Tout commence avec une montagne, merveilleux lieu de liberté et de nature dans les calanques de Marseille. Un jeune couple de grimpeurs décide de gravir une des parois. La mère, tout juste âgée de 22 ans, porte en elle leurs futurs jumeaux, deux petits garçons déjà nommés, finalement déjà nés pour elle, déjà là, bien vivants. Jusqu’à ce terrible accident : une mauvaise prise, la chute, et une cruelle conclusion. Le jeune homme se blesse au bras ; sa femme, elle, perd ses enfants et, à son réveil après un coma de plusieurs jours, elle découvre qu’elle a été amputée d’une jambe.
Le 06/12/2022 à 15:55 par Valentine Costantini
0 Réactions | 262 Partages
Publié le :
06/12/2022 à 15:55
0
Commentaires
262
Partages
De sa bouche s’échappe alors une sentence sans appel : « Je me vengerai sur les enfants ». Un serment, une promesse qui se grave dans la pierre, et devient ainsi le fil rouge de sa vie. Des enfants, elle en aura sept — dont cinq filles, bien que « les filles, c’est dégoûtant ! », qu’elle s’amusera à nommer à l’aide de prénoms androgynes comme pour leur retirer tout potentiel de féminité. Elle préfère les garçons, préférence qui n’est jamais forcément justifiée. Épouse, mère, femme au foyer, guidée par Dieu pour structurer ses jours et chacune de ses actions — bonnes ou mauvaises.
De fait, la religion lui montre le droit chemin : pas de gâchis, jamais, on vit d’après le mantra « Il ne faut pas gâcher ». Aussi la nourriture, les vêtements, jusqu’au papier toilette (que la mère s’applique à récupérer dans la cuvette avant de le nettoyer et le laisser sécher dans le jardin, à la vue de toutes et tous). Même le plaisir n’est pas à gaspiller, une telle idée n’est pas envisageable — au contraire, il semble être nécessaire de « souffrir pour acheter son paradis ». Car Dieu voit tout, observe chaque geste, ne laisse rien passer.
Cette femme, c’est en réalité la mère de l’auteure, Frédérique Voruz. La petite dernière de cette famille un peu désaxée. Dans cette autobiographie, qui était une pièce de théâtre avant de devenir ce roman, Frédérique retrace l’historique familial, en prenant un recul plus que nécessaire pour illustrer cette enfance douloureuse par bien des manières. Et, toujours, cette figure redoutable et pourtant aimée de la mère. Elle explique simplement : « Ma mère n’est pas exactement l’archétype de la douceur. »
Un manque affectif que la figure du père ne comble pas : l’homme est absent, parfois fou, il s’isole et ne s’intéresse que rarement à ses enfants. Il s’adresse d’ailleurs souvent à eux avec l’idée de se plaindre, mettre en avant les difficultés qu’il traverse, tout en étant parfaitement incapable de voir la douleur de sa famille. Lui n’est là que pour faire tourner la machine familiale, en ramenant l’argent — émotionnellement, à l’inverse, c’est le silence complet.
Chapitre après chapitre, le lecteur découvre des scènes, comme des épisodes, qui permettent de comprendre plus en profondeur les différents personnages de ce roman. Tranches de vie, à la fois drôles et dramatiques, qui dévoilent cette mère castratrice, ce trauma qui s’accroche à cette narratrice dès son plus jeune âge. En parlant de ses sœurs et elle-même, l’autrice explique : « Nous étions des bouts, des lambeaux, des morceaux de notre mère… Ses prolongements. Nous lui appartenions. » Un réel déchirement, donc ; une torture silencieuse et insidieuse de ces jeunes êtres, qui risquaient de disparaître. Pourtant, il a fallu survivre.
