Ces derniers jours passés à Nouk, la capitale du Groenland, sont difficiles pour Elle.
Le 27/01/2023 à 11:57 par Mimiche
0 Réactions | 263 Partages
Publié le :
27/01/2023 à 11:57
0
Commentaires
263
Partages
D’abord il y a sa mère, Anaana, qui ne parvient pas à se faire à l’idée de ce départ pour lequel elle considère qu'Elle n’est pas prête. Et même s’il ne dit rien, son père, Ataata, pense certainement la même chose, qu’il rumine au fond de lui et qui le fait opiner quand Anaana se morfond de ce départ.
Et puis il y a Maliina, avec laquelle Elle n’a jamais échangé de promesses, à qui Elle n’a jamais dit je t’aime, mais avec laquelle Elle a une relation qui dépasse largement la notion d’amitié comme Elle voudrait le faire croire à Anaana qui n’est pas dupe pour autant.
Pourtant, Elle a choisi de partir au Danemark poursuivre ses études à l’Université. Et son dossier ayant été accepté, plus rien ne s’oppose à cet imminent départ qui la soulage (se libérer enfin de la vie dans ce cocon familial qu’Anaana veut continuer à maintenir autour d’Elle) et qui l’effraie un peu (comment va se comporter cette liaison avec Maliina quand les kilomètres et le décalage horaire vont s’interposer entre Elle et son amoureuse?).
De plus, Elle n’a pas encore digéré toute la peine qui s’est abattue sur elle quand sa grand-mère Aanaa s’est éteinte quelques mois auparavant. Un choc qu'Elle a essayé de conjurer en appelant le service SOS Suicide qui n’a pas été très performant pour lui remonter le moral et la remettre sur les rails d’une acceptation apaisée. Aanaa était trop importante pour Elle : c’est chez Aanaa qu'Elle se réfugiait à chaque accroc de la vie car « elle était la seule qui [la] comprenait ».
Et maintenant, si près du départ, Elle n’est pas capable de dire à Maliina le fond de ses sentiments, la peine qu’elle éprouve, le plaisir, qui n’est pas que sexuel, qu’elle ressent auprès d’elle. Et Elle part en essayant de ne pas se retourner.
Mais cet autre-part où Elle atterrit n’a rapidement plus le même goût que celui qu’il lui avait paru avoir lorsqu’elle en rêvait, à Nuuk. Groenlandaise elle est, et ce n’est pas du goût de tous les Danois qu’elle croise ; ses préférences sexuelles n’étant pas pour améliorer les relations, même avec les étudiants comme elle. Et le soutien des services spécialisés dans l’accompagnement des jeunes Groenlandais à Copenhague n’est pas beaucoup plus performant que l’accueil téléphonique de SOS Suicide à Nuuk…
Alors, au bout de quelques mois qui ont suffi pour entériner un décrochage quasi total dans ses études, la nouvelle du décès d’une cousine de Maliina est l’excuse qu’il lui fallait pour tout plaquer et rentrer à Nuuk, rejoindre ensuite Maliina sur la côte Est du Groenland et y assister aux obsèques d’une jeune fille qui, comme tant d’autres adolescent(e)s, jeunes et moins jeunes Groenlandais(es), n’a pas trouvé de justification suffisante à sa vie pour ne pas décider d’en rompre le cours. Définitivement.
À LIRE : Rendez-vous avec une autre humanité, si semblable, si proche
Pourquoi Niviaq Korneliussen n’a pas jugé utile de donner un prénom à la figure principale de son livre ? La question me taraude souvent quand un(e) auteur(trice) adopte ce choix dans un ouvrage. Le « je » est-il à ce point personnel dans le récit ? Là, j’ai du mal l’imaginer, compte-tenu de l’horrible leitmotiv qui ponctue un trop grand nombre des chapitres de son livre : chacun, en « introduction », affiche les circonstances et les victimes de suicides !
Je pencherais donc plutôt pour un « je » collectif dans lequel trop de jeunes Groenlandais(es) se retrouveraient enfermé(e)s comme dans un cycle infernal (et inévitable?). Car le roman est truffé de jeunes gens et de jeunes filles liés de près ou de loin à « Elle », ou sans aucune relation aussi, qui ne trouvent d’autre réponse aux péripéties que la vie leur fait subir qu’une rupture totale et définitive.
