Ses congés, Nicole Berthier les passe à Minerve depuis des années, dans cette petite maison familiale héritée de ses parents disparus. Elle y retrouve une sorte de sérénité calme et douce pour y décrocher de ce quotidien, quelque peu stressant, qui est le sien à Rueil-Malmaison. Retrouver le village écrasé par le soleil du midi, avec ses vieilles ruines fortifiées, ses ruelles étroites, ses falaises calcaires et sa rivière parfois à sec est, pour elle, un retour dans un havre de paix.
Le 05/04/2023 à 12:10 par Mimiche
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05/04/2023 à 12:10
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Rien à voir avec l’agitation quotidienne de l’entreprise dans laquelle elle travaille. Ce hameau chargé d’histoire étend ses quelques maisons sur un promontoire où l’ombre des Cathares plane encore. La Cesse coule à ses pieds au sortir de ces merveilles géologiques qu’elle a creusé dans le calcaire du pays. Un lieu où, bien sûr, le tourisme bat son plein mais seulement pendant la journée : les capacités d’accueil du village étant trop faibles pour y contenir, la nuit, tous les visiteurs du jour.
Un lieu où le caractère sauvage de la nature environnante permet des ballades dans un relief agité peuplé de garrigues et de dolmens. Son premier réflexe, après avoir repris contact avec la maison et ses souvenirs, c’est de sortir courir dans le chemins entre les vignes, les éboulis calcaires et les chênes verts. Nicole Berthier retrouve ces sensations et renoue avec son village natal.
Mais, au détour d’un sentier, la scène qui s’offre à elle donne une fort mauvaise tournure à ce séjour dont elle attendait tant de délassement, de quiétude et de tranquillité... Un homme est attaché à un arbre, la tête ensanglantée, les yeux martyrisés ! Passé le premier haut-le-cœur, n’ayant pas son téléphone avec elle, elle fait demi-tour pour aller prévenir les secours si tant est qu’il y ait encore quelque chose à faire pour le supplicié ! Une heure plus tard, la scène de crime fourmille de gendarmes bien décidés à mettre la main sur le moindre indice qui leur permettrait de faire rapidement la lumière sur ces homicide.
Interrogée par les gendarmes, Nicole Berthier ne peut leur être d’aucune utilité malgré les questions suspicieuses dont ils n’ont pu se départir en ce début d’enquête. Rien qui leur permette d’identifier ce corps.
La seule chose à laquelle la mise en scène du cadavre lui fait penser, c’est ce souvenir de la brutalité dont Simon de Montfort avait fait preuve (en 1210!…) à l’égard des Cathares qu’il était venu combattre en Languedoc. Des prisonniers avaient eu les yeux crevés et le nez cassé avant d’être envoyés sur les routes pour effrayer les populations ! Difficile de raccorder ces évènements entre eux ! Mais, rapidement, les gendarmes parviennent à établir que le décédé faisait partie d’une bande de jeunes impliqués dans un drame local une dizaine d’années auparavant.
Des ponts naturels de la Cesse aux mines d’or de Salsignes, Jean-Claude Cognet nous emmène dans un roman policier qui ne manquera pas de mettre au défi des gendarmes bientôt submergés par des meurtres à répétition.
J’étais plein d’appréhension en abordant ce livre tant j’avais été déçu par la lecture précédente de son Meurtres à Tautavel (2021, Estelas). Est-ce ma plus grande familiarité avec les lieux où se déroule l’histoire ? J’ai été plutôt agréablement surpris par ce nouvel opus. Il faut déjà reconnaître que, même s’il persiste une coquille par-ci, par-là, on a clairement changé de dimension et il n’y a plus là de quoi fouetter un chat.
Il arrive trop souvent que des éditions plus capées laissent passer quelques perles pour ne pas en « faire tout un fromage » (même si c’est, à chaque fois, parfaitement regrettable). Mais c’est déjà un mieux de n’avoir à trembler que pour les malheureuses victimes qui émaillent le récit plutôt que dans l’attente du prochain cadavre orthographique à la page suivante…
C’est donc une enquête plutôt bien construite que Jean-Claude Cognet nous offre. Avec tout ce qu’il faut de suspense, cadavres, difficultés, fausses pistes, vraies disparitions, rebondissements inattendus et d’inquiétantes incertitudes. Avec cependant, un peu trop tôt et un peu trop téléphoné, la silhouette du futur coupable (qui n'est, bien sûr, pas dévoilé immédiatement) que les policiers, le nez dans le guidon, négligeront trop longtemps. Mais le lecteur de polar un peu rompu aux ficelles du genre, n’ignorera certainement pas son identité, poussant un ouf de soulagement quand, enfin, les enquêteurs prendront le mors aux dents sur cette nouvelle option.
Un bon petit polar bien ficelé mais qui me laisse malgré tout sur deux déceptions. La première trouve son origine dans la passion qui est la mienne pour le village de Minerve. Je trouve que Jean-Claude Cognet, aurait pu, sans verser dans le dépliant touristique, mieux mettre en valeur l’extrême originalité géographique, géologique, historique des lieux en parsemant son récit de petites touches descriptives un peu plus affirmées. Ce n’est pas tous les jours que Minerve fait la une de l’actualité policière !
La seconde est plus liée à l’écriture qui reste toujours, pour moi, trop simplifiée et trop minimaliste dans la rédaction des phrases, la description des lieux, le suivi des actions des protagonistes ou la mise en condition du lecteur par des détours peu subtils. Et puis, l’amourette de Nicole, qui se termine en roman à l’eau de rose, ressemble trop à une romance pour (anciennes) jeunes filles en fleurs sans surprise pour me convaincre.
Je suis convaincu qu’avec le matériau finalement assez captivant qui constituait son scénario, Jean-Claude Cognet aurait pu nous entraîner dans une histoire beaucoup plus séduisante. Même si elle reste un sympathique divertissement.
Par Mimiche
Contact : contact@actualitte.com
Paru le 01/02/2019
280 pages
Estelas Editions
12,90 €
Paru le 11/06/2021
328 pages
Estelas Editions
12,90 €
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ESTELAS EDITIONS
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Quant à la petite histoire de Nicole, c'est une façon de donner une vie personnelle aux protagonistes sans soûler le lecteur avec une histoire à l'eau de rose car là n'est pas l'objet du livre. Là encore, nous sommes bien conscient chez Estelas de ne pouvoir plaire à tout le monde.
Merci quand même pour ce ressenti qui reste très important pour nous.
Bien à vous,
Estelas Editions