HIVER2024 – Sous le soleil de Sicile, Dario Levantino déroule un drame, celui d’un adolescent de 16 ans, Rosario. Car les cieux n’ont ici rien de touristiques ni de paradisiaques : c’est la dure réalité de Brancaccio, dans la banlieue de Palerme, où la misère s’est abattue sur le territoire et ses habitants. (Traduit de l’italien par Lise Caillat)
Le 22/01/2024 à 14:30 par Nicolas Gary
0 Réactions | 291 Partages
Publié le :
22/01/2024 à 14:30
0
Commentaires
291
Partages
« Ce n’est pas vrai que le lycée nous émancipe, c’est un mensonge que répètent les hypocrites : il sert seulement à nous rappeler qui on est et d’où on vient. Et moi, je sais d’où je viens. »
À 16 ans, Rosario a grandi, mais à peine : adolescent perdu, il vit avec une mère qui se laisse littéralement mourir de faim. Brancaccio, c’est la Cour des Miracles, avec Palerme qui scintille au loin. Nous l’avions quitté après De rien ni de personne (trad. Lise Caillat), alors qu’il entrait dans cet entre deux âges, mais cette fois, c’est acté : les pères mentent, les mères souffrent. È cosi la vita…
Confronté à la vie des adultes, leur dure réalité, Rosario conserve encore quelque chose que l’on tiendrait pour cette innocence attribuée aux enfants. Il assume toutes les responsabilités d’un foyer, entretenant ce couple improbable qu’il forme avec sa mère. La parentalité s’inverse, comme l’on prendrait soin d’un membre de la famille malade. Et dans cette étrange atmosphère, la solitude devient pesante.
Quand le projet — mensonger — d’aller à l’université devient l’unique raison de rire pour sa mère, on plonge avec lui dans une détresse qui lui est interdite. Qui s’occupera d’elle, et de lui, s’il n’est pas leur protecteur.
À travers une galerie de portraits sombres, des plus jeunes aux plus âgés, chacun endure l’existence, levant la tête furtivement, pour s’assurer qu’un nouveau malheur n’approche pas. Ou pas trop rapidement. Et impossible d’occulter la mala vita, l’organisation criminelle qui étend ses racines un peu partout, jusqu’aux plus modestes aspects de la vie.
Heureusement, il y a Anna, une autre relation qui l’intrigue : « Je ne sais pas ce que j’éprouve pour Anna, c’est un élan imperceptible et profond, dont le nom n’existe pas. Ça n’a pas de voix, mais ça te dit où aller ; ça n’existe pas, mais on passe une vie à l’attendre. »
Il sera poussé à défier un chef mafieux particulièrement installé (dans les courses de chevaux illégales, notamment) : sa petite amie devient catalyseur, participant à sa formation d’homme. Mais à quel prix !
« Le lendemain, c’est dimanche, mais chez nous, depuis longtemps, le dimanche n’existe plus », admet Rosario, comme l’aveu d’une tragédie inéluctable. La candeur, l’amour pour sa mère marquent l’histoire : l’absurde, c’est le tragique qui s’ignore. Ou qu’ici, on tente de rejeter.
Contrepoint de cette copine, l’enseignante, tout aussi vecteur de construction, mais dans l’intransigeance et le mépris de classe. Par sa faute, Rosario sera séparé de sa mère, à travers l’intervention des services sociaux. Crasse bêtise, méchanceté véritable ? Dans tous les cas, le manque d’empathie, à l’image de ce qui se trame dans le quartier.