Niviaq Korneliussen n’apporte aucune réponse à cette « épidémie », mais, avec ce qui pourrait être ressenti comme une brutalité froide, elle pose un constat. Elle nous plonge dans toutes les versions d’un mal-être profond qui s’empare d’une proportion inquiétante de ses compatriotes, que rien ne semble être en mesure de freiner. En tous cas, semble-t-il, pas les services sociaux mis en place pour apporter, au moins, l’écoute d’une oreille attentive à l’autre bout d’une ligne téléphonique. Insuffisant. Pas assez efficace, semble-t-elle nous dire.
Des interlocuteurs pas assez présents. Trop spécialisés, peut-être, et incapables de franchir les limites de leur domaine de compétences ? À l’évidence submergés par des attentes considérables en nombre, en diversité et en profondeur ! Certainement, compte-tenu des distances et de l’isolement de ces populations dispersées, dans l’impossible situation d’être proches, disponibles, accessibles par tous, partout et en tous temps.
Je serais curieux de savoir si le taux d’actes définitifs particulièrement élevé chez les jeunes Groenlandais(es) est uniforme géographiquement sur le territoire et sensible aux orientations sexuelles des individus.
Car il semble bien que, sous une façade de totale liberté sexuelle non contrainte, les regards extérieurs pénètrent chacun au plus profond de lui-même et lui adressent un muet reproche sexiste et sociétal, qui ne se prive pas de juger, de catégoriser et, de fait, de fragiliser un peu plus ces êtres qui ont du mal à trouver une place, leur place, dans une société en équilibre précaire entre usages ancestraux et accès à de nouvelles opportunité culturelles et sociales. Ces regards traversent une société profondément marquée par l’isolement individuel et géographique, malgré le lien social, par l’impact saisonnier de la durée du jour et par la difficulté de trouver un emploi.
L’incommunicabilité est au cœur de ce roman. Parce que tout est justification pour ne pas se soumettre à l’échange. La peur du jugement de l’autre. La non-acceptation de l’énoncé froid d’une vérité ou d’un mensonge pas totalement assumés. La barrière générationnelle (qui s’émousse pourtant, et de manière étonnante, quand il s’agit de sauter une génération). La peur du langage de l’amour et de l’engagement qu’il sous-entend. Le bagou effronté et souvent provocateur lorsqu’il s’agit de parler de préférence sexuelle. Tout semble être un obstacle aux relations apaisées, à la confiance totale, à l’acceptation du regard de l’autre qui n’est pas systématiquement un jugement.
« Elle » ne trouve de sérénité fragile que dans la solitude de La Vallée des Fleurs, devant ce cimetière qui fait face aux magnifiques et grandioses montagnes.
Un roman poignant, rempli de questions sans réponses.
Par Mimiche
Contact : contact@actualitte.com
Paru le 20/01/2022
424 pages
Editions La Peuplade
21,00 €
Paru le 06/02/2020
189 pages
10/18
7,80 €
Plus d'articles sur le même thème
Ici, personne n’entre dans l’âge adulte à pas feutrés. Dans les Terres Bannies, on grandit sous la menace, entre fidélités imposées, récits officiels et violence prête à rompre ses chaînes. Avec Le temps de la terreur (trad. Thomas Bauduret), John Gwynne relance sa mythologie par l’héritage empoisonné : une génération née après les grandes batailles découvre que la paix n’était qu’une trêve armée, et que les vainqueurs, eux aussi, cachent leurs failles sous l’armure. par Théo.
10/03/2026, 11:34
Moi qui désormais ne me passionne plus guère que pour le doux silence de la nature ou pour les Suites pour violoncelle de Bach — et qui dois pourtant quotidiennement batailler avec l’horrible patron du bar sis au rez-de-chaussée de mon immeuble afin qu’il renonce aux basses abrutissantes de sa sono —, je dois confesser que Bruits, le titre du dernier roman d’Anne Savelli, avait de quoi m’agacer…
10/03/2026, 10:36
Avant la Naples de Maradona et Marek Hamsik, il y eut le Royaume de Naples, et Diego n’en était pas le roi. Alain Blondy raconte une longue histoire, du Ve au XIXe siècle, avec des frontières mouvantes, des capitales qui basculent - Palerme ou Naples -, des dynasties qui se succèdent. Et surtout : l’histoire de Naples est indissociable de celle de la Sicile, tantôt jumelle, tantôt rivale, tantôt tenue par le même souverain, sans jamais se confondre vraiment.
