : un prix littéraire, sinon rien ?

Noël approche, plus question de plaisanter : désormais, les prix littéraires s’imposent comme des bulldozers. Certes, le roman de Giuliano Da Empoli, Le mage du Kremlin (Prix de l’Académie française) déroule un 115.710 ventes cumulées. Mais le Prix Goncourt, Vivre vite de Brigitte Giraud, prend la tête des meilleures ventes de la semaine passée avec 19.228 exemplaires écoulés (35.503 ventes cumulées) – contre 16.436 pour Da Empoli. 

18/11/2022, 10:32

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Un bon endroit pour vivre, un recueil de nouvelles hypnotisant et poétique

BONNES FEUILLES - Une cabane dans les arbres, une ancienne maison dans les montagnes, une piscine…

18/11/2022, 09:30

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Les femmes de dispensaire : sur les docks de Hambourg

BONNES FEUILLES - Port de Hambourg, 1910. De retour de Londres qu’elle a dû fuir sous un faux nom, Anne Fitzpatrick retrouve sa ville natale, les docks flottants de Steinwerder, les quais et les canaux grouillant d’ouvriers et de mendiants et les splendides hôtels et boutiques chics des faubourgs mondains.

18/11/2022, 09:00

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Les mémoires les plus controversés des athlètes professionnels

Il est courant de voir certaines personnes écrire une œuvre autobiographique où elles narrent : leurs parcours, expériences, réussites échecs, etc. Ceux qui s'adonnent à cet exercice de souvenir sont généralement des personnes célèbres dans un domaine ou dans un autre.

17/11/2022, 11:47

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L'embuscade, le combat d'une mère pour la vérité 

Nuit d’août. Dans la chambre flotte le parfum de Cédric. Un mois et demi que ce soldat des forces spéciales est en mission et que Clémence attend son retour avec leurs trois garçons. Au petit matin, une délégation militaire sonne à la porte. L’adjudant Cédric Delmas est tombé dans une embuscade avec cinq de ses camarades. 

17/11/2022, 11:28