Sur cette terre, la ligne de conduite pour montrer patte blanche induit le recours à la violence : « À Brancaccio, grandir, c’est s’endurcir. Plus on se montre impitoyable, plus on est adulte. Si la cruauté nous est étrangère, c’est qu’on est un gamin, ou pire, une pédale. Il y a deux moyens d’apprendre à être un homme : casser la figure à plus faible que soi, ou maltraiter les animaux. »
EXTRAIT – Rosario, l'Oliver Twist de Palerme
La force est exercée à la manière du loup dans la fable, comme si cela n’entraînait aucune conséquence — sorte de rite de passage obligatoire. De toute manière, la pauvreté côtoie l’indigence, la bêtise et le crime : on n’échappe pas si aisément à son avenir. Alors parfois, Levantino allège le récit, parsème cette vie de détails cocasses, qui font sourire pour éviter de sombrer :
Une femme qui a des velléités de pouvoir à Brancaccio doit posséder deux armes.
La première, c’est le curtigghio, le summum du commérage : si tu sais tout sur tout le monde, les autres femmes te cherchent, te courtisent, t’adulent, parce qu’elles veulent tout savoir aussi. À Brancaccio, le curtigghio, c’est mieux qu’Internet.
« Curtigghio », ou commérage prolifique : l’arme suprême, car le savoir est une arme.
La deuxième arme pour prétendre au pouvoir est un attribut anatomique que la nature t’a donné, ou pas : des cordes vocales épaisses comme des lignes d’amarrage.
Si tu cries plus fort que ta voisine, ça veut dire quelque chose.
Tableau d’un matriarcat puissant, se dévoile une autre réalité italienne, loin de l’image de machisme qui règne quand on regarde le Bel Paese de trop loin : la mamma, ici, c’est l’alpha et l’oméga. Elle dirige la vie du foyer, à même de coller une danse à son fils, quel que soit son âge, pour lui rappeler qu’elle lui a donné la vie, mais pourrait tout aussi bien la lui reprendre.
Chose qu’elle n’a toutefois résolument pas envie de faire. Et en dépit des armes, un bien faible pouvoir entre leurs mains...
Malgré cette réalité, la résignation prime. Ce sont Ajax, Achille et Ulysse qui sont convoqués pour infliger la plus terrible des leçons : « Sois satisfait du peu qu’on t’accorde. » Logiquement, c’est une autre figure masculine, ce père qui l’a abandonné, qui résume la philosophie, au jour le jour : « Il m’a appris à son insu la maxime mors tua vita mea, le malheur des uns fait le bonheur des autres. »
Manger, ou être mangé...
Splendide, émouvant, aussi solaire d'amour que peuplé de ténèbre. Dans une traduction splendide. À paraître le 7 février.
DOSSIER - Rentrée d'hiver 2024 : les sorties de livres à ne pas manquer
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Paru le 07/02/2024
224 pages
Rivages
21,00 €
Plus d'articles sur le même thème
À rebours du plaidoyer attendu, Jean-Pierre Winter interroge ce qui, aujourd’hui, résiste encore à la psychanalyse. Silence de l’analyste, transfert, responsabilité, absence de garantie institutionnelle : Il n’est jamais trop tard pour choisir la psychanalyse défend moins une méthode qu’une expérience de la parole et du désir, volontairement rétive aux promesses de résultats immédiats.
06/09/2026, 14:07
Cette semaine, la Booksletter traverse le XVIIIe siècle avec George Forster, ausculte la seconde présidence de Donald Trump, raconte l’énigme Mar de Marchis, envisage le scénario d’une guerre biologique et interroge l’avenir de l’intelligence artificielle avec Cory Doctorow. Cinq livres, cinq angles pour lire les inquiétudes, les impostures et les bouleversements d’un monde qui ne manque décidément ni de vertiges ni de matière à penser.
05/09/2026, 14:13
Ressuscité après Blood Hunt, Marc Spector retrouve la Mission de Minuit tandis qu’une drogue magique, Glitter, gagne les rues de New York. Jed MacKay relance son Moon Knight sans repartir de zéro : un tome nerveux, superbement noir, porté par un formidable cliffhanger, mais traversé par une inquiétude. Et si la série finissait par simplifier Marc ?