09/03/2026, 18:33
Billy the kid, petit gars né possiblement à New-York, possiblement en 1859, avait possiblement pour vrai nom William Henry Mac Carty, ou alors pas, c’est flou. À l’époque, celle de sa naissance, il n’était pas destiné à rester dans les mémoires. D’ailleurs l’est-il ? Resté dans les mémoires ? Ce qui est resté, c’est le mythe d’un jeune bandit habile au pistolet et dégommé par les autorités avant sa vingt-deuxième année. De ce mythe associé à une poignée de photos et faits avérés, Vuillard tire un portrait plutôt collectif et tout à fait captivant de quelques desperados de l’Ouest américain au XIXe siècle.
09/03/2026, 15:05
Troisième épisode des enquêtes du commissaire Bornec du XIIIe arrondissement, chronique sociale du Paris des années 30, les années du Front populaire. Alexandre Courban poursuit sa chronique sociale, policière et bien documentée du Paris ouvrier de cette période.
09/03/2026, 11:42
Il existe des livres qui ne racontent pas seulement une histoire : ils ouvrent une cicatrice. Depuis la révolution de 1979, l’Iran vit sous un régime qui a transformé la foi en instrument de pouvoir et les familles en champs de bataille. Dans ce roman inspiré de faits réels, une mère voit ses enfants engloutis par la machine répressive. La littérature ne répare rien ; elle empêche seulement que les morts disparaissent une seconde fois.
07/03/2026, 15:06
Quand on entame la lecture de La partie immergée de l’iceberg. Éloge du GPS algérien, on adhère presque immédiatement à la démarche du nouvel essai que signe le cinéaste Lamine Ammar-Khodja. Par un usage rafraîchissant de l’auto-dérision, la mise en récit de ses déambulations introspectives sur l’histoire algéro-française et ses géographies « brumeuses » trouve un ton juste : agréable, frais, nonchalant et parfois féroce.
07/03/2026, 10:21
Dans le vacarme des algorithmes, des guerres culturelles et des diagnostics en ligne, les livres persistent : ils observent, dissèquent, contestent. Cette semaine, la Booksletter circule de Bach aux dactylos oubliées, des gourous de santé numérique à la désillusion cubaine de Leonardo Padura, jusqu’aux alliances secrètes du vivant. Autant de récits qui scrutent une même question : comment nos sociétés écrivent-elles leur propre partition ?
07/03/2026, 10:09
Un livre en appelle souvent un autre. C’est en lisant Les fleuves du ciel d’Elif Shafak (Flammarion) que j’ai eu envie d’en savoir plus sur le roi d’Assyrie, Assurbanipal. Et comme si j’avais été écoutée, les éditions Perrin viennent de sortir sa biographie, Assurbanipal. Le roi assyrien derrière la légende de Sardanapale, signée par l’historienne de l’Antiquité, spécialiste de latin, de grec, d’hébreu, d’araméen et d’akkadien, Josette Elayi.
06/03/2026, 16:38
Dans l’« Absolute Universe » de DC, Green Lantern a changé de nature : plus de Corps, plus de bague, plus de protocole. L’éditeur affiche la rupture avec entrain jusqu'à faire disparaître la volonté, seule à même de guider la lumière verte. Et de confier l’arc d’ouverture à Al Ewing et Jahnoy Lindsay, ce dernier assurant aussi la couleur et la couverture.
03/03/2026, 12:53
Pourquoi faut-il absolument (re)lire Notre besoin de consolation est insatiable, de Stig Dagerman (trad. Philippe Bouquet et Alain Gnaedig) ? Avant même de méditer leur contenu, la transparence, l’éclat et le rythme de certaines écritures captivent le regard du lecteur par l’inoubliable souffle de liberté qu’elles charrient. La vitalité du texte libère les idées et ouvre le chemin des possibles. Et c’est bien le cas du travail de l’écrivain suédois.
