Pour Edith Wharton, née à New York dans une famille aisée de cette démente aristocratie, sa ville ne se résume pas à un lieu d'origine, mais constitue une muse complexe et exigeante.
Le 21/05/2024 à 18:39 par Hocine Bouhadjera
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21/05/2024 à 18:39
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Dans cette nouvelle édition Quarto, trois romans - La Maison de liesse dans une traduction inédite de Marc Chénetier, Les Beaux Mariages et l'Âge de l'Innocence, et le recueil de nouvelles Vieux New York, publiés entre 1905 et 1924 : une plongée au cœur d'une société envoûtante et répugnante, marquée par des failles morales dissimulées derrière un vernis de probité naïve.
Même après son déménagement en France en 1913, un certain New York du XIXe siècle - qui s'achèva en 1914 -, continuera de se raconter à travers ses ouvrages en forme de grande fresque historique.
Son roman le plus célèbre, L'Âge de l'innocence, lui offre le Prix Pulitzer 1921, avant d'être adapté par un certain Martin Scorsese, avec Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer et Winona Ryder.
Une histoire de la frustration, comme toute l'oeuvre de l'écrivaine et de Wong Kar-wai, qui s'infiltre tel un brouillard oppressant dans les entrailles d'une société rigide, assujettie à un labyrinthe de règles morales et sociales. Un riche décor social qui anesthésie les âmes et les lie dans une violence subtile, complexe et asphyxiante.
Dans le royaume des mœurs, du « symbolique » comme le disait Baudrillard, les femmes règnent en maîtresses habiles, surpassant la plupart du temps les hommes dans leur pénétration des codes sociaux, et sa manipulation comme de la pâte à modeler. L'homme, dans cette perspective, est un être fleur bleue, un rêveur qui s'enivre de violence pour se donner un courage qu'il n'a pas. En contraste, la femme est une force qui se nourrit de sentiments pour se persuader qu'ils existent.
Le personnage de Newland Archer sort de l'innocence en sortant du romantisme, dans la tradition de la littérature classique, donc toujours moderne, dont Edith Wharton est une des plus grandes représentantes. Le secret de tous ces grands auteurs : zéro complaisance.
Guidée par les conseils de l'important Henry James, la romancière a exploré avec une précision chirurgicale sa classe qui pastiche l'aristocratie de l'Europe en déclin, entre une absurdité comique, des contradictions profondes et une noble verticalité. Déjà reconnue pour ses poèmes et nouvelles publiés dans des magazines littéraires prestigieux, elle aiguise son regard critique sur les mondanités, les règles rigides de l'étiquette sociale, et les vices cachés : hypocrisie, cruauté et corruption, qui infectent les sphères de l'argent et des affaires.
Ce Quarto est par ailleurs enrichi de documents d'archives inédits présentés par Emmanuelle Delanoë-Brun et Anne Ullmo, offrant une opportunité de découvrir un parcours, celui d'une femme qui profita d'une grâce, outre beaucoup d'argent : l'esprit libre.
Deux citations de son roman le plus célèbre : « Les autres ? Pourquoi serais-je différent des autres ? N’ai-je pas les mêmes désirs ? Ne suis-je pas brûlé des mêmes ardeurs ? » « La solitude, c'est de vivre parmi tous ces gens aimables qui ne vous demandent que de dissimuler vos pensées. »
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 23/05/2024
1280 pages
Editions Gallimard
36,00 €
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Partant du constat que nous accordons spontanément du crédit au nom posé en haut d’une couverture ou en bas d’un tableau, Samah Karaki analyse comment certaines figures d’autorité constituent une fiction cognitive, un mécanisme mental auquel notre cerveau est spontanément enclin.
13/01/2026, 07:00
De bons personnages, une bonne histoire, dans ce roman policier à énigme déguisé en romance à l'eau de rose : Philip Gray joue les faux-monnayeurs et nous offre une lecture facile et 100% plaisir qui devrait plaire au plus grand nombre. La maison aux neuf serrures, traduit par Elodie Leplat, se déguste, tout bonnement.
12/01/2026, 17:18
Le devoir des vivants est de penser aux morts pour qu’ils ne disparaissent pas tout à fait. C’est ce que fait admirablement Natacha Wolinski dans un texte mémoire sur son père et sa famille. Chaque jour, elle va au Palais de Justice, « un Etna » difficile à gravir, mais nécessaire, afin de suivre le procès des assassins de Charlie Hebdo.
12/01/2026, 17:02
Il y a des romans qui commencent par une scène, et d’autres par une obsession. Dans Leurs désirs immenses, Léa Lhermet ouvre directement la vanne : « Au départ, il y a les femmes. » Et tout suit, comme une marée. « Les femmes m’envahissent, prennent possession, me gavent, m’étourdissent. » On est happé : une voix vive, parfois mordante, qui explore sans faux-semblants ce que les lignées transmettent — et ce qu’elles étouffent.
12/01/2026, 10:49
Dès les premières pages, L’Enfant du vent des Féroé impose un territoire, une voix, une respiration. Le roman ne commence pas par une action, mais par un lieu qui parle. « Et puis il y a moi, Gjógv. Un village de carte postale au toponyme imprononçable. » Le décor devient narrateur, conscience diffuse, mémoire minérale. Le lecteur comprend vite qu’ici, l’histoire humaine sera indissociable des éléments.
12/01/2026, 10:45
Dans un Mexique ravagé par la violence et les cartels, un homme honnête croit pouvoir devenir maire. Mais, dans le même temps, il va découvrir l’amour de sa vie, un amour scandaleux. Humour ravageur, suspense, un roman de passion pure sur la morale des apparences.
12/01/2026, 07:00
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