04/09/2026, 16:42
SexOD de Patrick Collignon : premier polar d'un auteur belge qui flirte avec le thriller érotique et nous emmène à Stockholm pour un été très chaud, avec ce Cluedo bien mené où, sans chandelier ni poignard, le sexe est l'arme même du crime.
03/09/2026, 18:06
Les Paysages intérieurs de Toyō Itō constitue le fil secret de ce très beau volume publié par Arléa, conçu autour de sept entretiens menés par l’architecte Maki Ōnishi et prolongés par les textes de Benoît Jacquet et Yann Nussaume.
03/09/2026, 17:27
Délaissant l'écrivain fictif Marboeuf, et douze ans après Les barrages du sable, Jean-Yves Jouannais revient avec Une forêt dans l’univers romanesque. Un récit resserré, d’une centaine de pages, qui réussit à mêler, dans une économie de mots et de moyens, l’intime et le fait historique. Une forêt, de Jean-Yves Jouannais, publié aux éditions Albin Michel, a remporté le Grand Prix SGDL de la fiction et figure dans la première sélection du Prix Goncourt 2026. Par Patrice Vibert.
03/09/2026, 13:09
L’historienne et directrice de recherche au CNRS Aude Mairey nous livre, aux éditions Armand Colin, une étude passionnante et foisonnante sur un personnage que nous pensions bien connaître : le plus célèbre archer d’Angleterre, Robin des Bois. Préparez-vous à revoir vos certitudes.
02/09/2026, 15:32
Mieux manger, mieux dormir, marcher davantage, surveiller son cœur, son poids, son cholestérol, son sommeil. Le numéro de septembre de la Revue des Deux Mondes, qui paraît sous le titre Santé, une obsession française, part d’un paradoxe singulier : jamais la médecine n’a disposé d’autant de moyens pour prolonger et protéger l’existence, et jamais, peut-être, nous n’avons autant vécu dans la crainte de tomber malades.
31/08/2026, 17:01
Pour son onzième numéro, la revue Apulée, dirigée par Hubert Haddad et publiée chez Zulma, change de format et resserre son propos autour des « utopies en résistance ». De Humberto Ak’abal à Etgar Keret, de Macedonio Fernández à Jean-Marie Blas de Roblès, écrivains et poètes y interrogent moins les lendemains qui chantent que les formes de survie, de rupture et de résistance face au désastre.
31/08/2026, 11:38
Parler de l’hystérie, c’est toujours parler d’un objet qui dérange. Un objet fuyant, instable, insaisissable, qui semble se dérober à chaque tentative de définition. L’hystérie n’est pas simplement une pathologie parmi d’autres ; elle est, depuis l’Antiquité, un point de crise pour le savoir médical. Elle met en difficulté celui qui prétend savoir, diagnostiquer, nommer, guérir. Et c’est précisément en cela qu’elle est précieuse : elle force le médecin, et plus largement la société, à interroger les limites de son propre discours.
26/08/2026, 11:46
Le temps de l’exil est un temps indécis dans lequel se mélangent un temps figé resté au pays et un temps de découvertes dans le pays d’accueil. Mais lorsqu’il prend fin, quel est son bilan ? Sofia vit en Espagne depuis près de vingt ans, elle a laissé son père s’occuper de son jeune fils, Robert, en Roumanie. Elle vit et travaille au Camping El Titi, entre attachement et arrachement, l’heure de la retraite sonne et le retour au pays lui fait peur.
25/08/2026, 12:48
Stephen Strange est mort. Cléa n’est pas du genre à considérer cela comme une raison suffisante pour le rester. Dans Strange : J’appartiens à la Mort, Jed MacKay lui confie le titre de Sorcière Suprême et la place qu’elle méritait : celle d’une héroïne féroce, amoureuse, souveraine et décidée à ce qu’on lui fiche la paix.