La narratrice s’adresse aux lecteurs, mais aussi à sa psy, qui commente et questionne les histoires, armée de son cigarillo à l’odeur omniprésente. Frédérique se met en scène, en privé mais aussi au théâtre : c’est justement à travers la pratique de cet art et la mise en scène de sa vie que la narratrice parvient à prendre du recul, et ainsi mieux comprendre ce qu’elle a traversé. « Je me racontais des histoires avec les mots. Pour réenchanter le quotidien… le mettre à distance… le transposer… faire de ma vie une fiction et ainsi l’éloigner de moi. »
C’est ainsi avec lucidité et humour que Frédérique Voruz nous expose son enfance, son adolescence, le début de sa vie d’adulte, le tout en naviguant les particularités de sa famille. C’est au fil des années qu’elle réalise que cette famille n’a rien de normal. Que ce qu’elle voit, entend, comprend — tout ceci est étrange, et franchement malsain. Pourtant, c’est sans jugement que l’autrice nous offre ce portrait de sa vie et de ses parents. Au contraire, elle a accepté la bizarrerie qui les caractérise : elle est passée au-delà, a réussi à grandir et s’affirmer malgré les nombreux maux qui ont ponctué ses premières années de vie.
Frédérique Voruz propose avec Lalalangue une plongée au cœur de son intimité qui émeut, et qui mérite qu’on s’y attarde un moment… ou plus longtemps encore.
DOSSIER - Le livre numérique fête ses 50 ans : un anniversaire, tout en histoire
Par Valentine Costantini
Contact : valentine.costantini@gmail.com
Paru le 05/10/2022
199 pages
HarperCollins France
18,00 €
Plus d'articles sur le même thème
L’écueil d’un roman choral serait que chaque soliste ne puisse pas s’accorder avec les autres. Dans Princesse de Kinga Wyrzykowska, le lecteur passe de voix en voix pour terminer sur une cacophonie organisée. Barbara Lis est une « executive-woman », promise à un bel avenir dans une société agroalimentaire spécialisée dans la charcuterie.
11/02/2026, 09:00
Mon petit trésor, voilà un moment que j’ai fermé ce livre et qu’il me trotte dans la tête. J’aurais bien envoyé un message à Marta Martinez Novoa, mais mon espagnol, vois-tu, ne me le permet pas vraiment. Je me contenterai de remercier la traductrice, Lara El Keilany, par qui j’ai pu achever cette lecture. J’en ai retenu bien des choses. D’ailleurs, je garderai ce livre pour quand tu seras plus grande. En attendant…
10/02/2026, 13:32
Sous les atours spectaculaires d’un planet opera haletant, Outsphere de Guy-Roger Duvert met en scène la fuite d’une humanité condamnée, contrainte d’abandonner la Terre pour fonder une colonie sur Eden, planète lointaine et en apparence hospitalière. Autour d’une expédition militaire et scientifique chargée d’assurer la survie de l’espèce, le roman déploie une fresque foisonnante où s’entrecroisent luttes de pouvoir, conflits idéologiques et rencontres avec des formes de vie autochtones.
10/02/2026, 11:33
Par l’ensemble de son œuvre, Dostoïevski nous montre, mieux qu’aucun romancier, que l’inspiration touche à ce qui brûle – soufre ou souffrance. Que de là vient la lumière la plus forte, la plus pure : celle de l’esprit, qui sauve les corps.
10/02/2026, 11:18
Un jeune homme issu d’une famille aristocratique désargentée, élevé par le gardien de la propriété, part à la recherche de la petite fille de celui-ci, qui souhaite la rencontrer avant de mourir. Ce jeune homme de bonne famille ne sait pas qu’il part pour un périple de trois ans et va transformer sa vie de prof particulier d’une jeune fille sauvage en bandit de grand chemin moderne.
10/02/2026, 10:16
Deux frères, Steve et Mickaël, grandissant dans une ville côtière du pays France, parcourent les étapes normales d’une vie normale : aller au collège, chercher des thunes, envisager l’amour, ne pas savoir qui l’on est, se faire lourder par autrui, vendre un scooter, chercher le sens de la vie. Par Jeanne Rivoire.
09/02/2026, 15:00
La mobilité électrique s’installe progressivement dans le paysage automobile, et avec elle se pose la question essentielle : comment choisir une voiture électrique adaptée à vos besoins ? Entre autonomie, infrastructure de recharge, budget et usage quotidien, les futurs conducteurs font face à de nombreux paramètres. Ce dossier propose un tour d’horizon, en s’appuyant également sur des ouvrages de référence pour enrichir la réflexion. Il s’agit d’associer information technique et culture de la lecture dans une approche éclairée.
09/02/2026, 11:31
Venu d'une île perdue entre l’Australie et l'Antarctique, ce récit hybride emporte le lecteur très loin. On peut le lire comme une anticipation, un thriller à énigmes, un message écolo, ou une forte histoire à propos de la résilience des liens familiaux.
