Moscou, octobre 1993. Polina voit sa mère faire les valises. Une seule instruction : choisir avec soin ce qui va les accompagner. À l’époque, la petite fille qu’elle est ne comprend pas tout, en voyant pour la première fois des tanks sur l’écran de la télévision. Suite à la chute de l’URSS, cette famille quitte son pays natal pour la France. Là-bas, ils vont tenter de s’intégrer – mais comment prendre soin de ses racines ?
Le 21/10/2022 à 16:48 par Valentine Costantini
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21/10/2022 à 16:48
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Avec ce roman autobiographique, Polina Panassenko retrace sa vie avec humour et clairvoyance. À travers des allers-retours entre passé et présent, alors qu’elle fait sa demande pour avoir le droit de porter son prénom, l’autrice raconte à qui veut l’entendre ce qu’elle a vécu. Le passé, c’est d’abord une enfance dont la douceur et la tranquillité sont troublées par la réalité politique d’un pays qui se désintègre.
Emmenée par ses parents, tout comme sa sœur, elle découvre la France : le voyage est flou, interminable, avec une courte parenthèse presque irréelle à Disneyland. Puis les voici installés à Saint-Étienne, pour débuter cette nouvelle vie. Bien à contrecœur, Polina est envoyée à la « materneltchik », ce lieu de lumière éblouissante – où les enfants autour d’elle ne se résument qu’à des ombres bruyantes, qui filent de gauche à droite à toute vitesse, qui parlent sans cesse avec des sons qu’elle ne comprend pas.
L’autrice écrit la barrière de la langue, l’incompréhension, puis le lent décodage : entendre une phrase, trouver un mot ou deux, et enfin saisir ce qui est dit, au moins partiellement. Elle écrit les premières amitiés, les premiers rejets face à la différence. Elle écrit aussi ces retours au pays, dans la maison « d’avant », encore habitée par ses grands-parents : là-bas, son grand-père ne peut s’empêcher de lui demander ce qui est mieux, la France ou la Russie ? Et elle, de ne pas savoir répondre.
Puis parfois, le présent, brutal. Rendez-vous au tribunal de Bobigny, donc, 20 ans après le début de sa vie en France. Elle réside à Montreuil depuis maintenant quelques années. L’objectif est simple : récupérer son prénom. Ne plus s’appeler Pauline, mais bien Polina, officieusement et officiellement – pourtant rien n’est plus compliqué. Face à gouvernement, bien qu’accompagnée par une avocate, les démarches sont longues, alambiquées. L’espoir, maigre. Normal, devant une procureure confuse face à cette démarche : « Elle dit Maître, votre cliente est française maintenant. Puis à moi : Si tous vos papiers sont à Polina, eh bien vous pouvez les changer. Les mettre à Pauline. Vous le savez très bien, ça, madame, vous le savez très bien. Vous savez bien, madame, que si votre nom a été francisé, c’est pour faciliter votre intégration dans la société française. »
Tenir sa langue est un livre dont le titre lui-même est amusant à décortiquer post-lecture. Car « tenir sa langue », c’est ce que notre protagoniste est obligée de faire ; de retour en Russie pour l’été, pas le droit de mentionner la France, d’utiliser ne serait-ce qu’un mot de français, de risque que ce départ du pays ne se sache. Alors elle crée des environnements distincts : dedans et dehors, où chaque langue trouve sa place. Savoir quand parler russe, sans trace d’accent français – et inversement, en France, savoir lorsqu’une langue vaut mieux qu’une autre ; le russe c’est dedans, librement, avec sa famille, mais jamais dehors, entourée de ces inconnus qui ne la comprennent pas, ne la comprendront jamais vraiment, même une fois l’accent disparu.
« Tenir sa langue », c’est aussi conserver. Protéger, coûte que coûte. Garder en soi cette langue maternelle qui semble s’effriter, qui est inévitablement passée au second plan au fil des années. Parce qu’avec sa langue part aussi un bout de son identité. Polina, Pauline, elle est les deux à la fois, et aimerait ainsi réconcilier ses identités doublons. Comment donc continuer à exister pleinement, en toute multiplicité, si l’État lui-même ne l’autorise pas à exister comme elle l’entend ? « Ce que je veux moi, c'est porter le prénom que j'ai reçu à la naissance. Sans le cacher, sans le maquiller, sans le modifier. Sans en avoir peur. »
Voici finalement la nature de ce récit : un combat pour être, selon ses propres règles. Et c’est un délice, tout simplement.
Par Valentine Costantini
Contact : valentine.costantini@gmail.com
Paru le 19/08/2022
186 pages
Editions de l'Olivier
18,00 €
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09/01/2026, 07:00
Matthias Zschokke aime les personnages qui trainent derrière eux une vie banale faite de tâches ingrates et répétitives dans une administration quelconque, des personnages qui semblent ne pas exister, ne pas avoir d’emprise avec le réel. Et pourtant, dans les insignifiantes vies de ces personnages-là, existent une multitude de détails, de petits incidents qui en disent long sur un univers lunaire, poétique, à la limite de l’imaginaire. Une traduction de Isabelle Rüf. Parution le 16 janvier aux éditions Seuil.
08/01/2026, 12:02
Dès l’ouverture, Toussaint Noël frappe sans ménagement. Pas de montée progressive, pas de décor aimablement planté : une adolescente morte, une cabane sordide, un flic à bout. « Debout au-dessus du cadavre sans tête de la petite Tsvetana, treize ans… la nausée m’a submergé ». Tout est là : la violence du monde, l’usure morale, et cette ligne de fracture à partir de laquelle plus rien ne sera réparable. À paraître le 18 février.
08/01/2026, 10:20
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