02/03/2026, 11:58
La Booksletter rassemble, chaque semaine, une sélection d’articles où l’actualité se lit à travers les livres : biographies, essais, enquêtes, sciences, idées politiques, culture visuelle. Le format privilégie des entrées thématiques nettes, des références bibliographiques immédiates et des liens de lecture directs. L’ensemble compose une revue de repères, conçue pour relier faits, concepts et œuvres, sans passer par les résumés paresseux ni les angles interchangeables.
28/02/2026, 10:00
« Empêche-la… Elle va finir comme ma mère. » Alors qu’il vit ses derniers instants, le grand-père de Vilma lui adresse ces quelques mots. Comme une malédiction. Une sentence contre laquelle elle ne peut pas se défendre, d’autant qu’elle ne la comprend pas.
27/02/2026, 16:43
Il ne faut pas galvauder le mot chef-d’œuvre. Il ne faut pas bouder son plaisir non plus. Quand il s’en présente un, tâchons de le célébrer – comme avec cet Underdog tombé du ciel, ou plutôt de la plume d’un auteur encore méconnu, Bruno Marsan, que la quatrième de couverture nous présente comme originaire du Sud-Ouest. Il aurait vécu beaucoup de choses racontées dans le roman… Ce qui n’est pas rien, quand on découvre l’odyssée du narrateur. Par Aymeric Patricot.
27/02/2026, 16:02
« Si seulement l’Argo avait sombré au fond de la mer… » : dès l’incipit, Le Songe de Médée de Natalie Haynes installe une tragédie à rebours, où l’épopée sert d’écran de fumée. Le navire devient alibi, comme le dit le narrateur : « Ce n’était pas la faute de l’Argo. » Le roman préfère l’origine des désastres à leur célébration, et annonce sa méthode : « Mais nous commencerons à l’endroit d’où le navire fit voile. »
26/02/2026, 17:00
« La déception perle entre ses cuisses, coule le long de ses jambes. Elle avait pourtant mal aux seins depuis quelques jours, elle y croyait. Ils ont fait l’amour au bon moment, elle en est sûre, elle regarde à nouveau sa courbe de température. Ça pleure tout rouge dans sa culotte. C’est pas compliqué d’avoir un enfant, tout le monde y arrive, pourquoi pas eux. » Un fois de plus, l'échec. Pire : une trahison, de son propre corps qui ne parvient pas à mener à bien la seule mission pour laquelle il a été créé. Donner la vie. Son ventre reste vide.
26/02/2026, 09:47
France, 2050. L’été est devenue la seule saison pour recouvrir une bonne partie de la planète. Les canicules s’enchaînent, toutes plus écrasantes les unes que les autres. L’eau, devenue une terrible économie de survie, est un sujet qui brûle toutes les lèvres – d’autant plus face à un climat déréglé, cruel. C’est dans ce contexte que Erik Dolomont, derrière son entreprise devenue un empire, a décidé de s'approprier un iceberg. Son objectif : le livrer jusqu'au Maroc pour en revendre l'eau douce au plus haut prix.
26/02/2026, 08:21
Dans Entrelacs, Daniel Mendelsohn se prête au jeu de l’entretien comme il écrit : en avançant par boucles, par retours, par digressions qui n’en sont pas, parce qu’elles constituent la charpente même du propos. Déborah Bucchi et Adrien Zirah l’amènent là où son œuvre insiste : au point de jonction entre récit et exégèse, entre l’intime et le texte, entre Athènes et Jérusalem.
25/02/2026, 16:52
Si on connaît Fred Neidhardt comme scénariste et dessinateur, on découvre dans ce délicieux livre sa longue carrière d'imposteur à la télé et dans la presse. Il sert de faux témoins dans « C'est mon choix » ou face à Jean-Luc Delarue dans « Ca se discute », tourne des caméras cachées pour Thierry Ardisson et des reportages photos pour « L'écho des Savanes », jouant tantôt les ingénus, tantôt les malfaisants ou les ravis de la crèche, pour détourner les situations les plus sérieuses en dérapages peu contrôlés. Et maintenant qu'il prend le temps de dévoiler dans ces planches les coulisses de toutes ces (més)aventures, on rit deux fois plus encore.