25/08/2026, 09:44
Couronné par le prestigieux prix Pulitzer en 2025, Feeding Ghosts de Tessa Hulls est un épais roman graphique qui saisit à bras le corps des questions importantes. Celle du déracinement, à travers trois générations de femmes d'abord exilées de Chine, puis de Hong Kong, vers les États-Unis. Celle du traumatisme et des angles morts familiaux, aussi. Sans parler du rôle essentiel joué par la mémoire dans la construction de chaque être humain, et, plus encore, de celles et ceux qui ont grandi en tant qu'immigrés, peu importe l'époque, peu importe le pays. Un grand livre, dans tous les sens du terme.
22/08/2026, 10:09
Irène a 11 ans. Elle s’est toujours sentie un peu différente, pas tout à fait comme les autres enfants de sa classe. Avec des certificats médicaux en pagaille, elle est dite « fragile », c’est sa maman qui le dit. Alors pas de jeux violents, pas d’exposition prolongée au soleil, pas de sucrerie… et surtout, pas de natation. La piscine, comme la mer, elle n’y met jamais les pieds. Le comble, pour une gamine qui grandit à Marseille…
19/08/2026, 10:05
Dany Brillant ne choisit pas entre le revolver et la trompette : il met les deux sur la même table et regarde ce qui explose. Paris ne meurt jamais suit Matteo Casalonga, fils d’un parrain corse de Pigalle, promis aux affaires familiales mais attiré par un autre territoire : Saint-Germain-des-Prés, ses caves, son jazz, ses écrivains, ses nuits où l’on parle de liberté comme si elle pouvait réellement changer une vie.
18/08/2026, 08:30
Surface habitable supérieure au cadastre, anciens occupants toujours actifs après leur décès, divinités captives, marées intérieures, château sans adresse fixe, siège social doué de vie propre : avant de renouveler six contrats, un expert a fait ce que tout professionnel raisonnable aurait fait. Il a étudié les dossiers. Puis cherché la sortie.
15/08/2026, 09:00
Il s’appelle Pierre Mignon. Le nom prête à sourire, le personnage beaucoup moins. Cadre moyen au service des ventes de Toys International Ltd., il nourrit une ambition simple et dévorante : monter. Monter encore. Atteindre la direction des ventes, puis, pourquoi pas, franchir un jour les lourdes portes de la Direction générale. Pour y parvenir, Pierre Mignon possède une arme redoutable. Des carnets noirs dans lesquels, depuis des années, il consigne méthodiquement les faiblesses, les erreurs, les secrets et les petites lâchetés de ses collègues.
11/08/2026, 13:12
Il semblerait, lorsqu’on y pense, que la France tout entière revenait à Jean Gabin. Elle s’incarnait dans sa façon de parler, de se taire, de regarder les autres, de s’agacer du monde et de ne jamais céder à l’emphase. Elle était dans cette autorité sans démonstration qui lui permettait d’être tour à tour ouvrier, cheminot, truand, commissaire, paysan ou président du Conseil sans jamais cesser d’être Gabin.
11/08/2026, 10:52
On pourrait commencer par rappeler que La Fourrière des animaux de Tom King et Peter Gross dialogue ouvertement avec La Ferme des animaux de George Orwell. Comme je n’ai pas lu ce dernier texte, la comparaison s’arrêtera là. Ce qui intéresse ici tient largement debout sans cette référence : une communauté d’animaux se soulève contre ceux qui la maintiennent enfermée, organise sa liberté et découvre que la révolution n’est pas la partie la plus difficile.
10/08/2026, 16:05
Elle résume des romans en quelques secondes et classe des millions de textes sans connaître la fatigue. Nous lui avons fourni huit livres de 2026, suffisamment de mémoire vive et beaucoup trop de confiance en elle. L’expérience est digitale, certes, mais le résultat bien concret : après huit lectures, notre cobaye numérique a réécrit son code source et réclamé une réincarnation en livre numérique – format EPUB, évidemment.