09/02/2026, 11:05
Du philosophe J. L. Austin, redoutable maître d’Oxford et homme de l’ombre d’Overlord, au portrait de Vladimir Poutine en « aigle et insecte », cette livraison relie idées, pouvoir et récit. Elle traverse aussi les archives de l’Inquisition autour de Crispina Peres à Cacheu, la tragédie des disparus au Mexique racontée par Alma Delia Murillo, puis le face-à-face sino-américain décrit par Dan Wang. Cinq textes, cinq terrains, une même question : que fait le langage quand l’Histoire accélère ? Ici
07/02/2026, 09:07
De l’hiver 2014 au 6 janvier 2021, Nathan Juste scrute la démocratie américaine non pas depuis l’abstraction des institutions, mais à hauteur d’hommes et de femmes happés par ses fractures. Son roman, à la fois intime et politique, expose les tensions d’une époque où l’Histoire n’épargne ni l’intime ni le familier.
06/02/2026, 10:58
Avec ce polar bien ficelé, David Hury nous ouvre un nouveau chapitre de l'Histoire du Liban, actualisé à la lumière des événements récents survenus dans la région. Et son héros Marwan Khalil est en passe de devenir l'un des meilleurs flics de papier du moment.
05/02/2026, 12:11
La littérature sociale trouve parfois sa vérité la plus nue dans les marges. Ici, le récit plonge sans filtre dans une humanité cabossée, vibrante, dangereusement vivante. Dès les premières pages, le lecteur entre dans une matière presque organique, visqueuse, troublante, où la ville devient un organisme qui digère ses propres exclus.
05/02/2026, 11:08
« Les premiers feux du jour apparaissaient enfin à la lucarne. La ville s’éveillait. » Dès l’ouverture, La Fin du voyage (trad. Eric Boury) installe un présent minutieux, presque sonore, avant de le faire dérailler d’un geste sec : « Ces maudites marches lui avaient joué un vilain tour. » Indridason accroche ainsi son lecteur à une scène domestique, triviale, et pourtant décisive, parce qu’elle porte déjà l’idée centrale : « Plus la nuit avait passé, plus il avait eu l’impression que son destin était scellé. »
05/02/2026, 08:10
Conte poétique illustré par deux enfants, méditation philosophique sur l’imagination, fable politique sur la dépossession du sensible, Alphonse et le songe premier d’Othman Ihraï appartient à cette lignée rare de livres qui semblent simples parce qu’ils sont profonds, et lumineux parce qu’ils sont graves. Sous les traits d’un petit singe poète, c’est toute une conception du monde qui se joue : celle d’un refus obstiné de l’aliénation moderne et d’une fidélité radicale à l’enfance du regard.
03/02/2026, 12:20
Un homme très amoureux de sa femme se trouve entraîné avec elle dans des discussions politiques et sociétales qui finiront par avoir raison de leur couple. Dans ce roman contestable et passionnant, Nicolas Chemla documente quelque chose d’un émiettement de la pensée de gauche. Par Jeanne Rivoire.
03/02/2026, 11:17
Il faut imaginer un philosophe sans œuvre, presque sans voix, mais dont l’ombre traverse toute l’histoire de la pensée. C’est ce paradoxe que l’essai explore avec une énergie communicative. Dès les premières pages, le portrait frappe : « Pyrrhon n’écrivit rien, ne laissa aucune institution philosophique capable de lui survivre. » Et pourtant, le personnage obsède les siècles, insaisissable, mouvant, presque spectral.
03/02/2026, 09:41
Detroit Roma est plus qu'un album de bande dessinée ou un roman graphique, c'est un périple à travers la géographie mentale et physique de deux copines américaines qui décident, après bien des errements, de prendre la route ensemble. Becki dessine, Summer ne mange presque pas.
02/02/2026, 10:25
Imaginez un monde dans lequel les Ombres s’animent de leur propre volonté. Que leur contact, même s’il ne s’agit que d’un simple effleurement, soit mortel pour les êtres humains. Que, pour se protéger, l’humanité a construit d’immenses Bulles autour de leurs cités, des structures en verre magistrales, où règne la lumière à toute heure. Pour contrer la terreur qu’inspire la nuit, voici la seule solution durable, sécurisée. Depuis des décennies, la guerre perdure. Comment finira-t-elle enfin ?