25/02/2026, 09:24
Premier polar d'un auteur mélomane qui préfère les promenades dans Clermont-Ferrand plutôt que les courses poursuites trépidantes. Une enquête sans concession aux standards du genre mais menée au rythme provincial des "territoires" comme on dit désormais.
24/02/2026, 11:46
Qui peut croire aujourd’hui, qu’à une époque, des personnes se laissaient emmurer vivantes pour vivre leur foi ou expier une faute. L’histoire des reclusoirs en France, édifices exigus attenants généralement à une église, abonde d’archives.
23/02/2026, 14:22
Attention, terrain miné. Ici, personne ne sortira indemne, ni le libraire sanctifié par les tribunes culturelles, ni l’auteur persuadé d’habiter une avant-garde incomprise, ni même le lecteur qui s’imaginait entrer en librairie comme on pousse la porte d’un refuge. Le Libraire & le Psychopathe ne cherche ni l’apaisement ni l’hommage : il cogne, il érafle, il exhibe les coulisses avec une cruauté méthodique.
23/02/2026, 12:08
Avec Des bourreaux. Traversée des ténèbres, Guilherme Ringuenet examine un versant rarement exploré des violences sexuelles sur mineurs : les mécanismes qui conduisent au passage à l’acte. S’appuyant sur des données établies, il met en lumière l’écart entre l’ampleur des faits et leur traitement judiciaire. Son enquête privilégie l’analyse des processus d’emprise, de rationalisation et de déni, en cherchant à comprendre sans jamais dissocier cette approche de la place centrale des victimes.
23/02/2026, 10:28
Aventurier, naturaliste, romancier, militant des droits amérindiens, éphémère agent de la CIA : Peter Matthiessen incarne une trajectoire américaine hors norme. S’appuyant sur huit années d’enquête et près de 200 entretiens, Lance Richardson recompose les multiples visages de l’auteur du Léopard des neiges, entre quête spirituelle, engagement écologique et zones d’ombre.
21/02/2026, 10:37
Combien d’enseignants avons-nous eus pendant notre scolarité qui nous a marqués ? Nous avons tous jalousé les étudiants du film Le cercle des poètes disparus, d’avoir rencontré un John Keating qui ne se contentait pas d’enseigner, mais d’ouvrir les esprits à des horizons plus grands.
21/02/2026, 09:49
La publication de De-civilisation aux éditions Les Liens qui Libèrent doit être considéré comme une réflexion intellectuelle s’inscrivant dans le long terme, pour ne pas dire dans l’Histoire. Son auteur, Roland Gori appartient à cette lignée de penseurs - dans le désordre : Georges Canguilhem, Pierre Bourdieu, Michel Foucault, Norbert Elias, Walter Benjamin… - capables de diagnostiquer les mutations profondes d’une époque avant même qu’elles ne deviennent évidentes pour nous tous. par Vincent Hein.
20/02/2026, 16:52
Voici un roman qui prouve qu’une vie sacrifiée à l’intérêt général peut être sauvée par des sentiments. Depuis dix-huit ans, la paix dure entre le royaume du Yernborg et le royaume de Sassénie. Une paix qui a été voulue et encouragée par Elyria, fille du défunt roi, aujourd’hui marié à un homme qu’elle n’aime pas et qui la méprise.
20/02/2026, 12:52
Encore une adaptation du mythique Moby Dick de Melville ! Mais ce diptyque de Chabouté, littéralement possédé par la furie vengeresse du Capitaine Achab, mérite amplement notre attention et, si le récit reste fidèle à l'original, la mise en planches confine à du grand cinéma.
20/02/2026, 09:00
Cette auteure française qui vit en Suède nous a livré un thriller psychologique plutôt classique, où il est question de mères toxiques, de sœurs disparues et d'un manoir hanté par les Vikings (ou presque) depuis plusieurs générations.
19/02/2026, 09:18
Qui ne connaît pas Anthony Hopkins ? Immense acteur que Le Silence des agneaux (1991) a fait connaître et reconnaître internationalement, qui a pu jouer dans des films aussi différents que Un pont trop loin, avec, entre autres, l’immense Laurence Olivier, son maître, ou Les Vestiges du jour, Rencontre avec Joe Black, Le Masque de Zorro ou, plus récemment, l’excellent Une vie.