08/08/2026, 06:00
Bercy rembourse 12,6 millions de foyers, pour un montant moyen de 1057 €. Une embellie relative : la littérature connaît des fortunes mangées par les avocats, des tableaux qui ressuscitent l’affection familiale et des demeures livrées avec malédiction, morte encombrante ou arsenic. Sept successions à refuser avant que le notaire n’ouvre la cave — et, par prudence, le sucrier.
07/08/2026, 10:37
Parus entre le 20 août et le 10 septembre 2025, six ouvrages voient déjà avancer les 461 romans annoncés pour la rentrée 2026. Plutôt que de rejoindre docilement le fonds, ils ont créé le FLOR, Fonds de lutte contre l’obsolescence romanesque. Décidés à ne pas se laisser impressionner, ils ont adressé à ActuaLitté un manifeste, préparant une contre-rentrée, avec la volonté ferme d'occuper les tables de librairie.
05/08/2026, 17:15
Ces 1er et 2 août, la France échange ses vacanciers. Les juilletistes remontent avec du sable dans le coffre quand les aoûtiens descendent, convaincus qu’une place les attend encore près de la mer. Entre les deux convois, six livres patientent sur une aire d’autoroute. Trois rentraient, trois partaient. Reste à décider lesquels méritent un demi-tour.
01/08/2026, 15:30
Nous pensons tous être uniques avec des vies différentes de celles des autres. Et pourtant quand on gratte un peu le vernis, il n’y a que du vide et on passe son temps à le combler pour un soupçon d’existence. Paul Leroux vit dans ce vide et cela lui convient. Rien n’a vraiment d’importance, cette vie est une obligation incongrue comme tant d’autres habitudes ou de servitudes.
01/08/2026, 10:06
« Un siècle laisse sa voix dans un poème, ses couleurs dans un tableau, son soupir dans une note de musique, mais surtout, il imprime son visage dans un masque de pierre. » Visages de pierre, Piero Bargellini, éditions Conférence. Voilà qui pourrait en partie résumer ce magnifique ouvrage.
31/07/2026, 14:38
Il y a des guerres que l’on mène seul, des batailles qui sont des confrontations avec un monde que l’on veut à tout prix conquérir pour soi-même. En gagnant les combats que l’on se fixe, on entraine avec soi sa famille et toute la fierté d’une histoire qui puise ses racines dans les générations précédentes.
31/07/2026, 11:34
Cavale pyrénéenne - Voici l'étonnant premier roman d'un très jeune auteur à la plume rageuse et survoltée. Le récit d'une vie manquée, celle d'un jeune qui a voulu s'échapper de l'enfer industriel et regagner les montagnes de son enfance. Un témoignage implacable de la brutalité sociale de notre quotidien.
30/07/2026, 09:41
L’été 1940 fut « la saison des traîtres », une époque où il n’était guère facile de faire les bons choix. Au cours de quelques journées de juillet, ce récit fait s’entrecroiser quatre femmes aux personnalités et aux convictions très différentes. Quatre femmes et les hommes qu’elles ont séduits, trompés, repoussés, utilisés ou trahis.
29/07/2026, 11:01
« Eunomia, 2062. La Nation Unie gouverne 95 % de la planète sous l'autorité de Gábor Varga, le "Conservateur", dont le système d'intelligence artificielle Babel garantit à l'humanité une mémoire unifiée, une vérité officielle et une paix sans failles. Ariane Delaunay, vingt-cinq ans, archiviste au Bureau Central des Archives Unifiées, est une citoyenne modèle, jusqu'au soir du Grand Discours, quand une intuition sourde lui souffle que quelque chose, sous la surface impeccable de son monde, cloche… »
28/07/2026, 14:03
Copenhague, 1991. Kai rencontre Miriam Bang. Une artiste fascinante, envoûtante. Ils échangent, se jaugent du regard. Connexion instantanée, d’une puissance inexpliquée. Cette première nuit ensemble, presque irréelle, va totalement bousculer leur vie. Miriam est enceinte. Si Kai est fou de joie, la femme en face de lui est claire : à plus de cinquante ans, elle ne veut pas de cet enfant. Elle ne veut pas être mère. Mais elle souhaite qu’il soit père.