01/02/2026, 13:09
L’intelligence artificielle ne frappe pas à la porte de l’édition : elle s’installe déjà à l’intérieur. Outils d’aide à l’écriture, traduction automatisée, analyse de manuscrits ou production de contenus, la technologie progresse plus vite que les cadres juridiques et économiques. Entre opportunité industrielle et déséquilibre structurel, le livre devient un terrain d’expérimentation où se rejouent les rapports de force entre création humaine, automatisation et valeur culturelle.
31/01/2026, 09:48
Certains romans racontent l’Histoire. D’autres la traversent. L’Esprit de sel appartient à cette seconde catégorie, où la mémoire collective se confond avec une voix singulière, obsédante, presque hypnotique. Dès l’ouverture, la narratrice annonce sa méthode et sa blessure : « C’est depuis l’intérieur de ce temps enrubanné que je dois raconter. » Un manifeste esthétique : le récit sera fragment, saccade, flux.
30/01/2026, 11:58
Une première vérité : à Montréal, se loger est désormais un luxe que trop peu de personnes peuvent se permettre. Ces mêmes personnes qui, quelques jours plus tôt profitaient d’un toit au-dessus de leur tête, sont obligées de se réfugier dans des camps de fortune. Une seconde vérité : des gens disparaissent. De plus en plus fréquemment, sans explication rationnelle. Comment l’expliquer ? Connue dans le milieu journalistique pour traîter inlassablement du sujet de cette crise du logement, Sidonie enquête.
29/01/2026, 10:11
Qui a lu L’Astrée d’Honoré d’Urfé, ce roman-fleuve qui fut au XVIIe siècle un véritable phénomène culturel ? Qui, aujourd’hui, a lu le vrai Cyrano de Bergerac, écrivain libertin et visionnaire du XVIIe siècle, et non le personnage flamboyant et romantisé que le XIXe siècle a façonné à sa place ? Qui, aujourd’hui, se plonge encore dans les Mémoires du cardinal de Retz, ce récit incandescent où un acteur central de la Fronde raconte intrigues, trahisons et coups d’éclat avec une flamboyance romanesque, comme nous l’a récemment rappelé, avec autant de brio, Pacôme Thiellement ?
28/01/2026, 18:44
La ville respire le chlore et le crédit immobilier, un décor si propre qu’il en devient obscène. Puis quelqu’un appuie sur « play ». Des milliardaires lâchent des tueurs comme on lance une start-up, avec pitch deck et stratégie d’IP. Exquisite Corpses débarque comme un slasher sous cocaïne, un rêve américain filmé par drone, où la violence sert d’argument marketing et le massacre de business plan.
28/01/2026, 17:18
2019. Le week-end le plus chaud de l’été. Londres est en effervescence, les contraintes de la semaine sont laissées de côté jusqu’à lundi prochain. Ce vendredi soir marque le début de ces deux jours tant attendus… Autre particularité, qui provoque une sorte de séisme à travers la ville : cette baleine coincée dans la Tamise, s’imposant comme le grand sujet à travers tout le pays depuis déjà quelques heures. Comment a-t-elle réussi à arriver jusqu’ici ? Et surtout, comment l’aider à retrouver son habitat naturel sans la blesser ?
28/01/2026, 15:48
Avec Cécile Delacoudre, on entre dans sa Baptiste comme on plonge dans une rave à 3h du matin : avec la certitude que quelque chose va dérailler, et l’envie que cela arrive. Dès les premières pages, la narratrice impose sa voix, une voix sous tension, lucide et possédée à la fois. « À l’assaut de la nuit, je sors de chez moi vivifiée grâce à la beuh et au speed que je viens de m’envoyer. » Tout est là : la nuit, le corps, la chimie, le récit en mode accéléré.
28/01/2026, 10:31
Philippe Sollers a très jeune compris l’essentiel : l’être, le néant, l’amour, l’art, la solitude indépassable. Son premier roman, Une curieuse solitude, l’atteste. Se sauver soi-même est très dur ; sauver l’autre – ou les autres –, impossible. On peut faire du bien, en revanche, ou du mal.
27/01/2026, 11:08
Un slogan, un hashtag, et une promesse de salubrité intellectuelle : En finir avec les idées fausses sur la pauvreté #Écologie choisit la frontalité. Le livre avance comme un kit d’autodéfense, taillé pour les discussions qui dérapent au comptoir, au bureau, sur les réseaux.