18/02/2026, 18:02
À partir d’archives administratives, Vincent Jaury reconstitue la trajectoire de Berthe Bendler, figure d’assimilation juive en France, prise entre universalisme républicain et mémoire des persécutions. L’ouvrage explore la transmission intime des peurs, des silences et des héritages invisibles. Entre récit familial et enquête documentaire, Archive de Berthe Bendler examine ce que l’histoire laisse dans les corps et les consciences. Par Vincent Hein.
17/02/2026, 12:10
Vendredi, au jour le jour s’ouvre sur une profession de foi de démissionnaire : « Tel·le, que vous me voyez, je suis libre, je suis nu·e, je suis seul·e. Seul·e sur un îlot. Seul·e sur un îlot seul. » Le récit adopte le carnet, à la première personne, adressé à un « vous » complice. La voix se dit affranchie, mais l’énoncé laisse filtrer l’argumentaire de brochure : « Si j’ai payé, et payé cher pour la formule Extrême Challenge All Inclusive, c’est qu’à un moment donné… » L’exil se vend, avec ses promesses de “vraie nature”.
17/02/2026, 11:33
Autres articles de la rubrique Livres
Sous le soleil trop vif d’une île du golfe de Naples, l’adolescence n’a rien d’un été léger. Elle ressemble plutôt à un territoire miné : rivalités, regards, hiérarchies invisibles, premières morsures du désir. Avec Terra Murata, Laura Ulonati installe son roman dans cette zone trouble où l’apprentissage du monde passe par les ruines, la mémoire et les corps qui cherchent leur place. Sortie le 25 mars.
10/03/2026, 11:02
Jaylen, Jonas et Joshua Jann viennent d’emménager dans la maison voisine. Trois frères, silencieux, presque insaisissables, dont la présence trouble immédiatement l’équilibre du quartier. Depuis la fenêtre de sa chambre, la narratrice les observe chaque nuit. Ce rituel d’observation devient rapidement une obsession. Somber jann : saison 1 de Cynthia Havendean, sera disponible le 16 avril.
10/03/2026, 09:00
Ian Soliane publie Le Pèse-Dieu chez Robert Laffont, dans la collection Ailleurs & Demain, un roman attendu en librairie le 16 avril, qui imagine un futur où les morts continuent d’exister dans un au-delà numérique. L’histoire suit un père qui décide de descendre dans cet espace virtuel pour retrouver sa fille disparue, dans un récit mêlant quête intime et exploration d’un monde situé à la frontière entre la vie et la mort.
10/03/2026, 07:07
Dans les livres de Jon Fosse, il suffit parfois d’un homme qui tourne au hasard sur une route pour que le monde bascule. Depuis le Prix Nobel de littérature qui a consacré son œuvre, l’écrivain norvégien s’impose comme l’un des rares auteurs capables de transformer l’immobilité en expérience vertigineuse. Avec Blancheur (trad. Terje Sinding), il pousse plus loin encore cette littérature du seuil, où le réel se fissure et où la lumière devient un passage. Parution le 2 avril.
09/03/2026, 10:27
Un jour, l’argent a appris à voyager sans passeport. Depuis, il circule plus vite que les corps, se dérobe aux frontières et laisse les États courir derrière son ombre. Dans Déclaration de la personne, Elfriede Jelinek observe cette chasse moderne : celle d’institutions qui exigent des individus qu’ils se déclarent pendant que les fortunes, elles, disparaissent dans les marges du monde. La satire devient alors radiographie d’une époque où le capital se cache mieux que les hommes.
09/03/2026, 10:22
Le premier roman de Matthieu Barbin s’ouvre dans le tumulte d’un rassemblement politique place de la République. Sur scène, Alex prend la parole face à une foule compacte. L’instant est survolté, collectif, traversé par la peur d’un basculement politique et par l’énergie d’une mobilisation.
09/03/2026, 10:20
Avec La peur dans l’âme, de Valerio Varesi, (traduit par Gérard Lecas)à paraître le 16 avril chez Agullo Éditions, l’auteur italien poursuit les enquêtes du commissaire Soneri dans un polar situé dans les montagnes des Apennins, où un village isolé voit la peur s’installer après une fusillade inexpliquée et la traque d’un criminel en fuite.