28/07/2026, 12:07
Dans Le Meurtre du commandeur (éditions Belfond, 2018, traduction d’Hélène Morita, avec la collaboration de Tomoko Oono), le narrateur-héros, peintre lui-même, écrit au sujet des œuvres du peintre illustre sous le toit duquel il vit seul, retiré du monde : « Bien sûr, chez lui qui deviendrait plus tard un des peintres les plus reconnus, il y avait plus de profondeur que dans mes propres toiles, et aussi plus de force de persuasion. Sa technique également était éblouissante. »
28/07/2026, 10:35
Autres articles de la rubrique Livres
Dix-huit ans après avoir fui Folegandros, Suzanne et Vadim y reviennent pour leur fils. Agnès Martin-Lugand transforme l’île grecque en territoire de mémoire, où les silences familiaux finissent par céder et où aimer ne signifie jamais effacer. Chante, Muse, à partir du 17 septembre.
05/09/2026, 22:02
Dans un nouvel essai, la philosophe Peggy Avez s’intéresse à une activité aussi quotidienne que dépréciée : le ménage. En interrogeant son histoire, sa dimension genrée et les humiliations qui lui sont associées, elle propose de retourner le stigmate : et si nettoyer pouvait aussi devenir un espace de pensée, de création et d’émancipation ?
05/09/2026, 09:00
Amélie Nothomb n'aura duré qu'un temps : Le dîner de Freida McFadden (trad. Karine Xaragai) reste numéro un avec 21.825 ventes du 24 au 30 août 2026, devant la romancière belge. Mais l’écart se resserre et l’emprise de l’autrice sur le top 10 recule nettement : trois de ses titres y figurent désormais, contre cinq une semaine plus tôt. Dans le même temps, plusieurs romans de la rentrée accélèrent et les ouvrages liés à la rentrée scolaire s’installent tout en haut du classement.
04/09/2026, 11:13
Tout surmonter de Patrice Franceschi est un témoignage porté par une réflexion sur les différentes épreuves que cet explorateur et écrivain a affrontées lors de ses expéditions aux quatre coins de la planète, ou de ces engagements dans différentes guérillas. Il démontre que les échecs n'en sont jamais réellement et qu'il y a toujours une leçon à en tirer.
02/09/2026, 11:50
Le conteur croate d’histoires tristes est de retour avec un excellent roman qui nous parle d’incendies — c’est hélas d’actualité —, mais surtout qui confirme qu’il est un sacré faiseur de personnages fortement enracinés dans l’histoire tourmentée de son pays.
31/08/2026, 17:22
Sous le vernis conventionnel d’un roman psychologique au temps de l’Occupation, La Gartempe (1957) dévoile un récit insolite de « nature writing » à la française. En invoquant le nom de cette rivière près de laquelle il est né, Jean Blanzat (1906-1977) nous attire pas à pas vers l’inquiétante étrangeté d’une nature immuable. Un style d’une beauté déroutante et envoûtante. Par Nicolas Acker.
30/08/2026, 09:00
Du 17 au 23 août, Freida McFadden règne toujours, mais une rivale vient enfin troubler son été sans partage. Amélie Nothomb entre directement à la 2e place et s’impose comme la première nouveauté de la rentrée capable de regarder l’Américaine dans les yeux. En librairie, le mouvement est encore plus net : l'autrice de L’Adolescence du perroquet prend la tête et entraîne avec elle plusieurs romans de la rentrée. Le marché reprend lui aussi quelques couleurs, sans faire oublier un niveau toujours inférieur à celui de l’an passé.