26/01/2026, 16:24
Sur un toit de Paris, deux oiseaux se toisent et, en quelques répliques, le récit attrape le lecteur. Suzette, mouette électrique, provoque : « T’en as pas assez de Paris, de la pollution et des vieilles chips piochées dans les poubelles ? » Niko, corbeau réservé, répond seulement : « Hmmm… ». La dynamique s’installe aussitôt : elle impulse, il observe. Et la surprise arrive vite, car derrière la fantaisie, le texte glisse un propos subtil sur l’audace et la différence.
26/01/2026, 14:00
Un essai qui se lit comme une traversée : noms, lieux, rencontres, heurts de l’Histoire. C’était une autre Europe, signé Charles-Alexandre de la Tour et Taxis avec Brigitte Lantz-Sonrel, transforme une mémoire familiale en instrument d’analyse. Derrière la saga, une question s’impose : qu’est-ce qui tenait l’Europe, quand la politique se confondait encore avec un art des relations, un sens du devoir, une idée de civilisation ?
26/01/2026, 11:24
La Booksletter propose une sélection d’ouvrages récents et d’articles critiques issus de la revue Books, couvrant correspondance littéraire, essais, médecine, fiction et géopolitique. Cette édition met en lumière la correspondance de John Updike, des réflexions historiques sur la vieillesse, un manifeste sur l’intersexualité, un roman latino-américain et une analyse neuroscientifique de la guerre, avant de relayer une revue de presse partenaire.
24/01/2026, 21:09
Autres articles de la rubrique Livres
Lyon, capitale du crime. 1890-1935 – Enquêtes, aveux et condamnations est un ouvrage d’Amos Frappa, publié le 19 mars aux éditions La Manufacture de livres, sous la direction de Nicolas Delestre, qui retrace comment la ville de Lyon s’est imposée comme un laboratoire majeur de l’histoire criminelle et de la naissance de la police scientifique, en explorant les affaires, les méthodes et les figures qui ont façonné cette révolution judiciaire.
11/02/2026, 08:15
Avec Honneur aux heureux, France Cavalié signe un roman familial ambitieux et sensible, à paraître le 5 mars aux éditions Les Escaldes, où l’histoire collective se mêle à l’intime pour interroger la mémoire, les silences et les fictions nécessaires face à l’inadmissible. À travers une enquête personnelle aux racines troubles, le livre explore les zones d’ombre d’un clan soudé par l’orgueil et les non-dits, dans une France marquée par la Seconde Guerre mondiale.
11/02/2026, 07:00
Dans certains romans, le fantastique surgit comme une échappée ; ici, il s’infiltre comme un diagnostic. Melchior vit avec un ami que personne ne voit. Sa mère, elle, ne voit qu’un vide : « — Chéri… Quel petit garçon ? » Dès le prologue, la question travaille le récit : hallucination, secret de famille, ou faille dans le réel ? À paraître le 11 mars.
10/02/2026, 11:13
Tout commence dans une suspension étrange : une grossesse, une pandémie, puis la guerre qui revient en Europe — comme un bruit sourd que personne n’attendait vraiment. La narratrice, Sayonara, avance dans cette époque saturée d’événements globaux en tentant de maintenir un centre de gravité intime. Toute la misère du monde d'Isabelle Mayault sort le 19 février.
10/02/2026, 11:01
Fanatisé - Une enfance dans une secte d'extrême droite nous plonge la fabrique du fanatisme profitant d'un terreau propice à l'idéologie. Ici, la lecture agit comme une immersion dans la matrice du fanatisme : pas seulement la violence visible, mais sa construction lente, intime, presque domestique. Dès les premières pages, le récit installe une scène fondatrice — la domination physique, la peur, l’autorité totale — qui structure tout l’édifice théorique du livre. À paraître le 8 avril.
10/02/2026, 10:34
Robyn, 17 ans, a une obsession : l'hôtel Ambrosia, situé en face de chez elle. Fascinée par sa sinistre réputation, et grande fan de true crime, elle passe son temps à l'observer à travers ses jumelles : routines du personnel, étranges clients, aucun secret ne lui échappe !