09/03/2026, 07:06
Lucette Routaboul : une histoire mondiale, de Jean-Robert Jouanny, paraît aux Éditions de l’Aube dans la collection « Regards croisés » le 3 avril 2026. L’ouvrage retrace la trajectoire de Lucette Routaboul, maire d’une petite commune du Tarn, dont la vie permet de parcourir près d’un siècle d’histoire rurale française et d’en saisir les transformations à hauteur d’individu.
07/03/2026, 07:30
Votre cerveau va vous sauver, de Mohamed Boclet, paraît chez Robert Laffont le 9 avril. Dans cet essai consacré aux capacités d’apprentissage et à la plasticité cérébrale, l’auteur propose d’explorer le rôle que peut jouer une meilleure compréhension de notre fonctionnement mental pour améliorer le bien-être et la santé psychique.
07/03/2026, 07:00
Dans la littérature contemporaine, la maladie surgit souvent comme un révélateur brutal : elle fissure les existences trop lisses et oblige les personnages à regarder leur vie en face. Dans Ce qu’il nous reste à aimer, Camille Dupuis s’inscrit dans cette tradition, mais avec un ton mordant et une ironie sociale qui déplacent le récit vers un territoire plus acide, presque inconfortable. Ici, la fin annoncée devient surtout un laboratoire des illusions familiales et des vies bien rangées.
06/03/2026, 16:04
Reçue par le Premier ministre espagnol et décorée de l’Ordre du Mérite civil, Gisèle Pélicot ne se contente pas de passionner les Français : pour sa deuxième semaine, elle confirme sa place de numéro 1 des ventes sur la période du 23/02 au 01/03, avec 37.840 exemplaires supplémentaires, portant son total à 97.938 ventes pour Et la joie de vivre (Flammarion).
06/03/2026, 12:55
Ce qui est arrivé à la célèbre actrice blonde, nouveau roman de Stéphane Carlier, paraîtra le 2 avril 2026 aux éditions du Tripode. Le livre imagine la journée déroutante d’une immense star du cinéma français qui, du jour au lendemain, se réveille dans le corps d’un homme ordinaire et voit soudain son statut, son entourage et son identité lui échapper.
06/03/2026, 07:26
Le Pacte de Venise, roman de Fabiano Massimi traduit de l’italien par Renaud Temperini, paraîtra aux éditions Albin Michel le 2 avril 2026. Situé à Venise en 1934, au moment de la première rencontre publique entre Benito Mussolini et Adolf Hitler, le livre mêle intrigue politique et enquête autour d’une affaire liée à l’intimité du dictateur italien et au destin d’une femme longtemps effacée de l’histoire.
05/03/2026, 18:38
Litta est une petite île des Hébrides où les moutons sont plus nombreux que les habitants. On n’y trouve qu’une école, une unique route et quelques maisons éparses. Dans un lieu aussi isolé, les événements marquants ne passent jamais inaperçus.
05/03/2026, 12:28
KO la clope – À notre santé, album scénarisé par Jérôme Derache et dessiné par Juan, paraîtra le 1er avril 2026. L’ouvrage suit un groupe d’amis qui décident d’arrêter la cigarette et tentent, chacun à leur manière, de surmonter les difficultés du sevrage.
05/03/2026, 09:03
Le roman Morts à l’appel, signé par Denis Dommel et publié aux Éditions de l’Aube, paraîtra en librairie le 3 avril 2026. Ce premier livre suit une journaliste spécialisée dans les affaires criminelles confrontée à une série de morts inexpliquées : des personnalités sont tuées par l’explosion de leur smartphone, une affaire sensible que les autorités tentent d’étouffer tandis qu’une enquête s’engage pour en comprendre l’origine.
05/03/2026, 07:21
« Ambre, ma fille, viens. La vie vaut la peine d’être vécue. » Derrière une vitre de maternité, Camille s’adresse à son enfant et lui esquisse une promesse : une existence à deux faite de douceur, de nature et de poésie. Dans L’émerveillement, Aurélie Valognes installe d’emblée ce lien fragile et puissant, au cœur d’un récit où l’amour filial se construit dans la patience, l’attention et la découverte du monde.