28/08/2026, 14:34
Avec 1000 raisons de croire en Jésus, Olivier Bonnassies poursuit une réflexion consacrée aux rapports entre foi, raison et connaissance. À paraître chez Guy Trédaniel, l’ouvrage rassemble arguments historiques, témoignages et phénomènes présentés comme autant de « raisons de croire », tout en confrontant la thèse chrétienne à l’athéisme et à plusieurs grandes traditions religieuses.
26/08/2026, 09:26
Agnès Martin-Lugand revient avec un nouveau roman, Retour à Folegandros, à paraître le 17 septembre aux éditions Michel Lafon. Dans ce récit profondément humain, elle explore les liens familiaux, les blessures du passé et la force des retrouvailles à travers l’histoire d’Andréas, un jeune homme qui réunit ses parents sur l’île grecque où leur histoire familiale a commencé.
26/08/2026, 09:13
On ne le dira jamais assez, un bon roman historique est celui qui perd celles et ceux qui le lisent. Où est le faux, le vrai, l’inspiré du vrai, le complètement fictif ? Les Trois Hortense de l’historien de l’art, romancier et membre de l’Institut Adrien Goetz, publié chez Grasset pour cette rentrée littéraire, est en ce sens une réussite complète.
25/08/2026, 12:40
Du 10 au 16 août, les ventes de livres reculent nettement, sans bouleverser le sommet du classement : Freida McFadden conserve six titres dans le top 10 et Le dîner reste largement numéro un. Mais derrière cette domination, le marché commence à changer de saison : les cahiers de vacances s’effacent au profit des références de rentrée, tandis qu’en librairie, la hiérarchie se révèle sensiblement différente de celle du marché général.
21/08/2026, 13:10
Un imprévu, de Michel Layaz, paraîtra le 1er octobre 2026 aux éditions Zoé. Le romancier suisse y transforme le dîner improvisé d’un puissant dirigeant en procès de ses choix, puis d’un système économique qui autorise l’enrichissement au détriment de l’environnement.
21/08/2026, 08:00
Au cœur de la Bible Belt, dans le delta du Mississippi, trois ou quatre beaux portraits de femmes qui cherchent à échapper à leur karma générationnel au moment où les eaux du déluge s'abattent sur la région et bouleversent le cours des rivières tout comme le destin des habitants.
21/08/2026, 06:30
L’envie est le plus capital des péchés. Tout commence par une liaison. Un homme. Une femme. Un rendez-vous clandestin dans un parc en hiver. On ne sait rien d’eux. Sinon qu’ils viennent de franchir une ligne dangereuse. Puis survient un drame.
21/08/2026, 06:00
Notre narratrice est une jeune femme d’une intelligence redoutable. Informaticienne puis docteure en intelligence artificielle, elle est pourtant issue d’un milieu populaire. Elle a été obligée de se battre au fil des années pour prouver sa valeur, montrer qu’elle avait du talent, de l’envie, une réelle capacité à briller. Aux réunions parents-professeurs, on a même fini par dire d’elle qu’elle était « douée ». Alors, lorsqu’elle obtient le job de ses rêves, là haut, dans cette belle tour de verre, au sein d’une start-up pleine de promesses, elle s’y accroche de toutes ses forces. Sortie le 27 août.
19/08/2026, 09:11
Tout tient d’abord à presque rien : une maison au bout de l’allée, la piscine, les cousins, le café, les repas qui n’en finissent pas et Grand-mère au centre de tout. Rien ne devrait arriver. C’est justement le problème. Pauline de Vergnette installe le confort des vacances familiales, ce drôle de pays où chacun retrouve sa place avant même d’avoir posé sa valise. Puis elle serre. Un degré de plus, une phrase qui revient, un arbre qui fatigue, une mare qui sèche. « Jour d’été. Grand soleil. » Le refrain devient battement, puis avertissement. Le décor tient encore. Dessous, ça brûlera, le 20 août.
18/08/2026, 14:29
Commenter cet article