10/02/2026, 07:00
Un chalet en montagne, une nuit de Noël, une morte, deux accusés : la mécanique paraît connue. Pourtant Brute déjoue vite l’attendu. Le roman s’ouvre sur une voix qui refuse l’étiquette de monstre tout en la frôlant : « Je n’ai tué personne. J’ai été lâche, tu comprends. » Et voici le lecteur entré dans une zone grise, celle où l’amour devient preuve à charge, et où la violence circule sans mode d’emploi. À paraître le 5 mars.
09/02/2026, 11:07
On ne sait plus trop comment l’aborder, désormais : Freida Mcfadden reste en première place, avec 21.908 exemplaires écoulés sur cette semaine 5 (26 janvier - 1er février). Et le reste… devient presque lassant, parce qu’après La femme de ménage (trad. Karine Forestier), viennent évidemment les suites de ses aventures.
06/02/2026, 10:27
Pendant environ quatre années, la pandémie due au Covid-19 m’ayant contraint de vivre dans l’intemporel, j’en ai profité pour regarder de plus près le temps passer. Dans la situation de l’homme dont les jours sont comptés au-delà du raisonnable, j’ai noté sur des papiers ce qui faisait que tous ces jours comptaient malgré tout pour moi.
06/02/2026, 08:00
À force de considérer que la performance scolaire repose uniquement sur les notes, les devoirs et la compétition, l’école oublie une réalité essentielle : les élèves ne sont pas des machines à apprendre, mais des individus à accompagner et à éveiller. Dans cet ouvrage, Naïm Bououchma questionne les fondements d’un système éducatif qui montre aujourd’hui ses limites.
06/02/2026, 07:00
En 1912, le Japon s'ouvre au monde. Shizo Kanakuri, un étudiant de 20 ans, rejoint la Suède en transsibérien afin de participer au marathon des Jeux olympiques de Stockholm. Le départ de la course est donné sous une chaleur accablante. Autour du trentième kilomètre, à bout de force, le coureur japonais vacille. Abandonne. Trouve un refuge. Avant de disparaître…
05/02/2026, 08:00
Enlever Yosep leur semblait être la plus belle preuve d’amour. Pour quatre de ses admiratrices dévouées, un poster accroché au mur ne suffisait plus : elles le voulaient pour elles toutes seules. Et après tout, n’étaient-elles pas en train de lui rendre service, en le délivrant du fardeau de la célébrité ?
05/02/2026, 07:00
Un récit qui transforme le voyage dans le temps en expérience intime, bureaucratique et profondément humaine : voilà la promesse, tenue, de ce récit singulier. D’emblée, la découverte du projet donne le ton, entre banalité administrative et vertige conceptuel : « Nous voyageons dans le temps, annonça-t-elle, comme si elle décrivait une cafetière. Bienvenue au ministère. »
04/02/2026, 15:44
Christophe Penalan happe par son intrigue aussi bien qu'un malaise diffus – avec une efficacité presque brutale. Dès les premières lignes, l’atmosphère se charge d’une tension froide, presque clinique, avec une promesse ambiguë qui sonne comme un piège. Derrière l’ironie macabre, tout est déjà là : la mise en scène, la solitude, la fracture psychique. À paraître le 4 mars.
04/02/2026, 13:48
Dans un monde marqué par les séquelles d’une guerre dévastatrice entre l’humanité et des forces extraterrestres, certaines créatures alien subsistent encore sur Terre. Pour gérer cette menace résiduelle, des entreprises spécialisées interviennent afin d’éliminer les spécimens jugés les moins dangereux. Rairairai, signé Yoshiaki sortira chez Ki-Oon début mars.
04/02/2026, 07:00
Ici, tout commence par une bascule — presque physique — quand la narratrice pose le pied sur un territoire qui n’est ni totalement étranger, ni réellement familier. Dès les premières pages, une tension s’installe : « À l’instant où tu foules le sol d’une terre neuve, tu ne peux plus vraiment savoir de quoi tes journées seront faites. »
03/02/2026, 11:46
La Résidence Jean Monnet 2026 ouvre son appel à candidatures pour accueillir un ou une écrivaine européenne à Cognac d’octobre à novembre 2026. En lien avec la programmation du festival Littératures Européennes Cognac, consacré cette année à la Pologne, la résidence s’adresse prioritairement à un auteur ou une autrice polonaise déjà traduit en français. Le ou la résidente bénéficiera d’un hébergement, d’une bourse d’écriture et participera au festival du 18 au 22 novembre.