04/03/2026, 18:33
L’écrivain américain Dan Simmons (Daniel Joseph Simmons) est décédé le 21 février 2026 à Longmont, dans le Colorado, à l’âge de 77 ans, avec son épouse Karen et sa fille Jane à ses côtés. Mesurer ampleur de son œuvre revient à comprendre qu'il a traversé traverse science-fiction, horreur et fiction historique. Mais deux cycles se dégagent malgré tout nettement : Hypérion et Endymion.
04/03/2026, 13:17
« Molly Devereaux est portée disparue depuis plus de deux semaines, et la police est toujours à la recherche de la jeune fille qui semble s’être volatilisée dans la nature. Le monde a besoin de savoir… Où est Molly ? » Le roman de Carlton H.d. sortira en France ce 16 avril, traduit par Juliette Bernaz. Si vous n'avez pas envie d'attendre...
04/03/2026, 08:00
Peaux à peaux, premier roman de Melanie Page, paraîtra le 2 avril 2026 chez Albin Michel et explore, à travers une narration polyphonique, les multiples visages de la maternité, entre bouleversement intime, doutes et élans de vie.
04/03/2026, 07:30
Le Pacte des Héritières, Livre I – Alina, de Lucie Castel, paraît chez Talent Éditions le 1er avril : ce premier volet d’une saga familiale suit une jeune femme sans attaches qui, après avoir perdu son emploi à Paris, se rend à Venise à la suite d’une invitation énigmatique et découvre un univers dominé par les secrets, les rivalités et les luttes de pouvoir.
04/03/2026, 07:00
Dans Inside Mac, tome 1, Eléa, 25 ans, intègre les Stups de San Francisco pour venger son père, abattu par le chef d’un réseau criminel signé « MAC ». Sous couverture d’étudiante aux Beaux-Arts, elle infiltre un cercle de jeunes privilégiés afin de remonter jusqu’au trafiquant insaisissable, dont nul ne connaît le visage. Sa haine guide une mission où se mêlent danger et attirance trouble.
03/03/2026, 07:30
Relecture sombre du célèbre conte de fées, Black Swords suit Beast, tueur à gages et chef d’une unité criminelle, lié par serment à sa nièce Belle. Après la mort du père, il veille sur elle dans l’ombre. À Memphis, l’adolescente est trahie par sa mère toxicomane et vendue aux enchères clandestines. Plongée dans un trafic humain, elle affronte un univers d’une violence extrême.
03/03/2026, 07:00
Sissi n’existe pas : dès l’ouverture, Laurène Vernet pose un principe de démystification et l’érige en fil conducteur. Elle attaque d’emblée le nom, le surnom, puis l’imagerie : « Elle n’est qu’une projection. » À paraître le 22 avril.
02/03/2026, 12:40
À quoi bon ? d'Olivier Dhilly s’ouvre sur un diagnostic de crise — politique, géopolitique, climatique, démocratique — et relie ces fractures à une perte de repères et à un basculement du rapport collectif au vrai, dont la « post-vérité » devient un symptôme. Dès l’entrée, l’essai place la question du sens sous le signe de Nietzsche, qui fournit la matrice du livre : « Que signifie le nihilisme ? Que les valeurs supérieures se déprécient. Les fins manquent ; il n’est pas de réponse à cette question : “À quoi bon ?”. »
02/03/2026, 12:08
Au rebours des titres à rallonge péniblement explicites dont raffolent certains plumitifs contemporains, il en est d’intrigants et mystérieux qui suscitent curiosité et envie de lire. Ainsi des ouvrages d’Henri Béraud (1885-1958), qui avait indubitablement l’art de trousser des titres originaux, du Martyre de l’obèse au Flâneur salarié, en passant par La croisade des longues figures ou le surprenant Vitriol de Lune.
Par Marie Coat
01/03/2026, 09:00
Top Articles
Amazon partenaire du Festival du livre de Paris : les libraires claquent la porte Alain Soral condamné à 2 ans de prison ferme, avec mandat d’arrêt La Grande Librairie retourne en enfance, pour le meilleur et pour le pire Anna’s Archive attaquée par 13 éditeurs : le piratage de livres entré dans l’ère de l’IA
Commenter cet article