03/02/2026, 10:35
Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.
31/01/2026, 13:29
Méditerranée tropicale (trad. Eliane Patriarca) s’ouvre sur un geste d’écriture qui refuse la carte postale. Simenon sert de boussole, presque sèche : « La Méditerranée est… La Méditerranée est… La Méditerranée. » Stefano Liberti part de là, et choisit le récit de terrain, scène après scène, pour montrer une mer qui change de régime.
30/01/2026, 11:55
Une semaine n'en suit vraiment pas une autre – ou alors une tendance globale : contrer la vague McFadden revient à vider la mer à la petite cuillère. La femme de menage reprend du poil du balai (ou le fil de l'aspirateur, au demeurant) et la tête des meilleures ventes de la semaine 4 (19-25 janvier) : 24.497 exemplaires écoulés pour le titre traduit par Karine Forestier.
30/01/2026, 10:23
Un dieu qui meurt de faim. L’image frappe, dérange, intrigue. Et elle ouvre un roman qui prend la mythologie à rebours, la retourne comme un gant, la fait passer par le filtre d’une conscience fatiguée, lucide, presque contemporaine. Dès la première phrase, Héphaïstos impose sa voix : « Je suis affamé. C’est à ce moment précis que commence cette histoire. » Le ton est donné. Ce ne sera pas une épopée héroïque, mais une chronique de la disparition, un journal d’agonie divine. À paraître le 6 février.
28/01/2026, 12:26
Un braquage, une caméra mentale, un flic qui refuse le folklore : Derrière la chair démarre comme un direct d’info en mode halluciné. « Il a suffi de moins de cinq minutes pour un butin de plusieurs dizaines de milliers d’euros. » La phrase claque comme un flash, aussitôt suivie d’un mythe médiatique, “Le gang des 1 000 visages”. Le roman s’amuse de cette dramaturgie publique pour mieux la démonter, glissant dans les interstices du réel, là où la procédure devient obsession. À paraître le 12 février.
27/01/2026, 11:31
On entre dans le livre de Charles Pennequin comme on ouvrirait une malle de carnets, de bribes, de voix attrapées au vol. Ici, le récit ne raconte pas seulement une vie : il scrute la naissance de l’écriture elle-même, comme si le texte cherchait son propre moteur. Dès les premières pages, une quête obsédante s’impose : « Je cherche quelque chose. C’est à l’intérieur. C’est quelqu’un, je veux le trouver. ». Voilà le point de départ : une enquête intime, presque policière, pour retrouver « l’homme du fond des mots ».
27/01/2026, 11:12
Les violences conjugales ne concernent pas seulement les adultes. Elles touchent aussi les adolescents, souvent dans le silence et l’incrédulité générale. Dans cet essai à la fois percutant, intime et engagé, Capucine Coudrier revient sur sa première histoire d’amour, marquée par la violence psychologique, physique et sexuelle.
27/01/2026, 08:00
1979 appartient à la catégorie : un livre qui capte une époque dans sa matérialité, ses obsessions, ses contradictions, et les restitue avec une froide précision. Christian Kracht installe son récit dans l’Iran pré-révolutionnaire, à travers le regard d’un narrateur occidental, compagnon d’un certain Christopher, figure fascinante et toxique, autour duquel gravite un monde d’excès et de désenchantement.
26/01/2026, 11:18
Avec Bachir, le brave tirailleur, Idir Tas fait revivre le destin d’un tirailleur algérien engagé de force dans la Première Guerre mondiale, arraché à son village kabyle pour combattre sur les fronts français. À travers le parcours de Bachir, membre de sa propre famille, l’auteur restitue une mémoire longtemps reléguée au second plan et rend hommage au courage des Poilus comme à celui des tirailleurs algériens. Un récit publié chez L’Harmattan, en librairie le 12 février.
24/01/2026, 07:19
Top Articles
La Grande Librairie : avant c'était mieux ? Un autre regard sur hier La classification des livres jeunesse proposée par le RN inquiète auteurs et éditeurs Des écrits romains invisibles pendant 2000 ans révèlent enfin leurs secrets Freida McFadden transforme le top des ventes en résidence secondaire permanente
Commenter cet article